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 Le Théâtre parle fort et parle haut.

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MessageSujet: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Ven 7 Nov 2014 - 1:44


Elle caressait la chouette devant elle, qui se laissait faire. Oh, elles se connaissaient bien, toutes les deux. Enelyë choisissait toujours Brume pour transmettre ses messages. Lorsqu'elle avait encore des personnes avec qui communiquer. Bien sûr, il y avait bien Elio, qui habitait désormais à Al-Poll et ... et personne d'autre. Les amis qu'il lui restait faisaient tous partie de l'Académie, et même sa cousine n'était pas très loin. De toute façon, elle préférait parler de vive voix. Elle entendit des pas dans l'escalier, et le jeune homme lui demanda si il pouvait emprunter Brume. Alors elle s'éloigna un instant, lui sourit, puis redescendit, ses pas la guidant au hasard.

Enelyë avait décidé de ne plus rester cloîtrée dans le dortoir. Déjà parce qu'elle finissait par broyer du noir et parce que ce n'était pas vraiment sympathique de rester seule toute une journée. Certes, il elle ne trouvait pas tout à fait agréable que l'on parle d'elle sur son passage, mais c'était toujours préférable. Et puis si tout le monde le faisait, c'était bien qu'on s'intéressait à elle, n'est-ce pas ? De toute façon, elle avait déjà survécu à cela lorsqu'elle avait été adoptée par Varsgorn, alors elle pouvait bien y survivre une seconde fois. La Kaelem se rendit alors compte que Princesse la suivait.

- Bah, d'où tu viens minette ?

Elle la prit dans ses bras et Princesse alla s'accrocher à son épaule. Pour l'instant, elle était encore toute petite, donc Enelyë supportait très bien son poids, mais elle espérait qu'elle ne prendrait pas trop cette habitude. Finalement, la grande porte du théâtre se dévoila devant elle. Elle hésita un instant : elle savait que parfois, des personnes venaient se réfugier là quand elles n'avaient rien à faire et voulaient être seules. C'était plus ou moins son cas, en fait, maintenant qu'elle y pensait. Elle poussa la porte - s'appuyant dessus pour la faire bouger.

Elle n'avait pas souvent visité cet endroit. Bien sûr, elle l'avait déjà vu, elle y était déjà venue, pour y voir certains artistes de passage, ou les représentations de quelques élèves. Et c'était l'une des premières salles qu'elle avait vue en explorant l'Académie, aussi. Son arrivée lui semblait à la fois très éloignée et encore très proche. Elle s'en souvenait comme si elle était arrivée la veille ; mais en même temps, beaucoup trop de choses s'étaient passées entre-temps pour que cette sensation ne soit réelle. Elle ne voulait pas y penser.

Enelyë monta sur la scène. Elle avait souvent voulu y monter. Elle aurait pu, mais à chaque fois qu'elle y pensait, c'était que quelqu'un était déjà dessus. Mais là, le théâtre était vide. Absolument vide. Elle courut sur la scène, ses pas résonnant dans la salle. Elle se cacha derrière les rideaux de velours rouge, avant de les tirer, à l'aide des leviers. Au premier abord, elle avait cru qu'elle n'en aurait pas la force. Mais en réalité, c'était tout à fait léger. Princesse avait cessé de la suivre, préférant se lover sur un siège.

Elle s'imaginait, acclamée par un public imaginaire. Quelques secondes après, elle imagina l'audience, alors qu'elle était seule sur scène, et ça faisait nettement plus peur. Elle effaça cette image de sa tête. Et elle eut envie de chanter, comme ça, devant l'absence de personnes, dans le silence résolument impressionnant de ce théâtre. Oh, elle chantait bien, ce n'était pas un problème. Mais elle ne savait pas quoi chanter. Puis, devait-elle chanter fort, pour emplir la salle de sa voix ? Ou pouvait-elle chanter comme d'habitude, lorsqu'elle prenait sa douche, assez fort simplement pour couvrir le son de l'eau qui coulait ? Elle choisit cette seconde option. Si elle chantait plus fort, elle n'était pas sûre que sa voix resterait confinée dans la salle. Et elle n'avait aucune envie que qui que ce soit se demande qui chantait et entre dans cette salle.

Alors elle ferma les yeux un instant. Puis laissa sa voix s'élever dans la salle. Espérant tout de même que personne ne se cachait dans l'ombre de la salle.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mer 19 Nov 2014 - 3:00

Un rouleau de parchemin dans la main, Danatael cherchait un endroit dans cette bruyante académie où il pouvait enfin se mettre à écrire sans se faire déranger. En réfléchissant un peu il se rappela qu’il y avait une salle de théâtre dans l’aile est de l’académie qui était souvent désœuvrée. Décidant de tenter sa chance de ce coté, il prit donc la direction des planches de l’académie, accompagné d’Ys qui voletait autour de sa tête.
 
Arrivé sur place, il découvrit une très grande salle, avec une imposante scène au milieu, à laquelle faisaient face quelques centaines de fauteuils bien rangés. Les grands rideaux rouges étaient tirés et la salle était entièrement vide, Ys et lui-même mis à part, bien entendu. Ys s’était posé sur l’une des poutres qui surplombaient la salle, et Danatael décida qu’il allait faire de même. Grimpant à l’un des nombreux piliers de la salle, il se hissa jusqu’à l’une des poutres et s’assit non loin d’Ys en se servant d’un pilier comme dossier.  Une fois installé à peu près confortablement, il sortit un pot d’encre et une plume de la sacoche qu’il avait pris pour l’occasion, puis sortit un livre qu’il utilisa comme support pour écrire. Une fois prêt, il prit quelques secondes pour caresser un peu Ys qui venait lui réclamer un peu d’attention puis observa la salle qui se trouvait en dessous de lui.

De là où il était, il pouvait voir toute la salle mais la poutre où il était installé n’était pas loin de l’entrée, il avait donc une vue imprenable sur la scène et voyait entre chaque rangée de fauteuil. Ici personne ne pourrait le surprendre. Satisfait, il trempa sa plume dans l’encre et s’apprêtait à écrire quand la grande porte grinça en pivotant pour laisser apparaître une jeune femme. Agacé de ne pouvoir se retrouver seul où qu’il aille dans l’académie, il faillit ranger ses affaires lorsqu’il se rendit compte qu’elle était seule. Il se demanda alors ce qu’elle venait faire ici toute seule, curieux, et commença donc à observer en silence la nouvelle arrivante.
 
C’était une magnifique jeune fille qui devait avoir à peu près son âge, portant un chaton sur son épaule. Cependant, son visage laissait deviner une certaine solitude, mélangée à de la mélancolie. Elle aussi semblait presque découvrir la pièce, et était montée sur la scène tandis que le chaton avait préféré rejoindre un fauteuil devant les planches. Elle commença à s’approprier la scène, ne semblant pas avoir remarqué qu’elle était observée, puis se mit à chanter. C’était une belle voix. Inspiré, Danatael prit le temps d’écrire quelques mots de sa plus belle écriture sur son parchemin puis profita de ce chant mélodieux jusqu'au bout.
 
- C’est une belle voix que vous avez-là mademoiselle ! Comment se fait-il qu’une voix et un visage aussi purs portent une aussi grande mélancolie ? Demanda-t-il d’un air sincère. Au fait, je m'appelle Danatael.

Il put lire sur le visage de la jeune fille qu'elle était surprise tandis qu'elle cherchait dans la charpente qui pouvait bien avoir parlé.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Dim 23 Nov 2014 - 17:09

Elle avait laissé sa voix s'élever dans le Théâtre, sans vraiment y penser. Elle nota vaguement l'écho que la salle vide apportait, mais se laissa emporter par sa propre chanson. Quand elle ne connaissait plus les paroles, elle en inventait d'autres qui collaient à peu près à ses souvenirs et à la continuité de la chanson, puis reprenait les vraies lorsqu'elle s'en rappelait. Elle avait fermé les yeux, mais elle bougeait sur la scène, au rythme de la musique qu'elle créait elle-même. Elle avait toujours aimé chanter. Mais elle l'avait oublié. Trop prise par les études, par sa soif de connaissances sur le Dessin, par les histoires de sa vie, elle avait cessé de chanter. Et pourtant, c'était sans doute ce qui la réconfortait le plus.

Et puis elle s'arrêta, et le silence revint au galop dans cette salle qui soudain, lui parut obscure et froide. Arrivée près des accessoires (avait-elle donc tourné si longtemps pour traverser la scène ?) elle s'empara d'un masque qui lui avait sauté aux yeux. Le loup ne couvrait que le haut de son visage. Décorée comme seuls les habitants de Chen savaient les décorer : le bleu brillant qui ourlait les bords, l'argenté qui dessinait les bords des yeux ... un travail qu'Enelyë qualifiait d'art. Elle était en train de faire passer ses cheveux courts par-dessus l'élastique, pour le cacher, lorsqu'une voix se fit entendre.

Elle se sentit glacée. Alors quelqu'un était là. Quelqu'un qu'elle n'avait pas remarqué. Et avant même de comprendre, d'analyser les phrases, son regard s'était tourné vers le haut de la scène. La voix venait du haut. Elle s'imagina un instant l'avoir imaginé, avant qu'un mouvement n'attire son attention. Une aile d'oiseau. Une aile d'oiseau inconnu.  Alors, elle ne connaissaient certes pas tous les oiseaux de l'Académie personnellement, mais elle les avait tous vus au moins une dizaine de fois, même ceux des élèves, alors qu'il était interdit de les sortir des dortoirs, depuis le nouvel Intendant.

Elle ne répondit pas à la voix de l'homme. De Danatael, comme il disait se nommer. Elle s'imagina un instant un grand escalier sur lequel elle pourrait grimper. Elle n'était pas marchombre, mais elle savait utiliser son Don pour monter plus haut, elle aussi. Un grand escalier qui s'évaporerait sitôt qu'elle n'en aurait plus besoin. Elle grimpa les marches quatre à quatre, pour arriver plus rapidement à lui. Elle s'installa sur la poutre, assez large pour qu'elle n'ait pas besoin de s'y tenir. Si elle avait su avant qu'elle pouvait faire ça, elle n'aurait sans doute pas pris aussi longtemps avant de revenir au Théâtre.

- Merci, se contenta-t-elle de dire, pour commencer.

Elle l'observait, cachée derrière son masque. Mais il l'avait vue, déjà, puisqu'il avait remarqué sa mélancolie aussi bien dans sa voix que sur son visage. Peu importe, elle le garderait. Elle ne se gêna pas pour le dévisager.

- Je m'appelle Enelyë.

Elle n'avait pas envie de parler de sa mélancolie. Ça ne le regardait pas, et elle ne le connaissait même pas. Cela dit, elle avait souvent entendu dire qu'on se confiait mieux à des inconnus. Cependant, il n'était pas dans son caractère de se confier. D'autant plus qu'elle devrait occulter une grande partie de l'histoire. Elio lui avait bien dit de ne pas parler de lui, et de taire beaucoup de détails concernant leur futur mariage. Elle soupira.

- Ce n'est pas tant de la mélancolie que de la résignation ... finit-elle par lâcher. Vous savez, les aléas de la vie.

Elle réussit à sourire. Il n'y avait pas vraiment de joie dans ce geste-là, simplement le genre de choses que l'on fait pour ne pas inquiéter quelqu'un ou pour lui signifier qu'on n'a pas envie de parler de ça. Mais au moins, elle avait souri. C'était plus facile avec un masque, réalisa-t-elle.
Mais si elle n'avait pas envie de parler d'elle, elle pouvait au moins lui poser des questions. Il était nouveau ici, ou alors il s'était bien caché jusqu'ici.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

Il avait à peu près son âge, à vue de nez, mais il semblait adulte. Bien davantage que la pauvre enfant qu'elle restait. Il aurait aussi bien pu être élève que professeur, et cela l'intriguait. Il avait dans les yeux ce même éclat qu'avait Ichel, celui de la liberté, mais ça ne voulait rien dire. Le fait qu'il se soit retrouvé ici, sans Dessin, la mettait sur la voie plus facilement. Qu'elle aurait aimé être libre comme eux, ou comme l'oiseau qui venait de prendre son envol ...



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Lun 24 Nov 2014 - 0:13

La jeune fille avait fait apparaître un escalier pour rejoindre Danatael sur son perchoir. L’art du dessin tiendrait toujours du miracle pour lui … Il avait déjà vu son visage mais comme elle était maintenant masquée il ne pouvait pas l’observer de plus près mais elle, elle ne se privait pas de le faire. Peu importait, car Danatael avait l’habitude de traiter avec des personnes plus à l’aise masquées qu’à visage découvert. Elle lui avait malgré tout donné son nom : Enelyë. C’était un joli nom.
 
Le masque que portait Enelyë ne cachait en vérité que son visage, il était toujours possible de lire ses réactions dans ses yeux et sur ses lèvres. Danatael pouvait donc voir qu’elle semblait se mordiller doucement l’intérieur de la lèvre alors qu’elle prenait une seconde pour réfléchir à ce qu’elle allait dire. Son regard sembla fuyant l’espace d’un instant.
 
- Ce n'est pas tant de la mélancolie que de la résignation ... finit-elle par lâcher. Vous savez, les aléas de la vie.
 
Les aléas de la vie hein ? Un sourire s’était dessiné sur son visage mais il était visiblement là plus par politesse, mais en même temps elle semblait presque étonnée d’avoir réussi à sourire. Elle sembla préférer s’intéresser à lui, en lui demandant la raison de sa présence dans le théâtre.
 
- Eh bien, les élèves marchombres n’ont pas l’air d’être légion dans le coin, alors en attendant de trouver la personne qui recevra mon enseignement j’ai simplement décidé de me détendre quelques heures, j’ai apporté du parchemin et un peu d’encre et j’ai cherché un endroit au calme pour me mettre à écrire. Ce qui était le cas ici jusqu’à ce que tu chantes.
 
Danatael vit que le sourire d’Enelyë commençait à devenir un peu gêné.
 
- Mais ne t’en fais pas ! En réalité t’entendre chanter ainsi était apaisant et m’a inspiré. J’écris souvent de la poésie. Comme on me dit toujours que je suis dans la Lune, je me dis que c’est un moyen de garder les pieds dessus !
 
Ys choisit ce moment pour venir se poser sur le bras de Danatael.
 
- Je te présente Ys, mon corbeau… C’est l’ami qui me tient toujours compagnie. Tu aimes les oiseaux ?

Danatael tendit le poignet où s’était perchée Ys vers Enelyë.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mer 26 Nov 2014 - 0:15

Elle lui demanda ce qu'il faisait là. A vrai dire, elle faisait davantage ça pour ne pas parler d'elle que par réel intérêt, mais, et après tout ? Ce n'était pas parce qu'elle pensait quitter l'Académie dans peu de temps qu'elle ne pouvait pas faire connaissance avec quelqu'un.

Et donc il était professeur. Marchombre. Elle avait donc eu raison. En même temps, cela l'étonna légèrement. La plupart des marchombres laissaient simplement leur interlocuteur deviner, comme l'avait fait Ichel avec Lyuuna, dernièrement. Mais de toute façon, tout le monde était différent ; et les marchombres ne faisaient sans doute pas exception. Voilà bien quelque chose qu'ils avaient en commun avec le reste du monde. Bref, il était donc venu s'installer ici pour écrire, car l'endroit était calme. Ajoutant que ceci était le cas jusqu'à ce qu'elle arrive.

Son sourire changea, passant de la politesse à la gêne. Non seulement il l'avait entendu, ce qui la gênait déjà à la base, mais en plus elle l'avait sûrement dérangé. Décidément ... Peut-être que le théâtre n'était pas le meilleur endroit où aller, finalement. Mais il se hâta de la rassurer. Alors comme ça son chant était inspirant ? Elle sourit, d'un vrai sourire cette fois, à la fin de sa phrase. Les pieds sur la Lune hein ... ça aussi, c'était très poétique.

L'oiseau avait décrit une courbe et revenait vers eux. Le bruit d'un battement d'aile avait attiré son attention, et elle ne lâcha pas le volatile des yeux jusqu'à ce qu'il se fut posé sur le poignet de Danatael. Ce gros corbeau s'appelait donc Ys. Enelyë ne s'était jamais rendue compte que certains oiseaux pouvaient être si ... énorme. Quand on lui parlait des corbeaux, elle s'imaginait vaguement des oiseaux noirs d'une vingtaine de centimètres, qui lui faisaient assez peur quand ils volaient à plusieurs, en rond, au-dessus d'elle.
Mais la réalité était assez différente, et un peu plus effrayante, en fait. Il devait bien faire entre cinquante et soixante centimètres, et son bec était plus grand qu’elle n’aurait imaginé un bec de corbeau. C’est vrai qu’elle s’était habituée aux serres des rapaces et aux becs des hiboux en particulier, mais les corbeaux n’étaient pas les animaux les plus habituels à l’Académie. Et puis, ce n’était pas un noir stupide, en réalité. Des reflets bleus caressaient les plumes sombres de l’animal.

- Ils ont de la chance, je pense, se contenta-t-elle de répondre en approchant sa main de l’oiseau, sans le toucher toutefois. Mais je suis plus chat qu’oiseau.

Elle jeta en regard sur le petit félin, toujours en boule sur le siège rouge.

- Ils ont autant de liberté mais je préfère garder les pieds sur Terre.

Un petit sourire espiègle s’était dessiné sur son visage, atteignant ses yeux qui se mirent à sourire aussi. Puis elle regarda le sol, quelques mètres plus bas. Elle n’avait pas eu l’impression de monter si haut. Heureusement qu’elle n’était pas sujette au vertige. Néanmoins, elle se redressa vite, parce qu’elle avait l’impression de glisser. Il n’y avait rien pour la retenir, et elle n’était pas sûre de réussir à Dessiner durant sa courte chute. Et elle ne voulait pas se blesser maintenant. Ça risquait d’augmenter le délai à attendre jusqu’au mariage, et ce serait pire que tout. Vivement que cela passe.

Elle se ferait du mal jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de revenir en arrière, de toute façon. Elle voulait fuir tout ça. Comme elle fuyait les cours. Comme elle fuyait les autres. Comme elle fuyait les décisions et tout ce qui régissait sa vie. Elle n’avait plus aucun contrôle et cela lui faisait peur. Peut-être qu’elle était plus feuille morte poussée par le vent qu’un animal qui avait un minimum de contrôle de sa vie.

- Alors pourquoi les oiseaux ? Vous rêvez de voler ?

Elle balançait ses jambes dans le vide, comme les enfants pourraient les balancer assis sur une chaise trop grande pour eux. Elle réajusta son masque.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Jeu 27 Nov 2014 - 3:05

Danatel sourit quand elle lui répondit qu’elle préférait garder les pieds sur Terre. Elle avait donc remarqué sa petite fantaisie et y avait même répondu ! Juste après avoir prononcé cette phrase elle sembla se rendre compte que justement, elle n'avait pas les pieds sur Terre, actuellement, car elle se rajusta sur la poutre comme si elle avait peur de tomber. Danatael ne put s’empêcher d’esquisser un petit sourire, amusé.
 
Enelyë sembla perdue dans ses pensées l’espace d’un court instant puis lui demanda pourquoi il aimait les oiseaux.
 
- Si je rêve de voler ? Ça fait partie des limites que j’aimerais franchir en effet. Je suis persuadé de pouvoir voler un jour, d’une façon ou d’une autre. Du coup ça en fait plus un objectif qu’un rêve ! Mais la vérité c’est que j’aime les oiseaux autant que j’aurais pu aimer n’importe quel autre animal de compagnie. Si Ys m’accompagne aujourd’hui c’est parce que je me suis occupé d’elle alors qu’elle était blessée. Depuis, puisqu’elle est intelligente et capable de me suivre presque partout où je vais, c’est devenu ma fidèle compagne ! Et puis elle sait se montrer utile.
 
Danatael fit signe à Ys d’aller sur son épaule pour pouvoir baisser à nouveau son bras. Il prit ensuite un petit temps pour réfléchir, puis se mit à chercher dans son sac le morceau de parchemin qu’il venait juste de ranger. Il le regarda quelques instants ce qui était écrit dessus :
 
L’espace d’un instant
Tous les maux sont emportés
Dans l’harmonie d’un chant

 
- Ce n’est qu’un court poème mais c’est ce que tu m’as inspiré en chantant, alors … Je te l’offre ! Comme ça la prochaine fois que tu as le cœur lourd tu pourras te rappeler que tu peux chanter. Ou que tu as quelque part dans cette académie quelqu’un avec qui tu peux parler.
 
Danatael adressa un large sourire bienveillant alors qu’il tendait le petit morceau de parchemin à Enelyë.  Il s’assit plus confortablement. Le dos appuyé contre la poutre verticale, il ramena un genou vers son torse et laissa pendre la seconde, puis leva sa main pour flatter Ys, toujours posée sur son épaule.

- Et toi, tu as une occupation aussi ? Tu écris ? Tu chantes ? Tu peins ? Tu joues d’un instrument peut-être ?
 
A vrai dire, par ces mots, il espérait qu’elle commence à s’ouvrir peu à peu, afin qu’il puisse lui aussi connaitre un peu mieux son interlocutrice.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Dim 30 Nov 2014 - 2:27

- Un objectif ?

Elle connaissait bien quelqu'un qui volait. Enfin, ce n'était que des rumeurs, mais si elle en était capable, pourquoi les autres ne le pourraient-ils pas ? Elle regardait le sol en rêvant de pouvoir voler. Personne ne pourrait la rattraper si elle se mettait à voler, n'est-ce pas ? Elle sourit au vide. Pour elle, ceci ne resterait jamais qu'un rêve, elle le sentait. Même si les Spires lui permettaient de s'élever, ce n'était pas suffisant. Et elle n'imaginait pas que l'Imagination contienne un moyen de lui offrir de quoi voler. Elle haussa les épaules, machinalement, lorsqu'elle comprit que Ys aurait pu être remplacée par n'importe quel autre animal. Ce n'était pas vraiment un choix, plutôt un coup du destin, donc. Elle soupira, touchant son masque du bout des doigts, comme pour s'assurer qu'il tenait. Même si il commençait à lui donner chaud.

Danatael cessa de parler et Enelyë lança un coup d'oeil vers lui. Il fouillait dans son sac, ce qui alluma une étincelle de curiosité dans le regard de la demoiselle. Que cherchait-il donc ? Il en sortit un bout de papier, et quelque part elle fut un peu déçue. Elle s'attendait à quelque chose de surprenant. Après tout, qui pouvait savoir ce que cachait un sac de marchombre ? Enelyë était certaine qu'ils avaient toutes sortes de choses étranges que le commun des mortels ne pouvaient pas imaginer. Ou alors peut-être que c'était juste elle qui imaginait trop de choses, justement, et que les marchombres possédaient des choses tout à fait normales. Néanmoins, ce bout de papier qu'il avait sorti de son sac le fit sourire lorsqu'il le tendit vers elle. Elle le regarda, étonnée, avant de le prendre une fois qu'il se fut expliqué.

Elle sourit, puis se tourna vers lui.

- Merci.

Elle le plia avec précaution et le rangea dans la poche de son pantalon, prévoyant de le lire plus tard, une fois au dortoir. Puis, tandis que Danatael reprenait, elle se réinstalla sur la poutre, souleva un peu son masque pour le placer sur ses cheveux, prête à le remettre directement si elle le désirait.

- Pas vraiment. Pour m'occuper je lis et j'essaie de perfectionner mes Dessins. Enfin, mes Dessins de Dessinatrice, je ne sais pas dessiner avec un crayon. A chaque fois, elle se sentait obligée de préciser. Et je chantais avant, mais depuis que je suis ici je me suis beaucoup trop plongée dans l'étude pour penser à le faire. Cela dit, je vais peut-être m'y remettre.

Elle sourit à nouveau, sans masque. Elle avait oublié ce que c'était bon de parler, de faire connaissance avec quelqu'un, et de sourire si naturellement. Trop occupée par ses problèmes elle ne pensait plus à apprécier les hasards simples et les jolies rencontres. Elle pouvait s'y remettre. Guider les nouveaux à travers les dédales de l'Académie, discuter sans penser à ce qui l'attendait, respirer un peu. Elle pensait suffisamment à ses problèmes pour qu'ils l'empêchent de dormir la nuit, pourquoi y penser encore la journée ? Elle rabattit son masque, ne désirant pas laisser son visage faire transparaître ses inquiétudes. Elle replaça correctement des mèches noires qui s'étaient prises dans l'élastique.

- De toute façon je partirai bientôt d'ici. Je devrais commencer à penser à ce que je pourrai faire après. Chanter me paraît une bonne idée. Il n'y a pas assez de troubadours à Al-Poll, si vous voulez mon avis.

Elle plaisantait, bien sûr, mais la question de son avenir l'angoissait vraiment. Elle avait toujours vécu au jour le jour, ou en fixant un futur proche qu'elle oubliait une fois passé : les examens, les petites occasions préparées à l'avance ... Mais là, le mariage lui apparaissait comme une fin. La fin de quoi, elle ne savait pas. Mais elle ne savait pas ce qui arriverait ensuite. Elle ne reviendrait pas à l'Académie, c'était sa seule certitude.

- Que pourrait faire une Dessinatrice qui n'a aucun projet d'avenir, de toute façon ? Troubadour semble tout indiqué, non ?

Elle espéra un instant que le masque puisse ne faire qu'un avec son visage.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Dim 30 Nov 2014 - 3:27

Troubadour ? Ça pouvait être une vie agréable ! Une vie au jour le jour, itinérante, parcourant le pays à la recherche de nouveau récits et à réchauffer le cœur des gens lors de soirées passées autour d’un feu de camp ou près d’une cheminée, avec de la musique et ….
 
- Que pourrait faire une Dessinatrice qui n’a aucun projet d’avenir, de toute façon ? Troubadour semble tout indiqué non ?
 
C’est à ce moment seulement que Danatael comprit que l’idée d’être troubadour était une plaisanterie, et ses joues se tintèrent d’un léger rouge. C’est sympa pourtant troubadour …
 
- Des projets d’avenir ? Drôle d’idée. Pourquoi se limiter soi-même à être un personnage plus étroit que l’on ne l’est vraiment alors que les autres se chargent déjà très bien ce ça pour nous ? Non, je pense que ce qu’il te faut c’est penser un peu moins à l’avenir, et penser à ce que tu veux faire maintenant. Après tout, l’avenir n’est qu’une succession de moments présents qui s’enchaînent les uns après les autres, quand on y pense, alors …. Ton avenir prend son pouvoir d’aujourd’hui.
 
Je suis pas sûr que j’aurais moi-même compris ce que je viens de dire, j’espère que je ne l’ai pas perdue en route … Danatael passa main dans ses cheveux, geste qu’il faisait souvent quand il était perdu dans ses pensées et réflexions.

- En tout cas, ce que je veux dire, c’est que quand on essaie d’imaginer l’avenir, il est très facile d’éprouver de la peur devant toutes les inconnues qui se dressent devant nous, si grandes que leur ombre recouvre ce qui jusque là était atteint par la lumière. Alors que le moment présent est celui des sensations, celui dans lequel tous nos sens fonctionnent. On peut sentir le bois qui nous soutient, voir les planches du théâtre, rien n’est inconnu, et on peut se laisser réchauffer par les rayons lumineux de la quiétude.
 
Danatael prit un petit temps pour observer son interlocutrice. Un peu plus tôt, Enelyë avait soulevé son masque et il avait enfin pu observer son visage de plus près. Comme il avait pu le constater de loin, c’était un visage aux traits harmonieux. Il avait ainsi pu apprécier l’espace de quelques instants le visage de la jeune femme, orné d’un sourire des plus sincères. Ce visage s’était à nouveau fermé dès qu’elle avait évoqué l’incertitude de son avenir.
 
- J’ai conscience que ces paroles peuvent paraître un peu creuses au premier abord, mais peut-être qu’un jour un événement se produira, et alors peut-être que ces paroles te reviendront en mémoire, et tu te rappelleras que le présent est le moment le plus précieux que l’on possède. Car on ne peut pas agir dans le passé, on ne peut pas agir dans le futur. On ne peut qu’agir dans le présent et c’est par nos actions dans le présent que l’on écrit son passé et que l’on influe notre futur.
 
S’il devait bien avouer quelque chose, c’est qu’il n’était pas peu fier de son petit discours.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Lun 1 Déc 2014 - 22:55

Le monsieur marchombre semblait étonnée qu'elle veuille avoir des projets d'avenir. Il semblait vivre au jour le jour, comme elle le faisait présentement. Mais elle ne voulait pas de ça. Elle ne considérait pas l'idée d'avoir un projet comme quelque chose qui la rendait plus étroite. Elle voulait juste avoir un endroit où se rendre, une direction à suivre. Ne plus déambuler au hasard. Et si son avenir prenait son pouvoir du présent, ce n'était pas lui qui pourrait la guider. Elle devait devenir maîtresse de son destin. Mais c'était plus dur qu'il n'y paraissait.

Danatael passa les mains dans ses cheveux, et Enelyë se rendit seulement compte qu'il les avait plutôt longs. Elle effectua mécaniquement le même geste, touchant ses propres boucles qui pendaient lamentablement dans son cou, venant à peine toucher ses épaules. Pourquoi diable avait-elle coupé ses cheveux ? Ah oui, pour être moins gênée face à d'hypothétiques ennemis qui n'avaient même pas pointé le bout de leur nez et qui leur avait même accordé un délai. Ils devaient pertinemment savoir que même avec ça, Elio et elle ne pourraient rien faire. Elle haussa les épaules, sans rien dire, écoutant ce qu'il racontait à présent.

De la peur. Bien sûr qu'elle avait peur de l'inconnu. Et c'était pour cela qu'elle voulait savoir vers quoi elle avançait, pour avoir moins peur de son futur. Alors elle devait le choisir. Ou l'envisager, tout du moins. Et bien sûr qu'elle ne pouvait pas ressentir ce qu'il se passerait dans son futur, il n'était pas encore écrit. Bien sûr que vivre comme ça au jour le jour était agréable. Mais peut-être qu'elle en avait assez de rester dans cette zone de confort. Peut-être qu'elle voulait voir plus loin, plus grand. Cependant, elle y pensait. Parce que son futur l'angoissait. L'empoisonnait. Mais une fois que cet événement serait passé, alors elle se retrouverait désemparée. Elle vivrait avec ça, ou essaierait de briser cette alliance forcée. Mais pour l'instant, son avenir flottait au-dessus d'elle et tout ce qu'elle voulait, c'était le chasser de son esprit.

- On ne peut agir que dans le présent mais ces actions influent sur notre futur, non ?

Le futur se construisait dès son présent. Et elle voulait être sûre de ne pas foncer tête baissée là où elle n'aurait pas été si elle avait réfléchi un minimum. La question de l'avenir ne s'était pas toujours posé, imposée à Enelyë. Elle aussi savait vivre au jour le jour, et jusqu'à peu, elle se contentait de vivre comme ça. Elle prenait des moments au temps pour les passer avec ses amis, elle faisait ses devoirs bien avant de devoir les rendre, mais à part ça, elle ne préparait jamais les choses en avance. C'était peut-être ce qui causait ses problèmes maintenant.

De toute façon, ce qu'elle voyait de son avenir ne lui présageait rien de bon. Quand prendrait-elle la décision de se jeter des toits avec Elio ? Qu'est-ce qui la retenait encore ici après tout ? Mais elle ne voulait pas mourir. Elle avait besoin d'un but à atteindre. Rien que ça. Un objectif, un rêve. Son coeur en avait désespérément besoin. Elle avait besoin d'une main à laquelle se raccrocher, de savoir qu'elle pouvait accomplir quelque chose. C'était l'unique raison pour laquelle elle voulait avoir quelque chose à faire plus tard. Et parce que vivre au jour le jour, ce n'était pas pour elle. Mais avant de penser à quoi que ce soit, elle devait déjà se reprendre en main.

En soi, elle se sentait comme un poids pour Elio, en premier lieu. Certaine que si elle avait pu se battre, être efficace, ils ne seraient pas dans cette situation. Et apprendre à se battre montait doucement dans la liste de ses priorités. Peut-être que si elle suivait sa liste de choses à faire, l'avenir ne lui poserait plus de problèmes, trop occupée avec ses projets à accomplir dans un futur proche. Des projets qu'elle pourrait prendre l'un après l'autre. Vivre au jour le jour ne voulait pas dire que le présent devait être dénué d'occupation, après tout ...

- En fait, vous avez peut-être raison.

Alors qu'elle allait se redresser sur la poutre, songeuse, son pied glissa et elle bascula. Sous elle il n'y avait que le vide, et encore un peu plus bas, la scène. Elle voulut se lancer dans les Spires mais elle réalisa au bout d'un moment que le choc ne venait pas, et elle en sortit pour ouvrir les yeux.

- Euh, si ça ne vous dérange pas, est-ce qu'on pourrait aller s'installer sur les fauteuils ? demanda-t-elle, la tête encore en bas.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 2 Déc 2014 - 1:05

Il y avait à peine quelques secondes Enelyë était encore assise sur la poutre, et maintenant voilà qu’elle était suspendue au dessus de la scène, retenue par le bras que Danatael avait réussi à saisir au vol, tandis que Ys s’envolait, paniquée. Le souffle coupé, par le choc de la poutre contre son ventre, il réussit tout de même à adresser un sourire rassurant à sa nouvelle amie. Après quelques secondes il réussit à remplir ses poumons d’air et put enfin parler :
 
- Finalement tu n’as pas tout le temps les pieds sur Terre on dirait, plaisanta Danatael, sinon oui je veux bien descendre et m’installer sur les fauteuils, là on n’est pas trop à l’aise pour parler.
 
Danatael aida donc Enelyë à remonter sur la poutre afin qu’elle puisse Dessiner dans de meilleures conditions pour descendre. Quant à lui, décida simplement de passer la lanière de son sac sur son épaule et se laissa tomber de la poutre, se retint au dernier moment avec ses deux mains à la poutre et se laissa chuter sur la scène pour ce qu’il restait de hauteur.
 
Une fois au sol il se dirigea vers le chaton toujours endormi dans un fauteuil, grattouilla un peu le félin sous le menton qui commença doucement à ronronner, les yeux entrouverts, puis choisit un fauteuil non loin du chat. Il s’assit d’une manière qu’il trouvait confortable, adossé à un accoudoir et les jambes par-dessus le second, ce qui soulignait son coté désinvolte.
 
En attendant qu’Enelyë le rejoigne il repensa à ce qu’ils s’étaient dits avant qu’elle ne manque de tomber de leur perchoir. Après avoir pris un peu de temps pour réfléchir à ce qu’il lui avait dit, elle avait fini par lui dire qu’il avait peut-être raison. Certes, il y avait un « peut-être » dans cette phrase, mais ça voulait dire qu’au moins ce qu’il lui avait dit n’était pas tombé dans le néant, ça l’avait fait réfléchir. Une fois qu’elle se fut installée il lui demanda :
 
- Du coup, tu m’as dit que tu devais bientôt partir d’ici. Peut-être que d’ici là je pourrais t’aider à passer des journées plus agréables. Ou à les rentabiliser. Etant donné que j’ai du temps libre entre mes mains, peut-être que je pourrais te montrer deux-trois trucs si ça t’intéresse ! Qu’est-ce que tu en dis ?
 

Ici, Danatael ne connaissait presque personne après tout, alors pourquoi perdrait-il cette occasion de se faire une amie qui avait d’autant plus l’air d’avoir un fond très bienveillant.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 2 Déc 2014 - 2:25

Elle s'était retrouvée dans le vide subitement, et son corps lui semblait se déchirer en deux à partir de son bras. Ou alors peut-être que c'était juste son bras qui avait décidé de se séparer du reste de son corps. En tout cas, son corps avait connu un basculement assez important, puisqu'il était redevenu droit, comme si elle voulait plonger, sauf que ses bras n'étaient pas collés à son corps, du coup. Un instant, elle eut une bouffée de panique et faillit bouger les jambes comme pour remonter à la surface. Mais c'était une mauvaise idée. Aussi son cerveau lui intima-t-il de s'accrocher fermement au bras qui la retenait pour être remontée sur la poutre plus facilement.
Son masque avait glissé, tombant sur son cou. Il lui faisait mal quand ses angles trouvaient son menton et elle le replaça au-dessus de son front, comme elle l'avait fait quelques instants plus tôt. Elle reprenait sa respiration qu'elle avait coupé automatiquement. Elle aurait vraiment cru avoir plongé ... Danatael trouva le moyen de plaisanter et elle rit nerveusement. Oh si, elle aurait eu les pieds sur terre, et peut-être même six pieds dessous.

Il commença à descendre, ayant approuvé son idée quelques secondes plus tôt, et elle dessina une simple corde pour glisser jusqu'en bas. Elle avait souvent eu des cordes de ce genre quand elle était petite, ou s'arrangeait pour monter jusqu'à la branche retenant les cordes de la balançoire pour pouvoir glisser. Elle savait toujours s'arrêter, mais son père la regardait toujours d'un air inquiet. Elle songea un instant à aller déposer des fleurs à ses parents, puis descendit. Elle effaça la corde dès qu'elle sut qu'elle pouvait atterrir sans risque, et elle se rattrapa souplement sur ses appuis. Enelyë avait repris ce réflexe assez vite, alors qu'elle s'amusait avec Elio durant leur escapade. Elle avait réappris à se réceptionner, à courir vite et à grandes foulées, à grimper rapidement tout en faisant attention à ses appuis. Elle commença à marcher calmement, ses jambes un peu engourdies et la peur de la chute encore ancrée à son corps.

Néanmoins, une fois qu'elle eut récupéré un contrôle total de ses jambes, elle s'approcha assez rapidement du marchombre, déjà installé. Elle s'étonna un instant de le voir dans une position que prenaient en général les adolescents sur ce genre de siège, mais ne s'en formalisa pas. Après tout, elle-même s'était installée de cette façon la dernière fois qu'elle était venue se réfugier ici, son chat paisiblement lové contre elle. Alors elle alla s'asseoir sur un siège devant, puis se tourna vers l'homme qui recommençait désormais à lui parler, et qu'elle regardait à travers les yeux de son loup, le bas de son visage caché par le dossier rouge. Elle plissa ses yeux un instant, en l'écoutant, puis releva son masque en visière, précipitamment, les yeux écarquillés. Elle se redressa précipitamment.

- Quel genre de trucs ?

Il venait de piquer sa curiosité et elle s'imaginait déjà escalader les murs pour grimper jusqu'aux toits. Puis elle se reprit. Il avait "deux-trois trucs" pas "je vais te donner un entraînement marchombre digne de ce nom et pour ça tu dois me donner trois ans de ta vie" ou quelque chose de ce genre. C'était bien trois ans ? On lui avait expliqué mais elle ne s'en souvenait plus très bien. Bref, ce n'était pas très important. Elle prit les devants, et parla alors qu'il allait ouvrir la bouche, sans doute pour lui expliquer.

- Est-ce que vous pourriez m'apprendre à me bat- à me défendre ?

Ne pas se battre. Ne pas laisser sa rage prendre le dessus. Cette rage qu'elle devinait bouillonnante mais qu'elle cachait sous des tonnes de peur. Apprendre à se défendre suffirait. Pour l'instant en tout cas, ça suffisait. Elle n'avait pas besoin d'être agressive. Bien sûr qu'elle voulait régler leur compte à ceux qui tiraient les ficelles de ce spectacle de marionnettes que devenait sa vie, mais elle ne savait pas qui ils étaient et ce n'était certainement pas "deux-trois trucs" qui allaient lui servir.

Elle finirait par se battre tôt ou tard. Mais l'heure était à la défense.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 2 Déc 2014 - 4:03

Elle veut se défendre ou se battre ? Elle allait dire qu’elle voulait se battre mais s’est corrigée. Enfin, peu importe, pour moi les deux reviennent au même. Il faut bien se battre pour se défendre. Danatael fit mine de réfléchir quelques instants, mais en réalité il savait déjà sa réponse.
 
- Je peux t’apprendre. Je ne sais pas de combien de temps on dispose mais quelques séances pourraient suffire pour avoir au moins des bases.
 
Il prit un petit peu de temps pour observer Enelyë, toute curieuse. Puis il réfléchit rapidement à sa carrure, et comment était taillé son corps puis continua :
 
- Pour toi qui est une dessinatrice je pense que le mieux serait de t’entraîner avec une dague. C’est facile à cacher dans les plis d’une robe, c’est discret, c’est fin, et ça ne demande pas de maîtriser de grandes techniques, même si il faut savoir anticiper, vu que l’allonge est assez courte et expose donc au danger face à une lame plus longue. Bien sûr, l’épée est envisageable mais c’est plus long et complexe à apprendre.
 
Mais je pense vraiment que la dague serait le choix le plus évident. C’est plus fin, plus léger, et on peut s’en servir même si l’entrainement a été rudimentaire. C’est ce que je conseillerais à un dessinateur, c’est bien moins encombrant qu’une longue lame. Puis Danatael se rappela qu’elle avait aussi été curieuse des « autres trucs » qu’il pouvait lui apprendre. Il passa en revu tout ce qu’il connaissait, retira tous les secrets réservés aux marchombres, puis retira ce qui demandait un délai plus grand que « bientôt ». Il pouvait lui restait encore quelques activités qui pouvaient être amusantes.
 
- Sinon si ça t’intéresse je peux te montrer comment tirer à l’arc, ou t’apprendre les bases pour passer inaperçue dans la foule, on pourrait aussi s’essayer à l’escalade sur des murs pas trop difficiles si tu en as envie, j’en ai repéré quelques-uns qui offrent de merveilleux panoramas.
 
Danatael passa à nouveau la main dans ses cheveux puis s’étira, presque comme un félin, faisant craquer ses épaules et son dos. Eh bien, penser à toutes ces activités m’épuiserait presque !
 
- Et toi, en échange, peut-être que tu pourrais tenter de m’apprendre à dessiner rien qu’une petite flamme ! Ca serait déjà un gros travail si j’y arrivais !
 
Concrètement, il était tellement mauvais en Dessin que même si elle arrivait à lui apprendre à dessiner une flamme il mettrait bien moins longtemps à créer une flamme de ses propres mains. Mais c’était surtout pour avoir un échange, et rappeler à Enelyë que ce serait une relation amicale et non une relation de maître à apprenti. Tiens d’ailleurs …
 

- Au fait, tu peux me tutoyer si tu préfères. Dit-il, souriant.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 2 Déc 2014 - 18:48

Elle s'était mordue la langue en attendant la réponse de Danatael. Laisser échapper les mots - ou presque - n'était pas quelque chose qu'elle avait l'habitude de faire. Habituellement réfléchie et assez silencieuse, elle pensait toujours à ce qu'elle allait dire avant de le dire. Mais là, elle s'était lancée, comme ça, subitement, en pensant à ce qu'il pouvait lui apprendre. Se battre ... quelle glorieuse idée pour elle qui n'avait jamais voulu faire de mal à qui que ce soit. L'Académie, la noblesse, ce qui lui était arrivé et ce qui n'était pas encore passé la façonnaient, la changeaient. Il semblait réfléchir et Enelyë lâcha son masque, le laissant retomber doucement, jusqu'à ce qu'il s'arrête seul, où elle le replaça correctement.

Mais il pouvait lui apprendre. Des bases. Elle le regarda, prête à l'interrompre, pour qu'il ne tente pas de lui enseigner ce qu'elle savait déjà faire, mais elle était aussi curieuse de voir ce qu'il considérait comme des bases. Elle ne dit rien, se contentant d'écouter ce qui allait suivre. Il lui conseillait les dagues, bien sûr. Elle en avait déjà trois. Varsgorn, Elio, et une qu'elle avait récupéré d'elle-même. Varsgorn avait tenté de lui apprendre à s'en servir, jusqu'à ce qu'il renonce à faire d'elle une Mentaï. Jusqu'à ce que lui-même renie son allégeance au Chaos. Elle se souvint d'Elio qui lui avait dit de toujours répliquer si on tentait de la poignarder ... des années s'étaient écoulées depuis. Deux ? Trois ? Elle ne savait même plus combien de temps elle avait passé à l'Académie. Et à cet instant précis, elle s'en moquait.

Enelyë secoua doucement la tête, revenant au moment présent. Ce n'était pas le moment de se perdre dans ses pensées. La lame qu'Elio lui avait confiée était de toute façon cachée dans sa botte, dans son fourreau, passée à une encoche qu'elle avait cousu elle-même. Les bottes étaient trop larges pour elle, même si elle rentrait le bas de son uniforme à l'intérieur, ce qui faisait que son subterfuge passait inaperçu. Elle la tira de là, sa dague toute simple, au manche noir, et à la lame effilée.

- Les dagues, ça me va très bien. J'en ai déjà, comme vous pouvez le constater. Et une épée risque d'être trop lourde pour moi, de toute façon ...

Petite et fine - trop fine - elle avait de toute façon une allure de Dessinatrice, certainement pas de marchombre et encore moins de combattante.

- Mais c'est vrai que ça fait longtemps que je ne m'en suis pas servie, et je n'ai jamais vraiment appris.

C'est l'occasion, se dit-elle. Elle ne dit rien lorsqu'il lui parla de tir à l'arc, n'était pas vraiment tenté par cela. Tout d'abord parce qu'elle pouvait très bien attaquer de loin avec le Dessin, et que s'il y avait des Gommeurs, si elle apprenait à maîtriser ses dagues, cela ne lui serait pas forcément utile. Quant à passer inaperçue dans une foule, elle y parvenait déjà très bien. A moins qu'elle ne sorte avec des robes très colorées, elle se fondait assez facilement dans la masse. Tellement que ses propres amis ne l'apercevaient pas, parfois, lorsqu'ils se croisaient dans Al-Poll. En revanche, grimper aux murs, ça, ça l'intéressaient. Les murs, elle voulait les surmonter, les dépasser. Et c'était un avantage non négligeable, de savoir grimper, si l'on devait fuir quelque chose.

Danatael fit craquer son dos et Enelyë cacha une grimace. Les craquements lui rappelaient Lev, qu'elle n'avait pas vu depuis un moment. De toute façon, elle ne voulait plus être confrontée à lui, alors il pouvait bien disparaître. Elle se reprit, décidant finalement de répondre au marchombre qui devait attendre une certaine réponse, sûrement.

- Le tir à l'arc et ... la discrétion, ça ira. Par contre, m'entraîner à manier les dagues et l'escalade, ça m'intéresse.

Il la considéra un instant, et lui demanda simplement, en échange, de lui apprendre à Dessiner une flamme. Enelyë prit quelques secondes pour considérer cette demande. Elle n'avait jamais enseigné quoi que ce soit à qui que ce soit. Bien sûr, elle pouvait aider les autres Dessinateurs lorsqu'ils parlaient de théorie, mais de là à leur apprendre quelque chose ... A son avis, il aurait mieux fait de demander directement à Myra ... Mais elle comprenait bien qu'il demandait simplement un échange. Qu'il ne se considérait pas comme son professeur. Elle n'était cependant pas sûre de pouvoir faire ça ... Mais elle passait tout son temps dans les bouquins, elle écoutait attentivement Myra, elle connaissait la théorie sur le bout des doigts.

- Je peux essayer ... Je ne v- te garantis pas le résultat, mais je peux essayer.

Il lui avait demandé de le tutoyer. Et ça aussi, elle essayerait.

Elle regarda autour d'elle, ce qui les entouraient. Elle aurait bien essayé de lui apprendre sur le champ, mais elle ne voulait pas mettre le feu à la salle. Et il ne pourrait peut-être pas lui apprendre à se servir de ses dagues ni à escalader ici. Enfin, il avait bien escaladé la colonne, mais elle n'était pas sûre de pouvoir en faire de même, sur le coup. Elle hésita un instant, puis elle se lança.

- On va sans doute changer d'endroit ? Si vous- tu ne connais pas l'Académie, je peux te la faire visiter.

Il hocha la tête, et elle ne savait pas si c'était parce qu'elle n'arrivait pas à le tutoyer, pour le changement d'endroit ou pour la visite, mais il se dirigea vers la sortie, suivie par Enelyë. Qui réalisa que le masque lui cachait encore le visage. Elle alla le redéposer dans la caisse d'accessoires, puis revint rapidement, refermant la porte derrière le chaton qui avait compris que lui aussi devait aller chercher un autre endroit pour pouvoir continuer sa sieste.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Ven 5 Déc 2014 - 2:11

Enelyë sortit une dague de sa botte. C’était une dague simple mais de bonne facture. A vu d’œil, sa lame était très bien aiguisée,  cependant comme elle ne s’en servait pas souvent on pouvait commencer à voir une très légère oxydation sur le plat de la lame. Ce n’est rien de très grave, je lui montrerai simplement comment prendre soin d’une lame, c’est rapide.
 
Donc elle aime l’idée d’apprendre à se servir d’une dague, et elle veut apprendre à escalader. Je pense que ce sera amusant.
 
Après avoir accepté de lui apprendre à Dessiner une flamme, elle proposa à Danatael de changer de lieu. Elle voulait donc  commencer au plus tôt. Après tout, pourquoi pas ? Il n’avait rien d’autre à faire ces temps-ci et ça allait sûrement être amusant. Après avoir acquiescé de la tête pour montrer qu’il était d’accord, il porta ses doigts à sa bouche et émit un léger sifflement et se leva, juste à temps pour qu’Ys atterrisse sur son épaule, puis se dirigea vers la sortie du théâtre avant même de savoir quelle était la nouvelle destination.
 
A vrai dire il commençait à avoir besoin de prendre l’air, rester trop longtemps dans une pièce l’étouffait assez vite. Avoir passé autant de temps dans la nature pendant ses voyages et vagabondages lui avait fait développer une légère claustrophobie. Rien de très gênant, mais le seul moment où il pouvait rester longtemps en intérieur était pour dormir, ou lorsqu’il était concentré sur une mission.
 
Ouvrir la porte du théâtre et sentir l’air frais rentrer dans ses poumons lui fit le plus grand bien. Pour mieux en profiter il ferma les yeux et ouvrit grand ses bras et sa cage thoracique afin d’emplir ses poumons d’un maximum d’air.
 
- Je ne sais pas vraiment où tu veux aller pour t’entraîner du coup je te suis ! lança Danatael, bien plus motivé depuis qu’il retrouvait de la fraîcheur dans ses poumons.
 
Enelyë lui dit alors vers où ils se dirigeaient mais Danatael s’était perdu quelques secondes dans ses rêveries à ce moment là, alors il se contenta de suivre jusqu’à ce que qu’un élément du décor l’interpelle.
 
- Tu m’as dit que tu voulais apprendre à grimper, hein ?
 
Danatael avait le regard rivé sur le mur d’enceinte de l’académie. Il semblait plutôt facile à escalader. Enfin, je crois. En tous cas je vois des prises partout dessus.
 

Ca te dirait que notre amitié commence en franchissant un rempart ? plaisanta-t-il.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Dim 14 Déc 2014 - 16:57

Elle avait gardé le poignard dans sa main, et elle ne s'en rendit compte que lorsqu'elle vit les regards étonnés de certains élèves sur elle. Ce ne pouvait être que ça : on la voyait souvent guider les nouveaux dans l'Académie, donc ça ne pouvait pas les déranger. Elle s'arrêta un instant, rangea sa dague à l'emplacement prévu à cet effet, et ils reprirent leur route. Les regards se faisant insistant, elle comprit qu'on ne la regardait pas elle spécifiquement mais le nouveau venu. Il avait dû se faire discret jusqu'ici. Ah, ces marchombres, incapable d'être présent et visible en toute circonstance. Puis, il n'avait pas le profil type de l'élève, en même temps. Qu'est-ce que ces élèves pouvaient bien penser ? Elle s'en moquait.

Danatael la suivait, mais elle ne savait pas où aller. La Cour de la Fontaine était souvent l'un des endroits que les élèves combattant choisissaient pour s'entraîner, donc le lieu serait déjà encombré ; et ce lieu, elle ne le portait pas dans son coeur, de toute façon. Non, il fallait choisir un lieu dégagé, plus grand, plus vaste ... et alors qu'elle déambulait machinalement, sans plus prêter attention à l'homme qui l'accompagnait, ils arrivèrent près des remparts, près du mur d'enceinte de l'Académie. Elle réfléchissait et ce fut la voix de Danatael qui la sortit de ses pensées.

Mais oui ! Le mur d'enceinte, on pouvait l'escalader ! Elle ne savait pas pourquoi elle n'y avait pas pensé en le voyant. Elle se tourna vers lui et lui sourit. C'était un sourire-oui, elle l'utilisait souvent lorsqu'elle ne voulait pas parler. Il lança une plaisanterie et elle s'approcha rapidement du mur. Enelyë replaça machinalement ses habits, fit une queue de cheval de ses cheveux courts pour qu'il ne la gênent pas et trouva assez rapidement des encoches.

Avec Elio, ils avaient escaladé des murs. Pour atteindre les toits en revanche, ils se contentaient généralement des escaliers. Sa session d'escalade avec Varsgorn avait été sécurisée. Ici, elle s'accrocherait à du vent si elle tombait. Mais elle n'avait pas le vertige. Et puis il n'était pas si haut. Peut-être un peu plus que ne l'était la poutre du théâtre. Suffisamment haut pour qu'elle puisse dessiner si elle tombait une fois arrivée au sommet. Elle pouvait dessiner rapidement. Même si elle ne voulait pas vraiment essayer de prouver ça.

Elle regarda en arrière, cherchant le visage de Danatael, mais il avait déjà commencé à grimper. La facilité avec laquelle il faisait cela était étonnante. Elle en avait presque le souffle coupé. Alors elle se mit elle aussi à se hisser sur le mur, usant parfois de menus dessins lorsqu'elle ne trouvait pas de prise où s'accrocher. C'était pas vraiment de la triche ... d'autant plus qu'en situation critique, nulle doute qu'elle se servirait du dessin. Le seul risque, au final, étaient les Gommeurs qui pouvaient éventuellement annuler ses pouvoirs. Ce serait la seule chose assez dérangeante.

Lorsqu'elle arriva en haut, après de longues minutes, une main salutaire se tendit vers elle et elle l'attrapa sans hésiter, poussant une dernière fois sur ses jambes tandis qu'il la tirait vers le haut. Elle s'assit précautionneusement sur les pierres et regardait le paysage qui s'étendait devant elle. L'Académie ne lui avait jamais parue à la fois si majestueuse et si petite. La journée était, cela dit, bien avancé, et le rougeoiement du soleil nimbant l'école de lumière ne devait pas y être pour rien. D'ici, ils pouvaient admirer les jardins, la forêt, pouvaient même voir le lac et une partie de la serre. La cour de la Fontaine et en tournant la tête vers la droite, Eoliane. C'était vraiment magnifique.

- Comment fais-tu pour grimper aussi vite ? Et sans Dessin, en plus.

Elle se désintéressait totalement du paysage, avide d'en savoir plus sur l'escalade.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Lun 15 Déc 2014 - 3:27

Ce sourire voulait dire oui, il l’avait compris tout de suite. N’attendant pas que son amie soit prête, Danatael entreprit l’ascension du mur d’enceinte. Il n’était pas très haut, et les prises étaient faciles d’accès pour quelqu’un d’aussi habitué que lui. Il grimpait au mur d’une manière fluide, un mouvement en amenait toujours un autre, et à le regarder on aurait dit qu’il n’y avait aucune difficulté à l’exercice, il ne paraissait pas forcer du tout sur ses bras ou ses jambes pour progresser vers le haut. Quand il grimpait, Danatael s’amusait, car il aimait se dire qu’il s’approchait du ciel à chaque mètre qu’il parcourait vers le haut.
 
Une fois arrivé en haut, environs une minute après sont départ étant donné que le mur n’était pas si haut que ça, il s’assit sur le rebord du mur et observa comment se débrouillait Enelyë. Elle avait parcouru environs un quart de la distance. Elle savait ce qu’elle faisait, on voyait qu’elle n’avait pas peur et qu’elle était sûre d’elle, cependant elle rencontrait des difficultés pour trouver ses appuis et pour choisir ses prises, ce qui rappela à Danatael qu’un jour lui aussi devait chercher tout ça. Après quelques minutes d’efforts - et de dessin - Enelyë arriva presque en haut du mur. Danatael lui tendit alors une main secourable pour l’aider à franchir les derniers centimètres, qu’elle attrapa avec soulagement. Elle était essoufflée et semblait avoir attrapé un peu chaud avec l’exercice. Une fois arrivée en haut, elle s’assit et regarda un peu le paysage avant de lui demander avec avidité son secret.
 
- Avec l’entraînement on apprend pas mal de choses. Pour le moment tu te cherches, et tu te crées un chemin parce que tu ne vois pas qu’il existe déjà. Je suis passé par là moi aussi, même si je viens juste de m’en rappeler. C’est marrant comme tout ce que l’on acquiert nous paraît normal après un certain temps.
 
Danatael prit quelques secondes pour réfléchir à ça, perdu dans ses pensées comme à son habitude puis secoua doucement la tête pour repasser à ce qu’il était en train de dire juste avant.
 
- Enfin, avec l’entraînement tu apprendras petit à petit à reconnaître les chemins plutôt qu’à les dessiner, tu apprendras à connaître ton corps et à l’équilibrer. Et je pense que c’est important de trouver un rythme soutenable par le corps et de s’y tenir. Une fois ce rythme trouvé, les efforts sont bien moindres. Mais ce n’est possible qu’à partir du moment où l’on voit directement le chemin que l’on doit emprunter sur l’obstacle que l’on escalade.
 
Danatael jeta un œil en direction d’Enelyë qui le regardait comme si il détenait la clé d’un savoir antique indispensable, ce qui le fit rire.
 
- Ne t’en fais pas, tu n’es pas marchombre, tu es dessinatrice, je suis sûr qu’on peut te trouver une manière efficace de grimper sans que tu atteignes un niveau physique égal au miens. La prochaine fois je monterai en même temps que toi et on cherchera ensemble ce qui te convient le mieux pour grimper.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Lun 15 Déc 2014 - 22:16

Balançant ses jambes comme un enfant assis sur une chaise trop grande, elle savourait l'image du paysage, sentait le vent souffler dans ses cheveux encore trop courts selon elle. Perchée sur ce mur, elle se sentait bien, et avait l'impression d'écraser l'horizon. C'était ce qu'elle cherchait à ressentir lorsqu'elle montait sur les toits. Mais ce n'était pas pareil lorsqu'on était seul. Elle avait besoin de compagnie, et la main tendue de Danatael avait été le dernier coup de bélier face au mur de sa mélancolie. Le chant, l'escalade, la compagnie. Le vent dans ses cheveux et l'esprit vide. Ce qu'il lui fallait. Elle ferma les yeux un instant, frissonna à cause du vent qui la rafraîchissait, et demanda son secret au marchombre à ses côtés.

L’entraînement, bien sûr. Elle le savait, mais avait besoin de se le faire dire de temps en temps. Se créer un chemin parce qu’on ne voit pas qu’il existe déjà. C’était bien un truc de marchombre, ça. Si eux parvenaient à se repérer, ce n’était pas pour ça que les autres y arrivaient. Se créer un chemin en pavant la route n’était-il pas plus prudent que de prendre un raccourci à travers les bois, simplement parce qu’on pouvait prendre cette voie ? Elle préférait construire son chemin, et tant pis si elle perdait du temps.
Mais ici, cela ne s’appliquait qu’à l’escalade, n’est-ce pas ? C’est ce qu’elle se força à penser.

Elle rouvrit les yeux pour poser son regard noisette sur l’homme qui avait cessé de parler. Elle n’avait rien à dire et attendit simplement qu’il continue. Et la suite lui confirma qu’en effet, il ne s’agissait que d’escalade. Elle arrivait très bien à dissocier des conseils d’escalade de conseil sur la vie, de toute façon. Mais elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire par « voir les chemins », à vrai dire. Devait-on le reconnaître avant même l’ascension ? Mais si le mur, ou l’obstacle, s’étendait à un point invisible ? Elle ne possédait pas une vision d’aigle. Enfin ... elle imaginait que ce devait aussi faire partie de l’entraînement. Voir les prises, emprunter le chemin le plus simple pour elle. Connaître son corps, ses forces et ses faiblesses. Sa vitesse.
Tout cela lui semblait tout de même assez cryptique, et elle lança un regard à Danatael, qui ne put s’empêcher de rire. Elle se demandait ce qui le faisait rire, mais sans s’en soucier plus, elle sourit. Il continua et elle l’écoutait autant qu’elle écoutait le souffle du vent.

- Je ne m’en fais pas.

Et c’était vrai. Elle aurait voulu rester là toute la soirée, à regarder le soleil se coucher, en haut de son perchoir. Rester là toute la nuit, et compter les étoiles du ciel. Regarder les derniers rayons de soleil s'éteindre pour laisser place à la nuit noire. Mais elle ne pouvait peut-être pas ; on la chercherait, pour aller manger ; on se demanderait où elle était, au couvre-feu ; et elle devrait ruser pour rentrer dans l'Académie à nouveau, une fois les portes fermées. Oh, elle connaissait les gardes maintenant, ce n'était plus tant un souci, mais elle ne voulait pas avoir à fournir d'explications.

Elle soupira. En vérité, elle ne pourrait pas rester aussi longtemps dehors, parce qu'il commençait à faire froid. Le printemps était peut-être bien avancé mais les soirées restaient fraîches. Peut-être que la Vigie n'offrait pas ce point de vue, mais au moins elle restait à l'abri du froid et des possibles intempéries. Elle soupira, s'étonnant presque que son souffle ne provoque pas le petit nuage caractéristique des journées froides. Elle continuait à balancer ses jambes dans le vide, sans aucune envie de descendre de ce mur. Elle y était mieux installée que sur la poutre du théâtre.

- Le paysage est très joli.

Ça lui rappelait un peu son enfance quand son père l'emmenait dans les hauteurs de Al-Jeit ou quand elle avait grimpé la montagne.

- Je suis sûre que tu as dû en voir de plus beaux. Les marchombres voyagent, non ? Est-ce que tu es déjà allé au sud ?

Elle avait envie d'entendre des récits de voyage, à défaut de pouvoir bouger comme elle le voulait, et comme elle n'avait pas de livre à portée de main, elle avait besoin d'un conteur.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 16 Déc 2014 - 1:27

Elle avait l’air bien plus apaisée qu’il y a quelques heures, quand il l’avait surprise en train de chanter. Un petit silence s’était installé, ce n’était pas un silence gênant, c’était simplement que les deux jeunes gens profitaient de la vue qui leur était offerte du haut du mur d’enceinte de l’académie.
 
Il contempla le paysage, tout en profitant de l’air frais qui soufflait sur son visage. Il adorait cette sensation, pouvoir respirer à plein poumons, c’était l’une de ses sensations préférées à vrai dire. C’était une sensation de pureté, de liberté, et un plaisir tellement simple que c’en était presque étonnant de s’en réjouir à chaque fois, et pourtant.
 
Danatael ramena son attention sur son amie qui regardait toujours le paysage. On pouvait lire une sorte de dilemme sur son visage et soupira même, comme si elle était un peu contrariée mais elle dit simplement :
 
- Le paysage est très joli.
 
Elle est contrariée parce qu’elle ne veut pas bouger. Danatael répondit a Enelyë par un sourire chaleureux puis opina du chef, après quelques secondes, il ajouta :
 
- C’est vrai, c’est magnifique.
 
Puis Enelyë lui demanda d’un coup quelque chose à laquelle il ne s’attendait pas, elle voulait qu’il lui raconte ses voyages, les paysages qu’il avait pu admirer en tant que marchombre. Danatael prit un temps pour se remémorer toutes les merveilles qu’il avait pu voir, puis commença à raconter son histoire :
 
« Avec mon maître, j’ai passé 3 ans à voyager dans le Gwendalavir, j’ai pu y voir des spectacles magngifiques, tellement beaux qu’on ne peut que les contempler, et on en oublie presque de respirer. Pourtant je n’ai même pas vu la moitié des beautés de ce qu’offre notre monde ! J’ai vu la citadelle des Frontaliers, j’ai escaladé la chaîne du Poll juste au nord, de là j’ai pu voir une très grande partie du Sud du Gwendalavir, et pourtant je savais que je ne voyais rien. Quand j’ai grimpé sur cette montagne, c’est là que j’ai décidé d’aller voir chaque parcelle de terre que l’on peut voir sur la carte.
 
J’ai longé le Pollimage jusqu’au lac Chen, où j’ai vu pour la première fois une grande étendue d’eau. Le lac Chen est tellement grand que j’ai cru qu’on l’avait raté et qu’on était déjà arrivé tout au sud, face au grand océan du Sud !
Juste à coté j’ai pu explorer la Forêt Ombreuse. Les forêts, c’est vraiment magnifique, la vie est toujours en mouvement dans tous les sens, il suffit de s’asseoir un peu en hauteur sur une branche et d’observer tous les animaux en mouvement pour sentir qu’on fait partie d’un tout.
 
La plus belle construction humaine qu’il m’ait été donné de voir est la ville d’Al-Jeit ainsi que l’Arche. Un immense pont de cristal éternel, qui enjambe le Pollimage, on pourrait presque le regarder pendant des heures sans se lasser ….
 
J’ai pu aussi voir le Désert des Murmures, une grande étendue de sable comme je n’en avais jamais vue auparavant. Mais le moment le plus beau dans le désert est le moment où le soleil se couche, car à ce moment là, sa lumière se reflète dans le sable et lui donne une couleur orangée des plus magnifiques ….. Tu sais il y a tellement de choses à voir. Peut-être qu’un jour je pourrais t’emmener découvrir tout ça ? »
 

Il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait proposé ça. En fait, il ne réfléchissait plus vraiment, emporté par le récit des paysages qu’il avait vu.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mer 17 Déc 2014 - 0:26

Enelyë lui demanda de raconter ses voyages. Ça lui était venu comme ça, une envie. Elle ne pouvait pas bouger en ce moment, enchaînée comme elle l'était à son destin. Si elle se sauvait, on risquait de la tuer. Elle ne voulait pas ça ; malgré tout, elle tenait un minimum à sa vie. Elle ferma les yeux, écoutant simplement la voix de Danatael qui la transportait loin de l'Académie où elle avait passé ces dernières années.

Leur voyage commençait par la Citadelle des Frontaliers. Si elle n'avait jamais eu la chance de la voir « en vrai », elle en avait déjà vu de nombreuses représentations, que ce soit en dessin dans des livres ou en maquette sur les marchés à Al-Jeit. Elle savait qu'il y avait des Frontaliers dans l'école - il lui semblait d'ailleurs que Dylan en était une - mais ils ne parlaient jamais vraiment de la Citadelle. Enelyë ne pouvait donc qu'imaginer l'atmosphère à l'intérieur de ce lieu. Elle devait être beaucoup plus stricte et ... « guerrière » que celle de l'école. Mais elle ne prit pas plus le temps de s'y intéresser car déjà ils partaient escalader la chaîne du Poll. Ça, par contre, elle connaissait. Elle n'était certes pas montée dans les plus grandes hauteurs, mais elle avait subi la morsure du froid, les engelures sur ses doigts lors de l'Avant-Passage. Elle avait pu apprécier le premier moment de plénitude qu'elle avait connu lorsque Varsgorn l'avait emmené grimper ; une fois au sommet, elle avait pu observer tout ce qui s'étendait en dessous d'elle. Et c'était la Montagne qui l'avait décidé à voyager ; à voir de plus près ce qu'il voyait de loin.

Longer le Pollimage jusqu'au lac Chen. Elle sourit, puis réalisa qu'il n'avait pas longé la même section de la rivière qu'elle. Si elle voulait suivre le fil du voyage, elle devait en revenir à la chaîne du Poll ; il avait donc longé le Pollimage des montagnes au lac Chen, et non d'Al-Jeit à ce même lac. Elle ne put s'empêcher de pouffer un peu en l'entendant dire qu'il avait cru avoir raté le Lac. Cela dit, elle-même avait cru cela la première fois que son père l'y avait emmenée ; elle était sûre que son père avait pris la mauvaise direction, mauvais comme il était en orientation. Après tout, avec les Navigateurs, les milliards de poissons multicolores, la beauté de l'eau, comment croire qu'on était au bord d'un lac et non d'un Océan ?

Elle ne s'était jamais approché d'Ombreuse en revanche. Chaque année, elle entendait des récits portant sur des personnes disparues dans cette immense forêt, ainsi que sur les monstres l'habitant, et elle ne voulait surtout pas entrer en contact avec eux. Même si Danatael semblait s'y être senti bien, Enelyë savait que la forêt n'était pas son élément naturel, à elle. Elle reconnaissait cependant qu'elle aimait être entourée par les arbres, tant qu'elle pouvait encore voir la lumière transpercer les feuillages. Et elle avait toujours aimer grimper aux arbres, même si cela contrariait beaucoup son père.

Il parla ensuite d'Al-Jeit, et toutes les beautés de la ville lui revinrent en mémoire. Même si elle n'avait pas souvent accompagné souvent son père en ville lorsqu'ils habitaient en périphérie, et que ses souvenirs d'enfance étaient un peu effacés, elle y était retournée quelques fois et ses souvenirs plus vivaces lui permettaient de savourer les différents charmes de la cité. Même si ce n'était jamais pareil que de les avoir face à soi. Les joyaux dont semblaient être faite la ville, ces milles nuances de lumières, ces éclats ... Que ce devait être beau, d'y apercevoir des couchers de soleil. Et l'Arche ... on pouvait réellement la regarder des heures sans se lasser, elle en était la preuve. Ses couleurs changeaient sans cesse, sa présence dans l'Imagination était si majestueuse ... Un concentré de magnificence et de puissance.

Elle se laissa guider dans le désert, ses mains empoignant mentalement le sable qui glissait entre ses doigts. Elle essaya d’imaginer l’orangé que le soleil donnait au sable, mais lorsque Danatael lui dit qu’un jour il l’emmènerait voir ça, elle ouvrit soudain les yeux, ses pensées s’effaçant presque instantanément. Mais il ne la regardait pas, et elle se dit qu’il avait simplement laissé échapper ça comme ça, et elle reporta son regard sur le ciel rose. Elle sourit dans le vague.

- Pourquoi pas. Tout ça semble si merveilleux, j’aimerais bien le voir de mes propres yeux, déclara-t-elle, mettant de côté les souvenirs des choses qu’elle avait déjà vues. Je n’ai jamais vraiment voyagé, je pense que c’est quelque chose à faire, tant que je le peux encore.

Ce ne serait pas quand elle aurait des responsabilités que cela risquait d’être possible pour elle. Tant qu’elle n’en avait pas, elle se sentait désoeuvrée, mais dès qu’elle avait des obligations, elle s’investissait et cela lui prenait tout son temps.

- Comment était ton maître ? J’imagine que ça doit être autre chose que les professeurs qu’on a à l’Académie. Je suis sûre que les marchombres sont moins ennuyants, dit-elle en riant. Non, ce n’est pas vrai, les professeurs ici ne sont pas si ennuyants. Ils sont même plutôt gentils et compréhensifs, pour la plupart.

Elle-même n’avait jamais eu qu’une mauvaise expérience avec Ciléa, après tout, et ce n’était même pas vraiment de sa faute. Elle avait été mise en garde. Et elle devait reconnaître qu’elle aurait peut-être dû l’écouter, à ce moment-là. Réfléchir avant de prendre sa décision. Enfin, ce qui était fait était fait et elle ne pouvait plus rien y changer, même si l’envie de reprendre son nom de naissance la démangeait de plus en plus. Elle n’avait rien à faire chez les nobles. Elle aurait dû rester avec les roturiers, et parcourir le monde sans s’occuper du reste. Mais elle était trop fragile, et elle avait attrapé la main de son père adoptif dès qu’elle avait été tendue. Elle soupira, toute à ses pensées.

- Il va juste falloir attendre qu’un événement soit passé avant que je ne puisse partir, murmura-t-elle, reportant son regard sur l’horizon, légèrement songeuse.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Dim 11 Jan 2015 - 3:52

Il ne s’attendait pas à ce qu’Enelyë accepte sa proposition. Mais après tout, il pensait vraiment ce qu’il disait, et il avait toujours été du genre impulsif de toute façon. Et puis, il savait qu’il ne pourrait pas rester indéfiniment sur place. C’était impossible pour lui, il était bien trop curieux pour ça ! Et puis, comment pouvait-on dépasser des limites et des frontières si on restait toujours au même endroit ? Il repartirait en voyage, c’était certain. Pourquoi ne pas emmener quelqu’un avec lui à ce moment là ? Ce serait un échange, et c’était toujours agréable d’avoir une compagnie.
 
Mais en même temps, avoir quelqu’un avec lui l’empêchait d’être vraiment impulsif, il ne pouvait pas planter une personne comme ça sur place. C’était une sorte d’entrave à son indépendance. Mais en même temps il aurait d’infinies occasions de revenir voir tout ce qu’il avait envie de visiter à nouveau … Et puis …
 
Mais la voix d’Enelyë interrompit ses pensées, elle voulait sûrement en savoir un peu plus sur lui puisqu’elle lui demandait de parler de son maître.
 
- Mon maître était une femme. Elle s’appelait Adriane, commença Danatael. Je n’étais qu’un vagabond, mais je devais déjà avoir quelques capacités car c’est elle qui est venue me voir et m’a proposé de devenir son élève, après m’avoir vu poursuivre un voleur sur les toits d’Al-Poll. En ce qui concerne les trois ans que j’ai passé a sous son enseignement … C’était vraiment intense. On était toujours en mouvement, le voyage lui fournissait chaque fois plus de prétextes pour me donner des défis et des apprentissages. Avec elle, on ne s’arrêtait jamais de s’entraîner. Chaque jour, j’apprenais à connaître mon corps et mon environnement, pour pouvoir en repousser les limites. J’ai appris à voir des choses d’une manière qui ne m’aurait jamais effleuré l’esprit auparavant.
 
Au fur et à mesure qu’il parlait, les souvenirs envahissaient l’esprit de Danatael.
 
- Pendant ces trois ans, Adriane ne m’a laissé aucun répit, mais en même temps, je ne m’en suis jamais plaint, car c’était peut-être la période la plus intense de ma vie. C’est la période où j’ai appris le plus de choses, que ce soit sur moi, sur le monde, sur les choses qui sont possibles. D’ailleurs je commence à croire que très peu de choses sont impossibles, si l’on sait comment s’y prendre. Mais elle m’a aussi appris à apprendre, et à rester toujours ouvert à tout, parce qu’à tout moment on peut apprendre de nouvelles choses et améliorer sa propre personne. Avant de la connaître je n’étais qu’un rêveur qui n’avait pas de vrai but, elle m’a transformé en l’homme que je suis maintenant : un rêveur qui dispose des outils dont il a besoin et qui connait la route qu’il doit emprunter pour atteindre son objectif !
 

Danatael s’arrêta dans son récit. Il y avait tellement de choses à dire et pourtant c’était des choses qu’il n’arriverait pas à exprimer par des mots. Cependant, il pensait avoir réussi à dire l’essentiel. A la fin de son récit, il entendit Enelyë murmurer quelque chose, cependant il la laissa s'exprimer avant de lui demander enfin :

- C'est quoi cet événement qui t'effraie tant ? demanda Danatael, très direct.


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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mer 14 Jan 2015 - 23:28

Elle avait demandé à Danatael comment était son maître. Elle savait que les marchombres avaient des liens privilégiés avec ceux qui leur enseignaient tout ce que des marchombres devaient savoir. Elle se demandait à quoi ça pouvait bien ressembler, comme enseignement. Elle avait souvent vu les apprentis rentrer courbaturés, salis par leur journée, et elle se disait que ce devait être vraiment quelque chose de très physique. Elle tourna la tête vers lui lorsqu’il commença à parler.

Alors il avait été un vagabond ? Elle se demanda s’il avait connu sa famille, s’il l’avait quitté, ou s’il avait toujours vécu seul. Elle se demanda, dans le cas où il aurait une famille, s’il avait des frères et soeurs. Elle ne le connaissait vraiment pas, mais avait l’impression, aussi, que ce n’était pas le plus important actuellement. Bref, il avait été repéré par une marchombre alors qu’il poursuivait un voleur. Ca semblait si irréel, à vrai dire. Peu de personnes couraient après les voleurs, quand les marchands criaient lorsqu’on leur dérobait quelque chose.

Et à nouveau il parlait de voyage. Il devait vraiment adorer bouger, ou plutôt il ne devait pas rester en place. Enelyë sourit. En l’écoutant, elle se rendait compte qu’il parlait d’une manière très différente de ce qu’elle pouvait entendre au quotidien. Pas tellement dans les mots, mais dans la façon et même dans le ton. Il y avait un quelque chose d’un peu indéfinissable. Elle ne chercha pas à trouver ce que c’était, le laissant continuer à parler. Un rêveur qui possédait les outils pour avancer dans la vie. Jolie métaphore.

Elle replongea dans ses pensées, puis murmura qu’il faudrait attendre avant de partir, plus pour elle-même que pour informer Danatael. Qui lui demanda ce qui l’effrayant tant.

- Ça ne m'effraie pas ! s'était-elle exclamé.

Puis elle s'était rendu compte qu'elle avait crié, sans le faire exprès. Elle regarda l'horizon, prenant un temps pour se calmer, pour faire le point sur ses sentiments. Bien sûr qu'elle avait peur, mais pas du mariage en lui-même. Mais de toutes les personnes qui les manipulaient, qui régissaient ce petit jeu, qui tiraient leurs fils de marionnettes vivantes.

- Je vais me marier.

Elle avait dit ça, d'une traite, sans réfléchir, le regard toujours porté loin, sur le soleil rouge.

- Ce n'est pas vraiment un choix.

Pas du tout, même. Elle soupira, pensa qu'Elio n'aurait pas dû la sauver, et même qu'il aurait dû l'aider à se noyer. Garder sa tête sous l'eau.

- Il y a eu des histoires et des conséquences. Et je me suis retrouvée embarquée là-dedans, alors que j'y suis pour rien, à la base. Enfin, j'imagine que ça aurait pu être pire. J'aurais pu me retrouver mariée à quelqu'un que je ne connais pas ou que je déteste. Voire quelqu'un que je ne connais pas mais que j'aurais détesté par la suite.

Elle disait ça pour se rassurer. C'était vrai, cela dit. Au moins, elle connaissait très bien son fiancé, et elle l'aimait beaucoup ; c'était ... mieux qu'un meilleur ami. Mais les autres ne pouvaient pas comprendre la relation qu'il avait, cette relation plus forte que l'amour mais sans être, justement, de l'amour. Mais ils étaient tellement plus que des amis ... Cela dit, ça, personne n'était obligé de le comprendre, ni même de le savoir.

Elle se sentait étrangement bien, malgré tout ça, à cet instant précis. Elle leva la tête vers les étoiles, qui piquetaient le ciel, se faisaient de plus en plus nombreuses.

- J'aurais bien aimé ne pas être mêlée à tout ça ... mais ça ne m'effraie pas. Vraiment, assura-t-elle avec un sourire devant la mine dubitative de Danatael.



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MessageSujet: Re: Le Théâtre parle fort et parle haut.   Mar 11 Aoû 2015 - 22:52

Danatael écouta jusqu'au bout ce que Enelyë avait sur le cœur. Peut-être qu'elle n'était pas effrayée après tout. Pas vraiment. Elle n'était quand même pas sereine en tout cas.

- Je sais que cette phrase paraît souvent vide de sens, mais si à un moment t'as besoin de mes compétences ou de mon soutien, appelle-moi !

Un petit moment passa alors qu'ils regardaient tous les deux le paysage devant eux. Danatael décida que c'était le moment de passer à un autre sujet de conversation, mais il ne dit pas un mot. A la place, il se concentra et tenta de passer dans les spires afin d'allumer un feu. Mais comme d'habitude il ne comprenait rien à l'Imagination et il laissa vite tomber, dans un soupir de résignation.

- C'est peut-être bien l'un des seuls obstacles que je n'ai pas réussi à passer à ce jour…

Au regard qu'Enelyë posa sur lui, il savait qu'elle avait compris ce dont il parlait. Sans doute avait-elle senti sa présence dans les spires, c'était apparemment l'une des facultés des dessinateurs. Après tout la perception de toutes les choses s'accentuait avec l'exercice. Il avait bien vu l'évolution de ses propres perceptions avec son propre entraînement, non ?

- Bon, c'est quoi le truc ? Faut imaginer un briquet ? Une allumette qui craque ? Faire la danse du feu ? Faut avaler des stupéfiants pour rentrer dans les spires et on m'a jamais dit ?

Danataël était un peu agacé, mais il essayait surtout de faire de l'humour pour changer un peu le sujet vers quelque chose de plus détendu.
Enëlye lui montra alors comment faire et fit apparaître une belle flamme en un rien de temps. Après s'être fait expliquer comment il fallait faire (une énième fois) Danataël s'exécuta alors à plusieurs reprise pour n'obtenir qu'une toute petite étincelle pour son essai le plus fructueux.

- Bon, d'accord, si t'as besoin de mes compétences appelle-moi, mais compte pas trop sur ma maîtrise du dessin … finit-il par dire, un peu bougon devant ses échecs répétés.

[............ Non ........... J'suis pas en retard, c'pas vrai ........ Rolling Eyes ]


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