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 Que la fête commence !

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Marchombre
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 30 Avr 2017 - 0:49

Alors que la jeune femme tendait à Ys sa friandise, Danatael ne pouvait s’empêcher de dévorer la scène des yeux. Sans compter la beauté féline de la marchombre, voir qu’Ys acceptait volontiers ce que Dylan lui donnait à manger le comblait de bonheur. Et puis, elle était si près. Cependant, il ne se rendit compte qu’il la fixait seulement quand elle recula pour reprendre sa place, l’air un peu gênée.

- Tu t’en es très bien sortie, ne t’en fais pas. Elle me parait très heureuse de ton cadeau !

Il flatta Ys, puis perdit son regard dans celui de Dylan. Le silence s’était installé, il ne savait pas vraiment quoi dire, ou quoi faire, il avait envie de se rapprocher, mais il était comme paralysé. Comme si la tension avait solidifié l’air autour de lui. Il se sentait vulnérable, mais pas pour autant en danger. Il avait l’impression que la femme en face de lui pouvait lire dans son âme à travers ses yeux. Il ne sut dire si ce moment avait duré quelques secondes ou plusieurs minutes, mais Dylan rompit le silence en prononçant son prénom.

Elle s’excusait de sa réaction un peu froide un peu plus tôt dans la soirée. Danatael allait lui répondre qu’il ne lui en voulait certainement pas et que c’est lui qui avait été un peu indiscret mais elle ne lui laissa pas le temps de prononcer un mot. Elle le libéra totalement cette atmosphère électrisante en lui proposant de retourner marcher, ce qu’il accepta volontiers. Après une dernière caresse pour Ys, il se leva et elle s’envola pour se percher dans les hauteurs des environs. Puis, une idée traversa l’esprit de Danatael.


- Je ne connais pas bien ce Malkolm Kil’Resil, je ne sais même pas pourquoi il a organisé cette fête qui rassemble toutes les Académies. Soit il veut juste se mettre tout le monde dans la poche, soit il a quelque chose en tête. J’aimerais te proposer une petite investigation en duo de son manoir…

Il adressa un sourire de gamin qui vient de trouver une bêtise à faire à Dylan, qui accepta avec une étincelle d’amusement dans le regard.

L’air de rien, ils se dirigèrent donc de nouveau vers la salle ou le bal avait lieu. Une fois arrivés à la table du banquet, Danatael prit quelques mets à manger, puis observa la configuration de la salle, l’air de rien. Les différentes sorties de la salle qui menaient à l’intérieur du manoir ne semblaient pas surveillées. Tout le manoir était donc à disposition de la foule qui était invitée ? Si Kil’Resil avait quelque chose à cacher, c’est qu’une des nombreuses pièces de ce manoir devait être très bien verrouillée ou gardée. Ils n’avaient plus qu’à partir à l’exploration de ce vaste manoir. Un manoir très tape-à-l’œil, et pourtant un terrain de jeu pour l’enfant qu’il était. Ou le marchombre, accessoirement. Il tendit son bras à Dylan :


- Mademoiselle, m’accorderiez-vous cette visite ? Je me demande ce que nous réservera la première pièce !


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mar 2 Mai 2017 - 18:40

Clarysse détestait être là. Elle n'avait aucune envie de se retrouver à cette petite soirée de badinages et de conversations feutrées. Servir de chaperon pour cet évènements ne présentait vraiment aucun avantage. La marchombre devait cette mésaventure à Myra qui l'avait trouvée la veille en plein nettoyage des écuries et avait décrété qu'elle devait changer d'air au plus vite sinon elle allait devenir aussi peu sociable que les chevaux dont elle s'occupait. Alors elle lui avait demandé de l'accompagner ainsi que les élèves de l'Académie à la fête organisée par Malkolm Kil'Resil. Un Noble influent qui aimait recevoir des personnalités assez différentes. Cette fois il avait proposé à l'Académie de Merwyn et aux autres Académie de l'Empire de venir avec quelques élèves. Il fallait donc des adultes raisonnables pour accompagner les jeunes et éviter qu'ils ne fassent des faux pas. Et, par lâcheté ou par curiosité peut-être, Clarysse avait été incapable de lui dire non. Il fallait aussi dire que la Maître Dessinatrice était vraiment persuasive quand elle voulait quelque chose. Elle avait collé aux basques de la petite marchombre jusqu'à ce que cette dernière n'en puisse plus et finisse par craquer.

Elle se retrouvait donc au milieu de cette soirée mondaine, un verre de vin blanc du Sud qu'elle appréciait tant dans la main et le regard un peu perdu. La brunette jetait régulièrement des regards chargés de rancune à la Noble qui le causait tant de problèmes mais cette dernière semblait totalement dans son élément, naviguant de convives en convives comme un poisson dans l'eau. Clarysse avait bien retrouvé quelques connaissances mais ne se passionnait pas pour les discussions de salon alors elle les écourtait souvent. Elle gardait un oeil sur ses petits – pas si petits d'ailleurs – protégés lorsqu'une femme qu'elle connaissait depuis très longtemps l'interpella avec son accent Sudiste 


-Clarysse Vornang ? Ici ?

-Bonjour Isyss.

-Tu as quitté tes chers chevaux pour une fête ? Mais que t'arrive-t-il ? Tu es souffrante ?

-Evite moi tes sarcasmes ma chère. J'accompagne un groupe d'élèves de l'Académie où je travaille.

-Oui c'est vrai, tu es toujours chez les barbares du Nord. Pas trop frigorifiée ?

-Pas du tout et toi, tu enseignes toujours les Lettres aux snobs de la capitale ?

Les deux femmes, si différentes, s'échangèrent un sourire complice. Physiquement tout les séparaient, Isyss était aussi blonde et grande que Clarysse était brune et petite. L'une aux cheveux longs l'autre à la chevelure courte. L'une très élégante et distinguée, l'autre simple et détendue. Elles se connaissaient depuis l'enfance depuis le haras où les Vornang dressaient et vendaient leurs chevaux. Le père d'Isyss Jil'Hem en achetait pour concourir dans des courses hippiques où ses cavaliers étaient très réputés et admirés. Les deux jeunes filles s'étaient retrouvées plusieurs fois et une entente cordiale c'était établie. On ne pouvait pas vraiment parler d'amitié car elles étaient bien trop différentes maie par contre elles étaient complices lorsqu'il s'agissait de déjouer la surveillance de leurs parents. Depuis cette époque, elle se retrouvaient parfois au même endroit et se taquinaient où se remémoraient le passé. Cette fête passerait peut-être plus vite si les deux chaperons pouvaient faire leur travail ensemble. Y avait-il quelques élèves à surveiller ? Elle remarqua finalement l'air un peu dérouté d'un groupe de trois Aequor dont une certaine Attalys qu'elle avait déjà repérée en cours d'équitation. Elle fit un signe de tête à sa compagne puis Clarysse et Isyss s'approchèrent des élèves :

-Tout va bien Messieurs - Dames ?


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 4 Mai 2017 - 15:07

Danatael était vraiment grand, réalisa la jeune femme au moment où le maître marchombre se levait à son tour avec souplesse. Elle-même, pourtant, était loin d'être de petite taille, et dominait la plupart des gens de quelques centimètres en moyenne – mais cela n'avait rien à voir avec le jeune homme, qui la surplombait au moins d'une bonne tête.

Ys s'envola en poussant un dernier croassement pour aller se percher dans un des arbres qui les entouraient, et Dylan esquissa un sourire au moment où son compagnon se mettait en marche avant de lui emboîter le pas en silence. Elle lui était reconnaissante de se montrer aussi aimable, agréable. Après tout, il aurait parfaitement pu en avoir assez de sa compagnie et lui faire comprendre qu'il n'avait aucune envie de passer sa soirée avec une apprentie aussi peu loquace, qui n'était même pas capable de parler normalement de sa famille ou de rester tranquillement assise sur le bord d'une fontaine pour discuter au clair de lune. Mais il ne se vexait pas, s'excusait, même, comme si cela avait été de sa faute, acquiesçait à ses propositions. Et, à cette pensée, elle sentit une étrange émotion s'emparer d'elle, mélange de gratitude et... de tendresse, d'affection ? Elle peinait à mettre un mot sur ce sentiment et, troublée, préféra se concentrer sur autre chose.

Les paroles de Danatael, par exemple. Car il avait ouvert la bouche, un air espiègle, facétieux – gamin – sur le visage. Son regard se chargea de malice et, pour la première fois depuis qu'elle l'avait accosté au début de la soirée, Dylan se rendit pleinement compte à quel point il pouvait être séduisant. À quel point il
était séduisant.
Le jour de leur toute première rencontre, dans la salle des marchombres, la jeune fille l'avait surpris en plein entraînement, son être entier tendu par l'effort et la concentration. Elle avait pu découvrir un corps musclé et athlétique, puissant mais agile, capable de toutes sortes d'acrobaties – l'évaluation de la jeune femme s'étant arrêtée à ses aptitudes purement physiques, celles qui lui permettaient de marcher aussi bien sur les murs que sur les mains, son talent de marchombre, en somme.
Ce soir-là, lors des premiers instants de la fête, lorsque l'apprentie l'avait reconnu au milieu de la foule des invités, elle l'avait de nouveau détaillé d'une manière purement objective – longs cheveux sombres retenus en queue de cheval, yeux bleu-gris, légère barbe, vêtements de cuir – jusqu'à l'identifier comme étant le maître marchombre qu'elle avait rencontré à l'Académie. Mais jamais elle n'avait émis un réel jugement, une appréciation personnelle, sur l'apparence de l'homme qui lui faisait face – se contentant de remarquer et de retenir les détails physiques qui le caractérisaient.
Jusqu'à cet instant. Cet infime moment où elle prit conscience de sa
beauté, et de ce qu'elle provoquait sur elle. En elle.

Puis les mots, les phrases – la proposition. Et Dylan, d'abord interdite, sentit son sourire s'agrandir tandis qu'elle s'immobilisait pour dévisager son compagnon – s'assurer qu'il ne plaisantait pas. Une... « investigation », c'était le terme qu'il venait d'utiliser. Au sein du manoir. Elle plissa les yeux, amusée. Il était vrai que ce Kil'Resil l'intriguait – c'était d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles elle avait fini par décider de se rendre à cette fête – et la perspective de cette gigantesque demeure aux multiples pièces inexplorées ne pouvait qu'éveiller sa curiosité.

Oui, décidément, cette idée lui plaisait.

Les deux marchombres reprirent donc le chemin de la salle de réception. Lorsqu'ils y pénétrèrent, la Kaelem constata que rien n'avait changé depuis qu'ils étaient sortis prendre l'air dans le parc – une atmosphère simplement légèrement plus alcoolisée, peut-être, des rires qui s'élevaient plus haut, des voix qui résonnaient plus fort, une musique plus puissante, plus entraînante. Tant mieux, les autres invités feraient sans doute moins attention à eux, et leur exploration aurait moins de chance de se faire remarquer.

Danatael lui présenta son bras et Dylan glissa le sien en-dessous de celui que le jeune homme lui proposait, se prenant au jeu.


- Volontiers, mon cher !


Ils se mirent à marcher en direction de l'une des portes qui parsemaient les murs de la vaste salle, essayant de choisir un endroit peu fréquenté, afin d'éviter d'attirer l'attention. Parvenus à leur objectif, ils marquèrent un temps d'arrêt, et la jeune femme jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Un groupe d'étudiants bavardait un peu plus loin, sans sembler leur prêter la moindre attention. Aucun serveur en vue. C'était le moment. Le maître marchombre tendit la main, posa les doigts sur la poignée, l'abaissa. Ce n'était pas fermé à clef. Il lui lança un bref regard auquel elle répondit par un hochement de tête, et il ouvrit la porte. Tous deux se glissèrent alors dans son entrebâillement avant de la refermer dans le plus grand silence.  Ils étaient entrés.

Cependant, Dylan ne put s'empêcher de se sentir légèrement déçue quand elle observa ce qui l'entourait. Ils se trouvaient en effet dans un couloir. Oh, un très joli couloir, au sol marbré, décoré dans le même goût que la salle de réception – c'est-à-dire avec une certaine élégance et une grandiloquence certaine. Mais cela restait un couloir.

Pourtant, la jeune fille ne tarda pas à retrouver le sourire en avisant les nombreuses portes qui parcouraient ses murs. Celles qui étaient situées dans leur dos menaient sans nul doute à la salle qu'ils venaient de quitter, mais les autres... Elle se tourna vers Danatael, le regard pétillant.


- On n'a que l'embarras du choix !


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Etincelle
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 4 Mai 2017 - 16:55

- Et vous avez vu, celle-là ? Je parie qu'elle a mis plus de temps à se coiffer qu'à faire le trajet jusqu'ici depuis la capitale.
- Qu'est-ce qui te fait penser qu'elle vient d'Al-Jeit ?
- Franchement, Elouan, regarde-la mieux... Est-ce qu'elle n'a pas tout l'air d'une de ces filles parfaites et minaudières qu'on ne trouve que dans les plus hautes familles de Jeit ?

Attalys réprima un sourire. Si Naëlle se mettait à faire sa mauvaise langue, c'était le signe qu'elle commençait à se sentir à l'aise. Elle allait intervenir dans la conversation de ses amis lorsqu'une voix la fit se retourner.

Deux personnes se dirigeaient en effet vers leur petit groupe. Si la première – une grande femme blonde et élégante – lui était inconnue, elle ne tarda pas à reconnaître la seconde à sa petite taille et à ses courts cheveux bruns. Un sourire éclaira son visage tandis que ses deux amis se tournaient à leur tour.


- Dame Vornang, je suis heureuse de vous retrouver ici ! Vous êtes venue pour aider à surveiller les élèves ?

Car la jeune fille se doutait que celle-ci ne s'était pas rendue à la fête organisée par Malkolm Kil'Resil pour le simple plaisir d'échanger des mondanités et de faire honneur au buffet – somptueux, au demeurant. Sans doute l'avait-on chargée d'accompagner les étudiants de l'Académie afin de s'assurer que la soirée se déroulerait de la meilleure manière possible. Si Attalys était loin de bien connaître la jeune femme qui se tenait face à elle, elle l'avait cependant assez côtoyée – en prenant quelques cours d'équitation en sa compagnie – pour savoir qu'elle préférait la présence des chevaux à celle de toutes ces personnes aux bijoux rutilants, aux robes colorées et aux rires chatoyants. Et, bien que les leçons en elles-mêmes n'eussent pas été très concluantes – la Dessinatrice avait finalement dû se rendre à l'évidence, jamais elle ne constituerait une cavalière digne de ce nom – elle appréciait sa professeure, son calme et sa voix douce.

Elouan et Naëlle la saluèrent également et l'Aequor reporta son attention sur la femme qui accompagnait Clarysse. Lorsqu'elle vit qu'elle lui renvoyait son regard, elle lui adressa un sourire poli assorti d'un petit signe de tête.


- Je me nomme Attalys Til'Ewin et appartiens à l'Académie de Merwyn, où j'étudie le Dessin. Je suis très honorée de faire votre connaissance.


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mer 10 Mai 2017 - 2:15

Dès qu’elle plaça son bras au creux du sien, le marchombre sentit son cœur faire des bons. Pourquoi cette jeune femme le rendait-elle si nerveux ? De la nervosité ? Non ce n’était pas vraiment ça. Alors qu’ils se dirigeaient vers la sortie de la salle du bal, il observa Dylan, accrochée à son bras. Comme à chaque fois qu’il la regardait, il la trouva magnifique. Son regard ? Ses cheveux ? Les traits de son visage ? Tout ? En fait, je sais ce qu’il m’arrive, je crois...

Ils venaient de passer une porte. Des dizaines d’autres se présentèrent devant eux. Danatael se sentit un peu découragé, mais en même temps il se surprit à penser que ça lui permettrait de passer plus de temps avec Dylan. Il prit un petit temps de réflexion. Ils ne pouvaient décemment pas tenter d’ouvrir chaque porte, surtout qu’ils ne connaissaient pas du tout la configuration du manoir. Il décida d’ouvrir la première porte la plus proche de lui. Comme il s’y attendait, c’était vraisemblablement une chambre d’invité.


- Je pense que l’on devrait suivre le couloir et voir ce que l’on y trouvera dès que l’on passera l’angle. A mon avis, de ce côté nous ne trouverons que des salles similaires.

Sans vraiment attendre de réponse, il mena la marche vers le bout du couloir et profita de cette promenade pour poser sa main libre sur le bras que la jeune femme lui avait offert. Le contact de la peau contre la paume de sa main lui parut agréable, comme s’il franchissait une certaine barrière.

Arrivé à l’angle du couloir, il sonda discrètement le couloir pour voir si quelqu’un y était. Ne voyant personne, il reprit son chemin l’air de rien en compagnie de Dylan.

- Il y a un escalier là-bas, je pense qu’on aura plus de chances de trouver les quartiers résidentiels de notre hôte à l’étage, en général le rez-de-chaussée est réservé au personnel, par expérience.

Danatael avait le cœur qui battait plus rapidement que d’habitude. Etait-ce l’intrusion dans les parties privées du manoir qui lui donnaient cette sensation ou avait-il vraiment vu juste vis-à-vis de ce qu’il éprouvait pour la demoiselle qui l’accompagnait ?

Une fois devant l’escalier, il tendit l’oreille pour savoir s’il y avait du passage au-dessus d’eux. N’entendant rien, il entreprit avec Dylan de monter les escaliers.
Tout d’un coup, il tira l’apprentie marchombre par le bras et courut vers la porte la plus proche, entra dans la pièce en trombe et la colla contre un mur en faisant signe de ne pas parler.


- J’ai entraperçu quelqu’un au bout du couloir qui a failli nous voir, chuchota-t-il.

Son coeur battait plus fort, mais il n'était pas capable de dire si c'était à cause de l'adrénaline, ou si c'était parce qu'il venait de se rendre compte qu'il était presque collé à la jeune femme.


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mer 24 Mai 2017 - 15:22

- Je me souviens en effet de lui.

Les deux hommes ne s'étaient pas parlé très longtemps, juste salués. A chaque fois que Myra venait à la capitale pour rencontrer son ami, Varsgorn était pris par les magasins de la capitale. C'était donc la véritable première fois que les deux hommes pouvaient se parler sans que Varsgorn ne soit obligé de les quitter.




- Je suis heureux de pouvoir enfin avoir une longue conversation avec lui. Les amis d'enfance sont une réserve de secrets infinie

Varsgorn lui serra la main.


- Je vais devoir une nouvelle fois m'excuser de devoir vous quitter. Je souhaiterais embrasser ma fille que je n'ai pas vu depuis plusieurs jours. Je reviens rapidement et cette fois-ci, je ne me sauverais plus.

Myra lui indiqua où leur fille était gardée par la nourrice et il fila dans la direction indiquée. Il ne lui fallu pas bien longtemps pour arriver à destination. Le domaine était grand mais pas à ce point-là. La nounou se leva, le regard inquiet.

- Je ne reste pas longtemps. Il n'y a rien de grave, pas d'inquiétude. Je souhaite simplement embrasser ma petite princesse.

L'enfant dormait le poing serré sur une petite peluche. Avec un sourire, Varsgorn pensa qu'il aurait pu passer la journée à la contempler sans se lasser. Mais on l'attendait au dehors. Il se pencha pour l'embrasser sur le front et il sortit en jetant un dernier regard vers le petit lit avant de fermer la porte.

Myra et son ami n'avait pas bougé depuis qu'il les avait quitté.




- Me revoilà. Je suis désormais tout à vous, Owenn. J'espère que vous aurez de nombreuses choses à m'apprendre sur Myra. Elle a tendance à me cacher certaines zones de son passé.

Il vit Myra s'agiter à côté de lui.




- Et oui, ma chérie, c'est le problème de présenter les amis d'enfance à celui qu'on aime. Alors mon cher Owenn, auriez vous un petit secret pour me donner envie d'en savoir plus.


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Lun 29 Mai 2017 - 22:41

La jeune femme emboîta le pas à Danatael alors qu'il reprenait sa marche, la main délicatement posée sur son bras. Ils suivirent le long couloir – désert – avant de marquer un temps d'arrêt devant l'escalier imposant sur lequel il débouchait. Les deux marchombres échangèrent un regard, puis le jeune homme commença à en monter les marches et, une fois encore, Dylan le suivit. Ce n'était pas qu'elle n'était pas enthousiaste à la perspective d'en découvrir un peu plus sur ce mystérieux manoir – au contraire, elle appréciait s'éloigner ainsi de la foule pour explorer la demeure de leur hôte – mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir légèrement nerveuse. Que pourraient-ils prétexter si quelqu'un les surprenait ? Qu'ils s'étaient perdus ? Cherchaient les toilettes ? À cette idée, elle esquissa un sourire, qui s'accentua au moment où Danatael tournait la tête vers elle.
Sauf que, dans son regard, il n'y avait plus la moindre trace de chaleur.
Simplement une crainte, une angoisse subites.

Sans un mot, il la tira brusquement par le bras en direction d'un petit pallier au niveau duquel ils venaient d'arriver, les faisant quitter les escaliers. Trop surprise pour réagir, la jeune fille se laissa entraîner, courant à sa suite tandis qu'il se précipitait vers une porte, s'y engouffrait vivement et la refermait silencieusement derrière eux. Dylan se sentit plaquée contre un mur et, reprenant alors ses esprits, ouvrit la bouche, afin d'interroger son compagnon – mais un doigt se posa sur ses lèvres.

Ils avaient failli être repérés.

L'apprentie marchombre écarquilla légèrement les yeux et, après une fraction de seconde de stupeur, referma la bouche. Elle ignorait quelle serait la réaction de Malkolm Kil'Resil s'il venait à découvrir que deux de ses invités s'étaient introduits en toute illégalité dans le reste de sa demeure. Sans compter que plus ils s'enfonçaient au sein du manoir, moins l'excuse qu'ils pourraient inventer deviendrait crédible... Le maître des lieux se montrerait-il réellement outragé ? Cet incident pourrait-il créer un esclandre préjudiciable à l'Académie de Merwyn ? Elle ressentit un soupçon de culpabilité à cette pensée et se mordit la lèvre.

Quelques longues secondes s'écoulèrent, au cours desquelles elle tendit l'oreille. Néanmoins, elle dut bientôt se rendre à l'évidence : aucun bruit ne leur parvenait de l'extérieur de la pièce. Si un intrus s'était bel et bien trouvé dans le couloir, il était à présent parti.
Dylan bougea légèrement et elle sentit Danatael s'écarter d'elle – et ce ne fut qu'à cet instant qu'elle réalisa combien ils avaient été proches, tous les deux collés contre le mur. D'ailleurs, le maître marchombre la tenait toujours par le bras. Le souffle court, elle se dégagea doucement – tout en maudissant les battements de son cœur qui venaient d'accélérer brusquement – et se décida à examiner la pièce dans laquelle ils s'étaient réfugiés.

Si cette dernière était plongée dans la pénombre, ses yeux, qui s'habituaient progressivement à l'obscurité, lui révélèrent une série de formes noires qui leur faisaient face. Après une brève hésitation, la Kaelem tendit la main... pour rencontrer une surface lisse, étrangement chaude et douce. Un peu comme... du tissus ? Fronçant les sourcils, la jeune femme réitéra l'expérience, en direction d'une seconde forme, cette fois. Puis d'une troisième. Avant de devoir finalement se rendre à l'évidence : aussi étrange que cela pût paraître, Danatael et elle étaient entourés de... vêtements. De multiples habits – robes, manteaux, costumes – soigneusement rangés sur des cintres, qui envahissaient ce qui se révélait donc être... un placard ? Tout d'abord incrédule, Dylan laissa finalement échapper un petit rire, qui se renforça tandis qu'elle prenait pleinement conscience de l'absurdité de la situation. Danatael les avait enfermés dans un gigantesque placard à vêtements.

Parce que gigantesque, il l'était, assurément. La marchombre entreprit en effet de faire quelques pas, bras tendus devant elle – pour constater qu'elle ne rencontrait aucune cloison. Simplement toujours cette même masse d'habits en tous genres, qui se refermaient sur elle au fur à mesure qu'elle avançait, et dans lesquels elle s'enfonçait avec une perplexité et un amusement croissants. La jeune fille finit par faire demi-tour, émergeant de l'amas de vêtements afin de faire face à son compagnon, dont elle pouvait à présent distinguer le visage – il souriait. Ses propres lèvres s'étirèrent tandis qu'un éclat malicieux s'allumait au fond de son regard.


- Et si on partait à la découverte de ce placard ? Vu sa taille, je suis sûre qu'il a des secrets à nous révéler... et qu'il peut être l'occasion de bien des explorations !


[Je l'avoue, je me suis un peu cru dans Narnia... Mais c'est bien, Narnia /PAN]


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mar 30 Mai 2017 - 22:29

Le ton enjoué d’Attalys sembla montrer qu’elle était vraiment contente d’avoir de la compagnie et de se changer les idées. Même s’il fallait avouer que c’était surtout Clarysse qui était soulagée de pouvoir discuter avec des visages amicaux sans devoir trop se prendre la tête à faire semblant. La petite marchombre n’a jamais été douée dans cet art, ne parvenant pas à mentir de façon convaincante. Elle se trahissait facilement. Aujourd’hui, elle s’en sortait un peu mieux, grâce - ou à cause – d’un certain Kylian qui lui avait montré une autre facette d’elle-même en la poussant dans ses retranchements. Etonnamment, cet insupportable énergumène commençait à lui manquer. Enfin, surtout ses soirées arrosées et ce fichu défi inutile qui lui avait valu de perdre un peu sa tranquillité au profit de  passer une nuit avec des hommes différents régulièrement. Mais Clarysse avait aimé cet intermède bien plus détendu de sa vie. Ça aurait été vraiment drôle de retrouver le garde en cette soirée, il y aurait mis une sacrée ambiance. Elle sourit et répondit à la jeune femme qui venait de lui poser une question :


-Exact Attalys, je veille à ce que vous ne fassiez pas trop de bêtises ce soir chez notre hôte.


Elle lança un clin d’œil dans leur direction à tous les trois. Tous savaient comme la soirée pouvait changer très vite. Un évènement avec des membres de l’Académie de Merwyn donnait souvent lieu à des rebondissements ou des surprises que personne ne pouvait prévoir. On ne les surnommait pas les Barbares pour rien, c’est bien parce que parfois, les habitants d’Al-Poll étaient un peu trop intenables. Mais bon, c’est aussi ce qui faisait leur charme, de même que leur indéfectible loyauté. S’ils avaient été invités ce soir, c’était sans hésitation dû à leur coup d’éclat dans le démantèlement de l’Ordre. Dont les conséquences avaient résonné aux quatre coins de l’Empire. L’Académie en avait récolté une nouvelle réputation. Provisoire certainement. Clarysse réfléchissait encore à cette renommée lorsqu’elle entendit la remarque d’Attalys et la réponse amusée de son amie Noble, qui était aux anges de pouvoir taquiner de nouvelles personnes :


-Eh bien quelle politesse, tous les habitants de cette Académie ne sont donc pas des rustres, ça fait plaisir !

-Isyss voyons ! Nos élèves sont bien plus polis que les tiens en tous cas… Et moins hautains !


Elles eurent un court rire puis la femme blonde se recomposa une tenue pour répondre à la jeune Dessinatrice de manière plus formelle avec un mouvement de tête respectueux malgré son éternel petit sourire enjoué :


-Je suis sincèrement enchantée de vous rencontrer Mademoiselle, je m’appelle Isyss Jil'Hem et j’enseigne l’art des Lettres à l’Académie Al-Jeit. Je suis aussi ravie de vous rencontrer jeunes gens, je suppose que vous êtes camarades.


Elle salua de la même manière les deux autres membres du Trio rassemblé là, ne voulant pas les laisser à part non plus. Puis, habituée aux conversations, et animée d’une certaine curiosité elle lança le sujet qui l’intéressait depuis un moment, toujours un sourire joyeux aux lèvres :


- Je ne sais pas si vous le saviez mais on ne parle plus que de votre héroïque Académie depuis quelques temps. Encore ce soir, vous volez la vedette à mes chers élèves. Je ne sais pas si tout ce qui se dit est vrai cependant…


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mer 31 Mai 2017 - 18:58

La Dessinatrice sentit ses joues s'empourprer en entendant la remarque taquine de la compagne de Clarysse, mais ne tarda pas à reprendre contenance tandis que les deux femmes éclataient de rire. Son interlocutrice lui adressa ensuite un léger sourire tout en se présentant à son tour – Al-Jeit, professeur de Lettres. Elouan et Naëlle la saluèrent ensuite à leur tour, après quoi celle-ci – Isyss Jil'Hem, donc – reprit la parole sur un ton enjoué.

Ah. Ils y venaient.
Leur fameuse...
renommée.

Au fil de ses années d'études, Attalys avait plus ou moins compris que la plupart des étudiants des autres Académies de l'Empire considéraient souvent les élèves d'Al-Poll comme des barbares à peine civilisés – des « rustres », comme avait dit l'enseignante d'Al-Jeit pour plaisanter.
Et puis, il y avait eu le sauvetage de Jehan, la dénonciation assez... cavalière d'Aziel et de sa bande, la révélation de leur complot... Et l'Académie de Merwyn avait fini par acquérir une certaine réputation, qui ne s'arrêtait plus aux simples dénominations de « sauvage » ou « brute épaisse ». Cependant, la jeune femme soupçonnait que de nombreux Alaviriens mettaient encore avant tout ces prouesses sur le compte de leur caractéristique de fauteurs de troubles ; après tout, le démantèlement de l'Ordre de la Rose n'avait, d'une certaine manière, que confirmé ce que tout le monde affirmait déjà : les étudiants de Merwyn étaient aussi têtus que téméraires et, surtout, totalement indisciplinés. Et, si ce n'était pas tout à fait faux, l'Aequor ne pouvait s'empêcher de se désoler que de tels préjugés aient la vie aussi dure.


- « Si tout ce qui se dit est vrai » ? Qu'entendez-vous par là, exactement ?


C'était Naëlle qui avait pris la parole et, au sourire angélique qu'elle arborait, Attalys devina ce qui allait suivre. Malgré sa réserve de façade, son amie n'avait jamais eu la langue dans sa poche.

- Vous voulez parler du jour où nos professeurs ont organisé un immense jeu de piste dans la forêt, qui a duré jusqu'au milieu de la nuit parce qu'un groupe d'élèves s'était perdu dans les montagnes ? De la course de nage qui oppose chaque hiver nos Trois Maisons dans le lac gelé ? Ou de la fois où on a décidé de refuser d'aller en cours pendant une semaine pour protester contre la disparition du chocolat chaud au petit-déjeuner ?

L'enseignante blonde avait légèrement écarquillé les yeux, comme si elle hésitait à croire ou non ce que lui disait la jeune fille, et Attalys en profita pour se glisser dans la conversation. C'était le moment de la taquiner à son tour.

- Et puis, tu oublies votre dernier cours de combat où, pour vous mettre en situation, le prof vous a demandé de simuler une prise de l'Académie, avec un groupe de défenseurs et un groupe d'envahisseurs... Il avait omis de prévenir les gardes, et ça a failli tourner très mal quand ils ont cru  que l'Académie était vraiment attaquée ! Tu te rappelles, ce pauvre Achille a failli se rompre le cou en essayant de franchir le mur d'enceinte – heureusement qu'il a finalement atterri sur un tas de fumier pour amortir sa chute, parce qu'il tombait de haut !

Elouan étouffa un pouffement sous une quinte de toux et elle acheva avec un large sourire :

- Enfin, heureusement qu'il y a les fêtes clandestines dans les anciens cachots, pour réconcilier tout le monde. D'ailleurs, tous les habitants d'Al-Poll et des villages alentours sont invités, s'ils souhaitent participer... à condition d'amener avec eux de quoi pimenter la soirée, bien sûr. Si un jour vous avez envie de venir y faire un tour, surtout, n'hésitez pas, vous serez toujours la bienvenue, et vous pourrez constater tout ça de vos propres yeux !

Une fraction de seconde de silence – et puis, les deux amies échangèrent un regard et éclatèrent de rire.


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mar 6 Juin 2017 - 16:48

Celle qui se nommait Naëlle répondit soudainement à Isyss avec un grand sourire. Et Clarysse ne put s’empêcher de sourire à son tour en écoutant les propositions de la jeune élève de l’Académie. La Noble quant à elle se décomposait un peu à ses côtés. La marchombre n’était pas sûre que toutes les choses qu’elle racontait se soient réellement passées mais elle en reconnaissait certaines pour les avoir vécues. Dit comme ça, en effet l’école créée par Merwyn pouvait vraiment passer pour une maison de fous peuplée de professeurs dangereux et d’élèves suicidaires. Mais toutes ces aventures ne faisaient que renforcer la cohésion de l’école. Chaque évènement les rendait plus forts.

Merwyn avait créé un lieu d’enseignement pour tous. Et pas seulement théorique. On y apprenait surtout la vie, ses difficultés, ses joies et comment faire des choix et devenir adulte. Tous ne prenaient pas la même voie. Tous n’adhéraient pas au système mais chacun pouvait y trouver son compte. Les élèves apprenaient à s’autonomiser et à développer leurs compétences autant que possible pour qu’ils puissent se débrouiller seuls dans la vrai vie. A Al-Jeit on leur apprenait seulement à manier leur Don, ils ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez. Mais Isyss ne pouvait pas se rendre compte qu’elle avait offensé les élèves. Elle avait été élevée dans le même moule que ses élèves. La marchombre riait avec les élèves lorsque l’enseignante les interrompit, choquée :


-Elles… Elles se moquent de moi là Clarysse hein ?... C’est impossible qu’une Académie laisse tout ça arriver aux élèves !

Elle chercha du regard celui de son amie pour savoir si les deux jeunes femmes lui jouaient un mauvais tour. Elle voulait que la petite brunette à ses côtés la rassure. Mais elle n’en fit rien, elle se contenta de lui sourire.

-Tout est vrai ma chère, quoiqu’un peu exagéré mais en effet, si tu veux un jour venir visiter, je suis que tu feras de très bonnes découvertes. Nos élèves peuvent t’apprendre plein de choses. Marcheur, Raï’s, Chaton disparus, Mercenaires, eau glacé du lac, sommets enneigés des montages, Coup d’état, kidnapping, alcool et Labyrinthe fou, nos élèves en voient de toutes les couleurs.

-Mais c’est très dangereux ! Et mesdemoiselles, ce n’est pas très aimable de rire de moi comme ça…

-C’est toi qui les a cherchées Isyss à te moquer puis les flatter. Ça marche peut être à la capitale mais à Al-Poll on a de l’autodérision.

-Mais votre Intendant approuve vraiment tout ça ?

-Oulah, ne nous lance surtout pas sur le sujet des excentricités de Jehan, on a de quoi remplir un journal entier.

Clin d’œil au group d’élève, toute l’Académie connait l’existence du journal intime de Jehan, Papi Gilbert comme beaucoup d’élèves l’on surnommé. Et en effet, il y avait vraiment beaucoup de choses à dire à son sujet lorsqu’on avait beaucoup de temps à partager pour écouter ça. Mais Isyss n’avait pas besoin non plus de tout savoir à son sujet. La réputation de Jehan lui avait déjà valu de sacrés ennuis, elle ne souhaitait pas qu’il lui en arrive de nouveau. Se faire muter à cause des rumeurs qui circulaient sur lui aurait déjà été une épreuve difficile qui pourrait recommencer si la capitale décidait de fourrer à nouveau son nez dans l’Académie. Mais, contrairement à la dernière fois, personne ne laisserait un nouvel Intendant s’installer aussi simplement à la place qui revenait à Jehan. Le dernier n’avait pas fait long feu et devait s’en mordre les doigts au fond de son cachot. Elle sourit à nouveau puis finit son verre de vin blanc. elle espérait que son amie finirait pas s'excuser auprès des élèves, elle le leur devait bien. Enfin, elle se demandait quelles surprises se cachaient dans cette grande demeure.


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 8 Juin 2017 - 5:58

L’occasion de bien des explorations hein ? D’une certaine manière, par cette simple phrase la jeune marchombre venait d’exacerber la soif d’aventure, de jeu et de bêtise de Danatael.

- Explorons donc ! Je suis vraiment curieux de découvrir les secrets de cette penderie sans fin.

Après un sourire joueur en direction de Dylan, il se fondit dans la masse de vêtement d’un pas glissé vers sa gauche, avant de disparaître totalement de la vue de sa partenaire.

- Je sais qu’on n’est plus des enfants, mais c’est trop tentant. Tu vas devoir me trouver !

Le plus silencieusement possible, il se laissa glisser entre les vêtements. Il y avait vraiment de tout dans cette immense penderie. Des costumes, des smokings, des robes, des tuniques. Toutes aussi somptueuses les unes que les autres. Mais plus il s’enfonçait, plus les vêtements lui paraissaient dater d’une époque plus lointaine. Des tenues qui auraient pu être portées il y a des dizaines d’années apparaissaient maintenant devant lui. Intrigué, Danatael reconnaissait maintenant des vêtements du même style que portaient ses parents sur certains tableaux des débuts de leur mariage.

Décidément, ce Kil’Resil avait bel et bien des secrets. Cette pièce était-elle le fruit d’un dessinateur ? Une pièce sans fond ? Le jeune homme continua son exploration en décidant que s’il ne pouvait pas continuer indéfiniment à aller vers le fond, il pouvait peut-être trouver le mur de gauche ou de droite ! D’ailleurs, il espéra que Dylan ne s’était pas perdue dans tous ces vêtements. Si je ne suis pas perdu moi-même.

En marchant un petit peu vers le coté, il finit par trouver un mur, sur lequel étaient fixées des planches remplis de petits coffres. En s’approchant, il comprit que c’étaient de coffres à bijou. Amusé, il en ouvrit quelques-uns pour découvrir quels trésors étaient cachés dedans. Des boucles d’oreille, des perles, des bracelets, des colliers. L’un des bracelets avait attiré son attention : une chaine fine en argent, dans laquelle étaient incrustés quelques discrets saphirs, d’un bleu très sombres, comme des petits éclats de nuit. Ils lui rappelaient Dylan et la robe qu’elle portait. Après tout, personne ici ne doit s’en servir, ça m’a l’air abandonné. Il glissa le bracelet dans sa sacoche après avoir pris soin de l’envelopper dans un petit carré de tissu.

Je crois qu’il est temps que je retrouve ma charmante compagne ! Danatael se posa quelques minutes pour se concentrer. Avec tout ce tissu, la pièce n’avait pas une très bonne sonorité, et Dylan avait l’air de s’être prise au jeu elle aussi. Il tenta tout de même d’écouter, d’essayer d’entendre des mouvements autour de lui. Mais le fait de se concentrer sur la jeune femme lui ramena ses sentiments naissants, faisant battre son cœur plus vite, plus fort, comme si de l’adrénaline s’était libérée dans tout son corps, et le son de con cœur lui emplit les oreilles. Il prit une inspiration pour contrôler ses battements, et réussit enfin à se concentrer. Oui, il pouvait entendre faiblement quelques frottements de tissu, une respiration régulière. Elle ne devait vraiment plus être très loin pour qu’il puisse l’entendre. Il décida d’aller dans sa direction.

Quand il la vit, de nouveau son cœur battit plus vite, et un énorme sourire étira ses lèvres sans même lui demander son avis.

- Oups, tu m’as retrouvé on dirait ! C’est fou comme cette armoire est grande. Qu’as-tu découvert, grande exploratrice ?


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 15 Juin 2017 - 15:03

Le moins que l'on puisse dire, c'était que les deux amies avaient de l'imagination. Bon, il était vrai qu'un certain nombre des événements cités étaient fortement inspirés de faits ayant réellement eu lieu à l'Académie... Voire très fortement pour quelques uns... Mais le tout exagéré et enjolivé, bien entendu. Juste de quoi impressionner la femme qui leur faisait face – et de lui donner une petite leçon.

Ce qui ne manqua pas, d'ailleurs, à voir ses yeux arrondis par la stupeur et les regards hésitants qu'elle lançait à Clarysse qui souriait à pleines dents, puis entra dans leur jeu. Ah, Jehan... Une bouffée d'affection envahit la jeune fille. Il était étrange de constater à quel point elle s'était attachée à l'Intendant de l'Académie de Merwyn, au fil des mois et des années. Elle ne le voyait pas très souvent, pourtant, entendant simplement parler de ses frasques et de ses innombrables excentricités par ouïe dire – même si, récemment, elle avait pu le croiser plusieurs fois dans les couloirs suivi par le trésorier Ril'Enflazio, qui semblait maugréer dans sa barbe. Les rumeurs parlaient de rénovation, de statue et de sous qui manquaient – ceci pouvant expliquer cela... Et puis il y avait eu la mission de sauvetage, évidemment, qui avait inéluctablement lié Jehan à chacun des élèves qui y avaient participé, et vice-versa.

Une étrange émotion envahit Attalys et elle se hâta de se concentrer de nouveau sur la situation présente. À savoir les paroles échangées par les deux enseignantes, le sourire facétieux de Naëlle et le verre qu'Elouan avait prudemment posé sur un guéridon après avoir failli s'étouffer avec son jus de fruit à cause de ses éclats de rire difficilement réprimés.

Isyss Hil'Jem paraissait toujours vexée et la Dessinatrice se décida à reprendre la parole, une fois que Clarysse se fut interrompue :


- Veuillez nous excuser, nous ne voulions pas vous offenser, mais avouez que c'était tentant... et plutôt amusant.

Son interlocutrice se décida finalement à esquisser un sourire et l'Aequor ajouta avec une pointe de malice :

- Et sinon, que vouliez-vous vraiment savoir sur l'Académie de Merwyn ?


[Trèèès très fast]


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 15 Juin 2017 - 16:28

Une partie de cache-cache, donc. Cela faisait des années que Dylan n'avait pas joué à cela – les quelques souvenirs qui lui en restaient dataient de son enfance, et elle se revit soudain courant dans les couloirs de la Citadelle avec ses rares amis ou, un peu plus tard, en compagnie de ses petites sœurs – mais, étrangement, cela ne la rebuta nullement. L'étincelle d'espièglerie qu'elle avait déjà aperçue au moment où ils avaient quitté les jardins était revenue au fond du regard de Danatael et elle esquissa à son tour un sourire.

- Je te conseille de choisir soigneusement ta cachette, alors...

Le maître marchombre s'était déjà évanoui au milieu des vêtements qui les entouraient et, après avoir attendu quelque instants, la jeune femme se décida à partir à sa recherche. Elle marcha pendant un certain temps à travers la penderie, s'efforçant de tendre l'oreille dans l'espoir d'entendre son compagnon. Malheureusement, l'épaisseur des tissus étouffait les sons et elle dut bientôt se rendre à l'évidence : elle ne savait absolument pas où elle allait, se contentant de déambuler à l'aveugle parmi les habits. Ils allaient vraiment finir par se perdre, tous les deux...

Dylan choisit de se déporter légèrement vers sa droite et accéléra le pas. Elle ignorait si ce placard était véritablement interminable mais... Un obstacle, devant elle. Contre lequel elle buta. Après un moment d'hésitation, elle tendit la main pour l'effleurer. Surface dure. En bois. Un mur ? La marchombre y promena les doigts, appuya légèrement... et écarquilla les yeux en le sentant s'enfoncer sous sa poussée. Un double-fond ? Ce ne fut que lorsqu'elle le sentit se décaler soudain sur le côté avec un faible « clic » et vit une lumière jaillir devant ses yeux qu'elle comprit ce dont il s'agissait. Une porte coulissante. Un passage menant vers... autre part. En dehors de la penderie, en tout cas.

Poussée par la curiosité, la Kaelem se mordilla la lèvre, hésitante. La lumière l'attirait irrésistiblement, mais Danatael l'attendait toujours, caché parmi les vêtements... Elle finit par se détourner un peu à regret, sans refermer le panneau de bois. La lueur qui en jaillissait lui permettrait de retrouver le chemin lorsqu'elle y mènerait le maître marchombre. La jeune fille revint donc sur ses pas et, après quelques minutes, perçut un faible bruissement, à quelques pas d'elle. Le bruit d'un souffle... Elle écarta une épaisse robe en velours bordeaux et tomba nez à nez avec Danatael, qui sembla légèrement troublé avant de lui adresser un immense sourire auquel elle répondit sans même réfléchir. Tout à son impatience de lui faire partager sa découverte, elle lui saisit le poignet pour l'entraîner dans la direction de la porte secrète avant même d'avoir pris la parole.


- J'ai en effet trouvé quelque chose, expliqua-t-elle tandis qu'ils cherchaient leur chemin à travers les habits qui se dressaient sur leur route. Mais je préfère te laisser la surprise...

Elle ralentit légèrement, cherchant à se souvenir de l'itinéraire qu'elle avait emprunté, et se rendit compte à cet instant que ses doigts enserraient toujours le poignet du jeune homme. Elle le lâcha vivement, comme si elle s'était brûlée.

- Je... Désolée.

Ils repartirent dans un silence gêné, mais le malaise qui s'était installé entre eux se dissipa aussitôt qu'elle aperçut une faible lumière scintiller devant eux. C'était là.

- On y est !

L'apprentie vit les lèvres de Danatael s'étirer en un sourire tandis qu'il observait le passage. Ce dernier débouchait sur une pièce qu'ils ne pouvaient pas apercevoir – l'artifice d'un Dessinateur ? Cependant, Dylan se doutait que, une fois qu'ils auraient franchi cette mystérieuse porte, ils pénétreraient sans encombre dans la salle qui la suivait. Enfin, du moins l'espérait-elle...

Elle s'effaça devant le marchombre et lui offrit une courbette légèrement ironique :


- Aux hommes l'honneur !


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Ven 30 Juin 2017 - 1:10

Myra sourit, cette sensation l'avait quittée depuis bien trop longtemps déjà. Ressentir à nouveau cette foule, ce monde qui n'aspire qu'à être observé, découvert. Et parader ainsi, alors que son corps se remettait. Elle n'oublie rien, ce petit visage l'obsédant jour et nuit... Ces deux petits visages. Pourtant, ce soir, sourire amer sur les lèvres, elle espère bien profiter de cette soirée. Et compte sur son compagnon et son ami pour la tenir éloignée de toute tentation destructrice.

Soudain, Varsgorn exprime son souhait de rejoindre sa fille. La jeune mère retient un léger rire amusé de le voir si protecteur. Cette petite part mal dans la vie, suivie de deux parents aussi protecteurs que ces deux-ci. L'homme s'éclipse alors après que Myra lui ait indiqué la direction à prendre, laissant les deux amis seuls, une fois encore. La femme l'observe s'éloigner, soupire. Avant de se retourner vers Owenn, devenu silencieux. Sans prévenir, elle lui donne une tape sur l'épaule.


- Il faudrait qu'on te trouve quelqu'un, à toi.

Le dessinateur lui lance un regard étonné, une lueur de gêne dans l'oeil.

- Voyons, Myra, j'ai plus important à penser.

Toujours si expéditif dans ses réponses, sans le moindre indice sur ce qu'il pense réellement. Malheureusement pour lui, la primat a bien des années d'expérience en ce qui le concerne. Elle le connait. Amis d'enfance, confesseurs, gardiens de leurs secrets. Il a beau bien souvent éviter de parler de lui, il finit toujours par craquer. Myra vient inévitablement à bout de sa volonté de dissimuler ces petites voix dans sa tête.
Alors, elle se rapproche, prend ses mains entre les siennes. Plonge son regard d'ambre dans le sien.


- Crois-tu que je ne te connais pas depuis le temps ? Et tu sais bien que je ne lâche jamais le morceau.

Il aura beau le nier, il le sait, qu'elle lit en lui mieux que personne. Alors qu'il s'apprête à répondre, vaincu une fois de plus, une silhouette se rapproche d'eux. Ils la reconnaissent bien vite, appartenant au trésorier. Il est de retour. Son absence n'aura pas durer bien longtemps.
Myra se retourne alors, relâchant les mains de son ami, souriant aux deux hommes. Varsgorn prend alors la parole, surprenant la dessinatrice. La femme prend le fil de la discussion avant même qu'Owenn ne puisse répondre à la question qui lui est posée.


- Voyons, je ne te cache absolument rien, seulement, mon passé est parsemé de barbantes soirées à la bibliothèque et de hautes piles de livres. Il n'y a absolument rien d'intéressant à raconter sur moi que tu ne saches pas encore.

Elle se retourne alors vers son ami, l'enjoignant à acquiescer à ses dires. Il lui sourit, mesquinement. Et Myra le sait, lorsqu'il sourit ainsi, c'est mauvais signe. Pour elle. Il tourne la tête vers le trésorier.

- Bien qu'il me plairait de vous offrir sur un plateau tous les secrets de notre chère Myra, il faudra me convaincre davantage que cela en vaut la peine de trahir mon amie d'enfance à laquelle j'ai juré silence à certains sujets.

La primat lance un regard vers Varsgorn, puis le lance sur Owenn. Et rougit légèrement.

- Messieurs, je refuse d'être au centre de messes basses. Allons plutôt manger un morceau, je meuuurs de faim.

Sur ces paroles, elle embarque les deux hommes, un à chaque bras, les trainant en direction du buffet.


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 2 Juil 2017 - 22:23

Attalys s’excusa donc auprès d’Isyss pour leur comportement taquin précédent. La marchombre approuvait cette démarche car elle montrait que les élèves de l’Académie étaient sympathiques et qu’ils n'étaient pas rancuniers. La noble avait eu beau se moquer d’eux, les élèves s'étaient un peu vengés mais se faisaient pardonner ensuite. Il était aussi possible que la femme de la capitale leur fasse payer plus tard car elle était habituée aux mesquineries qui étaient de mise dans certains quartiers privilégiés d’Al-Jeit. Clarysse continuait de sourire, les jeunes gens s’étaient montrés plus fins que son amie ce qui n’était vraiment pas une habitude pour elle. Elle tapota l’épaule de celle-ci pour la réconforter un peu et lui montrer son soutien face à cette bande de dangereux sauvages du Nord. Celle-ci finit enfin par se détendre un peu et elle déclara, un sourire aux lèvres :

-Excuses acceptées, mais je ne sais pas si je qualifierai votre petit tour d'hilarant.

L’Aequor continua en posant une question à la grande blonde. Que voulait-elle savoir à l’origine ? Clarysse connaissait la réponse à cette question. La Noble voulait savoir en détail ce qu’il s’était réellement passé pour conduire à l’emprisonnement de plusieurs Nobles influents de l’Empire. Elle se demandait en quoi les élèves de l’Académie y étaient liés. Mais il avait été demandé de garder un certain secret de cette affaire et même la Maître des écuries n’avait pas été informé de nombreux éléments. Ce qui ne l’avait pas empêchée de chercher par elle-même, elle n’était pas marchombre pour rien. Elle avait ainsi reconstitué une grande partie de l’histoire et respectait de plus en plus ses étudiants pour cela. Isyss soupira légèrement et avec un sourire faussement contrit, elle répondit :

-Oh, je crois que j’ai eu suffisamment de réponses pour le moment. Je ne voudrai pas de nouveau me risquer à tester votre imagination débordante.

-Sage idée Isyss, pour une fois !

La petite marchombre ne put s’empêcher de lui répondre pour la taquiner à nouveau. Elles avaient été complices dans leur enfance et chacune embêtait régulièrement l’autre. Rien n’avait vraiment changé depuis. Il y eu un court moment de silence par la suite où les deux femmes finirent leurs verres en observant les invités. Clarysse posa alors la question qui lui trottait dans la tête depuis qu’elle était arrivée. Si elle avait été seule, elle serait déjà partie explorer et interroger le personnel pour obtenir la réponse par elle-même. Mais elle ne pouvait pas, elle s'était engagée auprès de Myra.

-Dites, j’ai du mal à comprendre pourquoi Sieur Malkolm Kil'Resil nous a réuni ici. Ça m’étonnerait que ce soit uniquement pour savourer son buffet, ce n’est pas vraiment dans ses habitudes… Quelqu’un en sait plus ?

-Ma chère, sache qu’avec Malkolm on ne sait jamais rien avant qu’il décide de nous dévoiler ses surprises. Il va certainement nous avoir concocté un grand jeu dont il a le secret. L’an dernier c’était une grande chasse au trésor pour trouver la clef pour pouvoir sortir de son domaine si ma mémoire est bonne…

Elle souriait à ce souvenir, elle n’avait pas été présente mais tous les salons mondains de la Capitale en avait parlé pendant des semaines. Personne n’avait pu échapper à l’évènement et chacun regrettait de ne pas avoir été invité. Alors la Noble se réjouissait d’être présente ce soir. Toutes les fêtes de cet homme méritaient le déplacement et en faire partie était un privilège. Elle compléta alors sa pensée :

-D’habitude seuls les personnes les plus influentes de l’Empire sont conviées, pourquoi des élèves et professeurs de deux écoles aujourd’hui, je me pose la question…


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Lun 3 Juil 2017 - 21:51

- Apparemment, je n’ai pas le monopole de l’espièglerie !

Danatael offrit un sourire sincère à l’exploratrice. Elle venait de le conduire jusqu’à un porte coulissante, miracle défiant presque toute probabilité dans ce placard sans fin dans lequel ils venaient de pénétrer. Et pourtant, finir par y trouver une porte coulissante, ça faisait presque cliché. Dans un placard aussi grand, si cette porte menait à une chambre, ça ne pouvait être que celle de leur hôte ! Dépassant sa cavalière qui s’était effacée pour lui laisser le passage, le marchombre s’approcha lentement de la porte. Il essaya d’abord de repérer la source de la lumière : c’était … le sol ?

Des dalles lumineuses ornaient la pièce telles des veilleuses, éclairant d’un blanc lacté ce qui semblait bel et bien être une chambre. Dans un coin de la pièce, un aquarium rempli de poissons aux mille couleurs émettait une lumière bien plus bleutée, évoquant les fonds marins, sa lumière provenant de petits galets lumineux aux couleurs océanes.

- Je crois bien qu’on a trouvé une chambre bien différente des autres.

Aux murs étaient accrochés quelques tableaux d’un homme. S’il pouvait se fier à sa mémoire concernant l’apparence de l’individu qui y était représenté, c’étaient des tableaux de Kil’Resil. Evidemment, sa chambre se devait d’être à l’image de son manoir : clinquant et dans la démesure… et centré sur lui-même !

- Une très belle pièce, si on fait abstraction de tous ces tableaux centrés sur sa personne. Je pense que ce doit être sa chambre.  Honnêtement, je ne sais pas quelles probabilités on avait de se cacher derrière une porte qui se trouvait être le placard démesuré menant à la chambre de notre hôte … Mais après être passé dans ledit placard, je crois que ça ne m’étonne pas plus que ça !

Il se tourna vers sa compagne, le visage toujours barré de son sourire espiègle. Il était heureux de partager cette aventure avec la marchombre, et d’avoir trouvé si facilement ce qu’ils étaient venus chercher. Il capta le regard de la jeune femme.

- Tu sais Dylan, je suis vraiment content de faire ça avec toi ce soir.

Sa voix et la formulation étaient un peu maladroites, mais sa joie l’avait poussé à dire ce qu’il pensait. Au moins, il avait réussi à parler de ce qu’il ressentait.


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 6 Juil 2017 - 3:48

La surprise est un art pour qui sait parfaitement la manier. C'est un art qui peut prendre beaucoup de forme, allant d'un simple sursaut à une situation inhabituelle. Pour être un véritable maître dans cet art, il fallait manipuler et comprendre plusieurs de ces formes. Et s'il y avait bien une personne qui n'était pas un simple sot dans ce domaine, c'était bien notre cher Arro.

Surprendre était presque une marque de fabrique chez lui. Par son attitude, par sa présence, il étonnait plus d'un. Souvent de la manière la plus simple à mettre en œuvre, mais parfois, cela pouvait être bien plus subtil. Et ce soir avait vu naître la parfaite occasion pour s'adonner à ce plaisir.
Une soirée à Al-Chen, organisé par un noble pour les académies ? Comment pouvait-il passer à côté de ça ? C'était tout bonnement impossible ! Il se devait d'être là… Mais pas comme on le connaissait dans sa chère académie de Merwyn, non, ce ne pouvait être aussi simple ! Il y apparaitrait comme le noble qu'il cache si bien derrière des couches de farce.

Sa mère était inquiète, c'était la première fois qu'Arro souhaitait porter ses vêtements de cours sans rechigner, même par principe. Il vérifiait même que tout se passe bien, les invitations, la présence des membres de sa famille, la propreté des habits de cours… En bref, le marchombre prenait la place de sa douce maman et cela n'était pas normal.
La soirée étant la première confrontation entre sa famille et l'académie cela lui donnait une autre raison pour le faire agir de la sorte.. Comment ne pas vouloir que tout se passe bien ? Impossible ! Alors, il contrôlait tout, de A jusqu'à Z, de Freccia jusqu'à Pfeil.

C'est ainsi que la famille Skil'Liches se retrouva au grand complet. Père, mère, fils et fille. Les quatre portant fièrement le blason du Loup, marchant le torse bombé vers le domicile de Malkolm Kil'Resil. Les femmes dans de belles robes aux couleurs verdoyante, les hommes dans leurs plus beaux costumes aux tons assortis.


-J'ai hâte de rencontrer les gens de ta petite académie. On raconte tellement de choses à leur sujet !

C'était Victoria qui s'impatientait. Elle n'avait pas cessé de poser des questions à Arro depuis qu'elle avait eu connaissance de la soirée qui s'annonçait.

-Et bien, chère sœur, j'espère que vous ne serez pas déçu. Si je me souviens bien, dans ton académie, on raconte qu'au nord, on y accepte des gens de tout genre et que ce sont pour la plupart des rustres... Il me semble qu'il se trompe et que c'est bien à Al-Jeit qu'on trouve le plus de manants… Osez juger sans connaître, cela semble faire cas de peu d'intelligence.

-Voyons, je sais parfaitement que toutes les rumeurs qui courent sur l'académie de Merwyn parlent de toi. Il ne peut y avoir que mon frère qui correspond à la description que me dépeignent tous ces on-dit.

Ils rirent ensemble avant d'arriver devant la porte du manoir où se tenait la petite soirée. C'est à ce moment que je me dois de faire une pause pour vous expliquer un des plus grands traits de la famille Skil'Liches. Un petit détail qui se transmettait de génération en génération, ce truc qui faisait que l'on savait à qui on avait à faire. Ce qui était commun aux membres de cette famille, outre leur extravagance, c'était leurs sens du spectacle, spécialisé en entrée en scène.
En effet, après avoir passé la première porte, déposé leurs manteaux et fourrures en trop, la porte de la salle de réception se trouvait devant eux. D'un mouvement commun, ils s'avancèrent alors que le battant s'ouvrait avec fracas, poussé par un vent impressionnant. Dans un claquement bruyant, ils apparurent dans l'entrebâillement, le souffle puissant faisait voler leurs cheveux et leurs tuniques aussi parfaitement que sur une scène de théâtre. Le Don du Dessin, ça avait quand même du bon.
Et comme si tout cela était naturel, ils descendirent les marches pour se mêler à la foule qui les regardait. Ainsi était les Skil'Liches, jamais dans la sobriété, toujours dans le spectaculaire. Et l'hôte de cette soirée en fut ravis. Il s'approcha rapidement du groupe qu'ils formaient pour venir les saluer.


-Dame Freccia, Dame Victoria, Sir Pfeil et Sir Arro, c'est un plaisir de voir votre famille au complet ici ! Il est si rare de pouvoir apprécier votre présence Messire Skil'Liches.

Laissant ses parents discuter avec Malkolm, le maître marchombre dans ses atours s'enfuit pour apprécier le buffet et les discussions endiablées sur les académies. Il nota plusieurs conversations intéressantes. Mais celle qui lui plaisait plus fut entre un groupe d'élèves de l'Académie de Merwyn et une enseignante de l'Académie d'Al-Jeit. Il tendit un peu l'oreille, histoire de comprendre de ce qu'il en retournait et ne put s'empêcher de répondre à une question posée


-Et bien Madame, il est possible que notre hôte respectable à pour volonté de confronter les deux Académie. Peut-être les rapprochés pour que se créer des relations entre les élèves. Ou cela est juste dut à l'excentricité de Sir Malkolm.

Comme à son habitude, le marchombre s'était approché en douceur, discrètement, faisant quelque peu sursauter Isyss Jil'Hem. Il s'inclina respectueusement.

-Pardonnez mon impudence de vous couper ainsi, Mesdames. Il me fallait tenter d'offrir quelques lumières. Je me présente, Arro Skil'Liches, résident à l'Académie de Merwyn.

L'homme sourit devant les quelques yeux écarquillés des membres de l'établissement qu'il côtoyait. Comment pouvait-il s'imaginer que le marchombre facétieux et si fatiguant pouvait être… Ainsi.

-Peut-être connaissez vous ma soeur, Victoria. Elle étudie à l'Académie d'Al-Jeit justement.

[Si vous me permettez de m'incruster Naif ]



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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Mer 12 Juil 2017 - 22:44

Une chambre. Et, visiblement, à la hauteur de son luxueux placard à vêtements...

Dylan observa avec un mélange de stupeur et de perplexité la pièce spacieuse au sein de laquelle ils se tenaient à présent – les dalles qui dispensaient une douce lumière blanche, celle-là même qui l'avait attirée alors qu'elle se trouvait encore dans la penderie, le gigantesque lit surmonté de coussins, les épais tapis, le grand aquarium dont la lueur bleutée qui s'en échappait se mêlait aux couleurs vives des poissons...

De nombreux tableaux étaient accrochés aux murs – des portraits, représentant tous le même homme. Un homme que Danatael sembla reconnaître aussitôt. Kil'Resil.
Lentement, la jeune femme sentit ses lèvres s'étirer en un sourire tandis qu'elle prenait conscience de ce que cela signifiait : par le hasard le plus total, les deux marchombres étaient arrivés dans la chambre de l'hôte dont ils avaient justement prévu de fouiller les secrets et les appartements !


- Mais nous formons une équipe de choc, voyons ! Ce n'est pas de la chance mais du talent, mon cher, tout simplement ! ne put-elle s'empêcher de s'exclamer, le regard malicieux, en entendant son compagnon s'étonner de cette coïncidence.

Danatael se tourna alors dans sa direction et elle crut qu'il allait lui répliquer d'une plaisanterie, mais le regard que ce dernier posa sur elle se fit soudain plus doux, presque tendre. Ses yeux croisèrent les siens et, lorsqu'il prit la parole, ce fut sur un ton hésitant et maladroit, mais qui lui parut le plus sincère du monde.


- Je...

Pour tout dire, elle ne s'attendait pas à ça. L'apprentie s'était prise au jeu, elle s'imaginait déjà en train d'explorer la chambre, de chercher des indices – messages, objets, n'importe quoi – susceptibles de les renseigner sur leur mystérieux hôte...
Et puis, le jeune homme avait parlé et, prise par surprise, elle avait tout oublié. Ne restaient que ce regard dont elle aurait voulu se détacher mais qui retenait le sien, et la voix dont les échos commençaient à se dissiper mais qui résonnait encore à ses oreilles.


- Je suis moi aussi très heureuse de visiter ce manoir avec toi. Tu as vraiment eu une très bonne idée, je... je ne me doutais pas que ce serait aussi amusant !


Détourner la tête, reprendre contenance. Sourire, s'efforcer de respirer normalement. Commencer la recherche.
Voilà, c'était bien, ça. Chercher.


- Et sinon, on la commence, cette exploration ?

Danatael acquiesça joyeusement et elle sentit son propre sourire s'accentuer, parfaitement sincère, cette fois. Toute gêne oubliée.
Ils se répartirent la chambre en se séparant d'un accord tacite et elle se dirigea vers le côté gauche de la pièce. Pendant plusieurs minutes, la jeune fille s'efforça de fouiller ce qui présentait à elle avec le plus de soin et de discrétion possibles, en veillant à remettre à leur place toutes les affaires qu'elle déplaçait. Rien sous les oreillers ni sous les draps de soie parfaitement pliés, quelques notes sans importance dans une table de chevet, des carnets vierges qui traînaient sur une commode... Elle promenait ses doigts au fond d'un tiroir lorsque ceux-ci entrèrent soudain en contact avec un petit objet lisse et dur. Elle referma sa main dessus, la retira délicatement. Au creux de sa paume reposait une fine clef en argent.

Dylan demeura quelques instants immobile, les yeux fixés sur sa trouvaille, tandis qu'une impatience et une excitations croissantes grandissaient en elle. Quelque chose, quelque part dans cette chambre, était pour le moment fermé à double tour. Et n'attendait que cette clef pour s'ouvrir et leur dévoiler tous ses secrets.


- Danatael ?


Sans s'en rendre compte, elle avait baissé la voix. Comme si la possession de cet objet rendait soudain la réalité de leur fouille, de l'activité illégale qui était la leur, plus concrète. Aussi tangible que cette clef qui reposait à présent dans sa paume.
Le maître marchombre l'avait rejointe et elle tendit la main, révélant ce qu'elle venait de trouver. Dans le regard de ce dernier, l'espièglerie céda la place à la détermination. Un nouvel objectif s'offrait à eux.

La jeune femme esquissa un sourire avant de refermer ses doigts sur la clef. Un sourire où scintillait une pointe de défi.


- Au premier qui trouve ce qu'ouvre cette clef ?



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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Jeu 13 Juil 2017 - 23:13

Une immense chasse au trésor au cours de laquelle il fallait chercher la clef permettant de quitter le domaine de Malkolm Kil'Resil... L'idée paraissait plutôt plaisante à Attalys et, n'écoutant plus les deux professeures que d'une oreille distraite, elle se surprit soudain à laisser son esprit vagabonder. Que pouvait bien renfermer ce mystérieux manoir ? Et quelles étaient les secrètes intentions de son propriétaire ? Elle essaya de s'imaginer le parc gigantesque qui devait entourer la demeure, les allées emplies d'ombres et de brumes, les hauts arbres majestueux gémissant doucement dans le vent, les fontaines scintillant au clair de lune...

Et puis, tout à coup, une voix d'homme se mêla à la conversation, et la Dessinatrice reporta son attention sur la discussion qui se déroulait face à elle. De fait, un nouvel invité s'était joint à leur petit groupe : grand, carré d'épaules, élégamment habillé... Le timbre de sa voix sembla familier à la jeune femme mais ce ne fut que lorsqu'il plongea dans une profonde révérence qu'elle le reconnut.

Arro Skil'Liches.

Elle était loin de bien le connaître mais, comme tout Académicien qui se respectait, l'avait déjà aperçu plusieurs fois au cours de ses années d'études. Ses farces et ses pitreries, la flûte dont on l'entendait parfois jouer dans les jardins ou au détour d'un couloir... Sans compter la réputation qui le précédait : à l'Académie, tout le monde connaissait le nom d'Arro Skil'Liches, ce maître marchombre facétieux, extravagant et imprévisible. Et, lorsqu'on ne l'avait pas personnellement rencontré, on s'arrangeait de toute manière pour faire « comme si » : combien d'histoires et de rumeurs avait-elle entendu à son sujet, sans savoir si ces dernières n'avaient ne serait-ce qu'un fond de vérité !

Sauf que tout ça ne correspondait pas à... ça. Cette image qui se présentait soudain face à elle. Cet homme soigneusement – presque somptueusement – vêtu, au langage soutenu et à la courtoisie irréprochable, qui se conduisait comme un parfait mondain. Le noble dans toute sa splendeur.

Si Isyss paraissait enchantée – son sourire s'agrandit encore davantage à l'entente du nom de Victoria, la sœur d'Arro Skil'Liches –, les membres de l'Académie de Merwyn écarquillaient unanimement des yeux stupéfaits.


- Visiblement, notre hôte n'est pas le seul à nous réserver des surprises...

Attalys ne se rendit compte qu'elle avait prononcé sa réflexion à haute voix qu'au moment où cinq visages se tournaient vers elle. Croisant le regard d'Arro, elle esquissa alors un sourire :

- Je suis ravie de vous voir ici en tout cas, dans un contexte si... différent de celui de l'Académie.

Une étincelle d'intérêt – ou d'amusement, de curiosité ? – lui sembla étinceler au fond des yeux de son interlocuteur. Son sourire s'élargit.

- Mais n'est-ce pas le but de tout bal, après tout ? Essayer les déguisements et collectionner les masques ?


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 16 Juil 2017 - 2:32

La tension entre les deux marchombres semblait gêner Dylan. Evidemment, c’était un peu nouveau aussi pour le jeune homme, il découvrait ce sentiment, mais il adorait les palpitations que cela lui procurait, il était curieux d’explorer ces sensations et le bonheur tout simple que ça lui procurait.

La jeune femme présentait maintenant dans la paume de sa main une petite clé en argent, toute fine. Il y avait donc bien quelque chose à trouver quelque part dans cette chambre. Restait à savoir quoi !


- Au premier qui trouve ce qu’ouvre cette clé ?

Le regard de Danatael passa de nouveau d’un regard déterminé à son regard espiègle. Décidément elle aimait le prendre au jeu ! Maintenant, il devait absolument trouver ce qu’ouvrait cette clé. D’après la taille et la forme de la clé, elle devait ouvrir quelque chose de petit comme … Un tiroir, une boite, voire même un de ces journaux intimes avec une serrure.

Le marchombre se mit donc précautionneusement à la recherche de tout ce qui pouvait s’ouvrir avec une clé de cette taille. Il fouilla le bureau, les tiroirs, vérifia même s’il y avait des double-fonds, prenant soin à chaque fois de remettre chaque chose à sa place. Il chercha sous le lit, sous le matelas, chaque recoin du sol à la recherche d’une possible trappe, mais rien … Frustré Danatael se marmonna dans sa barbe :

-Mais quels secrets cet égocentrique peut-il ….

Soudain ce fut clair, et il se demanda comment il n’y avait pas pensé plus tôt. Bon joueur, il se tourna vers Dylan pour lui dire sa trouvaille, mais il se rendit compte qu’elle en était arrivée à la même conclusion. Il resta donc silencieux pour garder sa dignité et commença lui aussi à chercher un trou de serrure sur le bord des cadres des tableaux. Quelques minutes passèrent avant que Danatael s’exclame :

- Je crois que j’ai trouvé ! C’est ici, on peut bouger cette moulure dans le cadre pour découvrir le trou de serrure.

Alors que Dylan s’était beaucoup approchée de lui pour venir essayer la clé dans la serrure, il se demanda, un peu distrait, ce qu’il avait gagné en trouvant en premier ce qu’ouvrait la clé. Mais ses pensées revinrent vite à leur trouvaille : derrière le tableau il y avait un tas de paperasse qu’ils passèrent très vite en revue. Titres de propriété, titres de noblesses, des papiers personnels plus ou moins précieux, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire, à part peut-être quelques lettres d’une correspondance un peu osée pour qui savait lire entre les lignes. Un peu déçus, les deux jeunes marchombres se regardèrent.

- Dommage, j’étais persuadé qu’il aurait quelque chose à cacher. Enfin, si ça se trouve c’est juste qu’il garde tout sur lui pour ce qui concerne ce soir !

Puis, tendant à nouveau son bras :

- Eh bien dans ce cas, veux-tu rejoindre les autres invités et accorder une nouvelle dance à ton partenaire d’exploration ?

Et ils repartirent vers la porte du placard pour rejoindre la salle de balle en sens inverse, mais quand ils l’eurent franchi ils se retrouvèrent … devant un très grand bassin rempli d’eau ?!


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 23 Juil 2017 - 15:11

Rien. Il n'y avait rien.

Cela faisait à présent de longues minutes que la jeune fille fouillait la pièce dans l'espoir de découvrir une caisse, un coffret, un tiroir, une armoire... Enfin, n'importe quoi susceptible d'être ouvert par la clef qu'elle avait découverte.
Sauf qu'elle ne trouvait rien. Elle alla même jusqu'à soulever l'épais tapis dans l'espoir d'apercevoir une trappe – mais, une fois encore, vainement.

Dylan finit par se redresser, oscillant entre l'agacement et le découragement. À côté d'elle, de l'autre côté du lit, Danatael cherchait avec acharnement, mais il ne semblait pas rencontrer davantage de succès. Dans la paume de sa main, la petite clef paraissait la narguer, et la jeune femme dut réprimer un soupir. À quoi pouvait-elle bien servir ? Si ce n'était pas pour ouvrir un objet bien particulier...  Son regard glissa sur les murs qui les entouraient et elle plissa les yeux tandis qu'une idée se formait dans son esprit. Et si la chambre disposait d'une pièce secrète ? Une porte dissimulée, se fondant dans le décor, une serrure pratiquement invisible, soigneusement calfeutrée parmi les lambris...
Les recherches de l'apprentie marchombre se concentrèrent ainsi sur les murs. Et puis, après de nombreuses tentatives infructueuses, elle se retrouva soudain nez-à-nez avec l'un des tableaux qui ornaient la chambre – et la lumière se fit. L'évidence explosa dans son cerveau avec une clarté et un crépitement de brasier. Mais bien sûr ! Où un homme doté d'un tel ego, d'un tel sens du mystère et de la mise en scène, pouvait-il cacher ses secrets... Hormis en lui-même ?

Dylan concentra donc toute son attention sur les portraits de Kil'Resil, et son compagnon ne tarda pas à faire de même. Ce fut finalement lui qui trouva la serrure et la Kaelem, un peu déçue de ne pas être l'auteur de la découverte mais heureuse malgré tout de voir son intuition se confirmer, le rejoignit pour y insérer la clef. Un léger déclic se fit entendre, le tableau pivota... De nouveau, l'impatience et l'excitation embrasèrent la jeune fille, et elle observa avec curiosité les papiers que Danatael sortait de la cachette. Malheureusement, les deux marchombres constatèrent bientôt que ceux-ci étaient parfaitement inintéressants, révélant tout au plus quelques lettres et des titres de noblesse ou de propriété...

Repartir, à présent. Ils n'avaient plus rien à faire ici.
L'apprentie accepta avec amusement le bras que le jeune homme lui tendait, retrouvant toute la galanterie du noble qui dansait la valse à la perfection, et tous deux se dirigèrent d'un même pas vers la penderie qu'ils avaient quittée un peu plus tôt, en franchirent la porte... et s'immobilisèrent brusquement. Devant eux, les vêtements avaient disparu, cédant la place à un gigantesque bassin rempli d'eau. La perplexité, chez Dylan, ne tarda pas à se muer en stupéfaction. Une stupéfaction teintée d'incrédulité.


- Par quelle magie...

Elle se détacha du bras de Danatael pour faire quelques pas dans la pièce.

- Le placard à vêtements s'est transformé en... salle de bain ?

Et puis, une nouvelle pensée, peut-être encore plus risible que la précédente, s'empara d'elle : ils se trouvaient dans la salle de bain personnelle de Malkolm Kil'Resil. Son regard croisa celui de Danatael, qui contemplait la pièce avec des yeux écarquillés, arrondis par l'étonnement... Et, tout à coup, un éclat de rire, irrépressible, monta en elle. Qui jaillit avec une puissance dont elle fut la première surprise – elle qui était habituellement si difficile à dérider.

Une fois son hilarité calmée, la jeune femme se rapprocha pour détailler l'immense baignoire. Sur le bord du bassin, elle aperçut une sorte de manivelle ainsi que plusieurs boutons, destinés sans doute au réglage des différentes fonctionnalités de la baignoire. Intriguée, elle s'accroupit, se pencha en avant... et sentit soudain un petit objet lui glisser des mains et tomber dans l'eau. La marchombre mit quelques secondes à réaliser ce qui venait de se produire : en quittant la chambre, elle avait oublié de reposer la clef, et avait à présent laissé tomber cette dernière dans la baignoire !

Catastrophée, Dylan se releva d'un bond et expliqua, en croisant le regard interrogateur du maître marchombre :


- Je viens de faire tomber la clef dans l'eau !

Réfléchir, réfléchir, réfléchir... Une unique solution ne tarda pas à se présenter à elle : elle allait devoir aller la chercher. La jeune fille entreprit alors de se déchausser, non sans se maudire intérieurement – mais quelle imbécile elle faisait, parfois ! Si elle avait été seule, elle aurait également enlevé sa robe, mais avec Danatael... Essayant d'ignorer ses joues qui s'étaient brutalement réchauffées et qui avaient sans doute viré à l'écarlate, elle finit par se glisser dans l'eau, qui lui arrivait à la poitrine. Sur le bord, le jeune homme arborait un sourire ironique et l'apprentie marchombre lui décocha un regard faussement assassin :


- C'est ça, moque-toi !

Maintenant, retrouver la clef... Par chance, un scintillement argenté ne tarda pas à attirer son attention et elle plongea sans la moindre hésitation. Un instant plus tard, elle était revenue à la surface, ruisselante, le visage dégoulinant, les cheveux trempés, la robe collée sur le corps, mais triomphante.

- C'est bon, je l'ai !

Elle posa la petite clef sur le sol, à distance raisonnable du bassin, mais, au lieu de sortir à son tour, resta dans l'eau. Un sourire facétieux s'étala sur ses lèvres lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Danatael. Puisqu'elle était mouillée...


- L'eau est plutôt bonne, en fait... Et apparemment, cette baignoire a pas mal d'options, dont certaines qui pourraient se révéler franchement amusantes...

Son sourire s'élargit.

- Une petite baignade avant de rejoindre notre cher hôte et les autres invités dans la salle de réception, ça te tente ?


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Sam 29 Juil 2017 - 2:38

Danatael regardait la jeune femme explorer la nouvelle pièce quand il entendit le petit clapotis caractéristique d’un petit objet qui tombe dans l’eau. Intrigué, il envoya un regard interloqué à Dylan, qui lui confirma. Elle venait bien de faire tomber quelque chose : la clé de Kil’Resil.

Alors qu’il cherchait autour de lui une solution pour récupérer la clé sans se mouiller, de larges ondes mouvèrent la surface de l’eau. La maladroite s’était déjà resignée et était partie chercher la clé au fond de l’eau, encore habillé de sa robe. Amusé, le jeune homme vint profiter du spectacle accroupi au bord du bassin, un sourire aux lèvres. Sa compagne n’hésita pas à plonger pour ramener, triomphante, la petite clé argentée, qu’elle posa loin du bord pour éviter de nouvelles maladresses.

Ce fut quand la jeune femme toute trempée lui proposa de la rejoindre dans l’eau qu’il mesura à quel point elle était séduisante. La magnifique robe bleue qu’elle portait pour l’occasion de la soirée était à présent tellement collée à sa peau qu’on pouvait presque distinguer chaque forme de son corps. Qu’une femme aussi belle puisse être aussi joueuse que lui le remuait décidément au plus haut point. Il se releva, passa lentement la lanière de sa sacoche au-dessus de la tête, la posa par terre à côté de lui, pas trop loin du bord. Il entreprit ensuite de dénouer les attaches de sa tunique en cuir et l’enleva et finit par se déchausser. Il s’assit ensuite au bord du bassin et se laissa glisser timidement dans l’eau sans lâcher le regard de Dylan.

Il s’approcha de sa compagne en marchant dans l’eau, mais une fois arrivé à son niveau, face à elle, il ne put plus avancer, comme si l’espace qui les séparait était si tendu qu’on ne pouvait pas le traverser. Il était plus difficile de respirer, d’ailleurs dans sa poitrine son cœur le brûlait presque à force de battre si vite. Soudain, Danatael se laissa tomber en arrière dans l’eau, mais les deux secondes que cela lui prit lui permirent de rassembler ses pensées. Se remettant debout dans l’eau, il écarta ses cheveux vers l’arrière et se rapprocha de Dylan.

-Bon, voyons ces fonctionnalités !

Danatael tenta de déchiffrer les différentes options que les manivelles semblaient proposer pour ce bassin : on pouvait apparemment y ajouter des courants, des bulles, des jets …. Pendant qu’il essayait de savoir à quoi pouvait correspondre chaque option, Dylan s’était rapprochée de lui pour faire de même. De toute façon, il n’y a pas 36 façons de savoir ! Enclenchant le levier le plus près de lui au maximum, il déclencha des jets d’eaux venant des bords du bassin. Seulement, ils étaient si forts qu’au moment où il se mirent en marche l’eau les éclaboussa dans ce qui ressembla à un raz-de-marée.

Voyant les cheveux de Dylan qui recouvraient tout son visage, Danatael ria aux éclats et, pour se faire pardonner s’approcha d’elle pour lui venir en aide. Il passa ses mains dans ses cheveux pour les caler derrière ses oreilles mais, ses mains s’arrêtant sur ses joues, alors qu’il avait son regard plongé dans les yeux de la magnifique jeune femme, il se laissa dévorer par la tentation et se pencha lentement, approchant petit à petit son visage de celui de Dylan…



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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 30 Juil 2017 - 16:49

Tandis qu’Isyss posait une problématique importante, Clarysse remarqua l’arrivée non loin de leur groupe d’un homme richement habillé. C’est seulement lorsqu’il s’avança plus pour répondre à la Noble qu’elle comprit pourquoi il lui était si familier. Arro Skil’Liches en chair et en os. Enfin surtout en élégance et en noblesse. Elle le savait membre d’une famille réputée mais de là à le voir parmi d’autres personnes influentes dans une soirée mondaine, c’était un décalage bien trop important avec l’image qu’il renvoyait d’habitude. Le trublion de l’Académie de Merwyn se comportant comme un Noble de la Capitale. Il lui fallut un instant pour se remettre de sa surprise, laissant ainsi le temps à l’homme de continuer ses explications. Confronter les élèves entre eux. C’était bien le genre de leur hôte d’un soir. Elle ne croyait pas vraiment à la théorie du rapprochement. Bien trop simple pour cet étrange Noble aux plaisirs fantasques. Il voulait certainement créer une compétition entre les deux Académie pour qu’il puisse enfin être dit laquelle des deux écoles délivrait le meilleur enseignement aux élèves.

Isyss rougit lorsqu’Arro se présenta. Peut-être le trouvait-t-elle à son goût ce mystérieux membre de l’Académie de Merwyn. La femme avait un faible pour les riches mais aussi pour les mauvais garçons. C’était une femme plutôt libérée qui aimait profiter de la vie loin des contraintes du mariage. Sa position sociale le lui permettait même si sa famille désapprouvait ce type de comportement. Comme elle en avait toujours fait qu’à sa tête la Noble ne comptait pas changer ses habitudes pour faire plaisir à sa famille. Elle sourit en réponse à Arro :


-Bonsoir sieur Skil’Liches, je suis Isyss Jil’Hem. Je connais votre sœur en effet, elle suit mes cours… Lorsqu’elle en a envie… C’est un sacré caractère qu’elle a… De famille peut-être ?

Clarysse sourit à son tour, notamment en suivant l’échange entre Attalys et Arro. Elle n’était donc pas la seul à avoir été surprise de l’élégance inhabituelle du marchombre. Sa prestance était toujours la même, mais elle avait l’impression qu’il portait un costume tellement la différence était forte.

-Bonsoir Arro, vous êtes sacrément élégant dis donc. Vous aussi avez été invité par notre étrange hôte ?

Elle continua sur sa lancée, toujours souriante:

-En tous cas, vous avez été chanceux d’éviter les préparatifs de ce Bal avec les élèves, on a bien cru que l’on n’arriverait jamais à l’heure vu le temps que certaines filles ont mis pour s’habiller…

Elle adressa un clin d’œil au groupe d’étudiant présent, Elles n’avaient pas été en reste non plus. Le groupe de caravanes qui devait les emmener à bien failli partir sans certaines demoiselles si Myra n’avait pas été aussi attentive dans son comptage régulier.  Isyss renchérit :

-Oh, je ne vous parle pas des filles de chez nous… en plus les parents voulaient accompagner eux même les enfants…


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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Sam 26 Aoû 2017 - 19:09

Myra avait cherché à s'esquiver. Une évidence. Varsgorn s'y était bien évidemment attendu. En vérité, il aurait même été déçu si elle n'avait pas refusé que son ami enfance en dévoile un peu plus sur son passé. Après tout, quand on a rien à cacher, on s'en moque de ce que l'autre peut bien dire. Si elle l'avait invité à parler, le trésorier aurait tout de suite compris qu'en effet, elle ne lui avait rien caché et qu'il était un bel idiot de penser le contraire.



Voir Myra mentir avec autant de fougue lui tira un petit sourire. Sourire qui s'était également étrangement dessiné sur les lèvres d'Owen. Ce n'était pas un sourire amusé devant le désarroi de Myra, comme l'était celui de Varsgorn. Non, là, c'était le genre de sourire mesquin qui annonce une crasse entre amis de longues dates. Celui qui permet de lire dans les pensées de l'ami qui semble dire à son vieil ami: "Tu vas tellement me détester après ça". Nouvel indice comme quoi Myra n'avait pas été la sage petite noble qu'elle voulait tant montrer.


- Ma chérie, tu penses vraiment que je vais t'imaginer dans ta bibliothèque lisant tes livres à la lueur d'une bougie comme une brave petite noble de bonne famille? Ne te souviens-tu pas d'une fois où tu m'as parlé d'une nuit où tu t'es enfuie déguisée en homme pour tromper la vigilance des domestiques de ton père?

Le visage de Myra s'était empourpré, signe qu'elle avait visiblement bel et bien oubliée qu'elle s'était un peu trop épanchée sur son passé.



- J'ignore ce que vous souhaitez, Owen. Mon père disait souvent qu'en affaires, il était préférable de demander le prix puis de marchander plutôt que de marchander dans le vide. On aurait tendance à offrir plus que ce que le vendeur voulait en récolter.

Varsgorn se souvenait d'une fois où il avait assisté, en retrait, à une des négociations de son père. Le vendeur avait demandé un prix que le père de Varsgorn n'avait même pas marchandé, tendant immédiatement le contrat. Le père avait alors dit à son fils que si c'était lui qui avait été le premier à donné un prix, le vendeur aurait eu le double de ce qu'il venait de récolter.



Mais il était peut être temps de ne pas suivre les recommandations de son paternel. Après tout, ce n'était pas un vendeur qui était face à lui mais un ami de Myra.



- L'avantage d'avoir plusieurs magasins de vêtements, c'est que quelques clientes en viennent à donner de nombreuses informations sur des connaissances, ne sachant bien sûr pertinemment pas que l'on m'a déjà offerts de nombreux secrets à leur sujet. Donner moi des noms et j'aurais sûrement des petites choses croustillantes à vous dire en retour.

 Varsgorn avait l'impression d'être l'une de ses commères qui venaient justement dans ces magasins. C'était pour cela qu'il évitait le plus souvent possible les diners mondains. Pour se fondre dans le rôle d'un des plus riches nobles de l'empire, il devenait comme les autres nobles et il détestait ça.



- Mais demandez moi ce que vous voulez, j'essaierais de vous l'offrir en retour des informations.

Myra avait d'abord rougit, puis pâlit et enfin elle avait jeté un regard noir à Varsgorn. Oui, le trésorier le savait, il allait chèrement payer cette discussion une fois qu'ils seraient dans l'intimité de leurs appartements mais il s'amusait beaucoup lors de ce diner. Après tout, Myra était au courant de nombreux secrets sombres du passé de Varsgorn.


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Méfiez vous d'un tueur désarmé, il ne l'est pas forcément

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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Que la fête commence !   Dim 27 Aoû 2017 - 21:53

Comme elle s'y attendait, Danatael ne refusa pas sa proposition – son hésitation fut peut-être légèrement plus longue, ses mouvements peut-être légèrement plus lents que ce qu'elle aurait cru. Elle l'observa déposer sa sacoche sur le bord du bassin, puis le marchombre entreprit de quitter sa tunique et d'enlever ses chaussures. Le petit tas de vêtements alla rejoindre la clef d'argent et la sacoche de cuir et le jeune homme finit par se glisser dans l'eau, qui ondula à son contact. Sa peau parut à Dylan étrangement pâle, comme si s'y reflétait soudain la clarté diffuse du bassin, d'un bleuté diaphane et laiteux où jouaient les remous et les vaguelettes que son compagnon provoquait par les simples mouvements de ses jambes et de ses bras. De nouveau, elle revoyait les aquariums de la chambre de Kil'Resil, où s'agitaient les poissons aux couleurs de fleurs, de fruits mûrs et de feuilles d'automne – éclairs, flammèches et étincelles qui tournaient en rond derrière les vitres de verre, pépites de lumière prises au piège de l'eau... Et la peau nue de Danatael brillait aussi, d'une certaine manière, ce corps agile et puissant, immobile au milieu du bassin, dont elle ne distinguait à présent plus que le torse – les muscles qu'elle devinait tendus sous la peau claire et ruisselante, le ventre plat, les larges épaules, et puis ces bras qui s'achevaient sur ces mains aux longs doigts fins dont les légères callosités témoignaient des heures de pratique de l'escrime ou de l'escalade.
La chaleur, à nouveau – sans doute à cause de toute cette lumière qui se dégageait à présent de Danatael, du corps de Danatael, et du sourire vaguement gêné, perplexe, presque interdit, qui flottait sur ses lèvres.

Et puis, tout à coup, il se laissa tomber en arrière. Prise par surprise, Dylan ne se recula pas assez vite et fut largement éclaboussée – ce qui eut au moins le mérite de la rafraîchir considérablement. Lorsque le maître marchombre refit surface, elle avait repris le contrôle de son cœur et de sa respiration, ainsi qu'elle s'efforçait de le faire depuis les premiers instants de leur rencontre. Tout reposait sur la maîtrise – maîtrise de soi et de ses sentiments, de ses désirs, de ses émotions. Simple effort de la volonté – et qui, pourtant, lui coûtait, lui demandait tellement.

Danatael se rapprocha et elle mit quelques secondes à comprendre qu'il s'intéressait aux boutons, aux leviers et aux manivelles qui, dans son dos, commandaient au bassin. Elle se décala pour le laisser passer avant de le rejoindre lentement, les yeux fixés sur les options et les possibilités qui s'alignaient devant elle. Bulles, jets, savon, mousse, courants...
Comme son compagnon, visiblement un peu au hasard, tendait la main pour enclencher une des configurations proposées, des jets d'eau jaillirent soudain des bords du bassin avec une telle puissance qu'ils les aspergèrent abondamment. La jeune fille laissa échapper une exclamation de protestation qui fut aussitôt recouverte par l'éclat de rire de Danatael. Elle allait se tourner vers lui pour lui donner une bourrade – ou peut-être se contenter de le fusiller du regard derrière le rideau de cheveux qui recouvrait à présent son visage – lorsqu'elle sentit tout à coup les doigts du jeune homme effleurer ses oreilles pour y ramener ses boucles brunes. Leurs yeux se croisèrent, s'accrochèrent – puis les mains du marchombre s'immobilisèrent sur ses joues, et elle perçut soudain l'accélération subite de son souffle, le rythme frénétique de sa respiration auxquels répondaient les pulsations effrénées de son propre cœur, comme si un air de musique trop bien connu s'était brutalement emballé pour céder la place à une mélodie nouvelle, entraînante, étourdissante. Une infime partie d'elle-même – ce qui lui restait de la carapace indifférente et glacée qu'elle avait appris à se forger au fil des années – aurait aimé pouvoir se dégager, mais elle fut incapable de bouger au moment où Danatael se pencha vers elle.

Ce fut sans réaction qu'elle le sentit frôler sa bouche puis s'arrêter, timidement, au seuil de ses lèvres. Ses doigts se crispèrent sur ses joues et, au bout de quelques secondes, il finit par reculer. Ses bras retombèrent le long de son corps et, au fond du regard que le jeune homme lui lança, Dylan lut un sentiment qui la troubla. Une sorte de... déception ? Sur le moment, elle ne comprit pas, et pourtant ce dernier semblait véritablement dépité, présentant un curieux mélange de gêne et de désappointement. Aucun des deux ne prononça la moindre parole et, tandis que le silence s'épaississait, la jeune femme se rendit brusquement compte à quel point son absence de réaction avait dû lui paraître frustrante et contrariante. Ce ne fut que l'instant d'après qu'elle réalisait pleinement ce qui venait de se passer – et elle ne put retenir un mouvement de recul, les yeux soudain écarquillés, le sang martelant ses tempes.

Les mains de Danatael sur son visage, peau contre peau, sa bouche à la frontière de ses lèvres...
Elle avait froid, elle avait chaud, elle brûlait – mais elle n'était pas la seule car tout brûlait, à présent, comme si l'eau du bassin elle-même venait de prendre feu. Une voix, enfouie au plus profond d'elle-même, lui criait désespérément de prendre la fuite – rétablir cette distance, cette hauteur qu'elle avait toujours tenté de conserver avec les choses et les êtres. Demeurer glaciale et impénétrable parce que cela lui ressemblait, parce que ça faisait moins mal et moins peur. Retourner à la solitude qu'elle avait presque appris à considérer comme l'une de ses plus proches compagnes, pendant toutes ces années durant lesquelles elle avait confondu isolement et liberté. Se fermer, s'assombrir. Comme toujours – ainsi qu'elle en avait pris l'habitude au fil des mois et des ans.
Sauf que, depuis, il y avait eu Halina et Kirfdéin, Ichel et Einar – et les images remontaient de sa mémoire, patiemment, prudemment, les unes après les autres, et puis de plus en plus rapides, dans le désordre et le tumulte du ressac de la mer. La détresse qu'elle avait ressentie face à l'abandon de son maître, sa rage à l'égard de Halina, toute cette haine accumulée qui avait finalement éclaté devant Einar. Et puis, peu à peu, le pardon, les explications. La compréhension, face au rire d'Ichel et aux paroles des deux Teylus, que le silence et l'impassibilité étaient loin de mener à tout, qu'attachement n'était pas antonyme d'indépendance et que s'ouvrir aux autres était le meilleur moyen de panser les plaies et les blessures. Elle avait voyagé, enfin, parcourant les routes de Gwendalavir avec Kirfdéin, et le monde avait progressivement repris couleurs, lumière et chaleur.

Un mouvement, devant elle. Danatael avait détourné la tête et le regard et, lorsqu'elle posa de nouveau les yeux sur lui, elle sentit quelque chose bouillonner à l'intérieur de son ventre. La voix, tout au fond de son cerveau, s'était pratiquement tue – ne restait plus qu'un faible murmure, presque un chuchotement, semblable à un souffle d'air. Un murmure aisément recouvert par le soupir de l'eau. À quoi bon étouffer ses sentiments, réprimer ses émotions ? À quoi bon la maîtrise totale, perpétuelle ? Que souhaitait-elle, au juste, contrôler ? En était-elle seulement encore capable ?  Au fond d'elle, quelque chose céda dans un crissement de tissu.


- Dan ?

Elle s'était avancée dans un demi-sourire un peu tremblant, ne s'arrêtant qu'une fois arrivée tout proche du jeune homme. Le marchombre haussa légèrement les sourcils, indécis, sans doute aussi étonné qu'elle-même par l'utilisation qu'elle venait de faire de son surnom.
Une petite clef fine tinta dans sa mémoire, et son sourire se fit à la fois plus assuré et plus mutin.


- On n'avait pas dit ce que le vainqueur remportait... Tu te souviens ?

Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, Dylan remarqua la petite pierre noire et les anneaux d'argent qui ornaient chacune de ses oreilles – puis le regard d'acier interrogea le sien, et le désir explosa en elle.
Sans réfléchir davantage, l'apprentie posa une main sur le torse nu de Danatael, enroula l'autre derrière sa nuque et, se hissant sur la pointe des pieds, l'embrassa à son tour.
Elle devina l'incrédulité de son compagnon tandis que leurs lèvres se cherchaient, hésitantes, d'abord, timides et maladroites. Puis les frôlements s'affirmèrent, les effleurements se firent caressants, et Dylan sentit les bras du marchombre se refermer sur elle. Alors, tout s'embrasa de nouveau.

L'étreinte, jusqu'alors chargée de douceur, se fit plus urgente, plus fiévreuse – les lèvres qui s'entrouvraient, les mains de Danatael qui glissaient sur son corps, l'attirant contre le sien. Vertige au creux de son estomac. Il n'y avait plus de statuts, à présent, ils n'étaient plus ni maître ni élève – juste homme et femme, et c'était déjà tellement. À son tour, Dylan se pressa davantage contre le marchombre, se laissant envahir par la force qui se dégageait de ses gestes – par sa force, sa chaleur et son odeur. Il sentait le cuir, les arbres, la nuit et le soleil.
Et puis, tout à coup, un heurt, dans son dos. Une surface dure et rigide, qu'elle mit quelques secondes à identifier comme étant le rebord du bassin. Une légère bosse en sortait, qui s'enfonça lorsqu'elle s'y appuya. Une bosse qui, elle le réalisa soudain, devait être l'un des nombreux boutons qui parsemaient le tableau de commande de la gigantesque baignoire – responsable d'un réglage qu'elle ignorait et qu'elle venait d'activer.



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Que la fête commence !
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