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 Dessine-moi une framboise

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MessageSujet: Dessine-moi une framboise   Mar 5 Jan 2016 - 23:56


Descendre mille marches d'escalier. Traverser un bâtiment. S'engager dans un couloir. Se perdre dans un autre. S'approcher timidement d'un groupe de Grands qui discutent. Leur demander son chemin. Faire demi-tour. Prendre le bon couloir. Traverser un immense bâtiment. Puis un autre. Contempler son reflet dans le sol de marbre tout juste lavé. Se frayer un chemin parmi les va-et-vient de tous les Grands qui étudient aussi à l'Académie, ou qui enseignent, ou qui font autre chose. Hésiter entre deux portes. Se dire qu'il faudrait prendre un plan la prochaine fois. S'engager dans un autre escalier. Tellement grand que même l'Arbre Talisman semble ridicule en comparaison. Gravir mille marches debout. Une douzaine d'autre à quatre pattes. Faire une petite pause et s'éponger le front sous son chapeau de feuilles. Pester contre l'absence de framboises dans sa besace. Reprendre tant bien que mal l'ascension. Parvenir enfin au premier étage. En nage. Se promener dans les arbres c'est quand même plus facile et plus rigolo. Regarder l'immense porte en chêne massif qu'il faut ouvrir. Il ne manque plus qu'un trodd à ce parcours du combattant. Se retrousser les manches. Poser ses petites paumes sur le bois froid de la porte. Pousser de toute ses forces.

La salle de Dessin se dévoila alors dans toute sa vastitude. Toupilipp en resta bouche bée. Jamais il ne s'était imaginé qu'une salle de classe pouvait être aussi grande et contenir autant de choses. La seule autre pièce qu'il connaissait et qui pouvait s'apparenter à une salle de cours était la maison-tronc de son vieux maître Gilloulip, qui était juste assez vaste pour accueillir deux Petits et ne comportait qu'une table et deux piteux manuscrits. Ici il y avait beaucoup plus de tables bien plus grandes, toutes parfaitement alignées. Et beaucoup beaucoup plus de livres, tous bien rangés et classés sur de gigantesques étagères bien propres. Et sur d'autres étagères, des objets très étranges, petits ou gros, rutilants ou non, dont la nature et la fonction échappaient totalement à Toupilipp. Tout ce qu'il y avait à apprendre… Toupilipp en eu le vertige, et soudain il doutait de pouvoir lire un jour tous ces livres et de pouvoir manier tous ces engins. Devenir dessinateur semblait beaucoup plus compliqué qu'il ne l'avait imaginé.

Puis Toupilipp remarqua l'énorme bureau à l'autre bout de la salle. Une Grande état assise derrière. Absorbée par la lecture d'un énorme volume relié de cuir, elle ne l'avait pas entendu entrer et n'avait pas détaché son regard des pages jaunies par le temps. C'était sûrement la professeur. Touilipp souffla un bon coup, et traversa la pièce en essayant de trembler le moins possible. Lorsqu'il arriva devant le bureau, il enleva son chapeau de feuilles, le tripota dans ses mains, se racla la gorge et dit d'une petite voix hésitante :

« Euh… Excusez-moi, madame la Grande, est-ce que vous êtes Myra ? »


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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Ven 15 Jan 2016 - 21:36

Toujours aussi ronde, toujours lourde, toujours empotée. Myra n'en pouvait plus, elle aurait tout donné pour les éjecter une bonne fois pour toute de son ventre. Pourquoi le terme tardait tant à arriver ? Porter deux bébés était tellement dur... La femme imaginait à quel point en avoir qu'un devait être un jeu d'enfant. Il ne fallait cependant pas s'y tromper, cette grossesse avait été un instant merveilleux pour elle. Unique. Jamais elle aurait imaginé autant aimer cela.
Mais à présent qu'elle atteignait le neuvième mois, il était temps d'en finir. Il était temps pour les jumeaux de sortir enfin de là, de pointer le bout de leur nez rosé. Pour qu'elle puisse enfin les serrer dans ses bras. Les présenter à leur père. Varsgorn ne connaissait pas encore les bébés, il n'avait que senti les petits coups donnés contre ce ventre rond. Il n'avait pas ce lien qu'elle possédait. Cette petite chose qui définissait cette relation qu'avait une mère avec son enfant. Ses, dans son cas.
Myra avait hâte de devenir mère. Myra se sentait déjà mère. Depuis bien longtemps.

Aujourd'hui seulement, elle s'était encore échappée de l'infirmerie. Quoiqu'elle n'était pas allée bien loin. De l'infirmerie, elle s'était réfugiée dans sa salle de cours. Elle ne pouvait pas grimper ou descendre tant d'escaliers. Pas dans son état. Elle s'était donc contentée de faire quelques mètres pour s'assoir à son grand bureau de chêne lourd pour travailler un peu.
Travailler... Grand mot, ces temps-ci. Son esprit n'arrivait plus à se concentrer, elle ne pensait qu'aux jumeaux. A leur venue. Aux choses auxquelles ils n'avaient peut-être pas pensé. Et elle se torturait pour que tout soit parfaitement calculé. Une véritable folle à l'affut de la moindre erreur.
Il faut dire que Myra était maniaque. Et pas qu'un peu. Il suffisait d'observer ne serait-ce qu'un moment la salle de dessin pour s'apercevoir que tout avait une place. Sans aucune exception. Chaque livre, chaque objet, tout était millimétré. Depuis son augmentation, elle avait tout fait à sa manière et aucun de ses assistants n'avait eu son mot à dire. Maître dessinatrice, cette salle était la sienne. Son bureau, ses élèves, son ordre, ses manies.
Elle était presque chiante à ce niveau-là. Perfectionniste à l'extrême.

Mais ce n'est pas le sujet ! Nous pourrions débattre de sa maniaquerie, de ses petites manies, de son côté parfaite – et de ce fait un peu énervante – un long moment, mais ceci ne nous mènerait à rien étant donné que ce n'est pas le sujet.
Non, aujourd'hui, Myra n'aurait su prédire ce qu'il allait se passer. Elle n'aurait jamais cru que la porte s'ouvrirait seule et que même après l'avoir ignoré, une présence aurait alerté son sixième sens. Certaine qu'elle se faisait des illusions – ou qu'il s'agissait de ces deux petits coeurs battant en elle – elle ignora cette impression.
Alors qu'elle se replongeait dans le grand volume sur les dessins éternels rédigé par Kastiel Til'Meredrim, elle remarqua une petite silhouette avançant près de son grand bureau. N'avait-elle donc pas rêvé ? Quelqu'un était bien entré ? Elle ne l'avait pas remarqué avant qu'il ne se rapproche.
L'enfant ôta son chapeau, le tripota, elle releva réellement la tête lorsqu'il se racla la gorge. Elle lui offrit un sourire, il prit la parole le premier.
Et elle sourit davantage lorsqu'elle entendit comment il l'appela. Madame la Grande. Seuls certains êtres utilisaient ce langage. Elle avait étudié ce peuple, enfin, le peu qu'ils savaient d'eux. Les Petits. Vivant reclus dans une forêt qu'aucun alavirien ne pouvait atteindre, de très petite taille. Les plus grands ayant celle d'un gamin de huit ans.
Ce n'était donc pas un enfant.


- Oui, c'est bien moi. Et tu es ?

Il tripotait toujours son chapeau de feuilles, hésita quelques secondes avant de donner son nom. Drôle de nom, par ailleurs. Elle lui sourit. Elle se serait bien levée si elle en avait eu la force, mais abandonna l'idée bien vite.

- Enchantée, Toupilipp. C'est la première fois que l'on se voit. Alors, que puis-je faire pour toi ?

Il sembla encore hésitant. Avait-il peur de tous ces objets si grands ? De tous ces gens si grands ? Myra s'était toujours posé des tas de questions sur ce peuple des Petits. Et celles-ci revenaient en masse en cet instant même.


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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Lun 8 Fév 2016 - 19:11


Toupilipp avait déjà vu des Grands gros, voire très gros, et même de grosses Grandes des fois. La plupart étaient riches et laids, et leur ventre dégoulinait de tout ce qu'ils avaient mangé. Toupilipp s'était alors demandé quelle nombre astronomique de framboises ces Grands avaient bien pu engloutir pour grossir à ce point. Même lui qui en avait mangé tellement tellement tous les jours depuis la naissance n'avait pas l'ombre de la moitié d'un ventre pareil. Mais le gros ventre de cette Grande-là était différent. D'ailleurs, la Grande n'avait pas les mêmes proportions que les gros. Ses bras étaient fins, son cou aussi, seul son ventre était gros. Il n'était pas difforme mais bien rond et lisse. Il avait quelque chose de plus naturel que les grasses bidasses des bourgeois d'Al-Jeit qui se balançaient à chacun de leurs mouvements. Celui-ci avait l'air bien ferme, il devait contenir autre chose que de la graisse et des framboises. Étrange.
Après une intense réflexion, Toupilipp parvint à une conclusion qui le troubla : cette Grande-là était enceinte. Il y avait un petit Grand dans son ventre. Toupilipp n'avait encore jamais vu de Grandes enceintes. Même des Petites enceintes, il ne se souvenait pas en avoir déjà rencontré. Pendant très longtemps il avait cru que les Petits naissaient comme les arbres. Tout devait naître comme les arbres, dans une foret ça semblait logique. Et puis un jour il apprit que les Petits sortaient du ventre des Petites. Cette nouvelle l'avait quelque peu dérouté, et il avait alors été très content de ne pas être une Petite. Ensuite il était parti chasser le trodd et il n'y avait plus jamais repensé.
Une multitude de questions se bousculait sous son chapeau. Un Grand c'est plus grand qu'un Petit, comment ça pouvait tenir dans un ventre ? Comment est-ce qu'il allait sortir ? Est-ce qu'il allait falloir ouvrir le ventre et le refermer après ? Et d'abord, comment Myra avait fait pour avoir quelqu'un dans son ventre ? Est-ce qu'elle était au courant ? Est-ce que ça ne la gênait pas un peu ? Un Grand c'est plus lourd que la graisse et les framboises, comment elle faisait pour marcher ? Ou même se lever ?

Toupilipp se rendit compte qu'il devait réfléchir depuis un long moment lorsqu'il prit conscience que Myra le regardait bizarrement. Il s'empourpra. Il avait l'impression d'avoir pensé tellement fort qu'elle l'avait entendu. D'ailleurs il avait entendu un étudiant qui disait qu'il pouvait envoyer des messages dans la têtes des gens grâce au Dessin. Or Myra était une grande Dessinatrice. Il était tout à fait possible qu'elle l'ait entendu penser. Quel imbécile il était. De rouge, il passa à cramoisi et bafouilla des excuses confuses et inaudibles. Il pensa à s'enfuir en courant, à ne plus jamais revenir et à éviter de recroiser Myra… Toupilipp attendait un reproche offusqué qui ne venait pas. Visiblement elle n'avait pas l'air de lui en vouloir. Au contraire, elle l'observait comme lui l'avait observée quelques secondes auparavant. Toupilipp prit conscience que s'il n'avait pas l'habitude de voir des Grandes enceintes, elle n'avait pas l'habitude de rencontrer des Petits. Elle aussi devait se poser des questions.

- Alors, que puis-je faire pour toi ?


Toupilipp se souvint soudain pourquoi il était venu jusqu'ici, pourquoi il s'était perdu dans cette immense Académie, pourquoi il avait transpiré toute la sueur de son corps en gravissant des escaliers interminables… Il voulait dessiner. Et pour cela il devait poser des questions à Myra. Des questions en rapport au Dessin et non à son gros ventre si possible.

- Eh bien voilà, j'aimerais bien dessiner comme les Grands, et je crois que j'ai déjà dessiné une fois, la nuit sur le toit d'une auberge. Je voulais que mes mains brillent dans le noir mais je voulais pas lancer le sort de la lumière qui luit pour éclairer, parce que lancer des sorts c'est un truc de Petit, c'est pas du Dessin. Alors j'ai regardé mes mains en me concentrant, comme ça, et j'ai essayé d'imaginer qu'elle faisaient de la lumière, et ça a un peu marché, mais pas longtemps.

Pour illustrer son propos, Toupilipp tenta de réitérer son exploit. Il fixa ses mains, les yeux plissés, en tirant la langue, pendant une bonne minute.

- Bon, là ça marche pas très bien mais il fait jour et il y a beaucoup de lumière alors c'est normal que la petite lumière des mains d'un Petit ne se voie pas beaucoup. Mais je suis sûr que je peux y arriver ! Vous pouvez m'aider à dessiner s'il vous plaît ?



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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Mar 23 Fév 2016 - 19:46

La dessinatrice faillit éclater de rire, se contrôlant au dernier moment. Seul un sourire s'éleva sur ses lèvres, si grand, que sa mâchoire aurait très bien pu s'envoler. Le petit venait de poser un regard si intense sur elle, enfin... Pas réellement sur elle, mais sur son ventre dépassant de son bureau déjà bas. Une grande réflexion devait avoir eu lieu dans son esprit avant qu'il ne s'empourpre et ne lui offre des excuses inaudibles.
Ce Toupilipp paraissait si gentil, si naïf. Peut-être trop gentil pour un monde tel que le leur. Pourquoi avoir quitté sa patrie ? L'on disait de leur pays qu'il n'existait aucun conflit. Sauf avec les créatures qu'ils côtoyaient, et encore. Pourquoi vouloir quitter un monde comme le leur...
La curiosité de Myra était piquée au vif, une fois de plus.

La femme se mit alors à l'observer à son tour, essayant de trouver le semblant d'une réponse aux questions qu'elle se posait. Mais hormis son petit chapeau de feuilles, elle ne savait quoi dire sur ce bonhomme. Simplement qu'elle l'appréciait déjà beaucoup. Qu'importe ce qu'il allait lui demander, elle ferait tout son possible pour lui venir en aide.

Un déclic sembla résonner dans l'esprit du petit, car il prit la parole pour enfin répondre à la question de la primat. Elle en tomba des nues.
Toupilipp voulait dessiner. Les petits pouvaient-ils le faire ? Etait-ce possible ? La primat tenta de cacher sa mine surprise. La Dame le savait, elle s'attendait à tout sauf à cela. A vrai dire, il la prenait de court. Heureusement pour elle, il continua son explication sur un long monologue, elle put reprendre contenance en quelques secondes.

Il croyait avoir dessiné un jour. Seuls les alaviriens possédaient le don du dessin, à sa connaissance. Quoiqu'en de divers formes. Les dessinateurs possédaient le don. Mais des études avaient révélées que d'autres arts se rattachaient à l'Imagination et ses Spires. Les rêveurs, navigateurs, sculpteurs de branches. Elle devait sans doute en oublier quelques uns.
Myra s'était donc forgé sa propre vision du dessin. Pour elle, ce n'était qu'une extension de l'Imagination, comme le rêve ou le don des navigateurs. L'Imagination ressemblait à une pieuvre, dans l'esprit de la dessinatrice. Déployant ses tentacules, toutes aussi différentes les unes des autres. Ils ne pouvaient posséder le savoir absolu à propos des Spires. Peut-être même jamais ne l'atteindraient-ils. Alors pourquoi n'existerait-il pas une tentacule dans le monde des petits ?
Curiosité titillée jusqu'à sa limite.

Elle en connaissait que très peu sur les petits, elle devait l'avouer. Ses études ayant principalement portés sur le dessin et son histoire. Sur tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à l'Imagination. Le peuple de Toupilipp ne faisant pas parti du champ d'études.
Toupilipp maintenait qu'il avait dessiné, qu'une lumière était apparue au bout de ses doigts alors qu'il se concentrait dans ce but. Ce qui retint également l'attention de la femme, était cette histoire de sorts... Elle ne put lui poser la moindre question, qu'il illustra son propos en fixant ses mains, les yeux plissés, langue tirée, si concentré qu'elle vit presque une veine former une bosse sur sa tempe.
Rien ne se passa. Ses mains restèrent telles qu'elles étaient, sa grimace disparue, remplacée par un étrange mélange de déception et de confiance absolue.

Vous pouvez m'aider à dessiner s'il vous plait...

Elle ne pouvait le lui promettre. Elle ne savait absolument rien sur les petits, ni même s'ils étaient réellement capables de dessiner. Comment pouvait-elle lui promettre quelque chose si elle-même ne savait pas quoi croire ? Elle ne pouvait cependant pas refuser... Myra avait un principe. Qui que ce soit, d'où qu'il vienne, elle se devait d'enseigner le dessin à celui qui le lui demandait.


- Eh bien Toupilipp, me voilà surprise ! Tu as déjà vu l'Intendant, il me semble ? Tu fais donc officiellement parti de l'Académie ?

Il hocha activement de la tête.

- Je serais ravie de t'apprendre l'art du dessin, mais je préfère être claire dès maintenant. Je ne sais si tu as le don, je ne pourrais te promettre que tu y arriveras. En Gwendalavir, nous pouvons posséder, à différents degrés, le don du dessin. J'ignore cependant si ton peuple le peut. En revanche, si tu me dis qu'il t'est déjà arrivé de dessiner, je suis prête à te croire sur paroles.

Le petit semblait écouter attentivement la dessinatrice.

- J'aurais simplement besoin que tu me détaille davantage ces “sorts“ dont tu me parlais, peut-être pourrais-je en déduire plusieurs choses et savoir réellement s'il t'est possible de dessiner.

Elle remarqua alors l'expression tendue qu'il affichait. Elle lui sourit.

- Mais ne t'inquiète pas, tu es dès à présent mon élève. Je ne peux refuser quelqu'un de si motivé ! Et... tout ce qui se dira dans cette salle de cours, restera entre toi et moi, je te le promet.


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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Ven 26 Fév 2016 - 12:29


- Je serais ravie de t'apprendre l'art du dessin, mais je préfère être claire dès maintenant. Je ne sais si tu as le don, je ne pourrais te promettre que tu y arriveras. En Gwendalavir, nous pouvons posséder, à différents degrés, le don du dessin. J'ignore cependant si ton peuple le peut. En revanche, si tu me dis qu'il t'est déjà arrivé de dessiner, je suis prête à te croire sur paroles. J'aurais simplement besoin que tu me détaille davantage ces “sorts“ dont tu me parlais, peut-être pourrais-je en déduire plusieurs choses et savoir réellement s'il t'est possible de dessiner. Mais ne t'inquiète pas, tu es dès à présent mon élève. Je ne peux refuser quelqu'un de si motivé ! Et... tout ce qui se dira dans cette salle de cours, restera entre toi et moi, je te le promets.

Toupilipp sentit un poids quitter ses épaules. La pression qu'il avait accumulée s'envolait peu à peu. Il craignait le jugement de cette Grande, elle était la seule capable de lui apprendre à dessiner. Il n'avait aucune preuve à fournir et malgré cela, elle acceptait de l'aider. Si elle avait été réticente, Toupilipp aurait du négocier et il n'aimait pas trop en arriver là. Il s'embrouillait généralement dans son discours et ses arguments tombaient à plat.

Mais cette inquiétude fut vite remplacée par une autre. Toupilipp devait expliquer à la Grande comment il lançait des sorts. Cela semblait logique, les sorts et le dessin devaient être liés, et elle ne pourrait lui apprendre le dessin qu'en comprenant les sorts. Seulement, aucun Grand ne connaissait les secrets des Petits et les Petits n'étaient pas censés dévoiler ces secrets aux Grands. Au fil de son voyage, Toupilipp avait comprit que la sécurité de la Forêt Maison reposait sur l'ignorance totale des autres peuples quant à son existence. Même ses amis Grands savaient juste qu'il était un Petit et il n'avait jamais donné plus de détails. Seule Ambre l'avait vu jeter des sorts mais il n'avait jamais expliqué leur fonctionnement. Il se demandait soudain si révéler ce secret jalousement gardé ne mettrait pas la maison des Petits en danger.

Il regarda longuement Myra alors que le dilemme faisait rage sous son chapeau. Elle avait l'air gentille. Elle voulait bien l'aider. Elle avait promis de ne rien dire de ce qu'il lui confierait. Et puis de toute façon, elle n'allait pas attaquer la Forêt Maison avec son gros ventre, si ?

- Vous promettez que vous ne direz rien du tout du tout ?

Myra le lui confirma d'un signe de tête.

Toupilipp prit une grande inspiration.
Réajusta son chapeau.
Retroussa ses manches.
Il frôla la bourse à sa ceinture qui contenait la poussière d'Ilfasidrel, dégaina sa sarbacane et souffla.
Il ne se passa rien de visible, mais très vite une douce odeur de framboise se répandit dans toute la pièce.

- Voilà, c'est le sort de senteur odoriférante et parfumée. Normalement si vous reniflez vous pouvez sentir une odeur de framboise. C'est un tout petit sort, mais je peux pas en lancer des très puissants si loin de chez moi. Mais bon, je l'aime bien. On peut lancer des sorts grâce à un gros caillou bleu qu'on appelle Ilfasidrel, ou le Joyau aux mille facettes. Quand on s'éloigne trop loin, on le sent plus dans la tête et on peut plus rien lancer. Moi je peux parce que j'ai volé un peu de poussière du joyau avant de partir. Tous les Petits peuvent lancer de petits sorts, mais seuls les Lanceurs de Sorts peuvent tous les lancer et savent vraiment comment ils fonctionnent. Les Petits qui sont le plus réceptifs aux ondes d'Ilfasidrel deviennent l'élève d'un vieux Lanceur de Sorts et apprennent l'art du lançage de sorts.

Toupilipp regardait Myra de temps à autre mais il ne parvenait pas à déchiffrer son visage qui ne laissait rien transparaître. À la limite de la concentration, un peu de curiosité, mais pas grand chose d'autre. Il poursuivit ses explications en essayant de paraître aussi sérieux et détaché qu'elle.

- Normalement on lance les sorts en soufflant dans les sarbacanes. On n'a pas forcément besoin de projectile, sauf pour les sorts agressifs pour attaquer. C'est plus symbolique qu'autre chose, je suis presque sûr qu'on peut lancer des sorts sans sarbacanes, mais personne n'a essayé. Et puis les Petits aiment trop fabriquer des sarbacanes pour arrêter de lancer des sorts avec des sarbacanes. Et puis il existe aussi une liste précise de tous les sorts qu'on peut lancer, mais en vrai il en existe plus que ça. Celui qui l'a écrite devait manquer d'imagination. Les autres Lanceurs de Sorts se contentent de cette liste mais j'en ai déjà lancé quelques uns qui n'y étaient pas, comme le sort de pustule de trodd purulente et dégoûtante sur un ours élastique qui hibernait. Mais j'ai oublié de le rajouter sur la liste. Et quand j'en ai parlé aux autres ils ne m'ont pas cru.

Toupilipp respira un grand coup. Il avait fini sa tirade presque en apnée tant il était concentré sur ce qu'il disait pour ne pas s'éparpiller.

- Voilà, c'est à peu près tout. Je suis sûr que je peux lancer des sorts sans sarbacane, mais c'est pas vraiment comme dessiner, ça reste un truc de Petit. Même si aucun Petit ne l'a jamais fait. Mais aucun Petit n'a jamais dessiné non plus.

Cette fois-ci il avait vraiment fini. Il regarda Myra dont le visage était toujours indéchiffrable. Il attendait son analyse avec angoisse.



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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Dim 20 Mar 2016 - 22:29

Le petit garda le silence. Il semblait heureux de ne pas avoir reçu une réponse négative de la part de la primat, mais quelque chose tournoyait dans son esprit de petit, quelque chose qui le tourmentait. Froncement de sourcils, mordillement de lèvres, son visage passait par toutes les étapes. Hésitait-il à lui expliquer le fonctionnement des pouvoirs de son peuple ? Cette explication aurait été compréhensible. Mais toute cette histoire semblait le troubler plus que ce qu'il n'aurait dû être. Myra aurait presque pu voir l'explosion qui avait lieu à l'instant dans sa tête de petit.
Et il ouvrit enfin la bouche. Pour lui demander de promettre. Elle le regarda, lui sourit gentiment, fit un signe de tête.


- Je te le promet. Si je mens, tu pourras me lancer un de tes sors.

Il prit alors une grande respiration avant de replacer son chapeau de feuilles et de retrousser ses manches. Myra tourna légèrement sa tête de côté, plissa des yeux pour essayer de comprendre ce qu'il était en train de faire.
Et soudain... il dégaina une sorte de sarbacane, souffla dedans. Premier effet, surprendre la dessinatrice. Second... rien du tout. Il ne se passa absolument rien. La femme faillit prendre la parole lorsqu'elle sentit une légère odeur s'insinuer dans sa narine. De légère, elle s'intensifia à mesure que le temps passait pour envahir la pièce de sa douceur.
Framboise.
Le petit venait en quelque sorte de dessiner. Et la dessinatrice se jeta instantanément dans les Spires pour chercher la moindre trace du petit. Sauf que là, elle ne vit rien non plus. Elle eut beau chercher, elle ne parvint à rien. Aucune trace. Etait-ce alors réellement du dessin ? Ou tout autre chose ?

La femme perçut la voix de Toupilipp au loin. Non, pas au loin, sur la terre ferme. La primat se glissa hors de l'Imagination pour écouter attentivement l'explication qu'il était en train de lui donner.
Et quelles explications ! Loin de chez lui, il ne pouvait pas lancer de trop gros sorts. Intéressant. Mais la suite parvenait à capter davantage son attention...
Un gros caillou bleu. Du nom d'Ilfasidrel. Le Joyau aux milles facettes.
Le sentir dans la tête ? Il lui expliqua à nouveau qu'ils ne pouvaient pas lancer de sorts trop loin de lui. Et elle sourit de malice lorsqu'il avoua avoir volé un peu de poudre de ce joyau. Un petit malin et espiègle, à ce qu'elle pouvait en juger.

Les Lanceurs de Sorts. L'égal des dessinateurs dans leur peuple ? Possible. La femme ne lançait toutefois pas de conclusions trop hâtives. Elle attendait d'avoir de plus amples informations pour cela.
Ils lançaient des sorts en soufflant dans des sarbacanes... Etrange procédé. Lançaient-ils quelque chose via les-dites sarbacanes ? Et puis une liste de sorts... avec de drôles de noms, par ailleurs. Toupilipp avait trouvé le moyen d'en inventer de nouveaux.
Un joyau... Un gros caillou bleu... L'instinct de Myra se réveilla instantanément alors qu'elle repensait à ce caillou dont il avait fait référence. Un gros caillou bleu...

Sans même prendre le temps de répondre au petit, la femme se leva, main sous cet énorme ventre qui n'allait pas tarder à exploser, pour se diriger vers une de ses innombrables étagères croulant sous le poids des objets de toutes sortes. Elle farfouilla quelques minutes, déplaça plusieurs objets, n'accorda pas la moindre attention au petit qui s'était approché légèrement d'elle pour observer ce qu'elle faisait. Et elle la trouva enfin. Sa main glissa derrière une pile de livres pour en sortir une boite pas plus grande qu'un poing.


- En Gwendalavir, les dessinateurs ne sont pas les seuls à savoir faire des choses de leur esprit. Les navigateurs, les rêveurs. Même nos ennemis, les Ts'Liches, sont capables de se rendre dans les Spires. Les rêveurs et les navigateurs ont une autre façon d'utiliser l'Imagination. C'est ce que nous en avons déduis après plusieurs études. C'est comme si... tout le monde pouvait aller dans ce monde imaginaire, mais que chacun l'utilisait à sa manière... Il est donc possible que ton peuple utilise également les Spires d'une autre manière. Et...

La primat se retourna vers le petit qui se trouvait à quelques mètres d'elle. La boite entre ses mains. Elle l'ouvrit, face à elle. Toupilipp aurait été incapable de voir son contenu d'où il était. Elle reprit ses réflexions tout en observant l'objet dans la boite.

- ... je crois avoir un gros caillou bleu qui ressemble à ton Ilfasidrel. Qu'en dis-tu ?

Les mains s'inclinèrent légèrement, laissant dévoiler le contenu de la boite. Petite bille bleutée, le trésor que contenait la boite brillait de ses facettes à la lumière du soleil qui parvenait jusqu'à eux. Le petit sembla dérouté. Perturbé. La dessinatrice n'aurait cependant pu être certaine de la tempête qui devait faire rage dans sa tête.

- Ne t'inquiètes pas, Ilfasidrel est toujours à sa place. Celle-ci m'appartient, c'est une autre pierre.

Myra prit une chaise non loin d'elle pour s'assoir, fatiguée de sa journée pourtant pas terminée. Le petit s'approcha d'elle, curieux de voir la pierre. Il ne se préoccupa pas plus des distances convenables.

- Chez nous, on appelle cela une sphère graphe. Tu veux la prendre ?

Il ne se fit pas prier.


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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Dim 17 Avr 2016 - 16:40

Ça murmurait.

Alors que la Grande s'approcha d 'une armoire et y prit une petite boîte en bois, Toupilipp sentait de légères pulsations sous son chapeau. Comme un murmure diffus. C'était un peu comme Ilfasidrel mais en beaucoup moins fort. Non, c'était pas du tout comme Ilfasidrel, mais c'était un peu comme Ilfasidrel quand même. Toupilipp entendait la voix lointaine de la dessinatrice mais il n'écoutait absolument pas ses explications. Les basses dans sa tête accaparaient toute sa concentration. Il ne parvenait pas à savoir s'il aimait ça. La seule chose qu'il sentait comme ça dans sa tête étaient les pulsations du Joyau aux mille facettes. Il y était habitué depuis qu'il était tout petit, encore plus petit qu'il ne l'est maintenant. Ce qu'il ressentait là était légèrement différent. Ce n'était pas tout à fait les mêmes sons. Ce n'était pas tout à fait la même intensité. Il ne savait pas ce qui provoquait ces murmures et il ne savait pas comment les repousser. Il fixait la petite boîte que la grande tenait entre ses mains sans prêter la moindre attention à ses paroles. Il attendait impatiemment qu'elle l'ouvre, avec une pointe d'inquiétude.

Elle l'ouvrit.

Ça bourdonnait.

Décidément les Grands étaient beaucoup trop grands. La grosse dessinatrice avait ouvert la boîte. A sa taille, bien sûr. Soit trente bons centimètres au-dessus de Toupilipp. Il ne voyait absolument rien. Il fixait toujours la boîte, toujours plus intensément, et se rapprocha pour essayer d'apercevoir quelque chose. Les murmures s'étaient changés en basses sourdes, des pulsations plus marquées. Déjà un peu plus comme Ilfasidrel.
Elle baissa un peu les mains.
Une pierre bleue.
Une petite pierre bleue.
C'était ça qui bourdonnait dans sa tête. Toupilipp la regardait avec de grands yeux marrons et brillants.

- Ne t'inquiètes pas, Ilfasidrel est toujours à sa place. Celle-ci m'appartient, c'est une autre pierre.

Toupilipp sourit.
Bien sûr que ce n'était pas Ilfasidrel. C'était bien trop petit. Et ce n'était pas du tout le même bleu. Mais la ressemblance était frappante. Était-il possible qu'Ilfasidrel ait des frères et sœurs qui parlaient aussi dans la tête ? Bien sûr, les cailloux ne  peuvent pas avoir de frères ni de sœurs, mais c'était pas vraiment un caillou comme les autres, hein ?

- Qu'est-ce que c'est ? lui demanda-t-il sans quitter la pierre des yeux.

- Chez nous, on appelle cela une sphère graphe. Tu veux la prendre ?

Toupilipp tendit les mains et la Grande y déposa la pierre bleue avec délicatesse.

Ça chantait.

Les murmures et les pulsations sourdes avaient laisser place à un doux chants de notes ténues constantes, chaudes, réconfortantes. Ce n'était pas la folle mélodie qu'il entendait dans la Forêt Maison quand il écoutait Ilfasidrel. C'était à la fois étrange et familier. Il sentit le poids de la pierre dans ses mains. Il avait l'impression de la sentir vibrer légèrement à chaque nouvelle pulsation, chaque nouvelle note. Il savait qu'il tenait quelque chose de très précieux dans ses mains. Une petite sœur d'Ilfasidrel.

Il sentait qu'il pouvait lancer des sorts grâce à elle. Plein de sorts. Tout ceux qui existaient, ceux qu'il avait inventés, ceux qu'il ne connaissait pas et d'autres encore. À sa ceinture, sa petite bourse qui contenait la poussière du Joyau pendait, inutile.

Toupilipp ferma les yeux.
Il se laissa guider par ce doux chant.
Il rouvrit les yeux.
Le bout de ses doigts brillaient faiblement, d'une petite lueur blanche, la même que ce soir, sur le toit de l'auberge d'Al-Far.
Très vite, la lueur disparut.
Ne restait que ses petits doigts roses.
Et la petite pierre bleue, au creux de ses mains.

Il la replaça dans la petite boîte que lui tendait Myra, doucement, très doucement, comme à contre cœur.

- Qu'est-ce que c'est ?
répéta-t-il.



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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Lun 20 Juin 2016 - 12:41

Il ne se fit pas prier. La dessinatrice le vit dans ses yeux, il brûlait de prendre la petite pierre bleue dans la paume de ses mains. Délicatement, elle la prit alors pour la déposer au creux des mains tendues du petit. Les yeux de ce dernier s'écarquillèrent. Plaisir ou étonnement ? Peut-être un mélange des deux.
Le visage de Toupilipp s'éclaira à mesure que le temps s'écoulait, il semblait perdu dans ses pensées. Comme détaché du monde réel. Etait-il dans l'Imagination ou simplement dans un noeud de pensées emmêlées ?
Quelque chose se passait dans sa tête de petit, quelque chose d'important. Et Myra aurait donné cher pour en connaître la nature.
Car le petit ne bougeait pas. Un poil, un centimètre, non. Il ne bougeait pas un cheveux. Rien. Il se contentait d'observer la petite pierre, la sphère graphe briller dans ses mains. Il la regardait, une intensité palpable dans l'oeil.
Mains en coupe, la pierre semblait lui parler. Idée ridicule ? Peut-être pas. Après tout, il existait tant de choses inexpliquées lorsque l'on parlait d'Imaginations, de Spires. De sphères graphes. Alors pourquoi leur parler serait impossible ?

Soudain, le petit ferma les yeux.

Il n'était pas le seul dont le corps restait immobile. La dessinatrice observait chacune des réactions de son visiteur. C'était le premier petit qu'elle rencontrait... Et cette histoire d'Ilfasidrel, cette histoire de sorts... Elle brûlait d'en savoir plus, comme la professeur qu'elle était. Tout ce savoir gardé derrière ces montagnes, inaccessible à tout alavirien. Et le destin lui amenait un petit devant elle. Il possédait toutes les réponses, il était un puits de réponses à lui tout seul.
Elle brûlait de tout savoir à propos de son peuple et de cette pierre. Pierre qui, elle n'en doutait presque plus, était sans aucun doute une sphère graphe. Certes, bien plus imposante que sa minuscule pierre qu'il tenait à l'instant entre ses doigts, mais une sphère graphe.
Elle brûlait...
Non. Pourquoi se rassasier d'un savoir qu'elle ne pourrait pas partager ? Une promesse avait été faite. Elle ne pouvait la briser. Et pourtant... Non. S'il lui parlait de son peuple, elle en garderait chaque parole.
Une promesse ne se brisera pas.

Le petit mit court aux pensées de la dessinatrice lorsqu'elle remarqua la légère lueur devant elle. Non, pas devant elle. Elle baissa les yeux, en vit la source.
Les doigts de son visiteur brillaient d'une légère lueur blanche. Elle retint un bond, ses sourcils se relevèrent instantanément.
Il venait de dessiner ! Ou quoique ce soit, ses doigts brillaient !
Ilfasidrel ne pouvait être qu'une grosse sphère graphe. C'était plus qu'évident.
Le petit ouvrit alors les yeux, Myra ne le vit même pas, concentrée sur ces petits doigts lumineux. Qui s'éteignirent rapidement dès lors qu'il avait ouvert ses yeux pour les poser sur le miracle.
Presque trop vite, il tendit à nouveau les mains, elle lut le regret dans son regard. Il déposa la pierre dans la petite boite toujours ouverte. Elle vit bien qu'il rêvait de la garder plus longtemps encore. Et elle sourit.


- Son nom ? Une sphère graphe. Il en existe plusieurs, nous sommes tous capables de les utiliser. Ces pierres augmentent le pouvoir d'un dessinateur.

Elle-même ayant toujours eu de la facilité à s'approprier ses pouvoirs. Un jeu d'enfant.

- Et j'ai bien l'impression que pour toi et ton peuple, c'est encore autre chose. Si j'ai bien tout compris, il existe des petits capables d'utiliser les pouvoirs d'Ilfasidrel pour lancer des sorts. Et j'ai comme le sentiment qu'Ilfasidrel est le frère de cette petite pierre que tu viens d'utiliser. Ilfasidrel doit être une grande sphère graphe.

Ses pensées fusaient alors que les mots s'échappaient de ses lèvres.

- Les Ts'Liches utilisent aussi les sphères graphes, mais différentes encore des nôtres. Ca doit être la même chose pour toi et tes amis...

Et elle eut une idée. Elle rouvrit la petite boite, tendit la sphère à Toupilipp, un sourire excité à peine voilé sur ses lèvres.

- Et si on essayait de te faire dessiner ?

Elle vit alors une étincelle s'allumer dans le regard du petit.

- Fais-moi voir tes sorts à l'aide de ma sphère graphe, je t'en apprendrais peut-être d'autres de chez nous !




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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Sam 9 Juil 2016 - 20:12


- Son nom ? Une sphère graphe. Il en existe plusieurs, nous sommes tous capables de les utiliser. Ces pierres augmentent le pouvoir d'un dessinateur.

Le pouvoir d'un Dessinateur ? Ça voudrait dire qu'il a réussi ? Un gigantesque sourire fendit le visage du Petit, presque trop grand pour son petit visage de Petit. Il ne pensait pas qu'il deviendrait un Dessinateur aussi vite, encore moins en utilisant un caillou-petit-frère-d'Ilfasidrel.

Ah. Finalement non.

Pour son peuple, c'était autre chose, d'après la Grande Dessinatrice. Toupilipp eut du mal à cacher sa déception. Myra ne s'en aperçu pas. Elle continuait de parler, apparemment bien trop exciter par l'exploit du Petit qu'il jugeait presque pathétique à présent. Il n'écoutait plus. Si la Dessinatrice ne lui avait pas dit qu'il avait dessiné, ça signifiait qu'il n'avait fait qu'inventer un Sort qui n'existait pas et qu'il avait réussi à le lancer avec un autre joyau qu'Ilfasidrel. Peut-être même que c'était grâce à la poussière dans sa besace qu'il avait réussi. La pierre lui avait peut-être parlé mais il ne pouvait en tirer aucun pouvoir.

Il doutait sous son chapeau. Il s'attendait à ce que la Grande le gronde pour lui avoir fait perdre son temps, qu'il n'était qu'un Petit comme les autres et qu'il devrait rentrer dans sa forêt plutôt que d'usurper la place d'un véritable Dessinateur à l'Académie. Il commençait à se diriger vers la sortie lorsque Myra demanda :

- Et si on essayait de te faire dessiner ?

Toupilipp se retourna. Il mit un moment à assimiler qu'elle ne le chassait pas. Son visage s'éclaira et ses yeux se remirent à briller.

- Fais-moi voir tes sorts à l'aide de ma sphère graphe, je t'en apprendrais peut-être d'autres de chez nous !

Ça voulait dire que les Sorts et les Dessins, c'était la même chose ? Toupilipp était un peu confus, mais peu importe. Il était heureux, il n'était pas chassé, et la Grande avait même l'air joyeuse. Il pensa que l'heure de sa première vraie leçon était venue. Et puis, s'il avait réussi à Dessiner, ou à comprendre ce que c'était, du premier coup, ç'aurait été nettement moins drôle. Il s'approcha prudemment de la Grande et enleva son chapeau pour demander timidement :

- Ça veut dire que je peux la reprendre ?

Myra rit et lui déposa la pierre dans le creux de sa petite main de Petit. À nouveau, il sentit les pulsations de la pierre dans sa paume. À nouveau, il entendit le chant de la sphère sous son chapeau. Un son plus aigu et mélodieux que celui d'Ilfasidrel. Le chant du Joyau-aux-mille-facettes était beaucoup plus dense et symphonique. Les Lanceurs de Sorts aiment à dire qu'il y a un chant par facette. C'était peut-être vrai. En tout cas, ce petit caillou était rond. Il n'y avait pas de facette. Ou une seule. Toupilipp ne savait pas. En tout cas, c'était normal que son chant soit différent de celui d'Ilfasidrel. Mais est-ce que ça voulait dire que ses pouvoirs différaient de ceux du Joyau des Petits ? Ça voulait dire qu'il pouvait dessiner avec cette sphère mais pas avec Ilfasidrel ? Il ne savait pas. Mais il était curieux, et il dévorait la sphère graphe de ses grands yeux de Petit.

La Grande lui avait demander de jeter un Sort. Quel sort allait-il lancer ? Ou plutôt, quel Sort pouvait-il lancer à l'aide des pouvoirs de cette pierre ? Il savait qu'il pouvait lancer le sort de senteur odoriférante et parfumée, mais il l'avait pas déjà fait, ça n'avait pas beaucoup d'intérêt. Et c'était un Sort plutôt ennuyeux. Toupilipp avait l'impression qu'il devait impressionner la grosse Grande, et que plus son Sort serait impressionnant, plus elle serait encline à lui apprendre à dessiner. Il devait faire ses preuves et montrer qu'il était un bon Lanceur de Sorts.

Il fixait intensément la sphère graphe alors qu'il e concentrait. Il connaissait un Sort qu'il se souvenait avoir utilisé une fois, il y a longtemps, lorsque des espèces de créatures mi-Grands mi-cochons vraiment moches avaient essayé d'envahir la Forêt Maison. C'était un Sort compliqué. Il ne l'avait pas lancé seul. Et il y avait Ilfasidrel.

Toupilipp fit le vide sous son chapeau et se concentra sur la mélodie de la sphère. Il se calqua sur ses pulsation, apprécia les harmoniques, essaya de comprendre au mieux se chant étranger mais un peu familier quand même.

Il ferma les yeux.

Un feu d'environ un mètre de haut apparut entre lui et la Grande. Elle eu un sursaut de surprise, et Toupilipp, un grand sourire satisfait.

- Ne vous inquiétez pas, c'est un vrai feu mais qui brûle pas. Regardez, je peux passer ma main au milieu, comme ça, et j'ai rien du tout ! Au pire ça chatouille un petit peu mais c'est tout. C'est comme l'image d'un feu, un vrai beau feu orange et jaune qui bouge comme un feu, mais c'est pas un feu. On s'en sert pour faire peur aux trodds, aux ours élastiques et aux Grands cochons sans risquer de faire cramer notre Forêt. C'est un Sort compliqué qu'on lance à plusieurs pour qu'il soit vraiment impressionnant, j'étais pas sûr d'y arriver, surtout que je connais pas cette pierre comme je connais Ilfasidrel. Mais j'ai réussi !

Le Petit dansait presque de joie et jouait avec les flammes de son Sort pendant que la grosse Grande le regardait, immobile, le visage indéchiffrable.

- Alors ? Je peux apprendre à Dessiner ?



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MessageSujet: Re: Dessine-moi une framboise   Dim 21 Aoû 2016 - 19:05

Le petit ne savait pas s'il pouvait réellement prendre la sphère graphe dans sa petite boite de bois, il demanda à la dessinatrice s'il pouvait la reprendre comme pour être certain qu'il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague. Myra rit et déposa la pierre entre les petites mains du petit. Il sourit alors, son regard ne pouvant s'empêcher de contempler à nouveau la pierre bleue sombre. Il semble à nouveau perdu dans ses pensées, presque plus loin que précédemment. Comme s'il cherchait à trouver une idée enfouie au fond de son esprit, difficile à capter.
Sa réflexion dure. Encore et encore.
Myra l'observe, curieuse. Elle espérait du fond du coeur que le petit était capable de dessiner, que son rêve ne resterait pas à l'état de poussière. Pour lui, elle priait la Dame de lui accorder son rêve.
Le silence s'éternise. Bien long, pourtant, elle l'apprécie à sa juste valeur. Le petit vivait un moment qu'il semblait avoir longtemps attendu.

Ses yeux ne clignaient pas d'une paupière, concentrés sur la sphère graphe. Ses sourcils se fronçaient de temps à autre, sa bouche aussi fixe qu'une roche. Dernier froncement, il semblait soudain avoir trouvé ce qu'il cherchait.
Son nez de petit tressauta, il ferma les yeux.
La primat n'attendit pas une seconde pour se glisser dans l'Imagination afin de rechercher à nouveau la signature du petit à travers les Spires. Se faufilant parmi tous les passages qu'elle connaissait, elle inspecta l'entièreté des basses Spires les plus banales. Ne trouvant rien, elle remonta rapidement d'un cran...
Rien.
Sa frustration était à son paroxysme. Comment le petit pouvait-il faire briller ses doigts sans l'aide de l'Imagination ? C'était tout bonnement impossible...
Myra repartit dans les basses Spires, s'apprêta à revenir dans la réalité. Lorsqu'elle sentit un léger souffle derrière sa cheville. Se retournant vivement, elle ne vit rien. Le souffle était cependant toujours là.

Un crépitement la fit revenir à la réalité, elle sursauta au même instant, sa main protégeant instinctivement son précieux ventre. Devant elle se dressait un feu d'un peu plus d'un mètre, grand et d'un orange cendré hypnotisant. De l'autre côté de cet impressionnant feu, le petit. Sourire s'étirant jusqu'à ses oreilles de petit, se dandinant presque sur place.
La joie se lisait sur son visage. Myra ne put s'empêcher de sourire à son tour.
Pour bien vite reprendre un visage indéchiffrable alors qu'elle inspectait ce grand feu du regard. Tout portait à croire à un dessin, chacun de ses détails. Sauf peut-être le fait qu'elle ne retrouvait pas la trace du soit disant dessin dans l'Imagination.
Et pourtant, ce souffle qu'elle avait ressenti ! Il ne pouvait sortir de nulle part, elle ne pouvait l'avoir imaginé. Peut-être n'avait-elle pas cherché au bon endroit...

Le petit prit soudain la parole, un sourire satisfait aux lèvres, essayant de rassurer la dessinatrice, toujours impassible.
Un vrai feu qui ne brûle pas...
Il passa sa main dans le feu pour prouver ses paroles, il ne cria pas. Sa main nette, aucune brûlure. Il n'avait rien. Un feu qui ne brûlait pas. Pourtant, il avait tout de réelles flammes. Couleurs, sons, odeurs.
La femme rapprocha alors l'une de ses mains vers les flammes, ne sentit qu'une légère chaleur. Presque confiante, elle rapprocha plus encore ses doigts jusqu'à presque toucher cet étrange feu. Sa main se fondit en lui en quelques secondes. Aucune douleur. Rien hormis quelques chatouillis.
Elle remarqua alors que le petit en face d'elle s'amusait à jouer avec les flammes depuis un moment, dansant presque sur place, son sourire toujours fixé sur ses lèvres.
Et du feu, elle retira sa main. Son regard quitta l'exploit pour se fixer sur son visiteur. Dire quelque chose, elle en était incapable. Comment mettre des mots sur quelque chose qu'elle ne pouvait expliquer ?
La primat restait immobile, sa main libre pendue dans le vide, l'autre protégeant toujours son ventre. Visage indéchiffrable.
Le petit fut le premier à reprendre la parole, jouant encore avec ses flammes. Il la regarda.
Sa question fut un électrochoc pour Myra. Elle revint à la réalité, sa main glissa sur sa robe contre sa hanche.


- Peux-tu éteindre ton feu ?

Il sembla s'exécuter sur le champ, le feu s'éteignit. Et la dessinatrice sourit enfin.

- Si tu peux apprendre à dessiner...

Elle prit une chaise pour s'assoir, referma la boite toujours dans sa main, la déposa délicatement sur un des bureaux de ses élèves. Elle sourit davantage lorsqu'elle tourna son regard vers le petit, gigotant toujours devant elle, bien trop heureux de son exploit. Il se calma cependant quelques secondes lorsqu'il croisa le regard de la primat. Malgré son large sourire, ses yeux pensaient à une vitesse démente.

- J'espère seulement que tes nouveaux camarades ne vont pas trop t'ensevelir sous des questions abracadabrantes !

Elle rit lorsqu'elle vit le visage du petit se décomposer. Sa voix douce reprit alors la place de Silence.

- Non seulement tu peux entrer dans ma classe, mais en plus ton premier cours aura lieu demain à la première heure.

La transformation du petit visage fut instantanée, le rire de la dessinatrice ne se tarit pas. Quel bonheur de voir ce Toupilipp si heureux ! Elle avait qu'une hâte, le voir à l'oeuvre lors de ses cours.
Lorsqu'elle reprit son calme et que le petit fut revenu sur terre, elle désigna la petite pierre entre ses mains de petit. Il se rapprocha, la lui tendit. La femme ouvrit la boite et il déposa la pierre à l'intérieur. Elle sourit, lui tendit la boite. Il ne sembla pas comprendre.


- Je te la prête. Tu devras l'apporter à chacun de tes cours de dessin, elle semble accroître ton pouvoir et lui donner davantage consistance. Jusqu'à ce qu'on réussisse à te faire dessiner sans, elle est sous ta responsabilité. Je te fais confiance, elle est aussi chère pour moi qu'Ilfasidrel pour ton peuple. Gardes-la en sûreté et ne la perd pas. Je sais que tu y feras grande attention.

Elle déposa la petite boite entre les mains du petit, lui sourit.

- Félicitations, Toupilipp, tu es un académicien à part entière.


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