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 Eriana Fontaine

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Assistante du Maître d'armes
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Age IRL : 24


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MessageSujet: Eriana Fontaine   Dim 21 Aoû 2016 - 21:43


Fontaine, Eriana


Humaine - Guerrière

Nom - Fontaine

Prénom - Eriana

Race - Humaine

Age - 23 ans

Classe - Guerrier


Description Physique et Mentale

- Description physique -

Elle a les épaules épaisses et noueuses qu’on connaît aux habitués des armes lourdes, les mains calleuses et abîmées propres aux archers, et la peau marquée çà et là de bleus, de petites cicatrices et de quelques grandes balafres. Elle a la taille mince et marquée par des hanches larges et rondes, et ses cuisses généreuses en muscles sous une couche de tissus adipeux sont adaptées à la vitesse plutôt qu’à l’endurance. Au toucher, ses tibias sont bosselés de micro fractures. Eriana est une femme robuste. Pas spécialement grande, pas vraiment petite non plus, son physique déconcerte.

D’abord, il y a ses cheveux courts qui retombent en boucles sombres sur son visage, comme une chevelure de petit garçon sur une femme adulte. Il y a ses oreilles en pointes, héritage de son arrière-grand-mère faëlle, incongrues sur un corps d’humaine ordinaire. Il y a ces myriades de taches de rousseur qui jonchent ses pommettes, son nez, son dos, ses bras, le haut de ses fesses ; il y a la sensualité de ses formes contre la puissance brute de son corps.

Eriana a les sourcils broussailleux et sévères de sa mère et les lèvres charnues de son père, son arc de cupidon un v bien marqué. Sa mâchoire est saillante, et on peut voir des petits muscles s'y activer sous la peau lorsqu’elle serre les dents. Elle a les iris noires de son arrière-grand-mère, un puit sans fond au milieu de deux grands yeux qui lui mangent le visage – de grands cils noirs, une ligne de khôl sur chaque paupière et des cernes violacées. Elle a le visage dur et enfantin à la fois. Une blessure qui a mal guéri a laissé sa marque pas très loin du contour de sa mâchoire ; une longue cicatrice claire qu’on remarque particulièrement à la saison estivale, lorsque le reste de sa peau se gorge de soleil et brunit.

- Description du caractère -

Eriana est une femme qui n’aime pas attendre. Si elle le pouvait elle ferait tout tout de suite et tout en même temps. Dans la vie quotidienne ses gestes sont rapides et imprécis, maladroits, elle s’occupe d’une chose et puis d’une autre, nerveuse, comme un enfant hyperactif et incontrôlable. Son tempérament de feu s’embrase à la moindre remarque déplacée, et la provoquer est tellement facile que c’en était un jeu pour les gamins de son quartier.

C’est une personne qui supporte mal la solitude, mais que la foule met mal à l’aise. Animal un peu farouche, anxieux, qui se complait dans la compagnie de personnes qui lui sont chères et redoute les nouvelles rencontres tout en craignant l’isolement. Autant de malaises qu’elle cache sous des expressions exagérées et des phrases automatiques, habituée à vivre en société et à mettre ses propres complexes de côté. Dans les larges groupes, on la reconnaît comme la personne qui écoute beaucoup et parle peu.

En plus petit comité, en revanche, elle s’exprime volontiers et se révèle être une personne enjouée, qui aime rire et échanger. C’est quelqu’un qui apprécie les plaisirs simples ; partager un bon repas avec des amis, tremper ses pieds dans l’eau claire d’une rivière en été, écouter des histoires au coin d’un feu en hiver.

Eriana est aussi une personne de courage – parfois inconsidéré – qui n’hésite pas à se mettre en danger pour défendre ses valeurs, quitte à se prendre une raclée par quelqu’un de plus grand et plus fort. Depuis toute petite déjà, c’est le trait de caractère qui la définit avant tout autre.

- Principale(s) qualité(s) -

Généreuse, déterminée, hardie.

- Principal(s) défaut(s) -

Imprudente, susceptible, impatiente.

- Particularité(s) -

Dans l'intérieur de sa cuisse gauche, elle a une tâche de naissance claire, plus ou moins en forme de flèche.

- Capacité(s) -


Eriana est d’abord et avant tout une excellente chasseuse. Comme partout ailleurs, les enfants du quartier d’Eriana jouaient à la guerre. Chacun fabriquait sa propre arme avec ses petites mains, faisant de quelques bouts de ficelles et d’un ou deux bâtons des épées, des lances, et – pour Eriana – un arc et des flèches. Son apprentissage du tir à l’arc a commencé à ses 8 ans, et la chasse est devenu plus tard son moyen de prendre part à l’entreprise familiale. Elle a appris à traquer ses proies et à lire les messages que l’environnement lui laissait. Elle a également appris à rester impassible et concentrée, silencieuse et précise dans chacun de ses gestes. Avec un arc dans les mains, Eriana perd toute trace de la fébrilité qu’on lui connaît d’habitude - tirer est une seconde nature chez elle et la rend méconnaissable.

Le deuxième apprentissage martial d’Eriana fut celui du maniement de l’épée et du bouclier. Comme la plupart des combattants alaviriens, elle travaille avec une épée bâtarde. C’est un art qui lui demande plus de force brute que l’archerie, et dont l’exercice l’épuise considérablement. Elle est douée sans être excellente, ce qui est loin de la satisfaire, et s’efforce de pratiquer autant que possible afin que chaque geste devienne un automatisme.

Malgré ses réticences à l’admettre, Eriana n’a par contre aucune expérience en équitation et ne sait pas monter à cheval. Comme beaucoup d’autres citadins non-nobles, elle n’a également jamais appris à nager. C’est une terrible menteuse, une déplorable cuisinière, et – bien qu’elle sache lire – sa connaissance de l’Histoire et des différentes cultures alaviriennes est tristement maigre. Nul dans sa famille n'a le don du Dessin.


Vécu et Situation Sociale

- Situation familiale et sociale -

Eriana est fille unique, mais a vécu son enfance avec de nombreux cousins et cousines. Les membres de sa famille paternelle vivent du commerce depuis des années et ont réussi en deux générations à bâtir une fortune considérable. De fait, bien qu’elle n’ait jamais connu le luxe matériel, Eriana n’a jamais manqué de rien et a pu bénéficier d’une éducation en lettres et en arts martiaux.

- Histoire -

Dans le quartier des Brûleurs, les enfants de petites gens et ceux de la noblesse ne se mélangeaient pas. C’était ainsi, et personne n’y trouvait rien à redire. Eriana et ses cousins jouaient à la guerre avec leurs épées en bois, pendant que les enfants de la haute apprenaient à peindre, à jouer du clavecin et à réciter par cœur les noms des empereurs des cent dernières années. Sauf Dani. Dani préférait les bouts de bois à ses pinceaux et les cris de guerre à la mélodie des instruments de musique. Dani se fichait de l’empereur, et préférait sauter dans les flaques et tirer à la fronde. Dani était facilement la plus jolie des enfants du quartier. Lorsqu’elle se déclarait guerrière d’un camps – les Raïs, les Faëls ou les Alaviriens – tous les garçons la suivaient en espérant prouver leur bravoure face à l’ennemi et gagner son cœur. Mais quand la Grande Guerre d’Ilhuin arriva, aucun ne fut à la hauteur.

C’était un jour d’hiver. Les Raïs avaient envahi le territoire Faël. La moitié du peuple d’Ilhuin – une douzaine d’enfants – avait été capturée, tandis que l’autre moitié se terrait dans l’ombre – la cabane à outils de Vargorn l’éleveur de chèvres – en attendant une ouverture. Dani était à la tête des Raïs. Une adversaire redoutable, stratège remarquable et oratrice sans pareille, qui savait donner à ses guerriers le courage nécessaire aux raids qu’elle commandait. Plus personne ne croyait en la réussite des Faëls. Alors que le désespoir immobilisait le reste des troupes, Eriana décida d’agir. Seule et dépourvue de toute arme, elle se rendit au campement Raï et demanda à voir leur chef.

« Danikar zo Rasvar, grande reine des Raï. Tes guerriers se sont bien battus. Il ne reste qu’une poignée d’entre nous et ta victoire est proche. » Son ton était solennel et résolu. « Tu sais pourtant qu’elle ne sera pas entière, tant que tu n’auras pas mis la main sur le reste de mon peuple. »

Danikar zo Rasvar évalua d’un regard bleu glacé l’envoyée Faëlle, pas l’ombre d’une expression sur son visage. Elle ne lui fit pas la grâce de répondre. Eriana prit une longue inspiration.

« J’ai été chargée par mon peuple de te porter cette victoire, à une condition. Moi, Erianys, fille d’Ama, demande un duel contre ton plus grand guerrier. Si je perds, je m’engage ici et maintenant à te donner l’endroit où sont cachés mes frères Faëls. Si je gagne … » Danikar esquissa un sourire moqueur « … tu t’engages ici et maintenant à libérer tous tes captifs, et à quitter nos terres. Nous ne te poursuivrons pas et nous pardonnerons tes actes. Chacun pourra repartir de son côté et vivre sereinement. » Un lourd silence tomba sur le camp. Erianys retint sa respiration.

Le ricanement de la reine lui glaça le sang.

Danikar zo Rasvar ferma la distance qui la séparait d’Erianys en deux grandes enjambées, prit son visage dans une main et plongea les dagues glacées qu’étaient son regard dans les yeux effrayés de la Faëlle. Son visage était si près du sien que lorsqu’elle parla, Eriana pouvait sentir les effluves de menthe et de citronnelle dans son souffle.

« Et pourquoi risquerais-je de perdre tout ce que j’ai accompli, quand je pourrais simplement continuer de traquer les tiens comme la vermine que vous êtes ? » Les mains d’Erianys étaient moites. L’air qu’elle inhalait à grandes inspirations semblait manquer d’oxygène, et des frissons lui secouaient régulièrement l’échine. Pourtant sa voix ne trembla pas. « Tu ne les trouveras jamais. »

Un éclat de colère apparut dans les yeux de son ennemie naturelle pendant une fraction de seconde. Danikar zo Rasvar retira ses doigts de la mâchoire d’Erianys et fit un pas en arrière. Son expression avait perdu toute trace d’amusement.

« Tu me laisseras choisir mon héros. » Plus une affirmation qu’une question. Erianys hocha la tête. « Qu’est-ce qui me garantit qu’une fois ta défaite établie, tu me donneras bien la position de votre cachette ? »

Erianys se baissa et glissa une main dans sa botte. Elle en retira une flèche – une branche de noisetier – et la tendit devant elle, ses deux mains l’empoignant fermement au centre. Son regard se planta dans celui de la Reine.

« Je le jure sur ma flèche. » Et en un mouvement sec, elle brisa l’instrument de mort en deux. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Danikar zo Rasvar.

« Je pense que tu connais déjà mon choix de héros. Morvan, approche-toi. »

Bien sûr, Erianys savait depuis le début contre qui elle se battrait. Morvan était un nom qui faisait trembler les Faëls depuis des années dans tout Ilhuin. À quatorze ans, il était le doyen des deux armées et faisait deux têtes de plus que tout le monde. À la louche, il devait peser deux fois le poids d’Erianys. Elle avait quitté sa cachette en connaissant les risques, elle ne reculerait pas maintenant.

Les règles des duels dans le quartier des Brûleurs étaient relativement simples. Le premier qui réussissait à immobiliser son adversaire au sol pendant une poignée de secondes était vainqueur, et tous les coups étaient permis. Dans ce cas de figure précis, Il suffisait à Morvan de prendre Erianys par le col, de la forcer au sol et de la bloquer simplement avec le poids de son corps. S’il parvenait à la mettre en déséquilibre, c’était la défaite assurée pour elle. Un guerrier raï sonna le début du duel. Morvan s’approcha d’elle avec l’assurance tranquille de celui qui se sait vainqueur d’avance. Erianys s’efforça de ne pas reculer. Ses deux bras étaient relevés en défense devant elle, ses poings fermés prêts à frapper. Deux petits poings frêles d’une fillette de dix ans. Elle laissa Morvan saisir son poignet droit. Le héros raï ne fit pas même l’effort de paraître sur ses gardes. Elle ne lui donna pas le temps de réfléchir.

Avant qu’il attrape son bras gauche, elle ouvrit son poing d’un mouvement brusque devant le visage du raï. La poussière qui y était enfermée recouvrit ses yeux, lui tirant une exclamation de surprise. Sans attendre, Erianys posa sa main libre sur celle qui l’empoignait. Ses phalanges se bloquèrent autour du pouce du raï, et d’un mouvement sec elle dégagea son poignet de son emprise. Alors que Morvan commençait à faire un mouvement pour l’attraper par l’épaule, elle termina son mouvement en refermant sa main droite – fraichement libérée – sur le plat de la main du Raï. Une fraction de seconde avant que Morvan ne mette sa main libre sur elle, Erianys enclencha la clef de poignet qu’elle venait d’arranger. Un second cri franchit les lèvres de son adversaire – de douleur, cette fois – et il n’eut pas d’autre choix que de suivre le mouvement qu’elle lui imposait en appuyant sur ses jointures. Il se retrouva au sol, les yeux rougis par la poussière, incapable de faire quoique ce soit. Vaincu.

Des bourdonnements d’étonnement et d’admirations commencèrent à se faire entendre dans l’armée raïe. À deux mètres de là, le regard de Dani brillait d’émerveillement, fixé sur Eriana si intensément qu’elle se sentit nue. Les Faëls avaient emporté la guerre et la légendaire Erianys serait rappelée dans les mémoires des générations à venir par le chant de ses exploits. Mais à ce moment précis, Eriana n’avait d’yeux que pour l’éclat d’admiration et de fierté qu’elle lisait dans ceux de Dani. Elle, Eriana Fontaine, fille de marchands, enfant du peuple sans titres et sans terres, s’était montrée digne de l’admiration de Daelilah Til’Lisvel, la plus jolie fille du quartier des Brûleurs.




L’évènement de la Grande Guerre d’Ilhuin marqua le début d’une amitié inébranlable entre Dani et Eriana. Elles grandirent côte à côte, inséparables malgré le désaccord de la famille de Dani. Les guerres qui secouaient le quartier des Brûleurs se succédèrent, mais pendant de longues années, aucune ne fut aussi mémorable que celle où une petite Faëlle sauva son peuple sans aucune aide. Passé l’âge des treize ans, la plupart des enfants devenaient trop grand pour l’imaginaire qu’ils avaient contribué à forger, et passaient le flambeau aux plus jeunes. (Morvan avait été une exception, car il appréciait d’être le plus grand et le plus fort d’une bande. Après sa défaite spectaculaire, il s’était retiré lui aussi, laissant sa collection d’armes derrière lui.) À chaque départ, une cérémonie était organisée pour remercier les guerriers de leur courage, et rappeler leurs exploits à tout le monde afin de donner un exemple aux plus jeunes. Dani et Eriana quittèrent le monde des enfants le même jour. Elles furent abondamment honorées de divers cadeaux et, pour l’occasion, on but du vin chapardé au père de l’un des guerriers – coupé à l’eau pour la plupart, car il était mauvais.

Une fois cette page de leur vie tournée, elles n’entendirent plus jamais parler de Raïs ou de Faëls. Ceux qui quittaient le monde des enfants ne pouvaient jamais y revenir, et les guerres alaviriennes étaient battues, gagnées et perdues dans le plus grand secret. Après cette étape, les enfants qui n’étaient plus des enfants se concentraient sur leurs études ou commençaient à travailler et à aider leurs parents. Les rares qui n’obéissaient pas à cette règle finissaient dans la bande de Jakkal-pieds-plats, un voyou qui vivait du trafic d’objets volés et terrorisait les plus jeunes.

Eriana avait commencé son entraînement à l’arc bien avant ses treize ans. Son père hébergeait un vétéran de guerre, Saniel Zil’Namet, un vieil homme d’une cinquantaine d’années dont la jambe avait été grièvement blessée et n’avait jamais entièrement guéri. Saniel Zil’Namet n’avait ni femme ni enfant, et contre un lit et trois repas par jour, il était heureux d’enseigner ce qu’il savait aux enfants de la famille Fontaine. C’était en partie grâce à lui, si Eriana avait pu maîtriser en quelques secondes un garçon plus grand et plus fort qu’elle.

Elle avait reçu son premier arc à huit ans. C’était un arc bon marché et mal équilibré, mais à son jeune âge et pour les années à venir, elle n’y vit que du feu. Saniel lui avait surtout appris à se familiariser avec l’instrument et à se positionner correctement, et occasionnellement l’autorisait à tirer sur des bottins de paille pour la féliciter de ses efforts. Il lui avait appris à vérifier la droiture d’une flèche, et à en tenir plusieurs dans une main sans en abîmer les délicates plumes à l’extrémité. L’archerie était un art qui demandait du muscle, et muscler un enfant trop tôt n’était jamais bon.

Son véritable entraînement commença le jour de ses quinze ans, quand elle avait terminé le plus gros de sa croissance et que son petit corps d’enfant ressemblait un peu plus à un petit corps de femme. Elle reçut son premier véritable arc de chasse, un instrument mortel bien plus travaillé et abouti que celui qu’elle avait utilisé pendant des années, parfaitement équilibré et adapté à sa taille. Et elle était incapable de l’armer. Tirer la corde sur une petite dizaine de centimètres lui prenait toute sa force, faisant trembler son bras sous l’effort. Décourageant. Saniel avait souri derrière sa moustache couleur neige et lui avait repris l’arc des mains.

« L’archerie est un art aussi physique que celui de l’épée ou de n’importe quelle autre arme. Commençons par le commencement. »

Avec quelques gestes précis, il avait retiré la corde qui bandait l’arc et tendait les deux pièces séparées à Eriana.

« À toi d’encorder ton arc, jeune fille. »




Pendant plusieurs semaines, Eriana ne fit que bander et débander son arc, chaque jour pendant des heures, jusqu’à ce que ses bras ne soient plus capable de bouger. Ça, et accompagner Saniel à ses premières parties de chasse. Alors que ses muscles se faisaient doucement mais sûrement, elle observait le vieil homme se mouvoir dans la forêt, repérer les endroits où les oiseaux viendraient se nourrir, utiliser les marques de son environnement pour se repérer et retrouver son chemin.

Elle observait, émerveillée, la précision et la vitesse invraisemblable du vieil homme lorsqu’ils tombaient sur un repère d’oiseaux sauvages. Alors que les oiseaux prenaient leur envol pour s’enfuir, sa flèche venait toujours se loger droit dans le corps du plus gros d’entre eux, bien souvent suffisant à nourrir cinq personnes le temps d'un repas. Ils trouvaient ensuite du petit bois, un endroit pour s’installer, et cuisinaient leur gibier pour le déguster à midi.

Un mois après ses quinze ans, Saniel offrit un second arc à Eriana, moins riche et moins puissant que celui qu’elle avait déjà, mais aussi plus facile à armer. Les muscles qu’elle avait entraîné jour après jours ces dernières semaines n’eurent aucune difficulté à en tirer la corde jusqu’à son oreille, stables et détendus, ses doigts prêts à décocher. Saniel l’emmena s’entraîner sur des bottes de paille pendant les mois à venir, plusieurs heures chaque après-midi. Ils allaient toujours chasser le matin, mais Eriana n’était pas autorisée à amener son arc (ni le premier, ni le second), et devait maintenant repérer d’elle-même les proies pour Saniel. Le vieil homme la suivait de près, sans aucun commentaire, la laissant se tromper et se rendre compte de ses propres erreurs. Parfois ils n’attrapaient rien pendant plusieurs jours d’affilée. C’était uniquement le soir venu que Saniel lui expliquait ce qu’elle avait fait de bien, ce que ses yeux n’avaient pas vu, et ce qu’il fallait améliorer.

Lorsque les bottes de foin cessèrent d’être intéressantes – ennemis ou proies, les cibles d’un archer étaient rarement immobiles –, Saniel autorisa finalement Eriana à emmener son arc - le vrai, le premier - avec elle. Plusieurs mois s’étaient écoulés, et elle commençait enfin à intégrer les automatismes de la traque. Elle allait bientôt fêter ses seize ans, les muscles de ses bras et de ses épaules s’étaient joliment définis, et ses hanches s’étaient épaissies suffisamment pour que les garçons de son âge – et même un peu plus vieux – commencent à la remarquer. La première flèche qu’elle décocha cette matinée-là vint trouver sa cible comme une évidence, traversant la gorge de l’oiseau de part en part. Son succès la remplit d’une immense fierté, suivi d’un petit pincement au cœur.

Eriana ne devint pas un prodige du tir à l’arc du jour au lendemain, et sur les dizaines de flèches qu’elle décocha après cette première réussite, seulement une poignée trouvèrent leur cible. Il lui fallut de longues semaines à chasser aux côtés de son instituteur avant qu’elle n’arrive à un ratio d’une victoire sur deux essais, et de longs mois pour que, finalement, la plupart de ses tirs soient couronnés de succès. À dix-sept ans, elle participait au commerce familial en apportant tous les midis trois ou quatre oiseaux bien gras, prêts à être déplumés, cuits à la broche et vendus le soir-même. Leur chair était tendre et gouteuse, et la viande de gibier s’était toujours vendue à un bon prix dans le quartier. Elle était alors suffisamment à l’aise pour chasser sans l’aide du vieux Saniel, et Dani avait pris l’habitude de l’accompagner pour la voir faire. En grandissant, les deux jeunes filles avaient trouvé moins de temps pour se voir, et les matinées de chasse offraient à toutes les deux une nouvelle opportunité de passer plus de temps ensemble.

Dani racontait comment les garçons du quartier tentaient de ravir son cœur, et lui parlait de son don du Dessin qui était apparu il y avait peu. Eriana révélait les difficultés qu’elle avait avec son nouvel entraînement – l’épée et le bouclier – et riait des missions abracadabrantes qu’entreprenaient ceux qui courtisaient son amie. Dani grandissait plus belle avec chaque jour qui passait, et tout le monde dans le quartier des Brûleurs se demandait qui réussirait enfin à la séduire. Aux yeux d’Eriana, aucun n’était à sa hauteur.




À dix-neuf ans, Eriana avait soif d’aventure, et surtout de changement. Saniel Zil’Namet vieillissait, la boutique de la famille Fontaine n’avait plus grand besoin d’elle, et Dani s’apprêtait à partir à l’Académie d’Al-Jeit pour y étudier le Dessin et l’Histoire. Dans un mois tout au plus, plus rien ne la retiendrait dans son quartier natal. Elle y était née, elle y avait grandi, et les souvenirs qu’elle y avait fait resteraient toujours ancrés au plus profond d’elle. Mais il était temps d’avancer.

Eriana arpenta les terres alaviriennes trois ans durant, proposant ses services de protection à des convois itinérants, échangeant du gibier à des transporteurs de marchandise pour une place dans leur charrette, vivant pendant plusieurs mois çà et là en travaillant comme garde ou même en servant des tables dans une auberge. Partie de son quartier d’enfance à Al-Vor, elle vit Ondiane, traversa les collines de Taj et l’entièreté du lac Chen deux fois, vivant d’abord un an à Al-Chen puis neuf mois à Al-Far. Elle s’engagea finalement dans l’un des rares convois itinérants qui traversaient les plateaux d’Astariul pour rejoindre Al-Poll, une aventure de plusieurs semaines qui mériterait à elle seule sa propre histoire. Mais chaque chose en son temps. La prochaine étape de son voyage se trouvait à l’Académie de Merwyn.



Partie RPG

Enseigner n’avait jamais été dans les projets d’Eriana. Et pourtant, dans ses mains, une lettre marquée du sceau de l’Académie de Merwyn l’invitait à un entretien pour le poste d’Assistant au Maître d’armes. Une réponse à sa propre lettre, rédigée une semaine plus tôt, qui détaillait son parcours et ses motivations, et exposait en quoi elle, Eriana Fontaine, fille de marchand, serait capable d’apprendre l’art du combat à des élèves de tous âges et de tous horizons. Son cœur était rempli d’une boule d’agitation nerveuse, un mélange d’appréhension, de curiosité et d’excitation. Cette même agitation qui l’avait éprise lorsqu’elle avait quitté Al-Vor, et à chaque fois qu’elle reprenait la route. Demain serait fait d’inconnu.

Elle quitta la ville le jour-même, son sac rempli du peu de biens qu’elle possédait : quelques fruits secs, un pain aux herbes, de la viande de siffleur séchée, une gourde, une mine de graphite coincée dans un vieux carnet, quelques sous-vêtements et vêtements de rechange et une bobine de ficelle. L’arc que lui avait offert Saniel était accroché dans son dos à côté de son carquois rempli de flèches, et à sa ceinture étaient attachés un fourreau contenant son épée courte – plus adaptée pour le voyage – et une bourse remplie de l’entièreté de sa fortune. Elle portait une simple armure de cuir.

Quitter Al-Poll lui prit une heure, atteindre l’Académie en demanda une seconde. Habituée aux longues marches, l’exercice la fatigua peu, et si son cœur battait si fort ce n’était non pas d’être essoufflé, mais de la boule d’agitation qui grandissait de plus en plus en son intérieur. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Elle était née hier. Elle n’avait connu ni la faim, ni la guerre. Comment pouvait-elle prétendre enseigner quoique ce soit à des personnes qui dans cinq ans auraient son âge. Il lui restait à elle-même tant de chose à apprendre ! Mais en même temps son cœur lui hurlait qu’elle était prête. Qu’enseigner, c’était aussi apprendre. Qu’elle trébucherait, mais qu’elle se relèverait aussitôt, comme elle l’avait toujours fait.

Elle franchit l’entrée du bâtiment en prenant une large goulée d’oxygène. À l’intérieur de l’Académie, l’air était frais, la chaleur estivale gardée à l’extérieur par les murs en pierre. La porte du bureau de l’intendant était ouverte, placardée au nom de Jehan Hil’Jildwin, l’homme qui avait rédigé – ou en tout cas signé – la lettre qui lui avait été remise le même jour.

Les jointures de sa main droite vinrent heurter le bois de la porte en trois coups secs. On lui commanda d’entrer. Automatique, le sourire qu’elle réservait aux clients se dessina sur ses lèvres alors qu’elle passait le seuil. Lorsqu’elle s’avança jusqu’au bureau où était assis l’intendant, elle était certaine de son choix.

« Bonjour, je viens pour le poste d’assistant au maître d’armes. Mon nom est Eriana Fontaine, je vous ai écrit il y a quelques jours. »

Lorsqu’elle tendit la main à l’homme assis en face d’elle, son sourire était authentique.


Autre ?

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MessageSujet: Re: Eriana Fontaine   Dim 21 Aoû 2016 - 22:20

Re-bienvenue, petite Erianaaaaaa !!! Pleins de cookies et de paillettes sur ton museau !

Bon, je te l'ai déjà dit sur la chatbox, mais j'aime énormément te lire ! *.* J'ai super hâte de voir l'histoire, en tout cas, j'adore ton perso et tes idées ! Et j'ai hâte de confronter ma Ichel et ma future Gaïa à Eriana ! I love you Oh et tu as tous les chiffres pour le code, c'est tout bon !

Si tu as la moindre question, comme je te l'ai dit, n'hésites surtout pas hug Je suis là pour ça Pelle

Courage pour l'histoire ! PomPom


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MessageSujet: Re: Eriana Fontaine   Mar 23 Aoû 2016 - 2:51

J'ai ter mi né !
À chaque fois que je me relis je retrouve de nouvelles coquilles, j'ai abandonné //

Merci pour l'accueil ! Jean-Théophane hug

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MessageSujet: Re: Eriana Fontaine   Mar 23 Aoû 2016 - 9:59

Re-bienvenueeeeeee
J'ai lu ta fiche d'une traite, elle est suuuuuuper chouette !!
Je suis contente que tu nous ais rejoins I love you
Et faudra qu'on trouve une raison à rp un jour, parce que j'aime beaucoup ton style et tout *-*
Une nouvelle assistante pour le maître d'arme, les apprentis guerriers vont avoir du boulot vampire
N'empêche c'est assez perturbant, à un moment tu parles d'un "Vargorn, l'éleveur de chèvre", tu sais que notre trésorier s'appelle Varsgorn ? Et à un autre tu dis "fille d'Ama", notre ancienne Directrice d'Eoliane s'appelle justement Amarylis, surnommée Ama, et a une fille adoptive et tout :') Enfin voilà, ça m'a bien fait rire que tu utilises des noms si proches de persos qu'on a sur le forum :') (ce qui pose pas du tout de soucis hein, a priori les noms ne sont pas uniques ni rien)


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Marmotte Ménestrel Merveilleuse à votre service !
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MessageSujet: Re: Eriana Fontaine   Mar 23 Aoû 2016 - 13:46

Que dire que dire... tout d'abord, FELICITATIONS POUR TA FICHE ! I love you
Elle est superbe et tu l'as pondue en un temps record, tu m'as impressionnée, moi qui mets des plombes à en pondre une tellement exigeante que je suis
Bref. Comme je te l'ai déjà dit, j'adore ton style d'écriture, c'est super agréable à lire, c'est fluide et tout, j'ai hâte de te voir en rp !
Je n'ai donc rien à redire, ta fiche est super ! Juste te répéter encore que je suis ultra fan de la première partie de ton histoire, avec la Guerre des Enfants ! *.* C'est tellement mignon, j'ai ri toutes les deux secondes, c'est tout enfantin, mignon et tout. J'adore Dani et Eriana I love you

Tu es officiellement validée ! hug
Nous t'avons aménagé un bel appartement pour Eriana, par ailleurs :3
Tu peux donc faire une demande de rp, sauf si tu as des projets ... et commencer à rp

Et donc maintenant, parlons sérieusement avec la réponse à ta partie RPG ! Cool




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Servir du thé est un jeu d'enfant en comparaison de tout cet art de le faire infuser. Poser les herbes, verser l'eau chaude dans la tellière, cette fumée embuant les alentours, puis attendre que les herbes fassent leur office. Jehan aime par dessus tout cet instant où l'eau change de couleur, il ne sait jamais à quoi s'attendre. Il faut avouer qu'il a fait acheter un nombre incalculable et indécent d'herbes à thé dans un accès de folie. Les cuisines ont davantage de pots à thé que de vivres. Pourquoi donc ? Parce qu'il aime le thé. Seulement ? Bien sûr que non... Il sait pertinemment que Duncan en raffole, qu'il ne jure que par une bonne tasse d'eau chaude parfumée.

Un bruit de porte enlève l'Intendant à sa contemplation. Il se lève et se retourne, pour se retrouver face à une Myra toujours aussi enceinte. Elle lui sourit, s'avance vers lui alors qu'il se demande s'ils ont rendez-vous. Certes, sa mémoire n'a jamais été inébranlable, mais il jurerait que rien dans son agenda ne puisse lui laisser penser qu'ils ont rendez-vous cet après-midi même.


- Que me vaut le plaisir de votre visite, ma très chère Myra ?

Ils passent deux bonnes heures à discuter, une tasse de thé sur les genoux. Les herbes infusées à la perfection, un réel plaisir. Il rêve de pouvoir discuter plus encore avec la Dame, seulement son rendez-vous de l'après-midi approche et n'est pas des moindres. Un nouvel enseignant est sur le point de passer la grande porte de l'Académie ! La dessinatrice se lève alors.

- Je resterai avec grand plaisir, mais mes élèves vont commencer à m'attendre si je tarde trop. Avec tout ça, je n'ose plus faire le pas sur le côté lorsque je suis trop en retard, je suis donc bien obligée de prendre la voie des pieds pour rejoindre ma salle de cours. A plus tard, Jehan ! Ce fut un délice de parler avec vous !

La primat fait une bise sur la joue de l'Intendant, passe le pas de la porte avant de refermer celle-ci derrière elle. Jehan se pose derrière son bureau, sur son fauteuil nouvellement importé d'Al-Chen, et reprend sa tasse de thé entre les mains. Il ne se passe pas quinze minutes avant qu'on ne toque à sa porte. Vif, il invite son visiteur à entrer. Devant lui se présente une jeune femme aux boucles courtes sur le visage, un large sourire aux lèvres. L'Intendant lui sourit à son tour, écoutant ses paroles. Il pose alors sa tasse, se relève et sert cette main qu'elle lui tend.

- Je vous attendais, chère Eriana Fontaine ! C'est un grand plaisir pour moi de vous rencontrer enfin et de vous accueillir aujourd'hui dans mon humble bureau. J'espère qu'en voyant nos turbulents élèves, vous ne changerez pas d'avis.

Il rit de sa boutade alors qu'il lâche la main de son invitée. Montrant une chaise à côté d'elle, il recommence à parler.

- Asseyez-vous seulement. Bien. Parlons paperasse et ensuite je vous montrerai vos appartements, la salle d'armes et je finirai par vous présentez notre maître d'armes, Locktar Hil' Guidjek.

D'un grand sourire, il commence à lui présenter ses horaires et le fonctionnement de l'Académie.


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Jehan Hil' Jildwin, Intendant de l'Académie de Merwyn, personnalité multiple et indivisible.
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Eriana Fontaine
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