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 Echec et mat. | Intrigue [Terminé]

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Intendant de l'Académie
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MessageSujet: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Sam 29 Nov 2014 - 2:48

La demeure lui paraissait tellement silencieuse, maintenant que tous étaient partis accomplir les missions qu’il leur avait confié… Seul Bryn restait, peu loquace, fatigué par tous les soins qu’il avait du faire pour l’étranger qu’on lui avait dit de soigner.
Jehan était épuisé, et le soleil était pourtant à peine levé dans le soleil. Plutôt que de passer la matinée à tourner en rond à se faire un sang d’encre pour des gens dont le destin était désormais hors de contrôle, l’Intendant choisit de laisser tomber les masques un peu, et demanda à Bryn encore un peu de son temps et de son énergie. Pas forcément le rêve… mais le rêveur était également versé dans l’art de ce qu’il appelait la « conversation thérapeutique », et Jehan trouva en lui un compagnon de discussion étonnemment agréable. Ils ne parlèrent que très peu des évènements qui étaient en train de se dérouler dans la ville sans eux, mais Jehan put prendre quelques nouvelles des autres Seigneuries de l’Empire, en apprendre un peu plus sur son sauveur, et sur la manière dont il avait été tiré des griffes de l’Empire. Etrangement, tous les élèves, tous, avaient soigneusement omis de lui donner des détails sur son sauvetage, et c’est de Bryn qu’il dut tirer des bribes d’informations sur l’héroïsme de ceux qui s’étaint battus pour lui.
Un jour, il les remercierait devant les Dieux.
Mais il fallait d’abord sauver l’Empire des démons qui voulaient lui arracher la tête.

Le reste de la journée, Jehan le passa à relire ses informations, à échafauder de nombreux plans. Parfois, il s’accordait une heure de repos et sombrait sur un canapé, parfois il essayait de manger sans grand succès, tant il se sentait encore malade, et bourré d’énergie Rêvée si peu naturelle. Une fois, une fois seulement, il se contempla dans une des glaces du manoir un peu décrépit, et ne put supporter la vue de son visage creusé, et ce maudit bras inutile.
Un jour, il règlerait son amputation avec lui-même.
Mais d’abord…

Le coucher du soleil arrivait, et il n’avait de nouvelles de personne. Les cloches de la ville sonnaient parfois, et chaque fois, il craignait que ça ne soit pour indiquer la capture de traitres à l’Empire.

A chaque bruit, l’Intendant se dressait sur ses pieds, même lorsqu’il ne s’agissait que d’une souris. Bryn essayait de le faire s’asseoir, de s’obliger à travailler sur autre chose pour s echanger les idées, mais c’était juste. Impossible.

Enfin, après une attente qui lui semblait une éternité, alors que le soleil commençait à disparaitre à l’horizon, il entendit des voix et des mouvements dans le hall, et se dressa immédiatement pour aller les accueillir.
Que ça soit ses alliés revenus de leur mission.
Ou la Légion Noire qui avait retrouvé sa trace et qui allait lui plonger de l’acier dans le cœur.
« LA MORT ! LA MORT ! LA MORT ! »
Qui qu’ils soient, il les accueillerait debout.



_______________
Jehan Hil' Jildwin, Intendant de l'Académie de Merwyn, personnalité multiple et indivisible.
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Dessinatrice
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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Mer 3 Déc 2014 - 22:59

Elle imagina la salle où ils s'étaient tous retrouvés le matin-même, tandis que Jehan leur expliquaient leurs missions. Elle replaça mentalement les murs, les meubles, le sol ... Et son Pas les projeta, elle et Jean de Terrevermeille, dans cette pièce-là. Elle rouvrit les yeux, et se releva. Seulement, elle n'avait pas prévu que le kidnappé aurait pu se réveiller durant le trajet. Mais il avait attrapé sa cheville et elle hurla. Bryn se précipita dans la salle, et tandis qu'elle était encore à terre, il courut après lui pour le rattraper.

Enelyë se releva vite, et courut à l'extérieur où s'était sauvé un De Terrevermeille suivi par un Rêveur. Elle voulut dessiner quelque chose pour l'assommer, mais elle n'avait plus assez d'énergie pour cela. Néanmoins, Bryn avait décidé de ne pas rester neutre et lui avait envoyé un coup de poing plutôt impressionnant dans la tête. Enelyë avait grimacé et avait rejoint le Rêveur, se penchant sur le corps inanimé de Jean de Terrevermeille.

- Et bien ... j'espère que vous ne l'avez pas plongé dans un profond coma. Joli coup.

Bryn le souleva et ils rentrèrent, Jehan s'effaçant de l'entrée où il était venu se poster pour le laisser passer. Ils se réinstallèrent tous dans le salon, en attendant les autres, après avoir solidement attaché Jean sur une chaise en attendant son réveil. Enelyë se tordait les mains d'inquiétude en ne voyant pas arriver les autres, mais le fait de raconter un peu la façon dont s'était passé le kidnapping à Jehan lui faisait un peu oublier ça.

- Kloa nous a donc sauvées en disant que son deuxième domestique l'attendait pour attraper le malfrat - qui était donc elle-même, en fait, vous avez suivi ? J'espère qu'il n'ira pas vérifier à la Confrérie plus tard que ce monsieur y est bien, acheva-t-elle sur un soupir quelque peu inquiet.



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    Papillon Princesse à votre service ! o/

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Acier
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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Sam 13 Déc 2014 - 19:30

Kloa n'avait jamais été aussi soulagée d'atteindre une maison de sa vie lorsque leur repère apparut dans leur champ de vision, au détour d'un coude du chemin. Si elle s'était écouté, elle aurait parcouru les derniers mètres qui l'en séparaient en courant, mais elle estimait avoir eu sa dose de course à pied pour la journée. Certes, tant qu'elles n'avaient pas encore atteint l'habitation, beaucoup d'interrogations subsistaient encore : Enelyë avait-elle réussi son Pas ? Les autres groupes avaient-ils effectué leur mission respective ? Mais, pour le moment, elle voulait plus que tout évacuer toute la tension et l'anxiété qu'elle avait ressenties durant cette journée pour ne plus penser qu'à une unique chose : toutes les trois s'en étaient tiré, elles avaient mené à bien leur tâche, Jean de Terrevermeille était entre leurs mains et, dorénavant, tout irait bien pour Jehan ; du moins, c'était ce dont elle essayait de se persuader.

Comme si elle faisait écho aux pensées qui se bousculaient dans son esprit, Halina tourna la tête dans sa direction et elles échangèrent un sourire tout en accélérant le pas d'un accord tacite. Un peu plus tôt, les deux domestiques ne les avaient pas repérées et n'avaient sans doute pas encore donné l'alerte, mais toutes deux savaient pertinemment que cela n'était qu'une question d'heures. Le temps n'était pas encore venu de se reposer sur leurs lauriers.

Quand elles arrivèrent enfin au niveau de la maison, Kloa céda la place à son amie qui annonça leur arrivée par un petit coup sec sur le linteau de bois avant de pousser la porte. La jeune fille ne savait pas exactement à quoi elle s'était attendue en pénétrant à l'intérieur, mais certainement pas à la vision de leur otage solidement attaché à une chaise dans le salon, bien que visiblement inconscient, et de Bryn, Jehan et Enelyë installés en silence autour de lui. Cette dernière se leva à leur approche, et un grand sourire illumina brièvement son visage tandis qu'elle les dévisageait l'une après l'autre, même si un pli soucieux barrait son front. Les épaules de leur Intendant parurent se redresser légèrement et un profond soupir ébranla son corps de haut en bas, mais Kloa n'aurait su dire s'il contenait plus d'inquiétude ou de soulagement. Alors seulement elle comprit ce qui manquait : aucun membre des deux groupes chargés des fouilles n'étaient présents. Hésitante, elle ouvrit les bouche :


- Les autres...

Un coup d'œil de Jehan la réduisit au silence. Désemparée, elle croisa le regard d'Enelyë qui secoua doucement la tête – Kloa eut l'impression qu'elle se mordillait la lèvre. À côté d'elle, Halina se racla discrètement la gorge et la jeune femme tenta, sans grand succès, d'effacer l'angoisse de son visage. Comment pouvait-on passer aussi rapidement de l'euphorie à l'appréhension ? Comme elle n'allait pas rester éternellement debout dans le couloir, elle finit par prendre place sur un fauteuil.

- Ils ne vont sans doute pas tarder, assura-t-elle en insufflant autant de confiance que possible dans sa voix.

Elle n'aurait su dire si elle avait affirmé cela pour réconforter les autres ou pour se rassurer elle-même, mais elle n'ajouta rien. Enelyë avait sans doute déjà raconté le déroulement de leur mission aux deux hommes. Elle se contenta donc de croiser les jambes en s'efforçant d'ignorer l'air sombre de Jehan ou les mouvements fébriles de la Dessinatrice qui se tordait de plus en plus nerveusement les mains au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient.

Kloa n'en avait jamais douté, mais jamais encore elle n'avait réalisé d'une manière aussi poignante combien l'attente était pire – bien pire – que l'action.


[Je fais avancer un peu tout ça, mais s'il y a le moindre problème, j'édite sans soucy Pelle ]


_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





Elizia / Kloa Rwanda
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Etincelle
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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Dim 14 Déc 2014 - 16:30

Le chemin du retour se déroula sans encombre et, même si Attalys devait se retenir de ne pas se retourner tous les cinq pas pour vérifier qu'elles n'étaient pas suivies, elles arrivèrent plus vite qu'elle ne l'aurait pensé au repère où devaient les attendre Jehan, Bryn et... les autres ? Les battements de son cœur s'accélèrent alors qu'elle songeait aux deux groupes restant. Elle espérait que tout s'était passé de leur côté comme il avait été prévu. Elle espérait qu'ils ne s'étaient pas fait arrêter – ou pire. Elle espérait...

Elles étaient arrivées. La jeune fille avala péniblement sa salive avant de tendre sa main libre, légèrement tremblante, en direction de la poignée, qu'elle tourna doucement. La porte s'ouvrit sur le couloir sombre et sans vie et, l'espace d'un instant, elle crut que ses pires craintes s'étaient réalisées. Mais, alors qu'elle pénétrait à l'intérieur, elle perçut le bourdonnement ténu de plusieurs voix, dont quelques féminines, et elle eut l'impression de respirer plus librement. Ichel se faufila à sa suite, aussi discrète que de coutume, mais elle ne lui prêta aucune attention tant elle avait hâte de s'assurer de l'identité des personnes présentes.

L'Aequor les trouva dans le salon. À côté de Bryn et Jehan étaient installées Enelyë, Halina et Kloa, et elle remarqua un homme attaché à une chaise dans un coin – sans doute Jean de Terrevermeille. En revanche, aucune trace du troisième groupe. Un sourire se dessina sur ses lèvres et, avant même d'en prendre conscience, elle se retrouva au milieu du salon. Sans un mot, elle tendit la liasse de lettres à leur Intendant qui s'était redressé dans son fauteuil – elle remarqua qu'elle les avait serrées tellement fort que la marque de ses doigts était imprimée sur le papier jauni – avant de balayer la pièce du regard. Elle aurait eu envie de les prendre tous dans ses bras.


- Deux groupes sur trois. C'est plutôt pas mal, non ?

Ce ne fut qu'en prononçant ces mots que l'absence des autres – les derniers – l'atteignit de plein fouet, mais son expression ne s'assombrit pas pour autant. Pour le moment, elle goûtait simplement le sentiment d'être en vie, en liberté et en sécurité, et elle voulait croire qu'il en irait bientôt de même pour les quatre retardataires. La silhouette longiligne de Gwëll dansa brièvement dans son esprit, accompagnée du visage enfantin d'Eiluun, mais elle secoua fermement la tête, bien décidée à ne pas se laisser décourager. Le garde et le forgeron les accompagnaient. Elles ne risquaient rien.

Après avoir lancé un dernier coup d'œil à leur victime, qui devait avoir été assommé, elle avisa sur un petit guéridon une carafe remplie d'eau accompagnée de verres vers lesquels elle se dirigea. Elle pouvait voir le soleil se coucher à travers la fenêtre et avait la sensation de n'avoir rien bu depuis des semaines, voire des mois, tant sa gorge était asséchée, alors qu'à peine une journée s'était écoulée.


- Quelqu'un a soif ?


Certains lui répondirent et, les ayant servis, elle se laissa tomber sur un coin du canapé. Une fois assise, elle réalisa combien elle était fatiguée et étouffa un bâillement. Ses jambes l'élançaient douloureusement, et elle faillit enlever ses chaussures tant ses pieds la faisaient souffrir. Mais ce n'était pas encore le moment de céder au sommeil – le repos viendrait après, lorsque tout serait enfin terminé. Alors, pour tuer le temps et tromper l'attente, elle entreprit de relater brièvement la manière dont s'était déroulée leur mission avec l'aide d'Ichel, qui la reprenait parfois quand elle omettait un détail ou la corrigeait sur un point précis. Cependant, elle savait pertinemment que chacun d'entre eux ne pouvait s'empêcher de tendre l'oreille, guettant malgré eux le bruit caractéristique de pas crissant sur le gravier ou le son feutré de la porte d'entrée.


[Idem]


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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Lun 15 Déc 2014 - 18:36

Jehan avait violemment sursauté, quand elles étaient apparues, l'homme inanimé à bout de bras, en plein milieu du salon et puis Bryn s'était précipité sur l'intendant et posant sa main sur son cœur pour vérifier que l'émotion l'avait pas arrêté.
Il l'avait retirée avec satisfaction et leur avait envoyé un regard noir qui voulait dire "non, mais oh, ça va pas d'apparaître juste comme ça, comme un lapin dans un chapeau, mais sans chapeau ?". Puis Enelyë, Kloa, Halina, Attalys et Ichel avaient bondit en les voyant de retour saines et sauves.

On leur avait posé des questions par rapport aux garçons qui étaient pas encore là et elles avaient expliqué qu'ils rentreraient très bientôt, Attalys leur avait donné un grand verre d'eau à chacune et Bryn s'était occupé du monsieur qu'elles avaient ramenés avant qu'Ichel et Halina ne l'attachent très solidement sur une chaise à coté d'un autre monsieur attaché aussi très solidement.


On a récupéré tous les documents qu'on a pu, chez Aziel, mais ce n'était pas très évident, parce qu'il était dans son bain...

Tous n'avaient pas réussi à camoufler une grimace d'horreur et, pourtant, ils n'imaginaient même pas ce qu'elle avait trouvé en fouillant dans l'armoire du vile intendant. Mais ça, même elle ne voulait plus y penser.

… Mais ils sont tous là et Aziel ne nous a pas reconnus, normalement !

Là, tout le monde était soulagé et ils leur expliquèrent tous, groupe après groupe, qu'ils avaient à peu près réussi à garder l'anonymat. Juste à peu près, parce qu'Ichel avait été obligée de se démasquer pour pas se faire tuer, mais qu'elle était peut être quand même pas reconnaissable.

Et puis ça avait toqué à la porte, tous avaient sursauté (sauf les deux bien attachés, parce qu'ils pouvaient pas bouger, comme ça), et elle s'était ouverte et c'était les garçons alors tout le monde fut soulagé et on servit une tournée d'hydromel pour fêter ça.

Il ne restait que les choses sérieuses.



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Si c'était une fleur, bleue, pardi.

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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Jeu 18 Déc 2014 - 1:32

Ecouter les gens lui narrer les aventures de la journée au fur et à mesure avait quelque chose d’apaisant. Quelque chose sur lequel focaliser son esprit.
Et pourtant, à chaque fois qu’il entendait à quel point certains avaient été proches de la capture ou de la mort, le cœur de Jehan se serrait fortement. Au final, était-il mieux que ces odieux membre de l’Ordre contre lesquels il se battait ? S’il utilisait d’autres gens comme autant de pions sur un échiquier, et que la fin justifie tous les moyens et tous les sacrifices ?
Il aurait peut-être du les dissuader de l’aider, les dissuader de se mettre en danger pour lui, mais c’était la formidable force et la terrible faiblesse des académiciens de Merwyn : ils n’hésitaient jamais à se mettre en danger pour des causes qu’ils estimaient juste.

Jehan avait tenu le silence jusqu’au bout, jusqu’à être sûr que tout le monde soit revenu, et l’attente avait été insoutenable. Le premier visage qu’il vit fut celui, boursouflé et honni, de Jean de Terrevermeille. Il leur fallut à tous un moment pour se calmer après l’évasion manquée de Jean. Il aurait suffi d’une seule personne pour entendre les cris poussés par leur prisonnier lorsqu’il s’échappait dans les couloirs…
A chaque instant, les Légionnaires Noirs pouvaient débarquer dans leur demeure en défonçant la porte, gommeurs au poing, et ils ne pourraient pas s’échapper. Pas de voie de secours, pas de passage secret, pas de plan B…
Tout se réglerait maintenant.
Que ça soit par leur exécution à tous.. ou la chute de ceux qui avaient voulu détruire l’Empire que Merwyn Ril’ Avalon avait forgé de son propre sang.

Puis les deux groupes suivants apparurent alors que la nuit tombait. Tout comme les autres, le cœur de Jehan sombra en voyant le sang qui tachait la tunique de certains mais surtout Ichel qui se tenait le flanc avec les mains, comme pour compresser une blessure dangereuse. Malgré leur insistance et la prévenance dont Jehan tenta de faire preuve, la jeune marchombre n’eut cesse de les rassurer sur sa blessure et refusa même plusieurs fois de se faire soigner par Bryn. Mais il fallait compter sur la ténacité de leur rêveur, qui les avait accompagnés dans leur complot jusque là et qui ne laisserait pas quelqu’un crever bêtement par orgueil.
Il avait son honneur à tenir, et c’est avec la discrétion et la nonchalance dont Ichel faisait preuve qu’il prit quelques instants avec elle dans une pièce annexe pour lui réparer le flanc sans que personne n’ait à y assister.

Les uns et les autres se reposaient, se lavaient ou tournaient en rond, mangeaient, buvaient, Gwëll même proposait de célébrer leur chance du jour. Mais les mines étaient presque toutes grises, et les tons sérieux.
Jehan lisait silencieusement tout ce qu’on lui avait remis. Classant, devant lui, les lettres les plus compromettantes, les feuillets comprenant les preuves qu’ils pourraient utilir, les informations dangereuses. Relisant certaines choses qui l’horrifiaient. Certaines choses qu’il ne parvenait pas à comprendre et qu’ils avaient trouvé dans le coffret en ébène de Ril’ Krysant. Ses propres recherches qu’ils avaient réussi à extraire de sa demeure gardée par la moitié des gardes de l’Empire.

Et puis leurs deux prisonniers.
Jean de Terrevermeille et Ashème Aisse. Pour la première fois, Jehan posait les yeux sur le véritable régicide, cet homme au visage tout ce qu’il y avait de commun, mais dont la tête pullulait sans doute d’idéaux tous plus pourris les uns que les autres.
Après un long moment de réflexion – tout reposait sur sa capacité à convaincre Jean de tourner casaque, Jehan se leva, intimant à tous un silence quasi religieux dans la pièce.

- Nous avons de quoi sauver l’Empire entre nos mains.
Sourires, regards plein d’espoir. Il faut juste que nous arrivions à nous en servir avant que nos ennemis ne frappent. Nous avons été bruyants, certains d’entre vous ont été vus. L’Ordre sait que quelqu’un est après eux, et ils voudront agir vite pour nous contrecarrer.

Il désigna Jean du menton.

- Nous avons besoin de le ranger dans notre camp. C’est notre seule solution. Lui seul a le pouvoir de déclarer mon innocence et de prouver l’authenticité des preuves que la Légion examinera. Heureusement pour nous.. il saisit quelques papiers, dont une lettre entre Aziel et les deux autres membres principaux de l’Ordre, notre juge préféré est la corruption faite homme.
Mais nous devons quand même être prudents. J’aimerais que vous vous masquiez tous à nouveau le visage, si cela vous est possible. Inutile de vous exposer si jamais nous n’arrivons pas à le mettre de notre côté. Il n’y a que mon visage de placardé sur tous les murs de l’Empire après tout.

L’Intendant avait le visage pâle de concentration lorsque tout le monde s’exécuta et se mit en cercle dans la pièce. Etre nombre. Etre légion. Menaçants. Puissants. Indestrucibles, il fallait paraitre, compenser la masse de ceux qui voulaient Jehan morts par leur propre masse.

- Réveillez-le.


Il fallut un certain temps pour faire émerger Jean de Terrevermeille tant le coup qu’il avait reçu l’avait bien assomé. Mais son visage se décomposa en ouvrant les yeux sur le visage de Jehan, comme s’il avait vu un fantôme.

- Hil’ Jildwin !
s’étouffa-t-il de panique en observant la pièce d’un tas de regards paniqués. La dizaine de silhouettes silencieuses, le visage masqué, avait de quoi imposer.

- Surpris Jean ? Tu aurais du savoir qu’une simple exécution ne pourrait pas arrêter Jehan Hil' Jildwin, quand bien même j'ai un peu perdu la main.


L’homme ventripotent se mit à crier et à se débattre sur sa chaise pour essayer d’attirer l’attention de quiconque pourrait l’entendre. Il suffit à Silind, de son imposante hauteur, de s’approcher, visage tendu de tissu noir et yeux rouges de braise. De poser sans un mot une main large comme un couvercle de chaudron et de serrer légèrement. Très légèrement.
Leur prisonnier se calma instantanément et laissa échapper un petit filet de voix terrifié.

- Qu’est-ce que tu veux, assassin? N’as-tu donc pas assez d’un meurtre sur les mains, veux-tu tuer chaque homme honnête et intègre que les Dieux ont mis sur Terre ?!

- Tu fais bien de parler de ton honnêteté, Jean, nous savons tous que de nous tous, tu es celui avec le plus de cadavres dans le placard….

- Quelles preuves pourrait bien posséder un criminel comme toi ?

Sur cette incitation, Jehan saisit, dans une des piles de papiers soigneusement arrangés, une des lettres, de Hortensius à Jean, et se mit à la lire à voix haute. Puis il en prit une autre, la commande des faux que Jean avait fait pour l’arrestation de Jean. Puis une autre, et une autre.
Jean palissait progressivement à la lecture de toutes ces preuves accablantes contre lui, se rendant petit à petit compte que les gens qu’il avait en face de lui avaient fini par rassembler toutes les pièces du puzzle et étaient prêts à les abattre tous.  

- Nous avons un marché à te proposer. Ces papiers pourraient… disparaitre, tout bonnement. Personne ne mettrait la main dessus. Contre ton aide inconditionnelle pour faire tomber tes collègues, tout aussi coupables que toi. Le marché me semble plus qu’alléchant ? Vous en pensez quoi ?


Tout le monde hocha de la tête autour de lui lorsqu’il leur adressa à tous cette question, ajoutant à l’oppressant de la scène.

- Qui voudra bien croire un traitre comme toi ? Je suis le Juge de cette ville, ma parole fait loi, et ces papiers pourraient tout aussi bien être des faux. Tu ne pourrais pas te pointer dans les bâtiments de la Légion Noire qu’ils te trancheront la tête.

Sans dire un seul mot, Jehan tira précautionneusement un des papiers de sous un autre. Il était couvert d’une écriture incompréhensible, comme d’un autre language.

- Si je ne me trompe, vous êtes aussi bilingue que moi en code Pollien ancien, me trompai-je, Jean ?

L’homme plissa les yeux pour décoder les quelques lignes qui étaient écrites de la main d’Aziel Ril’ Krysant, cette écriture si rigide qu’elle était reconnaissable partout. Au fur et à mesure de la lecture, son visage palissait encore plus, si cela était possible. C’était comme si on venait de lui retirer l’âme par les orbites. Ou qu’on lui avait annoncé son arrêt de mort.

Et c’était, littéralement, ce qui venait de se produire. Trouvée dans un faux-fond de la cassette d’Aziel, cette lettre codée et archivée décrivait en quelques mots le plan que les trois principaux membres de l’Ordre avaient, depuis le départ, de « purger l’Ordre » une fois leur coup d’état accompli. Qu’il ne reste que les « vrais ». Ceux qui étaient convaincus qu’ils fondaient un monde meilleur.
Et Jean ne figurait pas parmi ces trois.

Ce furent ces quelques lignes qui le brisèrent, car il y a une chose à laquelle un homme avide et sans scrupules tient plus qu’à son argent : c’était sa vie. Qu’on la lui prenne pour la mettre derrière des barreaux, ou pour la jeter dans les machoires du Héros de la Dame.


*

La soirée fut longue, très longue. Il fallut extraire de nombreuses informations à de Terrevermeille, qui permirent de décoder les derniers mots, les dernières lettres, les derniers échanges. Ils apprirent ainsi qu’une réunion en catastrophe de l’Ordre aurait du se produire le soir-même à cause de l’évasion de Jehan, mais que sa disparition, l’agression d’Aziel et  Il confirma tout ce que les filles avaient appris en espionnant à la réunion de Chen et compléta ce qu’elles avaient oublié.
Depuis que sa vie était en danger, c’était comme s’il avait oublié qu’il avait lui-même trempé dans ce complot. Lui-même été passé « interroger » Jehan plusieurs fois en ayant lui-même fomenté son incarcération. Lui-même brandi la main tranchée, sanguinolente, et jetée dans le feu.
Pour cela, Jehan le ferait payer. C’était une rage, un feu doux qui commençait à peine à ccroitre dans ses tripes. Un jour qu’on lui aurait rendu son identité et son âme… Mais pour l’heure, ils allaient devoir laisser partir un des criminels pour parvenir à faire tomber les autres. C’était le prix à payer pour la justice.
Et sa main à lui, qui lui rendrait ? Ces jours passés dans un donjon ?
Cette étiquette de régicide qui lui collerait à l’âme même longtemps après la preuve de son innocence ?


*


- Hortensius Nil’ Tremaine est intouchable. Vous ne comptez tout de même pas faire tomber le Général en chef des armées de l’Empire et notre régent effectif ? C’est impossible, tout bonnement impossible.

Ils réfléchissaient tous, à ce qu’ils pouvaient faire. Pour une fois, Jean avait raison. S’attaquer à Hortensius Nil’ Tremaine était la chose à éviter. Il était incorruptible, mais il était homme aussi.
Ils avaient aussi de quoi le faire chanter. Et il y aurait bien ce fameux Elliot Mil’ Tetys, dont Jean disait qu’il se rendait aux réunions à sa place, qui pourrait servir de bouc émissaire, tomber à sa place. Si ce Nil’ Tremaine était comme Jean disait, il saurait saisir l’opportunité dès leur arrestation pour retomber sur ses jambes et s’innocenter complètement de tous ces agisssements. Il avait la loyauté de ses hommes et la crédibilité du chef effectif de l’Empire.
Il fallait espérer que les pièces à conviction qu’il fallait garder précieusement sur lui et le chantage qu’il faudrait opérer, même si Jehan détestait faire ça, suffiraient à le faire trahir le reste des autres, et à se tenir tranquille jusqu’à la fin de sa longue vie de bons et loyaux services, dès qu’il se rendrait compte qu’il avait tout intérêt à influencer sur l’Empire depuis le confort de son rôle d’Eminence grise auprès de l’Impératrice plutôt que sur le trône lui-même.


*

Aziel Ril’ Krysant était leur coupable désigné. C’était le plus extrémiste de tous, c’était le seul qui était véritablement prêt à mourir pour leur cause. C’était celui qui à cause de sa maniaquerie avait tout signé. Celui sur lequel tout le monde pouvait se décharger, et celui que tous ceux qui étaient autour de Jehan alors qu’ils fomentaient le plan avaient envie de voir payer pour ses crimes.
C’était également lui qui avait recruté l’assassin, même si celui-là, toujours endormi dans un coin de la pièce, était un allié de Lowen Sil’ Afian.
S’ils faisaient tomber « Le Fiel », comme tous les élèves l’appelaient…

Ca leur suffirait.


*

Le plan reposait, au final, sur leur capacité à croire Jean de Terrevermeille. Sous leur surveillance assidue et leur menace pendante – les documents avaient pour la plupart mis en lieu sûr dans un lieu connu seulement des dessinatrices qui avaient fait un pas sur le côté pour aller les cacher- il devait revenir en ville le lendemain, s’arranger pour avoir un entrevue seul à seul avec Hortensius Nil’ Tremaine, et l’amener de leur côté aussi.
Il fallait les faire tomber un par un.
Anxieux, Jehan avait de nouveau attendu toute la journée, car il ne pouvait toujours pas sortir de leur repaire. Les plus discrets des élèves avaient accompagné Jean, certains déguisés comme ses valets, certains –sans sa connaissance- le filant discrètement pour s’assurer de sa bonne volonté. Il ne devait surtout pas les trahir.


*

Ils l’avaient forcé à revenir les trouver – en s’assurant que personne ne le filait et qu’il n’avait pas indiqué la location de leur repaire- au soir pour leur faire un rapport.

Il leur suffit à tout d’un « Il est des notres » pour se mettre à célébrer.
Ils avaient réussi.
Ils verraient le bout du tunnel, et la lumière qui brillerait sur Gwendalavir serait celle de la justice. Jehan serra plusieurs personnes dans ses bras, peut-être même Jean sous l’allégresse.
Et pourtant. Pourtant. Il restait encore en lui une étincelle de paranoïa qui lui disait que tout ceci n’était qu’un vaste complot, que Jean avait réussi malgré leur surveillance à s’organiser secrètement avec Hort pour les faire tous arrêter ou assassiner sitôt le jour levé.


*

Un des lieutenants « sûrs » de Hortensius avait été dépêché à la demeure de Jean de Terrevermeille en compagnie des élèves et de Jehan, qui n’était pas à l’aise à l’idée d’être revenu dans la ville qui voulait sa mort. Mais il leur restait ces derniers détails à organiser.

- Voilà le décret d’innocence,
signa Jean de Terrevermeille en scellant le papier qui représentait TOUT avec la cire et son sceau de juge d’Al-Jeit. Vous comprendrez que nous ne pouvons pas le rendre public pour l’instant, mais il sera reconnu devant toutes les autorités. N’ayez juste pas l’idiotie de sortir au grand jour avant que toute cette affaire soit réglée. Voire pendant quelques semaines.

- A propos de notre « affaire »
… fit avec rigidité le lieutenant de Hort.

Cet homme, qui remplaçait Elliot depuis que ce dernier avait été arrêté dans le plus grand secret par Nil’ Tremaine lui-même, les considérait tous d’un air glacial et guindé, l’air d’un homme qui se trouve avec beaucoup trop de criminels et fugitifs présumés pour ne pas avoir la justice qui démangeait de tous les arrêter.


- L’homme qui m’envoie,
dit-il en ne citant pas le nom de Hortensius, qui se tenait à une telle distance de toute implication qu’aucun des élèves n’avait vu son visage, souhaite vous informer de la capture et de l’incarcération des sieurs Elliot Mil’ Tetys ainsi que Ashème Aisse pour leur implication dans le complot visant à assassiner l’Empereur. Le sus-cité a... sous interrogatoire, dirons-nous, avoué tout ce dont nous avions besoin, et ces aveux sont restranscrits par écrit. Il a également avoué avoir porté le coup fatal lui-même et fera l'objet d'une exécution sommaire.

- Leurs procès auront lieu sitôt après la divulgation de cette horrible machination et de votre innocence, j’y veillerais moi-même
, répliqua Jean, la sueur au front – il savait qu’il aurait très bien pu être à leur place s’il n’avait pas tourné casaque comme le couard achetable qu’il était.

- De plus, l’homme qui m’envoie vous transmet qu’il a envoyé une convocation à tout l’ordre de se retrouver en toute urgence à la date et au lieu indiqué dans le code afin de remédier à … la débâcle Hil’ Jildwin, votre disparition ainsi que les nombreuses effractions qui ont eu lieu au cours de ces derniers jours. Ils sont tous sur le qui-vive et ne manqueront pas à l’appel. Ce sera le moment idéal pour tous les … prendre sur le fait. Nos hommes de la Légion Noire se déploieront pour procéder à l’incarcération des membres de l’Ordre. Leur jugement se fera promptement après, grâce à toutes les preuves que vous nous avez… « fourni », Sire De Terrevermeille. Par quelques moyens que vous eussiez pu les acquérir.

A ce moment-là, le lieutenant lança un regard lourd de sens à tous les élèves qui se trouvaient dans la salle ainsi qu’à Jehan.

Tout cela sonnait extrêmement faux : leur propre complot pour arrêter le complot qui devait détruire l’Empire… Mais ils n’avaient pas le choix. Ils devaient jouer de chantages, de tourne-casaques, de menaces, de preuves récupérées plus ou moins légalement, et de ruse, de mensonges, de traquenards.

- En temps normal, nous nous assurerions de cette opération nous-même. Néanmoins, nos troupes sont.. dispersées à travers l’Empire pour vous arrêter, Sire Hil’ Jildwin, et les rappeler toutes à Al-Jeit dans un quartier spécifique risque de mettre la puce à l’oreille de tous nos suspects. Ils ne doivent se douter de rien jusqu’à avoir les fers aux poignets. Vos.. acolytes semblent capables, comme ils l’ont prouvé ces derniers jours. Vous avez mis la Légion en déroute lors de « l’exécution ». Nous pourrions avoir besoin de bras pour cette opération.

Avant que quiconque ait pu se proposer, Jehan s’avança.

- Avant toute chose, j’exige que toutes les primes sur nos têtes soient retirées, et que le poste d’Intendant de l’Académie de Merwyn me soit redonné, comme il est en mon droit de le réclamer puisque les documents m’évinçant se sont révélés être des faux… de source inconnue
, rajouta-t-il après une seconde de délai pour rappeler à Jean qu’il ne tenait sous chantage et qu’il pouvait le livrer aux fauves de Jeit à chaque seconde.

Je veux pouvoir rentrer chez moi la tête haute avec tous mes élèves une fois que cette sordide affaire sera terminée. Chez moi, à l'Académie de Merwyn.




[Je considère là que ça suffit pour ouvrir le Bal de Noël qui se passera « après » le raid sur les membres de l’Ordre qui se passe le lendemain de cette scène. santa

A la suite de ce post, un post de Personne lancera le raid à proprement dit, qui se fera par Rp fast, et auquel peut participer quiconque a envie. Ceux qui veulent juste retourner à l’Académie ont bien sûr le droit, mais je connais quelques têtes brûlées qui auraient sans doute envie de coffrer Aziel eux-mêmes. XD

En tout cas, le raid n’a pas de date butoir et peut s’étendre après Noël. Vu que Jehan est innocenté et que c’est quasi bouclé, on peut fêter Noël en bonne et dûe forme I love you ]


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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Jeu 18 Déc 2014 - 2:59

Jean de Terrevermeille arriva le dernier au rendez-vous fixé et organisé avec le concours de la Légion Noire. Hortensius les avait fait se retrouver dans une demeure abandonnée un peu à la lisière d’Al-Jeit, parfaite pour les rendez-vous secrets. Les légionnaires noirs étaient en place. On l’avait prévenu qu’il serait arrêté aussi en même temps que les autres, pour ne pas attirer l’attention, mais que des arrangements seraient faits pour que son innocence soit « miraculeusement reconnue faute de preuves » aussitôt incarcéré.
Depuis qu’il avait été forcé de passer un marché avec Jehan Hil’ Jildwin pour garder la vie – car ce monstre était prêt à ruiner toute sa carrière et son intégrité avec un chantage odieux- Jean vivait dans la crainte. Il n’avait été dans ce complot que pour la gloire et pour l’argent qu’on lui avait promis, le pouvoir qu’on lui avait fait miroiter dans le nouvel ordre impérial. Mais se savoir la quasi-victime d’un complot d’assassinat…

Tous étaient déjà là. Oliah Kil’ Meroan, Deuil et deux de ses sbires dont elle ne se séparait jamais, Lowen Sil’ Afian, Aziel Ril’ Krysant –dont le visage était plus paranoiaque et dingue que jamais, depuis qu’il avait été agressé dans sa propre demeure, et enfin Hortensius Nil’ Tremaine lui-même.
Poussé au chantage lui aussi, il avait lui-même dirigé la préparation du guet-apens et de l’incarcération de tous les suspects de l’intrigue. Elliot Mil’ Tetys allait être son bouc émissaire personnel, et il n’y avait aucun doute qu’il serait discrètement exécuté par la justice militaire, sans que personne ne puisse jamais y relier Hort.
Hortensius, qui les contemplait tous de ses yeux transparents et inexpressifs, comme s’ils étaient déjà tous morts pour lui. Il lui suffirait de quelques mots, d’un signal de la main…
Ril’ Krysant se dressa avant même que tout le monde ait prit place, incapable de tenir en place.

- La situation vire à la catastrophe. Vous nous aviez assurés que tout se passerait comme prévu et que cette exécution serait une simple formalité, Sire Nil’ Tremaine. On commence à nous traquer. Quelqu’un est entré par effraction avant-hier et m’a ag-

Hortensius Nil’ Tremaine se leva alors, dans le silence le plus total, ce qui eut pour effet de couper la parole à un Ril’ Krysant –presque- échevelé, et fulminant. Traqué comme une bête acculée, pensa Jean.

Le Général en chef des armées de Gwendalavir posa ses deux mains à plat sur le bois de la table.
Le signal. C’était maintenant.

- Lowen Sil’ Afian. Oliah Kil’ Meroan. Deuil. Jean de Terrevermeille. Aziel Ril’ Krysant. Vous êtes tous en état d’arrestation pour haute trahison envers l’Empire de Gwendalavir, fomentation d’un complot politique et assassinat de Sil’ Afian, Sixième Empereur de Gwendalavir.

A ce moment précis, comme les rouages d’une horloge, des Légionnaires Noirs brisèrent les portes et les fenêtres de la grande salle où tous se trouvaient – couvrant chaque sortie, gommeurs à la ceinture et épée au clair.
Assistés de tous ceux qui s’étaient portés volontaires pour mener cette mission à bien, et qui, Jean put voir dans les quelques secondes d’immobilisme qui précédèrent l’ouragan, avaient la rage au cœur et la hargne au poing.

Et puis tout devint chaotique, car tous les comploteurs étaient déjà debout, à se battre et s’échapper pour leur vie.
Krysant. C’était Ril’ Krysant qu’il ne fallait surtout pas laisser s’enfuir.



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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Dim 21 Déc 2014 - 21:21

Ils attendaient. Un signal. Le signal. Et Ichel trépignait d'impatience. Se jeter sur eux, les coincer une bonne fois pour toute. Mais surtout lui. Le coincer et lui faire regretter d'avoir mis les pieds dans leur Académie, mais surtout, lui apprendre combien il était dangereux de s'attaquer à eux. À l'Académie de Merwyn. Et plus encore à leur Intendant.
Et Ichel attendait. Contre son gré. Elle savait bien que tomber tête baissée sur eux n'était pas la meilleure des méthodes et les légionnaires noirs l'en empêcheraient. Elle avait déjà de la chance d'avoir pu rejoindre le raid. Elle reconnaissait certaines têtes, des légionnaires qu'elle avait défigurés lors de son intrusion chez Jehan. Et ils la reconnaissaient... Mais ne pouvaient rien dire, c'était Hortensius Nil'Tremaine qui commandait.

Le signal. Les portes furent brisées, les fenêtres également. Chaque sortie était couverte, des gommeurs empêchaient les dessinateurs de s'enfuir. La marchombre en avait également un à sa ceinture. On l'avait obligée à porter cette créature visqueuse et dégoutante.
Et elle se retrouva face à lui. Elle vit son air surpris, elle vit la lumière se faire dans son regard fou. Aziel Ril'Krysant venait de se rendre compte de l'identité de ceux qui venaient de le faire tomber. L'Académie de Merwyn. Ces gens dont il sous-estimait les capacités. Et Ichel se rassasia de ce regard, de ces émotions qui irradiaient son corps. Surpris.

Puis, ils se levèrent tous, prêts à se battre. Mais Ichel n'avait qu'une cible, son regard n'était planté que dans celui d'un seul comploteur. Elle allait lui faire regretter. Sa haine était si décuplée, si intense... Il ne ressortirait pas d'ici indemne.
Tout s'ébranla dans la grande pièce. Les deux camps se ruèrent les uns sur les autres, des combats éclatèrent à chaque coin de la pièce. Et Ril'Krysant quitta le regard de la marchombre pour trouver une fuite.

Pas question, mon gros. On n'a pas fait tout ça pour que tu te fasses la belle !

Et elle se lança à ses trousses. D'un pas souple et rapide, elle parcourut la distance bien plus aisément que les autres. Evitant les combats, les coups qui tentaient de pleuvoir sur elle, la marchombre ne perdait pas son but de vue. Aziel était à elle. Et il l'avait bien deviné.
L'homme passa à côté de légionnaires, il en assomma un qui se battait contre un de ses acolytes. Pour mieux fuir. Et un passage s'ouvrit devant lui comme par magie. Plus de légionnaire devant cette sortie.


- Ne le laissez pas... !!

Trop tard. La marchombre vola presque littéralement au-dessus des combats pour se faufiler à la suite de l'Intendant. Courant dans les couloirs du bâtiment, il tentait de fuir.

- Hors de question...

La jeune femme courrait bien plus vite, elle le rattrapait. Aziel ne lui échapperait pas.


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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Ven 2 Jan 2015 - 21:04

Ils avaient Jehan. Mais il leur restait manquait Aziel.

Kloa n'avait pas hésité une seule seconde lorsqu'il avait fallu trouver quelques volontaires pour cette nouvelle et – ils l'espéraient – dernière mission. En vérité, les élèves qui s'étaient désignés pour y participer n'avaient étonné personne – et à présent ils se tenaient là, cachés, à l’affût, silencieux mais trépignant d'impatience. Jamais attendre ne lui avait paru aussi éprouvant.

Lorsque le signal fut enfin donné elle se lança, comme les autres, à peine gênée par le gommeur accroché à sa ceinture. Des visages connus – certains aimés, d'autres honnis. Du sang – qui giclait, qui battait ses tempes. De la stupeur, de la rage, de la terreur. Elle contourna les meubles renversés, évita un Légionnaire, dut se baisser pour échapper à une pluie de verre brisé. Bouscula un corps qu'elle n'identifia pas, écrasa un pied – ou une main ? –, heurta un coude. Et enfin... un éclat rouge, vite esquivé. Lui. Des bruits de course. Il fuyait. Mais il n'était pas seul. Une ombre se glissa à sa suite, sautant par-dessus les silhouettes étendues à terre – non, flottant, volant presque. Ichel. Il ne lui fallut qu'un instant pour se décider à leur emboîter le pas.

Leurs pas tintant sur le sol de la vieille demeure abandonnée, se répercutant en échos mats et infinis contre les murs dépourvus de tapisserie. Ichel courait vite. Mais Aziel aussi. L'une était portée par la haine, l'autre par le désespoir. Kloa, elle, l'était par la colère. Elle accéléra. Elle se savait incapable de rattraper la marchombre mais, si, par hasard, il lui arrivait quelque chose... Comme en réponse à sa pensée pratiquement informulée, un homme – Légionnaire Noir, d'après son armure – surgit dans le couloir d'une porte latérale au moment même où la Kaelem arrivait à sa hauteur. Surprise, elle fit un écart afin de l'éviter, mais ne put s'empêcher de perdre légèrement du terrain. Devant, loin devant, Aziel atteignait un coude du couloir ; il ne tarda pas à se soustraire à leur vue. Réflexion. Et si... Sans s'interroger davantage, la guerrière s'engouffra par la porte que le Légionnaire venait de franchir.

Longue habituée des décisions de dernière minute et vétérante de l'improvisation, elle n'eut aucun mal à s'orienter à travers les pièces qu'elle découvrait au fur et à mesure. Tout en se guidant grâce aux sons qu'elle percevait à travers les murs et en essayant de se représenter le plan de la maison en fonction de ce qu'elle voyait, elle accéléra encore, louvoyant entre les objets qui semblaient disposés au hasard des pièces. Jusqu'à ce que... Une porte. Et derrière la porte... Un couloir. Le couloir. Ne restait plus qu'à espérer qu'elle avait bien emprunté un raccourci, et qu'elle n'avait pas au contraire rallongé sa course.

Elle arriva une fraction de seconde trop tard. Sa première pensée, en apercevant la silhouette drapée de rouge, fut : « Je l'ai ! » Et elle l'aurait eu, en effet, s'il n'avait pas bondi en avant au même instant, poussé par elle ne savait quelle diabolique intuition. Au lieu de le heurter de plein fouet, comme elle l'avait prévu, il lui passa donc juste devant le nez. Quelques mètres en arrière cavalait Ichel – trop loin, encore. Alors, en désespoir de cause, Kloa se jeta en avant... Et agrippa quelque chose. Quelque chose de doux, de fin et de soyeux. Sans savoir ce qu'elle faisait, aveuglée et sur le point de trébucher, la combattante tira. Le quelque chose lui resta dans les mains.

Déséquilibrée, la jeune fille tomba en arrière, se rétablissant de justesse contre le mur. Elle tenait à présent la cape d'Aziel – plus longue et plus épaisse qu'elle ne l'aurait cru au premier abord. Clignant des yeux avec stupéfaction, elle remarqua à peine qu'Ichel la dépassait à toute vitesse. Lorsqu'elle finit par relever la tête, ce fut pour noter avec satisfaction que l'écart s'était considérablement réduit entre l'ancien Intendant et sa poursuivante – visiblement, si sa tactique n'avait pas eu l'effet escompté, elle avait quand même servi à quelque chose.

Et, même si ce n'était pas le cas, elle se ferait un plaisir de déchirer la cape tant détestée, se figurant les lambeaux rouges comme autant de gouttes de sang de l'ex-Intendant.



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Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Ven 16 Jan 2015 - 22:51

Damnation !
Que les feux du Dragon les engouffrent tous dans un torrent de flammes et que les ires de la Dame les transpercent de toute sa Majesté !

Ca ne pouvait pas finir comme ça.
Ca ne finirait pas comme ça.
Les Dieux lui avaient donné comme mission suprême de redresser Gwendalavir, menée par tous ces incapables et ces infidèles, et il comptait bien mener cette mission à bien. C’était son destin, il l’avait pris en main, il l’avait forgée.
Et ces bouilles ridicules, rustres. Ces.. gueux ! Ces élèves de l’Académie de Merwyn, perdus dans les limbes du vice, venaient le narguer jusqu’ici, dans un torrent de lames.
Ca ne pouvait pas finir comme ça. Arrêtés comme de vulgaires criminels.

Tout était de la faute de cette femme, il était certain. Cette Deuil, cette saleté de criminelle qui les avait vendus. Il aurait du se méfier depuis le début. Les femmes étaient des créatures dangereuses, et il ne faisait confiance à Oliah que parce qu’il la tenait en son pouvoir depuis près de vingt ans.
Aziel Ril’ Krysant ne serait pas défait là. Ca ne servait à rien de rester se battre pour sauver un honneur qu’il n’avait à justifier devant personne sauf les Dieux. Le Sire Rouge prit la fuite, fracassant la tête d’un ennemi contre le mur pour libérer un passage. Il fallait qu’il s’écarte suffisamment de la zone des gommeurs pour pouvoir disparaître complètement. Quatre à quatre dans les escaliers cependant, il entendit derrière qu’on lui donnait la traque, et redoubla d’effort. Il n’avait jamais été un homme athlétique, mais la détermination divine et l’ascétisme lui donnait une énergie nerveuse décuplée.
Deux des élèves de l’Académie étaient à ses trousses, et, lorsqu’il jeta un œil par-dessus son épaule en prenant un nouveau couloir, il vit la cage du Gommeur brinquebalant sur leurs hanches.
Damnation.

L’Intendant prit pour un signe du destin le fait qu’Ichel soit percutée par un de ses alliés. Il n’y avait pas d’issue en continuant à monter. Il fallait qu’il sorte.
Il espéra presque, en redescendant quatre à quatre un escalier de service, mais à ce moment-là, il fut envoyé au sol par le col de sa cape. Effrené, il s’en débarassa le plus vite possible, la laissant entre les mains de son assaillant.
Sortir.
Il fallait sortir.
Ichel était sur le point de le rattraper. Aziel n’avait plus le choix. Il ne parviendrait à rien avec cette malédiction de Gommeur, et il ne pourrait plus courir très longtemps, le cœur lui battait déjà au bord de l’apoplexie.
Brusquement, dans une pièce cul-de-sac, l’homme aux mille complots se retourna. Les deux pieds ancrés dans le plancher. D’un mouvement, sortit de son fourreau la rapière ornée qu’il portait toujours. Le front plissé des rides de la démence, l’œil brillant d’adrénaline, les dents serrées retenant les mille malédictions qu’il voulait lancer.
Ichel eut tout juste le temps de freiner avant de s’empaler sur la lame du Fiel, lui ôtant la satisfaction de la mort d’une chienne infidèle.

Le Gommeur.
C’était sa seule cible. Il fallait qu’il détruise cette abomination démoniaque. Un cri de rage, sorti tout droit de la part la plus sombre de son être, cette alvéole racornie, acariatre, déçue par l’Univers tout entier, sortit de ses lèvres blêmes lorsqu’il se lança dans le combat.



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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Dim 1 Fév 2015 - 13:55

Aziel disparut dans une salle. Il était piégé. La marchombre y entra à sa suite, prête à le rattraper, mais quelle ne fut pas sa surprise de le voir tourné vers elle, lame au clair, prête à l'empaler. Elle freina de justesse et d'un bond, recula d'un bon mètre. Arquée, genoux pliés, elle était prête à bondir.
Deuxième surprise. Le hurlement de rage que l'homme venait de pousser aurait presque pu l'effrayer si elle ne possédait pas la même haine à son égard. Aziel était prêt à tout pour s'en sortir, prêt à tout pour s'enfuir. Quel lâche...
Elle évitait les coups de l'Intendant, jaugeant ce qu'il valait réellement au combat. Pas si pathétique que ce qu'elle avait pensé, mais pas assez fort pour la vaincre. Ichel était sûre d'elle, Ichel savait de quoi elle était capable. Et elle allait le battre. Elle allait le faire maudire ses dieux qu'il chérissait tant. Elle le rendrait fou de rage. Fou de sa défaite face à eux.

La marchombre évita un coup destiné à son bas ventre. Elle comprit la manoeuvre de l'homme. Et elle sourit. Virevoltant dans les airs, elle fléchit les genoux. Tournant sur elle-même, elle faucha les jambes de son adversaire qui tomba au sol dans un bruit sourd. La jeune femme se releva, pointa l'homme à terre du menton.


- C'est ça qu'tu veux ?

Délaissé le vouvoiement. Il ne méritait pas son respect. Elle pencha la tête sur le côté, amusée par la vision du Fiel à terre.

- Tu as sous-estimé les petites bêtes. Tu nous as sous-estimé, tu as sous-estimé l'Académie de Merwyn.

Quelle ironie, tout de même. Ce pauvre Gommeur faisait de lui qu'un misérable lâche comme les élèves de l'Académie venaient de montrer son vrai visage au monde. Le comploteur. L'assassin.
Elle rit à gorge déployées. Puis se stoppa net en quelques secondes.


- Qu'est-ce que t'attend, viens le prendre !

Secouant la cage du Gommeur, elle comptait bien attiser la colère d'Aziel. Lui montrer que sa seule erreur avait été de s'attaquer à Jehan, à eux. Et elle réussit haut la main. Se relevant dans un nouveau cri de rage, il recommença à se ruer sur elle. De manière plus désordonnée qu'auparavant, étrangement. Le désespoir ?
Ichel évita une attaque, puis se lança réellement dans le combat. Salto avant, elle se retrouva derrière son adversaire et lui asséna un coup de pied dans le dos. L'homme alla s'étaler quelques mètres plus loin, mais se releva presque immédiatement pour se ruer à nouveau sur la marchombre. Sa rage venait de tripler, il ne semblait n'avoir plus aucun contrôle sur son corps. Il voulait détruire la bestiole immonde qui se balançait à la ceinture de la jeune femme, il voulait la détruire elle, qui lui barrait la route. Ichel continuait de le ridiculiser, ne se lassant pas de ce spectacle. Mais l'homme devenait de plus en plus menaçant. Ses attaques plus dangereuses. Et ce fut lorsqu'il atteignit enfin son but qu'elle le réalisa. Il fallait qu'elle en finisse.

Un coup d'estoc destiné au ventre de la jeune marchombre, elle l'évita in extremis. Aziel atteignit cependant son but. La cage du Gommeur alla rouler sur le sol quelques mètres plus loin, s'arrêtant lorsqu'elle heurta le mur. Tous deux se regardèrent, puis la cage, puis de nouveau dans le blanc des yeux. Ils se jetèrent sur le sol pour récupérer l'animal. Lames laissées à terre, leur combat continuait. L'Intendant venait presque d'attraper la cage alors qu'Ichel le tira en arrière par les pieds. Il fit de même à plusieurs reprises. La marchombre reçut un coup de poing dans son ventre, elle lui donna un coup dans le nez. Elle sentit ses cheveux tirer en arrière, elle le griffa au visage. Et soudain, lançant son poing au hasard, l'homme étourdit la jeune femme qui eut besoin de quelques secondes pour reprendre ses esprits. Lorsqu'elle les eut enfin récupéré, il était trop tard.
Aziel tenait le Gommeur dans une main, un couteau dans l'autre. Et un sourire aux lèvres. Il planta la lame dans la créature qui poussa un long cri d'agonie avant de rendre son dernier souffle. L'homme ricana, débita quelques venimeuses paroles. Et elle le vit se plonger dans les spires. Quelques secondes s'écoulèrent. Ichel se releva, éclata de rire.


- Alors mon grand, on n'y arrive toujours pas ?

L'apprentie jeta un regard vers un coin de la pièce.

- Juste à temps, Kloa. Rappelle-moi de t'offrir un verre pour te remercier !

Kloa se tenait près de la porte depuis quelques minutes. Son Gommeur à sa taille.
Ichel planta son regard noisette dans celui, rageur, de leur ex-Intendant. Et elle la vit. Cette détermination. Il allait fuir, coûte que coûte. Sans cri de rage, il se retourna et entama une course vers la teylus. Son Gommeur. Il voulait son Gommeur.
Ni une ni deux, Ichel pivota sur elle-même, sa main attrapa la dague qu'elle cachait dans sa botte droite et la lança. Quelques secondes. Bruit mat, la dague se planta dans le mur. Dans le mur et la paume de l'homme qui hurla de douleur. Il était littéralement cloué à la pierre. La marchombre se rua vers lui, plaqua son autre main contre le mur. Il était impuissant, son corps livré en pâture à la colère de la jeune femme. Elle se rapprocha de son visage, observa le fond de ses yeux. Murmura presque.


- Quelle ironie, non ? J'aurais presque pu te la couper, ça aurait été encore plus drôle.

Elle sourit.

- J'espère que ça fait mal au moins ?

Pause.

- Oh, je ne parlais pas de la main. Ca, au moins, je suis certaine que ça fait mal... Non. Je me demandais plutôt si ça faisait mal de se faire battre par une bande d'élèves de bas-nés et de brutes ? Par de la racaille ?





[ Edition à volonté si quelque chose cloche Naif ]


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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Sam 14 Fév 2015 - 19:42

Halina n’avait pas hésité longtemps.
 
Elle n’avait pas hésité lorsque Jehan avait exposé le plan pour capturer Aziel et le livrer à la justice. C’était une mission commando visant à détruire l’Ordre. Et Halina voulait en être. Il n’était pas question qu’elle laisse des inconnus arrêter ces gens qui les avaient terrifiés autant. Elle voulait voir ses hommes et femmes qui complotaient dans cette salle de l’auberge d’Al-Chen et qui avaient faillis les capturer. Elle voulait les voir en face et les menacer de son épée. Elle n’était pas sûre de vouloir les voir morts, parce qu’elle savait ce que ça impliquerait : des nouveaux cauchemars. Ce qu’elle était sûre c’est qu’elle voulait voir leurs tête quand ils se rendraient compte qu’ils étaient menacés et pris au piège. Elle voulait voir le Fiel avec des chaines aux poignets. Elle voulait le voir dans le même état qu’elle avait vu leur Intendant en ce jour fatidique. Elle voulait qu’ils comprennent qu’ils avaient été battus par des barbares du Nord. Des rustres bons à rien. Des élèves de l’Académie la plus critiquée de tout l’Empire. Elle voulait ce pied de nez au destin. Ils l’avaient mérité.
 
Et si cette victoire pouvait ramener le sourire à Jehan, même un court instant alors ce serait plus que tout ce qu’elle imaginait. Alors, elle irait pour lui. Elle irait aussi pour tous les élèves traumatisés par Aziel-Le-Fiel. Elle irait pour les interminables heures de colles d’Einar. Pour les soirées à Teylus gâchées par le couvre-feu. Pour tous ceux qui étaient partis par sa faute. Pour les pleurs d’une jeune Teylus qu’elle avait entendus un soir dans le dortoir. Mais Halina y allait surtout pour elle, pour la justice à laquelle elle continuait de croire. Elle aimait son pays, elle aimait l’Empire, et elle ne pouvait pas y vivre s’il restait entacher comme ça. Elle ne pourrait jamais entrer dans la Garde Noire au service de personnes comme ces traîtres. Elle les méprisait.
 
Elle resserra la prise sur son épée, bien décidée à s’en servir. Elle guettait le signal. L’adrénaline de la bataille commençait à se diffuser dans ses veines. Elle avait hâte. Elle regarda autour d’elle, admirant la concentration impassible des Légionnaires. Elle les enviait un peu. La guerrière les avait admiré toute sa vie et voulait rejoindre leurs rangs. Même si sa confiance en eux c’était un peu émoussée sur le fil de ces derniers jours. Derrière le foulard qui lui cachait le visage elle tentait de calquer son attitude sur la leur mais ses yeux pétillaient d’une excitation farouche. L’attente se prolongeait. Le signal serait donné par le Général. Elle croisa le regard d’Ichel, et y vit la même chose même si chez elle se trouvait aussi une certaine impatience et un amusement. La marchombre la surprendrait toujours.
 
Puis vint le signal et ils s’engouffrèrent  à travers portes et vitres fracassées par les Légionnaires. Elle vit leurs regards éperdus et leur stupeur mais Deuil et ses acolytes furent les plus prompts à réagir. Après un échange de regards qui semblait sceller un accord tacite, ils tirèrent leurs lames et entrèrent dans la danse en attaquant les premières personnes qui se trouvaient devant eux. Halina était du nombre. Elle para le premier coup avec sa lame et eut juste le temps de voir une silhouette rouge fuir vers les escaliers suivi par un feu follet brun. Halina sourit et se concentra sur son combat. Elle n’eut pas le temps de jauger son adversaire puisqu’il enchaina les estocs, feintes et parades tandis qu’elle lui rendait la pareille. Il était fort. Très fort. Elle bataillait ferme, utilisant toutes les techniques qu’elle avait acquis durant sa formation. Et, lorsqu’elle commença à voir se dessiner un paterne, elle finit par arrêter de reculer. Elle prit le dessus du combat et finit par désarmer son adversaire en passant sous sa garde et en attaquant son poignet. Un légionnaire le maitrisa ensuite en l’aplatissant au sol. Elle apprécia qu’il ne soit intervenu plus tôt et qu’il lui ait laissé finir ce combat.
 

Elle le salua d’un signe de tête avant de se tourner vers les bruits de combat sur sa droite. Deuil se battait contre plusieurs Légionnaires à la fois. Et elle se battait comme un diable. Elle ne se rendrait pas. Elle était même fort probable qu’elle ne se laisserait pas prendre vivante. La guerrière ne pouvait rien faire, elle ne ferait que gêner les guerriers qui avaient l’habitude de combattre ensemble. Elle chercha donc où aider dans la pièce mais c’était trop tard, les derniers combats étaient en cours et elle ne serait d’aucune utilité. Elle se demandait où était Le Fiel et si Ichel avait pu le maîtriser. Elle ne voyait pas non plus la silhouette de Kloa et elle commençait à s’inquiéter. Elle serra son épée et réalisa soudain qu'elle avait mal partout. L'homme, fin bretteur, lui avait fait autant d'entailles et d'hématomes qu'elle ne lui en avait rendues et elle ne s'en était pas rendu compte. Elle soupira et suivit les Légionnaires qui sortaient de la pièce avec des blessés ou des prisonniers. Elle en avait fait assez.


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"Obsessed by a fairytale, we spend our lives searching
for a magic door and a lost kingdom of peace"

Eugene O'Neil

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Acier
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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Sam 21 Fév 2015 - 17:56

Kloa était arrivée au bon moment.




Le temps qu'elle se relève, qu'elle se débarrasse de la cape cramoisie de l'ancien Intendant et qu'elle reprenne sa course, Ichel et Aziel étaient déjà loin. Néanmoins, elle n'hésita pas à l'instant où elle s'élança en avant, essayant de rattraper son retard et espérant de toutes ses forces que la Kaelem aurait réussi à rejoindre le fugitif. Des bruits de lutte lui parvinrent alors du bout du couloir – à moins qu'il ne s'agisse de l'une des salles qu'il desservait –, accompagnés de cris de fureur et du rire frais et insolent d'Ichel. La jeune fille accéléra. Elle avait toute confiance en sa camarade, bien sûr. Mais si jamais, par le plus grand des hasards, il devait survenir un malheur...




Il fallut quelques minutes à la Teylus pour retrouver les deux assaillants. Entièrement concentrés sur leur combat, ils ne la remarquèrent pas tout de suite et elle s'immobilisa, ne sachant si elle devait intervenir immédiatement ou attendre de voir comment l'apprentie marchombre se débrouillait avant de se jeter dans la mêlée. Ses doigts se refermèrent sur le pommeau de son épée, parcourus d'un frisson d'expectative. Et...




Et elle ne comprit pas très bien ce qui se passa ensuite. Ichel lui tournait le dos, mais elle put apercevoir un bref éclair de triomphe sauvage illuminer le visage du Fiel. Au même moment, quelque chose tomba à ses pieds. Une cage. Contenant le gommeur de son amie. Elle n'eut pas le temps de réagir lorsque l'homme ferma les yeux, semblant anticiper avec un mélange de satisfaction mauvaise et de soulagement cruel la puissance des Spires. Mais rien ne se produisit. Rien, hormis le rire d'Ichel, plus éclatant que jamais. Et ce fut uniquement à cet instant que Kloa se rappela qu'elle possédait elle aussi un gommeur accroché à la taille.




Puis le couteau partit, suivi de près d'un hurlement de rage et de douleur mêlées. La paume de la main plaquée contre le mur, Aziel serrait les dents, et son regard traduisait à la fois la souffrance, le désespoir et une humiliation teintée de provocation. Superbe jusque dans la défaite. Et, même si elle le détestait et le méprisait de tout son être, la guerrière ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'admiration devant cette inflexibilité réduite à l'impuissante, ce roc qui, sous l'assaut répété des vagues et du vent, s'effondre en une ultime expression de défi.




C'était plus que de la colère qui faisait étinceler les yeux d'Ichel lorsqu'elle se rapprocha de lui, murmurant comme on chuchote un secret, une promesse ou un châtiment. Peut-être un peu des trois à la fois. Un sourire fleurit sur son visage, mais il était plus épines que pétales, plus ronces que fruits. Sa voix se fit venimeuse et, soudain, dans un éclair de lucidité, Kloa sut ce qui n'allait pas. Elle-même avait beau ne pas apprécier le Fiel, elle n'en avait jamais fait un cas de vengeance personnelle. D'après elle, il devait être puni, mais sous la sentence d'un juge, devant un tribunal. Or, c'était autre chose qu'elle percevait à travers les mouvements de la marchombre, son ton, l'ensemble de son attitude. Et elle n'aimait pas ce qu'elle commençait à peine à deviner.

- Attends !


L'exclamation avait fusé avant même qu'elle s'en rende compte. Elle s'avança, répétant doucement, comme pour prendre pleine conscience de cette simple injonction.

- Attends.


L'apprentie combattante n'éprouvait pas la moindre compassion pour Aziel et, même ainsi, faible, vaincu, elle ne ressentait pour lui que dégoût. En temps normal, elle n'aurait vu aucun problème à l'exécuter sur le champ, comme il avait froidement ordonné le meurtre de l'Empereur, ainsi qu'il comptait lâchement faire assassiner Jehan. Mais ce n'était pas à elle de faire cela, au plus profond d'elle-même, elle en était intimement convaincue. Ce n'était pas à elle que revenait cette tâche, ni à aucun des autres étudiants de l'Académie de Merwyn, malgré tout le mal qu'il y avait commis. Ni même à Ichel, dont elle voyait le regard flamboyer d'une haine qu'elle connaissait bien. Et qui ne lui plaisait pas du tout.

- Ce n'est pas à nous de le tuer, Ichel. Ce n'est pas à toi. J'aurais jamais cru dire ça un jour, mais laisse la justice faire son travail. Comment veux-tu que Jehan soit innocenté si le principal coupable n'est plus là pour témoigner ?


L'hésitation de la jeune femme était perceptible, de même que la peur d'Aziel, palpable. Finalement, elle se détourna, à contrecœur, récupérant son poignard par la même occasion tandis que Kloa fouillait ses poches à la recherche d'une corde. Et ce furent ainsi qu'elles prirent le chemin du retour, encadrant un homme dont les mains sanglantes étaient solidement attachées.


[Dites si je gêne Naif ]



_______________







Le cerf qui s'unit
Au trèfle de l'automne

On dit

Qu'il n'engendre qu'un faon

Unique et ce faon

Mon garçon solitaire
Part pour un voyage
De l'herbe en guise d'oreiller





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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Sam 21 Fév 2015 - 19:41

La marchombre ne bougeait plus d'un poil, réfléchissant aux paroles de Kloa. Quelques minutes passèrent alors que son regard ne quittait pas le blanc des yeux d'Aziel. Puis elle se détourna enfin. Elle arracha la dague du mur, un râle de douleur s'échappa de la bouche de l'assassin. Kloa s'occupa de lier les mains de l'ancien Intendant.

Et Ichel éclata de rire. Kloa croyait-elle réellement que la marchombre allait tuer Ril'Krysant ? Franchement... C'était mal la connaître ! Bon... Il était vrai que tout ce qu'elle venait de faire ou de dire pouvait avoir fait passer cette idée dans la tête de la teylus. Et il était normal qu'elle ait eu peur, qu'elle ait réagi ainsi. Mais franchement... Ichel, tuer un homme ? Il faudrait encore quelques années avant que cela n'arrive.
Ichel riait toujours lorsqu'elle se tourna vers la guerrière.


- Non, franchement, t'as vraiment cru que j'allais le tuer ? Faut croire que j'fais peur quand je m'énerve un peu.

Elle donna une tape dans le dos de son amie avant de lancer un regard provocateur à l'homme.

- La mort ne serait qu'une délivrance pour lui. Le moyen d'échapper au déshonneur et à la disgrâce. De s'enfuir encore.

Toutes ces pensées qui allaient tourner dans sa tête, ces pensées tortionnaires. Dans une cellule sombre, peut-être même noire, il penserait. Sa seule occupation. Se demander comment ces barbares du Nord l'avaient si facilement déchu de son pouvoir, se demander comment il allait s'en sortir. Et se lamenter sur son sort. Souffrance psychologique.
Il serait... seul. A ressasser sa vie, privé de liberté.
Peut-être serait-il exécuté rapidement, mais le simple fait de savoir qu'il ressasserait... C'était une victoire bien plus grande que de l'avoir tué. Savoir qu'il penserait à eux le restant de sa triste vie.

Elles prirent le chemin du retour dans un silence ponctués du souffle rauque de l'Intendant. C'était fini pour lui, il avait perdu. Définitivement. Ils arrivèrent dans la grande salle où le combat principal s'était déroulé. Tout était terminé, les comploteurs solidement enchainés. C'était fini... Enfin.
Un garde s'avança vers elles pour prendre le relais, son regard tomba bien vite sur la main ensanglantée. Tournant la tête vers les deux filles, il s'apprêtait à prendre la parole. Ichel lui adressa un sourire charmeur, lui faisant comprendre qu'elle ne répondrait à aucune question. Le garde ne voulant pas s'éterniser ici n'insista pas et partit vers le centre de la salle, tirant l'ancien Intendant par un bras.

Ichel se rapprocha de la teylus, passant un bras au-dessus de son épaule.


- Kloa, j'vais te confier un secret... j'suis pas aussi brute que vous pouvez le penser.

Elle se retira, lui faisant un petit clin d'oeil.

- Mais ça reste entre nous, hein !

Du coin de l'oeil, elle vit Halina qui sortait de la salle. Elle allait bien. S'approchant vite de Kloa, elle lui sourit avant de la remercier d'être arrivée à temps. Puis, elle s'éloigna en lui faisant un signe de la main. Elles se reverraient sans doute dans quelques minutes. La marchombre commença à courir vers la sortie.

- Haaal !







[ Ichel voulait vraiment pas le tuer enfaite XD ]


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MessageSujet: Re: Echec et mat. | Intrigue [Terminé]   Mer 25 Fév 2015 - 22:50

[… Ah bon bah emballé c’est pesé hein Arrow )

Hortensius Nil’ Tremaine essuya la lame rougie de sang de son sabre sur le cadavre de Deuil. Deux de ses lieutenants, essoufflés, mais victorieux, retournèrent le corps sans vie de la Mercenaire du Chaos pour s’assurer qu’elle était bien morte. Cette… racaille avait combattu jusqu’au bout. Le général n’en avait pas attendu moins de sa race, et ça l’arrangeait. Un duel à la loyale était pesque trop miséricordieux pour elle, mais la justice de Gwendalavir n’aurait pas à s’embarrasser de quelqu’un comme elle, qu’il avait le droit divin d’exécuter sans jugement.
Pour les autres, c’était une autre histoire. Jean de Terrevermeille s’était aussitôt rendu, comme de par leur plan, et se tenait assis dans un coin, un hématome sur la joue pour faire bonne figure. Oliah avait été maitrisée rapidement, incapable de se défendre à cause des Gommeurs que tous les Légionnaires portaient à la ceinture.

De Krysant et de Sil’ Afian, pas de traces. Krysant, il avait vu partir dans un couloir adjacent poursuivi par un contingent suffisamment conséquent pour qu’il soit capturé. Sil’ Afian avait tout bonnement disparu et aucun de ses hommes ne savait où il était passé. Il avait du réussir à s’enfuir discrètement dans le tohu-bohu et s’écarter suffisamment pour faire un pas sur le côté. C’était la seule solution, maintenant qu’ils avaient fait le compte de tous les captifs, et des quelques cadavres. Deuil avait emporté deux Légionnaires Noirs avant qu’Hortensius ne lui porte le coup final lui-même, comme on se débarrasse d’un témoin encombrant.
Quant à Krysant...

Ils eurent le temps de compter tout le monde, de s’occuper de transporter les morts, et d’inspecter le reste du batiment, avant que deux des jeunes gens qui avaient été engagées pour aider ne reviennent, escortées par quelques-uns de ses Légionnaires, avec un Aziel Ril’ Krysant échevelé, blessé, l’œil noir et le cœur en berne.
Le regard qui passa entre eux était électrique. Un instant, Hortensius crut que l’homme de foi allait se mettre à crier, à déverser tout son témoignage sur lui, sur son implication dans l’histoire. Il en aurait été capable, car s’il craignait la mort, il détestait par-dessus tout l’injustice et l’hypocrisie. Heureusement, personne ne l’aurait cru, vu son état. Il ressemblait désormais à un fou, sans tout le masque de maniaquerie et d’obsessivité qui le contenait comme un barrage. D’un geste de doigts, il ordonna à son lieutenant, son nouveau bras droit depuis qu’il avait du se débarrasser de Elliot Mil’ Tetys, d’enchainer Ril’ Krysant et de l’emmener avec les autres.

Tous furent escortés à l’extérieur, entourés d’un peloton entier de Légionnaires, sabres au clair et Gommeurs à la ceinture, jusqu’à un fourgon renforcé qui les ménerait en prison, en attendant leur jugement, leur interrogation, et pour certains, leur exécution.
Hortensius Nil’ Tremaine se dirigea lui-même vers le groupe de jeunes gens, victorieuses et souriantes, qui s’apprêtait à partir. Ces élèves de l’Académie de Merwyn, pourfendeurs de justice, qui avaient été cruciaux à la dissolution de l’Ordre de la Rose du Sud. Et dont il savait qu’ils étaient, derrière leurs airs junéviles et innocents, leur aspect rustre du Nord et leurs origines hétéroclites, les véritables marionnettistes derrière le chantage de Jean de Terrevermeille.
D’un geste raide, il pencha légèrement le buste vers elle, main sur le pommeau de son sabre rengainé.

- Mesdemoiselles, votre aide dans la résolution de cette… sombre affaire, sera reconnue par les plus hautes autorités. Il est évident que sans la collaboration entre nos deux partis, rien de ceux-ci n’aurait pu arriver.


Son regard mort croisa celui de chacune des jeunes femmes.

- J’espère que vous ne l’oublierez pas, lorsque vous penserez aux évènements à l’avenir, et qu’ils sauront guider votre.. esprit de justice. Maintenant que l’affaire est close, il serait malheureux de la déterrer, ou d’émettre de nouvelles accusations.

Faux semblants, hypocrisie, mensonges, non-dits, menaces à demi-couvées… ce qu’il détestait ce genre de parlers, tout juste bon pour les intrigues de cour et indignes de lui. Mais en ce moment précis, il devait faire fi de sa fierté, pour sa propre survie. La situation entre eux devait être parfaitement claire, ou il souffrirait tout le reste de sa carrière du chantage d’une bande de jeunes étourdis… ou d’avoir eu à terminer leurs vies plus tôt que les Dieux n’avaient prévu pour protéger sa vie.


- Soyez certaines que Jehan Hil’ Jildwin sera réinstauré dans ses fonctions dès que possible, et que l’Impératrice n’oubliera pas de sitôt l’aide qu’elle a obtenu de l’Académie de Merwyn, premier et dernier rempart contre l’Empire et les dangers qui le menacent.





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