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 C’est toi le chat ! [Terminé]

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MessageSujet: C’est toi le chat ! [Terminé]   Lun 27 Aoû 2012 - 18:30


Son souffle se dispersa en mille courbes et arabesques d’une opacité diaphane, en centaine de volutes blanches ; couleur de glace, couleur de neige, couleur de rien, couleur de tout.
Elle suivait du regard la fumée légère, s’élevant vers le ciel. Il faisait nuit, encore, mais les étoiles se couchaient peu à peu, s’enveloppant dans l’étoffe dorée et réconfortante de l’aube. Elle aimait l’aurore. Elle aimait les couleurs. Le blanc froid se fondait dans les teintes roses et oranges, comme la neige fondait sous le soleil. Elle n’aimait pas le froid. Elle n’aimait pas le blanc. Alors, tandis que le soleil se levait, elle se serrait un peu plus dans sa cape bleue. Le vent n’était pas bien fort, ce matin, mais il arrivait tout de même à se couler dans le cou de la jeune rêveuse, gênant les mèches courtes, venant chatouiller son visage.

*

Féline, elle amena sa jambe - celle qu’il lui restait, évidemment - vers elle, souplement. Une main posée dans l’herbe, pour la soutenir. Sa jambe calée sous son menton, avec son deuxième bras pour l’entourer. Elle tentait, comme chaque matin, de se souvenir de ce que lui avait enseigné l’ermite. Les étirements pour garder un corps jeune et souple - matin et soir. Les massages sur ses mains, qui avaient des vertus sur tout le corps ; et celui, plus local, sur le bout de vide, le bout de rien, le bout de tout.
Et machinalement, elle effectua les gestes qu’il lui avait appris. C’était efficace. Puis ça l’empêchait de partir trop loin. Les matins, elle se savait pensive, mais penser revenait à songer à sa condition, ce qui l’amenait toujours à se demander : pourquoi Dame le destin s’acharne-t-il sur moi ? Entre ses yeux de chat, sa cicatrice barrant son œil, et maintenant ça … Et comme elle n’avait pas de réponses, cela l’attristait. Alors elle se concentrait sur autre chose, ou ne pensait à rien. Essayait, en tout cas.
Et elle fredonnait sa petite chanson. Son petit paradis, son petit instant de bonheur. Parce qu’il s’agissait de sa mélodie. De celle de sa cousine, aussi ; mais. Elle pensa à elle, tandis qu’elle s’aplatissait dans l’herbe humide. Son dos se cala contre la pierre qui sortait de terre. Ca faisait un pic, entre ses omoplates ; ça ne la gênait pas. Son regard de chat était fixé sur la branche au dessus d’elle, qui se balançait au gré du vent. Les bourgeons étaient beaux, annonçaient un renouveau, un espoir. Un peu de rien, mais surtout de tout.

*

Froissement d’étoffes, pas hésitants. Voix tremblotante, qui reflète quelque chose à laquelle on ne croit pas.

- Lehya ?

Elle se tourna vers lui, le regarda, ce jeune homme qu‘elle avait côtoyé un peu, une pointe interrogative dans le regard. Il s’agissait d’Elliot, et même si elle s’attendait davantage à voir Amarylis dans les jardins, elle n’en fut pas moins contente. Un sourire jouait avec ses lèvres. Apparaîtra ? Apparaîtra pas ? Elle fixa ses yeux de chat sur lui. Tout changeait, en huit mois. Il constata qu’elle avait une jambe en moins, avec un hochement de tête. Alors elle se rendit compte, qu’elle était toujours assise par terre, et que le fait qu’elle porte une robe ne cachait rien de son état comme ça. Elle attrapa ses béquilles et se remit debout - tant bien que mal.

- Amarylis est là ?

Il nota les différences, rapidement. Sa posture, plus droite, plus assurée. Ses yeux autrefois cachés se dévoilaient ici - dans toute leur splendeur. Elle parlait plus facilement. Il rougit un coup, en se rendant compte qu’il ne répondait pas, occupée à se décrire à lui-même ce qui avait changé chez elle.

- Euh … elle s’occupe des patients.
- Je vois … Je la verrai plus tard, dans ce cas.

Et Lehya de retourner à ses observations silencieuses, mystérieuse, insondables. Le rêveur hausse les épaules et repart vers la Confrérie.

*

- Quelque chose ne va pas … monsieur ?

Le « monsieur » était sorti après réflexion. Elle se souvenait que ce genre de choses se faisait quand on ne connaissait pas les gens et qu‘ils semblaient - même un peu - plus âgés que nous. Elle fronçait le nez, alors même que c’était elle qui venait de poser la question. Elle regardait l’homme adossé contre le mur, s’interrogeant. Il avait l’air un peu … perdu ? Pourtant, en même temps, il semblait connaître l’endroit. C’était un peu étrange. Alors qu’elle s’approchait, un gamin avec une épée en bois passa à toute allure, et elle faillit se retrouver par terre, déséquilibrée. Mais elle prit bien appui sur sa jambe et une fois l’ouragan passé, elle refit quelques pas.

- Vous avez besoin de … quelque chose ?

Quelque chose dans cet homme l’intriguait, mais elle n’aurait su dire quoi. Son attitude, son regard ?

Peut-être n’était-ce rien. Peut-être était-ce tout.



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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 17:33

Le soleil s'était levé depuis plusieurs heures, mais pourquoi alors Gareth avait-il aussi mal au crâne ? Il savait d'où sortait ce mal, mais pourquoi maintenant. La bête ne sévissait que la nuit, elle ne sortait jamais la journée et le fauconnier pouvait être tranquille pour un moment. Lorsque le soleil se levait, il pouvait se métamorphoser à volonté sans qu'elle ne vienne s'interposer ; elle n'essayait pas de sortir. Peut-être avait-elle peur de la lumière ? Non, quelle idée saugrenue. Du soleil peut-être, ou dormait-elle. Non, tout ceci était tout bonnement ridicule. Il ne comprenait pas comment un esprit pouvait souffrir du soleil ou de quoi que ce soit ; l'esprit du fauve devait sans doute être invincible. Sauf qu'il y avait sans doute une raison pour qu'elle ne veuille pas sortir le jour, pour qu'elle le laisse en paix. Pourquoi cette douleur dans ce cas ?
Une nuit blanche en plus venait d'être ajoutée à son palmarès ; la fatigue le gagnait de plus en plus, il doutait de pouvoir tenir plus longtemps. Parfois, il hésitait même à dormir la journée, mais il doutait que les autres ne remarquent pas son absence. Les questions risquaient de fuser et il ne saurait jamais quoi répondre. Il ne voulait pas de cela, son but était de passer inaperçu. Et non de générer un tas de questions désagréables à son sujet.

Tournant en rond sur les toits, il tentait en vain de calmer la douleur lancinante qui assaillait son esprit. Le printemps était là, les bourgeons naissaient, la neige disparaissait gentiment. Le vent restait cependant d'une puissance incomparable sur les hauteurs et Gareth ne tenait pas réellement debout, car son équilibre était rompu par saccades à cause de la douleur.
Que faisait Amarylis ? Faisait-t-elle ses recherches, arrivait-elle à un premier résultat ? Il n'en pouvait plus d'attendre. Oui, ils s'étaient rencontrés quelques jours plus tôt, mais lui, il souffrait depuis bien trop longtemps. Et de plus en plus chaque jour. Il voulait des résultats, il voulait que cet esprit le laisse en paix.

La douleur augmenta soudain. Levant les yeux au ciel, un hurlement vint déchirer le silence du petit matin, ses mains collées à ses tempes et son coeur battant la chamade. Une bourrasque en profita soudain pour faire chanceler le fauconnier qui glissa des toits. Son dos heurta violemment les tuiles qui glissaient sous son corps en pleine chute et les nuages défilaient à une vitesse phénoménale devant ses yeux. Son corps était entraîné vers le bas, il allait se fracasser sur le sol. Après tout, pourquoi pas ? Il n'était utile à personne et encore moins s'il perdait le contrôle de la Bête. Pourquoi ne pas mourir maintenant, pourquoi ne pas épargner un quelconque bain de sang possible ? L'esprit du fauve devenait de plus en plus féroce et si la rêveuse ne trouvait rien pour le calmer, le métamorphe allait finir par ne plus pouvoir le contenir. Et le fauve se lâcherait sur les proies qui se présenteraient à lui. Les professeurs, les élèves, les résidents, Julia, Amarylis... Lyu. Il commençait à s'attacher à cette petite et étonnement, il avait ce sentiment paternel qui l'envahissait à chaque fois qu'il la voyait. Lui montrer la beauté du vol, la protéger. Elle était simplement son élève, mais il commençait à s'attacher.
Cette Académie le transformait ; jamais il ne s'approchait des autres, jamais il ne se liait d'amitié. Sa seule amie avait été sa soeur, Tyama. Et à présent, il rencontrait des gens tous les jours, leur parlait et même, leur confiait des choses qu'ils n'auraient jamais dû savoir. Comme Amarylis. Il s'était promis de ne mêler personne entre lui et la Chose, mais il avait failli à cette promesse. Amarylis le savait et ce n'était que par pur malchance ; elle n'aurait jamais dû se retrouver dans une telle situation. Elle pouvait à tout moment dire au monde entier qui il était réellement. Alors pourquoi ne pas s'abandonner aux bras du vent et chuter vers le bas ?

Non ! Il ne le pouvait, pour la première fois de sa vie, il laissait des gens derrière lui. Il n'était plus seul, il ne pouvait plus suivre ses instincts et aller où bon lui semblait. Il ne savait pourquoi, mais il se sentait obligé de rester ici. Julia qui était seule avec son enfant, il voulait l'aider. Amarylis, à qui il avait promis de ne pas baisser les bras. Et Lyu, sa jeune apprentie. Tyama. Non, il ne pouvait pas faire cela, il avait des liens à présent. Il s'était attaché, il appréciait ces personnes et ne voulait les laisser. Avant, il aurait pu se laisser tomber, mais plus maintenant. Il supporterait son mal. Pour eux.

D'un puissant mouvement du buste, il réussit à se retourner face contre tuiles. Sans attendre plus longtemps, il se rattrapa in-extremis à la corniche. Les jambes dans le vide, il tenait à la force de ses bras. Pourtant pas réellement musclé à première vue, il possédait la force du puma. Toutes ses capacités, même si elles étaient bien moins performantes que lorsqu'il était sous son autre apparence.
Il sentait tout de même ses forces le lâcher, il fallait qu'il remonte le plus vite possible. D'une traction extraordinaire, il réussit à se hisser à nouveau sur les toits. Il s'effondra sur les tuiles, à bout de souffle. Plusieurs écorchures recouvraient son corps à cause des tuiles. Son mal de crâne était cependant bien plus douloureux.
Il fallait qu'il descende de là, qu'il aille voir Amarylis. Il fallait qu'il sache où elle en était.

Il se leva avec difficulté et se dirigea vers la trappe menant à l'intérieur. Lorsqu'il fut dans les couloirs, il marcha lentement et peinait à croire qu'il réussirait à atteindre la Confrérie. Plusieurs minutes s'égrenèrent et il sortit enfin par la grande porte. Il ne prit même pas la peine de savoir s'il était seul, il avait besoin de courir, d'assouvir le besoin de liberté de la bête.
Sa silhouette se brouilla bien vite et l'homme changea de place avec le fauve. Ce dernier s'élança bien vite dans les plaines et rugit de bonheur. Son mal de tête se dissipait quelque peu, mais était toujours présent.
Il ressentait chaque mouvement, chaque muscle, chaque tendon. Ses pattes frôlant le sol et sa truffe se confrontant avec le vent. Il se sentait bien, il aimait cette liberté que l'on pouvait ressentir. Il aimait sa forme féline, mais pas l'esprit qui l'habitait.
Les murs d'Eoliane se présentèrent bien vite à lui ; il était à chaque fois médusé par la vitesse qu'il pouvait atteindre sous cette forme. Il se stoppa quelques mètres avant et redevint l'homme. La porte d'entrée se trouvait de l'autre côté de la bâtisse. Il marcha quelques minutes afin de retrouver les grandes portes, mais il sentait son mal de tête revenir. S'adossant au mur quelques instants, il ferma les yeux et se concentra afin de contenir la douleur.
Une voix résonna soudain face à lui et il leva le regard. Une jeune fille s'approchait de lui en clopinant. Clopinant ? Ses yeux tombèrent sur ses jambes, ou plutôt sa jambe. Il fut ébahi de voir un tel spectacle. Elle n'avait qu'une seule jambe, l'autre n'étant plus qu'un pauvre moignon. Les pensées du fauconnier allèrent droit vers Espoir, la chevêche qu'il avait recueillie alors qu'elle venait de se faire dévorer l'aile. A elle aussi, il ne restait plus qu'un simple moignon. Qu'elle étrange coïncidence. Il détourna bien vite son regard.

Elle s'approchait encore et un gamin avec une épée en bois faillit la faire tomber en passant en coup de vent devant elle. Gareth allait se ruer pour l'aider, mais vit tout de suite que ce n'était pas la peine, elle était tout à fait capable de se débrouiller seule. Elle fit encore quelques pas et demanda au fauconnier s'il avait besoin de quelque chose. La jeune fille s'approcha encore, ils n'étaient plus très loin l'un de l'autre.
Un petit quelque chose frappa soudain Gareth ; les yeux de la jeune fille. Jamais il n'avait vu un regard pareil, jamais il n'avait vu de tels yeux. Etait-elle aussi... Non, impossible. Il l'aurait senti. Lui-même sentait continuellement le fauve et cela interrogeait souvent les gens qu'il côtoyait. Il aurait senti si elle avait été comme lui. Métamorphe. Mais son odorat ne lui disait rien, à part une agréable senteur de framboises.
Sa main gauche soutenant sa tempe, il tenta de parler, mais le regard de la fille le troublait bien trop. Des yeux de chat. Cela pouvait-il exister ? Apparemment.
Son mal de crâne empirait.


- Je venais voir Amarylis Luinil, mais je ne pense pas que je vais aller la déranger pour un simple mal de tête. Je m'apprêtais à partir...

La jeune fille semblait s'approcher encore et soudain, elle posa une main sur le front de l'homme. On aurait dit qu'une vague d'une tendresse absolue envahissait son crâne entier. La douleur lancinante disparaissait peu à peu, mais restait toujours présente. Il ne souffrait plus autant qu'avant lorsqu'elle retira sa main.
Il sourit et jeta son regard océan dans celui, fauve, de la jeune fille.


- Merci.

Après tout, elle devait être rêveuse et c'était logique en somme, vu qu'elle se rendait dans la Confrérie. Les malades restaient dans leur lit, ils ne se promenaient pas comme cela. Elle était rêveuse.

- Mais dis moi, d'où sortais-tu ? Je ne me rappelle pas qu'il y ait quoi que ce soit d'intéressant là-bas pour les jeunes rêveurs.






[ J'savais pas réellement quoi lui faire dire à la fin >< ]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Lun 3 Sep 2012 - 22:36

Elle l’observait, en silence, cherchant dans cette absence de sons la cause du sentiment qu’elle éprouvait. Pourquoi était-elle si intriguée ? Sa cicatrice la démangea, mais elle n’osa pas y toucher ; la dernière fois, elle avait fait couler à nouveau le sang.
En marchant, elle sentait le tissu de sa robe frotter contre sa peau, tout comme il passait là où n’était plus sa jambe, là où il n’y avait plus d’entrave. Ca ne la gênait plus, elle s’y était faite. Elle s’approchait doucement. Tac, tac, faisaient les béquilles, se posant sur le sol. Paf, faisait son pied en tapant sourdement sur la terre. Elle lui demanda, de sa jolie voix, s’il avait besoin de quelque chose. S’il venait pour se faire soigner, elle pouvait peut-être le faire. Lehya vit dans le regard de l’inconnu ce qu’elle prit pour de l’étonnement. Ça aussi, elle s’y était faite. Peu importait la façon dont on la regardait, elle n’y faisait plus attention. Et lui de détourner le regard, avant de la regarder à nouveau. Si elle avait pu, elle aurait sans doute fait demi-tour. Mais maintenant, cela paraîtrait bien trop étrange. Elle allait parler à nouveau, voyant qu’il ne répondait pas, mais il ouvrit la bouche et elle se tut. Automatiquement.

Il venait voir Amarylis. Cela ne lui semblait plus étrange : la plupart des gens venaient la voir, et oubliait les autres rêveurs. De toutes façons, plus grand-chose ne l’étonnait. Il avait mal à la tête et il voulait repartir. Elle hésita, puis s’approcha de lui. Elle posa doucement sa main sur son front, et déroula un rêve. Elle ne parvint pas à le soigner totalement ; quelque chose l’en avait empêché.
Elle fronça les sourcils, puis enleva sa main du visage de l’inconnu. Il lui sourit, et la remercia. Son grand regard bleu acier fiché dans le sien. Elle ne ressentait plus d’étonnement, ne percevait … rien d’autre que de la gratitude pour son soin. Ça, ça l’étonnait. Mais bon … Pourquoi pas, après tout. Tout le monde ne pouvait pas se focaliser sur tous les défauts qu’elle avait. Elle s’apprêtait à repartir, et alors qu’elle empoignait ses béquilles, il lui parla à nouveau. Coupée dans son geste, elle faillit trébucher, mais se retint au mur en lâchant l’une de ses béquilles. Qu’elle pouvait être maladroite …

- J’étais dans le parc … Pourquoi, je ne devrais pas ? Dés …

Qu’est-ce qu’il pouvait bien en savoir, lui ? Ce n’était pas un rêveur, elle l’aurait senti sinon, lorsqu’elle l’avait soigné. Les excuses avaient faillis déborder de ses lèvres, mais se sentant dans son bon droit, elle avait réussi à les retenir – pour combien de temps ? Elle avait encore du mal, à ne pas demander pardon à tout bout de champ, même quand elle ne faisait rien de mal. Saletés d’automatismes.
Ce qu’il y avait d’intéressant là-bas ? C’était nettement plus compliqué de répondre à cela. En réalité, il n’y avait rien de passionnant sur ces plaines. Si elle y état constamment fourrée, ce n’était pas parce qu’il y avait quoi que ce soit, mais plutôt parce qu’elle y était tranquille. C’était vrai, il n’y avait presque que là-bas qu’elle était sûre de ne pas être dérangée.

- Disons que … c’est plus calme.

Oui, parce que les jardins d’Eoliane n’étaient pas tout à fait calmes, du moins pas autant que l’on ne pourrait le croire. Une multitude de rêveurs y venait régulièrement, que ce soit pour se promener et se divertir avec d’autres, ou que ce soit pour venir y chercher des herbes médicinales ou aromatiques. Parce que oui, les rêveurs avaient un petit jardin d’herbes aromatiques et ça avait beaucoup marqué Lehya. Elle attendait presque le potager, maintenant. … Tiens, il fallait demander ça à Amarylis. En plus, elle aimait bien jardiner, même si maintenant, ça risquait d’être un peu plus compliqué. De plus, cet endroit était sûrement le plus animé de la confrérie, étant donné que l’on entrait et sortait par là.

Elle soupira puis regarda sa béquille, encore par terre. Elle mordilla sa lèvre, hésita un instant, puis s’adossa au mur et lâcha la seconde. Elle tenta vaguement de trouver un équilibre, mais avec le mur derrière c’était plus simple. Une odeur bizarre, qu’elle connaissait pourtant, arriva à ses narines. Elle planta son regard dans le sien.

- Vous ne vivriez pas avec un chat, par hasard ?

Oui, elle s’en rappelait maintenant. C’était l’une des filles que sa mère gardait parfois, qui vivait avec un chat. A chaque fois, ses vêtements étaient couverts de poils blancs, et il y avait cette odeur à laquelle Lieva était allergique. Au début, Lehya ne la sentait pas, mais à force que sa cousine lui décrive, elle avait fini par la percevoir. Sauf que là, à bien y regarder, il n’y avait pas de poils de chat sur ses habits, et à bien y repenser, ça sentait quand même beaucoup le chat.

[ angel ]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Jeu 6 Sep 2012 - 14:04

La jeune fille qui s'était alors préparée à s'en aller sans un mot de plus, fut désarçonnée par la soudaine prise de parole du fauconnier. Elle faillit tomber et en se retenant in-extremis au mur, perdit une béquille. Elle répondit à sa question improvisée avec une certaine hésitation ; elle semblait ne pas savoir si elle avait le droit de se trouver dans les plaines. Un mot d'excuse faillit sortir de ses lèvres, mais elle se retint de justesse. Pourquoi devrait-elle s'excuser ? Les plaines ne lui appartenaient pas à lui, à se qu'il savait.

Sa réponse suivante lui plut. Le calme. Quelque chose qu'il recherchait tant ; il n'aspirait qu'à cela. Le calme. Un endroit où il pourrait être lui sans que personne ne le juge, un endroit où les vagues déferlantes de brouhaha ingérable n'existaient pas. Il avait tant envie de ne plus avoir à constamment surveiller ses faits et gestes afin de n'éveiller aucun soupçon en personne. Un endroit au calme, sans aucune contrainte.
Les plaines étaient l'endroit parfait. Personne à l'horizon, le calme, le vent, le silence. Il était tranquille, il pouvait se laisser aller. Laisser ses envies félines prendre parfois le dessus sur celles de l'homme, laisser ses instincts le guider. Le seul endroit où il pouvait le faire sans craindre le pire. Sans craindre de blesser.
Oui c'était plus calme, bien plus calme que n'importe quel autre endroit. Plus calme que l'Académie, plus calme que les couloirs, plus calme que sa volière. Il s'y sentait bien, il se sentait homme et bête à la fois. En union avec lui-même et rares étaient ces instants. Il les savourait donc avec précaution.

La rêveuse regarda soudain par terre et Gareth comprit qu'elle observait sa béquille perdue. Elle s'adossa soudain au mur et laissa tomber sa deuxième béquille. Elle semblait tenté de trouver un certain équilibre grâce au mur et le trouva bientôt. Elle planta soudain son regard dans celui du fauconnier avant de lui poser une simple question.
Une question qui pourtant pourrait paraître simpliste, mais dans son cas, c'était bien plus complexe que se qu'elle ne pouvait imaginer. Sa réponse se révélait être bien plus difficile à formuler, ses pensées tournant à une vitesse phénoménale, son coeur venait de manquer un battement, il croyait ne jamais pouvoir s'en sortir. Une question à laquelle chacun pouvait répondre oui ou non, lui il n'avait pas ces options. Il obtenait la troisième réponse, celle dont personne n'avait connaissance. Celle que personne n'avait jamais encore utilisé, celle que personne n'utiliserait jamais. Car il était bien le seul qui pouvait la prononcer dans toute cette Académie. Il y avait bien sa soeur, mais elle, elle ne se cachait pas au contraire de lui. Le métamorphe ne voulait pas avoir l'étiquette de monstre gravé sur le front.

Il vivait bien avec un chat, mais elle ne s'imaginait pas dans quelles circonstances. Le chat n'était pas seulement un chat, mais un bien plus gros félin. Rien qu'un gros puma aux puissants muscles et aux crocs acérés. Le félin vivait bien avec lui, mais en lui. Il était le félin. C'était lui le chat.
Elle ne s'imaginait pas à quel point elle était dans le vrai.
A la première question, à leur toute première rencontre, elle lui avait posé la bonne question. Celle qui résumait toute sa vie, celle qui résumait tout son être. Elle avait su trouver son point faible, elle avait réussit à le faire trembler dès leurs premières paroles échangées.
Il fit quelques pas, laissant son léger mal de crâne atténué par la jeune rêveuse de côté, afin de trouver une solution à son problème de taille. Il ne pouvait décemment pas lui dire qu'il était métamorphe, il avait passé toute sa vie à le cacher. Dévoiler cela à une inconnue risquait de gâcher toutes ses années de silence forcé.
Et surtout, il s'était mis d'accord avec Amarylis : le secret était leur seul allié. Il devait tenir sa langue, à tout prix. Il l'avait fait jusque là, il pouvait encore continuer ses mensonges.

La jeune fille l'observait en silence et Gareth ne savait toujours pas quoi dire. La réponse semblait évidente, ou plutôt le mensonge, mais il n'arrivait étrangement pas à le sortir.
Il prit enfin une décision ; il fallait agir ou elle se poserait d'autres questions.


- Non, je ne vis pas avec un chat, mais tu dois confondre avec l'odeur des rapaces dont je m'occupe. Il est vrai que leur odeur n'est pas très différente de celle des félins.

Excuse minable. Pourtant, elle restait plausible. Essayer de changer de discussion ? Pourquoi pas. Dans tous les cas, éloigner les esprits du sujet présent.
Il esquissa un sourire.


- Tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux que ça.

Partir ou continuer la discussion ?

- Les chats, ce n'est pas mon fort. Je m'en occupe assez mal comparé aux oiseaux. A vrai dire, je ne saurais même pas apprécier leur présence.

Il était un de ces chats, il gardait son territoire. Tout comme eux. Instincts de prédateur.




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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Sam 22 Sep 2012 - 19:48

Lehya avait senti l’odeur du chat, sans toutefois y trouver de raisons, parce qu’elle ne voyait pas de poil de chat sur l’homme. Alors elle avait réagi simplement, en lui demandant. Il y avait forcément une raison, aussi avait-elle préféré demander pour satisfaire sa curiosité plutôt que de se demander des heures durant pourquoi il sentait le chat sans poil de chat. Ça lui aurait fait des nœuds à la tête, et Lehya n’aimait pas se faire des nœuds à la tête. Il sembla réfléchir quelques secondes, faisant même quelques pas. Elle fronça les sourcils. A quoi pensait-il ? Ce n’était pourtant pas si difficile de répondre « Oui, j’ai un chat » ou « Non, je n’en ai pas », si ? Finalement, au bout d’une petite minute peut-être, il se tourna vers elle à nouveau.

Oh, des oiseaux. Des rapaces, plus précisément. Elle comprenait un peu mieux. Il avait sans doute été étonné de sa question, et avait cherché lui-même une explication à cette odeur. Il était vrai que Lehya n’avait jamais réellement approché d’oiseau, alors elle ne pouvait pas dire si ça sentait pareil que les chats. Du coup, Lieva était peut-être aussi allergique aux rapaces. Mais la rêveuse se dit que c’était sans doute plus à cause des poils que de l’odeur. Il faudrait qu’elle songe à écrire à sa cousine, puis donner des nouvelles et tout. Elle hocha la tête en signe d’assentiment à ce qu’avait dit l’homme, bien qu’elle n’en sache rien. Mais si il le disait, c’était qu’il le savait, hein ? Ah, elle se rappelait maintenant, qu’il y avait un nouveau maître fauconnier à l’Académie. Ça devait être lui. Oui, ça lui semblait logique tout ça, maintenant.

Il sembla commencer à sourire avant de lui parler à nouveau. Ah ! Le tutoiement. Lehya avait parfois du mal avec cette notion. Lorsqu’elle était mal réveillée ou avec les patients, elle adoptait naturellement le tutoiement, mais le reste du temps, le vouvoiement était sa manière de s’adresser aux autres. Il n’y avait en réalité que très peu de personnes à qui elle disait « Tu » ou « Toi », et tout ce qui va avec. Il n’était pas si vieux que ça. La rêveuse esquissa une petite moue boudeuse.

- C’est pas ce que je voulais dire …

Il ne sembla pas s’occuper de ce qu’elle venait de murmurer, reprenant son discours. Alors il n’aimait pas les chats. Néanmoins, elle nota qu’il avait déjà dû essayer de s’en occuper d’un, puisqu’il assura s’occuper plus facilement des oiseaux. Elle haussa les épaules, puis se laissa glisser contre le mur de pierre avant d’atterrir assise sur la terre. Ses cheveux collaient un peu à la pierre et elle devait avoir une coiffure bizarre du coup. Elle rejeta sur le côté la mèche qui reviendrait éternellement devant ses yeux. Enfin, éternellement, elle espérait pas. Mais en huit mois, elle n’avait pas bougé, alors même qu’elle ne voulait plus se cacher derrière le rideau de sa chevelure. Elle récupéra ses béquilles, un peu plus loin, avant de se remettre debout. C’était plus simple pour elle que de se pencher.

Elle hésita à le laisser partir, et puis si il voulait voir Amarylis, elle pouvait peut-être le conduire jusqu’à elle, ou du moins, attendre qu’elle ne soit plus occupée.

- Alors, vous vous ... tu t'occupes d’oiseaux ? De la volière de l’Académie peut-être ? La dernière fois que j’y suis allée, vous... tu n’étais pas là.

Saleté d'automatismes bis quoique pas dans ce rp. Quant à la volière ... La dernière fois qu’elle y avait été remontait à presque un an. Et elle songeait qu’il faudrait bien qu’elle y retourne un jour. Sans doute avait-elle reçu des lettres, de plus en plus inquiètes. Elle n’avait pas donné de nouvelles à sa famille depuis un an. Elle n’y avait pas pensé. Les deux premières semaines, elle avait écrit. Puis, avait toujours repoussé à plus tard le moment de leur fournir une réponse. Ce n’est pas qu’elle ne pensait pas à eux, au contraire. Mais elle n’éprouvait pas le besoin de leur expliquer ce qu’elle faisait chaque semaine. Et rapidement, ses lettres auraient terminés par ne compter qu’une dizaine de lignes, en incluant les salutations de début et de fin de lettre.

Elle hésita, comme elle l’avait fait devant Ereïne, à lui poser des questions sur sa famille. La Loyauté c’était rester soi-même. Et Lehya ne posait pas de questions. Alors elle se tut, attendant une quelconque réponse de son interlocuteur.


[Moi j’ai pas d’inspiration ? angel Bref, éditage si tu veux !]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 21 Oct 2012 - 21:49

La jeune fille se laissa soudain glisser contre le mur et fini sa course sur le sol. Ses cheveux formaient une masse bien étrange et une mèche ne pouvait s'empêcher de revenir sans cesse devant son visage. Elle la remettait à chaque fois en place sans grand succès. Ils étaient sans doute là pour cacher ses yeux.
Il la comprenait.
Lui aussi faisait tout pour cacher sa... mutation. Il faisait tout afin que personne ne soit au courant pour son double, pour l'esprit du puma. Pour l'instant, personne ne le savait. Mais parfois, il n'était plus sûr de pouvoir gérer ses pulsions. Il avait peur qu'un beau jour il ne La contrôle plus. Qu'il ne puisse plus La cloitrer entre les murs qu'il avait érigé pour Elle dans son esprit et qu'Elle sorte afin de dévaster tout ce qui pourrait bien tomber sous ses griffes.
Il La cachait. Du moins tant qu'il le pouvait.

La rêveuse récupéra ses béquilles et se remit debout du mieux qu'elle put. Il hésita à aller l'aider, mais éloigna cette pensée bien vite. Elle pouvait ne pas apprécier ce geste qui partait pourtant d'une bonne intention. Il la laissa donc se débrouiller seule.
Une question résonna soudain entre eux.


- Oui, je suis bien le fauconnier de l'Académie.

Ce n'était pas difficile de se retrouver seul dans la volière, Gareth n'y était pratiquement jamais. A vrai dire, il nourrissait ses protégés et ensuite il sortait. Il passait toutes ses journées à l'extérieur généralement en compagnie de rapaces. Ou en train de donner une leçon à Lyu. C'était certainement cette dernière qu'ils étaient le plus apte à croiser vu qu'il lui donnait souvent des travaux à faire dans la volière.
Lui, il n'y était que rarement. Pas la journée dans tous les cas. Il était donc très difficile de le croiser. Et il fallait dire qu'il n'avait pas réellement envie de croiser des gens dans sa volière. Il n'aimait pas ces élèves qui mettaient ses affaires sans dessus dessous. Oui, la plupart du temps, ils ne savaient pas qu'il y avait un ordre dans cette volière. Elle avait beau paraître mal rangée, elle l'était. A la manière du fauconnier. Mais rangée.
Les élèves avaient le don de mettre le souque. En plus de cela, ils ne savaient jamais quel rapace prendre afin d'envoyer des lettres. Il fallait à chaque fois qu'ils cherchent le fauconnier dans toutes l'Académie afin de trouver quel oiseau utiliser. Il pensait d'ailleurs installer une liste des oiseaux afin que tous les résidents sachent lesquels utiliser. Cela restait une idée.

Il regarda la jeune femme qui semblait ne plus savoir quoi dire. Il fallait dire que le métamorphe n'avait pas donné matière à conversation, loin de là. Et puis, ils ne se connaissaient pas et la gêne était présente entre eux. Ils ne savaient pas quoi dire ou faire.
Et il ne voulait pas déranger Amarylis maintenant qu'il souffrait moins. Il ne savait pas s'il devait tout de même aller la voir pour lui parler de cet incident. Non. Il lui en ferait part la prochaine fois. Il se sentait mieux et la rêveuse avait sans doute mieux à faire que de l'écouter parler de ses problèmes même s'ils l'intéresseraient énormément. Elle avait sûrement des patients à soigner et des élèves à qui enseigner. Ce sera pour plus tard.

Partir ? A présent que la discussion était lancée, il ne pouvait fuir. Il l'aurait pourtant voulu, mais il n'y arrivait pas. Il ne pouvait partir comme cela alors qu'elle lui avait posé une question.


- Je suis rarement dans la volière, il faut que mes rapaces gardent la forme. Je passe donc mes journées à l'extérieur à les faire voler encore et encore après les avoir nourrit. Et il faut dire qu'à présent qu'une jeune apprentie s'est présentée à moi, j'ai encore moins de temps à passer entre les murs de la volière.

Il était vrai que Lyu commençait à lui prendre beaucoup de temps, car il se rendait compte du potentiel qu'elle avait. Au début, il s'en était méfié, mais à présent il voyait son amour pour les bêtes à plumes. Il savait reconnaître un vrai fauconnier. Elle en était un. Il faisait donc tout afin de lui offrir tout son savoir et cela lui prenait du temps. Beaucoup de temps. Elle avait beau être douée, la fauconnerie était un art subtil et difficile à manier du premier coup.

- Du coup, les gens ne savent généralement pas à quoi je ressemble. Je suis bien trop occupé pour rencontrer les élèves ou les résidents. On ne me connait pas et cela me va très bien.

Oui, cela lui allait à la perfection.
Anonymat.


- Tu as déjà vu un rapace en plein vol?

Cette sensation était si unique. Le fauconnier ne faisait pas voler son oiseau. Il volait avec lui.
Sensation de liberté intense. Courte liberté.





[ Désolé du retard >< J'édite si t'as besoin o/ ]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 2 Déc 2012 - 12:44

De ses éternelles phrases hachées, de ses éternelles phrases ponctuées de pauses qui lui servaient de régulateur de tensions, en fait, elle avait réussi à demander s’il était le fauconnier de l’Académie. Elle n’était pas très souvent à l’Académie, bien qu’elle y fût plus souvent qu’à Eoliane depuis qu’elle était revenue de son voyage. Elle essayait toujours de repousser le moment où elle devrait voir Amarylis. Elle n’avait pas tellement peur de sa réaction, mais elle avait l’impression désagréable de n’avoir pas fait le bon choix en fuyant, et sa jambe manquante le lui rappelait toujours. Et elle se demandait ; elle, a-t-elle fui ?
Mais non, elle était restée là, elle serait toujours là, et il semblait impossible qu’elle ait quitté sa Confrérie entre temps. Et elle sortit de cette étrange pensée, peut-être fausse, lorsque l’homme lui annonça qu’en effet, il était bien le fauconnier. Comme elle le faisait souvent, elle hocha simplement la tête pour signifier qu’elle avait entendu. Ça prenait moins de temps que de faire des sons. Et parfois, mieux valait se taire et comprendre que parler pour cacher des lacunes.

Et Lehya tordait ses doigts, ne sachant pas quoi dire. Adossée au mur avec ses béquilles à côté d’elle, elle pouvait faire ce qu’elle voulait de ses bras. Et elle était contente lorsque ses moments arrivaient. Elliot venait lui apporter une chaise lorsqu’il sentait ses bras se fatiguer, de temps en temps. Il prenait cette habitude et cela évitait à la demoiselle de devoir parler. La discussion n’était pas, et ne serait sans doute jamais, son point fort. Ecouter, en revanche, elle savait faire. Mais qu’écouter d’autre que le vent lorsque les deux partis se taisaient, restaient silencieux ?
Gêne et timidité se mêlaient, et rien ne venait troubler le silence. C’était plutôt perturbant. Lehya n’était plus habituée à cette quiétude depuis longtemps. Dans la Confrérie, tout résonnait des paroles des Rêveurs, des plaintes des blessés, de raclements de chaise, des pas, de ses béquilles, de tout. Alors tout se déchira. Fini la toile blanche du silence, car son interlocuteur venait de répondre à sa deuxième phrase. Il n’était pas souvent à la volière. S’occuper des rapaces. Une apprentie. Lehya hocha la tête, à nouveau.

Elle aurait pu penser qu’il s’arrêterait là. Parce qu’il ne semblait pas non plus particulièrement doué pour faire la conversation ; il lui ressemblait, un peu. Sans doute l’ermite l’aurait-il également qualifié de chat sauvage. Elle eut un vague sourire en repensant à ce vieil homme, qui se fana progressivement tandis que l’homme reprenait la parole. Il devait se sentir mieux lorsqu’il était seul. A vrai dire, la jeune femme aux yeux félins ne voyait pas vraiment d’autres solutions expliquant cette envie de ne pas rencontrer les autres. Elle-même se sentait bien mieux seule, mais elle avait ses raisons. Sa cicatrice, celle qui barrait son œil, la brûla un peu, comme pour lui ancrer dans la tête ce souvenir. Elle n’était pas souvent bienvenue près des gens, et cela la faisait parfois souffrir. Avant. Maintenant, elle tentait de passer outre, même si c’était parfois difficile de soutenir le regard des gens. Son œil droit s’embua sous la chaleur soudaine, mais elle l’essuya rapidement. Elle avait beau avoir appris à maîtriser ses douleurs, elle ne parvenait toujours pas à contrôler ses yeux, qui jouaient avec ses nerfs, avait-elle l’impression.

Le fauconnier lui demanda, d’un coup, si elle avait déjà vu un rapace en plein vol. Lehya avait souvent observé les oiseaux, de sa fenêtre. Mais il ne s’agissait généralement pas de rapaces, plutôt de passereaux. Les petits oiseaux qui la réveillaient le matin, de leurs pépiements joyeux. Alors elle venait les regarder, sur fond de soleil levant, et ils dansaient, virevoltaient, multicolores, libres.
Et elle s’était souvent demandé ce qui aurait été différent si, au lieu de ses yeux de chat, elle avait eu des ailes. Souvent, elle en arrivait au même point : elle n’aurait pas vécu d’une manière plus belle, parce que ça aurait été étrange aussi. Mais sans doute serait-elle partie, pour faire s’envoler ses doutes, ses peurs, ses tristesses. Sans doute aurait-elle voyagé, découvert d’autres paysages, plus beaux, différents. Voir le monde du ciel devait être quelque chose d’extraordinaire. Et quelque part, elle enviait les oiseaux qui eux, avaient la chance de pouvoir observer tout cela. Elle songea un instant à se faire greffer des ailes, mais renonça ; cette idée était stupide : les humains n’avaient pas d’ailes.

- Est-ce qu’ils volent … différemment ? Des autres oiseaux, je veux dire …

Elle était curieuse de voir ça. D’une part, parce que les rapaces étaient plus gros, d’autre part parce qu’elle voulait noter les différences, si il y en avait. Ils étaient peut-être plus gracieux, ou plus beaux, ou elle ne savait trop quoi d’autres. Elle leva son grand regard félin vers lui, prenant son courage à deux mains, car elle n’était pas sûre d’elle ; n’était pas sûre que ce n’était pas ce qu’il venait de proposer.

- Un jour … vous, tu me montreras ?



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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Ven 14 Déc 2012 - 17:50

Voler différemment des autres oiseaux... Question délicate pour un maître fauconnier. Voler. Rien qu'un rêve pour lui. Une chimère perdue dans les méandres de ses pensées. S'il aurait pu choisir son totem, il se serait métamorphosé en oiseau. Petites grandes ailes, cela lui était bien égal. Voler rester la même chose. Un rêve. Un idéal. La simple liberté des airs. Aucune contrainte, aucune chaîne, la simple liberté de vivre. Le seul endroit où lui, le métamorphe, le monstre, pouvait être en paix. Avec les autres, avec lui. Sur terre, il ne se sentait pas réellement à l'aise. Presque étouffé. Les seuls instants où il se sentait libre étaient rares et inhabituels. Libre, puma. Sans liens, sans contraintes, sans chaînes. Lorsqu'il était animal, il pensait au moment présent. Il vivait et les problèmes que les humains se posaient sans cesse ne venaient pas le troubler.
Il ne savait pas voler, il ne le pourrai malheureusement jamais. Mais il l'avait trouvé. Son vol à lui était la métamorphose.

L'homme en lui aurait tendance à répondre que voler reste voler, qu'il n'y a aucune différence entre le vol d'un faucon pèlerin et celui d'un moineau. Simplement posséder des plumes, simplement voler. Bien au contraire du fauconnier qu'il était. Chaque vol était différent, chaque vol était unique.
Une danse entre un oiseau et le vent.
Gareth aimait partager ces instants avec ses rapaces. Chaque valse était différente, unique. Une valse à trois. L'oiseau, le vent et le fauconnier.
Il sortit de ses pensées lorsque la rêveuse lui posa une seconde question. Un sourire s'étira alors sur son visage. Montrer son art, prouver aux autres que la fauconnerie vivait encore bel et bien. Ca, il savait faire. Mais surtout, il le faisait sans ressentir la moindre gène, le moindre mal aise.
Gareth se concentra à nouveau sur la conversation.


- Tous les rapaces volent de différentes manières, ils ont tous leur propre manière de voler. Un petit moineau devra battre trois fois plus vite des ailes qu'un grand vautour. Même du jour au lendemain, le vol d'un même oiseau est différent. Ce n'est pas le même jour, pas le même temps, pas le même lieu. Aucun vol ne se ressemble.

Le fauconnier aurait pu passer des heures à lui expliquer toute la complexité des oiseaux, toute la magnificence de ces vols si contrastés. Il sentait cependant qu'il ne pouvait lui infliger cela, elle allait forcément s'ennuyer petit à petit. Pour résister à ses monologues sur la fauconnerie, il fallait aimer cet art et il n'était pas certain de l'importance dont la rêveuse faisait par rapport à cela. Loin de là. Depuis qu'il était arrivé entre les murs de l'Académie, il s'était habitué à cette ignorance dont faisaient sans cesse preuve les élèves face à son travail.
Il esquissa un sourire.


- Avec plaisir.

Il marqua une pause. Amarylis était-elle ici ? N'allait-il pas la déranger ? Tant pis, il irait la voir un autre jour. Dans tous les cas, son problème ne pourrait empirer. Il atteignait déjà presque son paroxysme. Ou pas. Il pouvait bien lui montrer la beauté du vol !

- Amarylis doit sans doute être très occupée entre ses patients et sa paperasse. Je pense que je reviendrai une autre fois pour lui parler... Je peux te faire une démonstration de vol si tu veux ?

Un sourire s'étira alors sur le visage de la fille aux yeux de chat qui lui donna aussitôt une réponse. Un seul problème se posait. Il n'avait pas de rapaces sous la main et la jeune femme ne pouvait décemment pas se déplacer jusqu'à la volière dans son état. Il devait se débrouiller. Heureusement qu'il lâchait quelques oiseaux le matin afin qu'ils se dégourdissent les ailes avant de les récupérer le soir.
Il ferma les yeux, écouta le vent. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne parvienne à entendre quoi que ce soit. Enfin, ce qu'il cherchait. Il siffla deux fois à intervalles réguliers. Un sifflement strident, spécial, ressemblant à aucun autre. Plusieurs autres minutes passèrent. De longues minutes. Un bruissement résonna soudain, non, deux bruissements. Gareth se retourna vers la rêveuse et il lui pointa deux ombres au loin du doigt.


- Là, regarde.




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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 3 Fév 2013 - 16:44

Doucement, elle demanda si les rapaces volaient différemment des autres oiseaux. Sans doute n’avait-elles pas les yeux entraînés du fauconnier, mais il lui semblait que chaque vol se ressemblait : il fallait battre des ailes pour prendre de la hauteur, les étendre pour aller plus vite – planer, en quelque sorte – et redescendre. Si Lehya avait souvent observé les oiseaux devant sa fenêtre, c’était la seule chose qu’elle avait appris à propos d’eux. Et quelques noms : mésanges, rouges-gorges, moineaux … Pas grand-chose de transcendant. Alors elle osa outrepasser sa timidité, pour demander si un jour il pourrait lui montrer. Son sourire la rassura et lorsque ses mains se détendirent, elle se rendit compte qu’elle les avait serrées en poing. Demander des choses lui était encore difficile. Non, ce n’était pas tout à fait ça ; les refus étaient encore difficile à accepter. Quand tout le monde autour de vous vous surprotège à cause d’une distinction, il est rare d’être confronté à un quelconque refus.

L’homme prit la parole à son tour, semblant plus confiant, et commençait à lui expliquer les différentes entre les vols. Cela l’étonnait un peu qu’un moineau doive battre davantage des ailes. Un vautour était plus lourd et plus grand, alors, ça aurait dû être le contraire. Quoique, étant donné qu’il avait des ailes plus longues … Lehya aimait réfléchir à ce que l’on disait, admettre que les choses pouvaient être possibles selon la logique. C’était à la fois un moyen de se protéger contre les mensonges et un excellent exercice pour le cerveau. Elle se savait légèrement influençable ; elle voulait effacer ce défaut, et depuis qu’elle était arrivée à Eoliane, elle avait appris à se méfier de ce qu’on lui racontait. Se méfier des gens, ça, elle savait déjà le faire. Ne manquait plus que les paroles … Elle se reconcentra sur le fauconnier lorsqu’il lui accorda ce qu’elle voulait avec un « Avec plaisir ». Sur le coup, elle n’avait pas vraiment compris de quoi il parlait, puis il continua et elle fit aussitôt la connexion avec son envie de voir comment volaient les oiseaux. Elle hocha la tête affirmativement lorsqu’il lui demanda si elle voulait voir. Elle n’aurait pas cru qu’il lui montrerait si vite, mais ça ne la dérangeait pas le moins du monde.

Elle pensait qu’ils allaient se diriger vers la volière ; ça ne l’aurait pas dérangé de monter les marches jusqu’en haut. De toute façon, elle ne serait pas épargnée par les escaliers toute sa vie, elle le savait. Il semblait inconcevable qu’elle n’ait plus à en monter. C’était comme les petites marches devant la porte de la Confrérie, elles étaient trois ou quatre mais chaque fois qu’elle sortait – c’est-à-dire, souvent – elle devait les descendre et les remonter, et cela ne la gênait pas. Elle avait alors empoigné ses béquilles, prête à le suivre, mais il avait fermé les yeux. Lehya s’était inquiétée, quelques secondes : pourquoi fermait-il les yeux ? est-ce qu’il allait bien ? est-ce qu’elle devait aller chercher Amarylis ?
Puis il siffla. Lehya fit une moue ennuyée : ce sifflement n’était pas particulièrement agréable, déjà, et même carrément embêtant. Mais si c’était ce qu’il fallait pour appeler les oiseaux, alors elle ne ferait pas de remarques. Mais là était le problème : elle ne voyait rien venir. Elle avait beau scruter le ciel, chaque fois qu’elle voyait un oiseau, il volait tranquillement et pas du tout dans leur direction. Alors qu’elle s’apprêtait d’ailleurs à faire une remarque, au bout de plusieurs minutes, il leva son doigt vers deux points qui se rapprochaient d’eux à une vitesse certaine.

Elle écarquilla les yeux face à ça. C’était un pur étonnement de voir que l’on pouvait vraiment appeler les oiseaux, et donc, les apprivoiser, cette dernière chose entraînant la première. Elle observa leur vol ; ils étaient en train de planer, pour venir se poser. Elle regarda si le fauconnier avait son gant ; elle se demandait si ils les enlevaient de temps en temps. Sa grand-mère avait des cousins plus jeunes qui s’occupaient d’oiseaux et elle savait quelques petites choses sur les fauconniers, mais elle passait beaucoup plus de temps avec les autres enfants de la famille qu’avec les adultes et leurs oiseaux. Il fallait vraiment qu’elle écrive une lettre pour demander des nouvelles de tout le monde. Et récupérer celles qu’on lui avait probablement envoyé. Les oiseaux se rapprochaient encore, et elle nota un battement de l’aile, léger, lorsqu’un des deux tourna légèrement. Elle regarda l’homme. Il ne semblait pas attendre qu’ils se posent, alors elle attendait les « instructions » qu’il pourrait bien leur donner.

Lehya se contentait d’observer – que pouvait-elle bien faire d’autre, de toute façon ? C’est vrai qu’ils ne volaient pas de la même façon que les oiseaux en face de sa fenêtre le matin. Elle n’aurait pas vraiment su dire en quoi tenait la différence, cela dit. Elle ne trouvait pas ces vols-là plus gracieux ou plus majestueux, pourtant, juste différents. Elle songea alors que ce devait être comme la beauté : parfois, on ne peut se décider sur la personne la plus jolie, parce qu’elles le sont tout autant mais d’une façon différente. Elle pensait bien que lui savait dans quoi tenait la différence ; après tout, il devait sans doute regarder les oiseaux depuis longtemps, pour pouvoir les appeler ainsi. Elle sourit légèrement, en songeant qu’il faudrait qu’elle apprenne plus de choses au sujet des animaux et des oiseaux. Ce ne serait pas du temps perdu ; peut-être que les rêveurs pouvaient soigner les animaux blessés ? Elle n’avait jamais essayé, et n’avait pas le souvenir d’avoir parlé de cela avec Amarylis. La rêveuse savait cependant que les animaux étaient aidés par les fermiers parfois, avec des plantes. Mais pour aider les animaux, encore faudrait-il qu’elle parvienne à vaincre sa phobie des chevaux. C’était sans doute ce qu’on lui amènerait le plus souvent si jamais elle soignait les animaux.

- Depuis combien de temps tu t’occupes des oiseaux ? On s’en occupe comment ? Comment tu fais pour qu’ils t’obéissent comme ça ?

Les paroles étaient sorties quasi-naturellement de sa bouche. Ça l’intéressait vraiment, et c'était sans doute ce qui lui permettait de poser ses questions aussi facilement. Et si elle se lançait réellement dans les soins pour les animaux, autant apprendre à s’en occuper dès maintenant.


[Un pourrissage de mur et un post dans la même journée, c'est pas beau ça ? Naif]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Mer 6 Fév 2013 - 21:21

Les deux ombres planaient dans le vent, ce dernier s'infiltrant par toutes les interstices de leur plumage. Leur direction était claire, ils venaient vers eux. Deux traits filant droit vers deux silhouettes immobiles. Gareth n'eut besoin que d'un regard, d'un geste de la main maitrisé depuis bien des années pour que les deux rapaces reprennent leur vol. Le fauconnier en profita alors afin d'enfiler son gant. Précisons tout de même qu'il lui arrivait parfois d'oublier de le mettre. Les serres affutées des rapaces pouvaient transpercer sa peau, elles le faisaient bien souvent, mais il ne souffrait pas réellement et cet étrange phénomène n'était compréhensible que de lui. Il possédait simplement une condition différente des autres êtres humains, il avait donc quelques avantages dans tout ceci. Son métabolisme était différent même s'il ne savait dire comment. Il était simplement persuadé que c'était dû à sa deuxième nature. Cette dernière qui tenait son corps continuellement chaud, par ailleurs. Même en hiver, son corps brûlait d'un feu invisible. Il possédait quelques autres particularités auxquelles il ne prêtait plus aucune attention, devenues naturelles.

Les deux rapaces s'étaient dispersés. Une danse commença entre les deux oiseaux à laquelle le fauconnier participait, de loin. Un trio s'était formé entre eux, personne ne pouvait s'introduire dans leur relation. Unique moment qu'ils ne partageaient qu'entre eux. Les spectateurs possibles ne voyaient que la surface, le simple vol qui se déroulait sous leurs regards ébahis. Le fauconnier vivait un instant unique avec ses compagnons de vol. Le ciel l'appelait sans cesse, les oiseaux le rejoignaient pour lui. Avec lui. Sa pensée et non son corps. Malheureusement. Il avait fini par se faire à l'idée de n'être qu'un homme, qu'un félin. Aucune aile, aucune plume. Il s'y était fait.
Loopings, croisés, piqués, remontées... Les deux rapaces, Hook et Noisette, dansaient dans le même temps, ils ne faisaient plus qu'un. Avec Gareth au sol. Ce dernier était leurs yeux. Quelques minutes s'estompèrent dans le silence des plaines lorsqu'il décida de les appeler à lui. D'abord Hook, le faucon pélerin. Le métamorphe s'apprêtait à le rappeler lorsque la jeune rêveuse parla. Une série de questions sortit de sa bouche en l'espace de quelques secondes. L'esprit de Gareth, normalement, ne se serait jamais déconnecté de sa transe, mais ces questions étaient bien trop inattendues. Avait-il trouvé une deuxième personne intéressée par son travail ? Peut-être bien, au vue de sa précipitation.
Il tourna son regard vers la jeune fille pour lui offrir un sourire.


- Attend.

Mettant ces questions de côté, il se concentra sur le faucon. Simple strille presque inaudible de l'oreille humaine et les ailes du faucon s'orientèrent dans leur direction. Quelques secondes et les serres de l'oiseau se posèrent avec force sur le bras ganté de l'homme. Il était lourd, mais le fauconnier était bien plus fort. Aucune oscillation à l’atterrissage, aucune hésitation. Sûr de lui. Tous les deux. L'habitude aussi, la confiance par ailleurs.
La taille du faucon était bien supérieure à celle d'un simple moineau. Large, il dépassait largement le genou de Gareth. C'était pareil pour Noisette. Deux grands prédateurs, deux grands carnivores à caractères bien trempés.
Un jeu de regard débuta entre les deux bêtes. L'animal et l'homme. Ils se testaient mutuellement. En silence. Quelques secondes, puis le bec de Hook résonna. Ses grandes ailes se déployèrent et il alla se poser quelques mètres plus loin afin de se lisser les plumes.
Le regard de Gareth se tourna vers le deuxième rapace, une buse de Harris. Aussi grande que le faucon, Noisette faisait des ronds dans le ciel nuageux. Il attendait le signal. Sifflement strident. Identique au précédent. La buse prit un virage en direction du fauconnier, piqua et débuta la même manoeuvre que Hook. En quelques secondes, elle serra le bras ganté de ses serres acérées. Un poids légèrement différent, mais le même regard. Sûr de lui, convaincu de sa grandeur. Convaincu que l'homme et l'oiseau s'élevaient au même niveau. Gareth en était convaincu lui aussi. Jeu de regard, caresse de l'homme à l'animal.

Le métamorphe se retourna alors vers la rêveuse, son travail accompli. Un sourire au visage. Cette sensation le prenait toujours, cette sensation qui battait au centre de son corps. Chaleur intense. Joie, bonheur. Jouissance.
La jeune fille avait observé cette scène dans un silence exemplaire et attendait les réponses à ses questions.


- Alors comme ça tu t'intéresse aux oiseaux ? Ca fait depuis longtemps que l'on ne m'avait bombardé de questions.

En réalité, la seule qui s'intéressait aux rapaces, c'était Lyu. Personne d'autre ne s'était réellement intéressé à son travail. Il ne s'en portait pas pour autant mal même s'il était vrai que cela faisait toujours plaisir quand son travail était apprécié à sa juste valeur.

- Eh bien... Cela fait depuis douze ans que je m'occupe d'oiseaux et ça ne s'apprend pas en quelques jours, loin de là. C'est un apprentissage sur une longue durée, un travail de volonté. Et...

Silence. Sourire complice avec les deux rapaces.

- Là, je t'arrête tout de suite. Ils ne m'obéissent pas, ils ne m'obéiront jamais. S'ils le voulaient, ils pourraient s'envoler loin de moi, partir sans se retourner ne serait-ce qu'une seule fois. Mais ils ne le font pas. Pourquoi ? Simplement parce que je les respecte au même titre qu'ils me respectent. Nous nous plaçons à la même hauteur, aucun de nous n'est supérieur à l'autre. Je ne leur dicte pas des ordres, je suis simplement leurs yeux au sol. Nous formons une équipe et non une domination. Nous volons ensemble, je leur montre la voie. Je ne suis qu'un guide pour eux, voire même un ami parfois.

La vision de l'homme était bien différente de celle des autres fauconniers, il avait sa propre pensée de la fauconnerie. On pouvait bien le traiter de fou, ces paroles ne l'atteignaient plus depuis bien longtemps. Il avait accepté ce fait. Son esprit et son corps avaient accepté le fait d'être à part, d'être mi-homme mi-bête.
Différent des autres.


- Tu veux les caresser ? Ils ne te feront aucun mal, je te le promet.

Un seul regard suffit pour faire comprendre aux deux rapaces de se tenir tranquille. Un mouvement de leur tête, ils avaient compris.




[ Ouaaaaaah, c'est beauuuu Naif ]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Mer 20 Fév 2013 - 3:51

Elle avait posé ses questions précipitamment, comme elles lui apparaissait en pensées. Elle s'ouvrait aux autres et en faisait l'expérience lorsque ses mots s'échappaient aussi spontanément que cette fois-ci. Elle savait qu'avant, elle n'aurait jamais pu s'exprimer aussi naturellement ; après avoir gardé pour elle tout ses mots, il aurait difficilement pu en être autrement. Mais maintenant qu'elle parlait, elle avait du mal à admettre qu'on lui demande d'attendre. Qu'on réponde à ses requêtes étaient quelque chose qu'elle considérait comme naturel. Mais elle admit, pour cette fois, parce qu'il allait peut-être lui ouvrir les portes d'un univers qu'elle explorerait plus profondément ensuite. En quelques sortes, il allait construire les fondaisons de sa maison de soin pour animaux. Puis il avait souri gentiment. Et les sourires gentils, elle en recevait pas trop souvent, alors elle se tut et admira en silence. Admira purement et simplement, oubliant les questions qui avaient tournés dans sa tête auparavant pour se concentrer uniquement sur le ballet aérien. Une fois terminé, il se tourna vers elle.

- Et bien … c'est une question de Rêve, surtout. Ça m'intéresse.

Elle ne savait pas quelle signification du mot « rêve » il avait compris. Et pour le moment, ça lui était bien égal, car il continuait à parler. Douze ans. Qu'est-ce que c'était long ! Douze ans de sa vie, consacrée aux rapaces ? En revanche, elle avait bien imaginé que cela ne s'apprenait pas sur un coup de tête. Ça aurait été trop facile, sinon. Et puis, tout les animaux avaient leurs réserves, et il fallait apprendre à les apprivoiser, d'abord, pour qu'ils vous fassent confiance. Lehya pensa à juste titre que c'était la même chose pour les hommes : il fallait d'abord les apprivoiser, acquérir leur confiance, avant de pouvoir les aider.
La façon dont l'homme parlait de la fauconnerie était belle et poétique. Elle n'aurait jamais pensé à ça seule. Une équipe. Des égaux. Elle écoutait attentivement ce qu'il disait, parce que ce n'était pas commun, comme façon de penser, mais tellement plus adapté à ce qu'elle comptait faire de ces informations. Puis il lui proposa de les caresser.

- Oh, c'est vrai ?

Il leur fit un signe de tête, qu'elle ne comprit pas vraiment ; il y avait une telle alchimie entre cet homme et ces oiseaux ! Elle était presque palpable, tant elle était forte. Ils se comprenaient, et ça, c'était juste magique. Lehya leva une main un peu tremblante vers l'oiseau. Elle se demanda si il y avait un sens dans lequel il ne fallait pas les caresser, comme les chats qui avaient horreur d'être caressés à rebrousse-poils, par exemple. D'un autre côté, il ne lui serait pas venu à l'idée de caresser un oiseau à « rebrousse-plumes ». Sa main vint naturellement lisser le collier de plume autour du cou du rapace. C'était étrange la différence qu'il y avait entre tenir une plume qui était tombée à terre et en toucher une encore collée à son « propriétaire ». Il y avait cette vie qui y passait, qu'on ne retrouvait pas dans les plumes pour écrire. C'était son instinct de rêveuse qui lui indiquait cela. Elle sourit au fauconnier.

- C'est drôle. Les plumes, je veux dire. Ce n'est pas … pareil.

Elle doutait avoir besoin de s'expliquer davantage, il avait sans doute compris ce qu'elle voulait dire. Elle se décida alors à lui expliquer ce soudain intérêt pour les oiseaux.

- Je me demande si l'on pourrait soigner les animaux avec le rêve. Je veux dire, ils sont différents anatomiquement, mais ils sont vivants comme nous, alors, le rêve doit pouvoir les soigner, non ? Ou les soulager lorsqu'ils ont mal quelque part.

Elle réfléchissait à haute voix plus qu'elle ne lui expliquait quoi que ce soit, à vrai dire. Elle avait recommencé à lisser les plumes de l'oiseau et s'était arrêté lorsqu'elle avait senti son équilibre devenir précaire. Elle avait repris ses béquilles comme il le fallait.

- C'est pour ça que je me demandais. Ou, allier les techniques de soin. En tout cas, il faudra de la confiance, mais ça, il en faut aussi avec nos patients humains. Si on pouvait soigner les animaux, je pense que ça pourrait aider des gens, surtout ceux qui travaillent régulièrement avec des animaux. Qu'est ce que tu en penses ?

Lehya demandait rarement l'avis des autres sur ses idées. Elle disait souvent que leurs avis ne comptaient pas, puisqu'elle était persuadée que ses idées étaient tout à fait valables. Mais ces certitudes étaient tombées face à l'ermite, et elle s'efforçait maintenant de prendre en considération les pensées des autres par rapport à ce qu'elle faisait, à ce qu'elle proposait, à ce qu'elle imaginait. C'était plus simple, même pour elle, car les autres lui apportaient parfois des éléments auxquels elle n'aurait pas réfléchi seule. Et demander à un amoureux des oiseaux son assentiment quant aux soins des animaux lui semblait essentiel.

- Mais sinon, j'admire ta capacité à guider ces oiseaux dans un tel ballet. C'est vraiment incroyable.

Chaque personne avait un talent et le sien était clairement la fauconnerie. Comment s'était-il trouvé cette vocation ? Quel âge avait-il pour avoir donné douze ans de sa vie à cet art si particulier ? C'était certaines des questions qui tournaient encore dans la tête de la jeune rêveuse aux yeux félins si particuliers. Mais qu'elle ne se décidait pas à poser. Peut-être plus tard, peut-être jamais. Le temps n'était pas à ce genre de questions. De plus, elle ne connaissait déjà pas son prénom, alors quelle importance de savoir le reste ? Aussi décida-t-elle finalement de se présenter ; il aurait bien fallu le faire un jour ou l'autre.

- Je m'appelle Lehya, au fait. Je suis ici depuis … pas très longtemps, dans l'ensemble.

Dans l'ensemble, oui, parce qu'elle avait tout de même passé huit mois loin d'Eoliane. Mais ça, il n'avait pas besoin de le savoir.



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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 10 Mar 2013 - 17:10

La rêveuse commença soudain une longue explication, comme si elle souhaitait donner des arguments pour son soudain intérêt des volatiles. Soigner les animaux avec le rêve ? Gareth n'y avait jamais pensé. C'était une idée, mais encore faudrait-il que celle-ci soit faisable. Il n'était pas soigneur et encore moins rêveur, mais il connaissait assez bien les bêtes pour s'en occuper décemment. C'était son métier après tout. Les animaux ne possédaient plus aucuns secrets pour lui. Il faisait parti de leur monde après tout.
Le fauconnier avait entendu que les rêveurs devaient avoir une connaissance parfaite du corps humain afin de le soigner. Si elle voulait soigner les animaux, elle devrait sans doute posséder cette même connaissance à leur égard. Oui, après réflexion, il pensait que le rêve pouvait soigner tous corps. Fallait-il seulement en connaître la complexité. Un corps humain ne ressemblait en rien à celui d'une bête, il était bien placé pour le savoir. A chaque métamorphose, il sentait son corps entier se disloquer pour devenir tout autre. Chacun de ses membres se contorsionnaient, devenaient autre. Ses organes aussi. Tout changeait en lui, jusqu'à la plus petite cellule. Son corps n'avait plus rien de l'humain, il devenait félin.
Si la jeune fille voulait soigner les animaux, elle devrait apprendre à connaître l'anatomie animale. De tous les animaux, car aucune ne se ressemblait. Un travail ardu que celui qu'elle tentait peut-être d'entreprendre.

Elle cessa de caresser les rapaces et reprit ses béquilles tout en continuant sa réflexion. Le métamorphe avouait qu'une aide ne lui serait parfois pas de refus. Il arrivait qu'il soit parfois incapable de soigner un oiseau, soit parce que c'était un problème interne soit parce qu'il n'avait pas les connaissances requises. Et même s'il faisait tout ce qui était en son pouvoir, cela était parfois insuffisant. Une aide pourrait lui être utile.
Ce qu'il en pensait ? Une bonne idée, très même. Mais une entreprise longue et difficile. Elle devrait s'armer de patience et de courage. D'énormément de patience.
Il n'eut pas le temps de lui répondre qu'elle le complimenta, ce qui eut pour effet de le faire instantanément rougir. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui parle ainsi, à vrai dire il n'avait pas l'habitude de parler aux autres en général. Félin solitaire, homme solitaire. Le rouge de ses joues partit cependant bien vite, il avait appris à contrôler ce flux de sang.
Elle se présenta. Gareth n'avait pas pour habitude de donner son nom à chaque rencontre, à vrai dire il faisait tout pour éviter de le faire. Il ne créait pas de liens, c'était une de ses règles. Mais il y dérogeait bien trop souvent. Comme avec la rêveuse.


- Ah, oui. Moi c'est Gareth.

Pas très bavard le fauconnier. Il écoutait plus qu'il ne parlait.
Cela faisait depuis peu qu'elle était ici. Ce qui expliquait sans doute pourquoi il ne l'avait pas encore rencontrée entre les murs de la confrérie d'Eoliane. Il venait ici depuis plusieurs semaines à présent, venant rendre visite à Amarylis pour leurs affaires. Il en avait rencontré des rêveurs, tous aussi sérieux les uns que les autres. Il en avait rencontré, mais jamais n'avait croisé Lehya, puisque c'était ainsi qu'elle se nommait.

Il se rendit soudain compte qu'il n'avait toujours pas répondu à la demande de la rêveuse.


- Ce que j'en pense ? Que c'est en soit une très bonne idée. Ma fois, il me serait bien utile parfois d'avoir quelqu'un de compétent pour soigner mes oiseaux. Je n'ai pas de don particulier, j'utilise les plantes dont je connais les bienfaits. Mais elles s'avèrent parfois bien inutiles... Malheureusement.

Un rêveur qui se spécialiserait dans le domaine animal. Après tout, c'était une idée bien plus fantastique que ce qu'il voulait bien croire. Elle pourrait devenir bien plus demandée que ses confrères. Et plus respectée dans sa guilde. Respectée pour avoir ouvert une nouvelle voie dans le Rêve.

- Je pense que tu devrai approfondir ton idée et la réaliser. Je ne connais pas vraiment ta voie, mais il me semble que tes connaissances en anatomie doivent être irréprochables pour soigner un être humain. Peut-être cela doit-il être pareil pour un animal, non ?

Le métamorphe n'avait aucune connaissance de cette guilde, il ne s'y s'était jamais réellement intéressé. Aline, la seule guilde qu'il avait connu était celle des pirates de ses îles. Jamais il ne s'était intéressé au reste. Marchombres, rêveurs ou même mercenaires.
Peut-être était-il temps après tout de s'y intéresser, avec Amarylis qui débarquait dans sa vie et cette Lehya à présent.


- Je pourrai peut-être t'aider, mes connaissances dans le domaine animal doit dépasser celui de bon nombre d'alaviriens.

Jamais il ne proposait son aide. Jamais il ne l'aurait proposé. Cette Académie le changeait. Ces personnes le changeaient. Tout comme Iola auparavant...





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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Mer 3 Avr 2013 - 20:57

Lehya se présenta et il lui donna son prénom aussi, comme si ce n’était pas vraiment important et qu’il avait oublié de le faire. Gareth, donc. Gareth … Ga, comme gâteaux, et reth comme … arête ? Les arêtes n’étaient pas vraiment ce que préférait la rêveuse, même si on lui avait plusieurs fois parlé de ses différentes utilités : si on n’a pas d’aiguilles, qu’on a besoin de tenir quelque chose ou de déloger une autre chose incrustée, par exemple. Mais elle-même n’en voyait qu’un bout : avec une arête, on pouvait s’étouffer. Elle se rappelait clairement de ce repas avec ses parents où sa mère avait brutalement arrêté de respirer à cause de ça. Heureusement, son père avait été réactif et taper dans son dos avait fait sortir la coupable. Les arêtes avaient donc deux faces contraires, quelque part. Comme la plupart des choses et des personnes. Quoiqu’il en soit, elle aimait bien les gâteaux.

Et alors qu’elle était perdue dans ses souvenirs, la voix du fauconnier l’en fit sortir, rappelant sa présence. Il répondait à sa question. Une bonne idée. Elle sourit, ravie que l’on puisse trouver une de ses idées « bonne ». Même si elle les trouvait toutes très bien, ce ne semblait pas être l’avis général d’habitude. Sa cousine lui avait souvent dit qu’elle était stupide, son père soupirait souvent devant ses bêtises, et sa mère devait souvent tout arranger.
Il continua, déclarant qu’avoir quelqu’un sous la main capable de soigner les oiseaux pouvait être utile, notamment lorsque les plantes ne servaient pas à grand-chose. Elle hocha la tête, compréhensive. Elle savait bien que les plantes n’étaient pas toujours efficaces. Elle, en tant que Rêveuse, les utilisaient surtout pour anesthésier et endormir les patients, lorsque c’était nécessaire. D’autres rêveurs faisaient des infusions, mais elle n’en voyait pas l’intérêt. Elle n’en faisait que lorsque les patients en demandaient.

- En effet, ça demande une connaissance poussée de l’anatomie. Mais je pense qu’avec un peu de temps, et un peu d’aide peut-être, elle sourit à Gareth, je pourrai connaître les oiseaux comme il se doit pour pouvoir les soigner. Et après, élargir aux autres animaux.

Elle savait qui contacter pour s’occuper des animaux. Les Itinérants qui l’avaient prise sous leur aile s’occupaient souvent de leurs chevaux, et bien qu’elle en ait peur, elle avait commencé à apprendre comment ils étaient constitués sur des vieux parchemins laissés par un ancien Rêveur. Elle savait par ça que d’autres personnes avaient déjà tenté de soigner les animaux, mais elle avait l’impression que personne n’avait vraiment concrétisé cette idée. Il lui suffirait d’attendre les Itinérants à Al-Poll pour récupérer ces vieilles planches anatomiques. Pour le reste, ce serait sans doute à elle d’ouvrir les voies. Les élevages de Siffleurs, les animaux domestiques … Il y avait tant de choses sur lesquelles réfléchir ! Il faudrait vraiment qu’elle en parle avec Amarylis. Peut-être saurait-elle la conseiller et la guider. Après tout, n’était-elle pas Maître de la Confrérie ? Lehya lui faisait confiance.

- Pour les animaux ? Autre que les oiseaux ?

Après tout, ce n’était pas impossible. Et il était vrai qu’étant donné la façon dont il s’occupait de ses oiseaux, on voyait clairement qu’il connaissait le domaine. Mais même s’il lui expliquait, cela prendrait du temps. Lehya s’en moquait, parce qu’elle avait déjà passé beaucoup de temps à apprendre sur le corps humain et apprendre toutes les histoires de sa grand-mère lui avait certainement pris plus de temps encore. Mais elle savait que d’autres n’étaient pas aussi patients qu’elle. Et généralement, la plupart des personnes qui n’étaient pas aussi patientes qu’elle étaient même impatientes. Elle ne connaissait sans doute que son extrême constance et l’extrême impatience des autres, sans en connaître le milieu, mais si jamais il existait, elle aurait bien aimé le voir.

- Est-ce que tu aurais des planches anatomiques ou est-ce qu’il faudra que je les fasse ?

Elle avait appris, petit à petit, à décomposer les différents membres pour en avoir une vision plus précise, ainsi qu’à les dessiner d’après description. C’était bien plus simple lorsqu’on pouvait observer avec ses propres yeux, mais ce ne pouvait pas toujours être le cas. De l’oiseau qu’elle caressait, elle voyait clairement plusieurs détails anatomiques qu’il serait facile de reproduire. Mais ce n’était pas le cas pour le corps entier de l’animal. Les ailes par exemple, risquaient de rester un mystère pendant très longtemps pour ses yeux. Il était difficile de repérer les os ou le cartilage sous les rangées de plumes.
Elle jeta un regard à Gareth.

- Tu as l’air d’aller mieux que tout à l’heure. C’est le cas ?

Elle savait d’elle-même que parler de ses passions pouvaient parfois avoir un effet plus réparateur que n’importe quoi d’autre. L’exercer pour montrer à quelqu’un d’autre encore davantage.



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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Ven 5 Avr 2013 - 23:13

Elle paraissait étonnée qu'il puisse connaître d'autres animaux que les oiseaux dont il s'occupait à longueur de journée. Il était vrai que la fauconnerie restait son domaine de prédilection, mais il n'était pas nécessairement que rattaché à celui-là. Il se souvenait du temps où ils s'étaient réfugiés, lui, sa soeur et ses frères, dans la ferme de son oncle. Les Alines avaient dû s'adapter au nouveau mode de vie qu'ils avaient choisi et le métamorphe avait dû s'occuper. Tyama s'occupant déjà des deux petits frères, Gareth devait aider son oncle à la ferme. Rien que déjà pour le remercier de les accueillir ainsi, sans demander une quelconque dette en retour.
Il l'avait aidé dans chacune des taches de la ferme, sans exception. Sa force avait été plus d'une fois la bienvenue, mais surtout sa facilité de compréhension des animaux. Il avait toujours été comme ça. Et son oncle s'en était donné à coeur joie. Gareth avait dû s'occuper des siffleurs, des boeufs, des chevaux, de chaque animal qui vivait entre les limites des terres de son oncle. Sans exception.
Autant dire qu'il savait s'occuper de n'importe quelle bête. Alors elle pouvait lui faire confiance, ce n'était pas ailleurs qu'elle allait trouver meilleure aide.


- Bien sûr, autre que les oiseaux.

Elle parut se contenter de cette réponse, retournant à ses pensées. Soudain, elle lui demanda s'il possédait des planches anatomiques. Il ne put s'empêcher de hausser les sourcils. Des planches anatomiques ? Quand aurait-il eu le temps de les faire ? Ses journées lui débordaient déjà bien assez sur les bras, il n'avait pas une seconde pour se poser. Entre la volière, l'entraînement des rapaces, les soins et les leçons de son apprentie, il n'avait même pas le temps d'écrire à ses frères et soeurs. Alors faire des planches anatomiques de chaque espèce ? Savait-elle au moins le nombre d'espèce qui existait chez les oiseaux ? Beaucoup trop pour pouvoir un jour posséder des planches de chacune d'elles. Parce qu'elles n'étaient pas forcément toutes pareilles. Et puis s'il avait par pur hasard ce genre de papiers, il ne saurait même pas où les trouver, tant la volière était désordonnée. Il essayait pourtant. Il avait beau ranger et trier, il n'en voyait jamais le bout et abandonnait bien vite pour s'adonner à ce qu'il aimait le plus. Voler avec ses pensionnaires.
Alors non, il n'en avait pas.


- Je crains que tu ne doives les faire toi-même. Je fonctionne à l'instinct et je n'connais que leur anatomie extérieur. Je n'ai donc pas de planches anatomiques.

Lehya l'observa quelques instants avant de lui demander s'il allait mieux. La bête avait fini par se calmer, se retranchant dans son recoin clos. Elle se taisait et ne faisait plus de vagues. Même s'il sentait encore la marque au fer blanc de son passage dans son esprit, Elle avait stoppé son attaque. Tant mieux. Une nuit sans dégâts. Sans faillir.
Il releva son regard et sourit faiblement à la rêveuse.


- Oui, ça va mieux, ne t'en fais pas.

Et ce calme soudain, il le devait peut-être à elle. Parler avec elle lui avait fait du bien, il en avait oublié sa douleur, oublié cette prise en tenaille dont il était victime. Parler faisait souvent du bien. Mais pas toujours. Cela avait fonctionné ce matin-la mais qui savait ce que lui réservait le lendemain ? Personne. Il ne pouvait pas savoir lorsque l'Esprit décidait d'attaquer. Il pouvait être seul ou accompagné, l'Esprit s'en moquait. Ce dernier choisissait son moment et piquait au vif. Comme ça. Sans prévenir.
Heureusement qu'il avait croisé la rêveuse et qu'ils avaient parlé. Sans elle, il serait sans doute plié de douleur dans les plaines à prier la Dame pour sa clémence. Lehya l'avait aidé, mais elle ne savait pas à quel point. Elle ne le saurait sans doute jamais. Comme tous les autres.


- Tu pourras toujours passer à la volière pour faire tes planches. Si tu as la chance de m'y trouver, en général je suis dans les plaines.

Il ne proposait jamais ses services, il ne proposait jamais à personne de passer à la volière. Mais elle l'avait aidé, inconsciemment. Il avait donc envie de l'aider à son tour pour la remercier.
Un éclair traversa soudain son esprit. Observant Noisette quelques secondes, il porta son bras un peu plus haut dans le ciel. La buse ne bougea pas d'une plume. Dépliant une des ailes du rapace, il regarda à nouveau la jeune fille.


- Les ailes sont sans doute la partie la plus complexe d'un oiseau. Il y a tellement de petits os, de plumage différent et autre, qu'il est presque impossible de dresser un schéma d'elles sans expérience. Je pense que tu auras besoin de mon aide pour cette partie-là.

Noisette ne bougeait pas, une totale confiance envers le fauconnier.






[ Désolée si ça avance pas trop trop >< ]


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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Dim 14 Avr 2013 - 23:55

Lorsqu’il lui proposa son aide pour les animaux, elle ne put s’empêcher de poser la question des oiseaux et autres animaux. Ce à quoi il répondit qu’il savait des choses également sur les autres animaux. Cela lui serait probablement très utile. Elle pourrait se renseigner sur les plantes que les gens utilisaient pour soigner leurs bêtes, bien qu’elle en connaisse déjà certaines pour avoir vu les éleveurs s’en servir, du temps où elle était encore chez elle. Mais évidemment, pour que le Rêve fonctionne, encore fallait-il connaître l’anatomie de tous ces animaux afin que le soin atteigne la partie ciblée. Ce qui amena sa deuxième question, à savoir s’il avait des planches anatomiques. Elle ne fut pas réellement étonnée par sa réponse. Il devait être bien occupé par les oiseaux. Enfin, une dernière question franchit ses lèvres. Et elle accueillit avec une certaine joie le fait qu’il aille mieux.

Lorsqu’il lui proposa de passer à la volière, elle regarda ses jambes d’un air dépité. Sa jambe. Et ses béquilles, qui lui servaient de jambes de substitution. Avec un peu d’entraînement, monter les escaliers serait sans doute facile. En tout cas, moins difficile que ce ne l’était actuellement. Elle qui avait été toujours habituée à monter et à descendre les escaliers très rapidement, elle devait maintenant faire attention à la façon dont elle posait ses béquilles, pour ne pas tomber. Même si le bout était entouré d’une matière étrange qu’un rêveur avait trouvé lors d’un voyage, il lui arrivait parfois de déraper, ce qui n’était jamais très agréable. Néanmoins, elle reçut la proposition avec un sourire. Elle irait les faire, ces planches, quand bien même sa route serait remplie d’obstacles.

Soudain, il releva le bras. Lehya s’attendait à voir le majestueux rapace s’envoler, mais il n’en fut rien. Il ne bougea pas du tout, se contenta de rester immobile. Gareth attrapa l’aile, et la déplia afin de lui montrer sa complexité. Elle écouta très attentivement ce qu’il disait, regrettant l’absence de son fidèle carnet pour noter cette leçon express. Elle attendit qu’il se taise avant de reprendre la parole.

- Est-ce que tu pourrais m’apprendre les subtilités de l’aile de cet oiseau, maintenant ? Hum, je vais d’abord aller chercher un carnet pour noter, je reviens tout de suite !

Elle fit volte-face, ses béquilles se déplaçant aussi vite qu’elle pouvait se le permettre. Elle chercha son carnet quelques secondes dans ses affaires, le rangea dans sa sacoche et ressortit aussitôt. Elle regarda les alentours et retrouva bien vite Gareth. Elle ferma ses yeux félins un instant et les rouvrit quelques instants après, plus dorés que jamais. Elle était prête à écouter, à noter les informations qu’il lui donnerait. Elle s’installa dans l’herbe, laissant ses béquilles à côté. Elle avait eu du mal à garder une position stable, au début, mais à force d’entraînement, elle y parvenait enfin.

Lehya ne comptait absolument pas faire une planche anatomique de suite. Ce serait beaucoup trop compliqué, notamment parce que, comme l’avait dit Gareth, il y avait énormément de petits os et elle n’avait aucune expérience en la matière. Le plus simple serait encore, pour commencer, de lister les différents oiseaux selon des caractéristiques. Elle ne savait pas comment faire des « groupes » d’oiseaux, aussi préféra-t-elle demander directement à Gareth.

- Est-ce que l’on peut classer les oiseaux ? Je veux dire, comme … par famille ? Par exemple, les rapaces et les passereaux ? Ou est-ce qu’on peut être encore plus précis ?

Elle était prête à noter, à écouter ce qu’on lui disait. Ce qu’il lui dirait. Elle se releva, tandis que Gareth dépliait à nouveau l’aile de l’oiseau. Elle ne comptait pas vraiment en faire un dessin tout de suite, mais elle compta, machinalement, le nombre de plumes sur une rangée. L’aile était grande et par conséquent le nombre de plumes était énorme. C’était à la fois fascinant et terrifiant. Elle avait du mal à imaginer comment elle allait apprendre tout ça, mais elle était certaine d’être à la hauteur du challenge. Et elle posait des questions, auxquelles il répondait, visiblement content qu’elle s’intéresse à ce qu’il savait.

- Oh, et j’ai oublié. Quel genre de plantes tu utilises, pour les soigner, et quelle genre de maladies peuvent-ils attraper ? Je n’ai jamais vraiment étudié les oiseaux …

Ni aucun autre animal, d’ailleurs. Si Eoliane recelait effectivement des trésors anatomiques sur les chevaux, elle en avait encore bien trop peur pour ne serait-ce qu’essayer de les assimiler. Mais ça viendrait … Tout doucement, elle commençait à aller vers les chevaux, avec l’aide de Clarysse. Et cette ambition qui désormais flamboyait en elle.



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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Lun 20 Mai 2013 - 15:10

Pressée. La jeune fille ne semblait pouvoir attendre pour commencer à apprendre. Elle voulait savoir tout de suite, cela se voyait de loin. Dans son regard. Elle voulait savoir, apprendre. Pour soigner. La rêveuse n'attendit pas la réponse du fauconnier, elle prit ses cannes et se jeta à l'intérieur de la confrérie. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne réapparaisse.
Il se souvenait de ce regard, celui-là même qu'il avait eu dans sa jeunesse. Une différence subsistait seulement. Il n'avait eu de maître, il s'était donc forgé lui-même ses connaissances. Piochant par-ci par-là des informations, allant questionner les commerçants lors des jours de marché. Ses connaissances, il ne les devait qu'à lui même.
La jeune fille sortit un carnet de son sac, assise dans l'herbe, et attendait que Gareth prenne la parole. Par où commencer ? Même Lyu n'avait jamais eu de cours pareil. Expliquer la composition du corps d'un volatile. Bien sûr, leur anatomie n'avait plus aucun secret pour lui, mais comment mettre des mots sur ce qu'il savait. Là était le problème. Il ne savait pas comment lui décrire les milliers de petits os disséminés dans l'aile de Noisette.

Elle le sauva de ce dilemme, posant enfin une question précise. Elle aussi désirait des précisions.
Classer les oiseaux, bien sûr que l'on pouvait, il le fallait même. Sans cela, un fauconnier ne saurait se retrouver, personne ne le pourrait. Mais il existait tellement de classes, tellement d'oiseaux différents. Il faudrait une classe pour chacun d'eux. Heureusement qu'un homme un jour avait réussi à faire un classement plutôt bon. Il subsistait seulement encore beaucoup trop de groupes, expliquer chacune de leur appartenance serait bien trop long.


- Bien sûr, les classer est une chose fondamentale. On peut être extrêmement précis, on le doit, même. Sans cela, on serait bien perdu, nous autre fauconnier. Sans le classement des espèces, on ne saurait comment s'en occuper. Je pourrai t'amener un ouvrage là-dessus un jour, si tu veux.

Ouvrage volé un jour lors du marché de la grande cité Alines, bien longtemps de ça. Apprendre seul désignait aussi le fait de se débrouiller pour trouver ces connaissances. Voler des livres, par exemple. Le métamorphe en avait dérobé quelques uns, deux ou trois. Le marchand n'était pas très jeune et sa vue un peu mauvaise. Il avait été facile pou l'enfant de dix ans qu'il était de les prendre sous sa chemise et de partir en douce à travers la foule. Sans doute le marchand ne s'était-il jamais rendu compte que ces livres avaient disparu de son étalage.

La rêveuse était là pour l'aile de Noisette. Le fauconnier déplia à nouveau la grande aile, frôlant chaque plume de ses doigts. Il lâcha l'aile, celle-ci resta relevée. Comment commencer...
Gareth ne prit pas plus de quelques secondes pour débuter son explication. Là les rémiges primaires, ici les rémiges secondaires. Un vocabulaire nouveau pour la jeune fille. Les couvertures sous-alaires, le joint carpal, le bord d'attaque de l'aile. Des mots nouveaux, des utilités pour chaque plumes, chaque os. La jeune fille prenait note sur note.


- Là, c'est le bord de fuite de l'aile. La partie arrière dans le sens de l'écoulement de l'air, les filets d'air se rencontrent ici. Sa forme permet de diminuer la traînée aérodynamique. Le bord d'attaque est son contraire. Il fait face aux vents...

Le fauconnier continuait son explication, infatigable. Il semblait que rien ne pouvait le stopper. La rêveuse posait des questions, il y répondait. Plusieurs minutes s'écoulèrent, l'un partageant ses connaissances, l'autre les dévorant. Les mots arrêtèrent de sortir de la bouche de l'homme, la jeune femme posa une nouvelle question. Les maladies. Là encore, il ne pouvait tout lui expliquer, cela serait bien trop long. Il leur faudrait une journée entière pour détailler toutes les maladies qu'ils pouvaient contracter. Gareth les connaissait sur le bout des doigts, savait les reconnaître. Mais les expliquer...

- Ils ont beaucoup de maladies en commun avec nous, même si bien des différentes. Je peux te faire un topo général. Il y a les maladies nutritionnelles, infectieuses, les problèmes reliés à la peau, les problèmes respiratoires et oculaires, les accidents, et d'autres pathologies encore. Ce n'est pas très précis, mais c'est tout ce que je peux te dire sans prendre toute la journée. J'ai pleins de livres dans la volière, je pourrai te les amener dans la semaine. Ils t'expliqueront tout aussi bien que moi.

Le temps commençait à se gâter, les deux rapaces s'impatientaient. Sans prendre en considération la discussion qu'ils étaient en train d'avoir, Gareth abaissa son bras libre et Hook vint se glisser dessus. Les deux rapaces accrochés sur ses deux avants-bras, il les fit s'envoler dans un même ensemble. Tous deux disparurent en direction de l'Académie.
Le fauconnier se tourna à nouveau vers la rêveuse.


- Les plantes... La coriandre est digestive, le maïs est très nourrissant. Il ne faut pas en revanche donner du persil aux petits oiseaux, cela les empoisonnerait. Il...

Infatigable, ses explications n'en finissaient plus.






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MessageSujet: Re: C’est toi le chat ! [Terminé]   Ven 14 Juin 2013 - 22:58


Elle s’était installée dans l’herbe, son carnet à la main, un crayon dans l’autre. Attentive. Comme une élève devant un professeur. Si elle posait des questions, comme une seconde auparavant lorsqu’elle demandait si l’on pouvait classer les oiseaux, c’était par goût d’apprendre tout d’abord. Bien sûr qu’elle se resservirait de ce qu’il lui apprendrait. Mais son envie de savoir débordante la guidait bien plus, à cet instant. Elle avait toujours été très cultivée, parce qu’elle passait des journées dans les livres de sa grand-mère, du temps où le monde extérieur lui faisait bien trop peur pour qu’elle sorte. Mais sa curiosité n’avait, étrangement, jamais effleuré les animaux. C’était le moment d’apprendre, la vie lui donnait une occasion, et elle était prête à la saisir.

Et Gareth lui expliqua qu’en effet, il y avait des groupes d’oiseaux, et même qu’il était fondamental de les connaître pour pouvoir connaître ces animaux. Il proposa de lui ramener un ouvrage là-dessus, et en replaçant une de ses mèches derrière son oreille, elle lui sourit, acceptant silencieusement son aide. Elle rangea son carnet dans son sac, le temps de pouvoir se relever. Ses béquilles étaient devenues une part d’elle, et elle n’essayait plus de se lever sans, tant elle avait pris l’habitude de les avoir. Elle avait réussi à améliorer le système en ajoutant d’autres choses pour pouvoir se tenir debout sans forcément tout tenir, pour écrire par exemple. A l’instant, elle venait de sortir de son sac un objet qui lui permettait de faire tenir ses béquilles comme des tréteaux. Ainsi, elle pouvait s’accouder et continuer à écrire tout en étant debout. Le petit problème résidait dans le fait qu’une fois tout cela installé, elle ne pouvait plus se déplacer à moins de tout défaire.

Mais à cet instant, ce n’était pas important. Elle l’avait installé suffisamment près pour voir, et ses yeux de chat lui permettaient de déceler bien des choses. Au pire, elle pourrait toujours demander à Gareth de se rapprocher.  Il déplia l’aile de son oiseau et commença à lui énumérer des éléments qu’elle prenait rapidement en note, même si elle demandait parfois des précisions ou simplement des répétitions. Finalement, il s’arrêta, et une question germa dans la tête de Lehya, qu’elle posa quelques secondes après, après avoir réfléchi au bien-fondé de cette question. Elle manquait cruellement de spontanéité, même dans sa soif de connaissance. La question des maladies, et des remèdes que l’on trouvait dans la flore, était une question fondamentale pour ce qu’elle entreprenait. Elle fronçait les sourcils en écrivant ce que Gareth lui disait. Elle n’avait jamais écrit aussi vite. D’habitude, elle se contentait de recopier ce qu’elle trouvait intéressant et pouvait prendre son temps. Et justement, Gareth lui proposa les livres, à nouveau.

Le ciel devenait nuageux, et elle entendait les frissons des feuilles touchées par l’eau. Il allait bientôt pleuvoir à torrents. Elle leva un regard inquiet vers le ciel mais Gareth continuait. Une goutte tomba sur le bout de son nez et elle cligna avant d’essuyer son nez. Elle rangea son carnet dans son sac et reprit ses béquilles. Gareth s’arrêta et elle prit son temps pour expliquer. Les silences de quelques secondes ne la dérangeaient pas mais il semblait que les autres n’y étaient pas habitués, aussi tenta-t-elle de formuler ses phrases le plus simplement possible.

- Il pleut. Nous serions mieux à l’intérieur. A moins que … tu as peut-être à faire à la volière ?

Et avec un sourire, elle ajouta :

- On pourra continuer ce cours quand tu reviendras avec les livres.

Après les « au revoir », elle alla s’abriter. Elle avait l’impression que le bruit de ses béquilles résonnait dans la Confrérie. Elle se fondit dans le brouhaha des rêveurs et tenta de regagner la bibliothèque. Elle se sentit soudain observée et son regard se planta dans celui d’Amarylis. Le temps venait de discuter à nouveau.

[RP terminé I love you]


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C’est toi le chat ! [Terminé]
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