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 Au service secret de la fête secrète [Inachevé]

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Apprenti Chantelame
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MessageSujet: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Ven 10 Mai 2013 - 21:35

Il y avait tellement de choses à faire… Einar poussa un soupir en voyant qu’il n’avait plus de place sur son parchemin. Faut dire que chaque centimètre carré était noirci par des idées, des flèches, des listes, des dessins, et tout un tas e trucs en vrac, à tel point que s’il avait voulu dessiner un œil de mouche, il aurait eu du mal.
Jusqu’à ce que lui vienne l’idée de retourner le parchemin et d’écrire au verso.

Sa potion magique mettait du temps à se préparer. Genre un truc devait bouillir pendant trois jours et reposer toute une journée ensuite, et bon, il pouvait pas se rendre discrètement dans les locaux abandonnés de M’sieur Golfroy trois fois par jour non plus, il finirait par être remarqué par Aziel, ou pire, par Astragal. Einar avait emprunté, enfin.. « emprunté » tous les alambics chelous et récupéré une vieille cuillère en bois dans les cuisines, et il travaillait à ses mixtures depuis un moment. Il avait déjà échoué plusieurs fois, soit parce que les fleurs supportaient pas la cuisson, soit parce que finalement, elles donnaient pas exactement la couleur qu’il voulait.
Mais il trouverait, il en était convaincu. Parfois, il en parlait avec Loeva, et ils trouvaient un nouvel ingrédient mystère qui pourrait peut-être être la solution.

Et dans tout ça, c’était aujourd’hui qu’ils devaient se rendre en cachette à Al-Poll. Pas tous en même temps forcément, et même que certains iraient demain, ou y étaient déjà allés, mais le gros des opérations, c’était aujourd’hui. Non seulement fallait acheter le vachement grand cadeau, mais aussi, fallait se mettre d’accord sur les décos, et puis ils seraient un petit groupe chargé du miam, même si la plupart des trucs à miam, ils pourraient les…  « emprunter » dans les placards des cuisines.

Le plus dur, ça avait été de trouver comment faire pour s’y rendre sans Astra et surtout sans qu’Astra se rende compte que quelque chose se tramait pour –ou contre, selon les dires- elle.
Et cette partie-là, il avait vraiment, vraiment, vraiment pas aimé s’en occuper. Pour ainsi dire, il s’en voulait encore. Même, il se rongeait tous ses ongles, et quand il avait fini, il grattait les petites brûlures sur ses mains à cause des manip’ avec les alambics, et quand ça saignait, il s’arrachait les poils de sourcils nerveusement.
Il avait du faire un truc vraiment vraiment vraiment pas cool, c’était de s’arranger pour qu’Astra soit punie un jour pour qu’ils puissent tous filer en douce. Et du coup, elle était dans le bureau du Fiel, en ce moment-même, à faire il ne savait quelle corvée, et il détestait ça. Lui avoir chipé une de ses perles et l’avoir posée négligemment près d’un jolis chapeaux d’Aziel, dérobé en amont, sur lequel il avait versé le contenu entier d’une bouteille d’encre, il détestait ça.
Il s’en rongerait les os jusqu’à en faire des cure-dents, s’il pouvait. Quand ça serait fini, il irait voir M’sieur Krysant, après la fête, et il lui avouerait tout, pour qu’il le punisse deux fois plus et qu’il fasse un truc sympa à Astragal par justice. Mais en attendant, il devait faire l’innocent, et il détestait ça, juste profondément.

Se reconcentrer sur Al-Poll. Il avait ramassé tous ses fonds de chaussette avec lui, il avait râclé les tiroirs et pris tout ce qu’il avait de pièces sur lui, même si ça faisait pas beaucoup. Apparemment, ils avaient réussi à obtenir une subvention de la part de M’sieur Cil, enfin c’est Kloa qui lui avait dit, mais il savait pas grâce à qui ça s’était fait. Peut-être Gwëll ? M’sieur Cil il aimait bien Gwëll. D’ailleurs, tout le monde aimait bien Gwëll, et ça serait la seule non-Teylus à participer à la fête, ils s’arrangeraient pour la faire rentrer.

Arrivé sur la grand place d’Al-Poll, il retrouva Halina et Kloa qui étaient négligemment occupées à zieuter l’étal d’un marchand de cuir, et les salua.

- J’ai amené la liste,
leur dit-il en guise de bonjour, et aussi un gros sac à patates pour transporter nos achats. C’est quoi le plus urgent à votre avis ? Tant qu’on n’a pas tout le monde et qu’on n’a pas l’argent de M’sieur Eternit, on pourra pas acheter le cadeau principal, en tout cas, enfin je sais pas si vous êtes toujours d’accord, mais on s’était dits avec Loeva qu’on pourrait peut-être lui trouver un joli corset, une jolie robe ou un joli foulard de chez Ril’ Enflazio, vous savez, la boutique pour les gens avec des particules. D’ailleurs, elle est où Loeva ?

Il regarda autour de lui, de manière suspecte, de peur de croiser des cheveux rouges.

- Et les autres ? Vous savez qui vient quand ?



_______________


   

Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham | Shannon Seng

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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Lun 20 Mai 2013 - 0:18

Elle savait pas trop qui avait eu l'idée, mais elle pouvait qu'approuver.
Quand Halina lui avait dit, elle avait tout de suite voulu venir. Et puis, comme elle aimait bien Astra et les Teylus, ils avaient bien voulu qu'elle se joigne à eux. Bon, après, elle savait pas trop comment elle ferait, vu qu'ils comptaient fêter ça dans le dortoir des Teylus et que c'était interdit d'aller dans les dortoirs des autres maisons, mais ils étaient tous plein de ressources, ces gens là et elle leur faisait confiance.
Mais avant tout, pour faire un anniversaire surprise, il fallait des tas de choses et garder le secret et ça, c'était le plus dur, pour elle, parce qu'elle avait toujours du mal à ne pas avouer tout naturellement aux concernés et Astragal était concernée et elle lui parlait à chaque fois, elle devait se mordre les lèvres et à la fin, elle avait du acheter du baume.
Le plus simple, c'était d'éviter la rousse, bien sûr, mais c'était super compliqué aussi. Elle se forçait, là encore, mais c'était dur, surtout quand elle voyait Astragal seule et triste et qu'elle avait envie d'aller la voir et qu'elle devait pas. Là, elle serrait les poings et à la fin, elle avait du couper ses beaux ongles parce qu'ils faisaient des trous dans les paumes de ses mains.

Le rendez vous avait été fixé au surlendemain par Einar parce que c'était un peu lui qui supervisait et qu'Einar, il était doué, pour rassembler les gens. Le but, c'était de se retrouver dans le centre pour acheter les trucs pour organiser la finalisation et les détails et tout ça. Enfin bref, elle avait pas trop compris, mais elle avait écouté ce qui la concernait, autrement dit, amener le plus de sous possible et des idées, aussi, mais ça, elle comptait plutôt sur les autres parce que des idées, elle en avait plein, mais on lui disait rarement que c'était des bonnes idées, ses idées.

***

Fallait qu'elle demande, mais c'était franchement pas évident et elle osait pas parce que ça pouvait sembler indélicat et tout ça et que, franchement, il lui faisait confiance, elle avait pas envie qu'il croie qu'elle essayait de profiter de tout ça et puis, franchement, demander comme ça, c'était pas son genre.
Elle s'enfonça dans le tissu épais du fauteuil et heureusement qu'il était pas trop grand parce que sinon, elle se serait certainement noyée dedans.
C'était bien parce que c'était Astragal, hein, et qu'elle l'aimait bien.


Dites, Monsieur, on se demandait si... Enfin, vous voyez... C'est que c'est bientôt...

Duncan releva les yeux du gros volume relié qu'il lisait paisiblement dans le canapé de la bibliothèque pour poser son regard calme sur elle, par dessus ses petites lunettes.

C'est Astragal.

Elle lâcha cela comme si c'était une délation. Et c'était ça, dans un sens.

C'est bientôt qu'elle est née... enfin qu'elle est née depuis longtemps quoi.

Il la regardait étrangement, il devait bien attendre la suite et c'était normal, quand même, parce qu'il manquait quelque chose.

Ce sera son anniversaire et on veut lui faire une fête, on se demandait... Enfin, vous voyez ? Non... ?

Il avait un sourire gentil et il semblait que ça voulait dire qu'il avait compris, mais qu'il aurait aimé qu'elle le dise elle même. Bien gentil, mais elle oserait jamais, ça c'était certain.

Vous vous demandiez si vous aviez besoin de l'autorisation de l'Intendant et de l'appui des professeurs ?

Il avait l'air de bien s'amuser, en disant tout ça et on sentait bien qu'il jouait un peu avec ses nerfs. C'était pas méchant, de se part, mais bon, pour elle, c'était un peu dur, quand même, d'autant plus que rien que ça, elle avait eu du mal à le déballer, alors plus, ce serait un exploit.
Elle avala sa salive et ça fit un drôle de bruit comme si c'était un évier bouché qui avalait toute l'eau d'un coup. À mi chemin entre le blop et le gloups.


Pas vraiment, en fait, c'est que... Ben vous voyez, c'est pour ...la fête ? Dans le papier...

Sur le papier, là, elle était en train de s'emmêler complètement. Duncan avait un air complètement innocent et il la regardait avec des grands yeux brillants comme un enfant qui attend qu'on lui dise qu'il peut sortir.

Voulez vous que je lise ce papier ?

Dedans, elle avait un peu envie de pleurer. Enfin, c'était pas qu'elle était triste, mais elle avait comme ce poids, sur la poitrine, qui l'écrasait et elle arrivait pas à s'en débarrasser. Elle s'enfonçait à chaque seconde un peu plus dans le fauteuil.

Mais, euh... Nooon. Je voudrais juste vous demander... vous voyez, pour la fête, pour le... Cadeau, quoi ?

Oh, vous comptez offrir un cadeau à votre amie ? Quel cadeau, si ce n'est pas trop indiscret ?

Il lui sourit comme si il était content de l'idée et ses épaules à elle s'affaissèrent. Dame, c'était pas possible de pas réussir à tout lui déballer.

Je sais pas trop, mais Einar, il a dit que c'était super cher...

Il avait même dit qu'il fallait gratter les fonds de tiroir et ça, c'était bizarre, comme idée, parce qu'elle voyait vraiment pas comment ça allait les avancer. En plus, il y avait plein de choses, dans ses tiroirs, si il fallait qu'elle les vide, elle était pas rendue.

Oh, je comprends. Vous n'avez pas besoin de demander, voyons. De combien auriez-vous besoin ?

À cet instant, elle lui aurait sauté dans les bras, si elle n'avait pas eu autant de retenue. Heureusement qu'elle en avait, en fait, parce que Duncan était fragile, paraissait il, depuis son accident.

Oh, merci, c'est trop gentil de votre part. Vous comprenez que j'osais pas, n'est ce pas ? Ils ont pas dit de somme... Cinq galions !

Mais, je suis votre frère !

Dix galions.
Le moindre sou sera un beau cadeau, je pense... Comme vous voudrez.

Elle se redressa dans son fauteuil et elle sourit doucement. Parler argent, ce n'était pas son fort, mais c'était sa mission, en l'occurrence. Il sourit aussi, il semblait satisfait de sa réponse, apparemment, et puis il se leva, referma son livre et l'invita à le suivre.
Ils s'arrêtèrent dans une allée pour poser leurs lectures sur les rayonnages encombrés et il l'emmena à son bureau. Il fit face à l'imposant meuble de bois, déplaça une pile puis une autre de livres, trouva une clé sous un mouchoir et ouvrit le tiroir.

***

Sur le coup même, elle avait pas osé regarder combien il avait mis dans sa main, mais une chose était sûre, Einar, il serait content. Elle était directement passée dans sa chambre récupérer ses économies personnelles, sans desserrer la main bien sûr. Elle avait pris une chaussette bleue pour ses sous à elle et une violette pour ceux de Duncan, comme on lui avait dit de faire. Parce que certains disaient que les économies avaient tendance à s'envoler, des fois, ce qui était un peu absurde vu que c'était des grosses pièces très lourdes, mais bon, c'était pas elle qui décidait.
Elle avait fait des triples nœuds et elle avait enfin pu voir sa main, avec la paume qui était tout rouge et elle avait pu compter les sous de Duncan par effet indirect. Selon les empreintes, il y en avait au moins deux, des grosses pièces et cinq petites. Pour la somme, elle savait pas parce que la chair était pas assez marquée pour qu'elle puisse lire ce qui était écrit dessus.

Elle avait rangé les deux chaussettes dans son soutient gorge parce qu'elle avait lu que c'était comme ça qu'il fallait faire et ça lui faisait des seins énormes et avec une forme bizarre, mais c'était pas grave parce qu'avec une bonne veste, ça se verrait plus.

***

Elle avait confié son cheval aux écuries à l'entrée de la ville et elle avait vérifié bien discrètement que les sous s'étaient pas envolés. Tout était bien en place, alors elle serra les pans de sa veste. Rendez vous avait été fixé dans l'hypercentre, au niveau de la fontaine qu'elle était allée voir avec Ciléa, au bout de l'avenue des boutiques.
Elle pressa le pas. Certes elle était encore en avance, mais elle voulait à tout prix ne pas manquer le départ. Déjà qu'ils avaient eu la gentillesse de l'incorporer, ils allaient pas, en plus, l'attendre pendant des heures.

Devant la fontaine, il y avait déjà Halina et Kloa qui attendaient gentiment. Puis Einar hyper pas loin, qui arrivait avec des grands pas dynamiques. Il devait être content, si c'était son idée, et même si ça l'était pas, à la base, parce que ce qu'il avait fait avait super bien fonctionné.
Elle les rejoignit d'un pas léger. Elle était pas en retard alors plus vraiment la peine de trop se presser.
Einar racontait quelque chose et même si il l'avait pas vue arriver, elle voulait pas le déranger dans ses explications alors elle attendit un peu en retrait, derrière lui.


Les autres, je sais pas, mais moi, je suis là...

Il avait sursauté et elle eut un petit rire. C'était amusant parce qu'elle lui faisait souvent peur, à Einar, et pourtant, il était super courageux et elle, elle était pas réputé comme effrayante. Ou alors personne lui avait dit de peur de la vexer. Mais bon, quand même.
Cette fois ci, au moins, il l'avait pas prise pour un fantôme. Fallait dire, y avait quand même moins de raisons que la dernière fois. Un fantôme en plein jour sur la grande place d'Al Poll, ça aurait quand même été un comble.


J'ai les sous de Duncan et les miens, je dois te les donner ?

Il avait pas l'air de trop dire que oui, mais pas que non, quand même. Il avait certainement pas du y penser.

Vaudrait mieux que je te les donne, en fait, je les perdrai pas, comme ça.

Elle passa les mains dans les poches de sa cape et ne trouva rien. Moment de crise. Les avait elle perdus ? Sa peau perdit brusquement toute pigmentation. Là, c'était le summum de la honte. Plus personne ne lui ferait plus jamais confiance, certainement.
Et puis elle se souvient et le rouge monta à ses pommettes. Elle tourna le dos à ses camarades et retrouva les deux chaussettes et leur chargement. Tout était là et les nœuds tenaient bien. Elle se retourna vers Einar et elle lui tendit les trésors.


Voilà. On attend qui d'autre ?

Elle sourit aux filles et elle alla s'asseoir à coté d'elles, sur le rebord de la fontaine. Vivement que tout ça commence, elle avait hâte.



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Si c'était une fleur, bleue, pardi.


Apprenti Marchombre
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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Jeu 30 Mai 2013 - 9:14

Ses cils papillonnèrent du soleil qui le réveilla. Dans un premier geste de réflex, il fourra son crâne sous l’oreiller pour gagner quelques heures de sommeil en plus. Mais se redressa bien vite. Ce n’était pas qu’un jour de congé banal. C’était le jour des amis. Soudainement très alerte, la joie sur les lèvres, il s’étira et fit craquer son corps. Aujourd’hui était le jour des amis. Et donc un jour sans Dépression.
Parce qu’elle était revenue, la garce. Elle avait profité du moment opportun pour refaire surface. Et à nouveau il ne parvenait plus à s’en débarrasser. Les jours sans supplantaient les jours avec. Le jour des amis était un jour avec. Autant en profiter. Il ne verrait ni Anaïel, ni Ciléa. Et tant mieux. C’était à cause d’elle que la Dépression était revenue. Et pour cela il leur en voulait énormément, regrettant de n’être pas resté avec la troupe Fillibulle. Mais il avait offert trois ans de sa vie, et il en restait encore deux. Aussi devait-il respecter cette allégeance.
La tension était des plus palpables avec son mentor. Elle l’avait peut-être bien « sauvé », mais il ne l’en remerciait pas pour ça. Bien au contraire. Et le plus douloureux était de l’aimer. Encore et toujours. Mais de l’aimer à en souffrir. Chose qui alimentait plus qu’autre chose la Dépression. Depuis l’incident il ne l’avait que très peu revue. Les cours se passaient en silence, et professionnellement. Et il prenait un point d’honneur à fréquenter assidument Ciléa et ses amis Teylus, par pure provocation de liberté.
Il réveilla Noukas d’une caresse. Le chuchoteur se laissa cajoler, tentant de discerner l’humeur du jour de son maître. Il n’était pas facile d’être l’unique confident d’un dépressif. Aussi sautilla-t-il de joie en voyant le jeune homme se préparer avec une bonne humeur non feinte.

Ewall opta pour des vêtements souples, songeant qu’il lui faudrait trouver quelque chose de plus classe pour la soirée. En fouillant les placards, peut-être retrouverait-il sa tenue de bal. Si elle lui allait encore. Il avait pas mal grandi, et s’était musclé en un an. D’un autre côté l’argent lui manquait. Acrobate ne payait pas des masses, et il n’avait emporté que très peu d’économie. La fortune familiale ? Morte avec sa famille. Du moins pour lui. Et il se refusait à demander sa part à Ciléa. Il voulait la connaitre comme sœur. Pas s’en servir comme machine à sous. Il avait tout de même hésité, pour le cadeau d’Astra. Parce qu’il aimait beaucoup Astragal, elle était vraiment gentille et drôle. Mais il n’avait pas osé.
Aussi, dénicha-t-il sa petite bourse, rangée dans sa table de nuit. Il ne la cachait pas. Vu le peu de fortune, personne ne voudrait le voler. Il l’accrocha à sa ceinture, fier d’apporter sa pierre à l’édifice, même si toute petite pierre. Faudrait par contre réellement songer à trouver un travail à côté de son enseignement. Ou se décider à en parler à Ciléa.

Il prit le temps de marcher, calmement, même s’il n’était pas grandement en avance. Marcher en silence, en tentant de ne penser à rien d’autre que ses pieds sur le sol, l’aidait et lui faisait grand bien. La solitude faisait grand bien. Pas vraiment à lui, plus à la Dépression. Mais puisqu’elle faisait partie de lui, autant la combler.
En arrivant dans la rue où le rendez-vous était donné, il vit de suite, près de la fontaine, les premiers arrivés. Einar, bien entendu. Einar aussi était une chouette personne. Toujours de bonne humeur et attachant. Le type parfait pour lui faire tout oublier le temps de la journée de repos. Et puis Halina, Kloa et Gwëll. Il arriva à leur niveau avec un grand signe de la main et un sourire éclatant.

-Bonjour ! Toutes mes excuses pour le retard, j’espère que vous n’attendiez pas que moi.

Il était encore à l’Académie. Aucune décision n’avait été réellement prise. Mais pour l’instant il était encore un Teylus. En sursis, mais un Teylus. Alors autant en profiter un maximum. Aussi s’approcha-t-il des filles pour leur claquer deux bises sur les joues, et finit-il par serrer la main d’Einar. Puis il sortit sa bourse et donna toutes ses économies à Einar.

-Tiens, voici ma part pour Astra. C’est malheureusement tout ce dont je dispose.

Il aurait voulu donner plus, mais il n’avait à présent plus rien du tout. Donc plus d’autres choix que d’en parler à Ciléa. Il n’avait pas besoin de beaucoup, étant nourri, logé et blanchi, mais il craignait le moment où Aziel le mettrait dehors. Plus que le manque d’argent, il craignait de se retrouver seul avec Anaïel, sans échappatoires.

-Tu as une idée d’où aller, Einar ? Parce que je crois me souvenir d’une boutique vraiment géniale pour les articles de mode féminine.

Il sentit le regard inquisiteur des filles. Lui, l’Homme connaissant les boutiques de fille ?
Il rougit, conscient du qui proquo.


-C’est que…quand…quand j’étais dans ma troupe de saltimbanque…on…on voyageait beaucoup. Et une fille, une véritable férue de mode, dépensait toujours tout son argent gagné là-dedans.

Il se gratta la tête.

-Enfin, bref. Du coup je me disais qu’on pourrait y trouver de jolies choses pour notre Astra !

Il sourit, pensant à la tête que ferait sa camarade en découvrant la surprise. Il avait vraiment besoin de ça. De son sourire à elle. Et aux autres. Sinon quoi il allait s’effondrer d’un jour à l’autre. Et se laisser noyer. Encore une fois.
Sauf que cette fois-ci, Dofenn et Galoudryelle n’étaient pas là.




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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mer 5 Juin 2013 - 16:59

C'était Einar qui avait eu l'idée et, le moins qu'on puisse dire, c'était que c'était quand même une vachement bonne idée. Depuis quelques temps, il lui semblait pas aller trop trop bien, Einar, elle ne savait pas exactement pourquoi, juste une impression – mais, de toute manière, avec tous les ennuis avec Grand Siffleur et Hestia et Aziel, c'était en fait assez simple de se trouver des problèmes. C'était juste avec Halina et Astra qu'il souriait pour de vrai et, puisque ça allait justement bientôt être l'anniversaire de cette dernière, il avait proposé que les Teylus organisent une petite fête, juste pour elle, avec des cadeaux, des gâteaux et tout et tout. Enfin, ça, c'était lui qui l'avait précisé le « et tout et tout », parce que Kloa ne voyait pas trop ce qu'on pouvait trouver d'autre à une fête d'anniversaire. Mais, comme elle n'était pas une experte des fêtes d'anniversaire, elle avait préféré se taire et lui faire entièrement confiance. Pour une fois.

Le seul truc, c'était que ça devait, pour le moment, rester secret. Einar l'avait bien précisé : ce serait une surprise. Une vraie surprise. Une surprise juste pour Astragal. Pour que ça lui fasse encore plus plaisir. Et comme tout le monde l'aimait bien, Astra, tout le monde avait envie de lui faire plaisir, alors tout le monde avait fait des efforts. Et ça chuchotait derrière son dos quand elle passait dans les couloirs, et ça faisait des messes basses, le soir, dans la salle commune, lorsqu'elle était absente, et ça murmurait, et ça gloussait, et ça piaffait, avec l'impatience et l'excitation qui montaient de plus en plus tandis que le grand jour se rapprochait. D'ailleurs, parfois, Kloa se demandait comment l'apprentie combattante faisait pour ne rien remarquer et si, vraiment, elle ne suspectait pas que quelque chose se tramait à son insu, parce que cela lui paraissait tout sauf discret et naturel, ces sourires angéliques qui s'affichaient aussitôt qu'elle entrait dans une pièce et ces têtes qui s'écartaient précipitamment. Enfin, l'essentiel, c'était qu'elle continuait à ne se douter de rien. Et puis, Astragal n'était pas quelqu'un de trop parano, dans l'ensemble – enfin, sauf la concernant, bien entendu, mais c'était à présent de l'histoire ancienne.

Et ça préparait, et ça se rongeait les ongles, et ça réfléchissait. Kloa, quant à elle, suivait l'affaire à une distance raisonnable. Ni de trop loin, ni de trop près – juste ce qu'il fallait pour qu'elle s'implique vraiment tout en ne se prenant pas trop la tête. Et ça lui allait. Elle était bien. Tout simplement. Elle avait l'impression que l'organisation de cette fête surprise avait soudé Teylus, qui en avait bien besoin depuis les récents évènements, et que tous se disaient bonjour, le matin, avec un peu plus de chaleur, et comme une lumière dans les yeux et une invitation dans la voix. Les regards ne s'évitaient ni se fuyaient plus, les rires fusaient de nouveau, les sourires fleurissaient, bref, tout allait pour le mieux – comme un printemps tardif qui trouvait enfin son avènement dans la renaissance du soleil et l'éclosion des bourgeons.

Et puis, il y eut Gwëll. Gwëll, elle connaissait Astra, et puis Einar, et puis Halina, et puis elle, aussi, un peu. Gwëll, elle était gentille, pas forcément toujours très maligne ou très débrouillarde, mais gentille, sans aucun doute. Et comme à Teylus, on aimait les gens gentils, et qu'elle l'avait demandé exactement comme il fallait, eh bien elle avait été acceptée à la fête. Sous couvert de ne rien dire à Astragal, bien entendu. D'ailleurs, ils ne le regrettèrent pas puisque, un après-déjeuner, alors que Kloa s'apprêtait à rejoindre la salle d'armes, l'Aequor lui avait saisi le bras pour l'entraîner un peu à l'écart et, après s'être assurée qu'il n'y avait pas de cheveux roux sertis de perles bleues dans les parages, lui avait dit à toute vitesse que le prof de légendes était d'accord pour leur donner un peu d'argent. La guerrière ne le connaissait que de vue, un homme plus tout jeune à l'air à la fois sérieux et débonnaire – pas étonnant qu'il s'entende bien avec Gwëll. Le temps qu'elle la remercie, l'autre avait déjà disparu, et elle s'était empressée de communiquer la nouvelle à Einar.


Quelques jours plus tard, il leur annonça de but en blanc qu'il fallait maintenant qu'ils aillent acheter le cadeau – ou même les cadeaux, si c'était possible, mais cela dépendait principalement du coût et des sous qu'ils auraient à disposition. Il leur donna rendez-vous, à tous ceux qui voulaient venir, sur la grand-place d'Al-Poll, en milieu ou en fin d'après-midi, avec pour mission d'apporter le maximum d'argent possible – et toutes les idées de cadeaux seraient les bienvenues, avait-il rajouté. Kloa, elle n'en avait pas tant que ça, d'argent, mais elle avait quand même pris sa bourse et amassé toutes les piécettes triangulaires qu'elle avait à disposition. La somme totale n'était pas renversante, mais elle espérait pouvoir tout de même en tirer quelque chose de bien, qui plairait à Astra – comme des perles de toutes les couleurs, des petits bracelets, enfin, des trucs comme ça, quoi. Elle ignorait comment Einar ferait pour se débarrasser de la rouquine lorsqu'il devrait prendre le chemin de la ville mais ne lui avait pas posé de question. Le connaissant, il devait certainement avoir un plan tout prêt mûrement réfléchi dans sa tête ou alors, comme souvent, il irait au feeling. On ne pouvait jamais savoir avec lui. Heureusement, cela fonctionnait la plupart du temps.

À l'heure dite, elle prit donc le chemin de la cité, l'argent dans sa bourse et la bourse dans sa poche, en se demandant ce qui pourrait bien faire plaisir à Astragal. Mais peut-être aussi qu'ils feraient un cadeau collectif et, dans ce cas, elle savait pertinemment qu'elle n'aurait pas trop son mot dire. Elle n'était la mieux placée ni pour connaître les goûts d'Astra, ni pour savoir ce qu'aimaient les femmes, ce qui leur plaisait vraiment vraiment, qui faisait pétiller leurs yeux, briller leur regard et resplendir leur sourire. Parce qu'Astragal, malgré tout, était une fille, une vraie de vraie, une de celles qui adorent les corsets, les beaux tissus et les jolies robes. Tout ce qu'elle-même exécrait, en fait. Elle était plongée dans ce genre de réflexions lorsqu'une voix la tira de ses pensées. Se retournant, elle reconnut Halina qui marchait dans sa direction, et attendit qu'elle soit parvenue à sa hauteur avant de reprendre sa route. Elles parlèrent un peu, toutes les deux, d'Astra, de la fête, des cadeaux, et puis des anniversaires et des surprises en général. Quand elles arrivèrent au lieu de rendez-vous, il n'y avait encore personne, aussi choisirent-elles de s'installer à proximité de l'étal d'un marchand de cuir qu'elles entreprirent de détailler avec toute la discrétion possible. Ce fut dans cette attitude qu'Einar les trouva, quelques minutes plus tard, et, en guise de préambule, il leur parla de liste et de sac à patates. Kloa l'écouta sans ciller mais ses sourcils se froncèrent un peu à l'évocation du nom de la boutique Ril'Enflazio. Et, de fait, on pouvait difficilement trouver plus cher. Cependant, venant de Loeva, cela ne la surprenait guère. Car, si Loeva n'était pas noble à proprement parler, elle avait une allure de princesse et des envies de reine. Oh, elle l'aimait bien, Loeva, ce n'était pas le problème, mais elle soupçonnait fort que ces achats se révèleraient légèrement plus ruineux qu'ils n'y paraissaient au premier abord. À présent, il n'y avait plus qu'à espérer qu'ils auraient assez d'argent pour se fournir là-bas.

Einar venait de leur demander si elles savaient qui viendrait quand lorsque Gwëll surgit juste derrière lui et, comme il ne l'avait pas entendue arriver, il sursauta un peu quand elle prit la parole. Puis, après s'être retournée pour faire la Dame savait quoi, elle lui tendit deux chaussettes contenant certainement ses économies et les sous du prof, et le garçon la remercia en regardant d'un air bizarre sa poitrine qui avait brusquement dégonflé. Enfin, elle les rejoignit, Halina et elle, afin de s'assoir à côté d'elles sur le rebord de la fontaine avec des yeux qui brillaient. À nouveau, elle les interrogea, et Kloa se dit que, cette fois, elle devait leur répondre :

- Les autres ? Ben... je sais pas trop en fait. Loeva a dit qu'elle devrait venir, normalement, non ? 'Fin, je lui parle pas trop à Loeva, mais ça semblerait normal. Et puis... Lohan, elle s'entend bien avec Astra. Et... Le Général, aussi, peut-être ?

Gwëll haussa un sourcil, et elle allait lui expliquer que Le Général, c'était le surnom d'Ewall, lorsque Le Général en question arriva d'une démarche joyeuse et désinvolte. Einar, qui avait compris la leçon, se retourna aussitôt qu'il vit les trois filles répondre à la salutation du jeune homme qui par un sourire, qui par un geste de la main. Il avait l'air de bonne humeur, aujourd'hui, ce qui était plutôt rare ces derniers temps. A croire que la surprise qu'ils destinaient à Astragal les rendait heureux eux aussi. Ce qui était peut-être finalement le cas. Ayant versé le contenu de sa bourse dans la main du Teylus, l'apprenti marchombre leur conseilla une boutique de mode féminine d'un air tellement assuré que, un instant, Kloa se demanda comment il la connaissait. Prenant soudain conscience de ce que cela pouvait sous-entendre, Ewall se rattrapa comme il put en s'empourprant légèrement, et un long silence succéda à sa remarque. Elle ne se sentait pas la mieux à même de le rompre mais, comme personne ne se décidait à parler, elle ouvrit la bouche :

- Écoutez, j'propose quelque chose. Apparemment, y'en a déjà plein qui ont des idées pour le cadeau d'Astra, mais tout le monde n'est pas encore arrivé. Alors j'propose qu'un petit groupe aille en repérage pour les prix, les magasins, les articles – de préférence des gens qui connaissent bien les lieux, ou alors qui savent précisément ce qui pourrait lui convenir – et que les autres attendent les derniers retardataires. Et puis, on peut se donner rendez-vous ici dans, par exemple... une demi-heure ? Vous en dites quoi ?

Elle leur sourit, et en profita pour glisser ses modestes économies dans le poing d'Einar.


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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Lun 10 Juin 2013 - 19:22

Halina se rendait en ville pour préparer l’anniversaire d’Astragal comme le lui avait proposé Einar. Il avait géré sur ce coup, pour en parler à tout le monde sans que la jeune femme s’en rende compte. La surprise allait vraiment être à la hauteur. C’était une super idée du Teylus et il avait demandé à tous les Teylus de participer. Et aussi à Gwëll il lui semblait, vu que tout le monde l’aimait. Il avait invité presque tout le monde à venir à Al-Poll ce jour-là pour aller acheter le cadeau commun. Il leur avait assuré qu’Astra ne serait pas là et qu’ils seraient du coup tranquilles. Mais bon, elle se serait pas doutée qu’elle serait punie à ce moment exact mais bon, au moins ça leur permettait d’avoir le champs libre. Lorsqu’elle arriva sur le lieu du rendez-vous, la majorité du groupe était déjà là : Einar, Gwëll, Ewall et Kloa. Elle savait que Loeva devait venir aussi, et peut-être Lohan, mais pour les autres, pas de nouvelles. Elle les salua :


-Salut à tous ! Je suis en retard, désolée ! Tiens, je te donne ma participation pour le cadeau !


Elle sortit sa bourse et l’argent qu’elle avait mis de côté à cet effet. Elle le tendit à Einar avec un sourire franc. Elle trouvait son idée super sympa pour Astra. Faire la fête lui ferait du bien. Halina avait l’impression qu’elle ressassait l’évènement avec Hestia et qu’elle culpabilisait. Mais bon, personne ne doutait qu’il s’agissait d’un accident et qu’elle n’était en rien responsable. Mais bon, on ne changeait pas la jeune femme comme ça. Et cet anniversaire pourrait lui faire du bien. Halina se dit qu’elle arriverait peut-être à négocier avec le cuisinier pour avoir un beau gâteau pour son amie. Il faudrait qu’elle creuse dans cette direction. Halina sourit et demanda :


-Vous voulez aller où alors ?


On lui répondit par la boutique du Trésorier pour acheter une robe, un corset ou un foulard. La guerrière espérait juste qu’ils aient assez d’argent pour ça, parce que ça coûtait un bras les fringues chez lui et que c’était pas possible de négocier avec les vendeurs comme avec d’autres artisans. Mais c’était vrai que ce qu’on trouvait dans la boutique correspondait complètement au style de leur amie. C’était raffiné et féminin. Leurs corset étaient vraiment magnifiques et leurs robes encore plus. Mais bon, une robe ne lui servirait pas trop à Astra avec l’uniforme obligatoire. Alors que le corset, elle pouvait le porter sous l’uniforme à sa guise. M’enfin, tout lui plairait, la connaissant. Les tissus et les couleurs semblaient la fasciner. Elle se souvint qu’elle parlait souvent avec Einar de redécorer la salle commune des Teylus. Qui était un peu trop Corbac à leur goût. Halina se souvenait avoir acheté là-bas sa robe pour le Bal après la reprise. Une robe plutôt simple qui lui avait coûté cher, mais le jeu en valait la chandelle. Elle avait été complètement à tomber dans cette robe. Grâce aux conseils avisés de Loeva entre autres.


-Ah chez Ril’Enflazio ! J’ai justement croisé Enelyë qui y allait avec son père tout à l’heure ! Si ça se trouve, on va la croiser !


Elle aimait bien Enelyë, même si elle ne la comprenait pas toujours. Son vrai père était mort. Elle s’était faite adoptée par le Trésorier. Elle trainait avec Elio. Elle n’avait pas bronché à la relation entre sa prof de Dessin et son père adoptif. Parfois, elle faisait preuve de beaucoup de caractère et parfois, la Teylus avait l’impression qu’elle se laissait marcher sur les pieds sans rien dire. C’était bizarre. Mais bon, ça devait faire partie de son caractère. M’enfin, elle avait bien choisi son coup en prenant Varsgorn pour père. Il était riche et célèbre. Soit disant qu’il ne traînait plus avec le Chaos, mais Halina n’en croyait pas un mot. Un homme comme ça ne change pas du jour au lendemain. Il voudra toute sa vie être le plus fort dans la manipulation et la discrétion. Il n’arrêterait pas d’être le Fantôme qu’il était. Qui savait si c’était pas à cause de son égo ou du Chaos qu’il avait perdu son œil ? En tous cas, la Teylus avait envie de féliciter le responsable. Elle avait bien eu envie de le faire elle-même. Elle eut un court sourire pensif avant de lancer à la ronde :


-Alors, on y va ? Loeva va savoir qu’on va aller dans cette boutique je pense, elle connait bien Astra !... Ou si vous voulez je vais l’attendre là ! Et on vous retrouve à la boutique, ce sera plus simple !


Le groupe acquiesça et elle s’assit sur la margelle de la fontaine. Pendant ce temps-là le groupe prit la ruelle qui menait à la boutique de Ril’Enflazio. Halina espérait que la Teylus ne mettrait pas trop de temps pour arriver pour que les autres ne choisissent pas sans elles.




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mar 11 Juin 2013 - 1:16

C’était pas qu’il aimait pas Ewall, hein au contraire.
C’est juste qu’il avait presque espéré qu’il aurait un empêchement ou qu’il serait pas là.
Mais il l’aimait bien, hein. Juste un peu plus loin, c’était pas rationnel, c’est vrai, mais quand il était là, Ewall, il avait tendance à attirer tous les regards, surtout un regard en particulier, et Einar trouvait ça pas juste, à la longue.
Par contre, ça le toucha quand même beaucoup qu’il ait donné toutes ses économies, il connaissait pas grand choses aux saltimbanques mais s’ils étaient riches, ils feraient les saltimbanques dans des manoirs et pas dans les rues. Bon, ok, par rapport à la véritable fortune que Gwëll avait ramené de la part de M’sieur Eternit, ça faisait pâle figure, mais c’était l’intention qui comptait. De toute manière, lui, il devait avoir moins du dixième de tout ça à tout casser.
La bourse rebondie de M’sieur Eternit lui brûlait presque les mains tellement ça lui était pas familier d’avoir autant d’argent dans les mains. Il se sentait pas apte, pas fait pour gérer tout cet argent, il voulut tendre le butin à Ewall, mais il refusa. Einar se retrouva donc trésorier d’une mini-fortune qui ne lui appartenait pas, et qu’il n’était pas né pour gérer.

Puis arrivèrent Kloa et Halina, et avec elles, une cascade de petites pièces en plus qui emplirent ses mains. Le problème c’est qu’il eut pas le temps de tout bien séparer dans des petits sachets différents pour pouvoir compter ce que tout le monde avait amené, et Einar, en désespoir de cause, ouvrit une des bourses toutes brodées toutes jolies de M’sieur Eternit, celle qui était la moins remplie, et y mit toutes les pièces de tout le monde. Et comme ça tenait pas, il mit le reste dans sa poche, en espérant que c’était pas une poche trouée.

Personne avait demandé pour Astragal, et étrangement, ça rassura Einar, qu’on lui demande pas où elle était. Sinon, il aurait fondu en larmes sur l’instant, tellement il se sentait horrible et horriblement coupable.

- C’que je propose, vu qu’Halina reste pour attendre Loeva, c’est qu’on s’mette en deux groupes pour l’instant, genre…. Gwëll et Kloa, vous allez voir à la boutique de Ril’ Enflazio faire du repérage, vous vous y connaissez mieux que nous en vêtements de grandes personnes pour dames de cour.


Il jeta un regard au Général en coin.

- Et avec toi Ewall, on va au magazin dont tu parlais, et on essaie de lui repérer aussi un truc joli aussi ?


Etonnement, il préférait garder le Général à l’œil. Déjà, pour savoir s’il savait des trucs sur les goûts d’Astragal, et s’il devait s’inquiéter qu’elle lui ait dit ses goûts. Et aussi… ouais, juste parce qu’il voulait le garder près de lui, histoire qu’il aille pas trouver le cadeau du siècle sans lui, et qu’il soit pas encore le meilleur dans tout ça.

- Tiens Gwëll on s’partage les bourses et le reste en deux, comme ça si jamais M’sieur Ril’ Enflazio fait des soldes, vous pouvez sauter dessus avant tout le monde.

Accessoirement, ça le déstressait un peu d'avoir un peu moins d'argent sur lui, il culpabilisait presque d'avoir plus dans les mains que ce que Papa gagnait en plusieurs années.
Ewall l’entraina dans un coin de la ville qu’il connaissait moins. Ils passèrent devant le Serpent Blanc, et Einar se retint de raconter l’histoire qui lui était arrivé dans ce beau restaurant à Ewall. Ewall ne le croirait pas, de toute manière. La boutique était dans le quartier riche, elle aussi, mais pas du tout dans le même coin que la boutique Enflazio, comme s’il fallait pas faire concurrence. Le premier truc qui choqua Einar, c’est que ça regorgeait de dentelles. Le deuxième, c’est que ça regorgeait de froufrous. Le troisième, c’est que ça regorgeait de servantes et de dames de compagnie qui faisaient leurs emplettes pour les vieilles dames nobles qui les employaient.

- .. T’es sûr qu’on peut entrer là-dedans ? J’veux dire, on n’a pas l’air de vieilles dames. Si on entre, tu passes devant.

Comme ça, c’est toi qui te fera jeter en premier si on n’a pas le droit d’entrer. Il suivit son camarade Teylus de près quand ils entrèrent dans cet univers complètement différent du sien.
Le regard d’Einar se porta sur à peu près tous les mannequins de bois, et il devait avouer qu’il y avait les plus beaux tissus et les plus beaux vêtements qu’il avait jamais vus.
Imaginer qu’Astragal serait super belle dedans lui amena le rouge aux joues. Le regard du « Général » croisa le sien à ce moment-là. Détournant le regard, il hasarda d'une voix qu'il espérait détachée et assurée :

- Tu la trouves jolie, Astragal ?



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Jeu 4 Juil 2013 - 0:21

La jeune femme commençait enfin à se sentir chez elle à l’Académie, à sentir qu’il y avait des gens qui s’intéressaient à elle, qui tenait un minimum à elle, et pas seulement pour connaître le secret de ses beaux cheveux – quoique Astra hein /PAN – et c’était assez étrange, assez nouveau comme sensation. Se sentir entourée. Se sentir appréciée. Elle discutait de temps à autres avec quelques personnes, avant même, enfin après être rentrée d’Eoliane quoi. Même si avant aussi elle connaissait quelques gens. Mais elle avait toujours été du genre plutôt solitaire depuis qu’elle était à l’Académie. Enfin, si on oublie le groupe de filles qui la suivait hypocritement aux cours de Dessins.

Avant Astra, sans compter Ene, le plus long qu’elle avait dû discuter avec quelqu’un c’était peut-être bien Halina, quand elle lui avait conseillé d’acheter la jolie petite robe qu’elle avait mise lors de la Coupe. Bon, elle était chère, mais elle était vraiment super belle dedans. Kirf avait dû être content.

Et puis sinon… Elle ne se souvenait plus trop. Elle essayait de ne pas trop penser à cette période en fait. De se concentrer sur le présent pour changer. Parce que rien que le fait d’être conviée à l’organisation de la fête secrète pour Astra c’était un peu magique pour elle. Bon, d’accord c’était un peu Einar et elle qui avaient eu l’idée, mais même. Il aurait pu l’évincer, lui demander d’occuper Astra ou quelque chose du genre. Enfin l’évincer non, c’était pas le genre d’Einar. Il était tout gentil Einar.

Mais là, se retrouver à faire partie du groupe qui allait chercher le gros cadeau pour Astra c’était… Magique. Vraiment. Elle avait réellement l’impression de faire partie du groupe. De faire partie des Teylus. Comme si c’était une grande famille. Et pas une famille comme la sienne, où les grands frères ignoraient les petites sœurs sauf en de rares occasions. Et par rares occasions j’entends la mort qui risque de se pointer. Bref.

Elle avait passé des jours à chercher toutes les pièces qu’elles avaient cachées un peu partout. Et mine de rien, ça faisait une belle petite somme pour une roturière. En même temps ça faisait longtemps qu’elle s’était pas achetée quoique ce soit, et puis elle arrivait toujours à négocier un peu, son physique aidant.

Sauf qu’elle avait passé tant de temps à chercher sa petite monnaie qu’elle était en retard. Elle se transformait en Gwëll ma parole, aussi boulette qu’elle /PAN D’une certaine manière c’était pas forcément si grave que ça, si les gardes voyaient tout un groupe sortir en même temps de l’Académie ça paraitrait suspect, non ? Ce serait un peu étrange. Alors que là, ils partaient tous au goute à goute, enfin c’était ce qui était prévu plus ou moins tacitement. Elle espérait juste ne pas être la dernière à arriver.

Elle se dépêcha autant qu’elle le pu, mais n’étant pas plus sportive qu’à ses dix ans, se résigna à marcher vite plutôt qu’à tenter de courir pour se retrouver à bout de souffle trois mètres plus loin et devoir avancer au ralenti.

Du coup elle tentait d’aller le plus vite possible, mais sans courir. Et tout en marchant elle pensait à ce qu’elle allait bien pouvoir trouver pour Astra dans la boutique du père adoptif d’Ene par exemple. A force elle la connaissait plutôt bien cette boutique. Tout dépendrait du budget du groupe, mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il soit très élevé. Après, s’ils trouvaient quelque chose d’assez simple mais d’une jolie forme et qui correspondrait à Astra, elle pourrait toujours passer dans la petite boutique de couture qu’elle connaissait bien aussi et où elle trouverait sûrement quelque chose pour rendre l’habit plus personnel, plus Astra. Parce qu’elle avait tout de même un style assez particulier Astra. Avec ses perles dans les cheveux et son histoire de surveiller les enfants en leur mettant les perles ratées, pour qu’ils se sentent libre tout en pouvant garder un œil sur eux. Avec sa passion pour ses boucles à elles, et pour toutes les choses jolies. Oh, et les corsets, elle aimait beaucoup les corsets. Et elle aimait beaucoup les couleurs aussi.

Enfin, Astra aimait beaucoup de choses, ils devraient bien trouver leur bonheur en ces quelques heures qu’ils s’étaient donnés.

Elle arriva finalement sur le lieu de rendez-vous en… retard ? Ou en avance ? Il n’y avait qu’Halina, ou il n’y avait plus qu’Halina peut-être. Cela semblait plus plausible.


- Je suis vraiment en retard non ? Désolée. Tu m’as attendue ? C’est vraiment gentil.

Et elle le pensait vraiment, ça l’étonnait toujours Loeva, que l’on puisse faire un geste désintéressé comme ça. Surtout envers elle. Entre les autres oui. Mais pourquoi envers elles ? Elles n’étaient pas particulièrement proches l’une de l’autre et pourtant, elle l’avait attendue. Si elle la connaissait un peu plus elle l’aurait presque prise dans ses bras.

Halina lui expliqua rapidement qu’ils s’étaient divisés en deux groupes et qu’ils avaient divisés les bourses en deux aussi. Qu’Einar et Ewall étaient partis dans un magasin inconnu et Gwëll et Kloa étaient allées voir chez les Ril’Enflazio. Gwëll ? Elle était pas Aequor elle ? Enfin, qu’importait, elle avait l’air gentille. Et puis même s’ils faisaient la fête chez les Teylus ils pourraient toujours trouver le moyen de faire rentrer une personne discrètement.

Elles décidèrent donc de retrouver Gwëll et Kloa parce que… Bah des deux c’était le seul magasin qu’elles connaissaient, donc c’était plus simple pour le trouver évidemment. Et elles se mirent en route sans plus tarder, discutant de quel cadeau pourrait plaire le plus à Astra.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mar 9 Juil 2013 - 8:18

Par la Dame, par le Dragon, par le Dragon de la Dame, par la Dame du Dragon, pas elle, non, non, non, non ! Eh bien, si. Pourtant, elle avait essayé de s'en dépatouiller sans trop de dommages collatéraux. L'idée des groupes, toussa, si elle l'avait eu, c'était en grande partie pour se proposer pour attendre ceux qui restaient encore à arriver. Et plus il y en avait, mieux c'était. Sauf que voilà. Halina l'avait prise de court et Einar, sans demander son avis à personne, avait scindé les élèves restants en deux groupes de deux personnes chacun - ben oui, il restait quatre personnes, enfin cinq en comptant Halina, du coup c'était logique, même si Kloa n'avait jamais été très douée pour le calcul mental. Comme par hasard, elle était tombée sur Gwëll, la seule non-Teylus de toute la galaxie alavirienne à participer à la fête d'Astragal. Mais, surtout, surtout... On leur avait assigné la boutique Ril'Enflazio. Genre, le top des magasins de luxe, quoi, avec des robes et des bijoux et des mannequins et des dames partout, partout, partout. L'enfer. Pas qu'elle fût déjà entrée dans ce genre de magasins, bien sûr. Enfin, si, une fois, avec sa mère, mais elle était petite, alors ça comptait pas vraiment. En plus, les seules choses dont elle se souvenait avec netteté étaient le bruit des conversations feutrées, la douceur des tissus sous ses doigts, un véritable débordement de couleurs et une odeur sucrée indéfinissable, tout à fait écoeurante, à mi-chemin entre le miel et la vanille.

Ce faisant, Einar avait donné la moitié du contenu des bourses à Gwëll et l'Aequor l'attendait, déjà dans la rue, avec un petit sourire patient. Kloa soupira et lui emboîta le pas tout en se demandant, dans un coin de sa tête, si la jeune fille était du genre à contempler des gravures de mode en secret sous sa couette à la lueur vacillante d'une bougie. Ça l'aurait un peu étonnée mais, d'un autre côté, elle ne pouvait pas trop vérifier vu qu'elles n'appartenaient pas à la même Maison. Les pavés claquaient sous leurs pas tandis que l'apprentie Dessinatrice la guidait dans un entrelacs de ruelles pour la plupart peu fréquentées, visiblement songeuse. Au moins,elle connaissait le chemin - la combattante n'aurait pas pu en dire autant. Et puis, le choc. Parce que la boutique Ril'Enflazio, c'était à la fois une boutique et pas vraiment une boutique. Une boutique parce qu'on y vendait des trucs, bien sûr - même s'il s'agissait, en l'occurrence, de trucs parfaitement inutiles. Et pas une boutique, parce que... c'était bien plus grand qu'une simple boutique. En longueur mais en largeur, aussi - si ça se trouvait, il y avait même des étages. Et puis, en plus d'être gigantesque, Kloa avait l'impression de n'avoir jamais rencontré autant de monde amassé dans un même endroit. Des femmes, pour la plupart, bien sûr. De jolies femmes avec de jolies chaussures, de jolis manteaux et de jolis chapeaux. Un cauchemar. En un sens, c'était encore plus effrayant qu'une horde de Raïs prêts à vous enfoncer leur épée dans le ventre, la gorge, ou toute autre partie vitale. La jeune femme déglutit péniblement et, les yeux toujours fixés sur les portes prises sous l'assaut d'une véritable marée humaine, mit plusieurs secondes à réaliser que Gwëll, qui s'était tout d'abord arrêtée à ses côtés, avait vaillamment repris sa route. Elle jura entre ses dents. Plus aucune chance de rebrousser chemin, à présent. Heureusement, l'uniforme de sa compagne se repérait bien, même parmi la masse de gens et la masse de vêtements encore plus importante, si cela était possible. L'apprentie combattante pénétra à sa suite dans le magasin, tête baissée, puis se tourna vers elle dans l'espoir de découvrir une lueur similaire à la sienne dans son regard - de l'horreur, du dégoût, de la panique, de la perplexité, peut-être ? Hélas, le sien ressemblait plutôt à celui d'un enfant qui vient de voir en personne le Père Noël, Peter Pan ou la fée Clochette descendre par le conduit de sa cheminée. Comment, vous ne connaissez pas la fée Clochette ? Ni le Père Noël ? Et Peter Pan, alors ? Un moment, elle se demanda si elle était déjà entrée dans le domaine des Ril'Enflazio avant ce jour et, si c'était le cas, pourquoi elle arborait ce sourire lumineux de stupeur et d'émerveillement mêlés. De toute manière, Gwëll était du genre à se stupéfier pour toutes sortes de choses, même celles qu'elle connaissait déjà.


- Bon. Et... maintenant ?

La détresse dans sa voix était perceptible et elle se mordit la langue. L'autre ne répondit pas tout de suite, aussi se sentit-elle obligée de préciser :

- Je veux dire... Tu sais ce qui pourrait plaire à Astra ? 'Fin, lui plaire tout en ne coûtant pas trop cher ? rajouta-t-elle lorsque ses yeux tombèrent sur une étiquette allant de paire avec une jupe si vaporeuse qu'on aurait dit un morceau de nuage - plus que ce qu'elle n'aurait jamais et n'avait jamais eu.

Gwëll croisa son regard et elle réalisa tout à coup qu'elle semblait à présent tout aussi désemparée qu'elle. Trop de choses. Trop de monde. Trop de bruit. Trop de tout. Trop de trop. Kloa eut chaud, soudain, très chaud, et éprouva l'envie éperdue de quitter la boutique pour ne plus jamais y remettre les pieds de toute sa vie entière. C'était d'ailleurs ce qu'elle aurait certainement fini par mettre à exécution, anniversaire ou pas, cadeau ou pas, surprise ou pas, Astragal ou pas, si deux silhouettes n'avaient fendu la foule dans leur direction. Une blonde et une brune, toutes deux endossant le sempiternel habit noir. Loeva et Halina. Lorsqu'elles furent arrivées à leur hauteur, Kloa les salua d'un sourire d'où pointait le soulagement. Elles étaient sauvées. Enfin, pour l'instant.


- Vous connaissez un peu le coin ? Elles lui jetèrent un regard bizarre et elle se dit tout d'un coup que tout le monde devait connaître le magasin. Tout le monde, sauf elle, évidemment. Ben, dans ce cas... reprit-elle, mal à l'aise, en dégageant une mèche auburn de son front. Peut-être que l'une de vous pourrait nous faire visiter un peu ? Enfin, me faire visiter un peu se reprit-elle en lançant un coup d'oeil à Gwëll. Elle ignorait toujours si c'était une habituée des lieux mais ne souhaitait en aucun cas la vexer.

Bien entendu, l'idéal aurait sans doute été que les trois filles fassent du shopping sans elle, mais elle avait comme un doute sur leurs réactions respectives si elle leur en faisait la proposition. Et puis, c'était ou la boutique Ril'Enflazio, ou le magasin du Général ou faire le pied de grue dehors à attendre que chacun ait fini ses courses. Alors, à tout prendre... Elle espérait simplement que cela ne durerait pas trop longtemps.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Jeu 11 Juil 2013 - 15:02

Tandis que le groupe décidait de quoi faire en attendant les retardataires, Ewall, lui, se taisait. Ce qui pouvait d’ailleurs surprendre, lui qui avait hérité du surnom du Général. Mais il n’avait pas la tête à mener les troupes, surtout qu’en l’occurrence, aujourd’hui, le chef c’était Einar. C’était lui qui avait tout ça pour Astragal. L’apprenti marchombre en aurait presque oublié l’anniversaire de son ami tellement il était ailleurs. Les derniers mots hurlés au visage d’Anaïel le pesaient, et il ne savait quoi faire à présent. Déjà, se concentrer sur la journée et sur ses amis. Ne surtout pas leur montrer sa Dépression. Généralement elle fait plutôt fuir. Il se contenta donc de hocher la tête aux propositions, acceptant sans broncher de partir seul avec Einar. Il l’appréciait vraiment. Peut-être en profiterait-il pour se confier, entre hommes ?

Il dut toutefois tenir son rôle de guide pour amener son ami dans la rue où il se souvenait avoir vu la boutique. Très vite, au cours des ruelles, l’ambiance se transforma et ils rencontrèrent la classe aisée d’Al Poll. En voyant toutes ses dames et messieurs bien vêtus, il ne put que penser à sa sœur, et à sa famille morte. Il aurait du faire parti de ces gens, dévisageant les deux jeunes hommes qui s’avançaient timidement face aux regards étonnés et hautains. Aurait du ne voulait pas dire aurait voulu, mais noble et riche, il aurait pu offrir un magasin entier à Astragal. Il jeta des coups d’œil au combattant qui ne semblait pas à l’aise non plus. Tout ceci n’était pas leur monde. Et pourtant il en portait la particule. En y repensant, aucun de ses camarades ne l’avait jamais questionné sur son nom. Tous devaient se douter de son lien avec Ciléa, mais pas un mot ne lui était venu aux oreilles quant au fait qu’il était saltimbanque. Et pour cela, il leur en était reconnaissant. Ils étaient ses amis. Point. Et s’il avait envie de leur en parler, il leur en parlait. C’était aussi simple que cela. Peut-être était-ce en grande partie à cause de cela qu’Ewall ne voulait pas partir. Être avec les Teylus revenait à être Ewall, tout simplement. L’ Ewall Gaerson d’antan, le funambule et acrobate qui courrait les rues avec Dofenn et Galou.

Ils arrivèrent devant la boutique avec le même silence. Et Einar se défila, ce qui fit sourire Ewall. Le croyait-il donc plus expérimenté que lui en matière de dentelles et de femmes ? Pas des masses. Et son expérience avec Anaïel avait un vieux goût amer à présent. Il ne se sentait pas plus homme que ceux de l’Académie. Au contraire. Il poussa donc la porte du magasin, laissant retentir la cloche de celui-ci. Il entra d’un pas décidé afin que le garçon le suive. Il ne fallut pas une seconde de plus pour que tous les regards se tournent vers eux. Et ils avaient l’embarras du choix. Dédain de noble. Moquerie des vieilles dames. Gloussements et ragots  des plus jeunes. Et grand sourire plein de sous-entendu des vendeuses. Le jeune noble déglutit et tenta un faible sourire de bonjour. Puis il suivit le regard d’Einar qui ne savait où donner de la tête devant la multitude de produits et mannequins. Il s’apprêtait à lui demander par où il voulait commencer, mais son camarade le devança avec une question qui le désarçonna complètement.
Astragal ? Jolie ? Il lui rendit un regard rond comme des billes, bouche entrouverte et l’une des narines retroussée.


-Que…Quoi ?!

Il sentait encore l’attention des autres clientes et marchandes sur eux, et il ne savait franchement pas quoi répondre. A vrai dire, il n’y avait jamais réfléchit. Astragal était une chouette fille, et il aimait bien parler avec elle. Il se souvint alors du banquet du tournoi des trois maisons et de sa robe. Il l’avait alors trouvé très jolie, et le lui avait même dit. De son souvenir, en tous cas. Le fait de s’être réconcilié avec sa sœur juste après avait pris le dessus de l’importance de la mémoire.

-Ben…je ne sais pas. Enfin, oui, si, elle est jolie, Astra. Loeva aussi est une très jolie fille. En fait, l’Académie doit être plein de jolies filles si on regarde vraiment, je suppose. Mais, je n’y ai jamais vraiment fait attention. Pourquoi tu me demandes ça ?

Il vit alors que les joues d’Einar avaient quelque peu rougies et il fronça les sourcils, tentant de comprendre. L’hésitation qui suivit du teylus le fit comprendre soudainement. Du moins, il croyait, n’était pas sûr. Et du coup, n’osait pas poser la question. Le garçon se vexerait-il s’il lui demandait ? Il n’eut pas le temps de se décider qu’une vendeuse les aborda.

-Je peux vous aider, mes mignons ?


Ewall tourna la tête pour la voir et en resta pétrifié. Elle était vêtue d’une robe plus grosse qu’elle pourvu d’un décolleté si plongeant qu’on pouvait voir qu’elle possédait sans aucun doute la plus grosse poitrine de Gwendalavir.

-Et bien…euh…On…Un cadeau ! Pour une amie.

Ses pupilles vertes cherchèrent celles d ’Einar au mot amie, mais il fut déconcentré par le gloussement de la femme.

-Une amie, hein ? Quelle veinarde d’avoir deux beaux morceaux comme vous ! Suivez-moi, j’ai ce qu’il vous faut !


Rouges de hontes, ils la suivirent vers l’arrière de la boutique, gardant le même silence gêné. A présent Ewall ne souhaitait qu’une chose : sortir au plus vite de cet enfer.
La commerçante leur désigna un étalage de lingerie et leur sortit une des plus belles pièces. Un porte-jarretelle, accompagné du haut assorti. Tous deux en dentelles et soie aux couleurs chair et noir, qui n’appelaient qu’à être portés et touchés. De rouge, le visage d'Ewall passa à cramoisi. Il n'avait vu ce genre de chose qu'en vitrine, sur des mannequins. Jamais il ne les avait autant approchées.


-Vous connaissez ses mensurations ?

Ewall et Einar se dévisagèrent. Ah oui, tiens, tu connais ses mensurations, toi ?


_______________

Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Lun 15 Juil 2013 - 1:10

Loeva retrouva Halina au lieu de rendez-vous sans se rendre compte qu’elle était en retard mais ça ne dérangeait pas la jeune femme, elle avait pu en profiter pour réfléchir un peu à ce qu’elle pensait être le mieux pour leur amie. Au final, elle n’avait pas vraiment trouvé ce qu’elle pensait être « Le » cadeau miracle mais au moins, elle avait déterminé dans quoi elle ne voyait pas DU TOUT Astragal. Genre une robe meringue ou des trucs avec trop de dentelles bizarres. Mais en même temps, elle devait se faire une raison, elle n’était pas seule à choisir et ce serait la voix de la majorité qui l’emporterait. M’enfin, elle trouvait ça vraiment cool de chercher un truc pour leur amie, de s’interroger sur ce qui lui plairait le plus et de se confronter aux goûts des autres. Surtout qu’il y avait deux garçons dans le groupe. Et puis qu’acheter sans essayer ça allait être difficile. Parce que bon, si ça ne plaisait pas à Astra ils étaient dans le caca. Ou peut-être que les boutique faisaient des échanges si ça ne convenait pas…
 

D’un commun accord, elles se rendirent à la boutique Ril’Enflazio, qu’elles connaissaient déjà. Pour aider Kloa et Gwëll dans leurs choix. Et puis aussi parce qu’elles aimaient bien toutes les deux ce qu’il faisait comme modèles. Les deux Teylus finirent par arriver sur place et entrer dans la boutique. Elles y trouvèrent une Kloa désemparée et une Gwëll émerveillée. Ah, elles avaient donc pas été très efficaces durant leur absence dis donc. Ca fit sourire Halina. Elle se sentait bien là. Même si elle était pas Noble et qu’elle avait pas assez de sous pour acheter même pas un dixième d’une de ses robes. Mais bon, elle avait appris à entrer ici la tête haute et à ne pas se faire rembarrer par les vendeuses sous prétexte qu’elle ne convenait pas à l’image de la marque.  Finalement, Kloa posa une question à laquelle la guerrière pouvait répondre sans problème :
 

-Ben, je suis venue plusieurs fois baver sur la vitrine, je suis entrée deux fois à l’intérieur et j’ai jamais eu assez de sous pour acheter quoi que ce soit.
 

Elles semblèrent la regarder d’un air déçu, Kloa esquissa même un mouvement de recul vers la sortie, comme pour se sauver mais Halina continua en souriant :

 
-Mais, je pense qu’avec ce qu’on a là, on va pouvoir trouver quelque chose.


Comme certaines n’avaient jamais vu cette boutique, elle décida de faire le guide pour pas embêter les vendeuses. Elle préférait leur expliquer à l’entrée que dans la foule entre les rayonnages. Là à quatre elles n’étaient pas trop dérangées et pouvaient parler un temps à leur guise. Puis elles pourraient partir à la recherche de la perle rare pour Astra. Elle commença donc par montrer la gauche du magasin en expliquant :
 

-Bon, là c’est le coin avec les robes complètes, on peut y jeter un œil mais ça m’étonnerait que ça soit dans nos moyens. Ou alors, il faudra combiner aussi l’autre bourse qu’à Einar….
 

Mais bon, elle ne savait pas où ils étaient les deux garçons et s’ils allaient trouver quelque chose qui leur conviendrait. Et c’était même pas sûr que tout l’argent combiné leur permette d’acheter un des modèles exposés là. En effet, plus il y avait de tissus plus c’était cher. Et ici, comme on utilisait des matériau de qualité supérieure les prix s’envolaient vite. Ce qui n’étonnait pas Halina de la part du Trésorier impitoyable de l’Académie. Ensuite, elle montra la droite du magasin et le plus en avant vers la vitrine.
 

-Là ce sont les jupes, on peut trouver quelque chose qui lui plaira je pense.

 
Cette fois, elle montra le fond à droite de la boutique, non loin des cabines. Il y avait beaucoup de monde à cet endroit et les vendeuses semblaient courir partout.
 

-Là les corsets. Ici on peut trouver notre bonheur, elle adore ça je crois, n’est-ce pas Loeva ?

 
Elle préférait demander confirmation à la Teylus vu le temps que les deux passaient à parler fringues. Ce qui n’était pas vraiment un des points forts de la guerrière. Même s’il lui arrivait de parler tissus avec Einar et Astra, elle n’était pas de plus passionnée du sujet. Du coup, elle se confrontait à l’experte en la matière : Loeva et sa classe toujours incroyable. Même dans l’uniforme, elle avait la classe. Elle avait même cru comprendre que la jeune femme avec recousu son unfiorme de man ière à ce qu’il tombe au bon endroit sur ses hanches et la mette en valeur. Les filles pouvaient bien voir les cabines d’essayage tout au fond de la boutique. Enfin, elle pointa le doigt sur les escaliers qui montaient en colimaçon :
 

-Et à l’étage c’est pour les hommes, donc ça nous concerne pas !
 

Si elle savait. Mais elle ne savait pas. Du coup, sa phrase était sensée. Elle clôtura son exposé par une question :
 

-Alors, on commence par quoi ?


_______________

             
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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Ven 19 Juil 2013 - 23:31

Bon, déjà, les sous seraient pas perdus et c'était une bonne chose de faite. Enfin, pas perdus, c'était pas sûr, en fin de compte, puisque bon, l'erreur était humaine et qu'Einar était pas un minotaure, mais au moins, ce serait pas de sa faute, c'était certain.
Elle sourit un coup, parce qu'elle se sentait brusquement plus légère. C'était pas que les chaussettes étaient lourdes à porter, mais, quand même, c'était le poids de la responsabilité qui avait pesé sur ses épaules. Et il y était plus. C'était nettement plus cool, quand même.

Les gens arrivaient peu à peu et le groupe grossissait au fur et à mesure, doucement, mais un peu vite quand même. Après Halina et Kloa et Einar qui étaient là avant elle, il y avait eu Ewall. Au final, en fait, c'était pas tant que ça, et ça faisait qu'un seul, mais ils attendaient encore Loeva qui était en retard, mais certainement à cause de ses cheveux qu'elle coiffait tout le temps.
D'ailleurs, c'était à croire qu'elle dormait avec sa brosse dans la main.

Ils avaient papoté un peu, en l'attendant, au début et puis quelqu'un avait proposé qu'on l'attende pas tous et qu'on fasse des groupes parce qu'Ewall connaissait un autre magasin que le plus grand du coin avec certainement des choses qui pourraient être bien pour Astragal mais qu'il fallait quand même attendre la dernière arrivante.
Au final, il avait été décidé qu'Halina resterait à la fontaine et que les garçons iraient dans le magasin d'Ewall. C'était une bonne idée, d'ailleurs, parce que sans lui, ça aurait été dur, quand même. Gwëll avait voulu dire, à un moment qu'il aurait fallu faire des équipes mixtes pour mieux trouver. Enfin, un garçon avec la tête froide et une fille avec des idées, mais elle avait pas eu le temps de le dire et on lui avait donné une bourse et indiqué Kloa.

***

Kloa, elle l'aimait bien, même si elle était pas très causante. Elle se souvenait de la fois où elles étaient sorties dans le bois et qu'elle lui avait dit que les licornes n'existaient pas et ça l'avait un peu mouchée, mais là, elle avait parlé de papillons et on pouvait pas lui répondre que ça existait pas à moins d'être complètement fou.
Enfin bref, en arrivant, elle avait eu la sensation d'avoir beaucoup parlé et la Teylus très peu, mais si ça lui convenait, après tout, fallait pas insister.

Elle vérifia dans sa main une millième fois au moins que la chaussette dans sa main était bien fermée et puis elle sourit à Kloa et elle poussa la porte d'entrée du magasin.
Dedans, c'était une sorte de féerie, avec des robes de princesses à rubans partout et puis des étoffes super douces et des millions de couleurs différentes. Kloa, elle, avait pas l'air ravie. À vrai dire, on aurait pu croire, à sa simple expression qu'elle était entourée d'une troupe de Raïs affamés et sur-armés prêts à la manger. Enfin, as de robes, quoi. Gwëll fit un tour d'horizon pour vérifier l'absence de la moindre bête sauvage dans les parages et, à moins que ce ne soient des animaux d'une toute nouvelle race, semblables point pour point à un haut en dentelle, il n'y avait pas la moindre trace de monstre.


Bah, tu sais, elle aime bien les robes. Et puis les choses avec des beaux tissus. Et les jupes, aussi. Et les corsets et les hauts en dentelle...

À la réflexion, tout ça, ça commençait à faire pas mal beaucoup, voire trop, peu être. Fallait avouer que la magasin était vraiment super grand et qu'elles étaient que deux et que même si elles enlevaient le rayon pour les messieurs qui était vraiment pas très grand et puis tous les vêtements pour les vieilles dames avec beaucoup de peau qui pendait sous les bras, il restait beaucoup plus d'habits qu'elles n'en pourraient jamais porter sur les bras.

Ça fait vraiment pas mal, en fait. Je crois que ça fait moins peur qu'un raï, mais peut être pas beaucoup moins... Tu sais quelle taille elle fait, au juste ?

Même avec ça en moins, c'était pas du tout gagné et il leur aurait certainement fallu une vie pour pouvoir retourner la boutique et trouver chaussure à leur pied, enfin robe à leur Astra.
Kloa commençait à respirer vite et une dame passa entre elles et, un instant, elle ne la vit plus et c'était comme si le monde s'ouvrait en deux et son souffle se bloqua. Se perdre, comme ça, bêtement, dans une boutique, à cause d'une dame en robe émeraude avec des souliers vernis, c'était quand même super horrible.
Kloa revint dans son champ de vision et elle eut envie de lui sauter dans les bras, comme ça, elle aurait pu ne plus jamais la lâcher et ne pas se retrouver seule. Tant pis si c'était plus dur pour le cadeau.

Mais les deux Teylus débarquèrent et trois personnes à perdre, c'était toujours plus dur qu'une seule alors elle avait nettement moins peur même si il fallait reconnaître qu'elle aurait bien aimé pouvoir serrer la main d'Halina dans la sienne. Halina, elle avait jamais peur de rien, en plus.
D'ailleurs, c'était Halina qui ouvrait la marche de leur expédition et c'était elle qui faisait la visite guidée. Et doucement, au son de sa voix, Gwëll reconnaissait les choses qu'elle connaissait. Le coin des robes et puis celui des jupes. Mais elle préférait trottiner derrière, quand même, c'était nettement moins risqué en cas d'attaque de petites culottes.

La grande Teylus finit par s'arrêter devant les escaliers des hommes et demander ce qui leur semblait une bonne idée. À vrai dire, elle en savait trop rien, même si certainement tout était une bonne idée, ici, vu ce qu'Astragal aimait et ce qui s'y trouvait, mais après, il y avait les sous et elle regarda dans sa main où la chaussette était tellement serrée qu'elle avait pris la forme des sous de dedans. Elle la tendit vers les autres.


Je suis pas douée, pour garder ça, moi. Je pense qu'on pourrait regarder les jupes, non ? Enfin, elle a des robes, déjà, je crois, enfin, au moins une et puis des corsets, si elle a une jupe, elle pourra la mettre avec des corsets différents et ça fera comme si elle avait plusieurs robes... En plus, ce sera moins cher, je pense.


Elle se tourna vers le rayon des jupes et des jupons qui était à droite et là, elle vit le responsable de la boutique, le grand trésorier de l'académie qui faisait peur, avec ses épaules et ses gros bras et son œil caché sous le bandeau qu'on avait jamais su ce qui lui était arrivé même si tout le monde avait une idée sur la question.
Inconsciemment, elle se tassa sur elle même, comme pour disparaître, mais ça marchait pas. Elle jeta un regard en arrière vers les trois Teylus et elles avaient pas non plus l'air rassuré.


J'sais pas si les jupes, en fait...

Et puis c'était bizarre, un peu comme dans un rêve parce que quand elle entendit la grosse voix du grand monsieur dans son dos, il parlait comme Enelyë, exactement tout pareil.

Je pense qu'on pourrait commander plus de gilets en brocard, l'hiver sera rude, on m'a dit, je suis sûre que ça se vendra très bien. Je pourrai en avoir un couleur framboise, au fait ? Je le montrerai bien à toutes les filles, je te promets !

Et d'ailleurs, les filles de son groupes faisaient une tête de comme si elles avaient vu la Kaelem. Gwëll risqua un œil et face au grand géant moitié aveugle d'un œil, il y avait la petite silhouette d'Ene.
Elle osa un sourire et puis il devint franc quand Ene leur fit un signe et s'approcha.


Ene ! Dis, on cherche un cadeau, mais c'est un secret, il faut pas le dire, c'est pour Astra, mais c'est une surprise, hein ? Tu nous aiderais, dis ?

Et elle supplia des yeux, parce que là, elles seraient pas trop de cinq, pour réussir.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Ven 26 Juil 2013 - 22:04

Comment ça, que quoi ?
Comment ça, il ne savait pas ?!

… Comment ça, Astragal elle était jolie ? Il la voulait pour lui c’est ça ? Et Loeva aussi ?
… Comment ça, il n’avait jamais vraiment fait attention à Astragal ?! Un mec comme lui, comment aurait-il pu ne pas remarquer une fille comme Astragal ? Elle était grande, elle était mieux bâtie que deux Nanars superposées, et elle était jolie.
Bien sûr qu’elle était jolie, Astragal.

Einar grognait parce qu’il avait craint qu’Ewall trouve Astragal trop jolie, mais maintenant, ça le faisait grogner qu’Ewall ne la trouve pas jolie ou trouve le sujet pas intéressant. Pétard, quoi, comment osait-il dire que Astragal était un sujet pas intéressant ?
Si Einar avait eu le courage, la force, la témérité, l’adrénaline et la même capacité de restriction mentale qu’une certaine Mentaï borgne à l’autre bout de l’Empire, il aurait sauté à la gorge d’Ewall.
Au lieu de ça, Ewall lui posa THE question à laquelle Einar ne s’était pas attendu, et c’est son propre cœur qui lui sauta à la gorge. Il s’empourpa aussitôt et les mots pour réfuter tous les scénarios qu’Ewall pouvait imaginer s’emmêlèrent entre ses dents.
Bon bah voilà, il était grillé.
Grillé comme un homar thermidor.

Et puis, du coin de l’œil, apparut sa maman.
La surprise pétrifia tellement Einar qu’il n’eut pas le temps de lui sauter au cou et de lui demander comment, par la baleine et ses fanons, elle se trouvait là, et pourquoi, et où était Papa, et Dytar, et les autres, et comment s’appelait sa petite sœur.
Et puis la dame parla, et Einar réalisa que ce n’était pas sa mère en la voyant bien de face.
Enfin, en LES voyant bien de face.
Enfin, en soi, ils étaient pareils. C’est juste que Maman, elle portait clairement pas des robes comme ça, et que ses robes, elles LES laissaient pas dépasser au grand jour comme ça.
Pendant une demi-minute, le regard d’Einar gravita autour des seins absolument débordants de la vendeuse qui les apostrophait allègrement. Ils le fascinaient.
A vrai dire, c’était tellement comme sa Maman que ça le perturbait.
La première pensée consciente et intelligible qui lui vient fut de comparer. Il avait encore jamais vu de dame qui pouvait égaler sa maman en terme de poitrine, mais celle-là pouvait être une sacrée rivale.
Doucement, Einar pencha la tête sur le côté. Mentalement, il essaya de déterminer combien de fois il tiendrait en largeur dans ce corsage-là. Il savait que quand il faisait un calin à maman avant de partir, il aurait pu tenir deux fois et demi. Fallait compter le fait que depuis qu’il était parti de la maison, il s’était un peu étoffé et surtout, il avait beaucoup grandi et ses épaules avaient décidé qu’elles existaient.
Donc diviser par trois quarts de un…
Bon, c’était au-delà de ses moyens.
Peut-être en comparant dans l’environnement.

Complètement absorbé par son étude minutieuse, il avança comme dans un rêve pour suivre sa pseudo-Maman et son compère. Ses yeux allaient de EUX à tous les éléments possibles et imaginables du décor.
La lutte était serrée. Il était incapable de déterminer qui gagnait. En tout cas, une chose était sûre, il s’attirait des regards en travers de la plupart des gens sur place, à fixer la vendeuse de manière aussi compulsive. En même temps, fallait presque se dévisser la tête pour regarder ailleurs, c’était pas sa faute.

Et puis ses jeux se posèrent sur le porte-jaretelle.
Et ses joues s’enflammèrent. Et son regard se détacha d’EUX pour se poser sur les sous-vêtements dans leur écrin de velours. Ils avaient l’air tellement compliqué.
C’était la première fois de sa vie qu’Einar posait les yeux sur des sous-vêtements féminins. Et il y comprenait rien, tellement l’attirail semblait complexe. Ca le fit secrètement désespérer, un jour, de pas se ridiculiser complètement devant une fille. Fallait au moins dix ans d’étude minutieuse à l’Académie de Merwyn pour comprendre ça.
Même un baudrier de sabre, c’état moins compliqué.

- Vous.. euh, quoi ? Ca veut dire quoi ?

Le regard que lui lança Ewall à ce moment-là aurait du l’alarmer.
La main poudrée qui se posa sur son épaule aurait d’autant plus l’alarmer.

- Allons, mon petit chat, si tu veux faire plaisir à cette…
elle jeta un regard appuyé à son camarade de Teylus, amie, il faut savoir ce que l’on achète. Tu n’as pas pensé à lui demander avant de venir ?

Einar s’empourpra. Derrière l’épaule de la vendeuse, Ewall essayait de le sauver de la situation en lui expliquant par gestes. Les mains en coupe au niveau du torse, il les éloignait et les rapprochait en articulant le mot inconnu. Les sourcils d’Einar se froncirent, sous l’effort de réflexion.
Puis la lumière fut.
Puis la gêne revint. Et ses yeux étaient fixés intensément sur ceux de la vendeuse, pour ne pas avoir l’air de descendre plus bas.

Ses mots et ses pensées s’emmêlèrent.

- Euh ben… c’est que…
Il étendit les mains pour donner une taille approximative. L’œil attentif à correspondre à peu près à EUX, mais en un peu plus grand parce que tout de même, sa maman, elle était la meilleure, donc ils étaient plus gros. Comme ça.

Ewall, dans le dos de la matronne, se frappa le front du plat de la main.
Et Einar tilta son erreur. Pour se rattraper, il parla beaucoup plus fort et beaucoup plus vite :


- Non non attendez non c’est pas du tout ce que je veux dire, j’me suis trompé j’voulais pas, enfin j’ai confondu avec ma mam… avec quelqu’un d’autre ! Elle les a pas comme ça, non !

- Et bien mon chou, si ça avait été le cas, j’aurais compris pourquoi vous cherchiez à lui faire plaisir avec d’aussi jolis dessous !


Einar réfléchit. Il cherchait, encore, un point de comparaison. Sauf qu’il avait pas Astragal sous les yeux et que ça, c’était dur à évaluer. Et puis, à la réflexion, est-ce qu’elle portait… enfin… « ça » ? Elle portait des corsets, et il savait à quel point c’était compliqué, un corset, alors ça l’étonnerait pas qu’elle porte des… « ça » en dessous encore plus compliqués.
A la recherche désespérée du regard d’Ewall pour tenter d’avoir un soutien dans ses propos, Einar hasarda :

- Mais euh.. c’est p’têtre pas le cadeau idéal, M’dame, ‘fin elle voudrait p’têt autre chose qui lui ferait…

- Je vous garantis, messieurs, toutes les filles s’arrachent ces sous-vêtements, ils vous font vous sentir tellement féminine !
Consciente d’avoir en face d’elle deux jeunes truites, la vendeuse avait ferré la bonne affaire. Et son fameux instinct féminin lui soufflait également que ce n’était pas le fin mot de l’histoire. Leur « amie » semblait avoir des contours bien vagues, vu leurs hésitations.

Einar, dépité, et certain que la Dame savait beaucoup mieux que lui ce que les filles aimaient, se remit à chercher un point de comparaison. Ses yeux s’arrêtèrent sur Ewall.

- Elle a un peu tes épaules, non ? Après avec le corset j’saurais pas trop dire, mais…
ses mains mimèrent, j’dirais à peu près comme ça, conclut-il en s’empourprant davantage. C’était quasi admettre qu’il avait longtemps observé Astragal, que d’être capable de déterminer qu’elle avait, avec le corset, pas des seins très très gros et « à peu près comme ça ».

- Très bien !
fit la vendeuse comme si l’information lui était acquise depuis longtemps. Elle se tourna avec un sourire absolument délecté vers Ewall. Puisque vous semblez correspondre à peu près à votre « amie », jeune homme, peut-être voudriez-vous les essayez ? Comme ça, vous serez sûr qu’ils lui conviendront parfaitement et qu’elle se sentira parfaitement à l’aise dedans.

Elle invita Einar à les rejoindre d’un regard.

- Peut-être votre ami voudra-t-il nous accompagner pour les essayages, pour nous dire si la vue lui convient aussi ?


De délecté, son sourire devint goguenard.




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Sam 27 Juil 2013 - 22:38


Aujourd'hui, pas de cours. Du moins, c'est ce que l'on pouvait penser, et ce devait être le cas de la majorité des élèves. Sauf que Enelyë ne faisait pas partie de la majorité des élèves, par rapport à ça. Elle connaissait bien quelques nobles qui rentraient chez eux en fin de semaine, lorsqu'ils en avaient l'autorisation. Mais elle, en fin de semaine, elle partait vadrouiller avec Varsgorn, en réception à Al-Poll, en cours de bonnes manières – quelle utilité d'avoir trente-six couverts à table ? - et en dernier lieu, elle l'accompagnait à l'enseigne Ril'Enflazio. Comme ce jour-là. Bon, en fait, c'était sans doute ce qu'elle aimait le plus, dans tout ce qu'elle était censée faire. Deviner les modes qui venaient, imaginer ce qu'il faudrait proposer, trouver les tendances. De bonne humeur, elle avait suivi son père adoptif avec le sourire. Contente de battre à leur propre jeu certaines demoiselles qui se vantaient de savoir ce qu'il fallait porter. Alors qu'elle descendait les escaliers et arrivait dans le hall, elle croisa Halina, qui lui demanda où est-ce qu'elle allait. Enelyë n'en était pas sûre, mais elle avait l'impression que tout le monde connaissait toute sa vie. Elle devait penser, vu son grand sourire, qu'elle allait voir Silind.

- Au magasin. Je vais conseiller sur les prochaines modes !

Elle avait ri, doucement, puis avait continué à discuter un peu avec elle. Puis elle avait vu Varsgorn sortir et elle avait poliment pris congé d'Halina.

*

- Je pense qu'on pourrait commander plus de gilets en brocard, l'hiver sera rude, on m'a dit, je suis sûre que ça se vendra très bien. Je pourrai en avoir un couleur framboise, au fait ? Je le montrerai bien à toutes les filles, je te promets !

Elle plaisantait beaucoup plus facilement depuis un moment. Elle avait l'impression qu'énormément de choses changeaient dans sa vie, de manière très positive. Et même si elle ne voyait toujours pas son futur de manière très claire, elle se sentait prête à l'aborder sereinement. Elle allait se rattraper sur le brocard, parce qu'elle venait de se rappeler que, même si c'était beau, ça ne chauffait pas vraiment. Mais à ce moment-là, des voix déjà entendues la firent tiquer et elle se tourna vers elles. Enelyë put ainsi voir des personnes connues. Halina, Loeva et Gwëll. Même Kloa, qu'elle connaissait seulement de vue parce qu'elle traînait avec les autres Teylus et qu'elle avait vu quelques fois avec Gwëll. Gwëll qui d'ailleurs lui souriait. Elle leur fit un signe de la main et elles s'approchèrent. L'Aequor leur expliqua la raison de leur venue.

- Un cadeau pour Astragal ? Hum, je vois. Oui, je vais vous aider, et je pense que vous avez bien fait de venir ici. Vous cherchez quel genre de vêtements, plutôt ?

Corset, jupe. Elle nota ça dans un coin de sa tête et les dirigea dans le magasin, vers les corsets d'abord. Elle essayait de visualiser Astra, et si son visage venait clairement, elle ne savait pas trop comment était son corps. Ça n'allait pas vraiment l'aider pour proposer un corset. Elle se tourna vers les filles.

- Ils sont comment les corsets d'Astragal ? Au niveau de la taille, je veux dire. Je peux pas vraiment vous proposer quoi que ce soit sinon. Enfin vous pouvez regarder. Ou alors je propose que deux ou trois restent ici pour choisir, et que le reste vienne avec moi choisir une jupe. Ah, pour le prix … Si vous n'avez pas assez, je mettrai au bout, ne vous inquiétez pas.

Et ses sous ne venaient même pas de Varsgorn, mais de ce que lui avait légué son propre père. Son idée sembla plaire, ou du moins ce fut quand même ce qui fut décidé. Elle savait quel genre de couleur pourrait aller à Astragal. Il ne fallait pas que la couleur jure avec ses cheveux roux. Pas du rose, ni de violet, donc. Pas de rouge non plus. Du beige ou du brun lui irait à merveille. Ou du bleu, comme les perles qu'elle portait dans ses cheveux. Pour Enelyë, ces bijoux étaient vraiment le signe distinctif d'Astragal, plus que tout le reste. Elle cherchait, en répondant distraitement au filles qui étaient venues avec elles.

- Regardez cette jupe-là. Vous en pensez quoi ? Elle lui irait bien je pense. Et puis, si il y a besoin de faire des retouches, elle pourra venir, de toute façon.

Elle tenait à la main une jupe longue, d'un bleu plutôt clair, en soie. Elle appréciait beaucoup cette matière, notamment à cause de sa brillance et de sa douceur. Elle tendit l'étoffe aux jeunes femmes, regardant à son tour si elles avaient choisi quelque chose.


[Si ça vous va =)]


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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Dim 28 Juil 2013 - 0:55


Elle finissait peut-être pas ne plus être aussi invisible qu’elle le pensait. Enfin, elle n’avait jamais été vraiment invisible. Même quand elle ne soignait pas ses cheveux – qu’elle affreuse époque – on la remarquait toujours sur son passage. Même quand elle voulait être invisible. Mais on ne s’intéressait jamais à elle plus que ça, personne ne tentait jamais de gratter un peu sous la surface. Pour se rendre compte qu’elle n’était pas que superficielle comme elle pouvait paraître. Elle osait espérer être une fille à peu près bien, fréquentable, tout ça. Enfin, sauf quand elle voyait Shao, mais ça, c’était une autre histoire. Ça c’était une partie de sa vie privée très très secrète dont personne n’avait besoin d’être au courant. Chercher un peu d’attention chez quelqu’un, ce n’était pas quelque chose de mal non ? C’était un peu ce qu’elle faisait avec Shaokys. Et puis, il fallait dire que tout ça était arrivé un peu par hasard à la base, à la fin d’une soirée un peu trop alcoolisée. Mais qu’importe. Là n’était pas l’histoire.

On lui adressait même la parole. On lui posait des questions. On lui demandait son avis. Elle pensait juste qu’elle viendrait, qu’elle tenterait de faire entendre son avis, mais pas qu’on lui demanderait. Elle pensait juste qu’elle pourrait surtout aider un peu financièrement. Que c’était grâce à la gentille d’Einar qu’elle était là. Mais apparemment, personne ne semblait s’étonner de sa présence. Sa présence ici semblait… normale. Appréciée même. Et ça… c’était assez impensable pour la jeune dessinatrice.

***

Halina et Loeva se dépêchèrent donc d’aller retrouver Gwëll et Kloa, qui était déjà à la boutique Ril’Enflazio. Ril’Enflazio… c’était le nouveau nom d’Enelyë ça. Pour la demi nobliarde il était impensable de voir la jeune Kaelem autrement que comme sa rivale. Alors l’imaginer être fille de noble désormais… C’était un peu un second coup de poignard. Comme le fait qu’elle était passée Brasier, alors qu’elle, elle était toujours Flamme. Elle la jalousait un peu il fallait l’avouer. Elle avait une famille qui tenait à elle, un père qui l’avait même adopté, alors qu’il était noble et qu’elle n’était alors qu’une roturière, qu’elle ne connaissait pas du tout ce milieu. Et puis elle avait des amis, elle était appréciée. Tout le monde la connaissait. Même Astra lui avait parlé d’elle lorsqu’elle l’avait coiffée cette fois-là.

Elles arrivèrent rapidement à la boutique, saluant brièvement les deux jeunes femmes qui étaient restées dans l’entrée. Il était vrai que c’était un grand magasin, si elles étaient déjà en plein dans les fouilles, elles auraient pu avoir un peu de mal à les retrouver, surtout vu la foule qu’il semblait y avoir. Ça n’allait pas arranger les choses ça.

D’un coup d’œil dans la vitrine elle vérifia que sa coiffure était bien ajustée. Etre présentable pour rentrer dans un magasin comme celui-ci c’était important.

D’une question Kloa confirma ce dont Loeva se doutait : elle ne semblait pas connaître la boutique. Mm, étrange, elle y était allée plusieurs fois elle. Mais bon, Kloa et Loeva c’était pas tout à fait le même genre de nana en même temps. Halina se proposa pour faire la visite et leur expliqua rapidement comment était agencé le magasin. Loeva ignora sa petite phrase vis-à-vis du fait que la boutique était plutôt cher. Avec toutes leurs économies réunies et leurs sens de la négociation plus ou moins bon, elles devraient bien trouver quelque chose pour Astra. Bon pas forcément une robe complète et tous les accessoires qui allaient avec, mais un petit corset ou une jupe, ça se faisait.

La jeune dessinatrice nota néanmoins qu’elle avait oublié les chemisiers, qui se mariaient à merveille avec un serre-taille ou autre corset du style. Et Astra, elle aimait les corsets. Mais les chemisiers pleins de fronces et autres babioles du genre, c’était pas forcément très pratique pour les combattants. Et puis c’était cher aussi, vu qu’il y avait tout plein de couture et qu’il paraissait que c’était particulièrement chiant à coudre.

Et puis Gwëll prit la parole, tendant la chaussette où se trouvaient les pièces, la jeune dessinatrice s’en saisit, elle en profita pour y mettre ses petites économies et estimer rapidement la somme dont elles disposaient. Mm… c’était pas mal pour des gens qui ne gagnaient pas d’argent.

Elles s’étaient un peu avancées dans la boutique, Gwëll parla des jupes, qu’avec elle pourrait faire plusieurs robes, tout ça. Loeva y avait pensé, mais n’avait jamais vu Astra en jupe en fait, donc elle ne savait pas trop. Leurs regards se tournèrent vers le rayon en question, et là elles y virent le trésorier, le fameux Ril’Enflazio. Le nouveau papa de sa rivale. Plus qu’à espérer qu’il se douterait de rien et n’irait pas cafter à Aziel si jamais. Et juste en face, lui parlant d’elle ne savait quel foutu idée de mode – Enelyë, parlant de mode. PARDON ?! – Enelyë justement.

Elle allait pouvoir redevenir invisible. A côté d’Enelyë Ril’Enflazio, elle n’était rien. Inconsciemment elle se tassa un peu sur elle-même. Pour une fois qu’elle pouvait profiter d’un peu de… notoriété ?

Elle leur fit signe justement, et là, c’était la fin pour elle. Elle suivit le groupe malgré tout, restant un peu à l’écart, derrière les autres. Parce qu’elle n’avait pas vraiment envie de la voir là, elle n’avait pas vraiment envie de lui parler. Elle était sûre qu’elle était super amie avec les filles. Et du coup, elle, la petite Loeva, elle n’existerait plus. Et Gwëll lui demanda de les aider. Bon, d’accord elle était pas méchante. Mais deux personnes à faire passer chez les Teylus pour la fête, ce ne serait pas un peu galère, un peu risqué ? Elles pouvaient pas se débrouiller toutes seules ? Comme les grandes filles qu’elles étaient ?

Et puis elle leur souri, d’un sourire qui semblait un semblait un peu méchant du point de vue de Loeva, mais qui pourtant ne devait sans doute pas l’être. Elle accepta de les aider. Elles se mirent alors à chercher toutes ensembles. Elle leur montra une jolie jupe en soie bleue. Ah la soie, une grande histoire d’amour. Là, elle était dans son élément.

- Pour le corset je dirais qu’elle fait du 70-75cm de tour de taille, donc il faudrait un qui puisse aller de 65 à 85 pour être sûr je pense. Peut-être un peu plus, vu qu’elle est combattante.

Et le corset déforme la taille qui plus est, vu la fréquence à laquelle elle en met son tour de taille peu encore réduire. C’était pas très bon pour la santé tout ça.

Pour la jupe… Un peu simple non ? C’était bien le genre de la jeune femme, mais elle voyait plus Astra avec une coupe un peu plus… Princesse. Elle était sûre que les robes à coupe princesse lui irait bien d’ailleurs, avec un serre-taille (si si vous savez, les robes qui n’ont pas de couture à la taille, qui sont ajustées par la forme du patron ou par des pinces. Mais si, vous voyez !). Mais pour ça, elles n’avaient sans doute pas les moyens, même si Ene proposait de mettre un peu de ses économies, Loeva préférait compter sur ce qu’elles avaient déjà. Faire comme c’était prévu à la base.


- Elle est un peu… Simple je trouve. Par contre une jupe en soie c’est bien, agréable à porter, léger. Tu n’aurais pas une jupe dans les tons beiges… Ou bordeaux, ça pourrait mettre en valeur ses cheveux sans jurer. Non ? En tout cas je ne la vois pas avec une jupe étroite…

Et aux côtés d’Enelyë, pour Astra elle pouvait bien endurer cela, elle se mit à fouiller dans les rayonnages, à la recherche de la perle rare.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Lun 12 Aoû 2013 - 17:41

Ewall avait cette désagréable sensation d’avoir été plongé nu dans une foule gloussant et commentant chaque parcelle de son physique. Il détestait à cet instant les regards amusés et moqueurs des clientes et autres vendeuses sur le duo qu’il formait avec Einar. Il aurait même voulu hurler qu’elles se trompaient, que ce n’était que quiproquo et qu’ils allaient aller voir ailleurs, mais le rouge de son visage lui bouffait également sa faculté à parler et à développer ne serait-ce qu’une once d’assurance. Il voulut faire signe à son ami de trouver une excuse quelconque pour rejoindre les filles, quand celui-ci décida d’ouvrir la bouche. Et pas pour dire de quoi les sauver. Bien au contraire.

Il ne savait pas. Comment pouvait-on ne pas savoir ce qu’étaient des mensurations ? Même lui, inculte, avorton en matière de femme, en connaissait la définition. Faut dire qu’à l’époque il avait eut le parfait maître en la chose comme ami, alors…Aurait-il été comme le Teylus s’il n’y avait pas eu Dofenn ? Gêné autant pour lui que pour lui-même, il se racla la gorge et tenta de faire comprendre par des regards effrayés au garçon qu’il devait de suite cesser de parler.
Mais il était bien trop tard, et déjà la vendeuse avait décidé de ne plus les lâcher. Seule autre solution : trouver comment faire deviner au combattant de quoi il s’agissait sans se donner encore plus en spectacle. Il choisit le mime, espérant rester dans la discrétion. Les mains bombées, il les fit décrire un demi-cercle de haut en bas sur son torse, à peu près à l’emplacement où ils devraient se trouver s’il était une fille. Voyant les petits sourcils froncés de son compagnon, il tenta de prononcer le mot distinctivement sur ses lèvres, en muet.  Et enfin il sembla comprendre ! Enfin ! Ewall souffla un coup, pensant qu’à présent il allait s’excuser, ne se souvenant plus exactement de la taille, et promettant à tort de revenir plus tard. Qu’ils sortent tous deux de ce traquenard.


Il n’en fit rien. Ou il fit tout. Tout dépendait des points de vu. A son tour il se servit de ses mains pour montrer à la vendeuse la taille de la poitrine d’Astragal. Taille, qui selon lui, était vertigineuse ! Ce ne pouvait pas être ceux d’Astra ! Si l’apprenti marchombre ne l’avait jamais vraiment détaillé, une taille comme celle là, ça se remarque ! Conscient qu’ils fonçaient à nouveau droit dans le mur du ridicule, il se frappa le front, désespéré de leur situation. Comme pour le conforter dans son idée, Einar s’emmêla les pinceaux, évoquant sa mère ou on ne sait qui, et le jeune homme ouvrit de grands yeux stupéfaits devant tant de capacités à creuser sa propre tombe.

N’y avait-il donc aucun moyen pour que la vendeuse les laisse tranquillement quitter cette boutique de débauche ? Apparemment pas. Prenait-elle plaisir à les asticoter de la sorte ou sentait-elle réellement une bonne affaire, il n’en savait rien, mais s’en trouvait fort incommodé. Et au moment où, enfin, il proposait de partir, elle fit jouer son don de commerciale, les convainquant qu’ils trouveraient ici de quoi la satisfaire. Sauf que la satisfaire sans mensurations, merci, hein, mais ça va être dur !
Combien de pourcentage de malchance disposait-il pour que la connerie d’Einar le place comme modèle d’essayage ? Combien ?! Trop.
Bien entendu il aurait pu hurler, taper du pied et quitter boutique immédiatement. Il aurait pu être un homme, refuser par ego, par machisme, respect, tout ce qu’on voulait. Mais non. Ewall, trop sonné, ne remarqua même pas que déjà la vendeuse le menait aux cabines d’essayages. Une fois arrivé, il resta piqué, le visage blême et dénué de toute intelligence ou bon sens. La femme le ramena à la réalité avec :


-Et bien qu’attends-tu mon garçon ? Enlève-moi cette chemise ! Le pantalon aussi, allez !

Voyant qu’il ne bougeait pas d’un poil, déglutissant plus que respirant, elle fit mine de l’aider. Voir ses mains s’approcher de son corps fut comme une décharge électrique. Il fit un bon en arrière et se déshabilla seul, maudissant tous les dieux possibles pour cette situation incongrue. Il lança d’ailleurs un regard des plus noirs à Einar, le jugeant coupable de cette infamie. Une fois en petite tenue, il ne sut dire ce qui était le pire. Le regard appuyé de son ami Teylus dont il ne savait ce qu’il voulait dire et quels commentaires pouvait-il bien se faire dans sa petite tête, ou le regard appuyé de la vendeuse, qui elle, ne se gêna pas pour crier bien fort ce qu’elle pensait.

-Eh ben mon cochon ! C’est qu’il est plutôt très bien foutu ! On s’demande bien quel genre d’acrobaties t’a bâtie ainsi !


Et l’innocence même répond :

-Ben…d’acrobate. Puisque j’suis…j’étais acrobate, quoi.

Le sourire railleur de la vendeuse ne disparut pas, loin de là. Et aussitôt elle dégaina un corset très osé pour le plaquer sur le torse soigneusement entretenu du teylus qui frissonna au contact de la matrone. Elle s’activa à agrafer le tout dans son dos, de façon si serré qu’Ewall crut ne plus pouvoir respirer. Face à lui il vit l’esquisse de fou-rire naitre sur le visage d’Einar.

-Ris, et j’te le fais bouffer ton corset. Grinça-t-il. De c’que j’comp…-DOUCEMENT ! J’peux plus respirer là !- j’comprends, c’est pour toi que j’fais ça !

Et il commençait sérieusement à se demander pourquoi il le faisait.

-Si quelqu’un l’apprend, notre amitié ne fera pas long feu, j’te préviens !

Teylus un jour. Teylus toujours. Il le resterait, qu’il quitte ou non cette Académie. Et si pour cela il devait se transformer en mannequin pour lingerie, il le ferait. Mais pas trop, par pitié !

-Alors ? Que pensez-vous de ce modèle ? Je ferais bien essayer le bas, pour plus de rendu, mais j’ose espérer pour vous que la demoiselle a des jambes plus fines et moins poilues que ce beau garçon.

L’énième clin d’œil fit soupirer le Ril’Morienval qui leva les yeux au ciel.

-Oui, Einar. Qu’en penses-tu ?

« Je t’en supplie, dis que ça te va, et cassons-nous » lui fit-il comprendre entre ses lèvres.


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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Jeu 22 Aoû 2013 - 23:44

Gwëll proposa d’aller voir d’abord les jupes, vu qu’Astra avait déjà plusieurs robes et que c’était possible d’assortir une jupe avec des corsets différents. Les filles approuvèrent de concert en hochant la tête. Elles se dirigèrent donc vers ce rayon là avec un enthousiasme non feint. Mais en voyant le trésorier au milieu des rangées de produits elles freinèrent de concert. Gwëll parce que l’homme lui faisait peur et Halina perce qu’elle le détestait viscéralement depuis son emprisonnement. Pour les deux autres, elles avaient peut-être suivi le mouvement. M’enfin, c’était logique de trouver le propriétaire du magasin dans sa propre boutique. Même si la guerrière n’avait aucune envie de le voir. Elle eut envie de se recroqueviller dans un coin pour ne pas lui foncer dessus et tenter de le tuer. Elle détestait cette sensation d’être coincée entre deux envies irréalisables. Elle se contenta donc de le regarder d’un œil noir quelques instants. D’ailleurs elle se fit une remarque. Deux des personnes qu’elle haïssait le plus étaient borgnes. Ce qui était vraiment bizarre comme coïncidence et un peu dérangeant même.
 

Finalement, une voix détourna son attention de sa cible. Elle dévia son regard vers l’interlocutrice du Borgne qui n’était autre qu’Enelyë, la fille de celui-ci. C’était cool de la voir ici mais ça n’empêchait pas à la Teylus de se demander une nouvelle fois, comment cet homme pouvait être un père pour quiconque. C’était vraiment au-delà de tout entendement possible. Mais bon, elle ne pouvait que juger de loin. Les histoires de la Kaelem ne la regardaient pas. Du moins, en théorie. Parce que bon, elle avait vraiment envie de s’en mêler. Cette dernière avança vers eux, ce qui leur permit de ne pas avoir besoin d’approcher du Trésorier. Gwëll profita donc de sa présence pour lui demander de l’aide et des conseils pour le cadeau d’Astragal. C’était une super idée ! Enelyë s’y connaissait super bien en mode, comme Astra et Lov, du coup, elles allaient pouvoir trouver des trucs encore plus cool pour la jeune femme. Comme  la jeune femme accepta et qu’elles lui dirent ce qu’elles cherchaient,  les filles partirent en direction des rayons.
 

La Kaelem les guida jusqu’à une jupe en soie bleue plutôt jolie en leur disant qu’elle paierait la différence de prix pour les aider et en leur demandant des précisions sur la taille de leur amie ou des trucs du genre qu’Halina ignorait totalement. Elle n’était même pas sûre de ses propres mensurations. C’était pas ce qu’elle achetait en textile de riches qu’elle pourrait savoir. M’enfin, heureusement que Loeva était là parce que sinon, elles auraient vraiment acheté n’importe quoi. Cette dernière répondit assez sûre d’elle aux questions de la fille du propriétaire. Ce qui impressionna Halina, c’était vraiment pas le genre de truc dont elle discutait avec son amie. Et ça lui ferait même bizarre de parler chiffons avec elle mais bon, si Lov’ savait tout ça, c’était bien. Ceci dit, Halina était plutôt d’accord avec la Teylus, la jupe était un peu simple pour elle, ça manquait d’un petit quelque chose qui ferait la différence. Mais bon, la soie c’était vraiment beau.

 
Elles se mirent donc à la recherche de la jupe parfaite comme des petites fourmis disciplinées et motivées. De temps en temps, une proposition était soumise à l’avis général et retournait souvent en rayon assez vite. Elles finirent par mettre de côté une jupe marron et une beige ample. Mais bon, ce n’était pas un coup de cœur, alors elles continuèrent. Au bout d’un moment, Halina ne put plus se retenir de rire. Elle éclata d’un coup devant une jupe affreusement moche bien pire que d’autres qu’elle avait vu avant. C’était une jupe faite d’espèce de fils de laine qui pendouillaient, comme si une grand même avait découpé sa pelote en milles morceaux et avait jeté ça de manière aléatoir. Mais le pire c’était la couleur. Un rose affreux. Elle tendit le monstre aux filles les plus proches d’elle en demandant, morte de rire :
 

-Nan mais rassurez-moi, personne ne porte ce genre de truc ?
 

Il lui sembla entendre Kloa rire, ce qui était le but. Celle-ci, ne semblait pas très à son aise depuis qu’elles étaient entrées dans la boutique. En effet, Halina l’avait toujours vu comme une fille un peu plus nature que shopping et elles semblaient avoir ça en commun. Même si elle avait comme avantage de traîner avec des gens assez doués à ce sujet. Du coup, la guerrière continua sur sa lancée en demandant à son modèle en matière d’esthétisme qui semblait sourire en coin :

 
-Eh, Lov’ toi qui a du gout, t’as déjà vu des gens avec ce genre de truc ? Et t'en pense quoiiii ?

 
Elle finit même par baisser les bras, à la limite du découragement, face à l’ampleur de la tâche qui les attendait et face à son incapacité totale de faire la différence entre un truc sympa et un truc affreux. Elle n’avait vraiment pas la fibre vestimentaire, c’était fou. Elle déclara :
 

-Dites, je suis tellement pas douée en mode, que je suis tentée de vous montrer les trucs les plus moches que je trouve…


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for a magic door and a lost kingdom of peace"

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Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mar 27 Aoû 2013 - 0:46

Einar croisa les bras, dans une moue réflexive.
En vérité, c’était pour essayer de sentir ses propres biceps.

Parce qu’Ewall, il était clairement plus badass que lui. Genre carrément plus. Bon ok, il était acrobate et apprenti marchombre d’une marchombre tellement célèbre et marchombresque qu’il avait aucune idée de qui c’était. Mais lui il était chantelame, apprenti chantelame d’une chantelame tellement célèbre que tout le monde savait qu’elle s’appelait Tifen. Faut dire qu’il le répétait souvent.
La carrure d’Ewall le rendait jaloux. Lui, quand il enlevait sa chemise, tout le monde faisait des remarques, mais c’était pas le même genre de remarques. C’était pas faute d’entrainement. C’est juste qu’il prenait pas de muscle, et qu’il prenait pas le soleil, et qu’il prenait pas les dix biscottes du matin.
La dame leur sortit un corset super complexe, avec des tas de lacets, de rubans et de baleines, et de dentelles et de décorations et de broderies super jolies, et Einar eut du mal à réprimer un fou rire en voyant la dégaine d’Ewall dans ce corset-là.
Si les autres pouvaient le voir comme ça ! Ah c’est sûr que leur joli Ewall l’acrobate marchombre charismatique, il perdait en classe et en virilité d’un seul coup… Et le pire c’est que ça lui allait pourtant pas si mal que ça. ‘Fin il manquait en… « ça », c’est sûr, mais l’ensemble était pas complètement dénué de sens et d’atours.

Par contre, il y avait tellement de lacets, et la vendeuse serrait si fort… ça ne pouvait qu’être un instrument de torture. Et puis les protestations d’Ewall… Non, ça ne pourrait pas aller pour Astragal. Einar avait jamais vu à quoi ressemblait le corset qu’elle portait en dessous de son uniforme, mais il fallait pas être bien intelligent pour comprendre que c’était pas le même genre. Et puis peut-être que ça la gênerait, un truc aussi serré, avec plein de boucles et de rubans super compliqués, pendant les cours de combat… Et puis elle aimerait sans doute pas les petits motifs en forme de cœur damassés dans le corps du corset.

Einar ouvrit la bouche pour répondre à la vendeuse qui lui posait des questions sur le reste de l’atour, mais il n’eut pas le temps de demander si elle avait d’autres motifs qu’Ewall la coupa et le regarda droit dans les yeux.

Ca faisait un drôle d’effet, d’ailleurs, Ewall qui cherchait l’air, qui se tortillait dans le corset, avec les épaules et les bras nus…
Ca lui fit un drôle d’effet, à Einar.

Un peu comme quand il était allé dans le restaurant super chic avec M’sieur le Prince Ryval, les dames elles avaient des corsets un peu pareil, et qui… ben descendaient à peu près aussi bas. Pas aussi bas que celui de M’dame la vendeuse, parce qu’elle avait des seins presque –PRESQUE- aussi gros que ceux de Maman et que ça poussait un peu contre les coutures.
Ca lui fit un drôle d’effet, à mi chemin entre la gorge sèche et le ventre chaud, qui le fit rougir à nouveau.  
Lui, il avait beau avoir chaud, les yeux d’Ewall était glacials. Einar avait beau être un peu lent à la compréhension des signes indirects de communication, ce message-là ne lui échappa pas. Et la perspective de perdre l’amitié d’Ewall, de s’en faire un vrai ennemi officiel contre lequel il n’aurait aucune chance le motiva à appliquer directement ce que le marchombre acrobate corseté voulait.

- Euh, je…

Nanar remonta les yeux pour fixer le visage de la vendeuse et éviter le champ gravitationnel qui les tiraient vers le bas et vers Ewall.  Ca lui faisait de plus en plus bizarre.

- C’est que… C’est pas tout à fait le genre qu’on cherchait… Et puis les motifs, vous savez, ils sont pas trop dans ses goûts.

- Nos parures peuvent être faites sur mesure au goût de nos commanditaires, saviez-vous, il vous suffirait pour cela de rajouter un supp-

- Oui mais oui mais en fait, c’est… Enfin ça va bien à Ewall et tout.
L’intéressé lui jeta un regard courroucé. Enfin c’est pas ce que je voulais dire ! Mais on voudrait quelque chose de plus discret, mais joli quand même hein, et puis j’crois qu’on aura jamais assez pour payer un aussi joli corset que ça vous savez.

C’était sa dernière chance. Il fallait juste que la dame aille pas remarquer la bosse formée dans son pantalon par la bourse pleine de pièces d’or. Oui, la bourse pleine de pièces d’or. Bande de cochons.
Quelque chose changea dans son ton, quand elle comprit qu’il n’y avait pas d’argent à traire de ces deux adolescents-là et qu’elle allait finalement perdre son temps pour rien.

- Quel dommage, jeune homme, vous ne trouverez pas de vêtements plus raffinés que chez nous,
fit-elle d’un air beaucoup moins charmant que tout à l’heure. Tournez-vous, vous, que je vous ôte notre plus joli corset avant que vous ne l’abîmiez.

Ewall avait l’air de sortir d’une essoreuse à salade quand elle lui enleva le corset. Après ça, la dame-qui-ne-les-avait-pas-aussi-gros-que-Maman-parce-qu’il-faut-pas-abuser les mit assez rapidement dehors à grands renforts de courtoisie et de mots sucrés, et ils se retrouvèrent dans la rue pas beaucoup plus avancés qu’auparavant.

- Bon bah..  
Einar jeta un œil alentour pour chercher l’inspiration. On va pas rejoindre les filles les mains vides, ça l’fera pas trop, tu crois pas ?

Désoeuvrés, ils marchèrent un peu dans les rues pour trouver la perle rare, jusqu’à arriver au marché de plein air qui était organisé autour des différentes caravanes qui allaient et venaient dans la ville. Les étals avaient beaucoup moins d’ambitions que les grandes boutiques très compliqués, pourtant elles avaient toutes beaucoup de charme. Depuis les capes tressées avec des motifs faëls jusqu’aux attrapeurs de rêves tout plein de perles…

Y'avait pas à dire, ils étaient carrément plus à l'aise tous les deux dans ce genre d'environnement que dans les grands couturiers pour Dames très riches et très poudrées.

Einar prit rapidement un petit attrapeur de rêves pas très cher, fait avec des branches entremélées de fils et de perles, et des jolies plumes colorées.

- C’pour Halina
, se justifia-t-il rapidement pour justifier l’achat, même sur ses propres réserves. T’sé elle a du mal à dormir, et ça l’aidera peut-être, si y’a vraiment de la magie dedans… Ca lui attrapera peut-être ses cauchemars.

L’étal avec les capes attirait de plus en plus leur attention, parce qu’il y avait tout un tas de jolies besaces en cuir sculpté, de capes tissées et chamarrées, des gants ourlés de plumes et de fourrures. Y’avait sur un autre étal de très jolies fioles de verre soufflé et teinté, qui venaient vraiment du pays Faël. Einar fit une note mentale qu’il devrait absolument retourner là pour son parfum-lotion-marmelade secret, parce qu’il y avait de super jolies bouteilles qui conviendraient parfaitement.

- Eh Ewall, regarde !

Einar désigna tour à tour les capes, les gants, les bottes, et tous les objets artisanaux qui débordaient des étals en toile ou en bois.

- Tu crois qu’on pourrait lui trouver un truc-là dedans ?

Son regard s’arrêta finalement sur un des marchands de branches sculptées qui avait sur les épaules deux petits rongeurs avec de très grands yeux et qui se nichaient contre sa nuque, comme s’ils voulaient lui chuchoter des secrets dans les oreilles.

- Hé, tu sais ce que c’est, comme animal ? Tu crois que c’est un animal domestique qui pourrait faire un joli cadeau ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mar 27 Aoû 2013 - 8:42

Robes. Jupes. Corsets. Dès les premiers mots, Kloa se sentit décrocher. Elle n'avait jamais vraiment compris pourquoi la plupart des femmes raffolaient de ce type de vêtements. Franchement, à quoi pouvaient bien servir des habits dans lesquels on s'emmêlait quand on essayait de courir, qui s'envolaient au moindre coup de vent et qui, par-dessus le marché, empêchaient de respirer ? Elle écouta d'une oreille distraite les explications d'Halina qui commencèrent bien mal lorsqu'elle leur révéla qu'elle n'avait jamais pu acheter quoique ce soit dans cette boutique parce que tout était trop cher pour elle. La jeune femme allait même proposer de quitter le magasin le plus vite possible pour aller en quête de quelque chose de beaucoup moins onéreux - un sachet de perles, par exemple, ou bien des fils de toutes les couleurs pour faire de jolis bracelets - mais l'autre Teylus, ayant remarqué son trouble, la rassura aussitôt. Malheureusement. Le moindre prétexte pour sortir de cet endroit damné aurait été accueilli avec joie, de toute manière. Et beaucoup, beaucoup de reconnaissance. Plongée dans ses pensées, elle ne réagit qu'à l'une des dernières phrases d'Halina. À l'étage. Les affaires pour hommes. Mal à l'aise, elle lui lança un coup d'oeil à la dérobée, mais le sourire de celle-ci lui semblait toujours aussi naturel. Elle ne se doutait donc de rien. Avec un soupir, elle leva la tête. Peut-être que c'était là la solution - aller voir chez les hommes. Même s'il n'y avait rien pour Astragal. Pour elle, tout serait préférable à cette débauche de froufrous et de dentelles, oppressée qu'elle était entre les corps moites et les parfums capiteux qui s'en échappaient.

Ce faisant, les autres avaient continué à discuter sur un ton tellement réjoui que la combattante ne se sentit pas le coeur d'interrompre leur gaieté. Elle n'aurait qu'à prendre son mal en patiente, n'est-ce pas ? Avec un peu de chance, tout cela irait beaucoup plus vite qu'il n'y paraissait au premier abord... Ce fut alors qu'une voix connue se fit entendre à ses oreilles. Certes, elle était entourée de beaucoup de voix connues, mais il s'agissait cette fois d'une voix connue qui n'avait rien à faire ici. Quelques minutes plus tard, en effet, une Enelyë radieuse rejoignit leur petit groupe, et elle se souvint vaguement que cette dernière était la fille adoptive de Ril'Enflazio, à qui appartenait cette boutique, et... Quelqu'un la bouscula et elle perdit le fil de ses pensées. Lorsqu'elle se redressa, elle fut consternée de constater à quel point les visages qui l'entouraient semblaient ravis et excités. Elle aussi était contente de retrouver la Kaelem, ce n'était pas le problème - même si elle aurait préféré qu'elle ne fût pas une Kaelem, justement, mais elle n'y pouvait pas grand-chose. Mais ce qui suivit acheva de l'abattre totalement. La jeune fille commença en effet à parler taille, couleur et chiffon, les entraînant dans son sillage en direction des jupes - toutes plus horribles les unes que les autres, soit dit en passant -, s'extasiant sur les formes et les matières, jusqu'à ce que Loeva y mette son grain de sel. Apparemment, Enelyë souhaitait plutôt que l'habit soit en harmonie avec les yeux d'Astra, alors que la Dessinatrice teylus désirait qu'il mette en valeur la rousseur de ses cheveux. Bon. Si même les spécialistes n'étaient pas d'accord, elles n'étaient pas sorties de l'auberge. Gwëll les observait toutes deux avec de grands yeux emplis d'admiration tandis qu'Halina, elle, avait commencé à fouiller de son côté. Elle sortit bientôt du rayon une jupe atroce, faite dans une sorte de laine qui avait été teinte du rose du plus mauvais goût qui soit. La guerrière ne put s'empêcher de rire à son tour avant de prendre la parole, affectant le plus grand des sérieux :


- Oh, mais tout est une question de goût. Et puis, ça a l'air assez confortable. Je suis sûre que ça doit faire un superbe bas de pyjama. Et pour le haut...

Elle se rapprocha des vêtements en réfléchissant.

- Ça, par exemple ? proposa-t-elle avec un sourire innocent en brandissant un cache-coeur assorti orné de boutons scintillants et de pierreries de toutes les couleurs qui juraient affreusement avec le rose initial. Qu'est-ce que tu en penses ?

Halina grimaça alors que Kloa s'éloignait légèrement du groupe, cherchant toujours. Lorsqu'elle revint finalement, hilare, encombrée d'une écharpe fabriquée dans un étrange mélange de plumes et de fourrure et d'un gigantesque chapeau qui paraissait surmonté d'un véritable nid d'oiseau, le regard médusé des autres filles ne lui échappa pas.

- Merveilleux, annonça-t-elle tout en laissant tomber ses trouvailles sur une chaise posée dans un coin sans tenir compte des gros yeux que lui adressa une vendeuse. Tout simplement ma-gni-fi-que. Je suis certaine qu'on devrait bien terminer par trouver le bonheur d'Astragal là-dedans. Et il y a même des chaussures, plus loin. Mais, genre, avec des talons d'un mètre ou deux en-dessous. On dirait presque des échasses.

Avec un long soupir, elle se passa une main lasse dans les cheveux.

- Bon, quelqu'un a eu l'illumination ? Ou alors nous sommes contraintes de poireauter encore dans ce magasin jusqu'à ce que mort s'ensuive ?

Et, au fond d'elle, elle espérait que les garçons se dépêcheraient de les rejoindre, si possible avec un si beau cadeau qu'ils n'en auraient pas besoin d'un second. Nul doute que l'atmosphère de ce lieu paraitrait aussi irrespirable à Einar et Ewall qu'à elle-même.


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Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





Elizia / Kloa Rwanda

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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mer 11 Sep 2013 - 20:25

Pouvait-on s’autodétruire la mâchoire à trop serrer les dents ? Ewall espérait que non, car alors il se retrouverait bientôt aussi denté qu’un vieillard. Le corset le comprimait beaucoup trop et il commençait à se sentir mal. Équilibriste de nature, il n’était guère à l’aise à terre, et le trop plein de monde rapproché dans un espace clos lui donnait des vertiges. La seule foule qu’il appréciait était celle qui applaudissait la troupe Fillibulle, placée suffisamment loin pour ne pas couper son air. Il régnait, de plus, une forte chaleur conjuguée aux mille et uns parfums des femmes présentes, qui lui déclenchèrent un violent mal de crâne. Et tout ce qu’il pouvait faire, c’était tenter de contrôler son corps. Que l’esprit l’emporte sur la matière afin qu’il ne s’évanouisse pas pour le plus grand plaisir de ces dames. Son regard faible se posa sur Einar, essayant de lui communiquer son mal-être. Il posa discrètement une main sur un des étalages à sa hauteur pour se donner un appui. Il étouffait, il lui fallait absolument sortir de ce four géant ! Enfin, le teylus qui l’accompagnait se décida à parler. Par pitié, qu’il sorte les bons mots, car lui-même ne se sentait plus en était de parler. Et ouvrir la bouche n’était que le risque de vomir sur les pieds de la vendeuse. Quoi que. Peut-être que là, elle les laisserait partir. (Dixit méthode de Gwëll What a Face)

Einar argumenta donc sur les motifs pour faire comprendre à la femme, trop imposante à leur goût, qu’ils désiraient aller voir ailleurs. Trop subtile comme approche, sans doute, ou alors elle était vraiment bornée, car elle ne lâcha pas le morceau, clamant la possibilité du sur mesure. Ewall ne put alors retenir un grognement d’impatience. Et il crut se taper la tête contre les murs en entendant l’énième bourde de son ami. Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui passer par la tête pour sortir que tout ça lui allait bien ? Le marchombre avait-il mal interprété en pensant que le combattant en pinçait pour Astragal ? Se pouvait-il que ce soit lui qui lui plaise ? L’acrobate préféra croire à l’incroyable maladresse du jeune homme. Et enfin, VICTOIRE ! Il prononça les mots magiques : « pas assez d’argent ». Ce fut comme un déclic sur le visage de la vendeuse. Toute trace de miellerie disparut et un air mi blasé mi énervé doucha son visage de rondeurs. Et au grand bonheur du noble elle entreprit de lui enlever le corset, grognant qu’il allait le déformer. N’aurait-il pas été si mal qu’il aurait rétorqué que l’idée ne venait pas de lui, hein !
L’absence des liens eut beau lui rendre le contrôle de sa respiration, il lui fallu être dehors pour cesser de trembler. Il inspira à fond plusieurs fois, tandis que son acolyte mettait en évidence leur échec. Encore patraque, il le laissa prendre les rennes de leur future destination.


Les caravanes du marché plein air avaient pris place sur la grande esplanade de la rue marchande. Et l’ambiance manouche, les produits étrangers, la solidarité entre voyageurs se connaissant tout juste, les vêtements dépareillés rappelèrent à Ewall sa vie de bohème. Le mal de pays lui revint comme un coup de poing au ventre. Un an. Un an loin des siens qui n’étaient plus vraiment les siens. En partant avec Anaïel, retrouverait-il ce plaisir de liberté de l’itinérance ? Celui lui suffirait-il à présent qu’il avait connu une toute autre camaraderie, et surtout retrouvé sa sœur ? Il avait, à vrai dire, peur de se retrouver seul avec Anaïel, si toutefois il revenait à elle. L’avoir comme amante et mentor était une situation délicate qu’il pouvait gérer en ne la voyant qu’à tiers-temps. En quittant l’Académie il entrait dans une véritable vie de couple. Et il n’était pas sûr de vouloir être aussi mature. Encore faudrait-il qu’elle lui pardonne. Que serait son apprentissage si elle rompait définitivement avec lui ? Une simple épreuve de plus ou un véritable enfer ? Et dans le cas où il cassait la promesse des trois ans : que faire ? Retourner dans la troupe de cirque ? Entamer une nouvelle formation à l’Académie pour rester auprès de sa sœur ? Il jeta un coup d’œil à Einar qui semblait très intéressé par des attrapeurs de rêve. Il lui expliqua que c’était pour Halina, puisque la jeune fille avait du mal à dormir. Il acquiesça, impressionné de voir à quel point le garçon se dévouait à ses amis. A tous ses amis. Si, comme il le pensait, il en faisait partie, peut-être qu’il pourrait l’aider à choisir, ou du moins à mieux réfléchir. Il voulut entamer une discussion sur ce dont il n’avait encore parlé à personne, mais il fut coupé par le garçon, bien plus concentré que lui sur la recherche d’un cadeau. Le marchombre se ressaisit donc, parcourant les produits.
Les fioles étaient très belles avec leurs gravures, mais Astragal n’en aurait sans doute aucune utilité. Il y avait des écharpes brodées sublimes. La verte et bleue aurait particulièrement plu à Galoudryelle, d’ailleurs. Mais Aziel ne risquait-il pas de confisquer ce cadeau avec le port obligatoire d’uniforme et tout ? Des gants travaillés en cuir passeraient peut-être mieux. Ou une besace, pour y ranger ses cours. Ewall allait interroger son compagnon d’achat sur la question quand il le vit contempler un animal bien familier.


-Noukas ?!

En réponse, son  chuchoteur sortit de sa cachette. Comme à son habitude, il était lové dans une poche intérieure des chemises qu’Ewall achetait exprès pour, afin qu’il ne le quitte jamais, malgré ses siestes interminables. Il vit le regard d’Einar s’éclairer comparant Noukas aux autres.

-C’est un chuchoteur. Expliqua-t-il. Ils servent aux dessinateurs, surtout, car ils ont la faculté de transmettre un message en dessin. Mais une fois le message transmis, ils repartent. Vers l’expéditeur, je pense. Maman disait que c’était très sauvage, qu’on ne pouvait pas le garder avec soi comme animal si on n’avait pas de messages à lui faire porter régulièrement.

-Tout juste jeune homme. Confirma le vendeur. S’ils n’ont plus de missions, ils partent. Soit ils retombent sur un dessinateur qui va les utiliser, soit sur des personnes chargées de les attraper pour les revendre aux services des dessinateurs. Par contre le votre, jeune homme…

-Il ne délivre plus aucun message. Je l’ai acheté à un vendeur qui voulait s’en débarrasser au vu de son handicap. Voilà pourquoi il reste avec moi.

Il s’adressa ensuite plus particulièrement à Einar.

-Donc ce ne sera pas un bon cadeau pour Astra. A moins qu’elle ait le don ? J’ai entendu dire que des combattants pouvaient parfois savoir dessiner.

Ses connaissances revenaient de loin, d’une petite enfance dorée où l’école était à la maison. Discutant de tout cela, ils revinrent donc à l’étalage précédent, et Ewall laissa Noukas grimper sur le crâne de son ami pour s’amuser. Il se sentait bien, là, à partager des trucs avec le teylus.

-Je trouve les besaces vraiment sympathiques. Cela lui servira pour transporter ses cours, et comme ça Aziel ne pourra rien dire, vu que c’est fonctionnel. Qu’en penses-tu ?

Tout en parlant il fixait l’écharpe verte et bleue. Le marchand le vit, avide de potentiels acheteurs.

-Je…je vais prendre cette étole. Au cas où…je doive rentrer chez moi. Ajouta-t-il, penaud, à son camarade.

Il eut tout le mal du monde à trouver l’argent nécessaire, fouillant toutes ses poches et doubles coutures.

-Bon… ben je vais devoir demander de l’aide à Ciléa. Vous pouvez me la mettre de côté ? Je reviendrai demain.

Il soupira. Rien à dire, il n’avait pas du tout l’étoffe d’un noble. Son avenir était donc bien parmi les saltimbanques.


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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Dim 29 Sep 2013 - 18:09

Bon, elle était un peu paumée, au milieu de tous ces vêtements.
Habituellement, ses techniques de choix étaient très simples, elle faisait le tour des rayons, passait ses doigts sur les étoffes et quand elle en sentait une très douce, elle tirait dessus et elle voyait si c'était joli ou pas. En général, c'était assez efficace, parce qu'elle allait vite et que les tissus doux faisaient souvent de belles robes.
Mais là, elle pouvait même pas espérer faire comme ça, parce que c'était pas pour elle alors elle pouvait difficilement décider de savoir si c'était beau ou pas. Et c'était vachement dur, pour le coup, de se mettre à la place de quelqu'un d'autre pour choisir un vêtement.
En fait, elle était complètement paumée et heureusement qu'il y avait toute une troupe d'autres pour chercher sérieusement.

Et, en particulier, heureusement qu'il y avait Enelyë et Loeva, même si elles se tapaient un peu dessus à coups de remarques acides. D'ailleurs, c'était assez étonnant de voir comment l'une et l'autre elles détruisaient les raisonnements adverses avec des regards appuyés sur l'étiquette, la taille ou le tissu.
Les connaissant séparément, Gwëll n'aurait jamais cru qu'elles puissent s'entendre aussi peu et se comporter l'une envers l'autre de manière aussi hautaine.
De son coté, Kloa tapait anxieusement du pied et Halina essayait désespérément de trouver quelque chose de mettable.


Le plus dur, je crois, en fait, c'est de savoir ce qu'elle pourrait aimer, Astra. Parce qu'on la voit avec ce qu'elle aime, mais on sait pas ce qu'elle aime pas. Enfin, du coup, on sait juste qu'elle aime ce qu'elle a et pour ce qu'elle a pas, on sait pas...

Elle ferma la bouche et posa les doigts sur son menton. En fait, elle n'avait absolument rien compris à ce qu'elle venait de dire. Enfin, bien sûr, le fond si, puisqu'il sortait de son crâne, mais le reste, rien de rien.
Halina la regardait avec un sourcil levé et une jupe sur un cintre dans la main droite et Kloa était partie.


Oui, on est d'accord, dit comme ça, ça veut absolument rien dire.

Et elles rirent de bon cœur.

Mais tu as compris, quand même, non, dans le fond du fond ?

Et puis Halina fit signe que oui, lui sourit gentiment et reporta son attention avec une moue non feinte sur le chiffon qu'elle tenait à la main. Et Kloa revint et on aurait dit qu'elle était déguisée en épouvantail alors elles rirent encore. Mais la guerrière avait vraiment l'air désespérée.
C'était compréhensible, Kloa était pas du genre coquette et voir autant de vêtements tout autour, ça devait l'oppresser un peu, en plus de ne rien trouver et de se sentir inutile. Gwëll lui adressa un sourire et puis elle plongea la tête entre les étoffes, littéralement. En fait, c'était un peu bête, mais à l'instant même, elle n'avait absolument aucune envie de s'user les yeux sur ces vêtements qui étaient pas très beaux. Alors elle essayait de fuir. Un peu puérilement, certes, mais à sa manière, elle reconnaissait son manque de maturité.

Derrière la rangée de robes, il y avait une grande table promontoire ou étaient pliés de pulls et elle passa entre ses pieds. L'obscurité n'était pas complète et elle distinguait ses pieds, ce qui lui permettait d'éviter de se les prendre dans toutes les petites choses qui traînaient par terre.
Et puis, tout au fond, ça faisait un recoin entre trois rayonnages, avec des vieux chiffons jetés par terre. Gwëll s'approcha et s'assit dessus. Là, comme ça, elle se sentait comme dans une grande cabane et c'était bien plus tranquille qu'au dessus, à la surface où il y avait trop de gens et trop de bruits.
Derrière elle, un cintre bougea et quelqu'un prit une jupe. Elle passa la tête par le trou que cela avait créé et tomba nez à pieds avec Halina.


Psssst, Haaal ! Viens avec moi, il y a plein de place, ici... En plus, c'est super tranquille et on n'est pas obligées de chercher des affaires !

Elle vit la guerrière esquissé un regard hésitant derrière elle et puis lui sourire.
Cette après midi promettait d'être un peu amusante, finalement.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Mer 2 Oct 2013 - 12:25

Quand le petit animal apparut des poches d’Ewall, similaire à celui que le vendeur portait à l’épaule, Einar eut un sursaut de surprise. Il savait que son ami était un acrobate et qu’il savait faire plein de tours, mais faire apparaitre des animaux de ses poches sans même bouger… C’était vraiment fort.
En contemplant les petites bêtes de plus près, le Teylus ne pouvait s’empêcher d’en vouloir un pour lui. Ils étaient si mignons ! Si doux, avec leurs grands yeux presque trop grands pour leurs petites têtes, et de la fourrure et des grandes oreilles, et la manie de grimper dans le cou des gens. C’est pourquoi il poussa un petit soupir de déception quand le vendeur appuya Ewall. On pouvait pas les garder... C’était pas des animaux domestiques, à part celui d’Ewall, et Einar fut un peu jaloux, pour le coup. Qu’Ewall ait réussi à trouver le seul animal sauvage de Gwendalavir qui soit domestiqué…


Mais effectivement, ça irait pas à Astragal. De tout ce qu’il en savait, elle avait pas le Don du dessin, elle était trop guerrière pour ça. Les guerriers avaient jamais le don, et même lui, il pouvait pas appeler ce qu’il avait un Don. Il savait pas accéder aux Spires, même si les gens pouvaient rentrer dans sa tête quand ils étaient assez forts.

- Ouais nan, t’as raison, j’vois pas trop Astra avoir le Don… Et puis elle est est peut-être encore trop jeune pour savoir, j’sais pas trop quel âge elle a.

C’était dommage, quand même. Les petits chuchoteurs étaient tellement mignons, et Noukas était le plus mignon de tous, à grimper dans ses cheveux et se percher sur le haut de son crâne comme une Sentinelle en haut de sa Vigie pour contempler le monde extérieur. Le regard d’Einar retomba sur les besaces au moment où Ewall les évoquait, et il était plutôt d’accord avec lui. Avec tous les réglements moisis de M’sieur Krysant, c’était vraiment difficile de trouver un cadeau qui soit idéal sans qu’Astragal ait à le planquer sans jamais le porter. Elle avait déjà eu assez de soucis comme ça.
Comme le fait d’être punie alors qu’elle avait rien fait.
En oblique, en essayant de pas trop attirer l’attention d’Ewall dessus, il regarda les fioles, pour se dire qu’il avait fait cette crasse pour son bien, et que la fête paierait pour la retenue qu’elle avait à subir injustement.
Y’en avait de toutes les tailles et de tous les matériaux, des petites en verre dépoli avec un bouchon en liège, des plus chères avec des gravures et des formes tarabiscotées, des encore plus chères qui semblaient faites en diamant et que le marchant gardait précautionneusement à côté de lui. Y’en avait même qui étaient un mélange de bois et de verre, avec des petites gravures dans le bois, et qui le tentaient vraiment.

Et puis il entendit le mot Ciléa.

Et tourna des yeux boue grands comme des soucoupes vers Ewall.
Nan… ? D’où il appelait M’dame Morienval par son prénom comme ça, comme s’il la connaissait super bien ? En plus elle pouvait lui donner de l’argent par paquets. Et il entendait quoi par « chez lui »… ?
Einar avait jamais fait vraiment attention à l’entourage d’Ewall. Pour lui, il était juste Ewall, le saltimbanque qui avait la classe, et il avait jamais entendu son nom de famille ni fait vraiment attention d’où il venait.

Einar se renfrogna subitement. Alors comme ça, en plus d’être grand, beau, charismatique, acrobate et tout, il donnait du Ril’ Morienval et se plaisait à agir comme un rôturier « pour le fun » ? Ca lui semblait tellement… injuste. Y’a pas d’autre mot. Injuste. Et il pouvait pas s’empêcher de se sentir pouilleux à côté, ou juste bizarre. C’était même pas n’importe quelle noblesse, en plus, c’était les Ril’ Morienval, et d’après M’sieur Eternit, on faisait pas plus sang bleu que les Ril’ Morienval, après les Sil’ Afian.

- Qu’est-ce qui m’dit qu’tu vas vraiment rev’nir demain, mon gars ?
Le marchand d’étoffes, amer d’avoir été sur le point de faire son chiffre d’affaires de la journée, n’était plus aussi souriant et agréable que lorsqu’ils se contentaient de contempler.

Voyant qu’Ewall grimaçai, le vendeur estima qu’il y avait suffisament de chances pour que sa vente ne soit pas finalement gâchée, et reprit d’un ton magnanime :

- Ca va, j’en ai d’autres à vendre aujourd’hui. J’la garde jusqu’à demain midi, mais pas plus. Le convoi repart bientôt et il se pourrait que je trouve d’autres gens pour avoir envie d’une aussi jolie écharpe avant toi. Le plus tôt tu viendras, le plus de chances t’auras qu’elle soit encore là.

Comme tous les itinérants, le vendeur de jolis chiffons tendit la main à Ewall pour conclure l’accord. Pour les Itinérants, c’était une démarche presque instinctive, un rituel obligatoire pour la confiance.
Une fois retournés à l’affaire présente, Einar s’éclaircit la gorge et lui lança d’un ton qui tentait misérablement d’être détaché :

- J’savais pas que t’étais un Particule.

Et comme il n’arrivait pas à être détaché suffisamment pour ne pas paraître jaloux, il se reconcentra sur les besaces et changea de sujet le plus vite possible.

- Celle-là a l’air cool, non ? Avec les jolies gravures dans le cuir et plein de poches où elle pourrait mettre ses perles. Ou alors celle-là ? J’sais pas du tout comment ils arrivent à faire ça avec le tissu, mais c’est vraiment classe.


Ils en testèrent plusieurs, argumentèrent sur la décoration, et finirent par se mettre d’accord pour la plus jolie, même si ça voulait dire qu’il resterait plus beaucoup d’argent dans la moitié du trésor de M’sieur Eternit. C’était celle avec la technique bizarre, on avait découpé des formes dans le cuir et cousu des morceaux de tissu entre, ça faisait de très beaux reliefs, et  ça représentait un très joli rougeoyeur, avec des tissus dans toutes les nuances de rouge pour les feuilles, et le tronc gravé dans le cuir avec des stries pour faire l’écorce. Et puis la besace était grande et la sangle avait plein de petits motifs abstraits dessus.

Satisfaits d’avoir trouvé quelque chose qu’ils pensaient vraiment allait plaire à leur ami, ils étaient sur le point de quitter les étals, mais Einar retint Monsieur Particule un instant et se dirigea vers le marchand de fioles et de bouteilles. Il avait clairement pas l’argent pour les diamants, et en fait, après réflexion, comptage et énervement de l’itinérant, il avait plus l’argent pour les petites fioles de verre dépoli toutes simples non plus.

Grognon, il suivit Ewall qui s’éloignait, Noukas sur l’épaule.

- Le mieux maintenant ce serait d’rejoindre les filles, comme ça on aurait leur avis sur la besace.

Pendant qu’ils marchaient, Einar contemplait Ewall du coin de l’œil, mi figue mi raisin. Ca lui semblait presque une trahison, qu’il soit un noble, après tous les trucs un peu débiles qu’ils s’étaient dit. Et puis, on n’était pas censés s’adresser aux nobles comme il l’avait fait toute la journée.

Ton détaché bis, on.

- C’doit être cool, la vie de château. ‘Fin l’Académie ça doit t’paraitre un peu moisi à côté, j’suppose. Tu la tutoies, M’dame Mori
—il fit un effort suprême pour ses manières—M’dame Ril’ Morienval, ou vous dites « vous » tout l’temps, entre gens d’la haute ?

Pas étonnant qu’il ait un chuchoteur rien qu’à lui, en fait, songea Einar alors que le rongeur était venu grimper le long de son propre bras, les petites griffes picotant la peau. Les nobles pouvaient avoir tout ce qu’ils voulaient même  si ça défiait l’ordre des choses.

- Et pis pourquoi tu fais croire que t’es comme nous ? Si j’étais un particule, j’porterais plein de vêtements brillants tout le temps et j’aurais un carrosse et des gens pour me servir en biscuits tout l’temps.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Dim 13 Oct 2013 - 22:16

Avait-elle déjà réellement appréciée cette roturière ? Oui, peut-être un peu, au tout début. Elle avait appréciée cette competition entre elles-deux. Elle avait apprécié sa franchise. Mais la personne en elle-même... Elle ne savait pas trop. A part le Dessin, elles n'avaient pas grand chose en commun, non ? C'était ce qui revenait toujours lorsqu'elles étaient seules en tout cas. Le Dessin. A la fontaine, leurs premiers Dessins. A la Vigie, une sorte de duel de Dessin. Les cours aussi. Et puis... ce devait être à peu près tout. Elles se connaissaient depuis leur arrivée ici, et elles ne se connaissaient qu'à peine. Mais ce n'était pas forcément très grave. A part être rivales, quel autre liens pourraient-elles avoir ? Et maintenant qu'elle était plus noble que ne l'avait jamais été la jeune Teylus, cette idée d'amitié pouvait paraître tellement incongrue. Elle l'avait bien vue avec sa mère et la famille de sa mère. Les nobles et les roturiers ne se mélangent pas. Et pourtant... A l'Académie, nombreux étaient ceux qui se fichaient de s'avoir s'il y avait un « il' » dans le nom de famille.

Aujourd'hui elle devait mettre sa rancoeur, sa jalousie de côté. Pour Astra. Parce qu'Astra était un ange, et qu'elle méritait le meilleur anniversaire possible, le meilleur cadeau possible. Et si Enelyë pouvait les aider à rendre cette fête plus belle encore, alors elle devait faire avec. Elle se mit donc à chercher la perle rare, la jupe parfaite, pour cet ange qu'était Astra. De temps en temps elle tombait sur une pièce qui lui attirait le regard, mais elle la reposait bien vite, trop simple, trop compliquée, trop fragile, trop lourde, trop cher. Il y avait toujours quelque chose qui coinçait. Et dans ce fouillis d'habits, elle tombait sur des choses bien ignobles qui n'auraient même pas dû exister. Ah, si c'était elle qui choisissait la mode, si c'était elle qui dessinait la mode, tout cela n'existerait pas. Il n'y aurait pas de place pour le mauvais goût.

Le summum du mauvais goût arriva lorsqu'Halina leur montra une jupe d'un rose hideux – non mais déjà l'invention du rose, quelle idée – ce qui permit au moins à Kloa de se détendre un peu, toute tendue qu'elle avait l'air. La jeune femme sourit en coin, elle n'était peut être pas la plus mal à l'aise ici, malgré la présence d'Enelyë, son sentiment de ne pas vraiment appartenir à ce groupe, tout ça, au moins les habits, les dentelles, c'était son rayon. Kloa sortit un haut des plus hideux pour aller avec. Tellement qu'il donnait presque envie de vomir rien qu'à le voir. Mais il fallait l'avouer, les deux allaient bien ensemble. Si l'on cherchait les trucs de plus mauvais goûts du magasin. Halina l'appostropha même, à son plus grand étonnement. Son sourire s'élargit. Elle répondit, sur un ton empreint d'ironie :


- C'est un style particulier, qui va tout particulièrement bien aux dames de la haute bourgeoisie. Ça tient chaud qui plus est. Et puis les vieilles dames ont plein de chats, c'est bien connu, y a aucun regret à avoir qu'ils fassent leurs griffes dessus. A croire que ça a déjà été fait !

Elles s'y remirent, sans grande motivation. A croire que cette grande boutique tenait sa réputation d'on ne savait où. Pas le moindre coup de cœur. Finalement, être la fille du propriétaire, ce n'était pas si génial que ça, vu les collections. Kloa revint, vêtue d'un... elle ne savait même pas comment décrire ça. Elle ne ressemblait à rien. Mais c'était quoi ce magasin en fait ? Elle trouvait des trucs habituellements. Oui... Sauf que habituellement c'était pour elle qu'elle cherchait. Pas pour quelqu'un d'autre. Et Astra finalement, elle ne la connaissait pas beaucoup. Elle avait su trouver une idée de cadeau génial pour Einar (mais chut, c'était un secret), mais maintenant, pour le cadeau groupé, elle séchait complètement.

Kloa posa une question, à laquelle Loeva ne repondit pas. Elle continuait de chercher, tentait de ne pas désesperer. Elles allaient bien finir par trouver quelque chose. Hmmm... Mais pourquoi les deux autres filles ne répondaient pas, elle ? Abandonnant ses recherches infructueuses, elle se retourna. Ne vit que Kloa. Enfin y avait Ene, mais Ene elle compte pas /PAN


- Dis... Elles sont où les filles ?

Elle commença à se tourner dans tous les sens, les cherchant frénétiquement du regard. Elle n'était pas au rez-de-chaussée. Etaient-elles sorties ? Etaient-elles montées ? La première solution paraissait plus plausible, mais pourquoi ne les auraient-elles pas prévenues ? Suivie de Kloa, elle sortit dans la rue, ne les vit pas. Elles ne pouvaient pas être parties trop loin, en si peu de temps. Deux minutes plus tôt elles étaient avec elle. Elle avait du les manquer dans le magasin. Elle re-rentra, au grand désespoir de Kloa qui semblait avoir besoin d'un peu d'air frais.

Un corset lui attira alors l'oeil. Marron, brodé, avec des perles qui s'assortiraient très bien avec celles qu'elle portait dans les cheveux. Pourquoi ne l'avait-elle pas vu plus tôt ? Elle semblait être finalement tombée sur la perle rare. Mais elle n'était pas la seule à décider. Il fallait qu'elles retrouvent les filles pour leur suggérer l'idée. Elle l'attrapa. Se retourna pour le montrer à Kloa et... personne. Elle l'avait perdue elle aussi ? Elle était restée dehors peut-être ? Où alors elles s'étaient juste perdues dans la foule ? Et beh, ça s'annonçait bien. Le corset sous le coude, elle tenta de se frayer un passage parmi la foule, pour tenter de retrouver ses amies.



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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Jeu 17 Oct 2013 - 11:08

Le marchand sembla méfiant et réticent à lui mettre de côté un de ses produits. Et Ewall grimaça, confus. N’était-ce pas le comble, pour un Ril’Morienval, de ne pas pouvoir acheter une simple écharpe ? Il haussa les épaules et lui jeta un regard implorant. Il pouvait toujours lui dire qu’il était un homme de promesse, rien ne pourrait garantir l’homme de son retour. Pourtant il accepta, à certaines conditions. L’apprenti marchombre sourit, soulagé et le remercia chaleureusement, lui certifiant qu’il reviendrait demain. Ne restait plus qu’à en parler à sa sœur. Si leurs rapports s’étaient nettement améliorés, il demeurait plus que gêné d’avoir à lui quémander de l’argent. En soit il s’agissait de son argent, puisqu’en temps que seul homme héritier de la lignée, il avait droit à cet héritage. Et il avait accepté ce rôle. Ce n’était pas pour autant qu’il se sentait comme tel. Il serra la main au vendeur, pensant à ce que dirait Ciléa si elle le voyait toucher un roturier de la sorte, comme son égal.

-J’savais pas que t’étais un Particule.

Le cœur d’Ewall manqua un battement. D’une parce qu’il pensait que son nom  noble avait déjà fait le tour de l’Académie parmi les nombreuses rumeurs, et que le fait qu’Einar ne soit pas au courant impliquait peut-être l’ignorance de tous les Teylus ! De deux parce qu’il avait cru sentir une accusation dans cette simple phrase, et que de l’entendre passer si vite à un autre sujet de conversation le confortait dans cette idée. Son ami était dérangé par sa noblesse, et cela le blessait. Ne pourrait-il donc jamais être tranquille à ce sujet ? Ne pourrait-on donc jamais l’accepter pour ce qu’il était ? Son statut de bâtard le suivrait jusqu’à ce qu’il choisisse définitivement ? Choisir d’être un autre, plein, plutôt que lui, de moitiés.
Il soupira, et tenta de se concentrer sur les besaces, se persuadant qu’il était paranoïaque. Le teylus avait juste fait une affirmation, une constatation. Pas une insulte. Il argumenta donc avec lui des différents modèles, tentant de dissiper le mal être qui bouillonnait dans son cœur. Ils se mirent d’accord sans trop de difficulté et reprirent donc la route du retour. Le garçon l’arrêta juste un instant pour se renseigner sur les fioles, et l’acrobate baissa les yeux à terre. Il aurait voulu pouvoir lui offrir des fioles, tout comme il aurait voulu pouvoir acheter le foulard. Être noble et lui montrer par là son amitié, son affection. Einar le croyait-il égoïste et menteur ? Cela devait paraitre inconcevable d’être une Particule sans argent. Il ne devait pas comprendre et Ewall avait peur qu’il se fasse de fausses idées pouvant mettre en danger leur amitié. Lorsqu’il revint auprès de lui, il le vit grognon et s’inquiéta plus encore. Mais il avait peur de mettre le sujet sur le tapis. Le combattant le fit donc à sa place, ventant les supposés mérites de la noblesse. Il perçut, de nouveau, l’accusation dans sa dernière question. Voilà le problème. A ses yeux, il faisait semblant d’être roturier. Semblant. La mixité entre roturier et noble était donc impossible aux yeux du monde. Cela découragea plus qu’autre chose l’apprenti qui crut bien partir en courant, sans rien dire, et ne plus jamais les revoir. Einar allait très vite dire aux Teylus son « semblant », et tous allaient le condamner. Mais fuir serait aussi tout sauf sympa pour Astragal. Elle ne méritait pas qu’il crée une embrouille pile au milieu de sa surprise. Alors il était coincé, là, tête baissée, yeux humides, sous le regard insistant d’Einar. Il aurait aimé que Noukas sache parler, pour le laisser s’occuper de l’affaire. Mais le chuchoteur ne put que se frotter contre lui, pour l’encourager.


-Le dernier château dans lequel j’ai mis les pieds, c’était il y a plus de cinq ans. Et ça me parait être il y a vingt ans. C'est-à-dire jamais puisque j’ai que dix-huit ans.

Il boudait, déçu et furieux de devoir justifier son appartenance.

-Ma maison c’est un chapiteau de cirque. Celui de la troupe Fillibulle. Alors tu vois, les seuls vêtements brillants que j’ai eus, ce sont des tenues d’acrobate et de funambule. Personne d’autre que moi pour me servir, et des biscuits volés.

Il commençait à ressentir plus de colère à l’égard du teylus que de la tristesse. Il aurait aimé être à sa place, hein ?! Etre noble ?! Et bien qu’il la prenne, sa place. Et tous les fantômes qui vont avec !

-Alors oui, j’suis le petit frère de Ciléa Ril’Morienval. Mais je viens tout juste de la retrouver. Je la croyais morte et elle me croyait mort avant que je n’arrive à l’Académie. Parce que notre chère famille si chanceuse et fière d’être riche et noble est morte. Assassinée. J’avais cinq frères et sœurs, et d’un coup plus personne.

Le ton montait, il devenait nerveux, exaspéré des semblants et des opinions toutes faites. Il voulait juste qu’on le laisse être lui, merde !

-Je ne fais pas SEMBLANT d'être un roturier. Je le suis. Tout comme je suis une particule.


Le mot employé par Einar lui paraissait ridicule et insulte.

-Je suis saltimbanque et noble, et va falloir que tout l’monde s’y fasse parce que je ne choisirai pas. J’ai caché mon nom pendant des années, et je l’ai repris en rencontrant Anaïel qui m’a fait croire que je pourrais être moi, accepté pour ce que je suis. Et j’ai retrouvé Ciléa. Et oui on se tutoie, même dans ce monde là. Et j’essaie d’être son frère, tout comme j’essaie d’être marchombre. ET J’EN AI MARRE QU’ON DISE QUE C’EST PAS COMPATIBLE !

Les larmes éclatèrent sur son visage rouge.

-Parce que sinon ça veut dire que j’suis rien.

Que je n’ai pas d’identité. Pas de valeurs. Pas de famille. Pas d’amis. Pas de vie à défendre.

-Chez moi. Continua-t-il de sa voix brisée. Là où je vais finir, car viré de l’Académie et de ma voie. J’sais même pas encore où c’est. J’aurais dis ma troupe, Fillibulle. Mais j’ai une sœur. Et elle ne me laissera pas aller là-bas.

Je ne serais jamais rien d’autre qu’un bâtard. Le bâtard noble que personne ne veut tant qu’il ne choisit pas. Tant qu’il n’accepte pas d’être un autre que lui-même.


_______________

Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?




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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Dim 20 Oct 2013 - 20:44

Halina était contente de voir que son intermède avait fait rire les filles et surtout Gwëll et Kloa qui avaient l’air un peu perdues auparavant. Se détendre un peu aussi entre amies. Ça permettait de réchauffer un peu l’ambiance qui semblait tendue entre Loeva et Enelyë. La Teylus ne savais pas du ce qui se passait entre les deux filles mais elle trouvait ça dommage cet esprit de compétition entre deux de ses amies. Elle n’aimait vraiment pas ça d’ailleurs. De même, elle détestait la relation entre Ichel et Lya, qu’elle considérait comme ses meilleures amies. Rien que de penser à son amie marchombre qui avait quitté Al-Poll, sont cœur se serra. Elle lui manquait et elle s’inquiétait beaucoup pour elle. Mais bon, il n’y avait rien qu’elle pouvait faire, donc elle devait se résigner de rester dans l’ignorance de la nouvelle vie de son amie.
 

Elle se secoua la tête pour chasser les idées parasites et se reconcentra sur l’instant. Loeva lui expliquait que c’était ce que mettaient les vieilles dames qui avaient des chats. Et que d’ailleurs les chats devaient être les responsables de la découpe pourrie de la jupe qu’elle avait dénichée. Halina ne put s’empêcher de sourire en imaginant la situation. L’image fut interrompue par l’explication de Gwëll sur le problème qu’elles rencontraient actuellement. Avec ses mots à elle quoi. La Teylus leva un sourcil étonné le temps d’essayer de comprendre l’information. Puis elles rirent quand l’Aequor comprit que ça ne voulait rien dire mais que oui, elles avaient quand même comprit. Ensuite, elles assistèrent à l’arrivée d’une Kloa vêtue complètement dans le pur style moche et ringard, pendant que le groupe rigolait franchement. S’attirant au passage les regards outrés des clientes. Mais ces dernières ne pouvaient rien dire à la fille du propriétaire, ce qui arrangeait bien leurs affaires.
 

Mais elles finirent par se remettre à leurs recherches parce que bon, ça n’allait pas avancé tout seul. Du coup, chacune se reconcentra sur sa tâche avec plus ou moins de motivation. Ça énervait Halina de ne pas être capable de trouver des vêtements qui pourraient être aux goûts de son amie. Qu’est-ce que ça disait sur l’étendue de leur amitié ? Elle pâlit un peu à cette pensée. Elle se considérait toujours comme une super amie mais elle ne connaissait pas tant que ça des gens en fait. Tsss, il fallait vraiment qu’elle arrête de flipper comme ça pour rien. Les gens l’aimaient bien et ne lui en demandaient certainement pas autant. Et puis comment pourrait-elle connaître les envies d’Astragal en matière de fringues vu qu’elles n’en parlaient jamais toutes les deux ? Peut-être aurait-elle du abordé le sujet durant une de leurs conversations au coin du feu de la salle commune ? M’enfin, ça semblerait vraiment trop suspect si elle parlait de ça, non ?


Au moment où Halina prenait une jupe sur un cintre pour la regarder dans son ensemble, les vêtements devant elle et laissèrent apparaître une petite tête blonde et souriante. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce qu’elle venait de voir et ce que lui proposait Gwëll. Elle hésita un peu, ne voulant pas lâcher le groupe dans leurs recherches. Mais bon, vu son manque d’efficacité légendaire dans la recherche de vêtement, elle était aussi bien cachée sous un présentoir. Elle se faufila donc dans la cachette de son amie avec un grand sourire. Les filles pourraient bien se débrouiller. Eh ben, c’était étroit mais cosy ici. Ça faisait un repaire super agréable pour trainer. Il faisait juste un peu sombre quoi. Elles papotèrent quelques instants toutes les deux en rigolant discrètement quand elles voyaient passer des chaussures  moches. Plusieurs fois, elles crurent qu’une vendeuse allait les repérer mais non, elle était trop absorbée par le rangement des rayonnages.

 
Elles reconnurent soudain la voix de Kloa qui râlait en passant dans le présentoir où elles étaient cachées. Alors Halina sortit la tête dehors avec un sourire jusqu’aux oreilles, ravie de son effet. Le guerrière eut un mouvement de surprise mais ne paniqua pas. Elle leur sourit en retour pendant que les deux compères l’attiraient dans la cachette paisible. La Teylus leur dit que les filles les cherchaient et que Lov avait un peu l’air inquiet quand même. Alors elles élaborèrent un plan d’attaque. Quand Lov passerait là il faudrait lui faire peur, si c’était Ene, la tactique était la même. Contente d’elles, elles se mirent en place. La Teylus fut la première à passer à côté du rayon. Les trois complices passèrent leur tête en même temps en disant :
 

-Bouh !
 

La jeune femme recula et, de surprise, lâcha ce qu’elle avait dans les mains. Ce qui provoqua un nouveau fou-rire auquel se joignit la Teylus et Enelyë qui arrivait juste. Finalement, elles sortirent de leur cachette, ravies. Halina s’épousseta les genoux et s’étira. Elle ramassa ce que son amie avait laissé tomber et l’observa. Elle fut rapidement conquise. C’était vraiment joli, à la fois fin et pratique. Et puis les perles c’était totalement du Astra. Et le tissu gérait aussi. Bref, Halina avait son premier coup de cœur. Elle le déclara donc en le montrant aux filles :
 

-Eh mais il est extra ce corset ! C’est du Astra’ tout craché ! Bon choix !


_______________

             
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for a magic door and a lost kingdom of peace"

Eugene O'Neil

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Au service secret de la fête secrète [Inachevé]   Lun 21 Oct 2013 - 5:10

- Brun ou beige ?

Enelyë dut admettre que c'était une très bonne remarque. Qu'elle avait formulé dans sa tête quelques secondes avant, d'ailleurs. Elle sourit à Loeva, contente de voir que la Dessinatrice, depuis leur dernière rencontre seule à seule, avait repris du poil de la bête. Même si elle lui paraissait distante. Elle ne comprenait pas vraiment cette attitude, mais n'en fit pas grand cas. Ce n'était sans doute pas si grave. Du moins, n'en fit pas grand cas jusqu'à ce que leurs raisonnements se retrouvent confrontés et que les remarques pas très gentilles ne fissent surface. Et la Dessinatrice n'y allait pas de main morte.

Les recherches ne furent pas très concluantes. Dans les gammes de couleurs désirées, peu de vêtements se révélèrent à la hauteur des attentes. Elles mirent de côté une ou deux jupes, mais rien ne fut vraiment adoré. Alors elle continuait à chercher, tentant de dénicher la perle rare pour Astra. Il était amusant de chercher quelque chose qui n'allait cependant pas du tout avec ce qu'elle avait l'habitude de chercher. Il fallait dire qu'Astragal n'était pas non plus le "modèle type" des nobles. Et quelque part, cela réjouissait Enelyë, de savoir qu'un vêtement de cette boutique serait porté magnifiquement par une jeune femme roturière, ce qui montrait bien que l'argent ne faisait pas tout et que les vêtements pouvaient bien convenir à tout le monde.

Mais un pouffement, venant de sa droite, la fit sortir de ses réflexions sociales (si). C'était Kloa, et en suivant son regard, elle vit ce que tenait Halina à la main. Ce devait être une des pires choses qu'elle avait vu, et pourtant, dans le rayon d'à côté, il y avait les autres coloris. Elle-même trouvait cela affreux, mais certaines nobles en raffolaient ; amour des vêtements ou cécité ? Sans doute ne le saurait-elle jamais. Kloa rétorqua, en riant, que tout était une question de goût.

- Et si, Halina, figure-toi que des gens portent ça ... Affreux, hein ?

Loeva souriait aussi, de ce sourire en coin qu'Enelyë n'appréciait pas vraiment. Elle préférait les sourires francs qui débordent presque sur le rire et les sourires doux, parfois à la limite de l'ironie. Pas moqueurs. Kloa continuait à chercher dans le rayon et en sortit le cache-coeur le plus horrible de la création. Puis elle s'éloigna un peu, et elle continua les recherches. Peut-être devraient-elles chercher autre chose que des jupes ... La guerrière revint, avec un chapeau très étrange sur la tête. Où avait-elle été chercher ça ? Ce n'était pas possible, il y avait sabotage. Des concurrents venaient mettre des trucs affreux dans la boutique ou ça se passait comment ? Enelyë ouvrait des yeux ronds.

Mais elle en avait visiblement assez de traîner dans le magasin. Elle ne semblait clairement pas du genre à passer des heures à chercher des vêtements. Cela fit sourire Enelyë, qui comprenait vraiment Kloa. Les vêtements l'intéressaient, mais l'aurait-on emmené dans un magasin d'armes, par exemple, qu'elle aurait voulu en sortir au plus vite. Il suffisait de transposer les différents situations à d'autres pour se sentir proche des sentiments des autres. Elle entendit Loeva poser une question, mais elle ne s'adressait visiblement pas à elle. Néanmoins, il était vrai que Gwëll et Halina avaient disparu elle-ne-savait-où. Elle entendit les deux filles s'éloigner, tandis qu'elle continuait à chercher. Finalement, son regard se porta sur les rayons d'à-côté. Enelyë n'avait jamais eu à visiter plus de deux rayons pour trouver quelque chose qui pouvait lui plaire. Mais maintenant cela semblait nécessaire. Elle s'y rendit alors. Seule, puisque personne ne se trouvait dans les environs à part les Dames qui portaient les trucs roses affreux.

Elle ne revint pas les mains vides, cependant. Ce qui était une petite victoire. Un "Bouh" se fit entendre sur le côté, et elle vit Loeva lâcher ce qu'elle avait dans les mains, en sursautant. Enelyë rit doucement - une farce des trois autres. Voilà où elles étaient cachées ! Ce fut Halina qui récupéra le vêtement. Un très beau corset, marron, orné de perles. Il était vraiment magnifique et visiblement, elles furent toutes conquises.

- Très joli en effet. Au fait, en faisant un tour dans les rayons un peu plus loin, j'ai trouvé ces jupes-là. Vous ne trouvez pas que celle-ci s'accorderait bien avec ?

Encore une jupe brune, mais qui semblait plus travaillée que les précédentes, elle aussi brodée par endroits. En fait, Enelyë se demanda même s'il ne s'agissait pas, tout bêtement, d'un ensemble. Songea à vérifier l'inventaire et éventuellement, à trier tout ce qui se trouvait dans les parages. Au moins, ce n'était pas pareil à Al-Jeit.



_______________



    Papillon Princesse à votre service ! o/

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