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 Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]

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Apprenti Chantelame
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MessageSujet: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Ven 31 Jan 2014 - 14:06

- Ava ava, ‘arrive… deuzgond.

La furie noire disparut dans l’escalier qui menait à la salle commune, et Einar se retourna en plaquant le plus fort qu’il pouvait son oreiller sur la tête.
Grmgllbl.
Cinq.
Heures.
Du.
Matin.

Y’a pas idée, aussi. Ca faisait trois fois en dix minutes que Kloa venait voir s’il était réveillé en utilisant des méthodes de réveil de plus en plus violentes. La première fois, elle lui avait gentiment secoué l’épaule pour lui rappeler qu’il avait promis qu’il viendrait avec elle cette fois. La deuxième fois, elle avait fait « accidentellement » tomber une cruche en étain sur le sol près de son lit.
Le troisième fois, la combattante Teylus avait carrément sauté sur son lit et entrechoqué différents objets démoniaques entre eux directement contre ses oreilles. Il serait tombé du lit s’il n’était pas aussi bien emmitouflé dans ses couvertures duveteuses en poil de coureur.
Bon, ok, il avait promis. Mais quand même. C’était pas juste de profiter que le dortoir des garçons soit presque vide à cause des diverses excursions pour faire un boucan pareil. Il allait se réveiller, il lui fallait juste un peu dzzzzzzzz….

Einar ouvrit les yeux brusquement. Il l’avait senti. Quelque chose n’allait pas. Comme s’il s’était reçu un seau d’eau glacée dans la figure, mais sans seau d’eau et sans figure. Kloa se tenait dans l’encadrement de la porte du dortoir, déjà habillée pour l’entrainement, avec dans les mains…
Bomon.
Et Kloa, qui se curait les ongles avec la pointe du sabre.

- Hé, pas touche, tu vas le saliiiiir !

Au moins, elle avait réussi à faire l’impossible. Il était debout, parfaitement réveillé, parfaitement alerte, et son sabre en main. Bon, il manquait les vêtements, mais ça, ça viendrait plus tard.


*

- J’suis encore désolé pour avant-hier, j’sais que j’devais venir à l’entrainement au labyrinthe avec Halina et Astra et tout, mais on m’a encore filé de nouvelles corvées. D’ailleurs Astra elle devait pas venir, ce matin ?

Le jeune Teylus se frottait les yeux pour essayer de chasser le sommeil, alors qu’ils marchaient dans l’aube glaciale pour se rendre au Labyrinthe. Kloa le martyrisait, le mot était juste, pour qu’ils aillent s’entrainer de leur coté au labyrinthe, maintenant qu’ils savaient comment il marchait.
Gardant un très, très mauvais souvenir de la dernière fois qu’il était entré dans le Labyrinthe, Einar était moyen bof chaud pour s’y rendre à nouveau, mais une campagne de terreur et de persuasion constante pendant les dernières semaines avaient eu raison de lui. Et puis, apparemment, il marchait mieux maintenant. Suffisait de pas mettre le mode « Peur ». Ca faisait sens.

Les deux amis de Teylus avaient pas souvent l’occasion de se croiser à cause de leurs différences d’emploi du temps, alors qu’ils étaient tous les deux guerriers – et au même rang. Tous les deux Fer, même si Einar aurait dû être Acier. Du coup, s'entrainer ensemble, ça leur permettait de rattraper le temps perdu en se tapant dessus.

Arrivés devant le bâtiment encore neuf à l’orée de la forêt, ils commencèrent à s’échauffer les articulations. Il manquerait plus qu’il se casse à nouveau quelque chose parce qu’il était encore raidi par la nuit de sommeil.

- Dis, tu crois qu’c’est possible de commencer par un truc pas trop violent ? Genre parcours du combattant surtout pour grimper, ramper, courir, toussa. Histoire d’être pas trop raides avant de se taper dessus. J’te laisse régler le bidule par contre, j’ai pas envie de déclencher encore plein de Régis là-dedans.
[Hésite pas à me dire si quelque chose ne va pas ]


_______________


   

Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham | Shannon Seng
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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Dim 2 Fév 2014 - 20:53

Parfois, Einar était lourd. Mais du genre vraiment, vraiment lourd. On l'aurait pas dit, pourtant – de l'extérieur, il paraissait plutôt poids plume. Mais, en vrai, Einar était encore plus lourd que trois Thüls et quatre Raïs réunis – en comptant aussi leurs armes et tout leur équipement.

Parce qu'il avait promis. Et qu'une promesse, c'était une promesse et ça restait une promesse – même à cinq heures du matin, même quand on n'avait pas dormi de la nuit, même quand on avait passé toute sa journée à récurer les latrines, même quand on avait froid et faim et sommeil et qu'on avait tellement trop la flemme de sortir de son lit. De tout cela, Kloa s'en moquait comme de sa première épée en bois. Encore plus, même. Einar pouvait bien penser ce qu'il voulait, se trouver dans l'état où il se trouvait, ce n'était pas ses affaires. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était qu'il se dépêche de sortir de sous ses couvertures, s'habille en vitesse, arrête de grogner vaguement dans sa barbe inexistante et la suive une bonne fois pour toute. De toute manière, il n'avait pas le choix.

Elle avait été gentille, d'abord. Après avoir revêtu sa tenue habituelle de combattante, la jeune fille s'était glissée sur la pointe des pieds dans le dortoir de son ami pour lui secouer doucement l'épaule, attendrie malgré elle par sa silhouette endormie et la régularité de sa respiration. Il avait entrouvert une paupière, puis l'autre, et elle lui avait rappelé avec gentillesse l'entraînement qu'ils avaient prévu d'accomplir dans le labyrinthe. Il avait grommelé quelque chose dont elle ne se souvenait pas et elle l'avait laissé se préparer, sortant pour l'attendre dans la salle commune. Sauf que, dix minutes plus tard, il n'avait toujours pas quitté son lit. La Teylus s'était alors saisie d'une vieille cruche en métal qui traînait sur une commode et l'avait laissée malencontreusement échapper de ses mains juste à côté du visage du garçon. Peine perdue. Ce dernier s'était contenté d'enfoncer les oreilles dans son polochon et de se retourner sur le ventre, face au mur – lui tournant le dos. Mais Kloa ne s'avouait pas vaincue aussi facilement et, lorsqu'elle était revenue pour la troisième fois, elle avait fait le stock d'un maximum d'objets de toute sorte trouvés au hasard un peu partout dans les dortoirs et la salle commune – soucoupes de fer, couverts ou ustensiles qui s'en approchaient fort, gobelets de bronze et même un tabouret en bois. Arrivée auprès du jeune homme, elle avait sauté sur son matelas pour les entrechoquer avec toute la force dont elle était capable. Malheureusement, cette tentative s'était elle aussi soldée par un échec. La jeune femme commençait à envisager sérieusement la possibilité de l'éjecter du lit sans autre forme de procès lorsqu'une idée s'était formée dans son esprit. Une idée proprement diabolique, et dont l'ingéniosité la surprit elle-même.

Quelques minutes plus tard, Kloa se tenait donc dans l'embrasure de la porte du dortoir des garçons, nonchalamment adossée contre le linteau. Avec, entre les mains, le sabre d'Einar, qu'elle avait fini par dénicher parmi les affaires du jeune homme. La réaction de l'apprenti chantelame ne se fit pas attendre. Une fraction de seconde plus tard, il était debout, parfaitement éveillé et de charmante humeur, comme tout guerrier qui se respecte. La Teylus lui décocha un sourire sardonique :


- Grouille-toi, je t'attends dehors.

*

L'aube était grise. Grise et froide. Évidemment. Heureusement, Einar ne lui faisait plus la tête et Kloa écoutait d'une oreille distraite son bavardage incessant, laissant parfois échapper une ou deux réponses pour lui faire plaisir.

- Pas grave, on s'en est douté. Et pour Astra, j'sais pas, elle m'avait rien dit – elle devait avoir trop la flemme, comme toi.


Enfin, ils parvinrent devant le labyrinthe. Commençant tous deux par échauffer leurs articulations encore roidies de sommeil, Einar prit la parole au bout de quelques minutes pour lui proposer de s'entraîner en premier lieu sur un parcours du combattant. La guerrière haussa les épaules.

- Comme tu préfères. C'est une bonne idée.
Puis, comme il lui demandait si elle pouvait se charger du réglage : Pas d'problème.

Laissant son ami terminer ses échauffements, Kloa se dirigea vers l'entrée du labyrinthe. À vrai dire, elle ne l'avait jusqu'alors jamais réglé – d'ordinaire, c'était toujours Halina ou Astragal qui s'en chargeait. Mais ça ne devait pas être compliqué, n'est-ce pas ? Elle commença par activer le mode « parcours du combattant » réclamé par Einar, puis allait se détourner quand elle se rendit compte que le réglage n'était pas fini, le labyrinthe lui proposant d'autres options. Fronçant les sourcils, elle observa le tout avant de se décider pour « course » et « deux participants ». Tout ça lui était égal, mais cela pouvait être amusant de se mesurer à son ami lors de ce genre de choses. Puis une nouvelle possibilité attira son attention, et elle hésita. Chronométrage... Son bras se leva, sa main se tendit... Finalement, ses doigts choisirent pour elle. Alors qu'une série de chiffres s'étalait sous ses yeux, elle faillit opter pour « vingt minutes » avant de se raviser et d'enclencher « quinze minutes ». Après tout, ils étaient là pour se dépenser – et se dépasser, par la même occasion. Satisfaite, la Teylus recula de quelques pas. Deux parcours du combattant sous forme de course chronométrée. Autrement dit, elle devrait non seulement vaincre son camarade, mais également triompher du temps imparti. Elle ignorait ce qui se passerait si l'un d'entre eux était toujours dans le labyrinthe au bout du quart d'heure réglementaire – sur le coup, elle n'y avait même pas songé – mais aurait tout le temps de s'en préoccuper plus tard.

Souriante, elle rejoignit Einar qui l'attendait, la main sur la poignée de son cher sabre.


- C'est fait. Parcours du combattant, option course. Deux participants.


La guerrière se tourna vers l'entrée du labyrinthe, qu'elle observa d'un regard critique, avant de lâcher sur un ton neutre :

- J'suppose que nos deux entrées sont ici. Tu prends celle-là et moi celle-ci, ça t'va ?

Puis, devant l'absence de réaction d'Einar, elle conclut tranquillement :

- Et de tout' façon, même si ça te va pas, c'est pareil, parc'que j'ai déjà tout programmé et que j'suis pas sûre qu'on peut les faire rev'nir en arrière, ces machins-là. D'ailleurs, si j'étais toi, j'me boug'rais, parce qu'le chrono est lancé depuis au moins deux bonnes minutes, précisa-t-elle innocemment.

Sur quoi, sans même s'apercevoir qu'elle avait oublié d'expliquer l'histoire du chronomètre à son ami Teylus, Kloa s'enfonça dans le labyrinthe.



_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





Elizia / Kloa Rwanda
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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Lun 3 Fév 2014 - 14:16

Le truc avec Kloa, c’est que tout devait être un défi, pour elle. Einar le savait pertinemment – même manger plus de piments que les autres ou être la première à maitriser la nouvelle routine de baton que Monsieur Guidjek leur inculquait. Seulement, le Teylus l’oubliait régulièrement – et chaque fois qu’elle se remanifestait, c’était la surprise totale.
Dans sa tête, Einar avait visualisé un échauffement relativement tranquille, suffisamment dur pour les motiver mais pas impossible au point de les crever avant de commencer les vrais exercices de combat. Il n’eut même pas besoin de jeter un œil par l’entrée de son parcours pour savoir que Kloa leur avait programmé un truc monstrueux. Sûrement pas aussi monstrueux que les cauchemars qui s’étaient abattus sur eux à cause du labyrinthe déréglé en pleine nuit, mais quelque chose qui lui laisserait des courbatures pendant toute la journée après.
Et récurer les latrines avec des courbatures, c’était encore pire que de récurer des latrines en étant motivé.

Et en plus, elle avait mis un chrono… ?
Einar perdit plusieurs précieuses secondes à contempler d’un air bête la guerrière qui se précipitait au pas de course dans le labyrinthe. Et puis, le concept du chronomètre percuta son cerveau, et sans réfléchir plus, il s’y jeta à son tour.

S’il n’avait pas attelé tous ses neurones à la tâche de passer les épreuves, Einar aurait pu admirer la complexité de cet édifice dont il ne comprenait pas le fonctionnement. Les parcours étaient manœuvrés par des poulies et des engrenages intégrés dans les murs et se modelaient à la guise des paramètres qu’on entrait dans la console. Il n’y avait que peu de protections en cas de chute – seulement aux endroits où ils risquaient vraiment de se briser la nuque ou de se casser les vertèbres. Le reste du temps, ça répondait à la philosophie de « Si tu tombes, c’est ta faute si t’as mal, donc ne tombe pas, et bouge-toi le cul ».
Les deux parcours étaient agencés de telle manière qu’ils pouvaient voir l’avancement de l’autre par une vitre qui les séparait. Ca le fit sourire intérieurement, à quel point Kloa voulait en permanence se mesurer à tout le monde.

Le chronomètre lui donna rapidement des ailes, pour la simple et bonne raison que Kloa ne lui avait pas dit combien de temps ils avaient pour terminer ce parcours effroyablement long et compliqué. Et qu’il n’avait aucune idée de ce qui arrivait à ceux qui ne finissaient pas le parcours à temps.
Le chronomètre engendrait la peur et la peur menait à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène… au côté obscur.. à la rapidité.

Einar ne regretta pas une seconde d’avoir débouclé sa ceinture et laissé Bomon à l’entrée du Labyrinthe – le premier obstacle était un filet de grosses cordes vertical, et le sabre se serait sans doute pris dedans plusieurs fois. Kloa était déjà en train d’atterrir de l’autre côté quand Einar commença à grimper.

Malheureusement pour elle, ce genre d’exercices était de ceux qu’Einar maitrisait. Pas qu’il fut plus fort qu’elle. Non, il avait juste de plus grandes jambes et de plus grands bras, et ses membres secs d’adolescent ne connaissaient pas la fatigue. Extrêmement incompétent pour tout ce qui était de taper sur les gens, Einar savait passer des obstacles. L’art de fuir sur tous les terrains.
Tant qu’on lui demandait pas de trop grimper.

Les dix minutes qui suivirent furent ponctuées d’exclamations que les deux Teylus s’envoyaient dès qu’ils franchissaient un obstacle. Einar rattrapa Kloa sur le pont de singe et l’envoya :

- … te faire cuire un œuf chez les Raïs !

La combattante reprit son avance en rampant sous le grillage métallique et sous-entendit une filiation avec un Siffleur. Einar grapillait toujours des secondes quand il fallait courir entre les obstacles parce qu’il courait plus vite, tandis que la jeune femme possédait un meilleur équilibre pour franchir les poutres et les barres.

Par deux fois, un coup de cloche résonna à travers tout le bâtiment. A chaque fois, ça sonnait comme une sentence dans les oreilles d’Einar, qui croyait le chronomètre terminé à chaque coup. Si ça se trouve, se disait-il à chaque haie qu’il sautait comme un Coureur fringant, si ça se trouve, il me reste que dix secondes. Un point de côté lui perçait les flans, mais la peur et l’envie de ne pas se laisser trop vite avoir par Kloa lui donnait la motivation nécessaire pour grimper une corde de plus.

- De toute façon t’es juste qu’une fille !
proféra-t-il alors qu’il avait trois bons mètres d’avance sur sa rivale. L’insulte n’était pas des plus cinglantes, mais il était à court d’imagination après avoir vidé toutes ses idées créatives au fur et à mesure du parcours. Ils étaient près de la fin, il le sentait parce que le mur du fond se rapprochait.
Le regard par-dessus l’épaule pour voir Kloa s’y prendre à deux fois pour se hisser au dessus d’un muret, Einar éclata de rire.

Son rire mourut quand il se retourna pour continuer à courir. Une ombre géante projetée sur le sol masquait toute la lumière.
Un mur.
Un mur d’escalade super haut. Au moins sept bons mètres. Son nemesis ultime. En plus, juste avant la fin, un surplomb compliquait encore l’exercice. Einar perdit une seconde à prier pour sa vie. Les gros matelas rembourrés au pied du mur le rassuraient un peu quand à ses chances de survie, mais c’était quand même injuste. L’escalade était un art dans lequel il était très loin d’exceller malgré les soupirs désapprobateurs de Tifen, et depuis qu’il s’était explosé un genou à l’épreuve de passage, sa jambe se mettait un peu à trembler s’il restait trop longtemps en appui dessus le temps de s’accrocher autrepart.

Pas moyen de contourner le mur. Boules de dragon.
Le jeune Teylus essuya ses mains moites sur le devant de son uniforme et saisit la première prise.

- Peuh, j’grimpe des montagnes plus dures que ça avec mon maître chantelame, d’abord !
s’exclama-t-il par-dessus son épaule pour essayer de bluffer et de décourager Kloa, qui arrivait en courant près de son propre mur.



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Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham | Shannon Seng
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Acier
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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Lun 10 Fév 2014 - 21:33

Ça, c'était un parcours comme elle les aimait. Courir, sauter, ramper, grimper – elle maîtrisait. Certes, Kloa n'était réputée ni pour sa rapidité ni pour son agilité, mais sa pratique des armes avait développé son adresse et elle possédait un assez bon équilibre. Même si son atout principal demeurait son endurance.

C'était la première fois qu'elle enclenchait une telle option dans le labyrinthe et, en pénétrant au pas de course dans son propre couloir, elle remarqua avec surprise que les deux parcours se déroulaient parallèlement et étaient séparés par une vitre transparente afin que les participants aient la possibilité de constater l'avancement de leur adversaire. Un petit coup d'œil de côté lui apprit qu'Einar venait tout juste de se décider à avancer et, sans réfléchir davantage, la jeune fille attaqua la course.

Le premier obstacle était un filet de cordes vertical qu'elle franchit sans grande difficulté et, lorsqu'elle sauta de l'autre côté, son ami venait tout juste de commencer à grimper. Un petit sourire fleurit sur ses lèvres – jusqu'au moment où elle se rendit compte que le Teylus se déplaçait avec beaucoup plus d'aisance qu'elle-même quelques instants plus tôt. Serrant les dents, la jeune femme se précipita vers la seconde épreuve, une poutre horizontale qui s'étalait sur une bonne dizaine de mètres, avant de se hisser à la force de ses bras sur une échelle de corde débouchant sur un pont de singe. Einar la rattrapa à peu près à ce niveau et la dépassa tout en évoquant un œuf de Raïs. La guerrière crispa les poings et lui lança, alors qu'elle reprenait son avance en rampant sous un grillage métallique :


- S'pèce de siffleur mal...

Elle s'interrompit en voyant le nouvel obstacle – une sorte de marre qu'il fallait franchir en sautant sur des pierres. Si elle perdit l'équilibre sur la dernière roche et faillit mettre le pied dans l'eau, elle s'en tira plutôt honorablement et entama le saut de haie qui succédait à cette épreuve. Venait ensuite un fossé dans lequel ils devaient descendre puis remonter et, concentrée, elle en oublia de héler l'apprenti chantelame. Mais, dès qu'elle fut revenue sur le plat, elle se retourna légèrement et, constatant qu'il était toujours à l'intérieur du trou, lâcha une phrase triomphante en rapport avec les Ts'liches et un coureur à lunettes.

Et le parcours continua, ponctué de leurs exclamations et de leur respiration qui se faisait de plus en plus sifflante au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Une cloche résonna par deux fois dans le labyrinthe et Kloa en conclut qu'elle devait sonner toutes les cinq minutes. Ce qui signifiait que leur course durait depuis à présent un peu plus de dix minutes. Ils avaient déjà fait le tiers. La perspective que le temps imparti était bientôt écoulé lui redonna une bouffée d'énergie et elle accéléra afin de rattraper Einar qui avait quelques mètres d'avance sur elle – parce qu'il avait des plus grandes jambes et courait donc plus vite. Un muret la stoppa dans son élan et, comme elle dut s'y reprendre à deux fois pour le franchir, suscitant l'hilarité de son ami, la combattante fronça les sourcils.


- Tu crois qu'ça vaut mieux d'être un garçon, p't-être ?

Le rire du Teylus mourut au fond de sa gorge et, si elle pensa la première seconde que c'était elle qui l'avait fait taire, la raison de ce brusque silence se présenta dès qu'elle parvint enfin à se hisser au-dessus du muret. Un mur d'escalade. Haut. Très haut. Elle rejoignit Einar, qui s'était arrêté devant son propre mur et paraissait à deux doigts de vomir ou d'éclater en sanglots – ou bien de tourner les talons en courant. Son visage à la fois rougi par l'effort et blêmi par l'appréhension l'aurait certainement amusée si elle-même ne s'était sentie aussi impressionnée. En effet, Kloa n'avait jamais été très douée en escalade, et l'idée qu'il lui restait moins de cinq minutes pour venir à bout de cet obstacle n'était pas pour la rassurer. Elle ne réagit pas à la phrase faussement bravade que lui jeta Einar. De la sueur lui dégoulinait le long de la colonne vertébrale et ses mains, moites de transpiration, ne lui faciliteraient pas la tâche. Mais elle n'avait pas le choix. Sans un regard pour son camarade, elle se saisit de la première prise et commença son ascension.

Les trois premiers mètres se déroulèrent plutôt bien. Certes, la fatigue commençait à se faire sentir, mais la jeune fille parvint à garder une allure qui, si elle n'était pas très rapide, avait le mérite d'être régulière. Pour tout dire, elle  s'attendait à bien pire. Elle en était pratiquement à la moitié de son mur lorsqu'il se passa une chose étrange. La prise dont elle venait de s'emparer disparut, comme si elle s'était enfoncée dans la cloison, et Kloa se retrouva suspendue dans le vide par la main droite. Par chance, elle réussit à s'agripper à une nouvelle prise et put reprendre son escalade, bien qu'encore désarçonnée par ce qui venait de lui arriver. Sauf qu'elle se rendit bientôt compte que cet incident était loin d'être un cas isolé. En effet, plus elle montait et plus des prises se volatilisaient, aspirées par la façade – parfois jusque sous ses pieds. La jeune femme jura entre ses dents et accéléra son ascension. Évidemment, ç'avait été trop simple. Elle manqua ainsi chuter une bonne dizaine de fois, se rattrapant toujours de justesse en se cramponnant du bout des doigts. Sa seule consolation fut de constater que, de l'autre côté de la paroi de verre, Einar devait faire face aux mêmes pièges qu'elle – maigre réconfort cependant. La Teylus ne sut pas exactement par quel miracle elle arriva en haut intacte et, tout en bénissant sa chance, elle se hissa vivement au sommet du mur. Un profond soupir de soulagement lui échappa – soulagement qui faillit atteindre son apogée quand elle remarqua que son compagnon n'était pas encore tout à fait arrivé en haut. Faillit seulement, car sa joie fut de courte durée. Elle ne savait pas exactement ce à quoi elle s'attendait – une passerelle, peut-être même un escalier. À vrai dire, elle n'y avait pas vraiment réfléchi. Mais elle n'avait absolument pas prévu qu'elle devrait désescalader le mur lorsqu'elle serait parvenue à son sommet. Or, il lui restait tout juste quelques minutes si son compte était bon – peut-être même moins. Il s'agissait d'une certitude. Elle n'avait pas le temps. Indécise, elle observa du coin de l'œil Einar qui venait de se hisser à l'extrémité de la paroi, puis son regard revint aux prises qui paraissaient la narguer, en bas, tout en bas – si bas. Ce dernier descendit encore pour s'arrêter sur les épais matelas qui tapissaient le sol, au pied du mur d'escalade. Au moins, ils avaient été prévoyants. Elle ne mourrait peut-être pas si elle tombait de la paroi. À cette pensée, ses paupières se plissèrent. Si elle tombait de la paroi... Ses yeux revinrent au mur, puis aux prises, puis encore aux matelas. Destinés aux chutes, mais également à... Kloa se mordit la lèvre, hésitante. Mais elle n'avait pas le choix – ni le temps. Alors, sans regarder ce qu'Einar avait résolu d'accomplir, l'apprentie prit une longue inspiration. Et sauta.

La chute fut moins longue que ce qu'elle avait cru. Mais le choc, plus douloureux. Si, au dernier moment, elle eut le réflexe de se rouler en boule afin d'amortir l'impact, elle se rétablit sur une cheville – et cette mauvaise réception lui tira une grimace de souffrance. La jeune fille se redressa précautionneusement, heureuse de constater que, hormis sa cheville, l'épaisseur des matelas avait produit son effet et amorti en grande partie la collision. Elle tourna les yeux... et se figea. Einar était en bas, lui aussi. Comment ? Avait-il également sauté ? Ou accompli autre chose ? Cette réflexion lui donna mal à la tête et elle se concentra sur la ligne droite qui se profilait devant elle. Un slalom. Et, au bout du slalom... Une porte. La porte. Dans le regard de son ami, elle vit s'allumer cette pointe de défi qu'elle connaissait si bien et esquissa un sourire. Désormais, la compétition se jouait entre eux deux.

La jeune femme se jeta en avant, oubliant sa cheville, oubliant sa fatigue – oubliant tout. Elle venait de s'engager dans l'ultime épreuve lorsqu'un signal sonore retentit à leurs oreilles. Pas la cloche qu'ils avaient déjà entendue par deux fois, non – même si cela y ressemblait. Autre chose. Ce ne fut que quand un deuxième signal succéda au premier qu'elle comprit. Un compte un rebours. Il leur restait sans doute dix secondes pour terminer le slalom. Dix secondes pour atteindre la porte. Dix secondes pour sortir du labyrinthe. Ça pouvait jouer. Puisant dans ses dernières parcelles d'énergie, Kloa accéléra encore malgré le tiraillement de sa cheville, zigzagant le plus rapidement possible entre les obstacles. Plus que six secondes. Elle aperçut du coin de l'œil Einar qui, bien qu'à peu près au même point qu'elle, menaçait de la dépasser. Dans un accès de rage, elle allongea ses enjambées. Plus que quatre secondes. Elle y était presque, à présent. Ils y étaient presque. Encore quelques mètres – quelques mètres seulement et tout serait terminé. Plus que trois... La combattante se sentit partir en avant, glissant ou trébuchant sur une inégalité du terrain. Emportée par son élan, elle fut incapable de se rétablir à temps et tomba en avant avec la grâce et la délicatesse qui la caractérisaient. Elle se releva presque aussitôt, le souffle court. Einar l'avait à présent largement distancée. Sa tête lui tournait et elle s'apprêtait à reprendre sa course lorsqu'une cloche sonna. Elle eut le temps de voir le Teylus s'engouffrer à l'extérieur du labyrinthe avant que la porte ne se referme du claquement sec et lugubre d'un couvercle de cercueil.


- Et merde.

Elle avait perdu. Non seulement contre son ami, mais aussi et surtout face au labyrinthe. Le temps était écoulé. Que se passerait-il, à présent ? Comment allait-elle faire pour ressortir ? Peut-être en gagnant sa propre porte un processus se déclencherait-il qui lui permettrait de se retrouver l'air libre ? Elle allait mettre son idée à exécution quand un grondement parvint à ses oreilles. Un grondement qui semblait provenir du labyrinthe lui-même. La guerrière s'immobilisa. Pas véritablement inquiète, simplement... intriguée. Et peut-être légèrement anxieuse, aussi. Rien. Elle avait dû rêver. Cependant, elle n'avait pas plus tôt fait un pas que le sol se mit à bouger sous ses pieds tandis que des pans entiers de mur se déplaçaient dans sa direction, menaçant de la compresser. Incrédule, Kloa ne réagit que quand un panneau de la cloison hérissé de pointes la rata d'un cheveu pour se planter dans la façade opposée, avant de se rétracter dans un chuintement feutré. Mais qu'est-ce que c'était que ce bazar ? Ce fut à cet instant que la terre s'ouvrit sous ses pieds.

Enfin, façon de parler. Car, mue d'un soudain pressentiment, elle eut le temps de faire un saut de côté pour éviter le trou de justesse. Malheureusement pour elle, comme dans le cas des prises un peu plus tôt sur le mur d'escalade, ce phénomène n'était pas un cas isolé et des crevasses commencèrent à se former un peu partout autour d'elle. Les murs n'en bougeaient que de plus belle et Kloa était en train de se demander s'il valait mieux finir écrasée par une cloison ou oubliée au fond d'une fosse lorsque l'inespéré se produisit : une corde lisse tomba du ciel. Littéralement. Sans réfléchir au pourquoi du comment, la Teylus s'y agrippa – juste à temps puisque la portion de sol sur laquelle elle se tenait jusqu'alors venait de s'effondrer à son tour. Sauf que c'était bien joli, mais elle ne comptait pas non plus terminer sa vie à se balancer au bout d'une corde. Aussi hurla-t-elle de toutes ses forces, priant pour qu'Einar parvienne à l'entendre malgré le vacarme du labyrinthe :


- P'tain, Einar ! Tu pourrais m'sortir de là, s'te-plaît ? Y' doit bien y avoir un moyen de désactiver ce truc, non ? Mais bouge-toi les fesses, bordel de Raï !

Parce que, l'air de rien, ça urgeait vraiment.


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Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Lun 24 Fév 2014 - 21:16



[ Désolée pour le retard @@ ]

Tout aurait pu bien se dérouler.
Il était pas encore mort, il était à quelques mètres au dessus du sol, il avait pas encore décidé de laisser tomber, et il avait des prises plutôt grosses et plutôt bien placées. Ses pupilles étaient rivées à la paroi pour ne pas regarder en bas et son genou faible commençait à trembler, mais la situation n’était pas si pire que ça.
Mais ça, c’est parce que tout avait décidé de ne pas bien se dérouler. Dans un cri aigu, Einar manqua de tomber quand la prise sous son pied se délogea. Il crut que c’était sa propre faute, mais la seule prise à laquelle il se retenait était en train de s’enfoncer dans le mur aussi. Par quelle sorcellerie.. ? Le jeune Teylus n’eut pas le temps de penser à quoi que ce soit d’autre que sa propre vie. Il dut se balancer rapidement pour atteindre d’autres prises – et même quand il se crut sauvé, les prises commençaient déjà à trembler et disparaître.

C’était de la folie.  

Ne pas regarder en bas, ne surtout, surtout pas regarder en bas. Courir vers le haut du mur. Il était pas si haut  que ça, si…. , Ok, ne pas regarder en haut non plus. Juste regarder la prochaine prise, la prise la plus proche, et continuer. Se hisser, gémir quand il était sur le point de tomber. Son visage était couvert de sueur aussi et son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’il allait exploser. Il n’avait aucune idée d’où était Kloa et pour l’instant ça lui passait au dessus de la tête. Ne pas tomber, ne pas regarder en bas, ne pas regarder en haut.

Au bout d’un moment, il n’y avait plus de prise à regarder. Le haut du mur était complètement lisse. Et le bas… NON NE PAS REGARDER. Il ne restait qu’une seule solution. S’il sautait, il pourrait peut-être accrocher le haut du mur. S’il ratait…
Son corps réagit avant que le cerveau ne se mette à calculer  le nombre d’os qu’il se briserait et le nombre de fois où il mourrait s’il ratait. Ses jambes tremblantes se détendirent et une tension brusque explosa dans ses doigts. La moiteur le faisait glisser et il se tortilla comme une limace pour atteindre avec son autre bras. Il allait glisser il était en train de glisser, il allait mour—ses pieds ripèrent et accrochèrent la prise qui lui avait servi pour les mains auparavant. Elle allait disparaître, mais c’était la demi seconde dont il avait besoin pour se hisser, passer un genou par-dessus le vide, et le reste du corps.
Pantelant en haut du mur, Einar murmura une prière à la Dame. Et enfin, il osa regarder en direction de Kloa. Il se serait attendu à ce que la jeune fille soit déjà à l’extérieur, en train de le narguer en courant en rond près de la porte, ou de se curer les ongles, mais elle était en train de contempler le vide, en haut du mur.
Le vide.


L’idée fit lentement son chemin dans la tête d’Einar. Il allait falloir redescendre. Sainte mère de baleine. Et les prises étaient loin. Reprenant sa respiration, le jeune homme laissa ses jambes pendre pour essayer d’atteindre les premières prises… et ses mains couvertes de sueur lui firent défaut. Il glissa – non. Il tomba.
Son cri fut étouffé par les matelas quand il s’écrasa en bas dans un océan de plumes et de trucs rebondis, et le Teylus mit à peu près trois secondes à calculer ce qui venait de se passer. Il n’avait toujours pas compris, mais au moins, il était en bas. Et Kloa venait de recommencer à courir. Quelques secondes précieuses furent perdues à se dépêtrer du tas de matelas, mais ensuite, plus rien d’autre ne compta que courir.
Et les coups de canon qui résonnaient autour d’eux comme un glas. Courir. Courir, même pas pour battre Kloa, non, courir pour sa vie, parce que ce Labyrinthe était en train d’essayer de les tuer avec ses coups de canon, courir courir courir—

Le bond pour atteindre la porte ressemblait peu ou prou à l’élan d’un Siffleur gracieux gambadant dans la plaine au ralenti avec un arc en ciel et de la musique épique en arrière-plan… mais sans le Siffleur. Einar finit face contre terre. Mais de la vraie, vraie terre. Pas du parquet. Il était dehors. En explosion de joie, Einar se remit debout et cria son bonheur à l’idée d’avoir surmonté cette épreuve…
Mais Kloa n’était pas là. Kloa était restée dans la Labyrinthe. Et la porte refusait de s’ouvrir, même après plusieurs tentatives. C’est alors qu’il entendit les cris. Non, les jurons. Non, les cris ! Le Labyrinthe… était en train de tuer Kloa. Le cœur d’Einar s’arrêta.

Mais dans sa détresse, un espoir. Kloa venait de le traiter de bordel de Raï. Si elle était morte, elle ne pourrait pas. Einar tambourina à la porte, criant :

- Tiens bon Kloa ! J’vais à la salle de contrôle arrêter ça !

Et c’est ce qu’il fit, ni une ni deux, en dérapant dans l’herbe pleine de rosée du petit jour, c’est ce qu’il fit sans tenir compte de son point de côté, sans répondre à la jubilation d’avoir, somme toute, gagné contre la guerrière Teylus adverse. Tout ce qui comptait, c’était qu’elle était coincée.
Arrivé à la salle de contrôle, Einar se retrouva aussi perdu que s’il était entré dans les toilettes des filles. Trop de boutons, trop de leviers, et pas de gros bouton rouge avec marqué « STOP » dessus. Pas à première vue en tout cas. La grande baie vitrée donnait sur la salle et il pouvait voir Kloa se démener sur une corde alors que des piques sortaient des murs et se rapprochaient inexorablement d’elle.

- Grimpe, grimpe plus vite !
L’entendait-elle seulement ? Il cria plus fort. En haut de la cooooorde !

Il osait pas appuyer sur tous les boutons en même temps, de peur que ça déclenche un truc qui aplatirait Kloa comme une crêpe. Il devait faire gaffe… Doucement, Einar baissa quelques leviers qui avaient l’air d’être au maximum, tout en encourageant Kloa à grimper en haut de la corde. Une plate-forme surelevée apparut tout en haut, près d’une des fenêtres de l’endroit. Si elle pouvait l’atteindre…
Mais les parois se rapprochaient trop vite, et Kloa grimpait trop lentement. Au désespoir, Einar cherchait sur la console le bouton « Arrêter les piques acérées qui menacent d’écraser mon ami », mais on s’en doute, il n’y avait pas de boutons de la sorte. Solution désespérée : baisser tous les leviers, remettre tous les cadrans à zéro, éteindre tous les boutons allumés, et surtout, surtout, ne pas appuyer sur le gros bouton rouge sur lequel il n’y avait pas marqué stop.
Des grincements se firent entendre à l’intérieur du labyrinthe et le petit chantelame osa y jeter un œil.

Les piques et les murs s’étaient arrêtés… à deux cheveux de Kloa, qui se hissait toujours vaille que vaille. Bon, au moins… elle mourrait d’épuisement au lieu de mourir écrasée.

- Sors par la fenêtre, plus haut sur la corde ! J’ose pas toucher trop aux boutons, profite de ce que tout soit arrêté !


Il l’exhorta comme ça en ignorant les grappes d’insultes qu’elle balançait au monde entier, jusqu’à ce que finalement, elle fût sortie et en sécurité à l’extérieur.
Seulement maintenant, Einar osa tester le gros bouton rouge qui le narguait depuis le début.
Les lumières s’éteignirent, les poulies et les engrenages se mirent en place dans un chaos de grincements, et quand la lumière réapparut… la salle était vide. Complètement vide. Pas d’obstacles, pas de crevasses dans le plancher, pas de piques par terre…
Ah bon.
Ben il saurait pour la prochaine fois. Kloa venait de le rejoindre dans la salle de contrôle et Einar lui fit signe qu’il avait besoin de reprendre son souffle et de se remettre de ses gnons quelques minutes.
Et dire qu’il n’était que cinq heures et demi du matin.

- … N’empêche, j’t’ai battue,
fit-il d’un ton un peu fier.Tu veux prendre ta revanche sur une autre épreuve ?
[/color]



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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Lun 10 Mar 2014 - 13:15

Parfois, il en avait de bonne, Einar. Ce n'était pas lui qui était accroché à une corde avec un sol qui grondait et bougeait en dessous et, sur les côtés, des murs hérissés de pointes et de pics acérés qui se contractaient et se resserraient sans aucune logique apparente, menaçant à chaque seconde de vous écraser sans le moindre état d'âme. Grimper plus vite. Comme si c'était simple – comme si c'était même seulement envisageable avec les paumes des mains moites qui glissaient sur la corde rêche, la peur qui vous secouait le dos comme un frisson et la respiration sifflante qui enflait dans la poitrine, enflait à vous faire éclater les poumons. Mais, malgré tout, Kloa tenait. Parce qu'elle n'avait pas le choix. Et parce que, s'il lui était impossible d'accélérer, elle était au moins capable de gagner péniblement centimètre sur centimètre, minute après minute, en insultant à la fois mentalement et verbalement le monde entier – à commencer par le créateur de ce foutu labyrinthe et ce satané Einar qui n'était même pas apte à arrêter cette chose cauchemardesque.

Mais il l'avait entendue. C'était le principal. Il l'avait entendue et il essayait de l'aider. Savoir s'il y parviendrait était certes une autre histoire...

Plus haut, toujours plus haut. Visiblement, il avait réussi à faire apparaître quelque chose au sommet de la corde capable de la tirer d'affaire parce qu'il avait l'air d'y tenir vraiment. Ou alors c'était simplement en désespoir de cause. Parce que le désespoir, là, Kloa y touchait véritablement. À vrai dire, elle nageait même en plein dedans. Condamnée à se hisser le long d'une corde en attendant de mourir aplatie par les murs d'un labyrinthe fou. Sauf si elle expirait d'épuisement avant. C'était vraiment trop bête. Et, surtout, trop rageant. À cette pensée, la jeune fille eut un sursaut d'énergie et tira sur ses bras. Encore un mètre de gagné. Un mètre sur combien ? Beaucoup, en tout cas. Beaucoup trop, même. Crispant la mâchoire, elle resserra sa prise sur la corde. Surtout, ne pas lâcher. Étrangement, passer le restant de son existence au fond d'un trou obscure ne faisait pas non plus partie de ses plans d'avenir immédiats. Et les murs qui se rapprochaient, rapprochaient, rapprochaient...

Et puis... Tout s'arrêta. Les piques, le sol, tout. La panique qui s'était progressivement emparée de la jeune femme s'apaisa peu à peu, une fois qu'elle eut remarqué que le labyrinthe avait bel et bien cessé de vouloir absolument la tuer. Un bon point pour Einar. Sauf qu'il y avait encore la corde. La corde à monter, s'entend. La corde, et la fatigue, et l'essoufflement, et le découragement. Et la rage, aussi. Toujours. Ce fut cette dernière qui lui permit de tenir. Après tout, elle avait une revanche à prendre.

La Teylus n'aurait su dire au bout de combien de temps elle atteignit la plate-forme. Longtemps, sans doute. Cela faisait un bon bout de temps qu'elle avait perdu le décompte des secondes et des minutes. Lorsqu'elle s'écroula enfin sur le replat surélevé, haletante, elle parvint à peine à ramper jusqu'à la fenêtre et à se relever pour en enjamber le châssis. Elle ne sut exactement comment elle fit pour regagner la terre ferme, les jambes tremblantes et sans doute aussi rouge que si elle avait fait vingt fois le tour du parc en courant. Après avoir apposé ses doigts douloureux sur l'herbe fraîche de rosée et s'en être tamponné le visage, elle réussit à se remettre debout pour rejoindre Einar dans la salle de contrôle. Chancelante, elle hésita un bref instant sur le seuil en se rendant compte que l'intérieur de labyrinthe était parfaitement vide, à nouveau vierge de tout obstacle – crevasses, pointes et corde avaient disparu, comme si rien de tout cela n'avait jamais existé hors de son imagination. Espèce de sale hypocrite.

Son ami se retourna pour lui faire cadeau d'un sourire qu'elle interpréta d'abord comme soulagé qu'elle ait finalement réussi à sortir vivante de cet enfer – et ce n'était pas que grâce à lui, hein – avant qu'il ne prenne la parole sur un ton fier qui l'horripila. Kloa grimaça et lui renvoya un regard noir.


- Ben ouais. Je veux dire, évidemment. Ça va de soi, non ?

Ses yeux effleurèrent le tableau de commande et elle fronça légèrement les sourcils.

- Par contre, cette fois, c'est toi qui règles ce machin. J'exige une seule chose : un duel.

Elle réfléchit encore un moment et, à la vision de Bomon, une nouvelle idée lui vint. Un sourire machiavélique se forma sur ses lèvres. Cette fois, Einar ne pourrait pas la battre si facilement.

- Et je veux que ce soit le labyrinthe qui nous fournisse les armes, aussi. Une fois à l'intérieur, c'est lui qui doit nous donner une épée, une hache, un sabre ou quoique ce soit d'autre. On n'a pas le droit de choisir nous-même le type d'armement dont on va se servir ni d'avoir notre propre arme avec nous. D'accord ?

De toute manière, il n'avait pas le choix. Et puis, alors qu'il se retournait d'un air pas très content vers les leviers et les boutons, une pensée se fraya lentement un passage dans son esprit et elle ajouta, un peu à contrecœur :

- Au fait, Einar ?

Le garçon tourna la tête par-dessus son épaule. Un silence.

- Merci.

Là-dessus elle sortit de la salle de contrôle d'un pas décidé, le laissant se débrouiller avec les réglages à bidouiller tandis qu'elle-même allait chercher la gourde à moitié pleine qu'elle avait eue la bonne idée d'emporter pour leur entraînement matinal – qui ne faisait que commencer.


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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Jeu 24 Avr 2014 - 23:03

Régler le labyrinthe tout seul… la tâche lui paraissait dantesque. Pour sauver Kloa, il avait appuyé un peu au hasard sur les boutons qui avaient l’air menaçants, gros, rouges et qui signifiaient généralement « on arrête tous, c’est la catastrophe ». En revanche, la console, avec tous ses leviers de bois et ses étiquettes de parchemin, ne comportait pas de bouton « duel avec le labyrinthe qui choisit les armes ».
De même, l’idée d’un duel contre Kloa l’enchantait autant que si un Raï lui avait proposé d’être son cavalier pour un tango. Pas qu’il ait quoi que ce soit contre les tangos, c’était un truc de princes et de princesses, mais… Kloa, quoi. Et puis elle était de suffisamment mauvaise humeur pour lui rouler dessus. Une chose qu’on pouvait dire de manière certaine sur Kloa, c’est qu’elle était zélée. Presque trop, puisqu’elle ne retenait jamais ses coups et qu’elle était relativement impitoyable en combat. En particulier contre les anciens, comme si elle voulait prouver que c’est pas parce qu’elle était arrivée un peu plus tard à l’Académie qu’elle ne savait pas se battre.
Ca, se battre, il l’avait vue, et .. gloups. Avec Bomon en main, il aurait été plus confiant. Son sabre devenait de plus en plus familier au fil des semaines et des mois, il connaissait sa balance, son poids, il avait l’allonge en tête, il était entrainé avec. M’sieur Guidjek les entrainait toujours avec un tas d’armes différentes pour leur apprendre à combattre dans n’importe quelle urgence, mais Einar choisissait toujours les sabres d’entrainement dès qu’il avait le choix.

Le jeune chantelame était plongé dans l’étude de toutes ces choses à lire qu’il déchiffrait tant bien que mal quand Kloa l’interpella dans son dos, et le gratifia d’un merci qui laissa Einar pantois pendant plusieurs secondes.
Wow.
Kloa lui avait dit merci.

Le choc aurait été un peu moins violent si le Raï lui avait demandé sa main en mariage après le tango. Diantre. Il se serait presque envolé sur place. Kloa lui avait dit merci. Kloa, qui ne disait jamais un mot de trop, et certainement pas pour remercier les gens qui avaient manqué de la tuer.

Remis en confiance par ce simple petit mot, Einar ne mit pas si longtemps que ça à trouver comment mettre le labyrinthe en mode duel. En soi, ça revenait à éteindre la plupart des fonctionnalités (dont un bouton noir assez dramatique qui ne possédait pas d’étiquette et sur lequel il n’avait aucune envie d’appuyer). Pas le mode peur, pas le mode parcours, juste une salle… pas complètement vide. Ce serait plus fun s’ils pouvaient se servir de leur environnement, genre tourner autour de colonnades, sauter derrière un fossé ou renverser des rateliers d’armes. Sa spécialité.
Choix des armes, choix des armes… trouver un mode qui permette de mettre une seule arme en aléatoire sans avoir le choix. Pas trop dur. Ce qu’Einar redoutait, c’était ce que le labyrinthe considérait comme arme. M’sieur Guidjek leur disait toujours « tout est une arme, dans la main d’un bon guerrier. Je pourrais tuer chacun de vous avec une cuiller en bois si l’envie m’en prenait. »

Prêt.

Einar revint –les mains vides- dans la salle de duel où Kloa s’échauffait déjà.

- Euh… pas un duel à mort, hein ? J’ai rien mis de spécifique dans les contrôles, mais j’préférerais si on devait pas se tuer. Sourire pas trop assuré. Au premier sang, si on a des armes qui tranche, ou au premier qui assomme un peu l’autre ?

Plus qu’à espérer qu’il se retrouverait pas avec une cuiller en bois… sinon il dirait « Je le veux » au Raï plutôt deux fois qu’une.

Du sol du labyrinthe, deux coffres apparurent, fermés, de chaque côté de la salle, et Einar se dirigea vers le plus proche du sien. Pitié pas à Serpentard, pas à Serpentard pas une cuiller en bois, pas une cuiller en bois, pas une cuiller en bois…
Par les baloches du dragon.

Une hache à double tranchant. Tranchants volontairement émoussés, certes, mais.
Enorme.
Plus grande que lui.
En la sortant du coffre, Einar parvint à peine à la redresser. Tous ses réflexes étaient faux – il avait l’habitude des armes à une main, à s’équilibrer avec l’autre, à se fendre et pirouetter parce qu’il était plus rapide que fort…
Maladroitement, Einar saisit le manche en bois poli et dressa le métal à hauteur de visage. Essayer de la faire tourner lui dévisserait probablement les vertèbres.. Un instant, le jeune homme se demanda si M’sieur Frandrich avait pas égaré sa hache dans le labyrinthe.

Le jeune chantelame se retourna, en essayant de mettre une grande partie du bois de l’arme immense sur ses hanches, prêt à affronter Kloa.

- ... Wow.
[i]

Et ce qu’il vit que le labyrinthe avait choisi pour Kloa le fit pâlir et manqua de le faire rire jaune.
Il allait se faire rouler dessus.
( J’suis complètement désolée pour le retard @@ c’est impardonnable )


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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Dim 4 Mai 2014 - 17:38

Kloa était déjà en train de s'échauffer dans la salle de duel préparée par le Labyrinthe lorsqu'Einar la rejoignit, d'apparence pas très assurée. Il lui décocha un sourire légèrement crispé avant de s'assurer qu'ils s'arrêteraient dès que l'un des deux serait un peu blessé ou assommé et la jeune fille acquiesça en soupirant, se retenant pour ne pas lever les yeux au ciel. Certes, parfois, elle se sentait agacée par la maladresse du garçon – mais tout de même pas au point de vouloir sa mort. Sans compter qu'elle savait pertinemment qu'Halina et Astragal ne lui auraient jamais pardonné si elle s'avisait un jour de tuer le Teylus par mégarde.

À cet instant, deux coffres en bois surgirent du sol, et la guerrière supposa qu'ils contenaient les armes qu'ils devraient utiliser lors de leur duel. Après un infime moment d'hésitation, elle se dirigea vers celui qui semblait être le sien ou qui, en tout cas, était le plus proche d'elle. Elle vit du coin de d'œil Einar faire la même chose de son côté, se mordillant la lèvre avant de se décider à ouvrir son coffre. Alors, la jeune femme se concentra sur sa propre caisse et tendit la main. S'empara du couvercle.

Et manqua le relâcher sur ses pieds.

Bon, il était vrai qu'elle n'avait pas beaucoup réfléchi à l'arme que le Labyrinthe lui proposerait. Sans doute s'était-elle attendue à un type d'armement assez classique tel qu'une épée, un sabre ou, à la limite, une hache ou une lance – voire même un de ces fouets dont les Thülls raffolaient tant. Mais ça ?

Les yeux exorbités, elle ne pouvait détacher son regard de l'objet qui reposait à l'intérieur du coffre. Elle qui ressentait une méfiance assez suspicieuse à l'égard du Labyrinthe depuis qu'il avait essayé de l'assassiner un peu plus tôt était à présent définitivement fixée : il était carrément fou. Fou ou bien complètement vicieux – au choix.

La combattante finit par se décider et tendit le bras, refermant ses doigts sur le manche policé de l'arme. Rien ne se produisit – ni trou dans le sol, ni effondrement du plafond, ni explosion, ni mise en mouvement des murs. Bien. C'était déjà ça. Alors, la Teylus s'en empara totalement et la sortit précautionneusement du coffre afin de la lever à hauteur de son visage.

Un fléau.

Voilà tout ce que ce satané Labyrinthe avait trouvé de mieux à lui offrir.

Un fléau.

Et bien dans les règles, en plus. Manche de bois lisse, chaîne métallique et, pour compléter le tableau, une énorme masse sphérique munie de pointes de fer légèrement émoussées. Le genre d'arme que Kloa n'avait jamais vu qu'en dessin et dont elle ignorait jusqu'alors que certains en avait encore l'utilité. Mais, surtout, elle ne savait absolument pas comment s'en servir.

Ce fut au terme de ces réflexions fort peu réjouissantes que la jeune fille se retourna enfin, les mains crispés sur sa récente acquisition, curieuse de savoir de quoi Einar aurait hérité. Et, le moins que l'on pût dire, c'est qu'elle ne fut pas déçue. La hache de guerre à double tranchant que le jeune homme serrait entre ses doigts n'aurait certainement pas choqué à la taille du forgeron ou dans le dos de leur Primat et maître d'armes. Celui-ci pâlit à sa vue et Kloa put comprendre que la vision d'un fléau hérissé d'épines ne fût pas des plus rassurante. Cependant, elle-même affichait bien plus d'assurance qu'elle n'en ressentait en réalité et, l'espace d'un instant, elle se demanda si elle n'aurait pas plus de chance de gagner en combattant à mains nues. Douée comme elle l'était, elle allait certainement trouver le moyen de s'assommer avec sa propre arme. Il ne lui restait plus qu'à espérer qu'Einar trébucherait/se ferait tomber sa hache sur les orteils/se casserait un ongle avant. Alors, sur cette pensée quelque peu réconfortante, la jeune femme s'élança en direction de son adversaire.

Le début du duel se déroula dans une sorte de flou assez artistique. Kloa faisait de son mieux pour éviter de s'éborgner avec sa masse tout en attaquant Einar tant bien que mal tandis que ce dernier parait ses coups et ripostait autant que possible. Les deux adversaires, guère habitués à l'instrument de guerre qu'ils maniaient, devaient recalculer tous leurs réflexes. En effet, l'apprenti chantelame combattait d'ordinaire avec des armes à une main et semblait en plus gêné par la masse de sa hache. De son côté, si la Teylus était davantage habituée à jouer sur sa force plutôt que sur sa vivacité, elle était tout de même entraînée par le poids du fléau dès qu'elle portait un coup trop violent et ne devait qu'aux hésitations de son coéquipier de ne pas s'être encore faite décapitée par la lame à double tranchant qui la menaçait.

Pourtant, au fur et à mesure que le duel continuait, Kloa se sentait de plus en plus confiante et assurée. Ses attaques devenaient au fur et à mesure de leur confrontation moins instinctives, plus réfléchies, la violence de ses coups lui paraissait plus calculée, ses mouvements moins désordonnés. Désormais, l'apprentie guerrière combattait avec un but bien précis : désarmer Einar. Le premier sang ou la première bosse revendiqués par le jeune homme n'étaient pas encore parvenus et, hormis quelques égratignures, la jeune fille estimait s'en sortir à plutôt bon compte. Elle avait appris comment rester hors de portée de la hache tout en tentant de la faire voler des mains du Teylus et profitait de la longueur de son arme pour prendre un léger avantage sur ce dernier. Il se fatiguait, elle le voyait, et redoublait d'autant plus d'effort pour le faire reculer contre l'une des parois de la salle de duel. Quand elle aurait réussi à l'acculer contre un mur, la partie serait pratiquement terminée, elle le savait. Terminée – et gagnée.

Et puis... Et puis. Le coup bas – dans tous les sens du terme. Alors qu'Einar avait plutôt jusque là privilégié les frappes hautes, visant à hauteur de son buste ou de son torse, il se baissa tout à coup pour lui porter un coup au niveau des jambes. Si Kloa parvint à sauter en arrière, esquivant l'attaque de justesse, elle fut en revanche déséquilibrée par son fléau et, avec la grâce et la délicatesse d'un Raï qui tombe sur les fesses, s'écroula dans le sable qui tapissait la salle de duel. Assez lamentablement, il faut bien l'avouer. L'espace d'une seconde, elle demeura sur place, un peu sonnée, en se demandant pourquoi elle se trouvait allongée dans la poussière, avant de se souvenir des paroles de son ami : « Au premier sang, si on a des armes qui tranchent, ou au premier qui assomme un peu l’autre ? » Aux dernières nouvelles, elle n'était ni l'un ni l'autre. Alors, elle redressa légèrement, très légèrement la tête – juste assez pour observer Einar se pencher sur elle et constater que son fléau avait atterri à plusieurs mètres d'elle. Trop loin pour qu'elle songe à aller le récupérer. De même, elle ne se voyait pas se relever juste devant son compagnon armé de sa gigantesque hache briseuse de têtes. La jeune fille reporta son attention sur le sable et fit à cet instant la première chose qui lui passait par l'esprit : se mettant en boule, elle roula sous les jambes de son camarade.

À son plus grand étonnement, sa tactique fonctionna. Einar, trop surpris pour réagir, se retourna une fraction de seconde trop tard. Entre temps, la jeune femme avait sauté sur ses pieds et, se désintéressant complètement du fléau à terre, s'était mise à courir. À l'opposé de son adversaire. Là encore, celui-ci se lança à sa poursuite avec un peu de retard, sans doute stupéfait par sa fuite. Sauf qu'elle avait un plan. Sans ralentir sa cadence, Kloa jeta un regard d'ensemble à la salle de duel avant d'opter pour un fossé situé sur sa droite derrière lequel elle se réfugia, se dérobant ainsi un moment à la vue d'Einar. Toujours abritée derrière le léger renflement, la jeune fille changea alors de direction pour se hisser sur un muret situé juste derrière une large colonne. Avec un peu de chance...

Oui. Elle entendit Einar avant que ce dernier ne parvienne dans son champ de vision. Rouge, essoufflé et échevelé, il trottinait en lançant autour de lui des coups d'œil scrutateurs, sa hache à la main. Mais le malheureux ne pensa jamais à lever la tête. Lorsqu'il arriva finalement en-dessous de sa colonne, la jeune femme sentit ses muscles se raidir, son regard se rétrécir jusqu'à ne plus distinguer qu'un seul et unique point. Alors, avec un cri sauvage, elle se laissa tomber sur lui.

Ils allaient enfin commencer à s'amuser.



[Je serais, je crois, assez mal placée pour te faire des reproches là-dessus o/ J'espère vraiment que ça t'ira !  Naif ]


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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Mar 2 Déc 2014 - 4:00

[je n'ai pas d'excuses... *tend un cookie virtuel*]

Woh.
Woh woh woh.
Ouh pétard.

Pendant un moment, Einar ne put que contempler ce qui pendait et se balançait au bout de la chaine, comme un pendule fatidique qui allait lui défoncer les cotes. Ou le crane. Ou les deux à la fois.
Ça cliquetait, ça grinçait, ça avait un air menaçant, comme des banines retroussées.
Ca avait des piques. Ça avait beaucoup de piques, et de là où il était, il n'était même pas sur que les piques soient émoussés ou mouchés par des boules de tissu.

Le jeune chantelame n'était même pas sur de ce qu'on pouvait faire avec ce genre d'outil. Enfin d'arme. La chaine avait l'air longue, le manche pas tout à fait assez long. La boule avait l'air extrêmement lourde. Il connaissait pourtant des armes qui utilisaient des chaines, ils avaient vu en cours de combat deux batons de la taille d'un avant-bras reliés par une chaine, et il avait bien aimé. Ca privilégiait la vitesse, l'agilité, c'était léger et pourtant ça faisait putain de mal quand ça fouettait.

Mais ça?
Ca avait pas l'air de pouvoir se balancer, se fendre, se faire tourner à travers les bras, ça tranchait pas, c'était pas aussi prévisible qu'une grosse hache comme ce qu'il avait, et ils avaient jamais vu ça en cours. Kloa avait pas l'air d'en savoir beaucoup plus de lui, et il y eut quelques secondes de blanc où elle se contenta de le faire légèrement pendre et balancer pour en tester la portée et l'inertie.

Einar en profita pour se reconcentrer un peu et essayer malgré tout de trouver le point de balancier de son énooooooorme hache, et la manière dont il pourrait s'en servir, la manière de creuser le coude dans sa propre hanche pour faire levier.

Il ne fallait surtout pas céder à la panique parce qu'ils combattaient hors des sentiers battus. C'était ça le but de l'exercice après tout et il fallait qu'il en tire un maximum, qu'il essaie de réfléchir et d'appliquer ce qu'il connaissait. Ils avaient eu quelques cours pour apprendre à se défendre contre des armes inconnues, contre des ennemis à la technique inconnue ou imprévisible. Sauf que lui, il savait qu'il avait toujours un peu de mal, que quand ils combattaient à arme choisie, il prenait toujours un sabre même s'il aurait fallu varier et se diversifier. Et puis Tifen le faisait toujours combattre au sabre parce que selon elle, il fallait qu'il prenne le réflexe de toujours avoir son sabre sur lui ou à portée de main, de le considérer comme une extension de lui-même. Et effectivement, il se sentait régulièrement tout nu ou démuni sans le poids de son arme sur la hanche droite, la légère pression de la ceinture, le cliquetis a chaque pas.

Et puis Kloa avanca sur lui, et Einar arrêta complètement de réfléchir et essaya de ne faire qu'un avec son énooooooooooorme hache.

Et c’était vraiment pas super beau à voir. Ils avaient tous les deux l’élégance d’un Raï enrhumé, la souplesse d’un Ts’liche paraplégique et l’elasticité d’un ours élastique rhumatisant. Einar était épuisé après plusieurs frappes. Faut dire qu’il avait l’idiotie de taper le plus haut possible à chaque fois, en se disant que la gravité l’aiderait à pourfendre son ennemi si jamais il le touchait, alors qu’il aurait du faire des passes basses et circulaires.
Le problème, c’est que Kloa commençait à comprendre le fonctionnement de son arme, et même si elle était pas gracieuse, elle devenait dangereuse.
Et il y n’y avait rien de plus terrifiant que Kloa quand elle était dangereuse.

Evidemment, il avait fait totalement exprès de réussir cette passe basse, hein. Genre totalement. C’était pas du tout du au fait qu’il n’arrivait plus à soulever sa hache plus haut que son nombril parce qu’il avait mal aux bras, ni au fait qu’il s’était déséquilibré tout seul et que du coup la hache avait fait un énorme arceau autour de ses hanches.
Totalement sous contrôle. Et le pire, c’est que ça marcha beaucoup mieux que tout ce qu’il avait tenté jusqu’alors, parce que Kloa se vautra par terre avec la magnificence d’un siffleur mort.
Le coup de grâââââââ—

Kloa venait de disparaitre de par terre.
Pétard. Mais d’où ?!

Einar vit le fléau – à plusieurs mètres à l’autre bout de l’arène- avant de retrouver Kloa qui s’était mise à courir pour s’enfuir.

- Reviens-la espèce de bouse de Coureur !

Mais il avait un temps de retard, et il eut beau courir derrière elle pour la rattraper, quand il tourna derrière une colonne là où elle avait disparu, il la perdit à nouveau de vue. Respirant comme un soufflet de forge.
Partout où il chercha, il ne la trouva pas. Pas dans le fossé où il pensait qu’elle se serait tapie, pas derrière le muret où elle aurait pu s’accroupir, pas sous le fléau où, par miracle, elle aurait pu se planquer…

Einar sursauta et poussa un cri aigu comme une fille en entendant le rugissement de l’animal qui se jeta sur lui depuis les hauteurs de la salle, et les deux guerriers couverts de sueur roulèrent à terre, Kloa fermement accrochée dans le dos d’Einar pour l’empêcher de se débarasser d’elle.
Technique de la tortue sauvage et philosophique, ou quelque chose comme ça.

Dans la mêlée, Einar fut obligé de lâcher sa hache parce qu’elle le gênait plus qu’autre chose, et parce que l’espèce de monstre sauvage qui lui broyait le torse avec les jambes. Et cette saleté en profita pour lui foutre un coup de poing dans les machoires qui lui fit voir des dizaines de siffleurs colorés.
Pas s’évanouir pas s’évanouir pas s’évanouir pas perdre pas perdre pas perdre.
Le chantelame se hissa lentement sur ses genoux, puis à nouveau debout, et ce qu’il vit le cloua sur place pendant une demi seconde.

Sa camarade Teylus avait refermé les mains sur le manche de la double hache.

Et Kloa avec une double hache, ça avait quelque chose de terrifiant. Genre ENCORE PLUS TERRIFIANT que Kloa dangereuse.
Terrifiant surtout parce qu'elle avait l'air d'avoir tenu une énooooooooorme hache toute sa vie. Elle avait carrément moins de difficulté que lui à la faire tourner, à la soulever, et elle correspondait manifestement mieux à ses réflexes que lui, lui qui misait tout sur sa vitesse pour compenser son manque de force et de précision.
Il fallait qu'il soit plus intelligent qu'elle.
Huhu.
Et ça commença par fuir.

Fuir hors de portée, mettre à nouveau des meubles entre eux, s'adapter au labyrinthe qui changeait l'environnement de manière aléatoire, ramasser le fléau d’armes au détour d’un dérapage même s’il avait aucune idée de quoi en faire.
Elle se mit à faire tourner sa hache, lentement, les mains sur le point de rotation du manche, à gauche, puis à droite, en grand huit mortel.

Il savait parfaitement ce qu'elle faisait.
Ca empêchait pas que ça marchait : Ça le terrifiait, et ça le déconcentrait.
Le pire c'est qu'elle avait l'air de savoir la manier, sa hache. C'était probablement pas le cas et elle galérait autant qu'il avait galéré, mais elle le montrait pas, et prendre l'air d'un expert c'était le meilleur moyen de faire à l'autre qu'on l'était.
De la pure esbroufe, du pur bluff pour impressionner l'ennemi et déployer des exploits de force et d'adresse pour le fausser sur ses capacités. M'sieur Guidjek leur avait montré ça, même si m'sieur Guidjek terrifiait probablement ses ennemis rien qu'en souriant.

Note.
Quand Kloa souriait en faisant tourner une double hache comme elle ferait une omelette...

Perché sur un pilier comme un pigeon en dehors de portée de la hache, jambes nouées autour du bois, le chantelame observa son arme et l'observa de tous les cotés, pour au final en conclure la même chose que son premier réflexe.
Il s'en sortirait mieux en la prenant par les piques comme une vache et en se servant du manche pour taper sur Kloa.
Laquelle était en train de l'insulter copieusement du bas du poteau pour le faire descendre, tout en donnant des coups d'épaule et des coups de hache pour briser son abri et le faire tomber.

Et puis soudainement, Einar se laissa tomber, parce qu'il pouvait pas éviter le combat éternellement. Le petit crétinus manqua cependant de se vautrer parce qu'au moment où il vrilla pour atterrir, la Teylus lui envoya un coup de pied directement dans le ventre. Et splat par terre.
Et SCHLOIINK la hache qui s'écrasa par terre pour le fendre en deux, sort qu'il n'évita qu'en roulant comme un ver de terre.

Le combat durerait pas éternellement. Ils étaient tous les deux en nage, tous les deux énervés, tous les deux oubliant de retenir leurs coups, tous les deux en train de grogner et de s'insulter et d'avoir envie de se tuer plutôt deux fois qu'une.
Et il avait aucune chance de gagner. Pas avec sa mentalité de chantelame, de chevalier, de guerrier.

Fallait s'faire soldat. Genre Chair à Raï. Fallait s'faire chair à canon, bras mécanique et outil jetable.
Et crever utilement. Il avait perdu son sabre, il avait une arme à la con, il était contre quelqu'un de plus fort, un colosse absolument terrifiant. Il pourrait pas ne pas crever, mais il pouvait emporter Kloa avec lui.

C'était complètement contre tous les réflexes de survie et les instincts de fuite.
Et quand Kloa se tordit comme le diable, toutes articulations hurlantes, pour le fendre en deux d'un seul coup dans les  tripes, Einar se laissa (mal) trancher, laissa ses cotes amortir le choc (mal) et ses poumons se couper sous l'impact (bobo.). Parce qu'il le fallait, que ça lui permettait de coincer le manche de la hache avec la chaine et le manche de son fléau d'armes, ça lui permit de tirer le manche vers lui et de poser les mains sur les mains de Kloa, et de les refermer sur ses poignets, de la faire glisser sur son propre manche de hache, de l'amener contre lui.
Pour qu'elle s'y empale aussi, et qu’elle se mette à saigner aussi.

Comme deux amants l'un contre l'autre. Mais version insultes de poissonnier, tripes à l'air, énoooooooooorme hache, grognements pas sexy du tout, et énoooorme bleu dans les cotes des deux Teylus.

Plusieurs minutes de "onkr, j'te déteste, soufflements de forge, va crever la gueule ouverte dans les égouts, les fléaux c'est de la merde, c'toi la merde, c'toi l'fléau, j'ai mal aux cotes, bien fait pour ta face de rai, j't'ai tué en premier, non c'est moi, tu saignes plus fort que moi d’abord, j’t’emmerde t’as saigné le premier » plus tard, Einar se releva péniblement de sa position de loque tripes à l'air.


- J'capitule. T’as gagné.
Il peinait à reprendre sa respiration. Tin, j'sais pas ce que tu fais à te battre avec une épée, la Dame a créé les haches à deux mains en pensant à toi et ta délicatesse innée. Tu d'vrais songer à changer d'arme principale.

Il savait pas quelle heure il était ni combien de temps ils avaient passé à se taper dessus dans le labyrinthe ou si le déjeuner était déja passé. Mais quelle que soit l'heure, il était clairement l'heure de la douche.
Surtout pour Kloa, hein, lui il était frais comme un gardon. A l'évidence. C’est elle qui puait.

Par curiosité, Einar emporta le fléau d'armes avec eux quand ils sortirent du labyrinthe, quitte à... L'emprunter pour quelques temps. Pour études. Hein. L'arme lui semblait tellement incongrue, tellement bizarre et malaisée et inférieure à toutes les autres formes d'armes. Faudrait qu'ils demandent à M'sieur Guidjek comment on s'en servait vraiment, à l'occasion.


- Tu penses que tu t'battras toute ta vie, toi ? Genre comme Halina, qui veut entrer à la Légion Noire et devenir officier et faire des missions pour l'Empereur. Fin, que... Que ça soit le truc pour l'quel tu voudrais qu'on te paie, qu'on te reconnaisse tuer des gens ou leur taper dessus?


Elle lui lança un regard perplexe et il essaya de développer.


- J'me dis, et si les rais revenaient jamais vraiment ? Si y'avait pas besoin qu'on sache tous se battre et qu'on ait une armée suffisamment grande pour empécher les Ts'liches de revenir nous asservir. Que du coup, ben y'ait que des gens de l'empire à tuer et taper. Qu'on s'fasse la guerre les uns contre les autres, parce que y'a trop de gens qui savent se battre et pas assez d'ennemis à partager. Y parait que les Seigneurs voudraient se battre entre eux, surtout depuis la mort de l'Empereur, que si ça s'trouve on demanderait aux gens de se battre contre leurs voisins.


Il se gratta la nuque, pas sur que Kloa voie où il veuille en venir.


- Si se battre, c'est tout ce qu'on sait et veut faire, on f'ra quoi, l'jour où faudra qu'on s'tue vraiment ? T'imagines devoir tuer des gens de Teylus parce que l'honneur ou le devoir te le demande, que un Seigneur veut conquérir un autre et qu'on a des allégeances différentes ? Les Seigneurs, y voudraient peut-être pas se conquérir entre eux si y'avait aucun combattant et que.. Genre des tisserands, des aubergistes, des pêcheurs. On aurait plus à s'tuer, non ?



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Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham | Shannon Seng
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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Lun 19 Jan 2015 - 14:05

Note : la prochaine fois, éviter de tomber sur Einar. Parce que, question amortisseur, on pouvait trouver mieux. À la limite, elle avait presque préféré sa chute du haut du mur d'escalade. Cependant, elle ne lâcha pas prise et, toujours fermement accrochée aux épaules du garçon comme devait l'être une huître à son rocher, roula avec lui dans la poussière. Pas qu'elle se comparât une seule seconde à une huître, évidemment.

Après cette confuse mêlée de bras, de jambes, de mâchoires qui craquent, de coups qui se perdent et de poings qui fusent, la jeune fille finit par réussir à se dégager péniblement des membres de son adversaire – par la Dame qu'il pesait lourd, ce corps ! – et à se rétablir sur ses pieds en vacillant. Ce qu'elle vit alors la cloua sur place.

Une. Hache.
Non.
LA. Hache.

À plusieurs mètres d'un Einar avachi au sol et qui semblait peser le pour et le contre entre faire le mort ou s'évanouir pour de bon. Sans oser croire à sa chance, la Teylus se précipita dans sa direction. Moins maniable qu'elle ne le pensait. Mais plus légère qu'elle ne l'avait craint. Quand son camarade se décida enfin à passer du stade d'espèce en voie d'extinction à celle d'ours élastique sortant d'hibernation, elle était prête.

Et de fuir – à nouveau. Bon, c'était pas comme si c'était elle qui avait pris ses jambes à son cou la première, hein. Mais elle, au moins, c'était pour la bonne cause. Elle avait, genre, un plan. Qui tenait à peu près la route, puisqu'elle avait réussi à prendre l'arme de l'apprenti chantelame. En tout cas, qui ne consistait pas à partir en courant en évitant du mieux possible les nouveaux obstacles que le labyrinthe faisait surgir aléatoirement sur son passage en traînant derrière elle un fléau de trois tonnes cinq. Cela ne l'empêcha pas de le suivre – parce qu'elle n'avait pas grand-chose d'autre à faire – et de piler net en s'apercevant que le lâche avait trouvé refuge en haut, tout en haut d'un pilier. Eh ! C'était son idée, ça. Elle le surveilla d'un œil méfiant tout en se familiarisant avec sa hache, jusqu'à ce qu'il finisse pas se dire qu'il valait mieux périr en combattant que se dessécher en haut d'un stupide poteau de bois – poteau qui n'aurait d'ailleurs pas survécu éternellement, sous les coups répétés de sa nouvelle arme.

Et ils se retrouvèrent exactement dans la même position qu'au début de leur affrontement – sauf que c'était maintenant Einar qui avait le fléau, et elle la double hache. En plus énervés, en plus transpirants, en plus grommelants, aussi – et encore, grommelants, elle était gentille. Et puis, la jeune femme ne comprit pas exactement ce qui se passa. Elle se sentit tout à coup attirée vers le garçon, comme si son arme lui glissait des mains. Jusqu'à se retrouver quasiment collée contre lui et empalée à sa propre lame, par la même occasion. Le traître. Elle essaya bien de s'extirper de la masse compacte que leurs deux corps formaient, mais ils étaient trop emmêlés l'un l'autre, avec leurs armes par-dessus le marché, pour que cela fonctionne. Ils étaient donc bloqués. Et elle n'avait pas l'intention de céder la première.

Ce qu'Einar dut finir par réaliser puisque, au bout de plusieurs minutes d'échange verbal, il déclara forfait. Et ajoutant qu'elle avait gagné. Kloa ne releva pas, trop occupée à reprendre son souffle, mais elle savait pertinemment que le combat n'avait eu ni vainqueur ni perdant à proprement parler. Simplement des gens qui s'en étaient sortis avec plus ou moins de bosses, de bleus ou d'éraflures – et d'amour propre. Einar rajouta quelque chose en laissant échapper un soupir digne de l'animal grégaire auquel il ressemblait en cet instant, et elle lui donna un coup de coude.


- Moi, au moins, j'ai pas la tête d'un bœuf qui vient de s'empoisonner aux piments rouges.

Puis ils sortirent du labyrinthe – Einar avait conservé le fléau pour le montrer au prof, elle ne fit aucun commentaire – et, une fois qu'elle se fut un peu rafraîchie avec l'eau de la gourde et que son ami l'eut rejointe, elle constata qu'il était un peu moins écarlate que quelques minutes auparavant. Finalement ils quittèrent les lieux pour de bon et, comme à son habitude, Einar prit la parole dès les premiers mètres.

Il eut en réponse à son interrogation un regard chargé de perplexité, et il essaya de de s'expliquer davantage. Kloa l'écouta sans l'interrompre, un peu incrédule devant ce raisonnement qui lui semblait quand même légèrement tarabiscoté. Elle connaissait les armes, elle aimait se battre – ça lui paraissait régler la question. Et elle n'allait pas en faire toute une histoire si, un jour ou l'autre, elle devait régler leur compte à de véritables êtres humains, et non pas des mélanges de sangliers et de phacochères. Mais, cela, son camarade avait visiblement du mal à le comprendre.


- J'pense que ce s'rait un peu illusoire de penser que c'est parce qu'y a des gens qui font la guerre qu'y a des affrontements. Perso, j'crois qu'c'est plutôt parc'qu'y a des luttes que certaines personnes sont obligées de prendre les armes, tu comprends ? Or, pour moi, les hommes sont tout sauf des êtres pacifiques. Il leur faut des bagarres, des trahisons, des rapports de force, des dominés et des dominants. Tout le temps. Sout'nir le contraire serait un mensonge ou une utopie. Et tant qu'y aura des humains, y'aura des morts pas nettes. Alors, dans ce cas, qu'il n'y ait qu'des pêcheurs, des paysans ou des aubergistes n'y chang'rait rien, tu crois pas ?

Elle n'était pas sûre qu'Einar ait suivi son raisonnement, aussi elle reprit en ralentissant un peu le pas :

- J'dis pas qu'c'est bien, hein. J'pense juste que c'est comme ça, on n'y peut rien. Y'a p't-être des personnes plus ou moins agressives, plus ou moins violentes, mais dans le fond, ça reste à peu près la même chose partout. Que ça soit entre les Seigneurs ou avec les Raïs.

La guerrière s'interrompit un moment. Il était vrai que son constat n'était pas spécialement optimiste, mais elle était profondément convaincue de ce qu'elle affirmait. Elle l'avait suffisamment appris au contact des Thüls. Certes, elle croyait aussi à l'amour, à l'amitié, à la solidarité, à la fraternité qui pouvaient exister entre les hommes. Mais, de tout temps, il s'étaient réunis en clans, en groupes, en familles, s'inventant des alliés et des adversaires, des ennemis et des partenaires, des complices et des bouc-émissaires – Humains contre Raïs ou contre Ts'liches, Thüls contre Frontaliers. Et, à son sens, ce n'était pas l'arrêt de l'utilisation des armes qui résoudrait le problème puisque cela relevait de la nature, de l'essence-même de l'humanité. Supprimez les épées, les hommes inventeront la flèche.

- Pour répondre à ta première question, ouais, plus tard, j'me vois pas trop travailler dans un autre domaine que celui-ci. Ou alors simplement quand je serai très très très vieille – si j'arrive jusqu'à cet âge – mais je supporterais pas de pas bouger, tu vois. Y'm faut d'l'action, d'la nouveauté. Des défis.
Elle esquissa un sourire. Au début, j'avais aussi envie d'intégrer la Légion Noire. Faire des missions, être au service de l'Empire, tout ça. Mais finalement... Elle hésita, se mordillant la lèvre. Finalement, j'sais pas trop où j'en suis, maint'nant. Parce que si ça m'séduit toujours autant, j'suis plus aussi sûre qu'ça soit vraiment un endroit... fait pour moi. Surtout du point d'vue d'la discipline, en fait. Déjà qu'j'ai du mal avec les règles de l'Académie...

Ceci dit, même si elle ne rejoignait pas les rangs de la prestigieuse Légion Noire, les perspectives demeuraient multiples. Tant que l'inconnu et l'aventure étaient au rendez-vous, elle était ouverte à tous les possibles, et son horizon n'avait jamais été aussi clair.

- Mais, après, j'ai pas non plus envie qu'ça m'contraigne, tu vois ? J'veux pouvoir m'épanouir, continuer à me développer, jamais cesser d'évoluer. Et faire des choses parce que je pense qu'elles sont justes, pas parce qu'on me l'ordonne. Mon honneur, mon devoir, comme tu dis, c'est d'abord à moi qu'ils appartiennent. Et j'veux pas qu'y ait des gens qui me disent c'que j'dois faire sous prétexte qu'ils sont plus haut placé que moi, plus riches ou mieux vus. Tout est une question de dosage, tu comprends ? Ça m'dérange pas d'obéir à quelqu'un d'autre, tant qu'j'ai l'impression que c'que je fais va pas à l'encontre de ce que je suis. Tuer d'autres êtres humains – des inconnus, des malfaiteurs, des gens mauvais – d'accord. Tuer des gens que j'aime, que je respecte, qui n'ont jamais rien fait de mal, qui sont simplement sous les ordre de quelqu'un d'autre... Non. C'est pas ça, l'honneur, le vrai. Je sais pas comment expliquer...
Sans s'en apercevoir, elle avait commencé à jouer distraitement avec le bracelet rouge d'Einar et la petite tresse à la perle bleue d'Astra. Simplement, j'ai l'sentiment qu'mon véritable devoir est pas d'suivre aveuglément des règles mais de respecter celles que je me suis fixées. 'Fin, j'sais pas si tu suis, j'suis pas très claire même dans ma tête. En tout cas, ça répond à ta question sur les autres Teylus, non ?

Ce faisant, ils étaient à présent arrivés à l'intérieur des bâtiments et se dirigeaient d'un accord tacite vers leur salle commune. Autour d'eux commençaient déjà à affluer les élèves, même si Kloa n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être – avaient-ils raté l'appel ? Dans tous les cas, il fallait absolument qu'elle passe par la salle des eaux avant de se rendre à la grande salle. Une jeune fille blonde aux grands yeux clairs et dont l'uniforme bleu se confondait avec les livres qu'elle serrait contre sa poitrine ralentit le pas en les dépassant, considérant d'un air ébahi le fléau qu'Einar tirait toujours derrière lui, et le garçon parut soudain se rendre compte de l'incongruité de son équipement. Il s'arrêta net, les sourcils froncés, et son amie anticipa son interrogation avant qu'il n'ouvre la bouche.

- J't'accompagne à la salle d'armes, si tu veux. Ça m'étonnerait qu'un élève te pique ce machin-là avant qu'tu puisses le montrer au prof.

Et demi-tour, avec les jambes de plus en plus lourdes et les pieds qui traînaient sur les pierres, au même rythme que leurs pas décidés. Mais les phrases d'Einar avaient suscité trop de réflexion dans son esprit, et les mots étaient encore trop présents pour qu'elles puissent continuer à les ignorer.

- Et toi ?

Ça voulait tout dire.


[Si tu veux, tu peux finir le RP avec un dernier post, sauf si tu estimes que ce serait bien qu'il continue encore un peu. A toi de voir *mange le cookie* Bisouuu ]


_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





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MessageSujet: Re: Sois plus violent qu'un raï rhumatisant, sois plus puissant que Monsieur Krysant ♪ [Terminé]   Jeu 30 Avr 2015 - 3:43

Le… pessimisme ? Réalisme ? Cynisme ? de Kloa par rapport à la nature de l’homme perturbait beaucoup Einar. Il avait été élevé dans ce genre de cynisme et avait toujours cru qu’être plus intelligent, c’était refuser de croire que la nature de l’homme était inchangeable et qu’on pouvait rien faire contre. Il en était la preuve vivante non ? Il venait de Far, et pourtant il pourrait sans doute ne pas retourner à Far, et sans poignarder dans le dos tout le monde pour y arriver.
C’était aussi l’idéal chantelame, d’apporter l’harmonie, de se battre jusqu’à cequ’il n’y ait plus besoin de se battre. L’idéal chantelame, de ce qu’il avait compris, c’était de pouvoir un jour poser les armes et de ne plus avoir à les utiliser.

D’entendre qu’on ne pouvait pas changer le cœur des hommes, et que ce n’était pas la faute des Ts’liches et des Raïs que les hommes s’entretuaient… Il le savait, au fond. Il aurait juste aimé ne pas pouvoir y croire. Que Kloa, qui avait son âge, suivait les mêmes cours, en soit à ce point persuadé… Etait-ce vraiment inévitable ? Son idéalisme à lui était-il mal placé ? Il manquait d’adultes référents.
Et se poser ce genre de questions existentielles, il avait pas l’habitude, et c’est ça qu’il aimait chez Kloa. Quand il s’entrainait ou discutait avec elle, elle ne le traitait pas toujours complètement comme Nanar, et s’attendait à ce qu’il puisse suivre ce genre de discussion métaphysique. Elle le faisait grandir, étrangement, et sans être démagogue.

Il l’écoutait sans l’interrompre, en s’imprégnant de son point de vue si différent du sien, qui allait probablement le tenir éveillé toute la nuit en essayant de l’assimiler à son propre cadre mental.

Ca l’étonnait qu’elle ne vise plus la Légion Noire, c’était une institution tellement.. prestigieuse, et emplie de mystères, que la plupart des Teylus voulaient y entrer, même si c’était pas tout de suite. Et puis sa vision de l’honneur…
Ca lui faisait penser aux marchombres, un peu. Et ça le rendait perplexe, qu’une combattante considère qu’on puisse désobéir à celui qu’on servait si c’était incompatible avec sa propre idéologie. Quelque part, ça le rendait fier d’entendre ça, parce que c’était des gens comme Kloa qui empêcheraient qu’ils s’entre-bouffent tous s’il y avait une guerre civile un jour.

« Simplement, j'ai l'sentiment qu'mon véritable devoir est pas d'suivre aveuglément des règles mais de respecter celles que je me suis fixées. »

Il faudrait vraiment qu’il réfléchisse là-dessus. Ca lui était jamais venu à l’esprit qu’il puisse désobéir à celui auquel il jurait fidélité. C’était pas le principe de ce genre de serments ? Sois un gentil garçon et fais ce qu’on te dit, Einar.

- J’sais pas trop vraiment, ce que tu viens de dire me perturbe beaucoup.

Ils arrivèrent à la salle d’armes sans autre incident que l’Aequor. A cette heure-là, elle était vide hormis quelques élèves qui s’entrainaient seuls en dehors des horaires de cours. Il leur restait une bonne heure avant le début du cours, toujours assuré par M’sieur Liches parce que M’sieur Guidjek était occupé avec ses enfants, aussi Einar déposa le fléau d’armes dans une caisse des salles annexes pour que personne lui pique et qu’il puisse le ressortir au moment opportun. Einar s’était laissé plusieurs minutes de réflexion et de rumination intenses mais il avait toujours pas plus de réponses.


- J’crois que tu ferais une bien meilleure chantelame que moi, en fait. C’est ça qu’ils visent, pas obéir aveuglément à quelqu’un, et considérer que leur propre honneur est toujours au dessus de tout, en faisant juste gaffe à ce que leurs idéaux soient gentils. ‘Fin c’est des justiciers, du coup, j’crois, plutôt que des soldats, mais j’y ai jamais vraiment compris grand-chose…

Il se gratta derrière l’oreille, comme quand il réfléchissait trop et que ça le perturbait dans les pénibles acquis qu’il avait déjà.

- J’suis pas taillé pour. L’honneur… j’pensais que c’était possible de trouver un seigneur pour lequel se battre sans avoir à bafouer tout ce qu’on croyait, mais… ouais, faut que j’grandisse. Et puis, si on passe son temps à réfuter les ordres, à faire qu’à sa tête, est-ce qu’on a vraiment de l’honneur ? Personne nous ferait confiance. C’est pt’êt pour ça que ya les marchombres et les chantelames, et qu’à l’Aca y’a beaucoup de gens qui ont du mal avec les règles. C’est pt’êt à ça qu’on est formés.

Il n’avait jamais vu ça sous cet angle, et il  en était tellement redevable à Kloa qu’il lui aurait fait un calin spontanément, s’il était pas encore collant de sueur.

- Pt’êt qu’on pourrait être ça, juste une bande de… l’mot mercenaire est trop méchant, maintenant. Justiciers ? Ceux qui interviennent quand l’Empire le fait pas parce qu’il est trop occupé à se taper dessus.


Ca, c’était bien. Ca allait à son idéalisme, à sa volonté de faire la paix dans le monde et de mettre ses compétences au service de la veuve et de leur félins.

Ils ressortirent de la salle d’armes, et se dirigèrent vers la salle commune des Teylus, en obliquant juste avant pour se rendre dans les salles d’eau. Ils avaient pas cours de la même chose à la même heure pour une fois, parce que Nanar avait d’abord un entrainement avec Tifen avant de rejoindre le cours d’Arro.


- … C’tellement dur d’être un adulte. Pas étonnant que la plupart des adultes aient l’air malheureux. Mais merci pour c’matin, en tout cas, Kloa. C’chouette de pouvoir discuter de trucs comme ça, y’a peu de gens qui pensent que… ben que j’puisse suivre. Teylus triomphera !
conclut-il en se dirigeant de son côté, avec la certitude qu’il avait envie de parler avec Kloa plus souvent, même si ça terminait avec autant de bleus qu’aujourd’hui.

( Merci I love you A dans un prochain Rp ? )
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» (leandro) je t'en prie ne sois pas farouche quand me vient l'eau à la bouche.
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