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 Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]

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Premier Gardien
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MessageSujet: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 19 Déc 2009 - 14:09

Edel n’avait jamais été autant angoissée pour elle-même, de toute sa vie. Où était-elle ? Enfin, elle savait bien qu’elle se trouvait à Al Poll, ça allait de soi, mais ça n’avait toujours été qu’un nom sur une carte pour elle… ou inscrit dans quelques livres qu’elle se souvenait avoir vaguement parcourut un jour...
L’homme qui l’accompagnait depuis la nuit effroyable d’Al Jeit, était allé de son côté pour quelques affaires… elle se souvenait qu’il lui avait dit ce qu’il allait faire… ou non, non, il ne lui avait pas dit… peu importait, il n’était pas là. La respiration de la jeune femme s’accéléra légèrement, alors qu’elle marchait dans les rues bondées de la ville en pleine activité malgré l’hiver.

Edel resserra sa cape autour d’elle, le cœur serré et le regard inquiet dissimulé sous sa capuche. Elle scrutait les moindres mouvements autour d’elle, guettant la plus petite chose pouvant être suspect. Tout allait mal… tout allait même très mal ! Elle avait froid, errait au hasard dans une ville qu’elle ne connaissait ni en noir ni en blanc, à la recherche d’un probable vendeur de chevaux qui ne se montrait décidément pas, des tueurs étaient sur ses talons et même si elle ne le montrait pas et que ça ne se voyait guère, elle avait peur. Mais par dessus tout, son âme et son cœur pleuraient toujours les membres qui avaient constitué son escorte… une escorte bien maigre et pas toujours constitué d’élément capable de tenir l’épée. Personne à l’assemblé n’avait imaginé que ces mercenaires s’acharneraient avec autant d’énergie... et d’ailleurs, personne extérieur à la famille, n’était sensé savoir que le conseil avait décidé un démembrement... en conséquence, ils avaient privilégié de petits groupes, qui se feraient plus discret et progresseraient plus rapidement.
Dans le sien, seuls quatre éléments étaient rompu au combat, dont elle. Son père avait d’avantage insisté pour qu’elle se fasse accompagner par une partie de sa suite. Une décision tout à fait absurde, mais il disait vouloir être sûr qu’elle serait à son aise partout où elle irait, et qu’elle ne manquerait de rien. Et puis le danger n’était pas sensé être aussi grand, il fallait aussi bien l’avouer… de fait, durent la suivre en plus de ces trois hommes armés:  Hélène, qui avait été sa nourrice, Tessaly son ancienne gouvernante, Maddy qui était plus une sœur qu’une véritable femme de chambre et Gaelan chargé de bien organiser ce petit monde. Au début du voyage, cet « escorte » l’avait plus agacée qu’accommodée. Tessaly criait sur tout le monde toujours mécontente de tout, Hélène faisait la difficile et surveillait le moindre de ses gestes, Maddy n’était pas habituée aux excursions et la suivait toujours partout en faisant excessivement attention ce qui pourrait bien lui « faire du mal », quand à Gaelan il avait peur de tout et n’importe quoi. Et comme si ça ne suffisait pas, Priam, Théobald et Wissam avaient de plus en plus de mal à supporter les crises de Tessaly. Mais qui pouvait bien les blâmer pour ça, quand elle s’y mettait c’était atroce…

La jeune femme resserra sa main déjà crispée sur son sabre, efficacement dissimulée sous sa cape. De toute façon, rien ne servait à y penser d’avantage… ils étaient tous mort. Et elle-même n’était pas passé loin.
Edel était maintenant dans une rue moins fréquentée que l’artère principale de la ville, qu’elle avait déjà parcouru. Il faudrait bientôt qu’elle songe à rejoindre le point de rendez-vous qui avait été entendu avec l’homme qui allait dans la même direction qu’elle.


(désolée )


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 19 Déc 2009 - 15:48

Shawna donna un coup de pied dans un caillou qui traînait avant de laisser échapper un gémissement de frustration pure. Elle détestait cet endroit. Elle détestait le vent glacé qui s’infiltrait sous ses vêtements et lui perçait les lèvres, elle détestait la neige dans laquelle ses bottes s’enfonçaient et qui la ralentissait, elle détestait le froid qui imbibait ses vêtements et s’infiltrait jusqu’à la moelle de ses os. Elle détestait la pente rigide des toits, les visages patauds des passants, la silhouette des montagnes qui s’imposait sur le ciel clair. Et elle détestait ses parents. C’était à cause de son père qu’elle était là, et à cause de sa mère qui l’avait suivi dans son plan perfide. Et bien ! Cela ne marcherait pas. Ils pouvaient toujours rêver, elle ne mettrait jamais les pieds dans l’Académie de Merwyn et elle n’apprendrait jamais le Dessin ! Ils croyaient vraiment qu’ils pouvaient lui faire du chantage, et que sa flûte de pan lui était si chère ? Elle pouvait toujours s’en racheter une autre.

Sauf que la flûte faite prisonnière par l’horrible Intendant était très, très importante pour elle. Cela faisait près d’une décennie qu’elle pendait à sa ceinture… Shawna en connaissait tous les contours, tous les nœuds. Elle aurait pu la dessiner les yeux fermés, si on le lui avait demandé, à force de s’imprégner de son essence et d’y jouer les mélodies de sa vie. Elle avait été le premier grand cadeau qu’elle avait reçu, l’instrument par lequel elle avait découvert son amour de la musique… L’imaginer entre les mains d’un parfait inconnu qui n’en connaissait pas la valeur relançait la rage qui coulait dans ses veines un peu plus fort, comme une vague qui, venant plus tard, prend de la force dans la fuite des précédentes pour dévorer le sable plus loin encore. Son poing partit s’écraser contre un mur. C’était la seule manière qu’elle connaissait de se vider de ses sentiments… Pourquoi son père refusait-il de l’accepter comme elle était, avec ses rêves et ses idéaux ? Pourquoi voulait-il tant la pousser sur cette voie qui n’était pas la sienne ? Pourquoi l’avait-il envoyé à l’autre bout du monde rien que pour entrer dans une stupide Académie emplie d’idiots qui se croyaient meilleurs que tous les autres alaviriens ? Elle pariait qu’en ce moment, il était devant une magnifique tasse de chocolat chaud, les pieds devant la cheminée et le plat de racines de niam à portée de main, pendant qu’elle se pelait dans une ruelle où devait habiter une bande de goules. Et sa mère, elle devait être en train de rire avec toute la caravane ; à cette heure là, ils étaient sûrement en train de déblayer la route pour faire avancer le chariot, essayant d’atteindre un village avant la nuit et profitant de la neige pour lancer une bataille. Ils avançaient à une lenteur digne du plus lent des siffleurs, mais ne s’en inquiétaient pas, ayant tout le temps du monde devant eux… Qu’est-ce qu’elle ferait pour être parmi eux ! Pour être chez elle… Le crissement des pas sur la neige, un peu plus fort que les bracelets qui s’entrechoquaient sur son poignet, lui fit tourner la tête vers l’ouverture de la ruelle menant à la rue marchande principale.

- On ne t’a pas déjà dit qu’il était dangereux d’aller dans les petites ruelles d’Al Poll ? Laisse-moi tranquille.

Elle avait parlé avant même de voir son interlocutrice ; celle-ci était de toute façon trop loin pour que Shawna puisse la décrire. Une longue cape, des mèches aux reflets mielleux qui dépassaient de sa capuche, et c’était bien tout. Sobre, discrète, effacée. Elle contrastait grandement avec Shawna, qui cachait le bout de son nez sous une écharpe blanche, ses oreilles sous une capuche en laine de siffleur rouge rattachée à une tunique de la même couleur Oui, je suis le petit chaperon rouge, et le reste de son corps sous pantalon noir et bottes ébène. La jeune femme ne semblait pas prête à partir. Mais Shawna voulait être seule, et alors qu’elle pensait à sa famille qui était partie le matin même en l’abandonnant derrière, la mauvaise humeur éclata dans ses yeux bruns. Elle fit un pas menaçant vers la silhouette; elle savait qu’elle allait faire une bêtise, mais elle avait froid, elle était fatiguée, elle était seule et elle en avait marre. Elle devrait rentrer à l’Académie, bientôt son chez elle du moment, mais c’était le seul endroit où elle ne voulait pas aller. Cela ressemblerait trop à un échec... Et le pire, c’est qu’elle avait beau penser et tempêter, elle n’arrivait pas à en vouloir à ses parents. Elle comprenait. Elle n’était pas d’accord, mais elle les comprenait… Alors si elle ne pouvait même pas leur en vouloir, à eux, source de son irritation, elle ne pouvait vider sa colère sur personne… sauf, peut-être, l’inconnue qui lui faisait face. Maintenant qu’elle s’était rapprochée, Shawna pouvait voir de l’angoisse sur ses traits. Encore l’une de ses nobles demoiselles peureuses, Shawna était prête à le parier. Quoique, elle n’était pas habillée comme une noble. Bourgeoise, alors. L’une de ses filles qui ne connaissaient rien de la vie des routes, et étaient incapables de se débrouiller seules…

- Tiens donc, tu as perdu tes demoiselles et ton garde du corps en plus de ton chemin ?

[Edition à volonté, désolée pour toutes les idées fausses à la fin mais Shawna juge vite et mal, c’est dans le personnage^^]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 19 Déc 2009 - 19:02

Edel s’immobilisa, les sens en alerte. Une ruelle… pourtant pas si vide que ça… enfin à présent il était vrai qu’il n’y avait plus qu’elles deux. Ou du moins c’était peut-être ce qu’on voulait lui faire croire… Cela pouvait être un piège… pourquoi une jeune fille aux allures très coloré, voudrait-elle en découdre avec une parfaite inconnue ? Elle voulait qu’elle la laisse tranquille ? C’était quoi cette histoire ? Et comment savait-elle pour Hélène et les autres ? Son regard se durcis immédiatement et Edel se confina dans une attitude qui précédait toujours chacun de ses combats. Elle régula sa respiration avec maîtrise, stabilisa ses points d’appuies et attendit la suite, tous les sens en éveille. Aimablement elle répondit à la jeune fille, d’une voix calme et maîtrisée:

_J’espère que tu n’es pas avec eux, ça me chagrinerais beaucoup d’apprendre, qu’ils envoient des enfants faire le travaille à leur place. Quoi que peu étonnant finalement… - aucun bruit autre que ceux devant être habituelles, Edel resta à demi dissimulée sous sa capuche. – Je te retourne la question : on ne t’a jamais appris qu’il était dangereux d’emprunter les ruelles ? Toutes les ruelles sont dangereuses… - curieux silence - peut-être devrais-tu me laisser aller plus avant sur mon chemin et je te laisserais alors la chance de pouvoir encore parcourir le tien durant le temps qui t’ai imparti sur ses terres et ce, sans plus de paroles.

Edel attendit la réponse, gardant son calme malgré la dernière phrase de cette fille. C’était tout à fait le genre d’ironie de ceux qui la poursuivait… ce même ton sardonique visant à la déstabiliser sans doute… même si ça ne marchait guère. Du moins en générale. Ce n’était pas possible d ‘être aussi méprisant. Sous sa cape elle joignit discrètement les mains conformément à la posture initiale du guerrier, prête à exécuter n’importe quel combinaison répondant à n’importe quelle situation pouvant lui tomber dessus à tout moment. Elle se concentra un peu plus sur son interlocutrice, tout en gardant l’oreille attentive sur tout ce qui pouvait venir d’ailleurs ou représenter un danger.


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 19 Déc 2009 - 22:23

- Je ne suis pas une enfant.

Shawna avait pris un ton défensif, déjà énervée par le ton beaucoup trop calme de la jeune femme, se sentant avant même que la joute ne commence en position inférieure. Elle savait toujours quand elle allait perdre un duel verbal avec son père ; c’était dans les tons, c’était dans les mots, c’était dans les gestes, c’était une attitude. Elle avait cru, Itinérante téméraire des routes, insulter une bourgeoise effrayée des villes. Ses yeux l’avaient trompée, comme souvent. Mais ses oreilles ne mentaient pas. Et le ton glacial de la jeune femme ne lui soufflait qu’une chose : la soi disant bourgeoise n’hésiterait pas un instant à la tuer.

Dans quoi venait-elle encore de se lancer tête la première ?

* Je n’ai pas fait exprès, je n’avais pas réfléchi !
Tu ne réfléchis jamais, Shawna, c’est bien là ton problème. Tu crois que cela effacera ta faute ?
Mais…
Non, Shawna. Ce que tu as fait est fait, et maintenant, tu dois en subir les conséquences. Va aider ton oncle à réparer tes bêtises, maintenant, et dépêche-toi.*


La jeune fille ferma son poing. Si elle avait réfléchi, observé la guerrière et écouté ses paroles, elle aurait tout de suite compris qu’elle n’avait aucune chance contre cette femme à la détermination de fer, elle qui n’était même pas capable de se battre contre un homme enivré. Elle aurait deviné dans ses mots que la femme était recherchée par un groupe ou un autre, et que ce n’était pas la première fois qu’elle était poursuivie. Mais Shawna ne réfléchissait pas – elle agissait. Et la seule chose qu’elle entendit, après son rapide sentiment de danger qu’elle envoya bouler au loin, ce fut les insinuations insultantes de la guerrière. La colère débordait déjà avant son arrivée, et elle l’avait prévenue de la laisser tranquille. Elle voulait quand même passer par ce chemin ? Tant pis pour elle !

- Je ne suis pas une enfant, et je ne suis envoyée par personne. Tu crois que je ne suis pas capable de me défendre seule ? Je connais le danger des ruelles, moi.

Menaces pour menaces. Si la blonde pensait pouvoir lui faire peur avec des phrases bien tournées et en se mettant en garde, elle avait tort. Shawna aussi pouvait se mettre en garde et faire semblant d’être une bonne combattante, aucun problème. C’est d’ailleurs ce qu’elle fit, imitant la position qu’elle avait tant de fois observée chez les gardes impériaux d’Al Jeit. Pas qu’elle est l’intention de se battre ; avec un peu de chance, les choses n’en viendraient pas là. Elle avait envie de crier, elle avait envie de hurler, mais elle n’était pas assez méprisable pour s’attaquer à une femme qui se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Sauf si celle-ci lui donnait une raison de le faire, bien sûr. La menacer de mort si elle ne se bougeait pas de son chemin pouvait compter, non ?

- J’étais là avant. Si l’une d’entre nous doit se ôter du chemin de l’autre, c’est toi.


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Lun 21 Déc 2009 - 8:06

(On passe à la vitesse supérieure tu veux bien? Arrow si ça va pas ou que c trop tôt envoie moi un mp! =D )


Un sourcil arqué, Edel observait perplexe la jeune fille qui lui faisait face. Une voix presque tremblante de colère, une intention ferme de ne pas céder, quelque chose de paniquer dans le regard depuis qu’elle avait répondu à son interpellation… Cette fille n’était pas sérieuse. Le cœur d’Edel se calma, même si sa vigilance ne se rétracta pas le moins du monde. L’étrangère adopta alors une position de combat, qui lui disait quelque chose…il lui semblait avait déjà vu quelque part… Peu importait, cette fille n’était pas une guerrière, c’était on ne pouvait plus évident ; bien trop… hésitante en tout cas pour en être une confirmée. Par contre, si c’était une dessinatrice ? Ses poursuivants en comptaient, ça pouvait être… non. Il fallait qu’elle cesse d’être aussi paranoïaque. Cette fille n’avait rien d’inquiétant. Sa posture n’était pas au point, sa garde et son regard trop incertain, elle ressemblait plutôt à une jeune fille qui faisait un… caprice…
Edel écarta alors définitivement la possibilité éventuelle de sortir son sabre ; une très bonne chose. Cependant elle garda les mains jointes sous sa cape de voyage, à l’abri de tous regards. Cela l’aidait à garder son calme en raison des péripéties bien désastreuses qui lui était arrivé jusque là. Cette fille lui rappelait l’une de ses cousines : capricieuse, mais non dénuée de talents. Il ne fallait donc surement pas la sous-estimer quelque sois son niveau, elle pouvait avoir de mauvaises surprises.

Edel sourit à la jeune fille. Un sourire qui se voulait rassurant et dont elle espérait qu’il soit visible malgré l’ombre de sa capuche sur son visage
.

_T’ôter du chemin ? Ce n’était nullement ma requête. Je voulais seulement que tu me laisse passer sans histoires, j’ai eu mon lot de problèmes ces derniers temps -puis elle ajouta un élément qui dissuadait généralement les mauvaises intentions, juste au cas où - et puis je ne peux pas me permettre d’être en retard, on m’attend - il y eut un court silence, puis elle ajouta – Je ne veux pas d’ennuis, mais je ne retournerais pas sur mes pas. A défaut de ne pas s’entendre là-dessus, peut-être pourrions-nous partager un moment ce chemin ? Et…

Edel se tut soudainement. Quelque chose avait attiré son attention… quelque part… elle avait brusquement tourné sa tête sur le côté pour mieux écouter. Une sensation qu’elle commençait à bien connaître, s’emparât d’elle, son cœur se mit à battre plus rapidement. Ce n’était pas possible, ils ne pouvaient pas être déjà là ! L’angoisse lui saisit à nouveau le cœur, si il y avait de nouveau des dessinateurs, cette foi-ci elle doutait qu’ils soient aussi médiocre que la dernière foi, ces mercenaires ne refaisaient jamais deux fois la même erreur ! Elle était fichu si jamais c’était le cas, et cette foi l’homme d’Al Jeit n’était pas là !

La peur au cœur, mais le visage à peine affecté, elle en oublia la jeune fille qui lui faisait face, quand un bruit de chaînes qu’elle ne connaissait que trop bien retentit dans un coin sombre et profond de la ruelle. Edel n’osa même pas regarder, elle savait déjà de qui il s’agissait… ses yeux se fermèrent un moment de désespoir. C’était les chaînes de Meryndre, et son maître en personne. Le mercenaire responsable de sa capture, celui qui commandait toute l’opération à son sujet, un homme qu’elle n’avait rencontré qu’une seule foi et qui lui avait laissé de bien douloureux souvenirs, tant physiques lorsqu’ils s’étaient affronté, que morales quand il avait fait tué tous ceux qui l’accompagnait.

Durant un moment rien ne se passa, personne ne bougea d’un poil. La jeune fille en face d’elle, avait un regard interrogatif et inquiet en jetant des coups d’œil réguliers vers la zone sombre, à présent silencieuse. Et le mercenaire ne se montrait toujours pas. Sous sa cape, Edel rompit avec calme, le lien que formaient ses mains jointes. Elle calma de nouveau sa respiration et s’adressa à la jeune fille qui ne bougeait toujours pas, mais qui devenait de toute évidence de plus en plus contrariée.


_Tu ne devrais pas rester là finalement.

Elle ne pouvait pas s’enfuir, le mercenaire n’aurait qu’à jeter ses foutus chaînes à sa suite pour la rattraper et ça elle s’en souvenait très bien ! Elle ne pouvait qu’attendre qu’il daigne attaquer et faire face à ses assauts d’une violence qu’elle n’avait jamais rencontrée avant. La jeune femme espérait seulement que la fille en face d’elle aurait assez de jugeote pour prendre les jambes à son coup, elle qui pouvait bien y penser. Inutile de faire d’autres victimes qui n’avaient rien avoir avec la famille, c’était elle que Meryndre voulait capturer, c’était donc elle qui devrait subir cet étrange individu qui restait toujours dans l’ombre. Elle n’imaginait que trop bien ce sourire carnassier qu’il se plaisait à garder en toutes circonstances et qui devait briller quelque part dans l’ombre.

Edel serra points et dents, son sabre de nouveau à porté de main. Si il devait parvenir à ses fins ce soir, ça ne serait certainement pas sans séquelles, elle s’en fit le serment.



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mar 22 Déc 2009 - 13:15

Elle détestait Al Poll.

En plus du froid, des horribles habitations, du fait qu’elle ne connaissait personne et qu’elle était bloquée ici, il fallait forcément qu’elle tombe sur quelqu’un qui ne se laissait pas intimider ! Elle avait l’habitude de lancer son regard de braise, de faire un pas menaçant et d’envoyer une tirade sarcastique lorsqu’elle voulait être seule, et la personne faisait demi-tour, préférant éviter les ennuis. Mais non, elle devait tomber sur une guerrière accomplie qui n’avait que faire de ses minables essais. Elle était pathétique. Illusions et artifices. Et une fois qu’on voyait derrière ce masque de fierté, il n’y avait plus rien. Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir la même froide confidence que la jeune femme ? Pourquoi est-ce que même après deux ans d’entraînement, elle était incapable de se mettre en garde sans que l’on voie immédiatement qu’elle ne savait pas se battre ? Elle voulait apprendre. Etre vraiment forte, au lieu de seulement en avoir l’air aux yeux de ceux qui ne savaient pas regarder. Mais il était hors de question qu’elle reste un pathétique moustique aux yeux de l’inconnu. Il fallait qu’elle se rattrape.

- Je n’ai pas…

Elle ne finit pas sa phrase. Elle avait cru couper la parole à la guerrière, et venait seulement de remarquer que celle-ci s’était tue d’elle-même. Pourquoi ? Shawna fronça les sourcils. Est-ce qu’elle avait vu quelque chose ? L’itinérante tourna la tête dans la même direction que la femme, mais il n’y avait rien. Si. Des chaînes. Dans le recoin sombre, là bas. Même si elle ne voyait rien, elle entendait, elle qui vivait dans un monde de sons et de musique… Shawna pinça les lèvres au conseil frôlant l’ordre qui traversa peu après les lèvres de la guerrière. Ce n’était pas à elle de lui dire où elle pouvait et ne pouvait pas être ! Et oui, elle ne savait pas qui était l’autre qui se cachait dans l’ombre, alors que la femme le savait visiblement. Sûrement la personne qui la recherchait et dont elle parlait plus tôt. Shawna hésita un instant. Est-ce qu’elle venait de se retrouver au cœur d’un conflit entre gangs dans Al Poll ? Non, les choses avaient l’air plus sérieuses que ça. La blonde restait calme, mais elle n’avait pas l’air aussi confidente que tout à l’heure. Dans sa voix, Shawna entendait presque de la… peur. Oh, et puis peu importe ! Elle se tourna vers le recoin d’ombre et fit un pas en avant.

- Et, Sire J’ai-Peur-De-La-Lumière, je te signale que tu es en train de nous interrompre, là, alors si tu veux lui parler, à la blonde, tu attendras ton tour, parce que je…

Elle se tut immédiatement lorsque la chaîne fusa à sa gauche. Elle n’eut que le temps de faire un pas sur le côté en se baissant pour l’éviter. Heureusement qu’elle avait de bons réflexes…

- Pour qui est-ce que…

La chaîne revint vers elle ; elle entendit le cliquetis de la chaîne alors que l’homme tournait le poigner pour faire revenir l’arme vers lui, et elle sauta pour l’éviter à nouveau.

- Tu veux danser ? Très bien.

Un sourire carnassier apparut sur le visage de l’Itinérante, alors qu’elle se mettait sur le qui-vive, les oreilles aux aguets, écoutant la musique des chaînes et celui de son cœur. Et cette fois-ci, se furent deux chaînes qui fusèrent vers elle. Ne s’y attendant absolument pas, certaine qu’il n’y en avait qu’une, elle essaya d’éviter les deux, mais ne put garder son équilibre… Elle glissa dans la neige et tomba en arrière, n’ayant rien pour se retenir. Heureusement, l’épaisseur blanche amortit sa chute…

- Ah, c’est malin, je suis trempée maintenant.

Simple déflexion pour cacher la peur qui commençait à lui serrer la gorge. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, ne comprenait pas qui était cet homme et ce qu’il voulait… Elle se redressa sur les coudes et leva les yeux. Et là, la surprise écarquilla ses traits alors que son cœur battait un peu plus rapidement sur ses tympans. L’homme venait de sortir de l’ombre, l’arme maudite entre les mains.

Elle était fichue.


[ Attendre le post le lendemain, c'est pas longtemps :na: Mp s'il y a un problème, je n'étais pas sûre d'avoir bien compris comment marchait son arme...]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Jeu 24 Déc 2009 - 20:52

Edel fut stupéfaite par la réaction de la jeune capricieuse. Bien qu’elle fût ainsi, elle ne se laissait pas démonter facilement celle là ! Mais le reste des évènements s’enchaînèrent à une vitesse foudroyante. Edel eut seulement l’occasion d’hurler quelque chose vers la jeune fille, juste avant que des chaînes ne déchirent l’obscurité pour attenter à sa vie. De suite la jeune femme parcourut la distance qui les séparait, en pestant contre la mauvaise fortune. Cette fille n’aurait jamais dût être là et pourtant, voilà qu’elle se trouvait à terre !
Par miracle elle avait réussit à éviter les trois attaques du mercenaire, mais Edel rectifia cette pensée alors que Meryndre décidait de se montrer, un sourire presque dément aux lèvres. Cette fille n’avait rien évité du tout, il était en train de s’amuser ! Exactement comme la dernière foi !

Arrivant enfin sur la jeune fille tombée au sol, Edel la souleva sans ménagement alors que l’homme s’avançait vers elles calmement. Elle lui chuchota alors d’une voix froide et précipitée :


_Tien ta langue ou tu risquerais de la perdre avant qu’il ne décide de te tuer !

Mais aussitôt, Edel la propulsa au loin, de toutes ses forces, alors qu’une chaîne s’abattait violement à l’emplacement où la jeune fille était étendue quelques secondes plus tôt. La jeune femme eut seulement le temps de se retourner pour voir une autre attaque fuser violement vers elle cette foi-ci. Un chuintement net retentit, et sous le choc, sa capuche se rabattit sur ses épaules, glissant de sa longue chevelure blonde retenue par une tresse. Ses yeux de saphir scintillèrent de colère. La lame de son sabre dévia enfin sèchement la trajectoire de l’arme qu’elle venait de stopper, en sectionnant au passage l’extrémité meurtrière. Edel reculât habilement, alors que la chaîne tombait mollement au sol. La jeune femme savait que des ressources, le mercenaire qui souriait toujours, en avait plus qu’il n’aurait dût en avoir. Elle n’avait fait que retarder l’échéance.
D’une voix détendue, l’homme qui semblait à son aise parla justement:


_Tu sors ton joli jouet pour moi, à nouveau ? Quel… honneur. J’en suis fort étonné, ayant encore en mémoire notre dernier affrontement… et je t’en pris, sois un peu plus aimable avec cette merveilleuse petite mignonne, pourquoi voudrais-tu voyons, qu’elle nous fausse compagnie ?

C’était raté si elle voulait que cette fille soit gardée en dehors de tout ça, maintenant c’était certain ! Tentant le tout pour le tout, Edel ne prit même pas le temps de penser à une quelconque réponse, - il était inutile de discuter avec un truc pareil - se tourna brusquement vers la jeune fille qui ne bougeait toujours pas, les yeux ronds de stupeurs (tu peux me le dire si c trop exagéré pour ton perso là Arrow ) et se mit à courir le plus vite possible dans sa direction, en rengainant sa lame. Le message sembla assez clair, car cet acte sembla réveiller quelque chose chez la jeune fille, qui se mit elle aussi à la fuite, alors qu’une pluie de chaînes s’abattait de toute part. La rattrapant dans sa course, elle força l’inconnue à se jeter au sol, alors qu’une chaîne un peut plus grosse que la première, happait l’air que dessus d’elles.

_Cours – lui dit-elle à l’oreille, la voix légèrement tremblante – et ne te retourne pas, quoi qu’il puisse se passer. Je ne pourrait rien pour toi si il te rattrape, c’est un ennemi que je ne peux affronter… pas seule.

Relevant la jeune fille, elle la bouscula derrière des tonneaux entreposés dans un coin, l’arme du mercenaire les ratant de près. L’instant d’après les tonneaux qui leur avait d’abord servit de refuge, explosèrent dans un fracas immense, sous le choc d’une autre attaque, répandant partout l’alcool qu’ils contenaient.

Trempée, Edel reprit sa course avant de se retourner brusquement pour au moins tenter de retarder le mercenaire. Une paire de petites lames fendit l’air en direction du mercenaire. D’un coup de poignet habile, le mercenaire dévia les deux armes de sa longue chaîne meurtrière. Edel se retourna vivement pour empoigner la jeune fille qui s’était d’abord réfugiée avec elle, mais la stupeur frappa à nouveau la jeune femme quand elle réalisa qu’elle n’était plus là. Une attaque supplémentaire, incita la jeune femme à ouvrir la première porte qui se présenta à elle. Elle traversa les pièces à grandes foulées, n’ayant aucun répit entre les cris des occupants et l’angoisse d’une attaque surprise. Elle n’avait aucun instant pour elle ou pour pouvoir penser à la jeune fille qui s’était volatilisée. Dévalant des escaliers et ouvrant enfin une autre porte, alors que le maître de maison rouspétait bruyamment de cette intrusion, elle força l’allure. Où irait-elle ? Où allait-elle ? Il fallait qu’elle retrouve l’homme qu’elle avait rencontré à Al Jeit, le lieu du rendez-vous était son seul repaire dans cette ville qu’elle ne connaissait pas.

Edel détestait fuir et pourtant c’était ce qu’elle ne cessait de faire depuis qu’elle avait quitté les siens. Elle était en colère contre elle-même de devoir ainsi courir comme le gibier d’un chasseur fou avide de sang. Mais plus que ce dernier point, elle ne connaissait que trop bien la force et les capacités de son adversaire, et la plus grosse erreur qu’elle aurait put faire, auraient été d’imaginer qu’elle pourrait en venir à bout ! Edel était douée au combat, et parfois même inscrite parmi les meilleurs chez elle, mais elle savait quand s’incliner aussi bien qu’elle maîtrisait les arts perpétués dans sa famille. Il fallait savoir le reconnaître, et ce quelque soit sa fierté, quand son adversaire s’avérait le plus fort ; c’était l’une des règles de survit. Mais surtout, dans cette histoire, il ne s’agissait pas seulement d’elle et c’était bien ce qui la poussait à fuir aussi activement, plus que la crainte de mourir. Si elle ne parvenait pas à son but, c’était toute sa famille qui serait en péril, elle devait tout faire pour rallier l’académie dont avait parlé l’inconnu.

Renversants quelques paniers et autres ustensiles et meubles dans sa course, Edel se précipita enfin à l’extérieur, juste avant de se retrouver nez à nez avec la jeune fille de la ruelle, aussi essoufflée qu’elle.



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Ven 25 Déc 2009 - 15:07

- Et tu feras quoi, si je ne tiens pas ma langue ? Tu crois vraiment que le silence va changer quelque chose aux intentions de ton copain ?

Les mots acides avaient fusés naturellement, réflexe d’une vie de contradictions déjantées et de dénigrement de l’autorité, mais le cœur n’y était pas. Shawna était loin de se concentrer sur comment montrer à la guerrière qu’elle n’était pas une simple enfant capricieuse ; ses yeux étaient fixés sur l’arme du tueur alors qu’elle reculait précipitamment, le cœur battant la chamade et la mélodie du danger pulsant sous son crâne. La même mélodie affolée qui l’avait poursuivie, cette nuit fatale où elle avait découvert son Don… Mais cette fois, elle ne paniquerait pas. Après tout, elle n’était pas seule, et il était hors de question que la guerrière pense qu’elle était une peureuse, en plus d’être faible et pathétique. Elle avait sa fierté… Alors elle garda les yeux grands ouverts sur le combat qui se déroulait. Elle était en sécurité pour le moment ; l’assassin se concentrait sur l’autre femme, et Shawna ne put retenir un sifflement d’admiration lorsque celle-ci arrêta la chaine en dégainant son sabre. Oh, elle avait bien conscience que ceci n’était ni le lieu ni le moment pour admirer les compétences des deux combattants, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher… Elle ne reprit son sérieux qu’en entendant la voix grave et grinçante de l’inconnu, et elle se remit à parler, la voix emplie de fierté bafouée.

- Est-ce que je t’ai demandé de me défendre ? Je reste ici si je veux, et elle ne pourra pas m’en empêcher. Et si tu crois que tu peux m’empêcher de vous fausser compagnie, toi aussi, tu ne sais pas à qui tu…

Elle ne termina jamais sa phrase. Elle s’était reculée à une assez bonne distance lorsque la guerrière l’avait aidée à se relever et l’avait poussée vers la sécurité, mais à présent, celle-ci courrait vers elle avec l’ardeur du désespoir ; elle, en tout cas, n’avait pas perdu de temps à essayer de répondre au tueur. Peut-être, juste peut-être, que Shawna aurait mieux fait d’obéir pour une fois et de suivre les conseils de la jeune femme… Celle-ci savait visiblement très bien se battre, et Shawna avait d’abord cru que son angoisse était due à la présence de Shawna. Elle voulait pouvoir se battre sans avoir une jeune incapable dans les pattes, sans avoir à la protéger, pour pouvoir se concentrer sur son combat et puis basta. Elle était forte, non ? Mais à présent, elle fuyait devant l’homme. Etait-il si fort que ça ? Où était-ce elle qui avait mal jugé les talents de la guerrière ? Celle-ci n’avait visiblement pas l’intention de se battre. Et en croisant le regard froid du meurtrier et l’indice de démence qui tordait ses lèvres en un sourire sinueux, elle crut comprendre pourquoi.

Shawna n’avait aucune envie de se retrouver seule face à ses horribles chaines.

Alors elle courut comme un lapin, elle qui détestait la fuite et ne supportait pas les couards. Elle était téméraire, peut-être, mais pas suicidaire. Et l’homme avait visiblement décidé de les tuer, même si elle ne comprenait pas pourquoi. On l’abandonnait dans Al Poll, elle cherchait simplement à se calmer seule dans une ruelle en demandant à ce qu’on la laisse en paix et que les passants trouvent un autre chemin, et c’est elle qui se retrouvait à courir avec un fou furieux derrière elle ! C’était d’un frustrant… Et puis elle avait froid. La guerrière venait de la repousser au sol une nouvelle fois, et les vêtements de Shawna ne seraient définitivement jamais secs avant la fin de la journée. Mais ce n’était pas son premier souci… A entendre les mots de la guerrière, elle n’aurait peut-être pas besoin de vêtements secs à la fin de la journée. Juste d’un cercueil. Quoique, elle n’avait pas vraiment envie d’être enterrée sur cette terre morne et froide. Plutôt être brûlée. Est-ce qu’ils faisaient des bûchers pour les funérailles, à Al Poll ?

*Ah ! Tu vois, Papa, tu n’aurais jamais dû m’envoyer ici pour m’obliger à intégrer ta stupide Académie. Tu ne sais pas à quel point tu vas le regretter…*

Pourquoi est-ce qu’elle n’avait que des pensées idiotes alors qu’elle était sur le point de mourir ? Ne pouvait-elle pas être sérieuse, pour une fois ?

*Mais je ne suis pas encore morte.*

Et il était hors de question qu’elle coure infiniment jusqu’à ce que l’homme les rattrape et en finisse avec elles. Elle n’était pas du gibier, tout de même. Ni un pauvre siffleur sans défense face au Tigre des Plaines. Elle allait se battre, non d’un Raï farci. Alors elle faussa compagnie à la femme, courant dans la direction inverse pendant que celle-ci faisait diversion. La guerrière était en sécurité à l’intérieur, en tout cas autant qu’elle pouvait l’être pour le moment ; le chasseur avait décidé que sa première proie pouvait avoir un instant de répit, et qu’il avait le temps de s’amuser avec Shawna, qui s’était retournée et lui faisait désormais face…

- Attrape-moi, si tu peux.

Et elle fonça sur la gauche, vers un porche qu’elle avait remarqué plus tôt. Lorsque les chaînes fusèrent pour s’enrouler autour d’elle, elle les évita comme elle put, mais l’une d’entre elle forma une fine marque sur son visage. Portant la main à sa joue, Shawna retira ses doigts teintés de sang. Au sourire narquois du chasseur, Shawna répondit de son regard de braise. Et lorsque les chaînes fusèrent à nouveau, elle était prête. Elle se jeta derrière l’un des piliers de bois du porche, et au lieu de s’enrouler autour d’elle, les chaînes s’embobinèrent autour du poteau… L’homme tira sur son arme. La chaîne resta attachée. Il jura, la secouant comme il pouvait, et Shawna éclata de rire. Jusqu’à ce qu’il la regarde à nouveau, et que sa voix menaçante ne l’atteigne.

- Tu vas le regretter.
- J’aimerai bien voir ça.

Elle n’aurait pas dû dire ça ; le chasseur ne jouait plus, et lorsqu’il attaqua à nouveau, Shawna glapit en sentant l’acier s’enfoncer dans son bras. Sans plus attendre, elle fonça dans la ruelle, cherchant à s’éloigner par tous les moyens, pendant que l’homme avide de sang s’occupait de récupérer son arsenal, lui laissant quelques secondes d’avance dont elle avait bien besoin. La guerrière sortit alors par l’une des portes et Shawna s’arrêta net en la voyant, essoufflée. Le teint normalement foncé de Shawna était étrangement pâle, d’un brun beaucoup plus clair que d’habitude, et son expression était celle de l’inquiétude même. Elle hésita un instant, tel un enfant sur le point d’avouer avoir fait une bêtise, ce qui était probablement le cas, puis avoua le plus rapidement possible :

- Je crois que je l’ai mis en colère.

Elle n’attendit pas la réponse de la femme, attrapant son bras avant de partir en courant dans la ruelle. Shawna était rapide ; vivre sur les routes avait forgé son corps, tout comme la danse et les courses avec ses trois cousins. Seul Dwelan était plus rapide qu’elle, et c’était toujours l’un des deux qui réclamait la victoire lors de leurs courses dans les sous-bois et les plaines. Elle n’avait pas l’entrainement des guerriers, pourtant, et elle ne fut pas surprise que la combattante ne tombe pas en arrière. Savoir que la mort elle-même les poursuivait n’était pas non plus pour rien dans la vitesse de leur course effrénée. Mais la neige les ralentissait ; et si elles étaient rapides, Shawna savait parfaitement que les jambes plus puissantes de l’homme, même si lui était ralenti par son arme encombrante et n’était pas poussé par le même désespoir, finiraient bien par les rattraper. Pour Shawna, il n’y avait plus qu’un espoir : le perdre dans la foule qui peuplait la rue marchande. Là, il ne pourrait pas les attraper, et se battre aux yeux de tous. Peut-être pourraient-elles trouver de l’aide, ou tout du moins le semer… Mais ils n’étaient pas arrivés à la rue principale que la guerrière arrêtait Shawna pour la pousser dans une autre direction. L’itinérante se tourna vers elle, le souffle court, continuant à courir alors qu’elle essayait de parler :

- Tu… es folle ? Notre seule chance… est… la rue marchande… Où est-ce que tu crois aller, comme ça ?

Et pourtant, elle ne lui faussa pas compagnie, pas cette fois. Parce que même si elle ne se l’avouerait jamais consciemment, une graine de respect pour la guerrière à la froide détermination commençait à germer en elle. La combattante savait beaucoup mieux qu’elle ce qu’il fallait faire. Elle connaissait leur ennemi, elle avait plus d’expérience, elle était beaucoup plus forte, et plus sage aussi. Et si Shawna n’aimait pas obéir, elle venait inconsciemment de donner la position de chef à l’autre femme, au moins pour le moment, la laissant les guider au cœur de la ville…


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Ven 25 Déc 2009 - 17:12

La fille était blessée… déjà, mais loin d’être morte c’était déjà ça. Le cœur d’Edel battait à tout rompre, plus de panique qu’à cause de la course effrénée à laquelle elle se donnait entièrement. Meryndre ne se montrait jamais seul et pourtant dans cette ruelle, il n’y avait eut que lui ! Les autres n’allait pas tarder, les mercenaires avaient une quantité d’argent assez surprenante, avait-elle appris au nombre de tueurs qu’ils avaient à leur service. Ils pouvaient la trouver à tout moment, cela pouvait être n’importe qui… alors se fondre dans la foule comme suggérait cette fille… c’était tout simplement impossible ! Cela aurait fonctionné à Al Jeit ou dans une autre grande ville, mais pas ici alors qu’elle était au plus proche de son but, alors que cela faisait si longtemps qu’on la traquait maintenant. Meryndre ne laisserait pas passer cette chance de pouvoir enfin parvenir à ses fins, surtout pas maintenant que de surcroît, selon cette fille, il était en colère, dut – il, lui mais aussi ses sbires, l’attaquer aux yeux de tous. La garde n’y pourrait rien et tout serait terminé avant que quiconque n’ai le temps de réagir de façon gênante.

Elle ne répondit rien à la jeune fille qui d’abord l’avait menée vers la rue marchande. Les sens en éveille elle la pressa dans une rue adjacente qui, elle l’espérait, les mènerait au point du rendez-vous… au point du rendaez-vous… une angoisse supplémentaire vint alourdir son cœur. Et si l’homme n’y était pas ? Si jamais il avait changé d’avis ou alors qu’on l’y avait aidé ? Ses poursuivants savaient qu’elle n’était plus tout à fait seule depuis Al Jeit, et si ils s’étaient déjà occupés de lui ? Où irait-elle ? Que ferait-elle ? Il fallait quand même vérifier de toute façon ! C’était sa seule chance !
Edel se tourna vers la jeune fille près d’elle et lui dit essoufflée
:

_Cet homme ne m’aborde jamais seul… et il ne se donne jamais la peine de courir. D’autres… d’autres s’en charge pour lui. Ils arriveront bientôt. – Edel plaqua, peut-être un peu trop fort, sa main sur l’épaule de la jeune fille et la regarda dans les yeux – ne sois pas effrayée par eux, compris ? Ceux là, j’en fais mon affaire, bien qu’ils soient envahissants. – d’un geste habile elle lui tendit la garde d’un petit couteau – ça c’est ton assurance vie, si jamais ça tourne mal pour moi… c’est bien peu, mais il vaut mieux que tu sois en sa procession, plutôt que le contraire. Il y a… il y a un homme, là-bas… - elle indiqua vaguement la direction - un allié… il faut le trouver, c’est lui qui me guide… dans mon voyage. Je ne sais pas… - elle décida de se montrer honnête - écoute-moi bien, d’accord ? Je ne sais pas si je m’en sortirais cette foi, tu comprends ? Si tu réussis à rejoindre cette personne, tu n’auras plus d’ennuis… moi éliminée, ils ne te chercheront plus et si jamais il s’avèrerait que je me trompe, cet homme dont je te parle te feras sortir de la ville et disparaître aux yeux de ses chiens… - elle reprit son souffle – ils ne donneront pas suite.

Les yeux embués, Edel se redressa enfin, pour reprendre leur course. Elle espérait qu’elle ne se trompait pas. Que cette fille qui n’avait rien demandé aurait la possibilité de s’en tirer… elle ne savait même pas si elle savait se battre au moins un minimum, mais pour se défendre, les gens étaient généralement capable de choses qu’eux même pensaient impossible.
Edel croisa les doigts dans l’espérance que ses poursuivants ne comptaient pas de dessinateurs cette foi-ci, ça serait la totale dans le cas contraire ! Le premier d’entre eux, se montra au coin d’une ruelle, aussi sûr de lui que les précédents qu’elle avait aisément fait disparaître. Celui-ci ne dérogea pas à la règle et s’effondra au sol après deux piètres tentatives et Edel poursuivit son chemin, la lame toute blanche. Elle ne parlait plus, et avait fait signe à la jeune fille d’en faire de même. Qu’elle reste auprès d’elle, n’était pas une bonne chose et Edel en était consciente. C’était bien trop dangereux, pourtant le temps de la séparation n’était pas venu. Meryndre c’était mis une autre idée dans la tête, et fou tel qu’il était, il ne lâcherait pas cette fille aussi facilement. Ce n’était pas encore le moment.
La jeune femme essayait de se repérer comme elle pouvait, dans des ruelles qu’elle n’avait fait qu’effleurer du regard quand elle avait parcouru le chemin inverse. La tâche n’était pas aisée.


_Le Dôme, sais-tu où cela se trouve ? On m’a dit qu’on ne pouvait pas le manquer et en face il y a…

Un trait de douleur lui effleura le bras et Edel s’interrompit sous son effet mêlé à celui de la surprise. Une flèche continua sa course pour glisser sur le sol, sur plusieurs mètres. La jeune fille l’attira dans un coin sombre. Excellent réflexe. Edel baissa son regard vers sa blessure brûlante avant de se concentrer à nouveau sur la situation en constatant que c’était une égratignure superficielle, malgré le sang qui s’y déversait.
Plaquant sa main sur la bouche de la fille en face d’elle, elle atténua sa respiration pour faire le moins de bruit possible. Le tireur était caché… elle regarda à nouveau sa blessure qui présentait une zébrure de profondeur moyenne, légèrement incliné vers l’avant. Et il était en installé à un endroit qui surplombait le leur. Edel fit la grimace, elle détestait se lancer dans des acrobaties impossibles, à plusieurs mètres du sol. Posant la tête contre le mur où elle était adossée, son regard glissa sur la jeune fille qui ne bougeait pas et l’idée fleurie d’elle-même.
Il fallait neutraliser celui qui leur tirait dessus, mais elle ne se sentait pas capable d’affronter son malaise grandissant quand elle quittait la terre ferme. Par contre cette fille au tempérament dynamique… non ! elle l’enverrait à la mort si jamais elle osait… pourtant…


_Voilà ce que nous allons faire – chuchota – t –elle – es-tu à l’aise quand il s’agit de grimper ?

Avec quelques gestes, Edel lui fit comprendre où se trouvait le tireur approximativement et ce qu’elle lui demandait de faire. Pour atténuer l’angoisse de sa demande elle ajouta tout bas :

_ Je ferrais diversion… - puis en hésitant légèrement – tu n’es pas obligé de le tuer, fait le seulement descendre et je m’occupe du reste. Mais si tu as une autre idée, ne te fais surtout pas prier.

Attendant la réponse de la jeune fille, Edel aperçut un mouvement de l’autre côté de la rue, quelqu’un d’autre arrivait, et sûrement pas seul, il fallait faire vite !



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Ven 25 Déc 2009 - 20:57

[J'édite la fin au moindre problème, ou si tu veux passer plus de temps à rp juste à deux]

Quoi, il allait y avoir d’autres chasseurs sanguinaires, en plus ? Qui était cette femme pour avoir autant de monde à ses trousses ? Pour tout ce qu’elle en savait, Shawna était en train d’aider une hors la loi recherchée de tous. Pas que cela la dérange, mais enfin, elle aurait préféré savoir dans quoi elle s’était lancée. Au moins il ne devrait pas être trop difficile de se débarrasser des nouveaux arrivants, si la guerrière pensait que même la petite capricieuse qu’elle était pourrait se défendre contre eux. Elle accepta le couteau, attrapant la garde en essayant de rendre l’acte nonchalant et habituel ; mais ses traits trahissaient sûrement la cacophonie qui résonnait dans son âme… C’était la première arme tranchante qu’on lui donnait. Bon, sans compter les couteaux qu’elle utilisait pour manger, bien sûr. Mais aucun de ses parents n’avaient jamais mis la moindre arme à sa portée, encore moins lorsque son père avait appris qu’elle voulait apprendre à se battre. Elle avait déjà ‘emprunté’ la dague de Dwelan, mais elle n’avait pas pu l’examiner longtemps… Non, c’était la première véritable arme qu’elle tenait entre ses mains. Sa main était moite sur la garde, et l’hésitation la faisait vaciller ; elle n’était pas sûre de pouvoir l’utiliser. Le contact était si peu familier… Mais elle devait se concentrer sur les paroles de la guerrière. Oublier le couteau… Shawna leva les yeux au ciel.

- Evidemment que tu vas t’en sortir, et en un seul morceau, en plus. Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser mourir toute seule ici ? Je n’aurai pas besoin de disparaitre, tu verras. Ils ne me font pas peur.

Elle avait bien conscience que c’était la combattante qui la protégeait et ferait en sorte qu’elle, elle s’en sorte en un seul morceau, mais jamais elle n’avouerait savoir être la plus faible. Elle déglutit pourtant en voyant la blonde mettre hors d’état de nuire tous les sbires qu’ils croisèrent, et resta quelques secondes figée devant l’un des corps, avant que la femme ne lui fasse signe et qu’elle ne coure la rejoindre. Vers où ? Comment l’homme qui l’accompagnait pourrait-il les aider ? Etait-il si fort que ça, à être même capable de battre un homme devant lequel elle ne pensait qu’à fuir ? Et où se trouvait-il ? Le Dôme… Oui, elle savait où c’était, elle l’avait vu lorsqu’elle avait…

Pas le temps de réfléchir. Trouver un endroit à l’abri des flèches, d’abord… Celle-là était passée près, beaucoup trop près. Shawna détestait les arcs. D’abord parce qu’elle était absolument incapable de viser une cible grâce à autre chose qu’un très gros coup de chance, et ensuite parce que c’était une arme de lâche. L’arme de ceux qui ont trop peur de s’approcher et de se battre dans un combat égal, et qui préfèrent abattre leurs adversaires à une distance qui diminue grandement le danger… Cet abruti n’aurait eu aucune chance s’il s’était battue contre la guerrière en bas ! Et pourtant, il avait réussi à la blesser alors qu’elle ne pouvait même pas le toucher. Mais cela allait changer. En entendant le plan de la femme, elle se sentit sourire. Elle allait enfin servir à quelque chose, elle n’était plus une simple enfant bloquée dans un conflit trop grand pour elle, elle allait agir et la combattante la pensait assez forte pour l’aider… Sa réponse fusa sur le ton de la plaisanterie, cette fois, toute animosité disparue de sa voix.

- Je ne suis pas ton singe personnel, tu sais. Mais je vais me débrouiller…

Le bruit des pas qui se précipitaient vers leur abri sommaire la força à agir. Il fallait qu’elle parte, maintenant, où elle se ferait attaquer avant de pouvoir grimper. Mais elle avait une dernière chose à dire avant de partir.

- Quand on sera à l’abri, tu me devras une longue explication. Mais si on est séparé et que par le plus grand des hasards, je trouve ton compagnon de route, je lui dis que je lui apporte des nouvelles de qui ?

Elle n’attendit pas la fin de la réponse pour commencer à grimper, sachant pertinemment qu’il n’y avait pas de temps à perdre et qu’elle entendrait aussi bien par terre qu’à mi hauteur. Son alliée du moment se débrouillerait maintenant ; elle avait un archer à neutraliser. Elle sauta sur un tonneau, attrapa une gouttière puis essaya tant bien que mal de se hisser sur le toit, serrant les dents. Elle était danseuse, par le Dragon, pas acrobate ! Se promener sur les toits, c’était le jeu préféré de Dwelan, pas le sien. Mais on comptait sur elle. Elle ne pouvait pas échouer. Alors elle rampa sur les tuiles avant de se mettre à l’abri derrière une cheminée. Elle n’avait pas peur de la hauteur ; de toute façon, avec sa pauvre vision, elle ne pouvait pas voir grand-chose si elle regardait en bas. Mais elle aperçut pourtant les trois hommes qui s’approchaient d’Edel, qui ne pouvait se battre qu’avec un bras… Shawna se détruisit les ongles pour déloger une tuile branlante, puis la laissa tomber dans le vide. L’un des hommes se la prit sur la tête et tomba au sol, peut-être assommé, peut-être juste sonné, elle ne pouvait pas dire de là où elle se tenait. Bon, la guerrière devrait se débrouiller, maintenant. Elle chercha des yeux l’endroit qu’avait montré Edel du doigt, et où devait se trouver le tireur. Ah, il était sur un balcon… C’était elle qui était au dessus de lui, à présent. Et concentrer sur la sortie de la ruelle, il n’avait pas vérifié les toits… Alors elle sauta sur celui de la maison adjacente, glissant et se rattrapant in extremis en maudissant la neige. Elle arriva bientôt sur le toit de la maison dans laquelle se trouvait le tireur, au dessus du balcon… Il était concentré à tirer, et ne la remarqua pas, elle qui pourtant était loin d’être silencieuse. Elle sauta dans son dos, attrapa ses flèches et les jeta dans le vide.

- Oups. Toutes mes excuses.

Elle n’attendit pas qu’il se remette de sa surprise ; attrapant le rebord du balcon, elle se laissa pendre dans le vide. Premier étage… Ca devrait aller. Elle n’avait pas peur du vide. Elle se laissa tomber, et plia les jambes à l’arrivée. Une grimace apparut sur son visage alors qu’une vague de douleur pulsait dans sa cheville. Stupide, stupide. Mais elle n’était pas l’une de ses nobles demoiselles qui pleurnichaient pour un rien, et elle leva les yeux en essayant d’effacer la douleur sur ses traits.

- Alors, tu descends, le paresseux, ou tu restes percher là haut ?

Il jura, puis disparut à l’intérieur. Elle l’entendit dévaler les escaliers, et commença à partir avant qu’il n’atteigne la porte. Sa cheville lui faisait mal ; elle ne pourrait pas courir longtemps, ou vite. Elle tourna les yeux vers l’endroit où devait se trouver Edel, mais elle ne pouvait pas la rejoindre, la rue dans laquelle elle se trouvait étant bloquée par des sbires et…

Oh. Non.

La guerrière était complètement entourée.

- Attention, derrière toi !

La guerrière était bloquée, les sbires arrivant des deux côtés de la rue… Shawna pâlit. Le Dôme et l’ami de la guerrière, c’était leur seule chance. La guerrière pourrait sûrement tenir jusqu'à ce que Shawna revienne avec son ami. Elle l’espérait, en tout cas, parce que dans le cas contraire, tout ceci ne servirait à rien. Alors elle courut, trébuchant et retenant les larmes qui menaçaient de couler à chaque fois qu’elle reposait son poids sur son pied gauche, et s’arrêta sur la place devant le Dôme. Comment était-elle sensée trouver l’homme qu’elle cherchait ? Elle ne savait même pas à quoi il ressemblait…


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 26 Déc 2009 - 9:53

( j’aimerais seulement que le mercenaire ne soit pas encore là, le temps qu’elle respire un peu Arrow sinon tout le reste aucun problème ! =) mais après mon post je pense qu’on est bon pour commencer le nouveau rp)

La question sur son identité la prit totalement au dépourvu et elle n'eut que le temps de répondre dans la précipitation:

_Edel... seulement, Edel.

Exactement la même chose qu'elle avait répondu à l'homme d'Al Jeit. Qu'ils soient au courant de l'intégralité de son identité n'était pas nécessaire, bien au contraire, ils s'en trouveraient certainement mieux protégé...

La fille accepta son plan, presque avec joie et s'élança de ce pas vers ce qu'elle devait accomplir. A elle maintenant de tenir sa parole. Sortant de son abris après quelques minutes d'attente, Edel se retrouva très vite encerclée. Cela commençait à devenir une habitude cuisante ! La surprise se lut sur le visage de certains, quand ils découvrirent que leur objectif était une femme. Une femme qui ne semblait pas vouloir se défendre qui plus est, puisqu’elle demeurait immobile malgré la formation adoptée par leur rang.

Sabre à la main, pointe vers le sol, Edel porta lentement le pommeau de son arme à ses lèvres, d’un mouvement solennelle. La fille s’était enfuit, certainement pour aller chercher de l’aide. Personne ne l’écouterait de toute façon, mais Edel la remercia silencieusement de se démenait ainsi pour tenter de l’aider. Meryndre ne tarderait pas à se montrer à nouveau, et il était heureux pour la jeune femme, de penser que la fille n’était plus dans le secteur. Elle avait bien fait de s’en aller, en laissant derrière elle, de plus, une tâche fort bien accomplie puisque le tireur se trouvait lui aussi parmi les hommes qui l’encerclaient.
Durant un moment, il y eut un flottement. Ils se regardaient entre eux en essayant certainement, de trouver comment s’y prendre au mieux, elle gardait le regard fixe tout à fait posé. Edel n’avait qu’une peur, que Meryndre ne les rejoigne avant la fin de l’affrontement. Le cœur battant elle s’obligea cependant à garder le contrôle de ses émotions.

Puis tout s’enchaîna très vite. Au contraire de ceux d’Al Jeit, ils décidèrent d’attaquer tous en même temps. Signant le début du combat, comme il était de coutume chez elle, Edel glissa souplement sous le premier assaut, passa sous la garde d’un de ses agresseurs, choisit tout à fait au hasard, bloqua de sa lame un coup de taille qu’on voulu lui asséner dans le dos, frappa violement son adversaire du moment d’un coup de tête bien sentit, se servit de lui pour se protéger des autres attaques, le désarma d’un coup sec ; l’homme tomba raide mort au sol, d’un coup porté par l’un de ses coéquipiers. Edel fendit l’air de son sabre, signant la douzième position, basique mais non moins menaçante avec l’arme fermement pointée vers ses adversaires. Tous s’immobilisèrent à nouveau. L’un d’eux l’attaqua de nouveau, alors que les autres reprenaient leurs positions, de façon plus méfiante cette foi-ci. Deux chuintement net résonna dans la ruelle sombre, l’homme qui s’était manifesté, tomba au sol inerte, alors que le sabre continuait sa danse macabre. Passant de la défensive à l’offensive, Edel enchaîna les combinaisons et les signatures propre à sa lignée. La blessure de son bras gauche la lançait sérieusement, mais à aucun moment il ne fut saisit de faiblesse, frappant d’autant de coups que sa main droite qui magnait le sabre.

Des huit qui l’avaient encerclé au début il n’en restait déjà plus que quatre encore debout. L’un l’attaqua dans le dos et s’empala bêtement sur sa lame qu’elle n’eut qu’à manier sans même se retourner. Délogeant sèchement la lame, l’individu s’effondra au sol dans un hoquet de surprise. Gardant désormais une distance plus que respectueuse, ceux qui restaient commençaient à douter quand à l’issue du combat. La phase terminale pouvait donc commencer.

Edel signa de nouveau en fendent l’air en diagonale, de son sabre. Des signatures que ses adversaires commençaient déjà à bien connaître, car une lueur dans leurs yeux indiqua qu’ils avaient comprit que le combat allait reprendre. Edel chargea, bloqua la première attaque, puis la seconde et une autre, encore et encore progressant, planta sauvagement sa lame dans la cage thoracique de l’un de ses ennemies. Elle ne força pas quand son arme refusa de sortir du corps qui tomba au sol et s’occupa plutôt des deux autres. La jeune femme sonna l’un des individus d’un seul coup de son poing gauche, dégaina très habilement l’un de ses poignard qui tournoya entre ses doigts avant de se planter dans sa poitrine, glissa sur le côté pour éviter une manœuvre audacieuse du dernier tueur encore debout et alors qu’elle était sous la garde de son adversaire, elle signa gracieusement la combinaison préféré d’un de ses frères cadet ; l’alignement éclaire.
Jambe droite légèrement pliée, la gauche tout à fait tendu sur le côté, la bras droit de la jeune femme se plaçant dans l’alignement pour sceller la formation complète, elle porta sa main gauche juste à quelques centimètre de ses lèvres, comme elle l’avait fait avec son sabre. Une main gauche totalement nue. La terreur se lu alors dans le regard du tueur devant elle, une terreur sans nom plus importante que celles qu’elle avait l’habitude de voir sur les visages de ceux n’appartenant pas à la famille, mais qui les côtoyait au quotidien. Mais déjà Edel se propulsa quelques secondes dans les sbires pour invoquer un dessin qu’elle avait l’habitude d’employer à force d’heures de travaille : un bloc de glace assez grossier se matérialisa sur l’individu, lui emprisonnant la tête, sa main gauche fusa et s’arrêta à seulement quelque millimètre du cube glacé. Sa peau effleura la glace, Edel ferma les yeux alors qu'une sensation étrangement grinçante qui faisait parti d'elle s'emparait de son bras, le bloc se brisa en une soixantaine de morceaux et la tête à l’intérieur avec.

Rompant sa formation, la jeune femme enfila de nouveau son Gant d’un geste presque mécanique. Sa main droite qui avait tenu la protection durant l’attaque qui n’avait duré qu’un quart de seconde, s’appliquait à bien ficeler l’accessoire à sa place. Puis elle resta un moment immobile pour se sortir de la torpeur du combat, le regard vide.

Quand elle récupéra sèchement sa lame d’un corps inerte pour reprendre sa fuite, le corps de son dernier adversaire alla enfin rejoindre ceux de ses coéquipiers au sol. L’angoisse de la poursuite la saisit de nouveau alors que de bruits de chaînes trainant sur le sol, emplissait de nouveau ses oreilles. Pourvu que l’homme d’Al Jeit soit déjà sur place !



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Lun 28 Déc 2009 - 11:28

Shawna chercha frénétiquement la place. Edel, puisque tel était son nom, avait parlé de « devant » le Dôme… Très drôle. La place finissait là où la rue marchande commençait, et à part la rue, il n’y avait que des bâtisses, boutiques ou habitations, Shawna ne savait pas. Elle se fraya pourtant un chemin dans la foule, cherchant quelque chose qui pourrait être assez voyant pour être un lieu de rendez-vous… Elle croisait familles en train de faire leurs emplettes, gardes d’Al Poll, enfants des rues en train de courir partout et de piquer les sacoches dans lesquels les honnêtes gens gardaient leurs piécettes, d’autres lançant des boules de neige entre eux et éclatant de rires en touchant les passants offusqués, Itinérants profitant du mouvement et de la foule… Il fallait qu’elle trouve un homme seul, et elle commençait à douter fortement de le pouvoir. Attends. C’était une boutique d’armes, là bas, non ? Juste à l’entrée de la rue marchande, devant le Dôme… Un homme observait les armes présentées, mais il n’entra pas à l’intérieur, et levait parfois la tête pour scanner la foule. Etait-ce lui ? Bon, aucun mal à essayer.

- Tu attends Edel ?

L’homme la regarda d’un air méfiant.

- Et qui est cette Edel, pourrai-je le savoir ?

Bon, tant pis. Elle leva les yeux au ciel.

- Elle apporte les nouvelles armes, et elle était sensée arriver aujourd’hui. M’enfin, avec les routes pleine de neige, elle a été retardé, alors si tu attendais pour ça, pas la peine.

Elle repartit dans la foule ; elle n’avait pas le temps pour se tromper à nouveau, elle avait mal à la cheville et la guerrière pouvait être sur le point de mourir à l’instant même ! Enfin, pas que ce soit grave. Elle ne la connaissait pas, et puis ce n’était pas son problème. Les gens mourraient tous les jours, une de plus, une de moins aujourd’hui… Elle pourrait partir, si elle voulait. Le chasseur sanguinaire l’oublierait sûrement s’il s’occupait d’Edel, après tout, elle n’était pas importante. Il n’allait pas perdre son temps pour une fillette qui s’était moquée de lui, si ? Enfin, avec lui, elle n’était pas sûre. Autant ne pas le risquer. Elle aiderait la guerrière, au moins pour elle-même… Et puis, peut-être que celle-ci pourrait lui apprendre deux trois choses. Ayant rationnalisé son acte, Shawna repartit à la recherche de l’ami improbable, repartant vers le Dôme. C’est là qu’elle vit la fontaine au milieu de la place, fontaine bloquée précédemment par la foule ; et près du rebord, un guerrier. Un guerrier qui attendait visiblement quelqu’un, et qui commençait à s’impatienter… Shawna s’approcha. L’homme semblait avoir été sur les routes pendant un long moment ; sa barbe masquait la moitié de son visage, et sa main ne quittait pas le fourreau de son épée… Clopinant jusqu’au rebord de la fontaine, elle s’appuya dessus, puis elle annonça :

- Si c’est Edel que tu attends, elle ne risque pas d’arriver, des chiens lui interdisent le passage dans la ruelle, là-bas.

En voyant la surprise sur les traits du guerrier, Shawna sut qu’elle avait enfin trouvé la bonne personne. Avant qu’il ne puisse poser la moindre question, elle trancha, ses paroles dures :

- Qu’est-ce que tu attends pour y aller ? Tu veux retrouver son corps ou tu vas te bouger pour la retrouver vivante ?

Il n’avait aucune raison de lui faire confiance. Mais elle espérait que le sang séché sur sa joue, son air essoufflé et la mention du nom de son amie seraient assez pour le convaincre, parce que sinon, elle ne donnait pas cher de la peau de la guerrière. Enfin, elle avait fait ce qu’elle pouvait… Elle n’attendit pas le guerrier pour repartir vers la ruelle, un peu plus lentement qu’à l’allée malgré elle ; sa cheville protestait véhément. Elle devait être foulée, au moins, voir cassée. Mais il était hors de question qu’elle laisse une simple blessure la ralentir ! Pourtant, elle ne pourrait jamais arriver aussi vite que le guerrier…

- C’est par là. Tourne à la première à gauche, après, tu devrais trouver ta copine… J’vous rejoins.


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Lun 28 Déc 2009 - 14:08

Elle était de nouveau dans une bâtisse. Mais cette foi elle était entrée silencieusement. Cela faisait bien une dizaine de minutes qu’elle entendait les chaînes en continu. Le souffle court, Edel s’empara d’une pomme au passage, laissant à la place, quelques sous sans pour autant cesser de progresser dans les lieux. Les mains tremblante elle amena le fruit à sa bouche. Elle n’était guère habituée au manque de nourriture et son corps commençait à lui hurler son désaccord complet avec un tel projet. De plus elle ne savait absolument pas quand elle pourrait reprendre des forces et avaler quelque chose. C’était, en plus de ces deux précédents points, sans doute son dernier repas.

Après le combat de la ruelle, trois autres poursuivant lui étaient tombé dessus alors qu’elle évoluait dans les habitations. Les propriétaires ne faisaient pas d’histoires en la voyant en générale, ou très peu, surtout quand ils avisait son sabre qu’elle portait maintenant à la taille et les multiples éraflures qui lui recouvrait diverse partit du corps. Il n’y avait pas d’autre mots pour la qualifier à cet instant, alors que ses yeux ne se posaient jamais plus de quelques secondes d’un endroit à un autre : elle était profondément nerveuse. En grande forme elle aurait eut du mal à résister à Meryndre mais bien des chances et durant sa fuite, Edel avait enfin compris pourquoi ce dernier s’entourait d’autant d’hommes, pour une femme seule. Le but de ses acolytes était de la fatiguer. L’épuiser pour qu’elle ne représente plus aucune menace ou fasse preuve de résistance au moment de sa capture. Son projet était de l’amener à bout, pour qu’il ai le moins de difficulté ou de désagrément possible. Et puis, elle n'était pas une femme comme les autres, elle était de la maison Hil'Meredrine et portait en cela, la Main Morte. Voilà pourquoi il ne se montrait pas à toutes les tentatives mené par ses chiens ; parce que c’était ce qu’ils étaient ! Comme une véritable chasse, durant laquelle le chasseur lâchait ses molosses pour épuiser la bête, trop dangereuse à approcher si en toute possession de ses moyens… cette pensée la révoltait profondément et tout le contenu d’une table se retrouva soudainement au sol.

D’un pas rapide Edel rallia l’étage supérieur. Elle allait de maisons en maisons, comme celles-ci étaient reliées entre elle. Tout allait bien au début, mais très vite elle dût se l’avouer à contre cœur ; elle s’était perdu ! Entre l’angoisse, la nervosité et son cerveau qui allait à toute allure, elle avait manqué des rues, raté des sortis, oublié de regarder où elle se trouvait. Soudainement, une porte s’ouvrit à la volée derrière elle, elle se jeta au sol, tous les sens en éveillent. Il n’y eut d’abord aucun bruit, puis celui d’une énorme chaîne qui tombait lourdement sur le sol. Rampant comme elle put jusqu’au logement suivant, Edel se redressa péniblement contre un meuble alors que son cœur s’accélérait sans même qu’elle puisse y remédier.
Resserrant rapidement le bandage de fortune qu’elle s’était faite à son bras blessé, elle glissa une lame fine entre ses dents afin de se libérer de sa cape de voyage. C'était sa dernière arme avec son sabre. Dans la précipitation, un vase chavira au dessus de sa tête avant de tomber sans prévenir. Il se brisa dans un fracas immense à tout juste un pas d'elle.

Prise de panique, Edel se débarrassa de sa petite lame, pour ne pas qu’elle lui porte préjudice à ce qui allait suivre. Elle voulu se mettre à l’abris plus loin, pleinement consciente que le meuble qui lui servait d’abris pour l’instant ne tiendrait pas, mais trop tard. Un bruit épouvantable déchira la maisonnée en une fraction de seconde, le meuble derrière elle explosa en mille morceaux et une douleur impitoyable vint se loger profondément dans le côté. Le coup fut si puissant que l’arme la fit traverser la cloison de la maison qui donnait sur la rue.
Roulant sur plusieurs mètres, Edela acheva sa course au milieu d’une foule qui s’était écartée sous l’effet d’une stupeur qu’aucun mot ne réussit à traduire. Hoquetant de douleur, Edel resta un moment sans bouger, à demi consciente seulement, sur le ventre. La douleur sourdait péniblement à ses oreilles alors que ses esprits étaient devenus complètement fous. Crachant une flopée de sang à l’importance impressionnante, elle se mit à tousser durant un moment, avant de redresser la tête.

Des gens la regardaient avec horreur, ne comprenant absolument pas ce qui se passait. Et à une dizaine de mètres… à une dizaine de mètres, la fille de la ruelle la regardait les yeux ronds, l'homme d'Al Jeit sur les talons. Un sourire vague se dessina sur ses lèvres, malgré la situation. Elle l’avait trouvé finalement cet allié ! La fille avait réussit...
Derrière elle, un pan tout entier du mur de chaume qu’elle venait de traverser, s’effondra sous les cris paniqués de la foule.
Sa vision tournait, tout comme son cœur, elle n’était pas certaine de ce qui venait de se passer et ses cheveux qui lui recouvraient le visage, ne lui permettaient pas de voir assez bien pour… le bruit familier d'une chaîne traînant sur le sol enneigé la rappela soudainement à la réalité.
Le souffle court et le corps tremblant, Edel se redressa tant bien que mal à quatre patte en s’essuyant la bouche emplie du goût amer de son sang. Il fallait qu'elle se reprenne, qu'elle se batte jusqu'au bout. Cette foi, plus question de fuir, Meryndre la tenait, mais il ne l'emporterait pas ni sans dommages, et encore moins sans contrariété. ça serait elle ou lui et si c'était elle qui devait plier en ce jour glacial, elle jura sur sa maison, que ce mercenaire s'en souviendrait!
D'un regard incertain, elle avisa au sol la neige maculée de rouge avant d'essayer de se lever. Sans succès.
Les larmes aux yeux, tant la douleur que lui avait infligé cette cascade était intense, elle grogna de colère en réussissant à redresser l’un de ses genoux et puis l'autre... ses jambes acceptèrent de la porter alors et elle se redressa tout à fait. Subitement la chaîne revint alors à l’assaut, plus vif qu’à l’accoutumé. La jeune femme n'eut que le temps de percevoir l'attaque avant de crier de la douleur quand l’arme s’enroula sauvagement autour de son buste et de son bras gauche désormais maîtrisé. La chaîne se resserra autour d'elle et le lien qui retenait son sabre en fut sectionné. L'arme tomba sur le tapis blanc et froid de la rue, émettant un bruit mat.
Le fer lui mordit un peu plus la peau de son bras, le Gant ne recouvrant pas la parti supérieur du membre, tout à fait inoffensif. Le dessin quand à lui, pulsait comme jamais, de toute sa puissance et de toute son étendu ; Edel sentait son Gant être mis à mal, face à ce déchainement inhabituel.

Puis... enfin, d’une fierté peu commune, Meryndre fit son apparition sur la place, une lame à la main. La jeune femme se sentit défaillir à cette vision, et des larmes lui échappèrent malgré tous ses efforts.
Personne ne bougeait, tous sous l’emprise d’un choc stupéfait. La chaîne lui tordit un peu plus le bras, la douleur lui arrachant un gémissement rendu à peine audible par l’arme qui lui serrait la taille, lui coupant la respiration. Le mercenaire marcha calmement vers elle, toujours le même sourire sarcastique aux lèvres, ses yeux exprimaient une satisfaction sans borne. Le moment de stupeur générale, en mettait du temps s’évanouir !



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mer 30 Déc 2009 - 23:10

[Edition à volonté si jamais je fais des erreurs, je suis pas sur d'avoir tout compris dans ce rp ^^]

Locktar était arrivé sur la place de rendez-vous plus tôt qu'il ne l'avait prévu.

Quand il avait laissé la dénommée Edel seule, il s'était dirigé vers l'académie. A peine arrivé, il avait été surpris de voir toutes ses nouvelles têtes. Ce n'était pas les élèves qui l'étonnait mais tous ses gardes. Il y avait des dizaines de nouveaux. Locktar n'avait pas imaginé qu'il y avait eu tant de morts parmi la garde de l'académie. Il était entré dans l'académie mais il s'était vite arreté. Une personne avait attiré son regard. Une personne qu'il n'aurait jamais imaginé trouvé dans l'académie. Le mercenaire qui s'en était pris à Winry lors de l'attaque des Raïs. Que faisait-il ici? Slynn ne s'était-elle pas rendu compte qu'elle engageait un mercenaire? Ou alors la réalité était-elle bien pire? Locktar n'en savait rien mais il allait se renseigner avant de faire quoi que ce soit. Il attendrait pour se raser. Avec sa barbe et ses cheveux plus longs, cet imbécile de mercenaire ne le reconnaitrait certainement pas. Mais pour l'instant, il avait autre chose à faire. Edel l'attendait peut être déjà sur la place. Il retourna alors sur ses pas et il se dirigea vers Al-Poll.

Il avait cru être en retard pendant tout son chemin vers la place. Ce ne fut que lorsqu'il s'installa non loin de la fontaine qu'il se rendit compte qu'il était largement en avance. Il allait devoir attendre et la patience, ce n'était pas vraiment son fort. Quand il était encore soldat, il n'aimait pas rester en haut des remparts d'une ville assiégée à regarder les ennemis approcher. Il était un homme d'action. Un guerrier vouant sa vie au combat. Un jour, il changerait peut être mais pour l'instant, il n'y pensait pas. Il était encore un jeune homme. A son âge, les soldats commencent tout juste à se faire remarquer. Locktar, lui, s'était fait remarqué très tôt. Non pas par ses faits d'armes mais par son très mauvais caractère. Plusieurs fois, il s'était battu avec d'autres soldats. Il n'a jamais eu le courage de compter le nombre de corrections et de sanctions qu'il a reçut. C'était il y a bien longtemps. Il n'était même pas majeur à l'époque. Il avait 26 ans aujourd'hui et il avait frôler la mort tellement de fois qu'il ne les comptait plus.

Attendre une bataille qui se prépare, c'est différent que d'attendre un rendez-vous. Face à l'ennemi qui avance, la tension monte, on se concentre sur le combat à venir, on essaie de se calmer, évacuer ce stress et cette peur qui vous prend aux tripes. Quand on attend un rendez-vous, il n'y a rien d'autre à faire à part....... attendre et penser. Penser, se ressasser les pires moments de sa vie, c'était une chose qu'il n'aurait pas fallut pour Locktar. Il se rappelait de son erreur. Il n'aurait jamais du encourager Winry à partir à Al-Jeit. Aujourd'hui, qu'est ce qu'ils en avaient récolté? Rien. Cet abruti de mercenaire n'avait rien dit et Winry avait été blessée. Il l'avait laissé aux soins des rêveurs d'Eoliane. Il avait confiance en eux, Winry allait rapidement s'en remettre.

L'ennui commençait à le prendre. Mais où était Edel? Si elle ne se pressait pas, l'académie aura fermée ses portes. Soudain, il fut tiré de sa rêverie par une furie habillée de rouge. Elle bottait. Mais ce ne fut pas sa démarche ni sa façon de s'habiller qui fit réagir Locktar. Ce fut ce qu'elle lança sans même se présenter. Edel était en danger. Au départ, il resta sans bouger, sans vraiment comprendre l'impact des paroles de la jeune fille. Puis, son instinct de guerrier entra en scène. Ce n'était finalement pas un rendez-vous qu'il attendait près de cette fontaine, c'était bel et bien un combat. Locktar s'empara de son arme et il suivit la direction indiquée par la jeune fille en rouge. Il s'attendait vraiment pas à ce qui arriva alors. Déboulant d'on ne sait où, Edel arriva en plein milieu de la foule massée sur la place. Derrière elle, il y avait trois hommes à sa poursuite. Ce fut l'affolement général. Tout le monde cherchait à s'enfuir à la vue des armes et du sang. On se bousculait, on se piétinait.

Locktar, lui, ne cherchait pas à fuir. Au contraire, il se frayait un passage vers Edel. Un autre homme venait d'arriver. Il était armé de chaînes et il semblait plus puissant que les trois autres. Etait-ce l'homme dont Edel lui
avait tant parlé? Locktar ne le savais pas mais en tout cas, il menaçait la vie de la jeune fille et ça, le guerrier ne pouvait le permettre. Le dernier homme arrivé serrait le bras d'Edel avec sa chaîne et il ne faisait pas attention à ce qui se passait autour. Le Corbac se glissa derrière lui et il lui sauta sur le dos. Un combat au corps à corps s'ensuivit. Le mecenaire avait oublier Edel pour le moment.

- Sauve-toi Edel, je m'occupe de lui.

Locktar vit Edel déserrer la chaîne qui l'emprisonnait et elle s'éloigna. Le guerrier lui fut projeté au loin par le mercenaire. Immédiatement, les trois autres hommes se jetèrent sur Locktar. Le Corbac se releva juste à temps pour éviter le premier cup porté. Le guerrier ne pouvait plus s'occuper d'Edel et du mercenaire. Il devait défendre sa vie et tuer les trois sbires avant de secourir son amie. Edel allait surement s'en sortir le temps que Locktar se débarasse de l'ennemi.

Trois attaques simultanées. Locktar s'écarta du chemin, plongea sur la droite. Rapidité, réflexe de survie. Le guerrier venait d'échapper à la première offensive sans blessure. Il se releva rapidement et frappa. Hurlement, blessure, sang. Le tueur n'était pas mort mais il était sévèrement touché. Immédiatement, le Corbac leva son épée pour se protéger mais son attaque l'avait exposé. Une épée lui entailla le bras. Oublier le sang, la douleur. Locktar ferma le poing gauche, celui qui ne tenait pas l'épée. Il frappa en plein dans le visage du tueur qui l'avait blessé. Craquement horrible. Et un nez en moins, un. Le guerrier s'écarta pour ne pas subir les foudres du dernier homme encore en forme. Non, il n'allait pas laisser les deux autres en vie. Il allait les tuer. De toute manière, il ne les avait pas tué, ils allaient forcément repartir à l'assaut dès qu'ils seraient remis de leur emotions. Peu importe, Locktar était devenu une machine à tuer. Les tueurs ne pourraient pas le faire plier. Peu importe les blessures et les coups, il continuerait jusqu'à la mort de tous ses ennemis.

Il avait raison car ce fut les trois hommes qui repartirent à l'attaque. Locktar se servit de sa protection de fer pour parer quelques attaques et il frappa avec son épée. Cette fois-ci, il avait fait mouche et il avait tué. Le tueur s'effondra lentement. Plus que deux. L'un des autres hommes, fou de rage de voir son comparse s'effondrer, porta une attaque aussi futile que dénunée de sens. Locktar n'eut aucun mal à la parer et il le tua par la même occasion. Le guerrier se tourna finalement vers le dernier tueur.

Le combat s'engagea. Le dernier tueur était prudent désormais, il avait vu de quoi le guerrier était capable. Chaque coup porté par l'un ou l'autre des combattants fut stopper par l'arme de l'autre. Il n'y avait pas d'ouverture. Locktar ne voyait pas d'issue mais il continuait de férailler sans faiblir. Il n'avait pas le droit de faiblir. Soudain, le tueur plongea. Il fut si rapide que Locktar ne put parer l'attaque. Le guerrier hurla de douleur quand la lame de son adversaire lui blessa lourdement la jambe droite. Le sbire du mercenaire s'écarta aussi rapidement que lors de son attaque. Il était une nouvelle fois hors de portée de la lame de Locktar. Le combat s'engagea de nouveau. Le guerrier ne trouvait d'issue à ce duel. Dès qu'il frappait, son adversaire parait. Plonger dans la monotonie d'un rythme n'était pas bon. Locktar devait accélérer la cadesse et c'est ce qu'il fit. Ce changement de rythme destabilisa son adversaire et il perdit sa concentration. Il était perdu. Locktar chargea. Il reçut un nouveau coup sur l'épaule gauche. Il s'en moquait. Il frappa et sa lame transperça le coeur du tueur qui s'afaisait en silence. Locktar retira sa lame du corps inerte. Le Corbac était blessé à la jambe et il ne pourrait courir, ça il le savait très bien. Il serait également handicapé s'il devait affronter seul le mercenaire qui paraissait puissant. Heureusement, il y avait encore Edel et cette jeune fille qu'il ne connaissait pas. D'ailleurs, y aurait-il un combat? Edel s'était-elle chargée du mercenaire? Une seule manière de le savoir: regarder. C'est ce que fit Locktar. Il se tourna vers l'endroit où il avait vu Edel la dernière fois avant de se plonger dans son combat.

[Si vous trouvez le combat trop rapide, prevenez moi, j'éditerais]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Dim 3 Jan 2010 - 18:06

Booon…

Une mauviette qui faisait semblant de savoir se battre et ne tenait plus debout, une guerrière qui crachait le sang et avait les deux bras en miettes en plus de la respiration coupée, et un guerrier qui s’était jeté dans la bataille sans réfléchir et avait déjà une jambe blessée. Ils faisaient belle équipe, face au tueur professionnel… Il était grand temps qu’elle s’éclipse discrètement si elle voulait rester en vie. Le guerrier pouvait bien se débrouiller comme il pouvait, à le voir combattre, il avait l’habitude et se débrouillerait peut-être pour ne pas finir enchaîné la tête en bas. Et Edel… Et bien, c’était son problème. Elle n’avait qu’à pas être assez stupide pour mettre en colère un assassin. Elle n’était qu’une femme, extraordinaire peut-être, mais une femme inconnue qu’elle avait juste croisée dans la rue. Ce combat n’était pas le sien, elle avait simplement été entraînée dedans malgré elle. Qu’est-ce qu’elle devait à ces gens ? Rien ! C’était leur faute si elle s’était foulé la cheville et si elle avait du sang séché sur le visage, d’ailleurs. Aucune raison de les aider et de rester ici une minute de plus. Et non, partir maintenant n’était pas un acte de couard, puisque ce combat n’était pas le sien. Elle allait se faire tuer pour s’être promenée dans les ruelles d’Al Poll en se concentrant sur ses affaires, nom du Dragon ! Courageuse, peut-être, mais pas complètement stupide non plus. Parfois, dans une danse, il faut savoir faire un pas en arrière et accompagner la fin de sa chorégraphie d’un geste simple, laissant les autres danseurs continuer leurs pirouettes avant de choisir leur position finale à leur tour. C’était à elle de partir, maintenant, et sa mélopée de notes suivait un decrescendo rapide alors que celle des deux autres s’affolait autour d’elle. Elle fit son pas en arrière, puis un deuxième, et se retourna pour s’éloigner plus vite.

La chaine claqua à ses pieds, et elle sursauta. Levant les yeux, elle croisa ceux, carnivores, de celui qui voulait leur mort.

- Oh non, tu restes ici, toi.

Elle eut le bon réflexe de se taire, pour une fois, la gorge nouée devant le visage glacé qui, elle en était sûre, resterait une image de cauchemar dans ses esprits si jamais elle survivait plus de quelques minutes. Elle ne bougea pas ; si elle le faisait, elle était bien consciente que ce serait son dernier geste. Si la fuite semblait la meilleure possibilité quelques instants plus tôt, la route venait de lui être fâcheusement bloquée. Les notes qui dégringolaient vers ailleurs se firent plus fortes, plus longues, plus proches les unes des autres alors qu’elle attendait son heure. La satisfaction apparut sur le visage du tueur, et il retourna les yeux vers le guerrier qui avait tué tous ses sbires, se demandant visiblement ce qu’il allait faire. Le nœud dans les épaules de Shawna se dénoua, et après avoir avalé la salive, elle s’approcha d’Edel qui essayait de refouler la douleur. Ouvrant une bourse qui pendait à sa ceinture, Shawna lui passa plusieurs petites feuilles d’un vert foncé qui frôlait le noir.

- Mâche ça, ça effacera la douleur. Bon, c’est sûr, ça ne te soignera pas et tu devras faire attention, mais au moins tu pourras te concentrer sur ton combat. Et ne me remercie pas, je ne te les aurai pas données si ma vie ne tenait pas à ta victoire.

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée à son propre mensonge. Elle avait toujours détesté les plantes antidouleur, et ne les gardait sur elle que parce que sa tante Yelana avait insisté, la suivant partout pendant des journées entières comme une mère poule après ses poussins. Shawna n'avait accepté que pour avoir la paix, et souhaitant la garder, n'avait plus chercher à oublier les remèdes thérapiques de sa tante, qui marchaient ou pas d'une plante à l'autre, et dans lesquels elle ne croyait pas dans tous les cas. Shawna s’éloigna un peu, ne souhaitant pas être un fardeau, pierre au milieu du terrain que les combattants doivent prendre en compte, et sur laquelle ils risquent de trébucher. Elle avait déjà fait face deux fois au fou sanguinaire, et elle avait très bien conscience que sauf avec une bonne opportunité, beaucoup de chance et une idée de génie pour gagner par la ruse, elle ne pourrait aucunement aider dans ce combat. Et comme les plans et elle s’étaient embrouillés quand elle était petite, à moins d’une erreur bête de la part du meurtrier qu’elle remarquerait avant d’agir sur un coup de tête, aucune chance qu’elle prépare une stratégie. Elle était de ceux qui foncent, pas de ceux qui pensent… Oh, peut-être qu’elle pourrait faire quelque chose, en fait. Combien de chaines avait le mercenaire, déjà ? Si elle lui fonçait dessus et qu’il devait en utiliser sur elle, il ne pourrait pas attaquer les deux guerriers en même temps. Travail d’équipe, c’est parti ! Shawna sortit le petit couteau que lui avait passé Edel, puis elle partit en courant droit sur leur ennemi en hurlant.

L’action complètement insensée qu’un guerrier aguerri n’aurait jamais faite, sachant parfaitement que l’autre pourrait facilement le tuer pendant sa course… Le mercenaire en fut tellement étonné, et était tellement concentré sur les deux autres qu’il avait identifiés comme les combattants qui lui poseraient problème, qu’il ne réagit pas assez vite. Le temps qu’il se dise qu’il devait agir contre le moustique qu’elle était pour lui, elle était trop près pour qu’il utilise ses chaînes, arme qui était tout de même beaucoup plus utile à une certaine distance vu sa longueur. Il bloqua son couteau sans aucun problème, et l’arme alla s’écraser par terre à quelques mètres alors qu’il broyait le poignet de Shawna de sa poigne de fer. Oh, il la détestait. Il la détestait tellement, c’était si visible dans ses yeux… Shawna ferma les siens en tournant la tête d’un geste risible de protection, la peur lui empêchant de regarder la suite, attendant le coup en silence…



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mar 5 Jan 2010 - 12:54

Suffoquant presque sous la pression grandissante de l’arme autour de son buste, Edel luttait pour garder connaissance, sa main droite libre et tremblante, agrippée sur la chaîne dans une tentative vaine et désespérée.

Ses yeux s’enflammèrent d’horreur quand elle vit l’homme d’Al Jeit se jeter sur Meryndre alors que son cœur s’emballait à faire tout exploser. Priam avait agis exactement de la même manière lors de l’une des altercations, juste avant de mourir… Il était fou ! Presque immédiatement les chaînes perdirent pourtant en force et la jeune femme se libéra à la hâte, alors que déjà Meryndre s’était débarrassé du guerrier et se dirigeait de nouveau vers elle, assuré que l’autre était bien occupé avec ses trois sbires. Le souffle à peine revenu dans ses poumons, Edel se jeta alors au sol pour saisir son sabre, qui fut expulsé quelques mètres plus loin par une chaine qui s’enfonça profondément dans le sol, la manquant de justesse.
Des cris emplirent de nouveau la rue, et les gens tentaient de s’enfuir à contre sens du flux habituel des commerçants, voyageurs et autres, se piétinaient presque tant la peur les dominait, des enfants pleuraient… il fallait qu’elle emmène Meryndre ailleurs ! Il fallait déplacer le conflit… il fallait disparaître, se faire oublier, protéger ces gens, quitter la ville et… Edel roula brusquement sur le côté, évitant une nouvelle attaque, avant de se redresser souplement sur un genoux.

Le mercenaire éclata de rire, la jeune femme noua ses longs cheveux à une vitesse folle, de sorte qu’ils ne lui tombent plus dans les yeux. Signa harmonieusement la posture du vent, une nouvelle détermination illuminant son profond regard saphir, émit un cri de guerre court et net s’apprêta à lancer son attaque et… la fille de la ruelle se mit à courir comme une dingue vers le mercenaire, prenant toute l’assistance au dépourvu.


_NON !

Hurlement unique qui prit sa source au plus profond d’elle même, son bras s’était tendu vers la fille qui était déjà arrivé à son but ; geste tout à fait dérisoire et inutile, qui retomba presque immédiatement. En quelques secondes la fille fut maîtrisée.

Serrant les dents de dépit, une larme de colère glissa sur la joue de la jeune femme qui se redressa lentement les points étroitement fermés. Pourquoi avait-il fallu que cette fille lui empêche le chemin dans cette foutu ruelle ? Pourquoi fallait-il qu’elle se sente obligée d’agir ainsi, en se mettant en danger pour une parfaite inconnue ?Ce n’était pas son combat ! Ce n’était pas sa lutte ! Elle ne connaissait pas ses adversaires, et encore moins qui elle semblait aider ! Cette situation l’exaspérait, elle n’aurait jamais dû entraîner la jeune fille dans tout ça ! Elle aurait dû changer de chemin… éviter cette fille comme elle évitait toutes les personnes qu’elle croisait depuis ces derniers mois ! Mais elle n’avait rien fait de tout cela, et maintenant cette fille allait mourir, comme les membres de son équipe étaient tous mort… du moins si elle ne faisait rien.

Meryndre tenait la fille à la gorge, à bout de bras, comme si elle ne pesait absolument rien ; à la foi incroyablement coléreux et tout à fait proche d’une jubilation que personne ne comprendrait sans doute jamais.
Son regard se voilant soudain d’une lueur mystérieuse, Edel porta les doigts agiles de sa main droite, aux lacets de cuir de son Gant. Quelque chose dans le regard du mercenaire lui indiqua qu’il avait saisit ce qui allait suivre.


_Je ne le dirais pas deux fois, Meryndre… - lui dit alors Edel d’une voix grave mais étonnement maîtrisée en vue de la situation. Son visage n’exprimait quasiment plus rien, Edel était en colère – re-pose cette fille tout de suite!

Les yeux bleue de la jeune femme étaient embué, mais pas de larmes de colère ou de douleur comme on pourrait le croire, du moins pas encore, mais bien de crainte vis à vis de ce qui allait suivre.

_Ne soit pas idiote, ma jolie – dit alors le mercenaire dont le regard qui était si certain jusque là, sembla vaciller un instant – Tu sais très bien à quoi tu t’exposes en faisant ça. Tu es loin d’être dénuée d’intelligence…

Oui elle savait à quoi elle s’exposait, et c’était bien pour ça que son visage se retrouvait inondé d’un flot de larme qu’elle ne contrôlait pas. Son corps pleurait déjà… mais ses doigts continuaient à défaire calmement les lacets du Gant, alors qu’un silence qu’elle connaissait bien, commençait à envahir son espace ; le silence qui précédait la destruction… le même qui avait précédé les chaînes qui lui avait fait traversé tout un mur, le silence de la mort. Ses larmes allaient bientôt sécher de toute façon, la détresse serait bientôt éclipsée par le combat.

_Si tu la repose Meryndre – reprit-elle distinctement mais de façon à peine audible – si tu la repose sans dégâts, je serais gentille pour une foi, je te le promet… je te tuerais sans ma main gauche, promis. Dans le cas contraire, tu sais très bien que je le ferais Meryndre… tu me connais bien depuis, non ? Alors tu le sais que je n'hésiterais pas, pas cette foi.

L’homme sembla hésiter. Et Edel savait bien que personne ne pourrait le blâmer pour ça… il avait réussit sa mission, du moins une partie. Il l’avait poussé à bout, seulement le résultat était tout à fait inattendu.
Les Hil’Meredrine ne se battaient jamais avec la Main Morte seule et pour cause. Le dessin était tout à fait incontrôlable et pouvait aussi bien détruire tout ce qui l’entourait, que son propre porteur. Car une utilisation trop exclusive de la puissance du dessin, imposait au corps plus qu’il n’était capable de supporter, en force, en adrénaline et en activité, le rythme cardiaque pouvant à tout moment s’emballer sans aucun contrôle. Edel ne s’était servit de sa main ainsi qu’une seule foi dans toute sa vie. C’était lors d’un rite de passage que tous les détenteurs de la Main devaient passer encore enfant. Exactement à l’âge où l’on est tenté de braver les interdits que les adultes ne pouvaient expliquer… alors on les soumettait à ce test, très simple mais tout à fait inoubliable : on les enfermait dans une salle, et on leur donnait enfin le droit de retirer ce fameux Gant qu’il ne fallait absolument jamais toucher ou retirer à part pour le bain mais avec énormément de précautions qui ennuyaient vite un enfant. Quand l’enfant ressortait de cette pièce, c’était généralement passer trois à quatre jours, inconscient dans un lit et il n’était plus jamais le même après cela en générale.

Son père lui avait expliqué un jour, que cette étape était plus qu’importante, « on ne peut pas espérer maîtriser ou comprendre quelque chose que l’on ne connaît pas » disait-il. A la suite de cette épreuve, l’enfant cessait alors tout net de rechigner quand au sujet du Gant qu’il ne fallait pas toucher, et l’idée même de l’enlever ne lui effleurait même plus l’esprit. Il comprenait, comprenait que les mots ne pouvaient finalement pas tout exprimer, comprenait que sa curiosité et son sens rebelle avait faillis lui faire connaître à chaque foi, ce qu’il avait vécu dans cette salle ; comprenait que depuis tout ce temps, tout ce que voulait les siens c’était le protéger et non pas alourdir son quotidien.

Voir donc un membre de cette maison, retirer délibérément son Gant, sans aucune autre arme dans l’autre main, en soutien et sans combinaison, signature ou attaque particulière, était aussi rare que de voir un bébé siffleur être bercé par un tigre des prairies.
Edel savait donc ce qui l’attendait, mais elle n’avait plus rien à perdre. Ses doigts défirent enfin le dernier lacet :

_ Elle n’a rien avoir avec tout ça, et permet moi de faire un peu ma jalouse, tu veux bien ? Ce n’est pas moi que tu es sensé poursuivre déjà? – silence, le mercenaire semblait bien surpris lui aussi. La jeune femme espérait seulement qu’elle n’aurait pas à utiliser sa Main devant autant de monde - Allons Meryndre, tu te fais attendre, tes petites chaînes me manquent déjà tellement… tu sais quoi ? Je pense qu’on devrait sortir de la ville, je n’ai pas envie qu’elle soit rayée de la carte, ou du moins sérieusement effacée, elle est bien trop belle. Mais nous y allons juste tous les deux bien sûr. Ne me donne pas l’envie irrésistible de te traîner jusqu’aux portes, le jeu est terminé maintenant, c’est ici et aujourd’hui que ça se passe, mais ce n'est pas une raison pour manquer de civilité.

Personne à part le mercenaire ne comprenait vraiment ce qui était en train de se dire, ou du moins de se jouer. Elle n’avait rien dit à l’homme d’Al Jeit, encore moins à la fille de la ruelle et ceux qui les observaient, étaient à des millions années lumières de ce qui se tramait. Pourtant, une tension presque palpable s’était installé, et beaucoup avaient perçut l’aspect quitte ou double de ce qui allait se passer.

_Je te l’avais juré Meryndre… - dit-elle juste assez fort pour que le mercenaire l’entende, son regard saphir se faisant plus intimidant que jamais – Je te l’avais dit que je te tuerais.


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Sam 9 Jan 2010 - 15:39

La jeune fille qui avait prévenu Locktar s'était rué vers l'homme aux chaînes. Mais que faisait-elle? Elle avait perdu la tête! Cet ennemi était bien plus doué que les trois autres et ça se voyait au premier coup d'oeil. Foncer sans réfléchir était bien la meilleure manière pour se faire tuer en quelques minutes. Ce qui devait arriver arriva. La jeune fille se fit désarmer en deux temps trois mouvements et elle fut maitriser aussi rapidement.

Le regard du mercenaire était maintenant tourné vers Edel et lui même. Ils ne pouvaient agir sans risquer la vie de cette jeune fille. Locktar ne la connaissait pas mais il n'était pas prêt à la sacrifier. Ce fut Edel qui réagit la première. Elle se mit à marchander avec l'homme aux chaînes. Dans ce discours, Locktar ne comprit pas grand chose. Il apprit tout de même que le mercenaire se nommait Meryndre. Mais le reste, c'était un grand flou. Edel parlait de ne pas utiliser sa main gauche pour se battre. Le guerrier avait bien entendu remarquer ce gant étrange sur la main gauche de la jeune fille rencontré à Al-Jeit. Il n'avait pas cherché plus long, croyant que c'était encore une de ses modes ridicules qui disparaissait aussi vite qu'elles étaient apparues. Apparement, ce n'était pas le cas. Locktar avait noté un changement dans le regard de Meryndre. Il étudiait la proposition avec intérêt. Edel était-elle gauchère? C'était la seule explication sensée que Locktar trouvait. Pourtant, elle s'était toujours battu avec la main droite depuis que le guerrier la connaissait. Le Corbac ne comprenait vraiment rien. S'ils survivaient, Edel ne pourrait pas échapper à ses questions. Il avait besoin de savoir pour cette main gauche et de connaître les raisons que les mercenaires avaient de pourchasser cette jeune fille. Les deux choses étaient peut être liées d'ailleurs.

Doucement, Meryndre lâcha sa prise sur la jeune fille en rouge. Tant mieux, Locktar allait pouvoir agir avec plus de tranquilité. Quoi qu'Edel dirait, il ne quitterait pas la place. Il resterait là à se battre. Il se rappelait encore des paroles que Julia avait prononcées. Il avait survécu à l'attaque de l'académie peut être pour se sacrifier plus tard. C'était peut être aujourd'hui qu'il devait mourir car cette fois-ci, il ne reculerais pas. Il avait difficilement encaissé sa fuite de l'académie quand les Raïs avaient attaqué l'académie de Merwyn. Il ne voulait surtout pas que cela se reproduise.

Meryndre attaqua. Une chaine fonça en direction d'Edel. Elle l'évita mais une autre suivi la première. Elle ne pourrait éviter la deuxième. Sans réfléchir, Locktar se jeta entre la chaine et Edel. Il avait tendu son bras protégé par sa bonne vieille protection de fer. La chaine s'enroula autour de son bras meurtri depuis tant d'années. Le guerrier poussa un cri de douleur quand la chaine déforma quelques peu l'armure de fer. Locktar en lâcha son épée.

Le Corbac se tourna vers Edel.

- Sauve toi aussi vite que tu le peux. Il est trop fort pour nous. Il nous tuera tous. Sauve toi et ne te retournes pas, je ne le retiens aussi longtemps que je peux.


[Désolé, c'est un peu court, mais j'avais pas trop d'idées]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Dim 10 Jan 2010 - 15:04

[Je m'excuse d'avance pour tout ce que pense et dit Shawna, mais c'est juste le personnage, rien de personnel ! Surtout toi Locktar^^" ]

Shawna, au bout du bras de Meryndre, puisque tel était son nom, trouva encore la force et l’insolence de lever les yeux au ciel aux mots de la guerrière. « Je ne le dirai pas deux fois, Meryndre, » elle avait dit. Pour répéter ensuite deux fois, justement, qu’il devait la reposer. Contradictoires, les humains… Et elle ne savait pas si bien jouer avec les mots, finalement. Et pourtant, une sourde angoisse apparut sur les traits de l’assassin à la place de la colère et de la haine. A regret, il la reposa. Shawna ne comprenait absolument pas pourquoi. Attendez, mais il avait l’avantage ! Il avait un otage ! Et il n’allait pas lui faire gober qu’il avait la ville en considération, et qu’il acceptait de se battre à l’extérieur de l’enceinte, c’était complètement improbable ! Un véritable imbécile, ce tueur. Il tomba de suite de son piédestal, Shawna ne le considérant plus du tout comme un adversaire fort. Quelques mots d’une femme blonde, de sa proie, et il rentrait la queue entre les pattes… N’importe quoi. Bon, au moins elle était hors de sa portée, à présent. Et Meryndre attaquait Edel… Elle avait pouvoir voir si les menaces de la guerrière avaient quelque chose à l’arrière, ou si elle n’avait prononcé que des mots vides, bluffant pour la sortir du mauvais pas dans lequel elle s’était jetée la tête la première. Mais… Pourquoi le guerrier s’était-il mis sur le chemin de la chaîne ?

- Espèce d’idiot !

L’insulte, juste après les mots emplis de sacrifice et de noblesse du guerrier prononcés pour Edel, trancha l’air. Meryndre lui jeta un regard rapide, souhaitant savoir si elle n’allait pas encore faire quelque chose de stupide – ce qui aurait très bien pu être le cas – avant de fixer de nouveau Edel d’un air quelque peu nerveux. Shawna pointa son doigt vers le guerrier désarmé et bloqué au bout de la chaine.

- Idiot. Toi, et tous les autres, d’ailleurs. Vous ne pouviez pas le prendre par surprise pendant qu’il s’occupait de moi ? Mais non, il faut que mes actions ne servent à rien, que vous restiez debout comme des poteaux à hurler lamentablement « oh, noon ! » pendant qu’il s’apprêtait à m’étouffer ! Mais quelle bande d’imbéciles ! Et toi, le barbu, tu crois que le sacrifice va te servir à quelque chose ? Qu’il serait incapable de retrouver ses proies dans les rues ? Oh, tu te crois noble, à sauver une demoiselle en détresse… Foutaises. Est-ce que tu as écouté un mot de ce qu’a dit ta copine ? Elle le tuera. Comme si elle allait fuir maintenant ! Tu crois que parce qu’elle est une femme, elle est plus faible que toi, c’est ça ? Que parce que tu ne peux pas survivre à ces misérables chaines, elle non plus ? Je te signale qu’elle allait agir et qu’elle attendait simplement que je sois hors de portée. Et toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu te mets à ma place !

Shawna leva les bras au ciel. Le combat semblait suspendu ; le guerrier était toujours retenu par les chaînes, Edel toujours en position de combat, Meryndre toujours aux aguets, mais tous l’écoutaient verser ses insultes sur le guerrier. Mais si les autres croyaient être en reste, ils avaient tord. C’est vers le tueur qu’elle se tourna ensuite, le danger à des années lumière de son esprit, sa langue beaucoup plus rapide que sa tête. Elle ne réfléchissait plus – elle parlait, c’est tout.

- Et toi, Riri, c’était quoi cette technique ? Tu as un otage et tu le lâches ? Tu laisses quelques menaces te transformer en pantin mort de peur ? Oh, pauvre petit garçon qui a peur de la vilaine dame… Tu es encore pire que lui. Et tu sais quoi ? Tu es nul. Je parie que tu es même incapable de tuer une simple fillette comme moi.

Et elle lui fit une grimace. Avant de partir en courant dans la direction opposée, bien prête à fuir, cette fois. Maintenant, deux possibilités. Soit Meryndre la suivait, incapable de laisser passer l’insulte. Dans ce cas, il lâcherait le guerrier pour pouvoir la suivre, et Edel pourrait faire qui sait ce qu’elle comptait faire. Avec un peu de chance, le barbu aurait un petit regain d’intelligence et la laisserait prendre sa vengeance en paix. Ou l’aiderait utilement, au lieu de jouer aux héros et de se sacrifier comme un imbécile. Dans l’autre cas, Meryndre la laissait filer et se battait avec les deux autres. Dans ce cas, soit Edel pouvait de nouveau combattre, avec ou sans son copain, le meurtrier mourrait et tout allait bien pour elle, soit elle serait loin quand il en aurait terminé, et trouverait bien un endroit où se réfugier. Après tout, il ne connaissait pas son nom. Peut-être partirait-elle avec une bande d’Itinérants. Ou peut-être qu’elle irait à l’Académie de Merwyn, finalement. Il parait qu’il y avait des gens forts, là-bas, il aurait du mal à l’y coincer. De toute façon, elle devait y récupérer sa flûte.

En fait, quoique l’assassin choisisse, son futur dépendait sur Edel. Shawna avait senti la détermination froide dans sa voix, son manque d’hésitation, son choix d’agir, cette fois, quoiqu’il en coûte. Cette volonté de tuer Meryndre, quel que soit le prix… Elle ne connaissait pas l’histoire entre les deux, mais ce qui était sûr, c’est que l’un d’entre eux ne survivrait pas aujourd’hui. Et l’issu du combat risquait d’être cruciale pour elle… Mais elle avait vu la peur sur le visage de celui qui était pourtant si fort. Elle avait vu aussi comment il s’était entouré de sbires, refusant d’attaquer seul. Et pourtant, ce n’était qu’une guerrière, et il n’avait pas eu l’air d’avoir trop de problèmes avec elle jusqu’ici. Il devait bien avoir une raison pour laquelle il ne chassait pas seul, une raison pour laquelle il avait choisi de lâcher Shawna alors que c’était tellement à son désavantage, une raison pour laquelle il la chassait encore alors qu’ils s’étaient visiblement croisés plusieurs fois, une raison pour laquelle il avait peur, lui, roi des prédateurs. Edel devait encore avoir quelques cartes en main. Il ne se serait pas donné tant de mal, sinon.

*Edel, je ne sais pas ce qui m’a pris de tout miser sur toi, c’était vraiment, vraiment stupide, mais maintenant, tu as intérêt à assurer. Parce que si tu bluffais, j’ai vraiment un gros, gros problème… et je ne te le pardonnerai JAMAIS.*


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Jeu 6 Mai 2010 - 19:32

Edel ne fit guère attention au discourt de la jeune fille visiblement hors, d’elle-même, tout comme Meryndre n’en teint pas vraiment compte.
La colère se lisait sur son visage. Il fallait mettre un terme à tout ça. Plus personne ne devait être blessé à présent, plus à cause d’elle. L’homme d’Al Jeit était toujours entre elle et son destin, c’était la dernière personne qui allait souffrir à sa place. Elle était arrivé au point de non retour. Meryndre en avait bien conscience lui aussi, il ne l’attaquerait pas au dépourvu.
Passant au côté de son compagnon de voyage toujours aux prises des chaînes du mercenaire, elle posa une main reconnaissante sur son épaule.


_Il est temps pour nous de prendre des routes différentes –dit-elle calmement- que ton chemin te soit plus favorable que jusqu’ici… mon ami. Ta bravoure te portera loin. Je ne te remercierais jamais assez pour ton aide… c’est la reconnaissance de tout une caste que je te transmet aujourd’hui. C'est à toi de ne pas te retourner cette foi, il n'est plus temps de fuir pour moi. .

Edel s’était exprimée le regard toujours rivé sur Meryndre qui semblait en proie à une intense réflexion quand à la suite des évènements. Soudain elle douta qu’il accepte de l’affronter… ça ne serais pas plus mal de toute façon, non? Pas tant que ça au final.

Se tournant vers son allier, Edel lui transmit un regard appuyant sa volonté, à savoir celle qu’il parte.
Levant nonchalamment la main gauche, la jeune femme la porta à auteur de la chaine qui entravait douloureusement son ami. A ce geste, Meryndre ne put retenir un mouvement de recule.
Saisissant la chaîne meurtrière, Edel sentit le dessin s’animer vivement, comme surexcité de pouvoir enfin se ruer sur quelque chose. Quand elle referma tout à fait le poing, l’arme se brisa tout à fait dans un bruit sec, sans résistance aucune, avant d’aller choir sur le sol. Le dessin destructeur couru un instant le long de la chaîne en direction du mercenaire, la brisant à plusieurs endroits, pour enfin mourir tout à fait.
Se tournant à nouveau vers l’homme d’Al Jeit, les yeux plein d’émotions car le corps tout entier en alerte, elle dit enfin d’une voix neutre :


_Tu es libre maintenant. Ne TE retourne pas.

Plus que libéré de ces chaînes, elle voulait surtout lui faire entendre qu'il devait être libéré de tout sentiment de devoir en vers elle à présent. Qu'il pouvait partir sans inquiétude, comme la jeune fille l'avait fait plus tôt.

Puis se détournant tout à fait de lui, la jeune femme entreprit de se rapprocher de son ennemie, qui ne bougeait toujours pas, plus loin.
A la destruction de la chaîne, de nombreuses exclamations s’étaient élevé de la foule. Meryndre était furieux de voir son arme de prédilection être ainsi mis à mal, il n’était plus aussi sûr de lui qu’à son habitude.

Soudain sur la droite un fracas énorme, emplit la ruelle, celle d’un déplacement de corps armé. Les gardes de la ville. Il ne restait pas beaucoup de temps à présent, il faudrait faire vite.
Accélérant l’allure vers le mercenaire, Edel planta son regard dans le sien. Celui-ci aussi avait entendu la milice, et à mesure qu’elle s’approchait de lui l’éventualité qu’il décide de prendre soudainement la fuite se précisait. Il n’oserait quand même pas. Accélérant encore, elle sentit le dessin s’animer de plus en plus intensément dans tout son bras jusqu’à l’extrémité de chacun de ses doigts. Et tout alla très vite.

Se préparant à frapper, plusieurs choses se passa alors en simultané.
Une poigne de fer s’empara de son bras droit, après qu’elle entendit derrière elle la voix de son ami lui crier de ne pas faire ça, qu’elle était folle, qu'il fallait partir maintenant! Il avait sans doute lui aussi entendu l'arrivé des gardes.
La milice déboucha finalement hors de la foule, armes au poing, arcs bandés et quand son regard revint soudain vers l’endroit où aurait dû se trouver Meryndre, le vide l’avait tout à fait remplacé. Il avait disparut le fourbe !

La rage au cœur, Edel se débattit farouchement avec son ami qui l’attirait de force vers une ruelle adjacente, hurlant le nom du mercenaire à plein poumon, le maudissant lui et sa lâcheté.
Le mercenaire ne pouvait pas s’être enfuis ainsi ! Il n’avait pas le droit, tout devait se décider ici et maintenant ! Elle devait en finir une foi pour toute, le rattraper, tout régler aujourd'hui et pas un autre jour !
Mais c'est le visage plein de larme qu'elle se laissa finalement emporter par son guide, qui parvint à l’extirper violement de la place principal, leur évitant de justesse d’être transpercé par la volée de flèches que la milice envoya vers eux.
Le cœur au désespoir, l’âme déchirée, elle se retrouva de nouveau entraînée dans une nouvelle fuite, son ami lui tenant fermement le poignet (le droit de préférence bien sûr Arrow) . Elle n’avait pas vengé les siens ! Elle n’avait rien put faire… elle avait échoué!
Le Gant vint rapidement reprendre sa place initiale.




(désolée pour la qualité tout ça >< Rolling Eyes lolo j'ai fait intervenir ton perso comme tu l'aura sûrement vu, si ça pose problème, dérange ou autre, fait moi signe! =) )


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Dim 9 Mai 2010 - 18:20

Ce qui se passa devant ses yeux, Locktar eut beaucoup du mal à y croire. La chaine entravant son bras droit le faisait attrocement souffrir. Sa protection de fer avait encassé une partie du choc mais désormais, elle se déformait et son bras souffrait. Il voyait le sang couler doucement au travers de la protection déformée. Sa cicatrice s'était réouverte, c'était évident. Il supportait la souffrance sans rien dire, il ne voulait pas qu'on s'inquiète pour lui. Edel s'approcha, elle lui parla, lui demanda de fuir. Jamais! Il avait déjà fuit lors de l'attaque de l'académie et il s'en était voulu. Il s'en voulait encore même. Il resterait là. Il avait décidé d'affronter la mort sans fuir désormais. Finalement, c'est pas mourir qui était le pire, c'était de survivre à la place de pauvres innocents. De toute façon, il était entravé par cette chaîne, il ne pouvait fuir.

Soudain, Edel prit la chaine de sa main gauche. Locktar avait déjà remarqué qu'elle portait un gant étrange sur cette main. Il avait pensé à une coqueterie ou un effet de mode de la part d'Edel. Mais là, il n'y avait plus de gant. Et là, ce qui se passa fut au-delà de l'imagination. La chaîne fut détruite en un rien de temps. Comment avait-elle fait? Qu'est ce qu'il y avait avec cette main gauche étrange? Edel devrait répondre à ses questions s'ils s'en sortaient tout les deux. La jeune femme se prépara à affronter le mercenaire mais un fracas emplissa rapidement la ruelle. Les gardes de la ville! Ils avaient entendu le combat, c'était logique. Ils étaient même plutot en retard selon Locktar. Le guerrier se leva rapidement. Il ne voulait pas finir en prison, c'était ridicule. Il attrapa le bras droit d'Edel avec sa main droite. Il retint un cri de douleur. Sa cicatrice s'était réouverte. Son bras droit était inutilisable. Il empoigna alors Edel grâce à son bras gauche. Il agrippa la jeune fille à son poignet droit, tout d'abord par souci de confort et aussi car il ne voulait pas subir le même sort que la chaine en tenant la main gauche d'Edel. Il la conduisit aussi rapidement que possible vers un endroit qu'il connaissait bien à Al-Poll: le dragon Vert, l'auberge de son ami Mérustis. Il la trouva sans problème et il pénétra en trombe dans l'établissement. Il fit signe à son ami de poser les questions plus tard et il grimpa dans une chambre pour être à l'abri des mercenaires. C'est seulement ici qu'il lâcha le poignet de la jeune fille. Il s'installa sur une chaise et il retira sa protection de fer. Il fut soulagé immédiatement mais le sang coulait toujours. Il attrapa une serviette et il éponga doucement le sang avant de se faire un garot. Il plongea ensuite son regard vers Edel.

- Depuis que je t'ai rencontré à Al-Jeit, je n'ai pas posé de questions. Je suis resté à ton prénom. Je ne connais rien de ton histoire et je n'avais pas l'intention de te forcer à tout me dire. Maintenant, il est temps que tu me dises tout. Ce mercenaire était là pour toi, c'est sûr. Je crois comprendre que c'est à cause de la puissance que tu as montré en détruisant la chaîne qui entravait mon poignet. Je n'ai pas l'habitude de forcer les gens mais désormais, je veux que tu me dises tout sur toi. Je ne te jugerais pas. J'ai moi aussi un lourd passé. Alors expliques moi tout, n'oublie aucun détail. Je suis capable de t'aider dans ta lutte contre les mercenaires mais j'ai besoin de savoir pourquoi ils te cherchent.

Locktar attendit. Le regard toujours fixé sur Edel. Il était prêt à attendre des heures entières pour tout savoir. Il ne lâcherait pas la jeune fille avant d'en savoir plus. Il était prêt à mourir mais pas dans l'ignorance la plus totale.

[Aucun problème edel. Compares ton post au mien, tu veras que tu n'auras pas à rougir de la qualité ^^]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Lun 10 Mai 2010 - 20:03

Edel n’en pouvait plus. Tout son corps n’était que douleur depuis qu’elle avait traversé le mur de la maison où elle s’était abritée et sa violente chute dans la rue. Tout semblait hors du temps, tantôt des battements effrénés lui emplissaient la tête et réduisaient son champ de vision, tantôt tout semblait ralentir. Mais une chose était sûre, sa tête allait exploser tant la douleur était intense.
Encore heureux qu’elle ai eu la présence d’esprit de se saisir de son sabre tombé sur le sol, lors de la fuite de la place. Tout tournait au pire. Comme si être poursuivi par des tueurs et un mercenaire, n’était pas suffisant, voilà que la garde de la ville allait se mettre sur leur trace ! Et où était donc cette jeune fille qui avait voulu se sacrifier pour elle ? S’en était-elle sortit ? Où était-elle? Comment ils la retrouveraient pour s’assurer que…

Un changement brusque de direction la réveilla de ses sombres pensés. Ils entrèrent en catastrophe dans une auberge, son poignet criant de douleur sous la poigne de son guide qui semblait savoir exactement où aller. Le geste qu’il fit à l’aubergiste confirma qu’il savait effectivement ce qu’il faisait.
Comment pouvait-il croire que personne ne les trouverait ici ? Mais cette éventualité était envisageable… il semblait bien connaître l’aubergiste…

Arriver dans l’une des chambres, l’homme d’Al-Jeit la lâcha enfin. Massant un peu son poignet endolori, Edel resta un moment devant la porte qui menait au couloir, donnant à ses yeux le temps de s’adapter à la pénombre de la pièce.
Ses émotions se mêlaient entre soulagement de se retrouver enfin dans un endroit où elle pouvait s’arrêter au moins pour quelques minutes et bien d’autres comme l’inquiétude, l’angoisse, la fatigue, la peine… où qu’elle put être à cet instant, la jeune fille encore dehors sûrement se retrouvait seule. Mais elle ne craignait plus rien de toute façon… Meryndre était parti.

Un bruit dehors la fit sursauter et elle alla fermer les rideaux de la fenêtre qui donnait sur la rue, avant de s’en éloigner, l’esprit dans les vapes. Comme si fermer ses rideaux, la dissimulait à tout jamais de tout poursuivant.
Elle se tourna alors vers son ami et l’horreur la saisit :


_Par l’Ancien ! Votre bras ! Vous avez… votre… il faut faire quelque chose !

Affolée elle préféra se taire et ne pas approcher. Elle ne voulait pas encombrer ou gêner l’homme qui se faisait un garrot. Elle ne savait pas soigner, nettoyer certes, ses frères se blessaient très souvent, elle avait la main. Mais soigner à proprement parler… c’était toujours les domestiques qui s’en chargeaient, et uniquement ceux spécialisés dans ce domaine !
Il fallait appeler quelqu’un pour l’aider ! L’aubergiste, n’importe qui pouvant l’aider et…
Les mots de l’homme, tombèrent comme des pierres.

Le silence envahi la pièce.
Edel resta debout, sans rien dire, le cœur battant à tout rompre. Le moment qu’elle craignait depuis le tout début était arrivé… un moment on ne peut plus naturel, mais dont elle se serait passé tout à fait.
Se bougeant comme elle put, la jeune femme alla verrouiller la porte de la chambre avant de pousser un meuble devant. Juste au cas où… elle vérifia que la fenêtre était bien fermée, jetant un autre coup d’œil dans la rue au passage. Enfin, elle alla s’asseoir sur le lit disposé dans un coin de la pièce, près de la chaise et la petite table où son ami était installé.
Déposant sa cape et son sabre à plat, à côté d’elle, la jeune femme posa ses coudes sur ses genoux, et joignit les mains dans une attitude méditative.
Devait-elle parler ? Ne le devait-elle pas ? Quoi dire ? Par quoi commencer ? Quels éléments omettre ? TOUT dire ? Non !

Se levant à nouveau, la jeune femme alla une nouvelle foi dans la direction de la fenêtre, croisa les bras, évolua de droite à gauche de l’ouverture sur la rue. S’arrêta. Comprendrait-il si elle décidait de garder le silence ? Un silence qu’il semblait ne pas très bien supporter de surcroit. Ne serais-ce pas le mettre encore plus en danger ? Que faire ?
Reprenant sa marche méditative, elle revint vers l’endroit où elle s’était assise quelques minutes plus tôt. C’était décidé, cet homme savait en quoi il s’engageait. Il avait vue le danger, libre à lui de la risquer plus encore en lui demandant de s’expliquer.
S’installant plus confortablement avant de reprendre la position qu’elle avait quitté pour aller réfléchir plus loin, Edel dit alors le cœur battant :

_Je… je suis vraiment désolée que vous ayez été embarqué là-dedans. –elle le regarda sincèrement pour appuyer ses excuses – je viens d’une famille… une très vieille famille qui… - se taisant à nouveau, la jeune femme ferma les yeux un moment. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle allait le dire à quelqu’un qui n’était passé par aucun rite délivré par le Grand Conseil. En d’autres temps, on l’aurait blâmé et condamné pour trahison, si ça s’était sut
Nous n’existons pas. Enfin, nous nous sommes fait oublier depuis des siècles déjà. Je… comment dire ? Je ne sais pas par quoi commencer. Vous devez seulement savoir que les mercenaires s’intéressent de très près aux miens. A cause d’un trait héréditaire qu’un de nos ancêtre à contracté jadis. – elle leva sa main gauche et en retira le Gant – C’est cela qu’ils veulent. Le Gant. Le secret le plus gardé de ma famille. C’est la seule chose qui peut contrer ça – elle leva discrètement sa main gauche, visiblement plus blême que la droite – et donc de nous tuer tous, tous les membres de ma famille, et moi-même.
Nous sommes de très grands et vieux amis de l’honorable Merwyn. Notre destruction est pour eux, un impératif si ils veulent pouvoir envisager plus grand que le simple renversement de quelques institutions. Ils savent que nous leur ferrons barrage à un moment où à autre, malgré notre silence jusqu’à maintenant. Nous n’avons pas pour habitude d’oublier nos alliés, même les plus anciens. Et un barrage à leur ascension, comme vous l’avait si bien vue sur la place aujourd’hui, nous en sommes un assez proéminent. Ils ont donc décidé de prendre les devants. – court silence – et c’est ainsi que je me retrouve devant vous aujourd’hui, au lieu d’être encore chez moi, dans des terres dont vous ignorez jusqu’à même l’existence.

Décidant de s’arrêter là pour le moment, Edel enfouis rapidement son visage dans ses mains, avant de river à nouveau son regard sur son guide qui semblait lentement assimiler ce qu’elle venait de dire. Puis elle pensa bon de rajouter :

_Plus communément, nous sommes ceux que certain appelaient, et appellent encore aujourd’hui sur nos terres, détenteurs de la Main Morte, Celle-qui-brise-tout. Je suis de ceux-là.

Il était très incertain qu’il ait un jour entendu même ces appellations populaires, mais en générale, cela parlait plus aux gens que toute autre explications. Les traditions orales n’avaient pas changé, et si les livres discutant des hauts-faits de sa famille, avaient tant bien que mal été saisis ou dissimulé ; nombre de récits oraux de guerre les citaient encore. Bien que ces histoires ne soient encore connues que de vieux combattants qui transmettaient à leurs relèves, ce que leurs père avant eux, et leurs pères avant eux, leur avait rapporté en d’autres temps. Des récits délivrés comme des légendes ou simple histoires de troubadours et non comme de faits véritable.
Il n’était donc absolument pas exclu qu’il ne comprenne strictement rien. Et peut-être était-ce mieux ainsi. Elle aura fait sa part pour son compte.



(roh ne dit pas n'importe quoi, il est très bien ton post, je suis même impressionnée, tu as fait des progrès pendant mon absence angel )


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Lun 10 Mai 2010 - 23:08

Edel mit du temps avant de parler. Tout d'abord, elle s'inquiéta du bras de Locktar. Lui, ça faisait bien longtemps que la vue du sang sur sa cicatrice ne l'incomodait plus. Les rêveurs, à l'époque de sa blessure, lui avaient dit de ne pas forcer, mais Locktar n'en faisait qu'à sa tête. Il risquait toujours sa vie. Il ne ménageait pas son bras. C'était risqué, il pouvait perdre l'usage de son bras mais le guerrier ne changerait rien pour autant.

Après son inquiétude, Edel se mit à faire les cent pas. Tournant, virant dans tous les sens. Elle ne tenait pas en place. Locktar voyait bien qu'elle était tourmentée. Le secret qu'elle gardait était-il aussi horrible? Le guerrier attendait dans le silence. Il ne voulait plus la forcer désormais. Il attendrait. Désormais, il n'y avait plus de danger. Locktar avait une confiance aveugle en Mérustis. Il savait que l'aubergiste les protégerait si jamais le mercenaire venait à entrer dans le Dragon Vert. Soudain, Edel se décida à parler. Le jeune homme l'écouta dans le plus grand silence. Il voulait marquer dans sa mémoire chacune des paroles de la jeune femme. Un mot interpella Locktar: Main-Morte. Ce terme lui disait quelque chose. Mais quoi? Comment pouvait-il avoir entendu parler d'une famille si mystérieuse? Il mit du temps avant de se rappeler un petit détail. Ce mot, c'était son père qui l'avait prononcé. Le père de Locktar avait l'habitude de raconter des légendes, cette Main-Morte devait certainement en faire partie.

- Première chose, je souhaites que tu me tutoies. Nous sommes des compagnons de galère alors autant aller plus loin qu'un simple vouvoiement. Ensuite, j'aimerais que tu me parles un peu plus de cette Main-Morte. J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce terme dans la bouche de mon père.

Les questions s'entrechoquaient dans la tête de Locktar. Comment son père a-t-il pu connaître les secrets d'une famille qui se faisaient oublier depuis des siècles? Sa famille n'a jamais cotoyé les hautes sphères de la société. Locktar était le premier a avoir "réussit" dans la vie. Il n'a jamais rencontré Merwyn et pourtant, il est sûrement le membre de la famille Guidjek qui s'est approché le plus du légendaire dessinateur. Cette jeune femme était vraiment très surprenante. En la forçant à parler d'elle, Locktar voulait avoir moins de questions mais, au contraire, il y en avait de plus en plus.

- Autant te donner mon nom de famille, après tout, tu ne connais que mon prénom toi aussi. Je m'appelle Locktar Guidjek et moi je viens d'Al-Jeit. Au moins, cette ville est connue de tous, c'est plus facile pour situer quelqu'un.

Locktar ponctua sa phrase par un sourire. "Les terres dont vous ignorez jusqu'à l'existence". C'était difficile, Locktar avait traversé Gwendalavir du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est. Tout endroit répertorié sur les cartes, il le connaissait. Edel ne devait pas venir du ciel quand même.

Le guerrier défit légèrement le garot autour de sa plaie. Le sang coulait toujours mais la plaie était nettoyée. Ce soir, il avait vraiment abusé. Utiliser son bras droit pour arrêter la chaîne, c'était une des pires idées qu'il avait eu dans sa vie. Il resserra le garot pour éviter qu'Edel ne soit insupporté par la vue de la cicatrice sanglante.

[Tu trouves que je me suis amélioré? Ah bon? Je me demande vraiment comment tu fais pour répondre à mes posts car je les trouve assez médiocre ^^]


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mar 11 Mai 2010 - 13:18

Edel sourit légèrement à la boutade. Un grand poids sembla libérer son cœur, il semblait bien l’avoir prit, ou du moins c’est ce qui paraissait pour l’instant. Aucune lueur de convoitise ne s’était allumée dans son regard quand elle avait découvert son bras ou bien même une expression qui dirait qu’il pensait qu’elle était une folle. Un grand cœur celui là.
Glissant à nouveau sa main dans le Gant, elle répondit :


_Nos terres ne figurent sur aucune carte du pays. Il serait alors bien mal aisé pour quiconque ignorant leurs emplacements, de vouloir les situer de tête, même avec une excellente connaissance du territoire. Et puis il est naturellement exclu que je vous dise quoi que ce soit bien sûr, quand à leurs localisations. – sourire contrarié elle poursuivit – Là d’où je viens seuls mes frères sont autorisés à me tutoyer. Et vous pensez bien que cela soit idem pour moi envers eux. Mais je suis enchantée, je ferais donc mon possible quand à l’examinassions de votre requête. – elle lui tendit la main droite et serra la main valide de son guide, dans un signe de salut, comme si ils se rencontraient pour la première foi – Mon nom est Hil’Meredrine. Edel Hil’Meredrine et je serais obligée de vous tuer si jamais j’entend que vous avez ébruité ce nom, pour les raisons que vous savez.

Edel ne pensait plus que cela fût possible, mais il valait mieux placer quelques gardes fous, cela pouvait échapper à n’importe qui de délivrer l’identité de quelqu’un sans vraiment y faire attention. Mais elle avait confiance maintenant, ne serait-ce qu’un peu. Lui cacher son nom n’était plus aussi primordiale maintenant qu’il en savait beaucoup plus et de beaucoup plus contraignant.

_Ensuite, cela ne m’étonne que très peu que mon récit vous dise quelque chose. Ma famille a participé à tous les plus hauts faits d’armes du pays en se battant auprès des plus grands. Mais elle a brillé dans bien d’autres combats également, notamment ceux contre l’oppression Ts’liches, qui nous a valut ceci – elle fit un petit signe de la main gauche – Beaucoup de nos ancêtres ont eu le privilège de diriger les armées de l’Empire, de grands hommes tous… certains récits de guerres ne sont donc pas exempt d’éloge concernant ceux qui ne sont plus que des mythes de l’histoire alavirienne. Aujourd’hui ce n’est plus chez vous que de courts récits épique et bien souvent fantastiques – elle agita de nouveau sa main gauche pour expliquer ce dernier mot -, que l’on raconte aux tout petits auprès du feu. Comme je le disais plus haut, nous n’existons plus ou du moins sommes nous sensé ne plus être pour vous, mais les traditions orales elles, sont encore bien là.

S’arrêtant un moment, Edel eut une pensé pour tout ceux des siens morts pour l’équilibre. Tout ceux des siens encore vivant pour ce même équilibre. Et enfin à ses frères… du plus vieux, resté à la maison mère pour assister leur père, au plus jeune, que l’on avait envoyé en exile pour sa survit. Ils lui manquaient tous tellement.

_Enfin, je ne suis pas sûr que cela puisse réellement vous aider que j’en dise d’avantage quand à la Main Morte. Vous l’avez devant vous, c’est déjà bien plus que de simples explications. Mais je vous écoute si vous avez une question en particulier. Je verrais alors si je peux vous répondre. Si je peux… te répondre ?

Très étrange sensation que de tutoyer un étranger de la famille. Un petit quelque chose de contrariant d’ailleurs. Si ses frères l’avaient sut, elle aurait eu sur sa tête toutes les réprimandassions du monde, motivé par la jalousie d’avoir été privé d’une exclusivité aussi vieux qu’eux tous. Ce qui l’aurait d’ailleurs fait bien rire !
Le regard perdu dans cette vision, un sourire amusé fendit ses lèvres à cette pensé.



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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mar 11 Mai 2010 - 16:52

Hil'Meredrine? Ce nom, il le connaissait. Il avait entendu de nombreuses fois dans la bouche de son père. Là, il était sûr, ce n'était pas de légende qu'il parlait. Cette histoire concernait sa propre famille. Locktar adorait les récits concernant ce Hil'Meredrine. Un des ancêtres du guerrier avait combattu aux côtés d'un certain Wildrick Hil'Meredrine. Les Guidjek avaient toujours été des combattants. Quasiment toutes les générations avaient pris les armes pour se battre et en faire leur métier. Certains avaient fait la fierté de la famille et leurs exploits étaient encore racontés même après leur mort. Le père de Locktar était un grand conteur et il avait narré les batailles des héros Guidjek à son fils maintes et maintes fois. Enfant, Locktar était fasciné par tous ses récits. Maintenant qu'il avait vieillit, le guerrier se doutait bien que son père avait embellit les choses.

- Mon père m'a souvent parlé d'un Hil'Meredrine. J'ai un ancêtre qui a combattu aux côtés d'un certain Wildrick. C'est un de tes ancêtres peut-être. Dire qu'enfant, je voyais mes ancêtres comme de grands héros. Aujourd'hui, je fais la même chose qu'eux et je vois que je suis pas un héros. Je sème des cadavres et je récolte de lourdes blessures, comme cette stupide cicatrice que je traîne depuis tant d'années. Il leva le bras droit pour ponctuer sa phrase. Mauvaise idée. Douleur. Il retint un cri mais son visage trahissait forcément sa douleur. On est tant naïf quand on est enfant. Je donnerais beaucoup de choses pour retourner dans cette innocence.

Locktar marqua une pause avant de reprendre:

- J'aime me battre, là n'est pas le problème. C'est quand je vois les pauvres innocents mourir à mes côtés que je me rends compte qu'il n'est pas aisé d'affronter la mort. On est ressort pas indemne. J'imagine que cette main étrange doit te créer énormément de problème. J'étais moi-même poursuivit par un mercenaire il y a peu. J'ai réglé le problème en le tuant mais pour toi, j'ai l'impression que la situation est plus complexe. Si j'ai bien compris, ce n'est pas que le mercenaire qu'on a affronté qui te poursuit mais toute la guilde du Chaos.

Nouveau silence de la part du guerrier. Il avait eu une idée mais il trahir une promesse qu'il s'était faite. Il pouvait protéger cette jeune fille. Elle ne semblait pas avoir besoin d'aide mais son ennemi n'était pas un détail. Le Chaos entier la poursuivait. Elle ne pouvait s'en sortir seule. Locktar regarda le plafond de la pièce. A chaque fois qu'il voulait "parler" à son frère, il faisait ainsi. Quand il s'était promis de ne plus être garde du corps, de ne compter que sur lui-même, c'était le jour de la mort de son frère.

"Qu'en penses-tu toi? Dois-je lui proposer mon aide?"

Il attendit plusieurs secondes ainsi et soudain, il ne put s'empêcher de sourire. Pourquoi? Il ne le savait pas. Etait-ce un signe de son frère qu'il devait aider Edel. Peut-être. Certainement même. En tout cas, pour Locktar, c'était un signe. Il devait être le garde du corps de la jeune femme.

- Je peux t'aider à affronter le Chaos. J'ai été garde du corps, je peux donc te seconder dans ta lutte contre les mercenaires. Je suis sûr que ta puissance est énorme, elle est même supérieur à la mienne, j'en suis quasiment sûr. Malgré cela, tu n'es pas de taille à lutter seule contre tes ennemis. Personne ne le serait. De plus, j'ai des coups à rendre à l'ordure qu'on a affonté tout à l'heure.

Il montra son bras droit du regard. Cette fois-ci, il n'avait pas commis la stupide erreur de bouger son bras pour le moment.


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MessageSujet: Re: Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]   Mar 11 Mai 2010 - 18:15

Edel était stupéfaite ! Les ancêtres de cet homme avaient combattu auprès du père de sa maison ?! Que le monde était petit !

_Wildrick dis-tu? – le tutoiement se fit tout naturellement cette foi, comme si cette information l’avait soudain rendu plus possible - Pour sûr que c’est l’un de mes ancêtres ! Il est le fondateur de ma maison. Si cela est bien vrai, alors tu n’es pas sans ignorer le sort dont il a été victime. Et donc tout ce qu’il pourrait y avoir à savoir quand à notre main gauche. C’est un grand privilège pour ta famille d’avoir put combattre auprès de notre ancêtre. Elle est d’ailleurs, du même coup, aussi vieille que la mienne ! – Edel sourit malgré la fatigue qui commençait sérieusement à la peser – Peut-être le visage de votre aïeul figure-t-il sur les grandes toiles des combats d’autres fois. Ne sait-on jamais. Quand à l’innocence, nous ne saurions pas à même de nous battre pour la sauvegarde de l’équilibre, si nous n’en avions pas perdu un peu. On ne peut pas se battre pour quelque chose que notre connaissance n’a pas assimilé. Vous ne seriez pas non plus de ces héros qui travaillent dans ce sens. Prendre les armes pour la sauvegarde du bien, est déjà un acte remplis d’héroïsme. Il n’est pas aisé de préférer, dans le sens de choisir, le sang, à un train de vie sans histoire. Il n’est pas aisé d’abandonner la sécurité, pour une existence emplie de risque.

S’arrêtant de parler, Edel se demanda combien de temps ils allaient rester ainsi dans cette chambre. Le lit sur lequel elle était assise emplissait tout à fait sa pensé. Il n’était pas d’une propreté irréprochable, mais sa fatigue était trop grande pour qu’elle se permette de faire la difficile. Elle ne devait pas le regarder en tout cas ce lit, elle s’effondrerait dessus uniquement si son regard s’y posait. Mais elle ne devait pas dormir ! Tous n’étaient pas terminés ! Elle devrait attendre d’être chez son ami à l’Académie pour s’autoriser un véritable sommeil. Là-bas elle pourrait se reposer tout à fait.
Quand son ami lui proposa son aide, elle ne put s’empêcher de sourire et dû se retenir de rire un peu. Allant jusqu’au bout du lit, elle s’appuya contre le mur où il était appuyé. Un mauvaise chose, car mieux installé, le sommeil aurait plus d’emprise sur elle et elle aurait plus de mal à le résister en se permettant ce confort supplémentaire. Mais son dos lui faisait trop souffrir.


_ Je ne suis pas certaine que tu puisses recroiser Meryndre un jour. Il a échoué dans son entreprise et pas de très belle manière. Ce lâche. Je pense que les siens se chargeront volontiers de l’éliminer avant toi. Ils semblent ne pas tellement tolérer les faibles. – silence - Ta proposition d’aide est bien noble, mais il me semble devoir refuser. En partant de chez moi, j’avais une escorte. Une escorte dont, comme tu le vois, il ne reste aucun membre. Et pour revenir à ce que je disais, même si tu croises Meryndre à nouveau, que tu réussisse à le tuer, d’autres prendront sa place, et d’autres encore après eux, encore, encore et encore. Nous pensons ne retrouver le repos, qu’à la dissolution complète de cette guilde.

Le tutoiement rentrait bien finalement, se dit-elle. Sa fatigue l’aidait sûrement. Il fallait qu’elle s’arrête de toute façon, elle sentait bien qu’elle arrivait aux limites de son corps.

_Vous devriez faire appel à votre ami pour votre bras. Vous perdez beaucoup de sang, il faut intervenir. – les grimaces de son ami n’étaient pas passées inaperçus naturellement. Mais ne sachant que faire … - Nous restons ici combien de temps ? Vous avez le temps de vous faire aider n’est-ce pas ? Avant de nous rendre enfin à l’Académie croyez –vous que cela soit possible de faire quelques achats ? J’ai perdu la quasi totalité de mes armes et je n’ai plus de vêtements. - Edel posa sur elle un regard fatigué pour examiner la situation alarmante de son apparence et redressa la tête – Enfin presque plus, il me reste encore ce haillon. Et… - il y avait tant à faire de toute façon, que la seule pensé de tout ça, l’épuisait plus encore – je crois que je vais fermer les yeux quelques instants, juste le temps de me refaire un peu d’énergie… enfin si vous le permettez ou que cela soit possible. Je ne suis pas sûr de…

Quelqu’un frappa à la porte. Sursautant à cette manifestation sa main droite alla immédiatement à la rencontre de son sabre et son regard se dirigeât vers son ami après s’être rivé sur la porte verrouillée. Le cœur battant, ses sens se réveillèrent alors tous miraculeusement, l’instinct de survit sans doute.


(j’avais pensé que ça pourrait être l’aubergiste qui frappe à la porte Rolling Eyes histoire que Locktar ne se vide pas de son sang quoi. Après libre à toi d’y mettre n’importe qui, ou alors de me contacter pour que je modifie, ça peut aussi être Shawna bien sûr! bon post ! ) Cool Very Happy

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Sentir seulement que l'on s'éloigne [Terminé]
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