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 Je t'en prie... [Terminé]

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Maître fauconnier
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MessageSujet: Je t'en prie... [Terminé]   Mar 30 Sep 2014 - 23:27

Il tournait en rond. Encore et encore. Son coeur battait la chamade, il n'arrivait à le calmer. Ses membres tremblaient de milles soubresauts, la sueur perlait de tous ses pores. Il ne dormait plus, il n'y arrivait plus. Pourquoi venait-Il le tourmenter ainsi ? Il ne l'avait jamais su. Et on ne pouvait pas dire que l'Esprit était particulièrement pour les confidences entre colocataires... Bien au contraire. Moins l'homme en savait sur Lui, mieux il se portait. Si l'on pouvait dire qu'il se portait bien. En ce moment, oui. Il jubilait dans la noirceur qu'était son domaine. Il jubilait de voir cet homme se battre contre lui, de le sentir désarmer face à sa force grandissante. L'homme ne tiendrait plus longtemps. Il baisserait les bras, il abandonnerait. Quel plaisir intense que de le voir souffrir. De savoir que l'homme sentait le sourire machiavélique sur ses lèvres.
L'homme souffrait le martyr. Plus encore que la dernière fois. La différence était qu'il n'avait plus de poison pour calmer sa rage. Ce poison que Julia lui avait donné. Il venait de s'assoir à son bureau, les mains massant ses tempes. La nuit allait être longue. Il fallait qu'il trouve quelque chose, une occupation, une pensée qui l'éloignerait de tout ceci. Il fallait qu'il respire.

Ses jambes se mirent en marche seules. Soulevant son corps lourd de fatigue, il traversa la volière et passa la porte. Il se donna juste la peine de fermer cette dernière. Il ne pouvait rester assis sans rien faire, il en deviendrait fou. Son corps le savait, son esprit plus encore. Il devait bouger.
Ses pas résonnèrent dans les escaliers de l'Académie, il avait fini par se faire à ce silence nocturne. Il passait des nuits entières à errer dans ces couloirs sombres, évitant les gardes. Il connaissait les rondes de ces hommes par coeur, les éviter n'était plus bien difficile. Quoi qu'il en soit, Gareth marchait lentement dans les couloirs, descendant les escaliers la main sur la rambarde pour ne pas tomber. Son estomac brûlait, son esprit devenait fou. Des kilomètres ? Ce fut l'impression que son périple dans les escaliers lui donna. Il sentait chacune des marches sous la plante de ses pieds – il avait oublié de remettre ses chaussures, ses pieds nus laissaient des traces humides sur le sol. Son corps entier était en éveil, luttant contre ces forces intérieures qui tentaient de le déstabiliser. Ses sens étaient plus que jamais affutés.

Trouver la sortie... Je dois... trouver la sortie.

Des pas résonnèrent dans le couloir, le métamorphe se cacha dans un recoin pour que le garde ne le voit pas. Accroupi, Gareth tenait sa tête à deux mains.

Résiste... Ne Le laisse pas prendre le contrôle...


***

Tues-le... Tues-le...

***

Ne l'écoutes pas... Résiste...

Yeux clos, grande respiration, Gareth tentait de contenir la rage qui l'envahissait. Non la sienne, mais celle de l'Autre. Il suintait la rage. Le garde s'était arrêté quelques secondes afin de vérifier si tout allait bien, quelques pas plus tard, il repartait. Et le fauconnier se détendit quelques secondes. La Bête reprit la charge.
Il devait sortir. Immédiatement.
Rapide, silencieux, il adoptait les réflexes d'un puma alors même qu'il était encore sous forme humaine. Il sentait la transformation venir. Il rejoignit la porte de derrière, celle qui se trouvait dans les jardins, en quelques minutes. Lorsqu'il la franchit enfin, il laissa son corps aller et ce dernier courut de tout son saoule dans les plaines qui s'offraient à lui. Ne fatiguait-il pas ? Disons que le métamorphe n'avait pas la même constitution que les autres alaviriens. Il pouvait courir vite plus longtemps que la plupart des gens. Il courrait souvent. Bien trop.

Soudain, tout s'arrêta. Ses jambes se stoppèrent, son corps se plia en deux. Son ventre se tordant rageusement. Sa vue se troubla, ses membres tremblèrent de plus belle, il commençait à haleter. Il n'y arrivait plus... Lutter était devenu bien trop difficile. Pourquoi ne pas abandonner ? Se laisser aller, il ne sentirait rien. Son Esprit disparaîtrait, laissant la place à l'Autre. Pourquoi ne pas le faire...
Parce qu'il avait des gens à protéger. Il leur en avait fait la promesse... Julia et Aidan... Et Lyu... Il avait promis.
La tentation était si forte pourtant...

Une odeur, un bruit. Le métamorphe releva la tête, la main couvrant la moitié de son visage. Une ombre se profilait au loin, sur la route. Une charrette... Un homme menait son cheval vers la ville, sa charrette pleine de sacs, accompagné par un deuxième homme assis à ses côtés. Deux hommes, au beau milieu de nulle part.

Non... Par pitié...


***

Dans la semi-obscurité, l'Esprit souriait. De tous ses crocs.

Si...

***

Gareth hurla. Ses tempes explosèrent, son coeur s'emballa, son estomac éclata. Son pelage recouvrit ses membres qui changèrent de forme. Ongles devinrent griffes, dents devinrent crocs. Alors que sa peau se recouvrait d'un pelage beige, son corps changea de position. Son hurlement devint grognement. L'Académie entière avait dû l'entendre.
Tout ce qui restait d'humain en lui disparut, remplacé par une rage sauvage et incontrôlable. Il était toujours lui, il était toujours là, mais les instincts et les envies de sang de l'Esprit Fauve le poussait à agir comme un félin... Comme une bête, un monstre. Il ne pouvait plus résister à sa nature. Elle était trop forte, l'emprise de l'Autre sur son esprit était puissante. Il sentait son étreinte, son coeur froid, ses membres encore tremblants. Il souffrait, tout son corps lui faisait mal. Si seulement il ne s'agissait que de son corps... Son esprit était torturé par ce regard, ces griffes, ces crocs. L'Autre était bien plus fort, il l'avait toujours été... Plus encore aujourd'hui. Comment avait-il gagné en puissance ? Gareth n'en avait aucune idée. Il ne pouvait que supposer... Et si c'était leur faute ? A ces personnes qu'il aimait ? Ces personnes qu'il s'était promis de ne jamais approcher ? Non. C'était sa faute.
Il avait perdu son objectif de vue. Il avait oublié de Le contrôler...

Son corps se souleva seul, comme poussé par une force invisible. Foutus instincts sauvages... Ses pattes se mirent en mouvement, son museau se retroussa avant que ses babines ne fassent de même. Crocs à découvert.

Non... Résiste... Tu n'es pas une bête, tu es un homme... Laisse le monstre caché, laisse-le enfermé...

Gareth avait beau résister de toutes ses forces, il n'y pouvait plus rien. Son corps félin écoutait ses instincts, filant tout droit vers le chariot.


Pousses-toi !

***

Pousses-toi !

L'esprit de l'homme fut soudain aspiré à l'intérieur de son corps, enfermé dans cette sombre pièce qui Lui était destinée. L'Autre était dehors... Dehors ? Non ! Impossible ! Pas encore... Il ne pouvait pas...
Il devait reprendre le contrôle. Coûte que coûte. Arrêter ce massacre. Arrêter ce monstre. Arrêter de fuir.
Régler le problème.


DEGAGE !

Un hurlement, unique.

***

Trop tard. J'ai réagi trop tard...

Debout sur ses quatre pattes, il haletait. Son pelage sentait le sang frais, il se trouvait au beau milieu de la charrette. Sur le corps du pauvre homme... Le corps déchiqueté par des griffes, les siennes. Le cou écorché par des crocs, les siens. Le visage figé dans une expression de terreur, un cri coincé dans sa gorge ouverte.
Le métamorphe détourna vite la tête et bondit hors du chariot. Pour se retrouver face au cadavre du second homme. C'en était trop. Il fila, éclair beige, droit vers Eoliane.

Elle pourra m'aider... Je l'espère...

Il couru sur plusieurs dizaines de mètres avant d'arriver à proximité de la Confrérie. Les tremblements ne cessaient, l'Esprit n'arrêtait pas ses assauts. La douleur était vive, puissante. Il ne stoppa cependant pas sa course alors qu'il reprenait forme humaine. De quatre pattes, il passa à deux. Courant encore et encore, il atteignit son but à une vitesse phénoménale. Il frappa à la porte violemment, quelqu'un lui ouvrit. Surpris par l'aspect du visiteur, plein de sueur et de sang, une expression de désespoir sur le visage, le corps assiégé de soubresauts, le rêveur ne put dire un mot. A vrai dire, il n'en eut pas le temps. Le fauconnier le poussa, le renversant à terre sans le vouloir, et continua sa course jusqu'aux appartements de celle qu'il était venu voir. Des pas de course résonnèrent derrière lui, des cris.


- Arrêtez-vous ! C'est un ordre !!

Gareth n'en pouvait plus. Son adrénaline s'était évaporée, sa course l'avait éreinté. Il avait trop mal... Il ralentissait encore et encore, alors que les gardes le rattrapèrent. L'homme s'écroula dans un couloir, sa respiration se faisait de plus en plus saccadée. Son corps ne tenait plus le coup. Les assauts de l'Esprit Fauve, son jeu de mort avec ces hommes, cette course folle. Son corps avait atteint ses limites...
Les gardes le prirent par les épaules, il ne put se défendre. Quoi de plus effrayant qu'un homme en sueur, ses vêtements ensanglantés, qui rentrait de force par la porte d'entrée...

Il hurla dans les couloirs.


- A... Amarylis ! AMARYLIIIS !!





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Maître rêveur
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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Jeu 2 Oct 2014 - 13:30


Accoudée au balcon de ses appartements, elle rêvassait. Sourire aux lèvres, paupières closes, elle appréciait le vent qui soufflait ses mèches courtes sur son visage. Un étirement sur sa robe la fit se retourner et sortir de sa méditation. Mais son sourire redoubla d'intensité.

-Tu vas te coucher ?

La petite acquiesça, déjà en chemise de nuit, lavée et cheveux démêlés. Amarylis prit en main la chevelure blonde de sa fille et en fit une natte. Puis elle posa un baiser sur son front.

-Comme cela ils friseront demain, tu verras ce sera joli. J'ai des patients à voir demain matin, mais si tu veux Jùn t'accompagnera à l'Académie. Bonne nuit, ma douce. Fais de beaux rêves.

Elle l'enlaça et la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus la voir. Gwëll était sa fille. Elle avait gagné et rien au monde ne pourrait lui retirer ce bonheur à présent. Elle refit donc face à la nuit, songeant à demain. Elle devait envoyer un oiseau à Gareth pour le prévenir. Il y a trois jours elle avait de nouveau éveillé un sans-espoir. Le coma avait subitement cessé et l'homme avait semblé alerte. En cherchant plus profond qu'à l'habitude dans son anatomie, elle avait accédé à une parcelle inconnue dont elle cru presque qu'il s'agissait du cerveau, pourtant intouchable par les rêveurs. Une simple pression de doigt et il avait ouvert les yeux dans un râle inquiétant. Comme la première fois, elle avait cru le perdre sitôt le réveil. Mais ce ne fut pas le cas. Vivant il la fixait, hébété et perdu. Elle sut l'apaiser de ses mots, mais ne put en tirer aucun de lui. Il se laissa soigner et nourrir. Seule Elisha eut le droit de l'assister avec Amarylis. Personne d'autre ne lui rendit visite. Il était bien trop tôt. Cette précaution eut raison de la rêveuse, car elle se rendit bien vite compte que s'il était vivant, son esprit était bien mort. Ou du moins très endommagé. Il était incapable de se débrouiller par lui-même, ne bougeait presque pas, fixait toujours et encore le vide, comme dans les histoires d'épouvante. Un légume. La directrice d'Eoliane n'avait pas encore eut le cœur de le libérer de ses souffrances en lui donnant la mort. Non seulement parce que ce pouvoir lui était interdit d'utilisation. Mais surtout parce qu'il pouvait encore lui servir, pour pousser plus loin, trouver pourquoi. Essayer. Tester. Ensuite, elle le tuerait. Oui, elle le ferait. Parce qu'après tout, elle avait déjà brisé les règles. Et qu'il ne méritait pas de rester éternellement ainsi.
Une main autour de sa taille la tira une deuxième fois de ses rêveries. Elle reconnut de suite l'odeur de Jùn et l'attira contre elle dans une étreinte amoureuse.

-Gwëll est couchée ? Chuchota-t-il.

-Oui. J'aimerai que tu l'emmènes à l'Académie demain. Le soleil se lève de plus en plus tard et il fera encore nuit lors de son départ. Je n'aime pas la savoir seule sur les routes dans l'obscurité. S'il te plait !

Il déposa un baiser dans son cou.

-Bien sûr, sans problèmes ! Mais qu'as-tu donc de prévu demain pour ne pas y aller? Je sais que tu adores le faire.

Amarylis rougit. Elle n'avait toujours rien avoué de ses expériences à son amant et était devenue plutôt douée en cachoterie. Il avait pris les quelques accusations du procès d'adoption pour de la jalousie mal placée de confrères quant à sa position de maitre accoucheuse.    

-Je dois voir Gareth. Tu sais, l'homme-puma. Je veux connaître l'évolution de sa maladie et lui proposer un nouveau traitement.

Elle n'avait aucun rendez-vous avec la bête, mais pourrait prétexter une annulation de dernière minute ou elle irait se balader, faisant ainsi croire qu'elle se rend chez lui. Et puis ce n'était pas pur mensonge, puisqu'elle comptait lui donner rendez-vous.
Le rêveur se renferma et fit pivoter sa chère et tendre pour lui prendre le visage dans sa main.

-Je n'aime pas que tu vois cet homme. Il est dangereux. Tu ne dois pas le consulter seule.

Elle repoussa sa main, la mine rebelle.

-Je suis ton patron, en matière de rêve, Jùn. Il n'y a que dans l'intimité que je te laisse maitre. Donc si je décide être capable de le soigner seule, tu n'as rien à y redire. Gareth n'est pas dangereux pour moi, j'ai déjà su maitriser la bête lorsqu'elle m'est apparue.

-TU AS EU AFFAIRE A LA BETE ?!

Il semblait horrifié et énervé à la fois. Oups !

-Jùn, amour, calme toi. Pourquoi chercher les vagues quand la mer est calme ? Je vais bien, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Et pouvoir aider cet homme fait partie des raisons de ce bien être. Fais-moi confiance, s'il te plait. As-tu jamais eu à douter de mes compétences ?

Les paroles eurent raison de sa colère et il caressa sa joue.

-Non. Pardonne-moi. Mais j'ai tellement peur pour toi.

Elle l'embrassa, achevant ainsi de l'embobiner.

-Aucune raison d'avoir peur.

Des cris provenant des couloirs les firent sursauter et, main dans la main, ils se ruèrent vers l'évident problème. C'est ainsi qu'ils découvrirent Gareth, ensanglanté et retenu avec difficulté par les rêveurs, hurlant le nom de la maitre guérisseuse. Pas de quoi avoir peur, hein ? Elle sentie le regard accusateur de son amant, mais l'évita soigneusement. Elle se précipita sur son patient.

-Lâchez-le !

Elle ne fut pas écouté, et une voix rauque la contredit immédiatement.

-Maintenez-le !

Elle lança un regard noir à Jùn et ordonna d'un ton sec et fort.

-J'AI DIS LÂCHEZ-LE !

Face à l'invective aucun des rêveurs ne put se soustraire à obéir. Ils libérèrent l'homme qui tomba à terre d'épuisement. Avant même que son petit ami ne puisse s'interposer entre eux, la femme aux cheveux bleus se baissa pour poser une main maternelle sur son visage détruit par les larmes et le sang.

-Je suis là. Respire. Je suis là.

Elle guetta la couleur de ses iris et fit un signe de tête entendu pour elle-même en constatant qu'elle avait bien affaire à Gareth et non à la Bête. Elle le souleva, mais son poids l'écrasa.

-Aidez-moi. On l'amène dans mes appartements.

Cette fois-ci Jùn explosa.

-Hors de question ! Il va en salle de soin !

Amarylis dû se contenir pour ne pas paraître trop cassante.

-Ce patient a besoin d'intimité et de calme pour que je puisse le soigner sans danger. Donc, mes appartements et surtout pas la salle de soin impersonnelle.

-Il existe des chambres privatisées de soin. Répliqua le rêveur, sans doute jaloux.

-Qu'il occupera ensuite s'il n'est pas en état de rentrer. Mais pour le soin, je le veux dans mon cabinet privé, c'est là que j'ai ce qu'il faut pour l'aider. Il a besoin de ça, Jùn, s'il te plait. Il a besoin de moi comme amie et pas seulement comme médecin. C'est ainsi qu'il ne m'est pas dangereux.

Soupirant, il accepta enfin, et les rêveurs l'aidèrent à l'amener jusqu'à l'espace de soin de ses appartements personnels. Tous sortirent sauf Jùn. La mère le fixa. Il comprit de suite et grogna.

-Non. J'te laisse pas seule avec lui.

-Tu étais d'accord, tout à l'heure. Et Jùn...Ton animosité envers lui va nourrir la Bête et la faire surgir. Je suis plus en danger avec toi dans la pièce que seule avec lui. S'il te plait. Fais-moi confiance. Ne m'oblige pas à te donner des ordres.

Il hésita un instant, puis quitta la pièce.

-Je serai juste à côté.

Elle le remercia, puis se tourna enfin vers son patient. Allongé sur la banquette de soin, il semblait mal en point. Et il faisait peur, réellement, avec tout ce sang. Elle prit donc des linges propres et les trempa dans une bassine d'eau chaude pour le laver. Elle choisit de ne rien dire, de ne poser aucune question, le laissant ainsi libre de commencer. Il se livrerait une fois calmé et en sécurité. Entre temps, elle appliquerait toute sa douceur à le débarrasser de cette horreur.



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            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?







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Maître fauconnier
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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Mar 7 Oct 2014 - 14:33

Gareth se débattait à peine, hurlant le nom de son amie, mettant ses dernières forces dans l'espoir qu'elle l'entende. Les gardes tentaient de le relever pour l'attirer à l'extérieur de la Confrérie, mais son poids le collait à terre. Ils n'arrivaient à sortir l'homme ensanglanté qui terrifiait les quelques rêveurs présents.
Le fauconnier hurlait. Encore et encore. Et soudain, il l'entendit. Cette voix. C'était elle... Elle l'avait entendu... Elle était là, toute proche, mais il n'arrivait pas à voir son visage, sa vue brouillée par la fatigue et les larmes de douleur. Il entendait sa voix qui exigeait qu'on le relâche alors qu'une autre, plus grave, lui intimait le contraire. Gareth savait pertinemment qui était cette deuxième voix... C'était ce rêveur qu'il avait envoyé balader à plusieurs reprises. Son nom en revanche, il ne le connaissait pas...

Elle hurla et on le lâcha soudainement, son corps attiré instantanément par le sol. Il ne savait plus où il était. Il se rattrapa de justesse de ses mains. Sur les genoux, mains posées à plat sur le sol, sa tête pendait. Ses yeux clos. Tout son corps tremblait, son esprit était en proie à l'Esprit qui tentait une nouvelle intrusion. Avec autant de gens autour de lui... Pas étonnant qu'il veuille sortir de là dedans...
Il sentit alors des mains prendre son visage, le relever. Il ouvrit les yeux et tomba dans ceux d'Amarylis. Elle l'avait entendu. Elle était venue... Elle était là pour lui, pour l'aider. Jamais Gareth n'aurait cru que quelqu'un fasse cela un jour pour lui... Pour l'abomination qu'il pensait être... Mais elle était là, devant lui, lui intimant de respirer, le rassurant de sa présence. Elle tenta de le soulever, en vain. Il n'avait plus aucunes forces, son combat intérieur les lui prenait toutes. Il ne contrôlait plus son corps, seul son Esprit résistait encore.

Il entendait les cris, les deux voix se disputer, mais ne comprenait rien aux mots qu'ils prononçaient. Son esprit partait...


***

Laisses-moi sortir !... JE VEUX SORTIR !!

Les deux Esprits luttent pour le contrôle, pour la liberté.

Jamais ! JAMAIS JE NE TE LAISSERAI LEUR FAIRE DU MAL !!

Mais un esprit va prendre le dessus tôt ou tard...

***

Gareth réussit par un effort surhumain à revenir, laissant l'Esprit enfermé. Furieux. Comme l'homme qui tentait de dissuader Amarylis d'emmener le fauconnier... où cela ? Son ouïe commençait juste à revenir... Les transitions étaient parfois difficiles... Passer de cette vision à une vision interne... Il y avait parfois quelques secondes nécessaires pour s'habituer.
Mais son corps tremblait encore. Ses yeux ruisselaient toujours. Il n'arrivait toujours pas à bouger de lui-même. Faible. Impuissant. Et tous ces regards autour de lui... Tous ces yeux qui l'observaient, apeurés... Ils regardaient ce sang sur ses vêtements, sur son visage... Sang qu'il sentait coller contre sa peau, couler contre sa nuque...

S'il te plait... Ne les laisses pas me regarder... J'ai tellement honte, j'ai tellement peur que ce sang leur appartienne un jour... Je t'en prie.

Le métamorphe sentit son corps se soulever. Ses yeux perçurent des ombres à chacun de ses bras, le transportant ailleurs. Ses pensées étaient confuses, il n'arrivait pas à savoir où ils l'emmenaient. Mais Amarylis était toujours là, elle ne le laisserait pas. Après toutes ces journées à chercher des solutions ensemble, ils étaient devenus amis. Elle ne le laisserait pas seul. Pas maintenant, pas alors qu'il avait besoin d'elle plus que jamais.
Soudainement porté, il se retrouva allongé sur une banquette. Combien de temps s'était-il écoulé depuis ses longs cris de supplication ? Il n'en avait aucune idée...

Allongé, il ne pouvait toujours pas bougé de lui-même. Ses forces l'ayant définitivement abandonnées. Toujours tremblant et en sueur. Il tourna le regard pour tomber sur son amie rêveuse et l'homme qu'elle couvait souvent du regard. Gareth l'avait vu. Ils se disputaient, il s'inquiétait pour elle. Ils s'aimaient. Un sourire douloureux se fraya un chemin sur son visage.

Alors comme ça, tu m'avais caché que tu aimais cet homme ?...

Il souffrait, il suait, il tremblait. Mais regardait ce couple qui s'inquiétait l'un pour l'autre. Comme lui autrefois... Comme Iola et lui. Non. Il ne fallait pas qu'il pense à elle, il fallait qu'il reste fort. Qu'il oublie tous les sentiments qui pouvaient atteindre son Esprit, son corps, son coeur. Il fallait qu'il se concentre. Qu'il oublie. Qu'il centre son attention.
Le rêveur quitta alors la salle, laissant Amarylis seule avec le métamorphe. Ce dernier n'était pas rassuré d'être seul avec elle, mais il n'arrivait pas à parler. Plus aucun mot ne sortait depuis ses hurlements.
Amarylis se tourna vers lui, plongeant son regard dans le sien, meurtri.

Centrer son attention... Il ferma ses yeux, respira lentement. Et il sentit un contact chaud contre sa peau. La rêveuse nettoyait ce sang qui parsemait ses vêtements et sa peau. Elle devait se poser des questions, des milliers de questions. Et pourtant, elle ne prononça pas un seul mot. Elle enlevait le sang mélangé aux larmes salées. Elle s'occupait de lui, le laissant reprendre ses esprits. Attendant sûrement qu'il parle de lui-même. Sauf qu'il n'arrivait pas à prononcer ne serait-ce qu'une seule phrase. Sa bouche restait close, toute son attention ailleurs. Vers Lui. Pour qu'Il ne tente pas à nouveau de s'échapper. De l'envahir.
Il ouvrit les yeux et l'observa. Elle s'affairait, concentrée, soucieuse. Il avait honte de rester allongé ainsi, de la laisser enlever ce sang... Celui qu'il avait fait couler.
Et de ne lui donner aucune explication.


- Je... je suis désolé.

Sa voix était éraillée, il peinait à sortir un son. Mais il tenait à s'excuser.

- Pardonnes-moi...

Elle arrêta ce qu'elle était en train de faire pour plonger son regard sévère dans celui de son ami. Elle n'acceptait pas ses excuses, elle ne les trouvait peut-être pas adéquates. Peut-être que pour elle, il n'avait pas à s'excuser. Il lui coupa la parole avant qu'elle ne puisse dire un mot.

- Je ne savais pas vers qui me tourner sauf toi... Il...

Il tenta de se relever, mais les mains de la rêveuse le collèrent à la banquette. Pourtant, il fallait qu'il se lève, il ne pouvait plus supporter d'être allongé. Il n'aimait pas cela. Cette impression d'être dépendant, d'être un fardeau, d'être faible. Si faible. Il n'arrivait cependant pas à la repousser, son corps ne lui répondait plus. Seul son regard fonctionnait encore. Un regard vide, souffrant. La détresse se lisait dans cet océan. Et elle comprit. Elle sut qu'elle devait le laisser s'assoir. Elle l'aida à se relever. La tête du fauconnier restait fixée sur le sol. Et il parla alors qu'elle reprenait ses soins. Sans trouver ne serait-ce qu'une égratignure sur le corps de l'homme.

- Je...

Sa gorge était sèche, les mots ne sortaient pas. Il le fallait pourtant. Il fallait agir le plus vite possible. Il... Une nouvelle vague arriva. L'Esprit essayait toujours. Gareth ferma les yeux, fort. Tenter de contenir la douleur, de ne pas hurler.

- J'ai tué...

J'ai tué...

- Il a pris le contrôle et a tué... Encore. Et j'ai rien pu faire, il était trop fort...

Il devait tout lui raconter, il devait lui dire combien ça lui devenait difficile, combien le temps leur manquerait. Il prit sa tête entre ses mains, ferma les yeux. Et les paroles coulèrent dans un flot continue. Il devait parler, ne pas lâcher sa concentration.

- Ca a commencé il y a quelques mois... Peut-être quatre... Ou plus... L'Esprit s'est mis à bouger, à vouloir sortir, il y a mis tellement de forces... Plus que d'habitude, il était tellement puissant. Et il a réussi... Il est sorti, il s'est déchainé. J'ai réussi malgré tout à le conduire hors de portée de toute civilisation avant... Dans les collines de Taj.

Il sentit la rêveuse se raidir. Les collines de Taj se trouvaient dans le sud alors qu'eux, se trouvaient au nord. Impossible de s'y rendre en quelques jours. Et pourtant, il l'avait fait.

- Depuis ce jour-là je Le sens plus fort, sa haine a changé, elle est puissante. Trop puissante.

Il ne la regardait pas, il n'osait pas. Avait-elle peur ? Il préférait l'ignorer. Voir la peur dans le regard de son amie, tout sauf cela. Il ne pourrait pas. S'il voyait cette peur qu'il avait si souvent croisé sur son visage, il ne pourrait faire qu'une chose. S'enfuir à nouveau. Il ne voulait pas voir cette expression. Pas sur elle. Ni sur les autres. Il en avait assez.
Ses mains soutenant sa tête, coudes sur les genoux, cheveux pendant dans le vide, son regard s'ouvrit pour fixer intensément le sol.


- Je t'en supplie... Aides-moi...






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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Lun 20 Oct 2014 - 13:39



Le sang s'effaçait petit à petit, laissant de rares marques rougeâtres par-ci par-là. Bientôt, il n'y aurait plus trace de l'horreur que le jeune homme venait de vivre. Amarylis continuait son travail en silence. La curiosité la titillait un peu, de savoir ce qui avait bien pu lui arriver. Chose était certaine qu'il s'agissait de la Bête. Mais elle se retint bien d'en demander plus. Elle était rêveuse et n'avait pas à savoir le pourquoi du comment tant que cela n’interférait pas dans ses soins. Aussi quand il s'excusa, elle lui rendit un regard sévère qui contrastait tant avec son apparente douceur. Il n'avait pas à s'excuser. Pas envers elle. Elle allait lui expliquer cela, mais il lui coupa cette intention en tentant de se relever. Dans un claquement de langue elle le força à se rallonger. Elle était, dans un certain sens, touchée d'être la seule personne vers qui il pouvait se tourner et comptait bien lui faire savoir qu'elle serait toujours là. Donc pas d'excuses, pas d'hésitations.
Pourtant dans ses yeux suppliants, elle lut le besoin de s'expliquer. Elle l'aida alors à s'assoir. Quand un patient exprime l'envie de parler, c'est qu'il en a besoin, souvent. Et il est de son devoir de l'écouter. Le vrai rétablissement est là.

Elle ne cessa pas pour autant ses soins, et fut surprise de constater que le sang n'avait pas de provenance. Aucune coupure. Aucune plaie. Aucune petite griffure ou quoi justifiant la perte du liquide rouge. Elle comprit avant même qu'il le dise. Le sang venait d'une autre personne. Ou de plusieurs autres personnes.
La rêveuse ne réprima pas un léger frisson en entendant le mot « tué ». Elle n'avait pas peur de Gareth, mais la Bête, elle, était vraiment dangereuse. Et le fait qu'elle puisse prendre ainsi contrôle sur l'homme l'inquiétait de plus en plus. Car cela allait de pire en mal. L'humain possédait tout de même un corps conséquent, une musculature développée, donc difficile à en prendre une telle occupation. L'esprit devait être neutralisé ou du moins muselé au plus vite !

Elle se bloqua au nom des collines de Taj. Ces dernières étaient fort éloignées de la confrérie et qu'il ait fait autant de chemin en si peu de temps relevait de l'impossible. Humainement parlant. Le puma n'était pas qu'un simple animal, il avait les capacités d'un véritable monstre. Sa main serra l'épaule de son client lorsqu'il s'abattit sur son sort, son impuissance. Elle put clairement voir qu'il refusait de la regarder, cachant ses pupilles entre les mèches de ses cheveux, nez rivé vers le sol. Honte. Il était mort de honte. Elle ne pouvait le laisser ainsi. Cet état d'esprit incitait la Bête à revenir et lui facilitait même l'emprise. Et puis elle ne tolérait pas qu'il se dévalorise, car elle-même l'admirait, de tenir encore, malgré tout. Ses doigts virent donc se positionner sous le menton de Gareth pour l'obliger à relever son visage.

-Gareth.

Elle chuchotait, pour l'apaiser, pour lui montrer qu'elle n'avait pas peur. Qu'elle n'allait pas fuir, ni le laisser partir.

-Gareth, s'il te plait, regarde-moi.

Il le fit enfin, et la tristesse fut presque contagieuse à travers leurs iris.

-Tu es fort. Elle est puissante, mais tu es fort. Elle n'a gagné qu'une bataille, pas la guerre, d'accord ? La preuve, tu es là, avec moi. Et je ne te lâcherai pas.

Elle resserra l'étreinte de sa main et la fit dévier, paume contre joue.

-Je comptais justement te faire venir car j'ai fais quelques progrès sur les sans-espoir. J'en ai réveillé un, Gareth, et il est encore en vie ! Donc je peux pousser mes examens plus loin dans les corps et esprit sans tuer.

Elle put immédiatement voir l'espoir se dessiner chez son ami. Elle se permit donc de lui dire l'entière vérité.

-Toutefois il n'est vivant que physiquement. Psychiquement...c'est un légume, je ne te le cache pas. Et l'esprit est encore un terrain dangereux pour moi. On ne peut accéder aux cerveaux, c'est au-delà de nos compétences, et toucher l'esprit sans passer par ce chemin-là...c'est nouveau. Et hasardeux.

Il acquiesça, comprenant sans doute déjà où elle voulait en venir.

-Je veux que tu prennes bien conscience des risques. Mais pour ma part, vu l'avancée du puma, je ne peux que te conseiller l'expérience. Mais avant cela, j'aurais quelques questions, pour savoir où me diriger.

Elle recula légèrement pour lui laisser un espace vital suffisant et ne pas risquer d'énerver la Bête par trop de proximité.

-Prend-elle le contrôle majoritairement la nuit ou le jour ? Te réveille-t-elle par son emprise ?

Elle devait connaître la force de possession de la Bête. Endormi, Gareth devenait cible bien plus facile pour elle.

-Te souviens-tu toujours de ce que tu as fait sous emprise ? As-tu des absences ? Et de combien de temps ?

En cas d'absence, son cerveau serait bien plus touché que prévu, et il serait donc d'autant plus délicat de soigner cela. Empêcher l'accès à la mémoire dans pouvoir la toucher relevait du terrain miné.

-La transformation est toujours complète ou parfois partielle ? Combien de temps minimum entre deux transformations ?

Quelle est la résistance de cet esprit ? Il doit forcément donner de lui même pour changer ton corps. En calculant son degré d'épuisement, elle peut savoir quelle force ingérer à sa « muselière ».

-Enfin, quel est l'endroit qui te fait le plus mal suite à une transformation ou une tentative d'emprise ? Tu dois avoir un point précis sur ton corps qui te lance plus qu'ailleurs.

Le cœur de l'Esprit, là où il se trouve et génère sa puissance, comme une boule d'énergie. La source qui irradie le corps complet une fois en marche. Là où va frapper Amarylis, donc.

-As-tu des questions ? Des...volontés ? As-tu confiance en moi, Gareth ? Suffisamment confiance pour garder en tête que je ne peux garantir aucun résultat. Seulement essayer. De mon mieux, je te jure de mon mieux.

L'adrénaline montait dans sa gorge, à travers ses veines et tambourinait déjà dans son cœur. Le danger et la prise de risque l'excitait autant qu'elle la terrifiait. Plus qu'essayer, elle voulait réussir. Autant pour lui que pour elle. Elle voulait renverser le monde si codifié avec lui. Vaincre. Vaincre la guerre à défaut des batailles.


I love you


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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Dim 11 Jan 2015 - 16:46

Gareth sentit les mains froides de la rêveuse se poser sur son menton, le relever. Pour qu'il la regarde droit dans les yeux. Mais il n'y arrivait pas. Résister, il ne put. Son regard restait cependant fuyant, honteux. Sa seule envie : mourir. Ou tuer l'Autre de ses propres mains.
Il perçut son nom à travers ses pensées, il perçut une voix le répéter à deux reprises. Cette voix lui demandait de la regarder. Et il le fit. A contre-coeur.

Tu es fort...

Sa paume glissa, se fraya un chemin vers sa joue. Il ferma les yeux, retenant ses émotions qui tentaient de l'envahir. Les muselant, comme toujours. Et il écouta. Simplement. Incapable de répondre, incapable de montrer la moindre émotion à son amie. Incapable. Impuissant. Forçant ses pensées à s'arrêter, il écoutait. Il n'était pas fort. Elle avait tord.
Elle avait réveillé un de ses patients... Un de ceux qui dormaient profondément. Un de ceux qui étaient dans le coma. Ses recherches, elle ne les avait pas abandonnées, bien au contraire. Elle voulait l'aider. Vraiment. Mais toujours aucune émotion. Sauf le semblant d'un espoir, comme un souffle qu'on lui redonnait soudain. Son coeur paraissait battre plus facilement. Une entrave s'était évaporée.

Qu'importe si mon esprit meurt... Tant que je l'emporte Lui avec moi...

Gareth s'était fait à l'idée que la mort était une solution à son problème. Il savait qu'il ne lui restait plus beaucoup d’échappatoires, il le savait très bien. Essayer, il l'avait fait toute sa misérable vie. Il était temps de mettre fin à tout ça.
Elle le mettait en garde. Peut importait les risques, il était prêt à les courir. Si cela signifiait sortir de ce cauchemar permanent. Si cela signifiait qu'Il allait disparaître à jamais.
Amarylis posa des questions, beaucoup de questions. La plupart passaient au-dessus de l'esprit du fauconnier. Toute sa concentration focalisée sur ce mur qu'il dressait entre la Bête et son propre esprit, focalisée sur cette solution qu'elle venait de lui proposer. Et elle mit fin à son torrent d'interrogations, attendant des réponses.
Un son rauque sortit d'entre ses lèvres


- Fais-le.

La rêveuse se redressa. La tête penchée à nouveau vers le sol, il ne la regardait pas. Ses forces l'avaient quitté depuis longtemps déjà.

- Fais-le, je t'en prie...

Elle se pencha encore, tentant de capter son regard. Gareth prit alors le poignet de son amie entre ses deux mains. Il était à bout. Il parla avant qu'elle ne puisse le faire.

- Si je répond à toutes tes questions, promets-tu de le faire ? Malgré les risques ? Je suis prêt à tout...

Elle ne répondit pas. L'idée de risquer la vie de son ami devait être impensable pour elle, mais il le fallait. Le métamorphe n'avait que faire de la mort. Il l'accueillerait comme une libération si toutefois elle se présentait. Mais elle, elle ne voulait pas risquer la vie de son ami. Et il ne la remercierait jamais assez pour cette amitié qu'elle lui avait offerte.
Il rompit le silence.


- Elle prend le contrôle lorsque je suis faible, principalement la nuit. Quand mes sens ne sont pas tous en éveils. Parfois, je ne me souviens de rien comme je peux me rappeler les plus infimes détails. Selon son désir, selon son emprise. C'est variable. La transformation est toujours complète. Jamais mi-homme mi-animal.

Je suis déjà bien assez monstrueux. Une bête... Un monstre...

- Le temps varie entre deux transformations, je ne sais jamais quand Il va décider de passer à l'attaque. Et... Mon corps entier brûle lorsque je me transforme, mon corps entier craque lorsque mes os changent de forme. Mais mon crâne reste le plus douloureux. C'est là que la Bête se terre, c'est là que je l'enferme. Parfois... j'ai l'impression que mon crâne va exploser. Mais rien. J'ai mal et j'essaye de résister... J'y arrive de moins en moins...

Répondre à ses questions était difficile. Jamais il n'avait parlé aussi précisément de Lui. A personne. Mais Amarylis, elle était différente. Elle était son amie. Elle pouvait l'aider, elle le voulait. Elle montrait sa peur, mais restait là. A ses côtés.
Gareth se redressa, se releva. A nouveau sur ses jambes qui ne flageolaient plus autant, il regarda enfin la rêveuse dans les yeux. Suppliant, sûr de lui, son regard était implacable. Il était temps de montrer cette force dont elle parlait.


- J'ai une totale confiance en toi.

Elle s'était reculée pour le laisser se lever, elle ne l'en avait pas empêché cette fois-ci. Il s'approcha, plantant ses yeux plus sûrement dans les siens.

- Je te demande juste une chose... Essayes jusqu'au bout. Ne lâche pas parce que tu crains que quelque chose m'arrives. J'ai déjà failli te tuer une fois, je ne veux pas recommencer.

Je ne veux plus tuer. Je t'en prie... Sauves-moi.


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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Mar 17 Fév 2015 - 10:53



J'ai une totale confiance en toi.

La pression était là. Bien installée dans les épaules tendues et douloureuses d'Amarylis. Juste à côté de l'excitation qui parcourait sa peau de vagues de chaleur. Elle venait de faire allonger Gareth sur le lit réservé aux patients et posait un mouchoir imbibé de chloroforme sur son nez afin de l'endormir. Plus faible serait la Bête, plus il serait facile de la trouver. Elle contempla donc l'homme qui versait délicatement dans l'inconscience en priant la Dame pour ne pas le tuer.
Il lui avait expressément demandé de ne pas s'arrêter, d'aller jusqu'au bout, quitte à le laisser mourir, pourvu qu'il ne se réveille pas inchangé. Cela elle avait eu du mal à le promettre. Le métamorphe était devenu un ami et elle ne pouvait concevoir de le perdre ainsi, par ses propres mains. Mais parce qu'il était devenu son ami et qu'elle le respectait, elle se devait d'honorer ses volontés. Et de ne pas trembler.

Ses deux mains enlacèrent le crâne de l'homme-animal, et elle fit le vide intérieur de ses pensées. Elle s'appelait Amarylis Luinïl. Reconnue comme la plus célèbre des accoucheuses et rêveuse de septième cercle prometteuse. Pas n'importe qui. Ses expériences avaient été un succès si on occultait la mort ou l'aphasie des testeurs. Et si elle avait disposé de plus de temps, elle aurait très certainement réussi à les garder sains et saufs. Et Gareth ne ressemblait en rien aux testeurs, qui n'étaient que des sans-espoirs. Lui, il représentait justement l'espoir. De faire mieux. De réussir. De prouver au monde entier que rien n'est impossible et que les rêveurs ne sont pas que des sages peureux et casaniers.
Paupières closes, elle inspira un grand coup et se plongea dans le rêve. Elle ne pouvait pas accéder au cerveau même, cela lui était exclu. Elle avait essayé, pourtant, à de multiples reprises. Mais sur ce point ses supérieurs avaient raison : cette partie de l'anatomie ne leur était pas accessible. Elle resta donc en surface, à la frontière des rêves, non loin de l’ouïe et de la vue. La maitre rêveuse vérifia dans un premier temps le bon état général du corps de son patient, puis cessa tout mouvement pour guetter la présence de la Bête. L’anesthésiant ne pouvait pas l'avoir endormi complètement comme son porteur. De ce qu'elle avait compris, elle était bien plus forte que cela.

Dix longues minutes passèrent sans qu'elle ne devine la moindre existence intérieure. Puis soudainement, elle entendit un ronronnement. Comme une respiration qui se soulage d'une fin momentanée de combat avec le physique de Gareth. Sans l'homme pour freiner la Bête, Amarylis risquait beaucoup. Mais c'était là le seul moyen pour l'atteindre. Elle avança à petit pas en faisant tout son possible pour ne toucher aucun organe afin de ne pas faire de bruit. Il lui fallait trouver le moyen de la faire sortir du cœur de la tête pour pouvoir déverser son rêve en elle. Se faire remarquer la ferait sans doute surgir, mais elle risquait de prendre immédiatement le contrôle de Gareth pour lui sauter à la gorge. Non, il fallait attiser sa curiosité pour la piéger.
Immobile, ne sentant pas même les perles de sueur naitre sur son front, la directrice d'Eoliane choisit tout simplement de frapper à la porte. Son rêve percuta trois fois, de manière brève et douce, le cerveau, rebondissant, à chaque fois. Un grondement sourd lui répondit, mais elle ne desserra pas sa concentration. Elle devait à tout prix, qu'importe la peur, rester entièrement plongée dans son don. Elle perçut une masse de sauvagerie apparaître, si sombre, colérique et imposante qu'elle eut envie de fuir sur l'instant. Mais elle résista. Elle s'accrocha avec force au cerveau qu'elle ne pouvait pénétrer pour ne pas se faire éjecter. Aveugle lorsqu'elle rêvait, elle ne pouvait pas voir à quoi ressemblait l'esprit, pourtant elle était persuadée qu'à l'instant présent deux iris oranges devaient la fixer. Elle tenta donc immédiatement d'envoyer une onde réconfortante et amicale pour s'annoncer en amie. Ce qui eut pour effet de faire avancer la masse encore plus près d'elle. Elle créa une deuxième onde positive, qui la rapprocha plus encore de son ennemie. Si proche que son importance commençait à écraser son rêve. Il lui fallait l'affirmer maintenant pour ne pas le perder. Attaquer.

Amarylis prit une grande inspiration et concentra toute son énergie dans le soin. Plus jeune elle s'était amusée à tester ses limites, jusqu'à parfois s'évanouir. Heureusement Ewen n'était jamais loin pour la remettre sur pied et la réprimander de jouer ainsi avec sa santé. Aujourd'hui elle devait faire de même. Aller au bout de ses limites et les exploser. Elle se focalisa sur le centre vivant de son don et le modula. Elle chercha à le transformer en un remède si puissant qu'il annihilerait l'esprit de la Bête, qu'il l'effacerait, comme un simple coup de gomme. A l'instant exact où elle réussit, elle sentit toute la dangerosité de ce pouvoir, mais ne recula pas. Elle lui avait promis.
A l'extérieur ses doigts renforcèrent leurs prises sur les tempes de l'homme. A l'intérieur elle prit de l'élan. Face à elle, la masse l'examinait. C'était maintenant ou jamais, avant qu'elle ne se rende compte de la supercherie. La rêveuse laissa exploser sa boule d'énergie curative. Un bruit d'explosion jaillit dans la tête de Gareth et la jeune femme eut un mal fou à rester agrippée à son rêve tant la puissance la déstabilisa. La Bête gronda en écho à cela, affolée car prise au piège du rêve qui se déversait dans le corps entier de l'homme pour ne lui laisser aucun refuge, et en rage contre cette trahison. La force de l'attaque priva Amarylis de tous ses sens jusqu'au plus rien.

Le vide. Elle ne sentait plus que le vide. Rien ne semblait avoir bougé à l'extérieur, du moins était-elle trop absorbée par son don pour éprouver encore des sensations physiques. Elle ne devinait plus aucune présence de l'Esprit. Elle allait crier victoire lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne percevait plus non plus l'essence de Gareth, celle de l'homme. Inquiète, elle chercha, en vain, un indice humain dans tout cela. La peur la prit au ventre. Venait-elle de supprimer l'homme en même temps que l'animal ? Elle s'extirpa du rêve pour revenir à la réalité et ouvrir les yeux, craignant de l'avoir transformé en sans-espoir, en légume. Ses paupières s'ouvrirent sur deux iris oranges. Ses sensations se réintégrèrent d'un coup et elle sentit clairement que ses paumes reposaient à présent sur une fourrure. Dans un hoquet, elle se projeta en arrière pour contempler l'horreur de son action.
Prise au piège, la Bête avait inversé les rôles en prenant le physique de l'homme et lui laissant ainsi son esprit. Amarylis avait donc annihilé Gareth et sauvé la Bête. Pantelante, collée au mur, elle fixa son erreur qui se relevait de sa victoire. Elle allait mourir. Et ce ne serait que juste retour étant donné ce qu'elle venait de faire à son ami. La rêveuse plissa ses yeux lorsque le puma vint souffler sur son visage, attendant la mort et la douleur avec une peur viscérale. Le souffle animal manqua de la faire défaillir et elle serra des dents, anticipant la géhenne de sa chair déchiquetée. Mais il n'en fut rien. La Bête se contenta de la fixer, puis partit au galop dans la Confrérie, déchainant des cris de surprise, d'angoisse et de terreur. En l'espace de quelques secondes une véritable panique générale détonna dans l'enceinte d'Eoliane. La directrice, quant à elle, se laissa glisser contre les pierres froides, trop choquée pour réagir.

Jùn la trouva ainsi, le visage déformé par l'inquiétude. Il se précipita sur elle et la toucha de toutes parts pour vérifier qu'elle n'avait rien. Il l'embrassa de multiples fois, mais elle ne sentit pas le moindre baiser. Lorsqu'enfin elle retrouva ses esprits, elle voulut se lever, mais flancha. Le rêveur la rattrapa et la soutint. Elle bredouilla :

-Je dois le retrouver.

-NON !

La tenant debout, il plaqua ses deux mains contre ses joues.

-Tu es vivante. Et tu me resteras vivante.

Les cris de ses collègues finirent de la ramener à la réalité et elle put tenir sur ses jambes seules, mais toujours affolée.

-Les rêveurs...co-comment vont-ils ?

-Chuuuttt, personne n'est blessé. Il est directement sorti de la Confrérie.

Légèrement soulagée, elle se défit de l'étreinte de son amant.

-Où est-il allé ? Quel chemin a-t-il pris Jùn ?

-C'est fini ma douce, respire ! C'est fini...

Son ton, ses épaules affaissées et son visage trahissaient ses paroles. Elle comprit avant même de poser la question.

-OU ?

En réponse il tourna son visage vers la fenêtre qui donnait sur le chemin menant à l'Académie.

-NON !

Elle ne lui laissa pas même le temps de la saisir de nouveau et partit en courant. Il hurlait derrière elle, la suppliait, mais elle se fit sourde à tout cela.
Elle venait de donner vie à un monstre. Elle devait le rattraper et corriger cela avant que l'Académie ne se transforme en cimetière. Dans sa course elle réalisa que Gwëll était là-bas, en cours. Cela lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac et elle dut s'arrêter quelques petites minutes pour vomir. Une fois purgée, elle continua sa course jusqu'aux écuries et enfourcha Djiwëlle à la hâte pour la lancer au galop.



[Taddaaaaaaa Edition à volonté sur les réaction de la Bête, of course !]


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MessageSujet: Re: Je t'en prie... [Terminé]   Lun 18 Mai 2015 - 17:14

Humide, l'odeur du mouchoir était âpre. Son esprit sombrait, un sourire planait sur son visage. Gareth s'endormit, les yeux fixés dans ceux de son amie. Dernière vision avant de sombrer dans le néant de l'absence...
Yeux qui se ferment... Mains froides contre ses tempes...

Néant...


- * - * - * -

Deux corps-esprits reposaient au centre de la sombre pièce. Bête et homme. Homme et bête. Et pourtant, ils ne faisaient qu'un. Ils se ressemblaient davantage que ce qu'ils voulaient bien croire. Amants, combattants. Et seuls. Etendus côte à côte. Presque trop proche pour deux ennemis. Visages sereins.
Endormis. Leurs esprits restaient cependant en alerte, toujours tendus. L'habitude.
L'esprit sauvage ondula, agité par des spasmes. Il résistait, tentait de se battre. Se réveiller, coûte que coûte. Quelque chose clochait. Quelque chose se passait. L'esprit de l'homme ne bougeait pas. Immobile au centre du néant.

Les yeux sauvages s'ouvrirent. Habités par une haine grandissante. Quelqu'un frappa. Frapper ? L'étranger savait-il seulement ce qu'il tentait de réveiller ? Savait-il quels dangers, Lui, il représentait ? Les tremblements de l'inconnu répondirent à toutes ces questions. Il savait.
L'esprit gronda. Les murs tremblèrent. La porte s'ouvrit. La nuit envahit le peu de lumière qui tenta de s'infiltrer dans le néant.


Entre... Approche...

L'inconnu savait-il seulement le nombre d'années qu'avait passé l'humain à fermer cette porte ? A la garder solidement ancrée à ses gonds ? Et cet idiot venait de l'ouvrir en quelques secondes... Ignorants humains. Humaine. Qu'espérait-elle faire de ce sentiment amical qu'elle insinuait dans son coeur ? L'humain ne l'avait-il pas prévenue ? Si, bien sûr que si. Elle tremblait, l'odeur de sa peur empestait.
L'esprit fauve se leva, s'approcha de l'humaine. Lentement, menaçant. Deuxième onde. Le sourire de la bête s'élargit plus encore, dévoilant des crocs brillants.


Que crois-tu faire là, humaine ?...

Elle ne pouvait l'entendre, seul l'autre le pouvait. Dommage... Il s'approcha encore, dominant cet être ridicule de sa stature. L'esprit de l'humaine commençait à perdre ses moyens, il diminuait en puissance. Le sourire de l'esprit se tordit en un rictus victorieux.
L'humaine essayait de l'éradiquer. L'humaine essayait de l'effacer. Ses iris jaunes brillèrent d'un éclat malveillant. Voir tout ce pouvoir s'amasser en cet esprit, voir cette clé offerte alors qu'il la cherchait depuis des années déjà. Quelle ironie. Qui l'aurait cru... Elle pensait l'avoir en son pouvoir, elle pensait qu'il l'observait, qu'elle l'intriguait...

L'intrus se rua sur lui, laissant exploser toute cette énergie accumulée.
La créature glissa vers son geôlier dans la même seconde. Elle se pencha vers le corps inerte de son ennemi. Ricana.


J'ai gagné...

L'esprit gronda. Rire victorieux, douleur atroce.

- * - * - * -

Deux grands yeux s'ouvrirent au même moment. Un rire coincé dans la gorge. Ses babines se tordirent en un sourire invisible. Allongé sur une table, au-dessus de lui, l'intrus, les mains emmêlées dans sa dense fourrure fauve. Elle ouvrit enfin les yeux. Et cette peur apparut enfin, cette peur irrépressible. Pauvres mortels...
Se projetant en arrière, la femme ne bougeait plus, acculée contre le mur. Le fauve se releva d'un coup, se mettant sur ses quatre pattes. Sur ses pattes... Il était dehors... Ses iris se replongèrent dans celles de la femme. Il était seul... Il ne le sentait plus... L'autre avait tout simplement... disparu. Le fauve hurla. Comme un rire mauvais et victorieux.
La bête sauta au bas du lit, se dressant de toute sa stature. Patte après patte, il s'avança vers la femme. Proche. Son souffle puissant contre son visage apeuré.


Merci, humaine. Sans toi, rien de tout cela n'aurait pu être. C'est pour ça que je te laisserai la vie sauve... Pour l'instant.

Le fauve disparut par la porte entrouverte, bousculant un humain trop près de la porte. Il poussa le premier cri. Bientôt, des voix s'élevèrent autour du prédateur qui galopait dans les couloirs, rugissant de ce plaisir intense d'être enfin libre. Les portes se fermaient à clés, les cris résonnaient, ils fuyaient. Et lui était libre. Libre et seul dans ce corps qui était à présent sien.
Ses pas l'emmenèrent à l'extérieur du bâtiment. Son regard fauve tourna quelques instants avant de trouver ce qu'il cherchait.

L'Académie.


- * - * - * -

Trop lent. Le prédateur se propulsa en avant, griffes dehors, tomba sur un gamin en fuite. Ses cris résonnèrent, mais personne ne vint à son secours. D'un coup de crocs, ils cessèrent dans un gargouillis indescriptible. Le corps ne bougeait plus sous ses pattes. Un mouvement attira alors l'oeil de la bête au coin du prochain couloir. Laissant alors ce pauvre corps d'humain derrière lui, il marcha calmement dans cette direction.

Entend les cris de tes semblables, toi qui n'es plus là pour leur venir en aide. Je t'ai prévenu, je me vengerai.

A l'angle du couloir, il aperçut un bout de tissu disparaître au loin. Quelqu'un le fuyait. Mais pour combien de temps ? Il les débusquerait tous. Pourquoi ? La vengeance... Il ne pouvait s'empêcher de vouloir le faire souffrir, même alors qu'il n'existait plus. Mort. Son geôlier était mort. Dans ce corps, plus aucune trace de lui. Il ne le sentait plus. Nulle part.
Il était mort. Et lui était vivant.
Il surprit un groupe d'élèves dans une salle, mais ils s'échappèrent bien trop vite par les Spires. Les Spires... Comme il aimerait y retourner, La retrouver. Ce corps l'en empêchait... Ce corps ingrat, qui ne valait pas le cinquième de l'esprit qui le possédait. Cette chair était si dégradante. Intolérable. Il devait s'en débarrasser. Il devait trouver une solution.
Sortir de ce corps.
Avant ça, il allait se venger pour sa captivité, pour ce jour où cet humain l'avait séparé d'Elle. Ensuite, il chercherait un moyen de la rejoindre.

Troisième étage. Sa stupide porte était entrouverte, les piaillements des oiseaux s'échappaient de la volière. Ses crocs tentèrent d'esquisser un sourire malsain. A l'aide de sa grosse patte, il ouvrit la lourde porte. Si les félins étaient capables de rire, le sien s'échapperait de ses lèvres, effroyable.
Le carnage débuta. Caisses retournées, lit déchiqueté, planches détruites, oiseaux morts. Les seuls qu'il eut le plaisir d'égorger d'un coup de patte furent les blessés que l'humain gardait dans une petite pièce à l'étage du bas. Le fauve regretta de ne pouvoir monter à l'étage supérieur pour les décimer tous. L'autre y tenait tant...
Le sang recouvrait tout. Plumes éparpillées et cramoisies, sol souillé du liquide rubis, pelage embrumé par son oeuvre de mort. La volière était détruite, saccagée. Il l'avait privé de liberté, de sa bien-aimée, il venait de le détruire. Lui et sa misérable vie.

L'humain était mort. Enfin.

Rugissement sauvage, vivant, libre. Le félin sortit en trombe de la volière, laissant des traces ensanglantées sur son passage. Dévalés les escaliers, il se rua dans le grand hall, faisant fuir d'autres groupes. Il sentait la tension dans l'air, il savait que ces foutus humains n'allaient pas tarder à réagir. Barbares.
Le fauve se rua à l'extérieur, dans une de leurs cours, tomba nez à nez avec trois hommes armés, sourcils froncés et sûrs d'eux.

Pauvres humains... Je suis cent fois plus puissant que vous tous réunis.

Le fauve se jeta sur les trois hommes, griffes et crocs dehors.
Son seul avertissement, un rugissement rauque.








[ Pardon du retard impardonnable >< ]


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