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 C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde

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Marchombre
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MessageSujet: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Sam 3 Juin 2017 - 23:41

Kirfdéin était allongé sur le toit au sommet de la plus haute tour de l'académie. On ne pouvait pas faire un meilleur point de vue sur les alentours de l'académie. Mais ce n'était pas ce que le maître marchombre cherchait. On avait pas vraiment un excellent point de vue en étant allongé. Il n'y avait que le ciel que Kirfdéin regardait.



Non, ce qu'il cherchait, c'était la solitude afin de réfléchir.



Il fallait avouer que, depuis que Dylan avait eu une permission pour voyager, il n'était très entouré. Mais dans une académie, même quand on était seul, on était jamais vraiment tranquille au sol. Il y avait toujours du bruit de discussions, de chahut ou de combats. Même dans sa propre chambre, Kirfdéin n'était pas vraiment au calme.



C'était pour cela que le maître marchombre aimait les hauteurs. Il n'y avait que les oiseaux pour venir vous embêter.



Si Kirfdéin réfléchissait, c'était qu'un voyage dangereux s'était proposé à lui. Une sorte de quête. Le genre de quête qu'on ne peut pas refuser. Et pourtant... Pourtant Kirfdéin hésitait. Si Dylan avait été à ses côtés le jour où on lui avait proposé la quête, il aurait refusé. Car c'était bel et bien Dylan qui le faisait éviter. Ils avaient un contrat ensemble. Un contrat qui les liaient pour trois ans. Trois années qui étaient loin d'être terminées. Et qui dit voyage dangereux dit forcément risque de mourir.



Mais l'aventure était intéressante en de nombreux points. Découverte de territoires que Kirfdéin n'avait jamais explorés. Mieux encore, des territoires que peu d'hommes avaient explorés. Et cette quête aboutirait, si tout était avéré, à la découverte d'un si grand trésor....


Avec un sourire, le maître marchombre se redressa. Qu'essayait-il de faire depuis qu'il était monté sur ce toit en vérité? Simplement se répéter inlassablement qu'il avait pris la bonne décision. Car il l'avait prise sa décision. Il avait écrit une lettre qu'il avait déposé à l'attention de Dylan. S'il revenait vivant de la quête, il aurait le temps de la déchirer avant que Dylan ne revienne de son voyage. S'il mourrait.... Et bien, il avait fait en sorte qu'elle puisse poursuivre sa formation. Si le maître marchombre était un idiot qui se lançait à corps perdu vers le danger, ce n'était pas de la faute de l'élève quand même. Elle n'avait pas subir les bêtises de celui qui l'avait choisit.



En redescendant de son perchoir, Kirfdéin pensa au compagnon qui allait l'accompagner dans ce périple. Lui au moins, il n'avait pas ce genre de questions en tête. Il était libre de tout engagement depuis qu'il n'avait plus d'apprentie. Quoique, après tout, Arro aurait été du genre à vouloir que son élève vienne avec eux. Rien que pour dire que "ça forgeait l'esprit du marchombre".



Etrange de juger un homme qu'il connaissait à peine, même s'ils s'étaient croisés régulièrement depuis que Kirfdéin avait été l'un des juges de l'Ahn-Ju d'Ichel. En vérité, Arro et Kirfdéin étaient à un statut à mi-chemin entre la vague connaissance et l'amitié. Peut-être qu'après leur folle aventure, ils deviendraient amis. Les imbéciles qui ont posé le pied chez les Raïs.



Kirfdéin posa souplement le pied au sol, non loin d'un groupe d'élèves. Cette académie était incroyable. C'était quand même le seul endroit où personne ne s'étonnait de voir subitement un homme ou un élève faire de l'escalade sur les murs ou marcher sur les toits. C'était tout à fait normal. On en était presque au moment où on se serait étonné de ne pas voir quelqu'un sur un mur ou un toit.



Le maître Marchombre vérifia que son sac était bien fixé dans son dos et il se dirigea vers le lieu de rendez-vous.



Arro l'y attendait déjà.



- Même avant de te lancer dans une quête qui a de grandes chances de nous laisser mort au coin d'une montagne, tu garde le sourire?

Le maître marchombre arborait en effet un immense sourire. Kirfdéin ne put s'empêcher d'éclater de rire.



- Je me demande si tous les marchombres sont aussi inconscients que nous.


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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Dim 4 Juin 2017 - 1:08

Depuis la création de l'Empire, il est un fait historique énoncé : les Raïs ont toujours essayé de nous envahir. Mais les Alaviriens ont-ils faits de même ? Ont-ils envoyé une excursion dans ces contrées sauvages ? Non. Il n'est même pas sûr qu'ils aient émis ces idées. Peut-être parce qu'elles seraient saugrenues et certainement suicidaires.

Jusqu'au moment où un fou et son compagnon décidèrent d'y aller. Ces deux compères furent Arro et Kirfdéin, deux maîtres marchombres accomplies. Mais pourquoi y allaient-ils ? Pourquoi prendre ce risque ? Une relique. Un objet mythique, datant du fond des âges… On l'appelait le gant d'Ambarinal. Un dessin éternel qui liait un simple gant de cuir à un arc immatériel. Cela en valait-il le coup ? Oh que oui.

Mais comment s'était-il retrouvé là-bas ? Et comment les deux marchombres étaient au courant ? Et bien, cela date d'il y a presque une éternité.

Arro connaissait la légende, mais ne fut-il pas surpris, un jour, de le voir en action, sur la main d'une de ses consoeurs marchombre qui vivait à l'Académie alors. Malheureusement, la dame était discrète et l'époque sombre, le temps où l'Académie était aux mains du Chaos. Il fallut attendre que la révolte s'enclenche et que l'endroit soit repris pour enfin demander à voir le mythique gant. Il était trop tard cependant. Pendant leur fuite, le Chaos emporta équipements et trésors dont cette relique.

Cela prit du temps de retrouver la trace du dernier possesseur connu. Non pas qu'il s'était caché, disons qu'il n'en eut pas véritablement le temps. Alors qu'Arro cherchait dans tout l'Empire cet homme, il trouva son cadavre dans une forêt, mort. En étudiant de plus près les os, il en déduit que le mercenaire s'était fait attaquer par des brigands. Ce devait être ces derniers qui avaient récupéré la relique.

Eux, les trouver ne fut pas dur. Ils s'étaient faits capturer il y a peu par les troupes d'Al-Poll et était tous pendu. Leur butin avait été redistribué aux nécessiteux. L'un des gardes se souvint du gant, car il avait trouvé étrange de garder qu'un seul et pas une paire. Il raconta à Arro que c'était un manchot qui en avait hérité.

Continuant son enquête, il rencontra le mendiant qui, en échange de piécettes, lui avoua avoir eu peur du gant, car il sentait un truc bizarre quand il refermait la main. Du coup, il l'avait revendu pour se faire un peu d'argent pour aller à la taverne. Soupirant, le marchombre repris sa chasse.

Les péripéties de l'enquête serait encore longue a raconté, le marchand se l'était fait voler, le voleur l'avait revendu à un receleur, le receleur s'était fait tuer par un gang rival, le gang rival fut tué par une autre bande, cette autre bande l'avait ensuite revendu à un marchand, ce marchand s'était fait piller par une bande de brigand, cette bande de brigand s'était fait quasiment décimé et le gant n'avait jamais été retrouvé.

Perdu. Encore. Tout ce cheminement pour rien. A croire qu'il n'avait pas de chance. Mais c'était sans compter sur le Karma. Un jour, alors qu'il n'espérait plus retrouver ce maudit gant, il entendit parler de ces malfrats avec qui la piste s'était refroidit. Comme quoi, après des années, les derniers survivants avaient enfin été appréhendé. Curieux, il enquêta. Apparemment, il n'y avait plus que deux personnes des quelques bandits qui s'étaient échappés. Ses derniers s'étaient dit qu'il fallait partir à un endroit où personne n'irait leur chercher des noises, le temps que ça se tasse un peu. Du coup, sans vraiment réfléchir, ils sont partis de l'autre côté des montagnes. Dans les marais. Au début, ça semblait une bonne idée, surtout qu'il avait réussi à trouver une vieille bicoque en ruine dans ces foutus marécages. Ils s'y installèrent. Et après plusieurs jours, ils se rendirent compte qu'ils avaient tort. « Maudit » qu'ils disaient, « Y sont maudits ces marais et cette bicoque ». L'un de leurs compagnons disparut alors qu'il gardait la baraque pendant que les autres cherchaient à bouffer. Ils l'ont retrouvé après plusieurs heures de recherche. Complétement déchiqueté sur le toit de la maison, les boyaux répandus sur les tuiles. Pas fou, ils avaient fui aussi vite qu'il pouvait, mais sur le chemin le plus lent se fit embarquer par un truc. « Jamais j'oublierais ces cris… Comme si on l'dévorait encore vivant ». Bien sûr, cela n'intéressait que peu Arro, il leurs demanda où avait-il mit leurs butins, s'ils se souvenaient bien d'un gant. On lui répondit qu'ils avaient tout laissé là-bas, dans les marais.

Le marchombre était un fanfaron, c'était une évidence. Mais il n'était pas fou au point de s'engager dans cet endroit sans quelqu'un d'autre. Et qui d'autre qu'un autre marchombre pouvait s'intéresser au gant ? C'est ainsi qu'il demanda à Kirfdéin. Autre personne à l'emploi du temps flexible de l'Académie et qui s'y connaissait assez en tir à l'arc pour être tenté par l'aventure. Il lui expliqua le plan, simple, allez dans les marais, trouver la maison, prendre le gant et rentrer à l'Académie. Que pouvait-il se passer de mal ? Des Raïs ? Ce n'était pas ça qui ferait peur a deux marchombres aussi doués qu'eux. D'autres créatures, potentiellement inconnues ? Mais le butin ne valait-il pas quelques risques ! Il laissa le maître archer réfléchir, lui donnant rendez-vous le lendemain midi.

Arro fut content de voir que Kirfdéin semblait aussi intéressé que lui à l'idée de retrouver le gant d'Ambarinal. Il attendait, souriant, un sac sur le dos.


-Mon cher, le sourire, c'est un peu ma marque de fabrique. Sans ça, je ne suis plus vraiment moi-même. Cependant, il m'arrive de ne pas sourire, quand je dors et quand j'ai des vrais problèmes. Alors, si je ne souris et ne dors pas, c'est qu'on aura des vrais soucis à se faire.

Ils rirent ensemble et de bon cœur.

-Non, ils ne sont pas tous comme nous. Tous les marchombres ne sont pas faits pour entrer dans la légende comme deux beaux mecs comme nous !

L'homme parodia de manière grotesque une pause héroïque, bombant le torse, regardant l'horizon.

-Trêve de plaisanterie ! Un long voyage nous attend. Et comme je n'ai pas vraiment envie de faire le chemin jusqu'à la citadelle, va falloir faire un peu de grimpette. J'espère que t'as pris des couvertures, car on va se les geler !

Et il ne croyait pas si bien dire. La chaine du Poll n'était pas une petite montagne. C'était une immense frontière composée de pics enneigée aux pierres aussi acérées que des lames. Bien sûr, les deux marchombres ne cherchaient pas à monter en haut de l'un de ces pics. Mais le col le plus proche de l'Académie se trouvait déjà a plus d'un kilomètre d'altitude. Et le Polln'était pas réputés pour être composé de pentes douces. Escalader ici, c'était un véritable défis, digne de deux êtres tels qu'eux.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Lun 5 Juin 2017 - 23:16

Pas tous comme eux. Ce n'était pas étonnant. Même si pour les guerriers, tous les marchombres étaient des êtres étranges en marge de la société qui aimaient vivre au milieu de la nature, Kirfdéin en avait croisé certains à Al-Jeit qui ne supportait pas de sortir hors des murs de la cité. Autant dire que ceux-là, jamais ils ne tenteraient hors des frontières de l'empire.


Et pour refroidir les marchombres, il y avait toutes ces légendes. Des légendes sombres. Le genre d'histoires que les enfants se racontent pour se faire peur. Ou les menaces des parents à leur enfants. Kirfdéin avait été toujours été partagé concernant ce qu'il se passait de l'autre côté des montagnes. Bien sûr, il y avait les Raïs mais tout le reste? Si on écoutait certaines personnes croisées dans les tavernes, il y avait toutes sortes de choses surnaturelles de l'autre côté. Principalement des monstres qui étaient capables de vous tuer d'un coup de patte.



Kirfdéin avait choisit de ne pas les croire. Ils y en avaient trop qui se vantaient d'avoir échapper à une mort certaine en allant de l'autre côté de la chaîne du Poll. De plus, si on regardait l'assistance de ceux qui se vantaient des exploits, il y avait souvent de jolies jeunes fillles et de braves gars qui ouvraient de grands yeux impressionnés devant l'interlocuteur. Tout cela n'était que des racontars de vantards. Cela se basait peut-être sur des fais réels mais tout avait été modifié avec le temps.



Du coup, Kirfdéin ne s'attendait à rien de précis, mis à part des Raïs. Et en même temps, il s'attendait à tout. Du gros monstre super costaud qui se battait avec un arbre à la petite bestiole venimeuse et rapide. Autant dire que toutes leurs facultés de marchombre pouvaient être mises à l'épreuve. En sorte, c'était un Ahn-Ju puissant 1000. A vrai dire, il n'y avait que s'ils croisaient des pouvoirs surnaturels qu'ils devraient improviser. Mais après tout, les marchombres affrontaient les Mentaï depuis des décennies, donc ils avaient de quoi répondre au surnaturel.



Les deux maîtres marchombres avaient entrepris l'escalade de la montagne. Kirfdéin connaissait bien les premiers instants de montée, il les avaient souvent escalader. Seul ou avec Dylan. C'était la partie la plus facile si on considérait la suite. Le maître marchombre avait souvent été tenté d'aller y faire un tour mais il n'en avait jamais eu de vraie raison. Cette fois-ci, c'était la bonne.



Pendant qu'ils grimpaient, Kirfdéin repensa au but de leur quête. Le gant d'Ambarinal. Cet objet mythique chez les marchombres. La plupart des maîtres marchombres en avait entendu parler au moins une fois. Kirfdéin, lui, en avait entendu parlé peu de temps avant de juger Ichel pour son Ahn-Ju. Il avait rencontré trois marchombres qui partageaient leurs informations. C'était là qu'il avait appris les mystérieuses propriétés du gant, sa légende et le fait que quelques marchombres vouaient leur vie à sa recherche. En tant qu'archer de bon niveau, Kirfdéin avait été très intéressé mais il avait déjà Dylan sous sa protection à l'époque, il ne pouvait se permettre de parcourir le monde à la recherche de simples informations.


Avec Arro, c'était différent. Apparemment, le maître marchombre avait de très solides informations. Pas les informations qui menaient à d'autres informations. Non, des informations qui menaient directement au gant. Il ne lui avait pas dit comment il avait obtenu les informations. La seule chose que Kirfdéin savait en vérité, c'était que le gant avait de très grandes chances de se trouver dans une bicoque abandonnée au coeur des marais d'Ankaï.



Dans un sens, ce n'était pas si illogique que cela. Vu le nombre de marchombres qui devaient le chercher, il ne pouvait pas bêtement être au sein de l'empire. Sinon, il aurait déjà été retrouvé. Mais en y réfléchissant, Kirfdéin ne savait même pas ce qu'il ferait s'ils mettaient la main dessus. Annoncer haut et fort que lui et Arro avaient trouvé le gant et qu'il était donc inutile de continuer les recherches? Non, c'était ridicule. Les marchombres n'étaient pas exemptés de l'attrait des reliques. Se vanter de posséder un tel objet c'était s'exposer aux convoitises. Et souvent qui dit convoitises, dit meurtre pour s'emparer de l'objet convoité. Avec un sourire en coin, Kirfdéin se dit qu'en fait, peut-être que le gant avait été en possession d'un marchombre pendant des années pendant que d'autres le cherchaient inlassablement.



- Tu pense qu'on va tomber sur quoi de l'autre côté? Raïs, on connait déjà mais pour le reste, ça va être nouveau j'espère. Si on tombe sur de bêtes bestioles que nous pouvons trouver de notre côté des montagnes, je serais presque déçu.


S'ils revenaient en vie, autant dire que plus rien dans l'empire ne pourrait les impressionner.


- Comment tu as entendu parler du gant, toi? Tu as plus d'expérience que moi avec les marchombres mais je pense pas que c'est quelque chose dont tout le monde se parle dès qu'ils se croisent, non?


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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Mar 6 Juin 2017 - 23:33

Dans les multiples compétences que se devait d'avoir un marchombre, on peut dire que l'escalade en faisait partie. Mais, il y a une grande différence entre ce qu'il faisait et l'escalade. Les montagnes n'étaient pas de simples parois lisses et droites comme celle d'un bâtiment. C'était des passages faits de pierre alternant entre des pentes raides et des parois de roches abrupt. Il y avait de rare endroit plat, souvent utilisé pour faire des pauses sur la grande route qu'ils improvisaient petit à petit.

Arro se demandait ce qui les attendait de l'autre côté. Des marais, ça c'était sûr, mais quel type de marais ? Le genre dangereux, plutôt évident, mais dangereux à cause de ses eaux trompeuses, ses vapeurs empoisonnés ou ses créatures mystérieuses ? Il y avait plein de légende au sujet des marais d'Ankaï et de sa faune. On parlait de crapaud géant capable d'avaler un homme entier, de serpent dont le poison vous tuait en trois petites minutes, d'araignées qui vous emprisonne et vous transforme en bouillit. Dans la flore, on parlait de plante gigantesque, vous envoutant avec un parfum suave et vous gobant alors que vous vous en approchait, d'autre de sorte de cactus qui explosaient si vous vous en approchiez, faisant voler ses épines aussi grosse qu'un poing. En sommes, c'était un endroit qui n'avait pas du tout sa place dans un guide touristique.

L'expédition était une folie, c'était certain. Grimper dans les pics les plus escarpés, descendre dans un des endroits le plus dangereux au monde. Mais tout ça, c'était pour le trouver, cette relique, ce morceau d'histoire, cette pièce magnifique qu'était le gant d'Ambarinal. Une quête qui ferait palpiter le cœur de n'importe quel marchombre audacieux !

Pendant l'ascension de la chaine du Poll, Arro avait été incroyablement silencieux. Gardait-il son souffle ? Etait-ce l'impressionnant paysage qu'il voyait à chaque fois qu'il tournait la tête ? Etait-ce le vent qui lui coupait la respiration ? Un peu des trois ? Toujours est-il qu'il ne parlait pas. Son mutisme ne l'empêchait point de sourire. Dans une telle situation, n'importe qui aurait les dents serrées par l'effort. Le marchombre non, tout cela était bien trop excitant pour rester coi. Le défi l'exaltait, l'idée d'être l'un des rares personnes à avoir braver ses montagnes, le poussait à donner le meilleur de lui. Rien ne pouvait l'empêcher d'apprécier le moment.


-Ce qui nous attend de l'autre côté ? L'aventure ! Une aventure que personne, ou presque, n'a encore vécu. Des Raïs, oui ! Mais combien de crapaud géant, de serpent venimeux, de choses inconnues nous attendent ? Il est vrai que si cela ressemble à un bête marais de Gwendalavir, cela serait décevant. Derrière ces montagnes, un monde presque inexploré nous attend !

Ils prirent une pause sur une corniche un peu plus large que les autres. De quoi poser ses fesses et c'était bien tout ce qu'ils pouvaient demander. Une miche de pain fut partagée, ainsi que quelque morceau de viande séché. Le spectacle qu'ils avaient devant leurs yeux, était magnifique. L'empire de Gwendalavir était à leurs pieds. L'Académie était minuscule et cachée par de la brume et des nuages. On distinguait, un peu plus loin Al-Poll, presque engoncée dans la montagne. Des forêts et des plaines sous leurs pieds. On aurait pu se prendre pour un Dieu.

-Pour le gant, au début, comme toi. C'était une légende qu'on m'a racontée. Puis, pendant une bataille, j'ai eu l'honneur de le voir en action. Il était sur la main d'Anaiel. Je l'ai vu tirer des flèches noires sorties de nulle part pendant la prise de l'Académie. Mais j'ai dû attendre qu'on reprenne notre école aux mains du Chaos pour pouvoir lui demander de le voir. C'est là que j'ai appris qu'il avait été volé pendant la fuite des Mercenaires. J'ai suivi la piste et voilà plus ou moins.

Il laissa quelque seconde passer, le temps de prendre une bouché de pain.

-C'est sûr que les marchombres n'en discutent pas entre eux. Compréhensible, il y a plein de personnes qui ont assez peu de scrupules pour ne pas laisser longtemps le gant dans les mains de quelqu'un d'autre. Enfin, de toute manière nous ne discutons quasiment jamais entre nous. Il n'y a guère que l'Ahn-Ju qui nous rassemble. Tout le monde aime avoir ses petits secrets. Sauf que nous, on arrive plus facilement à les cacher. Notre volonté d'être libre nous éloigne des autres. C'est autant une force qu'une faiblesse.

Époussetant les quelques miettes, Arro se leva. Pas besoin de mots pour faire comprendre que la pause était terminée et qu'il avait encore du chemin à faire.

L'ascension se fit sans véritable embûche. Il y eut bon nombre de passages compliqués, de corniches instables, de risque à prendre. Mais deux experts comme Kirfdéin et Arro n'eurent pas tant de mal que ça à monter. Leurs pires ennemis étaient le froid et le vent. Le froid engourdissait la chaire, la rendant moins sensibles et moins aptes à s'accrocher. Le vent balayait fortement, changeait constamment. Les deux combinés donnaient à certain passage l'aspect de piège mortel. Les deux marchombres redoublèrent de prouesses, aucun ne semblaient gênés par le souffle, parfois même l'utilisant pour sauter plus loin. S'il y avait eu un spectateur, il aurait pu croire que les deux hommes volaient plus qu'ils n'escaladaient.

Ils trouvèrent finalement un col qui leurs permettraient de traverser de l'autre côté. Prenant rapidement leurs aises sur un sol un peu plus droit, ils s'avancèrent un peu. La nuit commençait à tomber et bientôt, ils n'y verraient plus grand-chose. Arro proposa de bivouaquer jusqu'au matin. Il repéra un peu plus haut une grotte qui pourrait leur servir d'abris. Ils s'y installèrent confortablement, sans véritablement fouiller la caverne. Aucune créature ne viendrait se loger aussi haut dans la montagne. Le froid et le peu de nourriture rendait l'endroit invivable pour n'importe qui ou quoi.

Un feu fut rapidement fait, ils y firent cuire quelques provisions avant d'instaurer des tours de garde pour garder leur seule source de chaleur allumée et aussi un peu par paranoïa. Qui sait, peut-être qu'un Troll des cavernes habitait dans le coin ?



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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Mer 7 Juin 2017 - 1:43

Ainsi, le Gant avait eu une vie à l'Académie. Pire que ça, il avait été présent au sein de l'établissement pendant que Kirfdéin y était élève. Arro l'avait vu de ses yeux. Il n'y avait donc plus à se poser de questions sur la véracité de l'existence du Gant. Il existait bel et bien. Kirfdéin n'en avait jamais véritablement douté mais ne pouvait pas non plus dire que l'idée ne lui avait pas traversé une ou deux fois l'esprit. Déjà qu'ils étaient tous les deux fous de se lancer dans l'aventure de la recherche, il était difficile d'évoquer l'état d'esprit de celui qui allait vers les marais sans croire à l'existence du Gant.



Kirfdéin repensait à cette Anaiël. Ce nom ne lui disait rien même si elle avait visiblement été à l'académie pendant que lui-même y était. Dire que le Gant avait été si proche de lui pendant quelques temps. Lui aussi s'était battu à la prise de l'académie. Il chercha quelques instants dans sa mémoire pour essayer de se rappeler s'il avait vu des flèches noires à cette époque mais ce fut en vain. C'était un si léger détail et il fallait remonter plusieurs années en arrière. Et puis, c'était la folie ce jour-là. Une pure folie et un pur désordre. Le seul moyen de remarquer des flèches noires dans la bataille, ça aurait été de s'en prendre une lui-même, ce qui n'avait heureusement pas été le cas.



Visiblement, cette marchombre était une amie d'Arro. Kirfdéin comprenait aisément pourquoi il avait suivit la piste pas à pas s'il avait appris que le gant avait été volé. Beaucoup de marchombres en aurait fait de même s'ils avaient eu un indice sur un très récent propriétaire. D'après ce qu'il en avait entendu, les propriétaires d'où partaient les différentes pistes étaient morts depuis des centaines d'années.



La montagne que les deux marchombres escaladaient depuis de nombreuses heures offrait une nouvelle expérience. Ce n'était pas une escalade. C'était un combat entre l'homme et la montagne. Kirfdéin comprenait enfin cette expression. Lui, il n'avait jamais été gêné quand il grimpait et il ne comprenait quand les autres lui parlaient de cette lutte. Aujourd'hui, il en faisait l'expérience. C'était même plus qu'une lutte contre la montagne, c'était une lutte contre Mère Nature elle-même. Arro et Kirfdéin était deux contre la puissance de la nature. Montagne et Vent qui s'associaient au manque d'oxygène. Trois terribles adversaires qui auraient vaincu bons nombres de grimpeurs chevronnés.


Mais, Kirfdéin et Arro n'étaient pas des grimpeurs chevronnés. C'était des marchombres. Un marchombre se jouait de la nature et il jouait avec elle. Il y avait du monde? Peu importe, s'ils avaient besoin de sauter pour atteindre une prise hors d'atteinte, ils le faisaient. L'oxygène manquait? Peu importe, ils continuaient de faire des efforts toujours plus ardus.



La nuit était déjà tombée quand ils atteignirent une petite grotte afin de se reposer. Ils firent un feu et mirent en place des tours de gardes. Kirfdéin assurait le premier.



Le maître marchombre se perdit dans la contemplation des flammes dansantes. Il se surpris plus d'une fois à piquer du nez si bien qu'il décida que s'il continuait dans cette position, il allait s'endormir. Il s'étira, se secoua et se leva. Il se dirigea vers l'entrée de la grotte afin d'observer la nuit. C'était si beau. Rien que les étoiles au dessus de la tête et aucune torche pour en altérer la luminosité. Il tenta de repérer les étoiles qu'il connaissait. Il ne sut pas depuis combien de temps il avait la tête tournée vers le ciel quand il entendit un bruit. Instinctivement, il porta la main au couteau qui pendait à son côté. Il sonda l'obscurité, en vain. Même si ses yeux étaient quelque peu habitués à l'obscurité, il ne discernait rien. Il pivota sur ses talons et courir vers le feu pour attraper une buchette à peine entamée. Il revint vers l'entrée de la grotte et il balaya l'air devant lui avec la buchette.


Toujours rien.



A quoi pouvait-il s'attendre d'ailleurs? Personne ne pouvait se trouver à l'altitude qu'ils étaient par hasard. Si le bruit était d'origine humaine, c'était pour eux et pour aucune autre raison. Non, c'était en vérité impossible qu'il y ait quelqu'un d'autres. Les deux marchombres l'auraient vu. Les voies praticables pour atteindre cette grotte n'étaient pas nombreuses, personne n'aurait pu se cacher d'eux pendant l'escalade.



Etait-ce le fait d'être dans un endroit inconnu qui le rendait à se point parano? Ou alors était-ce la perspective de l'aventure qui le rendait nerveux? Le bruit venait peut-être d'un animal sauvage que les simples habitants de l'empire qui vivait au ras de la mer ne pouvaient connaître. Ou alors, plus simplement, c'était peut-être le feu qui avait crépiter et l'esprit de Kirfdéin avait imaginé le reste.



Dans son dos, il entendit Arro l'appeler. Entre son somnambulisme devant le feu, son observation du ciel et sa panique devant un simple bruit, il n'avait pas vu le temps passé. Sa garde était sûrement terminée.



Il retourna auprès du feu et en effet, Arro se tenait prêt à veiller.



- Tout va bien, j'ai juste entendu un bruit et j'ai eu la bêtise de paniquer. Ce n'était peut-être que le feu ou alors c'était un animal sauvage mais il a sûrement eu plus peur que moi car il n'y avait rien quand j'ai approché ma torche.


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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Ven 9 Juin 2017 - 16:38

Avez-vous déjà essayé de dormir dans une grotte très haute dans une montagne ? Non ? Moi non plus, mais bigre, qu'est-ce que ça doit être dur de s'y installer confortablement. Déjà qu'être allongé sur un sol de roche nue n'est pas agréable, même si vous avez une couverture pour vous servir de matelas, mais si vous y ajoutez un oxygène rare et un froid très vivace, cela devient dur de s'y reposer. Enfin, ce n'était qu'une des raisons qui fit qu'Arro ferma très peu l'œil cette nuit. Une autre, c'était la paranoïa.

Un trait qu'il avait irrémédiablement adopté au fur et à mesure de ses aventures dans l'Académie. Il est vrai que les drames qui s'y étaient produit n'incitait pas à la confiance naturelle. Donc le marchombre dormait souvent peu et que d'un œil. C'était une sorte de réflexe de survie.

C'est pourquoi Arro ne dormit pas véritablement cette nuit-là. Il avait fermé les yeux, mais ses oreilles étaient grandes ouvertes et son corps était prêt à réagir au moindre bruit suspect. Dès qu'il entendit le même son intriguant que Kirfdéin, il se leva, les yeux grands ouverts, dégainant sa dague d'un mouvement vif. Il attendit un petit moment, laissant le temps à son collègue de vérifier les environs. Puis, ne le voyant pas revenir, il rangea sa dague, pris son arc et s'approcha du feu. Il l'appela.

Kirfdéin ne mit pas longtemps à revenir. Il lui expliqua rapidement la situation. Pas de quoi s'en faire, une créature peureuse, certainement. Arro acquiesça d'un mouvement de tête et laissa son compère aller se reposer.

Pendant son tour de garde, le marchombre ne resta pas tranquille. L'idée qu'une chose pouvait être dans le coin tournait dans son esprit. Pourquoi un animal peureux vivrait ici ? C'était un environnement difficile à vivre, même s'il ne devait pas voir souvent d'humain et de feu, il devait certainement être assez robuste pour vivre ici. Peut-être que la première fois, la créature eut peur et reviendrait pour reprendre son territoire.

Arro ne tenait pas en place, toutes ces questions se poursuivaient dans sa tête. Il était tendu et réagissait au moindre bruit, que ce soit les bûches qui se brisaient ou un coup de vent plus gros que les autres. Lorsqu'il sursauta quand un pan de neige tomba devant lui, il secoua la tête.


*Allons mon vieux, tu perds la boule. Tu ne réagirais pas comme ça, d'habitude. Le froid t'a congelé les oreilles ? Non, alors concentre toi et écoute. *

Il se répéta plusieurs fois ses propres conseils pour se calmer. Puis, soufflant doucement, il écouta. Depuis qu'il était apprenti marchombre, il avait entrainé son ouïe. Deviner le bruit d'une flûte, le son d'une corde qui se détend. Il pouvait différencier le sifflement du vent à celui d'une flèche qui lui arrivait dessus. Alors il se concentra. Doucement ses sens s'ouvrir. Il perçut le souffle de Kirfdéin qui respirait doucement dans son sommeil, le doux crépitement du feu, l'aspiration que créait les flammes, le vent qui frappait les murs de leurs grottes, sa propre respiration.

Mais tout cela était normal, alors il chercha à percer ce mur de son pour voir s'il y avait quelque chose qui se cachait derrière. Au début, il n'y perçut rien, juste une soirée d'hiver en haut d'une montagne normale… Et enfin, il les entendit. Des pas feutrés, marchant doucement dans la neige se rapprochant discrètement de leurs positions. Il distingua huit pas différent, deux créatures quadrupèdes. Ils venaient sur les côtés de la grotte, tentant d'utiliser le blizzard et les parois de la grotte pour rester invisible. Ces bestioles étaient intelligentes.

Arro se leva pour aller réveiller Kirfdéin. Il n'était pas assez fanfaron pour penser pouvoir s'occuper seul de deux choses inconnues. Il expliqua en murmurant la situation.


-Deux animaux, rusés, s'approchent chacun d'un côté. Prépare-toi.

Les deux marchombres se mirent en position, chacun plaqué contre une paroi. Ils attendirent, retenant à moitié leurs souffles, leurs armes sortis et fermement agrippé. Un calme inquiétant les entourait. Aucun bruit n'était émis, rien qui ne pouvait trahir la présence des attaquants ou des attaqués. C'était le calme avant la tempête. Puis tout fut rapide. Les deux ennemis attaquèrent en bondissant dans la grotte.

A première vue, ils ressemblaient à d'énorme tigre, d'un gris légèrement bleuté, rayé de traits blancs. Ils dépassaient largement la taille de leurs congénères des plaines. Des griffes qui étaient aussi aiguisées que des rasoirs, aussi grande qu'une main. De leurs bouches sortaient d'immense canine, longues et coupantes, de la taille d'une dague. Dans leurs yeux, on pouvait repérer la lueur de ruse et d'intelligence dont ils faisaient preuve. Ce n'était pas de simples animaux.

Alors qu'ils finirent leurs bonds, cherchant d'un regard leurs proies qui avaient disparu, les deux marchombres leurs sautèrent dessus. Le combat fut intense et difficile. Les deux gigantesques félins étaient agiles, esquivant autant les coups que leurs proies. Ils fonctionnaient en parfaite synergie, sans se gêner, ils attaquaient respectivement leurs adversaires.

S'ils avaient eu à faire avec des personnes normales, ils auraient certainement gagné. Mais les deux marchombres s'adaptèrent rapidement. Après les premiers échanges de coup qui pouvaient sembler en faveur des tigres, les deux compères se synchronisèrent, devenant aussi insaisissable que le vent, se servant de leurs petites tailles pour plus facilement se mouvoir. Les dagues fusaient, tranchant des endroits stratégiques. Là un tendon, ici une arcade sourcilière. Les félins étaient résistants et endurants, mais cela ne suffit plus. Bientôt, les dagues se plantèrent une dernière fois. Les deux créatures s'affalèrent, morte.

Arro souffla un instant, avant de faire une grimace de douleur. L'un des tigres avait réussi à le griffer au niveau du torse. L'adrénaline étant retombée, la blessure se faisait ressentir. Avec l'aide de Kirfdéin, il se vit recevoir des premiers soins, bandages et de quoi désinfecter la plaie. Ce n'était qu'une blessure superficielle, qui aurait été soigné en quelques jours s'il n'avait pas à descendre une montagne le lendemain.


-Et ben, si c'est un avant-goût de ce qui nous attend de l'autre côté, il va falloir qu'on redouble de vigilance ! Ces bestioles étaient sacrément dangereuse. Ceci dit, je me demande si ça se mange, un aussi gros tas de viande, ça serait un crime de ne pas en profiter un peu non ?

Il commença à rire avant de se raviser, sa blessure n'étant pas d'accord.

-Bon, je m'en occuperai demain, un peu de provision en rab ne nous ferons pas de mal, mais là, je crois qu'on a tous deux besoins de repos.



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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Jeu 6 Juil 2017 - 21:30

Ce fut au tour d'Arro de prendre son tour de garde. Kirfdéin s'allongea alors non loin du feu. Les conditions n'étaient pas celles que l'ont pouvaient trouvés dans les chaleureux dortoirs de l'académie, c'était une évidence. Sol dur, oxygène rare, vent froid malgré le feu. Mais pourtant, Kirfdéin ne tarda pas s'endormir. Il avait connu bien pire, ce n'était pas une petite grotte qui allait l’empêcher de se reposer.


Oui, il avait connu bien pire. Cela faisait quelques années. Il était incapable de dire combien. Il n'avait pas compté. Il n'avait pas eu envie de compter et il n'avait pas envie de chercher à mettre un chiffre précis dessus. C'était lors de la prise de l'académie par les Mercenaires du Chaos. Lui, il n'avait pas eu la chance de devoir subir les terribles lois des mercenaires. Car oui, dans la situation que lui avait connu, ça aurait été une chance... Lui, il avait été capturé lors de la première grande bataille et il avait été enfermé dans les cachots. Il avait eu l'espoir que cela ne durerait que quelques jours, qu'on viendrait rapidement le sortir de là. Mais cet espoir fut vain et il resta de longues semaines, de longs mois même dans les terribles cachots de l'académie de Merwyn. Une grotte, fut-elle au sommet de la chaîne du Poll, n'était pas grand chose face aux cachots.

Son corps s'était habitué à pire, si bien qu'il s'endormit peu de temps après s'être couché. La fatigue accumulée par la longue escalade fit qu'il n'entendit même pas Arro s'agiter à côté de lui. C'était plutôt rare qu'il s'abandonne autant au sommeil. La plupart du temps, il était impossible de le surprendre la nuit. Quand il dormait encore dans son dortoir d'élève à l'académie de Merwyn, il lui arrivait parfois d'être réveillé la nuit quand ses compagnons de chambrée rentrait après le couvre-feu d'une escapade nocturne.

Malgré son sommeil plus profond qu'habituellement, il ne fallut pas longtemps pour que Kirfdéin se réveille quand Arro le secoua. Apparemment, ils étaient attaqués par deux animaux rusés. Rusés? Compris immédiatement que l'attaque était coordonnée et intelligente. Mais Arro était-il sûr que c'était des animaux? Après tout, ils étaient dans des endroits où personne ne venait jamais. Qui sait ce qu'on pouvait y trouver? Peut être que ce qui allait surgir dans la grotte, ça serait deux créatures à l'intelligence humaine mais qui se déplaçaient à quatre pattes.

Les deux marchombres se placèrent chacun d'un côté de l'entrée de la grotte, plaqués contre le mur de pierre. Ce fut bel et bien deux animaux qui entrèrent, deux animaux à l'allure de tigre. Beaucoup plus gros que ceux que les deux marchombres avaient l'habitude de cotoyer dans les plaines. Ils étaient donc en présence de deux spécimens que Kirfdéin nomma immédiatement dans sa tête comme des "tigres du Poll". Personne d'autre n'utiliserait ce nom très certainement, et on pouvait même penser que, hormis Arro et lui, personne d'autre n'en croiserait mais Kirfdéin aimait mettre un nom sur les animaux qu'il rencontrait.

Le combat s'engagea immédiatement. Les deux tigres ne s'étaient pas attendus à être agressés dès l'entrée de la grotte. Si, comme le pressentait Arro, ils étaient intelligents, ils s'étaient surement attendus à ce que leurs proies soient tapis auprès du feu.

Malgré cet effet de surprise, les premiers instants du combat furent à l'avantage des deux animaux. Deux ou trois fois, Kirfdéin esquiva au dernier moment un coup de griffe. Face à d'autres adversaires que des marchombres, les deux tigres auraient eu l'occasion de se faire un festin, même si ces adversaires étaient de solides guerriers ou des chasseurs aguerris. Les deux maîtres marchombres adaptèrent leur style de combat et ils finirent par prendre le dessus. Même si le pelage de son adversaire se teintait de rouge sang, à aucun moment le tigre ne chercha à s'enfuir. Il était tenace mais ça ne le sauva pas. Il s'effondra presque au même moment que son compagnon de chasse.

Kirfdéin jeta un dernier regard aux deux cadavres en nettoyant sa dague. C'est en rangeant sa lame qu'il surprit la grimace de douleur d'Arro. Sa veste s'était en effet imbibé de sang au niveau du torse. Bien, cette aventure s'annonçait encore plus intense si en plus ils devaient veiller à ce qu'une blessure ne s'infecte pas. Comme s'ils avaient besoin d'un peu plus de difficulté. Ensemble, ils protégèrent la plaie en la désinfecte et en faisant quelques bandages de fortune.

- Tu deviens trop vieux, l'ami, si deux gros chats sont capables de te blesser. Je commence à croire que j'aurais du y aller seul chercher ce gant.

Il se mit à rire. Il savait que lui, il avait eu de la chance de ne pas voir son sang couler. Arro avait raison. Si toutes les bestioles qu'ils rencontraient étaient plus dangereuses que ce qu'ils croisaient dans l'empire, ça n'allait pas être une partie de plaisir.

- Commence ta nuit, je vais me charger de ces bêtes-là avant de me coucher.

Kirfdéin avait vécu toute son enfance aux abords d'une forêt. Il avait l'expérience de la chasse et donc de la préparation de gibier après l'avoir tuer. Ils n'avaient aucune idée si la viande de ce tigre était comestible mais après tout, celle de son congénère des plaines l'était bien elle. Le marchombre ne voulait pas laisser les cadavres ainsi devant la grotte. Ils risquaient d'attirer d'autres animaux. Peut-être d'autres tigres ou des carnassiers.

Il ne lui fallut pas bien longtemps pour récupérer la viande pour les deux marchombres. Il récupéra ensuite la peau et tout ce qu'il n'avait pas gardé pour eux pour les éloigner de la grotte. Il les jeta dans la vide en espérant que ça attirait les autres animaux loin de la grotte. Il termina en allumant un nouveau feu mais à l'entrée de la grotte cette fois-ci. Après tout, il n'y aurait pas de tour de garde donc peut être que ce feu tiendrait les carnivores loin d'eux. Pour ce qui était de se faire voir des autres éventuels humains, Kirfdéin jugea qu'il n'y avait pas de danger. Ils auraient fallu d'autres experts en escalade pour arriver si haut.

Kirfdéin rejoignit le fond de la grotte pour finalement s'endormir.

Le lendemain matin, ils firent griller un peu de viande de tigre du Poll qui se révéla être très délicieuse. La blessure d'Arro fut vérifiée et les bandages changés. Ils étouffèrent ensuite les deux feux et ils sortirent de la grotte. Kirfdéin jeta un regard vers le vide mais il ne trouva aucun signe des peaux de tigres. Soit elles étaient tombés plus bas soit d'autres animaux s'en étaient occupés.

Avant de débuter leur escalade du jour, Kirfdéin remarqua, à la lumière du jour, qu'ils ne leur restaient plus grand chose avant d'arriver au sommet. Deux heures devaient suffire en ne forçant pas l'allure avec la blessure qu'Arro avait reçut la veille. Kirfdéin se promit de ne pas trop quitter son compagnon des yeux. Bien sûr, un marchombre, même blessé, restait un formidable grimpeur mais on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Kirfdéin, lui même, se souvenait d'une blessure à la jambe qui l'avait handicapé pendant de très longues semaines. Il souffrait encore parfois en fonction de certains mouvements, mais il avait appris à jouer avec, faire en sorte que cette jambe ne soit pas trop sollicitée.

L'escalade se passa bien. Kirfdéin avait remarqué qu'Arro avait grimacé quelques fois mais jamais il n'avait faiblit. Et enfin, ils étaient arrivés. Devant leurs yeux s'étendaient tout ce qu'ils n'avaient jamais vu. Ce jour-là était ensoleillé et aucun nuage ne venait obscurcir la vue. La première chose qui surprit Kirfdéin, ce fut de voir une forêt. Le maître marchombre s'était attendu à voir un territoire désolé, ravagé par les Raïs. Pourtant, il y avait cette forêt qui semblait étrangement accueillante. Peut-être que c'était différent quand on était au sol.

La seconde chose qu'il vit, ce fut l'immense volcan. Lui, même en hauteur, il n'était pas du coup accueillant. Dans un coin de sa tête, Kirfdéin se dit que le Gant ne pouvait pas être là-bas. Aucun humain ne pouvait atteindre ce volcan vivant. Il fallait traverser l'ensemble du territoire Raïs. Même les Mercenaires qui étaient des alliés des guerriers cochons n'avaient aucune chance de l'atteindre en toute sécurité. Non, le Gant devait certainement se trouver dans les premiers contreforts du territoire. Pourquoi pas dans la sympathique forêt?

- Alors dis moi, il est où ce Gant? Gauche? Droite? Je sais pas ce que tu en penses mais personnellement, si le Gant n'est pas loin de cette forêt, j'aimerais bien y faire un petit tour pour visiter.

Avec un père garde forestier, ce n'était peut-être pas si étonnant qu'il soit autant attiré par les forêts.


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MessageSujet: Re: C'est comme chercher un Gant au milieu d'un gigantesque monde   Jeu 13 Juil 2017 - 5:36

Parfois Arro enviait les écrivains. Parce qu'écrivain, c'est une passion, voir un métier, sans trop de risques. Ils restaient chez eux, sans trop prendre de risque, bien au chaud. Ils s'imaginaient des tas de situations risquées sans jamais en faire véritablement part. Leurs plus grand danger étaient les pénuries d'encre, d'inspiration et les mauvaises critiques. C'était parfois une situation plus envieuse que la vie périlleuse d'un marchombre cabriolant dans tout Gwendalavir, rencontrant par moment des bestioles dangereuses, se retrouvant souvent dans des situations très risquées. Mais généralement ce vœux ne faisait pas long feu face à la liberté et à l'appel du voyage qu'éprouvait l'homme. Il était marchombre et rien ne pouvait changer cela, en tout cas, certainement pas deux gros félins dangereux et les blessures qu'ils infligent.

L'homme eut un peu de mal à trouver une position confortable pour dormir. Sa plaie tiraillait un peu dans tous les sens. Mais la fatigue autant physique que mentale eut raison de lui. Il se réveilla le lendemain avec l'odeur de viande cuite lui chatouillant le nez. Steak de tigre en tant que petit déjeuner, c'était agréable, quoi qu'un peu dur… Ces créatures étaient faites de muscle et de nerf, ce qui généralement ne rendait pas la viande tendre. Mais avoir un truc chaud dans le ventre pour partir se balader en montagne, c'était toujours appréciable.
La descente fut plus lente que la montée. Normal, avec une douleur sur le côté, la peur que la plaie ne se rouvre. Il grimaçait à chaque mouvement, mais c'était plus de gêne qu'autre chose. Arro se concentrait sur son but, sa volonté faisant taire le mal de sa blessure. Ils posèrent bientôt les pieds sur un sol plus plat et purent voir la suite de leur voyage. A gauche une forêt s'étendait au pied de la montagne. Enfin de loin, ça ressemblait à une simple forêt. Connaissant la réputation des lieux, cela devait être une véritable jungle, pleine de pièges mortels. Le Kur'N'Rai quant à lui était à droite, imposant, inquiétant. A ses pieds, de grandes plaines grisées par la cendre. Cela ne semblait pas accueillant. Pas du tout.
Il siffla un instant devant ce paysage avant de répondre à Kirfdéin.


-Et bien mon cher, l'homme que j'ai interrogé ne m'a malheureusement pas donné un itinéraire jusqu'au trésor. Je ne sais pas s'il faut aller à gauche ou à droite. Cela serait trop simple bien sûr.

Arro laissa traîner le suspens avant de continuer.

-Par contre, il m'a clairement décrit une masure sombre entourée par des arbres déformés et monstrueux. Et si je ne m'abuse, il y a juste en bas des arbres. Plus qu'à vérifier s'ils correspondent à la description.

Le marchombre rit et s'élança dans la descente finale. Ils n'étaient plus loin du sol et assez rapidement, ils arrivèrent à l'orée de la forêt. Et Arro jura mentalement. Il avait eu raison de penser à une jungle. Les arbres qu'ils avaient devant eux avait poussé de manière erratique. Ils étaient tous tortueux et semblait monter les uns sur les autres. Ils étaient si serrés qu'on peinait à voir à quelque mètre derrière eux. C'était un chaos de branche, de racine, de feuille et d'eau boueuse. Et les deux marchombre allaient devoir entrer la-dedans.

-Bien… On peut dire qu'ils sont fidèles à ce qu'on dit d'eux. Déformés et monstrueux. Une jungle sortie tout droit d'un livre d'horreur. Génial. Bon… Et bien en avant.

Il fallait véritablement être fou pour entrer dans cette immensité de verdure. Ou vouloir échapper à une vie de prison ou une mort certaine. Mais c'était sûr qu'il fallait une raison valable pour oser poser un pied dans cet enfer vert.
Arro avança prenant appuie sur une racine. Il sauta habillement pour accrocher une branche, grimpa, se retourna pour voir Kirfdéin emprunter un chemin similaire. Les deux marchombres étaient habiles et savaient se déplacer en forêt. Et aucun d'entre eux n'avait envie de poser les pieds dans l'espèce de mélange d'eau, de mousse, de terre et de lichen avec certainement quelques plantes en décomposition qui recouvraient le sol de la jungle. Ils avaient donc naturellement pris la voie des airs. Mais même par là, il fallait être constamment sur ses gardes, vérifier qu'une plante ne cache pas un danger mortel, ou qu'un insecte ne puisse vous tuer d'une piqûre. Ce qui inquiétait vraiment Arro, c'était qu'il ne semblait pas y avoir d'animaux dans cette forêt. Et cela pouvait signifier deux choses. Soit l'environnement lui-même n'était pas propice à la vie, soit il y avait un prédateur sacrément gros qui vivait dans cette région.
Rapidement, les deux compères durent allumer des torches, la canopée était tellement dense qu'elle cachait la lumière du soleil. Ils étaient maintenant deux lucioles qui avançaient tant bien que mal dans cette mangrove.

Arro perdit le fil du temps, tout ce dont il était sûr, c'était qu'il y avait plusieurs jours qui étaient passés. Les deux hommes avaient fait des haltes prudentes, se reposant dans des arbres assez gros pour supporter leurs poids. Tout deux savaient qu'ils ne pouvaient pas camper sur le sol, trop humide et trop dangereux.
Bien des fois, il eut peur d'être perdu. Cette forêt semblait immense et le silence ambiant ne cessait de l'inquiéter. Pas d'oiseaux fuyant sur leurs passages, pas de prédateur cherchant une proie, pas d'herbivore passant nonchalamment entre les arbres. Rien. Rien d'autre que leurs pas sur les branches, que le feu de leurs torches. C'était angoissant. Terriblement angoissant.
Après quatre ou cinq jours de crapahutage, ils virent la canopée s'éclaircirent, puis s'ouvrir sur une clairière. Et là, en son centre, sur une colline trônait leur but. Une bicoque, vieille, le bois vermoulu, les murs penchaient dangereusement et il semblait qu'un simple souffle pourrait faire s'écrouler le toit qui était percé de bon nombre de trou. La porte était tombée sur le sol et laissait l'encadrement ouvert sur un néant noir.


-Je pense que c'est ici. Je n'aurais jamais cru que quelqu'un a été assez dingue pour construire sa maison ici… Mais vu la tronche de la baraque, le propriétaire est sûrement mort depuis des milliers d'années. J'ai du mal à croire que ça tient encore debout. Bon aller, on y est presque ! En avant !



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