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 Danser sur la Voie

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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Danser sur la Voie   Ven 27 Oct 2017 - 20:06

Armaële enfila sa tenue sèche avec un soupir d’aise et cala sous son bras les vêtements rouges, typiques des Kaelem, qu’elle venait de se procurer dans une des étagères. Elle avait saisi pantalons et tuniques un peu au hasard et évalué à vue d’œil qu’ils étaient de la bonne taille. Effectivement, les habits de combats lui allaient plutôt bien, un peu trop larges au niveau de la taille. Elle passa ses doigts dans les mèches qui caressaient ses oreilles en jetant un œil dans un des miroirs accrochés sur le mur et décida qu’elle devrait bientôt les couper. Elle secoua la tête et sortit de l’intendance.

En remontant le couloir pour rejoindre le dortoir, elle s’autorisa enfin à repenser à l’heure qui venait de s‘écouler. Elle s’y était refusée jusqu’à présent : elle n’aurait pas eu les idées claires, trempée, ses chaussettes émettant un petit bruit de succion à chaque pas dans ses bottes. Elle avait toujours détesté avoir froid. La sensation de vêtements humides suffisait à la glacer et il lui fallait ensuite de longues heures pour s’en débarrasser, comme si le froid s’imprimait sur ses os. Elle laissa ses pensées se balader, tandis qu’elle déposait ses affaires sur son lit et se dirigeait vers la tour marchombre.

Marchombre. Assurément, Danatael était un personnage intrigant. Avec ses cheveux en catogan, sa stature et ses yeux pénétrants, il aurait bien pu sortir d’un des contes qu’elle avait entendu, petite, alors qu’elle vivait encore chez son père. Une histoire un peu abracadabrante au sujet d’un trésor, d’un jeune prince et de quarante voleurs. L’ombre du corbeau flottait sur les silhouettes et elle la trouvait, étrangement, rassurante. Elle aimait bien l’oiseau de Danatael, le voir devenir grain de sable parmi les nuages ou bien sautiller à ses pieds en picorant. La réalité lui semblait excitante et mystérieuse. Une myriade de mots, balayée par une démonstration plus qu’impressionnante qui s’était conclue par le premier geste de sympathie de l’homme. Clin d’œil. Etait-il toujours aussi distant ou était-ce une manière de la jauger ?

Elle haussa les épaules en se secouant. De toute façon, elle n’aimait pas vraiment parler et l’air rêveur de son maître, qui lui soufflait qu’il n’était pas non plus un bavard invétéré, lui convenait. Et, entre temps, elle était apparemment arrivée à destination. Elle observa les yeux plissés la tour qui lui faisait face : deux étages à vue de nez, des murs en pierres gris et une porte fermée. Sans attendre, elle la poussa et pénétra dans une large salle. Elle resta figée quelques secondes à la vue de l’empilement d’armes et de tapis : dagues, poignards, arcs, épées, bâtons… Elle n’en avait jamais vu autant et d’une telle diversité dans un même lieu ! Elle s’approcha et saisit un petit coutelas, le soupesa, appréciant sa légèreté et son équilibre, le fourra d’un air absent dans sa poche. Elle continua à observer la pièce et repéra enfin un escalier, dans le fond à droite. Elle passa en un coup de vent au premier étage – aussi vide que le rez-de-chaussée, apparemment occupés par des appartements – et déboucha enfin au dernier étage. Ce qu’elle vit… la chavira.

Le sommet de la tour offrait une vue imprenable sur l’Académie. Le soleil cueillait les bâtiments dans leur écrin de verdure, jouait avec les ombres et les formes des toits, créant des recoins secrets et de larges surfaces brillantes comme des patinoires. La silhouette de la forêt se balançait lentement. La poussière du début d’après-midi brouillait l’horizon, comme une aquarelle dans laquelle on aurait mis trop d’eau. Il n’y avait pas un nuage. Armaële tituba jusqu’à la fenêtre. Elle posa une main sur les pierres pour rétablir son équilibre et la sensation rugueuse d’inscriptions sous ses doigts la tirèrent brusquement de sa contemplation hallucinée. Elle fit quelques pas en arrière, en examinant les murs avec des yeux ronds et mis quelques instants à comprendre ce qui s’étirait devant elle : des mots, des milliers de mots qui couraient de haut en bas, inscrits à la dague ou à la craie, soigneusement calligraphiés ou bien à demi-effacés. Des phrases, des morceaux, des lettres, des poèmes, les pensées des milliers d’autres silhouettes passées là avant elle, dessinées sous ses yeux et murmurant des questions, certitudes, litanies hors d’âge. Mais quelle était cette pièce ?  

Elle redescendit presque en courant. Trop. De présences et de questions, de bruits et de fantômes. Elle déboucha à l’air libre au pied de la tour et s’autorisa enfin à reprendre sa respiration. Danatael n’était visible nulle part. Et heureusement. Elle se serait sentie stupide de devoir expliquer qu’elle avait était bouleversée par des morceaux de phrases qu’elle n’avait même pas pris le temps de lire. Elle saisit sa tunique, au niveau de sa poitrine, et força son cœur à ralentir, ses traits à reprendre une expression neutre. Enfin, elle fut capable de respirer à nouveau sans que ses poumons jouent la cornemuse et elle s’adossa à la tour.

Elle ne savait pas que penser de cet endroit. Laissant ses doigts courir entre les pierres, elle cueillit un peu de poussière de mortier et l’observa tâcher ses mains blanches. Toujours plus de questions et de mystères, un petit parfum à la fois effrayant et prometteur. Elle dessina un A dans la paume de sa main et ferma les yeux. Les mots, sans sens, dansaient devant ses yeux.
Elle attendit. Qu’on lui montre la Voie.

[Comme je ne sais pas trop ce que tu as prévu, j’ai préféré laisser toutes les possibilités ouvertes : entrer de nouveau dans la salle d’entraînement ou de méditation – ou bien rester dehors et tenter un peu d’escalade ! Mais edit à volonté, envoie-moi un MP si tu veux que je modifie la fin 😉]



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- Que devient une étoile qui meurt ?
- Un rêve qui vit.


Capter l'écho de la vie dans le poids des choses. Voir ce qui échappe à l'oeil sur les bords de la vie et ouvrir son âme à la lumière des êtres.

René Pageau
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Danser sur la Voie   Lun 6 Nov 2017 - 22:41

Cet après-midi, le maître marchombre était à présent redevenu un simple humain le temps d’une heure ou deux, alors qu’il profitait du temps qu’il avait donné à sa nouvelle apprentie pour essayer de croiser dans la foule des élèves une toute autre personne. Il ne se l’avouait pas totalement, mais Danatael pensait bien trop souvent à la charmante demoiselle avec qui il avait partagé son temps lors de ce bal. Dylan. De nouveau il se perdit dans ses souvenirs alors qu’il déambulait entre une poignée d’élèves dans les couloirs de l’académie. Son rire angélique, leurs jeux taquins, leurs regards enjôleurs lui manquaient. Elle lui manquait. Le jeune homme sentit ses joues devenirs un peu plus roses alors qu’il se remémorait les baisers échangés.

Alors qu’il se promenait dans le patio, espérant trouver sa dulcinée alors qu’il ne savait même pas si elle était là, il regarda passer chacun des élèves qui croisaient son chemin, se dirigeant certainement vers une salle de classe où ils suivraient des cours, agencés sur un emploi du temps… Décidément, l’enseignement marchombre était tellement plus vivant et vrai. Pas d’horaire, juste besoin de se rassembler à l’heure prévue …


- Zut !


Danatael venait de se rendre compte qu’il n’avait pas vraiment donné d’heure précise pour que son élève le rejoigne à la tour marchombre. J’espère qu’elle n’attend pas…

Il sortit donc d’un pas pressé des bâtiments principaux de l’académie pour se diriger vers la Tour marchombre. Quand il arriva, son élève était déjà là, dans sa tenue de combat comme il le lui avait demandé, ne sachant visiblement pas trop à quoi s’attendre.

- Ah, tu es déjà là ! Très bien.


Le maître marchombre essayait de paraître sûr de lui mais n’était pas convaincu lui-même du résultat. Il sourit, puis devant le regard un peu interrogateur – ou intrigué ? - d’Armaële, il décida de passer directement à la suite.

- Si je t’ai demandé de venir ici ce soir c’est pour tester un peu ton potentiel et tes capacités martiales.

Il posa doucement sa main dans le dos de son élève pour qu’elle dirige ses pas vers la salle d’entraînement. Une fois arrivé dedans, il la laissa le dépasser pour entrer dans la pièce et qu’elle prenne le temps de bien la découvrir.

- Ici, on aura de quoi pourvoir à nos entraînements au combat, et même pour faire un peu d’exercices mais pour ça je suis plutôt partisan du plein air.

Il avança à son tour dans la pièce avant de reprendre la parole :

- Tous les marchombres de la guilde ne sont pas bons au combat, loin de là. Mais je considère que dans le monde dans lequel on vit, il est nécessaire de savoir se battre. La véritable liberté ne se gagne pas en fuyant devant le danger, mais plutôt en passant au travers pour mieux le dompter. Si tu es capable de défendre ta vie devant n’importe qui, plus personne ne peut t’empêcher d’aller où tu veux. Plus personne ne peut t’empêcher de vivre.

Il désigna les râteliers le long du mur de la salle :

- Je te laisse le temps de choisir ton arme.  Je veux que tu prennes celle avec laquelle tu es le plus à l’aise, ça sera ton arme de prédilection, et je t’entraînerai avec.


Il offrit à son élève un sourire qu’il espérait encourageant.

Hey, faut que tu relaxes un peu Dan, elle te juge pas, elle est là pour apprendre.


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Danser sur la Voie   Mer 15 Nov 2017 - 4:50

Ses « capacités martiales ». Armaële faillit s’étouffer à ses mots. Elle espérait que Danatael avait un peu d’humour. Elle lui jeta un œil de côté. Il serrait les poings spasmodiquement – discret signe de nervosité qu’elle releva intérieurement : le jeune homme n’était donc pas aussi serein qu’il en avait l’air au premier abord. Elle supposait que ce n’était sûrement pas la perspective du combat qui le mettait dans cet était. Il était à l’évidence un adversaire redoutable. Mais alors, doutait-il lui-même de ce qu’il était en train de faire ? La guider sur la Voie ? Doutait-il… d’elle ?

Elle repoussa ces pensées en s’approchant une nouvelle fois du râtelier. Le poids du couteau dérobé, dans sa poche, se rappela à elle et elle se força à respirer profondément pour ne pas rougir. Inutile de le sortir maintenant et de passer dès les premières heures pour une voleuse – ce qu’elle était, pourtant. Elle contempla les nombreuses armes entreposées devant elle.

Armaële ne savait pas se battre. Elle avait observé de nombreuses fois de véritables combattants : dans les rues, les soldats et leurs épées, les Frontaliers déambulant nonchalamment, main sur le fourreau du sabre ou, plus récemment, des élèves s’entraînant dans l’enceinte de l’Académie. Ils avaient cette technique, cette fluidité qui transformait le combat en danse, en émerveillement de mouvements et de sauts. Mortels. Elle contempla les épées, les sabres et les fleurets avec regret. La seule partie de son corps qui avait déjà effleuré une de ces armes était ses fesses – elles avaient eu chaud ! - quand elle avait été poursuivie par un garde et avait bien failli se faire attraper. Inutile de préciser, donc, qu’elle n’avait aucune expérience. Elle passa aussi devant les lances et les arcs sans s’arrêter, inadaptés un combat au corps à corps. De longs bâtons de bois étaient posés contre le mur mais elle préférait quand ils étaient plus courts – une bonne vieille branche pouvait à coup sûr se transformait en gourdin dangereux. Elle finit donc par se retourner de nouveau vers les poignards. Elle en choisit un court et équilibré, sur lequel elle avait une bonne prise. Comme l’autre, il lui sembla magnifique : elle avait rarement tenu une arme de cette qualité entre ses mains.

Elle se tourna vers Danatael qui attendait, patiemment, sur les tapis au centre de la pièce. A première vue, il était aussi impassible que d’habitude mais elle sut qu’il était concentré à la façon dont ses gestes étaient contrôlés, mesurés. Ses poings ne se serraient plus, il était tout simplement immobile. Il la fixait. Elle observa, à quelques mètres de distance : pas de trace de garde, il ne la considérait pas comme une adversaire dangereuse. Il avait raison. L’unique technique qu’elle maîtrisait était la « je-cherche-à-survivre-désespérément », aussi joliment surnommée la « démerde-toi-pour-pas-crever-trop-vite ». Très bien, puisqu’il ne s’attendait pas à ce qu’elle prenne le dessus – et puisqu’elle ne s’y attendait pas non plus – elle allait agir comme elle le faisait habituellement : elle n’avait aucune technique, certes, mais elle possédait un certain don pour la survie. Pas de règles, pas de limites. Survivre.

Elle s’échauffa un peu les poignets, sautilla sur place en continuant d’observer attentivement. Tout combattant qui se respecte aurait joliment engagé l’échange par une passe, certes dangereuse mais aisément évitable par l’adversaire, pour suggérer l’ouverture de la confrontation. Danatael n’avait donné aucune consigne en ce sens. Armaële était bien plus petite que lui. Elle pouvait faire basculer son centre de gravité si elle s’y prenait bien. Il ne s’y attendrait sans doute pas.

Elle fonça tout droit, dans le tas. Danatael dut effectivement se laisser surprendre puisqu’elle faillit l’effleurer. Elle sentit l’air de sa tunique lui effleurer la joue tandis qu’il bondissait sur le côté, au dernier moment. Diantre, il était rapide, bien plus qu’elle n’aurait imaginé pour sa taille ! Elle prit quelques secondes pour reprendre son équilibre et retenta une frappe vers les côtes flottantes, puis une autre en direction de la cuisse, qui passèrent très loin de la cible. Elle tenta quelques autres frappes – ses meilleures « passes », qui fonctionnaient généralement bien. Mais Danatael n’était pas un ivrogne ou un vieux marchand – les autres, elle les fuyait au maximum. Hors de question de détaler dans cette situation. Réfléchir. Être maligne, un peu.

Il ne faisait que l’éviter, sans répliquer. Très bien, il fallait qu’elle le force à mouiller sa tunique.  Elle se repositionna en face de lui, en respirant le plus lentement possible alors que son cœur jouait les maracas dans sa poitrine.  Elle fit mine de diriger son nouveau coup vers le ventre mais, au dernier moment, et elle cassa son poignet et lança le poignard aussi fort qu’elle pouvait. Danatael réagit exactement comme elle l’avait prévu – comme elle l’aurait fait si elle avait possédé sa rapidité. Il se plaqua au sol pour éviter le projectile qui fonçait en direction de sa tête. Sans attendre, elle bondit.

Elle atterrit sur son dos. Sa main droite farfouilla dans sa poche et saisit le couteau qui y était dissimulé. Elle raffermit sa prise sur les épaules pour résister quand il se releva – heureusement qu’il n’avait pas choisi de rouler sur le côté ou elle aurait dû se laisser glisser elle aussi -, enserra la taille des jambes et voulut appuyer le manche contre la jugulaire – pas le temps de dégainer. Mais une main saisit son poignet, la désarma d’une torsion et la jeta sur le côté comme si elle ne pesait pas plus qu’une plume. Elle s’accrocha à l’avant-bras et se retrouva, sur le dos, couchée sur le tapis. L’ombre de Danatael au-dessus d’elle l’écrasait. Le décor disparut, elle arrêta de réfléchir. Survie. Pas de règles, pas de limites. Elle mordit avant même qu’elle s’en rende compte.

La réalité lui dégringola sur le nez au moment où elle enfonça ses dents dans l’avant-bras qu’elle tenait encore, tandis que, dans un même mouvement, elle commençait à rouler en avant pour se glisser entre les jambes et se relever d’un bond.

Elle mordit. Puis elle lâcha tout. Le décor, autour d’elle, sembla redevenir tangible tandis qu’elle portait sa main à sa bouche. Elle recula en titubant et en fixant la marque qui ornait désormais la peau du marchombre – il ne saignait pas, la Dame soit louée !

Elle se sentit tout à la fois stupide, malheureuse – ses chances de poursuivre l’enseignement, réduites à néant, désormais – et incroyablement honteuse. Elle balbutia en continuant de reculer jusqu’à trébucher sur le rebord des tatamis.


- Je, je… Je suis désolée. Je, je… ne sais pas ce qui m’a… pris.

Les derniers mots se perdirent quand elle vit Danatael redresser enfin la tête. Elle s’empressa de détourner le regard, pour ne pas croiser son expression et se jeta sur le côté pour récupérer sa veste. Après avoir démontré son incroyable nullité en combat et son incapacité chronique à la réflexion quand il s’agissait de survie, il ne restait plus qu’à fuir avant de mourir de honte. Elle fit quelques pas vers la porte, sans se retourner. Si Danatael doutait, quelques instants auparavant, il devait maintenant être fixé sur ce qui lui restait à faire : la chasser à grands couprs de pieds aux fesses. S'il était gentil.

Mordre un marchombre. Mais quand est-ce qu’elle arrêterait d’avoir des réflexes débiles ?


[Mouhaha, j’ai adoré écrire ce post ! Mais si la réaction d’Armaële te semble un peu trop… excessive ou si tu trouves que je fais trop avancer la scène, j’édite sans problème !]



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René Pageau
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MessageSujet: Re: Danser sur la Voie   Mar 21 Nov 2017 - 2:27

Le maître marchombre étudiait son élève. Il observait où le regard de celle-ci se posait successivement, sur les différents râteliers d’armes, s’arrêtant bientôt devant le râtelier des dagues et autres lames courtes. Il vit l’espace d’un instant comme une sorte de gêne sur le visage de la jeune femme alors qu’elle se saisissait d’un poignard. Danatael se rappela la première impression qu’Armaële lui avait donné : une personne discrète, qui semblait préférer ne pas être vue que de subir le regard des autres. D’ailleurs, son apparence était vraisemblablement étudiée pour passer le plus inaperçu possible. Elle avait tenté de maquiller ses traits féminins derrière une coupe de cheveux masculine, des vêtements qui tombaient droit pour cacher ses formes. Elle tenait à ce que les regards passent sur elle sans s’arrêter.

Il se rendit compte au dernier moment que l’élève venait d’engager brutalement l’assaut, ne devant cette esquive qu’à ses réflexes entraînés, et il se félicita d’avoir eu une très bonne formatrice autant qu’il se maudit d’être toujours perdu dans ses pensées. Maintenant qu’il était concentré sur le combat, éviter les passes basiques de son élève ne fut pas vraiment compliqué : elles étaient prévisibles pour tout combattant entraîné, même si la véhémence d’Armaële le surprenait. Il avait en face de lui un visage où les émotions se bousculaient. Alors que ses frappes se succédaient, elle prit enfin une pause et Danatael put lire une nouvelle détermination dans le regard de l’élève.

Alors qu’une feinte judicieuse d’Armaële le forçait à se baisser, il ne comprit pas tout de suite ce qui se passait. Elle vient de monter sur mon dos là où je rêve ? Heureusement, elle n’était pas bien lourde et il put se redresser sans réel effort. Cependant, de la main qui n’était pas censée être armée, elle essayait de lui couper la respiration avec le manche d’une autre lame. Il reprit ses esprits et désarma son élève avant de la désarçonner avec son bras, auquel elle resta accrochée. Il la plaqua donc au sol, mais à ce moment la jeune femme qui se défendait chèrement devint une sauvageonne qui lui mordait furieusement l’avant-bras comme si sa vie en dépendait. Puis d’un coup, elle se dégagea et se releva, l’air honteuse, proférant quelques excuses avant de se retourner vers la sortie.

Danatael comprit que même si pendant un temps ils avaient tous les deux erré dans les rues, ils n’avaient pas du tout eu la même expérience de celle-ci. Elle, elle avait dû combattre chaque jour rester en vie, alors qu’il avait lui-même choisi de vagabonder avant d’être trouvé par Adriane.

- Tu n’as pas à t’excuser, je t’ai dit de choisir tes armes, et c’est ce que tu as fait, même si je ne m’attendais pas à tes dents, je dois l’avouer.

Le ton de sa voix se voulait chaleureux et amusé, pour montrer à son élève qu’il ne lui en voulait pas du tout. Elle n’avait pas dû se rendre compte qu’elle avait mordu dans la protection en cuir qu’il avait à son avant-bras, paniquée comme elle l’était.

- Si tu désires apprendre autre chose que le combat dans nos premières leçons ça me va, mais j’ai l’impression que tu écoutes beaucoup ton instinct, un peu comme moi. Moi aussi je préfère les lames courtes, plus proches du corps. Ou le combat à mains nues, qui est tout aussi efficace pour neutraliser un adversaire si on connait les bons points de pression. Si un jour tu reçois la greffe, je ne serais pas étonné que le mont Rentaï te donne des crocs et des griffes.

Le regard du maître pétillait de malice. Il se rendit compte, après avoir observé l’expression incrédule de son élève, qu’il ne lui avait pas encore parlé de la greffe.

- Les marchombres, qui ont réussi les épreuves de l’Ahn-Ju peuvent se rendre au mont Rentaï, la montagne sacrée de notre guilde, pour prétendre à recevoir la greffe. Seuls ceux que le mont Rentaï juge dignes se verront effectivement recevoir la greffe. Au final, même parmi ceux qui réussissent l’Ahn-Ju, peu reçoivent l’honneur de la greffe. Ils ne sont pas pour autant de mauvais marchombres, le Rentaï est une entité très mystérieuse et profonde et son jugement passe au-delà de notre compréhension.

Avant que son élève n’en arrive à poser la question personnelle qu’il préférait éviter pour le moment, il changea de sujet :

- Mais pour le moment on en est loin ! Tu m’as juré trois ans d’obéissance pour que je te montre la Voie, alors il va falloir que tu arrêtes de fuir dès que tu approches tes limites. Je veux que tu les repousses toujours plus loin, par-delà tes douleurs et des appréhensions. Je ne veux plus te voir tourner les talons devant une défaite, je ne veux plus te voir honteuse de ce que tu es. Viens me rejoindre.

Il se plaça donc au centre de la pièce, en garde à mains nues et attendit que son élève l’imite.

- Maintenant, je veux que tu ne lâches pas mes yeux du regard. Je vais t’envoyer des coups et je veux que tu les pares avec tes bras et tes jambes. Si tu vois mon regard, tu vois mes intentions, et tu sais où parer. Plus tard tu sauras même où contre-attaquer !

Danatael espérait qu’il avait réussi à rassurer son élève. En tout cas, lui se sentait plus légitime dans son rôle de professeur. Après une heure intensive de démonstration et d'entraînement, il fit signe à son élève d'arrêter.

- On va pouvoir se reposer un peu, et boire beaucoup d'eau !

Il se dirigea vers les seaux d'eau fraîche mis à disposition dans la salle et s'assit à côté, s'emparant d'une carafe avant de la plonger pour y boire.

- Après une journée si spéciale, tu dois avoir quelques questions j'imagine ?


[Voilà ma réponse ! Pareillement, si tu trouves que j'ai un peu trop avancé ou si tu aurais préféré réagir autrement je peux éditer à volonté. Wink]


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