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 Tout ce monde qui tourne à la pointe de l'épée.

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MessageSujet: Tout ce monde qui tourne à la pointe de l'épée.   Dim 24 Sep 2017 - 18:17

Attaque. Parade. Deux regards qui se croisent – l'un violet, l'autre gris – lorsque les lames rentrent en contact.
Une demi-seconde d'immobilité tendue et concentrée, puis Kloa repoussa l'épée de son adversaire, esquiva le coup suivant. Feinte – abaisser sa garde à gauche avant de prendre l'autre par surprise sur sa droite... Reculer pour mieux se fendre, éviter les pièges tendus, maîtriser son souffle, contrôler sa respiration, calculer le moindre geste, le moindre mouvement. Et surtout se laisser envahir par la pulsation de l'instant, ce tempo bien connu qui battait en elle, par elle – parfois moins escrimeuse que danseuse et musicienne, même si elle n'avait jamais rien connu à la musique.
Tout était question de rythme après tout. L'enchaînement des passes – vivacité, régularité, et puis parfois le léger contre-temps qui trompe l'adversaire en l'amenant sur le mauvais pied, transformant une défense en assaut, modifiant soudain les règles du jeu et de la chorégraphie...

La chorégraphie.
La Teylus esquissa un sourire lorsque ses yeux accrochèrent ceux qui lui faisaient face – aussi brillants et acérés que des pointes de flèche. Une mèche dorée trempée de sueur les dissimulait de temps à autre et Shaé la chassa d'un geste de tête impatient, le visage contracté par l'effort et l'attention.
Kloa connaissait à présent la jeune fille depuis suffisamment longtemps pour être devenue familière de la plupart de ses mimiques, de ses mouvements et de ses expressions. Elle avait appris à identifier le bruit de ses pas sur le sol de la salle d'armes, des couloirs ou dans la nuit feutrée des dortoirs, elle savait, au son plus ou moins rauque de sa respiration et à la seule couleur de ses joues, jusqu'à quel point elle était essoufflée – et jusqu'à quel point elle le simulait, afin d'induire son adversaire en erreur et de le pousser à la faute. Kloa avait vu plusieurs fois la guerrière user de cette technique, et jamais elle n'aurait commis l'imprudence de sous-estimer son amie.
Cependant, en ce moment, elle le percevait distinctement, l'apprentie commençait à fatiguer.
Elle le devinait dans la faiblesse progressive de ses coups, sa perte, légère mais sensible, de précision et de rapidité. La combattante se déplaçait avec de moins en moins d'agilité, et la force qu'elle mettait encore dans ses attaques ne parvenait pas à dissimuler la manière parfois brouillonne dont elle parait celles de son adversaire. Shaé avait toujours été la plus leste et la plus adroite des deux mais l'endurance de Kloa surpassait la sienne, et cette dernière réussissait souvent à l'avoir à l'usure.

Danse féline et concentrée, toute de souplesse et de violence maîtrisée. Corps et armes qui ondoient, ondulent, partenaires d'une improbable valse qui se déploie à travers le carré de terre, sous le silence assourdissant d'un orchestre-fantôme...
Et puis, tout à coup, la fausse note, le faux pas. L'harmonie brisée, rompue, interrompue.
Discordance.
L'épée de Shaé souleva un nuage de poussière lorsqu'elle tomba au sol.

Kloa baissa son arme tandis que la jeune femme reprenait son souffle. Ses cheveux châtain clair coupés au carré étaient collés dans sa nuque par la transpiration, mais le sourire qu'elle lui adressa quand elle releva la tête était sincère.


- Bien joué.

Puis, avec une note de malice dans la voix et une étincelle d'espièglerie au fond des yeux :

- Par contre, la prochaine fois, il faudra se défier au tir à l'arc ou au lancer de poignards. Histoire de rétablir l'équilibre... Sans embrocher personne, bien sûr !

Les deux amies éclatèrent de rire en même temps au souvenir du dernier cours de combat, lors duquel Kloa, en visant la cible sur laquelle elle était censée envoyer ses poignards, avait failli planter son arme dans le pied d'un de leurs camarades – une anecdote certes assez peu glorieuse mais qu'elle ne se rappelait pas sans amusement, surtout quand elle se souvenait du regard effaré que lui avait lancé sa pauvre victime. Si la jeune fille, grâce à un entraînement assidu, avait fini par s'améliorer en tir à l'arc, il lui restait encore des progrès à faire en ce qui concernait les armes de jet en général... La Teylus était avant tout une épéiste et, contrairement à Shaé, n'appréciait que médiocrement le combat à distance : le contact, le corps à corps, voilà ce qui lui plaisait, et ce depuis qu'elle avait tenu une arme dans sa main pour la toute première fois.


- Ce sera avec plaisir, mais à tes risques et périls : je peux être bien plus dangereuse avec un simple couteau à la main, répondit finalement la guerrière une fois qu'elles eurent retrouvé leur sérieux.

Ce faisant, Shaé avait ramassé son épée et examinait le ciel, dont des pans d'un bleu strié de blanc et de gris se laissaient apercevoir à l'extérieur du clos d'exercices, d'un air songeur. L'après-midi touchait à sa fin et des souffles d'air plus frais, presque froids, semblaient descendre des nuages et des montagnes environnantes pour venir se poser sur les épaules de l'Académie, comme un épais manteau de neige et de brouillard.


- Tu rentres, toi ?

Elle avait posé la question sans tourner la tête.

- Pas tout de suite, non. Je vais encore m'entraîner un peu... Kloa hésita un instant avant de demander, même si elle connaissait déjà la réponse : Et toi ?

Les yeux de Shaé rencontrèrent les siens.

- Je dois t'avouer qu'un bon bain ne serait pas de refus... Sourire en coin, qui retrousse les lèvres. On se retrouve tout à l'heure dans la salle commune ? Ou au moins au dîner ?
- Bien sûr.

Kloa suivit son amie du regard tandis que celle-ci prenait la direction de la sortie. Traverser le clos, ouvrir la porte... Elle lui fit un signe de la main lorsque la jeune fille se retourna une dernière fois vers elle avant de disparaître à l'extérieur.
Ce fut au moment où elle se détournait pour se reconcentrer sur son épée et le travail qui l'attendait qu'elle la vit.
Une silhouette fine, debout dans un coin du clos d'exercices. Parfaitement silencieuse et immobile – raison pour laquelle elle venait à peine de la découvrir, comme si celle-ci avait surgi à l'instant du mur contre lequel elle était adossée. Sans doute était-elle entrée alors que les deux Teylus s'affrontaient, et étaient alors trop concentrées sur leur combat pour la remarquer...
Sans vraiment réfléchir, Kloa s'avança dans sa direction, et la silhouette se précisa au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. De courts cheveux auburn assez semblables aux siens, des yeux d'un gris tirant sur le vert... Elle s'arrêta à quelques mètres.


- Tu es là depuis longtemps ?

Une simple interrogation ni agressive ni amicale, des paroles directes et spontanées qui ne s'embarrassaient ni de salutation, ni de marques de politesse, ni de fioritures superflues. Comme elle en avait l'habitude.


_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





Elizia / Kloa Rwanda
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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Tout ce monde qui tourne à la pointe de l'épée.   Mer 27 Sep 2017 - 0:08

Armaële avait passé la fin de sa nuit perchée sur l’un des toits de l’Académie. Impossible de dormir alors, au bout de longues heures à se tourner et se retourner sur sa couche et un « la ferme ! » lancé par un élève impatient plus tard – destiné à elle ou bien aux ronflements qui s’élevaient d’un lit voisin ?, elle avait fini par se glisser dans un couloir, puis par une fenêtre entrouverte. Là, elle avait déambulé un instant sur les tuiles puis, découvrant une large cheminée dont les pierres diffusaient une douce chaleur, elle s’y était adossée. Les étoiles étaient voilées, la nuit sombre. Elle n’avait pas envie de réfléchir – pas la tête aux bilans ou aux triturations de méninges – alors elle avait passé le temps en jouant avec un poignard qu’elle avait « trouvé » dans la salle d’entraînement marchombre. Malgré elle, elle s’était assoupie alors que l’aurore pointait un rayon rose.

...

Elle courait sur les toits d’Al-Far.  Ce n’était pas la course légère de l’exploration, c’était le pas précipité de l’urgence – sans qu’elle sache exactement ce qu’elle fuyait. Elle entendait d’autres galops à ses oreilles. Les ombres vibraient comme des centaines d’ailes désaccordées mais, quand elle tournait la tête, elle était seule. Il y avait le murmure de voix, pressantes, et puis, ostinato ténu, le bruit de combats, mélange du souffle haletant des adversaires, des pas qui râclaient la poussière et du cliquètement de l’acier.

Le toit, jusqu’alors infini, prit soudainement fin sous ses pieds et elle ne dut qu’à un réflexe désespéré qui la fit rouler en arrière de ne pas être avalée par le vide. Elle se remit debout sur des jambes tremblantes et, aussi soudainement que le gouffre était apparu, les bruits prirent visages autour d’elle. Ils étaient des centaines de silhouettes – mouvantes, vagues ombres issues de sa mémoire – qui jouaient devant elle. Les combats étaient féroces, un entremêlement de corps, de cris et d’armes, cruels et violents. Les morts disparaissaient dans un scintillement avant d’atteindre le sol et ils étaient remplacés par d’autres spectres, plus coriaces encore. Tout était si rapide qu’elle ne percevait que des éclats et des lueurs, des ombres et des cris.

Il y avait deux silhouettes au centre de toutes les autres. Inconnues mais claires et distinctes. Leurs habits étaient ceux des riches bourgeois d’Al-Far. Plus rapides et virtuoses. Une danse de fer captivante. Leurs épées brillaient d’un éclat presque aveuglant quand elles se rencontraient. Impossible de savoir qui aurait le dessus.

Armaële remarqua presque immédiatement les bourses bien remplies qui étaient posées sur le sol aux pieds des combattants, sur les capes richement brodées soigneusement pliées. Elle pouvait presque deviner le scintillement de l’argent – l’or ? – entre ses doigts. Malgré elle, elle fit un pas en avant et son bras traversa une des silhouettes qui titubait en reculant. Un violent tremblement la saisit. Mais ce n’était pas pour cela qu’elle frissonnait. Une autre présence, dans son dos. Le poids d’un regard.
Danatael la fixait en silence. Il était si près du bord qu’il semblait suspendu dans le vide. Pas un mot ne s’échappait de ses lèvres et son visage ne disait rien. Mais ses yeux criaient : « vas-y, vole, j’attends ».
La respiration d’Armaële accéléra et elle serra les poings, déjà tendus vers les bourses, prêt à jouer leur danse habituelle. Elle refusait. Les silhouettes semblaient ricaner en s’écartant pour lui céder le passage : pourquoi fuir, si c’est ce que tu es ?

« Vas-y, vole, j’attends ». Alors, Armaële ouvrit les bras et ferma les yeux. Alors que les bruits des combats s’intensifiaient, elle sauta par-dessus le toit.

...

Elle laissa échapper un cri muet, comme on reprend sa respiration après l’avoir vainement cherchée pendant de longues minutes, en rouvrant les paupières. Le soleil se déversait sur le toit et elle manqua de tomber en se redressant brusquement, se retenant in-extremis à la cheminée. Un rêve, tout simplement. Elle ne tombait pas, il n’y avait pas de silhouettes fantômes, pas de combatt…

Faux. Elle tendit l’oreille et se remit souplement debout. Le bruit de combat était bien réel et il venait juste de sous ses pieds. Elle plissa les yeux pour percevoir plus clairement les deux jeunes femmes qui s’affrontaient à l’épée en contrebas, dans le clos d’exercice. Presque une valse, pensa-t-elle avec admiration, en les voyant évoluer. Tourbillon de vêtements et de cheveux, des passes si rapides qu’on les percevait à peine. Pas à dire, ces deux-là – qui ne semblaient pas beaucoup plus âgées qu’elle – étaient des expertes. Elle se laissa glisser contre la gouttière et se dissimula dans l’ombre, tout en observant attentivement la joute.

Elle ne savait pas se battre à l’épée. Bien tenté d’imiter maladroitement les gardes d’Al-Far armé d’une branche mais celle-ci avait fini en gourdin – ou en arme de jet – pour se venger d’un compagnon qui avait tenté de lui voler une pomme et elle n’avait jamais renouvelé l’expérience. Pas pour elle. Elle préférait le poignard. Plus discret, plus facile à dissimuler, moins technique.

Le combat s’achevait. Les mouvements de la fille châtain étaient ralentis, elle parait de plus en plus lentement et son adversaire – féroce – en profita pour accélérer la cadence. Un mouvement éblouissant, qu’Armaële ne comprit pas, et l’épée tomba sur le sol dans un épais nuage poussiéreux. Elle regarda les deux amies se saluer, la blonde s’en aller de quelques pas bondissants et s’aperçut soudain que l’autre se dirigeait vers elle, d’un pas décidé.

Jolie fille, décidément, observa-t-elle en la voyant se rapprocher. Sensiblement la même taille qu’elle, cheveux coupés courts, son épée toujours à la main et une démarche plus que résolue. Qui fut confirmée par la question qui jaillit quelques secondes après :


- Tu es là depuis longtemps ?

Rien d'agressif, ni d'amical, juste un ton qui ne doutait pas qu’on lui réponde. Armaële faillit laisser échapper un rire. Elle aurait pu trouver cette fille incroyablement prétentieuse mais, après ce qu’elle venait de voir, elle la trouvait simplement incroyablement ambivalente : comment quelqu’un qui était capable de se battre avec autant de grâce pouvait-elle posséder si peu de manières ? – pas que ça la dérange, elle-même en possédait peu. C’était simplement… étrange. Bourrin.

Elle haussa les épaules, choisissant d’éluder la question. Elle ignorait depuis combien de temps elle était plantée là, entre les râteliers et les tenues de cuir. Elle frôla le poignard à sa ceinture, le glissa entre ses doigts pour s’occuper les mains, sans cesser de fixer la fille des yeux. Son regard ne cessait de revenir à l’épée qui reposait contre sa jambe, pointe vers le bas. Elle cherchait quelque chose à dire tout en faisait jouer sa dague dans son fourreau. Elle finit laisser par échapper son admiration et dit, doucement :  


- Tu te bas vraiment bien.

Puis :


- Tu es ?...
[Edit à volonté bien sûr  ]


_______________
- Que devient une étoile qui meurt ?
- Un rêve qui vit.


Capter l'écho de la vie dans le poids des choses. Voir ce qui échappe à l'oeil sur les bords de la vie et ouvrir son âme à la lumière des êtres.

René Pageau
 
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