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 Dansons d'amis en ennemis

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La Borgne
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MessageSujet: Dansons d'amis en ennemis   Mar 9 Déc 2014 - 22:01

Il fallait que Sareyn Til’ Lisan commence à être prise au sérieux. Après les ratés des dernières semaines, Marlyn avait passé un temps considérable à se racheter une conduite dans les cercles d’Al-Jeit qu’elle fréquentait, en partie l’Académie d’Al-Jeit. Ce qui la sauvait de la disgrâce, c’était l’intérêt que les professeurs portaient à son pouvoir. Même en le muselant du mieux qu’elle pouvait et en restant dans les basses Spires pour ne pas attirer l’attention, il était difficile de masquer l’aisance avec laquelle elle faisait les pas sur le côté, puisqu’elle les pratiquait depuis tant d’années. La Mentaï affinait son pouvoir exercice après exercice, mais rien ne pouvait cacher la déformation de son dessin, les habitudes prises à l’utiliser sans barrières pendant des années.
Tout cela avait fini par attirer l’attention sur Sareyn, la jalousie, l’envie, l’intérêt des rapaces, et de ces aigles aux franges dorées. Heureusement, Marlyn avait réussi, à force de contrôle sur elle-même, à s’adapter à ce monde, à affiner les angles de son propre personnage et faire passer Sareyn d’anomalie à simple curiosité. Passer sous la plupart des radars grâce à son lignage trop crasseux, attirer seulement ceux des déviants et des vrais chasseurs de tête grâce à son port, son handicap, ses nombreux pouvoirs, ce visage qu’elle avait toujours du mal à faire sourire sincèrement.

Elle avait réussi par parler aux bonnes personnes, et c’était en grande partie grâce aux informations de Makel Vil’ Ryval, qu’elle avait à nouveau dans ses bonnes grâces. Et quand était arrivée, scellée du blason des Dil’ Grenier, l’invitation au Bal qu’il organisait pour les jeunes premiers, La Mentaï sut qu’elle avait réussi son coup.
Ce Bal était crucial pour beaucoup de jeunes nobles de Chen et de Jeit réunis. Non seulement y étaient décidés beaucoup d’accords de mariage et de fiançailles, et permettaient aux jeunes gens de familles de se rencontrer sans le regard de leurs parents, mais c’était l’occasion rêvée d’étendre son influence et ses informations sur la fine crème de Gwendalavir au-delà des remparts dorés de l’Académie de Jeit. Aliénor et Pyotr l’y accompagnaient, et c’est au bras de ce dernier que Marlyn, corsetée de carmin brodé au Dragon et les cheveux tressés de fils d’argent, entra dans la fosse aux vipères.

Il régnait dans la grande salle de bal une chaleur étouffante, digne des fournaises de Khal du Vor. La demeure d’Archibald Dil’ Grenier était imposante, forte heureusement agrémentée d’un immense parc aménagé avec des tentures pour la soirée de manière à ce que chacun puisse se rafraichir dans les jardins.

D’un coup d’œil, Sareyn essaya de repérer les noms et les têtes que Dolohov lui avait conseillé de surveiller. Celles qu’il fallait flatter. Les fils et filles desquelles il connaissait le père. La jeune femme y repéra l’hôte, l’imposant Archibald Dil’ Grenier. Seul convive qui avait plus de trente ans, et qui les avait au moins doublement. Elle se dirigea vers-lui pour se présenter, mais lorsqu’elle arriva près de lui, il était en train d’invectiver furieusement son majordome, qui l’écoutait stoiquement déverser sa bile.

- … pu le laisser passer ?! Je lui ai spécifiquement envoyé une interdiction par lettre, qu’il ne puisse pas se présenter en me blâmant d’avoir oublié son invitation.

- Je regrette, Messire, mais Sire Vil’ Ryval s’est montré.. plus que réticent à quitter les lieux, et m’a informé qu’il ne partirait qu’escorté par les gardes de la ville. J’ai jugé qu’il valait mieux ne pas provoquer de scandale, et le laisser entrer.

- Tous les ans c’est la même chose
, Archibald se passa une main sur le visage, au dernier stade de l’exaspération.

- Demoiselle Skil’ Liches l’a présenté comme son cavalier pour la soirée, il m’était impossible sans briser quatre codes d’hospitalité différents de lui refuser l’entrée, Sire.

-  Cet homme sera ma mort, mon vieux Philibert. Veille à garder un œil sur lui et essaie de l’empêcher de b–

L’hôte tourna son regard vers Makel, en grande conversation avec Victoria Skil’ Liches et un verre de spiritieux déjà aux trois quarts vides à la main.

- … de TROP boire et de causer trop de scandales.

La majordome s’inclina, et s’en fut à ses occupations. La borgne laissa le temps à Dil’ Grenier de recomposer son masque et de retrouver son calme en accueillant plusieurs autres invités avant de se présenter elle-même.


- Sire Dil’ Grenier, c’est le plus grand honneur de faire partie que vous considérez dignes de joindre vos festivités cette année. Vous avez,
souffla-t-elle en esquissant un sourire qu’elle s’était entrainée à faire la veille  devant le miroir fêlé de son repaire, toute la reconnaissance de Sire Til’Lisan pour avoir donné à sa fille une chance de côtoyer les plus belles fleurs de l’Empire.

Dil’ Grenier s’inclina à son tour.

- Il me fallait voir de mes propres yeux la jeune femme de Vor qui est sur toutes les lèvres de mes grands amis d’Al-Jeit et dont Dame Dil’ Glass n’a de cesse de me conter les aventures.


En s’éloignant pour rejoindre la réception, Sareyn serra légèrement les dents. Sous ces couverts de politesse, l’hôte avait établi sa dominance sur elle, en établissant qu’il savait qui elle était. Et la doyenne Dil’ Glass ne tenait pas Sareyn dans son cœur, bien que cela se soit amélioré depuis que Marlyn faisait profil bas. En quelques mots déguisés sous l’apparat, Archibald l’avait mise en garde. Il la jugerait sur ses actions, et elle n’aurait qu’une chance de prouver sa valeur à ses yeux, et de contredire tout ce que Jocasta avait déjà raconté sur elle.

Et la présence de Makel Vil’ Ryval n’arrangeait absolument rien à ça. Makel et discrétion étaient deux concepts tellement opposés qu’ils ne pouvaient simplement pas exister dans la même pièce.
Avec un peu de chance, il serait trop occupé à entrer sous les jupes de Victoria pour s’intéresser trop à elle.
Victoria… Marlyn ne s’était jamais assez intéressée à cette amie d’Aliénor, avec laquelle elle entretenait des rapports polis sans être proches, pour s’enquérir de son nom de famille.
Evidemment, il fallait qu’elle soit Skil’ Liches. Et les chances qu’il existe deux familles Skil’ Liches dans l’Empire de Gwendalavir étaient à peu près aussi hautes que la chance qu’un œil lui pousse à nouveau dans l’orbite.

La borgne réfléchissait aux implications d’avoir une Skil’ Liches trop proche d’elle tout en dansant au bras d’un jeune homme discret et de moindre importance, lorsque l’annonceur s’adressa à nouveau à la foule, comme à chaque fois qu’un nouveau convive entrait.

Et le nom Skil’ Liches résonna à nouveau sous les voutes de la salle, et le long de la colonne vertébrale de la Mentaï.
Arro Skil’ Liches.
Dont le regard répondait parfaitement au sien, d’un bout à l’autre de la pièce en un lien aussi invisible que l’air et aussi chargé qu’un orage.

- Le Dragon me garde
, ne put-elle s'empêcher de murmurer, alors qu'un sourire lui déformait inconsciemment le coin des lèvres.



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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Mer 10 Déc 2014 - 3:49


Arro marchait le long de la rue principale, se dirigeant vers la maison d'Archibald Dil'Grenier. Il grommelait à voix basse. Fallait-il vraiment qu'il participe à cette soirée ? C'était une de ces nuitées mondaines où les nobles bavassaient des derniers potins en tentant vainement de soit se vendre, soit d'acheter. C'était juste un Bal où les gens allaient tenter de se séduire pour gagner faveurs et autre petit bonus. Qu'avait-il à faire là ? Il était marié et avait d'autres chats à fouetter. Il se répéta encore une fois « Pour représenter la famille Skil'Liches », suivi d'un « je t'en foutrais de la famille Skil'Liches moi, grnmlblegrmle ».

En fait, ce qui l'avait convaincu c'était surtout que sa petite soeur, Victoria, y allait aussi. Il avait l'impression que la jeune dame avait été jetée dans la fosse aux lions sans savoir ce qui l'attendait. Bien sûr, il se trompait. Arro s'en était bien rendu compte, durant les quelques jours qu'il venait de passer dans le manoir. Oui, comme cela faisait une trotte de venir depuis l'Académie, il avait décidé qu'il resterait un peu plus longtemps. Et ce fut avec joie qu'il apprit que sa soeur avait eu la même idée. La jeune femme avait changé, en même temps ce n'était pas dur, les rares fois où les deux enfants Skil'Liches s'étaient croisés dataient d'il y a bien deux-trois ans. Bien sûr, ils gardaient contact via lettres, mais ce n'était pas la même chose, croyez-moi. Mais là, ce n'était plus la Victoria un peu naïve, contente d'avoir reçu le Don, prête à partir à Al-Jeit des pétillements dans les yeux. Non, elle s'était affiné, cachant son jeu, réussissant par moment à surprendre Arro lors des boutades verbales. L'Académie d'Al-Jeit l'avait transformé.

Tellement qu'elle n'avait même pas daigné attendre son frère et qu'elle lui avait juste dit qu'elle devait partir avec son cavalier. Le marchombre avait déjà imaginé la soirée, discutant avec sa soeur, s'échangeant des piques, blaguant sur les nobles... D'un coup, tout c'était écroulé. Donc c'était un peu pour ça que l'homme avançait en grognant.

Il arriva bientôt près du porche du manoir Dil'Grenier et s'arrêta un peu avant dans la pénombre. Il fit une première vérification d'usage pour voir s'il était convenablement bien habillé. Ses bottes de cuir gris souple était bien tiré vers le haut et lui serrait affreusement les mollets. Il en profita pour soulever son pied gauche et vérifier que la cache à crochet n'avait aucun problème. Son pantalon, qui bouffait légèrement en sortant des chausses, était bien lisse et aucune tâche n'apparaissait sur sa teinte noire. Il tira un peu sur sa veste, cherchant à enlever les quelques plis que sa marche rapide avait créé. Délicatement, il tâta la petite sacoche qu'il portait à une ceinture, contenant sa flûte et sa pipe en bois, deux choses dont il ne pouvait pas se passer. Une fois cela effectué, il passa sa main entre le pourpoint vert foncé et sa jaquette pour vérifier que ses outils cachés dans ses poches secrètes étaient toujours là. Il tata aussi son poignet gauche, son porte-poignard était bien attaché et que les sangles soutenant son arme tenaient bon. Le marchombre vérifia qu'il y avait bien accès rapidement. Pour finir, il retapa un peu le foulard qui lui serait le cou, plaquant le haut noir qui formait la dernière couche de vêtement et réajusta sa cape. Il tata le pommeau de sa canne. Son père lui avait prêté. C'était une magnifique tête de loup sculpté qui se transformait en petit manche avant de partir en véritable bâton de marche. (Voici à quoi ressemble Arro)

Tout l'attirail qu'il portait ne lui serait sûrement d'aucune utilité, mais l'Académie lui avait appris une chose, on n'est jamais trop prudent. Il épousseta une dernière fois ses épaules, faisant volter le tissu noir de sa houppelande et s'avança dans la lumière en faisant claquer sa badine sur le sol. Il salua le serviteur qui tenait la porte, tendit son invitation et passa à l'intérieur. Il s'avança dans le hall vers le salon où la petite fête battait son plein. Le marchombre dégrafa sa cape et la tendit au Majordome qui pendant ce temps l'avait annoncé. Il lui laissa aussi sa canne, frotta ses doigts les uns contre les autres, laissant le tissu de ses gants légèrement le chatouiller et jeta un coup d'oeil à l'assemblée. Avant même d'avoir pu contempler et analyser le cavalier de Victoria, Arro s'arrêta net. Un regard le fixait et il faisait de même.

Quelles étaient les chances qu'ELLE soit ici. Il l'avait reconnu dès le début, malgré son maquillage, sa belle robe et son sourire. Cela devenait de plus en plus évident qu'un être supérieur s'amusait avec sa vie. Marlyn Til'Asnil ce tenait là et soutenait son regard. Une tension entre eux devenait palpable. Archibald coupa rapidement court à cette joute visuel.


-Sieur Skil'Liches ! Vous voilà, comment allez-vous, mon cher ami ?

D'habitude, Arro l'aurait laissé parler dans le vide, mais là, dans une telle soirée, cela aurait été fortement mal vue. Du coup, il se força à détacher ses yeux et répondit :

-C'est un plaisir Sir Dil'Grenier, tout va parfaitement bien, je compte bien profiter de votre soirée pour rencontrer quelques personnes. Après tout, nous sommes aussi ici pour ça, n'est-ce pas ?

-Oui, oui, en effet...

L'homme prit un air contrit, comme s'il cachait un lourd secret, puis se lança tout de go, sans se démonter.

-Veuillez m'excuser pour mon impertinence, mais je ne peux me taire plus longtemps. Je crains pour votre soeur... Voyez-vous, son cavalier, Sir Vil'Ryval a une certaine... réputation dans les bals... Et elle est loin d'être bonne. Je ne doute pas du discernement des Skil'Liches, mais tout de même, cela me semble risqué... Peut-être pourriez-vous lui en toucher quelques mots... Cela serait déplacé que ça vienne de moi... Vous comprenez ?

Ce qu'Arro comprenait,c'était surtout que le dit Vil'Ryval gênait fortement Archibald... Mais étant pieds et poings liés par les convenances, il ne pouvait rien faire. Le cavalier de sa soeur devait être vraiment un sacré numéro pour que Sir Dil'Grenier demande ce service.

-Oui, je comprends. Mais avant cela, j'ai une demande à vous soumettre aussi. La jeune dame, au fond, là-bas... Vous pouvez me dire son nom ? Il me tarde de faire sa connaissance.

-Oh, oui, vous parlez de Sareyn Til'Lisan, elle nous vient de Vor... Je crois d'ailleurs qu'elle étudie avec votre soeur à Al-Jeit.

-Merci bien, je verrais ce que je peux faire pour ma soeur. Ne vous inquiétez pas.

Mais, loin de lui l'idée d'aller voir Victoria et son cavalier, non. Il devait d'abord savoir pourquoi, pourquoi Marlyn Til'Asnil était ici et se faisait passer pour quelqu'un d'autre. D'un pas alerte, il s'approcha de la demoiselle, priant la Dame et imaginant la conversation qui allait suivre, sûrement des plus terribles...
Spoiler:
 
Puis lorsqu'il fut en face d'elle, il se courba légèrement.


-Mademoiselle Til' Lisan, un véritable plaisir de vous rencontrer...

Le ton était acerbe. Les yeux d'Arro reflétaient la fureur et l'incompréhension qu'il se força de refouler. Une question subsistait et les deux se la posèrent du regard. Mais, putain de bordel à queue, par les balloches du dragon, qu'est-ce que tu fous ici ?



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La Borgne
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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Lun 22 Déc 2014 - 1:39

La silhouette d’Arro s’évapora derrière celle de Sire Dil’ Grenier comme un fantôme.
Marlyn cilla.

A cause de la surprise et de la sensation de danger qui commençait à l’agiter, la jeune femme marcha sur le pied de son cavalier du moment, ce qui la força à se concentrer et lui tourner à nouveau le visage. Il lui décocha un sourire si passe-partout, une politesse si bien tournée et si spontanée… Cette manière de sourire qu’elle avait vu à Dolohov lorsqu’il était le Sire, les yeux qui n’exprimaient rien de ce que le reste du visage exprimait, les mots agencés comme une œuvre d’art.
Cet homme qu’elle avait juste pris pour un nobliaud discret et qui ne présentait aucun intérêt venait de réveiller le sien. Un autre Mentaï ? Un homme aux ambitions qui n’avaient d’égal que les offres qu’on pouvait lui faire ? Un espion ?

Elle aurait voulu pouvoir le sonder. Pourquoi déplier ses questions lentement au cours de la soirée, réfléchir à l’inflexion de certains de ses mots, trouver un moyen d’apprendre son nom, s’accorder un peu de temps, peut-être même pouvoir en discuter avec son maître si elle avait l’occasion avant de prendre le moindre risque.
Mais il restait Arro Skil’ Liches qui lui hantait la tête comme elle avait probablement hanté la sienne. Arro Skil’ Liches, qu’elle était incapable d’éviter, et qui surveillait probablement à qui elle parlait, de quoi ils pouvaient parler. Arro Skil’ Liches, qui avait toujours eu la capacité de voir à travers d’elle comme dans l’eau du lac Chen.
Faire profil bas toute la soirée était impensable, elle s’y était préparée depuis trop longtemps, l’occasion était trop belle, trop importante pour relancer ses affaires et tisser de nouveaux filaments à ses multiples réseaux, surveiller ceux des autres, les alliances passées au détour d’un petit four et les règlements de compte sous les tables.

Le marchombre, qu’elle surveillait toujours du coin de l’œil, venait de la désigner du menton à l’hôte de leur soirée, lequel l’avait regardée quelques secondes.
La borgne serra les dents.

Venait-il, ce maudit marchombre, de la dénoncer à ce noble ?
Toute l’attention de Marlyn se focalisa sur Dil’ Grenier, et surtout son majordome qui venait de disparaitre à l’extérieur. Appelant la garde pour l’appréhender ? Transmettant un message à la Légion Noire pour qu’un guet apens lui soit tendu ?
La paranoïa la gagnait, et la jeune femme fut incapable pendant quelques minutes de garder son masque. Elle perdit de vue son cavalier de première danse, parvint à peine à esquiver Makel. Chaque ombre était un agent dépêché pour arrêter La Borgne, chaque convive un espion supplémentaire.
Et Arro qui se dirigea droit sur elle, au détour d’un groupe de jeunes femmes nubiles qu’elle ne connaissait pas. Tu veux, quoi ? Te laver les mains en me donnant une minute d’avance ?
Sareyn était sur le point de faire un pas sur le côté en plein milieu de la salle de réception, mais la curiosité le disputait à la sensation d’urgence. L’envie, un peu irréfléchie, d’essayer, encore, d’essayer de nouer quelque chose avec lui, quand bien même c’était impossible.
Son plus vieil ennami.


- Le plaisir est mien, Sire Skil’ Liches,
répliqua-t-elle avec le même ton guindé et le sourire crispé, tout en esquissant la plus petite référence possible – question de ne pas le quitter des yeux.

La surprise était mutuelle – qui aurait pu dire qu’ils se verraient dans de pareils atours un jour ? Le marchombre semblait mal à l’aise dans tous ces vêtements complexes, ces couches et ces couches d’artifice, mais il n’en restait pas moins tout aussi vif. Tout aussi dangereux – elle n’avait jamais réussi à le battre.
Être vue en train de parler avec lui… serait-ce suffisant pour que les plus aguerris des espions fassent le lien ? Retracent à l’Académie de Merwyn, déterrent les vieux cadavres et exhibent le sien fraichement fouetté ?

- La soirée est particulièrement agréable et je prie les dieux pour qu’elle reste ainsi, que nous puissions tous nous amuser sans heurts. L’opportunité idéale de laisser le passé derrière nous pour un soir et de tisser des liens avec de … nouvelles personnes.


Son regard appuyait les mots qu’elle avait volontairement accentués, ceux qu’elle avait voulus transmettre. La borgne n’arrivait pas à lire sur le visage du marchombre s’il avait déjà fait avertir qu’une louve recherchée se déguisait parmi les agneaux

- Peut-être m’accorderez-vous la troisième valse ? Vos atours y resplendiront,
dit-elle avec une petite pointe d’amusement en désignant du regard les lourdes broderies des vêtements nobles d’Arro.

Elle sentait qu’il était perturbé par la voix de Sareyn, légèrement plus aigue, et cet accent noble si affecté. Mais elle devait jouer le jeu. Tous leurs gestes, leurs voix et leurs mots étaient décortiqués en permanence, à eux tous, sous un feu de projecteurs permanent, et la jeune femme ne pourrait pas se permettre de briser l’image de l’héritière des Til’ Lisan.

Elle s’éloigna peu après, le cœur battant et incapable de retrouver la moindre sérénité. Le regard d’Arro la hantait.
La hantait quand elle retrouva Victoria Skil’ Liches et discuta un peu avec elle des nouvelles têtes de la soirée, déconcentrée.
La hantait quand elle partagea un verre avec ce jeune homme si majest-ien qui vint lui porter lui-même – chasseur de têtes, il l’avait repérée aussi et ils se jaugeaient, derrière le cristal. Elle en arracha un nom, entre deux reflets d’Arro dans le verre qu’elle ne pouvait s’empêcher de surveiller, dansant au bras de sa sœur.
En spectres mutuels à faire écho aux mouvements de l’autre. La colonne vertébrale de Marlyn se crispa d’autant en filant discrètement le majordome et leur hôte. Percevant seulement les mots clefs qui l’inquiétaient tant, « garde » et « surveiller ».
Il fallait absolument qu’elle parvienne à parler à Arro Skil’ Liches en tête à tête.

La troisième valse allait bientôt être appelée, et la marée des cavaliers les amenait tous les deux l’un vers l’autre. Elle allait lui tendre le bras pour en faire son cavalier lorsqu’une image détestée s’y superposa.
Makel lui coupa le passage, Victoria Skil’ Liches au bras.

- Sareyn, ma douce amie ! J’ai bien cru que vous m’éviteriez pour le restant de vos jours..
Le décadent quadragénaire voulut lui passer un bras autour de la taille que la jeune borgne évita d’un pas en arrière. M’auriez-vous remplacé plus vite que je n’ai eu le temps de le faire ?

Il se tourna vers Arro, à qui il coupait également le chemin, et empêcha à Marlyn de l’évincer en reprenant aussitôt la parole d’une voix déjà teintée d’alcool.

- Makel Vil’ Ryval, vous devez être Arro Skil’ Liches, mon nouveau beau-frère. Votre sœur est un délicieux petit bout de femme. Je vous proposerais bien de le partager, mais d’aucun crierait au scandale. Néanmoins, je ne suis pas homme jaloux car je vous prête Sareyn la soirée, laissez-moi tout de même quelques-unes de ses grâces !

Il fit un clin d’œil à Arro, et lui tendit la main qui n’était pas occupée à presser les flancs de Victoria.



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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Lun 23 Fév 2015 - 4:58


C'était vraiment dur de garder son calme et affiché un sourire quand tout votre corps et votre conscience souhaitent tout simplement envoyer un énorme pain dans la face de la personne en face. * Le plaisir est tien ? Oui, cela se ressent, derrière ce sourire crispé, cette posture guindée, le « plaisir ». * Arro gardait son masque, écoutait chaque mot attentivement, cherchait le moindre sens. * Oh que oui, la soirée va être agréable... Elle doit l'être, car nous savons comment ce jeu de dupe fonctionne, toi et moi. * Ils se regardaient l'un l'autre, comme deux loups. Et tous ces toutous dressés et pouponnés autour d'eux ne s'en rendaient même pas compte. Ils n'allaient pas se jeter l'un sur l'autre, non, ils l'avaient déjà fait, plusieurs mois auparavant... Quasiment un an d'ailleurs.

Le marchombre gardait un petit souvenir, sur son visage. Il se crispa un petit peu quand Marlyn se moqua de ses habits. Par la Dame, elle n'était pas mieux lotie, cachée sous tous ces froufrous et dentelles.


-Je suis déjà impatient de vous retrouver à ce moment-là. Je devrais me contenter de vous voir virevoltez, vous et votre robe, en attendant.

Une petite révérence pour clore la discussion et il la laissa partir aux bras d'un gentilhomme. Sûrement une de ces « nouvelles personnes » avec qui il faudrait « tisser des liens ». Arro parut s'en aller vers un autre groupe, mais il ne quittait jamais totalement Marlyn des yeux. La soirée n'allait pas être si ennuyeuse, finalement. D'habitude, c'était juste un enchevêtrement de conversations totalement dénué d'intérêt, de langages corporels tellement usuels. Rien de bien intriguant et amusant. Mais là... Là... Il avait un parfait sujet à observer, quelqu'un qui était tendu rien que par sa présence, qui n'allait pas se mouvoir comme les autres pigeons qui roucoulaient autour. * Ce soir, Marlyn, je ne te lâcherais pas *

En fait, au fond de lui, le marchombre était content. Bon, c'était planqué sous des tonnes de couches de rancunes, quelques graines de haine et un léger, très léger saupoudrage de peur. Mais, oui, il était heureux de revoir sa vieille ennami.

Du coup, Arro alla se placer dans sa zone de sécurité en cas de soirée mondaine. En bref, le buffet. À cet endroit, il y avait bien moins de personnes susceptibles de venir lui parler. Ainsi, il pouvait observer sans être dérangé par une discussion totalement futile. Les gens ici allaient et venaient, prenait un petit quelque chose à grignoter et repartait aussitôt pour s'intégrer dans toute cette noblesse. Il attrapa quelques amuse-gueules. S'installa contre un mur et commença à contempler les danseurs de son oeil avisé.

Il regardait les couples se former, les alliances se faire. Les groupes autour observait aussi, mais dans un but plus vénale. Les informations sur qui parle à qui, qui danse avec qui, sont toujours inestimables. Dans de telles soirées, les ragots sont la plus précieuse des monnaies. Ils s'échangent facilement, sont inextinguibles et font toujours plus de mal qu'il n'y paraît. Le marchombre passa ses yeux de personne en personne, voyant qui devenait les noyaux des conversations, certain résistait aux assauts incessant de la masse, d'autre se voyait déchiré, mis à nue, totalement détruit. Ainsi se forme la jeunesse en sommes.

Arro s'attarda un peu plus sur Marlyn. Elle s'intégrait parfaitement dans cette grouillante foule de noble. C'était impressionnant. Il ne pensait pas que c'était une des compétences du panel de la Mercenaire. Il remarqua aussi ses yeux qui ne cessaient de le suivre. Un sourire jubilant s'étira sur ses joues. Le marchombre résista à la tentation de lui faire un petit signe de la main, avec un énorme sourire moqueur sur la joue. Cela aurait vraiment été inconvenant. Sa joie se stoppa brutalement quand elle s'approcha de Victoria. Oh ma Dame, c'était vrai qu'elle se côtoyait à l'Académie d'Al-Jeit. Par le Dragon, devait-il la prévenir ? Était-elle en danger ? Non. Si Marlyn avait voulu tuer sa soeur, elle l'aurait déjà fait. Arro grogna dans sa moustache, il devait lui parler, en tête-à-tête, sans personne pour les déranger.

La troisième valse allait bientôt commencer. C'était un petit soulagement, ils allaient pouvoir discuter un peu, pas sur les sujets sensibles bien évidemment, mais pour se donner rendez-vous dans un coin plus tranquille, plus sombre, à l'abri des regards.

Alors qu'il s'avançait vers Marlyn, tendant le bras pour entrer dans la danse, une silhouette s'interposa. L'homme qui lui faisait face était étonnamment vieux pour la moyenne d'âge de la soirée... Et il empestait l'alcool... Arro aurait pu gérer un simple guignol, mais celui-ci était au bras de sa soeur. Il sera les dents quand le noble se présenta. Ce qui lui fit serrer les poings furent le « futur beau-frère » et le « délicieux bout de femme ». S'ils avaient été dans une rue, loin de toute cette mondanité, le marchombre lui aurait démonter la face, voir pire. Mais il devait se calmer. Les mots sont aussi des armes et on lui avait appris à les manier.


-Ma fois, c'est fort charmant de votre part. Seulement, je ne peux me permettre de vous appeler beau-frère. Voyez-vous, je connais ma soeur et, j'espère que vous le savez, elle a bon goût. C'est pour cela que malheureusement, je crains que nous ne serons jamais de la même famille. Oui, nous respectons le choix de nos dames dans la famille Skil'Liches. Voyez ça comme de l'avant-gardisme, mais c'est juste du bon sens. Ma mère et ma soeur sont bien plus redoutables qu'elles ne vous le font croire. En tout cas, je vous souhaite bonne chance pour vos projets, vous en aurez besoin. Passez une bonne soirée, Sieur Vil'Ryval.

Le jeune homme tendit sa main, ignorant le regard démoniaque que lui lançait sa Victoria. Makel tomba dans le piège de lui la serrer. Arro appuya fort, appuyant là où cela fait mal, puis il délaissa le vieil homme pour se concentrer sur sa cavalière. La prenant par le bras, il l'entraîna au milieu de la piste. La valse pouvait enfin commencer.

[HRP : J’espère que ça te va I love you ]



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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Sam 14 Mar 2015 - 22:18

( J'espère que ça te laisse assez d'opportunités @@ )

A l’évidence, Makel Vil’ Ryval avait la répartie parfaite à la diatribe d’Arro Skil’ Liches. Il avait toujours la réponse parfaite, on ne lui faisait pas à lui. Il était sur le point de sortir cette réplique cinglante et si finement ciselée, mais les sons se bloquèrent dans sa gorge en un petit squick qu’il parvint à réprimer.
Arro lui serrait la main, non lui broyait la main volontairement, et il fallut à Makel toute sa concentration pour tenir jusqu’au bout. Ah ça, il ne perdrait pas à un jeu de qui aurait la plus grosse. Malgré la douleur dans ses jointures et ses doigts écrasés par une force qu’il ne pouvait pas espérer vaincre, le noble ne retira sa main que lorsqu’Arro le fit lui-même. Et se retint de la masser juste assez longtemps pour que ce maudit rustre sorte de son champ de vision avec Sareyn.
Cette sorcière, qui lui fit une petite révérence avant de se laisser guider sur la piste de danse. Elle n’avait vraiment aucun goût, pour préférer une poigne ferme à son doigté précis.

*
Le chef d’orchestre battit la mesure, et les couples se mirent lentement à tourner, petits automates sur la scène lustrée.

La proximité physique les gênait tous les deux, la main d’Arro effleurait à peine son dos au lieu d’y être posée fermement, et elle ne touchait qu’à peine son épaule. La valse n’était peut-être pas la plus sulfureuse des danses, mais elle nécessitait un contact constant, de regard, de jambes, de mains. Mais c’était la seule danse dont les pas étaient suffisamment simples pour qu’ils puissent avoir une discussion en tête-à-tête sans être entendus des autres membres de l’assemblée, et si la hanche d’Arro contre la sienne était le prix à payer…

- Serait-une arme contre votre jambe, sire Skil’ Liches, ou êtes-vous juste content de me voir ?
murmura-t-elle à brûle-pourpoint.

Elle avait eu l’effet désiré : il lui jeta un regard franc, alors qu’ils évitaient de se parler depuis le début de la danse. La pièce se diluait dans le flou de leurs mouvements, la musique les isolait des bruits extérieurs, c’était comme se rencontrer dans une pièce vide.
C’était aussi l’informer qu’elle était alerte, qu’elle avait senti la sangle sous le tissu de son pantalon, qu’elle savait qu’il était armé, et qu’elle avait sans doute senti l’emplacement d’autres armes. Le contraire était probablement vrai aussi, même si la jeune femme doutait qu’il songe à considérer la longue épingle dans ses cheveux comme son arme la plus sûre.


Dans un autre monde, ils auraient pu danser sans faire ce calcul permanent.

- Je n’ai aucune intention de faire du mal à ta sœur, ni à quiconque dans cette soirée
, murmura-t-elle rapidement, pour répondre à la question silencieuse qui restait entre eux.

Il était impératif qu’il la croit, et Marlyn savait que ce n’était pas impossible malgré leurs… différends. La violence ne marchait pas contre lui, et il fallait absolument qu’elle préserve sa couverture. Et qu’elle arrive à le convaincre que ça lui serait plus utile de garder le silence sur sa véritable identité… Le chantage, elle pouvait vivre avec. Une accusation d’un témoin oculaire qui en savait autant sur elle, non.

- Je t’ai vu parler de moi avec Dil’ Grenier. Et son majordome a pris contact avec les gardes peu après. On n’a pas besoin d’en arriver là.
L’urgence dans sa voix devait se sentir, parce qu’ils ralentirent légèrement leur danse pour pouvoir réfléchir mieux. Si.. ton sens du devoir t’a incité à me dénoncer, il n’est pas trop tard pour les empêcher de perturber la soirée avec de fausses accusations.

Elle s’interrompit, lorsqu’un autre couple les frôla, et ne parla plus pendant quelques temps, tâchant de repérer dans la pièce si les serviteurs et les gardes s’agitaient plus que d’ordinaire. Arro restait silencieux, comme s’il réfléchissait à ce qu’il convenait de faire, ou parce qu’il tentait de l’ignorer. Ils étaient suffisamment proches pour qu’elle voit à travers les traits de Sire Skil’ Liches, et elle savait qu’il ne voyait rien d’autre que Marlyn, à son bras.

- Sire Skil’ Liches et Demoiselle Til’ Lisan peuvent sûrement trouver un terrain d’entente, non ?

Il fallait qu’ils trouvent un endroit tranquille, un endroit loin des espions et des curieux. Là, ils pourraient s’expliquer au calme, sans avoir besoin de regarder par-dessus leur épaule en permanence pour un Légionnaire Noir ou un Mercenaire du Chaos.



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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Mer 27 Mai 2015 - 3:00


La danse aurait pû être agréable... Aurait pû. Pourtant, Arro faisait tout pour passer au-delà, juste apprécier le moment... Mais non, non, il ne pouvait pas juste danser et discuter sans sentir cette pointe d'amertume dans sa bouche. La petite pique d'humour fit sourire légèrement le marchombre. Il répliqua naturellement :

-Je crains que tu ne te fasses des fantasmes... Je n'ai pas de dague ici et suis bien loin d'être heureux de te voir.

Il insista sur le "ici". Oui, ce n'était pas un endroit pour cacher une arme. Trop de risques pour sa descendance. Non, son poignard était dans sa manche, bien planqué, prêt à être utilisé. Mais Marlyn allait le découvrir bientôt, non pas qu'il allait le sortir, mais les mouvements de la danse permettaient parfaitement de vérifier les poignets. Enfin, si elle pouvait le faire, lui aussi. Même si cela ne ressemblerait pas à son ennemi. Non, le dessin était son arme... Et son don était redoutable. Arro était cependant sûr d'être en sécurité tant que la soirée battait son plein. Il avait donc des problèmes plus immédiat que sa propre vie.

La discussion était pour l'instant à sens unique. Le marchombre se contentait d'écouter, il osa même laisser un long silence après la proposition de la Dessinatrice. La laissant psychoter sur sa discussion avec Dil'Grenier. Puis, lors d'un des nombreux tournoiements de la valse, il commença :


-Bien sûr, Damoiselle Til'Lisan et Sir Skil'Liches pourront s'entendre. Ne gâchons pas cette soirée. Après tout nous jouons tous les deux un rôle dans cette mascarade... Et nous ne voulons pas tout détruire maintenant.

Il s'arrêta quelques secondes, le temps de quelques pas, puis reprit, doucement, susurrant, sur un ton froid.

-Mais je crains que Marlyn et Arro auront bien du mal à trouver un... terrain d'entente.

Un petit faux sourire, de nouveau un petit tour.

-En tout cas, ce n'est pas pendant cette danse que nous discuterons des sujets... sérieux que nous souhaitons abordé... N'est-ce pas ?

La valse continuait dans ce semi-silence. L'un et l'autre n'arrivait pas à s'appréhender, imaginer, discuter calmement avec ce qui est supposé être votre pire ennemi... Vous n'auriez pas un peu de mal à trouver un sujet qui ne risque pas de partir en une rixe ? C'était donc une sorte de double danse qu'il menait, la valse, naturellement et celle de leurs mots.

-J'ai vu un balcon, la vue doit être magnifique... Cela ne te tenterait pas ? Nous y serons bien plus tranquille. Les nobles n'aiment pas vraiment sortir dehors.

Il fit une pause et continua.

-Cependant, nous devrions éviter d'y aller en même temps. Cela risquerait d'attirer l'œil... Et de donner matière à rumeur.

Tournant une nouvelle fois pour vérifier un peu les personnes qui les regardaient. Rien à signaler, hormis Makel, après tout, Arro lui avait broyé la main.

-Enfin, tu sais, le balcon est souvent le rendez-vous des amants... Et je pense que toi comme moi n'aimerions pas qu'un ragot circule sur une relation entre nous... Rien que d'y penser, c'est juste... Bizarre.

Il eut une impression étrange... Ce n'était pas réellement descriptible. Mais... imaginer vous avoir la pensée fugace que quelqu'un s'imagine que vous sortiez avec votre pire ennemi... Ben voilà. Vous avez l'idée de ce sentiment.

Heureusement la danse arrivait à sa fin. Dans les derniers pas de danse, il lâcha pour conclure :


-Donc, le balcon ?

[HRP : J’espère que ça t'ira I love you]



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La Borgne
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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Jeu 16 Juil 2015 - 22:18

Parler de sujet sérieux.
Arro était prêt à.
Lors des dernières virevoltes de la danse, Marlyn considéra le visage du marchombre. A quel point était-ce un bluff ? Il n’avait pas démenti directement pour les gardes, et s’il était d’accord pour une trêve publique, il venait de lui rappeler en murmure qu’ils ne pourraient jamais combler le fossé qu’il y avait entre eux.

Le balcon… ça la fit sourire intérieurement. Lui rappelait cette première danse qu’elle avait partagée avec Dolohov en public, et les quelques moments qu’ils avaient passé sur ce balcon, à mots murmurés. Lorsqu'Arro parla de rumeurs, en écho de ses pensées, elle manqua d’étouffer une exclamation outrée.

- Bizarre, je ne te le fais pas dire. Je crois qu’aucune de nos moitiés ne se remettrait d’une pareille rumeur…  
Les sourcils d’Arro se froncèrent à l’allusion de Kushumaï, comme s’il y avait une menace cachée dans ces paroles, mais Marlyn rit de la même ironie qu’Arro avait mise.

Bon sang qu’ils étaient incapables de communiquer sans voir dans chaque phrase une menace pour le monde de l’autre. Et ils ne seraient probablement jamais capables de dépasser ça.

- Balcon, messire. Les demoiselles en premier, comme ils disent en bonne société. Je compte bien que vous ne la ferez cependant pas trop attendre.


Elle conclut de la même révérence à la fin de la danse, et s’effaça pour retourner à la périphérie de la Salle.
De deux choses l’une : ou bien Arro lui avait tendu son embuscade sur le balcon, et l’espace clos l’empêcherait de s’enfuir, ou bien il tenait vraiment à lui parler sérieusement. Parler de quoi ? Que restait-il à dire entre eux… ? Y avait-il opportunité ?

S’il n’y avait pas, il fallait créer, se martela-t-elle. Son réseau, elle, étaient dans une période où il fallait forcer la chance et les dieux, et recréer leur propre chance, ou ils ne s’en sortiraient jamais. Arro pouvait être un atout précieux pour elle, il fallait juste trouver le bon moment, le bon marché…
Pouvait-elle compter sur cette loyauté étrange qui liait, malgré tous, les anciens débris de Merwyn contre le reste de l’Empire qui ne pouvait pas les comprendre ?

Après avoir donné le change à une des amies de Aliénor qu’elle avait rencontré plusieurs fois, Marlyn s’excusa, prétextant d’être indisposée. Des rideaux menaient à l’extérieur, les fenêtres avaient été laissées ouvertes pour faire entrer la fraicheur du soir dans la salle surchauffée. En les traversant avec précaution, la Borgne eut la surprise de découvrir qu’il ne s’agissait pas d’un petit balcon de ville, mais d’une veritable terrasse suspendue qui tenait sur toute la façade du manoir, avec ses recoins, ses treillis en glycine, des lanternes, et l’horizon du lac à perte de vue. Quelques bancs avaient été disposés au bord pour que les invités puissent profiter du paysage.
Malgré la beauté de l’arrangement, la terrasse était vide. Trop tôt encore dans la soirée pour que les couples se retirent, que les alliances se créent derrière les thuyas, que les complots se forment. Pour l’instant, le pot-pourri du Bal était trop prenant.

D’un œil exercé, la Mentaï examina le balcon. Suffisamment grand pour se donner de l’espace s’il fallait résister à une arrestation, les treillis étaient suffisamment peu épais pour repérer les silhouettes qui se planqueraient derrière, mais il valait mieux ne pas compter sur sa propre vue… Après avoir fait le tour de l’endroit pour s’assurer qu’il n’y avait personne pour lui sauter dessus depuis les plantes en pot, la jeune femme se pencha.
La chute serait haute, s’il fallait sauter. Le Lac était trop loin pour sauter directement dedans, et il faisait trop sombre pour voir si des buissons amortiraient sa chute. Ne pas compter dessus, donc.
Patiemment, Marlyn choisit un banc à l’extrémité est du balcon, et qui était tourné vers la scène plutôt que vers le paysage. De cette sorte, elle pouvait le voir arriver, et ses arrières étaient complètement couverts.

Il arriva peu après – seul. Il ne lui fallut que quelques secondes pour la trouver et se rendre à ses côtés. Amusant, comme il s’assit le plus loin possible qu’il pouvait d’elle, sur le banc. S’il avait pu, il se serait assis dans le Lac.

La jeune femme se passa une main sur le visage, en signe de réflexion. Si quelqu’un arrivait sur la terrasse, ils le verraient instantanément. Pas besoin de décorum.


- Je sais que c’est probablement ce que tu as le moins envie d’entendre de ma part, mais j’ai une offre à te faire.


Et ça lui arrachait les lèvres de formuler ça. Mais plus elle y pensait, plus c’était la meilleure solution. Arro était le mieux placé pour ce qu’elle avait en tête.

- Ecoute, on a tous les deux envie de tourner la page sur certaines choses. Je mérite à tes yeux d’être pendue pour mes crimes, et c’est probablement vrai, mais ça n’arrivera plus. J’ai changé
. Ca sonnait comme un aveu. J’ai une vie, j’ai quelque chose à construire, et je ferai tout pour protéger ça. J’ai besoin que le passé arrête de me coller aux basques. Et je crois que toi aussi.

Elle prit une inspiration, en écoutant le ressac sur les rives de l’immense étendue d’eau qui couvrait leurs murmures. Hésitante sur la manière de faire, Marlyn préféra commencer par la part du marché qu’elle pouvait lui offrir – plutôt ça que de le laisser poser ses propres termes.

- Le Chaos a été démantelé, mais la plupart de ses agents sont encore en envie. Et par la plupart, j’entends ceux qui ne sont pas morts lorsque vous avez reconquis votre école. J’entends ceux et celles qui étaient en poste dans les geôles, ceux qui frappaient les prisonniers. Ou les faisaient hurler. J’peux pas t’offrir celle qui t’a fait le plus de mal, mais je peux te donner les autres.


Ceux qui m’arrangent, et dont j’ai besoin de me débarrasser, ceux qui connaissent encore la Marlyn du Chaos, celle de l’Académie.

- Leurs noms, où les trouver… Tu peux les donner à l’Empire, ou en faire ce que tu veux toi-même. Je peux t’aider, si tu le souhaites, à les traquer. Tu crois pas que ça vous libèrerait ? C’est les derniers. Après eux, plus personne ne sait ce qui s’est passé. Plus personne n’aura été là. A part nous deux. On peut enfin dépasser ça.



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MessageSujet: Re: Dansons d'amis en ennemis   Mer 27 Juil 2016 - 17:19


Arro serra les dents quand la danse se terminait, cette envie bouillonnante de juste frapper Marlyn, là, maintenant, le dévorait de l'intérieur. Ne pouvaient-ils discuter sans qu'il y ait toutes ces piques, ces sous-entendus menaçants ? Peut-être pas… peut-être ce n'était plus possible. Le marchombre se plia en révérence, applaudit sa cavalière et se retira, gardant toujours une attention sur son ennemi.

L'homme mâchonna quelque petit four, le temps que sa cible quitte ses discutions pour se diriger vers le balcon. Oui, il fallait bien donner le change, continuer de discuter, créer des alliances, en détruire d'autre, toujours en médisant et en méprisant. Il but cul sec un cocktail qui lui brûla la gorge. Alors que Marlyn disparaissait derrière les rideaux menant au balcon, il fut accosté par un banc de nobles en manque de potins. Il était le représentant de la famille Skil'Liches, et sa sœur était occupée par son maudit cavalier, ce qui faisait de lui le seul disponible pour toutes les questions qui brûlaient les lèvres de ces requins.

Le jeune homme répondait toujours vaguement, utilisant pirouette sur pirouette, refusant les prochaines danses, prétextant une fatigue, ce qui lui permit d'ailleurs de s'excuser pour se retirer.


-La chaleur sans doute, j'ai besoin de fraicheur. Non, merci, pas besoin de m'accompagner, je n'oserais vous enlever à cette charmante soirée et cette charmante compagnie, n'ayez crainte, je reviens dès que je me sens mieux.

Il disparut, sortant par la porte grande ouverte du balcon. Le jeune homme s'arrêta un instant, laissant ses yeux s'habituer à la noirceur ambiante. Il inspira, goûtant à cette fraicheur agréable, ses oreilles le remerciant de venir au calme, loin des piaillements de la foule.

Marlyn était là, l'attendant sur un banc. Ses poings se serrèrent et il s'avança. Il s'installa le plus loin possible de la femme. Ici, il n'avait pas besoin de faire semblant, il pouvait montrer qu'il la détestait et qu'il acceptait sa présence au minimum possible.

Son ennemi prit la parole, soignant au mieux ses mots. Il écouta, de toute manière, c'était lui qui avait proposé de discuter. Pendant qu'elle parlait, il ne réagissait pas, ses seules actions furent de sortirent sa pipe et de délicatement et doucement tasser le tabac, mais c'était à l'extérieur. A l'intérieur, il analysait, tout, les mots, les gestuelles, la position des mains. Il déchiffrait, tentant de déceler la vérité. Et Dame, ça ne lui plaisait pas. Elle avait dit la vérité quand elle parla de son changement. Dragon, qu'il avait voulu que ce soit un mensonge et qu'il puisse juste lui en vouloir d'être toujours la même personne, sanguinaire, sans cœur, qu'il pouvait haïr sans se demander qui était derrière ça, s'il y avait un être, une vie ? Mais maintenant, ça ne faisait plus de doute.

Lorsque le discours de Marlyn se termina, Arro fit claquer son briquet à amadou. La flamme qui en sortait allumait le visage du marchombre, le montrant un instant, comme il était à cette seconde précise, sans émotions, rien qu'un être fait de logique et d'analyse. Il alluma son tabac, aspirant la première bouffée de fumée. Le silence s'était installé depuis quelques secondes, il n'y avait que le souffle forcé du marchombre, fumant sa pipe.

Puis, aussi soudainement qu'un coup de tonnerre, un rire éclata. Il avait un ton ironique, comme lorsque vous riez à une mauvaise blague, oui, c'était un rire jaune. Puis il cessait, aussi brutalement qu'il était sorti de la bouche de l'homme.


-Sérieusement, tu crois vraiment que je vais accepter ça, simplement, comme ça ? Le ton était acide et cruel. Tu as de belle parole, d'habitude, c'est moi celui qui use de mots mielleux. Dépasser ça ? Mais ma grande, on l'a déjà fait. Si ce n'était pas le cas, nous serions en train de nous battre jusqu'à la mort de l'un d'entre nous… Si ce n'est pas les deux. Après ça, nous serions libres ? Ah ! La bonne blague. Tuer ces personnes ne changera rien aux évènements passés. Nous avons tous les deux laissés une partie de nous et rien, hormis la mort, ne nous en libérera.

Il prit une bouffée de plus, le tabac calmant le loup qui hurlait dans son ventre. Sur un ton plus posé, moins acerbe, il continua.

-Je ne souhaite pas qu'il n'y est plus personne qui sachent ce qui s'est passé. La mémoire est une chose importante et tout, le bon comme le mauvais, devrais être connu, pour ne plus refaire les mêmes erreurs et préparer la prochaine génération.

Il soupira, de belles paroles… Utopiques, surement. Cela lui vaudrait peut-être une raillerie de son ennemi beaucoup plus pragmatique, mais qu'importe, il était habitué.

-Je te l'ai déjà dit, il y a longtemps, mais je suis fatigué Marlyn, fatigué de poursuivre une vengeance stupide, fatigué d'essayer de tuer ce Chaos qui m'a fait tant souffrir, je veux juste… être tranquille. La vengeance ne m'apportera rien de plus qu'aujourd'hui, peut-être un peu de satisfaction mais rien d'autre…

Arro laissa planer un doute. Le temps de faire quelque rond avec la fumée.

-Ceci dit, elle ne m'enlèvera rien non plus. Donc oui, tes informations m'intéressent.

Nouvelle respiration, prenant bien le temps de laisser le suspens s'installer.

-Mais je les veux tous, pas seulement ceux qui t'arrangent. Tous ceux qui ont participé, qui ont eu un rôle. Je n'aurais peut-être pas, comment tu as dit ? Ah, oui « Celle qui m'a fait le plus de mal »… Bel euphémisme. Mais au moins, ceux qui ont survécu payeront…

Il n'y avait aucune violence derrière ces dernières paroles. Comme s'il s'agissait juste d'un fait, ou qu'il n'avait aucune envie de les tuer.

-Tu sais, je me dis parfois que ce combat éternel entre le chaos et l'harmonie est à la fois stupide et inévitable. Stupide parce que sans l'un, il n'y aurait pas l'autre, et inévitable parce qu'ils essayeront toujours de détruire l'autre, peut-importe les circonstances.

Il soupira encore, frottant sa barbe.

-Mais, je pense qu'en se détachant un peu de ça, on peut faire plein de choses. Alors, pourquoi pas passer un accord avec ma pire ennemi après tout.



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