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 Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]

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Maître chantelame et marchombre
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MessageSujet: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Dim 18 Sep 2011 - 10:40

Au sommet de la tour marchombre, surplombant toute l'Académie, offrant un magnifique panorama jusqu'à perte de vue quelque soit l'endroit où l'on s'installait, la salle de méditation était définitivement un bel endroit, bien que peu connu par les élèves qui n'étaient pas marchombres. Ce qui était assez regrettable, quoique ça assurait une tranquillité certaine qui n'était pas pour déplaire à Tifen. Aussi avait-elle annoncé à son apprenti qu'elle l'attendrait au sommet pour leur prochaine leçon, et elle s'y dirigeait d'un pas joyeux, quoiqu'un peu alourdi par tout ce qu'elle transportait.

En effet, après maintes recherches des codex chantelames, puis supportations de la chaleur infernale de la forge, elle avait enfin le sabre pour son élève, soigneusement enveloppé dans un morceau de toile. Et elle avait réussi à obtenir du forgeron la promesse qu'il ne dévoilerait pas les techniques qu'il avait appris pour que le sabre puisse chanter sans se briser, en échange de quoi elle lui avait assuré que tous les Chantelames feraient appel à lui s'ils avaient besoin d'une nouvelle arme, quelle qu'elle soit. Mais elle portait également un vieux sabre de l'Académie à la lame rouillée et ébréchée, qui n'était plus utilisé par personne et que personne ne regretterait. C'était même le forgeron qui lui avait dit qu'elle pouvait l'utiliser pour ce qu'elle voulait, et que son sort lui importait peu, ce qui convenait parfaitement à la jeune femme, qui avait sauté sur l'occasion. Elle avait une petite expérience à mener, et ce vieux sabre serait parfait. Et elle portait bien sur son propre sabre, qu'elle avait actuellement accroché dans son dos avec le reste du bazar, afin que ce soit plus pratique.

Non parce que c'est vrai, quoi. Il y avait bien des escaliers pour monter jusqu'à la salle de méditation, mais il y avait tellement de marches que personne n'avait jamais su les compter, et l'escalier passait son temps à tourner sur lui-même en une spirale infinie, qui n'avait vraiment aucun intérêt. Par contre, l'escalade de la tour, ça, c'était drôle. Et puis on était dehors, et on voyait les bâtiments de l'Académie se tasser au fil de la montée, tandis que les limites du paysage s'éloignaient progressivement. Que demander de mieux ? Bon, certes, elle était un peu chargée, mais ce n'était qu'un détail, puis il fallait un peu corser les choses de temps en temps. Après tout, elle avait escaladé si souvent cette tour pour se rendre à des leçons données par Ena qu'elle serait sans doute capable de grimper les yeux fermés, surtout que le passage fréquent des élèves avait progressivement agrandi les espaces entre les pierres, offrant de très bonnes prises si elle se donnait la peine de les utiliser. Et puis de toute façon, il fallait monter. Alors autant monter en ligne droite plutôt qu'en tournicotant sur soi-même sans fin.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Ses doigts crochetèrent une prise dans le coin d'une pierre, ses pieds se glissèrent entre deux assises, et elle s'éleva rapidement, savourant le contact de la pierre sous ses doigts, évitant soigneusement les grandes encoches qui s'effritaient à chaque passage de grimpeur. Elle dépassa vite la plupart des autres bâtiments de l'Académie, et il ne resta bientôt plus que la Vigie, qui concurrençait plus ou moins la tour marchombre en terme de hauteur. Commença à mi-chemin à grogner mentalement contre tout le bazar qui encombrait son dos et lui donnait l'impression de peser deux fois son poids. Mais bon, le paysage dans son dos était de plus en plus splendide, maintenant qu'elle surplombait plus que largement la cime des arbres. Et puis les gens qu'elle apercevait ponctuellement au sol étaient ridiculement petits, c'était amusant à regarder.

Enfin, ses doigts attrapèrent le rebord d'une des fenêtres de la salle de méditation, qui n'était qu'un encadrement vide de tout vitrage comme de nombreuses autres ouvertures de cette tour, vu que peu de monde se donnait la peine de passer par la porte. Ca avait l'inconvénient de rendre l'endroit un peu frisquet en hiver, mais plus personne n'y faisait vraiment attention, depuis le temps. Il suffisait de trouver un coin un peu moins en courant d'air, ou d'oublier le froid. Et puis pour ceux qui n'étaient pas contents, c'était pareil, ils avaient qu'à aller à la salle d'armes s'ils voulaient un endroit protégé de tout aléa climatique, d'abord.

Quelques mouvements plus tard, Tifen était assise sur le bord de la fenêtre qu'elle venait d'atteindre, les pieds se balançant doucement dans le vide. Elle avait déposé à ses cotés le sabre pour Einar ainsi que celui qui servirait pour son expérience, ne gardant que son arme au poids familier dans son dos, retrouvant une impression de légèreté qui n'était pas pour lui déplaire, et elle observait le parc et les montagnes qui se découpaient à l'horizon. L'après midi était déjà bien avancée, et ils auraient peut être l'occasion de voir le soleil se coucher du haut de la tour ronde. Cette idée lui tira un sourire réjoui, qui s'accentua légèrement en entendant des bruits de pas. Son élève arrivait, la leçon allait pouvoir commencer.

[Edition à volonté]



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Ven 7 Oct 2011 - 17:00

Inspiration, expiration, inspiration, expiration.
Poing de côté.
Einar Soham reprenait sa respiration sifflante dans les escaliers absolument infernaux, interminables et conçus comme des instruments de torture infinis de la Tour Marchombre. Alors, certes, il venait de franchir le premier palier. Certes, il lui en restait un nombre incalculable et incalculé avant d’atteindre son objectif. Certes, il n’avait gravi à présent qu’une trentaine de marches.
Mais quelles marches, par la Dame !
Des marches de pierre si hautes et si malcommodes qu’il fallait se plier en deux pour les atteindre, certaines incurvées par le temps, les intempéries ou les pas des quelques fous qui ont osé s’aventurer dans cette spirale démoniaque. Des marches de pierre étroites et qui tournaient, tournaient, tournaient. Il avait noté dans son esprit, avec amusement, que l’escalier de cette tour marchombre tournait vers la gauche, ce qui, en bon lecteur de divers contes et légendes de geste de son temps, l’étonnait énormément. C’était absurde. Complètement paradoxal. Rah, ces marchombres… Ils ne faisaient jamais rien comme les autres, ni ne considéraient qu’un escalier qui tournait vers la gauche en montant était une hérésie. Bande d’incultes. Jamais vu ça.
Respiration. A l’assaut du deuxième palier.
Marche après marche, le garçon sentait ses hanches grincer comme les rhumatismes de sa grande-tante Enni, celle qui se tenait sur un bâton de bois noueux et qui l’envoyait toujours arracher les légumes de son potager à sa place. En ce moment précis, il aurait d’ailleurs tout donner pour aller dévaliser des milliers de potagers plutôt que d’atteindre le haut de cette tour. Le sabre d’entrainement de l’Académie pesait lourdement contre sa hanche droite, et la gravité semblait de plus en plus difficile à vaincre à chaque degré qu’il fallait franchir.

Illumination. Voilà pourquoi les marchombres avaient fait tourner l’escalier par la gauche : c’était de la pure inattention. Ils ne s’en servaient jamais, alors quel intérêt de respecter les traditions chevaleresques ? De toute manière, personne n’aurait eu l’idée de tenter de mener le siège d’un tel bâtiment, et le plus farouche des guerriers –même Bomon !- aurait abandonné au premier palier.
C’est pour ça qu’il y avait autant de fenêtres et d’ouvertures dans cette tour perclue de courants d’airs, peut-être. Ca paraissait logique. Le jeune chantelame hésita ; il était pas comme ces ninjas de la Naïte qui pouvaient grimper des murs comme ils marchaient sur le sol. Et grimper un mur au dessus du plat, c’est plus dangereux que grimper des escaliers. Quoique. Niveau fatigue, ce n’était pas sûr. Le Teylus ôta sa surchemise de cuir brun, en nage, réussit à la replier de manière à pouvoir la glisser dans sa ceinture. Puis, vindicatif, il s’approcha d’un des ouvertures qui donnait sur l’extérieur de la tour biscornue. Il fallait admettre que les gros moellons qui saillaient de la paroi étaient larges et pratiques, à certains endroits. Ceux qui avaient construit cette tour avaient pensé à lui. :’)
Einar passa donc le fourreau de son sabre de sa hanche à son dos afin que la lame ne lui batte pas dans les jambes, et s’accrocha aux parpaings érodés. Au début, il escalada plutôt rapidement, du moment qu’il prenait soin de ne pas regarder en bas et de ne saisir entre ses doigts maigrelets les moellons les plus gros et les plus faciles d’accès – ce qui l’obligea parfois à faire tout le tour de la bâtisse horizontalement, ne trouvant pas moellon à son pied.
Il lui fallut cependant reconnaitre qu’au bout de plusieurs étages à ce rythme, le soleil de fin d’après-midi automnal lui brûlait le dos, et ses bras –car oui, Einar était si mauvais grimpeur qu’il n’avait pas encore compris qu’on utilisait ses jambes pour se propulser et non ses bras pour se hisser – étaient endoloris par la montée.

Finalement, il renonça.

L’escalier à côté lui paraissait une moindre torture, maintenant qu’il s’était écorché le bout des doigts et Sali les bottines pour tenter de se prouver qu’il était capable, comme tout petit aspirant marchombre (à savoir la moitié de la population alavirienne) de snober les escaliers pour grimper par la paroi. Penaud, il laissa quelques minutes passer, le temps de souffler, et reprit sa lente et fastidieuse montée en spirale. Il eut le temps, pendant ces degrés éternels, de songer aux derniers évènements. Elera, Elio, Lev, Ichel…
Rien de bien glorieux. Vraiment très très peu glorieux, même. En particulier l’épisode qui l’avait confronté à Lev Mil’ Sha, et qui l’avait laissé bien plus perturbé que ce qu’il osait lui-même s’avouer. Il avait misérablement failé, malgré tous les conseils de Tifen et de ses premières séances, à se débarasser de sa peur instinctive, et ça l’avait conduit dans de nouvelles situations à problème.
Cependant, il n’était pas sûr qu’il devait lui avouer. Ce serait pleurnicher sur son sort et avouer un échec, non ? Mieux valait qu’il garde tout pour lui et qu’il essaie cependant de faire bonne mesure. Ca serait difficile, vu son manque indubitable de confiance et de motivation pour cette séance.
Einar espérait de tout cœur qu’avec cette séance chantelame, il arriverait à retrouver un état d’esprit un peu plus optimiste. Alors qu’il ruminait ces pensées moroses en grimpant inconsciemment marche après marche, il manqua de percuter la porte. ZEU porte. Il était venu une seule fois dans cette salle, et c’était avec Ichel. Ah, Ichel, un autre fail.. mais bref. Il esquissa son sourire naif et niais d’ordinaire pour ne pas décevoir son maître chantelame, et entra dans la salle après avoir frappé.

Il salua d’un air joyeux Tifen, car c’était toujours un grand plaisir de voir la jeune femme, et il passait toujours de très bons moments avec elle. Il mit donc un point d’honneur à positiver et à rester enjoué, et continua :

- Ces escaliers sont vraiment infernaux, les marchombres sont tous des toqués. Nan mais c’est vrai c’est n’importe quoi, quoi, l’escalier là il tourne sur la gauche, c’est pas concevable, tout le monde sait ça, m’enfin…

Il avait remarqué du coin des yeux qu’à côté de Tifen, assise sur le rebord de la fenêtre, il y avait plusieurs sabres, dont un qui ne connaissait pas. C’était peut-être se faire de fausses espérances, mais il ne put s’empêcher d’avoir un petit accès d’adrénaline à la perspective des sabres. Ca serait juste trop méga cool, quoi… Il n’osa cependant demander directement, et préféra plutôt s’enquérir, en posant ses propres affaires dans une alcôve de la pièce et en rejoignant Tifen près du rebord de la fenêtre :

- On fait quoi aujourd’hui alors ? J’ai essayé de répéter les mouvements que tu m’as appris tous les jours, et ils sont vraiment bien pour se calmer, c’est génial. Et les mouvements au sabre aussi, mais j’ai encore un peu de mal à saisir l’arme comme prolongement de mon bras..



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Maître chantelame et marchombre
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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Ven 28 Oct 2011 - 23:20

Un coup à la porte, Tifen se détourna du paysage pour s'assoir en tailleur sur l'appui de la baie, observant son apprenti rentrer dans la pièce.

Quelque chose lui disait qu'Einar n'était pas aussi joyeux qu'il le paraissait. A la fois cet éclat un peu moins brillant dans ses yeux, cette légère tension dans son dos, son sourire qu'elle trouvait moins convaincant que d'habitude. Mais bon, elle se faisait peut être des idées. Les nombreuses marches avaient pu démoraliser le jeune homme. En tout cas, s'il y avait quoique ce soit, il ne voulait visiblement pas en parler, resterait à savoir si elle évoquerait le sujet à la fin de la leçon pour lui rappeler qu'elle était aussi là pour ça, pour l'aider ou le conseiller s'il avait des soucis.

La jeune femme retint un éclat de rire lors de sa tirade sur l'escalier, mais ne put empêcher un grand sourire de fleurir sur ses lèvres. Elle n'avait jamais fait très attention au sens de l'escalier. Bon, elle n'avait pas non plus souvent emprunté ledit escalier. Ca devait probablement se compter sur les doigts d'une main, et encore. La tour toute entière appelait à l'escalade, pourquoi s'embêter dans un escalier ? Il faudrait qu’elle envoie plus souvent Einar grimper un peu partout, pour l’habituer et lui épargner la torture infligée par l’escalier infernal.

Souplement, elle se leva du bord de la fenêtre, et attrapa le sabre et son fourreau soigneusement enveloppés dans le textile. Quelques souvenirs lui revinrent en mémoire. Valen lui avait remis son sabre en plein combat, lors de la première attaque qu'elle avait connu contre l'Académie. Le temps d'une accalmie dans la salle d'armes, où ils s'étaient tous retranchés. Et puis le combat avait repris, et la lutte pour la survie de l'Académie face aux assauts raïs et mercenaires. Elle se souvenait de sa fascination pour son arme, de son émerveillement lorsque Valen l’avait sorti du coffre utilisé pour le transport. De son étonnement aussi. Elle ne s’y attendait pas, pas à ce moment où elle débutait encore juste sa formation et où ils risquaient tous leurs vies. Mais elle avait oublié les mots de Valen, oublié les phrases. Et là, devant son apprenti, elle ne savait plus quoi dire.

Inspiration, tandis que les phrases se bousculaient dans sa tête, sans qu'elle sache la quelle prononcer en premier. Tu maîtrises les bases du combat, il est temps d'avancer. Il est temps. Voici ton sabre, fais en bon usage. Bon sang, qu'est ce qu'elle se sentait ridicule. C'était si pompeux, inutile.

Elle connaissait chaque parcelle de ce sabre presque aussi bien que si elle l'avait fait. Certes, elle ne l'avait pas forgé, mais elle avait été présente à chacune des étapes, souhaitant en apprendre le plus possible sur la conception concrète des sabres chantelames, même si elle était consciente qu'elle ne serait jamais capable de forger quoique ce soit. Elle l'avait réfléchi pour qu'il convienne au mieux à son élève, ressassant les données théoriques laissées par Valen en les couplant avec toutes les connaissances qu'elle avait de son propre sabre. Tout avait été fait le plus soigneusement possible pour que le sabre soit parfait pour Einar, du pommeau incrusté d’une gemme en quartz fumé d’un doux marron, sur le même modèle que son pommeau orné de tsavorite, à la lame soigneusement conçue pour la Résonance. Et il résonnait bien, elle l’avait vérifié, trop terrifiée à l’idée de s’être trompée dans la lecture des codex. Mais même en sachant tout cela, elle doutait quand même. Une erreur était si vite arrivée. Et en plus de ça, les mots lui faisaient défaut.

Finalement, elle fit un simple pas vers lui et planta son regard dans celui de son élève. Ses doigts se refermèrent sur le sabre, elle le présenta à Einar, un doux sourire sur les lèvres

- Vas-y, ouvre, c’est pour toi.



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Dim 6 Nov 2011 - 22:43

Si Einar avait fait partie de la race des canidés, sa petite queue touffue aurait frétillé de joie et d’anticipation, et ses oreilles auraient tourné aussi vite que la girouette de l’Académie un soir de tempête. Heureusement pour le peu d’amour-propre qu’il avait, le jeune rejeton Soham ne faisait presque pas partie de la race des canidés, pas plus que des ressortidés, ce qui lui permettait de conserver un certain calme, pour ne pas dire un calme certain, lorsqu’il aperçut le paquetage que Tifen avait dans ses mains et qu’elle approchait de lui.
Il en avait rêvé pendant des nuits, et maintenant, c’était devant lui. Et elle gardait le silence en ne bougeant pas, ce qui mettait les nerfs impatients du Teylus à vif. Comme lors de la fête des moissons, où tous les enfants ayant atteints l’âge de raison recevaient leurs vrais beaux jouets en bois, et des oranges de la part de toute leur famille. Du moins c’était la tradition chez les Soham, faut dire qu’ils vu le nombre qu’ils étaient pour la taille de l’auberge qu’ils tenaient, ils ne pouvaient pas se permettre d’offrir plus que des oranges et des jouets amoureusement sculptés par tous les adultes de la famille. On n’était pas des Til’Bidule non plus. Bande de bourges.
Enfin bref, tout ça pour dire qu’à défaut d’appendice canin frétillant, le jeune homme dansait d’un pied sur l’autre, un grand sourire niais répandu sur le visage. Son cerveau n’avait d’ailleurs toujours mis un sens véritable sur les sons qui venaient de faire écho dans la salle d’entrainement de la tour marchombre. Elle venait de dire que c’était pour lui. Et qu’il pouvait l’ouvrir. C’était vraiment vrai de vrai. Il avait piene à en croire ses oreilles de leur sempiternelle couleur rouge tant il était heureux.
Il ne se considérait pas particulièrement digne de recevoir un aussi beau cadeau, mais en tout état de cause, il en prendrait encore plus soin que de sa grande-tante Mo’.

De ses mains d’adolescent en pleine période de croissance tardive, Einar Soham prit le paquetage de tissu entre ses mains, sans cesser de l’admirer. Il n’y avait pas de doutes. Il sentait sous ses doigts l’arrondi du pommeau, le plat de la lame, c’était vraiment vrai de vrai. Il n’osait défaire les fins liens de cuir qui tenaient le tissu ensemble, et pourtant, il en avait plus que hâte. Avec une lenteur toute gamine, il retira la peau de chamois, et prit le sabre chantelame flambant neuf entre ses mains.
S’il avait disposé de dix ans pour le reluquer sous tous les angles, il y aurait passé au moins le triple. Ce sabre était juste ultra méga über super trop magnifiique. Depuis la lame qui reflétait toutes les lumières et qui était effilée comme un rasoir jusqu’au ultra méga über super trop magnifique pommeau, incrusté avec une ultra méga über super trop magnifique pierre qui avait la couleur de ses yeux, et qui comptait parmi ses couleurs préférées. C’était vraiment le plus beau cadeau du monde.
En bon bisounours teylusien qui se respecte, Einar releva sa mimine des larmes de joie plein les yeux, avant d’avoir un petit cri de joie en brandissant sa nouvelle arme. Il lui semblait que tous ses soucis avaient été chassés, ou aspirés dans le pommeau de son sabre chantelame tout neuf et trop super beau. Après ce moment de béatitude immobile devant son sabre, Einar éxécuta avec une énergie toute renouvelée les mouvements d’entrainement qu’il avait appris à son dernier cours, et qu’il connaissait par cœur pour les avoir scrupuleusement répétés tous les jours depuis qu’ils s’étaient séparés. Le bruit que produisait le sabre en fendant l’air était persque équivalent à de la musique, et il s’en fallut de peu pour qu’Einar décide de trancher toute une armée de Raïs imaginaires rien que pour recréer la cinquième symphonie de Ludwig Vil’ Beethoven.
Il rayonnait.

- Il lui faut un nom ! Il chante comme un vrai sabre de chantelame, alors faut lui trouver un nom.

Bien sur que non, il ne comprenait pas à quel point il pouvait sembler puéril d’un œil extérieur, mais il en avait rien à secouer, en dehors de son sabre qu’il faisait tournoyer dans tous les sens en faisant quand même attention à ne pas se blesser avec sa lame effilée comme celle d’un rasoir. Ses méninges tournaient à plein régime, pour trouver un nom digne des exploits qu’il accomplirait bientôt avec le sabre que Tifen venait de lui donner. Il avait lu suffisamment de chansons de gestes pour avoir des noms de héros à la pelle, mais un seul semblait vraiment convenir, parce que ça avait un lien avec les évènements d’avant, et que c’était très symbolique. Il considéra encore un instant son sabre d’un œil admiratif, et regarda Tifen de ses yeux plein de galaxies arc-en-ciel :

- J’vais l’appeler Bomon, parce que qu’est-ce qu’il est Bomon sabre ! Et puis Bomon d’Ombreuse c’est une légende importante, il m’est arrivé plein de trucs pas drôles parce que j’ai parlé de cette légende..

Il repensait à tout ce qui était arrivé dans la bibliothèque avec l’espèce de guedin qui s’appelait Lev et qui se prenait pour le frère d’une espèce de dégénérée sorcière borgne avec des crocs et des cornes qui n’avait jamais existé. Surtout, il repensait à tout ce qui n’était pas arrivé mais qui avait failli arriver, à la crise de larmes, à la crise de nerfs, aux coups qu’ils s’étaient échangés, à tout ce qu’il avait ressenti de pas très courant et qu’il n’osait pas interroger, bref à cette journée absolument maudite. Et ça lui semblait logique de nommer son sabre après Bomon, car sans Bomon, peut-être que rien ne serait arrivé. Et puis..

- C’était un guerrier sanguinaire, Bomon d’Ombreuse d’après le conte, sans aucune merci, et qui a tué des centaines de gens sans raison. J’voudrais un sabre qui soit aussi fort que lui, mais qui fasse pas couler le sang des innocents, et comme ça, ça rendra honneur à son nom, car il aura une nouvelle légende, et une nouvelle histoire, dans ma tête.

Il avait dit ça fièrement, et sans baisser le regard, parce qu’il croyait tout ce qu’il disait. Il avait toujours beaucoup aimé les symboles et nommait quasi tous les objets de sa vie quotidienne, pour mettre un peu de fun dans la vie. Et un sabre, avec un nom, ça sonnait beaucoup mieux. Il inventerait une nouvelle réputation à Bomon, et son sabre lui ferait honneur.

- Il a un nom le tien, de sabre ? ‘Fin… on a le droit de nommer les sabres ? J’crois que Sieur Til’Lleldoryn avait appelé le sien Delos, ou quelque chose comme ça ? C’est ce que les anciens racontent quand on leur pose des questions sur les sabres.



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Dim 27 Nov 2011 - 23:16

Niiih. Niiiiihiiih, même. Le sabre plaisait à Einar, ça ne faisait aucun doute. Et ça remplissait Tifen d’un mélange de joie/fierté/contentement/un peu tout ça. Son apprenti était heureux de la surprise, et elle avait passé tant de temps à prévoir et concevoir cette arme qu’elle se sentait bêtement satisfaite d’avoir réussi son objectif, et que les étoiles dans les yeux du Teylus valaient bien toutes les difficultés qu’elle avait affronté. Et elle souriait presque aussi niaisement que lui de le voir s’enthousiasmer, euphorique, tranchant l’air avec les mouvements qu’elle lui avait montré lors de leur dernier cours. Le tissu qui avait servi d’emballage avait très vite été abandonné à terre, et le sabre sifflait à chacun des gestes de son élève.

Elle s’amusa de sa joie presque enfantine devant les chuintements produits par le sabre, songeant qu’il chanterait encore plus quand elle lui aurait appris la résonnance. Puis il entreprit de lui trouver un nom, et elle s’étonna de la rapidité avec laquelle il avait fait son choix. Bomon, d’après la légende de Bomon d’Ombreuse, dont elle ignorait tous les tenants et les aboutissements, se sentant soudainement presque comme une nouvelle arrivée à l’Académie qui aurait poussé la porte de la salle de civilisation.

Il fallait dire qu’elle ne l’avait pas poussée souvent, ladite porte, à réflexion. Elle songea pour sa défense qu’à l’époque où le Sieur Cil’ Eternit avait commencé à dispenser cet enseignement, elle était déjà bien occupée à enchaîner les cours marchombres et chantelames, mais ce n’était qu’une piètre excuse. Et une fréquentation plus assidue lui aurait évité de se sentir ignorante devant son apprenti. Apprenti qui eut la gentillesse de résumer la légende, comblant momentanément ses lacunes. Un jour, elle irait à la bibliothèque pour se renseigner un peu plus sur les nombreuses légendes dont elle ignorait l’existence, ou demanderait à Khelia. Mais pas demain, demain il y a des élèves à entraîner.

Sourire doux en entendant les raisons de son choix. C’était un noble but que de vouloir redorer ce nom, Einar pouvait en être fier.... Un instant. Pourquoi avait-elle l’impression d’avoir loupé un détail, du genre important ? Elle se repassa rapidement les phrases prononcées par son élève, sans parvenir à saisir l’élément qui semblait lui manquer. Tout à cette recherche, elle faillit d’ailleurs louper la suite des paroles du Teylus. Son sabre, un nom ? Ca ne lui était jamais venu à l’esprit.

Etait-il possible qu’elle soit dans l’erreur ? Est-ce qu’il y avait une règle qui stipulait qu’on devait nommer son arme et dont elle n’aurait jamais entendu parler ? Après tout, c’était une des premières choses qu’avait fait Einar, et elle n’ignorait pas le nom du sabre de Valen, qu’elle avait d’ailleurs en sa possession, dans ses appartements. Une des rares choses qui lui restaient de son maître. Aurait-il pu oublier de la prévenir que la coutume voulait qu’on nomme les sabres ?
Mais visiblement, Einar n’était pas sûr d’être dans son droit, ce qui fit supposer à la jeune femme que chacun faisait un peu comme il voulait en la matière. Et selon les circonstances, aussi, probablement. Quand elle avait reçu son sabre, lui trouver un nom n’était pas vraiment sa première préoccupation, elle essayait juste de survivre au carnage nocturne qui avait lieu. Et après... après elle n’y avait juste pas pensé.


- Bien sûr que tu as le droit de le nommer. C’est un beau nom, Bomon.

Et là, ce fut le déclic.« Parce qu’il est Bomon sabre. » Comment avait-elle pu passer à coté d’une feinte pareille ? La lumière fut, mais un peu tardivement. Tifen ne s’y était vraiment pas attendue, n’avait juste pas tilté. Einar l’avait magnifiquement placée. La chantelame mit donc quelques instants à retrouver ses pensées premières et à se souvenir des questions de son élève, déconcentrée qu’elle avait été par son déclic tardif.

- Celui de Valen s’appel...le Daelos.

Elle avait failli utiliser l’imparfait, puis s’était ravisée. Le sabre n’avait pas perdu son nom, seulement son propriétaire. Et même si elle détestait cette idée, il faudrait bien qu’elle s’y fasse. Valen ne serait plus là pour la narguer de ses sourires ironiques, plus là pour la guider sur la voie, plus là pour proférer ses habituelles énigmes au lieu de répondre à ses questions. Mais restaient ses doutes, et l’ordre chantelame à gérer. Elle lui en voulait presque, parfois. Jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle ne le verrait vraiment plus, jamais, et que la tristesse l’emporte sur la rancœur. Un jour, elle s’y ferait. Peut-être. Pour penser à autre chose, elle se concentra sur la dernière question de son élève.

- Mon sabre ? Non, il n’en a pas. J’suppose que je n’ai jamais trouvé ni l’occasion ni le nom adéquat, Valen me l’a offert au cours d’une accalmie lors d’une prise de l’Académie, tu sais.

Une prise de l’Académie parmi tant d’autres. Elle n’était même pas sûre du nombre de fois que l’école avait été attaquée depuis son arrivée. Ca devait probablement être un record en Gwendalavir, elle doutait que les autres académies soient si souvent menacées par le Chaos, les Raïs ou les deux. Mais il faudrait songer à avancer la leçon et à parler de la Résonance, sinon ils allaient louper le coucher du soleil, et elle ne le voudrait pour rien au monde, parce que la tour marchombre était le bâtiment de l’Académie qui offrait vraiment l’un des plus beaux panoramas.



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Jeu 12 Jan 2012 - 19:31

Il aurait pu jouer avec son sabre des heures et des heures et des heures et des heures et des heures et des heures et encore plein d’autres heures après, tellement il était heureux. Il était tellement super beau, il n’avait rien d’un jouet, c’était en plus un vrai chef d’œuvre de forgeage, et la pierre du pommeau était sublime, y’avait des petites veinures dedans comme si de la fumée avait été emprisonnée à l’intérieur, et le pommeau avait la même couleur que ses yeux.
C’était vraiment le plus beau cadeau du monde. Il en aurait pleuré de joie s’il avait pas eu un peu d’honneur. Il se sentait vraiment tellement fier. Tifen le considérait suffisamment prêt pour lui offrir une vraie arme de chantelame, aussi aiguisée qu’une lame de rasoir, faite pour trancher, faite pour..

Tuer des hommes.

Aussi. Cette perspective de l’enchantait pas particulièrement, dans son éthique et dans ses valeurs morales, mais après tout, faudrait bien qu’il arrive à s’y faire un jour. Sinon, autant se faire bibliothécaire ou retourner chez ses parents pour servir des pintes de bière d’orge aux clients baveux d’Al-Far… Nan, il avait choisi d’être un guerrier, il faudrait qu’il donne la mort, un jour.
Mais il était pas obligé d’aimer ça. Et il tuerait le moins possible. Y’a toujours des solutions alternatives, ou alors c’était que pour se défendre ou défendre les gens qu’il aimait. Et pour défendre le monde, il avait le plus beau sabre du monde. Rien ne pourrait l’arrêter, et il tuerait le moins de monde possible et seulement quand il y était obligé. C’était ça le serment des chevaliers, non ?

Tifen avait eu un léger temps d’arrêt en évoquant Sire Til’Lleldoryn, et Einar eut un peu de remords d’en avoir parlé. Quand ils étaient coincés à la grotte chantelame, il avait bien vu comme ils étaient proches, c’était son maître, après tout, et la rumeur disait qu’il avait disparu sans rien dire à personne et qu’il ne reviendrait plus jamais.
Il tenta de s’imaginer à la place de la chantelame. C’était comme si un jour, Tifen était plus jamais là, comme si Tifen disparaissait sans même lui dire au revoir ou le guider sur la voie des chantelames par ses derniers conseils. Il aurait très très mal au cœur aussi.
Mais elle partirait jamais, elle !

… n’est-ce pas ?

- On pourra lui trouver un joli nom à ton sabre un jour, si tu veux. J’suis sûr que Valen en serait très fier, et qu’il est encore très fier de toi maintenant, personne pourrait jamais ne pas être fier de toi, regarde j’suis super super fier d’avoir un maître chantelame pareil moi !

Il virevolta sur place encore une fois en pourfendant l’air avec son sabre, tellement il rayonnait de joie. Et même des pensées plus tristes pouvaient pas enlever le sourire qu’il avait sur le visage quelles que soient les circonstances. Il était heureux et il comptait bien le rester, point.

Et paradoxalement, c’est ce qui lui permit de poser les questions à la rien à voir qui lui trottaient dans la tête depuis un moment et qu’il avait attendu de pouvoir poser à Tifen. Peut-être qu’elle aurait une réponse de chantelame pour ce problème comme les marchombres avaient des réponses de philosophes et des poètes et de trucs comme ça…

- Dis, Tifen, qu’est-ce qu’on doit faire, quand on pense que quelqu’un est secrêtement du côté des Mercenaires du Chaos ? Il arrive quoi, si jamais on les dénonce parce qu’ils pourraient faire du mal à l’Académie ?

Il pensait à Lev principalement. Tout était tellement bizarre à propos de ce gens super bizarre, et puis il avait tué ses parents, et il recherchait quelqu’un de pas forcément réel mais de très démoniaque… et puis y’avait aussi Elio, il était pas très sûr, mais il restait quand même super violent et super ténébreux, pour quelqu’un d’harmonieux.. Mais d’un autre côté, il avait pas envie qu’il leur arrive vraiment du mal.

Tout serait tellement simple si tout le monde était gentil…




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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Mer 18 Jan 2012 - 21:25

Les paroles de son élève tirèrent un doux sourire à la jeune femme, qui le remercia du regard, inclinant doucement la tête, encore plus touchée qu’elle pouvait le laisser paraître. Elle aussi était fière de son apprenti. Fière de ses progrès, fière de le voir gagner petit à petit en compétences et en assurance. Elle aimait lui enseigner, et le guider progressivement sur la voie qu’elle avait appris à arpenter quelques années auparavant. Elle répondit doucement.

- Un jour, pourquoi pas.

Le sabre d’Einar sifflait doucement, à chacun des mouvements de son possesseur, traçant dans les airs une mélodie entraînante. Le soleil commençait à apparaître dans l’encadrement d’une des fenêtres ouest, se reflétant sur le métal, et embrasant la pièce d’une douce lumière rougeoyante.
Les bruits de l’Académie étaient quasiment dissipés à cette hauteur, il ne restait que les chuintements du sabre, et les faisceaux lumineux qui dessinaient de longues traces sur les murs à chaque inclinaison de la lame. Et le sourire contagieux d’Einar, dans ces quelques instants un peu hors du temps, où le monde extérieur pourrait bien s’écrouler sans qu’on le sache.

Quelques instants d’harmonie.

Elle eut son sabre en main sans trop se rendre compte qu’elle l’avait dégainé, et l’acier résonna lorsque son arme interrompit un sifflement de Bomon.
Ce n’était pas une attaque, juste une demande. Laisse-moi virevolter avec toi, laisse-moi participer à cette musique que tu crées depuis tout à l’heure et qui emplit si parfaitement l’atmosphère. Les deux lames s’écartèrent, chacune traçant une courbe qui lui était propre dans un bruissement, pour se rencontrer de nouveau quelques secondes, minutes plus tard dans un nouveau tintement.

Tourbillonnant aux cotés du Teylus, Tifen se laissait porter par les frémissements de l’air et les éclats de lumière. Elle se sentait bien. Les questions de son élève percèrent par-dessus la symphonie métallique, sans cependant la briser d’une quelconque manière. Son sabre traça un nouvel arc dans les airs, et tinta une nouvelle fois contre celui d’Einar avant qu’elle ne commence à formuler sa réponse.

- Ca dépend.

Une autre arabesque, sifflement. Les pieds glissaient sur le sol, ils tournoyaient, découpant des ombres étirées sur les dalles. Aucun des coups n’était violent, c’était juste une chorégraphie improvisée qui s’imposait d’elle-même, et Tifen enchaînait les mouvements spontanément, sans réfléchir.

- Tout dépend de l’ampleur des soupçons. Et les conséquences peuvent aller d’une simple surveillance à l’emprisonnement. Voire pire.

Elle avait murmuré ces derniers mots, qui s’étaient presque perdus dans le chuintement de sa lame. Elle se souvenait encore très clairement de la fois où Valen avait réuni tous les chantelames dans la grotte pour leur annoncer que Marlyn avait rejoint le chaos.
Et même si elle n’avait pas recroisé la jeune femme depuis ce soir là, aucun élève de sa génération n’ignorait les nombreuses rumeurs qui allaient déjà bon train à l’époque sur ce qui c’était déroulé par la suite. Rumeurs qui étaient sans doute plus proches de la réalité que celles qui pouvaient encore courir aujourd’hui dans certains couloirs et qu’elle entendait parfois au détour d’un croisement, surtout depuis que l’Académie avait été libérée du chaos.

- Quoique tu choisisses de faire, nul ne pourra te dire si ce sera une bonne ou une mauvaise chose, même si beaucoup essayeront. Il faudra juste... faire avec les conséquences.

Les sifflements continuaient, tantôt bien distinguables l’un l’autre, tantôt en parfaite synchronisation, au gré de leurs mouvements. Ca avait quelque chose de terriblement apaisant. D’harmonieux.
L’acier s’entrechoqua à nouveau, et Tifen modifia sa posture pour faire entrer en résonnance son arme lors du mouvement suivant. Des gestes qu’elle avait tellement répétés, encore et encore, afin d’être capable d’appliquer la technique dans n’importe quel enchaînement en combat, à n’importe quel moment. La lame commença à vibrer et son sabre chanta, traçant une nouvelle courbe autour d’elle. Même après l’avoir écouté de nombreuses fois, ça restait toujours à ses oreilles la plus belle des musiques.




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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Lun 6 Fév 2012 - 0:38

Chaque fois que leurs lames se rencontraient et produisaient ce son tellement caractéristique de l’acier qui s’entrechoquait, il semblait à Einar que c’était un souci qui s’évaporait de sa tête. Il trouvait super beau les reflets que leurs armes projetaient sur les murs de pierre froide, comme des centaines de petites éruptions solaires qui explosaient sur les murs.
Un souvenir remonta à la surface d’Einar, un cadeau qu’il avait reçu de la part de son grand frère Sylar quand il était petit et que Sylar revenait tout juste d’un voyage dans les îles Alines. C’était une petite lanterne en fer blanc dans laquelle il y avait tout juste la place pour mettre deux bougies, mais les parois de la lanterne étaient percés en forme de dragons et de sorcières, et de lunes et de monstres, et de chevaux et de Ts’liches, et de plein de formes fabuleuses, et Einar adorait, la nuit, allumer sa lanterne et la faire tourner pour que les silhouettes de lumière dansent le long des murs et chassent les vilaines ombres.
Il ne savait pas trop pourquoi ce souvenir décidait de repoper maintenant, mais les grandes lames de lumière que projetaient leurs lames tourbillonnantes arrêtaient pas de lui rappeler. C’était pas Chantelames qu’ils étaient à ce moment précis, c’était Chantelames ET Dancelames.

Ca l’apaisait complètement, et pendant un instant, ses interrogations lui sortirent de l’esprit, pour se consacrer uniquement aux mouvements que Tifen et lui faisaient. C’était peut-être ça, l’harmonie, finalement. L’harmonie entre les souvenirs heureux et le présent malheureux, pour tout rééquilibrer, et ne plus penser qu’à ses gestes. Pour un peu, Einar se serait cru poète.

Et puis les réponses de Tifen vinrent le ramener à la réalité, mais pas brutalement, non, puisqu’ils continuaient à se battre. C’était une sorte de continuité, et elle avait le don de l’apaiser avec ses paroles, de l’aider à relativiser. Ca lui donnait l’impression de grandir, et d’être considéré comme un gens presque adulte, à qui on disait plus ce qu’il devait faire… ça le rendait vraiment fier.

Même si elle venait de lui dire qu’il avait concrètement le pouvoir d’envoyer Lev Mil’Sha se faire raccourcir la tête, ou torturer comme mercenaire… ce qui était loin de lui plaire. Il comprenait qu’il ne devrait pas prendre cette décision à la légère. C’était comme décider d’apprendre à se battre, il faudrait un jour qu’il tue quelqu’un… là c’était pareil, il faudrait qu’il choisisse pour le bien du plus grand nombre…
Lev était dangereux, il avait déjà tué des gens, et il avait tenté de faire du mal à Einar. Il faudrait bien que quelqu’un l’arrête un jour. Mais Einar décida de se reconcentrer sur le chant des lames, et le ballet des reflets, et les souvenirs heureux de lui-petit émerveillé devant les silhouettes crées par les bougies ; il parvint en quelques mouvements à retrouver un calme paisible et … ouais, il se sentait vraiment en paix avec lui-même, pour quelques secondes.

Et puis il se passa un truc carrément magique ;
Complètement féérique.

Tifen avait réussi par il ne savait quel tour de magie à tirer de son sabre un chant bien plus fort que les autres, bien plus beau, et tellement parfait, et sa lame vibrait comme si elle était une âme propre, et puis quand elle la bougea de nouveau ça recommençait, et elle était tellement belle quand elle combattait comme ça, on aurait cru une vraie Déesse.
Et dans l’imaginaire d’Einar, c’était complètement génial. Il était tellement absorbé par ce qui venait de se passer qu’il se déconcentra. Quand il se rendit compte qu’il ne faisait plus ses propres mouvements qu’à moitié, il décida de s’arrêter, et de contempler Tifen alors qu’elle faisait encore trois-quatre passes contre un adversaire invisible, à chaque fois en tirant ce son si particulier et si magique avec sa lame…

Il avait beau pas avoir de nom, son sabre, Einar était convaincu qu’il avait une âme. Il chantait si bien.

Le silence se réinstalla peu à peu dans la Tour alors qu’il la regardait de ses yeux ronds, tout transporté qu’il était par la beauté de l’instant. Sa voix tremblait un peu d’impatience quand elle finit par retrouver le chemin de ses cordes vocales :

- T’es une vraie Chante-lame.

Il avait pas fait la petite pause exprès après ‘chante’, mais rien ne pouvait décrire au mieux sa pensée.

- C’est ça la résonnance, alors ? T’en avais parlé l’autre fois quand on était dans les montagnes, mais j’avais aucune idée que ça pouvait être quelque chose d’aussi magique. C’est encore plus beau que de faire danser des lames de soleil sur les murs. Si tous les guerriers du monde s’appliquaient à faire danser le soleil et chanter le métal, y’aurait carrément moins de morts et plus de beauté.


Il prit son sabre à l'horizontale et se mit à le contempler alors que les derniers rayons du soleil couchant créaient comme un mini feu d'artifice le long du fil de la lame.

- Tu m’montres comment on fait, dis ? J’suis pas un vrai chantelame et j’y arriverai sûrement pas, mais j’travaillerai dur tous les jours pour que Bomon chante aussi bien que le tien, de sabre !



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Mer 25 Avr 2012 - 12:22

Elle avait fermé les yeux, se laissant porter par le chant de son sabre. Seuls quelques rais de lumière passaient parfois le barrage de ses paupières, au fur à mesure que les ombres se découpaient. La jeune femme se sentait bien, en oubliait presque la présence de son apprenti, concentrée sur ses mouvements, sur les notes qui planaient, qui l’emportaient. Apaisée. Chantelame. Juste en harmonie, sans rien pour troubler cette quiétude. Ses mouvements s’enchaînaient, rythmant le chant de sa lame. Tournoyant.

Ultime courbe, ultime geste. Le chant s’estompa doucement, après avoir résonné une dernière fois, et Tifen n’ouvrit pas immédiatement les yeux, savourant le retour au silence. Elle se sentait juste parfaitement bien. Ce fut Einar qui parla en premier, et la jeune femme ouvrit les yeux pour apercevoir l’air stupéfait de son élève. Elle eut un léger sourire, songeant qu’elle devait aussi avoir eu une tête similaire lorsque Valen lui avait montré la résonance. Ca avait quelque chose de tellement fascinant, comme technique. Fascinant et magique, qu’il fallait voir, ou en l’occurrence entendre pour y croire.

- Oui, c’est ça la résonance.

Un reflet tremblotant sur les pierres de la tour attira son regard, déconcentrant un instant ses pensées. C’était beau, ce dégradé de couleurs rougeoyantes qui se découpait, ondulant au gré des légères vibrations qui animaient encore sa lame. Les paroles de son élève faisaient écho à ses pensées, jusqu’à ce qu’il lui demande de lui montrer. Bien sûr qu’elle allait lui apprendre, c’était pour ça qu’ils étaient là, pour ça qu’elle lui avait offert Bomon. Mais elle ne pouvait pas être d’accord avec ce qu’il disait. Elle planta son regard dans celui d’Einar.

- Tu es un vrai chantelame, Einar. Tu y arriveras. Bomon chantera.

Elle entreprit ensuite de lui montrer la résonance, se concentrant sur les gestes et les explications qu’elle pouvait donner à son élève, tout d’abord sans le sabre pour lui permettre de sentir chacun des mouvements sans se laisser distraire par la lame. Puis, patiemment, elle reprit plusieurs fois les enchaînements, le plus doucement possible, pour laisser à Einar le temps de bien observer, faisant chanter son sabre à plusieurs reprises, ses pieds glissant sur le pavement assez régulier des dalles de la tour, la lame tranchant l’air. Entre chaque résonance, elle essayait de donner quelques pistes à son apprenti, pour attirer son attention sur un geste ou une position fugace mais primordiale.

Cependant, plus rapidement que dans ses souvenirs, le crissement alarmant se fit entendre, et elle interrompit immédiatement son geste.

- Ce que tu viens d’entendre, c’est la limite. Nos sabres sont forgés pour chanter, mais il y a une limite à ne pas dépasser. Quand Bomon se mettra à crisser comme ça, c’est que tu appliques la résonance de manière trop rapprochée. Et il faut arrêter immédiatement, ou il se brisera.

Elle avait accentué les derniers mots, consciente que ses paroles pouvaient être alarmantes, mais il fallait qu’Einar sache le risque, qu’il en prenne compte, qu’il ne l’oublie pas. Mais elle lui fit quand même un sourire rassurant.

- Mais ne t’en fais pas, le crissement est suffisamment reconnaissable pour qu’il ait peu de danger que ça arrive vraiment.

Certes, lui faire comprendre le risque. Mais il ne fallait pas non plus le traumatiser et que cela le bloque pour apprendre la résonance. En étant attentif, il n’y avait aucune chance qu’une telle catastrophe arrive.

- A ton tour, maintenant.

Tifen recula de quelques pas pour laisser un peu plus de place à son élève au centre de la pièce, attendant de voir comment il allait s’en sortir.


[Petit post avec beaucoup de retard, désoléééée =S J'espère qu'il te plaira quand même]


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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Lun 14 Mai 2012 - 0:29

Pour la première fois peut-être de sa vie, Einar était convaincu que c’est la partie du cours où il devait être sérieux et attentif. Les autres fois il faisait de son mieux pourtant, mais à tous les cours il divaguait, regardait par la fenêtre, ou faisait autre chose pour éviter de réfléchir à faire celle qu’on lui demandait. Des fois il faisait pas exprès, il avait vraiment envie de se concentrer et il n’y arrivait pas, c’était une espèce de conspiration contre lui.
Mais avec Tifen, c’était jamais le cas.
Et là, il fallait qu’il soit encore plus concentré que d’habitude. Son maître chantelame répétait ses mouvements uns à uns en donnant beaucoup de conseils et d’astuces et d’explications, et elle répétait quand elle voyait qu’Einar était encore en train de se répéter mentalement la 4ème position alors qu’elle en était à la 12ème. Et puis à force de les répéter et à force de donner des conseils, il commençait à se faire une image mentale et corporelle de ce qu’il fallait faire. DE manière théorique.
Et comme à chaque fois que ça se produisait, il était émerveillé dès que Tifen arrivait à faire chanter son sabre, il trouvait ça magique. Il imaginait des scènes de bataille épiques où les deux grands guerriers seraient si doués qu’ils feraient chanter leurs armes dès qu’ils combattraient, et même la Dame ne chanterait pas aussi bien.
En plus, c’était un son tellement spécifique qu’il doutait de l’entendre autrement, et il avait envie de l’entendre jusqu’à la fin des temps, ça faisait vibrer son âme.

Et puis il y eut un horrible crissement qui n’allait pas du tout avec tout le reste, et il allait poser une question lorsque Tifen le devança.
Alors on pouvait casser les sabres chantelame ?
C’est une idée qui le terrorisait, mais il tenta de pas trop le montrer. Il savait que s’il se focalisait trop là-dessus, il risquait de jamais toucher à Bomon jusqu’à la fin de ses jours pour éviter de le casser. Tifen avait beau dire que c’était assez facile de s’arrêter au bon moment, il était assez paniqué dans son genre pour arrêter avant même d’entendre le chant de la lame.
Mais un chantelame n’a peur de rien, n’est-ce pas ? Et ils étaient suffisamment doués pour s’arrêter à temps. Mais malgré ce que Tifen pouvait bien lui dire, Einar se sentait vraiment pas comme un vrai chantelame.

Et puis ce fut à son tour.
Pendant quelques secondes, Einar resta stupidement sur place à regarder son sabre. Alors il fallait juste faire attention au bruit qu’il faisait ? Il se connaissait. Dès qu’il entendrait le moindre petit sifflotement, il paniquerait et il arrêterait tout. Mais il ne fallait pas, ou sinon il n’arriverait jamais à rien, et il ne serait un vrai chantelame. Après avoir croisé les yeux de Tifen, qui lui lançait un regard encourageant, il se mit en position, et ferma quelques secondes les yeux, le temps d’expirer.
Elle lui avait tellement répété les mouvements qu’il les enchaina sans se tromper, d’abord très lentement, sans même chercher à faire vibrer sa lame, juste histoire de se les approprier. Il ne se souvenait par contre pas exactement de tous les petits conseils et de tous les ajustements, et il se rendit vite compte que s’il tentait de se concentrer à tous les reproduire, il n’arrivait à rien. Le petit chantelame fit deux ou trois fois les enchainements comme ça, avant de se décider à accélérer un peu. Même en se forçant, il arrivait pas à s’ôter de la tête l’horrible crissement qu’avait fait le joli sabre de Tifen quelques minutes auparavant.
Aussi préféra-t-il, les premières fois, ne rien entendre.

Ce qui n’empêcha pas Tifen de lui dire de recommencer, encore et toujours, parfois en réajustant sa pose elle-même, parfois en répétant juste un petit conseil qu’il essayait du mieux qu’il pouvait d’appliquer sans se déconcentrer ou oublier les enchainements. Au bout d’un moment, il put bouger beaucoup plus fluidement, parce que son corps prenait les mouvements instinctivement, ce qui était déjà beaucoup lui demander. Et du coup, Einar put se rendre compte à quel point le soleil couchant était super joli par les fenêtres, et il manqua de s’arrêter brutalement, au moment où il se rendit compte qu’il pouvait s’observer, parce que son ombre était projetée contre un mur.

Et même ça, c’était fascinant, voir son ombre bouger et faire des mouvements d’entrainement, et le sabre renvoyer mille reflets avec son ombre, et l’ombre de Tifen, en sentinelle, pas très loin. C’était tellement joli. Il aurait pu rester comme ça toute sa vie, à faire des mouvements avec son sabre juste pour voir les ombres.

Et l’ombre l’avait tellement déconcentré de lui-même et de ses angoisses qu’il ne pensait plus à l’horrible crissement. D’ailleurs Einar ne pensait plus à rien, sinon à la beauté du moment, et même s’il n’arrivait toujours pas à faire chanter son sabre, c’était pas très grave. C’était un petit moment d’harmonie quand même.
Comme pour le récompenser, un espèce de petit sifflement ridicule retentit dans la pièce alors qu’il effectuait son enchaînement plus vite que les autres fois, et il s’arrêta de surprise, en manquant de s’étrangler de rire.

- T’as entendu ? J’ai pas un sabre qui chante, j’ai un sabre qui miaule ! Tu crois que si je vais suffisamment vite, je peux le faire rugir ?

Le Teylus recommença plus vite encore, et le même sifflement frêle et miauleur retentit, un peu plus fort que la dernière fois, sans qu’Einar arrive à s’arrêter de rire. Il faisait un fin guerrier, avec un sabre miauleur !
A mesure qu’il recommençait, le miaulement prenait un peu plus de dignité, et à un moment, il crut bien commencer à entendre un espèce de bruit qui ressemblait vaguement de lui à un chant, mais ce fut trop bref pour en être vraiment sûr.
A bout de souffle, il s’arrêta un instant de gesticuler. En plus il commençait à avoir le tournis, et puis le soleil était plus aussi beau que quelques minutes auparavant. Tifen disait rien de vraiment négatif, il devait pas faire les trucs trop trop mal alors. Même si c’est sûr, il aurait besoin de beaucoup d’années d’entrainement pour arriver à faire chanter son sabre aussi bien que celui de son Maître. Mais au moins, il savait le faire miauler, avec un peu d’efforts.

- Il t’a fallu combien de temps pour que apprendre à faire chanter aussi bien ton sabre, toi ?

Il repensait à Valen Til’ Lleldoryn, quand ils étaient tous cachés dans la grotte à préparer la reprise de l’Académie, au fait qu’il s’entrainait tous les jours en dehors de leur vue et qu’il ne revenait parfois pas avant des heures. Est-ce qu’il faisait chanter son sabre aussi, le matin ? C’est pour ça qu’il avait l’air si triste, tout le temps ? Il aurait pu poser les questions à Tifen, mais il était pas sûre qu’elle aurait de réponse. Une pensée lui vint à l’esprit, et son sourire s’effaça un peu, ses yeux passèrent de leur sabre respectif à la jeune femme.

- Dis, si M’dame Ar’Kriss est morte et que M’sieur Til’Lleldoryn a vraiment disparu, est-ce que ça veut dire qu’on est les derniers chantelames ?



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Jeu 24 Mai 2012 - 22:53

Les gestes s’enchaînaient, encore et encore. Einar persévérait et prenait ses marques, avec de plus en plus d’aisance. De temps en temps, Tifen essayait de le corriger sur sa posture, mais elle s’efforçait de garder à l’esprit qu’il n’y avait pas de posture parfaite, pour la résonance. Bien sûr, il y avait une base importante de gestes à maîtriser avant tout, mais ce qui comptait vraiment, c’était de les assimiler, de les adapter à sa manière de combattre et à son sabre, de les faire siens. Il fallait qu’ils deviennent aussi naturels et instinctifs que de respirer. Et alors, Bomon chanterait mieux que jamais.

Puis soudainement, il se passa quelque chose d’inattendu, de totalement inattendu. Le sabre d’Einar miaula, provoquant l’hilarité de son propriétaire. Tifen haussa un sourcil étonné. Elle ne savait même pas qu’une telle chose était possible, et s’imagina immédiatement les pires scénarios, avec en tête un défaut dans la conception du sabre qui causerait sa perte. Après tout, c’était le premier sabre chantelame qui n’était pas forgé par Valen. Et il y avait peut-être une technique ultime top secrète faëlle qu’il n’avait pas indiqué dans les codex.

Cependant, tandis qu’Einar reprenait les enchaînements, Tifen abandonna ses divagations pour se concentrer sur les gestes de son apprenti. A la réflexion, il y avait une espèce de retenue dans ses gestes qui était peut-être la cause du miaulement. C’était comme s’il avait peur que Bomon se brise au moindre mouvement.

...

Ah ouais. Logique, en fait. La bonne nouvelle, c’était qu’elle devait avoir appliqué correctement les consignes valeniennes. La mauvaise, c’était qu’elle avait terrorisé son élève avec les dangers de l’abus de résonance, au moins un peu. Il n’y avait plus qu’à espérer que ça passe avec le temps, ou bien Bomon finirait par faire de la concurrence à Khan.

Le Teylus s’arrêta un instant et sa question plongea immédiatement Tifen dans ses souvenirs. Combien de temps avait-elle mis avant de maîtriser totalement la résonance ? Elle se souvenait des longues séances d’entraînements matinaux où elle enchaînait encore et encore les gestes pour les maîtriser à la perfection, les nombreuses heures de combats avec Valen où il lui demandait aléatoirement d’appliquer la résonance au détour d’une passe. Mais elle n’avait pas la moindre idée du temps que ça avait pu prendre.


- Je ne sais pas exactement... Mais la première fois que mon sabre a vraiment résonné, je l’ai lâché tellement ça m’a surpris. Après, tout vient avec l’entraînement. Il faut répéter les enchaînements jusqu’à ce qu’ils deviennent un réflexe, que tu puisses les faire sans réfléchir une seule seconde.

Le soleil achevait sa course dans le ciel, ça devait faire quelques heures déjà qu’ils avaient commencé la leçon, et un simple coup d’œil à son élève permit à la jeune femme de se rendre compte qu’il avait vraiment besoin d’une pause après tout ce temps passé à essayer de faire chanter Bomon.

- Beau travail...Viens t’asseoir et profiter du panorama, tu as bien mérité une pause

Joignant le geste à la parole, Tifen s’installa dans l’encadrement d’une des baies, face aux derniers rayons du soleil, et invita son apprenti à se placer à ses cotés.

Elle profita des quelques instant qu’il prit pour la rejoindre pour réfléchir à la réponse qu’elle pouvait lui donner sur les chantelames. Ce n’était jamais simple de devoir admettre qu’ils étaient les derniers représentants d’un ordre mourant.

- Techniquement... Les chantelames étaient plus nombreux que ça. Enfin, il y avait plusieurs apprentis, en même temps que moi. On devait être au moins quatre ou cinq. Mais certains sont morts. Et les autres ont disparu sans achever leur apprentissage, trop tôt pour pouvoir enseigner à leur tour. Ce qui fait que oui, concrètement, toi et moi sommes les derniers chantelames.

Les dernières traces rougeoyantes quittèrent le ciel tandis que le soleil disparaissait totalement derrière les arbres, laissant la place aux toutes premières étoiles qui perçaient timidement.

- As-tu d’autres questions, avant de reprendre l’entraînement ?

Rapidement, la jeune femme fit le tour de la salle pour allumer quelques bougies, et les flammes tremblotantes s’élevèrent bientôt vers la charpente, juste assez pour les éclairer et pour que leurs ombres dansent à nouveau sur les parois.



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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Lun 28 Mai 2012 - 2:20

Aux côtés de Tifen, Einar se jugea sur l’appui de la fenêtre, suffisamment large pour être sur de ne pas tomber dans le vide, ce qui faisait, en vérité, une sacrée trotte, d’autant qu’avec la nuit, il ne pouvait plus voir le sol, et mourir sans voir son ennemi, ce serait un peu la loose. Surtout maintenant qu’il avait un super joli sabre.
Il le posa en travers de ses jambes en tailleur, adossé à l’appui de la fenêtre, et profita un instant de la brise en réfléchissant aux paroles de Tifen. Il avait déjà pris la résolution de s’entrainer tous les jours quand ses cours lui en laissaient le temps, et ce qu’elle venait de lui dire lui donnait encore plus envie de persévérer. Il était pas sûr d’avoir envie de continuer à apprendre à faire chanter son sabre, surtout si Tifen était pas là pour lui dire quand il fallait arrêter, mais il n’avait qu’une seule hâte : pouvoir faire tourner son joli sabre encore et encore et encore et encore dans le soleil.
Bon, là, maintenant tout de suite, il avait un peu mal aux pieds, et soif, et un peu en sueur et fatigué, mais…

Alors ils étaient vraiment les derniers tous derniers ? Il avait un peu espéré qu’il en existait d’autres que Valen avait formé plus tôt, ou que Tifen avait d’autres apprentis, histoire de découvrir un peu l’histoire de l’Ordre ou juste de sentir que .. que ouais, ils étaient pas tous seuls.
Et puis il repensait à Valen Til’Lleldoryn, qui tenait si fort à son ordre, à la pérennité de sa légende. Et les moments qu’il passait avec Tifen. Ils avaient l’air vraiment très proches, à la grotte des chantelames. Il essaya de s’imaginer se retrouver après beaucoup d’années d’entrainement et de connivence à perdre Tifen et à se retrouver tout seul dans le monde.
Ca le rendit profondément triste, et il détourna un peu les yeux en profitant que Tifen aille allumer des bougies dans la pièce pour essuyer furtivement un début de larme au coin de son œil. Il devait être plus fort que ça pour être Chantelame, par le dragon et ses cornes !
Pour retrouver contenance, il fit jouer Bomon entre ses mains, en l’observant sous tous les angles. C’était pas un sabre de gamin, ça, c’était un sabre d’homme, et il fallait qu’il s’en montre digne. Mais pas demain. Demain, il était encore Einar Soham, pas Einar le Chantelame.
Le brise nocturne le fit frissonner.

- T’avais quel âge quand t’es arrivée à l’Académie, toi ?

Il avait toujours plein de questions pour elles, parce qu’il l’aimait beaucoup et qu’il avait toujours envie d’en savoir plus sur elle. Et puis elle était tellement douée et pourtant elle avait pas l’air SI vieux que ça, alors que tous les maîtres qu’il avait eus jusqu’à présent faisaient au moins le double de son âge, sa maître chantelame devait pas avoir plus de.. pas plus de trente-cinq ans à peu près.

- Et c’était comment, quand t’es arrivée ? ‘Fin genre au tout tout début, paraît que M’sieur Ril’ Avalon il était encore là, et que M’sieur Til’Lleldoryn occupait la place de M’sieur HIl’ Jildwin à la base. J’vois pas trop le grand Valen Til’Lleldoryn faire dans la paperasse pourtant..


Il avait toujours essayé de s’imaginer Merwyn cohabiter avec Valen, mais c’était un peu impossible, déjà parce qu’il arrivait pas à visualiser Merwyn, mais aussi parce que Valen Til’Lleldoryn, il ne l’avait vraiment vu que lors de la fuite, et donc dans un contexte un peu particulier bizarre.
Mais l’Académie du temps de Merwyn.. ça le faisait complètement rêver. Surtout si y’avait plein de chantelames.

- Et avant l’Académie, tu faisais quoi ? ‘Fin ça me regarde peut-être pas, en fait, j’devrais pas poser autant de questions[
, finit-il en rougissant, conscient qu’elle devait plutôt s’attendre à des questions sur sa formation chantelame.




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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Mer 8 Aoû 2012 - 19:01

Les flammes dansaient doucement, il n’y avait pas assez de vent pour risquer qu’elles s’éteignent. Elles s’étiraient vers le toit, se courbaient, se tassaient un instant sur elles-mêmes avant de repartir de plus belle dans un mouvement inexorable. Et leurs ombres de se dessiner dans l’encadrement de la baie, comme se dessinaient d’autres ombres de passage devant les fenêtres de l’Académie quelques dizaines de mètres plus loin. Une brise, les flammes vacillèrent de plus belle. Et la question d’Einar qui la prit complètement au dépourvu. Elle n’avait jamais su compter correctement une fois que ça dépassait le stade de la dizaine, et mélangeait rapidement tous les nombres, malgré de nombreuses tentatives d’apprentissage.

- Euh…

Elle prit un long instant pour essayer de compter, s’efforçant de repasser les années écoulées hors de l’Académie en les marquant sur ses doigts. Cinq, sept, huit, dix, neuf, onze, treize, quatorze, douze, quinze, seize ? Ca devait être ça…

- Je devais avoir 16 ans à peu près… Enfin, quelque chose comme ça.

Elle recompta une nouvelle fois mentalement, appuyant bien sur chacun de ses doigts comme lui avait montré Khelia, et pencha la tête avec une moue pensive, les yeux fixés sur les phalanges tendues.

- En fait, j’en sais trop rien, je t’avoue.

La question sur l’Académie d’avant lui tira un sourire. Avant, c’était toute une partie de son adolescence, c’était le temps des promenades entre amis qui finissaient à l’infirmerie, le temps des amitiés inter-maisons, le temps des cours dans lesquels on trouvait aussi bien des guerriers que des dessinateurs ou des marchombres, le temps des combats, aussi. C’était tellement autre que l’Académie de maintenant, où elle trouvait les maisons trop cloisonnées et en conflit les unes par rapport aux autres…

- Mmh… Quand je suis arrivée, c’était vraiment… différent. Et oui, il y avait déjà Merwyn Ril’Avalon mais il était assez souvent absent et occupé, c’était la dame Vivyan qui s’occupait de beaucoup de choses, dont les répartitions. Et puis Valen est arrivé, et je crois que M’dame Vivyan n’allait plus très bien. On voyait encore moins Monsieur Merwyn, alors c’est Valen qui gérait un peu tout. Mais il faut admettre que la paperasse, c’était pas trop ça. Je crois que l’Intendant se plaint toujours que son retard est dû à celui qui a été accumulé à cette période, j’sais pas s’il exagère ou pas, mais peut-être pas beaucoup. Et puis avec la disparition de Valen et le travail de Jehan Hil’Jildwin, les choses ont beaucoup changé.

Toute à sa réflexion sur les changements apportés par l’Intendant, elle s’était levée sans trop s’en rendre compte, et suivait pas à pas les ombres laissées par les bougies sur le sol de la tour, tout en s’efforçant de ne marcher sur aucun joint, mais les flammes ne cessaient d’onduler, rendant la chose beaucoup plus complexe.
Quant à la dernière question, elle s’immobilisa, relevant la tête. Puis haussa les épaules.

- Avant ? J’étais avec Khan, dans la forêt.

La jeune femme sourit ensuite doucement à son apprenti.

- Bah, je t’ai proposé de poser tes questions, tu avais bien raison d’en avoir profité. En as-tu d’autres ? Tu as bien travaillé ce soir, on a du temps.




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MessageSujet: Re: Secret comme les nuits de lune de l'Orient (8) [Inachevé]   Lun 20 Aoû 2012 - 21:05

A sa grande surprise, Einar vit Tifen compter sur ses doigts, et à plusieurs reprises, en énumérant des nombres à voix basse. Il savait pas que Tifen avait pas reçu cette éducation là, même à l’Académie où M’sieur Cil’ Eternit était toujours partant pour apprendre aux gens qui n’avaient pas eu cette chance à lire et à écrire. Elle était jamais allée le voir ?
Il pourrait peut-être lui apprendre ce qu’il savait, lui aussi ? Il se savait chanceux, Papa savait compter pour pouvoir faire l’inventaire et Maman savait lire pour tenir les finances, et ils lui avaient tous les deux appris ça dès que possible, parce que « on est peut-être d’Al-Far, mais tu seras quelqu’un de grand et bien un jour, et les gens grand et bien savent lire, écrire et compter ». Du coup ça avait toujours impressionné ses copains à Al-Far parce que tous les Soham savaient lire et écrire dès dix ans, et qu’ils étaient les seuls du quartier. Ca lui avait aussi attiré beaucoup d’ennuis, ça rendait pas mal de gros durs de la rue jaloux, mais il y pouvait pas grand-chose.
Depuis qu’il était à l’Académie, il fréquentait plus de gens des rues, ou alors pas des mêmes rues. Il y avait même pas mal d’enfants de nobles à l’Académie, mais il les fréquentait pas trop lui-même, il se sentait toujours un peu stupide en leur présence. Ses meilleurs amis étaient sans particule, comme lui, mais il avait découvert avec bonheur que la plupart savait lire, écrire et compter aussi.

Mais Tifen le prendrait peut-être mal s’il lui proposait ? Elle était son maître à la base, quand même, et il était son élève. Mais elle était pas si âgée que ça, en plus.
Et elle avait son âge quand elle était arrivée à l’Académie. Il avait seize ans aussi. Bon, d’accord, il était tout proche de dix sept ans, mais quand même.
Seize ans. Et monsieur Til’Lleldoryn et monsieur Ril’Avalon, ils étaient là y’a très longtemps. Du coup, elle devait pas être si vieille que ça, mais un peu quand même. Au moins vingt ans, et pt’être bien vingt-cinq, comme Sylar. Mais Sylar il avait l’air d’avoir trente ans, avec ses cheveux bien coupés, ses vêtements d’adulte et son nouvel accent d’Al-Jeit dont il était très fier. Et puis il était marié maintenant, Sylar. Sauf que Tifen, elle, elle était pas mariée, donc elle pouvait pas être aussi vieille. Y’a que les vieux qui se mariaient.
M’sieur Guidjek, il était vieux, lui.

- Oui c’est vrai que M’sieur Jehan se plaint assez souvent de M’sieur Valen, et même de M’sieur Merwyn des fois, on dirait qu’il est le seul à être capable de gérer tous ces papiers
, termina-t-il d’un ton admiratif.

Pour autant que monsieur Hil’ Jildwin le terrifiait, Einar avait beaucoup de respect pour lui. Déjà, on a beaucoup de respect pour les gens qui ont la capacité de nous terrifier. Monsieur Valen le terrifiait aussi. Il avait l’air capable de vous décoller toutes les vertèbres rien qu’avec ses yeux quand il était de mauvaise humeur. Mais maintenant, il était plus là. Et Einar, il avait Bomon. Et Jehan, il pourrait pas résister à Bomon l’ombreux non plus !
En même temps, il suivait Tifen des yeux, sans la suivre. Il lui avouerait pas tout de suite, mais il avait des énormes crampes dans les cuisses et il se sentait même pas capable de se relever en cet instant précis. Il avait du mal faire ses échauffements, ou c’est juste qu’il était faible. Faudrait qu’il fasse des tours du parc pour se muscler un peu les jambes, demain.

Sa réponse, si courte et laconique, laissa Einar comme deux ronds de flanc.
C’est tout ?
Mais euh, genre juste avec Khan, dans la forêt, et sans rien et sans personne et euh… Bah ?
Il la regarda d’un air profondément questionneur et un peu triste aussi. Elle avait pas parlé de ses parents, juste de Khan. Juste Khan et elle.
Le truc, c’est qu’il n’avait aucune idée de qui était Khan.
C’était peut-être son père, en fait, Khan ? Ou un frère ? Ou un mentor ? Ou un ami ? Ou quelqu’un d’autre ? Il était presque sûr que Khan, c’était un nom masculin, il connaissait une histoire appelée la Colère de Khan où des Klingons tapaient sur des Vulcains, et Khan intervenait là dedans pour dominer la galaxie, et… il se souvenait plus de la suite, mais il adorait cette histoire.
Il espérait par contre que le Khan de Tifen il voulait pas dominer la galaxie, sinon, il était pas trop sûr de s’entendre avec .

Et puis il réalisa.
Khan, il était pas là. Elle l’avait jamais vu à l’Académie, elle avait jamais vu Tifen passer du temps avec .
Khan, il devait être mort.

Les yeux d’Einar s’embuèrent à l’idée que Tifen possédait un ami avec qui elle avait grandi et qui n’était plus là, mais heureusement, elle regardait le paysage par la fenêtre, alors il essuya discrètement ses larmes avec sa manche. Il devait être fort. Tifen l’était bien, elle, elle avait pas du tout l’air triste et pourtant elle avait éludé une grande partie de sa vie comme si elle redoutait de répondre à ses questions.
Il voulait plus lui poser de questions. Les réponses le rendaient triste à mourir, et il avait peur de découvrir des trucs encore plus tristes dans la vie de Tifen, et c’était assez de tristesse pour un seul soir. S’il avait pu, il lui aurait prêté ses parents pour qu’elle soit plus aussi seule, mais il doutait que ses parents soient d’accord.

- Non, j’ai plus de questions non
, commença-t-il d’une voix pas trop trop assurée mais qui se voulait gaillarde. Au final, il avait parlé si fébrilement qu’il avait du démasquer toute sa tristesse et toutes ses inquiétudes. Sauf qu’il faisait à peu près noir. … Mais quel rapport, Einar ? Bêtassou, le noir ça empêche pas les gens d’entendre correctement.

Il s’interrompit pour bailler à s’en décrocher la machoire. A mi-course, il se rendit compte de son impolitesse et avala à moitié sa main en se cachant derrière pour finir de bailler.

- Pardon, j’crois juste que c’est tous les exercices qui m’ont tué, c’est la faute aux escaliers, ils sont interminables et j’étais déjà crevé en arrivant…

Et comme un abruti, il faillit demander quand même si elle lui présenterait Khan un jour. Idiot ! Falait surtout pas lui demander ça, surtout s’il était mort, et que Tifen allait devenir triste par sa faute, il avait pas le droit de lui faire ça, et puis elle était son maître, il avait pas à fureter dans sa vie, point. Même s’il l’avait fait sans faire exprès, là. Et ça l’avait rendu triste. Bien fait pour toi, Einar, ça t’apprendra.

- Tu dors où, toi, la nuit ? T’es jamais à tes appartements, j’suis venu plusieurs fois y toquer pour tenter de te trouver, mais on m’a jamais répondu… Pourtant M’sieur Hil’ Jildwin m’a bien assuré que c’était les tiens.

Rt voilà, tu t’immisces encore dans sa vie. Stupide gamin joufflu. Mais en fait, il posait la question de manière toute machiavélique et pour tenter de lui demander indirectement s’il avait le droit d’aller se coucher, lui, ou au moins d’aller manger, parce qu’il faisait nuit et qu’il commençait à faire super faim, en fait. Pt’être qu’elle comprendrait sa tactique sioux pour lui demander l’autorisation de s’en aller ?
Enfin d’un autre côté il avait envie de rester avec elle encore des heures et de la regarder marcher sur les dalles dans la lueur des flammes, ça il aurait pu le faire des heures.
Mais il brûlait aussi d’envie d’aller montrer Bomon son super sabre ombreux à tout le monde, parce qu’il était trop super beau, et qu’il fallait absolument qu’il mette tout le dortoir au courant dans l’heure qui suivait, ou il allait éclater de joie.

- T’es à la Grotte Chantelame, vu que t’es Chantelame ? J’saurais même plus dire où elle se trouve en fait…



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