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 Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]

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MessageSujet: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Dim 22 Mai 2011 - 3:19

Enelyë regardait par la fenêtre de la salle commune. Elle trouvait cela tellement étrange. Lorsqu'elle était à Corbac, il n'y avait pas de fenêtres, les lumières provenant des dessinateurs. De plus, la décoration était plutôt du genre inexistante. Et ici, elle avait vu des anciens Felixias décorer cette pièce. Ils avaient dit que c'était pour rendre la pièce plus accueillante, lorsqu'elle leur avait demandé pourquoi ils faisaient ça. La dessinatrice se replongea dans son livre, ouvert sur ses genoux. On y parlait d'un autre monde, genre de récits que la jeune femme adorait. Finalement, au bout d'une heure, elle se leva, gardant le livre en main, puis sortit de l'Académie. Direction, le lac.

Elle observa un moment les reflets du soleil sur le lac. Le temps était plutôt clément pour un début d'automne, mais dans le ciel quelques nuages commençaient à s'ammonceler. Elle savait très bien qu'il pleuvrait bientôt. Elle rouvrit le livre là où elle s'était arrêté. Elle entendait les rires et les voix de ceux qui profitaient des dernières belles journées pour se baigner ou se promener simplement, mais elle parvenait à imaginer l'autre monde. Certains personnages avaient des pouvoirs un peu similaires à ceux des dessinateurs, ils faisaient apparaître des choses. Elle sourit, puis rangea le livre dans le sac qu'elle portait avec elle.

Le temps changea brusquement, et le soleil laissa place à un orage assourdissant. Enelyë fut sans doute la seule à rester dehors, plus ou moins à l'abri sous l'arbre où elle avait pris place. Même si quelques gouttes passaient à travers son "parapluie", elle s'en fichait. L'eau tombait dans le lac en faisant des remous énormes. Elle repensa à sa noyade, ainsi qu'à Elio qui l'avait sauvé. Elio... Elle ne l'avait pas revu une seule fois depuis le Bal, pas même à la salle commune. Pourtant, il lui semblait qu'ils partageait encore la même maison. Peut-être pas finalement. Mais elle devait le revoir. Pour qu'il lui explique tout.

On ne pouvait pas changer à ce point. Tout était différent. Elle avait entendu des rumeurs, comme quoi il avait rompu d'avec Elera. Alors c'était elle qu'elle avait insulté d'idiote. Elle s'en était voulu après coup, en l'apprenant. Elera n'était pas idiote, elle était gentille. Bref. Une rupture ne pouvait pas autant changer une personne. Il y avait forcément quelque chose d'autre. Enelyë soupira, et se remit à regarder le lac.

Un éclair illumina le ciel, et le tonnerre retentit. A l'abri sous un arbre, elle ne bougea pas. Un long moment s'écoula avant que la pluie cesse et que les nuages soient chassés par le vent. Lorsque tout fut calme, elle rentra à l'Académie.


***

Assise sur le toit, elle regardait l'horizon qui s'étendait devant elle. Elle avait trouvé un endroit à peu près sec où s'asseoir, et elle contemplait. Depuis l'Académie, on avait un tout autre regard que depuis beaucoup d'autres endroits. Et Enelyë trouvait cela merveilleux. Elle ferma les yeux, savourant le vent qui jouait délicatement dans sa chevelure.

Des pas dans l'eau attirèrent son attention. Ca faisait "floc, floc", du genre absolument pas discret. Elle se tourna et constata qu'Elio était sur le toit. Elle se leva et se planta devant lui.


- Elio... Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Elle s'adressait à lui comme à un ami. Alors que bon. C'était pas tout à fait ça. Elle passa une main dans ses cheveux, gênée et ne sachant pas trop quoi dire. Il n'avait pas tellement changé depuis le bal. Une barbe de quelques jours, un air abattu... Ce n'était pas le Elio qui l'avait sauvé du Syndrome de la Princesse de la noyade. Elle regarda le bord du toit et s'y pencha prudemment. Avant de faire un lien. Elio -> pas pareil -> toit ->... . Il y avait de fortes chances que ce raisonnement soit totalement erroné, elle ne connaissait pas bien le jeune homme.

- Qu'est-ce que tu fiches ici, d'abord ?

Enelyë, tout en délicatesse. C'était une façon comme une autre de s'inquièter de son état. Elle se rassit, juste au bord, presque en équilibre. Si elle se penchait trop en avant, elle tomberait.


[Voilà, j'espère que ça te plaira. Edition à volonté, of course Wink]


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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Ven 3 Juin 2011 - 11:41

Ses pas claquaient sur les dalles de l’Académie comme des glas annonçant la mort du héros. Il ne savait pas très bien où il allait, ou plutôt préférait ne pas y penser.
La fin du Chaos au sein de l’Académie l’ébranlait plus qu’il ne l’avait pensé. Plus particulièrement la disparition de Marlyn, son maître. Elle n’était plus là pour le guider, et il se sentait plus que perdu. Il n’avait plus aucun but à présent.
Son père était mort. Sa mère vengée.
Il se sentait pire que vidé, comme s’il avait perdu son cœur et que ses entrailles étaient bel et bien mortes. Une fois le but atteint, que se passe-t-il ?
On devient du rien.
Elio n’était plus qu’un rien, insignifiant, sans âme, sans raisons de continuer, d’avancer. Il n’avait pas même l’espoir d’aimer à nouveau, ou d’être aimé. Il ne voulait plus jamais ressentir.

Parce qu’aujourd’hui, il ressentait.
Et bordel, que ça fait mal.

Il y avait cette putain de culpabilité de patricide. Ce mal honteux d’avoir osé s’en prendre à son propre géniteur.
La peur. Pas d’être dénoncé, jugé pour son ou ses crimes, ça il s’en contrefichait. Non, la peur de recommencer, même si à présent il n’avait plus de famille. La peur de faire à nouveau du mal à ceux qu’il aimait, à des amis ou plus.
La solitude. Car il n’avait plus personne. Elera était partie, pour de bon. Le seul membre de la famille qui lui restait était sa grand-mère faëlle, Lys, et il doutait sérieusement qu’on lui réserve une place parmi le peuple s’il voulait quitter les humains.
La désillusion. Pour la première fois, Elio se rendait compte qu’il n’était pas faël, comme il aimait tant le clamer. Non, il n’était pas faël. Il était comme son père, une ordure humaine.
Et le pire des sentiments était franchement celui de l’amour. Ça dégoulinait de niaiserie et d’envie de vomir, mais surtout de sang tant la douleur était une véritable géhenne.
Car oui, Elio pouvait aimer. Il aimait Elera, alors qu’elle ne respirait que sagesse et harmonie, le truc bien insupportable à ses yeux, quoi. Il aimait sa mère, et était à présent certain de n’avoir pas accompli ce qu’elle attendait de lui, bien au contraire. Il aimait son père, et cela lui était tout sauf digérable à admettre qu’un tel homme puisse lui manquer. Et enfin, il doutait, mais ne voulait à nouveau pas l’admettre, qu’il aimait Kylian. Mais ça, dès que ça lui traversait l’esprit, il le chassait avec rage. Un amour comme ça, ça ne peut pas exister.

Il avait passé ses nuits à tenter de s’occuper comme il le pouvait. Voilà plusieurs semaines qu’il ne trouvait plus le sommeil, et chaque jour il regrettait amèrement que Kylian n’ai pas tapé plus fort. Ses nuits avaient eu lieu dans un endroit plutôt insolite pour Elio : la bibliothèque.
La dernière fois qu’il y avait mis les pieds, avant tout ça, c’était lors de sa rencontre avec Athesto. S’il n’avait pas été aussi con, elle lui aurait raconté la vérité dès le début, et il aurait sûrement eut une autre réaction, à l’époque.
Si. Et encore si. Toujours des si.
Mais avec des si, on ne vit pas.
Il avait donc parcouru les livres faëls, cherchant il ne savait trop quoi. Par surprise il avait découvert une sorte de dictionnaire et d’autres bouquins lui permettant d’acquérir quelques bases de son langage maternel. Aussi avait-il entreprit avec hargne de retrouver ce qu’il avait perdu. Et curieusement, tout comme l’arc, il était parvenu à saisir certaines phrases, certaines traditions avec un naturel qui renvoyait à son enfance. Oh, bien entendu il ne deviendrait jamais vraiment bilingue, puisqu’il ne se sentait pas vraiment digne d’être faël. Mais peut-être que…
Il avait alors réussi à comprendre la phrase faëlle gravée sur l’arc de sa mère, et l’évidence l’avait assommé de sentiments contradictoires.

« Et jamais de ton arc tu n’ôteras le cœur de ton propre sang. Car le seul qui puisse être vaincu n’est que celui qui, en ton sein, te devient encombrant.»

Héliane n’avait jamais voulu être vengée, encore moins que son fils ôte le cœur de son propre sang. De son propre père.

L’apprenti guerrier marchait donc, cogitant sur la suite de la phrase gravée dans le bois de l’arc de sa mère. « …qui, en ton sein, te devient encombrant. ». Et pour sûr, le sien devenait plus qu’encombrant et faisait un mal de chien.

Il monta donc sur les toits, sans décisions précises, suivant simplement ses pas guidés par son esprit torturé.
Il n’avait rien décidé. Il en avait juste envie, là, maintenant. Ce n’était pas même vraiment une envie, mais plutôt une libération. La seule échappatoire qu’il pouvait voir de ses yeux dilatés.
Le vide.
Et plus rien.

- Elio... Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?


Il sursauta, n’ayant fait attention à quiconque dans les parages. Il faut dire, peut de personnes grimpaient systématiquement sur les toits. Peut-être aurait-il du attendre la nuit, mais il ne s’agissait pas d’un acte que l’on commande vraiment. C’est une montée d’adrénaline et une pulsion, soudaine et irréversible.
Il détourna les yeux vers Enelyë qui se tenait à ses côtés, assise sur le rebord des toits.

-Ah, toi aussi. Marmonna-t-il.

La question ne le prit pas vraiment de court, et il haussa simplement les épaules. A quoi bon mentir, à présent ?


-J’détruit ce qui m’encombre. Alors casses-toi, histoire que t’en fasses pas parti.


Pas très sympathique. Mais du Elio, quoi.
Et puis, Ene, il l’aimait bien au fond. Et il ne voulait pas qu’elle assiste à ça. Il ne voulait surtout pas que la p’tite princesse ne prenne trop à cœur ce qu’il disait ou faisait. Qui sait quelles conneries elle pourrait faire ensuite ? Déjà la noyade stupide de l’autre jour. Alors avec des toits…Par la Dame quelle inconsciente !


-Tu ne devrais pas trainer ici. Déjà que l’eau ne t’aime pas beaucoup, tu ferais mieux de ne pas tenter le vide. C’te fois-ci j’serais plus là pour te sauver la mise.

Il ne parvenait toutefois pas à la regarder en face, ses yeux braqués sur le vide prometteur.
Mais merde à la fin, quand est-ce que ça finit, cette connerie ?



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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Lun 4 Juil 2011 - 13:22

«Tu ferais mieux de ne pas tenter le vide.»


Il avait un peu raison. Un peu, parce qu'elle ne voulait pas admettre qu'il puisse avoir totalement raison. Surtout depuis qu'il avait changé à ce point. L'autre Elio était peut-être beaucoup plus énervant et énervé, mais au moins il avait raison. Elle se leva avec précaution, et recula de quelques pas, de manière à ne pas pouvoir tomber, tandis que lui s'approchait. Il fixait le vide, ne faisant attention à rien d'autre. Elle n'avait pas réagi à ses remarques. Enelyë se leva et s'approcha de lui. Elle hésita à toucher son bras, mais laissa retomber sa main. Il était libre de faire ce qu'il voulait, cela ne la regardait pas. M'enfin, il avait pas intérêt à se tuer sous ses yeux, ça jamais !

- Elio, tu sais... T'avais raison. On continue pour ceux qui restent.

Elle baissa la tête. Ce n'était pas facile d'essayer de réconforter quelqu'un qu'on connaissait à peine. Et qui nous avait blessé. Elle devait essayer quand même, il l'avait sauvé.

- Alors, quoi qu'il arrive... Même si tu blesses les autres... Ceux qui t'aiment ne t'abandonneront pas.

Elle se mordit la lèvre. Elle avait décidé de devenir une fille plus forte, mais elle n'y arrivait pas. Les phrases stéréotypés sortaient de sa bouche, et elle n'arrivait pas à les modifier pour signifier ses pensées exactes. Elle ne voulait pas dire que les gens blessés lui pardonnerait, ça n'était pas toujours le cas, et les faux espoirs sont trop difficiles à supporter lorsqu'ils sont vains. Cela, elle en avait fait l'expérience. Elle tordait ses doigts, gênée, ne sachant pas comment réparer ce qu'elle venait de dire.
Qu'aurait dit son père dans cette situation ? Il savait toujours quoi dire pour réconforter les autres. Si elle voulait devenir comme lui, elle devait raisonner comme lui. Mais comment résonnait-il ? Elle savait très bien qu'il ne cherchait que le bien des autres. Son père avait été une personne formidable, pour qui le mal n'était qu'un concept très éloigné.


- Enfin je veux dire... Faut pas blesser les autres, si tu tiens à eux. Et si tu le fais, excuse-toi.

Bon, pour elle, c'était déjà mieux. Mais pourquoi il ne parlait pas, lui ? Pourquoi il ne l'interrompait pas ? Elle avait l'impression de s'engluer dans des explications qui finalement n'avaient pas de sens, et de plus en plus. Elle décida de se taire, pour ne pas s'enfoncer davantage.
Enelyë le regarda et eut l'impression qu'Elio se concentrait sur autre chose que sur ce qu'elle disait. Ou alors il réfléchissait à ce qu'elle venait de dire. Elle n'en savait rien et peut-être qu'elle ne le saurait pas. Pour l'instant, elle s'en fichait un peu.

Elle contempla le panorama qui s'étendait sous ses yeux. C'était beau, aussi beau qu'une peinture, peut-être même plus.

Elle se rassit tranquillement. Le Soleil séchait le toit, et seuls quelques rares points du toit, cachés du Soleil, restaient encore humides. Mais elle n'était pas rassurée. Le silence devenait insupportable, néanmoins elle ne voulait pas le briser pour dire davantage de bêtises. Elle soupira, enfouit son visage dans ses bras. Depuis qu'elle était revenue d'Al-Jeit, elle ne parvenait plus à parler normalement. Comme si ce qui devait être en quelque sorte l'assurance que tout devait continuer l'avait brusquement arrêté. Elle joua un instant avec son bracelet.


- Mon père est mort.


[Désolée pour le retard. Un peu court. Edition à volonté.]


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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Jeu 21 Juil 2011 - 14:01

On continue pour ceux qui restent.
Entendre la jeune Enelyë lui donner raison ne changea rien à ses idées noires. Bien au contraire cela ne fit que les nourrir plus encore, leur donnant de la pâtée humaine à dévorer.
Mais qui reste, aujourd’hui ?
Qui lui restait-il, à présent qu’il les avait effacé de sa vie, un par un, prenant soin de les faire souffrir ?
La réponse était aussi simple que déprimante. Il ne restait personne.
Alors, dans ce cas là, on continue ou pas ?

Ceux qui t’aiment ne t’abandonneront pas.
C’était incroyable comme cette fille avait l’art de remuer le couteau dans la plaie béante qui saignait déjà bien plus que nécessairement. Couteau, ou flèche ?
Flèche faëlle qui déshonore son sang en privant un homme faible de la vie.
Elera l’avait abandonné. Tout comme Elio avait passé sa vie à abandonner ceux qui l’aimait, comme dans un geste de fuite et de refus. Un refus d’aide pour détourner précipitamment la tête d’un air royal et fuir la sortie de secours qui inclue sentiments et reconnaissances.

Faut pas blesser les autres, si tu tiens à eux.
La naïveté, toujours apparente, chez l’ancienne corbac le fit presque rire. Presque. C’est difficile de rire quand on ne sait plus comment faire.
Elle restait fidèle à elle-même. Petite princesse dans sa prison dorée. Pour elle, tout était aussi simple que cela : ne blesse pas, et aime. N’avait-elle donc jamais remarqué que les mots blesser et aimer étaient en réalité une paire indissociable ? Que partout où pouvait dégouliner son amour de la vie et des autres, se cachait derrières des rideaux pourpres de sang des blessures et des cris de haine.
Haïr c’est aimer.
Voilà pourquoi il avait tant haï son père.

Il sentit le corps de la jeune fille se déplacer au bord des toits, puis s’assoir avec prudence. Au moins, elle écoutait ses conseils. Ce qui était étonnant, d’ailleurs. Après toutes les horreurs qu’il avait pu lui balancer dans sa gueule de princesse, elle l’écoutait, et…essayait de l’aider ?

Mais m’aider à quoi, Enelyë ?
A mourir ?
Dans ce cas, pousse-moi. Mais tu deviendrais une meurtrière. Et une princesse meurtrière, c’est contre nature.
Tu devrais partir. Ne pas voir la suite.
Les princesses ne doivent pas voir les cadavres qui jalonnent les murs de leurs châteaux.

- Mon père est mort.


C’était comme si une pierre venant d’on ne sait où tombait dans l’estomac du guerrier. Une pierre si lourde, comme une ancre voulant l’emporter au fond de l’eau et le noyer. Si lourde encore, qu’il se laissa tomber, son arrière train tout juste retenu par l’espèce de gouttière. Encore un coup comme ça et il tombait. Pour de vrai.
Finalement, elle l’avait poussé. Mais pas assez fort. Try again.


-Le mien aussi…

Incapable de laisser s’installer un silence gênant ou une remarque, ne serait-ce qu’un regard compatissant de sa compagne orpheline, il tapa dans ses mains, levant un poing en signe de victoire.

-Jackpot ! ‘Manque plus que l’troisième !

Il fit mine de regarder autours de lui.

-Personne d’autre en vue ? Plus d’orphelin ! Allez, dévouez-vous, le suicide collectif est à la mode et bien plus sociable !

Son ton rauque vomissait son cynisme, refoulant dans sa gorge la haine de sa propre personne et la douleur sans nom de la perte.
Il osa enfin affronter le regard de la jeune fille et regretta aussitôt d’avoir ouvert la bouche. Encore une fois, il venait de la blesser.


-Désolé. Murmura-t-il.

Il balançait ses pieds dans le vide, imitant le rythme de la vieille balançoire improvisée dans les branches d’un arbre par son père, au temps de son enfance. Comme ce temps lui paraissait loin. Et pourtant, une dizaine d’année s’était écoulé depuis les jours où tout comme à cet instant il jetait ses pieds le plus haut et le plus loin possible, espérant attraper la galaxie, quitte à en perdre l’équilibre.

-Mais toi, au moins, c’pas ta faute.

Sa voix s’étrangla.

-Toi, t’as pas passé des heures à enlever le sang de ton père qui s’était coincé entre tes ongles.

Les dits-ongles se rencontrèrent, grattant la peau bronzée d’Elio, de plus en plus fort, cherchant sans nul doute à se faire saigner à son tour.
Il savait que ce qu’il venait de dire était une énorme bêtise. Elera ne l’avait pas donné. Elle avait gardé le secret. La kaelem n’en ferait sans doute pas autant.
Mais quelle importance ? Puisque ses pieds allaient le précipiter dans le vide après avoir atteint la galaxie.

Il leva ses yeux bleus, emplis de larmes qu’il ne chercha plus à cacher, vers elle.


-Tu vois la distance qui sépare mes pieds du vide ?

Il fit signe de son crâne blond vers le vide, surplombé par ses pieds.


-Ben c’est la même qu’il y a entre blesser et aimer.

Il se pencha, jouant avec son équilibre. Il lâcha une de ses mains qui s’agrippait au bord des toits.


-Et si tu lâches prise...

Il s’apprêtait à lâcher l’autre main, ne pensant même plus à la présence de la princesse à ses côtés.
Un jour ou l’autre on a forcément une tâche de sang qui vient obscurcir sa vue.
Après tout, pourquoi ne serait-il pas sa tâche de sang, à elle ?



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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Jeu 21 Juil 2011 - 15:58

[Je n'ai pas pu attendre, j'ai adoré ton post I love you]


« Le mien aussi. »

Enelyë avait mis les pieds dans le plat. Magistralement. Mais comment aurait-elle pu savoir cela ? Elle passa une main dans ses cheveux, gênée. Mais avant qu'elle n'ait pu faire ou dire quoi que ce soit, il avait frappé dans ses mains et levait le poing vers le ciel. La suite la laissa muette. Pourquoi fallait-il toujours qu'il utilise des mots si blessants ? Pourquoi fallait-il toujours qu'il fasse profiter tout le monde de sa mauvaise humeur ? Elle détourna la tête, fuyant le regard de glace d'Elio, dégoûtée. Et, étrangement, il s'excusa, doucement.
Il s'excusait ? Enelyë se remit à le regarder. Il balançait ses jambes dans le vide, de plus en plus fort et de plus en plus haut. Elle fixait cela, inquiète. Il allait finir par tomber. Et au moins où elle allait le lui dire, il continua à parler. Si la première phrase ne la dérangea pas tout de suite, elle fut ensuite tout à coup comme paralysée.


« Toi, t'as pas passé des heures à enlever le sang de ton père qui s'était coincé entre tes ongles. »

Le regard fixé sur le vide, son cerveau se mit à chauffer. Il avait tué son père. Son propre père. Il avait sûrement ses raisons, mais à cet instant, Enelyë n'arrivait pas à concevoir cela. Comment pouvait-elle comprendre cela, elle qui avait toujours aimé son père plus que n'importe qui ? Elle essaya de parler mais les mots restaient désespérément bloqués dans sa gorge. Et c'était peut-être mieux. Les mots qui tournoyaient dans sa tête lui donnait envie de vomir. Elio, tu es un assassin. Un parricide. Tu te rend compte de ce que tu as fait ? Enelyë plaqua une main contre sa bouche, d'effroi. Et pourtant, elle ne parvenait pas à bouger. Elle n'arrivait pas à s'éloigner du Kaelem. Il continuait à balancer ses jambes dans le vide et l'espace d'une seconde, elle se surprit à espérer qu'il tomberait. Puis doucement, son souffle recommença à l'alimenter en air.

Et doucement, elle tourna son regard noisette vers lui, rencontrant ses yeux bleus, emplis de larmes. C'était bien des larmes qui coulaient sur ses joues. Des larmes de douleur et de tristesse, de colère aussi, tout cela mêlé pour rendre ces perles salées, ces perles détestées de tous. Alors à ce moment elle se rendit compte qu'il était humain aussi. Qu'il avait des sentiments et des émotions. Comme tout le monde. Le visage d'Enelyë dut changer sous le coup de la tristesse, car il détourna aussitôt la tête. Est-ce qu'il ne voulait pas voir le reflet de ce qu'il ressentait ?
En tout cas, il changea de sujet, la voix cassée et teintée d'un elle-ne-savait-quoi qui donnait à sa phrase une profondeur abyssale. La distance pied-vide. La distance aimer-blesser. Incapable de comprendre de quoi il parlait, Enelyë voulait juste le supplier d'arrêter de se balancer. Il lui faisait peur. Elle était effrayée par la possibilité soudain plus proche qu'il se jette dans le vide. Elle savait qu'elle ne parviendrait pas à effacer cette image si il faisait ça.


Et comme si il avait vu ça dans sa tête, comme si il avait réussi à le percevoir, il se pencha. Lâcha une main, qu'elle vit très distinctement quitter le bord du toit. Ses yeux s'écarquillèrent d'eux-même lorsqu'il parla de lâcher prise.

- Mais tu ne vas pas lâcher, Elio. Tu ne peux pas.

Pour appuyer ses paroles, elle s'approcha de lui, sur le point de tomber. Un seul mouvement et il basculerait définitivement. Sans qu'elle n'ait rien pu faire.

- Je te laisserais pas faire ça. J'veux pas que tu pourrisses le moral de toute l'Académie et que ton suicide hante mes cauchemars.

C'était une phrase égoïste comme il savait si bien les faire. Une phrase égoïste parce qu'elle voulait qu'il lui crie encore dessus, qu'il lui dise des atrocités qu'elle accepterait sans broncher. Elle le fixa, le regard aussi dur que le ton qu'elle avait employé. De l'acier, du béton armé, enfin un truc vraiment dur quoi.

- Tu vas remettre ton autre main sur le toit et tu vas reculer, je veux plus voir un bout de ton corps au-dessus du vide.

Sa voix avait flanché sur la fin, avait eu un léger tremblement. Pendant qu'elle le regardait, son visage encore envahi par les larmes, et que la main qui tenait encore frissonnait. Enelyë sentait son coeur battre de peur. Et le pire, c'est qu'elle savait parfaitement qu'elle ne pourrait pas retenir Elio. Il était certainement plus lourd qu'elle, et plus fort. Si elle essayait de le rattraper, elle tomberait avec lui. Et elle ne le laisserait pas tomber sans rien faire. La question qui se posait alors était : Elio allait-il faire deux morts, depuis les toits ? Enelyë espérait qu'elle n'aurait pas à faire cela.


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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Mar 27 Sep 2011 - 9:21

-Ah oui, j’peux pas ? Pas chiche !

Il la dévisagea, sérieusement vexé, et complètement perdu.

-Tu m’prends pour qui ? Pour un froussard ? Un p’tit con qui ne tient pas parole ?
Dis-le, je mérite de sauter. C’est l’seul service que j’peux me rendre à ce stade là, alors…Autant fait une bonne action un jour, non ? Ce sera la première et la dernière, pas mal pour une vie !


Il ne respirait plus. Il parlait comme on raconte notre vie qui défile avant de mourir, comme un agonisant se confiant au tout dernier moment. Il parlait comme un pauvre suicidaire qui n’a personne d’autre que la personne qui passe sur le pont au mauvais moment, comme un gosse qui sait qu’il n’aura jamais d’autres parents que ceux qui sont déjà morts.
Comme un con.

-Mais lâche-moi à la fin ! Pourquoi tu m’retiens ? T’es amoureuse ou quoi ? J’ai jamais vu une fille aussi têtue ! Et recule, tu vas tomber aussi sinon. Un mort ça suffit.
Manqu’rait plus qu’on soit enterrés ensemble.


C’est de la méchanceté gratuite.
Mais c’est mon amour, mon amitié.
C’est le dernier bout en lambeau de mon cœur qui te supplie de partir car il ne veut pas que tu meures…ou que tu bousilles ta vie avec des « Et si ».
Les « Et si » c’est mortel. Ça te bouffe, ça te ronge, ça devient une drogue d’illusion et de faux semblant, ça te perd de la réalité ou des rêves, et ça te mène à tes pires retranchements.


-Tu mérites pas ça.

Ta gueule, je ne le répéterais pas.
T’es pas contente ? C’est pareil.
T’es pas d’accord ? C’est pareil aussi.

Dégage, bordel !

Mais elle ne part pas. Et t’as ses putains de yeux noisettes plein de larmes qui te fixent.
Ah non, pas l’coup des larmes, merde !


-Si tu chiales, je saute maintenant, avec ou sans toi.

Ce fut instantané, elle sécha ses larmes, et se mordit les lèvres pour stopper les prochaines.
Bon, au moins, ça c’est fait.


-Tu veux vraiment m’rendre service ?

Il se leva, sous le regard d’espoir de la jeune Enelÿe. Pauvre fille, avait-elle vraiment oublié qu’elle avait affaire à Elio ?
Il se posta tout au bord, encore moins en équilibre que lorsqu’il était assis, et leva les bras, tel Rose au bord du Titanic.

-Pousse-moi.

Il se retourna, non surpris de la réaction de la princesse.
Et bah oui, quand il s’agit de ce genre de service, tout d’suite, ça ne se bouscule plus au portillon.


-Ah elle est belle l’amitié ! J’me marrais aussi quand j’voyais les autres se jurer amitié jusqu’au bout. Tu parles d’un bout.

Il se figea, alors.
Amie.
Il avait parlé d’amitié. En visant Enelyë. Chose complètement incongrue. La gamine n’était pas une amie. Il n’avait pas d’amis !
Il déglutit, conscient qu’il y avait un méli mélo d’incompréhension dans son crâne. Déjà qu’il ne supportait plus les pensées qui l’envahissaient et broyaient ses idéaux…


-J’ai peur. Souffla-t-il.

Juste un souffle, mais un souffle si fort, si vrai qu’elle n’avait pu que l’entendre.


-J’ai peur de vivre…et j’ai peur d’me rater.

Ses yeux s’embuèrent, ne cherchant plus à savoir pourquoi Elio, si méfiant d’ordinaire, se confiait à présent.
Quant on parle de bout, il n’y a plus de carapace. Même pour Elio.


-Si j’me rate, j’fais quoi après ?

C’pas si simple de recommencer. Déjà une fois…Mais deux…Et puis après quoi ? Trois, et quatre, et cinq ? Il y aura toujours un con pour venir au mauvais endroit au mauvais moment.
Toujours une princesse naïve qui se dira qu’il ne sautera pas pour ne pas blesser l’autre, ou emmener l’autre.


Je ne sais plus quoi faire.
Je vais sauter.
Je veux sauter.
Je vais, hein…
Il me faut juste encore un peu de temps.
Encore un peu d’courage.
Et puis avec ton consentement, ce serait encore mieux !

-Il est mort comment le tien, de père ?


Autant discuter. Si t’en apprends plus sur ma misérable vie d’assassin, t’auras p’tètre le bon sens de me pousser.



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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Sam 22 Oct 2011 - 13:18

« -Tu m’prends pour qui ? Pour un froussard ? Un p’tit con qui ne tient pas parole ?
Dis-le, je mérite de sauter. C’est l’seul service que j’peux me rendre à ce stade là, alors…Autant fait une bonne action un jour, non ? Ce sera la première et la dernière, pas mal pour une vie ! »
« -Mais lâche-moi à la fin ! Pourquoi tu m’retiens ? T’es amoureuse ou quoi ? J’ai jamais vu une fille aussi têtue ! Et recule, tu vas tomber aussi sinon. Un mort ça suffit.
Manqu’rait plus qu’on soit enterrés ensemble. »
« -Tu mérites pas ça. »


Il y avait la haine, dans ses paroles. La peur aussi. Peut-être, non, sûrement, de la pitié. Et évidemment, beaucoup de tristesse.

Et elle le regardait, se contentant de retenir les larmes qui tentaient de couler sur ses joues. Elle avait serré les poings, et elle mordait sa lèvre. Les paroles de réconfort, et même les paroles toutes simples, ne viendraient pas. Elle n'avait jamais su comment parler à quelqu'un de triste, n'avait jamais réussi à dire quoi que ce soit à une personne qui en avait besoin. Enelyë se contentait de le fixer, elle ne voulait pas qu'il saute, elle ne voulait pas qu'il lâche. Elle ne voulait pas qu'il... meure. Alors elle ne partirait pas. Égoïsme. Il menaça de sauter si elle pleurait. La Dessinatrice inspira un coup, puis essuya ses yeux. Ce n'était pas de sa faute si les larmes revenaient quasi-instantanément.

Elio se leva. Lui demanda si elle voulait lui rendre service. Elle lui jeta un regard, mélange d'espoir et de peur. Qu'allait-il lui demander ? Elle ne répondit pas, attendant la suite.


« -Pousse-moi. »
- Quoi ?

Cela eut l'effet de repousser ses larmes, et de reprendre contrôle sur elle. Il venait de lui demander de le pousser ? C'était ça le service qu'il voulait qu'elle lui rende ? Alors là, non ! Elle ne ferait jamais ça !
Et il parla d'amitié... Amitié ? Comment ça ? Il la considérait comme une amie ?! *Choc* Elle regarda Elio, puis se leva doucement. Il s'était légèrement écarté du bord. Et elle considérait cela comme une avancée.

Il avait peur. Elle avait raison. Mais les raisons qui le poussaient à avoir si peur, quelles étaient-elles ? Elle ferma les yeux, soupira, puis les rouvrit pour les planter dans ceux d'Elio. Il détourna la tête, avoua ses peurs. Elle fit quelques pas vers lui, précautionneusement. Ne s'approchant pas trop, elle ne voulait pas qu'il recule. "J'fais quoi après ?". C'était exactement ce qu'elle avait pensé lorsque son père était mort. Elle avait eu désespérément besoin d'aide. Mais Varsgorn était là. Il l'avait aidé, par sa seule présence. Pouvait-elle aider Elio ?


- Tu ne te rateras pas si tu ne sautes pas...

C'était une évidence.

- Et dans le pire des cas... Il faudrait continuer à avancer. Même si il n'y a plus rien pour te tirer...

Le vent soufflait légèrement. Enelyë voyait que le bleu des yeux d'Elio commençait à se cacher derrière des larmes. Il pleurait ?

« -Il est mort comment le tien, de père ? »

Elle baissa la tête. Comment était-il mort ? A vrai dire, elle n'en savait rien.

- J'en ai aucune idée. On me l'a annoncé. Et quand j'ai été à son... enterrement, sa voix se cassait, on ne m'a rien dit.

Elle ne voulait pas parler de ça. Elle ne voulait pas que ses larmes coulent une fois de plus. Elle ne voulait plus penser à ça.


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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Sam 10 Déc 2011 - 15:35

Ce n’était qu’un dialogue de sourd.
Un simple dialogue de sourd qui ne se terminerait jamais.

Parce que lui voulait mourir et qu’elle ne le laisserait jamais faire sans faire elle-même la connerie de sa vie.
Et parce qu’elle ne voulait pas parler de ses sentiments, de son père, alors que lui avait besoin de hurler son geste pour tenter de s’en débarrasser.

Ils étaient dans une sale impasse, tous les deux.

Pourquoi avait-il fallu qu’il fasse connaissance avec une telle fille, aussi ? Franchement.
N’empêche, elle, elle lui parlait au moins dans cette Académie. Elle n’avait pas peur.
Et puis elle n’écoutait pas les rumeurs.

Elle serait parfaite si elle pouvait l’aider à sauter, quoi.
Mais personne n’est parfait.

-Pourquoi t’es venu sur le toit ? C’est interdit.

C’est fou ce qu’il pouvait dire n’importe quoi lorsqu’il était mal ce garçon. Et vu qu’il n’était pas souvent bien…


- Pour pas te rater, c’est ça ?

L’un reproche à l’autre d’être en fraude sur les toits, alors que lui-même s’y trouve.
Et l’autre ne veut pas que l’un saute dans le vide alors que lui-même s’y trouvait avec une idée similaire.

Qu’ils étaient cons.

-On est des cons, hein ? On a pas du bien lire la notice de la vie en naissant, on a loupé toutes les p’tites conditions en bas d’la page. Et on s’est fait avoir. Comme des cons.


Ils se dévisagèrent du regard, se comprenant, mais ne parlant pas.
Bah ouais, on s’est bien fait avoir. En beauté. Il y avait forcément un piège derrière tout ça.
Il n’avait jamais demandé à vivre lui. Il n’avait signé aucun papier après tout, merde !
Le hic, c’est qu’avoir tué son dernier géniteur n’avait rien changé. Il était toujours là. Et toujours aussi perdu.

-J’pensais…j’pensais qu’on était comme des dessins éphémères. Qu’on disparaissait à un moment, comme avec la mort de notre créateur. Faut croire que non. J’comprends rien au dessin et aux spires de toute façon.

C’est dur. C’est tellement dur de faire deux pas de plus pour sauter, ou ne serait-ce que se laisser tomber.
Ce qu’ils appellent lâcheté serait alors plus dur, que ce qu’ils appellent courage ? Plus dur de mourir que de vivre. C’était tellement paradoxal.

Il s’approcha d’Enelyë, et lui prit la main.


-Un jour on sautera ensembles. J’sais pas pourquoi, mais j’le sens. Pas ce soir parce qu’on est cons et qu’on a trop les chochottes. Mais un jour on sautera ensemble.

C’était d’une évidence pour lui. Comme un pressentiment.
Elle n’était pourtant rien pour lui, à la base.


-T’emballe pas, t’aura p’tètre tout simplement pas l’choix.

Il haussa les épaules, et l’entraina vers les escaliers de sortie.

-Tu t’es déjà amusé à inverser les produits des savons et tout l’tintouin de la salle de bain des kaelems ?






[J’suis hyper méga désolée du retard, j’avais zappé –‘ Du coup j’le termine, on pourra en refaire un Wink Tu peux répondre pour terminer aussi si t’en as l’inspi !]


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MessageSujet: Re: Je ne crierai rien sur les toits [Terminé]   Dim 11 Déc 2011 - 2:32

Il lui demanda pourquoi elle était là. Enelyë se posa la question. Pourquoi était-elle là, en fait ? Ses pas l'avaient porté jusqu'ici, presque machinalement. Mais si elle ne pouvait pas répondre à cela, elle pouvait en revanche répliquer à l'interdiction. Alors qu'elle s'apprêtait à parler, il continua. Pour pas se rater. Elle referma la bouche, jetant un regard vague sur le vide qui s'étendait sous eux. Était-elle là pour ça, vraiment ? Elle n'avait pas eu cette idée en tête, mais peut-être que son inconscient avait voulu la pousser à choisir cette voie. Elle se sentait tellement seule. Un peu plus, et elle aurait fondu en larmes. Mais elle ne voulait plus pleurer devant Elio. C'était une simple question de fierté. Il avait déjà trop vu couler ses larmes. Ils avaient déjà pleurés ensemble. Trop de larmes coulaient sur leurs rares rencontres. Ça commençait à bien faire.
Et au final, elle ne pouvait qu'approuver toutes ces choses qu'Elio reprochait non seulement à Enelyë, mais aussi à lui-même. Elle hocha la tête, n'osant pas parler de peur que la boule dans sa gorge ne se change en larmes. Elle se contenta de le dévisager, ce qu'il faisait de son côté aussi. C'était fou comme à cet instant, elle le comprenait. Au final, ils étaient deux orphelins. Aucun n'avait connu sa mère, et peu leurs pères. Si Enelyë avait l'impression de l'avoir connu par coeur, elle s'était rendue compte, en retournant chez elle, que ce n'était pas du tout le cas. Et maintenant qu'elle s'en souvenait, elle lui avait souvent reproché ses absences. Comment pouvait-on aimer à ce point quelqu'un qui était si rarement près de nous ? Les souvenirs allaient commencer à la hanter si elle ne les chassaient pas tout de suite. Ce fut la voix d'Elio qui la rattrapa mentalement.

Des dessins ? Pouvait-on comparer la vie au Dessin ? Que la Création disparaisse avec le Créateur. Enelyë avait entendu parler de dessins éternels. Mais les hommes n'étaient absolument pas éternels. Trop faibles pour être immortels. Elle secoua la tête. Il n'était pas dessinateur, et n'avaient sans doute pas entendu parler de tout cela. Mais elle ne s'était jamais demandé si le Dessin s'évaporait, se volatilisait, si, venant d'être transporté dans la réalité, le dessinateur mourrait. Le dessin avait-il une durée à lui, ou était-il conditionné, réellement, par la vie de son créateur ? Voilà encore une question qu'elle pourrait poser à Myra. Même si celle-ci allait vraiment finir par croire qu'Enelyë se posait vraiment des questions bizarres, entre la perte du don et ça ...

Le demi-faël s'approcha d'elle, lui prenant la main. Elle fixa son regard océan. Quelques gouttes salés perlèrent au coin de ses yeux. Ensemble. Un jour, ils partiraient. Ils s'envoleraient, mais retomberaient finalement, si stupides ... Elle frotta ses yeux avec sa main libre, essuyant ses larmes. Et soudain, l'ancien Elio lui reparut, avec une petite remarque sarcastique. Enelyë ne put s'empêcher de sourire. Parce que même si il était désagréable, elle préférait ce Kaelem là, celui qui ne se prenait pas la tête avec elle, et qui était vraiment odieux. Celui qui n'avait pas, ou du moins ne montraient pas, toutes ses idées noires. Et pourtant, quelque part, elle savait que maintenant, elle était liée, d'une certaine façon, à ce jeune homme.
Il se leva, l'entraînant à sa suite. Lui posant une question totalement idiote. Elle le regarda avec de grands yeux ronds, prononçant enfin quelques paroles.

- Tu l'as déjà fait, toi ?

Il lui lança un regard, qui voulait sûrement dire quelque chose comme "Tu le fais exprès ou quoi, d'être aussi idiote ?" mais cela la fit sourire.


Un jour, Elio, nous nous envolerons, pour ne plus jamais revenir.




[RP terminé : et comme d'habitude, un grand merci pour ce rp I love you]


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