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 Cours, petit scarabée [Terminé]

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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Cours, petit scarabée [Terminé]   Sam 7 Nov 2015 - 12:31

Quelle heure était-il ? Trop tôt. Fainéante ? Ce mot ne saurait être exact. Myra Ril'Otrin était loin de la fainéantise, mais le fait était qu'elle arrivait au huitième mois de grossesse. Et elle était bien vite fatiguée. Trop vite. Son ventre avait quadruplé de volume durant les trois derniers mois. Il avait davantage la même taille que celui qu'avait eu Edel. Et la dessinatrice commençait à se poser quelques questions... La fatigue l'empêchait toutefois ce matin-ci de trop se les tourner et retourner dans l'esprit.
La fatigue, pas la fainéantise. Elle avait de nouveau presque rien dormi, bien trop surexcitée par les événements du jour. Les cours étaient tous assurés par son assistant, sans exception. Car aujourd'hui, c'était un jour un peu spécial, pour ne pas dire beaucoup. Car aujourd'hui était venu l'heure...
Des célèbres passages de l'Académie de Merwyn !
Secouée une fois de plus par un désastre, l'Académie se relevait tout juste, son précieux Intendant de nouveau à sa tête. Ils avaient besoin de changement, ils avaient besoin de sentir que les choses continuaient malgré tout, que les incidents n'avaient en rien modifié ce que représentait leur école. Aziel était passé, modifiant à sa guise l'essence même de l'Académie, mais Jehan revenait, les choses ne pouvaient qu'aller en s'arrangeant.
Les passages seraient ce premier pas vers la reconstruction de l'Académie, vers leur avenir à eux.

Les passages... Myra souriait alors qu'elle descendait les marches du grand escalier principal. Des élèves se dirigeaient vers leurs salles de cours, parlant si fort, riant parfois. La primat avait retrouvé cette Académie pour laquelle elle était venue. Elle était heureuse. Ril'Krysant avait jeté un tel froid entre ces murs, elle qui aimait ses élèves heureux, cette période avait été douloureuse pour elle aussi.
Les passages... Les élèves passant l'examen pensaient se rendre à un cours spécial, sans la moindre idée de ce qui les attendait. Ils seraient surpris.
La femme arriva enfin en vue du labyrinthe. Locktar l'y attendait, toujours si matinal. Sourire, yeux à demi-plissés par cette joie à peine contenue. Enfin à ses côtés, elle le salua, ils commencèrent à parler de choses et d'autres avant qu'une première silhouette n'apparaisse devant eux. Silhouette au visage plutôt étonné d'apercevoir le maître d'armes accompagné du professeur de dessin.
Lorsqu'ils furent enfin au complet, les maîtres échangèrent un regard avant que les premiers mots ne furent prononcés.


- Comme vous pouvez vous en douter, ceci n'est pas un cours ordinaire. Il ne s'agit tout simplement pas d'un cours. Aujourd'hui est un jour unique dans l'année, aujourd'hui est le jour des Passages !

Myra se tut, offrant un large sourire aux jeunes gens alignés face à eux. Par la Dame ce qu'elle les aimait...

- Nous nous sommes longuement concertés et en sommes venus à la conclusion suivante. Vous êtes prêts à passer au niveau supérieur. Le croyez-vous aussi ? Aujourd'hui, c'est à vous de nous en persuader définitivement. Les passages sont des épreuves visant à évaluer vos capacités, toutes vos capacités. C'est un cap important de votre apprentissage, celui-ci vous menant au but final : l'aboutissement de vos études à l'Académie.

Myra couva quelques élèves du regard, soudainement émue. Certains parmi ces jeunes joueraient leur dernier passage ce matin-même. Et bientôt franchiraient la grande porte, diplômés.

- A présent, en quoi consiste les passages de cette année ?

La primat tendit le bras vers le grand bâtiment s'élevant dans son dos.

- Le labyrinthe sera votre examinateur !

Les différentes réactions firent rire la femme. Surpris, contents, impatients, effrayés, toutes les émotions se mélangeaient face à elle.

- Les explications. Une fois à l'intérieur, vous affronterez les pièges du labyrinthe jusqu'à atteindre une première salle. Votre premier examinateur se tiendra là. Une fois la première épreuve terminée, il vous laissera passer. Vous affronterez une nouvelle fois les dangers du labyrinthe, un handicap mystère en bonus, jusqu'à atteindre une deuxième salle. Votre second examinateur vous y attendra. Une fois la deuxième épreuve terminée, il vous faudra alors retrouver le chemin de la sortie. Simple comme bonjour, n'est-ce pas ?

Son air mystérieux et machiavélique ne trompait pas les élèves, ils savaient tous que les heures à venir seraient longues. Ils connaissaient leurs professeurs...

- Locktar et moi-même seront dans la salle des commandes, nous observerons le moindre de vos gestes, le moindre de vos regards, nous analyserons chaque décision prise.

Elle marqua une pause. Sa main alla se poser sur l'épaule de son ami.

- Nous sommes fières de vous. Bonne chance.

Ils disparurent d'un pas sur le côté.


_______________
Ne fuyez pas la MAGIE...


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Primat de Teylus et Maître d'Armes
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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Lun 9 Nov 2015 - 22:55

Ce matin-là, Locktar se réveilla en même temps que le soleil. Ce n'était plus vraiment dans ses habitudes. Depuis que les jumeaux étaient nés, il avait fait en sorte de ne pas avoir de cours à la première heure du jour. Au début, les élèves combattants en avaient été soulagés et avaient vu cela comme un moyen de dormir plus longtemps... jusqu'à ce qu'un autre professeur ne prenne ce créneau horaire.


Les jumeaux grandissaient à vue d’œil. Au grand soulagement des parents, ils faisaient désormais leurs nuits. Edel avait activement repris son rôle de première gardienne et Locktar s'était découvert papa poule. Il faisait beaucoup moins de zèle dans son rôle de maître d'armes et, alors qu'avant on avait plus de chance de le trouver dans la salle d'armes ou en vadrouille dans l'académie, il restait souvent dans ses appartements quand il n'avait pas cours. D'ailleurs, la nounou avait plusieurs fois plaisanter sur le fait qu'elle n'était pas si utile que cela au final. Il faut dire qu'en plus des deux parents, les jumeaux avaient le droit à un "papy" qui se montrait de plus en plus présent. En effet, Duncan passait beaucoup de temps avec eux et Locktar ne serait pas étonné si, quand Méric et Orlane seraient suffisamment grand pour cela, ils se retrouvent régulièrement chez "papy Duncan" qui les gâteraient comme si c'était ses petits enfants biologiques.


Si Locktar s'était éveillé aux aurores ce matin-là, c'était qu'il devait se dérouler un moment important dans l'enseignement de ses élèves. Pas un simple cours, mais les Passages. Ceux qui déterminaient de l'habitude à passer au niveau supérieur de l'enseignement. De plus, ce jour marquait une autre étape importante pour une de ses élèves. Halina en était rendu à son troisième Passage. Si elle réussissait, c'était le signe que son enseignement était terminé. Le maître d'armes ne doutait pas des capacités de la Teylus. Elle allait réussir, c'était évident.

Halina n'était pas la seule à passer l'épreuve aujourd'hui. Il y avait également Kloa pour les combattants. Une autre talentueuse élève venue de la maison des Teylus. Parfois, Locktar avait des doutes sur la réussite de ses élèves mais ce jour-là, il était certain qu'aucun combattant n'échouerait. S'il précisait le terme combattant, c'était que les Passages de la journée se faisait en collaboration avec les élèves de Myra Ril'Otrin. Tous les élèves allaient subir la dure loi du Labyrinthe. C'était assez étrange de voir que les dessinateurs allaient affronter cela. Le Labyrinthe était connu pour être dur et violent et les dessinateurs n'étaient pas le genre à affronter ce genre de choses mais c'était Myra qui avait eu l'idée. Locktar avait d'abord été surpris et avait prévenu des dangers auxquels elle exposait ses élèves et, même après cela, elle avait persévéré dans son idée. Le maître d'armes n'avait pas insisté. Après tout, elle était responsable de ses élèves et puis, le Labyrinthe pouvait être stoppé à tout moment depuis la salle de contrôle.

Comme à son habitude, Locktar s'installa à la fenêtre de son bureau, son café fumant à la main. Il aimait voir l'académie et le paysage s'éveiller doucement. Il passa de nombreuses minutes ainsi, sirotant son café le regard fixé vers l'extérieur. Depuis la naissance des jumeaux, il n'ouvrait plus sa fenêtre quand ils étaient dans les appartements. Même si Méric et Orlane dormaient dans une autre pièce, il ne voulait pas que la fraîcheur matinale s'infiltre dans la pièce. Derrière lui, une porte s'ouvrit. Il se retourna pour voir Edel, déjà entièrement vêtue de son uniforme de Première Gardienne.

- Toujours aussi matinale? Tu sais que tu devrais faire plus confiance à tes gardes, ils savent se débrouiller sans toi.

Edel ne lui répondit pas, elle se contenta de sourire et de lui offrir un baiser avant de sortir du bureau. Toujours aussi incorrigible. Comme si l'académie ne pouvait pas se garder sans elle. Locktar posa sa tasse vide sur son bureau et il enfila une tunique. Il entra d'un pas léger dans la chambre de ses enfants. Ils dormaient à poings fermés. Avec un petit sourire, il les embrassa sur le front et il sortit de ses appartements. Il était temps de rejoindre le Labyrinthe.

L'air était frais et des élèves étaient déjà réunis devant le Labyrinthe quand il arriva. Il y avait plus de curieux que d'élèves qui allaient passé leur épreuve mais c'était souvent comme ça quand le Labyrinthe entrait dans la danse. C'était un spectacle que les élèves adoraient voir. Même s'ils ne voyaient pas ce qui se passaient à l'intérieur, Locktar les entendait parier sur la tête que ferait l'élève en ressortant, sur le temps qu'il allait mettre, s'il allait abandonner avant la fin, etc... Les Passages ne changeraient pas la tradition.

Ce fut Myra qui expliqua tous les tenants et aboutissants de l'épreuve qui attendait les élèves. Elle termina son discours par le clou du spectacle, une disparition avec un pas sur le côté qui les conduisit directement dans la salle de contrôle, tirant un cri de surprise de la part de celui qui gérait le Labyrinthe et dont Locktar n'avait jamais vraiment retenu le prénom. Le maître d'armes n'eut pas le temps d'attendre bien longtemps que les élèves entraient déjà. C'était fascinant de voir le Labyrinthe en action. Les élèves pouvaient entrer à une minute d'intervalles et pourtant, ils ne se croisaient que lorsque le contrôleur le décidait, en l’occurrence, les primats avaient convenu que les élèves se retrouvent dans une salle lorsqu'il en aurait terminé avec un premier parcours du combattant.

Les élèves entrèrent donc chacun leur tour. Au premier de leur pas, le Labyrinthe entra en action.



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Il est plus facile de faire la guerre que la paix







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Acier
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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Lun 23 Nov 2015 - 17:49

Depuis qu'Aziel avait quitté les lieux, Kloa prenait un plaisir tout particulier à faire tout ce qui leur était interdit lorsqu'il était à la tête de l'Académie de Merwyn. Se diriger vers la salle des eaux à l'heure de l'appel, manger dans un joyeux brouhaha en compagnie des autres Teylus, traîner dans les couloirs après le couvre-feu. Même l'uniforme, qu'elle revêtait pourtant parfois dans ses premiers temps à l'Académie, lui était à présent devenu odieux. Le matin, elle avait repris ses anciennes habitudes et, selon le temps et son humeur du jour, partait s'entraîner dans la salle d'armes ou dans le clos d'exercices, courir dans le parc ou encore marcher en forêt – étrangement, à partir du moment où il était devenu père, Locktar avait en effet cessé de programmer ses cours dès les premières lueurs de l'aube, ce qui la contraignait à trouver de nouvelles activités pour occuper ses matinées.

Ce matin-là, la jeune fille avait décidé de rendre une rapide visite à Bartok avant de rejoindre le Labyrinthe, où un mystérieux message conviait un certain nombre de guerriers et de dessinateurs. Elle avait presque fini par s'en considérer la propriétaire et, les rares fois où elle ne le trouvait pas dans son box, ne pouvait s'empêcher d'éprouver une bouffée de dépit dont elle s'étonnait. Elle s'était peut-être attaché au cheval – et réciproquement – mais il n'y avait pas que ça. En effet, Bartok était en quelque sorte le seul lien qu'elle avait conservé avec sa vie passée. Certes, sa robe grise n'avait pas grand-chose à voir avec les flammes qui s'agitaient sur celle de Destan quand ce dernier partait dans un de ces galops effrénés dont il avait le secret. Pourtant, les longues promenades qu'il lui permettait étaient ce qui se rapprochait le plus des heures qu'elle passait à chevaucher à côté de la caravane de ses parents, ou bien des explorations improbables dans lesquelles elle réussissait parfois à entraîner son frère ou un autre membre du convoi. D'aussi loin qu'elle pouvait se souvenir, Kloa avait toujours bougé, dans tous les sens du terme. Et, même si la vie à l'Académie était loin d'être ennuyeuse et ne manquait pas de surprises, elle devait bien admettre que cela lui manquait un peu. Leur voyage jusqu'à Al-Chen puis leurs aventures d'Al-Jeit, tout en la ravissant, lui avaient fait prendre conscience de cela. Un peu douloureusement. Un an, c'était à la fois si court et tellement long.

C'était à cela que songeait la Teylus alors qu'elle venait de quitter les écuries pour se diriger vers le Labyrinthe, où des petits groupes d'élèves commençaient à affluer. Elle arriva peu de temps avant que Myra prenne la parole, leur expliquant ce qui les attendait. Si Kloa avait espéré un jeu du même acabit que celui qu'elle avait organisé dans la forêt à leur retour d'Al-Jeit, ce qu'elle annonça d'une voix enjouée lui parut encore mieux. Les Passages. Enfin ! Tout en se félicitant d'avoir pensé à faire un détour pour aller chercher son épée favorite dans la salle d'armes, la jeune femme prit son mal en patience tandis que les premiers élèves appelés pénétraient plus ou moins anxieusement dans le Labyrinthe. Si elle-même avait ressenti la moindre appréhension, cette dernière s'était aussitôt fondue dans l'énergie qu'elle sentait à présent bouillonner en elle, prête à exploser dès qu'elle commencerait l'épreuve. Elle s'était déjà entraînée plusieurs fois ici – cela lui fit songer à Einar mais, elle eut beau le chercher du regard, elle ne l'aperçut pas parmi les élèves –, connaissait un certain nombre de pièges du Labyrinthe. Même si elle savait pertinemment qu'il ne lui fallait pas le sous-estimer, elle se sentait capable de le vaincre. Elle n'échouerait pas – et ce fut cette pensée qui la guida tandis qu'elle entrait à son tour à l'intérieur.

Courir, sauter, ramper, grimper... Les premières épreuves, sans être faciles, lui parurent assez ordinaires – ou, plutôt, ne la surprirent pas outre mesure. Autant de pièges auxquels elle avait déjà été plus ou moins confrontée. Elle dut bondir au-dessus de trous qui se formaient juste sous ses pieds, se jeter au sol ou sur le côté pour éviter des lames qui sortaient des murs au fur et à mesure de son avancée. Plus d'une fois, elle ne dut sa réussite qu'à un réflexe de dernière minute – comme c'était d'ailleurs souvent le cas. Elle venait de se faufiler à travers un boyau noir et tortueux long de plusieurs mètres à peine assez large pour l'accueillir, s'écorchant les coudes et les genoux au passage, lorsqu'une vive lumière l'éblouit. Un peu désorientée, elle se releva avec précaution en clignant des yeux. Elle venait de pénétrer dans une sorte de long couloir curieusement éclairé avec, tout au bout... Elle plissa les paupières. Cela ressemblait à une sorte de porte coulissant de haut en bas, descendue à mi-hauteur – de là où elle se trouvait, elle estima pouvoir passer sans avoir à se baisser. Mais, à cet instant, un étrange grondement retentit. Sur le qui-vive, elle se retourna, cherchant à comprendre d'où provenait ce bruit... Avant de réaliser ce qui se passait : la porte, devant elle, seconde après seconde, centimètre par centimètre, se refermait ! Sans réfléchir davantage, Kloa se projeta en avant. La lenteur que la porte mettait à descendre l'étonnait un peu mais, même si elle était certaine de pouvoir l'atteindre avant qu'elle ne se soit refermée, elle préférait ne pas prendre de risque. Mieux valait...

Elle n'acheva jamais sa pensée. En effet, alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres de la porte, elle sentit soudain ses pieds s'enfoncer dans quelque chose et s'arrêta net, stoppée dans sa course. En fait, si elle ne bascula pas en avant, emportée par son élan, ce ne fut que parce que la curieuse matière dans laquelle elle avait marché la retint sur place. C'était à mi-chemin entre de la terre et une sorte de boue grise et spongieuse – en lançant un regard autour d'elle, Kloa remarqua que celle-ci était circonscrite à une certaine zone du couloir et que, en tendant la main, elle pouvait atteindre une partie de sol tout à fait normale. Cependant, quand elle tenta de lever un pied pour quitter cette étrange flaque de boue... Ce dernier ne lui répondit pas. Ou, plutôt, malgré tous ses efforts, elle ne parvint pas à l'arracher à la vase. Pire, plus elle s'agitait, plus il lui semblait s'enfoncer, et elle se retrouva bientôt enterrée jusqu'aux genoux. Ce ne fut qu'à cet instant qu'elle prit conscience de ce qui lui arrivait.

Elle avait déjà entendu parler des sables mouvants, bien sûr. Il s'agissait d'ailleurs d'une des grandes admonestations maternelles qui ne manquaient jamais de lui rappeler quand, petite, elle s'éloignait un peu trop pendant un peu trop longtemps, tout ce qui pouvait lui arriver du moment qu'elle n'était plus sous l'œil des adultes et s'enfonçait dans un monde sauvage rempli de dangers. Sauf que si, un jour, quelqu'un lui avait annoncé qu'un labyrinthe en pierre s'amuserait à lui faire affronter ce qu'elle n'avait jamais rencontré dans la nature... Et la porte qui, là-bas, continuait à redescendre, impassiblement, comme pour se moquer d'elle. Kloa essaya de nouveau de rejoindre le sol, mais cela ne servit qu'à l'enfoncer davantage. Elle en aurait hurlé – de rage et d'impuissance. Elle était censée être une combattante, par le Dragon, pas une fille bloquée dans une marre de boue ! Comment des guerriers étaient-ils censés réagir à ça ? À quoi pouvait bien servir un entraînement de combattant pour se sortir des sables mouvants ?

Elle en avait à présent jusqu'à mi-cuisses. La Teylus se mordit la lèvre, se contraignant au calme. Première étape : arrêter de bouger. Si cela ne résolvait pas son problème, elle avait au moins l'impression de s'enfoncer moins rapidement. Respirant profondément, la jeune femme ferma les yeux un bref instant – l'image de la porte qui descendait, trop obsédante, l'empêchait de se concentrer. Réfléchir. Elle devait réfléchir. Analyser la situation. Après tout, c'était peut-être pour ça que le Labyrinthe lui présentait cette épreuve. Pour qu'elle lui montre – pour qu'elle
leur montre – qu'elle aussi était capable de calme et de réflexion.

Ils lui arrivaient maintenant à la taille.

En veillant à faire des gestes les moins brusques possibles, Kloa bascula alors sur le dos – lentement, délicatement.
Détends-toi, lui répétait son père, alors qu'il lui apprenait à nager. Tu ne peux pas couler si tu te détends. L'air dans tes poumons te fait flotter, tu sais. Détends-toi. Elle écarta les bras et s'acharna un instant sur ses chaussures, qui la retenaient dans la boue et qu'elle finit par parvenir à quitter. Enfin, elle put se positionner tout à fait à l'horizontal. Respire. Toujours ces mêmes mouvements, cette même précaution. Beaucoup trop lent, lui glissa une petite voix au creux de son oreille, mais elle la fit taire d'un froncement de sourcils. Si elle voulait réussir, elle n'avait pas le choix. Peu à peu, elle se rapprochait du bord – et c'était déjà beaucoup.

Au bout de combien de temps réussit-elle enfin à s'extirper des sables mouvants, roulant sur le côté, sur le sol, le vrai ? Si elle avait l'impression que cela avait duré des heures, un coup d'œil en direction de la porte la rassura – pas encore totalement refermée. Kloa se saisit de l'épée qu'elle avait eu le réflexe de lancer sur le bord avant que les sables n'atteignent ses hanches puis se redressa, le souffle court. En s'assurant cette fois des endroits où elle posait les pieds, elle se précipita vers l'extrémité du couloir – et se jeta sous la porte quelques secondes avant que celle-ci ne se referme complètement.

Durant un moment, la jeune fille crut qu'elle avait atteint la première salle. Car c'était bel et bien d'une salle, qu'il s'agissait. Vide, carrée, pas très grande. Les murs n'offraient aucune ouverture, si l'on exceptait une fenêtre qu'elle pouvait distinguer à quelques mètres de hauteur. Sauf que c'était sans compter la fourberie du Labyrinthe. À vrai dire, lorsque les parois s'ébranlèrent et se mirent à se rapprocher, l'apprentie combattante n'en fut presque pas surprise. De toute évidence, le Labyrinthe était d'humeur particulièrement facétieuse ce jour-là. Les premiers pièges qu'il lui avait présentés n'avaient servi qu'à l'illusionner, la mettre en confiance. Cependant, les murs bougeaient beaucoup plus vite que la porte précédemment et, sans être claustrophobe, elle redoutait la sensation d'oppression. Sans compter que finir écrasée par des parois de pierre n'était pas précisément son objectif de la journée. Comment se sortir de là ? Instinctivement, elle leva la tête. La fenêtre. Il s'agissait apparemment de la seule issue possible. Malheureusement, les murs n'offraient pas de nombreuses aspérités et, au bout de quelques tentatives infructueuses, Kloa dut se rendre à l'évidence : elle ne pouvait pas escalader ces parois. Du moins, pas de cette manière...

En étendant les bras, elle pouvait à présent pratiquement toucher les murs, qui se rapprochaient toujours. Cela lui donna une idée. Sortant son épée de son fourreau, l'apprentie guerrière la plaça face à elle horizontalement tout en la tenant fermement. S'efforçant de juguler l'angoisse qui la saisissait au fur et à mesure qu'elle se sentait ainsi enfermée, elle attendit que les deux parois qui l'encadraient atteignent les deux extrémités de l'arme. C'était fou, c'était dangereux, c'était insensé, c'était impossible, c'était risqué... Et, pourtant, cela fonctionna. L'épée tint bon tandis que les murs stoppaient momentanément leur progression. Mais le plus dur restait à faire. La jeune fille en saisit d'une main le pommeau, de l'autre la lame, serrant les dents en sentant le métal lui entailler la paume. Puis, levant l'arme, à présent ancrée dans la pierre rêche du Labyrinthe, le plus haut possible, elle entreprit son ascension – crabe étonnant ou curieuse araignée qui, un pied sur chaque mur, se hissait péniblement étape après étape, faisant successivement jouer ses bras et ses jambes et levant un peu plus son épée à chaque mètre gagné. Comme ses chaussettes glissaient, elle les avait enlevées et, bras et jambes écartés de la largeur qui séparait les deux murs, montait tantôt l'épée en poussant sur ses jambes, tantôt ses pieds nus en tirant sur les bras. Ce furent sans aucun doute les minutes les plus longues de son existence. Même les sables mouvants n'étaient pas arrivés jusque là. Crainte de glisser, crainte que l'épée ne finisse pas céder... Elle ne sut pas exactement comment, une fois à sa hauteur, elle parvint à se faufiler à travers la fenêtre. Tout ce dont elle eut conscience, c'est de sa certitude, en voyant ce qui l'attendait de l'autre côté, qu'il s'agissait maintenant bien de la première salle. Et du mélange de fierté, de soulagement et de détermination qu'elle ressentit à cet instant. Pieds nus, la main en sang, mais tout de même. Elle avait réussi.

Pour le moment.



[J'ai parfaitement conscience que ma dernière description de Kloa-l'araignée n'est pas très claire donc si vous avez des questions, n'hésitez pas (x]


_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





Elizia / Kloa Rwanda
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Mer 25 Nov 2015 - 2:12

Danatael avait dû se lever tôt ce jour-là. La Lune était encore pleinement visible quand il regarda par la fenêtre de sa chambre, mais après tout comme il adorait voir l'astre argenté, il trouva que c'était une belle façon de démarrer la journée. Il se doucha rapidement à l'eau froide pour finir de se réveiller et s'habilla de son habituelle tenue de marchombre.

Une fois les préparé, il prit quelques pommes et du pain à manger pendant qu'il se dirigeait vers l'armurerie. Il devait aller emprunter une épée pour la tâche qui l'attendait, comme il n'avait plus vraiment l'utilité d'en posséder depuis qu'il avait sa greffe. Mais il préférait ne pas s'en servir étant donné que cette fois il ne devait pas tuer sa cible, et que tout bon marchombre essayait toujours de garder un atout dans sa manche.

En effet, il y a quelques jours Locktar et Myra, à la fois deux primats et deux professeurs, lui avaient proposé un rôle dans le passage des élèves, il devait attendre deux élèves – Kloa et Halina ? - et leur faire passer un test au combat. Un peu désœuvré et content de pouvoir rendre service à l'Académie, Danatael avait très vite accepté. De plus, il avait vraiment envie de tester les talents de ces élèves.

Il se dirigea donc vers le labyrinthe où se déroulait l'épreuve et retrouva à l'intérieur la salle qui lui était assignée pour faire passer l'épreuve à ces deux élèves.

Quelques minutes après le départ on entendait déjà quelques cris épars dans le labyrinthes, quand les élèves se retrouvaient confrontés aux différents pièges du labyrinthe. Des cris de peur, de surprise, de douleur parfois, mais logiquement -en fait, Danatael n'en était pas vraiment sûr- ils ne devaient pas pouvoir mourir. En principe. Si Myra et Locktar veillaient bien au grain depuis leur tour de contrôle.

Pour attendre l'arrivée des élèves, Danatael regarda un peu mieux autour de lui la configuration des lieux : c'était une grande salle rectangulaire. Très grande, très large, pour laisser assez de place pour deux entrées. Au milieu de ce rectangle, il dessina un grand cercle qui délimiterait la zone du combat. Ensuite , il s'installa en tailleur au milieu du cercle, posa son épée devant lui et attendit que la première participante arrive.

La première arriva, de la porte de droite. Le teint halé, les cheveux courts auburn à la garçonne, taillée pour le combat à force d'entraînement, ce devait sûrement être Kloa selon les description qu'on lui avait faites. Le labyrinthe devait être plutôt exténuant, étant donné l'état dans lequel elle était arrivée : plus de chaussures, une main tailladée à la paume, des égratignures de partout et surtout, une matière grisâtre très collante un peu partout sur elle.

- Bonjour Kloa, je suis Danatael, nouveau maître marchombre de l'Académie et examinateur de la seconde épreuve guerrière des passages. Tu as l'air d'en avoir bavé alors je t'autorise à t'occuper de cette plaie rapidement et à boire. Je t'autorise à m'attaquer sans prévenir tant que- …

Kloa prit à peine le temps de bander sa main et avait déjà attaqué. Danatael était cependant prêt à parer et tenta une simple contre-attaque, basique, qui fut parée facilement. Il s'écarta donc un peu de son adversaire afin de l'observer. Elle paraissait intrépide et bien décidée à passer cette épreuve haut la main. C'est ce qu'on va voir … Danatael prit cette fois l'initiative et attaqua en fauchant vers les jambes, ce qui fit reculer son adversaire mais laissa sa garde grande ouverte, Kloa y plongea et Danatael ne put l'esquiver que de justesse en se laissant glisser à quelques milimètres de la lame. Il tenta une attaque mais il s'était retrouvé trop près de Kloa et n'avait pas assez d'allonge pour la frapper, il dut donc innover en frappant du pommeau dans les côtes afin de séparer de nouveau les combattants.

Une goutte de sueur commença à perler sur le front des deux combattants. Je pense qu'elle a le niveau pour passer cette épreuve, on va quand même voir ce qu'elle a dans le ventre. Danatael changea de posture, pour en adopter une qui paraissait laisser plein d'ouvertures, et crut voir une petite lueur d'étonnement dans le regard de Kloa. Elle se lança dans l'une des ouverture pour essayer d'atteindre les flancs de Danatael, comme il l'avait prévu, par contre elle n'avait pas mis tout son corps dans l'attaque afin de pouvoir refermer sa garde directement après l'attaque. Elle a donc compris.

A ce moment Danatael raffermit sa poigne sur l'épée et envoya une envolée d'attaques afin de déséquilibrer Kloa et finit par passer sous sa garde pour envoyer un coup de toutes ses forces dans son épée pour la désarmer sous le choc. L'épée s'envola sur deux ou trois mètres et glissa encore un peu sur le sol. Elle était désarmée. Ne laissant pas vraiment le temps de comprendre ce qu'il se passait Danatael dit alors à Kloa :

- Félicitations, tu as réussi la seconde épreuve, tu es assez compétente. Tu as le droit de boire et de te reposer 5 minutes puis tu passeras par l'une des deux portes derrière moi, tu as le choix comme tu es arrivée la première.

Tandis qu'elle se dirigeait vers l'eau pour s'abreuver, Danatael ramassa l'épée de Kloa et la lui lança en l'interpellant :

- Et non ! A toi de me montrer ce que tu sais vraiment faire maintenant !

Un second combat s'apprêtait à faire rage.

[C'est mon premier RP qui engage un combat avec un autre membre alors si je m'y suis mal pris hésitez pas à dire, je pourrais modifier  ]


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Perdu dans la brume
Il ne voit que la Lune
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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Lun 15 Fév 2016 - 17:11

De toute évidence, le jeune homme qui l'accueillit était pleinement reposé, lui. Ce fut la première pensée qui traversa l'esprit de Kloa tandis qu'elle balayait la salle du regard. Grande, rectangulaire, ouvertes de quelques portes – deux face à elle, et une par laquelle elle venait d'entrer. Dès le premier coup d'œil, elle remarqua le sol couvert de sable, à la manière d'une arène, ainsi que le large cercle qui s'étendait au centre de la pièce – et comprit aussitôt ce qui l'attendait. Un combat, donc. Et, de toute évidence, avec l'homme qui venait de prendre la parole.

Celui-ci commença par se présenter. La jeune fille s'était déjà battue avec des marchombres, notamment Arro et Ichel, et elle tenta un instant de se souvenir précisément de ces deux confrontations. Puis Danatael, puisque tel était son nom, lui autorisa à bander sa main blessée, ce qu'elle s'empressa de faire sans même prendre le temps de porter à ses lèvres le verre d'eau qui lui était proposé. Son cerveau bouillonnait. Comment avait-elle réussi, non pas à vaincre, mais à ne pas se laisser surpasser par Ichel et Arro, et même à prendre brièvement l'avantage sur eux ? Les images dansaient dans son esprit, alors que le rythme du combat se substituait insensiblement à celui de son souffle saccadé et à la cadence de son cœur. La surprise. Elle devait le surprendre. Son interlocuteur n'avait pas encore terminé sa phrase qu'elle s'était retournée, prête à l'attaquer.

Après les longues minutes passées à courir, sauter, ramper et grimper, se battre était à la fois douloureux et euphorisant. Douloureux car ses muscles commençaient à la faire souffrir et qu'elle était encore un peu essoufflée. Euphorisant car, après tout, c'était cela qu'elle était vraiment – une guerrière, et bien décidée à le prouver à tout ceux qui se mettraient en travers de son chemin, fussent-ils des maîtres marchombres.

Le combat commença donc, à l'intérieur du cercle tracé sur le sol. Kloa, bien que droitière, tenait son épée de la main gauche, l'autre ayant été tailladée lors de sa dernière épreuve et à présent plus ou moins bien bandée. Heureusement, la Teylus avait veillé à s'entraîner à se battre des deux mains lors de ses longues heures de cours, et cette substitution ne la troubla pas outre mesure. Durant plusieurs minutes, les deux adversaires échangèrent donc les coups et les parades, redoublant de force et de vitesse. Kloa commençait à fatiguer un peu lorsqu'elle aperçut une faille dans la défense du marchombre. Son premier réflexe fut de s'y jeter, mais un soupçon la retint. Ce n'était pas normal. Même un débutant n'aurait pas fait une si grossière erreur. Or, elle avait appris, souvent à ses dépends, que sous-estimer un adversaire était presque aussi dangereux que d'oublier de réfléchir pendant un combat... Elle choisit finalement de tenter une attaque, mais sans s'y engager de toute sa force – au cas où. Et puis... Et puis, elle ne comprit plus. Danatael parut soudain se réveiller et, après une série de coups rapides, finit par la désarmer sans plus de cérémonie. Une fois cela fait, il lança sur un ton désinvolte, comme s'il venait de fermer une fenêtre qui claquait au vent, qu'elle avait terminé et réussi sa seconde épreuve. Alors qu'elle venait de se faire désarmer ? La jeune fille l'observa un instant en fronçant les sourcils, avant de se décider à tourner les talons pour se diriger vers la table où l'attendait encore son verre d'eau, légèrement étonnée malgré tout. Elle se serait attendue à ce que la bataille dure un peu plus longtemps. Et puis, même si elle savait qu'elle affrontait un maître marchombre, elle se sentait un peu vexé que ce dernier ait réussi à la priver de son arme si facilement. D'ailleurs, à ce propos...

Elle tourna la tête pour chercher son épée du regard au moment même où le jeune homme la lui jetait d'un large mouvement du bras. L'apprentie la rattrapa instinctivement, tandis que ses paroles résonnaient dans son esprit.
À toi de me montrer ce que tu sais vraiment faire. Elle avait donc raison – leur petit combat n'avait été qu'un amuse-bouche. Une lueur de défi s'alluma au fond de ses yeux. Très bien. Elle allait lui montrer.

Premièrement, puisque de toute évidence c'était à présent à elle de mener la danse, elle décida que c'était aussi à elle d'en fixer les règles. Ce fut donc sans attendre d'être entrée dans le cercle qu'elle attaqua le marchombre – cette fois, leur affrontement s'effectuerait à l'extérieur. Elle avait toujours détesté les délimitations. Pendant les premières minutes, leur échange ne changea pas fondamentalement de celui qui venait de se produire. Kloa essayait d'innover, tentant d'alterner puissance et vivacité – tantôt enchaînant les coups, tantôt se mettant plus en retrait afin d'observer la garde de son adversaire dans l'espoir d'y déceler une faille – mais Danatael paraissait deviner toutes ses intentions, prévoir le moindre de ses déplacements. Ce qui commençait à devenir vraiment, vraiment pénible.

Cependant, une autre raison ajoutait à son agacement. En effet, dans la précipitation, elle avait attrapé l'épée que lui lançait le jeune homme de sa main ordinaire, celle qu'elle utilisait habituellement – c'est-à-dire la droite. Dès le début du combat, elle se rendit compte de son erreur – et se maudit intérieurement. Les chocs répétés sur sa mauvaise main en irritaient les entailles et, plus d'une fois, elle dut retenir un gémissement – elle,
gémir en plein combat, quelle humiliation ! Jusqu'au moment où son adversaire tenta une attaque un peu plus violente que de coutume ; elle parvint à la parer mais, sous le choc, son bandage se défit en partie, laissant sa paume à l'air libre. Au contact de la garde de son épée s'enfonçant dans ses blessures, la guerrière ne put s'empêcher de lâcher l'arme, qui tomba au sol dans un bruit sourd.

Durant une épouvantable et interminable seconde, tout sembla suspendu. Le regard de Kloa alla de son épée, gisant dans le sable à quelques pas de là, à celui de Danatael, qui avait interrompu son mouvement – et ce qu'elle crut lire à l'intérieur de ses yeux lui fit horreur. Elle ne voulait ni de sa pitié, ni de son mépris – et elle ne savait ce qui aurait été le pire, entre le voir ramasser son arme pour la lui rendre d'un geste plein de commisération ou lui annoncer sa défaite avec un sourire suffisant. Or, pour cela, il n'y avait qu'une solution : lui montrer qu'elle ne comptait pas s'estimer vaincue pour si peu et continuer le combat, coûte que coûte. Fût-ce à mains nues.

Ce qu'elle fit, sans la moindre hésitation. Le point positif était qu'elle montrait par là une certaine polyvalence, et une détermination certaine. Celui nettement plus négatif était sans doute que son adversaire possédait toujours son épée, lui. Et que, en dépit de tous ses efforts, elle ne réussissait guère à le désarmer. Pourtant, ce dernier dut arriver à la même conclusion car elle le vit soudain laisser tomber son arme, d'un mouvement tout à fait volontaire. Si l'intention était certainement très noble et louable, démontrant son désir de rester sur un pied d'égalité avec elle, ce geste l'énerva tout de même un petit peu – la jugeait-il donc à ce point mauvaise, pour qu'il se sente obligé d'abandonner à son tour son épée ? Cela eut au moins le mérite de la faire redoubler d'ardeur.

De longues minutes s'écoulèrent ainsi, à tel point que Kloa finit par perdre le décompte du temps. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait de plus en plus chaud, et que les grains de sable qui s’immisçaient entre les plaques de sang coagulé de sa main droite la picotaient douloureusement. Pour une obscure raison, tous deux se déplaçaient beaucoup, en tout cas bien plus que lors de la première partie de leur combat. Ce fut sans doute pour cela qu'ils se retrouvèrent tout à coup de part et d'autre de la table sur laquelle reposait toujours le verre d'eau qu'elle n'avait pas eu le temps de boire. La Teylus profita de ce bref instant de répit pour reprendre son souffle, les yeux fixés sur le visage de son adversaire. Quelques mèches de cheveux bruns étaient plaqués sur son front par la transpiration, et elle s'imagina qu'il devait en aller de même pour elle. Le regard ferme, l'attitude résolue, rien ne semblait pouvoir l'ébranler – et, soudain, elle comprit. Elle ne pouvait pas le vaincre. C'était impossible – elle n'était qu'une élève, et il était déjà maître marchombre. Elle ne pourrait pas gagner ce combat. C'était tout à coup une évidence. Il avait tout pour lui – années, expérience, aptitudes, entraînement, endurance. Tout. Dans ce cas, qu'est-ce qui pouvait faire la différence ? Que ne possédait-il pas, mais dont elle-même était dotée ?

Là encore, ce fut comme une révélation. Tous les deux n'avaient pas le même objectif. Danatael était là pour évaluer son niveau, elle pour réussir cette épreuve. Or, pour cela, elle était prête à tout – contrairement au jeune homme, comme il l'avait prouvé en abandonnant sciemment son arme. Ce fut alors qu'un éclat d'argent attira son attention, par-dessus l'épaule de celui-ci. Son épée. Elle repéra celle de son adversaire un peu plus loin – hors d'atteinte. Tant mieux. Un plan commençait à se former dans son esprit. Qu'est-ce qui la distinguait fondamentalement du marchombre ? Sa volonté. Quelle chose était-elle capable de faire, chose que ce dernier se refusait à accomplir ? Elle serra les dents. Vite. Elle devait agir vite, avant qu'il ne se rende compte de quoique ce soit.

Alors, tout s'enchaîna. D'un même mouvement, Kloa poussa la table en avant – de toutes ses forces – et se jeta sur le côté afin d'échapper au bouleversement qui s'ensuivit. Danatael réussit à éviter la table qui basculait sur lui, mais il ne put en revanche esquiver la gerbe d'eau qui lui éclaboussa le visage tandis que le verre se brisait à terre, ni le nuage de sable soulevé par les dégâts. Entre temps, la jeune femme s'était relevée après une roulade pour bondir en avant, courant vers son épée en comptant sur l'aveuglement provisoire de son adversaire pour l'empêcher de lui barrer le passage. Ce qui, contre toute attente, fonctionna. Il ne lui fallut guère plus d'une poignée de secondes pour s'emparer de l'arme qui l'attendait, de la bonne main cette fois. Le sang battant à ses tempes, elle fit alors volte-face, les genoux fléchis, prête à parer une éventuelle attaque. Le jeune homme s'était retourné, le visage dégoulinant, les vêtements couverts de sable, et l'observait en silence. Un instant, tous deux se défièrent du regard – puis, Kloa lui offrit son plus large sourire.



[J'espère vraiment que ça te va, désolée pour le retard hug ]


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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Lun 25 Avr 2016 - 21:53

Elle a l'air d'avoir compris le but de l'épreuve, elle commence à jouer le tout pour le tout. Danatael prit une seconde pour évaluer la situation qui venait de changer en quelques instants : son œil était irrité par le sable venu se coller sur son visage à cause de l'eau qu'il avait reçu, et son adversaire était armée et alerte alors que lui était désarmé et un peu désorienté. Kloa avait inversé les rôles, et c'était bien joué.

Heureusement, je suis beaucoup plus adroit avec mon corps qu'à l'épée, ça devrait ne pas poser de problème. Est-ce que je tente de récupérer mon épée pour équilibrer ? Non, je crois qu'elle n'apprécierait pas que je fasse une troisième fois preuve de pitié ou de compassion, je vais la tester comme ça et finir ça au plus vite. Danatael était habitué à ce genre de combat, il devait souvent faire face à ce genre de situation. De toute façon, il avait beau se débrouiller à l'épée il était bien plus à l'aise avec son propre corps, ou avec des lames courtes, à la rigueur, qui lui demandaient bien moins de s'accoutumer à une portée différente de ses poings.

Danatael prit encore une seconde pour observer son adversaire et lui fit comprendre qu'il ne comptait même pas récupérer son épée en adoptant une posture de combat sans même jeter un œil à son arme. Tout en fluidité … héhé.

Prêt à en découdre, il se jeta en avant et passa le long du coup d'estoc que lui décocha Kloa, la lame à quelques millimètres de son ventre, et utilisa son élan pour prendre son avantage : il posa sa main sur le sternum de son adversaire et donna une violente impulsion vers l'avant ce qui eut pour effet de la faire reculer de quatre ou cinq pas.

Croisant le regard de son adversaire, il vit ce qu'il voulait. Elle a compris le message, elle voit que j'y vais sérieusement moi aussi maintenant. La tunique qu'il avait choisi pour se battre commençait à se rigidifier contre sa peau avec le mélange d'eau et de sable qu'il avait reçu quelques instants plus tôt. Anticipant le problème, il profita du déséquilibre pour retirer sa tunique et la lança dans un coin de la pièce pour qu'elle ne le gêne pas. A présent, il était sûr de pouvoir offrir une prestation efficace à son adversaire.

Captant la détermination dans le regard de l'élève, il fonça de nouveau sur Kloa pour éviter qu'elle ait de l'amplitude dans ses mouvements. Dans un combat désarmé il fallait absolument retirer l'avantage de l'allonge de l'épée, sinon on se retrouvait à devoir esquiver des coups bien plus meurtriers. Il se retrouva donc dans la bulle de son adversaire, là où elle était le moins à l'aise pour manier son épée. Cependant, elle semblait avoir anticiper ce mouvement car elle l'attaqua en envoyant le pommeau de son épée vers le visage de Danatael qui l'esquiva de peu mais ce qui eu pour effet de lui rendre assez de terrain pour qu'elle tente un coup de taille que le marchombre dût esquiver. Seulement, Danatael en profita pour passer sur le coté de la guerrière et balaya le sol avec sa jambe, tapant à l'arrière du pied, jetant violemment Kloa au sol sur le dos.

Ce qui ne sembla pas suffire, car la jeune furie continua de combattre au sol. Danatael s'écarta donc pour la laisser se relever afin de finir le combat. Il avait duré depuis bien trop longtemps et il était temps qu'il soit achevé.

Il prit alors une posture différente et laissa la jeune guerrière venir à lui. Ca va venir de droite.Il recula. Maintenant, une frappe montante venant de gauche. Il se baissa pour éviter l'attaque. Et là,un coup d'estoc. Il prit le temps de glisser le long de l'épée en accompagnant le mouvement de Kloa. Il se dos à elle, presque collé. Maintenant, je frappe et je l'achève. Un premier coup de coude en arrière percuta le diaphragme de son adversaire. Continuant son mouvement, un coup d'épaule heurta sa joue, puis Danatael acheva le combat par un coup de la paume dans l'abdomen de la jeune femme. Agenouillée, l'épée dans le sable, ses deux bras étaient repliés sur son ventre pour tenter de retrouver sa respiration.

- Tu t'es bien battue Kloa, j'ai aimé ta vigueur au combat et ta détermination. Je vais te laisser continuer ton épreuve car tu le mérites.

S'approchant de Kloa, il vint presser un point dans le dos de la jeune femme pour la redresser et faciliter sa respiration.

- J'ai été content de me battre contre toi, tu étais un défi bien plus intéressant que la plupart de ces combattants que l'on peut rencontrer. Encore un peu d'entraînement et tu pourras même peut-être essayer de défier un frontalier !

Retournant chercher sa tunique, il prit le temps d'aller se rafraîchir auprès de la bassine d'eau et de se sécher avant de l'enfiler.

- Tu peux repartir sur les épreuves du labyrinthe dès que tu te sentiras un peu mieux. Bonne chance !




[Voilà voilà, si tu vois quelque chose à changer dis-le moi je changerai avec plaisir ! Wink Et désolé pour mon retard moi aussi  ]


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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Sam 18 Juin 2016 - 17:06

Le combat reprit, Kloa toujours armée tandis que son adversaire n'avait pas jugé utile de reprendre son épée. Cependant, cela ne semblait pas le gêner, et la jeune fille ne mit pas longtemps à réaliser que le combat touchait à sa fin. Danatael paraissait cette fois-ci déterminé à la battre et, si elle ripostait avec toute la ténacité dont elle était capable, y compris lorsqu'elle fut projetée au sol, elle sentait bien qu'ils n'en avaient plus que pour quelques minutes. Aussi, au moment où la  paume de son adversaire percuta violemment son abdomen et que ses genoux la lâchèrent sans même qu'elle s'en rende compte, elle ne se releva pas immédiatement. La voix du marchombre vint couvrir les sifflements de sa respiration encore hachée, et elle ne put s'empêcher de ressentir une certaine satisfaction en entendant ses paroles. Certes, elle ne pouvait décemment pas l'emporter sur lui, mais elle était heureuse de s'être donnée au maximum durant leur affrontement.

Étant donné que le verre dans lequel elle était censée boire avait été cassé lors de la chute de la table, elle se contenta de plonger les mains dans la bassine d'eau qui était à leur disposition pour se rafraîchir le visage. Des grains de sable s'étaient collés à l'intérieur du bandage défait de sa main droite et elle prit un peu de temps pour laver sa plaie et en réaliser un autre. Enfin, elle se saisit de son épée qui était restée à terre et sourit à Danatael, qui attendait qu'elle quitte la pièce.


- En tout cas merci pour ce combat. Et peut-être à une prochaine fois, qui sait ?


Son examinateur lui avait laissé le choix entre les deux portes qui se dressaient derrière lui, et ce fut après une courte hésitation qu'elle choisit d'emprunter celle de gauche. Ses muscles et ses articulations la faisaient un peu souffrir, mais elle se connaissait assez pour savoir que la douleur s'évaporerait dès que l'adrénaline bouillonnerait de nouveau dans ses veines.

Derrière la porte, un couloir. À première vue, tout paraissait normal, mais Kloa ne put s'empêcher de s'avancer avec méfiance. Qu'avait dit Myra, déjà ? Atteindre une deuxième salle, mais après avoir affronté le Labyrinthe et un handicap mystère en bonus... Vu la fourberie dont il était capable, ça promettait d'être divertissant. Pour les professeurs qui les observaient, s'entend.


- Tu t'appelles bien Kloa ?

La Teylus sursauta, fit volte-face. Une petite fille se tenait face à elle, le bout de ses pieds nus dépassant d'une longue robe blanche. L'apprentie était certaine de ne l'avoir jamais vue à l'Académie mais, surtout, elle comprenait mal ce qu'elle faisait ici, au milieu du Labyrinthe, pendant l'épreuve des Passages.


- Oui, c'est moi.


Sa voix était rauque, sans doute à cause de toute la poussière qu'elle avait dû avaler durant son combat contre Danatael, et elle s'éclaircit la gorge.

- Et toi, qui es-tu ? Qu'est-ce que tu fais là ? Et... Elle hésita. Qui t'a parlé de moi ?

La fillette se contenta de lui décocher un large sourire et, sans répondre à ses questions, lui fit un signe de la main.

- Tu dois me suivre. C'est par là.


Là-dessus, elle tourna les talons. Kloa resta un instant indécise, sans savoir comment réagir. Avait-elle été envoyée ici pour la tester, comme le maître marchombre un peu plus tôt ? S'agissait-il du fameux handicap mystère ? Ou était-ce encore... autre chose ? Cependant, la petite continuait à s'éloigner, sans chercher à s'assurer que la jeune femme la suivait. Elle était sur le point de disparaître derrière un coude du couloir, et Kloa se décida à lui emboîter le pas. Elles marchèrent ainsi pendant quelques minutes, dans un Labyrinthe parfaitement vide, tranquille et silencieux. Parfois, elles arrivaient à un embranchement, et la fillette tournait à gauche ou à droite sans marquer la moindre hésitation. La combattante espéra qu'elle savait ce qu'elle faisait, car elle-même n'eut bientôt plus la moindre idée du chemin qu'elles avaient emprunté. Si sa guide venait à lui fausser compagnie, songea-t-elle avec une désagréable sensation d'impuissance, elle se retrouverait complètement perdue. Jusqu'au moment où celle-ci s'arrêta sur le seuil d'une porte et se tourna vers elle en arborant un sourire éclatant.


- Voilà, c'est bon. On est arrivées.


Kloa haussa les sourcils. Arrivées ? Où ça ? Elle faillit dire à la petite fille qu'elle devait se tromper, que le Labyrinthe ne leur avait tendu aucun piège et qu'il ne pouvait déjà s'agir de la deuxième salle. Mais, à ce moment-là, l'autre poussa la porte, et elle resta bouche-bée devant le spectacle qui s'offrait à elle.  

Elle se trouvait en haut d'une montagne. Enfin, en haut, peut-être pas. En tout cas, le sentier escarpé sur lequel elle se tenait et la paroi rocheuse qui la surplombait semblaient signaler qu'il ne s'agissait pas d'une simple plaine, cela au moins ne faisait aucun doute. De grands arbres l'entouraient et, quand elle leva la tête, elle fut étonnée de constater à quel point le ciel était bleu. De toute évidence, le paysage qui s'étendait à présent devant elle ressemblait à s'y méprendre au panorama qu'offraient les monts de la chaîne du Poll. Elle pouvait même entendre les branches des arbres craquer dans la légère brise qui les secouait, avec ce bruit caractéristique qu'elle avait appris à reconnaître. Sauf que...

Sauf que ce n'était pas possible. Elle était dans le Labyrinthe, à l'intérieur de l'Académie, et non pas en train de se promener quelque part dans la nature. Tout ça n'avait aucun sens. Il devait forcément y avoir une explication.


- Dis-moi, tu pourrais me dire ce que ça signifie ?

Elle tourna la tête en direction de la fillette... pour se rendre compte que cette dernière avait disparu. Elle devait avoir été tellement stupéfaite par ce qu'elle voyait qu'elle n'avait pas remarqué que la petite était repartie, aussi silencieusement qu'elle avait surgi derrière elle quelques minutes auparavant. Elle allait donc devoir se débrouiller toute seule.

La Teylus finit par s'engager sur le chemin, gardant les doigts à quelques centimètres du pommeau de l'épée qu'elle avait glissée dans son fourreau. Elle sentait la terre et les cailloux rouler sous ses pieds mais, lorsqu'elle s'accroupit pour tâter l'humus, sa main rencontra une surface dure et lisse. Le sol du Labyrinthe. Kloa se mordit la lèvre, se redressa lentement. Se rapprocha de l'un des arbres qui longeaient le sentier, tendit le bras. Ses doigts passèrent au travers du tronc. Alors, c'était cela que lui avait réservé le Labyrinthe. Une impressionnante, éblouissante et dangereuse illusion. Malgré ce paysage de montagne au sein duquel il lui semblait évoluer, elle se trouvait en vérité dans une vaste salle ou dans un gigantesque couloir, entourée par des murs, cloisonnée par un plafond.

Rien de tout ça n'était réel.

Et à vrai dire, durant ses premières minutes de marche, l'apprentie guerrière ne comprit pas très bien en quoi cela était censé entraver sa progression. Le chemin continuait à monter régulièrement, en pente douce, bordé de pins, de hêtres et de mélèzes. Si elle faisait abstraction de l'étrange impression que lui procurait la vue de ce qu'elle savait ne pas réellement exister, elle pouvait même juger l'ascension agréable. Le ciel était toujours aussi bleu et, une fraction de seconde, elle sourit en songeant à quel point les autres Teylus seraient étonnés quand, en répondant à leurs questions, elle leur apprendrait calmement qu'elle s'était promenée en montagne. L'instant d'après, l'enfer se déchaîna.

Même avec le recul, elle aurait été incapable d'affirmer avec certitude ce qui s'était passé en premier – ce qui, des arbres ou des rochers, avaient commencé à tomber. Ce fut peut-être le tremblement qui déclencha tout. Ce genre de grondement qui monte du sol, comme le rugissement d'une bête endormie sous terre depuis très longtemps qui vient de se réveiller, jusqu'à résonner au plus profond de chaque être – et la montagne toute entière vibra, ainsi qu'un fauve qui s'étire. Et puis, comme en écho à ce grognement animal, un autre type de fracas – à la fois grincement et roulement de tonnerre. Kloa n'eut que le temps de se plaquer contre la paroi de pierre pour éviter le tronc d'arbre qui basculait sur elle. Instinctivement, elle ferma les yeux en se protégeant le visage de ses mains, prête à se faire griffer par les branchages... avant de se rappeler que l'arbre en question n'existait pas, ne pouvait pas exister. Il faut donc imaginer sa surprise au moment où elle sentit le bois lui entailler la peau des avants-bras. Il ne s'agissait pas d'écorce à proprement parler mais d'une matière qui s'en rapprochait et, en un éclair, elle comprit qu'il n'y avait peut-être pas d'arbres dans la pièce mais qu'il pouvait tout à fait exister d'autres objets de même taille lui apparaissant comme tels et susceptibles de lui tomber dessus. Elle réussit à se dégager tant bien que mal, pour se rendre compte que la secousse semblait avoir engendré un glissement de terrain généralisé. Un rocher s'était détaché de la paroi et bloquait le passage – ne pouvant le contourner, la jeune fille essaya de grimper dessus et se sentit profondément stupide en constatant qu'il s'agissait à nouveau d'une illusion et qu'elle pouvait tout simplement passer au travers. En revanche, la pierre qu'elle esquiva de justesse par une roulade l'instant d'après n'avait rien d'irréelle, elle. Il était donc là, le handicap mystère. Le véritable défi serait de distinguer ce qui était faux de ce qui ne l'était pas, afin d'éviter de finir en petits morceaux d'ici la fin de l'épreuve. Mais comment ? Autour d'elle, il lui semblait presque que la montagne entière était en train de se disloquer, jusqu'au sol sous ses pieds qui tanguait dangereusement. Alors Kloa arrêta de réfléchir et fit ce qui lui parut être, sur le moment, la seule solution envisageable : elle se mit à courir.

L'air de rien, sprinter tandis que tout s'écroulait sur son passage n'était pas si simple. Surtout quand elle n'avait aucun moyen de savoir si l'arbre sous lequel elle se jetait pour esquiver un rocher existait vraiment ou pas, ou s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle lui préfère le rocher en question qui pouvait parfaitement être une simple illusion. Des crevasses commençaient même à se former le long du chemin, et la Teylus ne tarda pas à réaliser que ces dernières n'étaient pas non plus toutes réelles – penser glisser dans une fissure et se rendre compte qu'on est train de marcher sur du vide étant une expérience assez perturbante. Si la jeune fille réussit à ne pas se faire écraser pendant sa course, ce fut ainsi essentiellement à la chance qu'elle le dut.

Et puis, tout à coup. Sortie d'elle ne savait où, apparue comme par magie. Une porte. Au bout du chemin. Kloa accéléra, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. La fin de l'épreuve, l'entrée de la deuxième salle. Elle y était presque. Elle dut éviter une pluie de gravats, escalader le tronc d'un arbre  qui barrait le sentier de toute sa longueur, sauter au-dessus d'une faille. Plus qu'une poignée de pas et...


- Kloa !


Elle se retourna vivement. Elle connaissait cette voix – même si elle ne l'avait entendue en tout et pour tout que trois fois.

Elle ne la vit pas immédiatement, pour la simple raison qu'elle n'était pas sur le chemin mais crochetée du bout des doigts à un bloc de pierre qui vacillait d'une façon inquiétante. Elle avait dû glisser et s'était rattrapée au dernier moment à une arrête rocheuse, un peu en contrebas du sentier. Juste au-dessus d'un immense précipice. Mais comment se retrouvait-elle ici ? Elle l'avait sans doute suivie, mais pour quelle raison ? Et pourquoi ne s'était-elle pas manifestée plus tôt ?


- Kloa...

La robe blanche de la fillette était tachée de terre, des feuilles et des brindilles se mêlaient à ses cheveux, ses jambes battaient faiblement le vide. De toute évidence, elle allait lâcher d'une seconde à l'autre. L'espace d'un instant – à la fois fugace et interminable – la combattante hésita. La porte était là, tout près, à portée de main. Mais alors elle croisa le regard de la petite – ces deux yeux agrandis par la peur – et elle comprit qu'elle n'avait pas le choix, que jamais elle ne pourrait passer cette porte en la laissant là, comme ça, derrière elle.

- Continue à t'accrocher, d'accord ? J'arrive aussi vite que possible !


Elle avait crié, afin de se faire entendre malgré le vacarme de l'éboulement. Demi-tour, donc – le sol qui tremblait et se craquelait sous ses pieds, les arbres, les rochers. Enfin elle y fut – juste au-dessus de la petite fille. Ses lèvres tremblaient. Kloa se plaqua au sol, avançant autant que possible son buste au-dessus du vide, tendit un bras.


- Essaie d'attraper ma main, je vais te remonter !


La fillette tenta de se lâcher d'une main pour l'offrir à la jeune femme, mais il manquait quelques centimètres pour que leurs doigts se joignent. La Teylus jura, essaya de nouveau de lui saisir le poignet, mais à cet instant le bloc auquel s'accrochait la petite remua et cette dernière laissa échapper un gémissement terrifié. Kloa ne voyait plus qu'une solution : après avoir pris son élan, elle bondit à son tour sur la pierre. Elle savait qu'elle ne disposait que d'une poignée de seconde avant que celle-ci ne se détache de la paroi pour disparaître au fond du précipice – assez pour prendre la petite fille dans ses bras et la hisser en sécurité sur le sentier. Elle-même avait suffisamment de force et d'endurance pour être suspendue dans le vide un peu plus longtemps – le temps qui lui serait nécessaire pour réussir à remonter à son tour.

- Allez, viens.

Agenouillée en équilibre précaire sur le rocher, la guerrière lui tendit les bras et la fillette sourit – de ce même sourire qu'elle avait eu en lui présentant la salle aux illusions – mais resta immobile, toujours agrippée à la pierre. Un peu agacée, Kloa lui saisit alors la main – ou, du moins, voulut lui saisir la main. Car ses doigts passèrent au travers, comme cela avait été auparavant le cas, lorsqu'elle avait essayé de toucher l'arbre. Cette fois-ci, ce furent les yeux de l'apprentie qui s'écarquillèrent.

- Tu es...

Elle n'eut pas le temps d'aller au bout de sa phrase. Un nouveau grondement se fit entendre, encore plus grave que les précédents et, là-dessus, comme dans un rêve, le rocher se mit à glisser. Kloa voulut se redresser, emparer une racine, quelque chose – mais c'était trop tard.

Sa première pensée fut, au moment où elle commençait sa chute, que c'était trop bête de rater son épreuve pour une simple illusion, alors qu'elle était si proche du but, et qu'elle s'était vraiment bien fait avoir.
La seconde fut qu'il était malgré tout plus courageux de préférer la vie d'autrui à sa propre réussite, et que le vrai devoir d'un guerrier ou d'un combattant était peut-être de savoir se sacrifier quand il le fallait.
Et sa troisième fut, tandis que son dos heurtait une surface étonnamment douce, épaisse et confortable et qu'elle se risquait à ouvrir les yeux, qu'elle avait finalement l'air de l'avoir trouvée, cette deuxième salle.



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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Dim 19 Juin 2016 - 17:29

Il était intéressant de regarder le combat de Kloa et de Danatael. La jeune apprentie se débrouillait très bien. Locktar avait déjà affronté des marchombres en duel et ce n'était jamais une mince affaire. Plusieurs fois d'ailleurs, il avait échoué. Perdre dans le duel face à Danatael n'était donc pas symbole d'échec au Passage. Le maître d'armes voulait simplement voir comment ses élèves se débrouillaient.



En l’occurrence, pour Kloa, c'était un bon bilan même si c'était le marchombre qui avait vaincu. Bon bien sûr, le coup de la table ressemblait plus à une attaque dans une bagarre de taverne qu'à une technique de combattante aguerrie mais c'était efficace. Et cela montrait la capacité de la jeune femme a utiliser son environnement.



Kloa passa à la deuxième partie du Labyrinthe. Elle se retrouva au sommet de la chaîne du Poll. Le Labyrinthe étonnait toujours le maître d'armes. A chaque fois qu'il avait l'impression d'avoir tout vu de lui, il montrait une nouvelle facette de son pouvoir. Le mode peur n'agissait pas sur les craintes de Kloa mais sur le fait que certains pièges étaient réels tandis que d'autres ne l'étaient pas. La guerrière semblait parfois s'en sortir plus par chance que par réelle technique.


Locktar ne vit pas la dernière partie de l'avancée de Kloa. Il avait quitté la salle de commande pour rejoindre la seconde salle. Et oui, car c'était lui que Kloa affronterait cette fois-ci. Mais ce n'était pas logique qu'elle l'affronte en pleine possession de ses moyens. Après tout, il était maître d'armes et Kloa n'était qu'une élève de rang Fer. En entrant dans la seconde salle, il avait donc pris soin de déposer son épée dans un coin de la pièce, celui à gauche de la porte par laquelle Kloa allait entrer. Ainsi, la guerrière se trouverait entre l'arme et son propriétaire.



Encore une fois, Kloa ne serait pas obligée de vaincre, il suffirait simplement qu'elle fasse bonne figure comme ce qu'elle faisait depuis le début de son passage.



Pour ce défi, Locktar s'était protégé. Il savait qu'il devrait affronter des armes aiguisées et des adversaires tout aussi doués. Du coup, il avait revêtu une cotte de maille sous sa tunique ainsi qu'une protection de fer sur son bras gauche, identique à celle qu'il portait continuellement à son bras droit.


Il se tenait debout au centre de la pièce, les mains derrière son dos et les yeux fermés. Il se concentrait pour le combat qui allait venir. La porte s'ouvrit. Doucement, Locktar leva les paupières... pour voir Kloa effondrée au sol.



- Relève toi, jeune Teylus, ton calvaire est bientôt terminé, répondit-il avec un léger sourire.



- Je suis ton dernier défi pour ce Passage, ton dernier combat.



Il écarta les bras.


- Comme tu le vois, je suis désarmé, mon épée se trouve à ta gauche. Ton défi principal sera de m'empêcher de la récupérer. A moins que tu ne souhaite m’affronter dans un duel de lames.



Il fit un pas dans sa direction.



- En garde, jeune apprentie, il est temps de prouver que tu mérite le rang Acier.


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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Jeu 30 Juin 2016 - 17:14

Kloa ne savait pas très bien à quoi elle s'attendait. De nouveaux pièges, un nouvel assaillant, voire peut-être un autre élève également en plein Passage qu'il lui faudrait affronter ?

Lorsque la porte qui lui faisait face s'ouvrit, elle reconnut aussitôt la silhouette massive qui se tenait au centre de la pièce. Locktar. Il lui sourit et, un bref instant, elle se demanda si l'épreuve était terminée, s'il était ici pour lui dire ce qu'il avait pensé de sa progression dans le Labyrinthe. Cependant, elle fut détrompée dès qu'il ouvrit la bouche. Évidemment. Un dernier test, un dernier combat.

C'était logique, après tout.

La jeune fille se releva en réprimant une grimace, et avança dans la salle tout en se massant les côtes. Malgré l'épais tapis qui avait amorti sa chute, la réception avait été un peu douloureuse et le fourreau de son épée lui était rentré dans les flancs. À vrai dire, elle avait déjà connu des jours plus agréables, et se sentait un peu honteuse que son professeur l'ait justement surprise dans cette posture.

Néanmoins, elle n'aurait échangé sa place pour rien au monde. Elle allait le finir, ce fichu Passage. Et le remporter.

Mais, pour cela, il lui fallait d'abord se battre contre le maître d'armes.

Il n'était pas armé, cela, elle l'avait aussitôt remarqué. Et ne tarda pas à comprendre pourquoi. Ainsi donc, elle devait l'empêcher de récupérer son épée... Kloa jeta un coup d'œil circulaire à la pièce dans laquelle ils se trouvaient, afin de repérer d'éventuels objets pouvant lui être utiles lors de leur affrontement, mais elle fut assez vite déçue. Celle-ci, bien que de taille moyenne, était totalement vide et nue. À l'intérieur, il n'y avait rien – rien, à part elle, Locktar et l'arme de ce dernier, à sa gauche, dans son dos.

Tant pis. Elle allait faire sans.

La Teylus comprit, dès qu'elle engagea le combat, qu'elle ne pouvait pas gagner contre son professeur – tout comme elle n'avait pas pu vaincre Danatael. Même désarmé, il restait supérieur à elle de tous les points de vue – plus fort à la fois physiquement et techniquement, plus costaud, plus expérimenté. Ce qui était parfaitement normal, puisqu'elle était son élève. Il ne s'attendait d'ailleurs sans doute pas à ce qu'elle remporte la victoire, mais désirait qu'elle fasse son maximum possible pour résister et lui montrer de quoi elle était capable.

Pendant les premières minutes, la jeune fille se contenta de parer les coups de Locktar tout en l'empêcher de se rapprocher de son épée. Elle essayait de le maintenir à une certaine distance, sachant pertinemment que le corps à corps était plus aisé lorsque l'on combattait à mains nues. Cependant, malgré tous ses efforts, Kloa se sentait fatiguer : elle avait tant couru, sauté, grimpé... et, en dépit de son endurance et de l'adrénaline qui la poussait, elle savait qu'elle ne tiendrait pas aussi longtemps que lors de son combat contre le maître marchombre. Il allait falloir qu'elle trouve une solution pour terminer cet affrontement.

Rassemblant ses dernières forces, l'apprentie guerrière se décida à son tour à attaquer. Elle tenta plusieurs feintes, visa les jambes de l'homme, essaya même de le surprendre en changeant soudain son épée de main, mais Locktar semblait tout prévoir, tout calculer, tout anticiper. S'il n'avait toujours pas atteint son arme, elle se sentait perdre du terrain au fur et à mesure. Insensiblement, certes. Mais tout de même.

C'est alors qu'elle eut une idée. Bon, elle ne savait pas du tout si ça allait fonctionner et cela lui paraissait plutôt risqué. Cependant, elle décida que ça valait la peine d'essayer – et après tout, qu'avait-elle à perdre ?

Cette fois-ci, ce fut sciemment qu'elle recula. Elle devina l'interrogation au fond du regard de son adversaire – aussi remplacée par la détermination. Il avait dû remarquer qu'elle faiblissait et mettait sans doute également cela sur le compte de la fatigue. Évidemment, il en profita pour continuer à avancer. Kloa n'était à présent plus qu'à quelques mètres de l'épée et, bien que ne la voyant pas, était douloureusement consciente de sa présence, dans son dos. Un pas de plus en arrière – et une faille, une brèche dans sa défense. L'hésitation de Locktar fut plus longue que la dernière fois et elle sourit intérieurement. Bien sûr, le professeur était un guerrier bien trop chevronné pour se laisser prendre par une vulgaire ouverture... Raison pour laquelle il ne s'y engouffra pas. Bien. Très bien.

Au lieu de reformer sa défense, la jeune fille profita de la méfiance de son professeur, de son refus de s'engager plus avant et, de ce fait, de son incapacité momentanée à la retenir pour faire certainement la dernière chose à laquelle il s'attendait : elle s'esquiva brusquement et, tournant sur elle-même, passa dans le dos du maître d'armes. Ce faisant, elle tendit sa jambe et Locktar fut obligé de bondir en avant pour l'éviter, ce qui le rapprocha peut-être de son épée... mais également du mur.

Toujours derrière lui, la Teylus fléchit les genoux et attendit, tendue comme un arc. Ou son adversaire choisissait de se retourner pour continuer à combattre, ou il se baissait pour récupérer son arme. Ce qui le rendrait, pendant une poignée de secondes, extrêmement vulnérable puisqu'il lui tournait le dos et était à présent complètement acculé contre le mur.

Certes, elle aurait, dans ce cas, échoué à l'empêcher d'accéder à son épée, mais son face-à-face avec Danatael lui avait appris qu'il fallait parfois se saisir de toutes les occasions. Or, elle savait que, si Locktar s'emparait de son arme, elle pouvait prendre l'avantage sur lui durant le bref laps de temps qu'il mettrait à la récupérer – même si cela ne signifiait que le bloquer au coin de la pièce, lui interdisant par là toute possibilité de riposte ou issue de sortie. Il ne la voyait pas, serait handicapé par sa position au sol. Il lui suffirait d'agir vite.



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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Sam 9 Juil 2016 - 21:06

Pendant les premiers instants du combat, ce fut surtout Locktar qui attaqua. Kloa se contentait de parer, bloquant l'avancée du maître d'armes avec son épée. Si la guerrière passait à l'attaque, ce n'était que timidement et le Primat n'avait aucune difficulté à bloquer l'arme. Avec ses protections d'armures qu'il portait aux bras, Locktar n'avait pas d'inquiétudes vis-à-vis d'une blessure en parant l'un des coups de la guerrière. Elle n'avait pas assez de force pour endommager le fer. Si blessure il y avait chez le Primat, ça serait sur les autres parties de son corps non protégées. Il n'allait pas non plus se battre en armure intégrale...

Kloa dissimulait mal la fatigue qui la prenait. Locktar n'était pas un spécialiste des longs combats et cette fois-ci, il se doutait qu'il n'y aurait pas à craindre cette issue. Et même si le duel s'éternisait, il y avait de grandes chances que la Teylus craque la première.

Ce fut au moment où la fatigue commençait à être vraiment visible sur son visage qu'elle passa véritablement à l'attaque. Fini les attaques timides. Mais ce n'était pas suffisamment, elle continuait de reculer et Locktar, par conséquent, se rapprochait de son arme. Puis soudain, elle recula pour de bon. Volontairement. Le maître d'armes eut un instant d'hésitation. Oui, elle reculait depuis le début du combat mais suite aux coups répétés de Locktar. Là, c'était elle qui reculait, sans qu'on l'y force. Le Primat se reprit et avança. Après tout, c'était peut-être une erreur causée par la fatigue.

Et là, devant lui, une ouverture. Visible. Beaucoup trop visible. Le maître d'armes n'était pas né de la dernière pluie. Déjà, l'action précédente l'avait rendu plus sur ses gardes mais là, c'était trop gros. Il ne plongerait pas dans la brèche. Mais il fut tout de même possédé. Kloa s'esquiva et glissa derrière Locktar qui du même éviter sa jambe. La situation était précaire pour le Primat. Certes son épée était face à lui et il lui suffisait de se pencher pour la ramasser mais son adversaire était dans son dos prête à bondir. Il n'avait que quelques instants pour choisir la bonne solution. Prendre son épée et se faire attaque dans le dos? Non, surtout pas. Se retourner et devoir parer l'attaque en catastrophe? Toujours pas. En plus, son épée serait dans son dos et ses attaques à partir de cet instant l'en éloignerait.

Non, Locktar ne prit aucune de ces deux décisions, il y en avait une troisième qui pouvait fonctionner. Kloa était fatiguée, elle n'aurait peut être pas le raisonnement aussi juste que si elle était en pleine possession de ses moyens.

Le maître d'armes fit semblant de vouloir attraper son épée et il s'esquiva tout de suite sur le côté. La guerrière avait foncé et chargé son Primat. Locktar, et c'était rare, était plus rapide que son adversaire. Il frappa le bras de la Teylus au niveau de la poignée d'épée pour la désarmer. En vérité, c'était l'endroit qu'il visait mais, même s'il était plus rapide, il ne visa pas au bon endroit. Ce fut le bras de la jeune femme qui prit le choc. Locktar tiqua un peu devant le cri de douleur de la guerrière... Heureusement qu'il avait prévu des rêveurs à l’extérieur du Labyrinthe.

Même si l'attaque n'avait pas frappé au bon endroit, le résultat était le même. Kloa était tout aussi désarmée que lui. Elle était même en pire posture que lui, blessée au niveau de son bras d'épée. Elle se le tenait d'ailleurs et Locktar lu une lueur de détresse dans son regard. Dans cette position, c'était certain, il avait gagné.

Locktar recula de deux pas et il attendit que Kloa se relève. S'il ne l'avait pas blessé, il aurait certainement conclu le combat à ce moment. Il en avait suffisamment vu pour être certain que Kloa méritait de passer au niveau supérieur. Mais sa blessure faisait écho à un cours qu'il avait fait quelques semaines auparavant. Se battre avec sa mauvaise main. Dans l'esprit de Locktar, le Passage était terminé. Il avait bien précisé que le Passage ne dépendait pas du résultat. Le dernier test était là juste pour vérifier si elle avait progressé.


Après la lueur de désespoir face à sa défaite imminente, ce fut de l'étonnement que le maître d'armes lut dans les yeux de Kloa. Elle s'attendait surement à un piège comme elle l'avait tendu quelques minutes auparavant. Locktar ne bougea, n'étant même pas en position de défense ou d'attaque. Il offrait simplement un sourire.

- Essayons de voir ce que tu vaux avec ta mauvaise main.

Doucement, elle se releva et attrapa son épée.


[Si tu as des soucis avec le déroulement de l'affrontement, envoie moi un MP Wink ]



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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Lun 11 Juil 2016 - 11:48

Kloa s'en voulait terriblement. Si elle  avait été plus fraîche, moins fatiguée, aurait-elle eu assez de lucidité pour comprendre que son professeur lui tendait à son tour un piège et éviter de tomber dedans à pieds joints ?

Peut-être. Du moins, c'était ce qu'elle préférait penser.
Et puis, de toute manière, cela ne changeait pas grand-chose à sa situation actuelle.

En voyant Locktar se jeter en avant, en direction de son arme, elle bondit derrière lui, trop heureuse de deviner la fin du combat se profiler. Elle comprit son erreur une fraction de seconde avant que son adversaire lui fauche le bras.
Celui-ci, au lieu de s'emparer de son épée, s'esquiva au dernier moment pour lui faire face de nouveau. Emportée par son élan, la jeune fille ne put rien faire lorsqu'il lui frappa le bras pour la désarmer. Il n'avait d'ailleurs pas retenu son coup et elle ne put s'empêcher de laisser échapper un cri, mélange de surprise, de douleur et de déception. Son maître d'armes et Primat avait tourné sa propre feinte à son avantage, et elle se trouvait à présent à terre, son épée tombée à ses côtés.

Un instant, elle se souvint de sa hargne et de sa rage durant son face-à-face contre Danatael, de sa volonté de vaincre, son refus d'abandonner, même au sol, même désarmée. Il ne lui restait plus rien de cela, à présent qu'elle fixait son professeur. Bien sûr, elle était dépitée et n'aurait rien tant désiré que se relever aussitôt pour reprendre leur combat mais, plus que tout, elle se sentait vidée. Malgré son entraînement, jamais elle n'avait eu à affronter tant de pièges, tant d'épreuves, tant de défis, tant d'adversaires coup sur coup. Sans compter son bras gauche qu'avait frappé Locktar, qui la lançait sourdement. Elle avait perdu et même si, au fond, elle savait cette défaite au bout du compte inévitable, elle aurait aimé résister un peu plus longtemps, mettre un peu plus en difficulté l'homme qui, en cet instant, la toisait avec un visage impassible.

Et puis, l'étonnement. Toujours silencieux, le maître d'armes recula de quelques pas, comme s'il attendait que son élève se redresse. Elle hésita un peu, à la fois perplexe et suspicieuse. N'avait-il  pas gagné ? L'affrontement n'était-il pas terminé ? Elle finit par se relever en se tenant toujours le bras, essayant d'interpréter le regard que l'homme posait sur elle. Celui-ci esquissa alors un sourire avant d'ouvrir la bouche. Sa mauvaise main.

Tout d'abord, elle fronça les sourcils, sans comprendre ce qu'il entendait par là. Puis elle vit ses yeux effleurer sa main droite et, soudain, tout s'illumina. Il voulait sans doute qu'elle combatte en tenant son épée de son autre main, pensant qu'il s'agissait de celle qu'elle utilisait le moins... Durant tout leur affrontement, elle avait cette fois veillé à se servir uniquement de sa main gauche, peu désireuse de réitérer la même étourderie que celle qu'elle avait faite face au marchombre. Or, Locktar avait dû croire qu'elle était gauchère, ne sachant pas que sa main droite était blessée. La jeune femme hésita un moment à le lui dire, mais se rappela alors que son professeur lui donnait par là une seconde chance, une seconde occasion de faire ses preuves. Elle ne tenait pas à le décevoir.

Kloa finit donc par se pencher pour récupérer son épée, toujours au sol. Elle grimaça légèrement quand son pommeau se cala au creux de sa paume entaillée avant d'expirer profondément, attendant que la douleur passe. Ça allait le faire. Cette fois, son bandage allait tenir, et puis elle avait déjà connu pire qu'un petit picotement, n'est-ce pas ? Sans compter que son bras la faisait toujours souffrir et que, même si elle l'avait voulu, elle n'aurait ainsi pas pu continuer à combattre de la main gauche. Mais oui, ça allait le faire.

La Teylus fit de nouveau face à Locktar et, cette fois-ci, attaqua sans tarder. Elle avait compris que, même si son Primat allait fatalement finir par prendre le dessus, il tenait avant tout à ce qu'elle lui montre ce dont elle était capable. Et, puisqu'elle était à bout de force, autant essayer de donner le maximum dès le début – ce serait plus rapidement terminé, et elle venait d'apprendre à  ses dépends que faire traîner un combat en longueur n'était pas toujours une bonne chose. Cela dut un peu surprendre son adversaire qui, compte tenu de la fatigue qu'elle avait montrée, ne s'attendait sans doute pas à ce qu'elle se jette dans leur nouvel affrontement avant autant de vigueur. Elle se mordait les lèvres à chaque fois qu'un coup un peu plus violent ou précis que les autres touchait sa main blessée mais n'en resserrait que davantage sa prise autour de son arme. Pas question de lâcher encore une fois. Elle tiendrait bon – elle devait tenir bon.

L'apprentie guerrière virevolta ainsi pendant plusieurs minutes autour de Locktar, essayant de trouver ses failles, de l'atteindre malgré tout. Enfin, virevolter était peut-être un bien grand mot étant donné qu'elle n'était, de nature, ni très agile ni très rapide, et ce même quand elle était au mieux de sa forme. Néanmoins, il était vrai que cette nouvelle – et, elle le savait, dernière – possibilité de faire ses preuves lui avait donné comme un regain d'énergie et de détermination. Tant pis pour sa main, tant pis pour sa fatigue. Elle donnait tout.

Le maître d'armes para un nouveau coup de l'avant-bras – décidément, sa blessure ne lui permettait pas de frapper aussi fort qu'elle l'aurait voulu – et elle retira son épée avant de se baisser brusquement pour viser ses jambes. Évidemment, il avait anticipé et accompagna son mouvement, mais elle en profita pour lancer son poing gauche en avant, en direction de son épaule – elle s'attendait à ce que son bras lui fît encore mal et réussit à réprimer le cri qui lui montait aux lèvres. Esquive, de nouveau, mais son adversaire devait à présent se défendre sur deux fronts, deux niveaux. Kloa n'avait absolument rien prévu, cependant, lorsqu'elle devina que l'attention et la concentration de Locktar s'étaient momentanément reportées de ses jambes à son buste, pensant le danger venant du bas écarté, elle songea que c'était peut-être le moment de tenter sa chance. Elle se rapprocha, l'épée levée et le poing gauche toujours à hauteur du torse de son professeur mais, dédaignant le haut du corps de celui-ci, préféra soudain tendre la jambe vers celles qui lui faisaient face en accompagnant son geste d'une offensive en hauteur, histoire d'essayer de le maintenir dupe le plus longtemps possible.

Kloa ne savait pas trop ce qu'elle attendait de ce mouvement quasi instinctif : un coup de pied, un croc-en-jambe ? Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle parviendrait à toucher le Primat, voire peut-être à le déstabiliser.


[Idem !]


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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Mer 14 Sep 2016 - 22:54

Kloa hésita quelques instants, regardant fixement le maître d'armes. Locktar lisait dans ses yeux l'incompréhension. Elle avait sûrement pensé que l'exercice était terminée et qu'elle allait pouvoir sortir de cette infernale machine. Le maître d'armes aurait pu lui laisser le choix, lui offrir la possibilité de sortir du Labyrinthe ou de poursuivre cet exercice. Oui, il aurait pu le faire s'il était professeur dans une académie de plus faible envergure. Mais ils étaient à l'Académie de Merwyn et elle avait un gage d'excellence. Quand on sortait de l'Académie, ce n'était pas pour être un simple sous-fifre. Et c'est pour cela que Kloa n'avait pas le choix et qu'elle devait poursuivre l'échange... au moins pour quelques minutes. Il ne s'agissait pas non plus de tuer les élèves à la tache.



La guerrière se pencha finalement pour récupérer son arme. Les premiers instants du combat surprirent Locktar. Il s'attendait à ce que Kloa patiente un peu mais elle fonça directement. La guerrière virevoltait dans tous les sens et le maître d'armes s'en trouva surpris. Elle dégageait encore de la puissance malgré sa fatigue. Cette hargne rendait Locktar fier d'elle. Rien ne trahissait la fatigue accumulée et le fait qu'elle était blessée n'était visible que dans quelques grimaces sur son visage.



Ses coups étaient tout de même moins précis et moins puissants mais Locktar n'était pas inquiet. Sur un champ de bataille, il était rare de tomber sur un soldat qui avait combattu moins que soit et qui était donc moins fatigué. Ici, c'était le cas car le maître d'armes n'avait pas eu à affronter deux fois le Labyrinthe. Lui, il était en plein possession de ses moyens. Juste un peu fatigué.



Kloa se mit à agir sur deux fronts. Bras et jambes. Le maître d'armes devait se méfier partout et tout le temps. Il arrivait à bloquer à chaque fois mais avec de plus en plus de difficultés. Puis, au moment où il s'occupait avec plus d'intensité aux bras de Kloa, la guerrière envoya son pied en avant en direction des jambes de son adversaire. Le maître d'armes, pour éviter l'attaque, recula en catastrophe. Tellement en catastrophe qu'il perdit l'équilibre et trébucha. Pour éviter que Kloa ne posa sa lame sous sa gorge, signe évident de victoire, Locktar fit une attaque peu académique. Au sol, il faucha les jambes de Kloa qui s'approchait de lui, la faisant elle aussi trébucher.



Ce fut le maître d'armes qui se releva le premier, quelques instants seulement avant Kloa.



Locktar rangea son épée dans son fourreau.


- Je pense que nous pouvons mettre fin à ton calvaire.

Il avait le sourire. C'était une grande fierté pour un professeur de voir l'évolution de son élève.



- J'en ai assez vu et tu as bien évidemment réussit ton Passage. Je te laisse sortir du Labyrinthe. Tu y trouveras des rêveurs pour soigner tes nombreuses blessures, tu l'as bien mérité.

Le maître d'armes accompagna Kloa vers la sortie.



[Rp terminé pour moi. Tu peux poster un dernier post si tu le désires Wink]


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MessageSujet: Re: Cours, petit scarabée [Terminé]   Sam 5 Nov 2016 - 20:24

Si Locktar trébucha, ce ne fut que pour mieux entraîner la jeune fille à sa suite. Sans trop savoir comment, Kloa se sentit tout à coup heurter le sol avec un bruit sourd. Le souffle coupé, il lui fallut quelques secondes avant de se hisser de nouveau sur ses jambes. Ce n'étaient plus seulement sa main blessée qui l'élançait, à présent, mais tout son corps qui lui faisait mal – comme si quelqu'un s'était amusée à la précipiter du haut d'une falaise avant de conduire son propre cheval piétiner soigneusement ses membres encore à terre. Cependant, rien de tout cela n'eut plus d'importance lorsqu'elle croisa le regard du maître d'armes.

Dans ses yeux brillait une fierté qu'elle n'avait encore jamais aperçue sur son visage, même quand il félicitait ses élèves après un cours particulièrement intensif – et pourtant, la Dame savait si ses compliments étaient rares –, même quand il observait Halina réussir avec son brio habituel les exercices qu'il leur proposait et la prenait comme modèle devant les autres apprentis combattants. Le sourire qui étirait ses lèvres était franc, sincère et, soudain, la Teylus sentit toute sa lassitude s'envoler. Elle oublia d'un seul coup toutes les épreuves que ce fichu Labyrinthe lui avait présentées, tous ses pièges et ses embûches, toute cette douleur et cette fatigue accumulées. Avant même que son Primat et professeur ouvre la bouche, elle savait ce qu'il allait dire.

Réussi son Passage. Étrangement, la guerrière n'en avait jamais douté, pas une seule fois, même lorsqu'elle s'était retrouvée coincée dans les sables mouvants, même lorsqu'elle avait dû courir à l'aveuglette, sans savoir si les rochers qui lui tombaient dessus et les arbres qui lui barraient le chemin étaient réels ou non. Si Kloa était déterminée à avoir quelque chose, elle l'obtenait, c'était ainsi – et elle n'aurait pas permis qu'il en aille autrement. Pourtant, à cet instant précis, elle sentit toute la valeur de ce que cela signifiait, à propos d'elle, de son parcours, de ses capacités, de son évolution – et  à quel point le rôle que Locktar y avait joué était important. Pour la première fois, la jeune fille réalisa tout ce qu'elle devait à cet homme qui se tenait face à elle, souriant, l'épée au fourreau. Cette réussite –
sa réussite – lui appartenait, bien évidemment, mais c'était lui qui en était à l'origine.

Si la Teylus avait été d'un naturel plus bavard, plus expansif, elle aurait peut-être échangé quelques mots avec le maître d'armes alors qu'ils se dirigeaient tous les deux vers la sortie. Et en aurait profité pour le remercier, peut-être, lui faire comprendre à quel point elle se sentait reconnaissante vis-à-vis de tout ce qu'il avait fait, de tout ce qu'il avait été pendant cette première année. Mais elle se contenta de suivre les couloirs du Labyrinthe, sans un mot, s'efforçant de calmer sa respiration et les battements de son cœur. Ce ne fut qu'au moment où ils parvinrent enfin à l'extérieur et qu'elle vit le groupe d'élèves qui attendaient encore anxieusement d'être appelés qu'elle se sentit chatouillée d'une drôle d'émotion, qu'elle identifia finalement comme de la fierté. Elle était Acier. C'était officiel, à présent. Déjà, elle devinait Locktar s'éloigner de son côté et, instinctivement, elle tourna la tête, ouvrit la bouche. Lui dire quelque chose, au moins quelques phrases, avant d'aller se faire soigner chez les Rêveurs... Cependant, quand elle croisa son regard, ses mots s'éteignirent au fond de sa gorge. Il avait compris, de toute façon.


[Pardon pour le retaaaard >< C'est un tout petit post, mais au moins ça achève ce RP !]


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