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 Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]

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Intendant de l'Académie
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MessageSujet: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Sam 29 Nov 2014 - 2:10

Jehan contempla les quelques courageux qui s’étaient portés volontaires pour entrer par effraction dans sa demeure à lui, alors qu’elle était extrêmement surveillée. D’autant plus maintenant qu’il était un fugitif, et que la police de l’Empire pensait qu’il pourrait tenter de récupérer ses affaires.

- Avant que la Légion Noire ne défonce ma porte, et ne me jette au sol en me traitant de meurtrier, j’avais heureusement eu le temps de dissimuler les preuves les plus accablantes que j’avais trouvées contre l’Ordre. Même si je ne savais pas ce qu’ils voulaient faire, j’avais réussi à mettre la main sur de la correspondance compromettante. Beaucoup de lettres échangées entre différents membres de l’Ordre.

Jehan voulut les montrer de sa main, mais comme toujours, il oubliait que son bras était attaché par une attelle à sa poitrine pour le moment, et que tous ses réflexes étaient désormais erronés.

- S’ils ne l’ont pas trouvée, les lettres doivent toujours se trouver à l’intérieur de la statue de la Dame, dans mon bureau. Pour l’ouvrir, vous devez déloger une des griffes de la statue du Dragon qui se trouve dans la salle à manger, et vous en servir comme clef dans l’œil gauche de la Dame. Pourvu que ces deux statues soient toujours à leur place…


Au silence interrogateur de ses élèves, il essaya de donner plus de détails.

- Il y aura beaucoup de gardes. Le plus important, c’est que vous récupériez les lettres entre Sil’ Afian, Ril’ Krysant et Hort. Elles sont cryptées, mais elles sont cruciales. Elles parlent de « purger » l’Ordre lorsque la rose du Sud aura été tranchée, et que la bouture de la nouvelle roseraie aura été plantée. Si Jean de Terrevermeille lit cette lettre, il saura qui sont ses vrais alliés. Nous devons absolument les obtenir. Je compte sur vous. Faites attention à vous.


Jehan les regarda partir le cœur serré, à l’idée qu’il les menait droit dans l’endroit le plus dangereux et le plus gardé de la ville. Puis il se tourna vers l’autre groupe, et pointa un autre endroit de la carte.



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Jehan Hil' Jildwin, Intendant de l'Académie de Merwyn, personnalité multiple et indivisible.
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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Dim 30 Nov 2014 - 18:54

Ce fut après un sommeil agité, peuplé de rêves étranges et ponctué de brèves périodes de veille, qu'Attalys se réveilla dans la chambre de fortune où un certain nombre de ses compagnons avaient également passé la nuit, roulés en boule au sol, allongés sur de vieux matelas ou étendus en travers de quelques canapés – le meilleur lit de la maison ayant été évidemment réservé à Jehan. Elle était l'une des dernières à dormir encore et, lorsqu'elle s'en aperçut, la jeune fille se hâta de rassembler ses affaires avant d'aller rejoindre les autres qui, occupés à parler entre eux avec animation ou à grignoter leur petit-déjeuner d'un air absent, avaient peu à peu investi l'habitation. Elle-même ne put pratiquement rien avaler, trop nerveuse pour absorber quoique ce soit, et accueillit avec un soulagement presque impatient le discours de leur Intendant, qui semblait d'ailleurs en bien meilleure forme que la veille.

Quand il se tut enfin, l'Aequor réfléchissait au groupe qu'elle souhaiterait intégrer. Elle écouta quelques élèves se décider avant de prendre la parole à son tour pour annoncer qu'elle participerait à la fouille de la demeure de Jehan. Quitte à accomplir quelque chose d'illégal, elle préférait encore que ce soit avec la permission de son propriétaire. Ichel la rejoignit presque aussitôt et, une fois les groupes formés, l'ancien Intendant les briefa une dernière fois sur ce qui les attendait là-bas. Une foule de gardes, des lettres compromettantes, des cachettes secrètes... Attalys sentit son estomac se serrer mais s'efforça de n'en rien laisser paraître. En outre, la présence de la Kaelem à ses côtés la rassurait. Elle faisait confiance en ses capacités de marchombre et espéra, de son côté, que ses propres talents ne lui feraient pas défaut au moment crucial. Enfin, Jehan leur donna le signal du départ et les deux jeunes femmes s'éloignèrent sous le regard pesant des autres élèves.

Le trajet se déroula en silence. Quand elles parvinrent enfin en vue de la propriété de l'Intendant, qui se situait en plein cœur des quartiers résidentiels d'Al-Jeit, toutes deux ralentirent d'un commun accord. Comme l'avait prédit Jehan, l'endroit grouillait de soldats dont elles étaient pour l'instant encore hors de vue. Attalys rabattit sur son visage la capuche de la cape qu'elle avait enfilée à la hâte avant de quitter leur quartier général et se tourna vers Ichel :


- Tu as une idée ? Tu crois qu'il faudrait mieux qu'on se sépare ou pas ? Et tu penses que ça serait utile qu'on fasse le tour de la maison pour repérer des issues possibles ou des éventuels trous parmi les gardes ?

Après tout, c'était son amie qui était censée être la spécialiste de ce genre d'activités. La Dessinatrice resserra les pans de sa cape autour de sa taille en frissonnant puis, après avoir jeté un coup d'œil aux soldats rassemblés dans la rue avoisinante, reprit en baissant inconsciemment la voix :

- Je suppose que je peux entrer dans l'Imagination en me cantonnant dans les basses Spires, pour éviter de me faire trop repérer. À la limite, je pourrais essayer de te couvrir pendant que tu entres...

Elle n'acheva pas sa phrase. Elle ignorait si Ichel jugerait cette idée bonne ou non, mais elle-même n'était pas certaine de réussir à tenir toute seule pendant que son amie partirait à la recherche de la correspondance d'Aziel. Surtout si d'autres Dessinateurs s'en mêlaient. Sans compter qu'elle n'était pas convaincue que ce plan soit d'une discrétion à toute épreuve. L'autre solution étant qu'elles pénètrent toutes les deux chez Jehan. Mais comment ?


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Lun 1 Déc 2014 - 17:40

Les cernes avaient creusé un sillon sous les yeux noisette de la marchombre. Elle n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Perchée sur les toits de la maison, elle n'avait pu dormir. Incapable. Pas à cause de tous les événements qui se déroulaient autour d'eux, non. Bien sûr que non. Elle aurait facilement trouvé le sommeil si ce n'était que cela. Autre chose la perturbait, autre chose occupait son esprit. Encore lorsque le jour se sera levé.
Les autres s'étaient installés dans la chambre de son frère et dans la sienne, certains dans le salon lui-même, alors que Jehan avait investi la chambre de ses parents. Et la nuit s'était installée, happant le moindre son, la moindre pensée. Sauf celles de la marchombre.
Le sommeil n'était pas venu, elle s'était hissée sur les toits et n'en était redescendue qu'après le déjeuner. Même les mâchoires croquant dans la nourriture ne l'avaient fait descendre. Ils ne l'avaient vu réapparaître que lors du discours de Jehan.

Quelle idée stupide d'être revenue ici... Stupides souvenirs...

Pourtant, elle avait essayé. Oublier, laisser ces pensées de côté. Impossible. Tout ici lui rappelait ce passé, mais c'était normal après tout. C'était sa maison. Leur maison. Les bras autour de ses genoux, le menton sur ces derniers, elle n'avait pu empêcher les larmes de glisser sur ses joues.
Elle les avait perdus. Tous. Pouvait-on la qualifier d'orpheline ? Sûrement. Ses parents, sans doute morts. Son frère ? Un traître... Traître à l'Empire, traître à sa mère, traître à son père. Il les avait tous trahis. Mais pire encore, il l'avait trahi elle. Sa soeur. Sa petite soeur. Celle qui avait tant d'admiration pour lui, celle qui comptait sur lui jour après jour. Elle rêvait tant de le revoir, de le serrer dans ses bras...
Il avait tout gâché.

Non, le sommeil l'avait fui. La nuit entière. Lorsque Jehan les demanda tous, elle décida enfin de descendre de son perchoir. Tous dans la chambre... Le peigne de sa mère reposait encore sur la table au coin de la pièce. Poussiéreux. Abandonné depuis des années.
Tous dans la chambre où Jehan avait passé la nuit, ils écoutèrent les mots de leur Intendant. L'unique, l'indivisible. Il paraissait en meilleure forme, il paraissait reposé. Mais la marchombre n'y croyait pas. Son esprit devait être détruit malgré l'apparence de son corps.

Elle fut la deuxième à se porter volontaire. L'infiltration avait besoin de subtilité et de silence. Son esprit lui aurait habituellement dicté de kidnapper De Terrevermeille, mais elle avait appris à ne pas écouter cette voix du passé qui lui murmurait de sauter dans les zones de danger pure. Oui, entrer par effraction dans la maison d'un régicide, c'était du suicide pur. Mais pas pour elle. Ils avaient besoin de ces indices, ils avaient besoin de ces preuves. Et il fallait être efficace à partir de maintenant. Réfléchir et ne plus sauter dans des pièges.
Sauf qu'elle n'allait pas être seule. A sa plus grande joie, une seule autre personne se porta volontaire. Attalys. Une dessinatrice. Certes, elle pouvait se rendre utile. Mais la kaelem aurait préféré mener cette mission seule. Elle aurait été vingt fois plus rapide, plus discrète. Ils ne lui laisseraient jamais prendre un tel risque. “Tu serais seule en cas de problème“ qu'ils diraient. Et alors ? Elle avait toujours été seule... Du plus loin qu'elle se souvienne, dès la disparition de ses parents et le départ de son frère, elle s'était toujours débrouillée seule. Seule avec Oeil-de-Tigre. Ce dernier remua sur son épaule, sortant de sa léthargie. Lui, en revanche, avait dormi. Toute la nuit, recroquevillé contre sa maîtresse.

Personne d'autre ne se proposa pour fouiller la maison de Jehan. Parfait. Les directives données, les deux élèves s'éclipsèrent les premières pour remplir à bien leur mission. La marchombre eut cependant le temps de faire un léger signe à Halina, lui faisant promettre de faire attention à elle. Ichel ne supporterait pas de la savoir à nouveau entre de mauvaises mains... Et elle savait que la guerrière ne le supporterait pas.

Le trajet se déroula dans un long silence. Un silence de réflexion. Comment allaient-elles procéder ? Comment entrer dans cette maison alors qu'il y avait sans nul doute un nombre incalculable de gardes ? Evidemment, ils devaient s'attendre à ce que l'Intendant revienne chez lui pour chercher des preuves. Peut-être même l'Ordre lui-même ? Des soldats de l'Empire pour capturer un traître, l'Ordre pour capturer celui qui pouvait les faire tomber. Et les deux jeunes femmes se jetaient dans la gueule du loup.


- On ne se sépare surtout pas. Je ne voudrais pas risquer que tu te fasses capturer ou pire. Enfin... sans vouloir t'offenser, je n'suis pas certaine que tu sache te défendre face à des soldats de la légion noire ou même des assassins envoyés par l'Ordre. Je n'ai pas envie de risquer ta vie. La mienne, ok. Mais pas la tienne. Donc on se sépare pas.

L'Ordre avait envoyé des espions ou même des assassins, c'était évident. Pour surveiller les éventuels rebelles qui viendraient dans la maison de Hil'Jildwin. Et Ichel, malgré son envie de pénétrer seule dans la maison, ne pouvait laisser Attalys seule. Il suffisait qu'elle dessine, qu'un dessinateur la repère et elle était fichue. Ou pire... Un mentaï.

- Est-ce que tu penses pouvoir suivre mon rythme ? Calquer tes pas sur les miens ?

Attalys hocha la tête. Au moins, elle était prête à tout pour parvenir à leur but.

- Attends-moi là cinq minutes, je vais faire du repérage. Je ne serais pas longue.

Et elle s'éclipsa, grimpant contre le mur le plus proche. Silencieuse, une ombre parmi les toits, elle fit le tour de la maison, son regard captant chaque fenêtre, chaque porte, chaque balcon. Oeil-de-Tigre volait au-dessus du bâtiment qu'était la demeure de Hil'Jildwin.
Un garde. Deux. Deux gardes dans la pièce côté ruelle. Un autre accoudé à un balcon, fumant la pipe distraitement. Deux autres dans une pièce avoisinant une sortie. Les autres parties lui étaient invisibles mais pourquoi elle a pas encore sa greffe, ça aurait été tellement plus siiiiimple !!!. Des soldats de la légion noire, certains sans doute payés par l'Ordre. Pour ne laisser aucune trace, pour ne laisser personne en vie. Personne pouvant découvrir leur secret.
La marchombre revint sur ses pas, toujours aussi invisible. Attalys n'avait pas bougé, mais observait la maison avec attention. Elle lui avoua qu'un groupe de cinq personnes venait de pénétrer dans le bâtiment.

Merde... Des personnes en plus à éviter. Une dizaine minimum, peut-être plus. Dans tous les cas, leur compte était de plus de dix. Beaucoup trop pour pouvoir espérer être discrètes.


- Ils sont plus de dix, dans ce cas-là. Mais je n'ai pu voir que les pièces qui donnaient sur l'extérieur, qui sait combien encore ils sont à l'intérieur même.

Le plan, maintenant.

- Bon. J'ai vu une porte derrière, dans l'arrière cour. Elle est cachée par une grande haie, personne ne nous verrait entrer ni sortir. Mais je pense qu'elle est surveillée de l'autre côté, à coup sûr. Voilà le plan. Un peu rudimentaire, certes, mais je pense pas que l'on puisse faire mieux avec le temps qu'on a. Je crochète la porte sans attirer l'attention, j'entre dans la pièce et choppe le garde qui sera à l'intérieur pour l’assommer fissa. Tu ne bouges pas de l'extérieur. Si jamais il n'était pas tout seul ou que le reste de la meute se ramène, vas-t-en.

Elles étaient d'accord. Se faufilant à travers les alaviriens qui marchaient dans la rue, elle n'eurent aucune difficulté à atteindre l'arrière cour. Cachée par des arbres et la grande haie, personne ne pouvait les apercevoir. La marchombre hocha la tête pour dire à la dessinatrice qu'il était temps. Se rapprochant de la porte, elle sortit ses outils de sa veste de cuir. La refermant aussitôt. Les deux jeunes femmes mirent alors leurs écharpes sur le bas de leur visage. Pas la peine qu'on les identifie, même si personne n'était censé les voir.
Silencieuse, elle appliqua les leçons de son maître. Quelques secondes, la serrure fut crochetée. Un jeu d'enfant. Elle y arrivait de mieux en mieux. Se relevant, elle posa la main sur la poignée.
Go.
La porte s'ouvrit vite, sans frapper contre le mur de pierre. Un homme surpris se retourna sans émettre le moindre bruit, bouche bée et souffle coupé par le pied qui venait de l'atteindre en pleine poitrine. Il se tordit en deux, elle le prit par le col. Un coup sec derrière le crâne, il s'évanouit. Le pauvre homme n'avait pas même eu le temps de penser. Le bâillonnant et l'attachant solidement, elle le sortit dehors, sous le regard surpris d'Attalys. La marchombre cacha l'homme dans un coin, là où personne ne pourrait le voir. La kaelem se retourna et se retrouva face à la dessinatrice.


- T'inquiète, il est pas mort. Juste inconscient pour plusieurs heures.

Ichel s'avança.

- Bon, maintenant, trouver la cuisine. Suis-moi, fais attention à ne faire aucun bruit, ne touche à rien sauf à la statue du Dragon si tu la trouves. A partir de maintenant, on ne fonctionne que par signes, pas de dessin pour communiquer, on ne sait jamais. Et silence absolu.

Les deux jeunes femmes se lancèrent à l'assaut de la salle à manger dans un silence total. Jehan leur avait détaillé sa maison, la salle à manger se trouvait au rez-de-chaussé.





[ Pardon ... Editable, bien évidemment ! ]


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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Mar 2 Déc 2014 - 19:58

Ce fut avec une petite pensée pour Joyce, qui ne s'était pas sentie capable de participer à l'une des trois missions et avait donc préférer demeurer à l'arrière avec Jehan, qu'Attalys se glissa à l'intérieur de la maison à la suite de sa complice. Pour l'instant, tout fonctionnait à peu près bien : Ichel avait réussi à les faire entrer sans attirer l'attention et si, d'après les affirmations de cette dernière et ses propres constatations, les soldats devaient être au moins une dizaine à déambuler dans les couloirs de la résidence de l'homme le plus recherché de l'Empire, elles n'en avaient pas encore rencontré un seul. Enfin, si l'on exceptait celui que l'apprentie marchombre avait rapidement mis hors d'état de nuire et qui terminait à présent sa nuit dans l'un des buissons de l'arrière-cour.

Première partie du plan : la salle à manger. Au rez-de-chaussée, si ses souvenirs étaient exacts. La jeune femme inspira profondément puis, ayant échangé un dernier regard avec Ichel, emboîta le pas à sa camarade dans un silence qu'elle espérait absolu. Calquant ses gestes sur ceux de sa guide, elle ralentissait lorsqu'elle la voyait hésiter tout en inspectant le plus discrètement possible les pièces qu'elles dépassait sur la pointe des pieds. Parfois, la Kaelem se retournait et toutes deux se comprenaient d'un bref coup d'œil avant de reprendre leur chemin à pas lents. Étrangement, la première partie de leur parcours se déroula plutôt bien. La Dame devait être avec eux car, contrairement aux craintes de l'Aequor, les groupes de gardes paraissaient les éviter d'eux mêmes – sans compter Ichel qui contournait les salles les plus dangereuses grâce à la vivacité de ses réflexes et aux observations qu'elle avait pu faire de l'extérieur. Plus d'une fois, Attalys ressentit l'envie d'utiliser son Don alors qu'elles tergiversaient devant une porte fermée ou ne parvenaient pas à distinguer la totalité d'une pièce, mais la perspective de se faire découvrir à cause de la trace qu'elle laisserait dans l'Imagination la retenait à chaque fois. Elle devait donc entièrement se fier à l'instinct d'Ichel et se contenter de la suivre aussi silencieusement qu'elle en était capable.

Et puis, alors que la jeune fille se faisait la réflexion que c'était presque trop facile, les choses commencèrent à se gâter imperceptiblement. Par deux fois elles manquèrent se faire surprendre – par deux fois l'ouïe aiguisée de l'apprentie marchombre les sauva d'extrême justesse. Si elles avaient déjà dépassé une cage d'escalier, elles se trouvaient encore au rez-de-chaussée, cherchant toujours la salle à manger où devait se trouver la statue que leur avait décrite Jehan. Alternant les couloirs et les vestibules, il arriva toutefois un moment où elles n'eurent plus d'autre solution que de quitter l'axe principal afin de s'engouffrer dans une série de salles pour la plupart désertes. Et c'est là qu'Attalys manqua tout faire rater.

La jeune Dessinatrice avait en effet pris un peu de retard sur Ichel, ayant ralenti l'allure en entendant des voix qui avaient finalement tourné à un autre angle du corridor, et la Kaelem se tenait déjà à l'extrémité d'une petite pièce aux murs tendus d'une antique tapisserie aux motifs un peu défraîchis tandis qu'Attalys n'y était même pas encore entrée. Elle venait d'y pénétrer d'un pas vif lorsqu'un bruit la fit se retourner : derrière elle, un homme approchait. À grandes enjambées. De toute évidence, il ne l'avait pas encore remarquée, mais cela n'était qu'une question de secondes. Après un instant de panique durant lequel elle resta immobile, ne sachant comment réagir, elle se hâta de reculer dans l'ombre de la petite salle légèrement démodée, bénissant un vieux meuble de la dissimuler provisoirement à la vue du soldat. Seulement, dans sa précipitation, elle heurta de dos un objet – une statue lourde et massive qui s'ébranla lentement sur son présentoir. Une fois. Le cœur battant, elle se rencogna dans l'ombre. Deux fois. Elle perçut le regard empli de stupeur d'Ichel qui, bloquée de l'autre côté de la pièce et essayant elle-même d'échapper au garde, ne pouvait rien faire. Trois fois. Les pas se rapprochaient. Quatre fois... Avec une lenteur calculée, l'objet chuta. Alors, paradoxalement, tout se déroula très vite. En un éclair, Attalys se remémora ses leçons de Dessin. Changement de poids, de masse, de matière... Au moment où la statue allait toucher le sol, la pierre dont elle semblait conçue se mit à ondoyer, devenant aussi légère que le papier irisé qu'elle était devenue. Elle toucha le parquet sans la moindre bruit et l'Aequor se dépêcha de la ramasser pour la reposer sur son socle avant qu'elle ne retrouve sa substance originelle. Ce faisant, l'homme avait hésité au seuil de la pièce – balayant d'un coup d'œil la salle apparemment vide et calme – avant de tourner les talons en interpellant un de ses compagnons. La jeune femme attendit quelques secondes supplémentaires avant de sortir de sa cachette, et ce ne fut qu'à cet instant qu'elle s'aperçut qu'elle avait cessé de respirer.

Les jambes tremblantes, elle rejoignit prestement Ichel qui ne fit aucun commentaire. Cependant, alors qu'elles reprenaient leur route, les interrogations se bousculaient dans son esprit : que se serait-il produit si elle n'avait pas eu le réflexe de Dessiner ? Si le soldat les avait trouvées quand même ? Et, surtout, ne s'était-elle pas fait remarquer en basculant dans les Spires, mêmes à un bas niveau ? Elle en était là de ses réflexions quand, devant elle, la jeune fille s'arrêta net. Il lui ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour comprendre pourquoi : la large cheminée, la longue table boisée, l'immense pendule, les fauteuils confortables et colorés, les épais rideaux entrebâillés... Elles se trouvaient dans la salle à manger de Jehan. Enfin. Et, encore mieux, celle-ci était complètement, totalement, absolument déserte.

Elles décidèrent aussitôt de se répartir les recherches. Ichel s'occupa de la partie la plus exposée, celle qui longe ait les fenêtres et donnait également sur la couloir principal, tandis qu'Attalys demeura là où elle se tenait. Elles ne disposaient pas de beaucoup de temps, elles le savaient, et devaient donc être le plus efficaces possible. Cependant, une fois la première fébrilité passée, une nouvelle sorte de découragement gagna la jeune fille. En effet, elle avait beau chercher – jusque derrière les meubles et sous les coussins, elle ne trouvait aucune trace de la statue convoitée. Un regard en direction de son amie lui apprit qu'elle était aussi frustrée qu'elle. Tandis qu'elle s'affairait dans la pièce, vérifiant fréquemment qu'elles étaient toujours seules, l'apprentie Dessinatrice s'interrogeait. À quoi pouvait bien ressembler une statue représentant le Dragon ? Quelle devait être sa taille ? Sa teinte ? Sa forme ? Et...

Soudain, elle interrompit ses mouvements, les yeux écarquillés. Un souvenir se frayait doucement un passage jusqu'à son esprit. Une statue. Lourde. Massive. En pierre. À laquelle elle n'avait pas vraiment prêté attention parce qu'elle avait l'impression qu'il ne s'agissait pas de son principal problème. Son regard fixe balaya la salle à manger – la silhouette d'Ichel qui n'avait pas encore abandonné sa fouille méthodique, les différents objets amassés ici, nombreux mais néanmoins insuffisants... Pourtant, Jehan les avait prévenues, elle se le rappelait à présent. Sortant brutalement de sa léthargie, elle se retourna brusquement.


- Ichel !

Elle n'avait fait que murmurer – cela suffisait. L'autre se détourna à son tour de la cheminée qu'elle était en train d'examiner, en levant les sourcils. Attalys hésita avant de prendre la parti de secouer la tête tout en articulant silencieusement, comme cela ne suffisait pas :

- Pas là. La statue n'est pas ici.

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent. Alors, l'Aequor fit mine de rattraper un objet au vol et de le reposer sur un guéridon imaginaire, affichant une moue penaude qui céda bientôt la place à une mimique insistante. Enfin, le visage de son interlocutrice s'illumina et elle opina aussitôt, faisant signe qu'elle avait compris. Toutes deux sortirent aussi discrètement qu'elles étaient entrées, revenant sur leurs pas pour rejoindre la pièce qu'elles avaient quittée un peu plus tôt. Si Attalys était soulagée de savoir à présent où se trouvait la statue, elle ne pouvait s'empêcher de se maudire intérieurement. Si elle s'en était rendue compte dès qu'elle en avait eu l'occasion, elles auraient déjà la clé en poche et la première partie de leur mission achevée. Et, comme pour confirmer ses remords, lorsqu'elles revinrent à leur point de départ, la salle au Dragon n'était plus vide.

[Te pardonner quoi ? Naif ]


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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Sam 6 Déc 2014 - 23:35

La marchombre jura entre ses dents lorsqu'elle entendit les voix dans la salle. Combien étaient-ils exactement ? Quatre voix s'étaient élevées depuis qu'elles étaient arrivées, discrètes. Mais combien y avait-il d'hommes qui se taisaient ? Ichel se concentra. Deux minutes tout au plus, voilà ce qu'elle avait pour découvrir le nombre de gardes. Cinq respirations. Non... Six. Six respirations, six gardes. Six ennemis ? Empire ou pas, ils n'hésiteraient pas une seconde avant de s'attaquer à elles. Il fallait faire quelque chose. Foncer dans le tas ? Hors de question. Beaucoup trop risqué. Une diversion, voilà ce qu'il fallait. Elle jeta un coup d'oeil en direction d'Attalys qui attendait. Et le plan se dessina dans son esprit.
Se rapprochant de l'aequor, la marchombre murmura son plan à son oreille. Simple. Ichel la diversion, Attalys les lettres. Point de rendez-vous, la rue par laquelle elles étaient arrivées. La blonde hocha de la tête, elles étaient d'accord.


- Dans cinq minutes tu as ta diversion. Fais vite, ne traine pas. A toute. Et... fais attention.

Ichel s'éclipsa. Courant le long d'un couloir, la marchombre se rua dans une pièce qu'elle savait vide. La fenêtre fut bien vite ouverte. Se propulsant dans le vide, elle se rattrapa à une corniche non loin du toit d'à côté pour retourner sur l'immeuble qui abritait les appartements de Jehan. Silencieuse, personne ne remarqua l'ombre qui se déplaçait le long du mur. Ce fut lorsqu'elle repéra la fenêtre qu'elle cherchait qu'un sourire illumina son visage. S'assurant que son foulard tenait bien sur son visage, elle s'approcha de la fenêtre. Prenant appui d'une main alors que l'autre se faufilait dans son dos, elle observa les six hommes qui tournaient dans la salle. Ils discutaient toujours, tranquilles. Pas le moins du monde soucieux de ce qui pouvait arriver.

La dague traversa la pièce, se plantant dans un bruit sec sur le dossier d'une chaise. A quelques centimètres d'un des gardes. Tous se retournèrent, vifs. Et virent l'ombre à travers la fenêtre. Qui disparut presque aussitôt. Des cris, des pas, une course. Ils étaient tous tombés dans le piège, se ruant sur les toits pour retrouver l'ombre qui venait de les attaquer. Pour retrouver celui qu'ils prenaient pour un espion ou un allié du régicide.
La marchombre sauta sur le toit qui jouxtait le mur sur lequel elle était collée jusqu'à maintenant, attendant les gardes dans l'ombre d'une cheminée. Elle s'était tout de même assurée qu'Attalys était en sûreté. Tous les gardes s'étaient rués vers l'ombre suspecte, laissant la salle vide. Et prête à accueillir la dessinatrice. Les lettres étaient à elles.


- Fais vite...

Je vais essayer de capter leur attention assez longtemps...

Les gardes sortirent enfin du bâtiment. Sur le toit, ils cherchaient l'intrus parmi les toits. Leurs regards tournèrent quelques minutes, ils échangèrent quelques mots et s'apprêtèrent à rentrer. Les mains de la marchombre frôlèrent le sol.

Ah pas question, les gars !

Sortant de sa cachette, une pierre dans chaque main, elle vit enfin le visage des gardes. Et lança ses projectiles. Droit dans le dos de deux des hommes. Tous se retournèrent, tous la virent les narguer sur le toit d'en face. Leurs visages froncèrent, leurs mains cherchèrent leurs armes. Et ils se lancèrent à sa poursuite. Pas des légionnaires pour rien, ces rigolos... Ils étaient doués...

Il est temps de filer, ma belle...

Et la marchombre se jeta dans une course folle, des légionnaires noirs à sa poursuite. Enfin, si s'en étaient bien...



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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Dim 7 Déc 2014 - 12:30

Non, décidément, cet plan ne plaisait que très moyennement à Attalys. N'était-ce pas Ichel elle-même qui avait affirmé qu'elles ne devaient se séparer sous aucun prétexte ? Cependant, elle devait tout de même reconnaître qu'il s'agissait d'un cas de force majeure : si elles voulaient récupérer ces lettres et sortir une bonne fois pour toute d'ici, elles n'avaient pas le choix. Ce fut avec une certaine appréhension que la jeune fille suivit son amie du regard alors qu'elle s'éclipsait le long d'un couloir. Elle n'avait aucune idée de la manière dont elle comptait faire sa diversion – tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle ne se ferait pas attraper et que... À cet instant, une ombre apparut à la fenêtre de la salle au seuil de laquelle elle s'était dissimulée. Le dos tourné, les soldats ne pouvaient la distinguer – jusqu'à ce qu'une dague se fiche avec une précision surhumaine dans le dossier d'une chaise. Aussitôt, tous se levèrent, se précipitant vers la vitre en parlant en même temps, fébriles et déroutés. Il ne fallut qu'une poignée de minutes pour que l'ensemble de la garde rassemblée dans la pièce ne disparaisse à son tour sur les toits, et Attalys demeura dans sa cachette durant encore plusieurs secondes afin d'être sûre qu'ils étaient bien partis avant de franchir la porte qui lui faisait face. Cette fois-ci, c'était à elle de jouer – et elle croisa les doigts pour ne pas tout faire rater.

Elle n'eut aucun mal à repérer la statue et se rua dans sa direction. Le Dragon semblait lui sourire derrière ses crocs, et elle essaya de se persuader qu'il s'agissait d'un bon présage. Qu'avait dit Jehan, déjà ? Ah, oui. Une des griffes. À déloger. Malgré sa hâte, elle se força à la patience et les tata soigneusement les unes après les autres, histoire de ne pas laisser échapper la bonne ou d'éviter de refaire tomber la statue, par exemple. Au bout de la quatrième, elle sentit un déclic se produire et se retrouva avec un petit objet pointu entre les doigts, qu'elle fourra aussitôt dans sa poche en refermant la main dessus. Hors de question de perdre la clef.

La jeune femme sortit au pas de course, se fiant à sa mémoire pour retrouver l'escalier qu'elles avaient aperçu au début de leur exploration – le bureau du maître de maison se situant au premier étage. Par chance, sa marche la menait à l'opposé des fenêtres où Ichel remplissait son office, et elle ne croisa personne avant d'avoir atteint la rampe. S'efforçant de ne pas laisser ses pensées dériver vers la Kaelem qui était en train de risquer sa vie sur les toits pour lui laisser le temps de terminer sa fouille, elle grimpa les marches quatre-à-quatre puis se figea en parvenant à l'étage supérieur. Des voix étouffées lui parvenaient – cris, exclamations, appels, protestations. Toutes, sans exception, venait du côté du toit. Il n'y avait à présent plus qu'à espérer que le bureau de Jehan ne possédait pas de fenêtre.

Puisque la marchombre n'était plus là pour la prévenir du danger, Attalys se résolut à utiliser l'Imagination. Son entrée dans les basses Spires n'ayant rien provoqué, elle en déduisit qu'elle pouvait Dessiner sans risque tant qu'elle se cantonnait aux niveaux inférieurs. Se servant de son Don pour transformer d'infimes portions de porte ou de minuscules pans de mur en une matière transparente afin de s'assurer que la voie était libre, elle ne tarda pas à trouver le bureau de cette manière. Seulement voilà : il était occupé. L'homme était seul et paraissait s'ennuyer profondément, mais quelque chose lui disait qu'il n'apprécierait pas être dérangé dans sa fonction, même si cela s'avérait divertissant. L'Aequor était en train de se ronger les ongles en cherchant désespérément une solution lorsque, du coin de l'œil, elle aperçut une silhouette apparaître furtivement derrière l'unique vitre du bureau, toquer un petit coup au carreau et s'évaporer de nouveau. Elle fronça les sourcils. Ichel ? Comment avait-elle su qu'elle était bloquée ici ? Avait-elle réussi à semer ses poursuivants ? Quoiqu'il en soit, la méthode fonctionna : le soldat dut se faire la réflexion qu'il était beaucoup plus amusant de courser un fantôme que de prendre racine dans un bureau poussiéreux – ou que c'était meilleur pour son changement de grade – car il disparut bientôt à sa suite, lui laissant le champ libre. Attalys se précipita alors à l'intérieur, balaya la pièce du regard et ne tarda pas à distinguer une représentation de la Dame trôner dans un coin envahi de paperasse. Œil gauche... Elle sortit la griffe de sa poche, la logea dans l'œil de la statue et, comme par magie, cette dernière s'ouvrit, révélant un double fond rempli de documents. La Dessinatrice s'en saisit vivement puis, après avoir vérifié qu'il n'en restait aucun à l'intérieur, referma le contenant avant de remettre la clef dans sa poche. Autant qu'ils ne se rendent pas compte que quelque chose avait disparu. Durant un très bref moment, elle détailla la Dame immobile avant de lâcher dans un souffle :


- Veille sur moi.

Puis elle pensa à Ichel entraînant à sa suite les membres de la Légion Noire, à Gwëll en train de visiter la maison de leur pire ennemi, au dernier groupe qui devait organiser l'enlèvement d'un malfaiteur, à Jehan tournant en rond dans sa chambre en se rongeant les sangs, et rectifia doucement, après un soupir pratiquement inaudible :

- Et sur tous les autres.

Enfin, elle quitta la salle sans un regard en arrière, la précieuses correspondance serrée sur son cœur.

Elle était presque arrivée à l'escalier quand la rencontre se produisit. Soulagée d'avoir réussi sa mission, elle avançait moins prudemment et se sentit donc particulièrement stupide quand elle tomba nez-à-nez avec un jeune garde au détour d'un couloir. Tous deux se toisèrent un instant en silence, trop stupéfaits pour réagir, avant que la réalité de sa situation n'atteigne le cerveau de l'étudiante. C'est-à-dire qu'une ampoule rouge se mit à clignoter dans son crâne, accompagnée d'une sirène d'alarme et d'une voix de fond qui lui hurlait dans les oreilles : « Danger ! Sauve-toi ! » Ce qu'elle fit sans plus attendre.

Évidemment, le jeune homme lui emboîta le pas, et Attalys ne dut son salut qu'à deux choses : tout d'abord, celui-ci réagit avec quelques secondes de retard, ce qui lui donna une légère avance qu'il ne tarda tout de même pas à rattraper insensiblement ; ensuite, la plupart des soldats étant occupés à pourchasser Ichel, personne ne se joignit à son poursuivant. Comprenant que ce dernier allait finir tôt ou tard par la rejoindre et qu'elle n'avait aucune chance face à garde surentraîné, elle envisagea un instant l'idée de s'enfermer à double tour dans une armoire ou d'essayer de le semer dans la demeure de l'ex-Intendant, mais il lui apparut bientôt qu'il devait connaître les lieux beaucoup mieux qu'elle et qu'elle risquait plutôt de se perdre toute seule dans la résidence. Une seule solution, donc : courir.

Et puis, alors qu'elle accélérait, talonnée par le jeune homme, il lui vint à l'esprit que rien ne l'empêchait de Dessiner. Elle entreprit ainsi de pénétrer dans l'Imagination par à-coups, veillant à rester suffisamment consciente de ce qui l'entourait pour ne pas se prendre un mur ou tourner au mauvais endroit. Peu à peu, des obstacles se formèrent devant son traqueur qui étouffa un juron entre ses dents en comprenant ce qui se passait. S'il les évitait assez habilement, cela le ralentissait et Attalys s'autorisa à caresser un très léger espoir tandis qu'elle reprenait de l'avance. Finalement, ils parvinrent à l'escalier en colimaçon qu'elle dévala à toute vitesse. Les marches lui donnèrent alors une idée. Cette fois, ce ne fut pas un nouvel objet qu'elle fit jaillir de la Spirale... mais une flaque d'huile. Lorsqu'un choc sourd ébranla la pierre, suivi d'un cri de douleur et d'un chapelet d'insultes à son adresse, elle venait de retrouver le rez-de-chaussée. Esquissant un sourire, elle fonça en direction de la porte donnant sur l'arrière-cour, qui s'ouvrit sans un grincement. L'homme assommé par Ichel était toujours là, étendu sans connaissance dans un coin et, sur une inspiration subite, elle se hâta vers lui pour le fouiller méthodiquement. Quand elle fut en possession du fourreau, elle n'eut plus qu'à trouver la clef adéquate et à fermer l'entrée à double-tour. Elle voulait en effet être certaine qu'elle ne serait pas suivie jusqu'au point de rendez-vous qu'Ichel lui avait fixé. Enfin, elle repartit en s'efforçant de calmer les battements désordonnés de son cœur ainsi que sa respiration emballée dans la direction de la rue où les deux complices devaient se retrouver, serrant les lettres d'Aziel contre sa poitrine et la griffe du Dragon entre ses doigts.



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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Si nous pouvons viser le coeur de la cible... | Intrigue [Terminé]   Dim 14 Déc 2014 - 18:28

Toujours aussi irréfléchie, ma pauvre fille...

Ichel faisait appel à tous ses sens, à toutes ses leçons pour échapper à ses poursuivants. Des légionnaires... Elle s'était attaquée à des légionnaires ! Pourquoi pas des mentaïs pendant qu'elle y était ?! Ce serait d'autant plus divertissant ! Quelle idiote... Pestant et jurant contre elle-même, la marchombre tenait bon et filait entre les cheminées, glissait sur les tuiles. Toujours autour du bâtiment, pour ainsi leur faire croire qu'elle était intéressée par ces appartements.

Les six légionnaires la coursaient. Elle veillait cependant à n'apparaître que lorsqu'ils se lassaient, lançant de nouvelles pierres – on ne gaspille pas les dagues, voyons... – pour capter à nouveau leur attention. Se faufilant entre deux cheminées, elle ne le vit pas venir. Un homme déboula par le côté, vif. L'évitant de justesse d'un mouvement du buste, elle disparut à nouveau entre les toits. Comment était-il arrivé là ? Ils étaient tous derrière ! Et elle comprit. Ils n'étaient plus six. Mais huit. Quand ? Quand étaient-ils arrivés ?
D'un côté, ce n'était pas si mal. Cela voulait dire qu'il ne restait plus que deux hommes dans la maison. Deux hommes qui pouvaient tomber sur la petite dessinatrice. Ichel était plus rapide, elle savait utiliser les ombres de la nuit naissante, elle savait se fondre dans le paysage.
Ichel passa devant une fenêtre alors qu'ils l'avaient perdue de vue. Et elle la vit. La Dame. La salle n'était cependant pas vide et la marchombre s'en inquiéta. Attalys ne pourrait pas rentrer. Et il était hors de question que l'aequor tente de s'occuper du légionnaire. Toquant à la fenêtre, elle n'eut besoin de faire aucun effort pour l'attirer vers elle. Se ruant à l'extérieur, il laissa la salle vide. Prête à accueillir Attalys et la griffe du Dragon. En revanche, la marchombre se trouvait dans une position peu saillante. Neuf gardes à ses trousses. Tous des légionnaires ? Certains membres de l'Ordre ? Elle ne pouvait en être certaine. Et n'en avait pas le temps.

D'ailleurs, depuis combien de temps les faisait-elle tourner ainsi en bourrique ? Combien de temps tiendraient-ils encore ? Elle se retourna pour voir le groupe d'hommes se stopper. Elle fit de même, tendit l'oreille.


- Il est inoffensif, rien qu'un petit rigolo. Il fera rien, rentrons.

Un petit rigolo ?...

Les légionnaires se replièrent alors tranquillement, ignorant la silhouette qui les avait fait courir sur tous les toits. Mais la silhouette, elle, était toujours là. Et elle n'oubliait pas ce qu'elle était venue faire. Il était hors de question qu'elle les laisse rentrer dans les appartements, pas tant qu'Attalys était à l'intérieur sans défenses. La marchombre n'avait plus d'autres choix.

Attention les gars, me voilà.

Se jetant dans le vide d'une poussée, elle traversa la distance qui la séparait des soldats en quelques secondes. Dans un silence total, ses vêtements flottants contre son corps. Et elle attaqua.
Coup de pied dans le dos, un homme s'effondra. Sa tête heurta le sol, inconscient. Un de moins. Etait-elle toujours inoffensive à leurs yeux ? Le poing qu'elle venait d'éviter lui prouvait le contraire. Tous se ruèrent sur elle, armes ou pas en mains.
La marchombre se baissa, glissa contre les tuiles, évitant les assauts qui lui étaient destinés. Elle se releva alors, dagues en mains. Neuf silhouettes sur les toits, huit contre une. Son capuchon sur la tête, son visage caché aux yeux des pauvres gardes, elle ricana.


- Voilà qui ne me parait pas très équitable, huit contre un.

La marchombre sauta dans les airs alors que trois hommes tentèrent une attaque, mais ils ne firent que frôler la cape de la jeune femme de leurs lames. Ils n'eurent cependant pas le temps de reculer, elle fut bien trop rapide pour eux. Clouant l'un d'entre eux au sol d'une dague, elle assomma les deux autres d'un coup de pied retourné. Quatre hommes à terre. Plus que cinq. Elle se retourna vers eux, toujours cachée sous sa cape.

- Qui es-tu ? Que cherches-tu ?

Ichel pencha la tête, sourit dans l'ombre de son vêtement.

- Tu dois être le capitaine, toi. Tu aimerais bien savoir qui je suis, hein ?

L'homme qui était alors cloué au sol s'était libéré et frappa la jeune femme dans les côtes. Elle poussa un râle, mais ne tomba pas. Choppant le bras du légionnaire, elle le tordit violemment. L'homme s'effondra, hurlant de douleur. Incapable de tenter quoique ce soit de plus que les pleurs qu'il versait. La marchombre se retourna vers les soldats encore debout, chassant toute douleur de son visage.

- Où en étions-nous ? Ah oui... Tu voulais savoir qui j'étais...

D'un bond, elle s'envola. Quelques secondes, elle était vers eux, se battant férocement. Pas pour tuer, mais pour les empêcher de la tuer elle. Elle ne voulait tuer personne, simplement distraire.
Alors qu'elle évitait une épée, que son poing touchait une joue tendue, elle se retrouva face au capitaine. Son regard, meurtrier, en disait long sur ses intentions. Ichel sauta une fois de plus dans les airs pour fuir encore d'entre leurs griffes. Son souffle fut soudainement coupé, sa course interrompue. Le capitaine s'était emparé du bout de sa cape et l'avait tiré violemment à lui, faisant tomber la marchombre au sol.


- Viens là petit oiseau. Je vais te faire chanter, tu vas voir.

Le coeur de la marchombre battait à tout rompre, elle tentait de se relever, mais en vain. Le pied de l'homme coinçait sa cape. Deux options s'offraient à elle. Garder l'anonymat ou ne pas se faire tuer. Le choix n'était pas bien difficile. Alors que la dague s’abattait sur elle, Ichel défit le bouton de sa cape et roula sur les tuiles. Jusqu'aux pieds d'un autre légionnaire. Ils voyaient tous son visage à présent.

Tu es mal, ma fille... Pire que ça, même.

D'un mouvement du buste, elle propulsa ses jambes dans la mâchoire de l'homme. Mais elle ne put éviter la lame qui venait de derrière. Entaillant sa chair alors qu'elle se relevait, elle sentit l'acier traverser son corps. Reculant vivement, la lame se retira, pas encore rassasiée de son sang. Son regard se posa sur la plaie. Le sang coulait à flot. Ichel fit une grimace en la voyant. Elle n'allait pas tenir bien longtemps avec pareille blessure...


- Dis-moi qui tu es et pour qui tu travailles, si tu veux que je t'achève rapidement, petite garce.

- Ce... ne sont pas les paroles d'un légionnaire noir.

Le sourire de l'homme lui confirma ce qu'elle craignait. Il n'était pas légionnaire aussi bien qu'elle n'était pas dessinatrice. Elle devait fuir, elle ne faisait pas le poids contre lui. Contre eux. Elle ne l'avait jamais fait. Elle faisait souvent cette erreur, de croire qu'elle était capable de certaines choses. Alors que non.

- Si tu n'avais pas été plus rapide que moi...

Alors qu'elle parlait, Ichel ramassa sa cape et reculait vers le bord des toits.

- ... je t'aurais redessiné ce sourire. Mais... vois-tu, je n'ai pas le temps. On m'attend ailleurs.

Et elle sauta dans le vide. Elle perçut des pas venant du haut, mais elle ne se retourna pas. Son objectif n'était plus de les occuper, mais de fuir. Malgré la blessure à son flanc qui ne cessait de couler.

Pitié... Dame, faites qu'Attalys soit sortie... Et cette foutue plaie, ce sang, ils vont pouvoir me suivre... Et ils ont vu mon visage...

D'un geste, elle arracha les manches de sa chemise et en fit un pansement de fortune. Sa cape remise par dessus. Elle courrait sur les toits, mais ne sentait plus aucune présence derrière elle. Avaient-ils abandonné ? Elle n'avait pas le temps de penser à ce genre de petits détails. Elle arrivait au point de rendez-vous.
Récupérer Attalys et fuir. Retourner à la maison. Même si elle n'en avait aucune envie... Elle pourrait tout aussi bien ramener la dessinatrice et s'enfuir lorsqu'elle aurait le dos tourné... Elle ne voulait pas remettre un pied là-bas et pourtant, elle ne pouvait pas les laisser comme ça.

Le point de rendez-vous était là. Descendant des toits, elle tomba derrière des cageots. Tenant son flanc, elle s'approcha en silence. Attalys sursauta lorsque la marchombre posa sa main sur son épaule.


- Ne crains rien, c'est moi...

Elle reprit son souffle. Ne pas montrer à l'aequor qu'elle était blessée. Ne pas l'inquiéter. Et fuir.

- Vite, partons.








[ Moi qui étais partie pour 500 mots parce que j'avais aucune inspiration... Naif ]
[ Rp terminé, d'ailleurs ]


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