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 /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: /! +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 6 Jan 2013 - 18:43

Deux yeux fixaient les nuages sans grande conviction, un coeur battait à tout rompre sans s'arrêter ne serait-ce qu'une seule seconde, des lèvres se faisaient maltraitées par des dents voraces, un estomac se faisait violence pour ne pas faire ressortir son repas du midi, une gorge brûlant d'un feu indéfinissable, des tempes dansant la valse.
Ichel ne se sentait pas au plus haut de sa forme. A vrai dire, elle n'était pas bien du tout. Son corps entier lui soufflait de rester au lit alors que son maître l'attendait dans les rues d'Al-Poll. Que faire ? D'un côté, la maladie qui la dévorait petit à petit. De l'autre, son maître qui n'allait pas s'empêcher de lui donner des comptes à rendre. Et puis la marchombre n'était pas connue pour baisser les bras devant n'importe quel ennemi, surtout pas une foutue crève printanière. Elle prit donc son courage à deux mains et se releva de son banc. La cour de la fontaine était vide, les autres élèves étaient en cours. Pourquoi pas elle ? Pourquoi tentait-elle l'Intendant qui ne s'empêcherait pas de la punir s'il la voyait dehors des salles de cours ? Elle, elle était marchombre. C'était différent. Pas dessinatrice, pas combattante. Marchombre. Les seuls cours qu'elle suivait réellement à l'Académie étaient le cours des légendes et civilisation, d'alchimie, de soin et d'équitation. Et elle n'y plaçait pas plus d'importance que cela, car Arro lui apprenait déjà tout cela – sauf l'équitation peut-être, il n'avait pas l'air à l'aise sur le dos d'un de ces équidés. Marchombre suivant sa voie, simplement.

Elle se dirigea non sans appréhension vers l'infirmerie où un rêveur de garde attendait patiemment sa relève. Depuis quelques temps – à vrai dire, depuis qu'Aziel était devenu Intendant – beaucoup moins d'accidents survenaient à l'Académie. Peut-être était-ce dû aux cours qui étaient bien plus cadrés, bien plus sécurisés. Aux nouveaux codes aussi. Cela n'empêchait cependant pas les quelques petits cas de rhumes et crèves qui parsemaient les murs. Hormis cela, rien ne venait troubler la tranquillité de l'endroit.
Ah si ! Ichel se souvint d'un petit – grand pour tout dire, voire même énorme – incident survenu une semaine plus tôt. Cil'Eternit avait eu un infarctus. Il devait sans doute être encore ici, connaissant les précautions souvent démesurées des rêveurs. La kaelem s'avança donc dans l'infirmerie et aborda le rêveur de garde.


- Bonjour, euh... j'ai un début de crève, vous auriez pas un médoc qui pourrait me faire me sentir un peu mieux ? Non mais c'est parce que j'ai un cours dans une heure et j'peux vraiment pas le rater. J'risque gros si j'y vais pas.

En réalité, elle risquait plus de se torturer l'esprit seule dans son lit à ne rien faire. Si elle restait cloitrée sous des couvertures pour minimiser les dégâts de sa crève, son corps allait vouloir la tirer hors du lit de force. Elle ne pouvait rester en place, il fallait qu'elle bouge. Elle ne voulait pas céder face à quelques microbes. Elle voulait aller à ce rendez-vous coute que coute.

- Alors, vous pouvez faire quelque chose pour que j'aille à mon cours ?

Le rêveur l'observa quelques secondes avant de se réveiller d'une transe qui durait sans doute depuis le matin. Personne ne devait être venu le voir depuis. S'il avait été un chien, il se serait secoué la tête comme s'il s'éveillait d'un rêve. Il alla fouiller quelques minutes dans une armoire qui semblait contenir énormément de fioles, boites et récipients en tout genre. Il revint enfin et tendit une petite boite à Ichel.

- Prends en un maintenant, un autre ce soir et un demain matin. Normalement, ça devrait aller de mieux en mieux. Vas à ton cours, mais promet-moi de te reposer ce soir.

La marchombre retenue un fou rire. Elle, se reposer ? Ne pas bouger durant toute une nuit, peut-être même une journée ? Quelle mouche venait de piquer le rêveur pour s'imaginer de telles choses ? Quelle ironie. Il ne la connaissait pas vraiment à vrai dire, il avait donc une semi excuse. Elle réprima donc la remarque acerbe qui lui chatouillait la langue et lui offrit un sourire avant de lui promettre – non sans mensonge – ce qu'il attendait d'elle. Elle sortit de l'infirmerie et s'arrêta devant une petite fontaine. Après avoir ouvert la petite boite, elle en sortit une des trois petites capsules et l'avala. Une gorgée d'eau fraiche, la boite enfilée dans sa poche et un éternuement plus tard, elle était déjà loin.

Les remparts de l'Académie étaient loin derrière elle lorsque le médicament commença à faire effet. Son crâne arrêtait petit à petit de danser la samba contre ses tempes, mais sa gorge la brûlait toujours autant. Tant pis, elle ferait avec. Une quinzaines de minutes plus tard, la grande silhouette de la magnifique Al-Poll se dressa devant elle.
Brume ralentit aux portes de la cité. Le duo pénétra entre ses remparts et se fraya un chemin à travers charrettes et passants. Ils trouvèrent une écurie dans laquelle Brume pourrait passer la journée. Quelques pièces d'argent plus tard, elle caressa son mustang et disparut dans la foule.

Elle devait retrouver Arro au sommet d'une tour surplombant le quartier Est de la ville. Courant à travers les ruelles, elle atteignit la base du bâtiment. La marchombre débuta l'ascension – plutôt simple ma fois – et se retrouva en moins de deux sur le toit. Là, assis sur le rebord, son maître. Il se leva et se retourna. Il l'avait entendue. Ils discutèrent quelques instants avant que la leçon ne commence. Il l'avait prévenue, leur cours allait malheureusement être écourté, il avait quelques choses à faire. Quoi ? Elle ne le saura sans doute jamais.
Ils débutèrent donc avec une gestuelle marchombre simpliste et pourtant si libératrice. Puis quelques courses à travers les toits, des ascensions, quelques serrures ouvertes, puis refermées, certaines descentes en rappel, d'autres grâce à des sauts incroyables. Ils évoluaient dans ce monde qui était devenu le leur au fil des leçons. Les toits. Ce monde qui n'appartenait qu'à une poignées de personnes, car rares étaient ceux qui s'aventuraient sur ces dangereux sommets. Ils étaient si discrets qu'il semblait presque que personne n'osait mettre un pied sur les tuiles, vitres et autres toits.
Plus de quatre heures à évoluer dans les airs, plus de quatre heures à parler, comprendre, apprendre et exécuter. Quatre heures sans incident majeur – sauf peut-être son mal de crâne qui revenait petit à petit, sa gorge qui ne cessait de brûler inlassablement et ses éternuements à répétition. Le marchombre et son apprentie étaient arrêtés depuis quelques minutes lorsqu'il lui annonça la fin du cours. Quelques sourires, quelques mots, puis il disparut, la laissant seule sur un toit au beau milieu d'Al-Poll.

Sans réfléchir plus d'un instant, elle descendit la tour d'un mouvement unique et, se ramassant au sol, partit d'un pas léger dans une ruelle. Elle avait le temps de trainer un peu, peut-être même de se racheter quelques vêtements avec le peu d'argent qu'elle possédait grâce à quelques petits boulots par-ci par-là.
Elle se retrouva alors sur une place bondée de marchands ambulants. Trop bruyant à son goût. Elle rasa les murs afin de sortir de ce pétrin et alors qu'elle allait enfin sortir par une ruelle adjacente, un homme plutôt imposant portant de lourdes caisses la bouscula. Chancelante, son corps partit en arrière et s'engouffra dans une boutique. Elle réussit in-extremis à ne pas se retrouver les quatre fers en l'air. Lorsqu'elle releva les yeux, elle se trouvait au beau milieu d'une boutique d'armes en tout genre. Arbalètes, sabres, épées, arcs, poignards, dagues, lances-pierres. Il y avait de tout. Elle fit le tour de la-dite boutique et se retrouva soudain nez à nez avec un visage qui ne lui était pas inconnu. Elle ne put retenir un sourire de surprise.


- Toi ? Eh bah, si on m'avait dit que j'te croiserais ici !

Elio. Que faisait-il ici ? Elle savait qu'il avait quitté l'Académie, Enelyë n'avait pas arrêté de pleurer après son départ – et elle le faisait encore lorsqu'on avait le malheur de prononcer le nom du blondinet – .

- J'pensais pas te recroiser un jour à Al-Poll.

En réalité, elle ne pensait pas le recroiser qu'importe l'endroit.





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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 15 Jan 2013 - 20:04

Il avait plu durant la nuit complète, et enfin le soleil chassait les dernières radées de la ville. Les flaques qui parsemaient le sol séchaient petit à petit, tandis qu’Al Poll rentrait dans l’effusion de ses heures les plus abondantes d’affaires en tout genre. Le brouhaha des clients et commerçants, les tavernes qui ouvraient leurs portes pour clamer le plat du jour, et les hennissements des chevaux annonçant l’arrivée des marchands itinérants eurent pour effet de donner au mercenaire un mal de crâne grandissant. Chaque mouvement, déjà ponctué de courbatures, lui tirait une grimace. Les rayons de l’astre solaire lui brûlaient les yeux après avoir passé vingt-quatre heures dans l’ombre de la forêt. Requiem avançait d’un pas lent, lui aussi fatigué de la mission, oubliant ainsi l’espace de quelques minutes son attitude rebelle envers son maître. Il n’en demeurait pas moins qu’il n’avait pas apprécié cette nuit. Loin de là.
Elio dépensa les dernières parcelles d’énergie qu’il lui restait pour saluer avec fausseté des confrères, et leur afficher une mine plus que normale, content d’avoir pris soin de laver son visage avant d’atteindre la ville. Il partait parfois de nuit, afin que personne ne puisse s’apercevoir de ses absences trop fréquentes, et parfois de jour, pour justifier ces mêmes absences à la boutique. On le pensait en négociation, livraison, ou parfois même en mission d’aide aux guerriers de l’Empire qui se battait quotidiennement contre les raïs ou autres bestioles. Afin d’avoir ce dernier alibi parfaitement réel, le jeune homme s’était récemment engagé auprès de l’intendant de l’empereur si une quelconque armée avait besoin de lui en renfort.
Ils parvinrent enfin à sa boutique, et il put se laisser tomber à terre, lâchant un grognement de douleur.

-Tout va bien Elio ? Questionna le voisin.

L’échoppe la plus proche de la sienne était celle d’un vieil homme plutôt sympathique, bourru comme l’ancien kaelem les aimait. Eli Tulin, de son nom, était sculpteur de branche, et fabriquait de multiples objets grâce à son don. Son nom et ses œuvres étaient très connus de la rue marchande.

-Oui, oui, ne vous inquiétez pas Monsieur Tulin, c’est encore ce canasson. Il m’en fait décidément voir de toutes les couleurs ! J’en viens à me demander si je le dresserais un jour !

L’étalon souffla bruyamment et donna un coup de museau pas des plus doux à son propriétaire, qui failli tomber sous le coup de la surprise. Il se massa l’épaule, jetant un regard noir à la monture. Ce qui eut pour effet de faire rire Eli.

-Effectivement, il semble aussi têtu que toi fiston ! Et appelle-moi Eli, j’te l’ai déjà dis, par la Dame !

Elio sourit, sincèrement, pour une fois. S’il méprisait la plupart des commerçants, leur offrant une gentillesse de fils à papa reprenant l’entreprise familiale avec émotions, il appréciait réellement le sculpteur et ne crachait pas sur sa compagnie. Il était par ailleurs très impressionné par son don. Il ressemblait un peu au dessin, mais en bien moins dangereux. Et il était toujours très agréable de le regarder façonner son bois.

-Tiens, si tu tiens encore debout cinq minutes, j’aimerais te montrer un truc gamin !

Le mercenaire acquiesça et s’apprêtait à attacher provisoirement Requiem lorsque la porte de sa boutique s’ouvrit à la volée.

-Na…Elio ! S’écria joyeusement une jeune fille toute en beauté.

Charlize venait encore une fois de manquer de l’appeler Naël. Malgré son identité dévoilée, elle ne cessait de se tromper, comme si le prénom d’imposture représentait plus pour elle que le véritable. Elle lui en avait très peu voulue de cette mascarade, sachant pertinemment que sans lui elle serait encore couverte de bleue, ou morte.

-Charlize…
Soupira le blondinet.

Elle devait faire attention, ou l’on se demanderait pourquoi elle l’appelait ainsi. Eli, lui, eut un grand sourire et fit un clin d’œil amusé à Elio.

-Ne t’en fais pas, petite, je te l’emprunte cinq minutes, pas plus, et il sera tout à toi !


Le mercenaire se contenta de donner les rennes de Requiem à sa suivante, la remerciant d’un sourire, et il suivit le voisin dans son atelier. Voisin qui chuchota, taquin.

-N’est-ce pas…Namour ?!


Elio eut le bon réflexe, passé la seconde de consternation, d’émettre un faux rire gêné de l’homme pris en flagrant délit d’amour passionnel.
Eli lui avait concocté une surprise de taille. Il lui tendit un petit tissu qui recouvrait une forme allongée. Lorsque le garçon souleva l’étoffe, il découvrit une petite flute en bois d’érable. Il fronça les sourcils, ne comprenant pas ce présent. Sous les conseils de l’ancêtre il l’essaya, et sursauta face au son provoqué. Il ne s’agissait pas d’un instrument de musique, mais d’une flute reproduisant les bruitages d’animaux en tout genre, selon la position des doigts. Eli lui expliqua qu’elle renfermait pas moins d’une trentaine d’espèce, et qu’il mettrait un temps considérable à toutes les trouver. Emu, Elio ne put qu’enserrer l’épaule de son doyen, y plaçant toute la reconnaissance qu’il éprouvait à l’instant, et se demandant sérieusement comment il avait bien pu deviner qu’il venait de passer la nuit dans une forêt. A moins que ce ne soit qu’une coïncidence ?
Il rentra donc à la fois fier et inquiet. Il but d’une traite le potage que lui avait préparé avec soin Charlize, et alla s’écrouler sur son lit.

Il se réveilla des heures plus tard, parfaitement reposé. Il retrouva la jeune fille qui tenait sagement son rôle de vendeuse lorsqu’il n’était pas là, ou en repos.

-Vas te reposer. Lui dit-il avec douceur. Je prends le relais.

Elle le remercia de ses pupilles vertes brillantes et s’apprêtait à quitter la partie publique de l’échoppe.

-Et Charlize ?

Elle se figea, consciente que venait l’heure de la leçon qu’elle savait trop bien venir. Elle plissa ses yeux, tremblante d’avance de le décevoir.

-Fais attention, s’il te plait.

Il ne criait pas, son ton n’était pas même dur. Le présent d’Eli et le repos l’avait apaisé, et il ne pouvait se résoudre à l’enguirlander alors qu’elle travaillait durement sans jamais se plaindre.
Elle acquiesça rapidement, déjà les larmes aux yeux, et se hâta de quitter la pièce avant qu’il ne change d’avis.
Il profita de son absence pour prendre la besace énorme qu’il avait ramenée, attaché à sa monture. Posée à l’entrée, on voyait bien que la pauvre Charlize n’avait pas eut la force de la mener plus loin. Il la posa à ses pieds, afin de garder un œil sur la clientèle. Puis il l’ouvrit, et en sortit le corps d’un loup. Loup qu’il avait chassé toute la nuit, ayant auparavant passé la journée à connaitre la forêt comme sa poche pour traquer sa proie au mieux le moment venu. Habituellement les demandes de vengeance ne portaient que sur des hommes. Mais il y a de cela une semaine, un homme avait laissé un papier demandant la mort du loup qui avait tué sa femme et sa petite fille. Touché, Elio avait accepté en comprenant que l’homme avait déjà essayé de tuer l’animal par lui-même : il lui manquait une jambe et il savait précisément quelle tâche de couleur possédait le loup à chaque endroit de son anatomie. Donc une vilaine balafre causée par son combat avec lui sur l’oreille gauche. Balafre qui avait permis à Elio de savoir à quel loup s’attaquer. Et le père veuf désirait récupérer le corps du coupable. Aussi le mercenaire avait-il pris soin de laver le corps afin qu’il ne sente pas avant de le ramener. A présent il se munit d’un couteau pour le dépecer et ne rendre que la carcasse vide, fourrure et ossature prêtes à trôner dans la masure en deuil du client.

Concentré dans son travail, il n’avait pas entendu le tintement de la cloche l’avertir qu’une jeune fille était entrée, aussi eut-il un léger sursaut lorsqu’en relevant la tête il tomba nez à nez avec une élève de l’Académie. Ichel Calwin, si ses souvenirs étaient bons.

-Et moi je ne pensais pas pouvoir croiser un seul élève de l’Académie ici. Comment as-tu réussi à filer entre les pattes d’Aziel ? Demanda-t-il dans un sourire.

L’idée que plusieurs élèves, particulièrement ceux de sa maison, fassent de la résistance au nouvel intendant ne pouvait que le faire sourire.

-Je travaille ici, comme tu le vois. J’ai repris la boutique que tenait mon père avant sa mort.

Il feint un sourire triste à l’évocation de la mort de son patriarche. Il vit alors que les yeux d’Ichel venaient de tomber sur ses mains ensanglantées.

-Oh, et je chasse !

Il leva la carcasse du loup comme preuve à l’appui.

-J’rends service à quelques habitants qui ont eut des ennuis avec ce loup. Il avait quitté sa meute et trouvé bien trop souvent le chemin pour venir au village.

Cette mission pouvait même être rendue public qu’il n’en aurait que faire. Il passerait pour un héros. A cette réflexion il eut alors l’idée de proposer son aide aux villages, afin de renforcer cette réputation de guerrier-sauveur. Sa couverture n’en serait que plus forte.

-Comment…

Il hésita un instant, puis se jeta à l’eau. Après tout, c’était une kaelem, qui le saurait mieux qu’elle ?

-Comment va Enelyë ?





[ J'ai écris ce post en écoutant ta playlist d'inspiration, du coup j'me suis laissé emporté ^^ N'hésite pas si tu veux que j'édite I love you ]


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                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Lun 28 Jan 2013 - 22:01

La marchombre ne passait pas énormément de temps dans la salle commune kaelem, il fallait aussi dire qu'elle ne passait pas beaucoup de temps en cours. De par ce fait, elle ne se liait pas facilement avec les autres élèves. Solitaire, elle ne cherchait pas les liens, ils venaient à elle. Elio faisait parti des gens qu'elle avait continuellement croisé dans les couloirs, dans les dortoirs, sans jamais créer de lien particulier. Lui non plus d'ailleurs, il ne lui avait jamais parlé. Ils n'avaient pas besoin l'un de l'autre, ils ne s'étaient donc jamais adressé la parole. Etrange phénomène, mais les rouges étaient ainsi. Pas fraternel pour un sou. Même si parfois ils se surprenaient eux-mêmes dans ce contexte-ci. Quoique les généralités pouvaient s'avérer fausses – dans la plupart des cas même – . Disons donc que c'était Ichel qui n'était pas très fraternel envers ses compagnons de l'Académie. Elle n'avait donc jamais réellement abordé le garçon aux cheveux blond. Aucune utilité à ce lien.
Peut-être qu'après tout il n'était pas trop tard pour débuter un semblant de conversation, car chacun le savait, la marchombre avait des paroles à revendre. Bavarde comme personne, lorsqu'elle ne désirait pas être seule, elle pouvait déblatérer des heures durant sur tout et n'importe quoi.

L'ancien kaelem – car il avait quitté l'Académie, rappelons-le, quelques semaines plus tôt, dès l'arrivée d'Aziel – parla à son tour. Surpris tous deux, ils ne s'attendaient pas à se recroiser un jour. Sa question fit sourire Ichel. Comment avait-elle fait pour quitter discrètement l'enceinte de l'Académie ? Elle aurait eu tendance à lui répondre par un sourire malicieux, puis à se détourner, mais quelque chose l'attirait dans cette échoppe ce jour-ci. Allez savoir pourquoi...
Ichel toussa quelques minutes, mais souriait toujours. Filer entre les griffes de l'Intendant. Ce n'était pas chose maligne de sa part, voyant déjà le regard qu'il portait sur elle. La marchombre avait l'habitude fâcheuse de n'en faire qu'à sa tête et n'écoutait personne d'autre qu'elle-même mis à part son maître.


- Disons qu'étant un peu claustrophobe, ma ruse a su surpasser celle de l'Intendant et de ses gardes.

Il avait trouvé du travail ici, dans la boutique de son père. Pourquoi cela l'étonnait-elle ? Peut-être parce qu'elle avait toujours vu Elio comme capable de tout sauf de devenir un bon petit commerçant. Après tout, peut-être l'avait-elle jugé trop hâtivement.
Un éclat attira alors son attention. Baissant son regard, elle remarqua le sang qui tachait les mains de l'ancien kaelem. Du sang ? Que pouvait-il bien mijoter dans son arrière boutique... De la chasse, avec autant de sang ? Il avait tué sa proie à mains nues ou n'était-ce qu'une impression ? Il lui montra la carcasse d'un loup comme preuve. Effectivement, il était bien allé chasser. Elle souleva un sourcils malgré elle lorsqu'elle croisa le regard vitreux et terrorisé de l'animal. Il l'avait tué pour l'argent, pour de simples querelles entre hommes et bête. Tuer pour tuer. Détournant ses yeux noisette, elle revint fixer son attention sur le jeune homme. Il aurait simplement pu se contenter de diriger l'animal dans une autre direction, enfin bon. Ce n'était que l'opinion de la kaelem. Rien de plus.

Il y eu soudain un mot unique qui sortit des lèvres d'Elio, sa phrase à moitié mâchée. Elle l'observa avec attention, décryptant chacun de ses gestes comme elle avait l'habitude de le faire. Son regard hésitant, ses membres presque tremblants, sa tension palpable. Sa question lui brûlait les lèvres sans doute depuis bien des semaines. Sa voix fut enfin sûre d'elle, comme à son habitude, afin de prononcer ses mots au complet.
Enelyë. Comment allait-elle.
Ichel – nous l'avons dit au début – n'était pas un exemple de relations exemplaires. Elle n'avait que peu d'attaches, plus solitaire que jamais. Une blessure lui avait suffit. Elle ne voulait pas recommencer.
Commençant à déambuler dans la boutique, elle observait les articles que présentaient les comptoirs.
Elle connaissait Enelyë, elle lui avait souvent parlé. On aurait pu dire qu'elles étaient à demi-amies. Nom étrange, mais bien plus vrai que le mot amie. Elles n'étaient pas assez proches pour l'être. Mais peut-être que cela viendra un jour. Les deux kaelems se connaissaient tout de même.


- Enelyë ? Pas fort je dirais...

Ichel se souvint soudain de la relation entre les deux kaelems. La dessinatrice était la seule personne qui arrivait à se faire entendre d'Elio, de ce qu'elle s'en souvenait. Ils étaient très proches. Il s'inquiétait pour elle. Son regard le trahit alors. Il se demandait si son départ n'était pas la cause d'une quelconque dépression en elle. Il avait sans doute raison. Enelyë avait changé depuis quelques temps, elle n'était plus la même. Ses rires aigus et insupportables ne résonnaient plus autant qu'auparavant.
Elle arrêta soudain sa contemplation pour parler à nouveau. Sa gorge moins enflammée que le matin.


- Elle est pas au meilleur de sa forme, je l'ai connue bien plus vivante. Mais ça va passer, elle est forte la petite Ene.

Enfin, je l'espère. Malgré tout, je les aime bien ces académiciens. Même si je me lie pas à eux...

Ichel se retourna et fit face à un Elio qui l'avait suivi dans toute sa progression dans l'échoppe. Il avait l'air préoccupé, même peut-être un peu inquiet. Son masque dur et froid s'effritait-il donc enfin ? Elle l'avait toujours vu aussi impassible qu'un roc. Aucune émotion hormis peut-être la colère ou le mépris. Ou quelques sentiments de ce gout-là. Malgré tout, il savait cacher ce qu'il ressentait aux autres. Ichel n'avait jamais pu décrypter son visage. Mais là, elle y arrivait enfin. L'inquiétude à propos d'Enelyë le rongeait sans aucun doute.


-M'enfin, faut pas t'en faire hein, la seule chose qui a changé depuis ton départ – à part l'autre Intendant et ses codes ridicules – c'est que les cours de combat sont un peu moins mouvementés et de plus en plus dénués d'intérêt.

Sourire malice. Il était vrai qu'Elio était du genre à se créer des problèmes dans toutes circonstances. Il n'en avait que faire des retombées. Dans tous les cas dans l'enceinte de l'Académie, d'après ce qu'elle avait pu constater. Après tout elle ne le connaissait pas réellement, elle ne pouvait que faire de simples suppositions. Elle pouvait cependant se vanter de toucher dans le mille bien plus d'une fois.
Elle se retourna et se confronta soudain à une dague particulièrement belle. D'un noir de jet intense, la nuit même ne pouvait rivaliser avec sa noirceur, un cuir rouge sang entourant la poignée, une arme de pointe. Précise, affutée à souhait. Sans faille. La main d'Ichel tremblait d'envie de la soupeser.


- Magnifique arme. Sans doute faite d'une main de maître.

Ichel avait un faible pour ces armes-ci. Les dagues. Imbattable deux lames tel que celle-ci dans les mains.
Elle se retourna encore vers lui.


- Au fait, tu ne dois pas que tenir cette boutique non ? Sinon tu t’ennuierais. Quoique je pense que tu dois bien plus t'amuser ici qu'entre les griffes de ce foutu Intendant.




[ T'as vu comme ma liste de lecture "inspiration" marche o/ Moi j'ai écouté les disneys pour ma part I love you ]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 26 Fév 2013 - 11:10

Elio regretta presque aussitôt d’avoir demandé des nouvelles d’Enelyë. La savoir pas très en forme par sa faute était un poids supplémentaire qui le ramenait automatique à la dernière nuit passée ensembles. Il avait beau l’avoir endurcie, l’idée qu’elle soit encore trop faible pour se retrouver seule ne lui plaisait pas. Peut-être aurait-il du l’emmener avec lui, finalement ? Mais il savait bien que non. D’une, il lui serait plus qu’utile de terminer sa formation de dessinatrice, de deux elle n’aurait pas supporté de vivre aux côtés d’un meurtrier. Ene était une princesse, quoi. Et puis bon, elle n’était pas si seule que ça entre son nouveau père et sa sœur adoptive. Ichel le conforta dans son idée que la kaelem était forte. Et pouvait donc s’en sortir sans lui. Du moins, il l’espérait de tout cœur, sachant bien que si la moindre chose arrivait à son amie, il s’en voudrait pour le restant de ses jours.

Tout en écoutant son ancienne camarade de maison, il prit un tissu pour s’essuyer les mains, et la suivit dans sa progression des étalages d’armes. S’il pouvait avoir une chose en commun avec cette fille, malgré le fait qu’ils n’avaient jamais du se parler durant toute leur scolarité, c’était bien la passion des armes. Tout homme ou femme qui se bat aime être équipé. Et pas par n’importe quoi. Ou n’importe qui. Finnegan disait qu’un homme sans arme était un homme à poil. Donc ridicule. Donc pas vraiment un homme. Les logiques de son ami faisaient beaucoup rire Elio, et parfois, il ne pouvait pas lui donner tort. Il lui avait pourtant certifié connaitre un homme armé et pourtant bien plus efféminé que la moindre des combattantes de l’Académie : Einar.
En repensant à lui, le guerrier ne put tirer qu’un sourire, sourire qui doubla lorsqu’Ichel aborda le sujet des cours de Locktar. C’était le bon vieux temps comme disait souvent le vieillard d’à côté. Sûr que ça manquait à Elio de pouvoir faire des gamineries de ce genre. Et revoir encore une fois le visage rouge du professeur de combat lui faire face, prêt à exploser, ne lui déplairait pas. Bien au contraire. Personne n’avait donc pris la relève. Quel dommage. Déjà le départ de Shawna, maintenant le sien. Kylian avait sûrement du se calmer, histoire de ne pas être viré. Et puis tout seul, ce ne devait pas être très drôle de retourner une Académie. Il savait pourtant Enelyë sur le coup. Mais peut-être avait-elle renoncé à être comme lui. Pire, peut-être l’avait-elle déjà oublié. Il se sentit mal de cette supposition et préféra rebondir sur le sujet des cours.

-Il va falloir que je revienne alors, histoire de remettre un peu d’ambiance dans ce tas de guerrier en guimauve. Einar a fini par se faire bouffer ou il survit toujours ?


Maintenant qu’il n’avait plus son bourreau favori, il devait mieux se porter. Quoi que. Il n’était pas sûr que Locktar lui fasse vraiment des cadeaux. Trop occupé à être en colère contre Elio, au moins en oubliait-il l’incapacité du Teylus. Ils discutèrent ainsi quelques instants des cas sociaux de l’Académie, parce qu’au final, il était bien plus intéressant et comique de parler des boulets que de personnes saines et intelligentes. Puis, Ichel devint soudainement sourde à toutes moqueries du commerçant. Il vit de suite pourquoi. Ses yeux venaient de se poser sur une dague. Avant même de baisser ses pupilles à son tour, il savait de laquelle il s’agissait. Nouvellement arrivée, cette arme surpassait les autres de son style de bien loin. Le forgeron s’était surpassé, cette fois-ci, et Elio l’en avait grassement remercié. De quoi le motiver à faire mieux, à chaque fois. L’acier était noir, si noir qu’il en deviendrait invisible dans l’ombre et la nuit. En cela, la pièce ne pouvait qu’être exceptionnelle. Quand au cuir qui ornait son manche, il ressemblait à une peau de bête traitée durant des heures jusqu’à être parfaitement lisse, puis plongée dans un bain de sang. Il s’agissait d’une œuvre, plus que d’un simple travail. Et le guerrier en avait profité pour faire comprendre au forgeron qu’à présent, il lui faudrait fournir des œuvres, puisqu’il venait de s’en montrer capable.

-A vrai dire, faite d’une main tout à fait ordinaire, mais qui semblait jusqu’ici se contenter du minimum. C’est drôle, hein ? De découvrir de si belles choses chez de si petites personnes.

Je passe peut-être mon temps à rire des autres, comme si je me sentais supérieur, mais cela ne veut pas dire que je les sous-estime. Je sais reconnaitre un talent caché. Tout comme j’ai su reconnaitre une personne forte dans le corps d’une princesse en Enelyë. Tout comme je sais qu’ Einar s’en sortira très bien, malgré son tempérament de mauviette. Tout comme tu n’imagines pas ce qui se cache derrière cette échoppe.
Tiens, à propos de couverture, voilà qu’elle aborde ce qui chiffonne tant de monde. Comment un aussi bon guerrier, formé à l’Académie de Merwyn, peut devenir simple marchand d’armes ? A croire que les études nous définissent. Ne pouvait-on pas simplement avoir le cœur à reprendre l’entreprise familiale et se contenter seulement de cela ? Apparemment pas. A vrai dire, c’était plutôt flatteur, que tous le considère comme trop doué pour s’arrêter à la vente.

-C’est vrai que le travail de boutique est plutôt calme. Surtout que je suis aidé d’une employée. Cela fera une bonne retraite lors de mes vieux jours. Si vieux je deviens.

L’illusion d’une retraite paisible le fit presque rire, sachant pertinemment qu’il serait mort bien avant cette heure là.

-Je travaille à côté, oui. Tu en sais suffisamment sur moi pour te douter que rester une journée assis à décortiquer un loup n'assouvi pas mes besoins de taper sur du monde.

Non seulement connu pour son chahut en cours, il était rare qu’une bagarre dans les couloirs n’inclue le nom d’ Elio dedans.

-Je rends quelques services à l’Empire. Je me suis engagé auprès de l’empereur, aussi, en cas de mission, guerre ou toute autre demande, je suis automatiquement appelé. Mais pour l’instant, tout à l’air calme dans nos chères contrées, donc…Je chasse.


Sourire innocent. Ah le brave guerrier fidèle à sa patrie, prêt à défendre l’empire en cas de coups durs. Légèrement casse-cou sur les bords, mais homme de bien. Masque soigné d’un destin hautement plus intéressant et plus grandiose. Elio Tharön va bien plus loin que cela. Il lui faut le monde des hommes à ses pieds pour assouvir ses besoins. Il a réussi à avoir le cœur des hommes en mal de vengeance entre ses mains. Pas de quoi être fier ? Bien au contraire.

-Et toi ? Que comptes-tu faire en quittant l’Académie ? Du moins si Aziel t'en fait la faveur.

Il rit, complice de cette haine envers l’intendant, et plus satisfait que jamais d’avoir eut le reflex de partir sitôt son arrivée. Il ne savait pas trop dans quoi se spécialisait la kaelem, n’étant pas vraiment habitué à se soucier des autres. A vrai dire, il n’en avait rien à foutre. Mais puisqu’on était là, à parler, autant savoir. Parait-il que le savoir est pouvoir.

-Tu veux en connaitre le prix ?

Un signe de tête fit comprendre à Ichel qu’il parlait de la dague. Tant qu’à faire, autant vendre, hein. Et puis savoir une si belle arme en de bonnes mains était plutôt rassurant. Elle saurait sans doute s’en servir, vu l’étincelle qui avait jailli lors de la découverte. Par amour des armes, peut-être lui ferait-il même un prix, qui sait ?



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Lun 4 Mar 2013 - 22:03

Elle le savait, Elio ne restait pas assis calmement dans sa boutique à attendre bien sagement de potentiels clients. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il ne supporterait jamais de rester cloitrer entre quatre murs durant le restant de ses jours. Mais à part le fait de se faire de l'argent, il lui avoua s'être engagé auprès de l'empereur. Appelé en cas d'urgences. Elle n'aurait jamais cru cela de lui, elle l'avait toujours vu solitaire, à part. Un peu comme elle. Il n'avait pas les manières de celui qui vient en aide à sa patrie. Après tout, elle pouvait se tromper de temps à autre, personne n'était infaillible même si son sixième sens ne l'était que rarement. Elle était malade aussi, cela n'arrangeait peut-être pas ses intuitions, peut-être que cela les brouillait. Elle restait tout de même à moitié convaincue de cette allégeance à l'Empire. Elle-même partait du principe qu'il pouvait se débrouiller sans son aide ; elle n'avait pas l'intention de se mêler de leurs affaires. Les problèmes d'état l'ennuyaient à mourir, elle préférait de loin sa vie mouvementée de marchombre. Elle travaillait seule. Alors pourquoi un guerrier comme Elio travaillerait pour l'Empire ? Quel étrange fait. Tant pis, cela avait l'air de lui convenir. Et puis les choix du kaelem ne regardaient pas la marchombre, il faisait ce qu'il voulait après tout.

Ce qu'elle-même comptait faire en quittant l'Académie ? A vrai dire, elle n'y pensait pas. A part suivre la voie, rien n'était venu prendre place dans ses plans futurs. Quitter l'Académie... Ce n'était pas comme si elle avait besoin de cette établissement, son enseignement ne découlait pas de cette école. Son enseignement ne ressemblait en rien à celui de dessinateurs ou de combattants, il était bien autre. Quels cours suivait-elle sérieusement entre ces murs ? Le cours de légendes, d'équitation, d'alchimie ? Tout cela, une personne le lui enseignait déjà. Elle n'avait pas besoin de l'Académie, la seule chose que celle-ci lui apportait était un toit. Seul son maître avait un pouvoir sur elle, seul son maître pourrait la faire sortir de l'Académie. Après trois ans...
Trois ans...
Mille quatre-vingt-douze jours à suivre la voie, mille quatre-vingt-douze jours depuis son premier pas aux côtés de son maître. Et tout devrait s'arrêter un jour, tout prendra fin lorsqu'il prononcera quelques mots, ceux qui la délivreront de cet accord passé. Trois ans à ses côtés, à lui obéir au doigt et à l'oeil. D'un seul coup, plus rien. Seule. Comme à son arrivée. Seule pour la troisième fois consécutive. Mais serait-elle réellement seule alors que des amis l'entouraient ? Alors que la présence de son maître se ferait ressentir à chacun de ses pas sur la voie ? Elle n'en savait rien. Elle ne le savait pas. Elle craignait simplement le futur auquel elle n'avait prêté aucune attention jusqu'à ce jour, jusqu'à cette question du guerrier.

Elle releva la tête, sortit de ses pensées. Ce n'était pas le moment de penser à cela et puis elle n'avait aucune envie de s'apitoyer sur son futur incertain. Tout ce dont elle était persuadée pour le après du maintenant, était sa résolution de retrouver son frère et de lui demander des explications. Le retrouver, voilà toutes ses ambitions. Lui et la voie. Rien d'autre ne semblait compter à ses yeux.
Son regard noisette qui n'avait quitté la lame de nuit se posa alors sur Elio. Elle sourit, riant presque à l'allusion d'Aziel.


- Le futur ? C'est bien trop loin pour moi, je n'y pense pas. Je verrai un peu de famille, j'aviserai ensuite. Et puis pour ce qui est d'Aziel, il a pas intérêt à me retenir, j'suis pas tendre quand on me barre la route.

Répondre à sa question, certes. Lui dévoiler qui elle était, jamais. Une étiquette collée sur le front, très peu pour elle. Elle était elle et était personne. Elle était marchombre. Mais cela, personne n'était obligé de le savoir. Les marchombres étaient des ombres à eux seuls, des mystères impossibles à élucider. L'être humain était une énigme pour ses pairs. Personne ne pouvait se vanter de réellement connaître quelqu'un. Une partie d'ombre subsistait toujours en lui.
Pour Elio, elle serait simplement Ichel. Pour Ichel, il serait simplement Elio. Rien de plus, rien de moins. Leurs vies resteraient des ombres pour l'autre. Cet accord semblait avoir été passé dès leur première rencontre.

Elio fit sortir la marchombre de ses pensées en lui demandant si elle désirait connaître le prix de l'arme. Le prix ? Chose bien futile. Ce qu'elle désirait était en connaître le tranchant, l'efficacité, la souplesse, le poids. Elle voulait tout connaître d'elle. Sauf son prix. Elle savait pertinemment que cette dague n'était pas donnée, jamais une arme de cette complexité serait offerte. Cher, elle ne pouvait qu'être cher. Elle sourit encore, en observant le tranchant de la lame.


- Oh, je n'doute pas de sa valeur. Je serais bien plus curieuse de connaître le résultat qu'elle pourrait donner entre mes mains.

Elle testait toujours ses armes, elle avait une règle d'or. Ne jamais acheter une lame sans en connaître l'efficacité même si elle était d'une beauté sans pareil. La beauté pouvait cacher un défaut quelconque.
Une idée germa soudain dans son esprit. Idée qui provoqua immédiatement un sourire ultime. Elle se tourna vers Elio, l'observant dans le blanc des yeux.


- J'ai pour habitude de toujours tester les armes que je souhaite acheter, j'aime connaître leur tranchant, leur poids, leur efficacité avant de les acquérir. Et cette lame n'échappera pas à la règle.

Je ne te cacherai pas que je suis curieuse de savoir ce que tu vaux en combat, Elio. Je ne t'ai jamais vraiment vu dans le feu de l'action. Et j'aime aussi savoir ce que vaut l'autre. Tu as l'air fort et je ne me trompe que rarement. Montre-moi ce dont tu es capable, je suis curieuse.

- Alors, je peux l'essayer ?

Le signe de tête qu'il lui adressa la fit sourire. Il était d'accord. Une étincelle dans son regard le fit soudain hésiter. Elle prit avec soin la lame et se retourna.

- Et bien ? Qu'attend-tu, une invitation ? J'vais pas l'essayer toute seule cette dague, j'ai besoin d'un adversaire !





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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mer 20 Mar 2013 - 13:59

Le futur ? C’est bien trop loin pour moi.
Elio sourit, songeur. Beaucoup parlait comme elle à l’Académie, peu concernés par l’après. Comme si l’inconnu les faisait trembler de peur. Lui, dès son entrée à Al Poll, il savait ce qu’il voulait faire. Bien entendu il n’avait pas imager finir élève de la meilleure mentaï de Gwendalavir. Mais il était venu ici pour venger sa mère. Et il vengeait encore. Toujours un but à accomplir. Un but à réussir pour en débloquer un nouveau. Certes, il avait eut une mauvaise passe, un temps considérable de perdition après la mort de son père, ne sachant plus quoi faire de la suite de son existence. Et puis le Talion lui était venu en tête. Il ne pouvait pas se visualiser sans but, sans avenir concret en sachant bien qu’il allait mourir. Il ne la visualisait que trop, sa mort, pour se permettre de laisser son destin au loin et de l’attendre patiemment. Mais les autres n’avaient pas ça. Ils ne voulaient pas mourir, et ne savaient pas comment et quoi allait mettre un terme à leurs vies. Alors pourquoi se soucieraient-ils du lendemain, puisque personne ne sait de quoi il est fait ?
Elio lui, le sait. Avec prétention, certes. Mais il le sait. Ou croit le savoir.

Ichel essayait donc ses armes, avant d’en payer le prix ? Il trouva cela plutôt culotté et pensa bien vite qu’elle ne devait pas trouver des masses de vendeur qui acceptent cette particularité. Laisser un inconnu se servir d’un produit qui ne lui appartenait pas encore était risque de vol ou de casse. Et d’usure de l’arme. Donc de perte de valeur. Toutefois, il ne pouvait qu’être en accord avec elle sur la nécessité de prendre en main ce qui assurerait notre vie avant de dépenser une fortune. Cela évitait les arnaques, d’une. Et de deux, tout guerrier se devait d’être en accord avec ses armes. Plus que des accessoires, il s’agissait de bras, de mains en plus. Face à un autre client, il aurait hésité, et aurait éprouvé le besoin de jauger celui-ci avant d’accepter. Mais c’était Ichel, et s’il la connaissait peu, il la savait suffisamment douée pour prendre soin du matériel et ne pas partir en courant avec. Et puis si elle courrait, elle n’irait pas bien loin. A peine quelques mètres et elle serait morte d’une flèche dans le dos. Ou la laisserait-il partir, car trop de témoin, sachant bien ou la retrouver une fois la nuit tombée.

Il acquiesça donc, la laissant s’emparer de la dague avec soin. Il s’apprêtait à la regarder manier silencieusement la trouvaille, lorsqu’elle se retourna, l’intimant au combat. Il leva un sourcil. Etait-elle réellement sérieuse ? Pas de doute là-dessus, ses pupilles ne vrillaient pas d’une bonne blague. Il hésita plus encore qu’il ne l’avait fait pour lui accorder le droit d’essai. Il ne s’agissait que d’un entrainement amical, mais le risque était toujours présent. Elio ne s’était pas battu pour le plaisir depuis des mois. Son dernier jeu devait remonter de ses cours de combat et des sautes d’humeur entre Kylian et lui. Donc loin, vraiment très loin. Depuis, il se battait pour tuer. Constamment. Il s’agissait de son métier, après tout. Et le duel risquait de le trahir. Voir même, dans le pire des cas, de la tuer. Saurait-il s’arrêter avant ? Une fois dans l’action, aurait-il le réflex passé de frapper au bon endroit pour ne pas être fatal, plutôt que d’effectuer les coups systématiques, connu à présent par cœur ? Il savait ne plus réfléchir lors de missions. Il réfléchissait avant de partir, quelques fois sur place lors d’imprévus pour établir son plan d’action. Mais dès que commençait l’affrontement…il se contentait de tuer. Instinctivement. Avec Ichel, il devait à tous prix éviter cet instinct !

Il posa la carcasse du loup à terre, et sortit de son comptoir. Il lui demanda quelques secondes, le temps de choisir son arme.

-Afin d’être à armes égales, comme l’on dit si bien, je vais prendre un produit à vendre. Ainsi je le connaitrais aussi bien que tu connais cette dague. C'est-à-dire pas du tout.


Sa main droite tachée de sang sec parcourut, fébrile, l’étalage de petits arsenal. Il choisit enfin un poignard fait de trois lames, à la façon d’un trident, dont les lames extérieures étaient légèrement plus courtes que celle intérieure. Il la soupesa, puis l’empoigna avec force et fit face à son adversaire. Il ne souriait plus du tout et cacha son inquiétude en serrant sa mâchoire.


-As-tu des règles particulières à émettre?

Il ne sembla pas et elle se mit, à son tour, en position. Le mercenaire se concentra, se répétant en tête toutes les parties du corps à éviter pour qu’elle vive. Jugulaire interdite. Jugulaire complètement interdite. Il pensa à utiliser la stratégie de simplement chercher à la désarmer. Mais cela reviendrait à lui donner l’avantage et à répandre la rumeur qu’il n’était qu’un piètre combattant. Et ça, son égo ne le supporterait pas.
Le combat n’avait pas encore commencé, peut-être hésitait-elle également, car pour l’instant, seuls ces yeux se contentaient d’agir, fixant l’ancien kaelem avec précision. Il se permit donc le premier assaut. Verbal.

-Aurait-on peur Mademoiselle Cal…

Il ne finit pas sa phrase, que déjà elle était sur lui. Et il ne réfléchit pas, trop surpris par l’attaque soudaine. Son bras libre accueillit Ichel au sternum et le propulsa en l’air. Elle s’éclata lourdement contre le mur, le souffle coupé. Elio poussa un juron. Instinct de merde, parfois ! Il se précipita vers elle, lui tendant une main.


-D’solé, réflex stupide. T’es là pour tester l’arme, pas les mains libres. Tu veux que je m’attache l’autre derrière l’dos, comme nous faisait faire Locktar ?


Peut-être n'aurait-il pas du tendre la main si facilement.


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mer 17 Avr 2013 - 18:33

Elio hésita plusieurs bonnes minutes avant d'accepter le duel. La marchombre aurait pu le prendre mal, mais n'en fit rien. Après tout, il ne la connaissait pas, il ne savait pas de quoi elle était faite. Il était donc bien normal qu'il se méfie et ne sache pas réellement quoi répondre. La seule chose qu'il savait était qu'elle était élève à l'Académie, il ignorait en revanche dans quel domaine. Elle aurait pu être guerrière, dessinatrice et bien des choses encore. Il ne pouvait pas savoir qui elle était. La kaelem savait en revanche qu'il était combattant, aguerrit qui plus est. Mais elle ne visualisait pas sa force exacte.
Il posa la carcasse du loup et choisit une arme dans sa boutique, neuve, pour être à armes égales. Elle ne connaissait rien de sa dague, il ne connaissait rien de sa lame. Lorsqu'il se retourna, un poignard à trois lames en main, son sourire avait disparu. Il demanda si elle avait quelques règles particulières à proposer, elle répondit que non.
Il était en position, elle fit de même. Le temps ralentit et les deux combattants erraient dans leurs pensées. Leurs regards se mêlaient et le silence les rendait muets. Jusqu'à ce qu'il émette cet assaut verbal qui déclencha le mécanisme tout entier du corps de la marchombre. Elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase qu'elle se trouvait déjà à ses côtés. Rapide, elle s'apprêtait à asséner un coup dans l'estomac du jeune homme. Trop tard. Propulsée en arrière, elle venait de recevoir un coup au sternum. Son corps fit un bruit du diable en allant s'étaler contre le mur. Son souffle se coupa net, son regard se perdant dans le vide du sol. Sonnée, elle n'avait vu le coup venir. Elio était rapide, c'était indéniable. Elle ne se préoccupa pas de cette douleur lancinante, bien plus de cette rapidité soudaine. Et cette force qu'il y avait mis. Aucune retenue. Et une telle violence, c'en était presque effrayant.

Elle ne perçut qu'à peine le juron de l'ancien kaelem, mais vit bien cette main se diriger vers elle. Une main dans le dos ? Pour qui la prenait-il ! Une jeune prude en détresse ? Cela se voyait qu'ils ne se connaissaient pas vraiment. Ichel, besoin qu'on lui facilite la vie. Quelle absurdité. C'était bien la première à se jeter dans des défis tous plus durs les uns que les autres, voire même hors de sa portée. Une main dans le dos... Pourquoi ne resterait-il pas aussi dangereux qu'un pantin pendant qu'il y était. Une main dans le dos... Presque une insulte pour la marchombre qu'elle était. Une main dans le dos... Elle surprit celle qu'il lui tendait.
Sourire.
Toujours acculée au mur, elle chopa la main de son adversaire et s'en servit comme d'un élan. Elle s'élança dans les airs alors que dans le même temps elle envoya Elio se ramasser contre le même mur qu'il lui avait offert quelques minutes plus tôt. Se laissant tomber sur ses jambes, elle ne laissa pas le temps à l'ancien kaelem de se relever. Il n'y était pas allé de main morte, pourquoi n'en ferait-elle pas de même ? Fondant sur lui comme l'aigle sur sa proie, le manche de la dague dans sa direction, elle s'apprêtait à lui asséner le coup de grâce. Faux. Elle ne vit pas la parade venir. Une lame brilla lorsqu'un rayon prit contact avec elle. Une lame, mais pas la sienne. Elle ne réfléchit pas plus et orienta son arme dans une autre position.
Cling.
Le son clair du choc de deux lames tinta. La main d'Elio se tenait en direction du ventre de la marchombre. Lame parée d'une autre. Luttant de leur force, lame contre lame, les deux jeunes gens étaient l'un en face de l'autre, leurs regards s'entremêlant. Ichel ne pouvait lire dans cet océan de bleu profond. C'en était déconcertant. Presque étrange. Plusieurs minutes s'écoulèrent alors qu'ils rivalisaient de leur force, aucun ne voulant lâcher prise.

Ichel prit alors le temps d'observer la dague qu'elle avait dans les mains. Aucune égratignure, aucun éclat brisé. La surface restait lisse, plane, ne glissait pas au contact de l'autre lame. Son manche entouré d'un doux cuir rouge adhérait parfaitement à la peau, laissant juste assez de place à la paume. Un manche parfait pour la taille de sa main. Et ce noir... Si intense, elle ne pouvait en détacher son regard. Pourtant, il le fallait bien tôt ou tard.
Maintenant.
Elio la prit de court en passant son bras sous le sien. Surprise, elle se retira juste à temps, mais sentit un filet de sang couler le long de son bras dénudé. La lame du jeune homme était aussi bien aiguisée que la sienne. Il se jeta sur elle, elle évita son coup in-extremis. Les prémices du combat passés, ils donnaient l'impression de se mettre réellement à combattre. Comme s'ils avaient préalablement évalué leur adversaire. Peut-être était-ce un peu cela après tout, la jeune femme n'avait pu éviter plusieurs observations. Peut-être utiles pour la suite.

Les tintements des lames résonnaient dans la salle, sans intervalles. Ichel n'en voyait plus la fin. Leurs forces semblaient ne jamais se surpasser. Comme si le temps les avait élevé au même niveau. Rien ne changeait. Les coups étaient parés à une vitesse folle, rendus plus rapidement encore.
Quelque chose parut changer en lui, quelque chose parut se déclencher lorsqu'il accéléra le rythme. Plus soutenu, Ichel peinait à s'en sortir. Ses gestes étaient restreints dans ce lieu, elle ne pouvait effectuer ses acrobaties habituelles. Elle ne pouvait atteindre son plein potentiel. Il lui fallait de l'espace, beaucoup d'espace.
Un client poussa soudain la porte d'entrée. Une ouverture. Quelques secondes lui suffirent pour tourner la tête et adresser quelques paroles au blond.


- Une situation réelle, tiens !

Se jetant dehors, elle vit la porte se refermer sur Elio. Il ne tarda pas à la rejoindre. Courant entre les passants, elle invitait le jeune homme à la suivre s'il ne voulait pas perdre un précieux article.
Une situation réelle, dans la rue, entre la foule et les gardes. Rien de tel.
Elio la suivait comme un pot de colle, il ne la laisserait jamais repartir avec son arme, c'était certain. La marchombre ne put empêcher l'appel des toits, elle les gravit comme si ce n'était qu'une simple formalité. Elio la suivit. Un guerrier qui savait grimper ainsi ? Aussi aisément ? Lui cachait-il encore quelques talents ?
Là, elle avait la place. Elle se retourna et fit face au blond.


- On est pas mieux là, au soleil ?

Elle se jeta dans le combat sans plus de cérémonie. Le combat allait devenir sérieux maintenant qu'elle avait toute la liberté de mouvement qu'elle désirait. Un peu claustrophobe la marchombre, les espaces clos, elle supportait cela qu'en petite quantité.
Roulant sur les tuiles, elle se retrouva dans son dos et le poussa d'un simple geste de la main. Elle ne s'occupa plus de lui et fit un salto arrière. Elle se retrouva à ses côtés. Leurs lames se confrontèrent à nouveau. Ichel usait de son atout, les airs, alors qu'Elio augmentait sa vitesse plus vite que la musique.
Ils commençaient à montrer leur vrai potentiel. Peut-être arrêteraient-ils de faire semblant et se battraient-ils enfin en se considérant comme un réel adversaire et non de simples camarades.
Ils se montraient comme ils étaient, ils réalisaient qu'ils ne connaissaient rien de l'autre, que l'inconnu se dressait devant eux. Ils ne s'étaient jamais jugés. Le potentiel de l'autre se dévoilait petit à petit.
Ce duel prenait une tournure intéressante.






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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Ven 3 Mai 2013 - 17:43

Son nez craqua contre le mur et y laissa une légère trainée de sang. Il poussa un grognement et se pinça la narine avec force pour arrêter le saignement. Sans pitié, Ichel ne lui laissa pas la moindre seconde pour se remettre de l’aplat contre le mur. Il parvint toutefois à deviner son geste suivant et sourit en voyant la lame étinceler. Il ne leva la sienne qu’au dernier moment, soucieux de ne pas être pris de cours. Les aciers grincèrent à leur rencontre, et les pupilles des deux adversaires se dévisagèrent dans un clignement. Les bonnes manières et les hésitations pleines de politesse venaient de se briser dans le combat. N’importait plus que de gagner. Sauf que gagner, dans le langage elioesque voulait dire mourir. Et tandis qu’elle refusait tout autant que lui de lâcher prise, il priait les divinités, lui ô combien athé, afin qu’elle ne meurt pas de sa main trop habile.
Il n’abandonne pas pour autant et mit au profit l’instant de déconcentration que lui offrit la jeune fille. Ses iris fixés sur son arme, il pensa que l’avantage lui revenait. Il passa donc son bras sous le sien, prêt à l’envoyer valser, mais contre toute attente elle prit la fuite. Il fit un pas en arrière, sourcil relevé par un intérêt soudain. Comment avait-elle put réagir si vite à un mouvement non anticipé ? Ne prenant pas garde à la blessure qu’il lui avait tout de même infligée, il se jeta sur elle, pointes de la dague en avant. La surprise et son potentiel échec venait de toucher son égo. Et de lui enlever toute forme de retenue.

Elle esquivait souvent de justesse, et lui-même devait faire appel à tous ses sens pour ne pas finir découpé. La boutique devenait une véritable salle d’entrainement, et même Locktar n’aurait pu leur faire des reproches tant le combat était parfait. Les lames s’entrechoquaient sans se fendre, de qualité excellente. Leurs pieds dansaient sur le sol, s’envolant parfois sur les perchoirs possibles. Et Elio sentait la transpiration montrer le bout de son nez. Et la hargne monter en grade dans ses tactiques. Il avait l’impression d’avoir affaire à une sorte de double, de clone de lui-même. Et pourtant avec tant de différences. Elle n’était pas mercenaire, ça non. Mais elle avait eut un maître aussi doué que le sien. Et ce n’était certainement pas Locktar. Le Maitre guerrier de l’Académie était un bon professeur, pour celui qui se borgne à devenir guerrier, combattant, chevalier ou tout autre ordre. Mais pas suffisant pour celui qui veut se faire ombre sur les toits, ou oiseaux de nuit. Et Ichel était un oiseau de nuit. Ou de jour. Qu’importe. Mais elle n’était pas une simple guerrière.
Un rictus déforma son visage lorsqu’il pensa à marchombre. Mais il chassa bien vite cette idée. Ichel n’était pas Elera. Et Elera n’était pas Ichel. Une seule guilde pouvait-elle regrouper des personnes si différentes ? Sûrement pas. Ou peut-être. Ou qu’importe. Seul comptait le fait qu’elle était forte. Et qu’elle le stimulait à développer toutes les compétences apprises avec Marlyn pour faire la différence. Elle était la fille à battre. Et il ne manquait qu’une lettre pour qu’elle devienne la fille à abattre. Elio s’en souviendrait-il ?

La cadence monta d’un cran, et il se prépara à sauter contre le mur pour se propulser en l’air, lorsqu’un client permit l’échappatoire. Ichel se précipita à l’extérieur, et il ne se fit pas prier pour la suivre, sous le regard incrédule du client. Ils se retrouvèrent en pleine rue, bondée d’acheteurs compulsifs et de flâneurs. Qui représentèrent un obstacle de taille pour le jeune blond. Il détestait la foule, adepte des lieux vides et du silence. Piégée dans l’effet de masse, il dut se faire violence pour pouvoir coller la fuyarde. La perdre de vue serait l’erreur signifiant son échec. Il tenta d’éviter le plus possible les collisions, se contorsionnant entre les passants. Certains furent inévitablement bousculés. Mais aucun ne s’en formalisa. Elio était devenu un commerçant de cette rue. Et tous le considérait comme tel et rien d’autre. Le voir courir après une fille pourvue d’une lame n’était à leurs yeux qu’une voleuse de plus. Et bientôt les échos se précipitèrent dans les bouches des autres vendeurs.

-Marchombre ! Marchombre !

Les bras se firent protection au dessus des étalages, pourtant inutiles. Si Ichel voulait voler quelque chose, elle le pouvait. Car tous venait de confirmer son doute. Marchombre.
Au grand bonheur d’Elio, elle se hissa sur les toits. Il la suivit, un sourire silencieux fendant son visage. Les toits étaient sa maison, son domaine de prédilection. Il allait la tailler en pièce. Aussi lui répondit-il joyeusement.

-Le soleil n’est pas un ami, personnellement. Il trouble la vue et peut même aveugler le meilleur des guerriers. Mais les toits me plaisent. Et c’est moi qui vais t’aveugler.

Ils se jetèrent l’un contre l’autre, avides d’en montrer plus, de grimper dans leurs retranchements. La jeune fille était très douée en acrobaties. Voilà, pourquoi elle se préférait près des airs. Et elle pensait l’être sur les toits. Il allait donc lui montrer que les charpentes pouvaient également cul de sac. Et prison. Mais pour cela il fallait l’amener à un endroit bien précis. Tout en lui faisant croire qu’elle gardait l’avantage. Mettre un masque, et jouer. Son cœur battait la chamade. Voilà un moment qu’il n’avait pas jouer. Les mots de sa mère résonnèrent une fois de plus en lui. « Cette vie est un théâtre, Elio. Contente-toi de rire quand la pièce est comique, de pleurer lorsqu’elle est triste et d’applaudir à la fin de la représentation. »
Il se laissa dévaler les tuiles sous les assauts qu’elle croyait inattendus. Il prit garde d’attaquer, d’ajouter de la vérité dans ses gestes pour qu’elle ne soupçonne rien de son plan. Il passa les trois quart du temps à reculons, à parer ses incursions, tenter des approches, et se rattraper in extremis aux bordures. Alors qu’il connaissait chaque partie de chaque toit. Par cœur. Il s’était amusé à les parcourir en aveugle. Les faire de dos n’y changeaient pas grand-chose. Il se jeta à ses pieds, et d’un coup de poing vide frappa l’arrière de son genou. Elle perdit l’équilibre, et tomba avec lui. Sur la droite. Manière complètement calculée de dévier leurs trajectoires afin d’arriver au lieu attendu. Sentant la destination proche, il échangea les rôles et multiplia les attaques pour qu’elle se retrouve à reculer, et lui à foncer. Ainsi elle ne voyait plus ce qui arrivait derrière elle.
Ils parvinrent enfin à l’embuscade. Il s’agissait d’une sorte de terrasse bouclée entre les toits des masures. Sauf qu’il demeurait complètement impossible d’y grimper. Les surfaces étaient lisses, et la hauteur à atteindre nécessitait de savoir voler. Et jusqu’à preuve du contraire, Ichel ne savait pas voler. Elle était acculée. Il discerna dans son regard qu’elle venait de comprendre la supercherie et lui offrit un sourire mesquin.

A cet instant il avait oublié la lettre de plus. La différence entre battre et abattre. Ses pupilles viraient aux mêmes couleurs que l’acier de son arme et l’adrénaline mettait en ébullition tous ses muscles.
De leurs échanges, il gardait encore la douleur au nez, sans doute cassé, et plusieurs taillades de sang parcouraient ses bras nus, tandis que d’autres avaient déchirées sans merci son pantalon de cuir, pourtant solide. Rien de suffisamment sérieux. Juste de quoi faire comprendre qu’ils ne jouaient plus.
Elle tenta un mouvement en avant, la seule sortie se trouvant dans le dos d’Elio. Il la cueillit au sternum et l’envoya se meurtrir contre l’une des surfaces de la même manière que leur tout premier affrontement. Sauf que cette fois-ci, l’action était plus que voulue. Et calculée. L’instinct de tueur coulait dans ses veines et les brûlait de plaisir malsain.
Il la releva de suite, lui-même, d’un bras.


-On est pas mieux, là ?


Les rayons du soleil se reflétèrent sur le trident.



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 6 Aoû 2013 - 21:09

Les mots du blondinet ne surprirent pas réellement la marchombre. Elle avait beau ne lui avoir presque jamais adressé la parole, elle voyait à peu près comment il fonctionnait. Et la prétention faisait partie intégrante de lui. Il pensait pouvoir l'aveugler... Dommage pour lui, Ichel n'était pas de ceux qui baissaient les bras face aux difficultés. Bien au contraire, elle avait pour habitude de se jeter dans ce genre de situations. Les problèmes. Ca, elle connaissait.
Les toits lui plaisaient ? Grand bien lui face. Les toits étaient le lieu de prédilection de la jeune femme. Depuis qu'elle savait marcher, elle se jetait dans les arbres, sur les toits, sur tout ce qui était apte à être gravi. Le vide, l'adrénaline. Petite, d'abord les écuries et autres petits bâtiments. Plus grande, tout ce qui touchait de près ou de loin les cieux. Marchombre funambule. Voici un nom si l'on devait la décrire.
Comme sa mère. Ichel lui ressemblait plus que ce qu'elle pensait. Son visage s'effaçait de sa mémoire, elle ne trouvait plus que son regard cendre et sa voix douce. Mais son visage s'était envolé. Seuls quelques souvenirs restaient presque intacts, et encore. Elle était bien trop jeune pour se rappeler tous les moments passés ensemble. Certains échappaient à sa mémoire. Une mère aimante, une femme incroyable qui élevait ses enfants avec douceur, le modèle paternel non loin de là.
La fille ressemblait à la mère, au-delà de la simple apparence. La mère, funambule, marchombre. Tout comme la fille. Identiques.

La marchombre sortit de ses pensées alors que le combat reprenait de l'ampleur. Se jetant l'un sur l'autre, les deux adversaires semblaient vouloir prouver leur valeur à l'autre. Rien ne comptait plus que de gagner. Et cela risquait fort d'être difficile. La jeune femme possédait des atouts, Elio également. Et pas des moindres. Il semblait fait de la même matière qu'elle, tout en possédant cette petite différence qu'elle n'arrivait pas à identifier. Ce petit quelque chose qui l'intriguait, créant plusieurs questions dans son esprit.
Depuis longtemps, un jeu s'était mis en place lorsqu'elle rencontrait de nouvelles têtes, elle devinait à son physique et à son regard ce qu'il était. Parfois cela était un jeu d'enfant et certaines fois, cela s'avérait bien plus complexe que ce qu'elle imaginait. Elio faisait parti de la deuxième catégorie. Il avait tout pour lui ressembler, mais rien en lui n'était égal à elle. Il cachait bien son jeu, beaucoup trop bien. Et cela avait le don de mettre la marchombre en pétard. Oh, pas un pétard mauvais, juste frustré. Bien trop frustré.

La marchombre stoppa une attaque directe, sans retenue. Les coups pleuvaient, les esquives étaient fluides. Les démarches du blondinet n'étaient plus les mêmes. Dévalant les tuiles, reculant sous les assauts de la kaelem. Il attaquait, moins violemment qu'auparavant. Se rattrapant de justesse aux abords des toits alors qu'elle était tel un oiseau sur des branches. Avait-elle enfin trouvé le point faible du guerrier ? Cela la fit sourire intérieurement, dans tous les cas. Elle n'aurait jamais cru qu'il soit aussi maladroit dans les airs, d'après ce qu'il lui avait dit. Se vanter ferait donc parti de ses habitudes ? Cela ne l'étonnait guère.
Elle tenta une attaque de biais, en vain. Elle sentit alors son genou céder et, perdant l'équilibre, elle tomba, l'ancien kaelem à sa suite.
L'allure du combat changea radicalement. Se retrouvant à son tour de dos, elle devait esquiver pour ne pas se faire arracher un bout de doigt – ou n'importe quoi d'autre – . Elle reculait sans réussir à le repousser. Bien trop perturbée par ce changement de situation si soudain, elle n'arrivait plus à se concentrer et ne voyait plus ce qui se déroulait dans son dos.
Soudain, elle comprit. C'était un piège. Une ruse de la part du blond. Le temps d'un répit, la marchombre eut le temps de faire l'état des lieux. Et de sa situation. Se retrouvant dans une terrasse bouclée de tous côtés, elle observa les murs. Sans doute impraticables. Elle ne pouvait les détailler plus précisément, la menace en face d'elle. Mais la fuite paraissait peu probable. De toute manière, elle n'était pas comme cela. La fuite, elle l'utilisait pour mieux se battre. Comme avant, trouver les toits.

Le visage d'Elio arborait un sourire mesquin, mais ce n'était pas la seule chose qu'elle put lire. L'adrénaline découvrirait-elle la coque du guerrier ? Un sourire éclaira son visage également. Croyait-il qu'elle avait dit son dernier mot ? Croyait-il qu'elle ressemblait à toutes ces filles avec lesquelles il avait pris ses cours à l'Académie ? Si tel était le cas, il ne se mettait pas seulement le doigt dans l'oeil, il y mettait le bras entier. Son maître lui avait appris bien des choses, notamment à trouver une solution même lorsque la situation paraissait désespérée.
Le regard du jeune homme n'était plus le même. Ce qu'elle avait lu dans son regard lorsqu'elle avait remarqué ce sourire. Cette pointe de rage, de plaisir, de vainqueur. Il n'était plus le même. Son regard n'était plus celui d'un guerrier quelconque. Celui d'un tueur. Ichel restait perplexe devant ce regard-là.

La jeune femme ne pouvait rester dans cette impasse plus longtemps, elle sentait ce qui allait se passer sans même qu'elle ne s'en rende compte. Tentant alors le tout pour le tout, elle fonça droit vers la sortie, ignorant Elio sur son chemin. Un salto et l'obstacle serait évité. Son plan n'eut pour seul résultat de se prendre un nouveau coup au sternum, ce qui l'envoya se cueillir contre un mur en pierre. Le souffle coupé, elle grimaça de douleur. Une côte venait sans doute de se déplacer à cause du choc – côte à peine réparée d'il y avait quelques jours – . Aucune retenue dans le coup, aucun semblant de pitié. De la violence pure. Lorsqu'elle releva son regard noisette et qu'elle le planta dans celui du guerrier, elle y lu du plaisir. Un plaisir malsain.
Sans se poser la moindre question, sans attendre une seconde de plus, il la releva d'un bras. La tenant fermement, il lui sourit. Mais les yeux de la jeune femme oublièrent ce sourire intrigant pour se poser sur le trident qui s'approchait dangereusement d'elle.

- On est bien en effet, ici, seuls, tous les deux. Aucun spectateurs dans les parages, un coin bien silencieux et paisible pour un combat.

Un coin idéal pour mourir. Et le regard de son adversaire susurrait cela à celui de la marchombre. Qui était-il à la fin ? Qui se cachait derrière ce nom, derrière ce visage, ces yeux ? Ichel ne s'était jamais posé la question, elle aurait sans doute dû se la poser. Mais il était bien trop tard.
La poigne du guerrier se resserrait autour de son cou, la lame de plus en plus proche. Réagir, maintenant. Trouver le moyen de gagner du temps, de troubler le guerrier dans ses mouvements. Ses projets...

- Tu penses me poser des limites avec ces murs lisses ?

Parler restait le meilleur moyen d'obtenir un sursis, la preuve en était qu'elle put sentir la prise se détendre et voir la course de la lame se stopper. Peut-être était-il curieux de connaître les mots qui allaient sortir des lèvres de la jeune femme. Dans tous les cas, elle avait un temps de répit. Trouver le moyen de... Une idée.
Un sourire mesquin passa furtivement sur son visage. Il ne la connaissait pas, ils ne se connaissaient pas. Les surprises risquaient de s'enchaîner. Et elle en avait une en réserve rien que pour ses beaux yeux.

- Aucun mur ne me stoppera, aucune limite...

D'une main discrète, elle cacha la dague dans sa ceinture. Le marchombre n'avait pas besoin d'arme, son corps lui suffisait. Le marchombre était l'arme. Nul besoin d'acier lorsqu'on était arpenteur de la voie.
Si la jeune femme n'avait nul besoin de lame, Elio paraissait être fait du même acier. Son corps entier hurlait sa force. Tout comme elle.
Qui était-il donc ? Que cachait ce visage à la chevelure d'une blancheur immaculée ?
Elle savait qu'il avait suivi l'entraînement guerrier à l'Académie, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne faisait pas parti d'une autre guilde. Elle-même avait participé à un ou deux cours de Sieur Guidjek. Il n'était pas dessinateur, elle en était certaine. Il aurait déjà fait usage de son Don depuis un certain laps de temps. Non, pas dessinateur. Il avait cette petite étincelle que ne possédaient ni les combattants ni les dessinateurs. Son regard bleuté planté sur...
Son regard.
Depuis les premières secondes de leur rencontre hasardeuse dans sa boutique, Ichel n'arrivait à lire dans ses prunelles bleues. Elle avait beau essayer, elle n'y arrivait pas. Quelque chose l'en empêchait et elle ne savait quoi. Mais là... Cette barrière s'était fragilisée. Comment ? Elle n'en savait rien. Peut-être était-ce dû à son changement soudain de comportement. A cet éclat qu'elle n'avait jamais repéré dans son aura.

Réagir, maintenant. Prenant garde à tenir le trident du blond loin d'elle, elle leva lentement sa main. Les secondes s'écoulaient à mesure que celle-ci se rapprochait. Elio ne réagissait pas. Posant sa main sur la sienne, elle la retira délicatement. Il se laissa faire malgré son trident à présent collé contre sa peau. La marchombre se rapprocha imperceptiblement de lui. Leurs lèvres se frôlèrent, se rapprochèrent, s'unirent. Doux, sauvage, imprévisible.
Le temps s'écoulaient, ils ne bougeaient pas. Leurs lèvres encore l'une contre l'autre. Ichel ouvrit les yeux, brisa le lien. Leurs regards restaient plantés l'un dans l'autre, ce baiser imprévisible résonnant encore.
Elle se jeta sur lui. Déstabilisé, il n'avait pu la voir venir. Roulant l'un sur l'autre, ils se débattaient pour réussir à s'extirper de cette délicate situation. Ils roulaient sur le sol comme les enfants le font dans les herbes des plaines. La marchombre réussit enfin à rouler plus loin, trop tard.
Son visage se crispa dans le même temps, sentant le trident de son adversaire se retirer de son flanc gauche. La douleur fut instantanée. Grondant entre ses dents, elle contint la douleur qui l'envahissait. Elle n'avait pas senti la lame traverser sa chair durant leur roulade. Elle recula de plusieurs pas, laissant une distance raisonnable entre eux. Baissant le regard pour constater les dégâts, elle grimaça. La douleur se faisait forte, le sang coulait, ses vêtements commençaient à coller contre sa peau. Elle plongea son regard noisette devenu noir dans celui de son adversaire.

- Par les écailles du Dragon, t'aurais pas dû faire ça...

La marchombre bouillonnait, la main sur son flanc. La lame n'avait pas l'air d'avoir touché de fonctions vitales, rien de bien grave. Rien que du sang coulant à flot. Il s'arrêterait bien à un moment ou à un autre. Dans tous les cas, elle irait voir un rêveur. Et dans tous les cas, tout en elle réclamait son dû.
Son regard ne quittait pas celui du combattant, inflexible. Dans un mouvement parfaitement rodé, le corps de la jeune femme s'élança vers l'ancien kaelem. Rapide, fluide, imparable. Son corps était son arme, il se battait seul. Poings, pieds, coudes, jambes, genoux, bras, tout se succédait avec une vitesse incroyable. Elle ne jouait pas sur la force, mais la répétition. La marchombre acculait son adversaire de plus en plus vers le mur face à elle et lorsqu'il se retrouva enfin dos au mur, il était trop tard.
Elle approcha son visage du sien, leurs prunelles plongées les unes dans les autres. Sa main glissa dans son dos, mouvement félin, elle empoigna la dague encore dans sa ceinture et d'un geste vif, la planta devant elle. Le bruit mat et sourd d'une lame plantée dans la pierre à quelques millimètres du crâne blond résonna encore quelques temps dans l'impasse. Une mèche volait dans le vent frais, victime du tranchant de l'arme.
Elle approcha sa bouche de l'oreille d'Elio, murmura.

- Tu caches bien ton jeu, mais tu n'es pas le seul.

Elle recula, chancelante. Sa blessure semblait prendre feu, le sang coulait encore à petites gouttes. Laissant le guerrier où il était, la dague au-dessus de lui, elle s'assit contre un mur, son attention divisée. Observant encore l'ancien kaelem, elle tentait de panser sa blessure.
Le blondinet cachait bien son jeu, il semblait clair qu'il ne voulait pas attirer l'attention. Ichel ne voulait rien savoir. L'ignorance peut être fatale comme bien plus saine. La marchombre aimait l'amitié simple ; je ne te connais pas, tu ne me connais pas, mais on s'apprécie. Voilà comment elle voyait Elio.






[ Edition à volonté I love you ]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 1 Sep 2013 - 17:47

L’homme qui faisait face à Ichel n’était plus un guerrier. C’était un prédateur. Démuni de toute pitié, le plaisir de tuer ressurgi, son cerveau entrainé pour éliminer tout autant que son corps. Devenir le meilleur élève de Marlyn ne nécessitait pas que du physique, cela quémandait également un lavage de cerveau comprenant entre autre l’absolution totale de toute morale. De cette manière, Elio se transformait en véritable machine à tuer. Et à cet instant son esprit occultait complètement l’information primordiale : Ichel n’était pas son ennemie, lui ôter la vie ne lui apporterait que des ennuis.
Le trident réclamait d’être souillé de sang, il avait soif et le demi-faël ne pouvait que lui donner satisfaction. De fait, la main non armée qui venait de la relever bifurqua tout naturellement vers le cou si peu protégé de la jeune fille, tandis que l’arme se rapprochait dangereusement de son ventre. Il jubilait. Elle était sienne, prisonnière de sa toile et à présent il la tenait en halène, à sa merci d’être morte dans les secondes ou minutes qui suivent. Et elle avait peur, il le savait. Il le savait d’autant plus qu’elle se mit à parler. Pour gagner du temps. Les morts tentent toujours de gagner du temps. Lui-même l’avait eut fait. Alors il la laissa s’offrir ce temps, par pure motivation malsaine et avec l’orgueil de croire qu’elle ne pouvait lui échapper. Il souriait à moitié, moqueur de la voir aussi prétentieuse que lui. Ainsi elle n’avait aucune limite ? Ces murs lisses ne la bloquaient nullement ? Alors que faisait-elle encore ici, hein ? Pourquoi ne s’était-elle déjà pas envolée ? Et pleine de talent qu’elle était, pourquoi, lui, était-il toujours en vie ? Que de belles paroles de ces lèvres féminines ! Mais que vaut la parole lorsque l’on n’y joint pas l’acte ? Rien. Et tu ne vaux plus rien, Ichel.


Trop obnubilé par son instinct de chasse dont lui seul pouvait être le chasseur, il ne vit pas la kaelem cacher sa dague et eut donc un léger sursaut lorsqu’elle posa sa main sur la sienne. Rendait-elle les armes ? Pensait-elle qu’il allait la prendre en pitié et accepter son forfait ? Quelle idiote. Il ne fonctionnait pas comme ça. Et elle allait vite regretter de lui retirer son emprise. Il s’attendait à ce que sa petite bouche s’ouvre pour demander clémence, mais pas qu’elle vienne se coller à la sienne ! La première fois ce ne fut que frôlement car il eut le bon sens de faire un très léger mouvement de recul. Mais il céda à la seconde fois, trop surpris pour la repousser de nouveau, et, avouons-le, tenté par le charme qu’il fallait bien lui admettre. A contrario de son caractère bien trempé, ses lèvres étaient d’une douceur telle qu’il aurait été de mauvaise foi totale de le nier. Et si Elio était habitué à d’autres lèvres, le fait d’en goûter de nouvelles déclencha comme une adrénaline dans son bas-ventre. Ce qui le bouleversa. Il avait déjà mis du temps à accepter son attirance sexuelle et son amour pour Kylian et il avait mis Charlize sur le compte d’une affection dû au fait qu’il l’avait sauvé. (A cette époque là, elle n’a pas encore mis les pieds dans son lit ;p) Alors qu’il puisse prendre plaisir au baiser d’une fille qu’il n’avait jamais vraiment regardé… C’était plus que déstabilisant. Il y eut donc ce moment de flottement où ses yeux bleus rencontrèrent les noisettes d’Ichel. Et ils restèrent là, sans bouger. Elio se demandait quoi faire : attendait-elle qu’il l’embrasse à son tour ? Ou qu’il dise quelque chose ? Il n’eut pas le temps de se décider qu’elle se jetait sur lui avec un regard féroce. Il ne put rien y faire. Elle l’embarqua dans des roulades acharnées au sol. Ce n’est que lorsque son crâne tapa une première fois à terre que le Talion reprit conscience de la situation : elle s’était foutue de sa gueule ! Il venait d’être berné de la manière la plus basse qui soit. Et c’était loin de le faire rire. Il poussa un grognement animal et contracta ses muscles pour empêcher la marchombre de prendre le dessus. Ils roulèrent encore et encore, tandis qu’il cherchait un moyen d’en finir avec elle. L’occasion se présenta en une seconde. Seconde qu’il prit sans hésiter pour planter son trident dans le flan découvert de son adversaire. Elle se recula dans un souffle coupé, constatant avec aberration le sang réel qui en coulait. Il n’attaqua pas une deuxième fois. Le visage consterné d’Ichel et la tâche rouge qui s’étendait sur ses vêtements venait de lui faire l’effet d’une douche froide. Le prédateur fit marche arrière et l’homme reprit place, tout aussi choqué que sa proie.

*Mais qu’est-ce que j’ai fait ?!*

Tu n’aurais pas dû, qu’elle disait. Et il était entièrement d’accord avec elle. Quel con ! Ils devaient juste tester l’arme. Juste un combat amical. Battre. Pas abattre. Et maintenant ? Que faire ? Il resta sur la défensive, n’oubliant pas l’affront qu’elle venait de lui faire.

-Tu n’aurais pas dû non plus. Cherche les coups bas et tu les trouveras doublés.

De nouveau leurs regards se croisèrent, se confrontèrent. Leur vision l’un de l’autre venait de changer. Irrémédiablement. Elle était forte. Et elle venait d’assister à de quoi mettre sérieusement en doute sa couverture. Le serviable, patriote et fils aimant ne serait jamais capable de tenter de tuer une innocente. Et Ichel se montrait trop maligne à son goût. Devait-il donc continuer ce qu’il avait entreprit ? L’éliminer afin de ne prendre aucun risque ? Il ne sut si elle devina ses projets ou si elle eut la même idée que lui, toujours est-il qu’elle lui fonça droit dessus, pour la deuxième fois. C’était de la colère dans le moindre de ses gestes. Gestes si rapides qu’il eut tout le mal du monde à éviter les coups, reculant comme un débutant. Il se retrouva acculé contre le mur, déjà persuadé d’être un homme mort. La rage change une personne. Elle n’était pas si différente de lui. La dague fut dans sa main à une vitesse telle qu’il crut à un dessin. Mais il avait appris d’Elera que marchombre et dessinateur étaient incompatibles. Il vit la lame fuser vers son visage, ferma les yeux. Mais ne sentit rien. Seule son oreille vibra du fracas que fit l’arme en frappant la pierre et du chuintement qui lui coupa une mèche. Rouvrant les paupières, il vit cette dernière s’échouer au sol, tandis qu’Ichel reculait et finissait même par trouver assise, sans doute incommodée par sa blessure. Il l’avait à peine écouté, trop surpris qu’elle ne l’ait pas tué. La chaire de poule encore présente sur les bras, il baissa la tête. Il ne la comprenait plus. Qu’elle se refuse à le tuer, soit. Et ça l’arrangeait pas mal. Mais qu’elle s’assoit plutôt que de prendre fuite, lui laissant la possibilité d’en finir avec elle en toute facilité… Elle ne lui faisait tout de même pas confiance ?
Dans un soupir il rangea son trident à sa ceinture, songeant à le garder définitivement. Si elle lui donnait opportunité de mort sur sa propre personne, quelque chose lui disait qu’elle ne chercherait pas à en savoir plus sur son jeu. Du moins il l’espérait. Et il serait toujours temps de la tuer. Mais là, à l’instant, il ne le pouvait pas. Peut-être parce qu’elle était la première depuis bien longtemps à l’avoir battu. Pas qu’il se sente vaincu. A vrai dire il ne savait pas trop. Ils s’étaient battus l’un l’autre. Et elle en méritait tout son respect. Il s’approcha donc en douceur de la kaelem, mains vides tendues en l’air.


-J’arrête ce jeu là.

Il jeta un coup d’œil au flan d’Ichel : il était en mauvais état et avait de gros risques de s’infecter.

-Retour à la case départ. J’te ramène à la boutique, j’prends mon cheval et je t’emmène voir un rêveur.

Il lui tendit une main pour la relever et vit la méfiance dans son regard. Comment ne pas la comprendre ?

-Il n’y a pas de piège cette fois-ci, Ichel. S’il te plait. Laisse-moi réparer ma connerie.

Elle accepta enfin son aide pour se relever. Il tenta alors une touche d’humour, afin d’évacuer la pression.

-Tu sais pourtant que j’en suis un spécialiste. Des conneries. Demande aux rêveurs en permanence à l’infirmerie de l’Aca, j’étais un de leur client préféré, avec Kylian !

Bon. Je ne l’ai jamais embroché, lui. Faut croire que ses baisers sont meilleurs Cool


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 6 Oct 2013 - 18:41

Pressant sa blessure, pas bien grave au final, elle gardait un oeil sur Elio. Il n'était sans doute pas ce qu'il prétendait être, c'était bien trop gros pour quelqu'un comme lui. Un gentil fils qui reprenait l'affaire de son paternel. Non, elle ne pouvait y croire. Et s'il mentait, c'était pour une bonne raison ; elle respectait cela et ne lui demanderait rien. Ce n'était pas dans ses habitudes, car elle aussi avait des ombres dans son tableau. Des secrets qu'elle ne pouvait – ou voulait, cela dépendait – dévoiler à quiconque.
Elle gardait donc un oeil sur l'ancien kaelem alors qu'elle était assise contre cet arbre. Et cette crève qui ne voulait pas la quitter. Un éternuement plus tard, elle releva le regard et le planta dans celui du jeune homme. Il avait rangé son trident. Bien. Au moins, il n'avait plus l'intention de la transpercer de pars et d'autres. La lueur malsaine dans son regard s'était presque évaporée. Pas totalement. Dans tous les cas, il ne semblait plus avoir de dent contre elle – pour l'instant.
S'approchant lentement de la marchombre, les mains en l'air à la façon des marchands braqués sur les routes de campagne, et annonça que le jeu était réellement terminé.

- Oui, le jeu est fini. Et j'suis pas contre quelques petits soins.

Une main tendue ? Un piège ? Il la rassura et semblait réellement vouloir se faire pardonner. Ce nouvel état d'esprit changeait de celui qu'il avait eu durant leur combat. Plusieurs Elio semblaient se disputer dans son esprit. Dans un temps son regard assassin s'illuminait d'un plaisir malsain pour le sang et dans second temps, ses yeux bleus se remplissaient d'excuses. Une vraie girouette. Y en avait-il d'autre, des Elio ? Elle n'en doutait pas une seule seconde.
Prenant enfin la main qu'il lui tendait, elle lui fit un sourire. Lui, le spécialiste des conneries ? Oh, oui, elle le savait bien. Les rumeurs se répandaient comme une trainée de poudre dans la salle commune Kaelem, mais elle avait également un don pour percevoir la capacité de conneries d'une personne. Elle savait de quoi elle parlait. Et Elio en avait en réserve, des conneries.
Ils se mirent gentiment en route vers la sortie de la ruelle, non sans avoir au préalable récupérer la dague noire encore plantée dans le mur, et avant qu'ils n'atteignent la grande rue, elle se retourna vers lui avec un sourire.

- Oh, tu sais, t'es pas le seul à en être spécialiste, des conneries. Sauf que j'vais moins chez les rêveurs, j'suis assez butée dans mon genre et me soigne seule. Et pis pas que les conneries du genre physique. Mais bon, ça, c'est autre chose.

Une touche d'humour et Ichel prenait la perche tendue. L'atmosphère pesante, très peu pour elle. Lorsque l'on connaissait son maître, on ne pouvait plus se demander pour quelles raisons elle mettait un point d'honneur à la bonne humeur. Le rire faisait parti intégrante de leur voie.
Ils se mirent en route, parlant de tout et de rien, sans jamais aborder le sujet de leur propre personne. Les détails de leur vie restant dans un coin de leur tête. Les sujets se suivaient sans un instant de repos. L'Empereur, les nouveaux itinérants venus du sud, le marché d'Al-Far qui n'allait pas tardé à débuter, les professeurs de l'Académie – c'était un sujet passionnant malgré ce que l'on pouvait penser, il y avait de quoi parler des heures durant – et bien d'autres sujets.
Une vingtaine de minutes plus tard, il se retrouvèrent devant la boutique. La marchombre ne s'en était pas rendue compte, mais ils en avaient fait du chemin lors de leur petit affrontement.
Elio alla prendre son cheval et lorsqu'il revint enfin, tendit à nouveau la main à la marchombre pour l'aider à grimper sur son destrier.

- Ah, non. J'ai ma propre monture. J'vais vite récupérer mon étalon dans l'écurie à quelques rues d'ici.

Et sans prévenir, elle se faufila entre la foule, galopant presque pour rejoindre Brume qui l'attendait patiemment – sans doute les babines pleines de foin – . Quelques minutes lui suffirent et elle entra en trombe dans les écuries. Elle entendit Elio s'arrêter devant le bâtiment avant qu'elle n'aborde le palefrenier.

- Salut ! J'ai laissé mon cheval y a quelques heures.

Il acquiesça et lui fit un signe pour lui montrer la direction.

- C'est par là.

- Merci mon gars !

Elle lui fit un clin d'oeil et disparut entre les box. Il la suivit cependant de loin afin de la surveiller, il était tout de même en charge des écuries et ne voulait surtout pas qu'il arrive quelque chose. Surtout que la jeune femme tenait son flanc avec insistance, flanc qui semblait ensanglanté. Encore une guerrière qui s'était jetée dans un combat dans une ruelle mal éclairée. Il arriva dans l'angle des box alors qu'elle éternua violemment en mettant la selle en place sur le dos de l'animal. D'un saut moins bien calculé que de coutume – la blessure étant comme elle était – elle sauta légèrement sur l'étalon.
Remerciant le palefrenier en passant, elle lui donna quelques pièces pour les services efficaces et disparu par la porte d'entrée pour rejoindre Elio. Elle devait l'avouer, son flanc lui faisait plus mal que ce qu'elle voulait bien admettre. L'ayant dit plus tôt, elle était butée et n'aimait admettre qu'elle souffrait. Légèrement, mais tout de même. Si elle ne voyait pas un rêveur, cela pouvait très bien s'infecter et devenir bien plus grave que ça ne l'était.
Elle se tourna donc vers l'ancien élève.

- Bon, c'est parti !

Eoliane restait le meilleur endroit pour trouver des rêveurs, étant la confrérie la plus proche. Chercher un rêveur dans la capitale ferait perdre bien trop de temps. Ils jetèrent donc leur dévolu sur cette destination.
Les discussions reprirent de plus belle. Malgré cette blessure, elle ne lui en voulait pas. Et ils arrivaient à se parler. A être ami ? Ca, elle n'en était pas encore certaine. Cette lueur dans son regard lui enjoignait la prudence. Mais dans tous les cas, elle l'appréciait car il ne voulait rien savoir à son sujet, et vice versa. Simplement parler et ne pas se préoccuper du reste. C'était rare ces temps-ci et ça lui faisait du bien.

- Tu sais, c'est pas grave pour la blessure, hein. J'en ai eu des bien pires. Comme celle-là.

Elle lui montra son avant-bras et découvrit une énorme cicatrice qui s'étendait sur toute sa longueur. Cicatrice qu'elle gardait souvent cachée sous de longues manches de chemises, pulls ou vestes de cuir. Elle n'aimait pas la voir. Cette cicatrice lui rappelait trop son passé.

- C'était tout con, j'suis simplement tombée d'un très grand arbre quand j'étais petite, mais j'suis pas tombée au bon endroit. Mon corps est tombé net sur le sol et mon bras a glissé sur une pierre presque aussi aiguisée qu'une lame et voilà le résultat. Le rêveur a dit que l'os aurait pu y passer à quelques centimètres près. J'ai eu énormément de chance. Donc cette blessure au flanc n'est rien comparé à celle-ci.

Un sourire vibrait sur son visage. Elle n'avait encore raconté cette histoire à personne et elle ne savait même pas pourquoi elle la lui confiait à lui.


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Lun 28 Oct 2013 - 11:18

Le garçon ne cacha pas son soulagement d’entendre Ichel se prendre au jeu de l’humour plutôt qu’à celui de la vengeance et de la rancune. Car il y avait de quoi. A sa place, Elio aurait déjà tué la personne l’ayant blessé, même involontairement. Sûrement l’esprit bisounoursien marchombre offrant la faculté de pardonner si facilement. Pourtant la jeune fille ne ressemblait pas à Elera, loin de là. Quiconque aurait posé des questions, se serait méfié de lui, constatant bien que ses aptitudes étaient trop poussées pour n’être celles que d’un simple guerrier tenant une boutique. Mais elle se taisait sur cela, engageant des conversations diverses sur l’Empire. Comme si elle respectait son secret, son choix. A la place d’Elera, le soir fatidique de la mort de son père, aurait-elle fuie, aussi ? Ou serait-elle restée, compréhensive et gardant le secret ? En soit, la rouquine avait gardé elle aussi le silence, et il ne pouvait que lui en être reconnaissant, même s’il ne comprenait pas pourquoi. Peut-être devait-il tout simplement se résigner à ne jamais cerner un marchombre. Ils marchaient calmement, évitant tout mouvement brusque qui pourrait aggraver la blessure de la kaelem et Elio se prit à aimer cette balade. Aucun silence gênant ne venait ponctuer leur conversation, ce qui était un miracle pour le mercenaire, habitué à l’isolement et la maladresse. Il fut presque déçu, de fait, d’arriver si vite à sa boutique, mais se dit qu’il avait encore le chemin jusqu’à une confrérie pour profiter d’un peu de convivialité dans ce monde de brutes. Il détacha Requiem qui grogna un peu, prêt à en faire baver à son maître. Le Talion lui envoya le regard lui plus menaçant qu’il avait en réserve, lui faisant entendre qu’il ne le ridiculiserait pas devant une marchombre. Il tendit ensuite la main à Ichel pour l’aider à monter, mais elle refusa, désirant récupérer sa propre monture. Il trouva cela un peu stupide de tenir à chevaucher alors qu’elle était blessée, mais ne pipa mot, respectant son choix, puisqu’il en était ainsi de leur entente. Alors qu’elle se faufilait déjà dans la rue marchande, il grimpa sur la selle de l’étalon de manière ferme.

-Tente, ne serait-ce qu’un pas de côté, et je demande à Charlize de te cuisiner ce soir ! La viande se fait cher, des économies ne feraient pas de mal. Siffla-t-il à l’oreille du mustang.

Il hennit en retour, peu soucieux de la menace. Il était bien plus difficile de circuler dans la rue à cheval qu’à pied, aussi lorsqu’Elio atteint l’écurie où résidait l’équidé d’Ichel, elle avait déjà récupéré celui-ci. Ils décidèrent donc, d’un commun accord, de se rendre à Eoliane, étant la confrérie la plus proche. Outre le fait que chercher un rêveur dans une rue comme celle-ci revenait à vouloir trouver l’aiguille dans la botte de foin, Eoliane avait l’avantage de contenir des rêveurs qui posaient relativement peu de questions et acceptaient de soigner sans faire de morale. Le guerrier ne se souvenait que trop bien de sa dernière excursion là-bas, après le labyrinthe. Dans un autre centre, avec d’autres personnes, on l’aurait enfermé pour sa schizophrénie passagère plutôt que soigné.
Pour le moment Requiem se tenait tranquille, calquant son allure à celle de la marchombre, mais le garçon restait méfiant. Il ne se privait jamais d’une partie de rodéo, surtout lorsqu’il était en compagnie. Il ne manquerait plus que la monture de la jeune fille soit une jument et ce serait la fin de tout calme en ce bas monde ! Effectivement, Talion avait découvert récemment que non content d’être borné et sournois, son pur sang était également un séducteur hors pair, toujours à la recherche d’une femelle pour faire son beau. Il jeta donc un coup d’œil au cheval d’à côté. Il n’avait pas grande connaissance des races, mais il lui semblait qu’il s’agissait également d’un mustang. Restait à savoir le sexe. L’élève le coupa dans son inspection en lui parlant de sa blessure, ce qui eut pour effet de ramener sa culpabilité. Il grimaça, malgré l’évidence qu’elle ne lui en voulait pas le moins du monde. Elle lui montra son bras où résidait une cicatrice bien ancrée. Il émit un sifflement admiratif, puis rit.


-Un arbre et une pierre. C’est loin des grandes histoires de cicatrice de guerre, ça !

Le fait qu’elle se confie ainsi de son enfance signifiait donc qu’une amitié naissait ? Devait-il lui aussi raconter une anecdote ? Après tout, pourquoi pas. En tant que fils d’armurier, ce n’était pas comme s’il avait manqué de chutes et blessures en tout genre.

-Pour ma part, les éternels coupables de mes bobos d’enfance n’étaient autres que les armes que vendait mon père. Pas faute qu’il m’est interdit d’y toucher, hein. Mais bon,  jouer à l’épée en bois quand tu en as une vraie juste à côté, y’a de quoi frustrer ! Une fois j’ai voulu tester une hache qui devait peser aussi lourd que moi. A peine soulevée, je l’ai lâchée. Sur mon pied.

Il désigna son pied droit en mimant une grimace.

-Le tranchant s’est abattu sur mon plus petit orteil. Sauf que n’étant pas tombé droit, pas de coupure nette. Mon orteil pendait de façon très glauque. Les rêveurs m’ont arrangé ça avec une efficacité assez impressionnante. Parfois je l’entends encore craquer, cet orteil.

Il sourit. Depuis ce jour là, il détestait les armes volumineuses du style hache, justement. Requiem s’ébroua, et il prit ça pour de la moquerie, comme souvent. Lui jetant une œillade exaspérée, il vit alors que la raison de son excitation n’avait rien à voir avec les aventures de Mini-Elio. Le mustang fixait son compère et tentait de l’exciter.

-Euh….Ichel ? Ton cheval, c’est un mâle ou une femelle ?

Il haussa un sourcil surpris à la réponse et se pencha vers l’oreille de son stupide canasson.

-Bah alors, tu nous fais quoi, là ? T’as changé d’bord, toi aussi ?

Le rouge lui monta aux oreilles lorsqu’il comprit l’énorme lapsus qu’il venait de commettre. Toi aussi. Mais quel con. S’il avait prouvé à Kylian l’aimer vraiment, en dépit de la « contre nature » de leur relation, le crier sur tous les toits était loin d’être une bonne idée. La chose n’était pas très bien perçue dans l’empire, et cela pourrait fortement jouer contre lui. Il croisa alors les doigts pour que la cohue que commençait à engendrer l’étalon fasse diversion de son aveu inconscient. Le sabot de Requiem racla le sol plusieurs fois, et l’ancien kaelem se souvint de sa rencontre avec le rouquin. Il leva les yeux au ciel, ayant peur de comprendre les intentions de sa monture.

-Oh putain non. J’viens de comprendre. T’as un mustang, toi aussi. J’crois qu’il veut se confronter, genre entre mâles. Ce canasson va me tuer, un jour.  

C’était exactement ce qu’il avait fait avec le garde, la première fois. Se confronter. Se battre. Ce n’était qu’un jeu, mais ils en étaient sortis bien amochés. Qu’en serait-il d’Ichel et lui si les deux purs sangs décidaient à l’instant de se mesurer l’un à l’autre ? Il ne donnait pas cher de leurs peaux.


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 22 Déc 2013 - 23:55

Après un rire, Elio confia un de ses souvenirs. Enfin, l'histoire d'une de ses blessures. Elle pouvait comprendre la frustration qu'il avait ressenti étant enfant devant toutes ces armes qu'il ne pouvait toucher alors qu'il en avait une en bois dans les mains. Et elle ressentait la douleur qu'il avait dû ressentir lorsque la hache était tombée sur son petit orteil. Elle grimaça, frissonna en imaginant la scène.

- De vrais gosses casses-cous !

Sur ce point, ils se ressemblaient un peu. Elle n'avait jamais aimé les règles, même étant petite. Son père lui hurlait dessus alors que sa mère riait de ses bêtises, confiante. Elle n'avait pas peur du danger, elle n'avait jamais eu peur des risques. Elle les contournait.
Elle remarqua alors un fait bien étrange. La robe de Brume était comme électrique, ses oreilles étaient couchées en arrière, comme s'il avait repéré un danger. Etrange, elle n'avait pourtant rien senti dans les parages, aucune menace. Elle se pencha et remarqua soudain que son regard n'était pas dirigé vers l'avant, mais bien sur l'étalon du jeune homme. Haussant un sourcil, elle jeta un coup d'oeil sur le cheval. C'était bien ce qu'elle pensait. La monture de son voisin tentait d'exciter son mustang. Elle devina que c'était... un mâle. Et bien, ce cheval avait de drôle d'attirances. Ichel se pencha en avant et murmura quelques mots à Brume qui se calma immédiatement pour ne plus faire attention à l'autre mâle. Ou du moins l'ignorait-il à moitié. A nouveau droite, elle offrit un sourire à Elio.


- Brume est tout ce qui a de plus mâle.

Et il parla alors à son étalon. Toi... aussi ? Un des sourcils de la marchombre se haussa ; que voulait-il dire par là ? Quoiqu'il voulut dire, Ichel s'en moquait. Il faisait ce qu'il voulait après tout et ce n'était pas elle qui allait l'en empêcher, ça non. Elle qui haïssait qu'on lui impose des règles, elle n'allait pas en mettre aux autres.
Et ce qui se passait entre les deux chevaux était bien plus préoccupant. Brume écoutait les mots de sa maîtresse – qui était davantage son amie – même s'il possédait la même nature rebelle qu'elle, mais elle sentait qu'il avait de la peine à rester aux côtés de ce danger ambulant qu'était l'étalon à ses côtés.


- Oui, j'crois bien que t'as raison. Enfin, pas sur le fait qu'il va te tuer, hein !

Elle éclata de rire, il ne sembla vraiment comprendre. Avait-il seulement de l'humour ou restait-il toujours aussi stoïque ? Il ne lui avait jamais semblé qu'il était dénué d'humour. Enfin, il n'avait certainement pas le même que celui de la marchombre, certes, il était assez spécial. Mais tout de même, un petit rire. Tant pis.
Peut-être qu'après tout il n'était réellement pas rassuré sur le dos de cette bête, que cette dernière allait le faire basculer par dessus sa crinière. Il n'avait pas tord, l'animal semblait réellement survolté.
Et Elio avait raison, les deux mâles allaient finir par se confronter d'un moment à l'autre, elle connaissait bien trop Brume pour ne pas le voir. Il était calme depuis qu'elle l'avait rassuré, mais le canasson du jeune homme en rajoutait de plus en plus. Brume était comme Ichel, il éclaterait lorsqu'il ne pourrait plus se contrôler.
La marchombre sépara de plusieurs mètres les deux mâles pour pouvoir agir à temps si quelque chose devait se passer.


- J'espère qu'Eoliane n'est pas trop loin, sinon...

Ichel ne put terminer sa phrase. Brume se cabra alors que l'autre étalon avait tenté de mordre sa tête. Collant son corps contre celui du mustang, elle ne tomba pas et utilisa ses rênes pour faire reculer sa monture. En vain. Tout les puissants muscles de l'animal étaient contractés, il était exaspéré. Toujours sur ses pattes arrières, il hennissait de rage.

- BRUME !

Il n'était pas le seul. Ichel savait pertinemment que l'étalon était et avait toujours été sauvage, mais il se préoccupait toujours d'elle. Et vice versa. Fait rare chez un animal, mais les circonstances de leur rencontre ont crée ce rapprochement sortant de l'ordinaire. Et à cet instant, il oubliait complètement qu'elle se trouvait toujours sur son dos.
A ce cri, les oreilles de Brume se dressèrent et son corps décrivit une courbe vers le sol. Le choc, il se trouvait à nouveau les quatre fers au sol. Ichel se redressa et vit à temps la monture d'Elio ruer vers eux. Elle élança Brume dans une course endiablée.
Comment se sortir de cette situation ? L'étalon fou qui galopait à présent derrière eux ne se stopperait pas avant d'avoir ce qu'il voulait. Peut-être fallait-t-il le battre à la course ? Non. C'était une idée complètement stupide. Il voulait se battre. Mais jamais elle ne permettrait que son étalon se fasse marteler de coups de sabots. Il fallait trouver une solution. Maintenant. Avant que la marchombre ne s'énerve à son tour.

Les étalons ne laissèrent pas le temps à une solution de naître dans l'esprit de la marchombre. Le mâle du jeune homme se jeta tête la première contre Brume, il tentait à nouveau de le mordre au museau. Le mustang gris donna un coup à son agresseur lorsque celui-ci réussit enfin à prendre sa tête entre ses dents. C'était le début d'un combat acharné entre deux puissantes bêtes prêtes à tout pour imposer sa supériorité à l'autre.
Ichel croisa le regard de l'ancien kaelem, ce dernier était peu rassuré. Voir pas du tout.
Et soudain, une ruée. Les chevaux se dressèrent sur leurs pattes arrières pour se confronter de tout leur corps. Les coups de sabots pleuvaient alors. Ichel tirait sur les rênes, hurlait sur Brume, mais rien n'y faisait. Tout ce qu'elle réussissait à faire était de le tenir assez éloigné pour qu'aucun des cavalier ne se prenne un coup. La ruée ne se calmait pas. Les deux mâles se mesuraient l'un à l'autre, rien ne viendrait déranger leur combat.
Ils ne pouvaient rester sur le dos de ces animaux, ces derniers finiraient par les tuer. Il fallait qu'ils se sortent de là. Maintenant. Avant que tout ceci n'empire.
La marchombre croisa à nouveau le regarde d'Elio. Ils ne pouvaient faire autrement.


- Saute !

Il sembla comprendre qu'ils ne pouvaient rester sur leur dos, mais un seul problème se posait à eux.
Comment sauter sans se faire écraser par un sabot au passage...



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Jeu 16 Jan 2014 - 12:17

Son corps n’était que crispation, et ses jambes enlaçaient le cheval avec toute la force qu’il possédait. Car à présent il en était certain : Requiem cherchait la confrontation, et le fait d’avoir Elio sur le dos ne le gênerait nullement. Bien au contraire, il y prendrait encore plus de plaisir ! Il ne rit donc pas à la blague d’Ichel, mâchoire grinçant, trop nerveux de ce qui allait se passer. Il donna un coup sec sur la bride afin de lui faire comprendre qu’il était hors de question de mettre à bien ses volontés. Parfois il regrettait sérieusement d’avoir échanger Eolwyn contre ce têtu de service. Il avait aussi mauvais caractère que lui. Mais le mustang avait déjà fait ses preuves lors de missions. Dénué de toute peur, et vindicatif il pouvait aisément tuer un homme si Elio se trouvait en trop mauvaise posture pour le faire. Peu à peu il sembla que la marchombre comprenait la gravité de ce possible affrontement car elle mit de la distance entre les deux bêtes. En vain. A ce moment même Requiem se jeta contre l’autre pour le mordre.

-REQUIEM BORDEL ! 

L’étalon hennit sombrement, tandis que l’autre se cabrait contre lui. Le guerrier agrippa la crinière de sa monture pour le faire dévier avec plus de force. Mais à présent que l’autre canasson était également dans la bataille…Faites-en dévier un et l’autre survient. De fait lorsque la jeune fille éloigna de nouveau Brume, Requiem fonça droit sur eux. Et il prit une telle vitesse qu’Elio ne put rien faire d’autre que se cramponner pour ne pas finir par terre. Les adversaires prirent fuite et la course endiablée ne fut que commencer. Les chevaux allaient réellement se faire mal, et les deux humains risquaient de finir en pire état encore. Il leur fallait trouver une solution et vite ! Mais comment raisonner ces bêtes là ? Il voulut tenter de couper l’animal dans sa course, mais il avait déjà rattrapé son partenaire et les museaux s’entrechoquaient. Désespéré, l’ancien kaelem riva ses pupilles dans celles de sa compagne de combat. Leurs esprits étaient tant en ébullition de précipitation et de stress qu’il doutait trouver une réelle bonne idée. Mais lorsque les deux mustangs se cabrèrent, ils n’eurent plus le choix. Ichel formula l’unique solution de repli. Sauter.
D’un coup d’œil il vit le sol et les sabots battant l’air. Un seul coup de ceux-ci au mauvais endroit et Eoliane leur serait à jamais inaccessible. S’en était doublement dangereux pour la marchombre déjà blessée. Pour elle la tête n’était pas l’unique cible mortelle. Et tout cela par sa faute. Sa faute de l’avoir blessé plutôt que juste désarçonné. Sa faute de ne pas savoir gérer sa monture.


Il ne sauta pas en arrière. Ni sur le côté. Après avoir retiré ses pieds des étriers, il les plaça sur la selle, accroupit, prêt à bondir. En avant. Il se propulsa droit sur les têtes de Requiem et Brume, encore cabrés. Il rebondit sur le crâne de son propre cheval et fonça sur Ichel, la plaquant avec force contre son corps. Comme un boulet de canon il la jeta en arrière avec lui. Ils atterrirent lourdement sur le sol et un craquement sinistre parvient de sous l’épaule de la kaelem. Il aurait pu croire qu’il venait à nouveau de la blesser, mais sous cette même épaule se tenait son poignet et la douleur lancinante lui fit comprendre que le bruit d’os cassé venait de lui. Il en fut soulagé et se dégagea non sans grognement pour vérifier qu’elle n’avait rien. Ils avaient réussi ! Pas un seul coup de sabot en vue ! Tout comme elle son premier réflexe fut de fixer les chevaux énervés qui se livraient à présent à un combat crâne contre crâne. Excédé, Elio se releva tant bien que mal et s’approcha de la lutte.

-Stop.

Il aurait pu parler au vide que le résultat aurait été le même.

-J’AI DIS STOP !

Que Brume ne l’écoute pas était plutôt normal, mais que Requiem l’ignore…ça il ne le supportait pas. Outre le fait d’être dangereux, il le faisait passer pour un imbécile. Il profita donc d’un nouveau cabrage mutuel pour se jeter sur l’une des pattes encore au sol de son étalon. Il la prit avec force pour la dévier et lui faire perdre l’équilibre. Ce qui fonctionna. Tandis que la masse imposante du cheval s’apprêtait à lui tomber dessus il perçut le cri de sa nouvelle amie. Il roula à terre, évitant de justesse le corps de sa monture. L’adrénaline, qui lui parcourait chaque veine jusqu’ici,  chuta soudainement et son corps fut parcouru d’un grand frisson, sur le dos, visage vers le ciel. Le mustang pouvait se relever et le piétiner par esprit de vengeance, il ne pourrait rien y faire. Mais il ne le fit pas. Il roula lui aussi pour se coucher sur le ventre, comme douché, et fixa son maître.

-T’es con. Souffla celui-ci.

Il voulut se relever pour apercevoir Ichel et eut le mauvais réflexe de s’appuyer sur le mauvais poignet, qui ne tint pas le poids et glissa.

-ARRRGH ! PUTAIN !

Il enfouit son poing valide dans la bouche pour se contenir, maudissant son cheval à vie, plus une autre vie. Et même deux ou trois supplémentaires. Il entendit des pas et bientôt vit le visage de la jeune fille au dessus de lui. Il tenta de reprendre un air paisible.

-J’te l’ai dis. Il va me tuer.

En guise de réponse, comme une ultime provocation, l’étalon amena son museau contre la joue d’Elio, comme pour le câliner. Aurait-il eu de la force, le guerrier se serait jeter sur lui de rage, mais son corps entier était dénué de toute force possible, aussi se contenta-t-il d’un regard noir. Une autre ombre surgit alors aux côtés de la marchombre et il frissonna. Brume allait-il profiter du forfait du camp adverse pour attaquer et se venger de la connerie du mustang ?




[Milles excuses pour le retard, mais mon amour pour toi n'en faiblis pas pour autant I love you]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Jeu 30 Jan 2014 - 22:59

Tout se passa extrêmement vite. La douleur lancinante dans son flanc faisait souffrir la marchombre, mais elle ne laissait rien paraître. Ce n'était qu'une blessure. Pourquoi pleurer ou hurler, elle n'était pas encore sur le point de mourir. Dans tous les cas, elle l'espérait. Mourir écraser par son propre cheval. Ce serait un comble pour elle qui s'était toujours bien entendue avec Brume.
Tout se déroula en quelques secondes. La jeune femme vit l'ancien kaelem se lever sur ses étrier, se propulser sur les deux immenses têtes des étalons encore debout sur leurs pattes arrières, puis il rebondit sur celle de Requiem et se retrouva soudain sur Ichel. L'emmenant dans sa course, il la désarçonna et ils tombèrent à terre. Violemment. La kaelem sentit son dos craquer sous la pression, sous le choc. Son flanc hurla de douleur à cause du poids qui pesait sur lui, alors qu'elle gémissait. Elle ne perçut pas même le craquement venant du poignet de son ami, tant ses oreilles sifflaient.
Quelques secondes s'écoulèrent avant que le jeune homme ne se relève. La respiration de la marchombre reprit forme, mais sa blessure s'était aggravée.
Ichel ne se préoccupa cependant pas de cela. Elle se releva avec difficulté face aux deux bêtes enragées. Elio tenta de les stopper de sa voix, mais rien n'y faisait. Les deux animaux étaient fixés sur leur combat. Leur honneur était en jeu. Mais soudain, le blond se jeta sur une des pattes de sa monture, lui faisant perdre l'équilibre. L'ombre de cette masse semblait alors tracer une courbe vers le sol. En direction d'Elio.


- Attention !!!!!

L'ancien kaelem évita in extremis le corps imposant de l'animal en roulant sur le côté. Soupir de soulagement. La jeune femme se rua alors vers Brume, l'autre mâle encore à terre. Le cheval gris sautait encore sur ses pattes arrières, énervé comme jamais. Comment Requiem avait-il pu le mettre ainsi hors de lui ? C'était à n'y rien comprendre. Mais surtout, pourquoi ne l'avait-il pas écouté lorsqu'elle lui avait demandé d'arrêter ? Elle ne comprenait pas et ne comprendrait sans doute jamais. Tant pis.
Brume ne semblait pas prêt à stopper ses ardeurs, il avait été touché dans son honneur. Il ne l'accepterait pas. Le cheval avait quelque chose du caractère de la marchombre, il lui ressemblait bien plus que ce que les autres pouvaient percevoir. Ce n'était pas pour rien qu'ils se comprenaient malgré les barrières des races. Humain, animal. Un lien particulier.

Elle se dressa alors devant lui, la tête haute, sa main droite sur sa blessure. Le regard menaçant. L'étalon ne semblait l'avoir remarqué, toujours emporté par sa rage, et cela faisait légèrement sourire la marchombre. Décidément, ils avaient quelques traits en commun. Ressemblait-elle à cela aux regards des autres lorsqu'elle s'emportait ? Sûrement... Et comment la calmait-on ? De mémoire, elle n'avait pas souvenir d'un tel exploit. On ne pouvait peut-être pas la stopper dans ses accès d'humeur. Tant pis, il fallait quand même essayer quelque chose avec Brume. Elle essayerait et y arriverait.
Ichel se redressa encore malgré la menace imminente des sabots de sa monture.


- Brume, tu vas la fermer maintenant !!

Sec, autoritaire, intransigeant. Un oeil noir immense se braqua sur elle comme touché par les mots qu'elle venait de prononcer avec la même rage que lui. Elle arrivait enfin à capter son attention. Elle s'approcha donc de la bête qui s'était arrêtée de ruée, ses sabots raclant encore le sol. Trois mètres. Il l'observait du coin de son oeil, méfiant. Deux mètres. Ses pattes martelaient régulièrement le sol. Un mètre. La main tendue, la jeune femme prenait garde à la puissante mâchoire de son ami. Elle se trouvait face à lui.

- J'te préviens, si tu compte me mordre, j'te mord.

Ca fonctionnait ainsi entre eux. C'était donnant-donnant, oeil pour oeil, dent pour dent. Le bras de la marchombre décrivit alors une lente courbe vers les naseaux de Brume, certain que ce dernier ne le croquerait pas. L'étalon avança la tête, posant son museau contre cette main tendue. Soudain, le bras amical se tordit pour prendre le cou de l'animal en traitre. Ichel venait d'entourer l'encolure de Brume de ses deux bras, sa tête à côté de la sienne. Malgré ce que l'on pouvait croire, elle avait des petits muscles la brunette. Retenant cette énorme tête, elle chuchota à son oreille.

- Tu m'refais plus jamais ça. T'entend ? T'aurais pu me tuer comme t'aurais pu tuer Elio. La prochaine fois tu finiras en steak si tu m'refais le même coup. Compris ?

Elle savait pertinemment qu'un cheval ne comprenait pas un traitre mot de ce qu'elle venait de raconter, mais le lien qu'elle avait avec Brume était différent. Et puis il ressentait ses pulsions, ses sentiments. Elle se comportait avec lui comme avec un être humain. A part pour certains détails comme celui qui allait suivre.
Ichel dégagea ses bras tout en restant aux côtés de sa monture et, soudain, elle mordit l'oreille du mustang. Gentiment, mais sûrement. L'animal recula d'un seul coup, surpris. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle faisait une chose pareille. La jeune femme sourit alors que Brume renâclait.


- Ah bah oui, tu vois qu'c'est pas toujours sympa les surprises !

Voyant qu'il passa vite à autre chose – dévorer les hautes herbes exactement – elle se retourna et son flanc la rappela à l'ordre. Sa chute ne l'avait pas réussie. Elle éternua. Grimace. Fichu rhume, elle l'avait oublié. Et comme si ce n'était pas suffisant, éternuer chauffait à blanc sa blessure juste au bon endroit. Les côtes.
Tenant son flanc pour tenter d'atténuer la douleur – cela ne fonctionnait pas du tout – la marchombre se dirigea vers Elio. A terre, ce dernier poussa un cri puis une insulte. Il devait s'être fait mal également. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, il affirma ce qu'il lui avait dit quelques minutes plus tôt. Requiem allait finir par le tuer. A présent, Ichel pensait la même chose. Elio ne pouvait succomber qu'à son cheval. Ce dernier, également sur le sol, allant une fois de plus vers son maître pour se frotter à lui.

La marchombre tendit sa main vers son ami pour l'aider à se relever. Elle ne vit donc pas l'ombre de Brume se dresser derrière elle, vicieuse. D'un coup de tête, à moitié amical et vengeur, il poussa sa maîtresse au sol. Sur Elio. Elle se rattrapa tant bien que mal, mais ne put empêcher son corps de tomber sur celui de l'ancien kaelem. Leurs têtes à quelques millimètres l'une de l'autre.
Leurs bouches se frôlèrent pour la deuxième fois dans la même journée. Ichel rougit, elle tenta de se relever sans trop faire de casse. En vain. Le museau de Brume vint se coller contre son dos, elle ne pouvait s'en aller, la pression qu'il exerçait étant bien trop forte.
Personne n'aurait pu s'attendre à une telle situation. Alors qu'il appuyait de ses naseaux, les deux jeunes gens étaient plus collés l'un à l'autre que précédemment. Sans qu'ils n'y prennent garde, leurs lèvres se touchèrent. Quelques secondes à peine. La kaelem rougit de plus belle.

La prise de l'étalon ramollit, la marchombre put dégager sa tête de quelques centimètres et passer à autre chose pour cacher le rouge qui venait de grimper sur son visage. Pourquoi d'ailleurs était-il monté ? Elle ne rougissait jamais... Tant pis, elle aurait tout le temps d'y réfléchir. Tournant son regard en arrière, elle tenta de fusiller le mustang de ses yeux.


- Super... BRUME !

Ce dernier ne réagit pas.

- J'VAIS TE TRANSFORMER EN STEAK !

Un hennissement, deux reniflements – sans doute des moqueries – et un second hennissement. Il se moquait d'elle. Complètement et ouvertement.

- T'as intérêt à galoper vite et loin, j'te préviens... Elle s'adressa à Elio. Lui par contre, c'est moi qui vais le tuer, c'est moi qui te le dis...

Les dents serrées et le souffle glacé, elle commençait à perdre patience. Elle jeta un regard désespéré et désolé à son pauvre matelas alors qu'elle tentait une ultime chose. Ce fut bien plus efficace que ce qu'elle imaginait. Trop même. Alors qu'elle voulut se retourner pour dégager le museau de l'animal, celui-ci s'enfuit quelques mètres plus loin, ce qui déclencha un mouvement rotatif au corps de la marchombre. Roulant sur plusieurs mètres, elle se retrouva projetée contre un tas de roches. Elle s'était élancée un peu trop fort. Le choc fut plus dur que ce qu'elle imaginait en voyant le tas de pierres se rapprocher. Poussant un soupir, elle fut soulagée de voir sa course se stopper. Plusieurs gémissements suivirent cependant. Son flanc blessé avait prit tout le choc. Il avait eu la merveilleuse idée de se trouver du côté des pierres.
Elle essaya de se relever, en vain. Elle n'y arrivait pas. Sa blessure la faisait trop souffrir et elle sentait le sang couler à nouveau.


- Génial... J'vais m'faire démonter demain à l'entrainement.

Elle vit alors Elio au-dessus d'elle. C'était son tour à présent.

- Faut croire qu'on se porte la poisse. T'arrive à m'aider à me relever, j'y arrive pas, il m'a décalqué le flanc ce con.

Après s'être enfin retrouvée sur ses deux pieds, elle observa Brume de loin, le regard noir. Mieux valait le laisser tranquille pour la journée. Et elle n'avait aucune envie de le monter à présent. Elle se vengerait plus tard et d'une manière dont il n'avait pas connaissance. Elle se tourna alors vers Elio, une grimace sur son visage.

- J'crois qu'ce serait plus sage d'aller à pied jusqu'à la confrérie si on veut avoir encore quelque chose à faire soigner.

Elle lui offrit un sourire malgré la douleur qui ne cessait de croitre.





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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Lun 3 Fév 2014 - 23:14

Elio ne fut pas relevé par Ichel. Ichel fut poussée sur Elio. Le plus simplement du monde. Décidément les canassons leur en faisaient voir des vertes et des pas mûres aujourd’hui. La marchombre réussit à amortir sa chute comme elle put. De fait elle ne s’écrasa pas sur le corps malmené du jeune homme. Non, elle s’échoua avec une certaine douceur, si bien que leurs lèvres se frôlèrent. Pour la deuxième fois de la journée. Et pour la deuxième fois Elio eut du mal à cacher sa gêne. Son visage s’empourpra à la seconde même où elle l’embrassa, et il se fit violence pour ne pas le montrer. Heureusement pour lui, il perçut qu’elle détournait la tête de son côté, peut-être même pour la même raison, et ne dut sûrement donc pas voir son embarras. Il n’attendait qu’une chose : qu’elle se relève, afin de mettre fin à cette situation trop inhabituelle. Mais ce n’était pas du goût de Brume qui empêcha sa maitresse de se relever et l’obligea même à glisser de nouveau en direction de la bouche d’Elio. Encore. Coup de grâce. Cette fois-ci ils se trouvèrent un peu plus longtemps, et les poils incolores du mercenaire se hérissèrent en chœur. Son instinct le poussa à se redresser pour retrouver, une bonne fois pour toutes, ce contact qui n’était au final pas si désagréable que cela, loin de là. Mais le cheval cessa son jeu et Ichel put se relever, rouge de honte, ou de plaisir ?

Il ne sut pas trop bien ce qui se passa par la suite. Son esprit était encore en ébullition, et il ne savait absolument pas comment réagir. Il fixait donc le sol, perdu, tentant de mettre des mots sur ses émotions.  N’écoutant plus que ses pensées, comme dans une bulle, il se concentra. Il commença par chercher des éléments de comparaison, et ce n’était pas des plus simples. La toute première personne qu’il avait embrassée était Elera. Par amour. Mais il était bien plus jeune, inexpérimenté et ces baisers avaient le goût de nouveauté et d’attention presque maternelle. Charlize n’était qu’un jeu de rôle, et il n’y avait eut d’autres sentiments que ceux de la pitié. Kylian. D’une Kylian était un homme. Pouvait-il réellement mettre en confrontation deux sexes ? De deux…Tout chez lui inspirait la sensualité, le sex-appeal et la bestialité. Un combat perpétuel d’étalons dégageant des phéromones. De là était né un amour mis à rude épreuve. Du je t’aime moi non plus. Les montagnes russes du cœur. Et enfin, Ichel. Trois fois en une journée. Dont une par pure provocation. Il ne sentait dans ses tripes aucun des ressentis précédemment listés. Si dans le premier temps il avait réagi avec colère, dans le deuxième et troisième temps il se trouvait plus dans une remise en question. Il s’entendait bien avec la jeune femme, et avait trouvé en elle une alliée par leur mode de fonctionnement semblable. Il n’irait pas non plus parler d’amour. Mais n’exclurait pas l’attirance. Sans la confirmer pour autant. Des doutes, des doutes et encore des doutes.

Un bruit sourd l’obligea à quitter son petit monde intérieur. Sa compagne du jour n’était plus en face de lui, mais plus loin, écrasée contre un tas de pierre. Il voulut se relever, eut du mal avec son poigner, mais y parvint en prenant appui sur Requiem, toujours à ses côtés avec l’attitude angélique du parfait petit canasson. C’était bien temps, tiens, qu’il se conduise ainsi. Il ne perdit pas de temps et accourut l’aider, constatant dans une grimace que sa blessure au flan se rouvrait dangereusement. Mais alors qu’elle lui parlait de Brume, lui ne pensait qu’à ses questions intérieures et savait qu’il n’y avait qu’une manière d’être certain, de vérifier. A peine eut-elle finit sa proposition de continuer à pied qu’il se servit de sa main valide pour lui empoigner le visage. Il l’embrassa. Pas un petit effleurement, ou le petit baiser de provocation. Non. Il y mit toute sa vigueur et scella ses lèvres aux siennes le plus longtemps possible. Son ventre se transforma en un essaim de papillons et ses paupières se fermèrent d’elles-mêmes. Il parut se passer une éternité avant qu’ils ne se séparent. Etait-ce qu’elle appréciait ou qu’elle était paralysée de surprise, ça il ne pouvait le savoir. Mais il ne ferait pas l’affront de mentir en prétendant ne pas apprécier. Et ça, c’était déstabilisant.
Lui qui rageait des multiples aventures de Kylian se trouvait à le tromper à l’instant même. Qu’en penser ? Mettre fin à tout malentendu en avouant à Ichel sa relation avec le rouquin ? Après tout, ils n’avaient parlé d’exclusivité. Il l’aurait voulu, lors de son départ. Comme il aurait voulu être certain que son garde n’aille pas voir ailleurs. Mais Kylian était Kylian. Et il avait aimé embrasser Ichel. De là à songer à une relation avec la combattante… Non. Ou peut-être. Non ! Non, c’était à en rire ! Certainement pas ! Pouvait-on nier cela après quatre baisers en un espace temps si court ? Toujours est-il qu’ils se regardaient, là, interdits. Il lui fallait s’expliquer. Ou pas ?


-Tu as raison, continuons à pied.

Il emboita le pas sans rien attendre en retour. Il se sentait fébrile, comme un ado face à sa première fois. Il entendit le son de sabots et se retourna brièvement pour constater que Requiem suivait. Il l’approuva d’un geste de la tête, espérant qu’il en avait finit avec les surprises. Il n’osait, en revanche, toujours pas regarder Ichel, mais se força, ne voulant pas passer pour un gougeât. Elle trainait un peu derrière, mise à mal par son flan. Se sentant d’autant plus coupable, il la rejoignit et la soutint avec son bras valide. A les voir ainsi, Elio avec son bras autour de la taille d’Ichel, on aurait dit un couple.

-La dague que tu essayais. C’est cadeau.

Il sentit le regard inquisiteur de la marchombre et garda la tête la plus droite possible. Elle devait se poser milles questions. Tant mieux, ils étaient deux ainsi.

-Pour m’faire pardonner. De tout ça. Entre ton flan et mon cheval… Je ne t’ai pas épargné.

Il voulut se gratter la nuque par nervosité, mais ayant une main prise leva l’autre par réflexe stupide. Encore. Le poignet lui rappela très vite la situation et il poussa un nouveau juron. Les pupilles noisette vinrent s’incruster dans le bleu des yeux d’Elio et il se sentit de nouveau faible et empoté. Il soupira.

-Je t’en supplie, dis-moi que tu te sens aussi très mal à l’aise, parce que j’ai l’impression d’être…d’être… Enfin, tu vois ? Non ? Non, tu ne peux pas voir. J’suis con.

Il se dégagea de l’étreinte, se détestant d’avoir si peu d’assurance. Quel homme, tu parles ! Elle devait le trouver pleutre, et se moquait même sûrement intérieurement de lui. Et il ne savait pas du tout comment se rattraper. Un pas. Honte. Deux pas. Rage. Trois pas. Je suis Elio Tharön. Quatre pas et il est face à elle, tellement près qu’ils pourraient de nouveau s’embrasser.

-Si t’es pas contente, c’est la même chose. Si t’es contente, c’est quand tu veux. Maintenant que la chose est claire, on avance tu veux bien ? Parce que j’m’en voudrai un peu quand même que tu perdes tout ton sang.

C’était du grand n’importe quoi. Du grand Elio, quoi. Bienvenue dans ma tête !


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                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 16 Mar 2014 - 15:32

Vite. Tout se passa si vite. Tellement qu'elle ne sut distinguer la réalité du rêve. Rêve par ailleurs bien étrange... Elio avait empoigné la tête de la marchombre et l'embrassa. Ce baiser était différent de tous ceux qu'elle avait donnés ou reçus. Il était... vigoureux. Fort. Puissant. Presque infini. Long. Très long. Le Temps avait semblé s'arrêter, muet face à ces deux bouches scellées l'une contre l'autre. Timide d'égrener ses secondes qu'il se donnait la peine de faire résonner. Le Temps ne parlait plus.
Ichel fut surprise de trouver cela agréable. Non. Ce mot était encore trop doux. Doux... Oui, c'était presque cela. Doux, voluptueux, puissant. Tout à la fois. Elle n'aurait su expliquer. Ce baiser était loin d'être désagréable. Surprenant, mais pas désagréable. S'en fut terminé. Leurs lèvres se séparèrent soudainement, contrairement à leurs regards. Plantés l'un dans l'autre.
Tout se brisa, leurs yeux se quittèrent et Elio écarta le silence pour les remettre en route. Ichel commença à marcher alors que son flanc recommençait à saigner à flots. Lui, il la suivait tout comme les deux étalons, quelques mètres derrière eux. Plusieurs minutes s'égrenèrent, l'ancien kaelem la dépassa bien vite à cause de son flanc blessé. Tenant ce dernier d'une main et jurant dans sa tête, elle tentait de garder un rythme potable, mais il la faisait vraiment souffrir. De plus en plus tandis que les minutes défilaient.
Elle voyait bien qu'Elio évitait son regard, mais qu'il l'attendait tout de même. Il la rejoignit soudain pour la soutenir. Elle voulut le remercier pour cette aide, il ne lui en donna pas l'occasion.

Un cadeau ? Cette dague devait coûter un bras, voir même une jambe, et il voulait la lui offrir ? Il se sentait toujours coupable. Oui, sa dague avait déchiré la chaire, mais si elle avait été plus prudente et réfléchie, tout ceci ne se serait pas passé. Et pourquoi sentait-elle son pouls aussi rapide ? Pourquoi le coeur de l'homme battait si fort ? Elle aurait voulu parler, mais elle ne savait pas de quoi. Elle aurait voulu comprendre aussi. Comprendre pourquoi, d'un seul coup, il était aussi distant. Moins drôle. Les baisers ? Peut-être...
Elle lui sourit, taquine.


- Tu sais, j'peux me montrer assez irréfléchie quand je l'veux vraiment.

Elle baissa le regard vers son flanc.

- J'aurai fini par me faire mal d'une manière ou d'une autre. J'y arrive très bien seule en règle générale... Mais merci. Pour la dague. Elle est parfaitement équilibrée. J'en prendrais soin, promis.

Elle lui fit un clin d'oeil, ce qui lui valut un petit haussement de sourcils. Il leva sa main. Serait-il gêné par la situation ? Son geste se stoppa, un juron sortit de ses lèvres. Elle planta son regard noisette dans le sien comme pour lui demander s'il avait un problème. Il soupira avant de parler.
Mal... à l'aise ? Pourquoi se sentirait-elle mal à l'aise ? Ichel devait être une des rares personnes qui se sentait le moins souvent mal à l'aise. Et là, elle ne voyait vraiment pas pourquoi elle aurait dû l'être. A cause de leurs baisers ? Il n'y avait pas de quoi en faire un plat, ce n'était que de simples baisers. Ou peut-être pas... Mais peu importe, elle ne se sentait vraiment pas mal à l'aise.
En revanche, lui... Jamais elle ne l'avait vu ainsi. Le Elio qu'elle croyait connaître n'aurait jamais eu de réactions telles que celles-ci. Quelque chose se passait dans sa tête, quelque chose qui avait de quoi dérouter un troupeau de siffleurs enragés. Son esprit était bien tourmenté pour un guerrier de sa trempe. Son problème devait être important.

Elio se sépara soudain de la marchombre qui grimaça alors qu'une vague de douleur la prenait d'assaut. On aurait dit que quelque chose d'autre prenait la tête du blondinet d'assaut. Ses gestes, ses paroles, plus rien ne possédait d'ordre concret. Une poupée désarticulée, un dessin fou. Il s'était éloigné comme si l'objet de son tourment était elle-même, Ichel. Quoi ? Elle ? Pourquoi serait-ce elle d'ailleurs ? Dans tous les cas ses attitudes le faisaient penser. Soudain, il se rapprocha. Pas à pas. Aucune logique dans ses agissements. Une fois il s'éloigne, l'autre il se rapproche. Incohérent. Il furent plus proche encore que lorsqu'ils s'étaient embrassés. Ils auraient pu recommencer.

... Si t'es contente, c'est quand tu veux...

Ichel aurait pu rire d'un éclat bruyant, elle aurait pu hausser un sourcil de dédain, elle aurait pu tout simplement l'ignorer et continuer sa route. Tout ceci resta loin d'elle et de ses pensées. Elle se contentait de rester là, à quelques centimètres de son ami, le regard planté dans le sien. Noisette intense dans l'infini bleu... Pourquoi avait-elle l'impression d'un déjà vu ? Peut-être parce que cela faisait depuis le début de leur rencontre qu'ils se retrouvaient sans cesse à une distance aussi intime l'un de l'autre.
Un quelque chose remuait en elle, une sorte de sentiment inconnu. Ce sentiment était étrange pourtant, elle ne savait comment l'interpréter. Comment le lire. Et que voulait réellement Elio ? Elle le savait inconsciemment, elle le savait et cela remontait lentement. Ses yeux semblaient freiner ses pensées, comme s'ils tentaient de les réfréner.

Ichel savait de quoi il parlait. Parfaitement bien. Un sourire vint se coller sur son visage. Un sourire léger, presque taquin. Etait-ce seulement cela qui lui faisait soucis ? Jamais au grand jamais elle aurait cru qu'il se laisserait tourmenter par de simples petites choses comme celle-ci.

Combien de surprises me cache-tu encore, Elio Tharön ?

Quelques centimètres. Peut-être cinq tout au plus. Cinq centimètres qui faisaient office de distance entre eux. Cinq centimètres. Cinq. Rien d'insurmontable, presque pitoyable. Aucun défi là-dedans.
Elle se rapprocha encore, lentement, ignorant les appels de son flanc. Elle s'approcha, encore et encore, jusqu'à pouvoir coller sa bouche près de l'oreille du jeune homme. Elle murmura.


- C'est quand tu veux.

Elle sentit le souffle rapide d'Elio dans son cou. Lentement, elle recula, effleurant au passage leurs joues l'une contre l'autre. Un sourcil légèrement haussé, un sourire en coin, elle l'observait. Il n'avait pas bougé d'un pouce, il était toujours à la même place.

- Mais pas maintenant, j'ai pas envie de perdre tout mon sang.

Elle lui fit un clin d'oeil avant de reprendre la route, le laissant derrière. Elle sentait un liquide chaud passer entre ses doigts. Ils devaient se dépêcher... Il la rattrapa bien assez vite. Ils progressèrent vers la Confrérie sans aborder le sujet à présent clos, même si Ichel devait bien avouer trouver toute cette histoire bien cocasse. Il se sentait mal à l'aise, elle non. Elle aurait toujours pensé qu'il ne réagirait pas ainsi devant une telle situation. Elle riait doucement, mais surtout, intérieurement.
Ils marchèrent une dizaine de minutes avant que la Confrérie n'apparaissent devant eux.


- Ah... Enfin.

Elle ne sentait plus son flanc, plus aucune douleur. Etait-ce bon signe ? Une fois arrivés devant l'entrée, ils eurent à faire à un rêveur grand et sans doute expérimenté vu les saluts qu'on lui adressait.

- Je peux vous aider ?

La marchombre ne put retenir son sourcil qui se haussa plus haut encore que le bout de son crâne. Etait-il aveugle ? Avait-il besoin d'une aide pour se rendre compte des vêtements tachés de sang de la femme qui se tenait devant lui ? De son teint blafard ? Fallait-il tout faire à sa place ?
Elle releva sa main de sa blessure pour l’exhiber devant le rêveur. Maculée de sang frais.


- Je pense que vous pouvez m'être d'une aide très précieuse, oui...

La marchombre poussa un râle avant de s'écrouler au sol. Sur les genoux, les mains plantées sur la terre, elle n'arrivait plus à bouger. Une côte venait de se déplacer. Sûrement celle de la semaine dernière. Ses vêtements étaient trempes. Les essorer aurait rempli un petit baquet entier...

- Bon, par contre, si on pouvait faire un peu plus vite, j'apprécierais...

Le rêveur bougea enfin pour venir l'aider ! Tout comme Elio qui fut bien plus rapide.






[ Edition à volonté Naif]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Ven 4 Avr 2014 - 12:06

Elle aurait pu l'embrasser de nouveau si elle le souhaitait, tant ils étaient proches, encore. Assez dingue, cette histoire, quand même. Deux élèves, dont un ancien, qui se retrouvent au détour d'une rue, des banalités d'usage échangées, un bon vieux combat pour l'entrainement, quelques dérapages, et les voilà faisant route commune avec une proximité sensuelle qu'ils n'auraient jamais pu envisager au sein de l'Académie. Pour Elio, c'était comme si son départ lui avait ouvert de nouveaux horizons. De grands horizons, plus grands encore que dans ses rêves. Le Talion était dans ses projets bien avant que ne claquent les portes de l'Académie. Mais Charlize, sa vie trépignante et pleine de saveur, Ichel, et cette sensation de liberté et de réussite...ça, il ne pouvait en espérer autant. Comme si enfin il se délivrait de toute culpabilité patricide, d'un passé aussi noir que son cœur et qu'il pouvait respirer au grand air. Oui, Elio avait réussi sa vie et surtout son avenir professionnel. Qui cracherait sur un tel bonheur ? Sûrement pas moi  Arrow 

-C'est quand tu veux.

Le mercenaire tressaillit. Son chuchotement faisait naitre de nouvelles envies et des troubles inavouables à voix haute. Il déglutit, résistant à l'envie d'empoigner son corps contre le sien. Tortionnaire, elle prit soin de l'effleurer en se reculant, pour le mettre en attente de ce plaisir inaccessible par son état physique. Rire. Elle riait, plaisantait en toutes circonstances, et pour cela il ne pouvait que l'envier. Comment pouvait-elle avoir autant de recul et d'insouciance ? Il sourit malicieusement à son tour et ils reprirent route.
Les dix prochaines minutes de voyage furent bien plus calmes et silencieuses. Il n'y avait plus grand chose à dire. Quelques oeillades amicales et amusées étaient échangées, sans besoin de mots. Elle rompit pourtant le silence en découvrant les portes d'Eoliane. Et il ne pouvait lui donner tort. Son flan saignait de plus en plus et il devait lui servir de béquille pour qu'elle ne s'effondre pas. Un rêveur les accueilli, bras grands ouverts. Le jeune homme n'avait jamais été très copain avec les rêveurs, mais à l'instant il pourrait même le remercier chaleureusement d'arriver si vite. Il s'attendait à ce qu'il hurle des ordres aux autres rêveurs, la prenne immédiatement dans ses bras pour la coucher plus loin et la soigner de suite. Au lieu de cela il posa la question la plus conne au monde.
Soit il était vraiment stupide, ce qui confirmait sa vision du rêveur bête et naïf, faible, mais utile. Quoi qu'utile dans ce cas...Soit il était aveugle. Mais par le mouvement de ses pupilles et leur capacité à les fixer, il en déduit que non. Donc con. Il s'apprêtait à lui mettre une brasse, mais la jeune fille le devança. Avec humour, comme toujours. Elle enleva sa main de son flan, laissant libre cours à l'hémorragie. Elle ne tint plus et s'écroula à terre.
Elio fut dix fois plus rapide que cet incapable de soigneur et se précipita à ses côtés, ne cachant nullement sa rage.


-Soit vous me dites où trouver quelqu'un de plus compétent que vous, soit vous bougez votre cul, MAINTENANT !

Entre temps il avait pris avec délicatesse son amie du jour dans ses bras et la soulevait sans difficulté. Elle était légère. Le guérisseur ne répondit pas à l'attaque verbale, comprenant certainement qu'il ne valait mieux pas, et qu'il n'y avait plus de temps pour cela. Il se contenta d'un « suivez-moi » confus et adopta un pas alerte et rapide dans les couloirs de la confrérie. Il le fit rentrer dans une petite pièce remplie de lits, sûrement dédiée aux soins des visiteurs, et lui indiqua de l'index une des couches. Le guerrier posa la marchombre avec toute la douceur qu'il se connaissait malgré ses râles de douleur. Il passa une de ses mains dans la chevelure humide de transpiration et de fièvre d'Ichel et lui chuchota :

-Là, tout va bien. Il va te soigner et s'il s'y prend mal je le tue.

Il ne perçut pas l'oeillade consternée du rêveur derrière lui et s'en fichait pas mal.

Qu'est-ce que j'peux faire ? Cracha-t-il plus qu'il ne questionna.

L'homme de soin apporta près du lit surélevé un chariot plein de matériel médical et plaça une de ses mains au dessus de la blessure, paupières closes. Elio devina qu'il devait examiner la gravité de la chose. Quand il rouvrit les yeux, il ne put y décerner ni crainte ni soulagement, ce qui le frustra.

-Elle va avoir mal, très mal. Mais elle ne doit pas bouger.

L'ancien kaelem grogna.

-Alors donnez-lui des anti douleurs ! Vous êtes rêveur ou imposteur, merde ?!

Exaspéré, son interlocuteur ne cacha pas son mécontentement.

-Les anti douleurs favorisent l'hémorragie. Si vous voulez la tuez, c'est exactement ce qu'il faut faire. Je comprends votre inquiétude pour votre petite amie, mais remettre en cause mes capacités ne la guérira pas. Donc maintenez la par la nuque et les épaules et calmez la afin que je puisse la sauvez. Vous pouvez le faire, ça ?

Elio bouillonnait et mourait d'envie de lui coller son poing en pleine figure et d'hurler qu'elle n'était pas sa petite amie au passage, mais il n'en fit rien, sachant que l'homme avait raison. Il se plaça derrière le crâne de la blessée pour apposer ses mains contre son cou et une de ses épaules.

-Je commence. L'entendit-il annoncer.

A peine les mots sortis de sa bouche que le corps de l'élève se secoua de soubresauts et qu'elle grogna entre ses dents avec la volonté évidente de hurler. Le garçon pencha donc sa tête en avant, face à la sienne pour lui parler.

-Regarde moi. Ichel, regarde-moi. Là, concentre toi sur mon visage. Tu ne dois PAS bouger, d'accord ? Je te tiens, je sais que ça fait mal et tout, mais j'te tiens. Et tu ne dois pas me lâcher du regard. Détaille-moi, analyse si je vaux vraiment l'coup ou pas, même, si tu veux. Et souffle, vas-y, souffle.

Elle était forte et donnait de toute sa volonté pour suivre les instructions d'Elio. Il lui sourit pour la féliciter de tant de courage, mais à l'instant même le rêveur dut augmenter son rêve ou entrer dans le vif de la blessure car il eut un mal fou à retenir son corps de sauter à nouveau de la table. Il plaça toute sa force physique dans son plaquage, coupable de lui faire de nouveau mal par là.

-Ichel, Ichel j't'en pris, tiens le coup ! Regarde-moi. Allez regarde-moi putain !

Elle avait de plus en plus de mal à se concentrer et il sentait que ses iris partaient en l'air. Il hurla.

-ICHEL !

Et pour appuyer son ordre rapprocha encore son visage du sien. Cela parut la ramener un peu, mais il ne s'arrêta pas là. Ses lèvres se plaquèrent avec détermination sur celles de la marchombre suffisamment longtemps pour qu'elle cesse de bouger, et se détachèrent juste à temps pour la laisser respirer. Puis il ramena le bleu de ses yeux dans les noisettes de sa camarade. Au coin de son œil il crut deviner une larme, qu'il essuya de son pouce.

-Je n'ai rien vu. Chuchota-t-il.

Il redressa sa nuque pour surveiller le rêveur. Il n'eut pas besoin de poser de question, l'homme lui répondit de suite.

-Le pire est passé. Mon rêve va à présent l'apaiser, petit à petit. Elle a été très forte, et vous aussi. La plupart des gens ne supportent pas une telle douleur et s'évanouissent. Ou meurent.

L'annonce fut comme une douche froide pour le garçon qui devint aussi pâle qu'un linge.

-MAIS VOUS ÊTES COMPLETEMENT DINGUE !! Vous avez pris le risque de la TUER sans même nous en informer ?!!

Le rêveur tenta de le couper. Tenta.

-VOUS PARLIEZ DE MORT PAR HEMORRAGIE, PAS PAR DOULEUR ! DE QUEL DROIT PRENEZ VOUS UN TEL RISQUE, TOUT SEUL DANS VOTRE TÊTE ??!! VOUS AVEZ DE LA CHANCE QU'ELLE SOIT EN VIE, CAR SINON JE NE DONNERAI PAS CHER DE LA VOTRE !

L'homme d'Eoliane, agacé, fit la seule chose à ne pas faire. Provoquer.

-De rien.

Elio qui s'était déjà retourné vers Ichel fut piquer au vif.

-Pardon ?

Le guérisseur soutint son regard.

-De rien. De l'avoir sauvé.

Le guerrier se jeta sur lui. Il eut tout juste le temps de lui mettre son poing dans l'oeil que des bras le tirèrent en arrière. Son vacarme avait amené d'autres rêveurs. Dont une femme qu'il ne pouvait oublier. La directrice. Elle le reconnut de suite, également.

-Deux fois que je vous accueille et deux fois que vous attaquez mes rêveurs. Je ne veux plus vous revoir ici, est-ce clair ? Vous avez interdiction de revenir en ces lieux. Même à l'agonie, il vous faudra trouvez une autre confrérie.

Amarylis Luinil savait pertinemment que si un jour ce garçon se présentait mourant à sa porte, elle n'aurait aucun droit à le refuser. Mais elle n'en avait que faire. Cet homme était dangereux pour son personnel. Elle ne le laisserait pas faire du mal à nouveau à quiconque ici. Et le fait qu'il venait de s'attaquer à son amant, Jùn, lui enlevait toute raisonnabilité.

-Je ne pars pas sans elle.

Ichel s'était relevé difficilement sur sa couche pour intervenir. Trop tard. Sans doute pour la première fois de sa vie. La Maitre Rêveuse s'approcha d'elle, et examina le flan.

-Elle sera comme neuve d'ici une demi-heure de repos. Dans une demi-heure je veux que cette salle soit vide de votre présence ou j’en informerai les Autorités.

Elle quitta la pièce sur ses mots, soutenant Jùn avec amour, les autres rêveurs sur ses pas. Une fois le silence retombé, Elio se tourna vers la marchombre et haussa des épaules pour se justifier.

-C'était un con.

Et moi plus encore, mais on s'en fout. S'il t'avait tué, la faute aurait été mienne. Et je n'aurai jamais pu voir le « quand tu veux »  Arrow 
Une douleur lancinante au poignet lui rappela le membre cassé. Avec sa colère, il l'avait complètement oublié. Et avec sa connerie, il ne pourrait pas le faire soigner ici.




(J'ai pris beaucoup beaucoup de libertés, donc si soucis n'hésite surtout pas, j'éditerai I love you)


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 20 Mai 2014 - 12:03

Ses oreilles bourdonnaient, elle n'entendait presque plus rien. Elle sentait les mains d'Elio contre elle et entendait sa voix, forte et furieuse. Il criait sans doute contre le rêveur, apparemment incapable de prendre une décision rapidement. Elio la souleva délicatement et la prit dans ses bras. Elle laissa son corps aux soins du blond, plus du tout capable de le soutenir elle-même. Foutue blessure... Ca lui apprendra à ne pas les soigner tout de suite ! Arro le lui avait dit pourtant plus d'une dizaine de fois. Mais qu'est-ce que vous voulez, Ichel Calwin est têtue et on n'y peut rien ! Et peut-être un peu irréfléchie... Un peu...

Elle ne comprenait plus rien à ce qui se passait. Son ouïe n'était plus très claire, sa vision se troublait par moment. Elle luttait pour ne pas sombrer. Cela faisait plusieurs heures déjà que son sang coulait à petites gouttes. Et le choc avec les chevaux devait avoir déchiré plus encore la chair. La plaie plus grande, le sang ruisselait. Elle devait avoir perdu plus de la moitié de son sang, ce n'était pas possible autrement. Comment sinon serait-elle dans cet état pitoyable ?
La marchombre sentait le balancement de la marche rapide d'Elio. Il était en feu, elle pouvait sentir son coeur battre plus vite que la normale. Si elle n'était pas dans cet état, elle se serait amusée de la situation, mais son corps ne le lui permettait pas. Il ne répondait plus à ses appels. Son esprit commençait gentiment à la délaisser à son tour.
Elle le remarqua à peine, mais ils venaient de rentrer dans une pièce remplie de lits. Elle était trop occupée à fixer le menton d'Elio, sa tête posée contre son torse. Elle sentit son corps décrire une courbe vers le bas et son ami la déposa sur une couche avec douceur. Elle n'aurait jamais cru qu'il pouvait être aussi délicat. Elle ne put retenir une grimace, accompagnée de quelques râles. Son flanc brûlait, elle aurait voulu l'arracher. Sauf qu'elle n'arrivait plus à engendrer le moindre mouvement, seule sa bouche continuait à lui obéir en émettant de petits bruits plaintifs.

Elle sentit la main d'Elio passer dans ses cheveux et sa voix lui chuchoter quelques mots qu'elle ne décrypta pas. Il s'éloigna d'elle de quelques mètres pour parler avec le rêveur. Elle se sentait partir, elle se sentait sombrer. Elle devina la silhouette du rêveur dans le coin de son regard qui discutait avec son ami. Une discussion enflammée. Ils s'approchèrent d'elle, le rêveur se positionnant au-dessus de sa blessure.

Par la Dame... Plus vite avant que j'sois plus qu'une vieille framboise séchée...

Ils recommencèrent à parler. Elio grogna, hurla, injuria. Pleins de mots que la marchombre ne comprit pas, elle voyait seulement leurs lèvres bouger, leur corps parlait pour eux. Et elle voyait bien que les deux hommes ne pouvaient pas se supporter. L'un bouillonnait à l'extérieur, l'autre à l'intérieur.

Fais pas l'con Elio... J'veux pas crever comme ça... Pas avant d'avoir ce...

Il bougea et elle sentit ses mains se poser sur son cou et une de ses épaules. Que...
Le corps d'Ichel réagit au quart de tour. Il sursauta lorsqu'une brûlure violente le submergea. Submergea la marchombre. La lame était de retour. Elle creusait la plaie, la lacérait, la brulait. Tournant dans tous les sens comme si elle cherchait quelque chose, la lame dévastait tout sur son passage. Dévastait ? Mais était-ce seulement la lame qui était de nouveau là ? Elio l'aurait-il poignardée une fois de plus pour finir le travail ?
Elle grogna de douleur. Jamais elle ne hurlerait. Elle ne pouvait pas de toute manière, la douleur était bien trop forte, elle ne lui laissait pas l'occasion de crier.
Les soubresauts n'arrêtaient pas, elle n'arrivait à les contrôler.
Ses oreilles se débouchèrent d'un seul coup et ses yeux s'ouvrirent en grand. Son corps ne répondait plus, elle avait perdu toute emprise sur lui. Mais la douleur... Elle s'accentuait, devenait milles aiguilles piquant à vif la plaie de la marchombre.
Plutôt mourir que de supporter cette souffrance une seconde de plus...


- Regarde-moi. Ichel, regarde-moi...

Son regard fou se fixa sur la voix qui venait de résonner au-dessus d'elle. A quelques centimètres de son visage. Deux grands yeux bleus venaient de prendre son regard en otage, elle ne pouvait plus détacher son attention d'eux. Et cette voix. Elle essayait de la calmer, de lui faire oublier la douleur. Mais comment ? Elle ne pensait qu'à cela. Elle ne pouvait penser qu'à cela.

Non. Ichel Calwin était plus forte que ça, elle savait encaisser... Ses yeux vrillaient, son coeur battait la chamade, son esprit ne savait plus où il était. La douleur était devenue maître en son corps. Elle était plus forte...


- ... analyse si je vaux vraiment l'coup ou pas...

Elle en aurait ri si son envie de hurler à la mort n'était pas aussi intense. Elle tenta de souffler, calmement, de ne plus bouger, mais elle n'y arrivait qu'à moitié. Elle ne se contrôlait plus.
La lave qui coulait dans son flanc explosa en millions de geysers, Ichel eut un violent saut au point qu'Elio dut mettre plus de pression sur sa prise afin que la marchombre dérange le moins possible le travail du rêveur. Il y mettait tant de force qu'elle arrivait à sentir son poids sur elle. Il la maintenait dans la réalité. Sans ce contact, sans ce regard, elle se serait laissée aller plus rapidement. Elle n'aurait eu aucun repère. Elio était la seule petite étincelle qui la gardait éveillée.
Le rêveur accentua à nouveau son rêve, montant la souffrance de la marchombre à son apogée. Elle n'arrivait plus à encaisser... Ses yeux roulaient lentement vers le haut...

Pitié... Faites que cela s'arrête...

Un cri la ramena à la réalité. Elle rouvrit ses yeux et vit le visage d'Elio se rapprocher du sien. Il l'embrassa. Longtemps. Elle avait si mal... Et elle oublia la douleur durant ce cours laps de temps. Ce baiser la soulagea quelques secondes, une larme perla au coin de son oeil. Elio la chassa.

Merci...

Il releva la tête et détacha le lien de leur regard. La marchombre ferma à nouveau les yeux. Elle commença à énumérer les noms de toutes les personnes qu'elle côtoyait. Il fallait qu'elle se concentre... Elle commença par Elio. La suite s'enchaina vite. Halina Nilsan, Arro Skil'Liches, Einar Soham, Kylian Holin...
Elle n'y arrivait pas. Un râle sortit de sa bouche, rauque. Les noms défilaient dans sa tête, mais son esprit était accablé par la douleur.
Iolan. Peut-être que penser à lui serait efficace ? Penser à leur enfance heureuse, à leur complicité passée...
Elle avait moins mal. Elle ne sentait plus les mains d'Elio contre sa peau. Il hurla soudain, les yeux de la jeune femme s'ouvrirent dans la seconde. Le rêveur avait terminé son rêve. Son flanc était à vif, mais ses oreilles commençaient à s'ouvrir. La voix du guerrier arrivait jusqu'à elle, certains mots se détachant plus que d'autres. Elle n'arrivait toutefois pas à les mettre en relation. En revanche, elle voyait très bien ce qui se passait. Elio, après avoir fini d'exploser, se retourna vers elle. Leurs regards se croisèrent. C'était fini et... Non. Ce n'était pas fini. Deux uniques mots que le rêveur prononça finirent de provoquer le jeune homme. Il aggrava davantage son cas. Lequel des deux ? Sans doute l'un et l'autre.
Soudain, Ichel put voir le guerrier se jeter violemment sur le guérisseur sans défense pour lui mettre son poing dans l'oeil. Elle avait vu les autres rêveurs arriver, mais n'avait eu cependant assez de force pour calmer son ami. Plus aucune force.

Une femme s'approcha alors du guerrier à bout de nerfs et commença à lui parler, sèchement. Elio allait provoquer un cataclysme dans la confrérie. Ichel ignora alors son corps encore faible et son flanc douloureux afin de s'assoir au bord du lit. Jamais elle n'avait eu autant de difficultés à bouger. Elle s'apprêtait à prendre la parole pour calmer le jeu et proposer de s'en aller lorsque la rêveuse s'approcha d'elle. Examinant quelques secondes ce flanc, elle donna sa décision. Les rêveurs commencèrent à partir, Ichel eut juste le temps d'agripper la manche du rêveur qui venait de lui sauver la vie.


- Merci beaucoup... Merci et pardon...

Elle avait une petite voix, cassée. Son souffle était redevenu calme bien que saccadé et rauque par moment. Les rêveurs étaient partis. La marchombre se retourna vers son ami, sourire aux lèvres. Un mélange d'amusement et de douleur.

- Certes, mais t'avais pas besoin de le frapper.

Elle rit, ce qui lui fit énormément mal au flanc. Toujours de bonne humeur... Même après une telle expérience... Ses mains, posées sur le bord du lit ne tremblaient plus. Ses yeux se fermaient, la fatigue prenant prise sur elle.

- Mais... merci...

Ses paupières tombèrent, son corps décrivit une courbe vers l'avant. Ichel put sentir les bras d'Elio la rattraper in-extremis et la déposer sur le lit. Elle s'endormit.

***

Plaine verte infinie. Grand soleil jaune. Vent vicieux, fluide.
Bruit sourd de galop. Terre battue volante. Course folle.
Cris aigus. Phrases par centaines. Incompréhensibles.
Elle ne voit pas son poursuivant. Toujours derrière.
Se retourner ? Elle ne le peut pas. Impossible.
Elle continue à galoper. Cheveux au vent.
Elle veut le voir. Elle n'y arrive pas.
Comme son regard fixe au loin.
Elle crie à son tour. Fort.
Il se rapproche. Vite.
Souffle dans le dos.
Il est trop près.
Elle le sent.
Il est là.

***

- Ichel ?

La marchombre ouvrit les yeux, secouée par Elio. Elle s'était endormie comme une masse sans s'en rendre compte et... elle était couchée sur le lit. Comment s'était-elle mise dans le bon sens ? Elle était assise sur le rebord, la tête au-dessus du sol... Elio. Il l'avait couchée. Il n'était pas si froid, menaçant et irritable après tout. Depuis leur rencontre inattendue et fortuite, il n'arrêtait de la surprendre. Elle qui le pensait dans son monde, hautain et peu intéressé par les autres. Il n'était pas exactement comme il voulait le montrer.
Elio Tharön était un mystère pour tous. La jeune femme était curieuse, certes. Elle n'avait cependant aucune envie de connaître la vie entière de chaque personne qu'elle rencontrait. Bien au contraire. A chacun ses démons et son passé, elle gardait le sien et ne voulait pas connaître ceux des autres. Ses amitiés étaient simples. Je t'apprécie et tu m'apprécie. Simplement.


- Faut qu'on y aille, sinon ils vont nous jeter dehors à coups de gardes !

Ichel se releva difficilement alors que le guerrier commençait à se diriger vers la porte. Il l'attendit là-bas. Elle posa les deux pieds sur le sol, se leva. Elle tenait debout, c'était un début. Et son flanc ne la faisait plus autant souffrir qu'avant. Combien de temps avait-elle dormi d'ailleurs ? Sans doute qu'une trentaine de minutes, ils ne pouvaient rester plus longtemps. Et qu'avait fait Elio pendant ce temps ? Elle releva son regard vers lui, encore surprise qu'il ne soit pas parti alors qu'elle dormait. A l'instant, elle regrettait de ne pas lui avoir parlé plus tôt. Les cours auraient sûrement été plus intéressants avec lui. Surtout plus mouvementés. Ils ne s'étaient jamais réellement adressés la parole. Mais bon, ce n'était pas le sujet.

La jeune femme prit un peu d'élan et marcha. Le contrôle de son corps lui était revenu, elle marchait sans que ses jambes ne tremblent autant que les plaines de Shaal sous les pas lourds des troupeaux de siffleurs. Que c'était bon de retrouver ses capacités ! Certes, elle ne les possédait pas encore toutes, mais c'était déjà un début. Le rêve du guérisseur l'avait déjà énormément soulagée. Sauvé la vie surtout.
Son ami la regardait avancer vers lui, sans un mot. Il observait le flanc de la kaelem. Elio devait s'en vouloir pour l'accident... Comment lui faire comprendre que ce n'était pas entièrement de sa faute, mais surtout qu'elle ne lui en voulait pas ? Le remords, elle le savait, était puissant. Il ne vous laissait pas en paix et même si on vous dit qu'il ne sert à rien, il reste et vous hante. Le remords... Grand ennemi de l'homme.

Les deux jeunes gens quittèrent la salle, tranquillement. Ichel ne sentait plus qu'un léger picotement, le rêveur avait fait un travail remarquable. Le pauvre... Il lui avait sauvé la vie et tout ce qu'il avait reçu en considération était le poing d'Elio. Pourquoi le lui avait-il donné ? La marchombre n'en avait aucune idée. Elle était dans les vapes à ce moment-là. Ils auraient pu dire n'importe quoi, elle n'entendait rien.
Ils étaient hors de la confrérie. Les deux chevaux erraient au loin, éloignés l'un de l'autre. Ils furent d'accord de rentrer à pied vu l'amitié que les deux bêtes semblaient se porter. Ils entreprirent donc une marche tranquille vers Al-Poll. Le silence s'installa. Foutu silence. La kaelem ne l'avait jamais apprécié. Toujours prêt à placer la gêne entre deux personnes, ou plusieurs. Ichel ne l'appréciait uniquement lorsqu'elle était seule. Ou lors de ses entrainements avec son maître. Autrement, elle ne le supportait pas. Et surtout pas ici et maintenant, sachant quelles pensées pouvaient bien traverser leurs esprits.

Ichel s'arrêta. Le guerrier se stoppa, un air inquiet sur le visage. Il lui demanda si ça allait après s'être approché d'elle. La marchombre sourit.


- Merci... Merci pour la dague et pour m'avoir accompagnée jusqu'ici.

Merci de ne pas être le genre de personne qui posent des questions, de ne pas être le genre de personne qui se complique la vie pour un rien, d'être quelqu'un qui ne demande pas des mille et des sangs pour être ami.

- Je vais bien maintenant, même si ça picote encore un peu et que je n'ai pas encore le contrôle total de mon corps.

Elio n'était décidément pas comme les autres. Elle l'appréciait. Il était simple, sans artifices. Et il ne lui posait aucune question. Elle ne pouvait cependant trop s'avancer à son sujet, elle ne le connaissait pas vraiment. Lui non plus.
Elle l'aimait bien.

Le jeu continuera-t-il ? ...









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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Sam 16 Aoû 2014 - 10:39

Voir sur son visage se graver un large sourire qui se brise en éclats était un réel soulagement après l'avoir vu tant souffrir durant le rêve. Particulièrement en sachant à présent qu'elle aurait pu en mourir. Elio n'était pas du genre sentimental, habituellement, et il se gardait bien de montrer ses ressentis à l'instant précis. Mais c'est qu'on s'y attache vite, à ces petites bêtes. Et il trouvait en Ichel une alliée précieuse par sa neutralité. Elle se foutait de qui il avait pu être, était, ou deviendrait. Tout ce qui lui importait était de prendre du bon temps. Qu'il faisait bon de souffler de la sorte, d'agir pour le plaisir sans se retourner sept fois le cerveau avant, juste au cas où. Heureux de s'en sortir si bien et pressé de quitter la confrérie, il loupa presque les paupières lourdes de son amie qui bascula soudainement en avant. Il la cueillit dans ses bras de justesse dans un grognement. Il la remit en place sur sa couche et l'inspecta un moment, inquiet que ce ne soit un effet secondaire non prévu. Mais il comprit bien vite qu'il ne s'agissait que de fatigue. Avec des gestes silencieux et attentionnés il s'appliqua à lui offrir une position plus confortable, afin qu'elle ne prenne pas des courbatures à son réveil. L'air de rien, il rabattit une mèche qui lui collait au front derrière son oreille, puis la laissa dormir en paix. Il s'assit tranquillement sur le fauteuil d'à côté et s'appliqua à contrôler les battements de son cœur afin de calmer sa colère récente. Il devenait décidément trop sensible. S'inquiéter de la sorte pour la vie ou la mort, en public qui plus est : influence Enelyienne, il ne voyait que ça. Ou Charlizienne. Un peu des deux, sans doute. Il lui fallait arrêter de fréquenter des femmes, et vite ! Mais pas aujourd'hui. Demain, peut-être. A vrai dire il avait besoin de cette sensibilité. Pour se souvenir. Pour ne pas se transformer en monstre sans cœur. Oui, il avait besoin d'Elles.

Plongé dans les tréfonds complexes de ses pensées, il se demanda où pouvait bien être à présent Requiem. Avait-il fui ou attendait-il patiemment à l'extérieur de la confrérie ? Elio ne parvenait pas à le cerner et cela l'enrageait autant que l'impressionnait. Entre eux demeurerait toujours un combat d'égo, il le sentait. Il plairait à Kylian. Ichel aussi. Il grimaça, dégouté par la tournure d'Ichel plaisant à Kylian. Il ne comprenait plus rien à ses sentiments. Le premier à hurler, frapper sur son amant par jalousie, mais le second à le tromper sans ménagements. Charlize était une couverture, cela passait. Ichel n'était, quant à elle, que du plaisir pour le plaisir. Avait-il un problème ? Un manque de sexe ? Pourtant pas. Il était largement comblé de ce côté là, du moins lui semblait-il. Un besoin d'être entouré, alors peut-être. Qu'importe. Personne ne lui interdisait de vivre comme cela, et quand bien même on le ferait, il s'en contreficherait complètement. Lui seul décidait. Bon, certes, il lui faudrait reconnaître sa mauvaise fois auprès de son garde, et cesser de lui faire ses crises de jalousie. Mais si en échange il récoltait des scènes aussi endiablées avec des filles aussi fascinantes que la kaelem...Il s'en voulait presque de n'avoir pas fait attention à elle durant sa scolarité. A ses côtés, peut-être serait-il devenu autre ? Non. Même Elera n'avait pas réussi à annihiler sa part d'ombre. Personne ne pouvait donc le faire. Et tant mieux. La vengeance était son confort.
Le sourire aux lèvres il s'assoupit à son tour.


Il se réveilla en sursaut avec la sensation angoissante qu'il ne devrait pas être ici. Plus, du moins. Il se remis sur pied en vitesse et jeta un coup d'oeil à son amie du jour. Qui dormait encore. Profondément. Quelle marmotte ! Il s'approcha donc de son corps inerte, et la secoua doucement.

-Ichel ?

Elle émergea difficilement, mais ses pupilles braquées sur lui lui firent comprendre qu'elle était tout ouïe.

-Faut qu'on y aille, sinon ils vont nous jeter dehors à coup de gardes !

Et il était intimement persuadé que les gardes d'ici n'étaient pas aussi canons que son rouquin favori. Il se dirigea vers la porte, choisissant délibérément de ne pas aider la guerrière à se relever. Il commençait à la connaître un peu et savait, que tout comme lui, elle n'aimait pas être assistée. Il lui fallait son libre arbitre et dépendre d'Elio durant le soin avait déjà suffisamment du la mettre en position d'échec, mentalement parlant. Il lui laissa donc le temps de se mettre sur ses jambes et de le rejoindre, sans rien dire, avec toujours ce brin de culpabilité.
Une fois dehors, ils échangèrent un regard entendu qui les fit sourire : le reste du chemin serait bien plus sûr à pied plutôt qu'en canassons. Et même si le mercenaire n'aimait pas l'idée de laisser Requiem livré à lui-même, il n'avait guère le choix s'il voulait rentrer en vie. Déjà qu'il n'avait pas pu soigner son poignet cassé. Charlize aurait peut-être de quoi le soulager. Ou il lui faudrait trouver
une autre confrérie. Ichel cessa sa route et il fit de même, inquiet. Il courut presque sur elle, yeux rivés sur son flan dont il avait la hantise qu'il se remette à saigner.


-Ça ne va pas ?

Elle sourit, visiblement amusée de tant d'attention. Il n'en fut pas vexé, trop concentré sur une éventuelle fuite de sang ou autre signe montrant que le rêveur était décidément bien incompétent. Mais non. Tout allait bien, disait-elle. Juste, elle le remerciait. Juste. Pas juste, non. C'était même énorme. Il n'avait pas franchement l'habitude des mercis. Il rougit donc, comme un puceau rougit face au corps nu d'une femme. Il se gratta la nuque de sa main valide et détourna légèrement le regard. Puis choisit la provocation pour cacher ses émotions.

-Si ce n'est que le contrôle total de ton corps qui t'manque, j'peux t'aider pour ça.

Ses iris bleus s'aimantèrent de nouveau vers les noisettes de la jeune femme et il sourit, amusé, dragueur. Avant même qu'elle puisse répondre, il sut quoi dire, comment continuer. Il apprivoisait le jeu de séduction et se savait pouvoir être très bon. D'un mouvement de tête il désigna un petit sentier sur la gauche.

-Viens. J'vais te montrer un truc qui vaut le détour !

BIM double sens pas voulu du tout, non non promis, pas fait exprès, ou juste un tout petit peu, mais vraiment petit, hein, qu'il lu de suite sur son visage à elle. Il explosa de rire.

-T'as vraiment l'esprit mal placé toi ! J'te parle pas de moi, mais d'un petit endroit que j'utilise souvent pour me retrouver quand j'ai trop d'trucs en tête. Les marchombres font souvent ça, aussi, non ? Méditer ou je ne sais quoi. Donc tu devrais apprécier. Le coin est vraiment...sympa.

Il ne baratinait pas. Au cours d'un de ses exercices du matin, il avait suivi ce sentier à peine apparent, plutôt que le chemin, et avait découvert cette place abandonnée. Qui était devenue son lieu d'exil. Il conduit donc Ichel jusqu'au bout des petits graviers ocres, ce qui leur prit une bonne demi-heure, tout de même, et lui offrit un sourire satisfait en voyant sa tête.

-Tu vois, j'avais raison. Pas mal, hein ?

Le lieu formait un demi-cercle bordé par une rivière, dont on ne parvenait pas à distinguer ni d'où elle venait, ni où elle allait. Cerclé par les arbres, on ne pouvait pas rêvé plus discret. L'herbe appelait à lézarder au gré des quelques rayons de soleil traversant les feuilles et la fraicheur offrait un sentiment qui allait bien au delà du bien-être. L'écoulement de l'eau était un son qu'Elio avait apprit à aimer, ici. Il s'y baignait même régulièrement, malgré le courant, et s'était toujours dit qu'un jour il en suivrait le cours, par curiosité. Il la laissa lever la tête pour inspecter le lieu et se demanda si ce dernier lui donnait la même impression qu'à lui. Tout en cercle, couvert par les arbres immense de manière à ce qu'on en voyait presque pas le ciel. Comme une bulle. Une bulle de quiétude, presque silencieuse.
Il se plaça juste derrière sa compagne, et approcha ses lèvres de son oreille.


-Mais si tu y tiens, je peux toujours te montrer que j'en vaux le détour, moi aussi.

Il sentit son rire muet venir chatouiller sa peau, et, bien plus sûr de lui qu'auparavant, se permit de poser sa bouche dans sa nuque à elle, écartant sa chevelure de sa main entière avec sensualité. Puis, il se dégagea, par respect. Il ne continuerait pas sans avoir son accord. Qu'il soit verbal ou tactile. Cool


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 30 Sep 2014 - 23:15

Ichel haussa un sourcil. S'il voulait l'aider, qu'il le fasse ! Et il l'entraina dans une toute autre direction que celle de l'Académie. C'était pas trop tôt, que diqble !
Un truc qui valait le détour ?... Au moins il n'avait pas la grosse tête, le bonhomme. Et il éclata de rire avant de l'accuser d'avoir l'esprit bien trop mal placé. Pour enfin lui avouer où il l'emmenait. L'endroit qu'il utilisait souvent pour se retrouver ? Allait-il lui montrer un endroit que personne ne connaissait hormis lui ? Eh bien, que de surprises ! La marchombre en fut touchée. Il existait un endroit qu'elle n'aurait jamais aimé montré à personne. Elle savait ce que ces lieux signifiaient.

Ils suivirent un sentier de gravier ocres, un sentier qu'elle n'aurait jamais remarqué s'il ne le connaissait pas. Bien caché par la végétation, un oeil distrait n'aurait pu le voir. Une bonne demi-heure de marche lente les mena vers ce fameux endroit. Ichel avait encore un peu de peine à se déplacer, sa main se posant parfois sur son flanc. Mais Elio l'aidait parfois à se tenir debout. Heureusement que ce n'était pas au sommet d'une montagne, elle n'aurait jamais été capable de s'y rendre, même avec l'aide de l'ancien kaelem. Même si elle était...

Les pensées d'Ichel se turent instantanément. Ils étaient arrivés. Elle ne perçut qu'à peine la voix du blondinet, le spectacle qui s'offrait à elle venait de prendre toute l'attention de la marchombre. Une clairière se dressait devant elle, clairière en demi-cercle entourée d'une rivière au son délicat. D'où venait-elle ? Très bonne question. Encerclé d'arbres, la clairière était une carapace face au monde, la marchombre avait l'impression d'être entrée dans une autre dimension. Une dimension ignorant les minutes et les heures. Le temps s'était évaporé, laissant place à un autre monde dénué de temporalité.
Le soleil se frayait un passage par les feuillages des grands arbres pour se jeter sur l'herbe d'un vert étonnant. On ne percevait à peine le ciel bleu.

Un cocon naturel.

Ichel sentit Elio bouger, mais ne détourna pas le regard. Elle sentit son corps se coller contre le sien, ses lèvres contre son oreille. Son souffle chaud dans sa nuque lorsqu'il murmura quelques mots. La marchombre regardait toujours droit devant elle. Quelques secondes encore, se rassasiant de la vue. Il y en avait une autre dont elle rêvait de se rassasier, de vue...
La jeune femme rit, légèrement. Alors qu'elle sentit ses lèvres douces se poser contre la peau de son cou, alors qu'il écartait ses longs cheveux bouclés d'une main sensuelle, elle rêvait de se rassasier de lui. Mais il stoppa cette étreinte en un instant.
Lorsqu'elle se retourna, elle lut du respect dans son regard. Elle lui en fut reconnaissante. Et dire qu'ils s'étaient ignorés durant toutes ces années à l'Académie. Se croisant seulement dans les couloirs, quelques regards en coin lorsqu'ils se remarquaient. Et maintenant...

La kaelem se rapprocha, le visage à quelques millimètres de celui de son ami. Noisette plongeant dans le bleu.


- Prouves-le moi...

Elle se rapprocha plus encore, collant son corps à celui d'Elio. Elle prit ses mains, les guidant dans son propre dos. Glissant le long de son corps, elle retint une grimace lorsqu'elle passa sur sa blessure. Elle mena les mains d'Elio sur ses hanches. Abandonnant ces dernières là où elle les avait posées, les siennes se posèrent sur le visage du jeune homme. Caressant ses cheveux, frôlant son visage d'une douceur qu'elle n'aurait jamais cru posséder, elle ouvrit la chemise de l'ancien kaelem.

Montres-moi que tu en vaux le détour...

Sa chemise ouverte dévoila son torse musclé. On devinait facilement qu'il n'était pas dessinateur. Qui il était ? A vrai dire, elle l'ignorait. Pour elle, il était un ami. Et peut-être un peu plus...
Ses petits doigts coururent le long de ce torse fort, sa bouche se posa alors entre ce dernier et son cou. Elle l'embrassa, encore et encore.
Elle se stoppa. Le silence s'était fait dans la clairière, seule la rivière sifflait un peu plus loin. Elle garda sa tête enfouie contre le corps d'Elio, ses cheveux courant contre sa peau. Elle le sentit bouger.





[2°]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Jeu 2 Oct 2014 - 13:26


Prouves-le moi...

En tant normal, il aurait répondu à la provocation de son humour ou d'une réaction bestiale. Mais il y avait trop de douceur dans ses mots pour cela. Ce n'était que chuchotement et découverte. Ils goutaient tous deux à la nouveauté de leur relation, riant intérieurement ne pas s'être fréquenté durant toutes leurs années communes. Ils avaient besoin de temps et de délicatesse. Il la laissa donc prendre les commandes de ses mains, la dévorant de son regard bleu. Il sentait les os de ses hanches et mourait d'envie de sentir ceux plus bas, mais ne bougea pas, la laissant l'agripper derrière le coup. Il n'esquiva pas non plus le moindre mouvement lorsque sa chemise s'ouvrit. Ses doigts lui firent quelques chatouilles, lui tirant un très léger petit rire. Et ses paupières se fermèrent d'instinct au contact des petits baisers. A présent qu'elle lui avait montré la couleur de ses désirs, il pouvait agir en sachant ce qui lui ferait réellement plaisir. Il allait lui faire l'amour avec suavité, sensualité et calme. D'une ça le changerait et il pensait réellement aimer cela. De deux pour une première fois, toute brusquerie était interdite. Il saurait très bien lui montrer cet aspect là de sa personnalité plus tard. En y pensant, elle l'avait même déjà vu, étant donné l'état de son flan. Ne pas la blesser. La combler. L'aimer ?

Il ramena ses paumes à son visage pour le lui relever et y déposer des myriades de baisers, sur les joues, les yeux clos, le nez, les oreilles, le front, la bouche. Tout juste s'il l'effleurait, comme un papillon voletant autour d'elle. Puis il la lâcha pour faire glisser sa chemise par terre afin d'être plus libre dans ses mouvements. Enfin, lèvres collées dans la nuque de son amie, il entreprit de la dévêtir lentement. Très lentement. Le haut se délaça avec attention et chuta en silence, laissant respirer une poitrine généreuse encore couverte d'une lingerie sobre et fonctionnelle. Les picotements de sa bouche parcoururent ce décolleté pour descendre ensuite vers son nombril, l'obligeant à se mettre à genoux. Là, il défit le reste de l'habit de cuir avec tout autant de patience, prenant le temps d'admirer chaque parcelle de son corps. Il lui retira ses bottes, genoux à terre, comme Henri chaussant Cendrillon de la pantoufle de verre. La matière lécha les jambes fines et musclées de la marchombre jusqu'à embrasser l'herbe pour la dévêtir enfin complètement, hormis les sous-vêtements. Elio choisit de les lui laisser, pour l'instant. Il se releva, frotta son nez contre le sien, et entreprit de se débarrasser lui-même de ses chaussures et de son pantalon. Il fallut qu'Ichel l'aide lorsque la douleur de son poignet cassé se réveilla et l'empêcha de s'en servir correctement.

Puis il lui prit la main, et l'amena près de la rivière jusqu'à ce qu'ils aient les pieds dans l'eau fraiche. Ce qui leur faisait grand bien au vu de la chaleur de leurs corps. Il s'accroupit pour prendre de l'eau dans sa main valide et reprit sa place collé contre elle pour venir faire s'écouler le liquide sur ses épaules. Il fit de même entre ses seins, créant une fontaine sur ce corps parfait. Et ainsi de suite, l'humidifiant de la sorte. En dernier, il tira l'élastique de sa culotte vers lui pour y glisser l'eau pure, ignorant les tiraillements de sa blessure. Elle frissonna, sursauta presque au contact froid. Mais quelque chose lui disait que la température n'était pas ressentie aussi basse que cela, particulièrement à cet endroit. De même pour lui, la règle disant que la glace les rapetisse vivait sa première exception. Il la trouvait même très bonne, cette eau, au final. Les rayons du soleil la chauffant, peut-être. Ou bien eux.
Sa langue vint à la rencontre de ses lèvres, s'amusant, puis chercha la sienne. Il put libérer son poignet endoloris, qui retomba le long de son corps. De l'autre main, il défit le soutien gorge, puis, tout de caresses, vint retirer le dernier sous vêtement très humide, ce qui lui donna un frisson si grand qu'il en hoqueta. Elle rit, pupilles rivées dans les siennes, et il lui sourit. Il lui donna les rennes, le temps pour la jolie brune de lui retirer son caleçon avec la même délicatesse. Et il l'invita à s'enfoncer un peu plus dans la rivière, jusqu'à un coin bien plus profond, comme un bassin, leur permettant d'avoir de l'eau jusqu'à la poitrine. Il plaqua son corps nu contre elle, tous sens en vibrations. D'un baiser esquimau, d'une main dans le bas de son dos, reins contre reins. L'ancien kaelem la fit basculer en arrière, et ses pointes bouclées furent mouillées. Il croqua son menton, puis la peau de son coup, jusqu'à venir déguster la pointe de ses seins en forme de meringue. Une pression à son bas-ventre exercé par la belle lui fit ouvrir grand les yeux et ses iris se contractèrent, pour mieux exploser de reconnaissance. Il la redressa contre lui pour la faire danser. Ils tournoyèrent dans une valse langoureuse. N'ayant plus besoin de la tenir, son bras descendit sur son anatomie tentatrice, et ses doigts purent répondre aux siens, venant chercher le désir de son intimité. Tout d'abord ils se contentèrent de toucher, juste. Puis caressèrent. Pressèrent. Va et vient extérieur, doux et frénétique. Ses dents mordirent la lèvre inférieure de la jeune femme pour garder une encre dans cette eau bouillonnante. Il accentua l'activité de sa main jusqu'à lui arracher un premier cri, partant en exploration sous-marine. Elle ne se fit pas prier pour répliquer à sa manière et il laissa libre cours à ses cordes vocales pour s'exprimer également.


-Ichel...

Il enfouit son visage dans ses cheveux, s'enivrant de son odeur. Sa deuxième main réclamait de l'action, mais il savait pertinemment que l'utiliser lui ferait bien trop mal. Il ignora donc ses appels. Pour conjurer ce manque, il redoubla de vigueur dans l'autre. Si bien que la belle ne tint plus en place et qu'il dut la coincer contre le rebord de pierre du bassin. Elle se cala à cette fréquence et il perdit pied. Grognant, hurlant, il accéléra, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils cédèrent, ensembles. Une nouvelle chaleur émergea entre leurs bassins et il chut sur elle. Lorsqu'il reprit ses esprit, il la bécota de nouveau de milles remerciements, ce qui l'excita de nouveau. Sourire aux lèvres il se dégagea pour mieux couler.



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Mar 21 Oct 2014 - 20:48

Elle abandonna son corps à ses baisers. Doux, suaves, elle découvrait une nouvelle facette de sa personnalité. Une mystérieuse facette qu'il ne montrait pas. Et il la lui dévoilait. En plein jour, dans ce cocon qui était le leur à partir de cet instant et pour toujours. Un cocon qu'ils ne partageraient sans doute avec personne.
Quelle étrange sensation que celle-ci... Celle d'être en parfaite symbiose avec quelqu'un, celle de se sentir bien. En sécurité. Il l'avait blessée ? Et alors ? Elle se sentait bien. Plus qu'elle ne l'avait jamais été. Elle sentait cette tentation, ce désir. Cet... amour ?

Alors qu'il l'embrassait, la couvrait de frissons, il fit glisser sa chemise à terre.
Ils dansaient.
Alors qu'il venait de la laisser s'échapper, il se rapprocha plus encore, collant ses lèvres contre son cou dénudé. Il était si lent, si doux... Jamais elle n'aurait cru cela de lui. La marchombre sentit son haut se desserrer, devenir plus libre. Puis tomber. Grande respiration, sa poitrine suivit le mouvement, tête relevée, les lèvres d'Elio toujours contre son cou. Pour ne pas y rester. Suivant la courbe du corps de la jeune femme, sa bouche se fraya un passage jusqu'à sa poitrine, y déposant des myriades de baisers. Sensuels. Son nombril ne put y échapper. Elle se laissait faire, elle le laissait faire. A genoux, il défit lentement le pantalon de cuir de la marchombre. Mais ne le retira pas.
Ichel laissa son regard tomber sur lui. Ses mains sur ses épaules, elle l'observait enlever ses bottes. Et il retira enfin le cuir. Presque nue, sa peau frissonnait dans le vent chaud de l'été. Et il continuait. Il était encore plus délicat, charmant presque.
Il se releva, venant frotter son nez au sien. Elle sourit, amusée. C'est alors qu'il commença à se déshabiller sous le regard dévoreur de la femme. Se mordillant la lèvre, elle vint se coller à lui et l'aida à retirer son pantalon. Quelque chose le gênait au niveau de son poignet.

Il lui prit la main, elle se laissa guider. En temps normal, elle ne l'aurait accepté. Elle n'aimait pas lorsqu'on lui dictait quoi faire. Elle aimait être le seul maître de ses mouvements. Mais là, c'était différent. Ils étaient pareils. Le même caractère, la même envie de tout contrôler. Et elle le laissa faire. Elle le laissa la guider jusqu'à la rivière, elle le laissa l'entrainer dans son torrent. Seuls leurs pieds y trempaient pour l'instant.
Le froid s'insinua dans son corps, apaisant cette chaleur incontrôlable qui le prenait. L'eau coula sur ses épaules, entre ses seins, sur son ventre plat. Partout. Elle le laissait faire. Lorsque l'eau froide se glissa dans sa culotte, elle frissonna. Sursauta. Mais ce n'était pas si froid qu'elle ne l'aurait penser. Etait-ce seulement l'eau qui n'était pas si froide ? Ou elle-même qui ne l'était pas ?

Et il s'approcha, arrêtant de jouer avec l'eau. L'embrassa, jouant de sa langue avec la sienne. Elle glissa ses mains sur son torse fort, caressant chaque forme, se délectant du contact de son corps chaud. Son soutien-gorge glissa dans l'eau. Les mains du blond glissèrent vers le bas, provoquant des vibrations dans le bas de son ventre. Et le dernier vestige d'un semblant de vêtements disparut.
Elle rit lorsqu'il hoqueta, ses yeux rivés dans les siens. Et ce sourire... Elle ne l'avait jamais vu sourire ainsi.
Un sourire suave et sauvage sur les lèvres, elle fit glisser ses mains contre la peau de l'homme, prit les bords de son caleçon en otage. Et descendit. Encore et encore. Jusqu'à retirer le tissu devenu futile.
Il l'entraina alors dans la rivière, dans un coin bien plus profond. Mais pas assez pour qu'ils n'aient plus pieds. Leurs corps se rencontrèrent alors, sa poitrine contre son torse, ventre contre ventre.
Ils dansaient, jouaient.
Il la tenait dans ses bras, elle s'y abandonna. Confiance absolue. Elle bascula alors en arrière, laissa sa tête tomber, laissant ses cheveux danser dans l'eau. Et elle sentit sa bouche, ses lèvres douces. Il dévorait son corps, commençant par son menton, puis son cou, pour déguster ses seins. Et elle décida de jouer, elle aussi. Elle s'approcha encore, collant leurs bassins l'un contre l'autre. Et entoura son corps de ses jambes.

Tu es à moi...

L'eau s'insinuait partout, leurs corps dansaient dans le mouvement fluide du torrent. Et ils s'embrassaient, se touchaient, se caressaient, laissaient échapper des rires. Et il l'atteignit. Ce lieu qu'elle n'avait laissé à qu'une personne pour l'instant. Cet endroit qu'elle commençait à découvrir.
Elle poussa un cri lorsque la main d'Elio trouva son jardin.
Ichel ouvrit ses paupières pour regarder son visage parfait. Et ses yeux. Pour les dévorer. Posant des baisers sur chaque parcelle de son visage, elle caressait, dansait. Mouvements toujours aussi souples, elle prit la main de l'homme dans la sienne, le faisant abandonner son jardin. Les jambes de la marchombre vinrent alors se fermer plus sûrement dans son dos, son bassin embrassant le sien. Et elle dansa de plus belle. Ses reins souples vinrent arracher un mot des lèvres chaudes du blond. Son prénom.
Leurs cheveux se mélangèrent alors qu'il enfouissait son visage dans la longue chevelure mi-humide de la femme. Elio reprit les rênes, reprenant le contrôle, reprenant la place forte du jardin de la belle. Mais la marchombre ne tenait plus en place. Elle ne tenait plus. La coinçant contre une pierre, elle le sentit perdre pied. Et elle criait. En écho, il grognait, hurlait. Elle sentait son corps entier en ébullition, son bas-ventre était le théâtre d'un torrent de lave en fusion. Puis, ils cédèrent. Ichel transpirait, Elio s'effondra sur elle. Elle posa ses mains sur son visage alors qu'il recommençait à l'embrasser. Avant de couler dans la rivière.

Il se détacha d'elle quelques instants, nageant dans l'eau froide. La marchombre prit alors une grande inspiration et plongea. Ses yeux s'ouvrirent et tombèrent sur lui. Elle s'élança dans sa direction, dansant dans les bras de la rivière, mais rêvant de se réfugier dans ceux de l'ancien kaelem. Ses cheveux formant une méduse autour de sa tête, ses mains s'agitaient dans tous les sens pour rester immergée.
Elle le rejoignit enfin. Et l'embrassa. Leurs corps s'enlacèrent, coulant dans le courant. Leur baiser dura un long moment. Le silence de l'eau les entourant, sourd. Seules les sensations. Et l'air qui manquait. Ils remontèrent à la surface, cheveux trempés. Son brun naturel donnait un effet nuit noire. Elle s'éloigna de lui, nageant jusqu'à la rive. Jusqu'à l'endroit où seuls leurs pieds pouvaient se baigner. Elle s'allongea. Une jambe sur la pierre froide et la vase, l'autre repliée. Un écart séparait ses deux jambes, dévoilant son jardin au regard de l'homme. Regard qu'elle devinait empli de désir. Ses propres noisettes lui envoyaient un message. Fougueuse, sauvage, indomptable.

Désire-moi, prends-moi, aimes-moi...

Il la rejoignit. Elle vit ses muscles rouler sous sa peau, ses yeux bleu ne la quittant pas une seconde. Sauf lorsqu'il plongea. Sa silhouette avançait vers elle, lente, sous la surface. Sa tête sortit de l'eau entre ses cuisses. Et le buste de la jeune femme se releva pour que ses mains puissent aller caresser ce beau visage de démon. Un murmure glissé à son oreille.


- Je ne te savais pas si doux... J'aime ça.

Elle prit son menton dans sa paume, son visage à quelques centimètres du sien. Et l'attira sur la pierre, sur la vase. Elle le coucha délicatement, la pointe de ses cheveux blonds et sa nuque dans l'eau fraiche. Allongés, sa paume tenait toujours le menton d'Elio. Son nez frottait son nez, ses yeux ne quittaient pas les siens.
Elle rompu le lien dans un baiser. Pas un seul...
Front, cou, épaule, torse, ventre. Courbe calculée, courbe pensée. Elle trouva le fruit défendu. Lentement, mais sauvage, sensuelle, mais fougueuse, elle le dévora. Elio poussa alors un cri. Plusieurs. Il s'abandonna à son sort, la laissant faire. La laissant croquer dans ce fruit.

Et soudain, elle s'arrêta. Se releva, mais toujours assise. La main sur la cuisse de l'ancien kaelem. Elle le regardait. Simplement. Son coeur battait fort, mais pas seulement le sien. Celui de l'homme aussi. Et elle se rapprocha. Elle se coucha à côté de lui. Non, pas à côté. Contre lui. Il passa son bras sous elle, elle déposa sa main sur son torse. Sa tête coincée contre son cou. Sa jambe gauche s'enlaçant autour de celle d'Elio. La chaleur était toujours là, infatigable. Mais ils s'étaient stoppés.

Take me into your loving arms,
Kiss me under the light of a thousand stars.

Ichel écoutait le coeur du blond, elle sentait sa poitrine se soulever pour faire passer l'air. Ses doigts caressaient toujours le torse de l'homme qu'elle venait de découvrir. Le torse de cet homme qu'elle n'avait jamais vu tel qu'il était. Celui qu'il cachait aux autres.


- Tu es très différent de celui que j'imaginais...

Mais restes ainsi.







[ Hehe Naif ]


_______________
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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Remember To Smile [Terminé]   Dim 21 Déc 2014 - 18:57



Le torrent de pensées se noya dans l'obscurité de l'eau, et il savoura ce silence. Non pas qu'il était mal dans les bras de sa douce, bien au contraire. Sitôt qu'il quittait son corps son esprit reprenait du service et il se trouvait confronté à bien trop de pensées parasites. Il fut donc soulagé de la voir lui revenir assez vite et l'enlaça du mieux qu'il put avec la pression des profondeurs. Ses lèvres se plaquèrent sur les siennes jusqu'à ce que leurs poumons réclament de l'air. Il émergèrent en choeur, aspirant la vie avec la force de leur amour naissant dont ils ne connaissaient pas encore le nom.
Elle le quitta pour aller s'allonger sur la rive et il eut l'impression de se retrouver à nouveau privé d'air. Il lui fallait son contact pour faire taire son cerveau. Il sourit néanmoins en découvrant l'écart évocateur de ses jambes et nagea jusqu'à elle, empli de désir.
Il plongea sur le chemin pour s'inonder de silence pesant afin de réapparaitre entre ses cuisses dans un regard amusé. Deux paumes vinrent chercher son crâne pour lui chuchoter à l'oreille ce qu'il n'aurait jamais accepté d'ordinaire venant de qui que ce soit d'autre que Kylian. Et encore, même Kylian n'aurait jamais dit pareille gentillesse.
Mais il ne dit rien, et répondit juste par un baiser, tout aussi doux que ce qu'elle le prétendait être. Il ne voyait pas d'autres manières d'être avec Ichel. Nez contre nez ils se regardaient comme si rien au monde ne comptait plus que cela. Il aurait pu rester ainsi des heures, voire des années. Avec elle, vieillir aurait pu avoir un sens.


Elio la laissa prendre le dessus en souriant. Chaque baiser déposé sur une des parties de son corps lui déclenchait un frisson de plaisir et faisait naitre une envolée de papillons dans son bas-ventre. Des petits grognements de satisfaction s'échappèrent de sa bouche alors qu'elle découvrait son anatomie avec délice. Grognements qui devinrent véritables cris d'ode à la vie alors qu'elle le dévorait avec la fougue d'un animal sauvage. Pour la deuxième fois il donna libre court à ses sens et se libéra de toutes tensions à s'en faire péter les cordes vocales.
Le jeune guerrier aurait voulu la supplier de continuer lorsqu'elle cessa toute action pour venir se lover contre lui, mais il se sentait si bien à l'entourer de son corps uniquement pour le plaisir de l'enlacer qu'il ne dit rien. Il aurait tout le temps de profiter de ses talents d'amante plus tard.
Coeur contre cœur, ils s'écoutaient l'un l'autre sans avoir à émettre le moindre son. Et même lorsqu'elle engagea la conversation, il se contenta dans un premier temps de déposer un baiser sur son front, tandis que sa main valide venait jouer avec ses mèches humides.


-Je préfère découvrir qu'imaginer, ça évite les mauvaises surprises...

Il la couva de ses pupilles bleus.

-Je ne peux pas dire que tu es loin de celle que j'imaginais, puisque je ne t'imaginais pas. Par contre, je peux te dire que tu es ma plus belle découverte à ce jour.

Il chuchotait et ses caresses allaient à présent chatouiller la peau nue des épaules de la belle marchombre. Il devina les picots qui se formaient dans son épiderme et il sentit la même chair de poule envahir son corps.

-Tu sais, j'pensais pas vivre.

Il sentit la crispation du corps de sa compagne qui l'interrogeait. Alors il continua ses allers et venus amoureux sur son bras pour conjurer la dureté de ses paroles.

-Au tout début, j'avais cette vague image de ma famille réclamant ma mort. Et ma mère n'était plus là. Alors j'me suis dis que c'était de ma faute. Et puis ce n'était qu'une image, pas même un souvenir, et mon père a refusé d'entendre le mot maman. Alors j'me suis dis qu'il m'en voulait. Et qu'à cause de mes conneries, il me préférait mort.

Ses doigts vinrent effleurer sa nuque avec la même douceur, comme s'il racontait la plus banale des histoires.

-Quand j'ai grandi, j'ai compris que le coupable était très certainement mon père, et non pas moi. Mais l'envie d'être mort ne s'est pas envolé pour autant. J'me disais que je découvrirai la vérité, et puis voilà. Ensuite plus rien, la fin. Comme si le fait de faire taire le silence allait me tuer.

Il chuchotait pour ne pas faire sentir l'énorme boule qui grossissait dans sa gorge. Elio n'était pas de ceux qui avaient besoin de se confier, et quand bien même il aurait sans doute choisi Kylian qui connaissait très bien son passé récent. Certains savaient ses meurtres et sa haine envers son père. Mais tous ignorait ce sentiment ineffaçable de culpabilité et cette tendance suicidaire. Pourquoi la dire à voix haute pour la toute première fois à Ichel ? Peut-être parce qu'il est plus facile de se confier à l'inconnue. Ou parce qu'il était bien, là, dans ses bras et que cela comblait son complexe d'Oedipe. Ou encore parce qu'Ichel était peut-être bien son âme sœur, tout compte fait. Il n'admettrait jamais cela. Il n'y pensait même pas. Il avait mis bien trop de temps à accepter Kylian dans son esprit pour à présent considérer pouvoir aimer quelqu'un d'autre. Le mercenaire ne pensait même plus à ce qui était possible ou non. Il n'était pas qu'un. Il se connaissait de multiples personnalités. Ce n'en était qu'une nouvelle aux côtés d'Ichel. Plus belle, plus complète, certes. Mais juste une de plus. Sa raison n'accepterait rien d'autre.

-J'ai fais taire le silence. Et ça m'a tué. Mais pas entièrement, pas suffisamment. Je ne vivais pas, je survivais.

Son nez chercha celui de sa belle pour un baiser esquimau.

-La toute première fois que j'ai appelé la mort, j'avais dix ans. D'habitude je restais là, devant les armes de mon père, et j'attendais que le courage en prenne une pour me trancher les veines. Mais ce jour là, il est vraiment venu. Il m'a traversé le corps l'espace de cinq secondes. Cinq secondes durant lesquelles j'ai pris la hache qui me faisait face et l'ai levé au dessus de ma tête. Je la savais bien trop lourde pour moi. Je savais qu'elle allait me tomber sur le crâne. Mais mon père m'a appelé pour manger, et j'ai dévié mon angle en avant, parce que le courage était déjà parti. La hache est tombée par terre dans un grand fracas et je me suis pris une chasse car je n'avais pas le droit de jouer avec la marchandise.

Voilà. Tu sais à présent pourquoi j'ai toujours détesté les haches et refusé de m'entrainer avec durant mon cursus à l'Académie. Ça me rappelle ma lâcheté.

-La seconde, je devais avoir quatorze ou quinze ans. Comme souvent, je grimpais aux toits, et m'amusait à tester mon équilibre sur les rebords de ceux-ci. J'espérais que le vent me pousserait du mauvais côté, mais il ne s'en ait jamais mêlé. Alors quelques fois je me penchais volontairement, encore et encore. Et puis au dernier moment je reculais. Un jour j'suis tombé, enfin. Mais ma main a eut un vieux réflexe et s'est accroché à la gouttière. C'était une vieille gouttière en très mauvais état, et elle tenait par magie. Donc je l'ai arraché en tombant, ça a fait un bruit pas possible et les habitants sont sortis. J'étais connu pour mes conneries. On m'a rattrapé sain et sauf, et j'ai pris une chasse car mon père a du payé les réparations de la toiture.

Aurait-il agi autrement, son père, s'il avait su toute la culpabilité d'être vivant que ressentait son fils ? Très certainement. Mais dans cette famille c'était le silence qui avait tué la mère et le père. Et c'est sans nul doute ce même silence qui tuera le fils.

-La troisième et quatrième ont eu lieu à l'Académie. Une fois j'ai provoqué volontairement Kylian pour qu'il me frappe à mort. Mais cette mauviette s'est retenu et j'ai finis à l'infirmerie. L'autre j'ai voulu retenter le toit, mais Ene s'est accroché à moi. Après, faut pas compter toutes les fois où j'me suis embarqué dans des situations mortelles, genre le labyrinthe, sinon on en perdra le compte.

Il rit, doucement, pour ne pas l'effrayer, pour la garder au chaud contre lui. Il ne voulait pas lui faire peur. Il avait juste envie de s'accepter comme il était dans cette personnalité là. Avec toutes ses failles.

-J'avais pas prévu de vivre, tu vois ? Et l'avenir me faisait très peur, du coup.

Ses pupilles de saphir crochetèrent les iris d'Ichel.

-Mais là, ça va. Là je ne survis pas. Je vis. Dans tes bras, je vis. Dans tes yeux, je vis.

Son corps se mouva au dessus d'elle avec précaution et il emprisonna son visage entre ses mains.

-Dans ton corps, putain, je vis !

Ses lèvres cessèrent enfin de parler pour venir l'embrasser avec fougue et tous ses muscles se réveillèrent pour venir à la rencontre de la marchombre.
Il avait entendu dire qu'on appelait l'orgasme « la petite mort ». Par pitié, que ce ne soit pas une métaphore, car alors ce serait la plus douce et la plus belle des fins.



Merci pour tout ça I love you


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