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 Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?

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Maître des légendes et d'animisme et primat d'Aequor
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MessageSujet: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Mar 31 Mar 2015 - 16:14

C’était donc ça qu’on ressentait, quand on était plantés en pleine vue par la personne dont on attendait une réaction.
L’espace d’une seconde, Duncan se mit à empatir avec Jehan, qu’il avait – peut-être injustement- rejeté devant toute l’assemblée. Puis il se rappela qu’il avait eu une excellente raison de le faire – ça n’empêchait pas son cœur se serrer de remords, derrière toutes les couches d’indignation et de révolte.
Myra avait vraiment quitté la piste de danse sans saluer son cavalier, un geste volontairement vexant qu’il essayait de mettre sur le compte des hormones et de la grossesse mais ne parvenait pas totalement. L’avait-il mérité ? Il était bien placé pour savoir que la bile et les sentiments négatifs pouvaient rendre hypocrite, injuste, parfois hargneux envers ceux qui voulaient aider, alors qu’ils ne le méritaient pas. Il n’y était pas étranger et il était conscient qu’il avait été injuste envers Myra.
Cependant, il éprouvait trop de sentiments contraires et de gêne pour s’en sentir vraiment coupable pour l’instant.

Enervé, en plus de tout ce qu’il ressentait, Duncan se dirigea dans le hall et prit le couloir qui menait jusqu’à l’étage, dans le but de s’enfermer dans ses appartements et de se plonger dans un livre pour se distraire des évènements de la soirée, mais Myra l’avait précédée, et maintenant elle le tenait en privé, entre quatre yeux.
Même lorsqu’elle le reprit sur son accusation, il se guinda, persistant un peu vaniteusement à croire qu’il avait dans son droit lorsqu’il avait craché sa bile sur elle. Pourtant, il ne pouvait le rester longtemps. Myra essayait vraiment de l’aider, alors qu’elle aurait pu rester au Bal pour danser avec son Varsgorn.
Avec tout l’effort du monde, Duncan essaya d’adoucir un peu son visage. Et les mots qui sortirent lui coutèrent énormément en calme, et en orgueil :

- Je… c’était injustifié de ma part, Myra. Je ne le pensais pas vraiment. C’est juste que-

Ca y est, ça recommençait. La colère lui avait au moins permis de détourner son attention du sujet qui était joliment en train de pourrir dans ses entrailles. Pour se donner une contenance, il se mit à marcher en direction de ses appartements. Que Myra l’y suive ou pas, il avait besoin du confort du havre, de la protection du monde extérieur – d’une porte qu’il pouvait verrouiller si le Sire Intendant décidait de venir lui parler plus tard dans la soirée après avoir trop bu.
Il pourrait parler de la grossesse de Myra, lui demander des nouvelles de ses élèves ou de Varsgorn, mais ils sauraient tous les deux que ce ne serait qu’une tentative d’échappatoire. Difficile de ne pas toucher au sujet Jehan Hil’ Jildwin, la soirée était sienne – et probablement à raison.

- Je le croyais mort.
Sa voix s’était étranglée et il n’essayait même plus de combattre ça. Nous avons tous cru qu’il… qu’il était ce que l’Empire l’avait déclaré. Un régicide. Assassin.

Même maintenant, dire ces mots à voix haute lui brisait le cœur.

- Tu sais combien ça a déjà été difficile à accepter. Qu’il ait pu.. trahir notre confiance. Me mentir, nous mentir. Ca a pris du temps pour s’y faire. Faire le deuil. J’ai cru.. les Dieux me l’avaient pris, l’avaient déformé et ôté de la surface de la terre. Comme ils l’avaient fait pour… elle.  


Il continuait à marcher en regardant droit devant lui, incapable de faire face à quiconque ou quoi que ce soit, en étant aussi vulnérable.

- Et maintenant il revient ? Grâce aux élèves qui ont cru en lui jusqu’au bout, alors que..

Que j’avais accepté qu’il était un assassin, alors que je n’étais pas là pour l’aider.

- J’aurais du être là.
Ses yeux étaient maintenant embués, et il avançait volontairement trop vite dans les couloirs pour empêcher Myra de voir son visage. Je -

C’était trop. Trop d’émotions, trop à la fois, trop de nouvelles, il avait le cœur qui débordait de sentiments contradictoires, lui qui s’était habitué à la douce valse des sentiments paisibles de la vieillesse. C’était avoir vingt ans à nouveau, et c’était intolérable. Sa poitrine l’oppressait, et il commençait à avoir du mal à respirer.

Pas maintenant... Myra ? Myra...?



_______________


"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


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MessageSujet: Re: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Ven 3 Avr 2015 - 15:26

Elle l'avait cru aussi. Elle avait cru que Jehan était un assassin, qu'il avait conspiré dans le noir de son bureau. Et elle avait eu tord. Les seuls qui étaient restés fidèles à l'Intendant avaient été les élèves. Ils avaient tout simplement refusé l'évidence que le monde avait accepté. Pour eux, Jehan était innocent. Et ils avaient une fois de plus tout tenté. Comment Gwendalavir pouvait penser l'Académie de Merwyn comme indigne avec tant de belles personnes en son sein ? Ces élèves... Ils avaient cru et tout tenté. Et les événements leur avaient donné raison.
Jehan était innocent.
La dessinatrice avait cru aux rumeurs. Comme la plupart des enseignants à force de les entendre. Bien évidemment, il y eut la période de refus. Mais on finit toujours par s'avouer vaincu. Sauf eux. Sauf ses élèves à lui, ils avaient toujours cru en lui. Et ça l'avait sauvé. Les bruits de couloir étaient trop gros pour les ignorer à présent, elle avait surpris quelques conversations durant la soirée sur la véritable raison de ce voyage qu'elle avait autorisé avec ses collègues.

Et Duncan s'en voulait. Il y avait cru aussi, il avait cru à ces histoires, à la culpabilité de Jehan. Ca avait été difficile à accepter pour tout le monde. Elle se souvenait très bien des soirées passées à discuter de ces événements dans les appartements de l'un ou de l'autre. Tous les professeurs en parlaient. Et ils avaient tous fini par accepter. Difficilement.

Elle....
Le coeur de Myra se serra.


- On y a tous cru, Duncan.

Le professeur s'en voulait. Elle ne les vit pas, mais elle le savait. Les larmes brûlaient ses yeux. Si cette relation durait depuis si longtemps, elle comprenait ces larmes. Il ne lui avait jamais parlé de son lien avec Jehan... Elle les savait proches, mais pas à ce point. Elle ne lui en voulait pas.
Elle l'entendit soudain. Sa respiration. Elle se faisait haletante, dure. S'approchant de lui, Myra posa ses mains sur ses épaules, l'obligea à s'arrêter. Il marchait beaucoup trop vite, comme s'il essayait de la fuir. Ce qu'il devait sans doute faire. Elle le retourna, le fit s'assoir sur un de ces bancs de pierres qui remplissaient les couloirs. Il ne la regardait pas. Les yeux fermés et embués de larmes, il fuyait son regard. Et il peinait à respirer.


- Calmes-toi, respire. Reprend ton souffle.

Elle tenait toujours ses épaules, aussi douce qu'elle le pouvait. Son coeur se serrait à chacune de ses respirations. Il comptait tellement pour elle et le voir ainsi... Elle ne le supportait pas.
Ils restèrent plusieurs minutes dans ce long silence, ponctué de la respiration de Duncan. Il reprenait son souffle, tranquillement. Elle savait ce qui tournait dans sa tête...
Les minutes se suivirent jusqu'au moment où il releva la tête. Il ne la regardait toujours pas.


- Tu ne pouvais rien faire, personne ne pouvait rien faire... On avait les mains liées. C'était trop grand pour nous, ils auraient tout de suite compris nos intentions. L'Empire et ce groupe dont faisait parti Ril'Krysant. On ne pouvait rien faire...

Tous les professeurs devaient sans aucun doute être surveillés afin de déterminer s'ils étaient alliés à l'assassin. Jehan. Ils ne pouvaient rien faire malgré leur bonne volonté. Et finalement, ils y avaient tous cru.

- Malgré tout, on y est un peu pour quelque chose dans tout ça... On a contribué à faire éclater son innocence.

Il ne tiqua pas, ne la regarda pas. Sa main quitta l'épaule de son ami pour prendre tendrement son visage qu'elle tourna dans sa direction. Elle l'obligea à la regarder.

- De qui crois-tu qu'ils tiennent leur intuition, leur combattivité et leur savoir ? De qui tiennent-ils ?

De nous. De toi, de tes leçons.







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MessageSujet: Re: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Jeu 30 Avr 2015 - 3:55


Ce fut difficile, de se forcer à s’asseoir, à ne rien faire d’autre que respirer pendant quelques minutes. Sans les mains chaudes de Myra qui le reliaient à la réalité… il ne préférait pas y penser. Pourtant, il avait l’impression que ses pensées le rattraperaient s’il restait immobile trop longtemps, ses pensées, ses scrupules et surtout ses sentiments, qu’il n’avait vraiment pas envie de combattre ce soir.
Respiration. Ce serait stupide d’avoir une deuxième crise cardiaque pour.. ça. Quoi que ce fut. La voix de Myra résonna chaude à côté de lui, et en son for intérieur il savait qu’il devait s’estimer heureux d’avoir une collègue et amie qui lui tiennent compagnie dans ces moments-là, comme il lui avait tenu compagnie lorsqu’elle avait cru perdre son Don, lorsqu’elle bataillait avec les démons de la boisson et les colères de Varsgorn.

Les mots de Myra, il les ressentait comme un baume, même s’il ne pouvait pas croire à tous. Ils n’y pouvaient rien ? Il y avait tant de choses qu’ils auraient pu faire, puisque des élèves l’avaient fait, comme lorsque l’Académie avait été envahie… Au moment où il allait retomber dans des pensées sombres et gluantes, la main de Myra se posa sur son visage et son regard dut croiser le sien, encore embué. Il était ravi d’avoir pu les essuyer sur sa manche quelques minutes plus tôt, pour présenter un regard à peu près respectable.

Un sourire ne put s’empêcher de crever la surface de ses émotions, lorsque ses mots firent mouche.

- Alors nous aurions réussi à inculquer quelque chose à ces têtes de pioche malgré tout ? Oh Myra, je suis prêt à croire à beaucoup de choses lors du Bal de l’Hiver, mais une légende pareille, c’est bien trop gros.

Sa propre pique lui allégea un peu le cœur, et ils sourirent mutuellement. Sa main se posa sur celle de Myra, en acceptance de l’intimité sentimentale qu’ils partageaient, du soutien qu’ils s’apportaient depuis des années.

- Myra, tu me fais avoir honte d’être le Doyen de cette Académie, tu es décidément infiniment plus sage que moi.

Pendant quelques minutes, il resta silencieux, mais d’un silence confortable, qui finissait de calmer son système respiratoire, et permettait à son humeur de s’accrocher à cette bribe d’espoir qu’elle lui avait donné. Lorsqu’il estima son masque suffisamment bien recomposé, il posa la main sur le ventre de Myra avec délicatesse, en demandant l’autorisation du regard.

- Comment te sens-tu ? Il est prévu pour bientôt, je me trompe ? Je suis désolé de ne pas m’en être enquis avant de te faire danser, c’était égoïste de ma part. Il me tarde d’éduquer la prochaine génération de l’Académie, nous en aurons bientôt assez pour remplir une de nos classes !

Garder l’esprit tourné ailleurs, vers le positif, vers le futur et les projets qui réjouissaient. Ca lui changeait les idées, et Myra savait qu’il avait toujours eu du mal à s’ouvrir spontanément, surtout lorsque les émotions le gagnaient. Ils en reparleraient, et il aurait besoin de ses conseils, mais… plus tard, se dit-il, toujours en fuite. Plus tard.



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Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham

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MessageSujet: Re: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Jeu 30 Avr 2015 - 18:07

Elle venait de lui arracher un sourire. Une victoire bien maigre pour un spectateur inattentif, mais une joie immense pour la dessinatrice. C'était un premier pas. Un sourire, savoir que tout n'était pas perdu pour ce soir, que Duncan n'était pas au fond du gouffre. Et ce sourire n'était pas feint. Elle le connaissait bien trop. Elle connaissait les faux sourires et bien plus encore son ami. Et il souriait réellement.
Elle lui rendit son sourire, écoutant sa pique à l'encontre de leurs élèves indisciplinés s'amusant dans la grande salle. Une légende ? Il était le mieux placé pour savoir que parfois, les légendes pouvaient s'avérer vraies. Il suffisait d'y croire. Ces têtes de pioches ne semblaient rien apprendre aux premiers abords. Il ne sert à rien de s'arrêter aux premières apparences. Après tout, il s'agissait de l'Académie de Merwyn !

Duncan venait d'accepter la présence de son amie, le deuxième pas vers les confidences. Elle saurait ce qui le tourmentait, coûte que coûte. Il l'avait aidé alors qu'elle était au fond du gouffre, à son tour d'être là. Parce qu'elle voyait bien que quelque chose le tourmentait. Jamais encore elle n'avait vu de pareilles émotions dans le regard et les gestes de son ami.


- Je ne suis pas plus sage que toi, mes idées sont seulement bien plus claires que les tiennes en cet instant même.

Elle lui souriait toujours. Le silence s'installa pendant quelques minutes, laissant le temps nécessaire à Duncan pour reprendre son souffle. Ce dernier finit par le briser tout en posant délicatement sa main sur le ventre rond de la femme. Son sourire s'élargit. Elle en aurait presque oublié ce léger détail, inquiète comme elle l'était pour Duncan.
Croyait-il réellement échapper aux questions de la primat en abordant le sujet de son enfant à venir ? Elle rentra seulement dans son jeu, dans l'espoir de créer une atmosphère détendue et l'amener à se confier enfin.


- Ne t'en fais pas, je ne t'en veux pas, bien au contraire. J'aurais pu te dire non, mais j'avais tellement envie de danser et ce n'était sûrement pas Varsgorn qui allait me proposer une danse, il est si inquiet pour le petit et moi. Il me l'aurait formellement interdit s'il m'avait vu me lever.

Elle le regardait toujours et lui sourit davantage avant d'éclater de rire.

- Merci pour la danse, aussi catastrophique fut-elle.

Clin d'oeil. Elle regrettait que la danse ne se fut pas prolongée, elle regrettait peut-être un peu de s'être échappée aussi rapidement. Mais comment aurait-elle pu faire autrement ? Il fallait qu'elle se retrouve seule avec son ami.

- Mais je vais bien, je m'inquiète seulement un peu... J'ai le sentiment que mon ventre ne devrait pas être aussi... énorme à six mois seulement. N'est-ce pas un peu gros pour un bébé ?

Myra paraissait réellement inquiète. Il était vrai que son ventre semblait bien plus rond que celui d'une femme enceinte de six mois. Elle devrait se rendre à la Confrérie... Dès le lendemain. Elle s'y rendrait et mettrait les choses au clair. Elle avait cependant si peur de ce qu'elle pourrait y apprendre... Elle craignait de le perdre. Elle craignait de ne pouvoir le porter dans ses bras. Elle craignait de ne pas le voir grandir, sourire, vivre. Bien pire encore que la perte de son Don, elle craignait de perdre son enfant.
Elle souriait pourtant, faisant bonne figure pour son ami déjà bien tourmenté.


- Mais ce n'est sûrement rien, des délires de femme enceinte !

Duncan la rassura. Quoi ? C'était à son tour, c'était à elle de le rassurer ! Et c'était bien ce qu'elle comptait faire. A partir de maintenant.

- En revanche, nous sommes bien d'accord que je ne te lâcherai pas avant que tu ne me dises ce qui te tourmente ?

Le visage de Duncan se referma.

- On peut continuer à parler de choses et d'autres, mais tu me connais. Tu sais à quel point je peux m'avérer têtue.

Silence.

Tu ne veux pas parler ? Bien. Continuons d'échapper à la réalité. Mais par la Dame, je ne te lâcherai pas.


- Quelle joie ce serait de voir tous ces petits bouts devenir grands et arpenter ces murs à leur tour ! Mais... ils nous en feront voir des vertes et des pas mûres, n'est-ce pas ? Et... j'espère que tu pourras entendre les cris de mon petit bout dans quelques mois.

Elle souriait toujours.




[ Interneeeeeeeeeeet !!!!! *.* ]
[ Pardon... trop inspirée par ta réponse /PAN En espérant que ça te plaise Naif ]


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MessageSujet: Re: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Jeu 30 Avr 2015 - 20:51

Entendre de la bouche de Myra que Varsgorn ait pu lui « interdire formellement » de faire quelque chose, sans que ça ait l’air de la gêner.. Duncan saisit l’opportunité au vol de songer à la relation entre Varsgorn, à cette étrange relation qu’il ne critiquait jamais ouvertement mais qu’il surveillait toujours un peu du coin de l’œil.
L’homme avait été un mercenaire du Chaos et n’était pas devenue une blanche brebis depuis, loin de là… on ne pouvait pas en vouloir de toujours le surveiller pour le bien-être de sa collègue. Pour lui, elle était si… il n’allait pas jusqu’à dire soumise, mais, si peu énergique ? Il la connaissait irascible, farouchement femme. Il fallait sans doute mettre ça sur la part de mystère de toute femme qu’aucun homme ne pourrait jamais élucider.

- Toutes les grossesses sont différentes, je suis certain que les rêveurs auraient vu un problème plus tôt s’il y en avait. Il sera juste un sacré petit gaillard, je le sens déjà.

Et puis Myra revint à la charge, un peu grossièrement, ce qui l’étonna d’elle. Il avait manifesté le désir de se changer les idées, de parler d’autre chose, de ne pas être obligé de confronter tout de suite ce qu’il aurait voulu assimiler en privé d’abord.
Toute cette débauche publique… c’est ce qui lui pesait le plus – et maintenant, il ne pouvait pas arrêter d’en entendre parler, même pour quelques minutes, même de la part de quelqu’un qui le connaissait et en qui il avait confiance.

Il serra les dents et resta silencieux, même après qu’elle lui eut tendu une nouvelle perche de distraction. Ce qui le tourmentait… ils en avaient déjà parlé. Ils venaient juste d’en parler. Ne pouvait-il pas avoir une miette d’intimité pour la seule chose dont il ne voulait pas parler ? Le pavé avait été lancé dans la mare, et savoir qu’il ne pourrait pas même avoir une soirée avec ses propres pensées avant d’à nouveau déballer ça devant quelqu’un d’autre –en public, ce qui était pourtant résolument intime, commençait à lui peser vraiment.
Ses nerfs déjà à bout ce soir, et pourtant…

- Ce qui me tourmente à l’instant c’est de ne pas pouvoir passer cinq minutes sans être forcé d'alimenter les ragots,
sortit-il un peu trop brusquement.

Il poussa un soupir entre ses mains en coupe, et se frotta les yeux pour en chasser la lassitude.

Puisqu’elle voulait absolument lui arracher les mots du cœur, autant s’en débarrasser le plus vite possible.

- Qu’est-ce que tu veux savoir de plus ? Notre cher Intendant a pourtant été clair dans ses intentions devant l’intégralité de l’Académie, en décidant d’embrasser sur la bouche un quinquagénaire veuf. A quoi est-ce qu’il s’attendait ?

Il baissa la voix lorsque plusieurs élèvs passèrent dans le couloir, les bras chargés de cadeaux et de restes du festin.

- Que pense-t-il qu’il va se passer ? Nous sommes collègues, et nous avons toujours été proches, intellectuellement mais en quoi cela nous donne-t-il le moindre droit ? Comment veut-il que les Dieux acceptent ce genre… d’union?
– à défaut d’autre mot. Que, quoi, nous nous marions sur les bords du Lac Chen, que nous ayons des enfants, une vie ensemble, qu’il y ait le moindre avenir possible à construire à notre âge?

Ce qu’il détestait le ton qu’il était en train de prendre, ce ton dont il savait qu’il était pour se convaincre lui-même plus qu’autre chose.

- Deux hommes ne peuvent jamais avoir ça, ils ne peuvent pas – s’aimer, comme ça.

Voilà, c’était sorti. Ce qu’il avait refusé d’extérioriser et d’intégrer, ce qui déchirait son cœur en deux plus sûrement que tout le reste.

Le lendemain impossible.
Un baiser sans lendemain, égoïste, stupidement naïf.



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MessageSujet: Re: Où sont-ils à présent, nos vingt ans ?   Dim 21 Juin 2015 - 23:24

Myra savait qu'elle lui faisait du mal, elle savait que Duncan désirait tout sauf en parler. Mais elle avait appris d'expérience que c'était la seule manière d'aller mieux. Il l'avait poussé à se confier et elle ne l'en remercierait jamais assez. Plus que quiconque, il avait été là. Duncan était toujours là. Mais qui se tenait à côté de lui dans de pareils instants ? Elle. Et elle comptait y rester, même si cela voulait dire lui tirer les vers du nez. Elle y resterait coûte que coûte, quoiqu'il en dise. Il avait été là pour elle, elle serait là pour lui.
Le professeur finit par céder et parla. La dessinatrice l'écouta, sereinement, son coeur battant la chamade devant la détresse d'un de ses plus précieux amis. Brusque d'abord, il l'accusa de forcer les ragots. Pas directement, mais elle le sentit ainsi. Malgré la certitude qu'il ne la visait pas personnellement, elle fut blessée de cette remarque. Cependant, elle oublia bien vite cette peine, car celle de son ami était bien plus grande.

Il soupira, puis se lança réellement, déballant toutes ses pensées. Duncan était chamboulé, bouleversé, perturbé. Il ne savait plus où il en était. Des élèves passèrent devant eux, ne prêtant aucune attention à leurs deux professeurs toujours assis sur leur banc de pierre.
Ils étaient collègues, proches. Et il parlait d'union, il parlait des dieux. Il prenait énormément parti de son âge. Selon lui, deux hommes ne pouvaient s'aimer de cette manière. Myra l'aurait pensé elle aussi si elle n'avait pas ce coeur qui battait en elle. L'amour après tout, n'était-il pas universel ? N'était-il pas le seul bien que le chaos ne pouvait altérer ? Myra était une optimiste. Myra croyait en la bonté de l'être, Myra aimait croire que tout était possible. Oui, elle n'avait jamais vu d'hommes s'aimer, ou de femmes s'aimer. Elle n'avait même jamais réfléchi à la possibilité tant les moeurs étaient faites ainsi. Mais pourquoi pas ?

Duncan n'y croyait pas. Duncan le refusait. Et il n'avait sans doute pas tord, les gens ne permettraient jamais une telle union. Un amour entre deux hommes ou deux femmes était si rare. Un amour comme celui-ci perturberait une nation entière.
Et ceci brisait le coeur de Myra en écho à celui de son ami. De celui de l'Intendant. Ce dernier s'était permis une telle chose devant tant de gens, mais il ne désirait pas mal. Il avait vécu tant de moments difficiles... Sans doute désirait-il simplement vivre ces instants qu'il croyait perdus à jamais ?

Et le silence retomba. Duncan venait de sortir ce qu'il cachait, son sac déballé au grand jour devant son amie. Un murmure livré au milieu de la nuit, un secret prononcé au sein d'une musique festive assourdissante. Une blessure qui ne s'était pas refermée et qui ne se refermerait jamais. Myra prit la main de son ami, la posa à nouveau sur son ventre. Un coup fut donné. Puis deux, trois. La future mère sourit.


- Sûrement un sacré petit gaillard, mais j'espère que tu veilleras à ce qu'il ne soit pas qu'un petit tas de muscles. Lui apprendras-tu toutes ces merveilles qui tournent dans ton esprit savant ?

Sur ces mots, elle regarda son ami dans les yeux et y vit quelques éclats. Des larmes. Sans même lâcher sa main, elle se releva, entrainant son ami avec elle. Passant son bras à celui du professeur, elle les dirigea vers les appartements de Duncan. Lentement, ils déambulaient dans les couloirs vides. Quelques élèves couraient pour rejoindre la grande salle ou les jardins, pour continuer à fêter ce grand jour. Mais eux, ils marchaient d'un pas calme.

- L'amour est partout, qu'on le veuille ou non. Sous des formes bien étranges, parfois. Les moeurs en interdisent certains, pour je ne sais quelles raisons. Mais l'amour est partout, c'est une réalité. On peut le fuir ou l'accepter, ceci reste notre choix. Nos pensées ne servent à rien dans ce genre de situations, seul notre coeur y peut quelque chose. Même si l'on doit parfois en subir les souffrances.

Ils arrivèrent devant les appartements du professeur des légendes, ils y entrèrent. Pourtant, Myra ne lâcha pas le bras de son ami. Et elle fit ce qu'elle n'aurait fait devant les élèves. Elle étreignit son ami, le serrant dans ses bras.

Tu l'as fait pour moi il fut un an déjà, tu sais que je le ferais pour toi.


- Tu n'es pas seul, ne l'oublies pas. Et bientôt, nous serons deux à venir t'ennuyer dans tes appartements.

Elle relâcha son étreinte, laissant un baiser sur la joue de son ami, et se retourna pour faire quelques pas à l'intérieur de la pièce.

- Je boirais bien un jus de framboises bien frais. Pas toi ?

A défaut de ma boisson de prédilection qui manque tant à mes mains tremblantes...



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