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 Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]

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Marchombre
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MessageSujet: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Mar 8 Déc 2015 - 1:10

Voilà plusieurs jours que le voyage vers Al-Jeit avait débuté.


Deux options s'étaient offertes à Kirfdéin au moment de choisir le trajet du voyage. Celui qui nécessitait de louer le passage sur l'un de ses bateaux qui parcouraient le Pollimage ou celui qui traversait les plaines d'Astariul. Et c'était pour le second que le maître marchombre avait opté. Il était certes plus dangereux mais il permettait aux deux marchombres une intimité pour continuer les cours.


La traversée des Plateaux d'Astariul n'avait pas posé de réels problèmes. Les deux marchombres avaient trouvés des proies à chasser, économisant ainsi les provisions qu'ils avaient apportées. Kirfdéin ne quittait jamais son arc. Il fallait dire que son père lui avait mis un arc dans les mains dès son plus jeune âge. Même si c'était faux, il aimait parfois dire qu'il avait su utiliser un arc avant de savoir marcher. Il avait profité du passage dans les Plateaux pour perfectionner Dylan dans cet arc, sur des cibles immobiles pour le moment. La jeune apprentie se débrouillait plutôt bien et Kirfdéin ne doutait pas qu'elle passait une partie de son temps libre à suivre des cours dispensés à l'académie, comme si ce que lui proposait son maître ne lui suffisait pas. Peut-être que Kirfdéin ne lui donnait pas assez et qu'elle ne se sentait pas assez fatiguée par ce qu'il lui proposait.


Chaque soir, après avoir établit le camp, ils s’immergeaient dans la gestuelle marchombre. Face au soleil couchant, ils n'avaient même pas besoin de se regarder pour être totalement en symbiose. Deux êtres unis dans une même gestuelle. Marchombre. Maître et élève. Deux âmes unies en une seule. C'était dans cette gestuelle que Kirfdéin se rendait compte à quel point il était lié à Dylan. Pas comme il l'était d'avec Halina. Les deux relations étaient aussi fortes l'une que l'autre. Différentes mais tout aussi forte. Il espérait vraiment que la jalousie d'Halina ne ruinerait aucune de ces deux relations.


Leur voyage s'était poursuivit par une halte d'une nuit dans la confrérie de rêveurs de Tintiane. Ils avaient ensuite traverser l'Ombre au niveau d'Al-Far. Une fois le fleuve traversé, Kirfdéin avait atteint une contrée qu'il connaissait bien car elle revenait souvent dans ses souvenirs. C'était ici qu'il avait passé son enfance. Il résista tout de même à faire un détour vers la forêt de Barail pour voir s'il restait encore des ruines de sa maison d'enfance. La traversée des collines du Taj fut encore plus calme que le reste du voyage, ils furent en vue des Dentelles Vives en quelques jours seulement. Alors qu'ils auraient pu passer par la Passe de la Goule pour traverser la chaîne de montagne, Kirfdéin décida de remonter par le Nord, il voulait offrir un point de vue incomparable à Dylan.


Ils l'atteignirent rapidement. L'endroit où les Dentelles Vives se jetaient dans le lac Chen. Il avait découvert cet endroit quand il avait fuit l'académie pour réfléchir au sens qu'il voulait donner à son avenir. Ici, les Dentelles Vives semblaient façonner par la main de l'homme. Comme si la nature avait en réalité été une humaine dessinatrice qui avait choisit d'offrir au monde une beauté unique. La montagne était polie comme un miroir et le lac Chen sublimait le tout. La première fois qu'il l'avait vu, le maître marchombre avait été persuadé que c'était des dessinateurs qui avaient modifiés la réalité comme ils l'avaient fait avec l'Arche. Kirfdéin avait d'ailleurs questionné les habitants d'un village à proximité mais personne n'avait entendu l'histoire de dessinateurs qui auraient modifiés les Dentelles Vives. Le marchombre s'était résolu à penser que c'était la nature elle-même qui avait œuvré. L'Arche n'était pas si loin, peut-être que les dessinateurs avaient voulu rivaliser avec cet endroit après tout.

Le maître marchombre laissa son élève contempler la beauté de ce qui s'offrait à elle avant de rejoindre les Dentelles Vives. Pas la surface polie mais un endroit où les prises étaient plus présentes. L'escalade restait compliquée car les prises n'étaient pas bien grandes. La chaîne du Poll n'offrait pas ce genre de montée. Et aujourd'hui, la montée se verrait compliquée par la luminosité du jour qui s'effaçait au profit de la nuit. Kirfdéin se tourna vers Dylan. Dans son regard, il lut qu'elle avait compris ce qu'il attendait d'elle. C'était ainsi chez les marchombres. Pas besoin de mots entre un maître et son élève. Ils se comprenaient.


Kirfdéin accrocha les montures à la roche.

- Allez, monte, je te suis


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Sam 23 Jan 2016 - 10:21

Quitter l'Académie avait été une véritable délivrance pour Dylan. Presque une libération. Comme si, oppressée entre des murs désormais trop grands et trop épais pour elle, compressée par une foule trop nombreuse, trop compacte et trop bruyante, elle en avait même peu à peu oublié de respirer. À force de passer ses journées à travailler, ou seule ou avec son maître, d'esquiver les gardes lorsqu'elle sortait pendant le couvre-feu, d'éviter le regard et le jugement des autres élèves, elle en avait fini par se fuir elle-même – courir pour s'abstenir de penser, apprendre pour s'empêcher de réfléchir. Quand Kirfdéin lui en avait fait la proposition, elle s'était soudain senti revenir un an auparavant, au moment où elle avait décidé d'abandonner la Citadelle pour se rendre à l'Académie de Merwyn. La même excitation presque enfantine, le même enthousiasme, la même allégresse – sauf que, cette fois-ci, cette dernière n'était pas entachée du mélange de doute, de tristesse et d'anxiété qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait laissé sa famille et tout son passé derrière elle. Elle ne regrettait rien de ce qu'elle quittait.

La jeune fille n'avait jamais eu l'occasion de beaucoup voyager, ses plus longues excursions ayant été limitées à quelques jours dans la chaîne du Poll ou dans les montagnes de l'Est avec d'autres Frontaliers. Évidemment, il y avait eu ensuite le trajet jusqu'à Al-Poll. Mais cela n'avait rien de commun avec ce qu'elle vivait à présent. Et c'était sans doute pourquoi elle s'était tout d'abord sentie si dépaysée durant leurs premières journées de chevauchée. Le paysage de la plaine de Shaal l'avait ainsi déstabilisée, elle qui avait toujours été habituée au relief. Cependant, elle avait fini par se faire aux immenses étendues herbeuses, de temps en temps traversées de hordes de siffleurs ou par de plus rares coureurs, sur lesquels elle s'entraînait au tir à l'arc – même si la plupart de ses flèches se perdaient encore à plusieurs mètres de leurs proies, l'apprentie étant pour l'instant bien plus habile sur des cibles immobiles.

Les deux marchombres n'avaient pas fait de mauvaise rencontre sur les plateaux d'Astariul, et Dylan avait pleinement pu profiter de la traversée. Elle partageait l'impatience et le dynamisme de Flocon de Soie qui, après avoir passé de longs mois enfermé dans les écuries de l'Académie, débordait d'énergie. Ce que la jeune femme aimait par-dessus tout, c'était le ciel qui semblait se dérouler à l'infini au-dessus de sa tête, les nuages qui accompagnaient leurs pas ou, au contraire, étaient poussés par le vent en sens inverse, le soleil qui disparaissait parfois derrière eux pour mieux refaire surface quelques dizaines de mètres plus loin, la sensation de puissance et de légèreté qui était la sienne lorsqu'elle lançait son cheval au galop, les bruits et les odeurs qui montaient de la terre et flottaient un moment dans les airs avant de se diluer dans l'atmosphère. Elle avait presque l'impression de redevenir une enfant, tant elle s'étonnait et s'émerveillait de tout, du moindre cri de rapace, du plus infime ruisseau dissimulé sous la mousse dans lequel Flocon pataugeait un instant avant de hennir joyeusement. Tout bien réfléchi, ils ne faisaient pas grand-chose – simplement avancer, observer, écouter. Mais cela lui apportait tellement plus que toutes ces semaines passées à courir dans le parc ou à s'entraîner au lancer de poignard. Peut-être que cela avait été une erreur, de croire qu'un enseignement dans un lieu cloîtré lui donnerait ce qu'elle cherchait. Peut-être qu'elle avait tout cela à la portée de la main, depuis toujours, mais qu'elle avait été trop stupide ou trop présomptueuse pour comprendre que c'était cela dont elle avait envie. Ou peut-être son apprentissage lui permettait-il de mieux apprécier ces éléments, qu'elle découvrait ou redécouvrait avec des yeux brillants. Prendre le temps, enfin, être juste là, loin de tout mais en paix avec soi-même.

Soudain, elle réalisait pourquoi son maître avait eu besoin de s'éloigner quelque temps, après leur mésaventure avec Halina. Et elle lui était reconnaissante d'accepter de lui faire partager ça.

Il y eut ensuite Tintiane, Al-Far, l'Ombre, les collines de Taj. À chaque étape, Dylan n'en profitait que davantage, examinant les lieux, comparant les environnements. La quiétude de la confrérie la laissa un peu songeuse, mais ce fut sans mélancolie qu'elle reprit le chemin du sud, ayant pris goût aux couchers à la belle étoile – peut-être ses rêves arrivaient-ils plus vite jusqu'à la lune quand un toit ne leur faisait pas obstacle, après tout. Évidemment, Al-Jeit se profilait. Et c'était peut-être la seule note discordante de l'harmonie qu'elle ressentait depuis qu'ils étaient partis, son unique sujet d'appréhension. Cependant – ou peut-être à cause de cela – elle s'efforçait de ne pas y penser, d'y réfléchir le moins possible. Elle aurait pu interroger Kirfdéin, afin de se renseigner exactement sur ce qui l'attendait, mais lui-même n'avait pas pour le moment  abordé la question. Et puis, tous deux ne parlaient pas beaucoup. Pourtant, elle avait l'impression de n'avait jamais été aussi proche de lui depuis longtemps, peut-être même depuis le début de son apprentissage. Quand ils chevauchaient côte à côte en silence, ou encore lorsqu'ils s'immergeaient ensemble dans la gestuelle marchombre, près d'un feu crépitant ou de braises encore chaudes sur lesquelles flottait l'odeur de la viande grillée, elle avait presque le sentiment que rien ne s'était jamais passé, que tout était redevenu parfaitement normal. Comme avant.

Néanmoins, rien, durant le voyage, ne put souffrir la comparaison de ce qu'elle découvrit, en arrivant au niveau des Dentelles Vives. Si le détour par le nord que son maître leur imposa lui mit la puce à l'oreille, rien ne pouvait la préparer au panorama qui s'offrit à elle. Ciel, lac, montagne. Beauté – non, plus, bien plus. Eau et terre, air et eau. Deux miroirs d'infini qui se répondaient et se reflétaient l'un l'autre, deux mondes, deux univers fondus en une même éternité. La jeune marchombre fut la première surprise de l'intensité de l'émotion qui s'empara d'elle, la contraignant à s'adosser au tronc d'un arbre. Le soleil se couchait, empourprant la nue et teintant la surface du lac Chen de reflets orangés. Même les Dentelles Vives s'embrasaient, et des fils d'or glissaient sur la pierre rougeoyante. Dylan n'aurait su dire combien de temps elle resta ainsi mais, lorsqu'elle rejoignit enfin Kirfdéin, son regard fit écho au sourire qui se forma lentement sur les lèvres du jeune homme. Stupeur. Éblouissement. Remerciement. Et gratitude. Tellement.

Il la conduisit un peu plus loin, au pied des Dentelles Vives, où ils attachèrent leurs chevaux sans un mot. La jeune fille n'en avait pas besoin pour comprendre ce qu'il attendait d'elle. Sans attendre la phrase de son maître, elle se rapprocha donc de la roche, examinant les prises qui s'effaçaient peu à peu sous le poids de la pénombre. Cela n'avait pas grand-chose à voir avec les exercices d'escalade qu'offrait la chaîne du Poll, et cela lui plut. Après avoir jeté un bref coup d'œil par-dessus son épaule en direction de Kirfdéin, elle entama donc son ascension.

Elle parvint à se hisser sur les premiers mètres sans vraiment de difficulté. Respiration lente, régulière, mouvements précis, gestes assurés et mesurés. Elle sentait la présence de son maître en-dessous d'elle, légèrement décalé sur le côté, pouvait entendre les froissements de ses vêtements de cuir tandis qu'il grimpait avec son aisance habituelle. Comme d'ordinaire, tous deux se taisaient. Pourtant, ce soir-là, Dylan en éprouva une certaine frustration. Était-ce à cause du spectacle qu'elle venait d'observer, de l'escalade qui lui rappelait un peu trop celle qui les avait menés à la cascade, à l'aube et non pas au crépuscule ? Toujours était-il que, pour une fois, elle décida de ne pas se satisfaire du silence. C'était l'absence de mots et de compréhension mutuelle qui l'avait séparée de Kirfdéin. Elle ne céderait plus à cette tentation, ni à cette facilité, elle s'en fit tout à coup la promesse.


- Maître ?

Elle perçut sa surprise à la manière dont il s'immobilisa, brièvement. Sans cesser de monter, elle reprit la parole.

- Je ne vous ai jamais posé la question, mais vous avez beaucoup voyagé, vous ? Par exemple, l'endroit où vous m'avez amenée, tout à l'heure... Et tous ceux que nous avons traversés, depuis notre départ... Cela fait longtemps que vous les connaissez ?


La jeune femme avait deviné son émotion, parfois, lors de certaines haltes ou durant quelques uns de leurs trajets. Et elle était véritablement curieuse de sa réponse. Elle en savait si peu, sur lui.


[Enfin, j'espère que ça te va I love you ]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Mar 21 Juin 2016 - 14:37

Il fallait l'avouer, Kirfdéin avait été surpris d'entendre la voix de Dylan. Leur cours était habituellement silencieux et cela s'était accentué depuis l'épisode de la cascade. C'était idiot dans un sens, ce n'était pas parce qu'il se parlait que cela avait dérangé Halina. Mais bon, c'était ainsi et Kirfdéin se battait intérieurement contre lui-même pour revenir à ce qu'il avait connu avant. Comme la vie était plus simple avant que la Teylus ne découvre comment se passaient les cours marchombre.

- Tout dépends des lieux dont tu parles. J'ai vécu tout mon enfance dans la forêt de Baraïl, donc je connais la région depuis que je suis tout petit. Même si j'ai remarqué quand on est passé que certaines choses avaient changées, je pourrais retrouver, sans trop de difficultés, des endroits où je me suis fait remarqué quand j'étais gosse. Je pourrais te les montrer au retour.

Il fit semblant de réfléchir.

- Non en vérité, c'est peut-être mieux qu'on évite un tel détour, il faudrait que je t'explique à chaque fois mes souvenirs et tu perdrais de l'estime pour ton cher maître.

Il se revoyait jeune avec ses amis en s'amusant et réalisant ce qu'un adulte appelle couramment des "conneries de gosses". Ces choses qui ne font rire que les enfants. Des petits tourments pour les adultes mais qui font passer les enfants qui les réalisent pour des héros aux yeux des autres de la bande.

Comment Dylan réagirait si elle apprenait que son maître se réunissait dans le champ d'un éleveur de siffleur et que le but était d'être le plus rapide à en attraper un. Bien souvent, cela se terminait par "celui qui se fait rattraper par le fermier avait perdu". A ce jeu-là, Kirfdéin n'avait jamais perdu. Il était rapide et filait souvent se réfugier dans la forêt de Baraïl, étant doué pour se faufiler entre les arbres.

Non décidément, plus il y réfléchissait et plus s'était préférable qu'il garde le mystère sur toute cette partie de sa vie.

Repenser à ses amis d'enfance lui offrait un étrange sentiment. Il avait perdu de vue tous ses amis. Ce n'était même pas son départ pour l'académie de Merwyn qui était responsable de tout cela, le groupe s'était éloigné bien avant. C'était à l'âge où on commence à apprendre pour sa future carrière. Certains étaient partis pour des grandes villes comme Al-Far ou Al-Jeit. D'autres avaient intégrés des caravanes d'itinérants. Kirfdéin, lui, était resté dans la forêt de Baraïl. Il voyait beaucoup moins le peu d'amis resté dans le coin, passant plus de temps avec son père et les animaux pour suivre la carrière de son paternel. Et même quand il avait décidé de fuir la forêt de Baraïl pour Al-Poll, il avait été incapable de revoir ses amis partis pour Al-Far. La cité était trop grande et le jeune homme ne les avait pas trouvé. Peut-être étaient-ils partis depuis bien longtemps ou vivaient-ils encore dans la cité, il l'ignorait. Pour ceux d'Al-Jeit, le marchombre n'avait même pas fait l'effort de recherche quand il avait été de passage dans la capitale. Elle était bien plus grande qu'Al-Far, autant cherché une aiguille dans une botte de foin, ça serait plus facile.


Et puis, admettons qu'il arrive à les retrouver, que se passerait-il? Serait-il encore ami? Il avait énormément changé depuis qu'il avait intégré l'académie de Merwyn. Même sa mère l'avait remarqué alors qu'il ne s'était quitté que depuis moins de quatre ans. Comment cela se passerait-il avec des amis qu'il n'avait pas vu depuis une dizaine d'années? Leurs routes respectives avaient pris des chemins bien éloignées. S'ils se revoyaient, ils pourraient joyeusement évoquer le passé ensemble mais de là à redevenir de solides amis, il y avait un pas immense.

Pendant que Kirfdéin se rappelait son enfance, ils avaient continué de grimper. En repensant à son propre passé, le maître marchombre se rendait compte qu'il ne connaissait pas grand chose de son apprentie. Il savait qu'elle était une Frontalière et qu'elle avait rencontré une maître marchombre dans sa jeunesse. Pas fameux. Oh bien sûr, elle lui avait d'autres souvenirs de sa vie mais cela n'avait jamais été bien loin.

Kirfdéin ne put s'empêcher de sourire devant l'éclat de rire qui envahissait son esprit. Comment Halina pouvait être jalouse d'une fille que Kirfdéin connaissait au final si peu? Il avait fait tellement d'erreurs en la menant sur la Voie de l'Harmonie. Comment pouvait-elle être si douée alors qu'il avait été un si mauvais maître?

- Et toi, tu as beaucoup voyagé avant d'arriver à l'Académie de Merwyn?


[5 mois.... Bien joué Kirf, bien joué...]


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Ven 24 Juin 2016 - 14:07

Dylan écouta son maître avec attention, sans pour autant ralentir son ascension. Elle ignorait qu'il existait des villages ou des habitations à l'intérieur de la forêt de Baraïl, et apprendre que Kirfdéin y avait passé son enfance l'étonna et l'intéressa à la fois. Elle essaya un instant de s'imaginer vivre là, à l'ombre des arbres, à hauteur du sol, loin du ciel et des sommets. Puis elle vit un petit garçon aux cheveux blancs et au sourire en coin passer en courant dans son esprit, espiègle, rieur. Si elle y réfléchissait, tous les deux n'avaient en fait pas tant de différence d'âge que cela. Comme tout le monde, le jeune homme avait été un enfant, peut-être un peu turbulent d'après ce qu'il laissait entendre. L'apprentie pouvait comprendre qu'il préfère garder le secret sur quelques parties de sa vie et, d'un certain côté, appréciait sa retenue. Un maître, après tout, n'était pas un ami, et il était légitime qu'il conserve une légère distance entre eux – distance sans laquelle tout le respect et l'admiration qu'elle lui portait auraient peut-être été moins importants.

Néanmoins, se demanda-t-elle malgré tout, cette estime aurait-elle pu être ternie par les révélations de Kirfdéin ? À l'image de tous les jeunes garçons, il avait dû faire quelques bêtises, et elle imaginait bien qu'il n'avait pas toujours été le marchombre talentueux et maître de lui qu'il représentait à présent. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit de le juger là-dessus. Kirfdéin n'était ni un dieu ni un surhomme ; elle l'avait toujours su, bien sûr, mais cette intuition s'était transformée en certitude à partir de l'incident avec Halina. Or, loin de le rabaisser à ses yeux, cela le lui avait au contraire rendu plus humain et, d'une certaine manière, plus accessible. Évidemment, tout ça était un peu paradoxal puisque ce moment avait également marqué l'éloignement du maître marchombre et son absence pendant un certain temps. Cependant, avec le recul, Dylan comprenait que, en dépit de la douleur que lui avait causé cette histoire – ou peut-être grâce à elle – elle avait enfin réussi à concevoir une chose à son propos : Kirfdéin était un homme comme les autres, avec sa vie, ses amis, sa famille, ses problèmes, ses qualités et ses défauts. Un homme qui n'avait pas pour seul objectif de lui faire faire des tours de course ou de l'entraîner au maniement de l'arc et du poignard, mais avec lequel il était possible de parler, de plaisanter, de se rapprocher. Et, d'une certaine manière, en connaître davantage sur son enfance lui aurait peut-être permis de mieux le cerner et l'appréhender. À travers ses souvenirs de jeunesse, l'image de l'homme aurait pu continuer à se fondre à l'image du maître, comme un dé à multiples facettes. Mais le marchombre faisait ce qu'il voulait, et elle respectait son choix.

Tous deux étaient de nouveau plongés dans leurs pensées, aussi la voix de Kirfdéin la surprit-elle lorsqu'elle résonna à ses oreilles. Visiblement, il était arrivé aux mêmes conclusions qu'elle et avait aussi décidé de l'interroger. Certes, il lui avait déjà posé des questions à propos de sa vie à la Citadelle et des raisons qui l'avaient poussée à devenir marchombre, évidemment, mais cela n'était jamais allé bien loin. Elle lui répondit aussitôt.


- Si j'ai beaucoup voyagé ? Oh non, on ne peut pas dire ça, je suis toujours restée dans la chaîne du Poll. Je suis bien allée quelques jours dans les montagnes de l'Est, une fois, mais ça s'est arrêté là. Après, il y a eu le trajet de la Citadelle à l'Académie, bien sûr, mais on ne peut pas dire que le paysage variait beaucoup...

Elle s'interrompit quelques instants afin de franchir un passage un peu délicat, avant de reprendre :

- En fait, ceci est mon premier véritable voyage. C'est pour ça que tout est si nouveau, pour moi. C'est vraiment une belle expérience, et... Une seconde, elle hésita, mais les mots se pressaient déjà hors de ses lèvres. J'aimerais vous remercier pour cela.

Son pied glissa sur la pierre. Elle sentit son maître se tendre, en dessous d'elle, prêt à réagir, mais elle réussit à crocheter une prise du bout des doigts et put se hisser de nouveau sur quelques mètres. Le soleil avait à présent pratiquement disparu derrière l'horizon, mais la pénombre était encore teintée d'or et d'argent. Sans aucune raison particulière, Dylan sentit un sourire étirer ses lèvres, et elle ne chercha pas à l'effacer.

- Mais je dois dire que, malgré tout ce que nous avons déjà vu, cet endroit est tout simplement magnifique. Et le lac...

La Kaelem s'arrêta, cherchant ses mots. Quelque chose lui serrait la gorge – qui s'apparentait à de l'émotion.

- Le lac était aussi merveilleux. Peut-être encore plus. Si grand...

Encore un mètre, ou deux. Elle avait le souffle court, à présent.

- Je n'ai jamais vu la mer, mais elle doit ressembler à cela. Enfin, je suppose.

La jeune fille chassa une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux et, comme elle relevait légèrement la tête, elle remarqua qu'elle était presque arrivée au sommet.


- Vous avez déjà vu la mer, vous ?


Autrefois, elle aurait été un peu gênée de partager ses impressions avec Kirfdéin et de lui poser des questions aussi futiles. À présent, elle se sentait juste bien.


[ Naif ]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Mer 29 Juin 2016 - 19:01

Kirfdéin se figeait à chaque fois que le pied ou la main de son apprentie glissait, prêt à sauter pour la rattraper. Mais à chaque fois, Dylan était parvenu à se retenir et à ne pas chuter. L'escalade n'avait jamais été un souci pour l'apprentie. Avant même de suivre les enseignements de Kirfdéin, elle était déjà douée pour cet exercice. Le secours de son maître n'était plus qu'une formalité, une sorte de corde qui l'attraperait si jamais elle avait une crampe ou si elle faisait un faux mouvement. Le maître n'avait du la sauver qu'une ou deux fois parmi les nombreuses escalades qu'ils avaient entrepris ensemble.

Le maître marchombre ne répondit pas tout de suite à la question de son apprentie. Il était plutôt fier d'apprendre que c'était le premier voyage de Dylan et il comptait bien lui faire découvrir tout l'empire. Avec un nouveau sourire, il continua son escalade. Il recommençait à envisager l'avenir de la formation de Dylan. Un très bon signe. Dire que quelques jours plus tôt, il envisageait de la confier à un autre maître marchombre. Est-ce que c'était le passage sur les terres de son enfance qui lui avait prouvé qu'il n'était plus un gamin mais qu'il était devenu un vrai marchombre? Ici, aux Dentelles Vives, c'était comme si maître et apprentie démarrait un nouveau enseignement. Elera l'avait abandonné trop tôt, il n'avait pas vraiment les codes pour enseigner à son tour. D'ailleurs, est-ce qu'il y avait vraiment des codes? Il apprenait autant que Dylan. Il devait apprendre à ne pas renoncer devant la difficulté.

Il grimpa encore. Il était arrivé au sommet. Dylan arriva juste après lui. A cet endroit, ils avaient tout juste la place pour s'asseoir côte à côte sans se gêner. Kirfdéin resta debout quelques instants à admirer l'étendue d'eau qui s'offrait à ses yeux. Le Lac Chen semblait être le lieu où Kirfdéin se remettait en question. Ce n'était pas la première fois qu'il se reprenait en mains alors qu'il se trouvait tout à côté du Lac. La première fois, c'était après son Ahn-Ju, quand Clarysse lui avait laissé le choix de l'accompagner encore un peu sur la Voie. C'était ici qu'il avait réfléchit et qu'il avait choisit de continuer seul. Peut-être avait-il eu tort. Peut-être aurait-il été tout de suite un meilleur professeur. Personne ne pouvait le savoir.

La seconde fois était moins importante. Il avait été en voyage à Al-Chen avec Halina pour la présenter à sa famille. La seule qu'il lui restait. Du côté de sa mère. Il avait du trouver la force de refuser l'offre de son grand-père de rester à Al-Chen. La troisième fois était plus récente. Quand il avait fuit l'académie après l'épisode de la rivière, il était venu non loin d'Al-Chen, attiré par l'étendue d'eau.

- Oui, j'ai déjà vu la mer. Une fois.

En allant réclamer sa greffe, il avait longé la mer le plus possible.

- La mer est différente du Lac Chen. Je vais essayer de te la décrire mais un jour je t'y emmènerais.

De leur promontoire, ils arrivaient à distinguer les rives du Lac, chose presque impossible quand on se trouvait au niveau de l'eau.

- La mer est beaucoup plus grande que le Lac Chen. Je sais qu'on a beaucoup de mal à l'imaginer en voyant cette immense étendue d'eau mais je te l'assure. En plus, si la mer est parfois aussi calme que le Lac, elle est parfois beaucoup dangereuse et violente.

Il n'avait jamais navigué en pleine mer. La seule fois qu'il était monté sur un bateau, c'était sur le Pollimage. Il avait entendu le discours de marin qui avaient affrontés des tempêtes et il avait aussi eu l'occasion de voir les flots déchainés. Ce jour-là, il était bien content d'être tranquillement sur les rives. La fureur du ciel qui s'abattait sur son crâne lui avait largement suffit.

Le regard de Kirfdéin se porta vers le sud-est. Là-bas, il y avait Al-Jeit. Là-bas, il y avait la guilde marchombre. Leur destination officielle. Mais aujourd'hui, Kirfdéin n'avait plus envie d'aller là-bas. Pas tout de suite. Ce voyage avait été celui de ses souvenirs. Il se rappelait encore de son Ahn-Ju et de ses difficultés. Il ne pouvait envoyer Dylan face à ces dangers. Elle était talentueuse sans aucun doute mais certains maîtres marchombres feraient tout pour qu'elle échoue, ou au moins qu'elle soit mise continuellement en danger.

Il invita Dylan à s'asseoir.

- Je sais que je t'avais dit qu'on irait à Al-Jeit pour que tu puisse passer ton Ahn-Ju mais je crois que j'ai fait une erreur. C'est trop tôt. Nous attendrons la prochaine réunion de la guilde.

Il marqua une pause et se reprit en constatant le double sens de ses propos.

- Ne crois pas que je te trouve incapable de réussir l'Ahn-Ju. Tu y aurais tes chances sans problèmes mais je préfère mettre toutes les chances de ton côté. J'étais un vrai idiot de te le proposer tout de suite. L'Ahn-Ju ne doit pas être pris à la légère comme je l'ai fait. Ce n'est pas comme un examen de Passage à l'Académie de Merwyn. Si on échoue à l'Ahn-Ju, on ne peut pas le repasser. Il serait ridicule que tu ne puisse pas enseigner à ton tour à cause d'un maître parfaitement idiot, tu ne crois pas?

Il appuya son dos sur la roche. Il avait certainement trouvé l'endroit qu'il préférait dans l'Empire. La beauté du Lac cumulée à la hauteur des Dentelles Vives. Il faudrait qu'il y revienne pour montrer l'endroit à Halina. La guerrière n'était pas friande de l'escalade mais tant pis, c'était tout aussi beau au sol.

- Etant donné que nous n'avons plus de rendez-vous, je te laisse décider de notre prochaine destination.

Al-Jeit? La Mer des Alines? Retour à l'Académie par l'Est ou par l'Ouest? Il s'en moquait. Il venait de briser l'immense rocher qui était tombé sur son chemin de l'Harmonie.


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Apprentie Marchombre
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Ven 1 Juil 2016 - 17:27

Kirfdéin ne répondit à ses questions que lorsqu'ils furent tous les deux parvenus au sommet. Malgré ses jambes un peu tremblantes après leur ascension, Dylan tint tout d'abord à rester debout, afin de mieux profiter de la vue. Malgré l'obscurité progressive qui noyait le paysage d'ombres, le panorama qui s'offrait à eux était magnifique. La jeune femme avait presque l'impression que, du haut de ces rochers, elle aurait pu plonger directement dans le lac Chen.

Et, d'ailleurs, peut-être était-ce possible, qui sait ?

Cependant, la voix du maître marchombre ne tarda pas à interrompre ses réflexions. Il lui parla de la mer, de cette gigantesque étendue d'eau encore plus grande que le lac qui s'endormait à leurs pieds, de ses états d'âme changeants, de son aspect tour à tour aussi apaisé qu'une prairie où broutent les siffleurs et plus colérique que le ciel lorsqu'il se charge de nuages et d'éclairs.

Puis il s'assit et, sur un geste de sa part, la Kaelem s'installa à ses côtés. Elle perçut une certaine tension dans sa posture, dans ses mouvements, dans la manière qu'il eut de tourner la tête comme pour fixer un point invisible à l'horizon, tout en se mordillant distraitement la lèvre. La jeune fille faillit prendre la parole pour lui demander ce qui n'allait pas mais se retint au dernier moment. Si quelque chose gênait son maître, il finirait lui-même par aborder le sujet.

Et en effet, il ne tarda pas à rouvrir la bouche. L'Ahn-Ju.

Dès ces premiers mots, Dylan sentit les battements de son cœur accélérer. Elle ignorait pourquoi cette perspective lui faisait cet effet-là, les raisons pour lesquelles elle se refusait à évoquer cet événement qui s'approchait pas à pas et, pourtant, ne pouvait cesser d'y penser.

Et puis.

Les paroles de Kirfdéin tombèrent comme autant de coups de poing au creux de son estomac.
Une erreur.
Trop tôt.
La prochaine.
Elle avait presque l'impression d'avaler des cailloux.

Son maître se tut et elle dut serrer les poings, de toutes ses forces, jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans la peau de ses paumes. Incapable d'analyser le tourbillon d'émotions qui s'était soudain abattu sur elle.

L'Ahn-Ju était une épreuve, cela au moins, elle le savait. Des maîtres marchombres évaluaient les candidats afin de s'assurer de leur valeur. Ce qui signifiait...
Son visage se ferma. Si Kirfdéin revenait ainsi sur sa décision, était-ce parce qu'il estimait qu'elle n'avait finalement pas le niveau ? L'avait-elle déçu durant leur trajet, leur escalade ? Elle s'apprêtait à dire quelque chose, peut-être s'excuser, ou bien demander des précisions, lorsque le jeune homme reprit la parole. S'était-il rendu compte qu'il l'avait troublée ? Toujours est-il que, en entendant les mots qui suivirent, Dylan eut soudain l'impression de recommencer à respirer. Comme une personne tombée à l'eau qui, après avoir touché le fond, réussit à remonter pour crever la surface et inspire une profonde goulée d'air.

Elle l'écouta se justifier sans un mot, les yeux perdus dans la pénombre. Elle se remémorait les scènes qu'elle s'était imaginée, cette vaste assemblée de personnes aussi souples et silencieuses que Shannah et Kirfdéin, ces tests, ces défis... Son sang de Frontalière pulsait en elle et, malgré toute l'appréhension qui avait été la sienne durant ces derniers jours, elle ressentit une certaine frustration en comprenant qu'il lui faudrait attendre encore un peu avant de prouver son mérite.
Pourtant, elle ne tarda pas à découvrir que le sentiment majeur qui l'habitait à cet instant était le soulagement.

C'était comme si, soudain, on venait de la libérer d'un poids qu'elle n'avait pas soupçonné jusqu'à présent. Elle se sentait tout à coup légère, si légère qu'elle éclata de rire à la dernière phrase du jeune homme. Considérer son maître comme un idiot lui paraissait si absurde qu'elle n'avait pu s'en empêcher. Kirfdéin était généreux, attentif, parfois distant et pas toujours très communicatif, mais idiot ? Alors qu'il lui avait offert le plus beau voyage de sa vie, lui présentait un paysage idyllique et venait à l'instant de supprimer en quelques mots son unique sujet d'inquiétude ?

Il sembla surpris et elle lui sourit, d'un sourire large et épanoui.


- Vous êtes tout sauf idiot, maître. Ou en tout cas, moi,
précisa-t-elle en pesant ses mots, je ne vous considérerai jamais comme tel.

Un nouveau sourire, puis elle tourna de nouveau la tête pour observer l'horizon. L'apprentie marchombre resta un moment pensive avant de reprendre :


- Mais, si vous le voulez bien, j'aimerais tout de même aller à Al-Jeit. Pas pour assister à la réunion de la guilde, mais pour visiter. Il paraît que c'est magnifique.

Elle avait entendu parler de l'Arche, des merveilles crées par les Dessinateurs au sein de la capitale de l'Empire. Elle avait envie de voir enfin tout cela de ses propres yeux. Et puisqu'il lui permettait de choisir leur itinéraire...


- Et après, nous pourrions aller jusqu'à l'océan du sud ? Ce n'est pas très loin de la capitale, n'est-ce pas ?

Ses yeux brillaient.


_______________
La terre est aujourd'hui comme un radeau qui sombre...
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]   Mar 5 Juil 2016 - 22:42

Le vouvoiement, toujours ce vouvoiement. Et toujours le mot maître. Combien de fois Kirfdéin avait demandé à Dylan de le tutoyer et de l'appeler par son prénom comme il le faisait lui? A chaque fois, elle lui avait offert un sourire et elle n'avait rien changé. Du coup, le maître marchombre avait cessé de lui faire la remarque. D'ailleurs, il ne faisait presque plus attention quand elle les utilisait indépendamment. Et là, il avait un peu tiqué en entendant les deux ensemble.



Ainsi, elle souhaitait continuer le voyage. Kirfdéin n'en était pas très étonné. En vérité, c'était la longueur du trajet qui le surprenait. Il s'était attendu à ce qu'elle demande d'aller voir la mer et ensuite ils regagneraient l'académie.



- Ainsi donc, ce sera la capitale, l'arche et la mer. Très bien, ça me va.

L'arche, la capitale et la mer. Il avait vu les trois et bien qu'il était plus enclin à apprécier les beautés de la nature que celles crées par l'homme, il fallait avouer que les Dessinateurs avaient fait des prouesses avec l'Arche et Al-Jeit.



- Par contre, je vais modifier légèrement ton programme. Nous descendrons au Sud en longeant les Dentelles Vives. Ainsi, nous verrons d'abord la mer. Nous remettrons par le Nord afin de traverser le Pollimage à l'aide de l'Arche pour afin atteindre la capitale. Tu risquerais de moins être impressionnée par la mer si on la voit après le chef d’œuvre qu'ait la capitale.
Pour te dire, j'ai entendu une légende qui disait qu'un homme l'avait trouvé tellement belle qu'il était resté toute la fin de sa vie à regarder la capitale de loin, mangeant et dormant sur place.


Kirfdéin n'accordait que peu de crédit aux rumeurs et légendes. Le bouche à oreilles pouvait modifier tellement de choses. Il y avait une expérience qu'il avait connu où on lui avait rapporté un évènement qui avait été tellement modifier par ses nombreux passages dans de bouches et des oreilles qu'il ne s'était pas rendu compte tout de suite qu'il avait vécu cet évènement.



La nuit était désormais bien installée. Il ne partirait que le lendemain en fin de matinée. Il était temps de redescendre de leur perchoir. Les ténèbres n'aideront pas la descente et un être normal aurait hésité ainsi dans la pénombre. Mais celui qui pensait que les marchombres étaient des êtres normaux ne connaissaient pas les marchombres.



- Il est temps de retrouver le plancher des siffleurs, dit-il en se levant.


Kirfdéin aimait moins la descente que l'escalade mais ça ne l'empêchait pas d'en profiter en allant lentement. Il avait vu de nombreux marchombres qui ne juraient que par une descente rapide arrivant au sol seulement quelques secondes après avoir débuté. Une belle bande d'idiots vantards étalant leur talent.   



Non loin de l'endroit où ils avaient laissés leurs chevaux, Kirfdéin connaissait une auberge où ils pourraient dormir quelques heures avant de continuer vers le Sud.   





[Si tu as des idées pour un dernier post ici, je te laisse le faire, dans ce cas j'ouvrirais le rp dans la rubrique Arche et Pollimage. Sinon, on ferme ce rp et je te laisse l'honneur d'ouvrir l'autre (à moins que tu ne veuille que je le fasse, dis le moi par Mp)]



_______________
Ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort. Suis-je vraiment vivant? Suis-je vraiment devenu plus fort?





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Comme un oiseau soit Vive. Soit douce comme la Dentelle [Pv Dylan]
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