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 J'ai beaucoup de regrets et de choses à te dire

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Apprenti Chantelame
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MessageSujet: J'ai beaucoup de regrets et de choses à te dire   Mar 2 Déc 2014 - 3:57

C’est fou comme parfois, il se passe tellement de trucs en même temps que soudain, une saison quasi complète a passé, et Einar avait oublié de faire des trucs.
Y’avait la préparation pour le grand voyage, dont Tifen repoussait la date encore et encore, comme si une donnée lui échappait, alors que pourtant, ils partaient à deux, et ils étaient tous les deux prêts. Y’avait Lyuuna. Y’avait les épreuves de passage qui arrivaient bientôt, y’avait les entrainements au labyrinthe avec Kloa qu’ils faisaient parfois et qui le laissait crevé, mais heureux pour la journée. Y’avait Lyuuna. Y’avait l’anniversaire d’Astragal, qu’il avait fallu organiser et qui avait pris tellement de temps qu’il se demandait quoi faire maintenant que c’était passé. Et y’avait les cours de combat d’Arro, qui compensait pour le fait que M’sieur Guidjek était super occupé ces derniers temps.
Y’avait Lyuuna, et franchement, pétard, ça lui prenait un temps fou de penser à elle à ce point-là. Bon, il avait souvent l’air de dormir éveillé avec un air niais du coup, mais… Il faisait tellement de plans.
Il bossait beaucoup beaucoup plus qu’avant pour tout ce qui était théorique et tout, il essayait de trouver des légendes qu’elle ne connaissait pas et qu’il pourrait lui raconter, même si parfois il se disait que s’il bossait pas, ça lui ferait une excuse pour passer plus de temps à bosser les cours avec elle, parce que du coup elle aurait beaucoup plus de choses à lui expliquer et que ça lui prendrait carrément plus de temps pour comprendre. Mais d’un autre côté, il voulait lui faire plaisir en montrant qu’il faisait des efforts.
Bref.
C’est compliqué la vie d’un homme.

L’ignorance est sœur de béatitude, et il aurait limite préféré continuer à oublier.
Jusqu’à ce matin de cours de civilisation où il avait regardé par la fenêtre et commencé à divaguer dans sa propre tête, s’était mis à penser à tout un tas de trucs différents.
Et que cette journée bizarre avec Dylan lui était revenue en tête, en tsunamis de mémoire.
Et toute la culpabilité qui allait avec.
Depuis, il ne pouvait s’empêcher d’y penser tout le temps, de penser au fait qu’il ne l’avait pas revue depuis, qu’il n’était pas allé la chercher, qu’il n’avait pas cherché à voir si elle allait bien, et qu’en dehors de Lyuuna, il faisait toujours pas des masses d’efforts pour être ami avec les autres Kaelem.
Il se demandait toutes les trente secondes si Dylan allait bien. Si elle allait mieux, si d’autres gens avaient été crasse avec elle comme il avait été avec elle, si elle avait ressombré dans la violence et les menaces.
Lui, il avait bizarrement pas eu trop besoin de se confier ces temps-ci, il était moins puni depuis que Aziel était parti, et puis y’avait Lyuuna. Il parlait jamais de mauvaises choses avec Lyuuna certes, mais elle le faisait se sentir tellement mieux qu’elle lui faisait oublier les mauvaises choses.

Du coup, Einar se mit, un peu indirectement, à la recherche de Dylan, il tendait l’oreille en passant devant les Kaelem, il essayait de la trouver du regard au petit déjeuner, il essaya même de demander discrètement à Lyuuna si elle la connaissait, mais ce n’était pas le cas. Faut dire que dessinateurs et marchombres n’étaient généralement pas les meilleurs potes. Il était retourné à la volière, dans le doute, mais pas l’ombre d’une Dylan.

Ses recherches avaient fini par le mener à la Tour marchombre, un jour que Tifen avait annulé leur entrainement et qu’il devait s’y rendre de toute façon. Il s’était dit qu’il pourrait y rester au moins la matinée, quitte à prendre ses devoirs avec lui, parce que c’était souvent là que les marchombres allaient s’entrainer aussi.

… Fallait croire qu’il était pas le seul à avoir eu l’idée, au final. Parce que quand il se pointa dans la salle de repos –celle avec plein de coussins- de la tour marchombre, avec ses livres, des gateaux et la rédaction de Lyuuna qu’elle lui avait prêté pour qu’il puisse lire et s’en inspirer un peu.. Ben Dylan y était déjà. Et ça le prit un peu au dépourvu.

- Hé, salut.. Ehm..

Je te cherchais ?  J’ai beaucoup pensé à toi ?  Tu vas bien ?

- J’ai des biscuits, t’en veux ?

Elle avait l’air aussi perplexe que lui, mais fallait croire qu’on pouvait dénouer n’importe quelle conversation en tendant une boite de madeleines.

- J’suis désolé, j’ai été super occupé ces temps-ci, y’avait des tonnes de d’voirs, j’espère que tu crois pas que j’t’évitais ou quoi… Comment ça va, d’puis… depuis ?



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MessageSujet: Re: J'ai beaucoup de regrets et de choses à te dire   Mar 10 Fév 2015 - 16:48

C'était tout de même étrange de constater à quel point le temps se révélait malléable, des fois. Il pouvait se distendre comme s'accélérer brusquement et lorsque, dans la même journée, elle avait l'impression de passer une matinée interminable avant de ne pas voir les minutes passer jusqu'au soir, il lui arrivait de se sentir incroyablement lasse.

Quoiqu'il en fût, elle avait décidé de prendre sur elle. Elle ne baisserait plus les bras, ne se laisserait plus envahir par la rage ou l'angoisse, elle se l'était promis. Si sa rencontre avec Einar lui avait fait prendre conscience de quelque chose, hormis de sa propre faiblesse, c'était bien de cela. L'anxiété et la rancœur ne menaient nulle part – ou, du moins, pas à l'endroit qu'elle aurait souhaité. De longues nuits, ce face-à-face l'avait hantée. Parfois, elle se réveillait en sueur et, tandis qu'elle tâtonnait dans le noir par réflexe à la recherche de son sabre, elle suspendait tout à coup son geste en se souvenant à quelles extrémités cette arme l'avait menée. Alors, la culpabilité l'étouffait et il lui fallait sortir à la hâte du dortoir, à la poursuite du vent, de l'ombre et des étoiles. Souvent, la seule proximité de la lune suffisait à l'apaiser mais, d'autres fois, incapable de se satisfaire de la gestuelle marchombre, elle demeurait à l'extérieur jusqu'à l'aube, explorant les toits, quêtant la chaleur réconfortante des écuries ou simplement assise à califourchon sur une branche d'arbre, attendant les premières couleurs de l'aurore.

À la longue, elle avait presque fini par adopter le rythme de vie d'un animal nocturne, sortant le soir et regagnant son antre au petit matin. Après tout, sans maître, sans contrainte, elle pouvait faire ce qu'elle désirait. Selon son humeur, elle ne sortait donc quelquefois de son lit que pour l'appel et grignoter un en-cas aux cuisines et s'entraînait la nuit venue, s'amusant à échapper aux tours de garde en sillonnant les couloirs déserts ou en déverrouillant les portes alors fermées à clé. Elle poussait ses explorations de plus en plus loin, s'aventurant toujours un peu plus profondément dans la forêt en un défi permanent aux bêtes sauvages qui y rodaient, escaladant les montagnes et les murs d'enceinte, nageant au clair de lune, combattant à la belle étoile. À vrai dire, elle avait même fini par aimer ce monde d'obscurité et de solitude qui, en ne lui laissant pas une seconde de répit, la détournait de ses propres préoccupations. À ce rythme-là, ses sens s'étaient aiguisés, en particulier son ouïe et sa vision nocturne. De même, ses réflexes s'étaient développés et son sens de l'orientation s'améliorait de jour en jour – ou plutôt de nuit en nuit. Certes, elle croisait encore moins qu'auparavant les autres Kaelems, mais celui lui importait peu – qui sait si d'autres élèves n'étaient pas au courant de l'épisode de la cascade ? Et puis il y avait toujours Ichel, qu'elle apprenait à connaître, à découvrir et à apprécier quand elle décidait de varier de terrain de jeu. Elle était l'unique élève avec laquelle elle avait le sentiment de pouvoir être pleinement elle-même et lui sacrifiait volontiers quelques unes de ses journées de repos. Les deux apprenties se battaient, se défiaient, faisaient la course, discutaient, aussi. Riaient. Les premiers temps, tout cela avait paru extrêmement étrange à Dylan, qui n'avait jamais eu à proprement parler d'amis de son âge. Et puis, elle en était venue à trouver cette sensation presque normale – un mélange d'excitation, d'affection et de bonheur qui achevait de lui faire oublier tout ce qui s'était passé avec Einar. Peu à peu, elle se surprenait à scruter de moins en moins les visages des Teylus dans la Grande Salle, à cesser d'épier les cours de combat ou de tressaillir à chaque fois qu'elle passait à proximité de la volière. Pas que le guerrier fût totalement disparu de son esprit, bien entendu. Mais un voile s'y était à présent comme appliqué, une épaisseur assez confortable pour lui éviter les tiraillements trop désagréables de la mémoire. Elle devrait un jour ou l'autre faire face à ses responsabilités, au fond d'elle-même, elle le savait. Mais, dans un sursaut de crainte ou de lâcheté, elle leur préférait pour l'instant son cerveau engourdi, anesthésié par l'action et le manque de sommeil. Le moment de l'éveil viendrait bien assez tôt.

Éveil qui s'était manifesté avec le retour de Kirfdéin. À la fois très doux et extrêmement brutal. Elle ne pouvait plus fuir, désormais, continuer à se dissimuler dans la pénombre. Sa vie ne pouvait se résumer à une interminable partie de cache-cache avec la vie et le soleil. La blessure, qu'elle croyait guérie mais qui n'était que pansée, s'était rouverte. Toute la douleur qu'elle avait tentée de refouler au fond, tout au fond d'elle-même avait soudain refait surface, et cela lui avait fait mal. Néanmoins, la souffrance avait été moins vive que ce qu'elle n'aurait cru. Cessant de lutter, elle s'était contenté de regarder le sang couler, se mêlant à l'eau du torrent et à celle de ses larmes. Et puis, elle avait levé la tête vers son maître et, tout à coup, ses yeux s'étaient confondus avec ceux d'un jeune garçon agenouillé dans les fientes d'oiseaux. Elle y avait lu la même tristesse, la même incompréhension, les mêmes remords, les mêmes doutes, mais également la même résignation.

Résignation.

Aussitôt, la culpabilité était reparue. Les regrets. Beaucoup de regrets. Que devenait Einar ? Elle s'était rappelée sa violence, ses menaces, sa peur et sa peine. Puis elle s'était remémorée son incrédulité à lui, sa soumission, son inquiétude, puis sa cruauté, enfin – tellement de cruauté. Un sourire avait effleuré les lèvres de Kirfdéin et elle avait pris sa résolution. Dès le lendemain, elle chercherait Einar. Mais, avant, elle avait quelque chose à faire.


~


La salle de méditation était déserte lorsque la jeune fille s'y glissa, au matin. Son cœur se serra tandis qu'elle replongeait dans l'atmosphère si particulière de cet endroit et, l'espace d'une seconde, elle dut fermer les yeux. C'était ici qu'elle avait rencontré son maître pour la première fois. Là qu'elle avait commencé son cheminement sur la Voie de l'Harmonie, emplie de rêves et d'espoir. Au bout de tout ce temps, était-elle parvenue à son objectif ? Elle aurait été incapable de le dire. Pouvait-elle se considérer comme une marchombre ? Un soupir, puis elle rouvrit les paupières et, sans une hésitation, reprit sa marche. Elle savait précisément où elle voulait aller.


Son regard se porta aussitôt sur le poème marchombre qu'elle cherchait, caressant les mots qu'elle avait finis par mémoriser à force de se les répéter. Ceux que Kirfdéin avait écrits, il y avait à présent bien longtemps.


Visage Rougissant
Regard Pétillant
Naissance d'un amour



Elle s'attarda sur la dernière phrase. Naissance d'un amour... Évoquait-il Halina ? Elle frémit au souvenir de la jeune femme et faillit ne pas constater que le silence venait de se modifier. Imperceptiblement. Plus lourd, plus mat, moins volatile. Comme si quelqu'un était en train d'essayer de l'emprisonner entre ses doigts. Comme si... Elle se retourna exactement quand Einar pénétra dans la pièce. Ce dernier s'immobilisa au seuil de la porte, les yeux ronds comme des galets de rivière. Elle eut le temps de noter qu'il tenait une boîte, une pile de livres, un parchemin et qu'une odeur de gâteaux l'accompagnait avant qu'il ne prenne la parole en s'avançant vers elle. Il se mordillait la lèvre, et la Kaelem se sentit soulagée qu'il prenne l'initiative d'engager la conversation, même si cela devait commencer par une série de justifications.

- Ça va.

Son ton sonna plus tendu, moins laconique qu'elle ne l'aurait voulu. Ça va. Bien ou mal, ça, ce sera à toi de le déterminer. Pour relâcher un peu la nervosité qui s'accumulait entre eux, elle finit par tendre le bras afin de plonger la main dans la boîte que le jeune homme lui présentait. Tout en mordant dans sa madeleine, elle esquissa un sourire en désignant les nombreux coussins qui les entouraient.

- Tu ne veux pas t'asseoir ? Ce serait dommage de ne pas profiter de l'accueil, non ?


Elle-même aurait préféré rester debout, mais elle avait le sentiment qu'Einar serait plus à l'aise une fois confortablement installé. D'abord, il pourrait poser tout ce qui lui encombrait les bras. Et, ensuite, il craindrait peut-être moins qu'elle ne lui saute dessus à la moindre contrariété.

- Et toi, comment tu vas ?

Avant de lui répondre, le Teylus jeta un coup d'œil global à la salle et, soudain, elle le devina se raidir. Perplexe, elle suivit son regard avant de se crisper à son tour. Ce dernier était fixé sur une petite table dans un coin de la pièce, où elle avait posé son sabre en arrivant sur les lieux. L'apprentie marchombre avait un peu perdu l'habitude de l'emporter partout avec elle mais, ayant décidé d'aller ensuite s'entraîner dans la pièce d'à-côté, elle avait choisi de l'emmener. Et, évidemment, elle devait rencontrer Einar pile à ce moment-là. Le contraire n'aurait sans doute pas été suffisamment amusant.

- Je ne t'ai pas revu nettoyer la volière, tenta-t-elle de plaisanter dans l'espoir de le mettre davantage en confiance. Je suppose donc que, de ce côté-là, on peut noter une amélioration.

Sa voix sonnait faux. Comment cela se faisait-il que taquiner Ichel lui semblât si naturel alors qu'elle n'était même pas capable de se dérider elle-même ?

- Tu sais, je ne t'en veux pas qu'on ne se soit pas revus avant. Je comprends. Et puis, j'ai été moi aussi pas mal occupée, j'ai repris mes cours et...

Un froncement de sourcils d'Einar l'interrompit. Bien sûr. Il n'était pas encore au courant. Elle hésita, cessant un instant de mâcher. Ses doigts se refermèrent sur le tissus de son uniforme.

- Mon... Le mot « maître » se coinça dans sa gorge et elle corrigea, en espérant qu'il ne remarquerait pas la brève interruption : Kirfdéin est revenu.

Refusant de tourner les yeux pour observer la réaction du jeune homme, elle baissa son regard sur sa moitié de madeleine, priant de toutes ses forces pour que celui-ci ne reparle pas de Halina. Elle ignorait si elle serait capable de le supporter de nouveau.

[Ça a fini par sortir... J'espère vraiment que ça te conviendra et que tu ne m'en veux pas trop pour mon retard  hug ]



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MessageSujet: Re: J'ai beaucoup de regrets et de choses à te dire   Jeu 30 Avr 2015 - 3:50

Le ton super dur de Dylan eut pour effet de figer un peu Einar, mais comme elle ne sembla attaquer qu’une des madeleines qu’il avait amenées, elle devait plus lui en vouloir tant que ça. Histoire de pouvoir libérer ses mains, Einar posa ses affaires près d’un coussin sur lequel il s’affala comme une vieille limace.
C’est alors qu’il le vit. Le sabre.
The sabre.
Celui qui lui avait valu de passer une très mauvaise matinée en compagnie de Dylan à la volière et qui avait fait sortir un côté sombre qu’il avait encore jamais trouvé chez lui, et qu’il avait pas non plus vu chez Dylan. Bon il la connaissait pas, mais commencer par rencontrer le côté sombre des gens, c’était pas le top en matière d’introductions.
Le sabre qui lui avait fait avoir des cauchemars où il rêvait qu’il y touchait et qu’il avait des dents et l’avalait centimètre par centimètre pour le recracher devant une Dylan gigantesque et en feu et avec trois têtes…

Ouais, ce genre de cauchemars.

A la plaisanterie de Dylan, il rit un peu bêtement. C’est vrai qu’il avait beaucoup moins de sanctions ces derniers temps et sans doute parce que M’sieur Krysant était parti à Al-Jeit et que personne ne savait quand il reviendrait. En tout cas, Einar en profitait clairement pour rattraper son retard dans les devoirs, comme ce matin où il avait prévu d’étudier à la tour marchombre. Note, ça risquait pas d’avancer des masses de ce côté-là, mais… s’il avançait sur le front Dylan, il pouvait s’estimait heureux.

Et puis elle lacha la brique. La nouvelle. Genre super über nouvelle.
Einar en bugua une demi-seconde.

Et puis son sourire s’étira grand comme un croissant de lune, avant de penser que peut-être pour Dylan ça représentait pas une si grand nouvelle que ça.
Mais ça l’était forcément, non ?

- C’est trop cool ! J’sais à quel point ça comptait pour toi, on dirait pas comme ça mais j’connais un peu les marchombres.

Et les marchombres sans maître ou au maître absents étaient toujours les plus malheureux à l’Académie. Il pouvait les comprendre, il savait ce que c’était de perdre son mentor, son idôle, son père de substitution, le grand Valen légendaire. Bon il avait eu Tifen mais Valen était genre.. ouais. Comme Kirf pour Dylan.

- Vous allez reprendre les entraînements du coup ? Enfin la formation marchombre ? On s’demandait dans le dortoir où il était parti, surtout que H-

Il s’interrompit ici, en voyant le regard de Dylan se plisser.
Rebrousse chemin tout de suite Einar, espèce de patate fumée.

- Surtout que ben, personne avait aucune nouvelle de lui.
Fiou. Sauvetage en beauté. Il mordit victorieusement dans une madeleine.

Ca le rendait tout content, connement, pour Dylan, comme on était heureux d’une bonne nouvelle pour n’importe lequel de ses amis. Et puis il espérait que sa joie était communicative, ça permettrait de briser un peu la glace entre eux.

- Surtout qu’on a de moins en moins de marchombres ici… ‘Fin c’est normal, c’est mieux de pouvoir voyager dans l’Empire. Il était parti faire quoi du coup ? Enfin… si tu veux bien m’dire hein, j’comprendrais que ça soit un truc de marchombre top secret.
[Assez court mais du coup, on se situe quand Kirf pensait encore l’entrainer ou dans la transition ? Promisj’écrismonnouveaupersorapidementjejure]



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MessageSujet: Re: J'ai beaucoup de regrets et de choses à te dire   Lun 25 Mai 2015 - 9:00

Einar était-il réellement heureux pour elle ? Ou cherchait-il simplement à détendre l'atmosphère ? Dylan l'observa du coin de l'œil une demi-seconde, le temps de terminer sa madeleine – mais son enthousiasme ne semblait pas feint. Elle trouvait tout de même cela étrange, cette faculté qu'il avait ainsi à se réjouir pour les autres. Comme s'il pouvait passer sans transition de la gêne à la bonne humeur la plus débordante, comme s'il avait le pouvoir de se mettre à la place de son interlocuteur pour imaginer ou tenter d'anticiper ses réactions – comme si autrui acquérait soudain une importance identique à lui-même, voire même supérieure, et que être content pour et avec quelqu'un qu'il connaissait à peine et avait toutes les raisons de détester, ou au moins de ne pas spécialement apprécier, ne lui demandait pas le moindre effort, lui paraissait normal et nécessaire. À vrai dire, elle ignorait si elle-même en aurait été capable.

Non. C'était faux. Elle savait pertinemment qu'elle en était parfaitement incapable.

Et, de nouveau, elle eut la désagréable sensation qu'elle s'était montrée injuste et mesquine avec le garçon. Sur certains côtés, il valait tellement mieux qu'elle.

Ce qui ne l'empêchait pas de se montrer maladroit, parfois. Et de poser beaucoup de questions, aussi. Le nom de Halina faillit s'échapper de ses lèvres, et il se rattrapa juste à temps – la marchombre détourna le regard, préférant feindre une soudaine attirance pour les montagnes qui se découpaient derrière la large baie vitrée.

Et puis.

L'Interrogation.

Celle avec une majuscule, en gras, soulignée, qu'on aurait pu graver au burin sur les murs de la salle de méditation.

Celle que tout le monde se posait, à commencer par elle. Et qu'elle n'avait pas eu le courage – ou, sur le coup, l'envie, le besoin ? – de lui poser explicitement. Qu'avait-il dit, déjà ? Ah, oui. Un... « congé ».

Sans en comprendre la raison, elle sentit son estomac se tordre tandis qu'Einar lui exposait ses théories de mission secrète. Puis ses yeux dérivèrent sur les dizaines de poèmes marchombres immortalisés dans la pierre et, tout à coup, une évidence s'imposa à elle. Longtemps, elle avait idéalisé son maître, tenant à le vouvoyer, demeurant à l'écart de sa vie privée, suivant aveuglément ses ordres et ses conseils – tout cela lui donnait une aura de secret et de mystère, qu'elle jugeait alors aller de paire avec son statut de guide sur la Voie. De même, lorsque l'incident s'était produit, elle en avait d'abord voulu à Halina, puis s'en était prise à elle-même. Mais, pas une seule fois, elle n'avait formulé le moindre reproche à Kirfdéin ou n'avait remis en question son attitude, son autorité, même inconsciemment. La rencontre ? Halina. Son départ ? Elle-même. Durant tout ce temps, il s'était dressé dans esprit tel un roc inusable, une évidence, même battu par les vents, même agité par le ressac. Mais tout rocher finit par s'éroder, elle était bien placée pour le savoir.

Einar s'était tu, et elle réalisait à présent, grâce à lui, que son maître n'était qu'un homme. Un homme qui pouvait quelquefois être submergé par les événements, même s'il parvenait à garder pied dans un torrent déchaîné. Un homme qui doutait, un homme qui craignait, un homme qui hésitait. Un homme faillible, qui abandonnait la femme qu'il aimait et son apprentie désorientée sans la moindre explication afin d'aller chercher un peu de quiétude solitaire. Un homme qui faisait des erreurs, aussi, parfois.

Et ce n'est qu'à cet instant qu'elle fut confrontée à tout ce qu'elle ignorait de lui – en partie par sa faute à elle. À cause de sa volonté de tenir éloigné de leur relation tout ce qui pouvait se rapprocher de près ou de loin à l'humain, elle avait omis une bonne partie de ce qui faisait la richesse d'une fréquentation. Où avait-il vécu avant d'arriver à l'Académie ? Quels avaient été son enfance, son propre apprentissage, et tout le reste ? Avant l'épisode de la cascade, elle ne savait même pas qu'il était en couple avec une étudiante.

Comme elle était à présent incapable de répondre à Einar.


- En fait, je... je n'en sais rien. Il avait simplement besoin de réfléchir... Enfin, je crois.

Avait-il agi par égoïsme ou par sagesse ? Son départ s'apparentait-il à une fuite ou à une méditation ? Pour le moment, elle ne pouvait encore y répondre, mais c'était la première fois qu'elle envisageait les choses sous cet angle.

La jeune femme leva la tête, afin de regarder le Teylus en face. Elle avait pris sa décision. Et tant pis si cela la faisait passer pour une faible – ce qu'elle était, au demeurant. Le garçon avait déjà vu bien pire.


- Dis-moi, Einar...


Elle se mordit la lèvre. Faillit renoncer, mais songea à la silhouette de son maître se découpant sur les étoiles, à son visage baigné dans l'ombre qu'elle n'avait réussi à interpréter, la dernière fois, sur les toits.

- Je ne connais pas grand-chose de Kirfdéin, tu sais. Alors, je me demandais...


N'était-ce pas une sorte d'espionnage ? Ne se montrait-elle pas indiscrète en lui demandant cela ?

- Est-ce que ça serait possible que tu me parles un peu de lui ? Je veux dire, juste ce que tu sais sur lui, bien sûr. Ça ne fait pas forcément beaucoup, mais comme tu es ici depuis beaucoup plus longtemps que moi... et que tu fréquentes Halina...


Le nom était sorti. L'espace d'une seconde, elle ressentit un mélange de fierté, d'étonnement et de soulagement – une seconde seulement.

- Et puis, tu as dit aussi que tu connaissais un peu les marchombres... Comment ça se fait ?

Elle se rappela l'éclair de compréhension qu'elle avait lu dans son regard, quand elle avait parlé du retour de son maître. Se pouvait-il que celui-ci ait connu ce genre de chose, lui aussi ?

Einar écarquilla légèrement les yeux, d'un air de se demander si elle se moquait de lui ou pas – si ce n'était pas encore une ruse pour le ridiculiser ou lui faire un croche-patte avant de se sauver par la fenêtre en emportant la boîte de madeleines. Sans doute ne s'était-il pas préparé à un tel aveu de faiblesse et d'ignorance. Mais, peut-être pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Dylan était parfaitement sincère – et, comme preuve de sa bonne foi, elle lui offrit un petit sourire encourageant.

Elle répondrait aux questions de ce dernier après. Pour l'instant, c'était elle qui interrogeait.

Elle
devait savoir.


[J'aurais dit juste après son retour, quand il vient de lui proposer de passer l'Ahn-Ju et qu'ils ont recommencé les cours pendant les jours précédents leur départ pour Al-Jeit, non ?]


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