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 Chantons, Faëls... [Terminé]

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Rêveur du Second Cercle
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MessageSujet: Chantons, Faëls... [Terminé]   Mer 20 Aoû 2014 - 4:54


- Oh, Sanaël, arrête de bouger comme ça s'il te plait !

Lehya essayait de coiffer le petit agneau, qui tournait sa tête dans tout les sens, obligeant la rêveuse à se lever à moitié - chose qu'elle ne pouvait plus faire sans se tenir à une béquille. Le problème étant, dès lors, qu'elle n'avait plus qu'une main disponible. Ainsi, Sanaël se sauvait, et Lehya fulminait intérieurement. Elle leva les yeux au ciel, se demandant, par la Dame et le Dragon, pourquoi Monsieur Tomas lui avait demandé de s'occuper de cet agneau en particulier. Elle avait bien compris qu'il voulait surtout qu'elle comprenne comment fonctionnaient les animaux plus gros que les chats - ça pullulait, à l'Académie et à la Confrérie, les chats.
Si Lehya se retrouvait à la ferme, à la périphérie d’Al-Poll, avec d’autres rêveurs, c’était grâce à Amarylis. La jeune femme avait finalement demandé à la directrice d’Eoliane si elle avait une idée d’un endroit où elle pourrait se perfectionner dans l’art vétérinaire, et elle avait souri en lui indiquant qu’elle n’était pas la première à penser à cela. Alors elle se retrouvait ici, dans cette ferme, avec d’autres rêveurs certes mais aussi des fermiers, très gentils.

Elle retrouvait un peu la vie des Itinérants et des Faëls. En effet, chaque Rêveur avait en charge au moins un animal, mais devait aussi participer à la vie de la ferme. Lehya, ne pouvant se déplacer aisément et avoir ses deux mains libres en même temps, se retrouvait souvent à la cuisine où aux commissions. Cela ne la dérangeait absolument pas ; non seulement elle était assez obéissante en terme général, mais aider lui donnait l’impression d’être utile. Tout ce dont elle avait besoin. Parfois le soir, elle racontait aussi des histoires aux enfants de la ferme. Et surtout, elle prenait soin d’envoyer ses progrès, tant au niveau du rêve qu’au niveau social, à Amarylis. Plus au niveau du rêve, cela dit. Chaque fois qu’elle apprenait quelque chose, elle ne pouvait s’empêcher de s’enthousiasmer. Certes, ce n’était pas de grandes manifestations de joie, mais c’était toujours mieux qu’avant.

Cette fois-là, elle était chargée d’aller mener du blé au moulin et de vendre des légumes aux maraîchers. Armée de ses béquilles et de son sac à dos, elle était partie de bon matin, un peu laborieusement et encore toute ensommeillée.

***

- Votre chien a un problème à la patte ? Attendez, je pose ça là.

Lehya s’assit sur le tabouret que lui apportait le « monsieur du moulin » comme elle l’appelait, tandis que le labrador s’approchait d’elle en boitant. Elle le connaissait bien maintenant, ce gros chien, et elle savait qu’en lui donnant deux-trois caresses, il se laisserait soigner sans problème - contrairement à cette petite teigne qu’est Sanaël, pensa la rêveuse en soupirant d’exaspération. Il n’en avait pas toujours été ainsi ; pendant un premier temps, il ne voulait pas l’approcher, et grognait. Sans doute était-ce de la faute de ses yeux, il devait penser se trouver face à un chat ou à un serpent. Mais ce temps était loin, maintenant. Alors elle posa le sac de blé sur le sol, et demanda au chien d’approcher. Il pleurnichait, sans doute à cause de la douleur. Elle posa une main sur sa tête, pour le calmer, et l’autre sur la patte qui faisait mal. Lehya observa d’abord si la plaie était extérieure. Il pouvait s’agir simplement d’une épine, par exemple. Mais ce n’était pas le cas.

- Quand est-ce qu’il s’est retrouvé à boiter comme ça ?
- J’sais pas trop, mad’moiselle. C’tait jeudi, il est revenu à la maison en pleurant, mais on sait pas où il s’est fourré.
- Hum ...

Elle toucha la patte du chien, songeuse, cherchant l’endroit touché. Il devait avoir cassé un de ses os. Et en effet, il couina lorsque la rêveuse toucha son tibia. Alors elle déroula enfin son rêve, mettant fin aux souffrances de ce pauvre animal. Elle sourit lorsque le chien se mit à lécher ses mains, visiblement reconnaissant.

- Ça devrait aller maintenant. T’as été fort, le chien. Puis, regardant le monsieur du moulin. Faites bien attention à sa patte, elle est réparée mais encore fragile. Si vous pouviez éviter de le laisser sortir seul, ou même le garder à la maison pendant deux semaines environ, ce serait mieux pour lui.
- D’accord mad’moiselle. Merci bien. Bon, j’vais prendre le blé. R’passez plus tard dans la journée.
- Merci, à plus tard monsieur.

Elle parlait mieux, s’adressait plus facilement aux gens. Cela dit, elle côtoyait ses personnes depuis un moment désormais. Elle ne réagissait pas face à des inconnus, comme Amarylis connaissait les fermiers, qui connaissaient les marchands et les meuniers ... Sans doute se retrouverait-elle à nouveau aussi timide et bégayante qu’auparavant dans une autre situation.

***

Lehya avait un peu de temps libre. Elle avait réussi à vendre les légumes plus vite qu’elle ne le pensait, à vrai dire, et il lui restait encore un peu de temps avant d’aller chercher la farine. Aussi décida-t-elle de se promener un peu dans Al-Poll, sans vraiment réfléchir à la destination. Ses béquilles la guiderait au hasard ...

Elle passait devant des vitrines qui ne l’intéressaient pas et des portes fermées. Ce n’était pas le jour du marché. Et alors qu’elle s’apprêtait à rebrousser chemin, une boutique d’où s’échappait des parfums intrigants l’interpella. Elle avait une jolie façade, et en s’approchant, Lehya se rendit compte qu’elle semblait vendre un peu tout et n’importe quoi. Rien que dans la vitrine étaient exposés, côte à côte, livres, jouets pour enfants et lames brillantes. Elle haussa les épaules ; elle ne perdait rien à regarder, après tout ?
La rêveuse se promenait entre les rayons, se demandant où elle avait déjà senti cette odeur. Le fait est que c’était cela qui avait d’abord piqué sa curiosité : elle reconnaissait ce parfum. C’était quelque chose comme de l’essence d’arbre, une odeur de forêt. Elle ne mit pas longtemps à se souvenir : il s’agissait tout simplement des odeurs de la forêt de Baraïl. Sans doute des Faëls avaient-ils réussi à reconstituer ce parfum ; mais pourquoi le vendre à des Alaviriens ? ... peut-être que le parfum n’avait pas été acheté, maintenant qu’elle y pensait. Mais se souvenir de son séjour là-bas lui rappela à la fois les odeurs, les histoires et les sons, les bruits, les chansons. Sans y faire attention, elle se mit alors à chantonner l’air qui revenait le plus souvent lorsqu’elle y était. Lehya savait qu’elle prononçait plus ou moins bien les paroles, suffisamment pour être comprise si un Faël passait par là, en tout cas. Elle aurait tant aimé capter leur accent, si différent du sien ! Mais elle n’avait pas réussi : on ne change pas son accent comme ça.

Elle s’arrêta devant un livre d’images, sans cesser de chantonner. Les couleurs éclatantes lui rappelaient celles dont les enfants paraient leurs visages, ou celles des plumes colorées dont ils se coiffaient. Ce pays lui manquait, finalement. Le peu de sang Faël qui coulait en elle réclamait à nouveau l’aventure, le voyage vers ce pays d’où elle venait. Et alors qu’elle refermait le livre, un visage apparut en face d’elle. Surprise, elle fit un pas en arrière - se rattrapa de justesse à sa béquille. Arrêta aussi tout net sa jolie chanson. Incapable - à nouveau - d’émettre le moindre son.



[Bon bah finalement si, posté. En espérant que ça te plaiiiise. ]
[Edit : en relisant mon post j'ai trouvé que c'était pas clair, donc je parle bien de parfum à brûler, pas d'un parfum qui se dégagerait de je ne sais quoi / de Kay, hein xD Voilà, c'est tout Very Happy]


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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Sam 23 Aoû 2014 - 2:56

Mouvante, vivante, Al-Poll criait. Le brouhaha qui s'en échappait montait jusqu'au sommet des frontières de glace. Etait-ce exagéré ? Sûrement un peu. Il existait sans doute une part de vérité. La ville n'avait jamais été aussi grouillante de monde depuis plusieurs décennies. Les rumeurs sur la cité courraient et ne tarissaient pas de belles éloges à son compte. Ville du nord, froide, presque glaciale, ses habitants ne possédant aucun savoir vivre. Quelle idée ! Ces gens étaient tout sauf dénués de savoir vivre. Ils savaient sourire – contrairement à la plupart des alaviriens vivant dans la capitale – et aimaient voir arriver des étrangers. Al-Poll était grande, Al-Poll était belle.

Al-Poll était le nouveau terrain de jeu de Kay Kelahan. Ou de Kelsier Kil'Vahl. L'un procédant dans les rues et les bars, l'autre dans les soirées mondaines et chics. Deux personnages pour le même homme. Mais était-ce réellement toujours le même homme ? Il jouait la comédie. Prendre des rôles, les jouer à la perfection et tromper son public. Al-Poll était une des nombreuses scènes sur lesquelles il jouait, Gwendalavir en était le théâtre. L'homme était un artiste, un artiste de l'arnaque et des illusions.
Un acte nouveau s'ouvrait dans cette cité, un acte qu'il comptait jouer jusqu'à la dernière réplique.

Ne te fais simplement pas remarqué, mon vieux.

Kay avait passé le temps des coups fourrés et des fuites, il n'était plus si jeune. Le temps était aux masques et aux jeux. Il ne pouvait plus se faire coincer ou avoir sa tête mise à prix. Deux villes lui étaient à présent dangereuses... Il ne voulait pas rajouter le nom d'Al-Poll à la liste. Quoi qu'il en soit, l'illusionniste n'était arrivé que depuis la veille et aucun incident n'était survenu. Il avait fait son marché dans les poches des habitants, mais surtout, s'était assuré que son appartement était comme il l'avait demandé. Une journée comme les autres.

Cette matinée-ci, l'homme avait d'autres projets. Un bon illusionniste se devait d'avoir certaines choses dans ses poches. Et ces choses, il devait les fabriquer de ses mains. Il en avait besoin pour ses tours, des accessoires pour ses arnaques. Dans les rues et les bals. Des accessoires bien différents pour chacune des occasions, mais des accessoires.
Et cette matinée, il devait aller acheter ce dont il avait besoin pour les fabriquer. Ce fut donc pour cela qu'il déambulait dans la grande Al-Poll à la recherche d'une boutique de choix. Quelle sorte ? Une de ces boutiques qui vendait tout et n'importe quoi. Un bazar, en somme.

Le soleil brillant sur sa peau mate, ses dreads colorées attachées par un lien de cuir, Kay souriait. Les planches de la ville lui tendaient les bras. Un fait l'étonnait seulement, la troupe Fillibulle lui manquait parfois. Etrange pour un solitaire comme lui. Tant pis, il les oublierait vite, comme tous les autres.
La petite boule de poil perchée sur sa tête, il sentait les regards se retourner sur son passage. Il fallait avouer que notre homme était loin d'être commun, disons plutôt d'être discret. Il attirait l'attention. Des cheveux tressés à la mode faëlle, des ronds de bois incrustés à l'intérieur de ses lobes – nommés écarteurs –, des yeux dorés éclatants dont un couronné d'une effroyable cicatrice, un bouc serti de perles, un vieux lapin blanc perché sur sa tête, et j'en passe. Il n'avait pas une allure courante, il était étrange. Trop coloré, trop étranger. On voyait sur son visage et son physique qu'il n'était pas du coin. Qu'il ne rentrait pas dans les convenances. Pourtant, il arrivait à mettre les pieds dans les petites soirées chics de ces grands seigneurs.
On ne pouvait nier qu'il faisait tourner les regards. Il les leur rendait bien. Un sourire, un bonjour, il jouait. Son rôle était parfait, son costume lui allait comme un gant.

Marchant donc dans les rues depuis plus d'une heure, faisant parfois les poches trop généreuses des passants, l'illusionniste cherchait une boutique. On lui en avait conseillé plusieurs, mais aucune n'avait fait le bonheur de notre homme. Il cherchait quelque chose de précis, mais surtout un patron avec lequel il pourrait faire des affaires. Un patron que l'on pouvait rapidement contrôlé, si besoin était. Et il savait qu'il allait trouver son bonheur d'une minute à l'autre. Il devait simplement faire preuve de patience, chose qu'il avait heureusement acquis avec l'âge. Plusieurs années auparavant, il n'aurait pas tourné en ville ainsi à la recherche d'une simple boutique. Sa colère l'aurait emporté et la Dame seule savait ce qu'il serait arrivé. Aujourd'hui, il était différent. Une certaine sagesse, ou plutôt une certaine expérience, se cachait derrière son masque. Il n'était plus ce jeune imbécile qui s'emportait pour n'importe quelle raison, qui tuait à tout bout de champ. Il avait dépassé ce stade. Certes, lorsqu'il fallait le faire, il ne clignait pas des yeux. Il ne faisait cependant plus ces stupides erreurs qui lui avaient souvent valu de belles cicatrices. Il tuait proprement. Le rêve était son arme.
Comédien, arnaqueur, illusionniste. Kay était passé maître dans ces arts.

Son regard se posa alors sur l'enseigne d'une boutique dans l'angle d'une rue. “Au Grand Débarras“. Ce nom sonnait bien, il annonçait la couleur. Kay n'attendit pas une minute de plus et entra. Ce qu'il découvrit le laissa muet. Un débarras, non. La caverne d'Alil'Baba. Enfin ! Il avait trouvé sa boutique. Ne restait plus que...


- Bonjour, pourrais-je faire quelque chose pour vous ?

Un homme d'une trentaine d'années à l'air un peu naïf venait de lui adresser la parole, un sourire de bienvenue tiré jusqu'aux oreilles. Le patron ? Sûrement pas. Trop jeune, trop chétif, trop naïf. Un homme sortit alors de derrière un paravant. Un ventre entretenu par la bière, des cheveux grisonnants et un gros nez rouge, l'homme devait avoir le même âge que celui de notre arnaqueur.

- Laisse, je m'en occupe. Vas plutôt t'occuper des cartons qui sont à l'arrière.

Se grattant l'estomac distraitement, il se tourna vers Kay. Malgré son physique plutôt pilier de bar, le commerçant semblait plus malin qu'au premier regard. Mieux élevé, peut-être.

- Je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose de précis ?

Sourcil haussé, l'illusionniste entra dans son rôle. Après tout, c'était son jeu favori. Jouer.

- Vous tombez bien, mon brave. Je recherche certaines pièces très rares que l'on ne trouve que dans certaines boutiques. Et je pense que la vôtre en possède, elle semble contenir de belles pièces.

La manipulation commençait par les sentiments et cet homme semblait être quelqu'un que l'on pouvait manier facilement par les compliments. Tout le contraire du jeune homme qui les observait de loin, d'un oeil attentif. Pas si naïf que cela après tout... Il faudrait qu'il s'occuper de lui à un moment donné s'il voulait pouvoir manipuler cet homme gras sans grandes peines...

- Cependant, je préfèrerai déambuler dans votre boutique avec seuls mes yeux comme conseillers pour l'instant. Je viendrais à vous si j'ai quoique ce soit à vous demander, mais je vous remercie de cette attention.

Le commerçant n'insista pas et s'en alla dans l'arrière-boutique. Le jeune homme avait également disparu.
Kay put alors enfin être seul et inspecter chaque recoins de la-dite boutique. Plusieurs minutes s'écoulèrent, dix, vingt, le temps filait vite alors que l'illusionniste trouvait quelques objets intéressants. Plusieurs, à vrai dire.
Il tomba alors sur un objet qui retourna son coeur. Une odeur. Des picotements dans sa narine lui montrèrent alors le chemin, il tomba dessus. De l'encens. C'était de l'encens. Cette odeur si familière. A côté, un petit flacon et un pin nain. Pas n'importe quel pin. Un pin faël. Mais ce n'était pas l'arbre qui sentait ainsi, c'était bien l'encens. Sans aucun doute fabriqué grâce à cet arbrisseau. Kay se retourna vers le paravant qui cachait l'arrière-boutique. Où avait-il trouvé ceci ? Comment s'en était-il procuré ? Ils se trouvaient si loin de la forêt de Baraïl, c'était impossible. Comment aurait-il pu obtenir ce pin...
Une chanson parvint soudainement à ses oreilles. Subtile, légère, il la connaissait. Un chant faël. Le sifflement se rapprochait à pas lents. Oui, à pas lents. Il n'était plus seul dans la boutique. Quand était-elle entrée ? Il n'en avait aucune idée. Il savait seulement qu'elle sifflait et que ce n'était pas n'importe quelle chanson. Cette dernière était faëlle. Sa patrie. Il baissa à nouveau les yeux pour observer l'arbre, tout en écoutant la douce mélodie qui sortait d'entre les lèvres de la jeune fille.

Il se retourna tranquillement et se retrouva soudain en face de la chanteuse qui ne l'avait toujours pas remarqué. Elle referma alors le livre qu'elle lisait distraitement et sembla surprise de se retrouver face à lui. Déstabilisée, elle se rattrapa à sa béquille. Les yeux de Kay tombèrent sans qu'il ne le veuille sur ses jambes. Elle n'en avait qu'une. Estropiée. Sans s'en rendre compte, sa main se glissa jusqu'à son visage pour caresser sa cicatrice. Il aurait pu perdre son oeil ce jour-là...
Un sourire, puis un clin d'oeil.


- N'arrêtes pas ta jolie chanson, elle éveille de doux souvenirs.

L'illusionniste se retourna et continua son inspection des lieux alors qu'il sifflait le chant faël. Il sentit la jeune fille le suivre à travers les étalages.


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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Sam 30 Aoû 2014 - 0:20

Elle referma le livre d'images, continuant à chantonner doucement. La forêt lui manquait. Les Faëls, l'ermite, tout. Ce livre lui rappelait ce qu'elle avait quitté, mais aussi, finalement, ce qu'elle avait retrouvé. Certes la compagnie ne lui manquait pas ; mais quand elle avait retrouvé les rêveurs d'Eoliane, cela lui avait fait du bien. Manifestement, ils lui avaient manqué plus qu'elle ne l'aurait voulu. Recommençait-elle à s'attacher aux autres ? Elle suspendit sa chanson, une micro-seconde, en refermant le livre. Le temps d'un souffle. Puis elle se retrouva nez à nez avec un homme, dont elle n'avait entendu le pas, trop absorbée par son livre sans doute, par les souvenirs qui en avaient surgi. Cela la surprit, et elle voulut faire un pas en arrière, avant de se souvenir que ce pas ne pouvait pas se faire. Aussi se raccrocha-t-elle rapidement à sa béquille, qui faillit riper sur le sol néanmoins. Il se mit alors à sourire, et elle replaça correctement une mèche ondulée qui s'était collée à son visage.

Un clin d’oeil, et puis une demande. Continuer sa chanson ? Alors il la connaissait, n’est-ce pas ? Comme pour lui confirmer cela, il se mit à siffler l’air de la mélodie. Elle ouvrit grand ses yeux de chat. Qui était cet homme ? Quel curieux personnage ... Ce qu’elle avait remarqué tout de suite, c’était que lui aussi, avait de grands yeux dorés dont un paré d’une cicatrice - tout comme elle. Sans doute, sans doute était-il un Itinérant, comme semblait le suggérer les ronds de bois à ses oreilles. Elle en avait vu certains qui portaient ce genre de choses, alors ce ne serait pas si étonnant. Ou alors, il avait du sang Faël, lui aussi. Elle n’avait pas vécu assez longtemps auprès des Faëls pour reconnaître quelqu’un qui en venait mais lui, il connaissait sa chanson. Lehya savait que certaines personnes connaissaient les chants Faëls - certains étaient bien connus - mais son chant à elle, comment pouvait-il le connaître ? Il ne se chantait qu’en forêt, lors des chasses et des cueillettes. Non, ce n’était pas un Itinérant.

Elle le suivait, à la fois captivée et à la fois parce qu’il lui avait demandé de chanter, et qu‘elle était obéissante, même si elle ne le connaissait pas. Alors elle chantait pour lui. Elle remarqua, un moment après, qu’il tenait entre ses mains un pin spécial. Un pin Faël. La Dame avait-elle mis cet homme sur le chemin de la jeune femme ? Dans quel but ? Elle ne voulait pas retourner en pays Faël. Pas maintenant, si peu de temps après être rentrée chez elle. Lehya tiqua. Elle n’était pas chez elle. Elle avait quitté son domicile depuis bien longtemps déjà. Mais Al-Jeit était si loin ! Et comment réagirait Lieva, à qui elle avait dit qu’elle reviendrait « bientôt » sans tenir sa promesse ? Et si elle découvrait que rien n’était comme avant ? Les lettres se faisaient de plus en plus distantes dans le temps ... Il lui fallait retourner chez elle. Retrouver ses parents, sa grand-mère. Leur raconter. Il devait avoir été placé là par la Dame pour lui faire savoir qu’elle devait retourner chez elle, de temps en temps.

Soudain, elle remarqua quelque chose. Cet espèce de chapeau bizarre qu’il portait ... il avait des oreilles de lapin. Elle sourit, en continuant la chanson qui n’allait pas tarder à se terminer. Elle continuait à le suivre, déterminée à repartir quand elle aurait fini. Mais en même temps, il l’intriguait. Elle voulait savoir si il retournait en pays Faël de temps en temps, combien de temps il avait vécu avec eux, comment il était arrivé ici aussi. Mais en réalité, elle avait été captivée par la couleur de ses yeux. Le doré n'était pas une couleur courante. Et si son regard à elle restait plus étrange, toujours était-il  qu'elle restait attirée par les personnes qui avaient des yeux différents. Cela lui donnait confiance. Lehya savait comme il était naïf de se fier à quelqu'un simplement parce qu'elle trouvait des ressemblances avec elle, mais c'était plus fort qu'elle. Alors elle se demandait aussi ce qu'il était venu chercher, si ses occupations se rapprochaient de celles des Faëls, avant de se rendre compte de l'absurdité de sa pensée : les Faëls, comme les Alaviriens, avaient tous des activités différentes, même si ils se retrouvaient bien plus souvent ensemble.

La boutique, apparemment peu fréquentée, était très silencieuse. Lehya n'entendait que les « toc » de ses béquilles, les pas de l'étrange inconnu et sa propre respiration. Sa chanson se terminait, et elle en choisit immédiatement une autre. Le petit lapin bougeait un peu, tout en restant en équilibre sur la tête de son, Lehya l’imaginait, propriétaire. Elle aurait voulu caresser sa fourrure toute douce, mais elle n’était pas sûre qu’elle en avait le droit, aussi n’approchait-elle pas sa main. Elle aurait pu demander, bien sûr, mais Lehya était comme elle était : timide. Il lui fallait du temps pour parler aux autres, encore plus pour leur demander quoi que ce soit. Aussi le regardait-elle en souriant. Elle avait toujours voulu parler aux animaux ; cela n’avait jamais été possible pour elle, mais les soigner permettait tout de même de grandement les comprendre, et les aidaient parfois à se prendre d’affection. Puis, une question lui vint en tête. Subitement, revenant aux paroles de l’étrange inconnu.

- Des ... des souvenirs ?

Elle n’avait pas pris tout à fait conscience d’avoir parlé, alors elle se tut un instant, avant de reprendre sa nouvelle chanson.



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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Mar 30 Sep 2014 - 23:29

Sans se préoccuper de la jeune fille, Kay se faufilait à travers les étagères de la boutique, découvrant des trésors. Pièces en bois, objets métalliques, plantes exotiques, il ne savait plus où donner de la tête. Cette boutique était exactement ce dont il avait besoin... Un regard vers le comptoir, il croisa celui du jeune homme. Il l'observait toujours d'un oeil attentif comme s'il attendait de le surprendre à commettre un quelconque vol. Dans un certain sens, il n'avait pas tord. Il avait décidé de les voler. Mais pas aujourd'hui, étrangement. Etrange ? Non. Car il comptait bien faire de ce “Grand Débarras“ sa petite affaire. Il allait se faire sa place ici, à Al-Poll, mais cette fois-ci sans révéler son véritable nom. Deux villes dans lesquelles il ne pouvait plus mettre les pieds lui suffisait amplement.

La jeune fille sifflait toujours, le suivant dans les couloirs dans un cliquettement de béquilles, comme tapant le tempo de la musique sur le sol. Comment ne pas résister à l'appel de cette mélodie ? Kay commença à siffler lui aussi, accompagnant la jeune fille. Leurs deux voix se mêlèrent et envahirent la pièce. Ce fut alors qu'il se rendit compte qu'ils n'étaient plus que les deux. Le jeune homme avait disparu, sans doute dans l'arrière boutique, voyant que rien n'allait se passer sous son nez.
Elle le suivait toujours. La mélodie allait bientôt se terminer, elle le laisserait sûrement tranquille. Elle partirait et ils reprendraient leur journée chacun de leur côté. Les dernières notes arrivèrent, douces, faëlles. La dernière note tomba. Kay reprit son souffle, tournant toujours dans la boutique, parfois prenant des objets dans ses mains pour les reposer aussitôt. Mais la jeune fille ne partit pas. Bien au contraire, elle reprit une nouvelle chanson. Toujours faëlle. Que voulait-elle ? Qu'espérait-elle ?
Parler.

L'illusionniste ne prit pas en compte les deux mots de la chanteuse, il ne prit pas la peine de répondre à sa semi-question. Il continuait à marcher alors qu'elle reprenait sa chanson, timide. Plusieurs minutes s'écoulèrent alors qu'ils visitaient cet antre des objets en tout genre. Objets trouvés ? On pouvait les appeler comme ça.
Soudain, il s'arrêta, se retourna pour faire face à la petite chanteuse aux béquilles.


- Pourquoi me suis-tu, petite chanteuse ?

Elle ne parut pas comprendre la question. Après tout, il lui avait demandé de continuer à chanter. Mais non à le suivre, peut-être était-ce cela qu'elle n'avait pas compris. Sûrement.

- Que me veux-tu ? Tu es plutôt curieuse comme jeune fille.

Avait-elle perdu sa langue ? Savait-elle seulement parler ?





[13°]


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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Dim 2 Nov 2014 - 1:39

Elle avait parlé. Elle avait regretté, avait tenté de faire comme si de rien n'était en entonnant une autre chanson, plus douce et plus connue des Alaviriens.

Son sac battait, contre son corps, la mesure de ses pas. Le battement de ses béquilles contre le sol rythmait sa chanson. Elle était musicienne, et chaque son lui parlait. Elle savait quand pauser, quand reprendre son souffle, quand repartir plus fort ... Elle était chanteuse. Elle ne savait pas parler comme il le fallait. Peut-être devait-elle penser à faire de la musique son nouveau mode de communication.

Elle sentit qu'il allait s'arrêter et elle s'arrêta, elle aussi. Sa question, en revanche, elle ne l'avait pas vue venir. Comment ça, pourquoi elle le suivait ? Comment ça, qu'est-ce qu'elle lui voulait ? C'était lui qui lui avait demandé de chanter, non ? Lehya ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle décida de la refermer, et de ne la rouvrir que lorsqu'elle aurait trouvé quoi répondre. Mais elle eut beau y réfléchir, rien ne vint.

- Je ...

Elle fronça les sourcils, toute à sa réflexion, mais il ne sembla pas s'en formaliser et il eut même l'audace de repartir, laissant la jeune femme un peu désemparée. Est-ce qu'il n'attendait pas de réponses ? Ce n'était pas comme ça que l'on se comportait en société, et même elle, elle le savait. Elle lança un regard un peu étonné à son dos, avant de repartir se perdre dans les rayonnages. Après tout il lui restait quelques moments encore avant de repartir et ... elle soupira. Elle n'avait rien à faire ici, elle le savait : elle avait déjà fait le tour. Elle décida d'acheter le livre qu'elle avait feuilleté et un archet.

- Bonjour, combien je vous dois ?

Le vendeur lui répondit, elle paya et sortit de la boutique sans dire quoi que ce soit. Néanmoins, la porte s'ouvrit à nouveau peu de temps après qu'elle soit sortie. L'étrange inconnu ? Il tenait ... il tenait encore le pin dans ses mains ! Mais il n'avait pas pu l'acheter, il n'était pas derrière elle quand elle était allée payer. Oh, et puis après tout, si c'était un voleur ce n'était pas son problème. Elle cala sa béquille pour sortir quelque chose de son sac. Sac qui fut volé avant qu'elle ne comprenne réellement ce qu'il se passait.

Elle leva le regard, légèrement choquée, tout à fait surprise, sur le jeune homme qui venait de passer devant elle et de subtiliser son sac. Son regard se fendit et elle voulut courir derrière lui pour récupérer ses affaires. Mais elle ne pouvait pas, et elle n'avait jamais essayé de se déplacer à toute vitesse avec ses béquilles. C'était risqué. Une seconde après avoir été dérobée, elle lançait un regard de supplication à l'étrange inconnu encore derrière elle. Elle lâcha un s'il vous plait du bout des lèvres.

Mais elle n'attendit pas son aide et tenta tant bien que mal de courir comme elle le pouvait derrière ce voleur. Car cette fois-ci, c'était son problème. Il y avait des choses importantes dans ce sac. Le livre qu'elle venait d'acheter, et qui lui rappelait la Forêt Faëlle. Ce nouvel archet. L'argent nécessaire pour payer la farine. Les feuilles qu'elle avait acheté avant de se rendre à la boutique. Le collier qu'elle avait récupéré pour Sanaël. La dernière lettre qu'elle avait reçue de sa famille.

Elle lâcha une béquille, tendit le bras pour attraper la lanière du sac, qui fila sous ses doigts. Elle se retrouva par terre, un genou dans la bout, les mains posées des deux côtés de son corps pour le retenir, la tête baissée. Quelques larmes perlant de ses yeux de chat.



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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Mar 18 Nov 2014 - 21:42

Et il détourna les talons. Laissant la jeune fille seule au beau milieu de la boutique. Elle ne semblait pas savoir comment répondre à la question, ses sourcils froncés en étaient la preuve évidente. Et Kay ignora rapidement ce début d'échange – qui n'en avait pas été réellement un – pour repartir à la chasse aux trésors. La laissant seule.
Bien vite, il entendit sa voix résonner. Finalement, elle en avait une, de langue.
C'était le moment. Le marchand avait le dos tourné, occupé avec la chanteuse, le jeune idiot était dans l'arrière-boutique. Tellement facile... Mais où était le défi ?! Ni une ni deux, il fit demi-tour. Les mains le long de son corps, il vit du coin de l'oeil la jeune fille sortir de la boutique, lui offrant cette seconde qui lui appartenait. Cette seconde durant laquelle sa victime n'avait aucune chance de se rendre compte du vol.
L'objet dans ses mains, il était dehors.
Sourire, il observait le petit arbre faël qu'il venait de dérober. Ou de sauver. Selon la version de chacun. Car pour Kay, cet arbuste n'avait rien à faire chez un vulgaire brocanteur. Un arbre faël devait appartenir à un faël, un arbre faël ne devrait pas quitter sa terre, ses racines ne devraient pas quitter sa patrie. Pour Kay, il était normal qu'il reprenne ce qu'un autre avait volé à son pays.

Mais soudain, quelque chose attira son attention dans son champ de vision. Un homme filant dans la foule comme fuyant quelque chose. Bien vite, il sut quoi. Il fuyait la propriétaire du sac qu'il avait dans les mains. Propriétaire qui n'était autre que la jeune chanteuse.
Quel amateur... S'attaquer à une jeune fille, qui plus est n'ayant plus qu'une seule jambe pour se tenir debout. Quel amateur... Aucun risque, 100% de réussite. Sans compter les bonnes âmes qui allaient sûrement l'aider. Mais personne ne bougea. Quel beau troupeau de lâches... Seule la jeune fille tenta de poursuivre son voleur, en vain.

Elle lui lança un regard de supplication, un léger “s'il vous plait“. Que voulait-elle qu'il y fasse ? C'était la vie, après tout, et il n'avait pas que ça à faire. Il volait toute la journée, ce n'était pas pour autant qu'il allait empêcher les autres de faire de même. Franchement, pourquoi courrait-il après le voleur ? Qu'est-ce qui aurait bien pu le pousser à faire une pareille chose ? Il risquait encore de s'encoubler et d'abîmer la merveille qu'il venait de sauver.
Il la vit partir en courant – comme elle pouvait – derrière le voleur, mais elle ne tint pas la distance. Lâchant une béquille pour choper la lanière de son sac, elle tomba à terre.
Et il les vit. Ces larmes qui perlaient. Elle tenait à ce sac, elle tenait à ce qu'il contenait.

Quel con... Stupides larmes... Jeune voleur idiot...

Ce petit intrépide n'arrivait même pas à être discret. Voler devant les yeux de sa victime, quelle bêtise de débutant ! Il fallait qu'il apprenne. Et ce jour même. Il posa le pin sous les yeux de la jeune chanteuse.


- Gardes-le moi.

Et il se lança à la poursuite du voleur. Evitant les passants assez aisément, se rapprochant du jeune voleur. De petite taille, il se faufilait partout, mais ne courrait pas encore assez vite. Deuxième erreur. Lorsqu'on vole devant le nez de sa victime, il fallait au moins s'assurer de pouvoir fuir. Erreur qu'il avait lui-même faite à de nombreuses reprises dans sa jeunesse.
Il le rattrapa si vite. Il avait 42 ans, mais l'avait rattrapé. L'habitude de la course, sans doute. Il courait depuis sa plus tendre enfance. Son corps avait l'habitude. Courir pour survivre.
Dans une ruelle, il passa à l'action. Se ruant sur le voleur, il choppa le sac sans qu'il ne s'en rende compte, le glissant dans sa ceinture, il attrapa alors les vêtements de l'idiot et le tira par ceux-ci pour l'arrêter en pleine course, pour le plaquer contre la pierre du mur.


- T'es sot ou t'as une envie de suicide ? On ne t'as donc jamais appris que voler comme un sagouin était complètement demeuré ?

La phrase suivante resta coincée dans sa gorge alors qu'il reconnaissait le jeune voleur. C'était l'assistant de la boutique, le jeune homme qui avait surveillé, suspicieux, Kay qui ne faisait qu'observer – vraiment ? – leurs marchandises. Pourquoi volait-il ? Il n'avait pas l'air d'être sans le sou, pourtant. Question à creuser...

- Donnes-moi ce sac.

Le jeune homme se rendit soudain compte qu'il ne l'avait plus dans les mains. Paniqué, il devait penser qu'il l'avait laissé échapper de ses mains. Panique, peur, il tremblait. Et soudain, Kay brandit le sac de sa main libre.

- Il y a ceux qui savent et ceux qui ignorent. Le vol n'est pas un art à prendre à la légère, petit imbécile, tu n'es qu'un éléphant au milieu de vases en porcelaine. Tu ne sais pas où tu mets les pieds.

Son regard était dur, sa voix menaçante. Il n'aimait pas voir son art dévalorisé à ce point. Et surtout pas par un alavirien... Un gamin alavirien... Qui reconnut son poursuivant dans la seconde qui suivit, retrouvant alors la parole.

- Ne lui dites pas, s'il vous plait, ne le dites pas à mon oncle ! Ne lui dites pas, je vous en prie !...

Les larmes perlaient à ses yeux, mais ne coulaient pas. Impressionné, effrayé, affolé. De ce vol, il s'attendait à tout sauf à cela.

- Donnes-moi ton nom.

Le jeune voleur hésita quelques secondes avant de céder.

- Les... Lestibournes.

Kay reposa le jeune homme à terre, le sac sur sa propre épaule, et il épousseta les vêtements de ce Lestibournes. Pourquoi faisait-il cela ??

- Eh bien Lestibournes, tu me dois un service. Ne l'oublies pas. Mais que je ne te reprenne plus à bafouer cet art... N'oublies pas le service que tu me dois.

Sur ces mots, il se retourna et partit, laissant l'adolescent désemparé dans son dos. Que la Nature lui en soit témoin, une si belle occasion n'était que le destin ! On venait de lui offrir un ticket pour la boutique du Grand Débarras. Il allait pouvoir investir les lieux, il allait pouvoir faire ce qu'il avait en tête... Ne restait plus qu'à convaincre le marchand. Mais d'après ce qu'il avait vu, ça ne devrait plus être aussi difficile.

Les quelques rues qui l'avaient éloigné de la boutique furent très vite rebroussées et il retrouva la jeune fille assise sur un cageot renversé, ses cannes à côté d'elle et le pin sur ses genoux, entre ses mains. Ses yeux s'illuminèrent lorsqu'elle le vit, son sac se balançant contre la jambe de l'illusionniste au rythme de sa marche tranquille. Alors qu'il s'asseyait à côté de la chanteuse, il lui tendit son sac, récupérant par la même occasion son pin.
Il lui sourit, le regard dans le vague.


- C'était courageux d'essayer de le récupérer par toi-même. Mais quelles raisons ont pu te pousser à te retrouver le nez dans la poussière ? Je me demande ce que peut bien contenir ton sac pour que tu y tiennes autant.

Il tourna sa tête pour observer la petite chanteuse qui l'observait d'un oeil incroyablement reconnaissant. Il lui sourit de plus belle, lui offrant son plus beau masque de gentillesse.

- Ma fois, tu es une petite bien curieuse, courageuse aussi. Peut-être un peu naïve. Imagine s'il avait été armé ?

Il éclata de rire. Celui-ci n'était pas feint.

- Ne me regardes pas comme ça, tu vas me rendre mal à l'aise, et les dieux savent que c'est bien difficile ! Bon... si je t'offre un verre de lait de siffleur, tu veux bien arrêter de me regarder comme ça ?

Peut-être pourrait-il tirer quelque chose de cette petite, après tout. Ses connaissances sur la ville et ses habitants étaient minimes, il se devait de compléter son savoir. Pour élaborer ses gros coups. Peut-être en savait-elle bien plus qu'elle n'en avait l'air.


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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Dim 23 Nov 2014 - 18:16

Ses petites mains lâchèrent les béquilles devenues inutiles, ses poings se serrant face à son impuissance, ses larmes s'écrasant contre les pavés de la rue. Elle avait tourné la tête vers l'homme qu'elle avait aperçu dans la boutique, le suppliant presque de l'aider. Lehya n'avait pas pour habitude de demander quoi que ce soit à qui que ce soit, d'autant plus si elle ne le connaissait pas. Mais ça avait été presque un réflexe. Son sac contenait tellement de choses ayant de la valeur à ses yeux qu'elle ne pouvait se permettre de le perdre. Qu'elle ne pouvait se permettre de se laisser voler. Elle voulut se relever, pleine d'une nouvelle détermination, mais des mains posèrent rapidement un petit arbre devant elle, murmurant des paroles qui s'envolèrent vite. Avant même qu'elle ne comprenne, il était parti à sa poursuite.

Elle resta un instant choquée, son regard fixé sur le tournant de la rue. L'homme de la boutique avait écouté sa demande. A voir son regard, elle n'y aurait pas cru. Elle récupéra ses béquilles, tenta tant bien que mal de récupérer le pin d'une main tout en gardant sa béquille sous le coude. Lehya avait pris l'habitude, à force, de faire ce genre de choses. D'autant plus depuis que Sanaël, son agneau, prenait un malin plaisir à faire tomber tout les objets dont elle se servait pour s'occuper de lui.

Elle se demanda ce qu'elle allait faire en attendant, puis avisa un peu plus loin un cageot renversé sur lequel elle pourrait sûrement s'asseoir. Elle vérifia que rien de suspect ne se trouvait dessus, qu'il ne tomberait pas sous son poids, puis rassurée, elle s'installa. Elle posa ses béquilles, debout, contre le mur, tandis qu'elle prenait le pin Faël sur ses genoux. Attendant qu'il revienne - elle savait qu'il reviendrait, puisqu'il lui avait laissé le pin - elle se prit à observer les personnes qui se promenaient dans ce coin-là. Ils ne semblaient pas si différents du reste de la population d'Al-Poll, mais bizarrement, ils lui faisaient un peu plus peur. Ce pouvait aussi bien être ses préjugés qu'une réalité, mais comment faire le tri ? Surtout juste après un vol ... Ca devenait difficile. Elle se mordit la lèvre -vieille habitude qu'elle avait cru perdue ; chassez le naturel, il revient au galop ...

L'homme revenait. Avec son sac. Elle ouvrit de grands yeux, tendant le pin à l'homme en échange de son sac. Elle vérifia rapidement que rien ne manquait, mais tout était là. Sans dire un mot, elle le regarda, faisant passer toute sa reconnaissance dans son regard. Elle ne pourrait jamais le remercier comme il le faudrait, mais l'intention y était. Il se demanda ce que contenait son sac pour qu'elle y tienne autant, mais elle secoua la tête, toujours muette, un sourire timide fleurissant sur son visage. Puis il lui demanda d'imaginer s'il avait été armé.

- Armé ? Je ...

Elle n'eut pas le temps de finir car il éclata de rire. Un rire plutôt doux, même si fort. Elle ne l'aurait pas cru capable de rire ainsi, même si il lui semblait de plus en plus gentil. Puis, lorsqu'il lui fit la remarque, elle détourna son regard de lui, qui lui proposait de lui offrir un lait de Siffleur. Elle acquiesça, souriante. Elle passa la lanière de son sac autour de son corps - il serait du coup plus difficile à voler - puis attrapa ses béquilles. Elle s'avança un peu, et remarqua qu'il ne semblait visiblement pas où aller. Il devait être nouveau en ville.

- On peut aller au Dragon Vert, si vous aimez le lait de Siffleur. On dit qu'ils ont le meilleur de la ville.

Elle arrivait de mieux en mieux à tenir ses phrases face aux inconnus, même si elle continuait à prendre des pauses stratégiques. La parole lui venait plus naturellement néanmoins. Finalement, parler, c'était un peu comme chanter, sauf que la voix gardait un ton et qu'on n'allongeait moins souvent les syllabes si ce n'était pas nécessaire. Son sac se balançait contre elle au rythme de ses pas. Elle n'aurait jamais cru être si contente de sentir ce contact.

Ils marchèrent quelques minutes, revenant au milieu de la foule. Elle guida l'homme à travers les ruelles, moins bondées. Elle avait appris à les emprunter assez vite, sa légère peur de la foule jouant beaucoup là-dedans. Et de toute façon, ces ruelles-là étaient empruntées et empruntables ; pas plus dangereuses que l'allée principale. Ils finirent par arriver à la taverne, et elle se souvint soudain sa rencontre avec Dylan. Là encore, elle s'était montrée imprudente, mais l'élève Académicienne avait tenu les hommes à distance.

Elle poussa la porte, de l'épaule, et s'approcha de la table où elle avait l'habitude de s'installer. Les paroles, les rires, les chants s'élevaient de chaque endroit de la taverne à l'heure actuelle. L'ambiance était assez chaleureuse, en début d'après-midi, puis sourit à l'homme.

- Au fait, vous vous appelez comment ? Moi c'est Lehya.



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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Mar 6 Jan 2015 - 14:12

Ils s'assirent à une table du Dragon Vert, lieu où il s'était déjà rendu, bien évidemment. Quel meilleur endroit pour se faire son petit marché qu'une taverne emplie de gens alcoolisés ? Kay prenait plaisir à observer ces pauvres âmes qui allaient finir par se faire dérober leurs biens. Inévitablement. Pourquoi ne pas s'en faire un petit terrain de jeu ? Après tout, même lui avait besoin d'argent pour survivre. Faire les poches des gens le lui donnait. Ses gros coups étaient bien plus pour son propre égo que pour autre chose. Bon... pour l'argent aussi, mais son égo y était pour beaucoup.

- Mon nom entier est bien trop compliqué et à vrai dire, je ne l'aime pas vraiment. Mais tu peux m'appeler Kay.

Lehya. Ca sonnait faël.

- Attend-moi là, je vais chercher de quoi nous rafraîchir.

Sa chaise racla le sol dans un bruit sourd, quelques têtes se tournèrent. Ses longues dreads courant dans son dos, ses bras nus mettant en évidence son tatouage, ses étranges boucles d'oreilles – pour un homme, rien de plus étrange – et ses perles dans sa barbe. Que de détails qui attirent l'attention, qui le fait vite devenir le centre d'attention. Et son sourire se glisse sur ses lèvres.
L'illusionniste s'approcha du bar déjà plein à craquer d'hommes venus étancher leur soif – ou boire au-delà de la raison – et s'accouda nonchalamment. Il jeta un coup d'oeil rapide et discret à ceux qui l'entouraient avant de prendre la parole.


- Toujours du monde, hein, Elric ?

- Ah, les affaires marchent, que veux-tu. La même chose que d'habitude ?

Bien évidemment, il connaissait déjà le propriétaire des lieux. Il lui avait servi son masque de gentillesse agrémenté d'un peu de désinvolture. Tout ce qu'un barman pouvait apprécier chez un client. Et bien sûr, sa présence presque certaine tous les soirs. Nouveau, personne ne le connaissait ni de loin ni de près, il allait être plus malin que lors de ses autres passages dans les villes. Il ne s'attaquerait plus aux bandes. Ou alors plus discrètement. Disons qu'il n'était plus ce gamin prétentieux – bon il était encore prétentieux, mais plus gamin – et l'âge lui avait appris des choses qu'il ne connaissait pas à l'époque. Ses voyages lui avaient été bénéfiques.
Lissant sa barbe distraitement, il retourna son attention sur Elric.


- Non, deux laits de siffleur pour cette fois.

Surpris, l'homme jeta un oeil vers la table d'où venait l'illusionniste. Il haussa les sourcils.

- Que nous as-tu ramené ? C'n'est pas une place pour une demoiselle comme elle.

- Contente-toi de me servir ces deux laits de siffleur.

Le barman s'exécuta, pensif. Une fois les chopes en main, Kay prit le chemin le plus rapide pour atteindre la table où la petite chanteuse l'attendait. Le ligne droite. Ignorant les regards qui le suivaient, les murmures qui les accompagnait, il faisait tout pour être remarqué. Quelques secondes, il fut assis et tendait la chope à la jeune fille. Un sourire aux lèvres. Non pour elle, mais pour lui. Ses poches étaient remplies de petits trésors.
Poussant le petit pin faël sur le côté de la table, il posa sa chope et observa la jeune fille.


- Bon, autant faire connaissance le temps d'un lait de siffleur.

Faire connaissance ou prendre des informations pour son propre profit.

- Racontes-moi un peu comment tu t'es retrouvée dans cette grande ville ? Ce que tu y fais ? Une jeune fille comme toi ne dois pas être seule ici, je me trompe ?


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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Sam 7 Fév 2015 - 15:15

Le dénommé Kay s'éloigna de la table pour aller commander et Lehya croisa ses bras contre elle, gardant tout de même ses béquilles à portée de main au cas où. Elle baissa le regard, fixant la table de bois, essayant toutefois de ne pas trop se couper du monde extérieur. Elle aimait bien se retrouver elle-même, mais lorsqu'elle était seule, que personne ne pouvait venir l'ennuyer. Elle regardait les blessures subies par le bois, entre les poignards qui s'étaient plantés, les taches dues aux boissons renversées ou à la nourriture qui tombait de l'assiette, les petits trous dus sûrement à des fourchettes aux mains de personnes énervées ... Elle n'aimait pas vraiment se retrouver ici, même si elle y était déjà venue. Elle préférait l'atmosphère plus douce et studieuse d'Eoliane, ou l'ambiance chaleureuse et agitée de la ferme. Loin des hommes qui se retrouvaient souvent ici, des femmes qui servaient, des enfants que l'on entraînait à voler.

Les murmures, plus forts de seconde en seconde, la firent relever la tête. Kay revenait, les deux choppes à la main, provoquant donc les commentaires sur son passage. Elle ne savait pas à quoi cela pouvait être dû. Il avait une apparence étrange, itinérante, et traînait avec elle. Ou alors simplement le fait qu'il semblait se pavaner, cherchant à attirer les regards. Elle soupira doucement, puis se redressa pour sourire à son vis-à-vis qui s'installait et poussait une choppe de lait de Siffleur vers elle. Il proposa de faire connaissance et elle se contente de hocher la tête pour approuver. Elle but une gorgée pendant qu’il posait ses questions. Trois d’un coup. Et bien ...

- Je suis une Rêveuse. Je me spécialise dans le soin des animaux, et ... et je suis venue étudier dans une ferme de la périphérie. Je ne suis pas seule, donc, en effet.

Elle avait encore coupé une phrase. L’endroit l’intimidait un peu. Le fait que son interlocuteur soit fixé l’embêtait aussi. Lui, pourtant, semblait s’en ficher, et mieux s’en amuser. Elle tenta de s’empêcher de penser qu’il y avait d’autres personnes et de porter son entière attention sur Kay et sur sa choppe de lait. En y retrempant les lèvres, elle dut tout de même s'avouer qu'en effet, il était très bon ... Peut-être que le tenancier y ajoutait un ingrédient secret ? Et alors qu'elle suivait déjà les chemins de son imagination, elle se reprit et regarda à nouveau l'homme.

- Et vous ? Qu'est-ce qui vous a attiré à Al-Poll ?

Beaucoup de choses pouvaient en être à l'origine ; la montagne, le frisson du voyage, la vente de marchandises venant de loin et s'arrachant pour plusieurs pièces ... Cela dit, cette dernière hypothèse ne lui semblait pas convenir, car bien que l'homme ait l'air d'un itinérant avec son oreille percée et ses cheveux coiffés d'une manière particulière, il paraissait évident à Lehya qu'il ne venait pas commercer. Elle n'aurait pas su dire ce qui lui laissait cette impression mais ... c'était ce qu'elle pensait, il n'y a rien à ajouter. Alors le voyage peut-être. Elle attrapa sa choppe, la faisant tourner entre ses mains, sans y toucher, attendant simplement la réponse de Kay. Puis une question lui vint en tête, et elle la posa sans attendre, interrompant l'homme.

- Au fait, vous êtes déjà venu ici ? J'ai eu l'impression que vous connaissiez le barman ...

Elle avait un peu froncé les sourcils, comme elle le faisait lorsqu'elle réfléchissait. Pourtant, elle avait bien eu l'impression de le conduire, et qu'il la suivait, dans les ruelles. Peut-être ne connaissait-il simplement pas ce chemin ... Même si elle n'avait pas eu beaucoup de mal à le trouver, il n'en était pas forcément de même pour les autres. Elle détendit sa main, qu'elle avait crispé par automatisme sur sa choppe.



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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Dim 1 Mar 2015 - 22:42

Une rêveuse. Intéressant. Kay possédait le don, mais ne savait pas dérouler les mêmes rêves que ces idiots terrés dans les Confréries. A avoir peur du monde extérieur. Disons que son rêve à lui était spécial. Plus... mortel ? Il ne savait pas soigner. Son maître n'avait pas eu le temps de lui apprendre l'art complexe des soins. L'illusionniste ne faisait pas bien souvent usage de son don, et pour cause. Il n'aidait pas les autres, alors à quoi bon savoir dérouler un rêve. Et les seuls qu'il connaissait n'étaient utiles que lors de certaines circonstances. Lesquelles étant évitées depuis quelques années déjà.
Une rêveuse... L'homme pensait depuis peu à compléter sa palette d'illusionniste. Pourquoi ne pas rajouter le rêve à celle-ci ? Cet art pourrait bien s'avérer un jour utile. Rien que pour en apprendre davantage sur le corps humain. Il en savait énormément, mais avait appris seul. Quelques détails lui échappaient sûrement.

Kay ne répondit pas aux questions de la jeune fille. Lehya, de son nom. Il l'avait oublié pendant quelques secondes. Nous disions donc qu'il ne répondit pas à une seule des questions de Lehya, trop absorbé par quelques uns de ses mots.


- Le soin des animaux ? Quelle drôle d'idée. Comment t'es donc venu cette idée ?

Penché en arrière, son lait de siffleur dans une main et l'autre caressant sa barbe, il écouta attentivement la réponse de la rêveuse aux yeux de chat. Hochant de la tête, il se surprit à être soudainement intéressé par ses études.

- Eh bah ! J'espère en savoir plus sur tout cela !

Flocon remua sous le chapeau de l'illusionniste, se mit dans une position plus confortable au creux de ses dreads. Il se ferait vieux un jour, il mourrait avant Kay. Et ce dernier refusait cette évidence. Et cette jeune fille étudiait les soins des animaux... Quelle coup de veine !
La jeune fille semblait perturbée par les regards curieux qui étaient lancés dans leur direction. Pourquoi ? Bon... Kay savait pertinemment qu'il n'était pas donné à tout le monde de pouvoir ignorer les autres comme il le faisait. Enfin... Il ignorait leurs regards mais faisait tout pour les attirer. L'arnaqueur était un mystère à lui tout seul. Un mélange d'étrangeté et de bizarrerie.


- Oh, pardon, j'en oublierais presque que lorsque l'on fait connaissance on le fait à deux, milles excuses.

L'illusionniste avait réellement oublié qu'elle lui avait posé des questions...

- Eh bien, c'est une drôle de coïncidence, mais je suis, comme toi, un rêveur. A une petite différence près, car je ne vis pas dans une Confrérie. Il y a des années, oui. Mais plus maintenant, plus depuis longtemps. A vrai dire, je me définirais comme un rêveur itinérant, passant chez qui en a besoin pour soigner les plus démunis. Je suis donc à Al-Poll comme j'étais à Al-Far, à Al-Chen ou à Al-Vor.

Et elle l'interrompit. Cette petite prenait un peu plus confiance ! Bien, même très bien.

- Si j'ai déjà vu cet homme ? A plusieurs reprises, oui. Elric est un homme bon, nous avons beaucoup discuté et il m'offre parfois quelques repas. J'ai souvent de la peine à faire payer mes patients, je ne fais pas cela pour l'argent, je ne croule donc pas sous l'or.

Mensonges, mensonges et mensonges. Kay était un comédien hors-pair, la fille n'y voyait que du feu. Bien évidemment, Kay n'était pas réellement le genre de rêveur qu'elle pensait et il n'aidait pas les démunis. Il avait encore moins tapé la causette sobre à Elric et possédait quelques petits pactoles bien planqués.

- Mais je ne m'en plains pas ! C'est la vie que j'ai décidé de mener et elle me plait.

Longue gorgée de lait de siffleur. L'illusionniste aurait préféré opter pour un alcool, mais son masque était posé. Il ne pouvait plus en changer.





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MessageSujet: Re: Chantons, Faëls... [Terminé]   Lun 23 Mar 2015 - 18:01

Alors qu'elle répondait aux questions de l'homme, et en posait à son tour, lui ne parlait plus. A vrai dire, il semblait songeur, et Lehya se demanda ce qu'il pouvait bien se passer dans sa tête. Cet homme était loin d'être commun … Mais cela attisait quelque peu la curiosité de la jeune rêveuse. Elle qui était habituée à traiter avec toutes sortes de patients, elle n'avait pourtant jamais rencontré quelqu'un d'à la fois si extravagant et si … mystérieux. C'était comme une aura autour de lui, et elle n'aurait pas vraiment su l'expliquer. Peut-être était-ce le fait qu'il ait finalement choisi d'aller récupérer son sac, ou celui qu'il connaisse sa chanson, ou encore le fait qu'il semble se moquer des regards qu'il entraînait … ou tout ça à la fois. Elle fit tourner le reste de lait dans sa choppe, machinalement. Il refroidissait, et elle n'aimait pas le lait froid. Lehya fut presque surprise lorsque son interlocuteur reprit la parole. Il semblait s'être figé comme une statue et elle s'était presque attendu à ce que ce soit vraiment le cas.

- Pourquoi les animaux ? Euh … Cette question la prenait au dépourvu, en fait. Peut-être parce que … je ne m'entends pas très bien avec les humains. Et puis, il faut bien que l'on s'intéresse aux bêtes. Elles sont tellement précieuses. Certaines deviennent mêmes des amies.

Elle lança un regard vers le chapeau vivant de Kay, un léger sourire aux lèvres. Il levait d'ailleurs ses oreilles, comme si la conversation l'intéressait. En tout cas, l'homme semblait plus ou moins intéressé également, puisqu'il déclara vouloir en savoir plus. Elle se contenta de sourire, attendant à présent que ce soit lui qui réponde à ses questions. Et à sa grande surprise, il se révéla que cet homme était rêveur également. Un rêveur « itinérant » ce qu'elle avait déjà plus ou moins compris à son allure.
Elle referma la bouche qu'elle avait ouverte d'étonnement, tout en continuant à l'écouter. Elle n'aurait jamais deviné ça … Elle l'aurait plutôt vu « simple » itinérant ou marchand extravagant … intéressant comme l'on pouvait être trompé facilement par une apparence ! Et il voyageait donc dans les villes … Lehya se rappela vaguement de son long voyage à travers Gwendalavir ; elle avait fait du mieux qu'elle pouvait pour soigner ceux qu'elle voyait, même si personne n'avait pu la guérir elle avant que sa jambe … elle réprima un frisson. Elle préférait ne plus penser à ça.

Puis, un froncement de sourcil plus tard, elle l'interrogea sur le fait qu'il connaissait le tavernier. Elle avait pourtant cru comprendre qu'il ne connaissait pas la ville. Mais après tout, ce n'était pas étonnant qu'il soit déjà passé par ici. Il lui raconta qu'en effet, il venait souvent ici, et qu'on lui offrait des repas … Elle ne se serait pas attendu à tant de générosité, à vrai dire. Mais après tout, ce n'était pas ses affaires, elle ne traînait pas dans ce quartier-là d'habitude. A vrai dire, elle ne traînait pas du tout, d'habitude. Elle préférait rester à la ferme, avec les animaux, enveloppée dans une douce quiétude.

Elle termina le reste de sa choppe d'un trait, avant que la boisson ne devienne vraiment trop froide.

- Venez manger à la ferme, un de ces jours. On n'est pas très riches non plus, mais on accueille assez souvent des voyageurs. Parce que tout le monde a besoin de se sentir entouré de temps en temps, finit-elle sur un sourire.

Malgré tout, l'heure tournait, et la farine serait sans doute bientôt prête. Elle pouvait la récupérer n'importe quand, mais elle n'aimait pas faire attendre – et inquiéter, par le même coup – Madame Tomas. C'était une femme vraiment maternelle, aux petits soins pour les habitants de la ferme, mais elle avait aussi tendance à se faire beaucoup de soucis pour tout le monde. Lehya attrapa ses béquilles, prête à se lever.

- Je dois rentrer, sinon ils vont s'inquiéter … On se verra peut-être une autre fois.

Elle sourit, d'un sourire d'au revoir, avant de se diriger vers la sortie de la taverne. Elle se tourna une dernière fois pour regarder l'homme qui déjà semblait s'intéresser à autre chose. Il était vraiment bizarre. Elle soupira, pensant déjà à tout ce qui l'attendait pour cette fin d'après-midi, puis partit, se concentrant sur ses tâches.



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