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 Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]

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Maître fauconnier
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MessageSujet: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Sam 1 Sep 2012 - 20:43

Gareth sursauta lorsqu'une buse se posa sur son épaule. Se relevant d'un seul coup, il fit tomber le volatile qui s'envola plus loin. Ayant travaillé tard la veille sur un nouveau projet, il s'était endormi sur son bureau improvisé. L'oiseau venait de lui servir de réveille.
Il se leva avec difficulté, se traina jusqu'à un sceau rempli d'eau de la veille et se gicla le visage afin de se remettre les idées claires. Une grosse journée l'attendait aujourd'hui, il n'avait pas le temps de souffler. En plus de ça, Lyu n'allait pas tarder, car il lui avait demandé de venir le plus tôt possible. Autant dire que la buse lui avait rendu service en le réveillant ; il lui avait évité de se faire réveiller par son élève.
Il commença donc ses petits travaux de la journée en commençant par remettre de l'ordre. Plusieurs minutes s'égrenèrent et son ventre le rappela aux ordres. Se rendant soudain compte que les piaillements augmentaient de minutes en minutes, ils avaient aussi faim. Mais malheureusement, le fauconnier n'avait plus de viande pour ses petits volatiles et il avait oublié ce détail, la veille. Son programme allait se retrouver chamboulé ; la chasse ne prenait pas cinq minutes. En plus, il ne pouvait pas se transformer en félin devant Lyu et chasser au rapace était bien trop long. Il ne pourrait jamais nourrir tous les oiseaux avec des prises par les airs. Il irait donc chasser, il n'avait pas d'autres choix.

Son ventre hurla une énième fois ; il était temps d'assouvir sa faim. Se dirigeant vers la porte, il prit tout de même soin de fermer les tiroirs de sa seule armoire ; il n'avait pas réellement envie que des petits malins viennent mettre le souque dans ses affaires. Parce qu'il fallait avouer que tout le monde pouvait entrer et sortir de la volière comme bon leur semblait, alors il leur était facile de fouiller partout. La volière était un vrai moulin au grand désarroi du fauconnier.
Il ferma donc la porte – pas à clé, il ne le pouvait pas – , comme cela la kaelem pourrait rentrer directement et il espérait bien la trouver là lorsqu'il reviendrait, ça lui éviterait d'attendre encore trop longtemps.
Il descendit les escaliers, traversa les couloirs et portes qui le séparaient de la grande salle dans laquelle le petit déjeuner commençait à se faire servir. Des élèves piaillaient en mangeant de délicieuses tartines, d'autres revoyaient leurs cours de la journée et d'autres encore passaient seulement prendre un fruit, quelques tranches de pains pour déjeuner en silence. Les professeurs étaient attablés un peu plus loin et discutaient de choses et d'autres. Gareth ne se mêlait généralement pas aux autres résidents et professeurs, il aimait sa solitude et n'était pas quelqu'un de très loquace. Sauf qu'il voulait faire une exception pour une fois, il fallait bien qu'un jour ou l'autre il leur adresse la parole.
Il se dirigea donc vers la table qu'occupait le corps enseignant et se posa à côté du maître alchimiste, un homme qui semblait sympathique. En face de lui se trouvait un petit homme trapu, possédant un menton recouvert d'une couche de poils hirsutes. Le fauconnier ne savait pas quelle fonction il occupait, il ne l'avait même jamais vu dans les couloirs. Il fallait dire aussi qu'il ne se baladait pas souvent dans l'Académie. Il les salua et détourna son attention de leur personne.
Le métamorphe jeta un regard perdu sur la nourriture qui jonchait la table. Ne sachant pas réellement que prendre, il prit au hasard un morceau de pain d'herbe, une confiture aux framboises et se servit un jus du même fruit si apprécié en Gwendalavir. Il prit une bouchée de pain aux herbes recouvert auparavant de la confiture et laissa son oreille chavirer au rythme des différentes conversations. L'alchimiste était en pleine discussion avec un des palefreniers qui tenait un livre dans ses mains.


- Que lis-tu de si bonne heure ?

Il leva les yeux et tenta une réponse.

- Ah,...

- Roooh, s'qu'il lit ch'est pas très divertichant, un ouvrache chur les poneys pour changer.

Avant de se faire vite couper par son voisin de droite qui avait la bouche pleine. Le fauconnier interceptait des tas de discussions semblables à celle-ci, des discussions qui ne l'intéressaient pas plus que cela. Il aurait dû faire comme d'habitude et aller déjeuner dans sa volière. Au moins il n'avait pas à supporter les remarques et les questions des autres enseignants et résidents. Après une vingtaines de minutes, il salua à nouveau ses collègues et repartit d'un pas pressé vers son lieu de travail.
Lorsqu'il passa le pas de porte, il découvrit Lyu en plein nettoyage des cages.


- Et si on se faisait une séance de tir aux pigeons ?

Elle se retourna brusquement, une expression d'horreur peinte sur le visage. Gareth se mit à rire, il fallait dire qu'elle était comique avec ses grands yeux révulsés. Il s'avança et lui tapota l'épaule.

- Mais non, je rigole, ne t'inquiète pas !

Son rire se calma peu à peu et un sourire naquit sur le visage de son apprentie. Il devait aller chasser, les oiseaux piaillaient plus encore que lorsqu'il était parti. Sauf qu'il ne pouvait décemment pas chasser correctement avec un oiseau et il avait prévu de passer la journée en compagnie de Lyu. Et la chasse allait être pleine de griffes et de crocs. Il ne pouvait pas l'emmener avec lui, il fallait lui trouver une occupation.

- Je sais que je t'avais promis quelque démonstrations pour aujourd'hui, mais il faut que j'aille chasser pour nos rapaces affamés. Donc, je te demanderais pendant que je serais absent, de classer ces dossiers dans l'ordre alphabétique. Eh bien oui, ne me regarde pas comme ça, il n'y a pas que du plaisir dans la fauconnerie, il faut tenir à jour tous les examens de nos petites bêtes.

Il lui tendit un carton entier, et lui montra le deuxième. Il n'avait pas très envie d'y passer la soirée, alors au moins qu'elle fasse quelque chose d'utile pendant qu'il traversera la forêt de fond en comble.

- Travaille bien en mon absence !

Un sourire et il s'éclipsa par la porte, suivit de Hook, laissant la kaelem seule. Il dévala les escaliers avec le faucon sur ses traces, faillit au passage renverser un groupe d'élèves et se retrouva bien vite dehors. L'air libre, le vent, les nouveaux bourgeons du printemps. La chaleur arrivait à grand pas, les oiseaux sortaient et chantaient, la neige disparaissait du paysage. L'hiver quittait les lieux pour laisser place au flamboyant printemps et à ses couleurs chatoyantes.
Hook s'envola bien haut et le fauconnier commença à courir en direction de la forêt. Plus vite il sera dans les bois, plus vite il pourra se métamorphoser. Il atteignit l'orée de la forêt quelques minutes plus tard ; le faucon se posa sur une branche et commença à lustrer ses plumes. Gareth regarda l'oiseau dans les yeux ; il ne devait pas bouger de là. Et il obéirait.
Il ne jeta aucun coup d'oeil aux alentours afin de savoir s'il était réellement seul ; il se trouvait dans la forêt, il était dur d'être entouré de monde. Fermant les yeux, il concentra son attention dans un coin de son esprit connu que de lui. Il ouvrit la porte qui contenait le puma et soudain, sa silhouette se brouilla. Une longue queue, quatre grosses pattes, des crocs aiguisés à souhait, des oreilles touffues. Le puma.
S'étirant goulument, il leva les yeux au ciel et rugit de plaisir. Lorsqu'il avait la pleine possession de ses moyen, c'était un plaisir intense de devenir le fauve. Tout lui paraissait plus facile, plus précis, plus net. Il voyait le monde d'une autre manière.

Il commença par humer l'air afin de repérer les éventuelles proies. Les odeurs l'entouraient, il ne savait plus où donner de la truffe. Soudain, une senteur qu'il n'avait pas l'habitude de percevoir, une senteur qu'il reconnaissait pourtant pour l'avoir dans les narines toute la journée. Il se retourna d'un seul coup dans la direction qu'indiquait sa truffe. Il vit une touffe de cheveux disparaître derrière un arbre. Un grognement rauque sortit de sa gorge, puissant. La silhouette commença à courir, mais le puma était bien plus rapide. C'était évident. Il commença sa course qui n'en était pas réellement une. Le mot course voulait dire que chaque participant avait sa chance, mais là, le gagnant était couru d'avance. L'intrus n'avait aucune chance de distancer le fauve.
En quelques secondes, il fut sur elle. Littéralement. Elle n'eut que le temps de se retourner, de pousser un cri et le fauve se jeta sur elle de toute sa masse sans pour autant lui faire grand mal. Ses grosses pattes sur ses bras, elle ne pouvait plus fuir. Les grands yeux du fauve se plantèrent dans ceux, petits, de la jeune fille.
Lyu.
Un rugissement, annonciateur de problèmes. Avait-elle vu la métamorphose, avait-elle vu tout se qui s'était passé, du début jusqu'à ce moment précis ? Il n'en savait rien, mais une chose était sûre : elle allait passer un sale quart d'heure. Il s'en fichait, après tout, se serait bien plus facile si elle savait. Même s'il aurait préféré continuer ainsi.
La jeune fille ferma les yeux un instants, juste la minute dont il avait besoin pour redevenir Gareth sans qu'elle ne le voit. Il se recula d'un seul coup et sa silhouette se brouilla, le fauve redevint homme. Gareth prit soudain son apprentie par le col de ses vêtements et la souleva jusqu'à se que ses pieds ne touchent plus le sol. Elle avait son regard fixé sur son maître. Les yeux du métamorphe possédaient toujours le jaune vif du puma et se plantèrent jusqu'au fond de l'âme de la jeune kaelem. Colère intense, puissante rage.


- Pourquoi me suivais-tu ?! Je t'avais demandé de classer les dossiers !!

Des mots déformés par un hurlement. Il ne parlait pas, il hurlait. La colère le contrôlait et il ne savait pas se qu'il allait faire. La garder comme apprentie ? A présent, elle ne le verrait plus du même oeil. Il ne serait plus que le fauconnier, mais le fauconnier-métamorphe. Il ne voulait pas qu'elle le voit comme ça, mais surtout, il ne voulait pas voir la même flamme d'horreur dans son regard. La flamme d'horreur qu'il avait tant perçu dans les yeux des gens qui savaient.
Elle l'avait déçu, elle avait désobéit à ses ordres. Elle l'avait suivi, elle l'avait observé, espionné. Mais qu'avait-elle réellement découvert ?


- Qu'as-tu vu ?!

Elle semblait choquée, presque terrorisée. Sa langue paraissait ne plus fonctionner.
La rage de Gareth monta de plus belle et ses yeux jaunes brillaient d'un éclat étrange. Il allait finir par ne plus se contrôler. Il hurla de plus belle.


- Réponds-moi ! Qu'as-tu vu ?!





[ Mouahahahah !! A toi maintenant Twisted Evil ]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 12:52

Le soleil se levait à peine dans le dortoir des Kaelem, mais Lyu était déjà debout. La plupart des apprentis marchombres étaient déjà à l'entrainement, mais les dessinateurs et les guerriers dormaient pour la plupart. Aussi ne furent-il pas ravis quand Lyu ouvrit les volets en grand.
Évitant habilement le polochon qui lui était destiné, Lyu s'habilla en toute hâte, noua ses couettes.
Elle avait un record à battre.
Elle s'accroupit au bord de la porte, comme une sprinteuse sur les starting-block

- Trois, deux, un, fit-elle, GO !

Elle partit à fond de train, filant dans les couloirs comme si elle avait le diable aux trousses. À chaque virage, elle s'arrêtait en dérapage contrôlé, et repartait aussitôt, au risque de se manger un mur. Ou deux.
Arrivée devant les escaliers, elle sauta à califourchon sur la rambarde, et commença à glisser à toute vitesse. Elle croisa un professeur, qui lui, montait, mais heureusement pour elle, elle allait trop vite pour qu'il ait le temps de voir qui elle était.
Maquant de s'écraser sur le carrelage du hall, Lyu ne ralentit pas. Elle traversa le portique est, et remonta aussitôt les escaliers en face. Quatre étages, ça peut paraître long, mais Lyu les gravit en un éclair. L'écho de sa petite vois aigüe résonnait régulièrement :

- Cent vingt-sept, cent vingt-huit, cent-vingt neuf...

À « cent trente cinq », elle enfonçait quasiment la porte de la volière, que, coup de chance, Gareth n'avait pas fermé.

- Cent trente-six ! Cria-t-elle de toutes ses forces. Cent trente-six secondes du dortoir à la volière ! J'ai explosé mon record !


Parfaitement ridicule au milieu de la volière, elle improvisa une rapide danse de la victoire.
Monter les bras, bouger les hanches, reculer son pi...
Schplotch
Lyu bondit en arrière en grimaçant. Elle venait de mettre le pied dans une fiente particulièrement malodorante.
Un regard circulaire lui permit de se rendre compte que toute la volière était dans la même état. Et il n'y avait de traces de Gareth nulle part. Ce n'était pourtant pas son genre de laisser sa volière ainsi... dans un élan de bonne volonté, Lyu décida de nettoyer en attendant le retour de son maître.
Elle trouva dans un coin un seau et une serpillère, et commença par lessiver le sol. Comme une odeur infecte régnait dans la pièce, elle ouvrit la fenêtre.
Les rapaces lui volaient autour, curieux. Et la gênaient, par la même occasion. D'autant qu'ils remettaient des plumes partout sur le sol mouillé, et qu'une plume mouillée, ça colle. Et c'est d'autant plus difficile à retirer. Elle en attrapa donc deux ou trois, et les consigna dans leur cage. Les autres eurent l'air de comprendre le message, et se posèrent un peu plus haut, hors d'atteinte.
Lyu ramassa sur le sol un minuscule fauconnet qui sautillait à proximité de la fontaine. Ils n'étaient pas tellement plus gros que des perruches, mais en général, ils plaisaient beaucoup aux enfants. Gareth en possédait donc une famille complète.
Celui que Lyu mit sur son doigt se nommait Phen. Elle le reconduisit dans sa cage, un peu à l'écart. Ces petits faucons faisaient des cibles faciles pour les plus gros rapaces, ils valaient mieux qu'il ne s'aventurent pas trop loin. Mais ils étaient décidément mignons. Surtout le petit Phen.

- Laya, n
e va pas trop loin ! s'écria Lyu en avisant une chevêche qui profitait de la fenêtrer ouverte pour aller prendre l'air.

Elle reviendrait sans doute, mais Lyu n'aimais pas cela. Et elle n'avait pas le don de Gareth pour les rappeler, même à des dizaines de mètres de distances. Elle abandonna donc, et retourna astiquer les cages. Certaine étaient bien plus sales que d'autres. Celle d'Hook, en particulier. Mais Lyu eut une bien mauvaise surprise en ouvrant celle d'une effraie des clochers.

- Oh non, il y en a marre, Lintyl ! Ah, ce... Ni Laya, ni Hook n'en font autant, tu devrait avoir honte...

En plus d'avoir mis des plumes et des fientes partout, Lintyl avait débuté une collection de charognes et de viande en décomposition. C'était une horreur. Un cadavre en état avancé de putréfaction devait sentir la rose, à côté de l'odeur se dégageant de la caisse...
Il lui fallut un long moment pour venir à bout de la moindre trace de saleté, mais une fois sa tache accomplie, elle ne put s'empêcher se ressentir une immense fierté.
Elle passa dont à la suite.
Les oiseaux n'étaient hélas pas les seuls habitants de cette volière. Les araignées possédaient une part de la copropriété. Et les rats également. Quoique ils se fassent assez peu nombreux, du fait du nombre important de chasseurs dans la volière.
Lyu escalada une pile de grains pour se hisser sur une plate-forme, à environ deux mètres du sol. De là, elle se cala en équilibre sur un perchoir, et, si elle risquait de basculer à tout instant, elle entreprit de retirer les toiles d'araignées. Gareth n'aurait sans doute pas apprécié ces risques qu'elle prenait. Mais Lyu n'avait aucunement l'impression qu'il l'apprenne. Elle en tirait juste une immense fierté, quand il remarquait de temps à autre que les araignées se faisaient moins nombreuses.
Un Harfang la bouscula alors, manquant de la faire tomber. Lyu leva un poing faussement menaçant.

- Alors toi, si je t'attrape,
gare !

Et ce... oui, le... ce...
cet idiot qui la regardait du haut de son perchoir avec l'air de se moquer d'elle. Tiens, pour la peine, elle allait... Elle allait... Elle allait lui nettoyer sa cage en dernier !
Fière d'avoir administré ce qui lui paraissait la plus sévère des punition, Lyu redescendit. Elle reprit son éponge, et continua son ménage.
Gareth entra bientôt dans la volière. Elle lui sourit, d'autant qu'elle avait pratiquement terminé son ménage.
Ce que cela lui faisait plaisir de voir son maître adoré, adulé, préféré... et... une chasse au pigeon ? Lyu serra ses petits poings. Comment l'homme qu'elle préférait plus que tout au monde pouvait vouloir faire du mal à ces pauvres petites boules de plumes ? Comment pouvait-il supporter de voir leur sang écarlate sur l'herbe si verte, comment...

- Mais, non, je rigole, t'en fait pas...


La respiration de Lyu redevint régulière. Elle écouta Gareth énoncer le reste du programme de la journée. Elle en fut légèrement déçue.

- J'ai...
- Ah, ne
proteste pas... Ces dossiers doivent rester en bon état, il en va de la santé de nos petits protégés...

Lyu, qui pourtant aimait plus que tout au monde regarder Gareth faire voler ses oiseaux eut l'impression de recevoir une tâche divine. Elle était désormais responsable de la santé de ses oiseaux adorés !
Gareth quitta la volière, et Lyu se plongea aussitôt dans les cartons. Trente seconde plus tard, elle voyait venir le premier problème.
Elle ne savait pas lire.
Les lettres dansaient devant ses yeux comme autant de symboles inconnus, et elle était bien incapable de distinguer un « i » d'un « t », ou même d'un « f ».
Mais... mais si elle ne classait pas ses dossiers, alors que Gareth avait dit que la santé de ses rapaces en dépendait, cela voulait dire que les rapaces allaient... mourir ?
Horrifiée par l'idée, Lyu se rua dans les escaliers. Il fallait qu'elle rattrape son maître, à tout prix, avant qu'il ne soit trop tard. Elle ne connaissait rien à l'écriture, mais le pouvoir des mots devait être bien grand pour qu'il soit capable de tuer une centaine de rapaces en une seule journée !
Cette pensée la fit accélérer encore. Elle apercevait au loin Gareth qui s'engageait dans la forêt. Elle l'appela, mais celui-ci était trop loin pour l'entendre. Courant aussi vite que le lui permettaient ses jambes, elle se retrouva bien vite dans la forêt.
Les pieds dans les ronces.
Le regard fixé sur son maître, elle n'avait pas vu venir l'épais buisson d'épineux. Le temps qu'il lui fallut pour s'en dépêtrer lui suffit pour perdre Gareth de vue.
Ce n'était décidément pas son jour de chance.
Elle avança un peu, n'osant pas appeler de nouveau. Puis, en passant la tête derrière un arbre, elle aperçut une curieuse forme argentée.
Un coup d'œil supplémentaire lui apprit qu'il s'agissait d'un puma. Lyu ne faisait aucun bruit, de peur de l'apeurer.
Mais le vent était dans le mauvais sens, et bientôt, le fauve huma l'air, et la repéra. Il se jeta vers elle.
Lyu recula de quelques pas, le cœur battant. Elle n'avait pas peur des animaux. Elle n'avait jamais eu peur des animaux, mais elle trouvait à celui-ci un air... un air étrange.
Elle courut.
Au bout de trois pas, elle se retrouvait plaquée au sol, immobilisée sous l'imposante bête. Un instant, elle se demanda si celle-ci avait l'intention de la dévorer tout de suite. Puis elle remarqua que le fauve avait les griffes rentrées. Et qu'il la dévisageait sans avoir l'air de lui vouloir du mal.
Lyu planta ses grand yeux bleus dans ceux, encore plus grand, du félin. Puis elle les ferma un bref instant, et sentit le poids se retirer de son corps.
En rouvrant les yeux, elle aperçut Gareth, qui n'avait pas l'air ravi. Impression qui se confirma quand son maître la souleva du sol.

- Je sais que tu voulais que je classe les dossiers, je suis désolée... Mais je ne sais pas lire... est-ce que les oiseaux vont mourir à cause de moi ?

Ses yeux s'emplirent de larmes. Si c'était le cas, elle ne se le pardonnerait jamais. La colère de Gareth était fondée. Mais l'attention de son maître semblait être ailleurs.

- Qu'as-tu vu ? Réponds-moi, qu'as-tu vu ?
- Oh, tu ne devineras jamais ! Tout à l'heure, dans la clairière, il y avait un puma ! Tu l'as fait fuir en revenant. Il m'a sauté dessus.

Elle baissa la voix, comme pour une confidence :

- Mais je sais qu'il ne m'aurait pas fait de mal. Je l'ai vu dans ses yeux. Sa voix reprit un timbre normal. C'est dommage que tu sois arrivé si tôt. Je n'ai pas eu le temps de le caresser. D'ailleurs, il avait les mêmes yeux que toi, c'est amusant, non ?

On avait l'impression qu'elle parlait de la pluie et du beau temps.

- Dis, pourquoi tu est en colère ?

[ça va saigner Twisted Evil la bizounours contre la Bête, round 1 ]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Sam 8 Sep 2012 - 16:10

La jeune fille ne comprenait apparemment pas se qui était en train de se passer. Son maître lui hurlait dessus comme jamais et elle, elle ne savait pas se qu'elle avait fait. L'incompréhension et la peur régnaient dans son regard.
Gareth quand à lui, sa colère ne voulait pas s'atténuer. Bien au contraire, elle allait en s'accroissant. Il tenait toujours Lyu à bout de bras et son regard de félin ne quittait toujours pas ses rétines.
Les yeux de la kaelem se remplissaient de larmes, mais il ne réagissait pas. Ses instincts le guidaient et rien ne semblait pouvoir l'attendrir. Elle pensait que les oiseaux allaient mourir par sa faute, simplement parce qu'elle ne savait pas lire, parce qu'elle n'avait pas pu classer les dossiers.
Elle n'avait rien vu.
Le puma, elle l'avait aperçut, mais n'avait pas vu la métamorphose de son maître. Elle ignorait donc que c'était lui et non un animal sauvage. Tant mieux, mais pourquoi ne pouvait-il donc pas la lâcher ? Ses doigts restaient crispés sur le col de son apprentie et ne semblaient pas se décontracter. La colère résistait.
Soudain, Lyu reprit la parole. Elle avait vu dans ses yeux, elle avait vu que le félin ne lui aurait fait aucun mal. Elle avait lu dans son regard. Elle voulait le caresser. Les yeux de Gareth s'écarquillèrent à sa dernière remarque. Les mêmes yeux que lui... Comment cela ? Il n'avait pas les yeux jaune du puma, comment se faisait-il que... Non ! Son regard n'avait pas suivi sa métamorphose, il était resté jaune-or ! Elle ne pouvait tout de même pas passer à côté d'un signe aussi évident ? Lui qui avait habituellement les yeux d'un bleu océan insondable. Passer du bleu foncé au jaune doré en quelques minutes, ce n'était pas possible. Ne ferait-elle pas le lien ?
Elle parlait simplement sans se douter une seule seconde qu'il était le puma qui s'était jeté sur elle. Elle parlait comme si de rien n'était. Lyu était une jeune fille incroyable et naïve. Elle avait encore son âme d'enfant et souriait à chaque tournant de sa vie. Il aimait beaucoup cette jeune kaelem qui était rentrée dans sa vie par pur hasard. Jamais il n'avait demandé à être encombré par une apprentie, toujours dans ses pattes, mais elle était là. Il prenait même du plaisir à lui enseigner les secrets de la fauconnerie.

Elle posa soudain une question et le fauconnier, qui avait alors baissé le regard quelques minutes plus tôt, le releva et le planta dans celui de Lyu. Toujours aussi féroce. Pourquoi ne voulait-il pas se calmer, ce coeur qui battait la chamade, ce coeur féroce qui soufflait à l'homme des pensées félines ?
Pourquoi il était en colère...
Il posa la kaelem à terre. Sa voix fut aussi dure, aussi froide que lorsqu'il avait prononcé ses premières paroles. Il ne le voulait pas, mais il n'arrivait pas à l'adoucir.


- Tu m'as suivi Lyu, je t'interdis de recommencer ne serait-ce qu'une seule fois !

Elle ne comprenait toujours pas et semblait soudain vouloir prendre la parole, mais il ne lui en laissa pas le temps. La rage s'accentuait.

- Non ! Aucune question ! Je n'aime pas du tout lorsque l'on me colle au train, je déteste ça ! Tu ne le referas pas, un point c'est tout ! Même pour une question aussi stupide que celle qui t'amène aujourd'hui !

Elle restait là, à observer le fauconnier, les larmes encore aux yeux. Il avait beau regretter ses paroles, il avait beau vouloir la consoler, il n'y arrivait pas. Qu'aurait-il fait si elle avait découvert son secret ? Qu'aurait-elle dit, elle ? Il avait en horreur les gens qui le suivaient. La bête aussi. Elle n'aimait pas être observée.
Sa colère s'accroissait encore, voyant que la jeune fille ne tournait pas les talons. Il n'arrivait plus à la stopper. Puissance destructrice grandissante.
Il eut soudain l'impression d'être pris d'assaut, que sa tête était prête à exploser. La douleur fut terrible et son corps subit un réflexe humain : il se recroquevilla sur lui-même. Accroupi, la tête entre les jambes, il poussa un rugissement puissant. La bête réagissait aux émotions et là, elle n'avait pu résister à l'appel de l'extérieur. Les émotions étaient des portes ouvertes pour elle. C'était pour cela qu'il ne s'approchait de personne, qu'il ne prenait aucun contact. Il avait peur de lui laisser le champ libre.

Pas la journée, tu n'as pas le droit, c'est mon moment ! Toi, tu vis la nuit !

Sa rage était bien trop forte, il n'arrivait plus à la stopper. Il sentit une main se poser sur son épaule, il l'enleva d'un geste sec. C'était la jeune fille.
Lyu ! Elle ne devait pas se trouver ici si la bête sortait, elle ne devait pas se retrouver face à elle ! Il ne se le pardonnerait jamais s'il lui arrivait quelque chose. Jamais. A présent, il n'avait plus peur pour son anonymat, mais pour la vie de son élève. Autre cri perçant. Il releva la tête, des crocs venaient d'apparaître entre ses dents humaines. Son regard était jaune sombre.


- Vas-t-en !

Un ordre sans appels, bien plus sous une forme de menace. Dur, il voulait qu'elle parte, qu'elle ne soit plus à ses côtés afin de pouvoir se concentrer entièrement sur la bête. Qu'il n'ait plus à penser à la petite brune.

- Vas-t-en je te dis !

Elle semblait inquiète et surtout, pas prête à laisser son maître ainsi. Il souffrait le martyr, car l'esprit du puma frappait les barrières de son esprit à lui sans vergogne. Sa force était puissante, celle d'un grand félin. Il ne pourrait plus tenir très longtemps.

Vas-t-en je t'en supplie, fuis-moi de toute tes forces, cours loin et réfugies-toi entre quatre murs. Lyu, je t'en supplie !

Il ne tenait plus, il allait lâcher prise et la laisser prendre place. Alors qu'il abandonnait, une petite voix résonna à ses oreilles. Une voix fluette, inquiète. Sa volonté alors désarmée se refit, mais il était trop tard. Elle arrivait et il n'avait plus qu'un seul choix s'il voulait sauver son apprentie. Tant pis si elle le voyait, tant pis si elle savait. Il ne voulait pas la perdre. Il ne voulait pas être son assassin.
Toujours accroupi, sa silhouette devint floue et ses membres se contorsionnèrent. Son crâne le faisait encore souffrir, mais le seul moyen était de libérer le physique de la bête. Cela lui laisserait le temps d'ériger une nouvelle prison pour l'esprit de la bête. Il n'était plus l'humain, il était le puma. Il referma l'Esprit à double tour et il sembla se calmer. Son coeur se stoppa dans sa course, ses membres se détendirent. Il n'osait relever le regard, mais il n'arrivait pas à s'enfuir. Il lui devait des explications, mais comment ?

Le puma tournait le dos à la jeune fille, perdue.






[ J'adore ton post I love you et désolé du léger retard >< ]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Ven 14 Sep 2012 - 11:24

Gareth avait vraiment l'air très en colère. Lyu ne l'avait jamais vu ainsi. Même la fois, où elle avait réussi à faire s'effondrer la pile de cages propres qu'il venait de ranger. Il avait un peu crié, mais pas tant que ça... Là, il avait réellement l'air hors de lui. Il la tenait à bout de bras au dessus du sol. Le col du T-shirt blanc de la Kaelem l'étranglait un peu, mais elle n'osait pas protester. Secouée comme un prunier, elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle ne comprenait pas, et elle avait peur. Est-ce que Gareth allait lui en vouloir pour toujours ? Est-ce qu'il allait la renvoyer chez son oncle ? Non, elle ne pourrait jamais. C'était simplement impossible. Il y avait trop de choses, ici... Oui, mais s'il le faisait vraiment ? Et bien... et bien s'il le faisait, elle refuserait de partir. Et elle s'enfermerait dans une cage de la volière pendant... pendant... pendant trente quinze mille heure s'il le fallait !
Lyu releva un regard déterminé. Voilà ! Elle ne partirait pas, quoi qu'il arrive !

Mais face aux yeux incandescents de son maître, elle ne put s'empêcher d'éclater en sanglots. Gareth finit par la lâcher. On aurait pu attendre d'elle qu'elle se relève aussitôt, qu'elle s'explique, qu'elle s'excuse. Mais ses muscles refusaient de lui obéir. Elle restait à genoux sur le sol, les bras dans les herbes. Des fourmis entreprirent de lui escalader le bras gauche. Elle ne fit aucun geste pour les repousser. Son regard, tourné vers le sol, fixait la terre comme si elle allait lui communiquer un message divin.

De nouveau, il lui parla. Ou plutôt, cria, hurla. Ses paroles se perdaient dans l'esprit brumeux de Lyu, qui ne parvenait pas à comprendre. Les mots parvenaient à ses oreilles, mais elle en saisissait à peine le sens. Seul le mécontentement de son maître lui semblait avoir une importance. Elle voulut parler, s'excuser, promettre de ne plus jamais recommencer, mais Gareth ne lui en laissa pas le temps. Immédiatement, il reprit :

- Non ! Aucune question ! Je n'aime pas du tout lorsque l'on me colle au train, je déteste ça ! Tu ne le referas pas, un point c'est tout ! Même pour une question aussi stupide que celle qui t'amène aujourd'hui !
- Même si tu me le demandes ? balbutia Lyu sans réfléchir.

C'était la seule phrase qui lui était venue. Gareth avait été très clair, oui, elle ne devait plus le suivre. Mais comment elle faisait s'il lui disait « Viens, on va au lac » ? Elle faisait un détour, elle prenait un autre chemin ? Non pas qu'elle soit contre l'idée, surtout si cela le mettait dans cet état. Mais tout de même... Cela n'allait pas être très pratique...
Lyu souffla doucement sur les fourmis. Elle aurait voulu qu'il la pardonne, mais ne parvenait pas à trouver les bons mots pour cela. Cela commencerait sans doute par « Gareth, je... », ou « Tu sais, Gareth... », mais...
Ce fut le premier grognement de Gareth qui la tira de sa rêverie. Il avait l'air... concentré. Et peut-être paniqué, aussi. Brusquement, il s'accroupit à sa hauteur, et elle crut un instant qu'il voulait lui parler. Mais Gareth ne la regardait pas. Il poussa un gémissement atroce, si bien que Lyu lui demanda d'un ton inquiet :

- Ça va ?

Le fauconnier ne lui répondit pas. Il esquissa une grimace. Pleine de crocs.
Lyu ne recula pas. Au contraire. Elle tendit la main vers son maître, qui la repoussa durement. Ses yeux avaient viré au doré profond. Il lui cria de s'en aller. Cela ne ressemblait plus à un ordre, mais presque à un appel, désespéré.
Lyu hésita à lui obéir et à détaler dans les bois. Elle avait suffisamment désobéi à Gareth pour la journée. Mais son maître avait réellement l'air de souffrir. Il était hors de question qu'elle le laisse.

- Vas-t-en je t'en supplie, fuis-moi de toute tes forces, cours loin et réfugies-toi entre quatre murs. Lyu, je t'en supplie !

Lyu tremblait. Elle avait peur. Oui, elle mourrait de peur. Mais pas pour elle. Pour Gareth. Sa souffrance avait pour elle dépassé les bornes de l'acceptable. On avait l'impression qu'il luttait. Oui, qui luttait contre lui-même.
Lyu pensa aller chercher de l'aide. Ondiane n'était pas si loin. Mais le temps qu'elle fasse l'aller retour, et qu'un rêveur accepte de trainer ses kilos en trop jusqu'à la forêt, Gareth avait le temps de mourir quatre fois.
L'Académie ? Elle pouvait tout aussi bien aller l'infirmière. Mais une infirmière pouvait soulager ce mal invisible ? Lyu en doutait. Et elle ne pouvait se résoudre à laisser Gareth seul.

Il lui fallut un temps pour comprendre ce qu'elle voyait.
Elle aurait d'ailleurs pu raconter cela à toute l'Académie sans que personne ne la croie, tant c'était impensable. Mais Lyu était une enfant. Et rien ne lui paraissait extraordinaire. Quand on est un enfant, tout nous semble logique.
Aussi ne voyait-elle pas pourquoi Gareth n'aurait pas pu se transformer en gros chat.

En gros chat ?

Lyu se releva. Les membres de l'homme se couvraient de fourrure. Il semblait empreint d'un infini élan de sauvagerie. Lyu sourit. Voilà donc pourquoi le puma était parti quand Gareth était arrivé. Parce que le puma... c'était lui... Mais cela n'expliquait pas pourquoi il était tant en colère.
L'animal lui tournait le dos. Lyu n'hésita pas une seconde. Elle le rejoignit, et se mit a genoux devant lui.

Et le pris dans ses bras.

- Est-ce-que tu ne voulais pas que je te suive parce que tu ne voulais pas que je sache que tu pouvais te transformer en gros chat ?

Elle resserra son étreinte, enfouissant son visage dans le pelage du félin.

- Mais je m'en fiche moi, que tu sois un gros chat ! Tu aurait pu être un loup, un ours élastique ou un brûleur, je m'en fiche !

La seule chose qui compte, c'est que tu es mon maître. Et que je t'aime comme tu es.
Lyu se vit soudain envahir de questions, qui s'écoulèrent de sa bouche en un flot quasiment continu.

- Est-ce que ça te fait mal ? Est-ce que tu peux aussi te changer en gros chien ? Est-ce que tu peux choisir ta couleur ? Est-ce que les gens de l'Académie sont au courant ? Pourquoi tu étais en colère ? Est-ce que tu peux me parler ? Est-ce que tu m'en veut beaucoup ?

Une question la taraudait. Elle se mordit la lèvre.

- Les chats, ça mange des oiseaux, non ? Tu mangeras pas Plume, hein, s'il te plaît ?

[Toutes mes excuses pour le retard, donc >< désolée, je ne pense pas que cela aille en s'arrangeant... En plus, je ne fais pas avancer grand chose mais je no'se pas faire agir Gareth...]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Dim 16 Sep 2012 - 17:36

Gareth sentait que la bête reculait, qu'Elle abandonnait. En journée, c'était le seul moyen qu'il avait trouvé afin de La faire reculer. Prendre le contrôle de sa forme à Elle, prendre son contrôle. Lorsqu'il y arrivait, elle reculait, furieuse de ne pas être sortie en première. La plupart du temps c'était au premier qui prenait contrôle du corps et le fauconnier avait gagné cette bataille-ci. Mais qu'en sera-t-il des autres ? De toutes celles à venir. Parce que ce n'était pas fini, non loin de là. Elle revenait toujours, plus forte, plus déterminée que jamais. Le seul problème était qu'ils étaient aussi fort l'un que l'autre, ils partageaient le même corps et progressaient donc ensemble. Sauf qu'elle était bien plus féroce que lui, qui n'était qu'un homme. Qu'un simple être humain. Elle, elle était une bête, prête à tuer. Un fauve de la pire espèce. Un monstre.
La prochaine fois, aurait-il la force de résister ? Pourrait-il sauver l'inconscient qui serait à ses côtés ? Il se maudissait, il aurait dû être bien plus méfiant. Il aurait dû surveiller les alentours, observer s'il n'y avait personne, humer l'air, chercher la moindre présence. Il avait failli à sa promesse. Il avait mis Lyu en danger, elle s'était mise dans de beaux draps. Elle ne s'était pas imaginée le moins du monde tomber nez à nez avec son maître se transformant en félin. Il s'était découvert tout seul, il avait donné sa confiance bien trop rapidement. Il n'aurait pas dû.

Elle reculait, Elle abandonnait pour cette fois.
Toujours puma, toujours de dos. Il ne bougeait pas de peur d'effrayer son apprentie qui devait sans aucun doute déjà l'être. Il ne l'entendait pas bouger, il ne la voyait pas. Le métamorphe aurait tant voulu qu'elle parte, qu'elle oublie se qu'elle venait de voir, qu'elle n'en parle plus. Il aurait tant voulu que rien de tout ça ne se soit passé, mais il ne pouvait revenir en arrière. Elle lui demanderait sans doute des explications ou peut-être s'enfuirait-elle à toutes jambes prévenir l'Académie que leur fauconnier n'était qu'une bête prête à dévorer tout sur son passage, qu'un monstre sans aucune pitié. Elle aurait pu détruire toute sa vie rien qu'avec quelques paroles. Fuir était sa dernière solution. Fuir Al-Poll, retourner dans les îles Alines, devenir l'homme que son père aurait voulu qu'il soit. Un pirate. Comme toute sa lignée.

Ses yeux jaunes ne quittaient pas le sol, ses membres restaient figés. Seul son coeur battait la chamade. Même la nature semblait s'être stoppée, le temps s'être évaporé. Plus rien ne résonnait dans la forêt à part deux coeurs. Un discret et un autre plus puissant. Celui d'une fille et celui d'un fauve. Soudain, un bruissement. Léger, furtif. Lyu s'était levée. Elle approchait.

Non Lyu, n'approche pas, ne fais pas un pas de plus. Pourquoi viens-tu alors que je suis si effrayant ? Elle peut réapparaître à tout moment, Elle est plus forte que moi...

Ses pensées luttaient, aucune paroles ne sortaient. Il était un puma, il ne parlait pas. Il ne pouvait que penser et écouter. Il ne pouvait se faire comprendre de la kaelem.
Il vit soudain ses pieds apparaître devant lui et bientôt le visage de Lyu. Elle était à genoux devant lui. Pourquoi ne fuyait-elle pas comme il le lui avait demandé, pourquoi venait-elle vers lui ? Pourquoi...
Elle le prit dans ses bras et il ne put rien faire contre cela. Elle l'enserrait et il ne voulait pas se débattre de peur de la blesser. Il était tellement maladroit sous cette forme, un chat. Joueur tant avec les amis qu'avec ses proies. Il ne voulait blesser personne. Un sentiment paternel l'envahissait à chaque fois qu'il la voyait, elle était tellement naturelle. Elle était elle.
L'apprentie parla soudain, sans aucune crainte dans sa voix. Gareth ne bougeait toujours pas. Immobile. Elle était tellement naïve, elle était si adorable. Un gros chat. Savait-elle seulement se dont il était capable sous cette forme ? Il pouvait la déchirer en deux d'un seul coup de patte, lui détruire le bras avec un seul coup de mâchoire. Et l'Autre était là aussi. Cette esprit de fauve qui ne voulait pas quitter son corps, cette esprit qui l'empêchait de vivre normalement. Toujours concentré, en permanence sur ses gardes. Il ne dormait plus et ne se liait pas d'amitié. Avec personne. La plupart de ses amis étaient entrés d'eux-mêmes dans sa vie ; il n'avait rien demandé.
Lyu resserra son étreinte et il put sentir sa tête s'enfouir dans son pelage beige. Elle n'avait pas peur et continuait à lui parler malgré la fourrure qui rentrait sans doute dans sa bouche. Elle s'en fichait qu'il soit un animal. Il aurait rit à cette phrase tant elle ne voulait rien dire pour lui. Elle aurait pu l'embrasser sur la truffe que son opinion n'aurait pas changé. Elle n'aurait jamais dû savoir, jamais. La jeune fille aurait dû rester dans l'ignorance la plus totale, mais c'était son manque de prudence qui avait fait le contraire. Il s'en voulait plus que tout. Il l'avait mise en danger, il l'avait presque servie sur un plateau d'argent devant la Bête qui sommeillait en lui.

Un flot de questions sortit soudain des lèvres de la kaelem alors qu'elle était toujours à genoux, serrant son maître dans ses bras. Trop de questions, trop de réponses. Elle en savait déjà beaucoup trop, il ne lui en dirait pas plus pour l'instant. Malgré toutes ses envies, il ne parlerait pas. Premièrement parce qu'il ne le pouvait pas sous cette forme et deuxièmement parce qu'il n'en avait absolument pas envie.
La dernière question le fit sourire intérieurement. Il faudrait un jour qu'il lui dise qu'il était végétarien, ainsi cela réglerait la question. Mais pas aujourd'hui. Il était toujours en colère, mais plus contre Lyu. Contre lui-même et sa stupidité. Il s'était promis de ne plus jamais mettre quelqu'un en danger et il avait failli à cette promesse. Cela faisait deux fois depuis qu'il était arrivé à l'Académie. Peut-être n'était-ce pas le bon environnement pour lui et l'esprit du puma, peut-être devrait-il partir après tout.
Ce fut lorsque la jeune fille se remit face à lui et que leur regard se plantèrent l'un dans l'autre qu'il comprit instantanément. Il ne pouvait partir. Pour elle, pour Amarylis, pour Julia. Il avait promis différentes choses à ces trois personnes, il ne pouvait se dérober. Un apprentissage, une aide pour une étude, une aide pour un enfant et une mère. Il ne pouvait se défiler. Il n'aimait pas fuir, il l'avait déjà beaucoup trop fait.

Leurs yeux ne se quittaient pas et le métamorphe ronronna lorsque la jeune fille passa sa main dans sa fourrure. Il ne lui en voulait plus, il savait que c'était entièrement sa faute à lui. A lui seul. Prudence était son maître mot et il ne l'avait pas écouté.
Il ronronnait encore afin qu'elle sache qu'il n'était plus en colère, qu'elle n'avait plus rien à craindre. Que ce n'était pas de sa faute. Devait-il à présent redevenir l'homme ou s'en aller et la laisser seule ici ? Il ne voulait pas réellement en parler, mais savait que la kaelem ne pourrait résister à lui demander les réponses à toutes les questions qu'elle se posait. Il n'y échapperait pas. Mais peut-être pourrait-il reculer l'instant fatidique ? Peut-être pourrait-il lui faire oublier ses questions.
Il se leva donc et s'approcha de la jeune fille qui n'avait toujours aucune once de peur dans son regard. Elle savait qu'il ne lui ferait aucun mal, mais elle avait tord. Une part de lui en était capable. A un moment ou à un autre, il devrait lui dire de se méfier de lui. Que ce n'était pas une demande, mais un ordre.
Il ouvrit sa gueule et poussa un grognement tout en montrant son dos. Il était presque de la même taille que la kaelem et possédait une force incroyable. Il était capable de supporter un poids conséquent sur son dos. Donc Lyu allait paraître comme une simple plume sur son dos.
Elle parut hésiter, se demander se qu'elle devait faire, mais finalement, elle s'approcha, prit des touffes de poils dans ses mains et grimpa sur le dos de son maître. Elle eut à peine le temps de maintenir sa prise qu'il s'élança à travers les bois à une vitesse ahurissante. Il prit le chemin le plus simple, le moins chaotique, mais il sentait le corps de la jeune fille vaciller sur lui.

Cette petite virée lui ferait peut-être oublier ses questions...






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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Lun 8 Oct 2012 - 11:52

À
quoi servent les mots quand un regard suffit ? Lyu avait l’impression
que tous les mots du mondes s’écoulaient entre leurs deux regards à cet
instant.

Non.

Tous les mots du mondes n’aurait pas suffis.

Comment
décrire une telle sensation ? non, ce n’étaient pas seulement des mots.
Il y avait des images, des sons, des odeurs, des sentiments. Tout ce
qu’une petite fille pouvait ressentir pour un ami.

Pour un père, en fait.

Gareth
avait peu à peu pris dans sa vie le rôle du père qu’elle n’avait jamais
eu. C’était totalement différent de la relation qu’elle avait
entretenue avec son oncle, pendant un long moment. Ce dernier l’aimait,
la chérissait, la grondait si nécessaire, mais il ne la comprenait pas.
Il y avait toujours eu entre eux ce fossé qui sépare les enfants des
adultes. Les grands des petits. Entre Lyu et son oncle, parfois, même
les mots ne suffisaient pas à les faire s’entendre. Elle se souvenait en
particulier d’une dispute mémorable, où elle avait passé une jour et
une nuit entière perchée dans la volière. Elle avait grimpé une pile de
caisse, s’était juchée sur la plus haute, et avait fermement refusé d’en
descendre. c’était la fois où son oncle avait fait abattre, malgré ses
protestations, deux faucons sous prétexte qu’ils étaient trop petit.
Elle avait réussi à sauver le troisième. Plume.

Lyu
était descendue de sa pile de caisse au bout d’une vingtaine d’heure.
Quand sa nourrice était venue la voir avec une pile de crêpes. Elle
avait bien tenté de faire une grève de la faim, mais au bout d’une
journée à partager de la viande crue avec un vieux hibou, elle avait
craqué.

Après avoir crié sur son oncle. Beaucoup.

Lyu
passa une main dans la fourrure du félin, qui ronronna, façon de lui
faire comprendre qu’il ne lui en voulait plus. Lyu se sentait rassurée.
Les rapaces n’allaient peut-être pas mourir, après tout. Sinon, Gareth
aurait probablement couru jusqu’à la volière pour les sauver.

La
jeune fille enfouit son visage dans le pelage soyeux, apaisée. Les
larmes avaient laissé sur ses joues deux traces rouges qui s’estompaient
déjà.

Peu importe l’orage, le soleil triomphe toujours.

C’était on ne peut plus vrai.

Gareth
se mit soudain sur ses pattes, ce qui permit à Lyu de constater qu’il
était aussi grand qu’elle. Un peu impressionnée, elle ne recula
cependant pas du tout. un grognement de son maître lui fit comprendre
qu’il souhaitait qu’elle monde sur son dos.

Lyu dut s’y reprendre à trois fois avant d’y parvenir, tant l’animal était imposant.

Elle
avait fait un peu d’équitation avant de venir à l’Académie de Merwyn,
et, en restant modeste, elle se débrouillait très bien tant qu’il ne
s’agissait pas de descendre une montagne sur un pur-sang au galop.

Cependant,
s’asseoir sur un puma n’avait rien de comparable. Lyu remercia
l’instinct qui l’avait poussée à enfiler un pantalon au lieu d’une jupe
ce matin là. Ses petites mains agrippèrent fermement la fourrure
argentée, au point qu’elle se demanda un instant si elle n’allait pas
lui faire mal.

Elle desserra donc un peu sa prise.

Mauvaise idée

Au
premier saut, elle se retrouva balayée comme un fétu de paille, et
atterrit assez inélégamment dans les fougères. Elle se releva aussitôt,
sans se plaindre, et remonta.

en grimaçant un tout petit peu.

Cette
fois-ci, un peu plus préparée, elle parvint à rester en place quand le
fauve s’élança à travers les bois, éclair doré dans la sylve, qui
commençait tout juste à se parer de ses couleurs de printemps.

Lyu
tomba une nouvelle fois, laissant échapper un léger gémissement quand
son genou heurta une pierre qui dépassait du sol. Une nouvelle fois,
elle remonta sans poser de questions. Si chevaucher un fauve avait
quelque chose de déstabilisant au premier abord, c’était en réalité une
inoubliable sensation de liberté.

Pour
peu, Lyu se serait senti des ailes. Le puma évoluait avec une aisance
surnaturelle, survolant les obstacle avec une grâce sans égale. La forêt
défilait dans la brume matinale, avec des allures de monde féérique,
imaginaire.

Ils
s’arrêtèrent un bout d’un long moment, qui sembla pourtant à Lyu
n’avoir pas duré une seconde. Lyu se laissa tomber dans l’herbe, le
regard vers le ciel. Haut, bien plus haut, les hirondelles dansaient.

Elle était heureuse.

Le
puma couché à côté d’elle n’avait pas l’air fatigué. Même pas
essoufflé. À côté, Lyu avait les joues rouges et le souffle court. Ce
n’était pourtant pas elle qui avait couru...

Elle s’avança vers une petite flaque d’eau claire, et y plongea les mains, pour se passer de l’eau sur le visage.

Elle
ne parvenait pas à émerger de ce qu’il lui semblait un véritable
rêve... Au bout de quelques minutes, le coeur battant, elle ne put
s’empêche de demander, hésitante :



- Est-ce qu’on peut y retourner ? Rien qu’une minute, rien qu’une seule fois... S’il-te-plaît....



Son cœur bondit de joie quand le félin lui fit signe de monter.

Elle était de plus en plus à l’aise. Son bassin suivait le mouvement du puma, elle ressentait à peine le chemin chaotique.

Si bien qu’elle se risqua à lâcher une main.

Puis deux.

Très mauvaise idée.

Gareth ne ralentit même pas un franchissant un énième obstacle. Il avait l’air lui aussi de savourer la promenade.

Lyu,
en revanche, ne vit rien venir. Elle glissa le côté, privée de prise
pour se retenir. Puis, lorsque les pattes du félin touchèrent le sol,
elle tomba tout à fait. Impuissante, elle dévala la pente d’un petit
fossé. Un des rubans de ses cheveux se pris dans une racine, dénouant sa
couette. Cela ne ralenti même pas sa chute.

Alors qu’elle était déjà tombée plusieurs fois, sans gravité, la chance tourna cette fois-ci.

Malchance qui pris la forme d’un rocher. Rocher que, dans d’autres circonstance, Lyu aurait sans doute trouvé très joli.

Elle n’eut hélas pas le temps de l’observer de près. Sa tête heurta violemment la pierre froide, suivi du reste de son corps.

Elle tomba comme un pantin désarticulé dans le peu d’eau qui croupissait au fond du ravin.

Loin au-dessus d’elle, les hirondelles continuaient de danser.


[Je suis impardonnable, je sais >< je t'autorise à me dévorer/hacher menu... Surtout que j'ai l'impression d'y aller un peu fort, sur la fin surtout n'hésite pas à me dire, j'éditerais... Tu excuseras la mise en page pourrie, je poste depuis le lycée et ça débloque un peu...]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Dim 21 Oct 2012 - 19:32

Ils n'avaient pas fait quelques pas que Lyu tomba à terre. Le puma se retourna à une vitesse folle, inquiet. Il fut rassuré lorsqu'il la vit se dépêtrer d'un tas de fougères et aurait sourit s'il n'était pas sous cette forme. Eh bien oui, les pumas ça peut pas sourire. Elle se releva sans un mot, sans une plainte, et remonta sur le dos du félin.
Il attendit qu'elle prenne prise afin de s'élancer à nouveau entre les arbres. Ils filaient comme une flèche, la jeune fille et le fauve. Deux corps dans un même temps.
Il pouvait sentir le sol évoluer sous ses pattes, il percevait chaque battement de la nature. Ainsi que celui du coeur affolé de son apprentie. Deux souffles, l'un saccadé l'autre aussi calme que d'habitude.
Le vent s'écrasait contre sa truffe, sa queue battait le rythme derrière lui et ses moustaches se confrontaient aux gouttes de la rosée. Son esprit avait beau être échauffé, en colère, il se sentait bien. Aucune trace de l'Autre, aucune trace de sa volonté. Elle s'était reculée lorsque la métamorphose avait eu lieu. Elle le laissait enfin tranquille. Pour l'instant. Il se sentait bien.

Le métamorphe sentit encore une fois que le corps de Lyu flanchait et elle ne tarda pas à tomber à nouveau. Il se stoppa net une seconde fois et n'eut même pas le temps de se rapprocher d'elle, qu'il sentit un poids remonter sur lui. Pas un mot, rien. Aucune protestation. Elle semblait tant apprécier ce moment incroyable, pas un seul instant de doute ni de peur. Il voyait à présent combien elle tenait à lui. Et il savait combien il tenait à elle. Elle était sans doute la fille qu'il n'aurait jamais.
Il aurait tant voulu qu'elle ne le sache jamais, qu'elle reste toujours dans l'ignorance. Non. Leurs destins étaient apparemment mêlés l'un à l'autre. Ca se déroulait comme cela parfois. Des destins s'entrecroisaient, suivaient la même route, parcouraient les mêmes chemins. Leurs voies étaient mêlées. A jamais.

Irréelle, leur course semblait durer une éternité. Ses coussinets frôlaient le sol, sentant chaque herbe, chaque pierre, chaque morceau de terre, chaque tronc, branches et autres. Il ressentait chaque sons, odeurs et images. Jamais il n'aurait cru prendre quelqu'un sur son dos et courir avec celui-ci entre les troncs. Jamais il n'aurait cru dire à la jeune apprentie son secret.
C'était une sensation étrange que de jouer la monture. Une sensation étonnement agréable. Savoir qu'un sourire s'étirait sur le visage de la kaelem était sans doute la seule chose qui lui faisait plaisir dans cette révélation. La seule. Savoir qu'elle n'était pas effrayée, qu'elle ne le fuyait pas. Même s'il l'aurait énormément désiré.

Pourquoi ne m'as-tu pas fuit pendant que tu en avais l'occasion ?

Le puma s'arrêta en douceur. Lyu se laissa tomber dans l'herbe et regardait le ciel. Elle semblait épanouie, heureuse. Lui l'était moins. Il savait à quoi s'attendre, il savait qu'elle était en danger à ses côtés. Même sans connaître son secret. Elle était en danger parce qu'elle le connaissait, parce qu'elle lui était proche. Mais elle l'ignorait. Elle était heureuse et ignorait tous les dangers qu'elle encourait. Et il comptait bien faire durer cette ignorance tout en la protégeant du mieux qu'il pouvait de lui-même.

Le félin s'approcha et se coucha à ses côtés. Paisible, son souffle ne résonnait pas au contraire de celui de la kaelem. Ils passèrent quelques minutes ainsi, elle couchée sur le dos et lui sa grosse tête posée sur ses pattes. Elle demanda soudain d'y retourner. Elle semblait tant le désirer, elle semblait tant vouloir recommencer une nouvelle virée sur le dos de son maître. Il ne pouvait le lui refuser, il fit donc un signe de tête et elle bondit de joie avant de monter pour la troisième fois sur le fauve.
Lyu paraissait se faire au mouvement du corps du félin. Peut-être qu'elle remontera bien plus souvent sur son dos que ce qu'ils pouvaient penser après tout. Maintenant qu'elle était au courant...
Elle lâcha une main, puis deux. Certaine de pouvoir tenir. Sauf que le puma en était moins convaincu, c'est pourquoi il tenta de maintenir un rythme régulier sans trop d'accrocs. Cela ne servit à rien, car il dû accélérer pour franchir un tronc qui leur barrait la route, ce qui eut pour effet de faire tomber son apprentie pour la troisième fois. La seule chose qu'il perçut fut un bruit atroce de terre battue et de branches écrasées.
Son attention fut attirée par ces sons inquiétants et il ne vit pas les branches qui lui arrivaient dessus. N'ayant pas eut le temps de ralentir, il se heurta violemment à un tronc, son souffle fut coupé d'un seul coup. Son corps s'écrasa au sol dans un bruit ahurissant, mais il se releva directement sans se préoccuper de la douleur intense qui s'était insinué dans ses membres. Il s'élança en arrière et se lança dans le ravin où se trouvait Lyu sans regarder dans quoi il se dirigeait. Il voulait la sauver. C'était sa faute. Il n'aurait jamais dû la prendre sur son dos.
Sa faute. A lui.
Son coeur rata un battement lorsqu'il la découvrit inerte dans le fond du ravin, ses cheveux flottant dans une flaque d'eau. Une vague de remord l'inonda alors. Comment avait-il pu la faire monter sur son dos, pourquoi ne s'était-il pas enfuit dans les bois, loin d'elle ?
C'était sa faute.

Sans se poser une question de plus, sa silhouette se troubla et Gareth apparut à la place du puma. Il se rua vers elle et s'accroupi à ses côtés. Elle avait les yeux grands ouverts et ses membres ne paraissaient pas désarticulés. Elle était sans doute simplement sonnée, mais il préférait en être sûr.
Il la fit s'assoir en douceur et tous deux côte à côte, le silence les entourait. Le fauconnier la prit soudain dans ses bras.


- Pardonne-moi...

Un simple murmure. Il s'en voulait tant.
Il posa sa main dans ses cheveux et sentit soudain une substance gluante sous ses doigts. Son coeur s'affola. Il pencha Lyu vers l'avant afin de pouvoir voir de quoi il s'agissait. Pas du sang. Tout sauf du sang, il espérait tant que ce ne soit pas cela. Son coeur s'arrêta lorsqu'il découvrit ce que c'était.
De la sève.
Il recommença à respirer normalement ; elle n'avait rien. Juste sonnée.
La kaelem commença à bouger.


- Pardonne-moi...

Il la repoussa légèrement afin de voir son visage. Elle souffrait sans doute de quelques bleus, elle en aura même beaucoup le lendemain. La chute qu'elle avait faite ne s'était pas finie sur des plumes. Loin de là.
Leur regard se planta l'un dans l'autre. Elle était sonnée, mais semblait percevoir ce qu'il se passait autour d'elle.


- Tu n'as rien ?... Où as-tu mal ?

Inquiétude. Honte.
Jamais il n'aurait dû lui proposer de monter sur son dos.

Dame, faites qu'elle n'ait rien...


- Désolé...




[ Désolé du retard >< ]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Mar 23 Oct 2012 - 13:19

Noir.
Aucun bruit, aucun son, aucune odeur.
Seulement le noir, le noir à l'infini.
Au milieu de cette immensité, Lyu se sentait un peu seule.

- Il y a quelqu'un un ?


Seul l'écho de sa voix lui répondit.
Lyu avait horriblement froid et toute cette solitude lui faisait peur. Elle insista :

- S'il vous plaîîît ! Pourquoi je suis toute seule ?

Les larmes ruisselaient sur ses joues tandis que son appel devenait murmure.

- S'il vous plaît...

Où suis-je ?
Est-ce que je suis... morte ?

Lumière.
Lyu mit une bonne minute avant de cesser de loucher, éblouie par la lumière. Son esprit se mit à tourner à toute vitesse. Elle tentait de trouver dans son vocabulaire ô combien riche le mot les plus adapté à la situation. Celui qui traduirait en un seul instant tout le le fond de sa pensée, et...

- Aïe.

Clair, net et précis. Parfait, en somme. Lyu précisa, d'une voix un peu rauque :

- Froid.


Gareth la releva et la plaça en position assise. L'eau qui trempait ses cheveux coula dans son dos, la faisant frissoner. Elle leva une main jusqu'à la seule de ses couettes encore en place, nota au passage qu'elle pouvait encore bouger son bras. De ses doigts fins, elle retira le ruban rouge, et essora ses cheveux.
Gareth, à ses côtés, se répandait en excuses. Lyu rougissait au fur et à mesure, horriblement gênée.

- Non, non je t'en prie. tu n'as pas à t'excuser. C'est moi qui... moi qui... moi qui ai insisté pour que tu m'emmènes de nouveau. Moi qui ait lâché mes mains. Moi qui suis tombée.


Elle avait honte, honte que son maître se sente responsable de tout cela alors qu'il avait tant fait pour elle, alors qu'elle lui avait désobéi par deux fois dans la journée. Honte qu'il se sente responsable alors qu'elle était la seule à blâmer.
La Kaelem reprit lentement, mesurant ses mots :

- Je crois que je n'ai rien de cassé...

Elle fit doucement bouger sa nuque, puis ses épaules, ses bras et ses doigts. Son T-Shirt s'était pris dans une branche, et une déchirure courait de son épaule au milieu de son dos.
Ses yeux s'agrandirent d'inquiétude.

- Qu'est-ce que je vais dire à l'intendant ?

Elle voulut se lever au plus vite, histoire d'avoir le temps de rentrer discrètement, de se sécher, de se changer et de retourner travailler -après tout, les fichiers n'étaient toujours pas classés. Elle ressentait comme une gène au niveau de la hanche, puis une série de bleus le long de la colonne vertébrale. Pour les bleus, elle en faisait son affaire. Si vraiment la douleur devenait insupportable, elle irait demander une crème à l'infirmière.
Restait la hanche.
Lyu posa un genou au sol, attrapa le rocher derrière elle, et se mit sur ses pieds. C'était étrange. Il y avait une jambe qui lui faisait mal. Elle la sentait parfaitement, et à peine essaya-t-elle de poser le pied par terre qu'elle ne put s'empêcher de gémir. En revanche, et c'était cela qui était étrange, l'autre jambe ne lui faisait pas mal du tout. Même si elle s'était égratignée en tombant et qu'un peu de sang coulait sur sa peau blanche, elle ne sentait rien.
Sa jambe était même anormalement inerte.
Elle voulut la bouger. Lui faire signe d'avancer. Simplement plier son genou. Rien à faire. C'était comme si on avait remplacé sa jambe à elle par une statue de cire.

- Gareth ? Ma jambe me fais mal...

Elle fronça les sourcils. Non, pas tout à fait. Elle expliqua.

- Enfin, celle-là me fait mal. Celle-là, je ne la sens pas. C'est normal ?

Lyu ne savait pas ce qu'elle préférait. Pouvoir bouger sa jambe, mais avoir mal en posant son pied par terre, ou ne plus pouvoir la bouger du tout. La seconde option restant tout de même assez handicapante.

[Ma pauvre Lyu Sad je ne sais pas du tout où je vais, ça m'embête un peu >< est-ce que les rêveurs guérissent ce genre de chose ?]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Mer 31 Oct 2012 - 9:49

Gareth leva enfin son regard vers le visage de son apprentie et se rendit compte qu'elle était devenue rouge. Elle était gênée et le lui fit bien vite comprendre. Elle avait beau lui dire que ce n'était pas sa faute, il n'en croyait pas un traitre mot. Il se sentait coupable et rien ne pourrait changer cela. Même son apprentie et ses adorables sourires.
Sans doute était-ce elle qui avait lâché ses mains, mais il aurait dû ralentir la cadence dès qu'il avait senti qu'elle lâchait prise. Il aurait dû surveiller l'allure et ne pas s'emporter. Comme à chaque fois. Lorsqu'il était sous cette forme, l'instinct le prenait par les tripes et le guidait aveuglément. Il avait deux esprits. L'homme et la bête. Il ressentait tout ce que ces deux êtres pouvaient ressentir. C'était cependant l'instinct qui dominait la plupart du temps.
Elle avait lâché prise, mais il se devait de la protéger. Il l'aimait bien trop.

Jamais je n'aurais cru m'attacher à toi, jamais je n'aurais cru que tu prendrais une place aussi importante dans ma vie. Tu es comme la fille que je n'aurais jamais, tu es la petite étincelle de vie sur laquelle je ne peux m'empêcher de veiller.
Je ne veux pas te faire de mal. Lyu...

La kaelem fit jouer ses membres, elle n'avait rien de cassé. C'était un poids de moins sur les épaules du métamorphe, mais il se sentait tout de même mal.
Lyu s'affola soudain et il crut qu'elle avait découvert une plaie grave, mais lorsqu'elle demanda ce qu'allait dire l'Intendant, il comprit. Elle parlait de ses vêtements. Un demi-sourire se fraya alors un chemin sur le visage de Gareth. Tellement naïve, tellement enfant. Elle ne s'inquiétait pas de savoir comment elle allait, elle s'inquiétait des remontrances de l'Intendant.
Il vit qu'elle voulait se relever, mais elle resta à terre. Il fronça les sourcils ; quelque chose clochait. Elle posa un genou au sol et se leva grâce au rocher qui était derrière elle. Ses jambes tremblaient quelque peu, il le voyait. Elle posa alors le pied et gémit. Elle sembla soudain s'arrêter alors qu'elle était sur sa lancée.
Que ce passait-il ?
Gareth commença à s'inquiéter et se leva à son tour, se rapprochant de son apprentie. Elle se retourna et lui expliqua. Une jambe qui lui faisait mal, l'autre qu'elle ne sentait plus. Comment cela pouvait-il être possible ?! Il s'approcha d'elle et la fit se rassoir.
Inquiet.


- Je... je n'en sais rien, je ne suis pas rêveur. Je ne sais que soigner les oiseaux...

Le fauconnier ne savait pas quoi lui répondre. Oui, il trouvait que ce n'était pas normal. Non, il ne savait pas si c'était normal. Sans doute que non. Ce n'était pas normal.
D'un regard assuré, il parla à nouveau. Sûr de lui.


- Non, ce n'est pas normal. Attend, je vais regarder.

Il ne savait sans doute que s'occuper des volatiles, mais le corps humain ne devait pas être plus difficile à comprendre. Et il ne voulait pas la laisser comme cela. Il s'agenouilla donc et étira avec délicatesse les jambes de Lyu. Il palpa la première, celle qui ne répondait plus. Il compara sa jambe avec la sienne, mais rien ne semblait étrange. Aucun os déplacé dans tous les cas. Mais ce n'était pas normal qu'elle ne réponde plus.
Ses mains se dirigèrent vers l'autre jambe, celle qui lui faisait mal. Il n'eut pas à palper très longtemps, car il remarqua qu'il y avait un problème vers son genou. Un os n'était plus à sa place.
Inquiet, il continuait à comparer son propre genou à celui de son apprentie, mais la même solution s'imposait toujours à lui. Le genou n'était plus en place.
C'était sa faute.
Il se releva, mais força Lyu à rester assise.

Jamais tu n'aurais dû savoir, à présent, tu risque ta vie à mes côtés.
Jamais tu n'aurais dû monter sur mon dos, je n'aurais pas dû te le proposer. Mais tes questions commençaient à m'envahir. Je ne respirait plus. L'Esprit s'échauffait en moi.
Et ces questions te taraudent encore. J'ai peur que tu me les pose une fois de plus.

Le fauconnier était de dos à son apprentie, il ne savait pas quoi faire. Aller voir un rêveur ? C'était sans doute la meilleure chose à faire. Mais elle savait tout et il ne lui avait rien dit. Enfin... Elle savait pour son don de métamorphe. Il ne pouvait pas la laisser partir sans un avertissement. Il se devait de lui donner des directives avant de l'emmener à Eoliane.
Il se tourna alors vers elle et plongea son regard dans celui de Lyu. Profond. Sans appel.


- Avant que je ne t'emmène voir un rêveur, j'aimerais que tu me promettes quelque chose.

Elle hocha la tête et semblait prête à tout. Elle écoutait son maître comme s'il était le messager de la Dame, elle semblait pouvoir croire à tout ce qu'il pouvait lui raconter.
Gareth maintenait la prise de son regard, elle ne pouvait le quitter.


- J'aimerais... non. J'exige que tu me promette que si un jour, sous... cette apparence de bête... Si tu te sens en danger, tu devras fuir. Loin, très loin. Tu fuiras jusqu'à ce que tu ne me vois plus à tes trousses. Tu fuiras et feras tout pour m'arrêter...

Le métamorphe avait tellement peur de blesser quelqu'un, de tuer sous cette forme-ci. Humain, il se contrôlait. Animal, l'instinct gagnait en puissance. Et Elle, l'Esprit était là. Elle ne le laissait pas en paix. Et Elle pouvait vouloir se venger de cette captivité forcée à tout moment. Sur Lyu. Ou les autres. Et cela, il le refusait. Il préférait encore mourir.

- Promets-moi que si un jour tu te sens menacée, si un jour je t'attaque toi ou quelqu'un d'autre, tu feras tout pour me stopper. Mais pas de ta main. Tu demanderas à quelqu'un de compétent. Comme le maître d'armes.

Il vit qu'elle ne comprenait pas pourquoi il lui disait cela et elle ne comprendrait sans doute jamais. Il savait lui, qu'Elle était bien trop forte pour qu'il la contienne indéfiniment. La kaelem l'ignorait.

- Promet-le moi. Je sais que tu ne comprend rien à ce que je te raconte, je te raconterais sans doute cela un jour. Mais pas aujourd'hui. Il est encore bien trop tôt.

Sa dernière phrase se perdit dans le silence.

Te raconterais-je cela à ma mort peut-être. Lorsque tout sera fini. Lorsqu'Elle ne sera plus un danger pour toi.


- Je ne peux que te dire que je suis bien trop imprévisible pour ne pas prévoir de contre-attaque envers moi...




[ Je voulais juste te dire que tout ce qui est en italique ce sont soit la narration soit des pensées. Une fois tu as pris les pensées comme des paroles prononcées. Mais bon, c'est pas bien grave ^^
Et si ça ne va pas, j'édite o/ ]


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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Mer 31 Oct 2012 - 15:45

Une jambe qui bouge, une qui ne bouge pas.
Bouge, bouge pas.
Mal, pas mal.
C'en était presque drôle. Drôle, si Gareth n'avait pas eu cette étrange expression sur le visage. Lyu pouvait y lire de la peur, oui. De la peur pour son apprentie. Lyu sentit son cœur se mettre à battre un plus vite. Il y aurait, il l'issue de cette journée, quelque chose entre eux deux. Pas de l'amour non. Évidemment que non. Une bonne dizaine d'année devaient séparer le maître et l'apprentie. Mais plutôt l'affection, l'immense affection qui unit un père et son enfant.
L'affection, Lyu l'avait à peine connue. Il y avait tout d'abord eu ses parents, oui. Qui l'aimaient, mais dont le métiers prenait tout le temps. Puis son petit voisin, le fauconnier. Lui aussi, elle l'aimait beaucoup. Et s'ils avaient grandis ensemble jusqu'au bout, peut-êter y aurait il eu entre eux deux... quelque chose de plus.
Sauf que Llyen était mort.
C'était sa passion, qui l'avait emporté. Il avait été faire danser ses oiseaux dans la tempête, interdisant à Lyu de le suivre, à cause du danger.
Lyu n'avait pas osé désobéir. Elle n'avait retrouvé, le lendemain matin, que le corps inerte de l'oiseau, brisé sur un rocher.
Puis il y avait eu son oncle, et toute l'affection que lui avait apporté ce dernier, même s'il la dissimulait sous ses airs de vieil homme bourru. Lyu l'aimait bien, mais il n'y avait pas... Il n'y avait pas cette impression d'être comprise, par cette impression d'être aimée sans condition.
Pas du tout ce qu'elle ressentait envers Gareth.

- Je ne sais soigner que les oiseaux.


Mais je suis un oiseau !
La réplique brûla les lèvres de la jeune fille, qui la retint de justesse. Ce n'était pas exactement le moment de faire de l'humour. Quoique... Étais-ce vraiment de l'humour ?
Depuis son arrivée à l'Académie, depuis qu'enfin elle s'était fait des amis, depuis qu'elle consacrait ses journées à ce qu'elle aimait, sa vie avait pris un autre sens. Elle se sentait des ailes. Si elle avait sauté, du haut de la vigie, elle aurait été presque surprise de ne pas s'envoler...
Gareth examina ses deux jambes, l'une après l'autre, sans montrer si cela était grave ou pas. Il avait l'air préoccupé. Mais préoccupé... par autre chose.
Lyu voulut se relever, mais son maître la força à rester assise. Gareth avait le regard dans le vague. Lyu s'inquiétait un peu. Des deux, lequel était vraiment blessé ?
Une jambe cassée finit imanqublement par guérir. Mais une plaie au cœur, elle, ne fait que s'infecter, indéfiniment.
Son maître lui tournait le dos. Il avait l'air mal. Lyu se redressa sur les genoux. À cet instant, sa jambe était bien le cadet de ses soucis... La jeune Kaelem posa une main affectueuse sur l'épaule du fauconnier. Elle s'apprêtait à prendre la parole, mais le fauconnier la devança. Lyu fut surprise par l'extraordinaire éclat de son regard. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état là.

- Je te promettrais tout ce que tu veux...


Si ça t'aide à guérir.
Si c'est ton cœur qui te fait mal, Gareht, je vendrais le miens pour t'aider.

Chaque mot que prononça Gareth fut comme un poignard planté sans ménagement dans la poitrine de Lyu. Un coup de pelle pour élargir un fossé pourtant profond. Elle baissa les yeux, serra les poings.
Fuir
Fuir, comme une lâche, comme la lâche qu'elle avait toujours été.
Gareht lui demandait de l'abandonner.
Et Lyu, au fond de son cœur, de son grand cœur de petite fille, pris une importante décision.
Elle aiderait Gareth. Elle vendrait son âme au Ts'liches pour qu'un jour, son maître n'est plus besoin de lui demander de fuir. Oui, elle le ferait.

- Si un jour, je vois que tu peux me faire du mal, Gareth. Si un jour je me sens en danger. Alors ce jour là, oui, je peux te promettre que je fuirais.

Mais cela n'en sera que pour mieux revenir. Que pour mieux t'aider.
La Kaelem frissona à l'évocation du maître d'arme. Elle ne l'avait croisé qu'une ou deux fois, fuyant son intimidante carrure.

- Non, pas au maître d'arme !

Elle avait crié, sans s'en rendre compte. Elle s'empressa de nuancer :

- Il... il te ferait du mal. Je ne veux pas qu'on te fasse du mal.

Elle demanderait à Arro, son ami marchombre. Ou bien à Myra, son primat. Ou à Loïca, le gentille analyste. Que des gens gentils, qui seraient gentils, même avec un puma en colère.
Parce qu'un puma en colère n'a besoin que de câlins I love you

- Je te le promet.


Lyu se jeta dans ses bras, et serra, de toutes ses forces. Puis au bout de dix secondes, elle osa, d'une toute petite voix :

- Mais, dit, tu pourrais m'emmener à l'infirmerie, s'il te plaît ?


*

- Le genou est sorti de son logement. Ça va faire mal, mais je peux le remettre en place.


L'infirmière se tenait penchée au-dessus de Lyu. Chance, elle n'avait pas croisé l'intendant en route.

- Par contre, j'ai l'impression que c'est sa hanche, qui est touchée, de l'autre côté. Il faudra attendre le rêveur.

La femme se retourna pour saisir un pot d'onguent dans son armoire. Elle en badigeonna le genou de la jeune fille.

- Et maintenant, accroche-toi... Je te préviens, ce n'est pas très agréable...

[Des pensées pour des paroles prononcées ^^ ? Zut, je n'ai pas fait attention, alors >< Toutes mes excuses... Tu peux remplir l'élipse forêt-infirmerie, si tu veux I love you ]



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MessageSujet: Re: Découvres la Bête, tu t'en mordras les doigts . [Terminé]   Sam 17 Nov 2012 - 17:08

Lyu s'inquiétait pour lui alors que ça aurait dû être le contraire. Elle était l'élève et lui le maître, c'était à lui de s'inquièter pour elle. Non le contraire. Mais la malchance en avait décidé autrement en dévoilant le secret de toute une vie à une jeune fille frêle et naïve. A Lyu.
Gareth ne put s'empêcher de sourire face au cri qu'elle avait poussé ; elle ne voulait pas le le dire au maître d'armes, elle avait peur qu'il ne le tue. Et c'était bien le but de la manoeuvre. Le tuer. La tuer. Cette bête qui voulait sans cesse prendre le contrôle de son corps alors qu'ils pourraient s'entendre. Cette bête qui voulait ce corps pour Elle toute seule. Eliminer son hôte. Eliminer Gareth. Voilà tout ce dont en quoi Elle aspirait. Prendre le contrôle d'un corps afin de se déchaîner dans le monde. Faire ce qu'elle désirait. Mais le métamorphe ne La laisserait pas faire ; c'était pour cela qu'il souffrait autant, pour cela qu'Elle tentait chaque nuit de forcer le barrage. Une guerre pour un corps. Et si Elle gagnait cette guerre, qui de mieux placer que le maître d'armes pour faire ce qu'il fallait faire ?
Gareth pensait à cette possibilité jour et nuit, il savait que peut-être un jour il arriverait à cette solution. Pas pour le moment bien sûr, mais peut-être. Seule la Dame le savait.

Elle se jeta soudain dans les bras de Gareth après lui avoir promis tout ce dont il attendait d'elle. Elle le serrait de toutes ses forces et ne semblait plus vouloir le lâcher. Elle parla enfin.
Quel imbécile ! Il en avait oublié le plus important ! Le genou de son apprentie ! Il l'observa et lui offrit un sourire. Le premier de la journée.


- Bien sûr, ce détour s'impose.

Il détacha les mains de la jeune fille et la prit dans ses bras. Légère, elle ne pesait rien. Une plume. Il commença alors à marcher dans la direction d'Eoliane. Un silence s'installa entre eux qui fut bien vite remplacé par le souffle du vent.
Mais rien. Aucune phrase, aucun mot, aucune syllabe. Rien. Seules leurs pensées tournaient à plein régime.

Lyu, pourquoi ne t'es-tu pas enfuie lorsque tu le pouvais encore ? Pourquoi être restée là, devant ces crocs puissants, ces griffes acérées, ce regard de tueur ? Pourquoi alaviriens, êtes-vous aussi têtus ? Un Aline n'aurait pas hésité une seule seconde avant d'enfoncer sa lame entre mes côtes de félin. Vous êtes trop doux.

La jeune kaelem avait le regard dans le vague, elle scrutait la forêt et les quelques parcelles de ciel qu'elle pouvait apercevoir. Elle ne voyait pas la seule chose qu'elle aurait dû voir. Malgré tout, Gareth était bien heureux qu'elle ne l'ait pas vu. Ce regard protecteur. Paternel.

Arrêtes de toujours venir vers moi avec ce sourire enfantin, ces paroles adorables et ces gestes incongrus. Plus tu es là, plus je m'attache à toi. Je ne devrais pas. Je l'ai déjà fait dans le passé et je le regrette amèrement.
Iola...
Non, je ne dois pas m'attacher. Je ne devrais pas, mais je le fais.
Pourquoi n'ai-je pas hérité du caractère froid de mes aïeux ?...

Le fauconnier sentit un rayon de soleil se poser sur sa nuque et se rendit compte qu'ils n'étaient plus dans la forêt. La silhouette d'Eoliane se dressait au loin ; ils y seraient dans une quinzaine de minutes. Son estimation était juste et les portes s'ouvrirent bien vite pour les laisser passer. Il déposa Lyu sur un banc et demanda qu'un rêveur s'occupe d'elle avec grand soin.
Il s'approcha soudain de Lyu.


- Je dois rentrer, j'ai encore beaucoup de travail qui m'attend. Mais je te laisse entre de bonnes mains.

Mensonge. Il ne voulait pas voir les rêveurs. Seconde mensonge. Il ne voulait pas voir un rêveur en particulier, ou plutôt une rêveuse. Amarylis. Si elle le voyait en compagnie de la jeune fille, si elle voyait sa blessure, elle se douterait de quelque chose. Elle penserait immédiatement à lui et à son double. Et cela, il ne le voulait pas. Il préférait qu'elle ignore l'existence de son apprentie. Qu'elle ignore qu'elle s'était blessée en sa compagnie.
Mais il ne pouvait pas laisser son apprentie seule, là. Il se cacha dans un recoin d'où il pouvait apercevoir Lyu et les rêveurs qui la soignaient. Il resta là à les observer jusqu'à ce que Lyu soit transférée dans une chambre.
Seul dans l'ombre, il sortit discrètement par la grande porte. Rassuré. Ni vu ni connu.

Ne dis rien, ne parle pas de tout ce que tu as vu, de tout ce que tu as appris. Je te fais confiance, mais comprend-moi. Je me méfie de tous. Même des gens qui me sont proches.
Comprend-moi et ne dis rien.







[ Fin du Rp I love you ]


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