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 L'amitié est une heureuse rencontre

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Dessinatrice
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MessageSujet: L'amitié est une heureuse rencontre   Jeu 30 Juin 2016 - 18:26

「 L'amitié est une heureuse rencontre 」

Enelyë & Elizia
Enelyë ramassa doucement les triangles métalliques laissés sur le comptoir, les compta consciencieusement en les faisant passer entre ses doigts, et les rangea rapidement avant de donner un paquet à la demoiselle qui attendait, sourire aux lèvres. Elle avait demandé cette robe pour un bal, où elle espérait bien éblouir une assemblée d'hommes fiers et de femmes élégantes. La Dessinatrice avait eu le temps d'y jeter un œil, et elle-même avait été fascinée : les motifs soignés des broderies, les dentelles autour de l'encolure et des manches, la forme de la robe, le tissu délicat, tout avait été méticuleusement choisi et assemblé. Elle savait bien sûr que les magasins de son père assurait la qualité avant tout, mais elle continuait à en être étonnée. La porte se referma derrière la cliente et Enelyë soupira en s'étirant.

Elle lança un regard à travers la fenêtre. La seule fenêtre qui n'était pas recouverte par une bâche : des travaux de rénovation avaient commencé dans toutes les boutiques Ril'Enflazio et celle-ci n'en était pas exempte. Elle décida de sortir un peu, pour respirer un peu d'air frais. Elle n'était pas la seule vendeuse, quelqu'un d'autre prendrait bien le relais. En quittant le magasin, elle se tourna vers le bâtiment. Elle avait eu de la chance que Varsgorn accepte si facilement de lui offrir ce travail ; car après le mariage, elle avait fui. Elle avait fui, comme elle l'avait toujours fait. Ça avait longtemps été sa plus grande spécialité. Ça et pleurer. Elle avait fui et n'avait donné de nouvelles à personne. Mais le mariage, et le voyage qu'elle avait fait à travers Gwendalavir l'avait fait grandir, mûrir. Elle ne se laissait plus si facilement submerger par ses émotions, et elle tentait de ne plus fuir, même si ses anciennes tendances la reprenaient parfois.

Enelyë frôla sa robe de sa main, cherchant la bourse qu'elle portait habituellement autour d'une cordelette qui lui servait de ceinture. Elle la trouva, et préféra la passer autour de son cou ; ce serait plus difficile à voler, si jamais. Non qu'elle ait peur des voleurs – elle était Dessinatrice après tout, elle saurait bien les rattraper – mais on est jamais trop prudent. Et comme elle refusait de se reposer sur les économies de sa famille, il s'agissait là de presque tout ce qu'elle possédait de par son travail. Malgré tout, elle ne payait tout de même pas l'auberge où elle vivait en attendant que les appartements au-dessus de la boutique soient créés, ce qui lui permettait de pouvoir acheter quelques petites choses lorsqu'elle se promenait dans la rue marchande – ce qui était exactement ce qu'elle voulait faire en ce moment-même.

Elle prit le temps de refaire correctement son chignon, puis passa sa cape rouge et dorée autour de ses épaules, laissant la capuche flotter sur ses épaules. Rien ne nécessitait à l'instant qu'elle la rabatte sur sa tête – ni soleil intense, ni pluie. Le ciel était bleu, mais parsemé de nuages qui se promenaient tels quelques moutons dans un pré grandiose. Une brise légère soufflait ; il faisait frais pour la saison. Enelyë lissa machinalement sa robe de la main et entreprit son chemin vers la rue marchande, se fondant au milieu de la foule qui se pressait dans les allées. Elle était revenue depuis quelques jours maintenant, mais l'agitation d'Al-Poll lui semblait toujours irréelle : elle avait l'impression de s'être simplement plongée dans ses souvenirs, sans être vraiment à l'endroit où elle se trouvait. Elle n'avait encore croisé aucune tête connue, bien qu'elle reconnaisse les uniformes de l'Académie. Des bleus, des noirs, des rouges. Il s'agissait vraisemblablement de nouveaux arrivants ; la vie ne s'était pas arrêtée durant son absence. Elle les enviait, quelque part. Ces nouveaux n'avaient sans doute pas connu Ril'Krysant ; n'avaient pas connu le retour du Code ; n'avaient pas connus toutes les épreuves que l'Académie avait endurée jusqu'ici. Il aurait été faux de dire que c'était son cas, mais elle avait connu une bataille horrible, avait participé à déjouer un complot qui avait une importance certaine dans les hautes sphères… Ce n'était pas rien.

Alors qu'elle traversait le marché, une voix familière lui arriva aux oreilles, à travers le brouhaha incessant qui émanait pourtant de la foule. Enelyë tourna mécaniquement la tête, ne s'attendant pourtant pas à voir quelqu'un qu'elle connaissait vraiment. Mais ses yeux noisettes s'écarquillèrent un instant, avant qu'un sourire n'étire son visage. Altière, avec une attitude digne des nobles, elle s'approcha doucement de la demoiselle qu'elle avait repéré. Elle attendit patiemment que sa discussion fut terminée, avant de s'approcher d'elle.

- Elizia ?

Elle eut peur un instant de s'être trompée, mais les cheveux roux, les jolies taches de rousseur et les yeux pétillants de la jeune femme effacèrent ses craintes. Elle lui sourit, tendant la main vers elle, comme pour l'inviter à s'approcher. Comme une personne retrouvant une amie qu'elle n'a pas vue depuis longtemps.
à suivre...



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Majordome et Gardienne des Clés
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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Sam 2 Juil 2016 - 15:12

Depuis qu'Elizia avait débuté dans ses nouvelles fonctions de majordome et de gardienne des clés, elle ne savait plus où donner de la tête. À vrai dire, elle ne se doutait pas que cela lui demanderait autant de travail. Certes, elle s'attendait à être fréquemment sollicitée et à devoir courir un peu partout, au moins pendant les premiers temps, mais pensait que son poste de domestique l'avait déjà plus ou moins préparée à cela.

Ce qui, elle devait se rendre à l'évidence, n'était pas le cas.

Oh, elle avait l'habitude de travailler, évidemment, et faire le ménage dans l'Académie avait été loin d'être de tout repos. Cependant, elle faisait alors ce qu'elle avait toujours été accoutumée à faire, seulement à une plus grande échelle. On lui donnait des ordres et elle n'avait qu'à les appliquer, du mieux possible.

Or, à présent, c'était à elle de distribuer les directives aux différents domestiques de l'Académie et à la pensée que, quelques semaines ou quelques mois plus tôt, elle était encore à leur place, elle se sentait étrangement mal à l'aise. Tout le monde était très gentil avec elle et elle profitait de sa connaissance des employés pour répartir au mieux le travail qui leur était demandé, mais cela n'atténuait en rien la gêne qui était parfois la sienne lorsque, en passant dans un couloir, elle apercevait quelqu'un avec qui elle travaillait depuis son arrivée ici s'affairer tandis qu'elle-même continuait tranquillement son chemin. Le rôle de gardienne des clés était encore plus déstabilisant et, plusieurs fois, elle avait dû compter sur l'indulgence de Jehan ou la bienveillance de son prédécesseur qui avait accepté de demeurer à l'Académie quelques jours de plus afin de la guider sur cette voie encore si nouvelle pour elle.

Elle aimait ce qu'elle faisait, cela était certain. La transition avait été un peu rude mais, petit à petit, elle s'habituait à ses nouvelles fonctions, sa nouvelle place. Elle ne rougissait plus en sentant les regards peser sur elle, alors qu'elle avait appris à devenir invisible quand elle parcourait les couloirs de l'Académie un balai à la main. Sa voix était devenue plus forte, plus ferme, elle hésitait moins avant d'interpeller les élèves qui quittaient les bâtiments. Elle avait de nouvelles responsabilités, comme celle de fermer puis d'ouvrir les portes chaque soir et chaque matin, se sentait utile et appréciait cela. Néanmoins, cette situation n'avait pas que des avantages : la jeune fille se serait ainsi bien passée de toutes les subtilités de budget ou d'emploi du temps, des problèmes de fournisseurs, des querelles de domestiques... Sans compter que tout cela était extrêmement prenant : elle n'avait peut-être plus à travailler la nuit, comme c'était parfois le cas lorsqu'elle faisait partie des petites mains. Cependant, elle devait se lever à l'aube pour ouvrir l'Académie et répartir le travail des domestiques, était sollicitée un peu partout pendant toute la journée – que ce soit par des visiteurs impromptus, l'Intendant qui voulait s'assurer que tout se passait bien, des membres du personnel qui avaient besoin d'une aide ou d'une précision, ou encore une question administrative à régler de toute urgence – et, le soir, ne se couchait qu'après avoir refermé toutes les portes et réfléchi aux prochains ordres à donner et à l'organisation du lendemain.

Heureusement, elle avait gardé sa chambre, ce qui créait au moins un point fixe, une permanence dans ce tourbillon de nouveautés qui lui donnait parfois le mal de mer. Sans compter que, grâce au soutien de Jehan, elle avait pu commencer à apprendre à écrire. Ses journées étaient si remplies qu'elle n'avait pu pour l'instant assister qu'à quelques leçons, mais cela la rendait profondément heureuse. Ses cours se répartissaient entre le maître des légendes Cil'Eternit et l'Intendant en personne, qui le remplaçait lorsque ce dernier était occupé par ailleurs. Tenir une plume, s'appliquer à tracer les plus jolies courbes possible, jusqu'à voir apparaître sur sa feuille de papier une succession de lettres qui devenaient des mots, lesquels à leur tour se changeaient en phrases et en histoires dans l'esprit de la rouquine. C'était presque encore mieux que de les lire.

Mais, pour l'heure, Elizia était bien loin de songer à cela tandis qu'elle se dirigeait vers le marché d'Al-Poll. Il y a quelques jours, un problème s'était produit car le chef des cuisines, après avoir reçu les caisses de nourriture habituelles en provenance de la ville, était allé se plaindre auprès d'elle que certains des légumes étaient avariés. La jeune fille lui avait promis d'aller en discuter auprès de leur fournisseur, un fermier des environs qui se rendait chaque semaine au marché d'Al-Poll. Bien sûr, elle aurait pu envoyer quelqu'un d'autre à sa place, mais elle avait envie de sortir un peu de l'Académie et elle avait pensé que marcher jusqu'à la ville lui ferait du bien, la changeant agréablement des couloirs encombrés qu'elle arpentait tous les jours.

Elle ne tarda pas à repérer l'individu, en pleine conversation avec des clients. Elle attendit qu'il ait terminé de leur vendre ses racines de niam avant de s'approcher à son tour, souriante. Depuis qu'elle avait changé de poste, elle avait compris que les reproches ou les critiques passaient toujours mieux lorsqu'elles étaient dites avec le sourire. Par chance, l'homme était sympathique et, après s'être répandu en excuses, promit de les dédommager sur les prochaines livraisons. Elizia le remercia avec gratitude et s'apprêtait à tourner les talons quand une voix parvint soudain à ses oreilles. Un nom. Son nom.

Un peu surprise, elle tourna la tête. Elle ne connaissait personne résidant à Al-Poll, et s'attendait sans doute à constater que ce n'était pas elle qu'on appelait mais une autre personne possédant le même prénom. Il faut alors imaginer son étonnement lorsqu'elle reconnut le visage qui lui souriait.

Depuis le dernier bal de l'hiver, elle n'avait pas revu Enelyë. D'abord, elle n'y avait pas vraiment prêté attention, non parce qu'elle avait oublié la jeune femme mais parce qu'il était rare qu'elle croise des élèves pendant ses heures de travail. Puis elle s'était rendue compte que ses affaires avaient disparu de la salle commune et du dortoir des Kaelems, que Chess et Princesse n'étaient plus là... Et elle avait fini par comprendre. La Dessinatrice avait quitté l'Académie.

Ça lui avait fait mal, vraiment. Enelyë était celle qui pouvait le plus s'apparenter à une amie aux yeux de Zia, ou du moins si l'on exceptait les autres domestiques. Savoir qu'elle était brutalement partie, sans même lui en toucher un mot, l'avait blessée. Par la suite, elle avait essayé de se renseigner un peu sur elle et avait saisi quelques bribes des conversations qui se faisaient et se défaisaient dans les couloirs : on parlait de mariage, de capitale... Et puis, Elizia avait soudain été happée par son nouvel état, ses nouvelles responsabilités, et avait cessé d'y penser vraiment, devant tout à coup réfléchir à bien d'autres types de sujets.

Dans tous les cas, Al-Poll était le dernier lieu où elle se serait attendue à revoir Enelyë. D'ailleurs, elle commença par douter, ne pas y croire – comme quand on croise brusquement son propre reflet dans un miroir mais que, pris par surprise, on se reconnaît pas immédiatement. Elle connaissait ces traits fins, ces yeux noisette, ces cheveux relevés en chignon, cette silhouette mince mais altière. Pourtant, ce ne fut qu'au moment où le regard qui la scrutait s'éclaira qu'elle réalisa vraiment qui se trouvait en face d'elle.

La jeune femme lui tendit la main, mais Elizia dédaigna cette dernière. Un pas, un seul, et elle se fondait dans ses bras, la serrait contre elle, comme pour ne plus jamais la lâcher. Elle ne savait même pas pourquoi elle faisait cela – tout ce dont elle avait conscience, c'était qu'elle en avait envie, qu'elle en avait besoin, et que respirer l'odeur d'Enelyë était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis des semaines. Elle sentit les bras de celle-ci se refermer à leur tour autour de ses épaules et elle sourit, même si son visage était à cet instant invisible à son amie.


- Enelyë...

Prononcer ce nom lui fit tellement de bien. Elle finit par se dégager doucement avant de reculer un peu, pour lui faire face. Elle avait changé, elle s'en rendit compte aussitôt, et cela ne tenait pas uniquement à la somptueuse cape rouge et or qui lui couvrait les épaules. Elle avait l'air plus assurée, plus mature qu'auparavant, plus fière aussi.
Mais il était normal de changer, réalisa Elizia, et sans doute était-ce aussi son cas.


- Viens.

Cette fois-ci, elle lui prit la main sans hésiter, afin de la mener hors du marché. Si elles devaient discuter, autant que ce soit dans un endroit calme où elles ne seraient pas obligées de hausser la voix pour se faire entendre. Elle la lâcha une fois qu'elles furent arrivées dans une petite rue tranquille, bordée de devantures de boutiques.
La jeune fille avait tant de choses à lui dire, à lui demander... Elle aurait aimé lui faire comprendre combien elle était heureuse de la revoir, l'interroger sur tout ce qu'elle avait fait depuis son absence, mais elle avait la tête si emplie de questions qu'elle ne savait pas par où commencer. Voilà pourquoi, en désespoir de cause, elle finit par lui demander simplement :


- Alors ?

Après tout, c'était à Enelyë de parler.


[ hug ]


_______________
« On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »













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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Sam 24 Sep 2016 - 16:26

「 L'amitié est une heureuse rencontre 」

Enelyë & Elizia
Le regard que lui lança Elizia trahit l'étonnement qui l'étreignait à l'instant ; et Enelyë ne pouvait pas la blâmer. La dessinatrice crut déceler autre chose – une seconde, pas davantage –, plus douloureux, mais n'eut guère le temps de se questionner plus longuement. Dans un automatisme, elle avait tendu la main à la jeune domestique, son sourire se voulant rassurant – et elle avait vraiment envie de sourire. Elizia lui avait manqué. Mais elle ne prit pas sa main ; en revanche, elle fit un pas hésitant vers elle, avant de se réfugier dans ses bras, soudainement. Enelyë eut un instant de blocage – les contacts physiques n'avaient jamais été son fort – mais elle se détendit vite, finissant par enlacer à son tour la silhouette frêle qui la tenait si fort, caressant d'un geste doux les boucles rousses de la demoiselle. Elle souffla son prénom et elle eut aussitôt envie de s'excuser, pour toutes ces choses qu'elle n'avait pas su empêcher, pour l'avoir abandonnée du jour au lendemain. Si elle avait laissé derrière elle bien des personnes, Elizia était certainement l'une de celles qu'elle avait le plus regretté.

Puis elle la lâcha – presque à regret, lui sembla-t-il – et se plaça face à elle. Un instant, elles ne firent rien d'autre que s'observer. Enelyë réalisa, au visage d'Elizia, qu'elle avait grandi – mûri. Elle n'aurait su dire ce qui lui faisait penser ça ; un éclat plus sage dans ses yeux, des mimiques plus posées, quelque chose de ce ton-là. Elle se redressa, quant à elle, restant tout de même plus petite que la masse des personnes autour d'elle ; elle ne serait jamais grande, mais au moins ne passait-elle pas inaperçue.

Elizia attrapa soudain sa main, après lui avoir dit de venir, et Enelyë s'était laissée faire. Elle sourit en songeant que plus tôt dans sa vie, quiconque aurait voulu l'entraîner à sa suite se serait vu rejeté. Et puis il y avait eu Varsgorn, Elisha, Elio. En pensant à lui, sa gorge se serra ; malgré ses mois d'errance, elle ne parvenait pas à faire son deuil. Peut-être qu'aller aux funérailles l'aurait aidée. En avait-il seulement eu ? Elle n'en savait rien. De toute façon, qui aurait-elle dupé ? Elle espérait encore que tout cela ne soit qu'une farce ; une très mauvaise blague. Elle toussota, pour faire partir la boule de sa gorge – profiter du moment présent. Elizia était là, elle, et Enelyë tâcha de se concentrer sur ce point. Elle venait de lui lâcher la main, et la demoiselle se rendit compte qu'elle l'avait mené à une rue plus calme, où elles pourraient discuter plus calmement que dans l'artère principale. Puis Elizia lui posa une simple question : « Alors ? ».

Une simple question, qui pourtant, comprenait énormément d'attentes. Enelyë le savait. Mais à vrai dire, elle ne savait par où commencer. « Alors, j'ai 22 ans et je suis déjà veuve. » semblait un peu dur, un peu ironique – et elle ne voulait pas paraître ainsi aux yeux de la demoiselle qui l'accompagnait. Elle prit une grande inspiration, cherchant ses mots.

- Et bien… Je suppose que tu as dû entendre les rumeurs, non ? Je me suis mariée. Elle chercha sa chaîne, où pendait l'anneau qu'on lui avait passé au doigt. Qu'Elio lui avait passé au doigt. Ça ne s'est pas… très bien terminé. Elle revoyait encore le sang sur sa robe dans ses cauchemars. Je suppose que ça a dû faire parler aussi... Si elle avait eu quelques larmes à verser encore, sans doute seraient-elles tombées. Elle se contenta de sourire tristement. Alors je suis partie. Il était trop difficile pour moi de rester, de retourner à l'Académie comme si rien ne m'était arrivé et je... j'avais besoin d'être seule, de me concentrer sur moi-même, pour savoir où j'allais et ce que je voulais devenir. Je sais que je suis partie comme une voleuse, je suis désolée, je n'ai prévenu personne. Je n'avais pas envie d'avoir à faire d'éventuels autres adieux, je ne savais pas si j'allais revenir. Elle toussota, avalant la boule de larmes qui malgré tout s'était formée dans sa gorge. Mais le voyage s'est révélé fascinant !

Elle raconta à Elizia tout ce qu'elle avait fait, tout ce qu'elle avait vu durant son long voyage ; les marchands qu'elle avait accompagné et aidé lors du voyage entre Al-Poll et Al-Chen ; l'Arche, qui lui paraissait plus belle chaque fois qu'elle la voyait ; son passage sur les Dentelles Vives, où elle avait rencontré des Faëls qui avaient su, à leur manière, la réconforter ; son voyage, avec eux, jusqu'à Illuin, où elle avait été émerveillée ; son passage à Al-Vor, où elle avait tenté d'aider de très jeunes Dessinateurs à façonner leur don ; ou son passage à Al-Jeit, où elle avait passé son temps à la Bibliothèque de l'Académie. Elle décrivait les paysages, les grandes plaines où le vent faisait siffler les brins d'herbe, l'étendue infinie de l'Océan et les reflets fabuleux du soleil couchant, les hautes tours d'Al-Jeit qui semblait flamboyer à l'aube et au crépuscule, les forêts sombres par lesquelles les Faëls l'avaient conduite. Elle avait dû se battre, aussi, aux côtés des marchands, contre des brigands ; elle s'était retrouvée face à des ours-élastiques dans la forêt de Baraïl. Elle avait eu peur, elle avait ri, elle avait chanté, elle avait eu froid, faim quelquefois, ou avait trouvé la température étouffante. Son voyage avait été long, rempli d'émotions, et suffisamment prenant pour que ses cauchemars finissent par s'estomper, même s'ils restaient très réguliers. Mais elle se garda bien de parler de ses nuits affreuses à Elizia ; et ses yeux cernés parlaient sûrement pour elle, même si elle s'appliquait à les cacher.

- Je ne sais même plus où j'en suis… est-ce que je t'ai parlé d'Illuin, ou est-ce que je t'ai juste dit que j'y étais allée ? Mais je parle trop et je dois te fatiguer avec toutes mes histoires. Et puis toi, alors ? Que deviens-tu ?
à suivre...



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Majordome et Gardienne des Clés
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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Sam 5 Nov 2016 - 22:37

Le regard d'Enelyë contenait tellement de choses. Un instant, Elizia en eut presque peur, de ces yeux-là, ces yeux qui fouillaient les siens, à la recherche de réponses, et qui parlaient en même temps, une langue qu'elle connaissait mal mais dont les mots résonnaient durement à ses oreilles. Malgré tous les efforts de la jeune femme pour les faire sourire, et rire, et rêver, ces yeux disaient la peur, l'angoisse, l'inquiétude, le doute, la tristesse. La solitude, aussi. C'était un regard qui happait, comme si cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu de vis-à-vis qu'il engloutissait tous ceux qui passaient à sa portée.

La jeune fille en eut le souffle coupé.

Heureusement, son amie avait commencé à lui répondre, avec de vraies phrases cette fois, qui sonnaient bien fort à ses oreilles, des phrases solides, des phrases-ricochets. Elle la sentait hésiter, parfois, cherchant les mots qui envahissaient son regard mais se refusaient à sa bouche. Elizia baissa les yeux en la voyant triturer nerveusement une chaîne qu'elle n'avait pas encore remarquée, au bout de laquelle pendait un anneau. C'étaient beaucoup de silence, d'allusions, de suggestions. Elle ne comprenait pas tout mais préféra ne pas l'interrompre pour lui demander davantage de précision. La souffrance qui se devinait à travers la parole cahotante d'Enelyë lui suffisait. Elle avait eu mal, et la rouquine refusait de le lui faire subir une nouvelle fois. Si ce fameux mariage avait à ce point fait parler, d'après ce que la jeune femme sous-entendait, elle saurait bien se renseigner par la suite auprès des différents membres du personnel de l'Académie. Pour l'heure, elle se contentait d'écouter.

Et puis Enelyë releva la tête, fichant ses yeux dans ceux de la jeune fille, et celle-ci comprit à la lumière qui s'y était soudain allumée que ce qui allait suivre serait nettement plus joyeux. La lumière ne faiblit pas tandis qu'elle lui racontait ses voyages, ses rencontres, ses découvertes, avec l'habileté d'une conteuse qui fait danser devant le regard des enfants des touches de couleurs. Les traces de peinture se mêlaient, jusqu'à former une gigantesque fresque à l'intérieur de l'esprit d'Elizia. Le bleu du Sud où miroitait l'Océan, le scintillement pailleté de Jeit, le vert tour à tour tendre et profond des plaines et des forêts, le brun des villages et des bourgades... Parfois, des étincelles rouge et mauve s'y mélangeaient, lorsqu'elle évoquait ses face-à-faces avec des ours élastiques ou des brigands, le doré d'un coucher de soleil du haut des Dentelles Vives éclairait le tout, et puis le kaléidoscope du pays faël venait brouiller et éclabousser les motifs, et alors tout était à recommencer...

Lorsqu'elle finit par se taire, c'étaient les yeux d'Elizia qui brillaient. Elle lui aurait bien demandé de continuer ses histoires, mais la lassitude qui perça soudain dans sa voix la retint. Des cernes marquaient son visage aux traits tirés, et elle se rappela alors tout ce qu'elle lui avait révélé, et ce qu'elle avait tu. Elle était fatiguée. Maintenant, c'était à son tour de parler.


- Mouss a bien grandi.

Sur le coup, cela lui avait paru la première chose à dire, la plus importante. Ce n'est qu'une fois que ces mots furent sortis de sa bouche qu'elle se rendit compte de leur incongruité et se mordit la lèvre – trop tard.

- Enfin, je veux dire...

L'espace d'un instant, elle se sentit redevenir la fillette rouge et confuse qu'elle était lors de son arrivée à l'Académie, la petite domestique qui ne pouvait achever une phrase sans bafouiller. Mais elle croisa le regard amical d'Enelyë et, aussitôt, se rassura. Personne ne la jugeait, ici. Et puis, elle aussi avait bien grandi.

- J'ai beaucoup moins de choses à raconter que toi. Enfin, à part une chose peut-être...

Elle sourit, sans pouvoir s'en empêcher.

- Je ne suis plus domestique, maintenant. L'Intendant Hild'Jildwin a eu la gentillesse de me proposer le poste de majordome et de gardienne des clés de l'Académie.

Elle vit les yeux et la bouche d'Enelyë s'arrondirent, comme si elle s'apprêtait à l'interroger, mais ne lui laissa pas le temps de formuler sa question.

- Au début c'était un peu étrange, mais je m'habitue peu à peu. C'est assez prenant, mais ce n'est pas désagréable... Par exemple, je sors beaucoup plus qu'avant ! C'est d'ailleurs pour ça que je suis à Al-Poll, je devais... enfin, passons, ce n'est pas très intéressant.

Sans s'en apercevoir, elle avait haussé la voix et parlait à présent sur un ton beaucoup plus rapide et enjoué.

- Du coup, je vois plus de gens, je dois prendre des responsabilités... Même si je ne suis pas seule, heureusement. D'ailleurs, j'apprends à écrire, aussi, j'aime vraiment ça, même si je ne suis pas encore très douée ! Et puis...

La jeune fille s'interrompit, prenant tout à coup conscience de son enthousiasme qui menaçait de déborder.

- Enfin, tu vois ce que je veux dire, conclut-elle en veillant à s'exprimer plus posément. Si tu reviens à l'Académie, tu pourras même le constater de tes propres yeux – et un soupçon d'espoir se discernait au fond de sa voix tandis qu'elle interrogeait son amie du regard. Oui, avait-elle l'intention de retourner à l'Académie ?


[Idem, désolée pour le temps de réponse et j'espère que ça te conviendra hug  ]


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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Sam 2 Sep 2017 - 19:20

「 L'amitié est une heureuse rencontre 」

Enelyë & Elizia
Leurs regards fichés l'un dans l'autre, Enelyë pouvait voir dans les yeux pétillants d'Elizia tous les paysages qu'elle peignait avec ses mots. Les couleurs du ciel, les arabesques de la nature, tout se reflétait au rythme de son récit ; Elizia semblait à la fois pensive et captivée. Mais ses pensées s'embrouillèrent – elle se retrouvait dans un labyrinthe, ne sachant plus ce qu'elle avait déjà raconté et ce qu'elle avait tu ; elle posa la question à son amie, mais décida de lui laisser la parole, se demandant ce qui était arrivé dans sa vie pour qu'elle paraisse à présent si sûre d'elle. Bien sûr, le fait que du temps ait passé pouvait l'expliquer, mais elle décelait une attitude plus responsable, une maturité certaine, qu'elle n'avait pas lorsque la dessinatrice était partie. Elles avaient toutes les deux grandi, et Enelyë regrettait de n'avoir pas été là pour suivre son évolution.

Néanmoins, la première phrase que lâcha Elizia la surprit quelque peu. « Mouss a bien grandi. ». Enelyë n'avait pu prendre aucun de ses chats, dans la précipitation, et elle se demanda subitement ce qu'ils étaient devenus. Peut-être avaient-ils trouvé de nouveaux propriétaires – ils avaient toujours été débrouillards – ou peut-être vivaient-ils de manière plus sauvage, leur instinct félin ayant repris le dessus. Comme Elizia ne les évoqua pas, elle supposa qu'elle ne les avaient pas récupérés – mais s'il leur était arrivé quelque chose, sans doute l'aurait-elle su. Elizia qui, par ailleurs, sembla se rendre compte de l'étrangeté de sa première phrase. Enelyë retrouva dans son bafouillement la jeune fille qu'elle avait laissé derrière elle à l'Académie. Ses joues rouges, sa timidité soudaine, lui parut bien plus familière et elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire attendri.

Puis Elizia lui annonça ses nouvelles à elle. Elle n'était plus « une simple domestique » à présent. Enelyë sentit ses yeux s'agrandir sous le coup de la surprise. Elle voulut lui demander comment elle vivait cela, si cela lui plaisait, mais Elizia la prit de court, répondant avant même qu'elle n'ait pu exprimer ses interrogations. Elle semblait si joyeuse, beaucoup plus assurée. Enelyë était à la fois étonnée et ravie de tout ce qu'Elizia devenait. Et bien sûr, elle était heureuse que la vie lui réussisse, elle qui était entrée à l'Académie en tant que domestique, jeune et timide. Et elle apprenait à écrire, et elle irradiait de joie. Son visage rayonnait – elle était splendide.

Mais elle s'interrompit, comme si elle avait eu peur d'être prise dans le flot de sa joie. Puis elle évoqua un retour possible d'Enelyë à l'Académie et elle la regarda, la lèvre mordue. Elle baissa le regard, comme si elle se sentait honteuse – elle ne voulait simplement pas blesser Elizia, qui semblait avoir tant d'espoir.

- Eh bien… sa voix se fit hésitante. Ce n'est pas vraiment à l'ordre du jour.

Bien sûr que l'Académie lui manquait : c'était sa maison. Pour autant, elle ne se sentait pas prête à y remettre les pieds. Trop de choses tournaient encore dans sa tête pour qu'elle y arrive.

- Je… je vous ai tous abandonnés, je ne suis pas sûre que tout le monde sera aussi compréhensif que toi. Et puis, je ne vois pas ce que je ferai là-bas. Je suis trop expérimentée pour rester élève, et pas assez pour enseigner le Dessin…

Peut-être que ce n'était que des excuses, et qu'elle repoussait seulement le moment où elle devrait tout dire. Elle ne voulait pas apporter avec elle la nouvelle de la mort d'Elio, préférait qu'ils l'apprennent tous par d'autres sources qu'elle. Elle voulait arriver, nouvelle, sans toutes les inquiétudes qui l'étreignaient encore parfois – et si jamais ceux qui avaient commandité son meurtre la poursuivaient ? Elle ne voulait pas attirer le malheur sur son foyer. Ç’avait d'ailleurs été l'une des raisons de son « voyage » – de sa fuite.

- Mais j'apprends encore le Dessin à l'Académie d'Al-Jeit. Un jour je serai assez douée pour enseigner, ou même simplement devenir l'assistante de Myr- de Dame Ril'Otrin. Ce jour-là, je te le promets, je reviendrai.

Et Enelyë tenait toujours ses promesses.
à suivre...



[HRP : Je suis vraiment, vraiment désolée pour cet horrible retard. Je n'ai pas d'excuses, si ce n'est une vie un peu mouvementée... Je suis désolée ><]


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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Dim 10 Sep 2017 - 23:10

La douleur, l'hésitation – encore. Les mots qui vacillent à la frontière des lèvres, la voix qui frémit, le regard qui tressaille. Elizia sut sa réponse avant même que la jeune femme n'ait achevé sa phrase.

D'un sourire, la majordome s'efforça de masquer sa déception. Elle refusait de culpabiliser Enelyë, de la faire souffrir davantage, alors qu'elle semblait déjà devoir se débattre parmi les filaments poisseux de la peine, de la peur et du regret. Chasser les brumes et les nuages qui obscurcissaient son horizon, balayer les flaques d'eau sale qui souillaient la route qui se déroulait sous ses pas. Voilà ce qu'il lui fallait faire, à présent, si elle souhaitait redonner le sourire – un sourire sincère – à la Dessinatrice. Activité de vent et de soleil, qui mettent en fuite pluie, orage et brouillard... Tout cela, elle le sentait confusément, avec l'intuition que partagent les véritables amis.

- Je comprends.

Et elle comprenait, en effet. Elle comprenait à travers les trous et les silences, les ellipses et les ratures. Elle comprenait l'inquiétude de déplaire, de décevoir, de mal faire, de ne pas répondre aux attentes, de ne pas correspondre, de ne pas être au niveau. La blessure du regard des autres, parfois, et aussi celle, beaucoup plus douloureuse, de ce que l'on n'arrive pas à se pardonner. Gêne et angoisse mêlées – peur à la fois de et pour ceux qu'on aime.
Un sourire, afin de lui montrer qu'elle ne lui en voulait pas – qu'elle ne lui en voulait plus. Elle aurait tellement aimé la serrer de nouveau dans ses bras.


- Tu n'as pas à t'en vouloir, tu sais...

La jeune fille avait repris la parole d'une voix très douce, aussi réconfortante que possible. De celle que l'on prend, parfois, pour apaiser ou rassurer les animaux craintifs. Jamais encore Enelyë ne lui avait à ce point évoqué une proie traquée – une biche aux abois, apeurée – qu'en cet instant.

- Moi je ne t'en veux pas, en tout cas. Et je suis sûre que les autres, une fois que tu leur auras parlé, expliqué, ne t'en voudront pas non plus.

Elle avait conscience de parler un peu dans le vague, sans savoir exactement à qui ou à quoi la jeune femme faisait référence, mais tout ce qui lui importait pour le moment était de remettre de la vie, de la lumière et des couleurs dans les yeux d'Enelyë. Éloigner l'ombre, les ombres – tous ces fantômes, ces morts et ces mirages qui dansaient entre elles, chuchotant à son oreille...
Ce fut pour cette raison que la rouquine décida de changer brusquement de sujet, du ton enjoué que l'on peut adopter pour s'exclamer que l'on a vu un arc-en-ciel ou une étoile filante. Couleurs et lumière.


- Mais j'ignorais que tu étudiais à Al-Jeit ! Comment c'est ? La ville est aussi belle qu'on le raconte ? Et l'Académie, les professeurs, les élèves, les enseignements, qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que ça te plaît ?

Et l'admiration, l'enthousiasme qui perçaient dans sa voix étaient parfaitement réels, lorsqu'elle songeait à tous les prodigieux récits que l'on faisait de la capitale. Ses voûtes, ses dômes, ses flèches, ses arabesques – saphir, cristal, émeraude, rubis, améthyste... Autant d'images qui tournoyaient dans son esprit en fines volutes irisées, avec des ailes de grands oiseaux blancs et une légèreté de songes éveillés.


- Je suppose que, dans ce cas, tu n'es remontée à Al-Poll que de manière provisoire ? Pour y faire quoi ? Enfin, si ça ne te dérange pas de me le dire bien entendu...

Et puis elle finit par se taire, parce que le silence pouvait aussi, parfois, chasser les mauvais rêves. Le silence, les sourires, la compréhension et l'amitié.



[Ne t'inquiète pas pour ça. J'espère en tout cas que tu vas bien, tu m'as manqué I love you ]


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« On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »













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MessageSujet: Re: L'amitié est une heureuse rencontre   Ven 1 Déc 2017 - 19:13

「 L'amitié est une heureuse rencontre 」

Enelyë & Elizia
Lorsqu'Elizia lui demanda, indirectement, si elle allait revenir à l'Académie, Enelyë hésita. Elle se mordit la lèvre, cherchant les mots ; les bons mots. Mais ce n'était pas facile de dire d'une manière agréable qu'elle ne reviendrait pas tout de suite. Alors elle lâcha la bombe ; et face à la déception qui passa sur le visage de son amie, elle s'efforça d'expliquer ses raisons, trébuchant sur ses excuses. Cependant, lorsqu'elle releva la tête vers la rouquine, elle souriait. Elle comprenait, et Enelyë le savait ; elle s'en sentie soulagée. Elle n'avait pas douté d'elle, elle savait qu'elle accepterait ses raisons, mais si Elizia s'était montré vraiment déçue, attristée, cela ne l'aurait pas étonnée. Elle-même ne savait pas comment elle aurait réagi si quelqu'un l'avait abandonnée comme elle l'avait fait.

Mais comme elle l'avait deviné, Elizia confirma à haute voix : elle comprenait. Et elle lui sourit. Enelyë ne put s'empêcher de faire de même ; un sourire à cela de magique qu'il est facilement communicatif. Certes, son sourire était un peu plus bancal peut-être, un peu moins sincère que celui d'Elizia, mais il était là. Depuis combien de temps n'avait-elle pas autant souri en à peine quelques minutes de temps ? Ce fut du réconfort que la demoiselle lui apporta, presque immédiatement. « Tu n'as pas à t'en vouloir, moi, je ne t'en veux pas. » Enelyë le savait, plus ou moins. C'était plus une sensation qu'une certitude, néanmoins. Car la culpabilité la rongeait toujours ; non seulement elle avait quitté l'Académie sans un mot, mais elle n'avait pas non plus réussi à sauver Elio. Peut-être aurait-il été mieux que personne ne l'approche ; elle ne voulait mettre personne en danger. Mais elle était si faible, si… humaine. Elle avait besoin d'autres personnes autour d'elle – il allait donc falloir qu'elle apprenne à les défendre. A les protéger.

- Tu as sans doute raison, souffla-t-elle, davantage pour elle-même.

Mais elle n'était pas sûre qu'Elizia ait entendu, car elle changea de sujet. Enelyë lui en fut reconnaissante ; les fantômes flottaient encore trop près de sa tête. La rouquine lui demanda comment était Al-Jeit, si c'était réellement aussi somptueux qu'on le disait, puis lui posa des questions sur ce qu'elle apprenait, et Enelyë eut un petit rire, à la fois amusé et attendri. C'était l'effet qu'Elizia avait sur elle.

- C'est merveilleux. Les couleurs sont magnifiques. Elles sont toutes là, tout autour de toi, quand tu te promènes dans la ville, comme un arc-en-ciel que tu pourrais traverser. La lumière leur donne des millions de nuances et de teintes différentes, et selon l'heure à laquelle tu passes dans les rues, on croirait que les couleurs changent. Si tu veux, on ira ensemble un jour. Tu sais, il suffit d'un Pas sur le côté et nous y serions… dit-elle en souriant. Quant à l'Académie d'Al-Jeit, c'est différent de la nôtre. « La nôtre », comme si elle y était encore. Les professeurs sont beaucoup plus stricts, les élèves sont… plus « snobs » si je puis dire. Bien sûr, certains sont très gentils, mais d'autres sont trop précieux pour se mêler au commun des mortels, je suppose. Et comme je ne suis pas vraiment noble, certains ne m'apprécient pas. Elle sourit, pour cacher un semblant de gêne, même si elle s'en moquait au fond. Elle n'avait besoin que de ceux qui l'aimaient telle qu'elle était. Mais les cours sont vraiment intéressants et très poussés ! Comme les autres Académies sont vraiment concentrées sur le Dessin, les professeurs sont plus nombreux et on peut avoir des cours vraiment à notre niveau. Et la bibliothèque ! Elle est immense. Je n'ai jamais vu autant de livres réunis en un seul lieu.

Un sourire léger et rêveur étira ses lèvres un instant ; elle avait toujours adoré les livres. Mais elle s'était encore plongée dans ses anciennes tendances ; elle passait plus de temps à lire, à apprendre, qu'à chercher à se faire des amis ou participer aux festivités organisées dans les environs. Elle était peut-être trop introvertie, mais cela ne l'avait jamais trop dérangé. Elizia lui posa d'autres questions et elle réfléchit un instant.

- En réalité je reviens à Al-Poll assez souvent, je travaille au magasin Ril'Enflazio. Elle sourit. J'essaye de gagner mon propre argent, mon père… Elle s'arrêta un instant, pensive. Je veux dire, mon vrai père, disait qu'il était important de travailler, que l'argent ne venait pas de nulle part. Alors j'essaye de conserver ses valeurs.

Elle sourit à nouveau. Elle n'avait pas parlé de son père depuis très longtemps. Depuis sa mort, en fait, elle n'en avait presque plus parlé, et cela faisait déjà quelques années. Peut-être que le voyage ne l'avait pas aidé à faire le deuil d'Elio, mais elle se savait désormais capable de parler de sa véritable famille sans problème. Ils lui manquaient toujours, bien qu'elle n'ait jamais connu sa mère, mais elle parvenait à vivre sans être toujours étreinte par le chagrin. Elle regarda Elizia, désireuse elle aussi de chasser les quelques sombres pensées qui restaient néanmoins.

- Alors ? Y a-t-il du nouveau à l'Académie ? Tu dois bien entendre quelques ragots, non ?

Elle rit un peu. Elle n'avait jamais été friande de commérages, mais elle devait bien avouer que cela passait toujours le temps.

- Et toi d'ailleurs ? N'as-tu personne en vue ?

Elle la taquinait un peu, mais elle savait qu'Elizia ne le prendrait pas mal. Et elle était bien la seule personne avec qui elle pouvait se permettre ce genre de discussion en ce moment ; des conversations banales entre amies. Et cela lui avait manqué plus qu'elle ne l'aurait cru.
à suivre...



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