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 Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]

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Premier Gardien
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MessageSujet: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Mer 21 Aoû 2013 - 10:48

_Bien messieurs... Comment se sont passé les tests fantômes ?

Edel parcourut la petite salle du regard, allant d'un individu à un autre jusqu'à les avoir tous regardé au moins une foi. Un malaise s'installa sur l'assemblée masculine entièrement silencieuse. C'était la première réunion des sous responsables par unité . Deux réprésentants respectifs pour l'unité 1 et 2, le responsable de l'unité de liaison Mr Lun’Ternone Danel ainsi que l'un de ses binomes, soit six hommes en tout. Sept avec Amir assis à ses côtés bien sûr.

Le silence perdurant, Edel en conclus que les résultats aux tests étaient sûrement proche de la catastrophe, ce qu'elle s'empressa de consigner dans son grand carnet brun.
Les tests dit « fantômes » était un système d'évaluation effectué à l'insu des sujets observés. Ils n'étaient que huit à avoir connaissance de cette opération et ils étaient tous dans cette pièce.

La Première Gardienne fatiguée par le poids qui allourdissait chaque jour un peu plus son ventre, croisa les doitgs sous son menton en appuyant les coudes sur la table devant elle.

_Les résultats sont aussi décevant que cela ?
_Nous aurions besoin je pense d'une période d'observation plus longue. - Intervint enfin un membre de l'unité 2.-
_Monsieur Lun'Ternone ? -Enchaîna la Première Gardienne en se redressant sur sa chaise-
_Mon unité comptant moins d'hommes, un délais supplémentaire ne sera pas nécessaire. Les tests sont tous positifs, mais loin d'être exeptionnels. Mon sentiment générale reste cependant proche de la déception. Des progrès étaient attendus sur cetaines capacités clefs et aucun d'eux ne furent au rendez-vous.
_Amir ?
_Nous devrions peut-être, accordé un délais supplémentaire à l'unité 1 et 2. Ces tests sont les premiers de leur genre ici. Je les accompagnerait cette foi dans leur opération. J'ai déjà épluché leurs rapports, je pense pouvoir les aider pour la mise en place.

La Première Gardienne soupira en acquiesçant lentement à la suite des mots de son second. Elle s'appuya à nouveau contre le dossier de cette chaise qui la torturait depuis presque deux heures. Son ventre était si lourd qu'elle craignait déjà les dernières semaines durant lequelles elle devrait encore porter l'enfant qui grandissait en elle. Surtout qu'il semblait agité depuis la veille au soir.

Le silence était retombé sur la salle et les regards convergeant vers elle, ils attendaient tous sa décision avec une pointe de scepticisme dans l'oeil pour quelques uns. Un sceptissisme apparut depuis que les premières rondeurs de son ventre avaient effacés toute ambiguïté possible quand à la nature de ce qui s'y passait. Elle le sentait bien, elle avait moins d'impact sur beaucoup d'entre eux depuis que sa grossesse était devenu évidente. Il était déjà difficile pour certain de suivre les directives d'une femme, mais maintenant avec ce ventre énorme qui rappelait sans cesse à tous sa nature féminine plus qu'autre chose, il était de plus en plus difficile pour elle de se glisser dans une image neutre, propice à l'effacement de ce genre d'opinion.
Edel souffla calmement pour soulager la petite douleur qui lui pressait le côté par intermittence depuis le début de l'après-midi.

_Je vous accorde un délais supplémentaire, unité 1 et 2. - poursuivit-elle sur un ton égal - N'oubliez pas messieurs cependant, qu'il s'agit là d'un test dont aucun de vos hommes ne doit avoir connaissance. Nous tenterons de...- Edel grimaça sous une pression plus douloureuse apparut près de son bassin. Elle reprit immédiatement – Nous tenterons d'avoir une autre discussion à ce sujet une autre foi. Je...

Elle sentit le bébé remuer dans le bas de son ventre et la nausée lui retourna le reste de l'estomac. Cela dû se voir sur son visage car quand elle releva les yeux vers ses interlocuteurs, on l'interrogeait du regard.

_Tout va bien ? - lui chuchota Amir – Vous avez le teint pâle...

Le regardant Edel ne sut quoi répondre ce qui eut pour effet d'inquiéter encore d'avantage la mine de son second. La jeune femme toussota alors que le bébé retrouvait son calme, mais dans une position qui augmentait la douleur qui pressait son côté depuis le début d'après-midi. Elle se sentit mal...

_Je... Je dois refermer ici cette entrevue... Nous reprendrons au même endroit un autre jour. Excusez-moi.

La jeune femme se leva difficilement ne pouvant pas se redresser complètement à cause de la nouvelle position du bébé. Une autre douleur lui pinça les reins si soudainement qu'elle en fut surprise, si bien que dans un mouvement trop brusque sa chaise se renversa bruyamment sur le sol. Amir vint immédiatement lui apporter un soutient physique avant qu'elle ne se mette à tituber en se tenant le ventre, le cœur battant à tout rompre.
D'autres se levèrent ici et là en amorçant un mouvement vers elle.

_Messieurs... - salua-t-elle en tentant de garder contenance et se redressant enfin- Tout va bien. - inspiration – Bon quart ou bonne soirée à tous. A demain.

S'apuyant d'avantage sur le bras d'Amir, Edel sortit lentement de la pièce aussi droite que possible, la mine à peine expressive mais une goutte de sueur sur le front. Son rythme cardiaque augmenta cependant brusquement et l'inquiétude la prit à la gorge lorsqu'ils arrivèrent à l'extérieur.
Un liquide chaud se mit à couler entre ses jambes pour aller se répandre sur le sol. L'horreur marqua son visage car quoi que cela puisse signifier, elle ne pressentait rien de bon. La jeune femme s'exclama soudain paniquée:

_Amir, emmenez moi à Eoliane. Mainenant !
_Madame, si je puis me permettre... il est trop tard pour cela maintenant... l'infirmerie serait plus...

_Amir faites quelque chooose !!! - cria-t-elle soudain en se courbant sous l'effet d'une vague violente de douleur, ses doigts s'enfonçant dans le bras du garde désemparé. Elle souffla entre deux respirations et quelques douloureuses foulées vers l'endroit où l'emmenait Amir – L'infirmerie c'est... c'est bien. - une sensation nouvelle l'emplit alors et elle réalisa que son corps amorçait l'expulsion du petit être qui vivait en elle jusque là. Elle s'entendit crier soudain là au beau milieu d'un couloir. Ils arrivent !
_ « Ils arrivent ?»
_Le bébé fichtre! - inspiration, expiration et tentative d'accélérer le pas – Il faut prévenir Locktar... Non ! Non ne le prévenez pas ! Il saura que je travaillais et... - inspiration, expiration – nous allons nous disputersouffle profond pour lutter contre une grosse douleur abdominale -... ça sera de ma faute... ce n'est pas le moment pour... ça. Et puis c'est... peut-être une fausse alerte !

Et comme pour la contredire absolument, une violente contraction lui déchira le ventre, la douleur l'aveuglant presque totalement. Une plainte s'échappa de ses lèvres et elle entendit quelqu'un d'autre se joindre à Amir qui la soutenait, sans avoir la capacité de reconnaître cette personne, cette ombre.. Elle était tombé dans une sphère de douleurs qui brouillait l'ensemble de son environnement. La jeune femme se sentit défaillir, la main crispée sur son ventre.
On la soulevait à plusieurs... et soudain elle se retrouva allongée quelque part elle ne savait où, avec le plus gigantesque mal de ventre qu'elle n'avait jamais eut de toute sa vie! Même ses respirations devenaient difficiles et parfois totalement impuissantes à calmer les élancements de son bassin. Une boule d'angoisse et de mal être se coinça dans sa gorge et elle eut peur... incapable de faire le point ou mettre les choses au clair sur ce qui se passait.

La silhouette de quelqu'un sur sa droite se pencha sur elle, quelqu'un qu'elle ne put identifié à travers ses yeux humides et le brouillard sécrété par la douleur. La jeune femme marmonna plus à son second que véritablement à la silhouette, ou était-ce Amir la silhouette ? Elle n'aurait sut vraiment dire, une autre présence non identifiée.

_Faudrait appeler Locktar finalement... je me sens si mal... - des ombres s'agitaient autour d'elle alors que la douleur avait l'effet d'un puissant assommoir sur son esprit– ce n'est pas une fausse alerte vous savez... c'est pas une fausse... -souffle- il ne doit rien arriver aux bébés... prévenez le!

On lui plaqua quelques secondes sous le nez, des feuilles au parfum si puissant que cela l'extirpa un peu du brouillard dans lequel les contractions la maintenaient. Quelqu'un lui prit la main alors qu'on commençait à lui parler en la redressant et en écartant ses genoux. Une voix qui ne venait pas de l'une des silhouettes près d'elle mais de quelque part devant... un rêveur ?

_Qui que tu sois, Aziel lui-même je m'en contre fou, - cria-t-elle en serrant les dents– soit tu parles plus fort, soit tu dégages, on va pas y passer la nuit ! ! Mais une chose est sûr... je te conseilles pas de me toucher où je descend de cette table pour t'arracher la tête de mes mains, c'est compris ?! Alors va fourrer ton nez entre les jambes de quelqu'un d'autres je veux pas savoir, je suis occupée là ! - puis hurlant presque sous l'effet de la douleur - Par Wildrick lui-même ! Locktar va me tuer, mais je te tuerais avant si jamais tu me fait perdre mon temps et mes enfants!

A la contraction suivante Edel entendit sa plainte résonner si fort dans l'infirmerie qu'elle se répercuta dans le couloir. La main dans la sienne allait souffrir avec elle ce soir... et cette soirée serait bien longue. La jeune femme souffla de plus belle comme on lui avait appris chez elle, pour gérer la douleur des blessures graves en situation de combat et pouvoir quand même poursuivre le duel. Elle y était, c'était le moment d'être forte et d'occulter la douleur qui lui lacérait le ventre aux larmes, elle ne devrait pas lâcher... ce n'est pas ce duel-ci qu'elle perdrait fichtre! Aller jusqu'au bout était impératif et pas seulement pour elle, mais surtout pour les enfants!

On lui plaqua à nouveau sous le nez les feuilles aromatiques. Sa vision s'éclaircit un peu plus.  


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Mer 21 Aoû 2013 - 19:25

- Plus haut, ton épée, Trazonne. Tu n'as aucune défense là.

Certains élèves avaient du mal à supporter le passage de l'épée factice à l'épée réelle. Plus lourde. Plus compliquée à soulever. C'était le cas pour la jeune Trazonne, une élève de Kaelem qui en était encore au niveau Bois. 

- Tiens mieux ta lame, Shacan. Il suffirait d'un coup plus fort pour la faire valser au loin. Crois moi, c'est une mauvaise idée de se retrouver sans armes sur un champ de bataille. 

Il était plutôt satisfait de ses élèves. Bien sûr, il y avait encore beaucoup à apprendre, l'armée impériale était encore loin pour eux, mais certains auraient pu bien figuré dans un tournoi.


Locktar passait entre les rangs de ses combattants. 

- Joli coup, Nathaniel... Sirtina, oublie pas que c'est une épée réelle que tu as dans la main. J'aimerais que tu évites de tuer Thosien.

Soudain, le maître d'armes vit débarquer Amir, complètement essoufflé.

- Messire... Hil'Guidjek... Ils.... arrivent.... Vite... Ils arrivent

- Ils arrivent? Qui?

Locktar était surpris qu'on le prévienne de l'arrivée d'invités. Ce n'était pas lui le portier de l'académie. C'était Aziel qui devait tenu d'être informé par cette nouvelle.


L'assistant de la Première Gardienne peinait à parler et Locktar l'invita à reprendre son souffle. 

- Pas le temps... Ils arrivent... Les bébés...

Les bébés? Comme ça, les?


- Les?... Que.... Quoi?...

Locktar bafouillait, il ne savait même plus où il se trouvait.


- C'est Dame Hil'Guidjek, elle a dit de vous prévenir. "Ils arrivent" a-t-elle dit.

Amir avait retrouvé son souffle quand Locktar retrouva sa lucidité mais son rythme cardiaque s'emballa. Jamais il n'avait eu une aussi grande appréhension. Une aussi grande peur. Il allait être... papa.

- Eileen, tu t'occupes de la suite du cours.

Il suivit ensuite Amir vers l'infirmerie. Sur le chemin, il se rappela de deux mots. L'assistant de sa femme avait dit: "les bébés".

-
Amir, vous avez dit "ils arrivent". Il y a plus d'un bébé?

- Je ne sais pas, c'est votre femme qui a dit "ils arrivent", je n'ai fait que répéter ses mots.

Ils arrivent. Etait-ce une simple erreur de la part de la Première Gardienne sur le point d'accoucher ou y avait-il bien plusieurs enfants qui allaient naître? Plus il s'approchait de l'infirmerie, plus l'appréhension le gagnait. Père, il allait être père. C'était une nouvelle vie qui commençait. Il n'allait plus être uniquement responsable de sa propre vie. Un enfant, c'était déjà un immense évènement. Alors s'il y en avait deux ou plus...

Avant même d'arriver, il entendit les cri de sa femme. Cette fois-ci, juste devant la porte, Locktar tourna légèrement de l'oeil. Il fut obligé de s'appuyer sur le mur pour se reprendre. Il n'avait pas le droit de faiblir, pas maintenant. Edel avait besoin de lui. Il entra dans la pièce. Duncan était là, il se faisait broyer les phalanges tenait la main d'Edel.

- Je suis là, Edel, je suis là.

Papa, il allait être papa. Il n'arrivait pas à le croire.


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Il est plus facile de faire la guerre que la paix







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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Ven 23 Aoû 2013 - 22:56

Longtemps, Duncan avait envisagé de démissionner.

Il fallait qu’il se rende à l’évidence : il n’était plus que l’ombre de lui-même, les cours avaient repris avec un rythme moindre, avec moins d’entrain qu’auparavant. Si Duncan avait toujours cette fièvre d’érudit qui le poussait toujours à apprendre, digérer, extrapoler, puis transmettre, préparer le terreau pour les futurs générations, l’environnement de l’Académie était de moins en moins propice.

Peut-être devrait-il retourner à la capitale, où l’air était moins froid, moins humide. Il pourrait se trouver une place de précepteur facilement, Duncan jouissait encore d’une grande réputation dans les milieux pensants.  Les nobles n’envoyaient leur tendre progéniture dans les Académies que lorsque leur don du Dessin était révélé, et ils apprenaient le monde grâce à leur précepteur.
Forger une âme de bout en bout, lui inculquer tous les codes moraux, la rendre droite et la voir s’épanouir de la graine à au fruit… Ce serait un peu comme élever un enfant, la responsabilité génétique en moins.

Aziel et lui avaient discuté de la possibilité, ses années de service à l’Académie pendant les périodes troubles du Chaos lui vaudraient une recommandation qui lui permettraient peut-être même de devenir précepteur des meilleurs.
De la jeune impératrice, peut-être, parfois le vieux professeur en rêvait. Il avait le savoir, il avait les vertus, et il avait l’expérience. Peut-être, si les temps se montraient plus cléments, pourrait-il… ?

Mais des attaches le retenaient de prendre la décision, des attaches plus personnelles que professionnelles. La grossesse d’Edel approchait de son terme, et Locktar, plus pris que jamais par la reprise des cours et la culpabilité de la mort d’une élève pendant un de ses cours, lui avait demandé d’être le parrain et grand-père par dérogation des enfants.
Edel  lui avait également glissé que c’était ce qu’elle souhaitait, et Duncan avait bien vu qu’il ne pouvait qu’accepter. Ce rôle le comblait de bonheur, et rassurait les deux parents pris par leurs devoirs respectifs.
Peut-être, pourrait-il toujours, quand ils seraient un peu plus grands… Non, il ferait de son mieux pour continuer de remplir son rôle à l’Académie de Merwyn, auprès des gens qui avaient un besoin plus immédiat.

Et, il devait l’avouer un peu égoïstement, la place de grand-père comblait un vide dans son cœur. Il avait toujours rêvé de l’être, ils en avaient rêvé, oh, il y a si longtemps, et maintenant, il ne transmettrait jamais son sang, mais l’occasion lui était donnée de transmettre son savoir et son affection.
De plus, il fallait bien l’avouer, les deux parents auraient sans doute peu de temps pour s’occuper de l’élever, coincés par leurs hautes positions. Il pourrait remplir ce rôle aussi, le combler d’amour, Duncan en avait toujours eu à revendre.


*


- Edel !

Les éclats de voix l’avaient alerté, alors qu’il revenait du scriptorium où plusieurs élèves lui avaient demandé de l’aide pour apprendre à écrire correctement des lettres officielles et à cacheter la cire.

Les cris de la future maman lui vrillaient les tympans et il se précipita au tournant du couloir. Le spectacle aurait pu le laisser pantois : Edel, au comble de la douleur, Amir qui la soutenait comme il pouvait, impuissant à prendre une décision. Duncan se précipita.

- Ce n’est pas une fausse alerte, Amir, faites ce qu’elle vous a ordonné !


L’érudit avait trop lu pour être floué par les apparences. Edel venait de perder les eaux, et la douleur qui la pliait en deux était trop grande pour être une fausse alerte. Ce qu’il savait aussi, c’était que les accouchements… Non, mieux valait ne pas y penser. Eoliane n’était pas loin, n’est-ce pas, en cas de problèmes ? Il fallait qu’ils l’amènent de toute urgence à l’infirmerie, dans un environnement le plus propre possible.

Duncan et Amir, passant chacun un bras sous les épaules d’Edel, un bras sous ses cuisses, la soulevèrent le plus doucement qu’ils purent et entrèrent en trombe dans l’infirmerie. Le soigneur la prit instantanément en charge. Duncan ôta sa veste désormais humide et saisit la main moite et crispée d’Edel, incapable de le reconnaître en cet instant.

Après un coup d’œil un peu désorienté, Amir retrouva son calme, et admit du regard que tout le monde était plus compétent que lui dans la pièce. Un hochement de tête plus tard, il était sorti de la pièce au pas de guerre, parti chercher le Maître d’Armes.

- Ca va aller, Edel, ça va bien se passer… Vous devez être courageuse ! Ca va aller…


Il lui passait un linge sur le front au moment où dans sa douleur, la jeune femme invectivait le pauvre soigneur qui essayait, avec son assistant, d’ôter ses vêtements et de la préparer pour le travail du mieux qu’il pouvait.
Personne dans la pièce n’avait questionné la compétence de Duncan à se trouver dans la pièce au chevet de son amie, pourtant, ils auraient eu toutes les raisons du monde. Son savoir, à lui, même s’il était vaste, n’était que théorique. Mais la main d’Edel, crispée dans la sienne comme si elle allait rendre l’âme, commandait qu’il reste à ses côtés, au moins jusqu’à ce que Locktar arrive.
L’aide soignant était finalement, en désespoir de cause, parti en courant chercher la véritable infirmière de l’Académie, en train de terminer de déjeuner dans la Grande Salle. Si quelqu’un était compétent pour que l’accouchement se passe bien, c’était bien elle.

- … des jumeaux… ?
Le teint de Duncan pâlit imperceptiblement, mais à ce moment-là, Locktar entrait en trombe dans la pièce, talonné par l’infirmière supérieure qui ne tarda pas à reprendre les choses en main en donnant des ordres alentour.

Duncan posa une main sur l’épaule du Maître d’Armes, dont le regard semblait perdu, dans une pièce où des hommes n’avaient rien à faire. Tiraillé entre deux sentiments de devoir, Duncan jeta un regard à Edel. Le front perlé de sueur, les veines battantes, les dents serrées pour ne pas gémir…

Dame, faites que tout se passe bien. Un enfant était déjà un danger pour sa mère, mais deux…

- Venez, Locktar.
Il voulut l’entrainer, mais l’homme restait immobile, le regard fixé sur sa femme, comme s’il combattait mentalement mille gorgones pour aider sa chère et tendre Edel à délivrer les enfants. Venez ! Un regard remerciant de l’infirmière en chef, qui préférait ne pas avoir trop de monde dans les pattes.

Rassurant, une main toujours sur l’épaule de l’armoire à T’sliches qui était son collègue et son ami, Duncan l’entraina quelques pas en arrière, puis finalement dans le bureau des soigneuses.

- Nous ne pouvons rien faire pour elle.
Son ton était chaleureux, mais ferme. Nous sommes des hommes, c’est une histoire qui ne concerne que les femmes, et nos soigneuses sont les plus compétentes de l’Empire. Il n’en savait rien, mais tout servait à rassurer un mari angoissé par ce qu’il avait vu.

Probablement, Locktar n’avait aucune idée de comment se passait un accouchement.

- Vous ne pouvez pas l’aider dans ce combat-là ! Elle va devoir être forte, peut-être pendant plusieurs heures.


Lui-même était extrêmement inquiet, il avait peur pour Edel, comme tous les hommes ont peur parce que les femmes meurent dans le sang, en couche, mais il disait la vérité quand il avait dit à Locktar qu’ils ne pouvaient rien faire. Duncan le fit s’asseoir et s’assit à coté de lui.
Un cri de douleur d'Edel perça jusqu'à eux, et les fit se crisper tous les deux.

- Vous connaissez les prières à la Dame, dans ces circonstances ? Elles nous feront passer le temps, et elles vous rassureront. Soyez fort pour elle.




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"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham
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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Mar 27 Aoû 2013 - 16:45

Sa vision s'éclaircit alors qu'on lui retirait les feuilles aromatiques du nez.
Où était-elle déjà ? Ah oui, à l'infirmerie...
 
_Respirez profondément ça ira mieux...

Elle s'entendit gémir lamentablement entièrement seule face à son tortionnaire la Douleur qui lui remuait les tripes en tout sens. Essoufflée et entièrement crispée sous l'effort qui consistait à expulser au plus vite la source de ses douleurs atroces.
On ne lui avait jamais dit qu’elle devrait un jour faire face à un tel degré de douleur. Pourtant elle avait reçu moult enseignements quand à la gérance de cet irrévocable réalité guerrière et dans maintes situations! Duel, guerre, torture... mais cette douleur là... celle d'une mère qui enfante, jamais personne ne lui en avait parlé. 
Elle n'en avait toujours vu que l'ombre sur le visage souvent fatiguée de sa mère qui avait dû répéter l'exploit un nombre de foi qui lui semblait incroyablement impossible en cet instant précis! Cela ne relevait plus de l'exploit à ce niveau d'ailleurs, c'était certain! Elle n'aurait jamais sut qu'une femme puisse en supporter autant sans avoir vécu un jour elle-même ce passage obligé... 
Personne ne lui avait pas dit que cela serait si atroce et déchirant... qu'un enfant naissait avec un couteau à la main...

Et puis enfin une accalmie... Une éclaircie providentielle dans cet orage tumultueux qui chavirait son esprit en tout sens, tel une petite barque malmenée dans un océan en tempête. Son corps se relâcha de lui-même, éreinté bien qu'encore inconfortable, à bout de force... La sueur sur son front lui coulait dans les yeux mais quelqu’un l’épongeait avant que cela ne lui pique. Des larmes au coin des yeux elle se tourna vers la personne qui lui tenait la main dans son calvaire et dans un éclair de lucidité il lui sembla la reconnaître :
 
_Duncan... – Balbutia-t-elle sans aucun effort d’articulation. Il fallait bien qu'elle fasse des économies d'énergie quelque part non ? Etait-ce bien lui d'ailleurs? Depuis combien de temps était-il là? Tant pis, elle devait tenter sa chance de toute façon – Je vous en prie... vous n'auriez pas... quelque chose pour moi ? Un antidouleur sous la main... n'importe quoi... ça m'aiderais vraiment... soyez gentil...
_Respirez plus fort madame, cela soulagera vos douleurs...

Edel s'exécuta pour lutter contre une nouvelle vague de douleur qui montait à l'assaut dans l'objectif certain de la submerger toute entière, mais sans trop y croire. Avait-il au moins seulement conscience de ce que signifiait le mot « douleur » ? 
Une présence débarqua soudain sur sa gauche et étrangement celle-ci elle la reconnu immédiatement. Si bien qu'elle eut même un sourire une fraction de seconde, soulagée qu'il soit enfin arrivé.
 
_Je suis là, Edel, je suis là.
_Locktar... - gémit-elle entre deux efforts – Je t’assure ce n'était rien de grave! - inspiration, expiration, yeux et mâchoire serrées – C'était seulement une petite réunion et... Bordel de merde pourquoi ça fait si mal, fait chier ! - inspiration, expiration – y avait rien de difficile ou de fatiguant, il fallait seulement... discuter de deux ou trois trucs... demande à Amir... c'était tout d'un coup comme ça, en plein milieu d'une phrase pouf ! Et voilà, ils arrivent ! Comme ça, tout d'un coup ! Tu sais que je t'aime hein ? Dis-moi que tu sais Locktar !

Le silence fut la seule réponse à son monologue… il y eut soudain comme un mouvement général, la main qui lui communiquait un peu de force et de la volonté quitta la sienne, elle ne sentit plus la présence de son mari, l'idiot qui l'insupportait céda sa place, d'autres visages brouillés vinrent l'entourer. 
Locktar était parti... peut-être d’ailleurs était-ce la douleur qui la faisait délirer ? Etait-il réellement venu ? Avait-il réellement parlé ? La solitude face à l’épreuve se referma sur elle brusquement telles des serres prédatrices  qui n’attendaient que cet instant. La sensation fut si violente, qu’elle sut à l’instant qu’une part d’elle lui en voudrait jusqu’à la mort de l’avoir abandonnée, de ne pas avoir partagé sa douleur en restant près d'elle jusqu'au bout, de ne pas lui avoir prêté de sa force au moins pour une foi, ne serait-ce que pour le bien être de ses propres enfants... Elle sut que la cicatrice que laisserait cette blessure ouverte plus profondément qu'elle n'aurait put l'être en d'autres circonstances, la ferait longtemps souffrir en silence... car elle avait aussi parfaitement conscience que Locktar n'en saurait jamais rien... à propos du mariage au contraire de l'enfantement, sa mère lui avait tout expliqué dans le détail plus de fois que nécessaire: "La femme est une forteresse de silence et de solitude ma fille. N'oublie jamais cela quand tu prendras un époux. Fixe toi pour objectif alors d'être la plus robuste et imprenable qui n'ai jamais existé jusque là. Les concessions que tu devras faire alors, te paraîtront moins douloureuses. "

Edel s’effondra en larme, douleurs, désespoir, fatigue, tout confondu. Sa forteresse s'effritait au premier coup... elle ne l'avait pas assez bien battit, le résultat était pitoyable.
L’incompétent du début était parti, remplacé par une femme qu’elle pouvait encore moins voir tant sa présence lui était insupportable ! Elle comprit que ce n'était pas tant la personne que la situation qui l'irritait à un point pas permis et cela bien malgré elle!

Une autre voix féminine sur le côté tentait de la consoler semblait-il, et l’encourageait à se ressaisir lui indiquant qu’elle y était presque. A travers ses larmes elle ne distinguait aucun visage connu. Elle était presque à l’article de la mort et si cela venait à arriver, elle s’en irait devant des regards indiscrets et totalement étrangers. Locktar ne lui avait même pas répondu si oui ou non il savait qu’elle l’aimait… n’était-ce pas le plus triste après l’idée qu’il ne pourrait jamais voir ses enfants ?

Un pluriel plutôt soudain d’ailleurs, mais pour la première foi effectivement elle les sentait clairement distinctement. Le doute n’était plus possible et cela expliquait maintenant sa tendance inconsciente parfois à parler « des bébés» et non « du bébé » qu'elle avait mit jusque là sur une simple faute d'inattention.  

Un vent de panique fut soudain palpable autour d’elle comme elle ne réagissait plus malgré les douleurs qui la lacéraient de l’intérieur.
Elle ne pouvait pas de toute façon se reprendre. Locktar était parti… et même si tout ça n’était pas vrai au final, que son esprit torturé lui avait joué un tour, l'idée même de ce mirage avait suffit à abattre sa combativité. Vrai ou pas, elle était vidée de ses forces mais aussi de tout espoir de réussite. 
La future mère tenta une nouvelle foi de pousser l’enfant à la naissance mais la tentative infructueuse entama encore la force de sa volonté et une conclusion évidente se présenta à son esprit en souffrance. Un sanglot lui prit à la gorge.

_Je ne vais pas y arriver... - s'entendit-elle geindre comme une petite fille, en fermant les yeux et sachant pourtant pertinament qu'il ne l'entendrait pas – Locktar je te demande pardon... je peux pas... j'en peux plus... pourquoi ne sortent-ils pas !
_Respirez madame, vous y arrivez très bien ! Continuez...
_Oh vous la ferme devant là ! - fustigea la femme enceinte en pleure – Je sais bien que j'arrive à rien là! Vous me prenez pour une imbécile? Triple idiote oui! Foutre de catin! Et pourquoi tu parles déjà toi ? Que quelqu’un vous le dise : Vous êtes ignoblement inutile avec vos grands airs pompeux! Terriblement chiaaaante en plus! Laissez-moi… Locktar, Duncan... Amir... quelqu'un... est-ce que quelqu'un ici pourrait réellement m'aider ? Laissez-moi...
_Vous y êtes presque madame, poussez encore une foi et ça sera fait. Il faut qu'ils respirent où ils mourront...
_Non! - panique -Juste une foi, vous êtes sûr ?

Edel respira doucement pour reprendre un peu ses esprits avant de se lancer. Elle ne pouvait pas abandonner ses enfants... elle ne pouvait pas les tuer! Une autre violente contraction la précipita plus rapidement que prévus dans le vif du sujet. La douleur enfla, enfla et enfla encore en elle jusqu'à monter tout à fait à son cerveau vers le point de rupture où elle se figurait une séparation nette entre la raison et la folie quand soudain... juste avant que la vague n'atteigne ce point de rupture... le merveilleux...
Son attention se figea, entièrement suspendu comme le temps et tout le reste autour d'elle.
Un petit corps entier glissa de ses jambes, un petit cris perçant enchanta ses oreilles et tout à coup... du soulagement, de la joie partout, comme une explosion... des exclamations ici et là, des félicitations devant elle, du bonheur... on cria quelque chose vers un endroit plus loin qu'elle avait du mal à distinguer alors que son corps se relâchait et elle cru comprendre qu'il y avait des gens là-bas, elle ne se demanda même pas qui cela pouvait bien être.
D'autres larmes s'échappèrent de ses yeux suivant les premières pas encore sèches, mais elles n'étaient plus de douleurs celles-ci ou bien encore de frustrations... non... elles étaient toutes de joie, saisies de la puissante émotion qui avait imprégné son être aux premières notes enfantines... 

On lui présenta une chose gluante et ensanglantée qui faisait la grimmace en hurlant et elle compris comme à l'instant où elle avait entendu son premier cri, que ce bout de chair... c'était bien le sien. A jamais. Malgré son petit corps encore marqué de sang et d'eau, elle ne put s'empêcher de le trouver incroyablement beau et infiniment adorable, son petit, son enfant, son travail, son sang...

_C'est ce petit truc qui pesait si lourd dans mon ventre ? -s'entendit-elle murmurer en tendant la main vers le nouveau né sans pouvoir le toucher. On le couvrait déjà dans une chaude couverturej'ai fait ça... moi ? Comment a-t-on fait...

La personne qui tenait l'enfant lui sourit et lui expliqua qu'elle reviendrait vite, le temps de vérifier qu'il allait bien. Qu'ELLE allait bien... c'était une fille...
Son cœur se tordit méchamment en la voyant être emmenée plus loin... on ne la lui avait même pas confiée une seconde... pourquoi pleurait-elle autant? Qu'allaient-ils lui faire?

Edel s'appaisa enfin, le regard tourné vers l'endroit où les petits membres s'agitaient maladroitement. Attentive à ce qu'elle pouvait apercevoir derrière l'infirmière penchée sur l'enfant et qui lui tournait le dos. 
Son cri lui perçait si fort le cœur... au moins aussi fort que l'élancement qui lui rappela une autre présence oubliée durant un instant. Elle se sentit à nouveau mal et gémit alors que la dame chiante revenait devant elle, l'angoisse s'ajoutant aux nouvelles douleurs la jeune femme se mit à trembler. Des étoiles semblèrent tournoyer un peu partout devant ses yeux et une sensation de lassitude extrême l'abattait au tapis aussi sûrement qu'un colosse l'aurait fait en passant sa garde pour la saisir à la gorge et l'encastrer dans le sol. 
Elle était vidée!

_Allez, plus qu'un maintenant courage!  
_Je peux pas... - supplia-t-elle presque, le coeur battant comme jamais et son esprit flirtant déjà avec l'inconscience. Son énergie frôlait un stade critique, tous les signaux le lui hurlaient.  - 
_Allons donc madame! Vous avez dit exactement la même chose à l'instant et entendez cette merveilleuse petite fille emplir cette infirmerie de sa voix cristalline! Allez! Encore une foi!
_Je viens déjà de faire un bébé, laissez moi tranquille maintenant! 
_Ecoutez moi bien maintenant madame. Vous me le poussez dans les mains ou c'est moi qui irait le chercher. Et croyez moi, ce ne sera en rien semblable à ce que vous pouvez déjà vivre en ce moment. C'est à vous de choisir...

Paniquée, Edel marqua un temps d'arrêt devant cet ultimatum. Du moins autant que sa concentration le lui permettait encore. De mémoire, elle n'avait jamais repoussé aussi loin ses limites en matière de tolérance à une telle agression corporelle. Elle était à court de ressource, ne savait plus où puiser et ignorait totalement jusqu'où et surtout jusqu'à quand elle pourrait tenir encore et les secondes filaient comme des étoiles. 
Les cris du bébé déjà au monde lui apporta cependant un certain réconfort... elle le trouvait chaud et agréable à l'oreille en cet instant, la plongeant dans une sorte de douce léthargie, qui croisait le fer fougueusement contre ses douleurs rebelles qui n'étaient pas en reste. Un duel plutôt serré, impossible de prévoir qui serait vainqueur sur l'autre. Elle pouvait en entendre un deuxième de cri comme celui-là... elle en avait la possibilité. Peut-être se reposerait-elle mieux après? Elle y était arrivé une foi, alors pourquoi pas une seconde foi? La plupart des mères n'avaient qu'un enfant par naissance, elle pouvait en avoir deux... c'était un cadeau de la Dame trop précieux pour être refusé et cela valait peut-être toutes les souffrances du monde...
Tant pis pour ses signes vitaux désastreux, après tout elle le devait aussi au moins à Locktar, tout ça était de sa faute à elle. Elle le devait aussi à cet enfant qui se battait encore pour avoir la chance de vivre. Pour sa soeur qui connaissait déjà cette joie...

C'était donc décidé: par amour des siens comme dans un véritable affrontement, elle irait jusqu'au bout quelque soit la fin. Du moins quelque soit sa fin à elle.

Edel acquiesça silencieusement à l'intention de l'infirmière qui l'accompagnait, acceptant du même coup de porter un peu plus loin le fardeau de cet effort lancinant. Elle se focalisa toute entière sur son objectif. 
La vie.


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Dim 15 Sep 2013 - 0:03

Il était sortit en compagnie de Duncan. Le maître des écrits avait raison. Leur présence dérangeait plus qu'autre chose. Maintenant, Edel était au courant qu'il était là. Juste à côté. Pour la soutenir. 

Les deux hommes étaient dans le bureau des guérisseuses. Le maître d'armes faisait les cent pas. Si le sol n'avait pas était en pierre, il aurait creusé un sillon qui se serait enfoncé dans la terre. Il avait d'abord tenté de rester assis en attendant mais il n'avait pas tenu en place. Il s'était relevé immédiatement, comme s'il s'était assis sur un cactus. A chacun des cris d'Edel, il s'arrêta quelques instants, l'oreille tendue vers la porte. Il ne savait pas ce qu'il guettait mais c'était un réflexe.


- Vous ne pouvez pas l’aider dans ce combat-là ! Elle va devoir être forte, peut-être pendant plusieurs heures.



Plusieurs heures? Locktar n'aurait pas cru qu'un accouchement pouvait durer autant de temps. Il n'était qu'un novice dans ce domaine.


- Vous connaissez les prières à la Dame, dans ces circonstances ? Elles nous feront passer le temps, et elles vous rassureront. Soyez fort pour elle.


Il n'était pas du genre croyant. Les seules prières qu'il avait faites, c'était au temps où il était encore soldat. Pour imiter les autres. Il faisait même semblant de prier. Il serait incapable de réciter des paroles de prières. Depuis, il ne s'était plus adressé à la Dame ou à son Dragon. Le temps était-il venu de leur parler de nouveau?

- Je dois vous avouer que je n'en connais aucune. 

Il s'installa sur une chaise le temps que Duncan récite une prière. Une nouvelle fois, comme au temps de son passé de soldat, il fit semblant de prier. Il bouillait intérieurement. Il se forçait à rester assis, pour faire plaisir à Duncan.


Un nouveau cri se fit entendre dans la pièce à côté. Mais cette fois-ci, il fut suivi de pleurs. Locktar fut sur ses pieds comme si sa chaise était un ressort. Ce n'était pas des pleurs d'adultes. C'était des pleurs d'enfants. Des pleurs de bébé.


- Ce.... C'est.... Vous avez.... entendu.... ces... les.... bébé....

Il ne savait plus ce qu'il disait. La tête lui tournait. Il manqua de s'évanouir. Il se retint de justesse sur le mur. Des pleurs de bébé. Un bébé.


- Né.... il est.... Duncan... vous avez.... Papa.... je suis papa...


Il sentait des larmes de joie lui couler le long des joues. Quelqu'un s'approcha de lui. Duncan certainement. Il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir, ça ne pouvait être que lui. Il le serra dans ses bras. Il était si heureux qu'il aurait même pu serrer Aziel dans ses bras.



- Je suis papa, Duncan. PAPA!!!


Il avait envie d'hurler, de courir dans toute l'académie pour annoncer la nouvelle. Il sautait dans tous les sens, Duncan dans ses bras. Soudain, alors qu'il pensait que c'était finit, le nouveau papa entendit un nouveau cri de sa femme et de nouveaux pleurs de bébés. Il y en avait deux différents, il était prêt à le parier. Deux? De surprise, Locktar lâcha Duncan et regarda le maître des écrits dans les yeux.


- Deux? Il y a deux bébés, c'est ça? C'est pour cela qu'Edel a dit "les bébés"? Je suis père de deux enfants?

Ses réponses, il les eu rapidement. La porte du bureau s'ouvrit. Une guérisseuse se tenait là. Dans ses bras, il n'y avait pas un mais deux petits poupons. Une nouvelle fois, Locktar se sentit défaillir. Duncan l'invita à s'asseoir et l'infirmière lui présenta les deux enfants. Il les pris dans ses bras. Ses enfants. Ses bébés.



- C'est un garçon et une fille, expliqua la guérisseuse. La mère a besoin de se reposer.



Elle sortit. Avec le sourire lumineux d'un enfant qui reçoit le plus beau des cadeaux, il regarda Duncan qui semblait aussi heureux que lui.



- Je crois qu'il a envie d'être dans les bras de son grand-père



[Edition possible peu importe l'endroit. Prevenez moi]



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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Jeu 19 Sep 2013 - 0:52

Ensemble, ils priaient, Locktar silencieusement, Duncan murmurant à travers les poils de sa barbichette les vers destinés à la Dame et à son héros. Conflictuelle qu’ait pu être sa relation avec les Dieux au cours de sa vie, il avait toujours été fermement croyant et fermement convaincu de leur intervention dans la vie des gens. Longtemps, il n’avait plus cru à leur bonté, mais il s’était réconcilié avec les dieux après de longues années de prière, de retraite et de méditation.
Duncan était, à ce jour, en paix avec les Dieux, en paix avec lui-même et sa foi n’en ressortait que plus vivace. Quel que soit le dessein de la Dame et du Dragon, ils avaient le pouvoir d’aider ceux qui les acceptaient de tout leur cœur, et il sentait au fond de lui qu’il ne pouvait pas prendre le risque d’attirer toutes les faveurs de la Dame de leur côté.

Il n’avait pas, lui-même, connu d’accouchement malheureux, non, les enfantements des différents membres de sa famille s’étaient toujours bien passés. Les branches lointaines étaient parfois touchés par la malédiction d’un enfant mort-né ou difforme, mais personne n’était mort en couche, et c’est pourquoi cela le terrifiait.
Les rêveurs faisaient toujours de leur mieux dans ces cas-là, et de nombreuses fois, on devait la vie de la mère à leurs soins, mais il y avait des cas où même le savoir secret de ceux qui rêvent la santé des autres n’est pas suffisant pour les aider. Et le deuil les avait déjà suffisamment touché.
Il ne pourrait pas supporter de perdre Edel. Pas maintenant. Il n’était pas son mari, mais le malheur qui s’ensuivrait le toucherait doublement parce qu’il briserait Locktar.

Lorsque les premiers pleurs de bébé leur parvinrent, Duncan fut emporté dans la joie éclatante de Locktar, qui s’était levé et balbultiait des paroles chaleureuses. Le vieil homme, lui, se contenta d’un soupir de soulagement. Si on entendait le bébé pleurer, c’était un excellent signe. Les bébés mort-nés ou avec des problèmes ne pleuraient pas tout de suite, et cela plongeait toujours tout le monde dans l’angoisse.

C’est alors que le maître d’armes le serra vivement dans ses bras, un peu fort à cause de l’excitation, un peu beaucoup fort compte tenu de la santé fragile du professeur de lettres et de légendes, mais Duncan était trop heureux que tout semble aller bien pour Edel pour s’en soucier.

- Je l’ai entendu, mon ami, il a la voix qui porte aussi loin que celle de son père.

Néanmoins, Duncan était à l’affut. Il n’avait pour l’instant entendu qu’une seule vague de pleurs, et il était inquiet à propos du deuxième enfant. Avait-il survécu aussi ? Les épaules de Duncan se tendirent imperceptiblement, jusqu’à ce qu’enfin, une deuxième petite voix résonne jusqu’à eux, et le professeur se détendit alors.

Duncan n’eut pas le temps d’expliquer qu’Edel venait d’avoir des jumeaux que l’infirmière entra dans la pièce, tenant comme une victoire deux petits paquets de linge qui pleuraient et hurlaient de toute l’énergie que renfermaient les petits corps. Locktar tremblait presque tellement le moment était intense pour lui, et Duncan jugea qu’il valait mieux qu’il se rasseoie s’il voulait tenir ses enfants dans les bras.
La guérisseuse mit quelques secondes à expliquer au maitre d’armes la matière de tenir un nourrisson – ce devait être radicalement différent de la manière dont on tenait une épée et ajustait régulièrement sa position quand il était trop brusque ou qu’il risquait de lui faire mal.
Duncan contempla son ami quelques secondes. Son visage était celui de la joie pure, sans bornes, celle de transmettre, de réussir à faire basculer dans la réalité quelque chose à son image – quelque chose que les dessinateurs ne pourraient jamais faire, c’était peut-être ça qui semblait si magique dans les naissances, si supérieur à tout le reste, spires ou non.
Une part de lui enviait jalousement ce bonheur, mais elle était trop réduite et trop atténuée pour qu’il la sente vraiment, et sa propre affection pour les enfants se manifesta lorsqu’il put tenir dans les bras le fils – le fils, l’héritier, celui qui recevrait probablement le plus d’attention parce qu’il serait porteur de tous les talents de ses parents.


Duncan avait déjà tenu des nourrissons dans les bras – il avait une famille, un peu distante depuis les années, certes, mais il avait été présent pour la plupart des accouchements de sa petite sœur, qui avait maintenant dépassé les quarante-cinq ans, et il avait souvent tenu ses neveux et nièces dans les bras. La guérisseuse lui faisait suffisamment confiance pour lui tendre sans donner de conseils, et les bras de Duncan se refermèrent délicatement sur le petit paquetage.
Il était son grand-père.
Le nom résonnait en lui avec une force supérieure à tout ce qu’il avait pu ressentir depuis de nombreuses années. Grand-père, il avait toujours rêvé de l’être, et déjà défilaient dans ses yeux mille images de moments qu’il passerait avec ces petits-enfants de remplacement qu’il aimerait comme s’ils étaient les siens. L’affection qu’il portait pour Edel était l’affection qu’il porterait pour une fille s’il en avait une, et c’est pourquoi, après quelques secondes de contemplation, il releva la tête pour demander à la guérisseuse :

- Edel est-elle suffisamment consciente pour que nous puissons nous rendre à ses côtés ?

Le regard en coin de la guérisseuse vers la porte, puis vers Locktar, inquiéta Duncan. Les sourcils froncés, il réitéra sa demande et se leva pour paraître plus sûr de lui, plus autoritaire.

- Il vaudrait mieux pour Dame Edel qu’elle prenne un peu de repos, l’accouchement n’a pas été facile, messieurs, vous devez comprendre que—

- Permettez,
la coupa-t-il permettez au moins que mari et femme soient réunis pour quelques instants – elle n’est pas suffisamment mal pour être isolée dès maintenant, n’est-ce pas ?

La guérisseuse hésita.

- Très bien. Rapidement.

Un bras tenant toujours le nourrisson, Duncan posa une main rassurante sur l’épaule de Locktar et l’invita à le suivre. L’échange entre Duncan et la guérisseuse s’était fait voix basse pour ne pas inquiéter le jeune père, mais son visage exprimait une inquiétude grandissante qui signifiait qu’il avait aussi peur pour sa femme.

Edel était allongée dans son lit –Duncan aurait dit fracassée, tant elle semblait épuisée, pudiquement recouverte d’un drap sec, mais le front luisant de sueur, les cheveux collés sur les tempes, les yeux mi-clos.
Duncan arrêta Locktar, juste le temps de suggérer :

- Peut-être, voudriez-vous un instant seul avec Edel, mon ami ? Laissez la très compétente Miss Vinod reprendre la petite, nous serons proches, mais vous pourrez avoir votre intimité pendant que nous lavons ces petits guerriers.


Délicatement, Locktar confia sa fille aux mains expertes de la guérisseuse, qui regardait toujours Edel en coin et lançait des regards insistants à son assistante. Duncan n’était peut-être pas compétent dans ce domaine-là, mais il l’avait déjà vu faire. De plus, sa bonté et la douceur naturelle de ses gestes appelait à la confiance.
Et peut-être, une fois qu’ils seraient un peu éloignés, pourrait-il poser plus franchement les questions qui brûlaient au bord de ses lèvres à cette accoucheuse qui ne semblait pas totalement tranquille. S’il y avait le moindre problème qu’elle voulait taire, il préférait le savoir. Il n’était pas le mari.
Il était le grand-père.



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"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Ven 27 Sep 2013 - 15:09

Elle ne sut pas vraiment ce qui se passa après ses acquiecements résolus à l'infirmière. Le monde sembla se brouiller plus encore dans la souffrance, l’épuisement et l’épreuve lui tordait les nerfs. Situer son émotion était impossible, tantôt désespérée, tantôt joyeuse lorsque l’on relevait une progression, elle changeait aussi soudainement que des bourrasques tumultueuses.
Elle n’eut même pas conscience de la réussite de son objectif tant la fatigue l’accablait. Seulement que les tensions dans son corps se relâchèrent brusquement et que de nouveaux cris à la foi semblables et totalement différents des premiers, écrasèrent victorieusement le fatalisme qui lui pesait jusque là sur les épaules.
Des camaïeux de couleurs différentes et des étoiles qui se décrochaient de la moindre source de lumière se recoupaient ici et là devant ses yeux dans quelques brides d’images mal découpés. Ses pupilles mirent longtemps à faire le point, noyées dans l’océan bleu de ses iris submergés par une émotion silencieuse.
 
Une main lui tapota l’épaule et quelqu’un lui adressa la parole un sourir aux lèvres et dégageait son front de ses cheveux trempés de sueur qui lui collaient à la peau. Elle-même se sentait heureuse au plus profond d’elle-même sans réussir à savoir véritablement pourquoi et elle se sentait sourire bêtement au son des cris de ses enfants, malgré le mal être qui laissait son corps se vider de ce qui lui restait encore d’énergie et de sang. Ses yeux lui piquaient trop pour espérer les apercevoir de loin, mais leur voix était extraordinaire à entendre. De petits miaulements aigus de farouches petits chatons s’essayant à grogner à l’image de leurs cousins gigantesques les tigres.
    
Aucun mot ne franchit la barrière de ses lèvres qui laissaient encore s’échapper difficilement un souffle saccadé et de plus en plus infime.
Trop épuisée pour ça… sa tête semblait toute faite de plomb et lui pesait douloureusement. Elle avait perdu la conscience de son corps et ne sentait d’ailleurs plus du tout ses jambes ; les nerfs de ses membres certainement saturés d’information. Sa main grésilla sous son Gant et entre deux paupières lourdes elle songea qu’il faudrait qu’elle en change rapidement.
 Plus personne ne l’entourait à présent, ils étaient tous aux bons soins des nouveaux nés. Tout irait bien pour eux maintenant, du moins elle l’espérait car elle ne comprenait rien à ce qu’on lui disait beaucoup trop rapidement à son goût. Elle ne pouvait même pas les voir d’où elle était et on les emmena même dans la pièce où des gens attendaient. Elle ne comprenait pas pourquoi personne ne pensait à lui donner ses enfants, qu’elle puisse les tenir elle aussi au moins une foi dans ses bras et cette incompréhension lui broya littéralement le cœur. D’autres larmes s’échapèrent de ses yeux quand les infirmières portant les nouveaux nés, disparurent totalement de son champs de vision concidérablement réduit. Elle ne serait pas la première à les serrer contre elle et cela lui semblait être à l’instant une frustration absolument insurmontable.
 
_Comment vous sentez-vous madame ?
 
Edel geint pour toute réponse, entendre seulement cette voix l’épuisait plus encore. Elle avait la sensation désagréable d’être incroyablement sale, elle voulait juste qu’on la laisse tranquille, qu’elle puisse se reposer enfin, se libérer de ces dernières heures horribles, s’abandonner au vide qui se creusait à l’arrière de sa tête.
La personne était revenue pour s’occuper d’elle, éponger son visage, humidifier ses bras et son ventre encore sensible et puis ce fut à nouveau l’agitation.
La tête lui tourna de voir soudain tout ce monde revenir précipitamment et s’activer autour d’elle. On lui posa des compresses chaudes qui détendirent merveilleusement ses muscles encore crispés, mais également d’autres sèches semblait-il, sur son bas ventre et l’intérieur de ses jambes qu’on avait détendu.
Elle se sentait tellement faible qu’il lui tardait de pouvoir se laisser aller et envelloper par ce sommeil qui la guettait de loin sans jamais encore oser trop s’approcher de son esprit. Les nombreux changements de compresses d’abord sèches puis humides, l’empêchaient de se livrer enfin à cette inconscience tant espérée.
 
On lui parla à nouveau avec un effort d’articulation mais malgré cela le sens des mots continuaient à lui échapper. Des yeux marrons qu’elle sembla reconnaître à travers le brouillard de fatigue, exprimaient quelque chose qui s’apparentait à de l’inquiétude. Quelqu’un d’autre sembla s’appliquer à ce qu’elle ne ferme jamais trop longtemps les yeux et cela l’agaça fortement, si bien qu’elle fini par bousculer la personne. Enfin du moins ce fut son intention mais son bras retomba avant même de pouvoir toucher sa cible. Inerte, trop épuisé lui aussi sûrement.
 
Sur sa gauche quelqu’un bouscula une petite table amovible où l’on déposait les compresses qu’on lui retirait pour en appliquer de nouvelles. La couleur rouge sang qui masquait presque totalement l’écru originel du tissus absorbant, retint une seconde l’attention de son oeil. L’obscurité se referma totalement sur elle avant qu’elle puisse relever quoi que ce soit d’autre. L’ombre d’un sourir aux lèvres Edel se laissa fondre avec soulagement dans l’inconscience qui l’acceptait enfin chez elle. Elle se sentait si bien…


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Ven 27 Sep 2013 - 16:31

Djiwëlle donnait le meilleur d’elle-même, si bien qu’on aurait pu croire que ses sabots ne touchaient pas même terre. Ce n’était pas une jument faite pour la course. Ewen la montait uniquement pour ses voyages. Voyages avec ces caravanes qui avaient donc donné une certaine forme à l’équidé qui en faisait actuellement la démonstration. Il faut dire que le temps était à l’urgence, et sa maîtresse était déjà d’une humeur massacrante. Sacoches de soin accrochées aux épaules, Amarylis maudissait à cet instant la distance séparant Eoliane de l’Académie. Elle n’était pourtant pas des plus grandes, bien au contraire. Mais en cas d’impératif quelques minutes, voire secondes pouvait faire la différence. D’où le fait qu’il y ait régulièrement un rêveur présent à l’infirmerie de l’école. Hélas le personnel n’était pas nombreux à Eoliane, et souvent les rêveurs assignés à l’école de Merwyn n’étaient que des débutants, des premiers ou deuxièmes cercles, qui ainsi se faisaient la main. Mais dès qu’un cas grave arrivait, elle était de suite mise au courant et accourait.
Ce qui l’énervait, donc, était d’apprendre à l’instant qu’Edel Hil’Guidjek, grande gardienne et femme de son vieil ami Locktar, venait d’accoucher ! Et que les guérisseuses s’étaient considérées comme suffisamment aptes pour cela. Pas qu’elles ne le soient pas. Mais un accouchement est toujours, toujours à risques. Et dans ce cas là on ne peut se contenter d’un élève rêveur. Et puis, sans blague, elles avaient à portée de main Amarylis Luinïl, rêveuse reconnue pour ses exploits en accouchements ! La Maitre Rêveuse n’avait pas particulièrement la grosse tête, mais là, quand même !
Enfin elle atteint l’Académie, et sauta de sa monture, laissant les rennes à la première personne qu’elle croisa.


-Urgence ! Merci !

Elle ne prit pas le temps de savoir si c’était un élève ou un garde et s’il était d’accord pour amener Djiwëlle aux écuries. Là n’était pas l’importance. Elle bifurqua dans l’aile est, manquant à plusieurs reprises de percuter quelqu’un ou de se payer une colonne de pierre. Elle grimpa les escaliers en sautant des marches malgré son souffle coupé par la course. Et entra en trombe dans l’infirmerie. La guérisseuse l’accueillit, ouvrant grand les bras.

-Par la Dame, merci ! Vous êtes déjà là ! Elle ne va pas bien du tout, elle s’enfonce, je…je ne sais pas…

-Poussez-vous. La coupa-t-elle, sèchement.

Locktar et Duncan étaient tous deux au chevet d’Edel, avec une mine plus qu’inquiète. Deux aides soignantes avaient mis les bébés à l’écart, afin qu’ils ne voient pas la mère ainsi. Amarylis posa une main sur l’épaule de Locktar, mais ne s’attarda pas. Elle posa ses sacoches et s’approcha de la jeune maman. Elle plaqua une main sur le front, et l’autre sur le ventre encore gonflé, et ferma les yeux, priant les divinités pour qu’il ne soit pas trop tard. Elle fut soulagée de voir que la femme n’avait pas atteint le seuil du coma. Il lui restait du temps. Peu, mais du temps. Par contre, au niveau du ventre elle sentit un concentré de sang anormal. Hémorragie. Et au vu du peu de sang qui s’écoulait encore d’entre ses cuisses : interne. Donc plus compliqué, bien plus compliqué.

-Je…Puis-je faire quelque chose Dame Amary…

-A-t-elle vu ses bébés ?

-Pardon ?

-Lui avez-vous mis ses bébés dans ses bras avant qu’elle ne s’enfonce ?

-Non, bien sûr ! Elle était trop faible, alors…

La directrice d’Eoliane rouvrit des yeux furieux.

-NON BIEN SÛR ?! La première chose à faire, pour apaiser une maman et éviter qu’elle ne stresse, et donc n’aggrave de potentielles lésions par ce même stress, c’est de lui donner ses enfants. Qu’elle les tienne, surveillée, ne serait-ce que quelques secondes si le temps presse, mais qu’elle est tenu ses progénitures avant de…en cas de complication !

Elle soupira, et s’aperçut que dans sa colère elle n’avait que fait croitre l’inquiétude de Locktar et Duncan.

-Pardonnez-moi. Je vais la tirer d’affaire, je vais tout mettre en œuvre pour qu’elle tienne vos enfants. Guérisseuses, apportez-lui de nouveaux linges propres et préparez-vous à son réveil.

Elle n’attendit pas de réponses et se plongea dans le rêve, les deux mains plaquées à présent sur le ventre. C’était un énorme fouillis à l’intérieur, de véritables cailloux de sang bloquaient la circulation. Elle puisa donc toute son énergie pour démêler tout cela. Elle devait fluidifier le sang, sans pour autant créer de nouvelles hémorragies ailleurs dans le corps. D’abord, évacuer le sang. Ensuite trouver la déchirure intérieure responsable de cette accumulation. Consciente que le temps ne jouait pas en sa faveur, elle prit tout de même le temps d’y aller en douceur, afin de ne commettre aucune erreur. Et elle dégagea les cailloux de sang à travers l’utérus de la mère. Trop pressée et énervée, elle n’avait pas prévenu les proches, et nul doute que la vision de sang s’écoulant à flot de la gardienne allait faire peur. Mais elle ne pouvait pas rompre le contact pour les rassurer, et elle espéra que les guérisseuses auraient la jugeote de ne pas les paniquer plus, et d’éponger de suite le sang pour que cela paraisse moins impressionnant. Une fois l’hémorragie résorbée, elle put sentir, comme une vue d’ensemble, d’où venait le problème. Le muscle utérin s’était légèrement déchiré, dû à l’accouchement difficile. Et malheureusement, c’étaient souvent les plus petites déchirures internes qui engendraient les plus gros saignements. Elle se concentra sur le muscle et y déversa une chaleur pour le réparer. Cela lui prit un quart d’heure, avant qu’elle ne puisse ouvrir les yeux et lever les mains en l’air.
Elle prit de nouveaux linges qu’on lui tendait et couvrit Edel, enjoignant les guérisseuses à la nettoyer au mieux, afin qu’elle se réveille sereine. Puis elle apostropha de nouveau la guérisseuse en chef.


-Vous avez une rêveuse récompensée, et donc spécialisée pour ses travaux en matière d’accouchement dans une confrérie à deux pas de l’Académie, et il ne vous vient pas à l’esprit de l’appeler pour superviser la naissance de jumeaux ? Vous auriez pu la tuer. Comme tout aurait pu bien se passer. Je ne doute pas de vos compétences, mais lorsque l’on a un professionnel comme voisin, c’est de la bêtise pure que de l’ignorer. Je veux être tenue au courant de chaque accouchement dans cette école et les superviser, afin qu’aucune mère ne soit privée du contact des enfants qu’elle a porté neuf mois durant.

Elle la planta là, et s’approcha, souriante de Locktar.

-Elle va se réveiller d’ici quelques minutes. Tu peux aller chercher vos enfants, Locktar, nul doute que la première chose qu’elle voudra faire, c’est les tenir. Félicitation, tu es papa !


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Mer 9 Oct 2013 - 1:50

Locktar n'était qu'inquiétude. Le bonheur d'être père avait laissé la place à la peur de voir sa femme mourir. Il n'était pas dupe. On avait bien essayé de le ménager et de lui dire que tout allait bien mais il se rendait bien compte que les infirmières n'avaient pas un visage radieux. Elles étaient toutes inquiètes. Duncan semblait avoir plus d'informations que lui car il avait immédiatement éloigné les enfants et il arborait un air soucieux.


- Mon ami, dites moi ce qui se passe. J'ai besoin de savoir.

Duncan n'eut pas l'occasion de répondre. Une personne que Locktar connaissait bien fit son entrée. Amarylis. Une rêveuse. Cette présence aurait pu rassurer le maître d'armes mais au contraire, elle le plongea encore plus dans la peur. On ne faisait pas appel à des rêveuses pour rien. Il y avait un problème. Un immense problème qui nécessitait la présence d'une rêveuse de talent.


Les infirmières firent éloigner Locktar et Duncan.



- Non, je veux être à ses côtés, je vous en supplie.

Duncan joignit ses forces aux infirmières et le maître d'armes plia. Il se laissa tomber sur une chaise et il craqua. Des larmes se mirent à couler. Il ne pleurait que peu de fois. Mais, cette fois-ci c'était trop. Il était totalement incapable d'aider Edel dans son combat. Il détestait être inactif. Pire encore, il était impuissant alors que la mort tentait de lui ravir la femme qu'il aimait.


- Courage Edel, tu dois te battre! Tu as connu bien pire, allez Edel!

Il se répétait ces mots en espérant que ça puisse changer quelque chose, tout en sachant que ça n'influencerais pas le résultat. Pendant de longues et interminables minutes, Locktar se rongeait les ongles, fixant un point invisible. Puis, il sentit une main rassurante sur son épaule. Il leva la tête et mis un temps avant de se rendre compte que c'était Amarylis. Elle le rassura. Edel était sauve. De soulagement, il embrassa son amie.


- Merci de l'avoir sauvée, merci infiniment. 

Il alla chercher ses enfants et il s'approcha d'Edel:

- Regarde ma chérie, ils sont nés.

Il déposa au creux des bras encore faibles de sa femme, leur fille.



[Désolé, c'est court mais je suis à... cours () d'inspi, si vous voulez m'insulter, envoyez moi un MP, je verrais ce que je peux faire]


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Il est plus facile de faire la guerre que la paix







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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Ven 1 Nov 2013 - 22:25

Amarylis.
En temps normal, Duncan aurait été heureux de voir sa vieille amie entre les murs, où elle ne se faisait que trop rare.
Mais la voir apparaître aujourd’hui, manifestement arrivée en urgence, au milieu d’un accouchement qui donnait tous les signes de mal se passer, creusait dans le cœur de Duncan une inquiétude supplémentaire. Les invectives de la rêveuse aux aides soignantes avaient quelque chose de terrifiant aussi. Les accuser d’incompétence devant leurs yeux…
Locktar était le plus inquiet des deux, constata-t-il en se retournant vers lui. Duncan dut se joindre aux soigneuses pour l’empêcher de trop s’approcher d’Amarylis et de sa femme. Retenir Locktar, cette masse de muscles surentrainée, avait quelque chose d’un peu vain quand on était un professeur de légendes et de lettres cardiaque qui n’avait jamais soulevé une haltère de sa vie. Mais heureusement, le Maître d’Armes battit en retraite.

Et il fit quelque chose qui désarçonna Duncan encore plus que tous les évènements présents, déjà bien alarmants en soi : il se mit à pleurer.
De toutes les personnes qu’il connaissait, Locktar était le dernier dont il s’attendait à ce qu’il pleure. Le Primat des Teylus était un roc, une force que personne ne pouvait arrêter, une âme confiante et qui avait déjà affronté maintes guerres.

Duncan s’assit à côté de son collègue et ami, et tenta de le réconforter comme il pouvait. Ce qui devenait de plus en plus difficile à mesure que la peur le gagnait aussi. Edel était inconsciente et même si Amarylis la masquait en partie, le flot de sang qu’il vit soudain couler d’entre les cuisses de la Première Gardienne de l’Académie fit fuir toutes couleurs du visage de Duncan, qui se mit à se ronger les ongles aussi.
Il n’était pas prêt à subir un nouveau deuil. Il n’était pas prêt à voir Locktar veuf, à voir des enfants orphelins dès la naissance. Il ne serait pas assez solide pour résister à ça.

Le Don des rêveurs était puissant. Dame Amarylis, il le savait, était une des plus puissantes rêveuses de l’Empire, et une des personnes dans laquelle il avait le plus confiance. Mais le serait-elle assez pour sauver Edel des griffes de la mort qui s’approchait à grand pas… ?
Duncan murmurait des prières à la Dame fébrilement, pour tenter de se rassurer, les yeux fixés sur Amarylis comme si la fixer était lui transférer sa foi, son énergie et son inquiétude. L’attente était interminable, et le bruissement des soigneuses à l’arrière-plan qui s’occupaient de nettoyer les enfants avait quelque chose de profondément agaçant.

Le vieux professeur de civilisation et de lettres se sentait coupable. Il avait aidé les soigneuses à éloigner les enfants de l’étreinte de leur mère pour laisser la place à Locktar, et pour leur administrer les premiers soins que toutes les soigneuses faisaient à la naissance des enfants. Si Edel mourrait de ne pas avoir tenu tout de suite ses enfants dans les bras….
Ce serait en partie de sa faute. Il n’était pas soigneur, et pourtant il avait assumé certaines prérogatives alors qu’il n’avait jamais accouché d’enfant lui-même. Si la Dame lui rappelait par cela qu’il aurait du, dans son destin, être père à plusieurs reprises et le punissait de ne pas posséder le savoir qui accompagnait les enfantements à cause de ça…
Non, c’était trop dur.

Le visage dans les mains, Duncan attendit. Longtemps.

Jusqu’à entendre la voix d’Amarylis à leur côtés, et qui le fit se redresser. Son visage, radieux, souriant même si fatigué, ôta un énorme poids du cœur du vieux professeur. Amarylis n’arborerait pas un tel sourire si le pire était arrivé. Duncan donna une tape joyeuse sur l’épaule de Locktar quand il se leva pour aller retrouver sa femme – et ses enfants, et Amarylis se posa sur la chaise que le Maître d’armes venait de vider.

Après s’être frotté les yeux pour ôter toutes les larmes qui avaient menacé d’en couler et pour retrouver une certaine contenance, Duncan donna une étreinte rassurée et chaleureuse à son amie, qui venait de leur apporter un tel bonheur que c’était inqualifiable.

- Que ferions-nous sans vous, Dame Amarylis ! Pendant un instant, j’ai cru que le pire était arrivé.. Le rêve est vraiment un des plus grands cadeaux de la Dame.

Du sang tâchait encore les mains de la Directrice d’Eoliane, qu’elle essuya rapidement sur une serviette tendue par une des soigneuses. Son regard revenait régulièrement à  Edel, comme pour surveiller que tout continuait à bien se passer. Edel était réveillée, mais la silhouette de Locktar l’empêchait d’entendre ou de voir ce qui était en train de se passer entre eux.
Mieux valait qu’ils aient leur intimité.

- Je ne sais combien de vies vous avez contribué à sauver, Amarylis, mais permettre à une famille de vivre heureuse, à un mari d’avoir sa femme, à ses enfants d’avoir une mère, c’est la plus belle chose que l’on puisse accomplir dans une vie.

Il poussa un soupir.

- Ce beau spectacle ne vous donne-t-il pas envie de fonder une famille, mon amie ?
demanda-t-il d'un ton nostalgique. A consacrer vos talents principalement à des gens que vous aimez, qui vous rendent heureuse ? Soigner d'une caresse de la main les égratignures que vos enfants se feraient en tombant d'un arbre ?



_______________


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qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


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MessageSujet: Re: Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]   Mar 5 Nov 2013 - 12:20

C’était si agréable de lâcher prise enfin… ne plus avoir mal, ne plus lutter, se laisser simplement dériver paisiblement vers cet inconnu si sombre, mais finalement pas si terrifiant... Elle respirerait certainement mieux une foi arrivée à destination, c’était sûr. Quelque chose de grand allait l’effleurer elle le sentait dans tout son être ; elle pouvait presque le toucher du doigt, lever ce voile qui les séparait encore… elle aurait pu le faire, si il n’y avait pas ce quelque chose de différent qui avait ralenti soudain sa progression et l’empêchait de tendre le bras pour voir plus loin… une douce chaleur à l’abdomen la fit même reculer lentement et elle s’emplifia à mesure que des sensations déjà presques oubliées, gagnaient à nouveau sa conscience.
 
Elle était allongée. C’est tout ce qui lui vint à l’esprit durant plusieurs minutes. Elle n’était pas seule, elle sentait cela également et quand elle parvint à bouger l’un de ses doigts, elle se sentit comme précipitée dans le bain de brume qu’elle avait réussit à quitter il n’y avait pas si longtemps. Le voile n’était plus là et quelques sensations désagréables se refermèrent de nouveau sur elle. Des mains étaient posées sur son ventre, la chaleur semblait provenir de cette source. Lorsqu’elles la quittèrent elle ne souffrait plus que de la fatigue et un temps interminable sembla s’écouler avant que la force d’entre ouvrir les yeux ne l’emplisse complètement. Edel se sentit soupirer, elle avait dû faire un malaise… où était-elle ?
 
Son iris eu du mal à faire le point alors que ses paupières s’ouvraient plus grands et des bruits sourds commencèrent à lui parvenir de plus en plus clairement. Il y avait des voix ici et là. Quelqu’un se pencha sur elle et la couleur noisette d’un regard tendre évoqua chez elle une sensation agréable. Elle le connaissait ce regard plein de convictions, elle la connaissait cette couleur à première vue plutôt sombre… car si on prenait le temps de les observer parfois, on pouvait apercevoir sa capacité à s’illuminer discrètement en quelques reflets plus clairs, grâce à son aptitude à capter quelques éclats de la lumière environnante. Elle l’avait vu tant de fois dans ces yeux… pourtant en cet instant ils semblaient bien plus briller que de coutume. Sa vision s’élargit pour mieux comprendre ce visage qu’elle aimait contempler et elle releva l’humidité des coins de l’œil, sur la joue… elle sentit son front se plisser d’incompréhension. Le regard qu’elle connaissait bien n’avait jamais adopté l’expression qu’elle discernait de mieux en mieux chaque seconde.
 
_Locktar ? – silence, hésitation. - Est-ce que… tu pleures ?  - s’entendit-elle à peine murmurer dans un souffle -
 
 Son cœur lui rappela qu’il battait encore en lui pinçant un peu la poitrine. Sa main quitta l’endroit où elle était allongée pour aller toucher la joue humide, ses doigts confirmèrent ce qu’elle voyait. Elle n’eut le temps de rien ajouter car il parla enfin :
 
- Regarde ma chérie, ils sont nés.
 
Il lui remit quelque chose dans les bras. Il en avait un lui aussi, tout gigotant qu’elle n’avait pas encore remarqué. Quelqu’un sur sa droite l’aida à tenir le cadeau, ça semblait fragile… quand ce fut tout contre elle, elle se sentit bien comme jamais encore... un mélange d'apaisement, de joie sereine, de quelque chose qui ressemblait fort à de l'amour ou du moins quelque chose d'aussi rassurant, une forme d'affection qu'elle ne connaissait pas. 
C’était tout chaud et il semblait y avoir de la vie à l’intérieur... quelque chose de tout serré et emmitouflé. Cinq minuscules doigts sortirent de façon hasardeuse de la boule de couverture et certaines connexions se rétablirent enfin en elle.
Elle se sentit soudain pleurer en serrant le petit paquet contre elle, son cœur battant la chamade. Une infirmière posa une main dans son dos en ouvrant un peu plus la couverture pour qu’elle se rende compte un peu mieux qu’il s’agissait bien d’un petit ange à l’intérieur…
Voilà pourquoi Locktar pleurait ! Deux petits anges l'avaient suivit jusqu'ici... 
 
Les épaules secoués par l’émotion elle se tourna désorientée vers Locktar qui s’approcha un peu plus. Elle aurait voulu dire quelque chose mais elle était sans voix, le prendre dans ses bras, mais la place manquait ! Il faudrait trouver une astuce, une parade pour que tout le monde ait un peu de place !  Elle souriait si fort que des crampes dans les joues venaient lui crisper le visage déjà bien fatigué.
Le petit paquet bien callé au creux de ses bras, ils étaient enfin complètement seuls. Cela lui permit de chatouyer le poignet de son mari dans un appel affectueux qu’il sembla comprendre car il lui prit la main. Il fallait qu'elle se rattache à quelque chose de tangible... un repère. Est-ce qu'elle dormait encore? La chaleur de la main dans la sienne semblait bien réelle.
 
_Comment va-t-on faire maintenant?
 
Dit-elle plus pour elle-même que pour personne d’autre, mais Locktar sembla l’entendre car il se mit à sourir un peu plus.
 C’est vrai, des anges ça ce ne s’élevaient pas comme ça ! Ils semblaient tellement fragile… ils allaient sûrement en casser un, deux gros bourrins qu’ils étaient !
 
_Il va nous falloir de l’aide… 

Et pas qu'un peu.


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Voyez-vous double vous aussi? o.O [Inachevé]
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