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 The kitchens of fate [Terminé]

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Majordome et Gardienne des Clés
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MessageSujet: The kitchens of fate [Terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 8:01

Lorsque Elizia pénétra dans les cuisines, la large pièce était plongée dans la pénombre. Elle fit quelques pas incertains dans l'obscurité en direction de la table centrale puis alluma une bougie dont la flamme indécise la réconforta aussitôt. Durant un bref instant, les paroles de l'Intendant, qu'elle avait croisé dans les couloirs quelques jours plus tôt, résonnèrent dans son esprit : "Ah, et nous sommes également en pénurie de marmitons. Malades ou en congés, je ne sais. Donc, si vous avez le temps, bien entendu, si vous pouviez aller y jeter un coup d'oeil... Une dernière chose : le maître-cuisinier, sous ses airs bourrus, ne vous mangera pas. Enfin, à condition de préciser que vous venez de ma part, évidement..."
En tout cas, à cette heure matinale, les lieux étaient plutôt déserts. Elle esquissa un sourire en détaillant la grande salle du regard, propre et odorante. En fait, son unique défaut était certainement le manque flagrant de luminosité, qui n'était obtenue que par une seule fenêtre minuscule. La jeune fille rejeta ses cheveux en arrière, se vêtit d'un tablier d'un blanc passé et se mordilla la lèvre. Par quoi pouvait-elle bien commencer ? La réponse lui vint tout naturellement au bout de quelques secondes. Une soupe. Simple et nourrissant, un soupe conviendrait à merveille. Elle examina avec une attention concentrée les multiples placards qui l'entouraient puis les ouvrit les uns après les autres en faisant leur inventaire d'un oeil expert. Au bout d'un quart-d'heure environ, elle avait rassemblé sur la table tous les ingrédients nécessaires. Avec un long soupir, elle se mit au travail.

Au moins, cette tâche avait le double mérite de lui occuper les mains tout en lui libérant l'esprit. Et puis, elle se sentait étrangement bien dans ces cuisines, et pas seulement grâce aux délicieux parfums qui y régnaient. Elle avait l'impression qu'elles lui étaient familières, intimes, presque, et leur présence avait quelque chose de complice et de rassurant. Elizia se passa lentement la langue sur ses lèvres sèches, songeuse, en jetant un regard pensif à la lucarne en face d'elle. Depuis combien de temps était-elle arrivée à l'Académie, au juste ? Plusieurs jours, quelques semaines, un mois ? Déjà ? Elle n'avait pas vu le temps passé. Une fois la première panique - tout à fait justifiée - envolée, elle se rendit compte avec un mélange de joie et d'incrédulité qu'elle s'était merveilleusement bien intégrée à son fonctionnement. Discrète et efficace, elle avait maintes fois arpenté les innombrables corridors, mais ses errances étaient de moins en moins longues, ses recherches de plus en plus fructueuses. A force d'épousseter les rideaux et de gratter les dalles, elle avait appris à se fondre dans son environnement, telle une petite fourmi travailleuse et invisible. Elle connaissait sur le bout des doigts tous les pans de mur dissimulant un escalier susceptible de lui être utile, chaque tapisserie abritant le moindre passage secret. Il y a un ou deux jours, elle avait même décidé de revoir la fantastique cour de la Fontaine, et ne s'était presque pas perdue. Bref, beaucoup de progrès.

Cependant, ce qu'elle préférait ici, c'était ses éphémères moments de repos, ces instants furtifs de répits durant lesquels elle courait dans les jardins, avec sous le bras un livre épais remplis d'histoires magiques et d'illustrations merveilleuses. Elle s'installait à l'ombre d'un grand arbre ou sur une pierre plate, le dos chauffé par le soleil, et commençait sa lecture fascinante. Parfois, Kim s'installait sur ses genoux en ronronnant, appréciant elle aussi ces moments fugitifs qu'elle pouvait passer avec son amie. A cet pensée, la jeune fille laissa ses yeux rêveurs s'attarder une bref seconde sur ses doigts maculés d'épluchures en tout genre. Que pouvait bien faire sa chatte ? Était-elle toujours étendue sur la chaude couette, ou bien se promenait-elle dans le Parc, à l'affut d'oiseaux et de petits rongeurs ? A moins qu'elle ne soit assise derrière un talus, profitant des dernières heures de tranquillité en ce lieu si prisé.

Ca y est, elle avait fini de couper les légumes. Avec des gestes d'automate, elle fit bouillir de l'eau dans un vaste récipient et, au bout de plusieurs minutes, y versa les morceaux de carottes, les rondelles de pommes de terre et les bouts d'oignon. Elle rajouta quelques fines lamelles d'herbes aromatiques puis prit place sur une chaise en s'essuyant les mains sur son tablier. Lorsque la cuisson lui parut bonne, elle baissa un peu la température et mélangea la mixture avec énergie, puis se saisit d'une cuillère qu'elle plongea à l'intérieure avec circonspection. Quand elle l'approcha de ses lèvres, elle ne put s'empêcher d'ébaucher une grimace de dégoût. Consternée, Elizia fronça les sourcils, réfléchissant à toute allure. Elle était pourtant certaine de n'avoir rien oublié... Son regard se posa à nouveau sur sa malheureuse soupe inachevée, puis s'éclaira. Le sel, bien sûr ! Elle n'avait pas mis de sel ! Elle se précipita vers une étagère et revint vivement pour disperser dans le précieux liquide une pincée de cet épice indispensable. Enfin satisfaite, elle s'affaissa contre le dossier de sa chaise en fermant à demi les paupières, décidée de terminer sa nuit dans cet endroit si agréable.


[Bien entendu, si ça ne te va pas, je peux éditer  Wink]


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« On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »













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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Sam 28 Jan 2012 - 8:05

Tip-tap, tip-tap. Le martellement de ses pieds nus sur le sol dur résonnait curieusement aux oreilles de la jeune fille. À cette heure-ci, l'Académie était tout simplement glaciale - et déserte. Elle avait dû croiser en tout et pour tout deux ou trois élèves insomniaques - ou somnambules, qui sait ? - qui s'étaient empressés de détourner le regard à la vue de la pauvre esseulée qu'elle était - et nue pied, par-dessus le marché. Par les yeux de la Dame, ce n'était quand même pas si compliqué d'enfiler des pantoufles !

Tout avait bien commencé, pourtant. Elle était en train de marcher. Mais pas dans ces satanés couloirs qui se ressemblaient tous. Non, dans une forêt. Les arbres, dont les branches saupoudrées de flocons se balançaient doucement au-dessus de sa tête, formaient de hautes silhouettes fantomatiques aux cimes effilées se perdant dans la brume. La neige craquait sous ses pas mais, hormis ce léger bruit, tout n'était que silence. Et harmonie. Les nuages se découpant en ombres chinoises sur le ciel parsemé d'une multitude d'étoiles dont la clarté rayonnante se confondait avec celle, plus discrète, plus constante aussi, de la face lunaire, filaient doucement parmi les nuées aux reflets pailletés. Qui a dit que la nuit était noire ?
Ombre et lumière. Le bleu du ciel, l'éclat des astres, la lueur de la lune et le scintillement du brouillard aux filaments d'argent. Plénitude.
Elle marchait, donc, et goûtait chacun de ses mouvements comme s'il s'agissait de la plus savoureuse des nourritures. Malgré le vent frais, elle ne ressentait ni froid ni fatigue. Juste un formidable bonheur.
C'est à instant qu'elle l'avait aperçue. Blanche. Aussi surprenante qu'un songe et légère qu'un rêve. Étendue immense et immaculée. Infinie et éphémère. Une clairière. Elle avait stoppé net sa route, restant saisie par l'étonnement devant la beauté du lieu. Lorsqu'elle avait repris son chemin, elle n'avait plus qu'un seul but : l'atteindre.
Plus qu'une dizaine de mètres. Elle y était presque. Sept pas tout au plus. Elle courait, maintenant. Trois mètres. Deux mètres. Plus qu'un pas et...

... Et elle s'était réveillée. Comme ça, pouf. D'un coup. Envolés la mystérieuse forêt et le paysage fabuleux. Disparue, la clairière, retournée à son monde de fantasmes merveilleux. Ne restait plus que la nuit qu'elle apercevait par la fenêtre du dortoir, ainsi que la lune rousse et les étoiles souriantes.
Elle s'était assise sur son lit en se massant les paupières, se demandant avec stupéfaction où était passé ce magnifique endroit peuplé de secrets et de magie. Elle s'était ensuite rallongée, espérant se rendormir pour replonger dans l'univers féérique qu'elle venait de quitter. Peine perdue.
En désespoir de cause et convaincue que le sommeil lui avait définitivement échappé, elle s'était finalement glissée hors de sa couchette puis hors du dortoir, aussi silencieuse qu'une ombre parmi les respirations régulières des autres élèves. Et sans ses chaussons. Mais quelle idiote !

Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite qu'elle était arrivée. Enfin... pas vraiment arrivée si on prenait en compte le fait qu'elle n'avait pas de destination précise, mais arrêtée devant une porte. Une belle porte. En bois clair et tout et tout. Grande. Large, plutôt. Bon. Et maintenant ? Pouvait-elle entrer sans déclencher le branle-bas de combat général ? Car, outre le couvre-feu assez strict, elle avait remarqué que certains lieux étaient réservés à certaines personnes. Les salles communes, par exemple. Cependant, cette pièce ne semblait pas en être une. Trop... pas assez... Bref, voilà quoi. Prenant une profonde inspiration, elle posa la main sur la poignée et entra dans ''l'endroit''.

Une salle immense. Et sombre. Peuplée d'odeurs en tout genre, douçâtres, sucrées, poivrées, salées ou épicées. Des odeurs de gâteaux au chocolat, de salades de fruits exotiques, de pâtés en croûte et de mousses caramélisées. Les cuisines.
Tandis qu'un sourire béat se peignait sur ses lèvres, Attalys examina la pièce. Outre le fait qu'elle était très grande, elle n'était pourtant pas totalement baignée dans la pénombre. Sur une table brune, la flammèche vacillante d'une bougie propageait en effet une lueur diffuse et vaillante autour d'elle, jetant sur les murs de pierre grise des ombres mouvantes aux reflets mordorés. La jeune fille fit encore quelque pas à l'intérieur. Décidément, tous ces parfums l'avaient mise en appétit. Essayant de ne pas s'étendre sur le fait que les dalles étaient encore plus gelées que celles des corridors plongés dans l'obscurité, elle se dirigea vers la table qui, immensément longue, supportait plusieurs panières remplies d'aliments pour le moins alléchants. Elle se saisit tout d'abord d'un petit pain tout rond – chaud et moelleux à point – puis piocha au hasard dans une corbeille de fruits une pomme bien rouge qu'elle savait juteuse à souhait. Ravie, elle s'apprêtait à entamer son petit déjeuner lorsque...

Une fille. Assise – quoique affalée serait un mot plus juste – sur une chaise, la tête délicatement courbée vers le sol. De dos, elle ne voyait d'elle qu'une cascade de cheveux flamboyants aux scintillements ambrés. Se décalant légèrement vers la gauche, elle réussit à distinguer son profil. Une bouche entrouverte, un nez joliment retroussé, des paupières mi-closes... Dormait-elle ? Et que faisait-elle ici ? Elle était bien trop jeune pour être un professeur, et ne portait ni uniforme ni bague attestant son statut d'élève. Une domestique, peut-être ? Ou une cuisinière récemment arrivée qui avait travaillé toute la nuit et prenait quelques heures d'un repos bien mérité.
Soucieuse de ne pas déranger l'inconnue dans sa somnolence, Attalys regagna sa place en mâchant pensivement. Par l'unique fenêtre que comptaient les cuisines, déjà, l'aube pointait. Les nuages chargés de sommeil reprenaient doucement leur progression cotonneuse, les étoiles s'éteignaient une à une et la lune disparaissait progressivement sous la brume matinale chargée des rayons rose pâle et orangés de l'aurore. Le ciel serein se teintait peu à peu d'or et de fauve, premier hommage à la beauté de la lumière et au triomphe de l'astre qui n'allait pas tarder à apparaître à son tour, à la fois timide et puissant, victorieux et hésitant.

La jeune Aequor poussa un soupir de bien-être. Elle ne regrettait pas son réveil matinal et, pour la première fois depuis qu'elle était arrivée à l'Académie, se sentait curieusement réconfortée. En paix avec le monde qui l'entourait et avec elle-même.
Un cri étouffé, soudain. Aussitôt suivi d'un hoquet de surprise. Attalys se retourna brusquement puis se détendit imperceptiblement. La fille s'était levée et la contemplait avec de grands yeux étonnés. Sur son visage parsemé de taches de son, la stupeur et l'effarement étaient nettement visibles. Écarlate. Le visage, par le reste. Apparemment, elle était d'un naturel un peu réservé. La jeune fille lui sourit avec gentillesse, contente de voir que le rouge refluait progressivement des joues de l'inconnue qui lui parut encore plus jeune qu'elle ne le semblait à première vue. Une quinzaine d'années tout au plus. Nouveau sourire. Plus assuré.


- Euh... bonjour ?

[Désolée pour le looooong retard... & j'espère n'avoir pas pris trop de liberté en faisant un peu réagir ton personnage...]


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Sam 4 Fév 2012 - 20:48

Lorsqu'un rayon du soleil levant vint lui chatouiller les paupières, effleurant au passage l'aile de son nez et la délicate courbe de son front, Elizia esquissa un sourire. Elle éprouvait un véritable bien-être, ici, dans la fraîcheur et l'atmosphère paisible des cuisines. Son repos avait été entrecoupé de brefs instants de somnolence où s'étaient entremêlés pensées rêveuses et songes furtifs.
À présent, la jeune fille réfléchissait. Intensément, et d'un sujet hautement philosophique. Avant de continuer sur cette voie, il faut tout d'abord évoquer sa gourmandise car, gourmande, elle l'était. Un appétit d'oiseau mais des désirs de gourmet. Quand elle habitait encore avec ses parents adoptifs, l'un de ses plaisirs consistait à inventer toutes sortes de recettes mélangeant adroitement sucré et salé, parfums et textures, goûts et couleurs. Activité qui avait pris fin lorsque ceux-ci l'avait découverte, furieux de constater qu'elle gaspillait la nourriture destinée normalement à leur modeste taverne.

Elle réfléchissait, donc. À son petit-déjeuner. La veille, elle avait dû se contenter d'un simple verre de lait accompagné d'un demi-croissant, bien que doré et croustillant à souhait. Des envies voletaient autour d'elle, comme insaisissables insectes de lumière, et s'évaporaient avant qu'elle n'ait seulement eu le temps de les examiner. Mousse au chocolat au coeur de caramel fondu, jus d'orange pressé et son biscuit fourré à la confiture d'orange, compote ou sirop de poire, fromage blanc au miel...
Ce fut à cet instant que l'odeur lui parvint. Une odeur étrange, très particulière, qui mit instantanément fin à ses hésitations gastronomiques. Une odeur de... soupe. De soupe ?!
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Elizia était debout et baissait frénétiquement la température du feu sur lequel bouillait le récipient rempli du liquide où flottaient encore quelques morceaux de légumes. Avec un long soupir, la jeune fille recula de quelques pas et tourna la tête. Ce qu'elle vit la figea, et elle ne put retenir un hoquet stupéfait.

Une fille était debout en face de la fenêtre. Une fille qui se retourna aussitôt, de toute évidence surprise elle-aussi, et lui adressa un joli sourire mettant en valeur ses dents immaculées. Une épaisse chevelure châtain clair striée de mèches blondes comme les champs de blés au coucher du soleil encadrait un visage fin et avenant. Plutôt quelconque, en fait. Seuls ses grands yeux d'un vert exceptionnel surmontés par de longs cils délicatement recourbés lui parurent vraiment digne d’intérêt.
À ce moment, un rayon se perdit dans ses cheveux qui prirent tout à coup de fabuleux reflets dorés, auréolant ses traits emplis de grâce d'un halo lumineux. Elle dégageait un tel charisme qu'Elizia ne put s'empêcher de rougir, honteuse d'avoir pu qualifier une seule seconde la jeune femme de "quelconque" et de se sentir si banale en face d'une pareille beauté.
Elle se reprit avec peine, détachant à regret son regard subjugué du visage radieux de son interlocutrice.


- Euh... bonjour ?

La jeune fille sursauta. Elle lui avait parlé ? À elle, une petite domestique insignifiante comme il y en avait tant d'autres et dont l'Académie était peuplée ? Elle releva lentement la tête.

- Bonjour. Ma...madame,
acheva-t-elle avec difficulté.

Elle doutait que la jeune femme soit une enseignante, mais elle ne pouvait éprouver que du respect, et même de l'admiration, envers une personne d'une telle prestance. Et puis, ne devait-elle pas obéissance à tous les résidents de l'Académie ?




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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Jeu 16 Fév 2012 - 8:51

- Bonjour. Ma... madame.

Attalys étouffa un soupir tandis que la fille se détournait craintivement. Avec ça, on n'allait pas aller bien loin !
Elle avait cependant eu le temps de remarquer le regard pétillant qu'elle avait posé sur son petit pain et, sans réfléchir, revint à pas rapides vers la table pour découper une belle tranche de brioche qu'elle tartina avec la première confiture venue – de la myrtille, apparemment – puis se dirigea vers la jeune domestique.


- C'est pour toi.

Celle-ci lui jeta un coup d'oeil intrigué puis écarquilla les paupières. Dans le long regard qu'elle lui lança ensuite, elle n'aurait su dire avec exactitude si c'était de la gratitude, de l'étonnement ou de la timidité qu'elle déchiffrait. Peut-être un peu des trois.

La jeune fille tendit finalement la main et se saisit vivement de la grosse part de brioche dont elle découpa un petit morceau avec ses dents – blanches et minuscules. Tandis qu'elle mâchait pensivement, une expression d'extase peinte sur le visage, Attalys se rapprocha encore un peu en souriant devant sa béatitude. Elle attendit qu'elle ait terminé son petit-déjeuner pour prendre la parole d'une voix claire :


- Je m'appelle Attalys.

Elle hésita un instant mais décida de ne pas rajouter son nom de famille à cette brève présentation.
Cette fille – une domestique, donc, si elle ne se trompait pas – avait l'air suffisamment réservé comme cela, et elle ne souhait pas l'intimider encore davantage à l'annonce de son titre de noble.


[Désolée pour la taille...]


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Sam 3 Mar 2012 - 8:33

Attalys. Un mot aux consonances étranges et mélodieuses. Un mot qui sonne. Un mot qui coule, comme une cascade cristalline. Attalys.

Elizia se lécha lentement les doigts - encore couverts de miettes de brioche - puis esquissa un sourire.


- C'est un joli prénom.

Elle s'interrompit avant de continuer d'une voix douce :


- Moi, on me nomme Elizia.

La jeune fille marqua un bref instant d'hésitation : sa compagne ne lui avait pas décliné son nom ; et elle, que devait-elle faire ? Elle se décida finalement et ajouta rapidement d'un ton d'excuse, comme pour se faire pardonner d'avoir enfreint les règles établies par cette jeune femme si lumineuse :

- Elizia Lÿr.

Un silence s'abattit sur la cuisine. Attalys regardait distraitement par la fenêtre, un petit sourire accroché à ses fines lèvres. Après un moment de désemparement, Elizia se retourna pour continuer sa soupe, touillant, s'assurant qu'elle était toujours à la bonne température et rajoutant parfois quelques pincées d'herbes aromatiques ou d'épices exotiques.

Au moins, on ne pourrait pas lui reprocher d'être restée inactive.



[Ne t'inquiète pas, je ne fais pas mieux...]


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Dim 8 Avr 2012 - 19:04

C'est un joli prénom. Attalys sentit un sourire affleurer à la surface de ses lèvres. Lentement, progressivement, la fille prenait confiance. Non, pas la fille. Elizia.

... joli prénom. Elle aurait pu lui retourner le compliment. Pourtant, et elle ne savait pas exactement pourquoi, quelque chose la chipotait dans ce mot aux courbes si délicates. Un infime titillement, une confusion qu'elle n'aurait su expliquer, une irrépressible sensation de vertige, un sentiment diffus qui... Un bref instant, l'épaule de la jeune domestique qui lui tournait à présent le dos se dénuda et, sur sa peau pâle criblée de taches de rousseur, la jeune femme aperçut un curieux éclat doré. Cela ne dura qu'une fraction de seconde car la jeune fille, gênée, rabattit aussitôt son ample vêtement sur sa chaire nue. Mais ce fut assez pour la Dessinatrice qui écarquilla les yeux de surprise et d'émerveillement.
Un tatouage. Sa compagne avait un tatouage. Et pas n'importe quel tatouage...

Elizia. Évidemment. Comment avait-elle pu l'oublier ? Ce mot signifiait "étoile" en alavirien ancien. Etoile. Ainsi que celle qui luisait faiblement sur l'épaule gauche de sa nouvelle amie...

Attalys en était là de ses pensées lorsqu'elle sentit une douce présence se manifester auprès d'elle par le biais d'un miaulement discret. Se baissant avec fluidité, l'Aequor esquissa un sourire attendri en voyant un chat bleu (bleu ! ça existe, ça ?) se frotter contre ses genoux en ronronnant avec force. Elle tendit la main, effleurant d'un doigt un peu tremblant le pelage du gracieux félin dont les iris turquoise se plantèrent un fugitif moment dans les siens.

Et là...



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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Mar 26 Juin 2012 - 13:04

Et là ? Telle était précisément la question que se posait Elizia. Et là, qu'était-elle censée faire ? Tout était allé trop vite - beaucoup trop vite.

Elle remuait la soupe, donc. Tout allait bien puisqu'elle remuait la soupe. Certes, elle avait senti le regard insistant d'Attalys s'attarder une fraction de seconde de trop dans son dos, mais cela l'avait gênée moins qu'elle ne l'aurait pensé. Comme si, à son contact, sa timidité s'était soudain évaporée, envolée par la fenêtre entrouverte.

Et puis, une des amples manches de sa tunique s'abaissa. Oh, pas longtemps - juste le temps pour son interlocutrice d'apercevoir furtivement une parcelle de son épaule tatouée. À moment-là, il s'était passé quelque chose de très étrange et d'extrêmement troublant. Elle avait compris. Elle avait compris qu'elle avait compris. Elizia. Etoile. Attalys le savait. Et elle aussi.

Mais, avant qu'elle n'ait pu revenir de sa découverte, Kim était entrée dans la pièce. La fenêtre entrouverte. Ce devait sûrement être ça. Elle s'était alors dirigée vers la jeune Aequor pour se frotter contre ses mollets avec force ronronnements, ce qui n'avait pas manqué d' interpeler la domestique. Quoi, sa chatte, si farouche et si sauvage d'ordinaire, venait d'aborder sans aucune méfiance apparente une supposée inconnue ? Décidément, le charisme de la jeune femme était encore plus important qu'elle ne l'imaginait ! À moins que ce ne fut autre chose... mais quoi ?

Elle reprit sa tâche distraitement, la tête bouillonnant d'interrogations. Ce fut certainement à cause de cet instant d'égarement que le malheur se produisit et, lorsqu'elle revint de ses pensées, il était trop tard. Dans ce genre de situations, il est toujours trop tard.


PLAF ! fit la marmite en s'écrasant contre le sol ;

MIAAAOU ! cracha Kim en bondissant sur une chaise, tous ses poils chartreux hérissés par la crainte, les oreilles couchées sur son crâne ;

QU'EST-CE Q... ? commença Attalys en sursautant et se retournant d'un bloc, les yeux écarquillés sous l'effet de la surprise.

Seule Elizia resta parfaitement silencieuse, comme pétrifiée.

Par l'étonnement.

Par la honte.

Par l'horreur.

Par sa maladresse.

Oui, pétrifiée. Ou bouleversée, tout simplement.



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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Dim 1 Juil 2012 - 7:56

Premier constat : il y avait de la soupe. Partout. De la soupe chaude, en plus, qui tiédissait ses mollets et dégoulinait le long de sa fine chemise de nuit jusqu'alors immaculée.

Deuxième constat : le chat était parti. Enfin, pas vraiment parti, juste réfugié sur la table, le plus éloigné possible du récipient qui avait glissé sur le sol. Mais toute la sérénité qu'elle avait lu dans ses pupilles s'était envolée, elle aussi, mais en silence et sans faire de taches brûlantes sur les murs de la vaste cuisine.

Troisième constat : Elizia était au bord des larmes. Sans bouger, elle contemplait fixement les dégâts dont elle était responsable, manifestement sous le choc. À moins qu'elle ne soit en train d'essayer une technique d'hypnotisation inédite visant à nettoyer une pièce par la seule force de l'esprit.

En quelques pas, Attalys fut sur elle, les mots se bousculant entre ses lèvres. Mais ce fut sans prononcer la moindre parole qu'elle serra la jeune fille contre elle, à la fois pour l'arracher à son apathie et la réconforter, espérant que le trouble de la domestique se transformerait bientôt en gratitude ou, mieux, en détermination.

Lorsqu'elle la lâcha, celle-ci baissa la tête. Je suis vraiment vraiment désolée, semblait affirmer sa posture penaude. Pardon, paraissait supplier son visage affligé. Alors, la jeune femme lui saisit la main pour l'étreindre avec force.


- Ce n'est pas grave, d'accord ? Je vais t'aider.

Elle se mit à la tâche sans tarder ; se dirigeant vers une étagère, elle s'empara vivement de deux morceaux d'épais tissu qu'elle plongea dans une cuve remplie d'eau, puis en tendit à la jeune rousse qui lui adressa un petit sourire timide, mélange d'excuse et de remerciement. Sur ce, elles se mirent au travail, épongeant vaillamment les dalles de pierre.


Lorsqu'elles eurent enfin terminé, ce fut Elizia qui prit les choses en main. Après avoir lavé et essoré leur torchon, elle redressa la marmite, la posa sur une chaise et commença à la récurer énergiquement. Attalys l'observa un instant avant d'articuler d'un air un peu contrit, ne sachant si elle faisait bien de briser ainsi le silence :

- Je suis désolée, pour ta soupe.


Une pause. La jeune domestique s'essuya rapidement les doigts sur son tablier et reprit son travail en haussant légèrement les épaules.

- Si tu veux, ajouta la Dessinatrice, je pourrais peut-être, enfin... t'aider à en faire une autre. Ou alors un plat complètement différent. J'aime bien cuisiner.

Elle esquissa un sourire tendu tout en lissant ses cheveux du plat de la main. Que ferait-elle si la jeune fille décidait de refuser sa proposition ?


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Dim 5 Aoû 2012 - 9:04

Je vais t'aider. Elizia darda sur la jeune femme des yeux remplis de stupéfaction. Je vais t'aider. Personne, jamais, ne lui avait fait cette proposition. De l'aide. Est-ce qu'elle souhaitait de l'aide ?

Mais ce n'était pas une question et, aussitôt, Attalys avait mis son affirmation à exécution. Se saisissant de deux torchons qu'elle trempa dans une large bassine, elle lui en tendit un dont la rouquine s'empara en tentant de sourire. Elle ne savait ce qui, de la brève étreinte ou de ce secours inattendu, la surprenait le plus. Et puis, frotti-frotta, elles commencèrent à nettoyer le sol poisseux, agenouillées côte à côte et unies dans leur effort.


Une fois leur labeur fini, Elizia lava longuement les morceaux de tissu rugueux avant de les mettre à sécher sur le rebord de la fenêtre, puis s'occupa de la marmite tandis qu'Attalys l'observait en silence, immobile. Et elle parla. Timidement, d'abord, sans oser vraiment, s'interrogeant, sans doute, se demandant si elle n'aurait peut-être pas mieux fait de demeurer muette. Elle lui disait qu'elle était désolée. *Pas autant que moi*, eut le temps de songer la domestique. Haussant légèrement les épaules, elle s'essuya vivement les mains dans son tablier et se remit au travail, sans parvenir à lever le visage pour croiser le regard de sa compagne. Mais celle-ci n'en avait pas terminé avec elle.

-Si tu veux, je pourrais peut-être, enfin... t'aider à en faire une autre, continua-t-elle doucement. Ou alors un plat complètement différent. J'aime bien cuisiner.

T'aider, encore une fois. Elle voulait l'aider. Mais n'en avait-elle déjà pas assez fait ? Sur une brusque intuition, Elizia redressa soudain la tête.


- Je v... je te remercie de m'avoir... aidée. Tu n'étais pas obligée, tu sais. Là encore, tu n'es pas obligée. Je suis une domestique, c'est ma fonction de faire le ménage et de cuisiner. Toi, tu dois être une élève. Tes tâches sont fort différentes des miennes, et... je suppose que la cuisine n'en fait pas partie.


J'aime bien cuisiner. La phrase éclata tout à coup dans son esprit.

- Enfin, si ça peut te faire plaisir, moi, je n'y vois aucun inconvénient. Si ça ne te dérange pas, je préfèrerais peut-être éviter de préparer une nouvelle soupe. Alors, pourquoi pas... un gâteau ?

Elle réfléchit encore un petit moment, le front contracté, puis son visage s'illumina d'un grand sourire.

- Ou des crêpes ? Ça te plairait de faire des crêpes ?


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Mar 6 Nov 2012 - 11:31

Attalys sourit. Elizia l'avait tutoyée.

Elle l'écouta sans l'interrompre une seule fois. Les phrases s'enchaînaient, de plus en plus fluides, de plus en plus assurées. Lorsqu'elle termina par une interrogation, son visage s'épanouit. La question lui plaisait. Crêpes ou pas crêpes ?




~

- Viens manger, Attalys. Je t'ai préparé des crêpes.


La fillette fronce le nez en délaissant momentanément sa poupée de chiffon. C'est sa mère qui lui a fabriqué, l'année dernière. Elle est tout petite, et aussi toute sale à force d'être traînée partout dans la maison. Mais elle ne l'échangerait pour rien au monde. Ses yeux, deux perles minuscules de couleurs différentes, lui paraissent souvent animés d'une vie propre, et elle passe des heures à lui parler. Une fois, elle a même essayé de lui apprendre à nager dans le lac. Celle-ci a été sauvée de justesse de la noyade par Ulira qui, aux grands cris de sa fille devant sa confidente en train de couler, avait plongé juste à temps le bras dans l'eau. Pour la consoler, elle lui avait dit qu'elle avait pris un bain et, depuis, la petite fille ne manque pas de la laver dans le lac au moins une fois par semaine.

- Attalys, je t'ai dit de venir.

- Mais j'aime pas les crêpes, maman, tu sais bien.

La jeune femme pose sur elle un regard étonné avant de sourire, de ce si joli sourire qui lui creuse des fossettes et illumine son visage.

- Pourtant, le mois dernier, si je me souviens bien, tu as affirmé que tu adorais ça.

L'enfant soupire.

- Mais c'était il y longtemps. Depuis, j'aime plus. Et d'ailleurs, Violette, elle peut pas en manger, des crêpes, rajoute-t-elle en désignant sa poupée qui change de prénom pratiquement tous les jours.

Sa mère la rejoint, s'accroupit à ses côtés et caresse tendrement ses cheveux.


- Il y aura du miel, du sucre et de la confiture, et aussi plein de chocolat fondu, celui qui fait des moustaches de petit chat. Si tu veux, tu pourras même en prendre une avec un œuf.

Le regard de la petite s'éclaire aussitôt.

- C'est vrai qu'il y aura un œuf ? Et aussi du fromage ?


Les yeux d'Ulira brillent, eux aussi.

- Et même un peu de jambon, si tu es bien sage.

La fillette adopte soudain une moue pensive puis, après avoir jeté un dernier coup d'oeil à sa Violette :

- Bon, d'accord, alors. Pendant ce temps, Violette va faire la sieste.

Après avoir couché la petite poupée dans son propre lit, elle se relève et sa mère lui prend la main. Avec une mimique rieuse, elle lui souffle à l'oreille :

- En fait, maman, j'crois que j'aime bien les crêpes, finalement.



~
- J'adore les crêpes.

Elle sourit à la domestique.

- Et j'adore faire les crêpes, aussi.

La jeune fille se dirigea vers une étagère pendant que, de son côté, Elizia faisait de même. Lorsqu'elles se retrouvèrent près de la table, elles avaient sorti tous les ingrédients et ustensiles nécessaires à la préparation de la pâte à crêpe. Le chat s'était assis devant la porte entrebâillée et les fixait d'un regard qui ne cillait pas.


Tout d'abord, elles ne parlèrent pas beaucoup, se contentant du strict minimum, des mots simples et concis. Puis, soudain, Elizia éternua alors qu'elle s'occupait de la farine et, aussitôt, un nuage blanc et poudreux s'éleva dans les airs pour retomber sur son visage, recouvrant son nez et son menton. Attalys ne put s'empêcher d'éclater de rire et, un instant indécise, la rouquine ne tarda pas à joindre son hilarité à la sienne. Alors, comme par magie, leurs langues se délièrent. La Dessinatrice raconta son enfance au bord du Lac Chen, la mort de sa mère et la découverte de son don. Elizia lui parla de ses parents adoptifs, de ses journées de travail et de solitude, de sa rencontre avec sa chatte et de sa fuite vers l'Académie. Elle admira son courage et sa volonté. Elle ne lui semblait avoir guère plus de quinze ans.

Enfin, la pâte fut prête. Pendant qu'elle reposait, la jeune domestique remplit une coupelle de lait qu'elle déposa pour Kim, puisque c'était ainsi qu'elle s'appelait. Ensuite, elles s'assirent chacune sur une chaise, plongées dans leurs pensées.

Au bout d'un petit quart d'heure, Attalys se redressa. Il était temps de passer aux choses sérieuses, à présent. Elle se tourna vers son amie avec un large sourire :

- À toi l'honneur !


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Mer 7 Nov 2012 - 18:50

Elizia souriait, et riait, avec des étoiles dans les yeux et des papillons dans le coeur, aux anges. Son regard passait du visage tour à tour concentré et amusé d'Attalys au récipient contenant la pâte qui lui parut parfaite, sans le moindre grumeau, tant elles avaient tourné et retourné la cuillère de bois l'une après l'autre pour la mélanger.

- À toi l'honneur !

Elle hocha la tête et s'approcha de la jeune femme qui, penchée au-dessus de la pâte à crêpes, l'observait en souriant. La domestique tendit le doigt pour en effleurer le liquide puis le lécha lentement, les paupières mi-closes.

- C'est délicieux !
décréta-t-elle enfin, éclatant de rire devant l'expression étonnée de son amie.

Son amie. Oui, elle pouvait considérer la jeune fille comme son amie, à présent, et ne ressentait plus aucune gêne à ses côtés. Son amie.

Elle s'absenta quelques minutes afin de fouiller dans les étagères, revenant finalement avec une lourde poêle qu'elle déposa avec peine auprès du vaste récipient. Attalys lui sourit. Et la cuisson commença.

Les premières crêpes ne furent pas parfaites, loin de là. Tantôt trop fines, tantôt trop épaisses, elles collaient à la poêle ou, au contraire, se détachaient très facilement mais se trouvaient pleines de trous. Mais elle s'améliorait progressivement et, plus la pile qu'elle disposait dans l'assiette croissait, plus ses crêpes étaient jolies avec leur belle couleur dorée et une odeur qui mettait l'eau à la bouche. Et Elizia, qui supervisait le tout, avait de plus en plus de mal à ne pas succomber à la tentation, se les imaginant à la fois croustillantes à souhait et fondantes sous la langue.

Elle s'était occupée ainsi d'une dizaine de crêpes lorsqu'une idée lui vint. Et si, au lieu de les retourner à l'aide d'une cuillère, elle les faisait sauter ? L'entreprise lui semblait plutôt ardue, elle-même n'ayant jamais tenté l'expérience. Mais, à chaque nouvelle crêpe ajoutée sur l'assiette fumante, l'envie la reprenait, toujours plus tentante, et elle s'effrayait un peu de cette soudaine et déroutante audace. Cependant, elle prit sa résolution et, sans en souffler un mot à Attalys, lança soudain la crêpe qui était en train de cuire dans les airs. Elle devina le geste de surprise de sa compagne mais, d'un habile mouvement du poignet, déjà celle-ci était retombée dans la poêle. Très fière, elle se tourna vers la jeune femme en souriant de toutes ses dents.

Puis, devant son regard qui ne la quittait et ses yeux qui brillaient, la jeune fille demanda, de sa petite voix flûtée :


- Tu veux essayer ?


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Jeu 8 Nov 2012 - 11:21

En fait, Elizia, elle en avait pas l'air, comme ça, mais elle était vraiment trop forte. En tout cas, elle faisait sauter les crêpes comme une pro.

- Tu veux essayer ?

Attalys releva la tête.

- Hein ? Euh...

Son attention revint à la poêle.

- Oui... je veux bien...

Et, se passant nerveusement la langue sur les lèvres, elle ajouta avec un petit rire tendu :


- Mais je ne te garantis rien. Je n'ai jamais été très douée pour faire la cuisine...

D'un air de dire que c'était pas grave, que personne n'était parfait, la rouquine lui laissa sa place. Attalys, concentrée, se saisit du manche avec une grimace d'hésitation :

- Je... maintenant ?

Et comme Elizia acquiesçait, elle se mordilla la langue, tenta de sourire, soupira et projeta maladroitement la crêpe. Qui monta haut, très haut, beaucoup plus haut que la précédente. Elle écarquilla les yeux.

- Elle va se coller au plafond !

Mais, une fraction de seconde plus tard, celle-ci retombait et la jeune femme, dans son soulagement, reposa la poêle. Mal lui en prit puisque la crêpe, ne trouvant aucun support où atterrir, décida en désespoir de cause de se poser...

... sur sa tête. Étouffant un cri, elle sentit quelque chose de chaud et de visqueux tomber sur ses cheveux tandis que le regard d'Elizia se chargeait soudain d'une émotion qu'elle ne parvint à décrypter qu'une fois qu'elle eût compris que l'objet non identifié qui l'avait prise pour cible était une crêpe. Sa crêpe.

Mais, déjà, la domestique avait accouru pour l'aider à s'en dépêtrer et, à deux, elle parvinrent à remettre la dissipée dans la poêle où elle acheva tranquillement sa cuisson. Soufflant sur l'extrémité de ses doigts qu'elle avait brûlé en touchant la crêpe trop chaude, elle se tourna vers son amie qui paraissait toujours aussi ébahie.


- C'est rien, ça va, affirma-t-elle, devançant son interrogation. Puis, avec un sourire contrit : Merci, au fait. Et désolée pour tes doigts.

Elizia eut ensuite beau insister, Attalys refusa catégoriquement de réitérer sa tentative et, tandis que l'autre s'occupait des crêpes restantes, elle se nettoya rapidement les cheveux en plongeant les mains dans un seau d'eau prévu à cet effet. Quand elle revint, la jeune rousse en était à sa dernière crêpe, et elle put assister à magnifique sauté brillamment réussi qu'elle applaudit chaleureusement, le sourire aux lèvres.


La pile qui leur faisait face était à présent en train de refroidir. Durant leurs déboires, Kim, sans doute effrayée par leurs fous rires à répétition, était finalement partie, la queue haute, se faufilant subrepticement par l'entrebâillement de la porte. Et, dans le silence des cuisines, elle n'en goûtait que plus la savoureuse odeur qui commençait à monter jusqu'à elles. Les élèves les plus matinaux auraient une agréable surprise en se réveillant.

Enfin, elle se tourna vers Elizia dont le regard était lui aussi fixé sur la pile de crêpes. Ses yeux pétillaient.

- Il y en a quand même beaucoup, tu ne trouves pas ? Je suis sûre que personne ne verrait la différence si on entamait le tas... Tu ne crois pas ?


Elle vit sa mimique étonnée, aussitôt remplacée par une moue alléchée. Elles se sourirent.

Une crêpe chacune. C'était la condition qu'elles s'étaient fixées. Après avoir longuement hésité, Attalys avait choisi de garnir la sienne de miel tandis que sa compagne la prenait toute simple, avec du sucre et un peu de jus de citron. Elles mâchonnaient en silence, songeuses, absorbées par leurs pensées. La Dessinatrice venait de finir la sienne lorsqu'une idée lui vint. Se tournant vers Elizia, elle ordonna d'une voix douce mais décidée :

- Ferme les yeux.

Elle obéit tout de suite. Alors, elle se saisit du pot de confiture dont elle avait tartiné la tranche de brioche qu'elle lui avait offerte et y plongea l'index. Ensuite, elle se rapprocha de la jeune domestique puis, délicatement, commença à lui dessiner des moustaches. De jolies moustaches de chat à la myrtille. Lorsqu'elle se recula pour contempler son œuvre et sucer distraitement son doigt, elle ouvrit la bouche :

- C'est bon. Tu peux les rouvrir.

La saisissant par la main, elle l'entraîna alors en direction d'une fenêtre afin qu'elle puisse se regarder dans la vitre. Elle sourit à son reflet :

- Tu es à croquer.


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Sam 10 Nov 2012 - 8:13

Pauvre Attalys. Elle n'avait vraiment pas de chance. En plus, on aurait dit que la crêpe avait fait exprès de tomber exactement là où il ne fallait, juste en haut de son crâne. Heureusement que le jeune femme était de bonne humeur. Et dire que c'était elle qui l'avait incitée à se charger à son tour de la poêle...

Cependant, le reste fut beaucoup plus réjouissant. La jeune fille n'hésita pas longtemps à la proposition de l'Aequor et se servit aussitôt une crêpe qu'elle engloutit voracement. Elle aurait bien aimé en prendre une avec des trous, mais elles étaient tout au fond de la pile. Alors, elle se contenta de piocher après Attalys, une belle bien dorée encore tiède, et elle en aurait volontiers repris une autre si elles n'avaient pas convenu de n'en déguster qu'une seule chacune pour en laisser aux élèves.

Et puis, la Dessinatrice lui demanda de fermer les yeux et elle se laissa faire, confiante, docile. Lorsqu'elle les rouvrit, elle la suivit jusqu'à une fenêtre où elle put s'observer à son aise. Des moustaches ! Elle lui avait fait des moustaches à la confiture ! Et Attalys de rire gentiment, tandis qu'elle se faisait la réflexion qu'elle ressemblait à Kim, ainsi. Elle se retourna pour lui sourire puis, prise d'une soudain inspiration, revint vers la table en trottinant. L'autre lui emboîta le pas. Une fois assise, Elizia croisa son regard :

- À moi, maintenant.

Alors qu'elle serrait les paupières, la domestique trempa son doigt dans un pot rempli de chocolat fondu et se mit à l'ouvrage, très concentrée, en tirant un peu la langue. Au bout d'une quinzaine de seconde, enfin, elle put lécher son index avec un mélange de gourmandise et de satisfaction.

- Et voilà !

Déjà, Attalys s'était relevée pour se diriger vers la vitre. La rouquine l'y accompagna et sourit quand elle découvrit les moustaches recourbées qu'elle lui avait dessiné au-dessus des lèvres. Mais celles-ci n'avaient rien de félin, et sa compagne avait tout l'air d'un jeune homme si l'on omettait son abondante chevelure, la délicatesse très féminine de ses traits et les longs cil qui ombrageaient ses paupières.

Elle s'apprêtait à retourner à sa place lorsqu'un coup d'oeil au-dehors lui arracha une exclamation :

- Par la Dame ! Mais c'est qu'il est tard !

Attalys se détourna et elle se crut obligée de se justifier auprès d'elle.


- Il faut que j'aille travailler ! Je veux dire, vraiment travailler... Faire le ménage, ranger, laver, nettoyer...

Tout en parlant, elle avait enlevé son tablier et, après avoir plongé la main dans l'eau, se débarbouillait frénétiquement. Elle eut un regard d'excuse dans sa direction.

- Je suis désolée pour tes moustaches, elles étaient vraiment réussies...

Un silence, puis elle ouvrit à nouveau la bouche pour demander timidement :

- Tu viens avec moi ou tu préfères rester ici ?


C'est comme tu veux, tu sais.


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MessageSujet: Re: The kitchens of fate [Terminé]   Dim 25 Nov 2012 - 8:02

- Je viens avec toi, bien sûr.

En fait, la question ne se posait même pas. Évidemment qu'elle n'allait pas rester toute seule dans les cuisines. Évidemment qu'elle allait raccompagner Elizia. Et puis, elle aussi avait des choses à faire.

Elle trottina vers la cuve remplie d'eau pour se laver les mains, puis effaça à son tour les belles moustaches au chocolat de son amie. Elle lui sourit gentiment par-dessus son épaule.


- C'est pas grave. Les tiennes étaient bien mieux, tu sais. Et puis, c'est justement tout ce qui fait le charme des moustaches à la confiture... En plus, Kim aurait été jalouse !

Lorsqu'elle se releva en essuyant ses doigts dans un torchon mis à disposition, elle eut un regard préoccupé en direction de sa chemise de nuit maculée de soupe mais, interceptant l’œillade coupable de la jeune domestique et la soudaine rougeur qui colorait ses joues, s'empressa de la rassurer d'un hochement de tête.

- Ne t'inquiète pas, je la nettoierai plus tard. Ce n'est qu'un peu de soupe...


Après avoir vérifié qu'elle n'avait rien oublié sur la table et que leurs crêpes se trouvaient toujours là, bien en vue au milieu de leur plan de travail, elle emboîta le pas à Elizia qui sortit des cuisines. Elles restèrent un moment muettes, perdues dans leurs pensées, Attalys plongée dans la contemplation des cheveux flamboyants qui tressautaient doucement sur les épaules de sa compagne. Enfin, elle s'arrêta brusquement, et la jeune femme, comme échappée d'un songe, cligna des paupières.


Et puis, elle comprit, se souvenant que son amie avait vaguement fait allusion au hall d'entrée qu'elle allait devoir astiquer avant le réveil des élèves, tandis qu'elle-même continuait jusqu'à son dortoir. Sans un mot, elle se tourna vers elle pour l'attirer contre sa poitrine et la serrer dans ses bras. Quand leur étreinte fut finie, elle recula de quelques pas. Un large sourire étirait ses lèvres et illuminait son visage.

- J'ai été contente de te rencontrer, Elizia. Etoile...

Effleurant d'un doigt tendre et délicat son épaule tatouée, elle ajouta d'une voix à la fois claire et voilée :

- J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir. Et si ce n'est pas le cas...


Un rire grelot tinta un instant au bord de sa bouche entrouverte.

- Tu sais où me trouver - et moi aussi. Transmets toute mon amitié à ta chatte et complimente-la sur ses moustaches de ma part !


Dernier regard échangé. Dernier sourire, aussi.


- À bientôt !

Et elle tourna les talons d'un pas léger, heureuse, tout à coup, sans savoir pourquoi. Les yeux de la rousse Elizia dansaient dans son esprit.


[Merci, ma p'tite Zia. RP terminé I love you]



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