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 Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]

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Maître forgeron
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MessageSujet: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Dim 10 Fév 2013 - 23:07

Un grand grognement résonna dans la forge, effrayant animaux et élèves. C'était pourtant le dixième depuis le début de la matinée. Le forgeron venait d'encore s'écraser un doigt. Ça n'allait pas. Rien n'allait. Depuis qu'il s'était levé, Silind enchaînait maladresse sur maladresse. Rien que se matin, il avait fait tomber un lingot sur son pied, cassé une chaise en lâchant un marteau lors d'un ample mouvement et frappé plusieurs fois ses doigts. Et là, c'était la fois de trop. Il lâcha ses outils rageusement sur la table. Il suça son doigt endolorie et remplie un verre d'eau froide. Le colosse but et s'installa sur son bureau. Il posa négligemment son gobelet et frotta son front. Il feuilleta quelque brouillon de schéma avant de laisser tomber toute activité et se mettre à penser. Cela ne lui était jamais arrivé, raté autant de fois un coup, passé une aussi mauvaise journée. L'homme s'en doutait, il était anxieux. Anxieux, car plus tard, il avait invité quelqu'un, il allait à un rendez-vous avec Enelyë. S'appuyant contre le dossier, il croisa ses mains derrières sa tête et se remémora le moment où il avait eu le courage de lui adresser la parole.
C'était une journée d'hiver, la neige avait fondu, mais quelques plaques de verglas traitresses étaient éparpillées ici et là, tentant de résister à leur inévitable destin. L'homme se baladait, comme d'habitude, un peu dans les couloirs. Bref, il traînait tout seul, saluait les quelques personnes qu'il reconnaissait et tenait la conversation à ceux qui le désirait. Le forgeron était devenu moins effrayant pour les élèves, à force de le croiser, ils s'étaient habitués, ce n'était plus le colosse impressionnant aux yeux de démon... Il était le gentil monsieur qui marche tranquillement... C'était assez sympathique de ne plus être considéré comme un étrange personnage. Cela changeait, un peu, ça faisait plus que plaisir.
En ce jour, l'homme était plutôt guilleret, il venait de terminer une grosse commande qui allait lui rapporter un bon paquet.Il allait pouvoir s'acheter plein de nouveaux outils et d'autres objets plus utile dans la vie sentimentale. Depuis qu'il avait entamé sa petite entreprise de forge à l'Académie, ses affaires n'avaient cessé de croître... Ce qui était plutôt avantageux, surtout pour quelqu'un qui, avant, vivait sans grande richesse. Bon, il ne croulait pas non plus sur l'or, mais ses bénéfices suffisaient pour sustenter une potentielle famille qu'il n'avait pas encore.
Restant dans ses pensées, il entama un sifflotement guilleret. Qui se stoppa net. Vous aimeriez savoir pourquoi n'est-ce pas ? Et bien la réponse est juste devant vos yeux... Enfin, plutôt ceux de Silind. Un cours venait juste de terminer et un groupuscule d'élèves venait d'en sortir. Et qui faisait partie de cette classe ? Je vous le donne en mille : Enelyë, toujours entourée de ses amies. D'ailleurs, pourquoi les filles se devaient d'être en groupe ? Elles ne se doutaient pas que cela refroidissait la plupart des hommes et que souvent c'était uniquement les gros lourds qui avaient assez de courage - ou pas assez d'intelligence - pour les accoster. Timide comme il était, le forgeron se contentait de l'observer, parfois lui adresser un signe maladroit - souvent reçu par des petits rires -. Il maudissait cette manie de ne pas savoir oser. Pourtant, il mesurait deux mètres de haut et sa musculature n'était pas la juste pour faire jolie. Pourquoi fallait-il qu'il se sente gêné quand il prenait là parole alors qu'il avait la carrure pour se faire entendre ? Mais à chaque fois il ralentissait au niveau de ce groupuscule féminin, manquait de s'arrêter pour repartir aussitôt. Parfois, il entendait quelque piaffement mais rien de bien grave. Toujours il se disait *la prochaine fois, la prochaine fois, je lui demanderais* mais cela n'arrivait jamais.
C'en était assez ! Ce jour-là, c'était le grand jour !Prenant son courage à deux mains, se répétant que sa carrure imposait et que personne n'oserait l'interrompre, il s'engagea d'un pas fier et conquérant, la tête haute, vers le groupe d'hormones féminine. Mais il eut le malheur de baisser la tête, remarquant tout ses yeux braqués sur lui, le colosse sentit son mur de courage s'écrouler comme du sucre. Le silence totale, les filles le regardaient avec un sourire figé, les autres élèves n'osaient pas parler ou rire de peur de mettre le forgeron en colère. C'est alors que d'une voix chevrotante, il se lança :


-Euhm... Enelyë ? Hum... Je... Je peus vous voir en privé ?

Le temps se suspendu, l'anxiété du colosse était telle qu'il sentait son coeur sortir de sa poitrine. Bien heureusement, elle accepta. Silind sortit d'une sorte de transe, sentit le rouge monté aux joues et les petits rires pouffant des demoiselles vouloir sortir de la gorge. Il entraîna la demoiselle dans un coin plus calme du couloir et s'élança pour l'inviter :

-Euh, voilà. Je... voudrais vous inviter chez moi... ou dans... Dans une taverne pour prendre une petite boisson... Est-ce que ça ... ça vous tente ?

Silind déglutit difficilement, il sentit son corps bouillir, il avait chaud. Allait-elle répondre oui ? Ou non ? Que nenni, elle lui devait un rendez-vous, enfin c'était ce qu'ils avaient convenu la dernière fois qu'ils s'étaient vue. Finalement, le forgeron obtient l'acquiescement de la Kaelem. Soulager, il la remercia et la laissa rejoindre sa bande d'amie. Soulager d'un grand poids, l'homme s'en alla le coeur léger et l'air guilleret. Il pensait déjà à son prochain rendez-vous.
Les quelques jours le séparant de cette sortie se firent sans encombre... Pas trop de travail, le coeur remplie et la joie jusqu'au bout des lèvres. Mais tout avait disparu le jour j. Il était redevenu anxieux, s'imaginant les pires scénarios. Et si la taverne n'était pas bien et si tout tournait mal. Et si. Deux petits mots qui peuvent vous mettre la tête à l'envers.C'est pour cela que Silind s'était installé dans son siège, devant son bureau... Pour se vider l'esprit, pour pouvoir continuer son boulot et aller chercher la demoiselle aussi calme que possible.
Lorsqu'enfin arriva le milieu d'après midi, le forgeron sortie de son établissement. Propre sur lui, il portait son habituelle pantalon marron et son haut blanc. Il avait rajouté à cela un lourd manteau de fourrure, pour contrer le froid meurtrier qui sévissait ici bas. Pour une fois, l'homme avait décidé de faire exception à la règle, il était arrivé avec de l'avance. Le colosse attendait le rendez-vous avec impatience. Les gens le dévisageaient, se demandant ce que pouvait faire l'homme à être là, l'air heureux. C'est alors qu'elle apparut dans les escaliers. Silind passa ses yeux sur sa silhouette avant de lui faire un signe de la main.


-Bonjour ! Comment allez-vous ? Belle journée, n'est-ce pas ? Plus de neige, plus de verglas... Et surtout, plus d'escalier !

Il ria un peu et tendit son bras à Enelyë. Puis il entama l'explication de la suite de l'après-midi.

-Aujourd'hui, je vous invite dans une taverne que j'apprécie : "La Taverne du Dragon Vert". Je pense que vous en avez déjà entendu parler, elle est plutôt connue par les élèves de l'Académie.

Al-Poll était plutôt loin, mais à cheval et en bonne compagnie, le temps passe vite !



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Mer 20 Fév 2013 - 3:09

- Alors, c'est aujourd'hui, hein ?

Shana s'était littéralement jetée sur le lit d'Enelyë lorsqu'elle s'était réveillée au petit matin. Toute endormie, elle n'avait pas tout de suite compris. Puis ses deux neurones actifs du matin avaient fait la connexion : rendez-vous. Elle avait rougi à l'extrême, avait attrapé son oreiller et l'avait collé à son visage pour que son amie ne se moque pas d'elle. Tentative ratée, car Shana souleva allègrement le coussin, un grand sourire aux lèvres. Enelyë savait pertinemment qu'elle lui demanderait ensuite de tout lui raconter. Après tout, elle était la fille de Kaelem à qui elle parlait le plus et à qui elle racontait toute sa vie. Personne ne connaissait aussi bien qu'elle toutes ses relations à travers l'école et à travers l'Empire. Parfois, ça lui faisait même un peu peur de voir tout ce que Shana savait d'elle.

- T'inquiète pas, va, je vais m'occuper de toi, tu seras toute jolie mignonne !
- Shana, pitié, me parle pas comme si j'avais cinq ans …

Elle avait éclaté de rire et l'avait tirée du lit, en direction de la salle des eaux.

*

Tout avait commencé une semaine ou deux après sa première rencontre avec Silind. Il sortait de plus en plus, et automatiquement, elle le voyait de plus en plus. Aucune de ses amies n'avaient su clairement mettre le doigt sur ce qui avait relativement changé Enelyë, mais elles savaient qu'il y avait quelque chose. Évidemment, elles avaient tout de suite pensé à un garçon. Elles avaient passé en revue tout les garçons de Kaelem, et elles en étaient encore à ceux de Teylus lorsqu'en sortant d'un cours, elles virent le forgeron adresser un signe de la main à la Dessinatrice. Elle lui sourit et ses amies l’entraînèrent un peu plus loin. Elle ne se rendit pas tout de suite compte que tout les regards étaient braqués sur elle, une lueur de contentement dans les yeux de chacune d'elle.

- Alors c'était le forgeron ?
- De quoi vous parlez ?
- Fais l'innocente, c'est ça ! On a bien vu ton petit sourire hein.
- Oh … vous croyez que …
- Ça crève les yeux !

Elle-même ne s'en était absolument pas rendue compte. Mais maintenant qu'elle y pensait, elle devait reconnaître qu'elle ferait attention à la broche plus qu'elle ne le nécessitait, et qu'elle parlait un peu de lui, et qu'elle aimait bien le croiser dans les couloirs, et … Son visage avait dû virer au cramoisi, vu les rires soudains de ses amies. Elle avait caché ses yeux d'une main, toute timide. Et ça avait recommencé à chaque fois, jusqu'à ce qu'il décide enfin de lui demander un autre rendez-vous. Qu'elle lui accorda sans hésiter. Ses amies avaient aussitôt demandé ce qu'il en était, lui avaient concocté toute une stratégie (« Une stratégie pour quoi ? » avait-elle demandé. Elle avait reçu en réponse des regards pleins de sous-entendus qu'elle ne comprit pas.) et lui avaient promis de s'occuper d'elle le jour J.

*

Et la voilà aux mains de Shana, qui s'occupait de ses cheveux après qu'elle ait pris son bain. Elle souriait, parlant de banalités avec son amie. Elles avaient testés toutes sortes de coiffures, des plus banales aux plus étranges, celles qui faisaient se demander à Enelyë où est-ce qu'elle pouvait bien trouver ça. Enelyë opta finalement pour une simple tresse sur le côté. C'était juste un rendez-vous, pas une soirée de nobles ! Shana l'avait taquiné, lui disant qu'elle n'avait sûrement pas encore l'expérience nécessaire pour parler de « soirée de nobles ». Elle lui renvoya le dîner du Seigneur Hil'Muran dans le visage, et elle se tut.
Une fois coiffée, il fallut choisir la tenue. Et pour cette tâche, une seule solution : aller voir Loeva. Après tout, c'était elle la fille la plus jolie de l'Académie, et on disait qu'elle avait un goût indiscutable au niveau vestimentaire. Elle lui avait déniché une jolie robe qu'elle pouvait accorder sans problème à sa grande cape rouge qu'elle affectionnait tant. Elle avait été à deux doigts de lui sauter au cou, avant de se rappeler qu'officiellement, elles étaient rivales. Enelyë s'était alors contenté de remercier Loeva très chaleureusement ; elle avait aussitôt compris qu'elle avait un rendez-vous.

*

Elle avait passé le reste de la journée cloîtrée au dortoir ; séquestrée, même. Shana lui avait interdit de sortir pour qu'elle ne puisse pas voir d'autres garçons. Elle avait répliqué qu'elle n'allait pas se marier aujourd'hui mais Shana n'avait rien voulu entendre. Alors elle s'était contenté d'attendre, en imaginant des tas de scénarios. La plupart lui faisant un peu peur. Elle n'était pas sûre d'être à la hauteur. Mais au moment où elle se dit que peut-être, finalement, qu'elle y aille comme ça, ce n'était pas une bonne idée, Shana vint la chercher. Enelyë lui faussa aussitôt compagnie, courant presque dans les escaliers – et j'insiste sur le presque ; elle n'avait aucune envie de trébucher maintenant. Elle se calma en arrivant au dernier à descendre, et le fit un peu moins rapidement. Elle offrit un grand sourire à Silind.

- Je vais très bien, et vous ? Et oui, c'est le printemps maintenant … Le temps va enfin se réchauffer !

Elle s'accrocha au bras que lui tendait Silind et tandis qu'ils sortaient, elle l'écoutait raconter la suite de la journée.

- Oui, j'en ai déjà entendu parler, je m'y suis rendue une ou deux fois, aussi.

Plutôt cinq ou six fois, même. Ce n'était rien par rapport aux autres élèves, certes. Mais les heures auxquelles elle s'y était rendue n'étaient sans doute pas des plus normales. Elle avait prit l'habitude de sortir la nuit, maintenant qu'Elio n'était plus là et que de toute façon rien ne la retenait vraiment à l'Académie. Elle sortait alors avec ses amis – pour éviter de se faire agresser, ça aurait été stupide – et ils passaient des nuits entières à boire (un peu) et à discuter (beaucoup).

- Je ne sais pas monter à cheval.

Elle avait cru bon de le préciser lorsqu'elle se rendit compte qu'ils se dirigeaient vers les écuries. Encore la dernière fois, elle avait dû monter derrière Varsgorn. Elle avait bien demandé à Clarysse Vornang de lui apprendre, mais elle venait si irrégulièrement que cela ne lui servait pas à grand-chose. Elle songea à y aller plus souvent, histoire de ne pas perdre les rares bases qu'elle gagnait.

- Euh, du coup, on fait comment ?

Elle ne savait pas trop si elle pouvait monter avec Silind : elle avait beau être légère, il fallait dire ce qui était, Silind avait une carrure de forgeron, et les muscles, ça pèse lourd. A moins qu'il ne possède un cheval puissant, elle allait devoir en prendre un autre. Alors elle attendit sa réponse, un peu intimidée.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Mer 20 Mar 2013 - 18:14

En tant que narrateur, je souhaiterais commencer ce texte par une petite phrase qui résumerait plutôt bien l'état actuel du personnage Silind Frandrich - Dont je narre l'histoire avec un certain brio, n'est-ce pas ? - ''Y'a d'la joie''. Car, sans trop m'avancer, je crains que le forgeron était guilleret au point de presque sautiller en sifflotant un doux petit air de musique. Le rendez-vous, jusque là, se passait à merveille - oserais-je ajouter que cela faisait juste quelques minutes que le colosse se baladait avec Enelyë -. Ils s'approchaient doucement de l'écurie, fier bâtiment où les beaux chevaux de l'Académie étaient logés. Mais - Oui, parce qu'il faut toujours un mais - la Kaelem lui annonça ce qui était le premier défaut à son plan parfait.

-Je ne sais pas monter à cheval.

La confiance en lui du forgeron en pris un coup. L'anxiété commença à poindre le bout de son nez. Mentalement, le colosse se calma. La Dessinatrice brisa le silence en demandant ce qu'ils allaient faire. Bon, déjà la rassurer :

-Ah, eh bien, on va faire avec, vous inquiétez pas !

Ensuite, trouver une solution. A vrai dire, ce ne fut pas très compliqué, le plus simple était qu'elle monte avec lui. Après, cela allait fortement faire rougir Silind mais il supporterait cette douce épreuve. Surtout que ça lui permettait d'avoir Enelyë très proche de lui. D'un ton plus ou moins serein, il lui annonça :

-Du coup, vous allez monter avec moi. Mon cheval saura nous porter tous les deux. Rester là, je vais le chercher.

Il laissa la jeune femme devant les portes de l'écurie pendant quelque seconde. Lorsqu'il en ressortie, c'était accompagné d'un équidé plutôt impressionnant. C'était un cheval de trait, un brabançon. Il était assez grand pour sa race, ses muscles étaient puissants et semblaient pouvoir porter des charges lourdes. Il avait une jolie robe bai jusqu'aux genoux. A partir de là, de longs poils, du même noir que sa crinière et sa queue, descendaient jusqu'au sabot.

-Voici Braise. Un bon cheval, assez affectueux je dois dire. Il n'est pas très fougueux, mais reste endurant et costaud. Approchez, il est vraiment très gentil.

Laissant Enelyë faire connaissance avec l'animal, l'homme alla chercher la selle et revint, chargé du siège de cuire. Tout en harnachant son équidé, il discuta avec la Dessinatrice :

-Par contre, vous allez devoir grimper en amazone... Pour ne pas froisser votre robe.

Il sangla le torse du cheval et continua de parler pendant qu'il stabilisait la selle.

-Euhm, vous voyez ce qu'est monter en amazone ? Il faut juste mettre les deux jambes du même côté... Je vous montrerais au pire.

Soudainement, il eut la vision de la Kaelem derrière lui, en amazone, tomber alors que le cheval marchait. L'homme chercha alors une solution, qu'il trouva plutôt rapidement...

-Par contre, pour éviter de tomber, vous passerez devant... Comme ça je pourrais vous retenir avec mes bras... Pendant que je conduis.

Enfin, il termina de positionner le siège, passa les rênes et se retourna vers la demoiselle. Un brin timide, l'homme se mit à genoux et tendit les mains.

-Je vais vous aider à grimper, si cela ne vous dérange pas...

Silind rougis, car la courte échelle signifiait être vraiment proche des jambes d'Enelyë... Ne se laissant pas déstabilisé par ses sentiments, il tenta de garder son sérieux tandis qu'elle montait sur Braise.

-Voilà, les jambes comme ça, parfait. Bon, je monte.

Le colosse plaça un pied dans l'étrier, poussa et s'installa avec toute la grâce que sa carrure lui permettait. Le cheval ne bougea pas d'un pouce, comme s'il n'avait aucun poids sur le dos. Lorsque le forgeron fut confortablement assis, il lança l'animal au pas. Doucement il sortit de l'Académie, testant un peu leur équilibre, puis la porte extérieur passée, il lança le cheval dans un léger trot. La route défila sous les sabots de Braise. Les secousses légères secouait tout doucement le couple. Silind sentait l'épaule de la dessinatrice lui caresser le torse, sans le faire exprès. La chaleur lui monta aux joues, tentant au mieux de garder son sérieux, il décida de garder un oeil sur la route. Le forgeron n'avait absolument pas envie qu'un nid-de-poule dans la descente ne les envoie sur le sol. Le soucis c'est que le silence s'installait petit à petit et cela devenait presque... Dérangeant. Trouver un sujet de conversation... Vite. Hmm.

-Vous n'avez jamais été intéressé d'apprendre à monter à cheval ? Je... Je croyais que les nobles savaient tous monter à cheval et comme vous êtes une Ril'Enflazio, je pensais que...

Le ton était hésitant et timide, il ne savait pas s'il parlait d'un sujet sensible ou non.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Dim 31 Mar 2013 - 16:45

Elle regardait Silind, qui avait l’air un peu embarrassé par le fait qu’elle ne sache pas monter à cheval. Et oui, même Enelyë ne pouvait pas être parfaitement parfaite. Un jour, elle le serait, mais pas demain. Bref. Comme il ne répondait pas, elle crut bon de demander comment ils allaient pouvoir arranger cette situation. Ah, tout ça, c’était de sa faute. Elle pensa qu’il allait vraiment falloir qu’elle suive en cours d’équitation, au lieu d’être distraite par milles-et-une choses plus intéressantes sur le moment. Mais, ça allait aller, elle monterait avec lui, et puis voilà. Elle lui sourit ; c’était une bonne idée, et de toute façon, ils n’avaient pas vraiment beaucoup d’autres choix. A moins qu’il ne lui fasse un cours de guidage de cheval express, et encore, c’était même pas sûr qu’Enelyë retienne tout bien comme il fallait. Enfin bref. Silind alla chercher le cheval.

La bête, quoi. Parce que vu la taille de l’animal … Bon, d’un autre côté, ça semblait passablement logique au vu du physique de Silind. Mais le cheval était énorme, et elle se sentait presque écrasée par sa taille. Elle connaissait des personnes qui avaient peur des chevaux, et elle n’avait aucun doute face à ce qu’ils auraient fait à sa place : s’enfuir en courant. Mais elle, elle resta calme et s’approcha doucement du cheval, après avoir été rassurée quant au caractère de l’équidé. Les animaux, il ne faut pas les brusquer. Elle leva la main pour le caresser, prudente tout de même – les morsures, ça arrivent vite, quand on ne fait pas attention. D’habitude, quand elle venait voir les chevaux, elle avait toujours des trucs à leur donner à manger. Mais là, elle n’avait clairement rien. Une prochaine fois, promit-elle à l’animal.

Lorsque le forgeron lui parla, elle tourna sa tête vers lui. Il était en train de s’occuper de la selle. Monter en amazone … Oui, elle voyait ce que c’était. Elle hocha la tête mais il ne dut pas le voir car il lui expliqua. Elle essaya de ne pas rire lorsqu’il lui proposa de lui montrer, parce qu’elle venait d’avoir une vision de Silind en amazone sur le cheval et que c’était assez drôle. Alors elle se contenta de dire « Non c’est bon ça ira » en souriant juste. Elle resta perplexe un moment, lorsqu’il lui dit qu’elle serait devant.

- D’habitude je suis toujours derrière.

Mais bon, ça la dérangeait pas elle, du moment qu’elle avait une place. Et puis, si c’était pour éviter de tomber, c’était toujours mieux. Il l’aida à monter, avant de monter à son tour. Elle n’avait pas tout de suite réalisé que, pour qu’il puisse tenir les rênes, il devrait l’entourer de ses bras. C’était terriblement embarrassant, comme situation. Mais ça ne lui déplaisait pas. Au contraire. Elle souriait, un peu, jetant des regards de côté à Silind. Puis elle tournait la tête, en rougissant. Elle n’osait pas parler, sauf que le silence devenait un peu pesant. Elle hésita, ouvrit la bouche, mais il parla avant elle. Il parla de noblesse et de Ril’Enflazio.

- Oh, non, c’est … Enfin, je ne suis pas une Ril’Enflazio.

Elle leva une main pour replacer une mèche ; un petit sursaut du cheval avait dérangé. Elle fut un peu déséquilibrée mais se rattrapa au bras de Silind. Elle lui offrit un sourire gêné. Peut-être qu’elle devait s’expliquer.

- Désolée. Donc, je disais. En fait, Varsgorn Ril’Enflazio m’a adopté. C’est un peu long, comme histoire, mais c’est comme ça. Je suis une roturière, en fait. Elle sourit. Ça lui semblait tellement lointain … Mes parents sont morts. Je n’ai jamais connu ma mère, et mon père est mort il n’y a pas très longtemps … Avant l’Académie, je n’ai jamais connu grand-chose et je n’ai jamais appris à monter à cheval. Et maintenant … je dois dire que ce n’est pas mon principal intérêt.

Elle soupira. Elle n’aimait pas vraiment parler de ses parents. C’était un sujet un peu douloureux, pour elle ; pas tellement le sujet en lui-même, mais le manque que tout cela impliquait.

- Et vous, votre famille ? Comment était-elle ? Est-ce que vous avez appris beaucoup de choses avec eux ?

Changer de sujet. C’était encore ce qu’elle savait faire le mieux. Et puis, ça comblerait le silence.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Mar 2 Avr 2013 - 1:12

Silind fut amusé en remarquant que la Dessinatrice était aussi intimidée que lui. Ses joues rouges attestaient de la situation plutôt gênante. Cette atmosphère devint encore plus pesante suite à sa question. Il avait apparemment touché un point sensible. La famille était toujours quelque chose qu'il fallait aborder avec des pincettes. Donc elle avait été adoptée par le trésorier de l'Académie... Ceci expliquait cela. Il acquiesça lorsqu'Enelyë lui expliqua son non-intérêt pour l'équitation. Il faut dire que ce n'est pas non plus très important pour les voyageurs des Spires. Quand on peut faire un Pas-sur-le-côté, voyager à cheval devint très surfait. Le forgeron se demanda si la jeune femme qui l'accompagnait savait faire ce genre de dessin.
Il se concentra un instant sur le chemin qui devenait un peu plus cahoteux, le colosse contrôla Braise d'un coup de rênes pour qu'il passe sur une partie plus praticable de la route. Enfin, il revint vers la discussion. Ah, sa famille... Bonne question, pas réellement facile. Sa famille... Le colosse racla sa gorge et constitua sa réponse :


-Euhm... En fait les seules souvenirs de mes parents biologiques m'ont été racontés... C'était une famille qui tenait une grande ferme et ils faisaient toujours attention aux apparences... Du coup, ils n'ont pas vraiment aimé la belle couleur de mes yeux. Quelques jours après ma naissance ils m'ont laissé dans la forêt, espérant que les animaux me mangent surement.

Il déglutit un peu, cela ne lui revenait dans sa mémoire que de la bouche de sa véritable mère. Il continua :

-C'est alors que Ranva Frandrich, ma mère d'adoption, m'a trouvé. Elle cherchait un rougoyeur pour son travail. Oui en fait, elle est sculptrice de rougoyeur. Elle me dit souvent que lorsqu'elle ma trouvé ce fut mes yeux qui l'ont séduit. Enfin quelque chose de différent, disait-elle.

Silind sourit en se souvenant des paroles de la sculptrice.

-C'est elle qui m'a donné l'envie de devenir quelqu'un. J'ai toujours été fasciné par le feu, du coup elle m'a présenté à un de ses amis, qui est devenu mon maître forgeron. Ce fut de magnifiques années de ma vie.

Le colosse eut une légère larme qui lui coula sur la joue et doucement mouilla ses lèvres. Il n'avait pas envie d'embêter Enelyë avec sa vie, mais voulait continuer, après tout cet homme qui lui avait appris ce qu'il savait faisait partie de sa famille.

-Il s'appelait Perceval Brian, euhm...Wulfric, hum...

Le forgeron semblait réfléchir au nom complet et complexe de son ancien maître.

-Ah oui, Albus Dorebledum. Ses amis l'appelaient Persy Dorebledum. C'était un grand homme, il m'a accepté si facilement, a contrario de ses clients qui me regardaient d'un mauvais oeil. C'était assez impressionnant de voir l'animosité des villageois envers moi. Leur rejet de toutes différences.

L'homme grogna, Braise venait de légèrement trébuché et s'était rattrapé très rapidement. Cela avait créé une petite turbulence qui écrasa doucement son torse contre le corps d'Enelyë. Le colosse se releva le plus rapidement possible, histoire de ne pas être trop pesant et de ne pas faire mal à la Dessinatrice.

-Hm, désolé. Je me suis emporté et je n'ai pas regardé la route, heureusement que Braise est là pour ça !

Silind rigola doucement, espérant que la discussion un peu morne allait disparaître derrière cette petite blague. Heureusement, la ville d'Al-Poll se profilait au loin et il ne restait que quelques minutes avant d'atteindre la porte. Le forgeron accéléra la cadence de son cheval pour enfin arriver à l'auberge. Ils arrivèrent devant la métropole silencieusement. L'homme entra et descendit de braise, par la suite, il aida la jeune femme à descendre en lui tendant sa main. Lorsqu'elle fut enfin sur le sol, le forgeron se racla la gorge et tenta de ravivé la conversation :

-Bien, la taverne est un peu plus loin sur la droite. Je me demandais, vous aimez quoi comme boisson ?

Rougissant un peu, considérant sa question bizarre, il tenta de justifier aussi rapidement que possible sa demande.

-Pas forcément de l'alcool, mais comme on allait dans une auberge, je me demandait juste ce que vous voudriez prendre... Enfin vous voyez non ?

L'homme était un peu gêné, il se trouvait assez ridicule, surtout que cela n'avait aucune importance, c'était une question stupide qui lui était passé par la tête. Ils tournèrent à droite, au loin Silind aperçu l'enseigne montrant un Dragon teint en vert tenant une choppe à la main. Ils allaient bientôt arriver, oui, bientôt.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Sam 6 Avr 2013 - 20:35

Enelyë jouait avec sa tresse en écoutant Silind. Elle essayait de se souvenir de la dernière fois où elle s’était coupé les cheveux. Cela faisait presque trois ans qu’elle était à l’Académie, et elle ne les avait pas raccourcis une seule fois depuis qu’elle était arrivée. Elle lâcha finalement sa natte, qui vient doucement glisser entre son épaule et le torse du forgeron. Elle aurait voulu le regarder lorsqu’il parlait, mais son regard était toujours attiré par la route devant eux. Les cahots de la route y étaient sans doute pour quelque chose. Lorsque les secousses se firent moins violentes, elle put enfin se calmer et lever la tête vers Silind qui achevait de raconter son histoire. Elle allait répondre quelque chose, mais un nouveau soubresaut l’en empêcha. Elle se retrouva à demi-écrasée sous Silind, qui se releva heureusement bien rapidement, avec une petite phrase qui fit sourire Enelyë. Elle ne revint pas sur le sujet précédent.

Ils arrivèrent finalement dans Al-Poll, et Enelyë savait que la taverne était toute proche. Le cheval accéléra l’allure, et ils furent arrivés. Silind descendit le premier, avant de proposer sa main à la dessinatrice pour l’aider. Si il n’avait pas été là, elle n’aurait sans doute pas voulu descendre. Mais à la réflexion, elle n’en aurait sans doute pas eu besoin, puisqu’elle n’aurait pas réussi à monter. Elle finit par descendre, en se raccrochant à la fois au cheval et à Silind. Elle les lâcha enfin pour franchir les derniers centimètres qui la séparaient du sol. Le forgeron lui demanda alors ce qu’elle aimait comme boisson. Elle commença à réfléchir, mais il continua à parler, comme s’il cherchait à se justifier. Cela n’eut pour effet que de la faire sourire. Elle trouvait ça amusant de le voir si hésitant, et un peu attendrissant.

- Je comprends tout à fait. Je vais prendre …

Elle avait envie de gâteaux et de lait de siffleur. Ça lui paraissait terriblement enfantin. Elle mordilla nerveusement sa lèvre. Une goutte de pluie tomba sur sa joue, et elle l’essuya rapidement. Elle attrapa la main du forgeron et le força à se dépêcher.

- Il pleut, dépêchons-nous. Je verrai bien une fois à l’intérieur.

La pluie en effet se mit à tomber assez vite, alors que la porte était encore à quelques mètres. Les gouttes s’écrasaient sur les pavés, laissant des traces sombres sur le gris clair. Elle ouvrit la porte et s’engouffra à l’intérieur de la taverne. Il faisait chaud, ce qui contrastait avec le froid de l’extérieur. Elle sourit au forgeron, lâcha sa main et s’avança doucement. Peu de tables étaient occupées en ce milieu d’après-midi ; en général, Le Dragon Vert était bien plus rempli en soirée. Cependant, le schéma habituel de cette taverne était représenté : les joueurs, dans un coin au fond, ceux qui vidaient les choppes plus vite que leurs ombres, ceux qui mangeaient – si tôt ? se demanda Enelyë. Ou si tard, se reprit-elle aussitôt.
Elle sourit à Silind en se tournant vers lui, à nouveau. Elle venait de se décider.

- J’aimerais bien boire un lait de Siffleur.

Ça, au moins, ça n’avait rien de gamin. D’ailleurs, c’était même l’une des spécialités de la taverne. Comme la plupart des choses à base de siffleurs, maintenant qu’elle y pensait. Les gâteaux, elle en mangerait en retournant à l’Académie, en faisant un détour par les cuisines. Depuis qu’elle les avait sauvés un jour de pagaille dans le hall, ils lui donnaient toujours des petits trucs à manger le matin quand elle ne daignait pas se lever pour assister à l’Appel ou vers quatre heures, quand elle avait faim. Mais là n’était pas la question.

Elle salua le tavernier, et suivit le forgeron jusqu’à la table qu’ils allaient occuper. Elle se débarrassa de sa cape, plus qu’inutile dans la chaleur du Dragon Vert. Elle resta silencieuse et souriante. Alors qu’elle pouvait être rapidement très bavarde lorsqu’on lui en laissait l’occasion, elle se retrouvait ici à court de mots. Elle ne voulait pas faire un faux pas, alors que d’habitude elle n’avait pas peur de froisser les autres. Mais évidemment, la situation était bien différente de d’habitude. Elle rougit, et tenta de cacher ses rougissements en regardant tout ce qui l’entourait. Elle se décida finalement à lancer la conversation.

- Vous vous souvenez, la dernière fois, on a parlé de création.

Il devait s’en rappeler. Elle chercha quelque chose dans une poche de sa cape.

- Je ne suis pas très douée pour créer moi-même. Mais je voulais te donner quelque chose quand même.

Le tutoiement était venu tout naturellement. Cependant, alors qu’elle s’empêchait parfois de le prononcer, alors qu’elle se reprenait aussitôt après d’habitude, elle avait cette fois laissé couler. Elle n’aimait pas le vouvoiement qu’elle utilisait tous les jours, elle n’aimait pas ce soi-disant signe de respect qui en réalité ne faisait qu’appuyer un faux égard à l’autre et éloignait plus souvent qu’il ne rapprochait. Elle n’était pas hypocrite. Elle posa sa main sur la table, avant de la relever en laissant sur le bois un petit paquet. Ce n’était pas un cadeau extraordinaire, et elle ne savait pas ce qu’il aimait mais elle espérait que ce cadeau lui ferait plaisir, comme le mouton qu’il lui avait forgé lui avait plaisir.

- Pour te remercier.

Elle avait trouvé cette pierre rouge sur le marché. Elle trouvait tout dans la rue marchande quand les Itinérants étaient là. Elle avait aussitôt pensé à lui, et l’avait prise sans hésiter. Elle savait que les forgerons utilisaient parfois des pierres dans leurs travaux. Et elle n’avait pas voulu laisser cette pierre à un joaillier qui l’aurait sans doute découpé. Cette pierre devait rester entière. Enelyë sourit.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Lun 15 Avr 2013 - 12:47

Le temps changea brusquement, la pluie darda son nez, trollant Silind qui n'avait pas prévu son arrivée. Pourtant, il faisait encore beau quelques minutes auparavant, bon certes, le ciel était gris... Mais le forgeron n'avait pas pensé qu'il allait pleuvoir ! Jurant mentalement, il n'aimait pas ce truc qui mouille et qui était souvent froid.
Il se sentit soudainement emporté par une main qui l'avait attrapé et le forçait à se presser. L'homme fut surpris par le contact soyeux et chaud... Lui qui n'avait que deux grosses pognes complètement calleuses et affreusement rugueuses. Il apprécia donc cette douce sensation aussi longtemps que dura leurs cavalcade jusqu'au Dragon Vert.
Lorsqu'ils y entrèrent, le forgeron apprécia la chaleur de l'endroit. Cela lui rappelait sa forge, quand il ne travaillait pas dessus. L'homme respira et se sentit plus à l'aise. Ses muscles se détendait et son esprit se calmait, sa confiance en soi en fut raviver. Il posa son regard rouge plein d'assurance sur la pièce. Le bar, où se tenait le tenancier qui lavait quelque choppe, se tenait juste à côté de l'entrée. On trouvait un peu plus loin des tables patinées par l'âge, les bières et les poivrots. Le colosse remarqua aussi quelques voyageurs qui mangeaient et des joueurs au fond de la salle.
Enelyë se tourna vers lui et le prévenu de sa commande. Ciel ! L'homme n'avait pas pensé à sa propre boisson, trop occuper à tout prévoir... Qu'allait-il prendre ? Une bière était un peu trop rustique et rurale pour un rendez-vous, un lait de siffleur entamerait sérieusement sa virilité. Par la dame, que choisir... Pourquoi il n'avait pas encore inventé le menue ? Cela aurait beaucoup aidé le forgeron. En plus du choix difficile, le froid de la pluie à l'extérieur lui donnait envie d'une boisson chaude. Il avait bien une idée, mais était-elle disponible ? D'un pas plus ou moins discret, l'homme s'approcha du patron.


-Dites, vous auriez du vin chaud ?

Silind susurrait comme si sa demande était un véritable secret qu'il ne fallait pas divulguer... C'était sans compter sur le tenancier.

-Bien sûr que l'on en a, mon bon monsieur ! Fait avec amour et avec des épices fraîches achetées ce matin au marché !

Hurlant comme un commerçant vendant son poisson frais -ou pas-, l'aubergiste avait autant de discrétion qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Silind tourna légèrement au rouge. Il semblait rétrécir petit à petit. Tentant de reprendre un peu de contenance, il passa commande d'une voix forte :

-Alors, un vin chaud et un lait de siffleur, s'il vous plaît.

Polis, le tenancier lança un « tout de suite » et passa hurler la commande dans les cuisines. Le colosse se dirigea vers une table, un peu décontenancé par la scène qui venait de se passer. Il s'installa en face de la Dessinatrice et laissa s'installer un silence. Il ne savait pas quoi dire, le patron du Dragon Vert lui avait fait perdre ses moyens et cela l'avait fait oublier tout ce qu'il avait prévu, ses sujets de conversations, ses réponses toutes faites... Heureusement, ce fut Enelyë qui se lança. La jeune femme parla de la dernière fois, quand ils avaient parlé de création. Le forgeron hocha la tête, oui, il s'en souvenait -À vrai dire, il se rappelait chaque fois où ils s'étaient croisés, avaient discutés etc. -.
Par la suite, elle fouilla dans sa cape tout en continuant à parler. Silind fut étonné par le tutoiement qui était sorti de la bouche de la Dessinatrice assez facilement. C'était nouveau et assez étrange. Étant poli de nature, il avait naturellement utilisé le vous. Ce changement ne le gênait pas, mais il avait été habitué au vouvoiement, surtout qu'on lui avait toujours appris de vouvoyer les jeunes femmes avec autant de grâce et de charme. On lui avait aussi dit de ne les tutoyer seulement lorsqu'il devenait assez intime avec elle... Oh... C'était donc ça... Ils étaient donc devenus des amis très très très très très très très très proche, des intimes quoi. Silind rougit fortement et absolument pas discrètement en pensant à ça... Bon, d'accord, c'était un peu ce qu'il cherchait, mais jamais totalement intentionnellement. Bon, ok, il aimait beaucoup Enelyë. Et alors, ce n'est pas pour ça qu'il l'invitait à prendre un verre... Ah, euh... Certes, il y avait un peu... Bon d'accord, c'était carrément ça... Mais c'était pas pour ça qu'il cherchait à se faire tutoyer voyons ! Non mais vous vous croyez où ? Revenons à nos moutons, s'il vous plaît.
L'homme sortit de ses pensées en regardant le paquet que la Kaelem avait posé sur la table. Un... Un cadeau... Genre pour lui ? Genre d'intime à intime ? Silind se baffa mentalement pour se sortir cette idée de la tête. Donc un cadeau... Pour le remercier. Bégayant un merci, il attrapa délicatement le paquet et le fit tourner entre ses mains. Qu'est-ce que c'était ? Mystère. Et n'était-ce pas le principe même d'un cadeau ? D'être mystérieux ?
En tout cas, il fallait l'ouvrir pour connaître la consistance du dit cadeau. L'homme soupesa le paquet. C'était assez lourd. Avec délicatesse, il défit les fils soutenant le papier d'emballage. Il découvrit l'objet caché avec tant de soin. Une pierre, rouge et très belle. Le colosse siffla d'admiration puis la porta devant ses yeux. Son esprit de Maître Forgeron s'enclencha quasi-automatiquement. Il analysa les moindres détails. Un caillou trop gros pour avoir été taillé. Il devait tout juste être sorti de sa gangue de roc. Elle était légèrement translucide, Silind voyait un monde rouge en regardant à travers. Elle n'avait aucun défaut, aucune taille, en d'autres termes, une pierre « parfaite ». Elle devait valoir une fortune, genre vraiment très chère quoi. Ce dernier détail fit sortir le forgeron de sa transe :


-Mais, mais... Vous, euh, tu as dû dépenser une fortune pour cette pierre. C'est... C'est... C'est de la folie...

Il bégayait à cause de sa timidité, de l'étrange gêne mélanger à un certain honneur d'avoir eu ce cadeau. Il ne savait pas s'il était vraiment digne de cette pierre. Le remerciement était bien plus important que la création du mouton... Mais il se sentait honoré qu'Enelyë lui fasse un cadeau... C'était un mélange étrange de sensation qui tournoyait dans la tête du forgeron. En tous les cas, il était vraiment touché.

-Je... Il ne fallait pas... Je... C'est... Tu... C'est bien plus que ce que je t'ai offert... Je... Je ne sais pas si je peut le... Je ne peut...

L'homme se tue, il n'arrivait pas à justifier ses sentiments... Le méritait-il réellement ? Le regard de la Kaelem lui susurrait que oui. Le géant déglutit et attrapa la pierre pour encore la contempler.

-Je... Je... Merci.

Il fit rouler le morceau de roche dans ses doigts. C'était vraiment un sacré cadeau. Il devait absolument remercier d'une façon ou une autre la jeune femme pour cette pierre. Ses pensées furent coupées par l'arrivée d'une serveuse portant un plateau sur lequel devait être posée leurs commandes. Le forgeron ramassa rapidement le cadeau et l'enfouie dans sa poche. Il devait y faire attention, au-delà de son prix, elle avait gagné une valeur sentimentale pour Silind. Il ne voulait absolument pas se la faire voler. La serveuse posa leurs verres sur la table, montrant allègrement son décolleté au colosse.

-Un vin chaud et un lait de Siffleur.

Elle posa aussi une petite assiette contenant une dizaine de biscuits.

-Cadeau de la maison, des gâteaux, ça va bien avec le lait... Mais aussi avec le vin chaud.

La serveuse fit un petit clin d'oeil et s'en alla, sifflotant et dandinant aussi vulgairement que possible ses fesses. Le forgeron rougit fortement, embêter par l'attitude de la femme à son égard. Tentant toutefois de détendre l'atmosphère gênante qu'elle avait créée en une tentative de boutade :

-Et bien, mon charme nous permettra au moins de manger à l'oeil.

Trouvant sa blague dérisoire et totalement nul, l'homme baissa les yeux. Il tenta de se justifier encore une fois :

-Enfin, euhm, ce n'est pas que j'appréciais que la serveuse me drague... Enfin, je ne veux pas dire qu'elle à du charme non plus... Enfin, peut-être moins que vous, euh toi... Enfin pas peut-être mais sûrement...

Sa voix s'étranglait petit à petit dans sa gorge. Gêné, il attrapa machinalement un gâteau et le grignota aussi rapidement que sa honte augmentait.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Mer 1 Mai 2013 - 2:42

Elle avait finalement sorti son cadeau. Elle avait trouvé la pierre sur le marché, et elle avait pensé à lui. Elle se souvenait du petit sourire qu’avait eu le vendeur lorsqu’elle lui avait demandé la pierre. Il avait sous-entendu le fait que la personne à qui elle voulait l’offrir devait être quelqu’un de très proche. Elle avait rougi, il lui avait fait un prix. Elle avait quand même coûté cher, mais elle devait avouer que depuis que Varsgorn l’avait adoptée, elle ne regardait pas tant ses dépenses. Et puis, elle voulait vraiment cette pierre. Et ses remerciements, aussi bafouillants et rougissants soient-ils, lui faisaient vraiment plaisir. Elle avait fait le bon choix, finalement. Elle attendit qu’il finisse. Lorsque Silind commença à dire qu’il ne pouvait pas, elle le regarda droit dans les yeux.

- Bien sûr que si. Puis, on ne rend pas de cadeau. Ça ne se fait pas.

Son coude posé sur la table faisait que sa main venait accueillir tout naturellement son menton, et elle souriait. Il finit par la remercier, tout simplement, en prenant à nouveau la pierre. Il la regardait, la faisait rouler entre ses doigts, et Enelyë savait qu’il en prendrait soin, qu’il ne la ferait pas tailler. Et que probablement, il ne s’en servirait jamais. Cette dernière chose lui faisait à la fois plaisir mais la rendait en même temps un peu triste : cette pierre resterait seule, alors, sans pouvoir décorer quoi que ce soit. Mais elle ne serait jamais abîmée. Alors, que fallait-il faire de ce trésor ? Silind, sans doute, saurait choisir. Et tandis qu’elle réfléchissait, un peu, à la couleur de la pierre, la serveuse arriva.

Et quelle serveuse … La Dessinatrice hésita entre rire devant son allure ou la regarder d’un air méprisant. Elle choisit finalement la deuxième option lorsqu’elle déposa le plateau sur la table. Au pire, elle n’avait pas besoin de se pencher autant. Si elle avait été vraiment méprisante, elle aurait pu lui dire quelque chose du genre « Vous allez finir par avoir mal au dos, à force de vous pencher ainsi. » mais elle ne l’était pas assez. Alors elle se contentait juste de la regarder d’un air dédaigneux, attendant qu’elle daigne partir. Au moins, elle leur avait apporté des gâteaux. Son vœux s’était vu exaucé sans même qu’elle n’ait à demander quoi que ce soit. Mais elle ne savait pas si elle voulait vraiment manger ces biscuits.

Lorsqu’elle repartit, Enelyë faillit virer au cramoisi. Comment osait-elle faire ça ? C’était honteux, tout simplement honteux. Désormais, elle n’avait plus qu’une envie : boire rapidement son lait de Siffleur, prendre les gâteaux et partir d’ici aussi vite que possible. D’ailleurs, elle faillit s’étouffer dans sa boisson lorsque Silind reprit la parole. Oui, c’est ça, continue donc de faire du charme à la serveuse, tiens. Elle posa son verre sur la table, un peu plus fort qu’elle ne l’aurait voulu, avant de se saisir d’un des gâteaux.
La dessinatrice daigna à peine regarder le forgeron lorsqu’il se remit à parler. Elle dût se pencher pour comprendre ce qu’il disait et elle se redressa peu de temps après, terriblement gênée. Déjà, elle s’était trompée, beaucoup, sur ce qu’il venait de dire. Ça n’avait dû être qu’une simple plaisanterie. Et en plus, enfin … c’était vraiment mignon, mais gênant en même temps, enfin, ils ne se connaissaient pas tant que ça et voilà ! Elle rougit, mais se contenta de sourire, sans ajouter un mot. Et tâcha de se cacher derrière son verre déjà presque vide.

La taverne commençait à se remplir et le bruit devenait de plus en plus assourdissant. La pluie devait pousser les gens à entrer. Rapidement, sans même qu’elle ne s’en rende vraiment compte, les tables furent toutes occupées. Elle mangeait tranquillement les petits gâteaux, en essayant de trouver un sujet de conversation. Elle rêvassait un peu, aussi, et tandis qu’elle allait se servir un nouveau petit biscuit, sa main toucha celle de Silind, vraisemblablement lui aussi à la recherche d’un gâteau. Elle la retira en sursautant, terriblement surprise. Sa chaise fut retenue par la personne qui passait derrière elle à ce moment-là et elle s’excusa. Puis, elle tenta de calmer sa respiration et de faire en sorte que la couleur de son visage ne soit plus celle, rouge, des coquelicots. Enelyë regarda le forgeron, se sentant soudain toute honteuse et mal à l’aise.

- Euh, je … enfin, euh … Je, je … désolée. Je voulais pas … enfin, j’ai été surprise et …

Ah, ce que ça ne lui ressemblait pas, de bafouiller comme ça, de chercher ses mots ! Et pourquoi réagissait-elle ainsi alors que, quelques instants plus tôt, elle n’avait pas hésité à attraper la main de Silind lorsqu’il pleuvait ? D’ailleurs, à cette pensée, elle se mit à rougir encore un peu plus. Elle ne savait plus où se mettre, ne savait plus ce qu’elle devait faire, ou dire, ou au contraire, ne pas faire et ne pas dire. Elle venait de se perdre toute seule dans son propre esprit et c’était un labyrinthe complexe qui s’offrait à elle.

- Je … enfin, euh, tu peux le prendre, le gâteau.

Ça, par exemple, c’était une phrase qu’elle aurait pu garder pour elle.

- Enfin je veux dire que je suis désolée, je suis pas bizarre comme ça d’habitude, c’est toi, enfin non, c’est moi, je …

Elle laissa sa tête tomber sur ses bras croisés. Game over. Insert a coin. Ce qu'elle pouvait se détester quand elle agissait comme ça. Ou plutôt, justement, quand elle n'agissait pas. Mais elle ne savait plus du tout ce qu'elle était censée faire, là, tout de suite. Et espérait vraiment que Silind, lui, aurait une idée.



[Ahahahahah ça part tellement en cacahuète \o/ Enfin tout ça pour dire : édition possible Arrow]


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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Dim 12 Mai 2013 - 19:40

Et... Merde, voilà que la Dessinatrice rougissait à son tour. Sa phrase était donc si gênante que ça ? Silind était déjà très embarrassé par la situation actuel. La tête dans son verre, il se repassa ses quelques mots et sentit ses poils se dresser. Mon dieu qu'avait-il fait ? C'était comme s'il avait avoué son amour pour elle... Enfin c'était pas comme s'il était amoureux... Enfin si, il aimait beaucoup Enelyë mais... Voilà que je m'embrouille autant que le forgeron ! Vous l'aurez compris, c'était un peu le bordel... Mais en silence.
En effet, les deux jeunes gens étaient muet comme des carpes, l'une tentait vainement de se cacher derrière un verre quasiment vide, l'autre avait les yeux plongés dans un liquide rougeâtre et sombre. Cependant, un mouvement restait constant. En effet, les biscuits, gentiment offerts par la « charmante » serveuse, diminuaient à vue d'oeil. Les mains agrippaient un gâteau, le portait à leur bouche où il était grignoté sans aucun remord.
Bien évidemment, le destin avait fait en sorte qu'il n'y ait qu'un nombre impair de petits gâteaux sec dans le plat. Amusant cette coïncidence qu'y à chaque fois amenait les pires situation possible. Heureusement, là, ce ne fut que le contact de leurs mains. Enfin, c'était sensé ne pas être grave. Enelyë faillit juste tomber de sa chaise et Silind restait totalement figé, le ton rougissant, fixé sur la Kaelem. Lorsqu'elle s'excusa, le colosse se mit en mouvement. Il attrapa le dernier biscuit et le tripota quelques secondes.
Pourquoi est-ce que le touché doux de la demoiselle le mettait dans un état pareil. Était-ce parce qu'il fut fugace et furtif ? Ou tout simplement parce que c'était le cliché de tous les amoureux ? Étaient-ils amoureux ? Peut être ? Non ? Si ? Tant de questions qui se bousculait dans sa tête. Le colosse réfléchissait à ça pendant qu'Enelyë s'excusait en tentant de justifier ce qui n'était pas explicable. La voyant dans un tel embarras, l'homme se pencha sur la table.
Pendant quelques secondes, il réfléchit à ce qu'il pouvait dire ou faire pour tenter de dénouer la situation. Étrangement, il fut attiré par ce dernier biscuit. Silind le brisa en deux et tendit une partie à la Kaelem.


-On n'a qu'à partager. La faute et le biscuit et tout recommencer. Cela te tente ?

Le forgeron sourit et grignota sa part. Il avala une gorgée de son vin chaud et claqua de la langue dans un soupir de contentement. C'était bon. Il lança une conversation basique.

-Ton lait était bon ? Tu en veux un autre peut être ? Enfin, on risque d'être coincé ici avec cette pluie...

Changer la discussion, parler d'autres sujets, effacer les erreurs précédentes. Il regarda par une fenêtre, le temps qui goûtait doucement. Sérieusement, cela n'allait pas cesser ? Silind n'avait pas envie de rester dans l'auberge toute un après-midi. Il n'avait pas assez de conversation pour ça. En tout cas, tant qu'il y aurait ce problème, le forgeron allait devoir se creuser la tête. Du coup, il parla de ce qu'il lui venait à l'esprit.

-Si un jour elle cesse, ça te tenterait de te balader dans Al-Poll ? Ce serait plus intéressant que rester ici, même si leur vin chaud est parfait.

Le colosse avala une nouvelle gorgée et passa sur autre chose. Il venait d'avoir une idée plus qu'intéressante et aussi embarrassante, mais il se devait de tenter.

-Et si en attendant, on jouait à un petit jeu ? On se connaît un peu, mais...

Sa voix s'éteignit petit à petit, le forgeron rougissait légèrement. Il continua faiblement.

-Je... J'ai envie d'en savoir plus.

Son teint devint presque cramoisi, se faisant violence, sa voix augmenta un peu de volume et expliqua son idée :

-Du coup, on discute sur des points que l'on veut connaître, l'un sur l'autre. Puis quand l'un n'arrive plus à trouver des idées sur ce sujet, il doit en relancer un.

C'était un jeu auquel il avait joué avec son maître lors de la première journée d'apprentissage. Cela avait permis de mieux se connaître et de tisser des liens. Silind espérait que cela allait autant marcher avec Enelyë.

-Je... Je commence.

Il avait tant de questions. Il voulait la connaître en entier, des pieds à la tête. Le forgeron baissa les yeux rien qu'à cette idée pleine de double sens. En bégayant, il la regarda et lança :

-J'aime beaucoup le vert et le rouge. C'est deux couleurs totalement contradictoires, mais qui s'accorde bien ensemble... Vert, c'est les plantes, le bois, c'est apaisant, c'est l'espoir. Le rouge, c'est le sang, les braises, la chaleur, le feu, c'est vif, infernal. Mais quand on les met côtes à côtes elles se mélangent et créer une harmonie que j'aime bien. Et toi ? C'est quoi tes couleurs favorites ?

Commencer par quelque chose de banal, les questions plus personnelles viendraient plus tard, avec la discussion. Il sentit une boule au ventre se créer... Comment cela allait se passer ?



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Lun 20 Mai 2013 - 15:20

Elle releva la tête, un peu moins rouge que quelques secondes avant. C’était vraiment bizarre, ce qu’il se passait. D’habitude, quand elle voulait prendre quelque chose, et que quelqu’un l’attrapait en même temps qu’elle, elle tirait sur l’objet en question et ne le lâchait pas. Là, ça avait été comme un choc électrique. Elle ne s’y attendait pas. Elle n’avait pas prévu ce scénario, et pourtant, Shana lui en avait raconté beaucoup, de choses qui pourraient éventuellement se passer. Elle mordilla sa lèvre en regardant la table. Elle se sentait un peu dépassée par les événements, parce qu’elle ne contrôlait rien. Sa tête ne faisait rien comme il fallait, et son cœur battait un peu trop fort. C’était la tension, voilà, la tension dû à ce contact imprévu.

Le bruit d’un biscuit qui se brise fit qu’elle leva son regard de la table pour regarder Silind. Il tenait dans ses mains deux bouts du dernier gâteau. Lui proposa de partager et elle sourit.

- Oui, on va faire comme ça.

Il parla, et elle hocha simplement la tête, affirmative pour la première question, négative pour la seconde. Un lait de siffleur suffirait, d’autant qu’il avait payé sa boisson. Elle ne souhaitait pas qu’il dépense pour elle, cela la gênait un peu, tant elle avait l’habitude de s’offrir elle-même ce qu’elle voulait. Enelyë se demanda si c’était une simple question d’habitude, mais le forgeron reprit la parole, la coupant dans ses pensées.

- Oui, pourquoi pas. Al-Poll est une jolie ville. Et calme, avec ça, quand le marché est terminé.

C’était sans doute ce qu’elle préférait à Al-Poll, d’ailleurs. Elle avait toujours beaucoup aimé Al-Jeit, ses magnifiques tours et les lumières resplendissantes. Mais c’était un fourmillement continu, et le silence était quasi-inexistant. Il fallait s’éloigner un peu de la ville pour pouvoir être au calme, comme l’avait décidé son père qui avait choisi une maisonnette à la périphérie d’Al-Jeit. A Al-Chen, c’était la même chose, bien que les bruits cessent la nuit. Tard, car bien souvent les Navigateurs revenaient tard, et le bruit revenait dès le petit matin, mais au moins s’arrêtait-il quelques heures. Al-Poll était vraiment différente. Peut-être était-ce les habitudes du Nord, ou le fait que les Frontaliers soient si proches, elle n’en savait rien. Car les Frontaliers étaient réputés pour leur code de conduite et Enelyë, sans vraiment les connaître, en avait conclu qu’ils ne devaient pas être les personnes les plus drôles du monde.

- Un jeu ? Elle écoutait, en même temps. Réfléchissait. D’accord.

Elle ne remarquait pas vraiment toutes les expressions sur le visage de Silind, trop occupée qu’elle était à regarder ses yeux. C’était une couleur vraiment particulière, mais qui lui rappelait quelqu’un sans qu’elle parvienne à se souvenir de qui. Et elle écoutait, buvait ses paroles, même. Et notait mentalement, dans sa tête, que le rouge et le vert était ses couleurs préférées. Elle aimait beaucoup ces couleurs-là, aussi. Le rouge surtout. Comme quoi …

- J’aime beaucoup le rouge, aussi. C’est le feu mais c’est aussi l’a … Elle se tut, automatiquement. C’est la couleur des Kaelems, en plus. Passa à autre chose. Et le violet. Le violet c’est pas forcément une couleur qu’on trouve dans la nature, sauf pour certaines pierres et certaines fleurs. C’est une jolie couleur parce qu’elle n’est pas violente, elle agresse pas les yeux, et puis … voilà.

Elle ne savait pas trop quoi rajouter. Mais du coup, comme elle pensait bien qu’ils n’allaient pas parler de couleurs toute la soirée, elle se dit que c’était à elle de trouver un nouveau sujet, si elle avait bien compris les explications. Elle chercha un peu, éliminant les sujets un par un avant même qu’ils ne se forment en pensées. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien raconter sur elle ? Ou plutôt, que voulait-elle savoir de lui ? Les couleurs, c’était fait. Mais en fait, elle aurait voulu demander tellement de choses. Son âge, comment lui était venu l’idée de devenir forgeron, ce qu’il aimait manger, si il aimait regarder les nuages …

- J’aime beaucoup me balader au bord des lacs. C’était sorti tout seul. En fait, je crois que j’aime beaucoup l’eau. Moins depuis qu’elle avait failli se noyer, mais. En fait, ce qu’il y a de plus beau avec ça, c’est quand la lumière se reflète dessus. Tu as déjà vu des dessinateurs allumer des lanternes au-desus de l’eau en pleine nuit ? C’est très joli. Ou les lumières d’Al-Chen reflétées dans le lac ? Il faudra que je te montre, un jour ! Elle sourit, un peu. Et toi, c’est quoi ton endroit préféré pour une balade ?

Ce n’était pas forcément le meilleur sujet de conversation. Mais c’était celui qui était venu et de toute façon, ça aussi, elle voulait le savoir.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Ven 27 Sep 2013 - 22:37

Imaginez une balle rebondissante. Oui, un truc rond, plein de couleurs et qui saute dans tous les sens sans jamais s'arrêter. Un truc joyeux, mignon, amusant. Ben c'était à peu près ce qu'il se passait dans la tête de Silind. Mentalement, il hurlait de joie en sautant dans tous les sens, comme les personnages dans ces cartoons qu'il ne connaîtra malheureusement jamais. Tout cela parce que ses idées marchaient ou plaisaient. Genre l'idée du biscuit, magnifique, n'est-ce pas ? Et puis ce jeu ! Fantastique ! Il se demandait lui-même d'où lui venait le courage d'avoir lancé ce divertissement.

En plus, c'était bénéfique, car le colosse apprenait à connaître la jeune femme. Des petits trucs, genre ses couleurs favorites, le rouge et le violet... Comme ça, il pourrait lui acheter-voir même lui créer- des objets avec ces tons. Et quelle bonne idée elle eut de parler des lieux de promenade. Comme ça, il pourrait potentiellement prévoir d'autre sortie. Ce serait génial !

Le forgeron se calma rapidement, il sentait qu'il partait un peu loin dans sa tête. Redescendant sur terre, il en profita pour réfléchir un peu. Lorsque son esprit retrouva le sol, il se lança :


-J'aime beaucoup l'eau aussi. Mais je n'ai jamais eu l'occasion d'aller près des lacs. Je n'ai pas le souvenir d'en avoir déjà vu un. Par contre, un endroit où j'aime me balader, c'est le pied des montagnes. Surtout celle du Poll. C'est juste magnifique, j'aime beaucoup la force qu'elles semblent avoir, ce truc qui nous donnent l'impression d'être minuscule à côté d'elle. Ce sentiment que la montagne restera là pour toujours, malgré le temps, malgré les guerres. En fait, c'est un des rares endroits où je me sens petit... Et j'aime bien ça.

Le colosse fit un grand sourire. Cela était vrai que n'importe qui, de n'importe quelle taille devait se percevoir minuscule face aux géants de la chaîne du Poll. Doucement, il continua.

-Il faudra que je te montre aussi... J'aimerais connaître ton ressentit... En plus, je me suis toujours demandé si la montagne avait une présence dans les Spires... Comme je n'ai jamais pu véritablement voir dans l'Imagination...

Silind fit une pause, il n'avait plus d'idée, du coup, c'était son tour de poser une question. Mais avec un certain miracle -ou la volonté d'un certain narrateur-, la pluie s'était arrété. Des gouttes tombaient encore des toits, mais c'était tout. Le forgeron sauta alors sur l'occasion :

-Magnifique, il ne pleut plus ! On va pouvoir sortir !

Heureux, il se leva, attendit la jeune femme. Voulait-elle seulement partir dehors ? L'homme rougit en découvrant sa bêtise. Se maudissant, il s'exprima timidement :

-Euh, enfin, si tu veux quoi... Je ne veux pas te forcer... Enfin bon, comme je suis levé, autant que j'aille payer la note !

Le colosse sortit sa bourse et marcha maladroitement jusqu'au comptoir. Il parlait dans sa barbe en grognant contre son manque de courtoisie... Il savait pourtant qu'il fallait toujours demander aux invités plutôt que de prendre des décisions comme ça ! Enfin bon. Il régla plutôt rapidement, évitant une discussion plutôt embarrassante avec la serveuse aguicheuse. Silind retourna presque en courant vers la table.

-Donc du coup, tu veux sortir un peu où rester ici ?

Laissant le temps de réponse, le forgeron réfléchissait à d'autres questions... Parce qu'il voulait vraiment connaître le monde de la Dessinatrice. Cela lui vint plutôt instinctivement d'ailleurs.

-Comment c'est... Les Spires ? J'ai entendu dire que chacun avait sa propre vision, mais toi, tu les vois comment ? Moi quand je dessine une flamme, je visualise cette flamme. Je n'ai rien d'autre que cette flamme en tête, le reste disparait. Mais quand j'essaie avec autre chose, ben je n'arrive jamais à atteindre cet état. Du coup, ça fait comment pour toi ?

Il était intéressé par cette dimension inaccessible. Parfois, il s'imaginait dans les Spires, enfin il rêvait d'être dans l'Imagination, mais il n'était pas dedans quoi... Mais il était un roc, une sorte de sculpture en pierre. Lourd, les pieds ancrés dans le sol, comme s'il avait été taillé dans une montagne qui sortait là et les yeux fermés, parce qu'il ne voyait rien et ne se déplaçait pas dans les Spires.

Curieux, il était tout ouïe.



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Jeu 24 Oct 2013 - 18:02

Elle parlait joyeusement, le sourire aux lèvres, jouant avec son verre qu'elle continuait à faire tourner entre ses mains. Elle lui raconta les lumières qui se reflétaient sur l'eau, l'invita plus ou moins directement. D'autant qu'elle savait parfaitement où elle pouvait le mener. Elle avait expérimenté le voyage avec son père, plus jeune. Derrière sa maison, à Al-Jeit, coulait une rivière qui rejoignait le lac Chen. Le voyage prenait beaucoup de temps, mais les multiples étapes étaient ponctuées de découvertes et de paysages magnifiques, à commencer par l'Arche ... Enelyë fronça les sourcils un instant, se demandant pourquoi elle pensait à ça. Puis, reposant son regard sur Silind qui reprenait la parole, elle rougit un peu. Peut-être que c'était pour ça, qu'elle pensait à voyager avec lui jusqu'à Al-Chen. Parce qu'elle aimait bien sa voix, les expressions qu'il prenait en parlant, les étincelles dans ses yeux rougeoyants.

Il lui parla des montagnes. Il cherchait la petitesse ?  Enelyë  comprenait. Ce ne devait pas être facile de dépasser tout le monde. Elle n'avait clairement pas ce problème : au contraire, elle était souvent celle qui était dépassée par les autres. Elle avait depuis longtemps fini par accepter ça. Mais la montagne selon Silind, c'était aussi  l'éternité. Le grand sourire qui apparut sur son visage fit apparaître un autre sourire sur son visage à elle. L'éternité de la roche, qui subissait mais ne disparaissait jamais.  C'était une jolie image, si on l'associait à tout ce qui était beau dans le monde : la paix, le bonheur, l'amour ...
Il enchaîna sur une interrogation ; la présence de la montagne dans les Spires. Enelyë n'avait jamais pensé à ça. L'environnement avait forcément une présence dans les Spires, puisque les Dessinateurs pouvaient bien tordre la réalité pour quelques instants. Mais quant à prendre réellement en compte ce qui ne lui servait pas dans l'immédiat ... La prochaine fois qu'elle s'en approcherait, il faudrait qu'elle voit. Ce devait être une chose imposante, même dans les Spires, malgré le fait qu'elle ne soit pas une entité de l'Imagination. Mais elle n'y était pas retournée depuis l'Avant-Passage. Elle craignait encore un peu de se retrouver dans une situation anormale. Elle sortit de ses pensées et répondit à son interlocuteur, doucement.

- Elle a forcément une présence dans les Spires mais ... je ne me suis jamais posé la question, quand j'y étais.

Un silence resta en suspens quelques instants, avant que Silind ne lui fasse remarquer qu'il ne pleuvait plus, plutôt joyeusement. Elle sourit et allait se lever quand il sembla se mettre soudainement à hésiter. Elle voulut répondre, mais n'eut pas le temps. Elle lui sourit, puis l'attendit pendant qu'il allait payer. Puis il revint et elle se leva, s'accrochant - presque par automatisme - au bras du forgeron. En sortant, il lui demanda comment elle visualisait les Spires, lui expliquant sa façon de dessiner une flamme. Décidément, que de questions sur le Dessin ... Néanmoins, elle comprenait. Elle ne s'y était pas particulièrement intéressée avant de savoir qu'elle avait le Don, mais il était vrai que les Dessinateurs l'intriguaient depuis toujours. Leur univers était tellement à part qu'il suscitait chez beaucoup de nombreuses interrogations.

- Hum, ça dépend de ce que je veux dessiner. Pour la lumière ou le feu, ça vient un peu tout seul. C'est le plus facile à créer. Mais après ... certains voient dans les Spires, mais ce n'est pas mon cas. Ce serait plutôt comme des taches de couleurs qui me guident vers la chose que je veux créer. Je ne sais pas si c'est très compréhensible ... Elle esquissa un sourire gêné. Personne n'a la même vision des Spires, mais on est tous d'accord pour dire qu'il y a des étapes à franchir, en tout cas. Plus le Dessin est complexe, plus on va loin dans les Spires.

Elle poussa la porte, constatant qu'en effet un soleil timide pointait le bout de son nez. C'était néanmoins un soleil qui commençait déjà à se coucher. Des gouttes tombaient encore des toits, quelquefois, et l'une d'elle tomba sur le nez d'Enelyë, qu'elle essuya en riant doucement. Elle avait toujours aimé la pluie. Un petit vent d'hiver tardif souffla et pour se protéger du froid, elle se serra un peu plus contre Silind. Elle regardait l'horizon, un peu pensive. Ils marchaient dans les rues, en parlant de choses et d'autres. Puis, lorsqu'ils arrivèrent sur la place, la Dessinatrice nota que des marchands étaient en train de s'installer.

- Est-ce qu'il y a un marché ce soir ?

Elle leva un regard pétillant vers Silind. Elle adorait les marchés nocturnes.


[Ok c'est pourri. Mais je le reconnais /PAN. Plus sérieusement, ceci est éditable.]


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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Lun 10 Fév 2014 - 21:17

C'était plutôt sympathique de parler en marchant. Surtout que Silind adorait écouter en fait. L'art de la parole ne lui était pas assez familier, mais l'art de l'écoute, ça, il maîtrisait depuis longtemps. Donc, il écouta les réponses d'Enelyë. Le Dessin était vraiment fascinant, dimension inaccessible pour la plupart des artisans. D'ailleurs, il se demandait comment les Sculpteurs de Rougeoyeur voyaient l'Imagination. Et puis les Navigateurs. Ah, tant de questions se bousculait dans sa tête. S'il s'écoutait, il partirait battre la campagne pour y répondre. Mais, il n'était pas marchombre, loin de là. Sa vie lui convenait à l'Académie, il forgeait et il était loin de la guerre, enfin la plupart du temps. Peut être, un jour, peut être partirait-il, quand il serait lassé. Actuellement, tout allait bien, très bien même.

Le soleil se couchait à l'horizon, teintant les nuages d'une couleur orange-rouge qui tendait vers le rosé. Il allait bientôt se faire tard, du coup, ils allaient bientôt devoir rentrer. Enfin, il restait assez de temps pour se balader dans les rues d'Al-Poll. Plutôt décontracté par la bonne après-midi, Silind ne se crispa presque pas et ne rougis presque pas quand Enelyë se rapprocha pour se réchauffer et contrer le vent froid qui soufflait. La balade fut plutôt chouette, la ville restait vivante malgré la nuit tombante. En plus, la discussion allait bon train, partait sur tout et rien, sur l'architecture, certain détail de leur promenade, la couleur des nuages parfois. C'était charmant, vraiment.

Ils arrivèrent sur la grande place de la cité. C'était assez impressionnant une tel place, offrant la vue sur les rues principales qui terminait souvent par des monts et des montagnes. Si un écrivain devait faire une phrase sur cette gigantesque ville ce serait « À chaque fin de rue, une montagne. » Et ça deviendrait surement épique. En tout cas, ce serait déjà pas mal qu'un auteur fasse un petit truc sur Al-Poll. Pendant qu'il réfléchissait à la question, la Kaelem remarqua qu'il y allait avoir un marché, surement un des nombreux marchés nocturne. Cela se faisait pas mal ses temps-ci. Silind regarda aux alentours les camelots s'installer.


-Et bien apparemment, oui, on peut rester si ça te tente.

Le forgeron n'était pas forcément à l'aise dans une foule, la peur de bousculer quelqu'un par mégarde, d'écraser le pied d'un autre ou juste parfois supporter certain regard, tout cela faisait partie des milles et une raison de son malaise. Mais c'était assez intéressant de voir les commerçants monter leurs stands un à un. Ils avaient de sacrées techniques. Certain montaient des tentes avec un tapis sur lequel ils exposaient leurs objets, d'autre, des roulottes qui s'ouvraient sur le côté. Certain avait juste une table et une toile sur leur tête. Il y avait beaucoup d'artiste montrant leurs oeuvres, certain joaillier vendant pierre et bijoux, d'autre vendait des armes de parades et les derniers vendaient mets saisonniers et régionaux.

C'était magnifique et sacrément agréable, toute ces odeurs mêlées. Noté que ce n'était pas le cas de tous les marchés. Oui, par exemple, le marché poissonnier, ou le marché bovin voir même porcin. Il y avait aussi des odeurs, mais ce n'était pas le même charme, si vous voyez ce que je veux dire. Les deux jeunes gens se baladaient entre les stands qui se montaient, découvrant des tas de différentes choses. Discutant avec les marchands, contemplant milles-et-une merveilles. Silind parlait beaucoup avec les orfèvres et les ferronniers. Parlant parfois techniques, il finissait toujours par s'excuser auprès d'Enelyë car le langage qu'il utilisait, était parfois compliqué pour les néophytes. Un peu comme ce langage qu'utilise les jeunes de nos jours, auquel on ne comprend pas tout le temps le sens, pourtant, c'est bien la même langue que la notre. Seulement, ils doivent utiliser des termes techniques qu'on ne connait pas. Remarquer que l'on parlait plutôt bien aussi au temps de Merwyn. Ou alors, nous avons un traducteur qui nous permet d'entendre, enfin, de lire ces phrases en les comprenant parfaitement. C'est vrai que ce serait un poil compliqué si nos personnages parlaient en patois Gwendalavirien. « Oué, trent'sis' piéss' d'bronss' l'sociflard », suivit d'un bruit incongrue qui évoque quelqu'un qui n'avait pas de mouchoir et -je citerais ma grand-mère pour la suite- « remonte grand-père au grenier. ».

Enfin, cessons là cette parenthèse, ma foi, fort bucolique et reprenons sur un sujet un peu plus sérieux. Les deux académiciens papillonnaient. Sans but d'acheter surement, mais Silind ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il faudrait faire un cadeau à la demoiselle. Surtout après celui qu'elle lui avait fait. Ses yeux s'activaient de plus en plus vite, cherchant donc ce qui pourrait plaire à Enelyë. Déjà, il trouva une potentielle réponse dans le jeu qu'il avait lancé. Un objet violet. Peut être incrusté avec une pierre violette. Un instant, il laissa Enelyë continuer son chemin s'arrêtant sur un marchand de bijoux. Un jolie bracelet fin, argenté avec une belle pierre violette, un peu foncée avait attiré son oeil. Le forgeron demanda quelle pierre c'était, un brin connaisseur et intéressé. Le vendeur lui répondit que c'était une Iolite, taillé et tout. Comme tout narrateur civilisé, je dois faire une parenthèse ici. Oui, parce que ce bracelet était vraiment Ioli. Oui, il fallait le dire, je ne pus m'en empêcher, mais je suis sûr que vous aussi vous l'avez fait dans votre petite tête. Enfin, au moins dans votre subconscient. Tout ça pour me déculpabiliser. Voilà, c'est fait, retournons donc à notre histoire, voulez-vous. Non mais sérieux, avouez que vous avez ri. L'homme acheta donc le bracelet, remercia le camelot et repartie, un bracelet dans la poche, rejoignant le plus discrètement Enelyë qui s'était arrêté un peu plus loin. Vous êtes vraiment de mauvaise foi. Maintenant, il devait réfléchir à la façon dont il allait l'offrir. Peut être après le marché. En tout cas, il espérait que la demoiselle n'avait rien vu. Sinon, cela gâcherait la surprise. Mais, bon, le forgeron devait tenter le coup. Donc, il attendit, encore plus impatient qu'avant qu'ils fassent le tour de toutes les échoppes. Bande d'ingrats.


[HRP : Je te laisse faire la suite, je te laisse le libre champs sur la façon dont continue la soirée, si tu veux que Silind t'offre le cadeau, je te laisse carte blanche sur ça aussi o/. Edition à volonté ! Et C C C COMBO !]



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MessageSujet: Re: Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. [Terminé]   Lun 23 Juin 2014 - 16:31


Enelyë se sentait bien ainsi, accrochée au bras de Silind, le vent encore froid de ce début de printemps venant lui souffler au visage. Son regard s'illumina, lorsqu'elle constata que des marchands commençaient à s'installer, certains montant leurs étals, d'autres ouvrant leurs véhicules sur le côté ... C'était fascinant. Tout était effervescence, cris et gestes. Elle lança un regard vers l’homme qui l’accompagnait, et demanda, plus ou moins directement, s’ils pouvaient rester. Elle voulait se promener avec lui dans ces allées éphémères, discuter avec lui, rester un peu plus longtemps avec lui. Silind lui répondit gentiment, qu’ils pouvaient rester si elle le voulait. Il n’avait pas l’air tout à fait à l’aise, alors elle lui sourit. Comme si cela allait tout effacer, comme si elle pouvait lui empêcher d’avoir des ennuis, quels qu’ils soient.

Elle attrapa sa main, sans y faire attention, l’entraînant derrière elle, au milieu des odeurs et des bruits, des couleurs et des lumières. Les marchands les arrêtaient pour leur montrer ce qu’ils avaient à offrir, et parfois Silind engageait la conversation avec eux, parlant de choses de forgeron auxquelles elle ne comprenait pas grand-chose. Mais il exprimait tant de passion que cela ne l’ennuyait pas. Et si jamais elle se désintéressait un peu de la conversation, elle marchait un peu plus loin, admirant les étoffes que d’autres marchands vendaient. Alors elle regardait, touchait le tissu, imaginait ce qu’elle pouvait en faire. Enelyë se voyait déjà dans des jolies robes, ou porter des foulards, et beaucoup d’autres options venaient se nicher dans un coin de sa tête.

Et alors qu’elle prenait un coupon de tissu décoré, plein de spirales et d’arabesques, elle sentit la présence de Silind près d’elle. Elle le regarda et lui sourit. Elle reposa ce qu’elle tenait, reprit la main de l’homme et ils repartirent. Ils firent le tour du marché, en riant et en bavardant. Et lorsqu’il fut terminé - le tour, hein, pas le marché - ils décidèrent finalement de rentrer à l’Académie. Ils retrouvèrent le cheval, laissé à l’auberge. Enelyë n’avait pas eu l’impression que le marché était si grand, à l’aller. D’autant plus qu’il se dispersait dans les rues.

- Tu es sûr qu’on est passés par là ? Je ne sais pas, je ne reconnais pas ce marchand là.

Elle penchait la tête sur le côté lorsqu’elle n’était pas sûre, mais ils finirent par retrouver leur chemin au milieu de ce labyrinthe d’odeurs et de bruits, de couleurs et de lumières.

***

Le retour à l’Académie s’était fait dans la joie et la bonne humeur. Ils avaient continué à discuter tranquillement, même si la fatigue se faisait un peu sentir. Ils avaient acheté à manger à l’auberge, sachant qu’ils ne rentreraient pas à temps pour le repas du soir. Alors ils étaient partis manger chez Silind, tranquillement. Personne ne restait dans les jardins - il faisait encore froid le soir. Et puis, à la fin du repas, tout hésitant, il avait pris sa main pour y déposer quelque chose. Elle avait été un peu surprise, puis elle avait ramené sa main vers elle et l’avait ouverte. Il venait de lui offrir un magnifique bracelet d’argent, sertie d’une splendide pierre violette, brisée d’éclats bleus par endroits. Elle avait eu un bracelet assez semblable par le passé, mais il n’était en rien égal à la beauté de celui-ci. Elle le contempla un instant, puis regarda Silind, en souriant.

- Il est magnifique. Merci beaucoup.

Elle se leva et se pencha au-dessus de la table pour déposer un bisou sur sa joue. Du moins, telle avait été son intention, car sa main avait glissé et son visage avec. Ses lèvres à elle se retrouvèrent bien plus proches de ses lèvres à lui qu’elles ne devaient l’être à la base. Elle se recula un peu vite, se rasseyant aussitôt comme si rien ne s’était passé. Terriblement gênée à l’intérieur. Elle mordilla sa lèvre et finit par lever son regard vers Silind à nouveau.

- Je. Je devrais rentrer.

Enelyë se leva, attendant le forgeron qui voulait la raccompagner. le voyage fut beaucoup plus silencieux, l'un comme l'autre sans doute perdus dans leurs pensées. Une fois devant l’Académie, elle se tourna vers lui, ses grands yeux pétillants.

- Je reviendrai bientôt. Et encore merci pour le bracelet.

Elle lâcha les mains de l'homme, qu’elle avait prise dans les siennes, et se mit à monter les marches. Arrivée en haut, elle regarda la silhouette de Silind s’engouffrer dans l’ombre, et elle en fit de même en partant vers son dortoir.


[Voilà voilà ! Si ça te convient comme fin de rp o/ Merci encore hug]


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