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 Chat Pitre. [Inachevé]

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Eleveur de Canassons
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MessageSujet: Chat Pitre. [Inachevé]   Mer 1 Sep 2010 - 16:51

Les mouvements cadencés de l’hongre étaient accompagnés par le bassin du bonhomme assis dessus. Il alternait pas, trop, galop suivant les terrains qu’il traversait, et qu’il connaissait par cœur, bifurqua pour entrer en trombe dans une allée étranglée par deux rangées de buissons – un raccourcis, évita une branche qui aurait pu lui crever un œil, et vit enfin Al-Jeit. Après encore une dizaine de minutes, il en passa la porte, parcourut quelques ruelles. Il se plaça en amazone, trottant vers un petit garçon derrière lequel se trouvait une allée bordée de stalles. Sans s’arrêter, Gabriel sauta du cheval, que le gamin attrapa au vol, avec la dextérité que donne l’habitude et, toujours sans pause, lui lança trois pièces, qu’il saisit de sa main libre.

« Merci Deb »

Il avait déjà disparu quand le gamin plaça l’alezan dans une stalle, lui ôta son licou et lui donna à boire : Il savait que faire et comment le faire, cela faisait des années que la scène se déroulait ainsi. Le cheval était rarement harnaché entièrement, tout juste un licol ou une bride, suivant le caractère du canasson. Si Gabriel avait croisé sa mère en quittant le ranch, le cheval était sellé, parce qu’elle n’autorisait pas son fils à partir à cru. Ces jours-là, quoique rares, étaient souvent accompagnés d’un Lael de mauvaise humeur, moins généreux, pour une raison obscur. Parfois, lorsqu’il n’était pas en retard – rarement – le jeune homme s’arrêtait, ils discutaient un moment. Sans que leurs échanges ne s’éternisent, ils avaient fini par se cerner globalement, et ça leur suffisait. Enfin, surtout à Lael, quoi.

Ce dernier avait finit par ralentir un peu, craignant d’arriver essoufflé à destination. Il se mit à marcher, à vitesse moyenne, triturant une bourse accrochée à sa ceinture, où se trouvaient des herbes aux vertus absorbantes : Sans parfumer à outrance, elles permettaient de dissimuler les odeurs équines qui habillent traditionnellement le cavalier. Quand il parvint à dénouer la bourse pour en tirer quelques brins secs, il était à quelques pas de sa destination finale. Il s’arrêta, le temps d’éparpiller quelques feuilles sur lui, patienta un instant, se secoua et reprit sa marche.

On était à une jonction entre la ville dessinée par Merwyn et plusieurs dessinateurs, aux rues larges, régulières et lumineuses, et les petites ruelles étroites de la ville plus récente, construite par des particuliers, sans régularité, avec des bâtiments plus hauts et moins de lumière. Le changement n’était pas choquant, mais assez flagrant pour que se sente étranglé par l’atmosphère confinée des nouveaux bâtiments. Gabriel passa le coin, pris sur sa droite et, sous une enseigne pour des articles de cuir, il trouva deux garçons qu’il connaissait bien. Le plus grand, Lilium, cheveux bruns, peau halée, sourire en coin, plutôt beau garçon faisait tourner son portable un bâton du diable entre ses doigts. Le second, Vjeko, de petite taille – il ne devait pas dépasser le mètre soixante, ce que ses petits camarades ne manquaient pas de lui faire remarquer à toutes les occasions – avait des cheveux châtains, tirants sur le roux, qui encadraient un visage rond et engageant. Il tenait dans une main les deux baguettes qui accompagnaient le bâton du diable, et de l’autre un sac de tissus, usé, contenant des balles. On se saluait sommairement, puis, sans se concerter, ils se mirent en route, parcourant les ruelles pour atteindre, un peu plus haut, un coin qu’ils connaissaient bien. Il s’agissait, dans la ville dessinée, d’une sorte de terrasse en hauteur, entre deux maisons, qui était inusité. Un coin herbeux, avec une vue sur le quartier.

« … pas si tentant. Mais je crois que, du côté d’Al-Poll, mon oncle connaît un type qui s’y connaît, et ils nous ont proposé, à mon cousin et à moi, d’y aller. Bon, Den’ a refusé, évidemment, mais moi je vais y réfléchir. Je pourrais faire de la voltige, là-bas. Et puis, … Passe les balles, Vjeko. »

« Tu vas te casser, quoi ? Et pourquoi Denhil n’y va pas ? Tiens, prends les noires et blanches. »

Gabriel saisit trois balles, qu’il fit tourner dans ses doigts, pour les tester. Sur quoi, il se mit à les faire voler, une à une, et, sans les quitter des yeux :

« Ben, tu le vois jouer les petits nouveau à Al-Poll ? Il lui faut ses habitudes, tu vois, son petit cocon, et des gamins à qui donner des ordres. Et puis, ça ne l’intéresse pas, les chevaux. »

Assis au sol, Lilium regardait les deux garçons jongler, chacun avec sa couleur de balles, et haussa des sourcils dubitatifs.

« Il aime pas les chevaux ? »

Gabriel arrête ses balles, jeta un regard blasé à Lilium, comme s’il venait de proférer une ânerie. La réponse à cette question lui semblait évidente.

« Ben, juste parce qu’il a été élevé au ranch quoi. Pas plus que nécessaire. »

Sur quoi il se remit à jongler, pour s’arrêter bien vite. Derrière Lilium, qui faisait toujours tourner le bâton du diable, avec ses doigts, au ras du sol, une silhouette venait de se dessiner. Non qu’il soit difficile d’accéder à l’endroit, mais les trois garçons n’aimaient guère être dérangés, quoi que cela arrive plutôt régulièrement. Gabriel fixa un bref instant le nouvel arrivant, et faisant tourner les balles dans ses mains.

« Ahem, excusez-moi, si je puis humblement me permettre, mais … T’es qui ? »


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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Sam 4 Sep 2010 - 13:31


*Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, saute !*

Les pieds du garçon suivaient le rythme qu’il s’imposait.

*Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, roue !*

Roue qu’il ne fit pas. A cette heure de la journée, les ruelles étaient en ébullition. Il risquerait de heurter quelqu’un. Et puis c’était fini tout ça. Il devait se faire une raison et tracer un trait sur sa vie d’acrobate. Pourtant l’enchainement des numéros solitaires, ou avec d’autres, particulièrement la fillette, ne cessait de lui revenir en tête. Ainsi il ne marchait pas simplement, comme la plupart des autres alaviriens, non, il dansait.
Son départ approchait bien trop vite. Et son cœur était compressé dans un étau qu’il n’aurait jamais imaginé aussi important en arrivant, orphelin, dans la troupe. Il lui avait fallu très peu de temps, en fait, pour s’attacher à ses personnes aux couleurs de la vie. Toutefois les yeux promesses d’Anaïel lui offraient bien plus qu’une famille. Il reviendrait. Il le leur avait juré, et s’y tiendrait. Al Jeit n’était pas si loin d’Al Poll. Et puis, ils pouvaient se déplacer, venir faire des spectacles non loin de l’Académie.
Le jeune homme n’avait pas vraiment compris pourquoi la jeune femme l’emmenait à cette fameuse Académie de Merwyn. Apparemment elle y enseignait, et il serait ainsi plus aisé, pour…Enfin. Il n’était pas question de s’y enfermer définitivement. Avant, après, et même pendant, ils pourraient découvrir le monde. Ensemble. Toutefois, Ewall ne pouvait partir avec ses habits de saltimbanque. Anaïel lui avait parlé d’un uniforme, mais il préférait arriver là-bas avec des vêtements plus habituels que ses tissus bariolés propres aux acrobates. Il n’avait rien d’autre. Ceux qu’il portait, il y a quatre ans, lors de son arrivée dans la troupe, d’une ne lui allaient plus, le garçon étant en pleine croissance, de deux ils étaient dans un état plutôt déplorable, du aux nombreuses chutes durant sa fuite. Il parcourait donc les boutiques, à la recherche d’une tenue dans laquelle il se sentirait à l’aise et lui offrirait une présentation plus correcte devant l’intendant de cette école.

Le benjamin des Ril’Morienval avait refusé que Dofenn ou Galoudryelle ne l’accompagnent. Il voulait être seul, pouvoir prendre un recul nécessaire envers sa famille adoptive, et réfléchir sur le choix important qu’il venait de prendre.
Ril’Morienval. Il serra contre son cœur son pendentif, emblème de son ascendance, sans toutefois le retirer de sa chemise. S’il avait révélé son nom à la jeune femme, et par la même occasion à la troupe, il préférait ne pas étendre ce nom, trop révélateur et porteur d’un trop lourd fardeau. Il songeait toutefois à reprendre son nom à l’Académie. Dofenn avait raison. Il était temps qu’il cesse de se cacher derrière cette fausse identité de Gaerson, qu’il cesse d’avoir peur, et qu’il accepte de s’allier à un nom mort. Mais pas tout de suite. Pour l’instant il était encore Ewall Gaerson, le garçon acrobate.


Les boutiques regorgeaient de trouvailles, toutes plus belles et chères que les autres. Et Noukas, sur son épaule, ne cessait de sautiller, excité par le monde affluant et par la présence de certains marchands d’animaux.

-Noukas, calme-toi veux-tu !

Le chuchoteur ne l’écouta pas, sautant sur son crane brulant pas le soleil qui irradiait à Al Jeit. Ewall leva les yeux au ciel, conscient qu’il était déjà exceptionnel que l’animal s’attache à lui comme animal de compagnie, et qu’il ne devait pas trop lui en demander quant à l’obéissance. De temps en temps il partait, seul, mais revenait toujours, au plus grand soulagement du baladin. Parfois il se demandait pourquoi cet animal l’avait choisi de cette manière, lui qui ne l’utilisait absolument pas comme émissaire de messages, comme les dessinateurs. Peut-être justement pour cette raison. Et puis le marchand lui avait dit qu’il l’avait trouvé blessé, et apparemment inapte aux services qu’on lui attribue. Quoi qu’il en soit, le jeune homme en était heureux. La présence de Noukas le rassurait, et il savait qu’il aurait ainsi pour toujours avec lui la présence de sa famille d’artiste.
Il eut beau faire des dizaines de boutiques, ou étalages, aucun vêtement ne lui convint. Ils étaient sombres, trop sombres. Son meilleur ami lui avait appris la joie de vivre et le pouvoir des couleurs, ainsi que ce truc génial qu’était le bonheur communicatif sur les autres. Un sourire et une prestance d’allégresse chez une personne apportaient bien souvent cette même sensation chez ceux qui l’observaient. Alors il ne voulait pas porter quelque chose qui puisse assombrir son regard. Il n’avait que trop fait d’effort et travaillé sur lui-même pour retrouver l’envie de vivre parmi toutes cette kyrielle de couleurs.
Il marchait, ou plutôt dansait, arpentant les ruelles, sans réel but finalement. Tant pis, il se présenterait à l’Académie avec ses propres habits. Il espérait juste que les uniformes ne soient pas trop sombres. Mais il viendrait en acrobate à l’école. Puisqu’il ne pourrait en sortir ainsi…

Soudain son regard fut attiré par une balle qui volait. Si si, une balle de jonglage, aucun doute. Elle volait, retombait dans un coin qu’il ne pouvait pas discerner à cette distance, puis défiait à nouveau le ciel. Elle était même accompagnée d’autres, mais l’espèce de terrasse apparente était presque cachée, assez abritée, et il ne pouvait voir qui était le jongleur qui s’amusait. Un sourire aux lèvres il se dirigea vers ce même endroit. Que Dofenn soit ici, ou un autre jongleur l’étonnait. Ils devaient être en plein spectacle. Leur premier spectacle sans lui. Non. Ce devait être quelqu’un d’autre. Ce n’était pas si rare, que cela. Mais tout de même curieux, dans la même ville, aussi grande fut-elle. Surtout, voilà quelques mois déjà qu’ils avaient posé pied à Al Jeit, et jamais au cours de ses balades il n’avait vu d’autres saltimbanques.
Al Jeit. Ewall avait pas mal tiqué en apprenant leur destination. Il se sentait trop proche de chez lui. De son ancienne demeure. Il détestait reconnaitre certaines ruelles, maisons. Mal à l’aise il dormait très mal, revoyant sans cesse les corps ensanglantés de sa famille. Ainsi il avait hâte de quitter cette ville maudite, ce qui n’aurait pas du tarder avant qu’Anaïel ne fasse irruption dans sa vie.
Il arriva enfin à destination, et découvrit trois jeunes hommes occupés à divers occupations de jonglage et bâton du diable.


« Ahem, excusez-moi, si je puis humblement me permettre, mais … T’es qui ? »

Celui qui venait de lui adresser la parole, était plus âgé que lui. Une vingtaine d’année jugeait-il. Bien bâti, il le fixait de ses yeux verts, très clairs et légèrement plissé, -par le soleil- ? Non loin de lui se dressaient deux autres garçons, sensiblement du même âge. L’un était grand, une peau halée, et des cheveux bruns. L’autre à côté, faisait presque tache, ce qui peina quelque peu Ewall. Petit, très petit, et joufflu, roux de surcroit. Il se ressaisit, réfléchissant quelques secondes sur sa réponse à donner.

-Ewall Gaerson.

Sur ses mots, demi-sourire aux lèvres, il sortit de ses poches trois balles de jonglage, aux diverses couleurs -vert-jaune-violet-bleu-orange-rouge-blanc- offertes par Dofenn.

-C’est un plaisant coin pour s’entrainer. Je ne suis pas jongleur confirmé, mais je m’en sors plutôt bien.

Sur ce, il effectua une pirouette, ce qui obligea Noukas à sauter à terre juste à temps, ayant prévu la réaction spontanée de son porteur.

-Par contre je suis acrobate. Je fais…faisais parti de la Troupe Fillibulle. Et vous ? Comment vous dénommez-vous ?

Parler au passé de sa troupe lui écorcha les lèvres, tant il était douloureux d'admettre cette vérité. Il fallait pourtant l'admettre. Et la première rencontre qu'il faisait? Des jongleurs, comme pour le convaincre que son monde était celui des saltimbanques.
C'était son monde.
Maintenant son destin était entre les mains d'Anaïel. C'étaient dans ses yeux de velours que naissait son nouvel univers. Plus sur les planches de bois.


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Eleveur de Canassons
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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Dim 5 Sep 2010 - 10:44

Gabriel s’autorisa quelques minutes pour fixer le nouveau venu. A n’en pas douter, il est d’une importance capitale de mesurer ceux qui nous font face, de les cerner, d’envisager ce qu’ils sont, pour mieux les toucher, les coincer au besoin, les amener à parler, les mettre en confiance, pour deviner ce que sera leurs réactions à nos paroles et nos gestes. Et ce, même si Gabriel se fichait assez éperdument de la réaction du gamin. Ce qui ne l’empêcha pas de le détailler, parce qu’on peut bien dire ce que l’on veut, se targuer du peu d’importance accorder à l’apparence, cela reste ce qui se voit en premier, et ce qui définit bien des choses. Un corps bien formé, des prunelles d’un joli vert, des traits fins, quasi-aristocratiques, un regard droit et franc, qui plu à Lael, qui le lui rendit. Ce qui était surprenant, c’était sa tenue : Proche du corps, bariolée, pleine de vie et de couleurs. Ewall Gae-blabla, était plus jeunes qu’eux trois, sans doute. Il avait quoi, une quinzaine d’années environ. Il avait une certaine candeur, dans sa tenue de poupon, qui ne manqua pas de faire sourire les trois garçons. Lael lui-même était vêtu de pantalons amples et légers, et d’un haut moins large, plus proche du corps, qui dessinait ses formes agréables. Le mouvement de ses balles ralentit, jusqu’à ce qu’il les rattrape, une à une. Oui, il s’agissait d’un endroit agréable, bien sûr, évidemment, sans quoi, ils n’auraient eu aucune raison de se retrouver ici, non ? Etait-il complètement idiot ? C’était une remarque-inutile-histoire-d’engager-la-conversation-avec-des-inconnus-parce-je-m’ennuie-probablement-ou-que-j’ai-envie-de-me-socialiser. Bien.

« Hmm, oui, la troupe Fillibule, ça me dit quelque chose. Ca explique sans doute … ça. »

Il désigna vaguement de la main l’habillement du garçon, avec un regard plus ou moins dédaigneux mais amusé, avant de faire un geste de la main et de retrouver son sourire, signifiant qu’il n’avait aucune envie de s’attarder sur sa tenue excentrique, et que cela lui importait peu. Bon, en réalité, le nom de la compagnie lui disait plus que ‘ quelque chose ’. Plusieurs fois, elle était passée présenter un spectacle à Al-Jeit, et Lael, petit, était allé voir après avoir supplié ses parents de l’y emmener. Mais plutôt mourir que d’avouer qu’il avait été une véritable petite groupie de ce groupe – et de bien d’autres - de cabrioleurs, danseurs, prestidigitateurs divers et variés devant quelqu’un qui en avait fait parti. Pas question non plus de lui évoquer son ambition, la voltige. Qu’il allait réaliser, il en était désormais certain. Parce que s’il envisageait de se rendre à Al-Poll, c’était surtout parce qu’il y avait là-bas deux acrobates de haut niveau, qui pourraient sans doute lui enseigner ce dont il avait besoin. Piu et Ceyan Ryad était un couple bien dont la renommée n’était plus à faire. Et leurs élèves étaient durement recrutés. Ce pour quoi Gabriel avait besoin de s’entrainer. Déjà, dans sa tête fourmillaient des milliers d’idées, et il se voyait déjà monter son propre cirque d’acrobaties. Principalement à cheval, mais aussi aériennes, dansées. Avec des lions, des orangs-outans et des crocodiles. Gabriel était un garçon plein d’esprit, et plein d’idées, on ne pouvait le lui ôter, et il était persévérant, et son ambition étant tout à fait envisageable, il y parviendrait. Ses pensées étaient structurées, futées, et il ne manquait pas de ressources. Il ne laissa pas le silence s’installer après sa première réplique, et entreprit de présenter brièvement ses camarades.

« Le bonhomme avec le bâton du diable, c’est Lilium. Le roux, c’est Vjeko, c’est lui le jongleur, en théorie. Et moi, c’est Gabriel. »

Cela suffisait, non ? Bientôt, qui sais, on connaitrait ce prénom, Gabriel, à travers tout Gwendalavir, on attendrait sa venue, on saurait immanquablement où il est, on se l’arracherait, et … Ou pas, quoi. La petite acrobatie de son interlocuteur aurait pu laisser Lael perplexe, mais celui-ci la jugea simplement comme étalage-de-capacités-pour-impressioner-la-compagnie-et-s’assurer-une-triviale-et-illusoire-supériorité-et-par-là-une-vague-autorité. Aussi ne réagit-il qu’avec un léger regard de dédain, et, reprenant sa jonglerie, fit face – de manière détournée, histoire de ne pas lui signifier clairement je-t’accorde-de-l’importance-puisque-je-me-place-face-à-toi, mais plutôt dans un geste naturel - au jeune garçon. Deux personnes passèrent devant leur espace, en leur jetant un œil curieux, et Gabriel s’arrêta un instant sur l’une des deux demoiselles – oui, c’en était, sans quoi il ne les aurait probablement pas remarqué – dont les cheveux blonds cascadaient sur les épaules arrondies, brillants. La forme des ses hanches était gourmande, mais comme son visage ne faisait pas honneur à sa chevelure princière, il s’abstint de continuer son observation et revint au garçon.

« En fait, on n’a pas vraiment de temps à perdre avec les enfants, mais je veux bien voir ce que tu jongles. »

Sur quoi il lança une de ses balles à Ewall, dans l’espoir d’entamer une jongle à deux. C’était un peu brutal, quoiqu’il l’eut prémédité, mais le garçon n’était pas un novice – et il avait plutôt intérêt, à sortir d’une troupe de cabrioleurs - et réagit promptement, en renvoyant une balle à Lael, de l’autre côté, avant de récupérer la balle noire et blanche. Ainsi, ils entamèrent une jongle à deux. Dans l’air, les balles colorées se croisaient, se fondaient un peu, les unes avec les autres, formaient un ballet, une danse joyeuse et folklorique qui donnait envie de sautiller, de chanter et de rire. Ce n’était pas difficile, et l’un comme l’autre ne semblait pas spécifiquement concentré, tant cela leur paraissait mécanique. Leurs bras agissaient d’eux-mêmes, leur torse basculait lorsque c’était nécessaire sans qu’ils aient à y penser. Ils échangèrent ainsi quelques balles encore, avant que Vjeko ne prenne la parole.

« Eh ben, vous êtes pas très rapides. ‘Fin bref. Alors Ewall, pourquoi t’as quitté ta troupe ? Tu sais, le costume coloré ca se porte mieux au cirque que dans la rue … »

Sur quoi, il lança deux balles, une à chacun des jeunes gens, afin d’accentuer la difficulté de l’exercice. Après un vague instant de flottement pour modifier leur rythme d’envoi et intégrer cette quatrième balle, ils reprirent leur tranquille jonglerie. Gabriel était plus concentré, cette fois-ci, et n’osait interpréter le pli du front du nouveau venu comme une quelconque indication. Lui-même n’était pas vraiment à même de mesurer les talents de jongleurs d’Ewall, n’étant pas lui-même un virtuose. En revanche, Vjeko pourrait aller plus loin, si c’était nécessaire. Sans quitter les balles des yeux, il attendit la réponse d’Ewall – qui importait peu à Vjeko, mais lui avait permis de mentionner sa tenue surprenante – quoique pas désagréable pour autant : Elle accentuait plutôt le désir de sautillements.

[ En cas de soucis, n'hésites pas à demander. ]


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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Dim 2 Jan 2011 - 19:43


Le jeune homme, apparemment chef du groupe, le dévisageait. En lui clamait nettement la supériorité, l’autorité, l’alpha de la meute, en somme. Tandis que les deux jeunes hommes restaient en arrière, ne bougeant pas, ne pipant mot, lui se mouvait, bombait son torse musclé, avec cet air de défi qui te dit qu’il contrôle la situation et te met en garde de ne pas prendre trop de place sur son territoire. Ewall plissa les yeux, avec lui c’était soit la confrontation, un combat de mâles, soit il se pliait et acceptait d’être au même rang que les deux autres cruches.
Il avait déjà réalisé la dure loi de la vie depuis longtemps : dominer ou être dominé, vaincre ou être vaincu, bouffer ou être bouffé. La loi du plus fort. Il n’aimait pas cela. A la troupe tous étaient égaux, mangeant le même pain, même s’il le directeur était le chef. Chef parce qu’il avait construit cette troupe, de ses mains et de ses peines. Mais aucun traitement de faveur. Noble ou pas. Orphelin ou non. Bel apollon ou bien. La troupe Fillibulle n’était pas une meute de loup. L’homme est un loup pour l’homme. Dans la Troupe ils n’étaient pas des hommes, mais des acrobates, des jouisseurs de la vie. Hors de ce monde, il redevenait un simple homme. Un loup. A lui de décider, si alpha ou bêta.

« Hmm, oui, la troupe Fillibule, ça me dit quelque chose. Ca explique sans doute … ça. »

Le jeune Ril’Morienval lui rend un regard noir, avant de s’adoucir. Le mépris entre les lèvres du garçon ne dure, heureusement pas pour lui, longtemps.
« Ça » comme il dit, c’est sa tenue, son uniforme, son appartenance. Ce qu’il est. Etait ? Une partie de lui en tous cas. Ce qui a fait qu’il s’est relevé de sa marre de sang.

Comme Ewall s’y attendait le « chef » de la meute présenta ses acolytes, toujours silencieux.
Lilium. Vjeko. Qu’importe, il ne retiendrait pas leurs noms. Par contre, Gabriel, si.
Le dédain dans les yeux verts de Gabriel ne plaisait pas franchement à Ewall.

Pour qui te prends-tu, enfant de la rue ?
Tu penses pouvoir dominer Al Jeit de ton assurance ?

Tu te trompes.
A Al Jeit, c’est le meurtre qui domine.

Et un jour, ce sera moi.

Des jeunes filles passèrent devant eux, et l’apprenti marchombre sourit en coin, en voyant l’œil frétillant de l’alpha. Un mâle, dans toute sa splendeur !
Ewall en était un, aussi, bien entendu. Toutefois s’il connaissait son charme influant sur les demoiselles, il n’en exploitait pas tout le potentiel. Oh, il serait faux et censuré de dire que le jeune homme se privait des plaisirs de la compagnie féminine ! Mais il n’avait encore retrouvé son assurance, sa confiance en soi, et assez régulièrement il hésitait.

« En fait, on n’a pas vraiment de temps à perdre avec les enfants, mais je veux bien voir ce que tu jongles. »

Le poing de l’acrobate se serra sous l’insulte d’enfant. Qu’il soit un enfant de la vie, comme le disait si bien Milanova, la cusisinère, pas de soucis. Il n’avait que dix-sept ans. Mais se faire traiter d’enfant en comparaison avec ce grand dadet à peine plus âgé que lui…ça non !
Ah ouais, tu veux voir ce que je jongle ?
Il ne fut qu’à peine surpris par les balles lancées par Gabriel, entamant une jongle à deux. Il se positionna, à l’aise dans ses vêtements amples, plaçant la mécanique de ses bras par habitude. Les mouvements se succédaient, calmes et en chœur. Rien d’exceptionnel. Le défi viendrait au fil de quelques minutes.

« Eh ben, vous êtes pas très rapides. ‘Fin bref. Alors Ewall, pourquoi t’as quitté ta troupe ? Tu sais, le costume coloré ca se porte mieux au cirque que dans la rue … »

Tiens, ça parle, ça ?
Ewall attrapa les autres balles, changeant sans grande difficulté son allure. Toutefois il se concentra, n’ayant aucune envie de donner le plaisir de son échec à Gabriel.
Mais la question de Vero ? Kejo ? Vejo ? Qu’importe. Sa question le déstabilisa, et il failli bien louper une balle, qu’il rattrapa en dessous de sa hanche avec une souplesse digne de son rang d’acrobate. Il fixa les yeux plissés de Gabriel.

-Content de voir que tes amis ont une langue.

Il ne snoba pourtant pas le garçon dont-il-avait-oublié-le-nom longtemps, respectant son existence dans l’ombre de son supérieur. Ses yeux louchèrent en sa direction, lui montrant qu’il s’adressait à lui, mais revenant très régulièrement sur les balles volant et ses enchainements. Dofenn aurait pu lui parler, le fixer, se mettre assis en face de lui-même, tout en jonglant à l’aveuglette. Mais c’était Dofenn, jongleur averti et clown.

-J’ai pris un autre chemin. Je pars pour l’Académie de Merwyn, non loin d’Al Poll.

Sa gorge se serrait. Al Poll. Ce n’était pas franchement la porte à côté. La porte à côté de quoi, en fait ? La Troupe ne s’éterniserait pas à Al Jeit, au grand bonheur d’Ewall ! Mais le fait que sa famille soit mobile, et qu’il ne puisse savoir ou la trouver lui faisait peur.
Noukas du sentir le malaise soudain de son porteur car il se rapprocha de sa joue, se frottant contre lui. Le chuchoteur observait la scène de ses grands yeux noirs. Tant qu’on ne le prenait pas pour une balle de jonglage, tout allait bien.

-Et justement je suis encore ici pour me trouver de nouveaux vêtements. Mais je ne suis pas vraiment certain de le vouloir. Ce costume est ma peau, et qu’importe les moqueries ou…

Ses yeux fusillèrent un bref instant Gabriel.

-…le dédain des autres qui se croient intelligents à juger l’apparence de ceux qu’ils ne connaissent en rien.

Il accéléra volontairement la vitesse de leur joute, espérant de tout cœur que cet épi de défi ne lui fasse pas défaut.

-Fillibulle est encore ma maison, ma famille. De toute façon, à l’Académie, j’aurais un uniforme. C’est obligatoire, il me semble.

Un sourire mesquin se dessina sur le visage du garçon à l’annonce de sa prochaine question.

-Et sinon, dans la vie, vous faites quoi, à part jongler et dénuder du regard les demoiselles d’Al Jeit ?


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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Dim 6 Mar 2011 - 13:10

C’est joli, le temps et l’espace qui glissent le long des balles, la couleur qui s’attarde dans le ciel alors que l’objet a fui, déjà, cueilli par de nouveaux doigts, avec une claire régularité. Il est surprenant, soudain, de se retrouver lié à un parfait inconnu, d’agir au travers de ses mouvements, d’être un simple écho, miroir au gamin qui lui faisait face, dans ses habits étranges, avec son seul nom pour identifiant. On se croirait l’interface d’une connexion entre deux univers, qui n’étaient pas si étrangers l’un à l’autre, puisqu’ils pouvaient entrer en communication. Il n’était pas hideux, loin de là, il pouvait plaire aux filles, sans doute. Mais ses mots étaient vides, inutiles, ils disaient quelque chose, mais ça ne voulait rien dire, au fond. Juste sa peur d’être écrasé par l’autre, d’être humilié. Une angoisse de ne pas être, trouver un moyen d’exister, de justifier sa propre supériorité. Là, tout de suite, par ce que tu fais et ce que tu affirmes, tu ne sers à rien, gamin. Mais on s’en fiche. Moi, je m’en fiche. Le rythme s’intensifiant forçait Lael à une attention plus accrue, qu’il tentait de masquer par cette même désinvolture qui semblait le définir – mais il ne se faisait pas d’illusions, peu importait. Il sentait, du bout des doigts, le danger poindre le bout de son nez, et espérait en silence que les balles ne lui glisseraient pas des mains, parce qu’il en va ainsi dans le monde de la virilité, que perdre par maladresse entraine de terribles conséquences. Sans quitter les balles des yeux, il reprit :

« Ils veulent rien dire, tes habits, tu sais. C’est juste des habits, c’est pour pas se balader nu. Tout originaux qu’ils soient, ça te suffira pas pour dire que t’existes, que tu mérites une place et que tu vas la prendre»

Une première balle faillit lui échapper, qu’il récupéra avec adresse. C’était le signal. L’alerte. Ses doigts le brûlaient légèrement, ses yeux ne faisaient plus une mise au point correcte, sur les petits êtres bondissants. D’un geste ample, il orienta les balles qui lui arrivaient, une à une, vers Vjeko, qui les rattrapa habilement, lestement, comme on boirait un verre, comme on saluerait quelqu’un, comme on l’ignore, comme on le dédaigne. Il y a des gestes comme ça, auxquels on ne veut pas accorder trop de place dans notre espace de survie. Mais pour ça, il faut les maîtriser, soit qu’ils soient innés, soit parfaitement acquis.

« Tu jongles bien. Tu as au moins ça pour toi. Je sais pas si ça peut suffire pour réussir dans la vie ou pour se faire valoir. Mais au moins, tu jongles. »

D’un geste, il invita le jeune garçon à s’approcher de leur groupe, rejoignant Lilium.

« Je vis dans un Ranch, je fais de la voltige, à cheval. Lilium fais des études de … »

Il tourna la tête vers l’intéressé, lui offrant de répondre.

« Géologie. »

« Voilà. Et Vjeko travaille dans une menuiserie. »

Les études de Lilium avait toujours été pour lui un véritable mystère : Etudier les sols, leur histoire et leur formation ne l’intéressait guère. Il n’avait commencé à y voir un intérêt que lorsque son ami lui avait expliqué ce qu’il comptait faire, à savoir, entrer au service d’un orfèvre-joaillier, là où sa connaissance des terrains serait utile à la recherche de pépites précieuses. Mais en vérité, Lilium était un jeune garçon brillant, et un avenir plus lumineux pouvait s’offrir à lui, s’il s’en donnait les moyens. Il pourrait entrer au service de l’Empire, même, pour effectuer le même travail qu’auprès d’un bijoutier, mais à bien plus grande échelle. Lilium y songeait, de temps à autre, mais n’en avais jamais parlé. Laelith et Vjeko étaient bien loin de se douter qu’une telle ambition pouvait couver dans l’esprit d’un jeune homme. Bien loin de ces considérations, Gabriel s’assit au sol, invitant Ewall à les imiter. La cour au sol de poussière voyait poindre un rayon de soleil par-dessus les murs. L’atmosphère se réchauffait doucement. Il reprit rapidement.

« Tu vas à l’Académie de Merwyn, donc. Tu vas faire quoi, là bas ? Ils ne prennent pas de saltimbanques et compagnie, si ? C’est une école pour prestidigitateurs et pour brutes, non ? Tu n’as la carrure ni de l’un, ni de l’autre … »

Sa vision rapide et caricaturale de l’Académie, il la devait en partie aux dires de Shawna, et de Farin, un de ses anciens camarades de rue, terriblement frustré d’avoir vu son frère partir pour l’Académie sans pouvoir s’y rendre lui-même.




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Apprenti Marchombre
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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Mer 9 Mar 2011 - 14:54

La jongle des deux mâles continuaient, et Ewall se demandait bien quel autre preuve d’égocentrisme allait lui donner Gabriel.

« Ils veulent rien dire, tes habits, tu sais. C’est juste des habits, c’est pour pas se balader nu. Tout originaux qu’ils soient, ça te suffira pas pour dire que t’existes, que tu mérites une place et que tu vas la prendre»

Le jeune homme le regarda avec une pointe de mépris : il n’avait jamais dit vouloir acquérir une place par ses habits. Juste qu’il se sentait lui-même, avec une identité dans son uniforme. Mais bon, apparemment le garçon cherchait la moindre occasion pour le rabaisser. Qu’il essaie.

D’ailleurs, monsieur-je-sais-tout, je-suis-le-plus-fort sembla flancher, et failli bien rater une balle. Ewall sourit, satisfait d’être supérieur à lui sur ce point là. Et de suite, pour ne pas perdre, il fit passer les balles à son ami, Vkoje, ou un truc du genre.
Il admit toutefois l’habilité d’Ewall, mais pas pour longtemps, hein. Faut pas croire, trop féliciter l’autre, c’est se dévaloriser. Et jamais Gabriel ne se dévaloriserait, son égo était bien trop puissant.
Si l’apprenti marchombre était du genre violent, il lui aurait bien coupé les chevilles, qui gonflaient décidément trop. Son air de supériorité insupportait. Pauvre garçon, s’il savait ce qu’allait devenir Ewall, un marchombre, un être bien plus fort que lui, bien plus intelligent, avec bien plus d’adresse, il fermerait son clapet de beau goss arrogant.

Il l’invita à rejoindre ses amis, geste qu’il n’apprécia pas plus que cela. Ce n’était qu’une invitation cachée pour continuer sa parade. Et il tardait déjà à Ewall de quitter cet homme trop imbu de lui-même.
De la voltige à cheval, hein ? Galoudryelle l’apprenait au jour le jour. Voltigeuse talentueuse, elle se perfectionnait en apprenant de nouveau supports.
Les garçons étaient donc habitués aux manières saltimbanques. Ewall pensa de suite que Gabreil s’entendrait bien avec Sébélia, la chanteuse prétentieuse.
Lillium était cependant dans un tout autre domaine. La géologie. Et Vjeko (ah le voilà son nom !) dans la menuiserie.
La géologie. Il en avait déjà entendu parler, sa famille était très cultivée. Du moins, lorsqu’elle était encore vivante. Mais il n’y voyait aucun intérêt. Enfin bon, chacun ses goûts, hein. Alors comme ça Gabriel est un éleveur de canasson, rêvant à la voltige…Beau rêve, certes, mais rien qui ne justifie son attitude dédaigneuse.

Ils s’assirent ensembles, sous le soleil qui leur offrait une température plus qu’agréable.
Ewall trouvait la situation bien étrange, il n’appréciait pas vraiment le jeune garçon, chef de la meute. Pourtant il ne partit pas de suite, attendant avec une sorte d’espoir qu’il le surprenne, qu’il démontre ne serait-ce qu’une pointe d’altruisme.


« Tu vas à l’Académie de Merwyn, donc. Tu vas faire quoi, là bas ? Ils ne prennent pas de saltimbanques et compagnie, si ? C’est une école pour prestidigitateurs et pour brutes, non ? Tu n’as la carrure ni de l’un, ni de l’autre … »

Et voilà. Monsieur-je-sais-tout le retour ! Les préjugés et les jugements en scène, et au premier rôle, s’il vous plait.
Ewall ne cacha pas son irritation pour lui répondre :


-L’Académie de Merwyn est avant tout une école, donc pour apprendre. Et apprendre à tous : saltimbanques, prestidigitateurs, brutes, pacifistes, ou encore prétentieux et arrogants.

Oui oui, je parle de toi.
Ce que j’espère, c’est que tu ne finiras pas dans la même école que moi.


-Un maître qui travaille là-bas, m’a proposé de suivre son enseignement, et j’ai accepté. Je pourrais t’expliquer en quoi il consiste, mais je ne suis pas sûr que tu en comprennes les subtilités vu ton esprit assez extrémiste.

En pensant à Anaïel, il eut un sourire de rêveur.

-Disons, que dans notre langage, c’est pour apprendre à voler, se laisser pousser des ailes et atteindre un stade bien supérieur que de la simple voltige.

Et oui, moi je vole. Vraiment. Toi, tu tiens juste en équilibre sur une monture. On t’enlève la monture, et tu te vautre sur le sol.


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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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MessageSujet: Re: Chat Pitre. [Inachevé]   Mer 27 Juil 2011 - 0:30

Les yeux de Lael ne quittaient pas Ewall. Il inclina la tête, très légèrement, pensif. Lilium adopta un petit sourire, et ouvrit le bec pour la première fois réellement depuis que le garçon s’était approché :

« Ce sont les oiseaux, qui sont faits pour voler, petit. Pas les hommes. Encore moins les garçons. »

Ce n’était pas tout à fait à cela qui avait le plus marqué Lael, de prime abord. Il laissa ses premières réflexions de côté pour en revenir à ces affaires de vol. Un homme, c’est doté de jambes et de bras, d’un visage, d’une langue, de doigts, tout un tas de petites choses comme ça. Les oiseaux avaient des ailes : Il leur suffit de les agiter correctement, pour se retrouver suspendu dans les airs. De là, ils vivent une autre histoire. Ils ont un autre monde. Tout leur est différent.

« Même si tu pouvais voler, pourquoi le faire ? Les humains, ils sont crées pour marcher et courir, pour faire des trucs avec leur mains. Ils sont pas faits pour voler. T’as besoin de montrer que t’es le plus fort en te battant contre la nature pour apprendre à voler ? On a déjà pas assez d’une vie pour découvrir la terre, à quoi bon se balader dans le ciel aussi ? »

Sur quoi, il haussa les épaules, et reprit la réflexion précédente, qu’il avait laissée là. Les images du ranch et de la caravane se chevauchèrent, un bref instant, sans son esprit.
Comme si tout pouvait s’apprendre dans une école. Comme si la connaissance se devait de passer d’un Maître à un Enfant au sein d’une Académie – toute de Merwyn qu’elle fut. Il y a des connaissances que l’on acquière dans les livres, d’autres auprès de Ceux-qui-savent, qui l’on apprit avant nous. Il y a surtout tout ce que l’on apprend en prenant la vie à bras le corps, en croquant la poussière, en tapant à l’aveuglette, ça et là : C’est là, qu’on apprend à vivre, qu’on apprend les gens, chaque personne, ce qu’elle vaut, ce qu’elle pourrait être. Pas les écoles.

« C’est une illusion, l’école. C’est pas là que s’apprennent les choses. Même toi, tu pourrais le dire : Tes tours de saltimbanque, tu les as pas appris à l’école, si ? L’école, ça donne du pouvoir à ceux qui en ont déjà plein. Ca suffit pas, de connaître la géographie de Gwendalavir et de rester entre quatre murs. C’est dans les forêts, que tu trouveras le bois pour faire un arc, le manche d’une dague. C’est pas en sachant que la forêt existe que tu vas sentir ses odeurs et profiter de ses couleurs. »

Les yeux du jeune homme se plantèrent dans ceux d’Ewall, ses lèvres se déplièrent pour former un sourire, presque sympathique, mais aux accents ricanant, légers.

« Cela dit, ils forment assez bien pour ce que tu veux devenir. C’est vrai, en sortant de là-bas, tu pourras aller raconter que tu as fréquenté la grande Ecole de Merwyn, que tu as la connaissance supérieure, que les autres ne sont pas capables de comprendre, parce qu’ils ont un esprit extrémiste … »

Son sourire s’agrandit. Evidemment, à cet instant, Gabriel ne savait pas encore que lui-même allait bientôt mettre les pieds dans les bâtiments soignés de l’Académie renommée, et qu’il allait s’en donner à cœur joie. Une autre chose le chiffonnait. Il ne se priva pas de le faire remarquer.

« La [i]simple voltige ? Pourquoi voler, ce serait mieux qu’évoluer dans l’air, avec les mouvements de l’animal, de la nature elle-même, en fait ? Si tu te fais pousser des ailes, t’auras qu’à les agiter, au fond. »

… Il suffit pas d’ailes, pour dominer le monde, mon petit.



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