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 C'était un peu comme Cendrillon

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Petit ange
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MessageSujet: C'était un peu comme Cendrillon   Mar 16 Déc 2014 - 22:42


Juliet avait demandé à Amarylis s'il pouvait rester avec Gwëll ce soir-là. Il ne l'avait pas vue depuis longtemps, et il était sûr qu'elle avait trop plein de choses à lui raconter. Il était certain qu'elle était une sorte d'espionne et qu'elle faisait des trucs d'espions dans l'Empire. Il n'y avait aucune autre explication plausible. Du coup, il avait voulu en savoir plus.
Il était donc entré dans l'Académie par les chemins moins empruntés, comme le lui avait enseigné sa fée, pour éviter de se faire prendre. Puis il avait couru dans les couloirs qui menaient jusqu'à son dortoir. Puis avait attendu patiemment qu'elle revienne, assis dans un fauteuil avec un livre que lui avait prêté Duncan. Il y faisait très attention, à cause de l'épisode des crayons cassés. Puis l'Aequor était arrivée, et ils avaient discutés, et il avait dormi à côté d'elle.

Jusqu'à 6 heures du matin, à peu près. Il avait fait un mauvais rêve et s'était réveillé tout à coup, en sueur. Il s'était dégagé de l'étreinte de Gwëll, doucement, avait pris son livre et était parti s'installer dans un canapé de la salle commune. Seulement, il n'arrivait plus à dormir, et lire n'arrangeait rien. En fait, il était tellement agité après son cauchemar qu'il n'arrivait même pas à fixer son attention sur le conte qu'il était en train de lire. Il décida de le laisser là, le posant précautionneusement l'ouvrage sur la table basse. Puis il s'emmitoufla dans une des couvertures posée sur un des sièges, en regardant le feu qui crépitait dans la cheminée. Il se demandait comment ça se faisait qu'il dure toute la nuit. Peut-être que des élèves se levaient la nuit et s'en occupait. Ou peut-être qu'il y avait des elfes de maison dans l'école. Il voulait en avoir le coeur net et décida que le lendemain, il mènerait son enquête.

Il se réveilla le lendemain, à cause du bruit des élèves qui commençaient à se lever et se préparer pour la journée.

*

La journée s'était bien passée, bien que remplie. Déjà, il avait eu un cours, et puis, il avait dû aller voir Amarylis pour lui dire qu'il restait encore à l'Académie, puis il s'était promené avec Attalys et Gwëll dans les jardins, pour faire des dessins et écrire des histoires ... Tout cela l'avait épuisé, mais il devait tenir bon. Le mystère du feu de cheminée ne resterait pas irrésolu. Il dût se résoudre à le dire à Gwëll lorsqu'elle lui demanda si il venait dormir. Elle lui avait expliqué qu'en tout cas, avant d'aller dormir, les élèves rajoutaient du bois dans la cheminée, mais Juliet avait répondu que ça ne pouvait pas suffire.

Il s'était emmitouflé dans sa couverture, encore une fois, et s'était installé dans le fauteuil le plus confortable. Il avait pris son livre, et les pages lui semblèrent défiler très vite, puisqu'il était presque arrivé à la fin lorsque la porte s'ouvrit doucement. A en juger par la lumière dehors, le jour se levait à peine. Il devait être à peu près cinq heures. Une jeune femme rousse entra alors. Le feu éclaira joliment son visage, tandis qu'elle nourrissait le feu. Juliet ne se fit pas remarquer, mais décida de la suivre ensuite, en toute discrétion. Aussi lorsqu'elle sortit, il se débarrassa vite de sa couverture, enfila rapidement ses chaussures et une grosse veste et sortit à sa suite. Il l'avait déjà perdue ; elle avait dû s'arrêter dans une pièce. Il se cacha derrière une statue et attendit de la voir reparaître.

Lorsqu'elle commença à s'éloigner, il tenta de la rattraper, sans toutefois se faire prendre. Mais il avait dû courir trop lourdement car elle se tourna vers lui, toute surprise. Il s'arrêta aussitôt, souhaitant devenir invisible. Puis il songea qu'il avait des vêtements, et que même si lui était invisibles, c'étaient pas dit que eux le seraient. Mais visiblement ça ne marcha pas, puisqu'elle s'avança près de lui. Il devint tout rouge et dût faire un effort pour s'empêcher de tourner les talons et de détaler en direction du dortoir Aequor qui n'était qu'à une vingtaine de mètres de lui.

Parce que quand même, la fille là, qui avançait - timidement ? - vers lui, elle était toute mignonne. Il était bien plus jeune qu'elle, mais il faisait déjà sa taille. Ce fut ce qui le rassura un peu, en fait ; elle ne pourrait rien tenter de trop méchant, sauf si c'était une sorcière, mais si c'était une sorcière, il aurait pu être géant que ça aurait rien trop changé. Il souffla, puis elle arriva à sa hauteur. Où était donc sa fidèle épée en bois quand il avait besoin d'elle pour tenir les gens à distance ? Les boucles rousses furent rejetés en arrière, et Juliet vit les yeux noisettes de la demoiselle, apparemment en proie à l'interrogation. Avant même qu'elle ne puisse parler, le jeune apprenti Chevalier prit la parole.

- Je voulais savoir comment le feu tenait toute la nuit. Je savais que quelqu'un venait s'en occuper, mais je voulais en avoir le coeur net. Dites rien s'il vous plait !

Il avait dit tout ça très vite, dans un souffle. Parce qu'il avait peut-être que quelques centimètres de moins, mais il avait l'impression de devoir s'écraser si il voulait pas être découvert. Cela dit, il n'y avait pas d'élèves aussi jeune que lui, donc de toute façon, il était certainement déjà fichu.
Il savait pas trop pourquoi, en plus, elle l'intimidait un peu. Elle était toute frêle pourtant, mais elle était aussi ... aussi jolie que Cendrillon, quand elle était retrouvée par son Prince.



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MessageSujet: Re: C'était un peu comme Cendrillon   Mar 20 Jan 2015 - 17:44

Ça faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pu voir le soleil que ça la rendait triste, des fois.

Accoudée à la fenêtre de sa chambre, Elizia fixait le ciel bleu et les nuages blancs qui disparaissaient parfois derrière les toits, et les traînées plus sombres que laissaient les quelques oiseaux au plumage cendré à travers l'immensité d'azur. Sans doute que, dehors, il devait déjà y avoir de l'herbe verte et des feuilles aux arbres, et même des fleurs, comme pour rappeler que l'hiver s'était enfin retiré tout en haut des montagnes aux sommets éternellement enneigés. Sans doute que, dans la forêt dont elle apercevait au loin les longues silhouettes obscures, les petits animaux devaient se réveiller un à un, goûtant la douceur de la mousse et la saveur de la rosée, tandis que les ruisseaux s'extirpaient tour à tour de leur lit de glace. Sans doute que, à l'extérieur, dans le parc, au fond des clairières, au pied de la cascade, sur les chemins, partout, devait régner une odeur de sucre et de frais, un parfum nouveau et volatile qui rappelait les sentiers des montagnes et les routes des bois, les larges prairies parcourues de siffleurs et de papillons et les plaines colorées aux courbes inégales. Sans doute.

Elle le devinait à ses chats qui revenaient de plus en plus tard et partaient de plus en plus tôt en laissant dans leur sillage comme une aura de printemps – prunelles d'étoiles, pattes de vent, emprunte de brume, pelage de lune. Elle le devinait aux sourires des élèves lorsqu'elle en croisait dans les couloirs ou quand elle servait le repas dans la grande salle, à leurs joues rouges et aux uniformes à nettoyer tachés de terre qu'elle récupérait quelquefois. Elle le devinait aux haleines fraîches, aux fronts rieurs, aux paroles claires, aux humeurs joyeuses. Elle le devinait aux feux qu'il lui fallait de moins en moins entretenir, à la température qui augmentait insensiblement de jour en jour, aux traces boueuses qu'elle récurait en lavant les marches d'escalier, aux nouveaux fruits et légumes que des commis apportaient aux cuisines et qu'elle devait ensuite entreposer à la cave.

Et puis, il y avait le soleil.

Mais elle avait tellement à faire ! L'été lui donnait envie de sentir l'air marin sur son visage et de tremper ses pieds dans une eau plus encore plus pure que le sable des côtes, l'automne de monter aux arbres d'or et de cueillir des paniers entiers de champignons, l'hiver de se rouler dans la neige et de faire des dessins sur la buée des vitres. Mais elle n'avait jamais vu la mer, devait se contenter de préparer les champignons en potage ou en salade et savait pertinemment qu'on ne dessine pas sur les vitres parce qu'après, ça laisse des marques. Pour le printemps, cependant, elle désirait simplement le soleil.

Évidemment, elle ne passait pas ses journées à travailler. Mais elle avait bien souvent terminé ses tâches à la nuit tombée, ou bien était trop fatiguée pour songer à aller se promener. Alors, elle se contentait de faire quelques pas dans la cour de la fontaine, ou bien ouvrait tout grand sa fenêtre et se couchait sur son lit pour avoir l'illusion, en fermant très fort les yeux, qu'elle était allongée dans l'herbe des jardins ou étendue sur un gros caillou, dans le parc. Et ça marchait, presque, parfois. Il lui manquait juste le soleil.

Heureusement, il lui restait la lecture. Cette activité, au moins, elle pouvait la faire n'importe quand et dans n'importe quel état – même jusqu'à une heure avancée de la nuit ou tôt le matin, avant de se lever pour aller préparer le petit-déjeuner, éclairée à la bougie. Dans ses livres, qu'elle ne se lassait jamais d'emprunter à la bibliothèque même lorsqu'elle les connaissait déjà, jusqu'à en savoir par cœur certains passages, les horizons étaient infinis, la nue sans limite, et aux tempêtes succédait toujours le beau temps. Alors, tout s'effaçait autour d'elle et, même en pleine obscurité, il lui semblait enfin distinguer le jour. Il y avait des voyages et des rencontres, des promesses et des découvertes, des océans, des feuilles mortes, des flocons et, par-dessus tout ça, un soleil si aveuglant qu'elle ne pouvait en détacher le regard. Elle pouvait être alors n'importe quoi – princesse ou bergère, pirate ou exploratrice. L'imagination de Zia était sans limite. Ses rêves, ses souhaits et son espoir aussi.


*


Ce jour-là, elle avait commencé la lecture d'une histoire de marin échoué sur une île déserte, qui apprivoise les bêtes sauvages et coupe des arbres pour essayer de se construire un radeau. Elle s'était arrêtée au moment où le héros se rend compte qu'il n'est pas seul sur son île et découvre dans une grotte perdue dans la montagne un mystérieux grimoire écrit en une langue inconnue, sur la couverture duquel figurent des dessins de faune et de flore étrange, pour aller dormir. Il lui arrivait parfois de se coucher un peu plus tard mais, le lendemain matin, c'était à elle de faire le tour des cheminées pour en raviver le feu avant le réveil des élèves.

Elizia s'éveilla donc avant le soleil et se leva en silence, s'habillant et se chaussant rapidement. Roulée en boule à l'extrémité de sa couverture, Kim ne broncha pas, mais Mouss sauta de la chaise sur laquelle il était couché afin de se frotter brièvement contre les jambes de sa jeune maîtresse avant de rejoindre la chatte sur le duvet de plumes. Tous deux étaient depuis longtemps habitués aux va-et-vient de la domestique et, lorsque celle-ci se glissa dans le couloir humide, elle referma la porte de sa chambre sur les ronronnements de ses deux amis. Se promener ainsi dans une Académie obscure, déserte et silencieuse, à l'insu de tous, ne lui déplaisait pas, bien au contraire. Elle avait presque l'impression de parcourir les entrailles de quelque vieux château d'antique pierre, hanté par les seigneurs qui s'y étaient succédé et les ombres diffuses de leurs victimes. Et puis, elle appréciait marcher de foyer en foyer afin de faire ressurgir les flammes, un peu comme si elle était une sorte de magicienne ou de bon génie, invisible mais essentiel. C'était à cet instant oscillant entre réel et imaginaire, le monde des vivants et celui des fantômes, que tout semblait vaciller autour d'elle, ou plutôt flotter comme si, en se glissant sans un bruit ni un frisson parmi les rêves des dormeurs, elle floutait légèrement la frontière des choses qui existent – se  balançant d'avant en arrière en équilibre sur la page d'un livre.

Comme à son habitude, la jeune domestique commença par la salle commune des Aequors, qui se trouvait juste en-dessous de ses appartements. L'aube commençait à peine à poindre à travers les volets en bois ou les rideaux de tissus et le feu, comme ravivé par la seule présence de l'aurore et du jour naissant, lui parut crépiter avec un peu plus d'ardeur que d'ordinaire. Il lui fallait maintenant le nourrir, tel un petit animal joueur et affectueux, et il lécha les bûches qu'elle lui donnait en un remerciement auquel elle répondit par un sourire. Cela faisait comme la flamme de sa bougie ou, plutôt, comme un soleil miniature qui l'aurait saluée rien qu'en lui réchauffant les doigts. Ce fut le cœur un peu plus léger qu'elle quitta la pièce, sur la pointe des pieds, la tête déjà pleine d'espoir et de projets pour la journée, quand elle entendit des pas derrière elle, comme si quelqu'un la suivait en trottinant tout en tentant de ne pas se faire repérer. C'était peut-être un de ces esprits dont elle devinait quelquefois l'existence sans jamais réussir à la saisir tout à fait, un de ceux auxquels elle songeait justement en commençant sa tournée ? Elle ralentit – le bruit s'éteignit. Elle se remit à marcher, et la course reprit. Alors elle s'arrêta vraiment, tout d'un coup, et se retourna vivement, bien décidée  à surprendre cet être surnaturel qui mêlait ses pas aux siens. Sauf que ce n'était pas un très vieux monsieur à la barbe blanche ou une silhouette translucide qui se tenait devant elle, immobile, pétrifié, mais un petit garçon aux cheveux ébouriffés, comme quelqu'un qui sort à peine de son lit ou qui n'a pas dormi depuis plusieurs heures. Dans la pénombre, elle ne distingua pas très bien les traits de son visage, mais il lui sembla qu'il rougissait. Indécise, elle hésita un peu avant de s'avancer vers lui et, quand elle arriva à sa hauteur, il prit la parole d'une voix rapide, sans se laisser le temps de reprendre son souffle entre les mots. Elle le détailla encore un instant en écarquillant les yeux, avant d'ouvrir la bouche.


- Alors, tu n'es pas un fantôme ?


Elle n'avait pu empêcher une note de déception de transparaître dans sa phrase. L'enfant lui jeta un regard incertain, et elle ajouta en rougissant à son tour :


- Je veux dire, non, bien sûr que tu n'es pas un fantôme. Mais du coup, comment tu t'appelles ? Il tressaillit, et elle se hâta de préciser, un peu timidement : Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien à personne, je te le promets.

Maintenant qu'elle pouvait le dévisager à son aise, elle se rendait compte que le garçon devait avoir une dizaine d'années à peu près, mais faisait déjà presque sa taille. Il lui faisait un peu penser à un mélange du Petit Poucet et de l'un des lutins de Blanche-Neige, le plus jeune, le plus gentil aussi. Mais après tout, il pouvait être n'importe qui – un prince déchu, un chevalier victime d'une malédiction le condamnant à garder le même âge pour l'éternité, voire même un de ces enfants aux pieds nus et à l'odeur épicée de ces lointains pays où les tapis volent et où les couleurs dansent, et dans le ciel desquels le soleil ne se couche jamais.

À cette heure de la nuit, tout était permis.



[ Petit Peter Pan I love you ]


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« On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »













Elizia / Kloa Rwanda
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Petit ange
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MessageSujet: Re: C'était un peu comme Cendrillon   Sam 7 Fév 2015 - 16:43

La fille remarqua qu’il n’était pas un fantôme et cette remarque le laissa sans voix. Il haussa les sourcils, pris au dépourvu. Elle l’avait vraiment pris pour un esprit ? Oh, elle avait peut-être entendu ses pas, mais comme il se cachait, elle n’avait pas dû le voir. Il mordit sa lèvre inférieure pour s’empêcher de rire, même si il ne put empêcher un petit gloussement de sortir. Ce n’était pas très gentil de se moquer, mais cela le faisait vraiment rire qu’on le prenne pour un fantôme. Cependant, elle ne dut pas l’entendre car elle se rattrapa aussitôt. Lorsqu’elle lui demanda son nom, il se demanda si elle allait le dénoncer, alors il ne dit rien pendant un moment, jusqu’à ce qu’elle précise qu’elle ne dirait rien. Il lâcha un soupir de soulagement avant de finalement répondre.

- Je m’appelle Juliet. Il lui sourit. Et toi, c’est quoi ton prénom ?

Un rai de lumière se leva timidement, transperçant la fenêtre, venant réchauffer tout doucement l’atmosphère matinale. Les cheveux roux de la fille, brillants tout à coup, lui donnaient un petit air de Gretel, qu’il avait toujours imaginé avec cette couleur de cheveux. Elle le regardait avec une mine un peu étonnée, mais aussi visiblement joyeuse. Elle avait vraiment l’air très gentille et il l’appréciait déjà.
Puis Juliet eut une idée. Elle avait eu l’air déçue en apprenant qu’il n’était pas un fantôme. Cependant, à cette heure-là, dans le château encore tout endormi, ils pouvaient bien imaginer qu’il y en avait ! Alors il la regarda et se mit un petit peu sur la pointe des pieds pour arriver à sa taille. Il aimait bien faire la même taille que d’autres personnes, et puis il pouvait la regarder droit dans les yeux.

- Tu sais, moi j’en suis pas un, mais il y en a peut-être, des fantômes, chuchota-t-il, comme pour donner un effet dramatique à sa phrase. L’Académie c’est tellement grand, t’as peut-être pas été au bon endroit.

Il la suivait, tandis qu’elle semblait continuer à travailler. C’était donc elle le petit lutin qui nourrissait le feu lorsqu’ils étaient tous au pays des rêves ... Cela le fit prendre conscience de ce qu’il attendait. Lui aussi avait été un peu déçue, au début, que ce soit une simple humaine qui était à l’origine du feu de cheminée.

- Du coup, tu m’as pris pour un fantôme, mais moi je pensais que c’était une petite créature magique qui s’occupait du feu ...

Il lui sourit, prenant dans ses bras les bûches qu’elle transportait pour l’aider dans sa tournée. Après tout, maintenant qu’il était là, il pouvait bien se rendre utile. Il était tout à fait réveillé et n’avait pas envie de retourner se coucher. Cependant, en entendant que l’école commençait à se réveiller, il se décida à abandonner la jeune femme pour que Gwëll et Attalys ne s’inquiètent pas ; d’habitude, c’était elles qui le réveillaient.

- Je peux pas rester, mais on a qu’à se retrouver la prochaine fois que tu t’occuperas du feu, comme ça on pourra chasser les fantômes à deux !

Il se trouva qu’elle n’allait pas revenir au feu tout de suite, mais elle devait nettoyer les couloirs et quelques salles deux soirs plus tard, et ils convinrent de se retrouver dans la Grande Salle pour commencer, après que tout le monde soit allé se coucher.

*

Juliet avait pris soin de se renseigner un peu sur les fantômes, pour planifier à peu près son expédition avec Elizia. Il avait fait une provision de sel au cas où ils seraient confrontés à un esprit malin - on ne sait jamais ! - mais s’était surtout, cette fois, armé de son épée de bois, même s’il n’était pas sûr que cela soit efficace contre des monstres qui n’avaient pas de corps matériel. Bon, ce n’était pas trop grave, de toute façon ils allaient sûrement se retrouver avec de gentils fantômes, y avait pas de raison, hein ... Il essaya de ne pas imaginer tomber sur un méchant esprit, mais se mit à tressaillir plusieurs fois en entendant des bruits, alors qu’il s’agissait simplement des élèves.

Il s’enveloppa dans sa couverture, devant la cheminée, et prit son livre, déterminé à le terminer avant de partir. A nouveau, Gwëll lui demanda s’il venait dormir, mais il expliqua qu’il était en mission secrète. Elle sembla s’inquiéter un instant, mais il la rassura en disant qu’il ne risquait rien. Elle aurait voulu venir, mais elle devait se lever très tôt le lendemain pour un examen de magie (elle avait encore dit « de Dessin »), alors elle lui demanda simplement d’être très prudent, et il promit.

Puis l’heure arriva et il se prépara à aller trouver les fantômes. Il s’habilla chaudement, à cause du froid qui régnait dans l’Académie la nuit, enfila ses bottes et se dépêcha de retrouver Elizia, évitant de peu les gardes qui patrouillaient. Il arriva dans la Grande Salle un peu essoufflé, et trouva rapidement la jeune femme dans le vide environnant. Il arriva vers elle en tenant des papiers qu’il avait trouvé par terre et qu’il jeta dans le sac qu’elle lui tendit.

- Je me suis bien renseigné sur les fantômes, tu risques rien avec moi. Je peux te protéger.

Elle lui expliqua rapidement qu’elle devait déjà ranger la salle, et pour aller plus vite, il l’aida. Elle dut repasser derrière lui à plusieurs reprises, mais ils avaient quand même réussi à gagner du temps malgré ça, donc ce n’était pas trop embêtant. Puis elle partit quelques minutes et revint, prête à chasser du fantôme.

- Par où on commence ?

Il lui laissait le choix de l’angle d’attaque.

*

Et ils se retrouvèrent rapidement au sous-sol, entre les caves et une salle sombre où se tenaient des gradins noirs et effrayants. Juliet commençait déjà à trembler, mais il devait se montrer courageux devant Elizia. Elle ressemblait à une Princesse, et jusqu’à preuve du contraire, elle ne faisait pas de magie, contrairement à ses autres amies. Peut-être qu’il l’avait enfin trouvée ? Mais alors ce n’était pas très prudent de l’emmener avec lui, dans des aventures qui pouvaient se révéler dangereuses ? Oh, après tout, elle pouvait bien être une princesse guerrière. Ça existait, il l’avait vu dans des livres d’histoire.

- Je suis sûr qu’il y en a dans cette salle. Regarde comme elle est effrayante ! dit-il en désignant la salle du Conseil, comme l’indiquait un petit écriteau. Cela dit, j’ai entendu dire qu’un dragon se trouvait dans la cave, et que seuls les cuisiniers pouvaient l’empêcher d’attaquer !

Cela dit, il avait moyennement envie de tester la cave, il ne s’était pas vraiment renseigné sur les dragons, même si il savait déjà plein de choses utiles sur eux, comme le fait qu’il sachent cracher le feu, par exemple, et que si brûler n’était pas sa priorité, il fallait mieux ne pas en approcher.

Elizia tenait une lanterne dans sa main, et le faible éclairage lui donnait vraiment l’allure d’une princesse perdue dans les bois. Juliet sortit son épée, la prenant en main pour être prêt à la protéger si quoi que ce soit arrivait. Ils poussèrent donc la porte de la Salle du Conseil, aussi peu confiant l‘un que l‘autre.


[J'ai pris quelques libertés, donc si tu veux que j'édite quelque chose, n'hésite surtout pas hug]


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MessageSujet: Re: C'était un peu comme Cendrillon   Dim 24 Mai 2015 - 9:03

- Elizia. Mais si tu préfères, tu peux m'appeler Zia.

L'enfant – Juliet – l'avait suivie et, s'il en fallait la preuve, acheva de lui donner la conviction qu'il n'était décidément pas un esprit : il se révélait bien trop bavard pour cela. Mais cela ne dérangeait pas la domestique qui, silencieuse et effarée comme la petite souris qui vient ramasser en cachette les dents de lait, écoutait d'une oreille le babillage de son nouveau compagnon tout en s'assurant de l'autre que tout se déroulait normalement. Il lui parlait de fantômes et de créatures magiques, et puis il lui offrit de l'aider en portant dans ses bras quelques bûches et demeura muet pendant les instants qui suivirent, concentré pour s'assurer qu'elles ne lui tombaient pas sur les pieds. Ils terminèrent la tournée ensemble, ne se séparant qu'au moment où les premiers bruits matinaux commençaient à se faire entendre. Pour le petit garçon, cela signifiait aller retrouver ses amis – pour Elizia, partir préparer le petit-déjeuner. Mais, avant de tourner les talons, Juliet lui proposa un rendez-vous. Cela fit sourire la jeune fille, qui lui expliqua qu'elle serait disponible dans deux soirs, au début de la nuit. Puis ils se séparèrent, chacun regagnant le monde des vivants.


*

Les jours suivants, Zia pensa beaucoup à ce petit lutin dont elle avait croisé par hasard la route. Son visage se substituait souvent à celui du héros de son livre et, pendant la journée, lorsqu'elle marchait dans les couloirs, elle ne pouvait s'empêcher de détailler du coin de l'œil les groupes d'élèves qui la dépassaient. Mais était-il seulement étudiant ici ? N'était-il pas un peu jeune pour suivre un des enseignements dispensés à l'Académie ? Elle nota cette question dans une petit partie de sa tête, se promettant de l'interroger là-dessus dès qu'elle le  reverrait.

La nuit précédant celle de leur rendez-vous, la rouquine eut du mal à s'endormir. Elle songeait aux ectoplasmes, aux revenants, mais surtout aux gardes qu'ils pourraient éventuellement croiser lors de leur chasse aux fantômes. Elle n'y avait pas réfléchi alors, mais n'était-ce pas illégal de se promener ainsi dans l'Académie, sans aucune raison valable ? Que feraient-ils s'ils tombaient, par exemple, sur l'Intendant en pleine crise de somnambulisme ? Et... Puis elle pensa au regard pétillant de Juliet, à son sourire étincelant, et elle se dit soudain qu'elle était bien sotte de s'inquiéter pour si peu. Que pouvait-il lui arriver avec un personnage sorti tout droit de ses contes de fées ? Ils se protégeraient mutuellement, et ce fut sur cette idée qu'elle plongea dans le sommeil.


*

La domestique était occupée à nettoyer la Grande Salle quand elle entendit les pieds de Juliet tinter contre le parquet à l'heure convenue – ces mêmes pas qu'elle avait perçus, deux nuits plus tôt. Elle se retourna pour lui sourire, avant de lui expliquer en quelques mots qu'elle devait tout d'abord ranger la pièce. Il lui offrit de l'aider, ce qu'elle accepta volontiers – d'ordinaire, c'était à deux que la Grande Salle se nettoyait, mais elle avait réussi à persuader son collègue qu'elle se débrouillerait très bien toute seule et qu'il ferait mieux d'aller se coucher, à cause d'un vilain rhume dont il n'arrivait pas à se défaire. La bonne volonté du garçon était touchante et, même s'il lui fallut parfois repasser derrière lui, elle le remercia chaleureusement. Ensuite, elle alla ranger ses ustensiles de ménage et, fin prête, rejoignit son nouvel ami. Comme il lui laissait le choix de l'endroit de leurs premières investigations, elle décida après une brève réflexion :


- Pourquoi pas les sous-sols ? Je suis sûre que, s'il y a des fantômes dans l'Académie, c'est là qu'ils doivent se cacher en premier.

En plus, là-bas, ils avaient moins de chance de tomber sur une patrouille de gardes, mais elle ne le rajouta pas.

*

Ce fut donc armés d'une lanterne pour elle et d'une épée en bois pour Juliet qu'ils se retrouvèrent au dernier étage de l'Académie. Le garçon hésita un instant devant la cave mais, compte tenu du dragon qui y séjournait, opta finalement pour la seconde solution. De son côté, Elizia n'avait jamais ni vu ni entendu parler d'un monstre dormant entre les étagères de nourriture, mais elle se fit la réflexion qu'il était peut-être juste très bien caché. Il faudrait qu'elle se souvienne d'aller vérifier le lendemain matin, si possible accompagnée de l'un des cuisiniers. À cette pensée, elle se rappela qu'elle devait demander à l'enfant ce qu'il faisait à l'Académie, mais il était déjà sur le point de pénétrer dans la Salle du Conseil et elle préféra lui emboîter le pas en silence. D'abord parce qu'ils devaient faire attention à ne pas se perdre de vue – on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Et ensuite parce qu'elle ne voulait pas effrayer les fantômes par le son de sa voix.

Même si elle n'était plus si certaine de souhaiter en rencontrer, tout à coup. Bizarrement, les pièces étaient très différentes selon l'heure de la journée à laquelle on les visitait. Parce que, si elle était déjà quelquefois allée à l'intérieur de la Salle du Conseil, afin de la dépoussiérer un peu, elle n'avait pas le souvenir qu'elle ait été si grande... ni si vide... ni si noire... Retenant son souffle, elle leva un peu sa lanterne, juste assez pour éclairer les immenses gradins qui trônaient en son centre. Tellement de rumeurs couraient sur ce lieu...

Elle sentit Juliet se rapprocher d'elle insensiblement et se décida à avancer. Serrés l'un contre l'autre, ils marchaient avec autant de précaution que possible, osant à peine respirer. Rejoignant d'un accord tacite l'un des murs de la pièce – au centre, ils auraient eu l'impression d'être observés par des centaines de paires d'yeux –, ils entreprirent d'en faire le tour sur la pointe des pieds. Zia aurait bien demandé au petit garçon ce qu'il avait lu sur les fantômes, par exemple comment les repérer ou s'assurer que leurs intentions étaient bonnes, mais elle ne pouvait se résoudre à ouvrir la bouche. Peut-être dans quelques minutes... ou encore lorsqu'ils seraient sortis... ou bien...


BOUM.

Un choc sourd ébranla la vaste salle, jusqu'au sol qui trembla légèrement sous leurs chaussures. Elizia sursauta si fort qu'elle faillit en lâcher sa lanterne tandis que Juliet étouffait une exclamation derrière la paume de sa main. Tous deux échangèrent un regard, et la jeune fille aurait été incapable de dire lequel d'entre eux semblait le plus nerveux.

- Ce... c'est rien, finit-elle par chuchoter. Ça doit être la porte qui s'est refermée toute seule... Oui, c'était sûrement cela. Elle en avait reconnu le bruit caractéristique. À cause d'un courant d'air... ça arrive souvent, tu sais...

Son murmure se perdit. Un courant d'air ? Au sous-sol ? Dans une pièce qui ne possédait ni fenêtre, ni ventilation ? Espérant que Juliet ne venait pas de réaliser l'absurdité de son hypothèse, elle reprit la parole dans un filet de voix :

- On va aller vérifier, si tu veux. Et rouvrir la porte.

Pour le moment, c'était cela le plus important. Rouvrir la porte. La rouquine se prépara à revenir sur ses pas, pour faire en sens inverse le peu de distance qu'ils avaient déjà parcouru. Sauf que, lorsqu'elle tourna la tête afin de s'assurer que Juliet la suivait, elle se raidit. Là-bas, tout au fond, de l'autre côté de la pièce, à l'exact opposé d'eux. Quelque chose avait bougé. Elle en était convaincue.


[J'espère vraiment ça te convient, pardon pour le retard ! ]


_______________
« On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »













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C'était un peu comme Cendrillon
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