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 Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.

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Maître Marchombre
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MessageSujet: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Ven 18 Juil 2014 - 2:05


Quelle belle route que celle sur laquelle il marchait, tranquillement, au pas. L'herbe y était bien verte, les plaines longues presque à perte de vue. On voyait au loin un grand lac et quand il disait grand c'est qu'il était vraiment immense. Genre gigantesque. Tellement que les maisons, manoirs et entrepôts qui le longeaient semblait ridiculement petite à côté. On apercevait d'ailleurs une agglomération d'habitations qui tentait vainement de surpasser la taille du lac. Mais il n'allait pas vers cette ville. Non, son maître en avait décidé autrement. Il se dirigeait vers un manoir en bordure du lac, il y était déjà venu... Plein de fois, il ne les avait pas comptés. En fait, il ne savait pas compter... C'était vraiment trop... Fatiguant de compter. Lui, il marchait seulement, tranquillement, avec calme et douceur. Car c'était ce qu'il était. Il était Quiet avec sur son dos Arro.

Un autre cheval les suivaient. C'était Brume, monter par Ichel. Elle le suivait depuis l'Académie de Merwyn jusqu'à Al-Chen. Elle ne savait pas pourquoi il l'emmenait là-bas, seulement que c'était pour un cours. Bien sûr, comme le voyage a été long, ils ont eu le temps de faire des tas d'entraînement. Mais apparemment, ce qui l'attendait dans les environ de Chen était différent. Et c'était tout ce que lui avait dit son maître.

Arro lui savait tout... Et il attendait avec impatience ce que ça allait donner. Il savait que ce serait une bonne tranche de rire qui durera plusieurs jours. Et franchement, il avait hâte. Juste pour voir la tête de son apprentie quand elle saurait ce qu'il avait prévu. Juste pour la voir faire tout ce qu'il avait déjà enduré. C'était un plan démoniaque... Mais nécessaire.

Enfin, ils arrivèrent devant les portes d'un manoir. Il était plutôt simple, dans un bois marron foncé. Sur les deux bords, on y trouvait deux tourelles. Le toit était en ardoise noire. Les fenêtres étaient surmontées par de jolie sculptures représentant des loups. D'un mouvement théâtrale, Arro présenta la place :


-Bienvenue chez les Skil'Liches.

C'était la première fois qu'il amenait Ichel ici, dans la maison qui l'a vu grandir. Dans ce manoir qu'il connaissait par coeur. Ils laissèrent les chevaux à l'écurie puis passèrent la porte. Derrière elle se tenait les parents ainsi qu'Alfred.

-Et bien, Ichel, tu connais déjà mon père. La charmante dame à son bras, tu l'auras deviné est ma mère. Freccia. L'homme que tu vois là, toujours aussi net que droit, c'est Alfred. Il s'occupe de tout. Si tu as un quelconque besoin, tu peux lui demander. C'est un homme de confiance.

Il gratifia le majordome d'une tape sur l'épaule et d'un signe de tête. Il enlaça ensuite son père et sa mère en guise de bonjour.

-M'man, je te présente Ichel Calwin. Mon apprentie dont je t'ai déjà parlé.

Avec toute la grâce d'une noble, Freccia s'avança vers la Kaelem. Elle la regardait d'un air à la fois tendre et doux. Mais elle avait cette lueur qui pouvait aussi faire penser qu'elle jaugeait la Kaelem.

-Bienvenue Ichel. J'ai fait préparer une chambre pour toi, tu peux y monter tes affaires. Nous servirons le dîner un peu plus tard. J'enverrais mon fils te chercher. En attendant, je dois m'entretenir avec lui.

Laissant l'apprentie monté les étages, guidée par Alfred, Arro et Freccia disparurent dans la bibliothèque.

Une dizaine de minute plus tard, le maître marchombre toqua à la porte d'Ichel pour presque immédiatement y rentrer. Il jeta un coup d'oeil aux alentours. La Kaelem avait déjà rangée ses affaires, son Luth trônait dans ses bras. Elle devait être en train d'en jouer.


-Je vois que tu t'es bien installée. Allez, hop, on descend pour le dîner.

Bien sûr, le repas fut plutôt copieux. Après tout, c'était la première fois que les Skil'Liches recevaient Ichel. C'était comme une nouvelle venue dans la famille, alors ça se fêtait un peu. Le repas fut plus que joyeux. Tout le monde discutait, buvait, mangeait. Bref, c'était la joie. Lorsque tout fut terminé, Freccia regarda Arro et son apprentie. Doucement elle dit.

-Vous feriez mieux d'aller vous coucher vous deux. Demain sera une longue et dure journée... Surtout pour toi Ichel.

Sans contredire les paroles de sa mère, Arro se leva et entraîna la jeune demoiselle avec lui.

Le lendemain matin, aux aurore, le maître marchombre fit lever son apprentie. C'était à dire qu'il rentra délicatement dans sa chambre, un couvercle de marmite dans une main, une louche dans l'autre. Il cogna fortement les deux l'un contre l'autre pour créer un bruit si discordant que la jeune fille ne put que sursauter dans son lit.


-Allez ma grande, le cours que je t'ai promis va commencer. Et je te préviens, ça ne va pas être facile !

Laissant la jeune demoiselle s'habiller, il l'attendit dans le salon. Lorsqu'en fin elle descendit, semblant déborder d'impatiente, Arro l'amena dans la salle de réception où ils retrouvèrent Freccia.

-Bien, comme tu le sais, un marchombre doit s'adapter à toutes les situations. Et quand c'est toute... Cela veut dire les pires. Et donc pour parfaire ton éducation, tu vas apprendre à te comporter comme une noble.

Voyant l'air effrayé de la petite fille, le marchombre eut un immense sourire.

-Je te laisse au bon soin de ma mère. C'est elle qui va tout t'enseigner... Comme elle l'a fait pour moi d'ailleurs.

Coupant la parole à son fils, Freccia reprit :

-Effectivement, une longue période pour inculquer un semblant de courtoisie à ton cher maître. Ce fut... infernal. Enfin bref, je vais t'apprendre à te laver, te coiffer, te parfumer, te maquiller, à danser, manger, parler, le tout, comme une noble. Sache que tu n'es peut-être pas très nette, ma mignonnette, mais, crois-moi, j'ai vu pire.

Elle lança immédiatement un regard plein d'éclair à Arro qui rigolait doucement. Arrêtant immédiatement sa rigolade, il dit à son apprentie :

-T'inquiète ma grande, si t'arrive à endurer les premières étapes, je peux te jurer que la dernière va te plaire. Parler comme une noble... C'est juste magnifique. Tu comprendras. En tout cas, je resterais là pour te supporter psychologiquement.

Il lui décocha son sourire narquois et attrapa un bol qui traînait remplit de fruit sec. Il en attrapa un et regarda le cours commencer.



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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Dim 20 Juil 2014 - 17:13

Le manoir... Skil'Liches ? Ichel savait que son maître était issu d'une famille noble – elle l'avait déduis de sa particule – mais ne se doutait pas qu'il l'était à ce point. Un manoir ? Un manoir avec tout ce qu'il contient ! Simple pour n'importe quel noble, il paraissait énorme pour la jeune femme. Elle n'avait jamais mis les pieds dans un de ces bâtiments, elle ne savait pas à quoi s'attendre. Des objets d'or sertis de pierres ? De l'argenterie à en perdre la tête ? Des serviteurs dans tous les coins ? Non. Tout ceci ne ressemblait pas à son maître, rien de cela ne lui ressemblait. La marchombre n'avait jamais connu que la facette du maître, du marchombre, pas celle du noble qui se cachait derrière son nom. Ce manoir... Il devait se jouer d'elle, ce n'était pas possible autrement.

Mais le manoir était bel et bien réel. Appartenait-il réellement à la famille d'Arro ? Ou se moquait-il d'elle ? Dans les deux cas, sa grande silhouette était impressionnante. Ichel ne pouvait s'empêcher de le décortiquer du regard alors que Brume suivait Quiet sans aucune perturbation.
D'une couleur sombre plutôt attirante, entouré de deux grandes tourelles, elle se surprit en train d'admirer le travail des bâtisseurs. Taillé de telle sorte qu'il donne une impression de splendeur, de grandeur, il ne paraissait pas le moins du monde petit malgré sa taille évidente. Les sculptures... Des loups, forts et puissants dans leurs allures. De quoi laisser de marbre n'importe quel visiteur. Un manoir simple, pourtant, il impressionnait la jeune femme. Elle se sentait ridiculement petite.

Plus ils avançaient vers les portes, plus la kaelem était convaincue. C'était le manoir Skil'Liches. Aucun doute là-dessus. Ils laissèrent Quiet et Brume aux bons soins d'un jeune homme dans les écuries et la kaelem n'eut d'autre choix que de se laisser conduire par Arro qui arborait un sourire radieux.
Ils passèrent enfin la porte d'entrée. Elle s'était préparée à ne pas savoir où regarder, à tourner des yeux ronds dans une pièce gigantesque, mais cela fut tout autre. Trois silhouettes les attendaient, droits. Ses yeux habitués à la lumière du jour durent attendre quelques secondes pour s'habituer à la demi-obscurité de la pièce. Ichel reconnut une silhouette. Pfeil, le père de son maître. L'homme qui lui avait fait passer son Ahn-Ju. Un demi-sourire illumina le visage de l'apprentie. Elle l'appréciait. Son sourire s'éteignit alors lorsqu'elle vit la femme à son bras. Belle, resplendissante, elle respirait la grâce. A leurs côtés, un homme, Alfred. Ichel se sentit soudainement mal à l'aise. Ce n'était pas sa place... Elle n'avait rien à faire dans un tel endroit. La première pensée qu'elle eut fut de s'enfuir à grandes enjambées pour rejoindre Brume dans les écuries.
Ils ne venaient pas du même monde, ils n'avaient pas la même vie. Ichel était orpheline, avait toujours vécue entre deux murs pourrissant avec les années. Toujours deux bêtes à ses côtés, elle avait perdu son frère. Fille des rues, elle avait sans cesse dû se battre pour rester en vie. Bien trop tôt. Tout le contraire de son maître, apparemment.

Aucun aprioris, aucune envie. Si elle devait recommencer une nouvelle vie, elle ferait sans aucun doute les mêmes erreurs. Les mêmes choix. Et une chose l'empêchait de voir quelqu'un d'autre en l'homme qui se tenait à ses côtés que son maître.
Ils avançaient sur la même voie. Noble ou roturier, ils possédaient les mêmes idéaux. Ils étaient marchombres. Même si ce manoir la déstabilisait, même si elle découvrait une nouvelle facette de son maître qu'elle n'aurait jamais imaginé, il restait qui il était. Ils restaient marchombres, évoluant sur la même voie.

Mais la jeune femme restait perdue et mal à l'aise malgré toutes ces pensées qui trottaient dans sa tête.


- Merci beaucoup, je suis heureuse de vous rencontrer enfin.

Arro est si improbable comme garçon que j'étais curieuse de voir à quoi ressemblait sa mère.

En temps normal, cette remarque serait sortie de sa propre bouche, mais elle resta coincée dans son esprit. Elle était impressionnée par la prestance et le maintiens de la dame.
Soudain, Alfred lui fit signe de le suivre. Bouche cousue, Ichel suivit l'homme alors que la mère disparaissait avec son fils. Les couloirs défilèrent devant ses yeux, les loups se mêlant à la décoration de milles façons. Ne croyez pas que les découvertes de la marchombre s'arrêtèrent là. Ce fut bien pire encore lorsqu'elle découvrit la chambre que Freccia lui avait fait préparer. Plus grande que tout ce qu'elle avait pu avoir, au centre de la pièce trônait un immense lit. Si Alfred n'avait pas été encore dans les parages, elle se serait jetée dessus avec plaisir.


- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez.

Et il disparut aussi simplement qu'un courant d'air. Elle se retrouvait seule. Tournant sur elle-même, elle perdait ses moyens dans cette chambre bien trop grande pour elle seule. Pourtant, elle rangea ses maigres affaires dans les tiroirs qu'elle trouva. Que pouvait-elle faire, maintenant ? Au milieu de cette pièce ? Elle s'échoua sur le lit, perdue. Sa main rentra en contact avec un objet posé à côté d'elle.
Sourire aux lèvres, elle se releva et sortit son luth. Un reperd dans tous ces événements soudain. Ses doigts caressèrent les cordes, elle était déjà plus sereine. Sa main gauche se positionna sur le manche, ses doigts dans un accord de sol. Sa main droite hésitait. Quelques secondes. Pas une de plus.
Sa musique emplit alors l'espace. Elle en oublia où elle se trouvait, son malaise fila hors d'elle. Pour quelques minutes seulement. Quelqu'un toqua à sa porte, Arro entra. Elle lui sourit.


***

Ichel sursauta dans son lit, décollant de son matelas, prête à se défendre. Seulement, ce n'était pas une attaque, mais simplement son maître qui la réveillait “doucement“. Un couvercle de marmite dans une main et une louche dans l'autre. Elle se retint de lui balancer un coussin dessus, elle avait hâte de commencer le cours de la journée et ne voulait pas engendrer une bataille de polochons. S'habillant en vitesse, elle attacha sa crinière – sans les brosser, sinon elle se verrait affublée d'une magnifique coupe afro – et se précipita dans le salon où le marchombre l'attendait. Etonnement, ils rejoignirent sa mère dans la salle de réception.

Soudain, Arro parla. Pour l'instant, tout paraissait normal, un cours comme les autres. La seule présence de Freccia troublait l'apprentie. Les paroles de son maître brisèrent ses pensées. Apprendre à se comporter comme... une noble ? Etait-il sérieux ? Ichel s'était tournée vers son maître, vive. Toutes les dents de ce dernier étaient alignées en un sourire. C'était dont cela. Ce n'était pas lui, mais sa mère qui allait lui apprendre à se comporter comme... une noble. Ne vous fourvoyez pas, la kaelem n'avait rien contre les nobles. Seulement, n'avait-elle pas d'autres choses plus importantes – et surtout plus intéressantes – à apprendre ? Que de savoir quel couteau utiliser pour couper sa viande ? Quelle lotion utiliser pour rendre ses cheveux plus brillants ?

Freccia coupa alors la parole à son fils, ce qui fit sourire la jeune marchombre de l'intérieur. Extérieurement, sa tête n'affichait qu'une mine déconfite lorsqu'elle entendit les projets de Dame Skil'Liches pour sa pauvre personne.
Pas très nette ? Ichel se sentit soudainement offensée. Comment cela, pas très nette ? Certes, elle était loin d'être un modèle de beauté, mais tout de même ! Et puis... apprendre à se laver, à se coiffer... Elle savait parfaitement faire cela !
La journée promettait d'être longue... très longue... Si ce n'était qu'une unique journée ! Car après tout, ils ne s'étaient pas déplacés ici pour un jour unique. Elle sentait qu'elle allait passer un agréable moment... Il fallait qu'elle fuit le plus vite possible pour aller faire quelque chose de plus constructif. Elle se faufilerait à travers les mailles du filet lorsque le moment serait opportun.


- Eh bien... Je n'crois pas que j'ai le choix, donc bon... Allons-y !

Raaaaaaah vous me le payerez, maître ! Croyez-moi !

Freccia emporta soudain la kaelem par le bras. Quelques minutes plus tard, elles se retrouvèrent dans une salle d'eau apparemment prête depuis quelques heures à l'emploi. Ils avaient tout prévu... Des bouteilles de parfums, des lotions, des brosses – elle n'en avait jamais vu autant – des linges, des savons et j'en passe. Elle découvrait le monde merveilleux de Loeva. Le monde dans lequel elle se plongeait tous les matins, celui qu'Ichel ignorait et trouvait inutile.


- Commençons par la toilette. Déshabilles-toi.

Elle ne passait pas par quatre chemins, la mère Skil'Liches. Et elle avait ce petit quelque chose que l'apprentie reconnaissait. Dans son regard. Le même que son fils. Cette petite chose qui empêchait la jeune femme à aller à l'encontre de sa demande – de son ordre ?... – . Ichel ôta ses vêtements, sans aucune pudeur.








[ Si un soucis, j'édite Naif Ce rp promet *.* ]


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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Mer 23 Juil 2014 - 3:34


C'était plaisant pour notre ami marchombre de voir que sa mère n'avait pas perdu ses capacités d'enseignante. Elle arrivait à imposer le respect dans ses moindres paroles. Certain avait dit à Arro qu'il en avait hérité un peu, mais il avait du mal à lui croire, au vu de la tête brûlée qu'était son apprentie. Ichel avait suivi sa mère sans trop se plaindre. Ce qui semblait louche.

Les deux femmes laissèrent le maître marchombre seul dans la salle à grignoter ses fruits secs. Freccia ordonna à la jeune demoiselle de se déshabiller pour commencer la toilette, ce qu'elle fit immédiatement. Parfait. Elle l'observa un instant, c'était évident qu'Ichel était marchombre. Pour une femme qui en as pour maris et pour fils, elle savait reconnaître les typiques musculatures d'un chevaucheur de brume. Elle lui pria d'entrer dans la baignoire et la leçon put démarrer.


-Apprend que se laver est une des étapes les plus importantes pour... Comment mon fils le formulait ? Ah, oui, « la conversation à caractère noble »... Ce qui n'est pas loin de la manipulation.

Voyant l'air étonné d'Ichel quand elle entrait dans son bain, elle s'expliqua.

-Lorsque l'on est propre, il est simple d'entamer une conversation et d'y partager ses idées. Lorsqu'on est parfumé, il est encore plus aisée de ranger les gens de notre côté. Et lorsqu'on est maquillé, coiffé avec perfection, je te laisse imaginer ce qu'il est possible de faire.

Tendant un gant de toilette ainsi qu'un savon à la jeune élève, elle continua sa leçon.

-Mais, cela ne marchera qu'avec une parfaite osmose de chaque étape. Une... Harmonie, comme disent les marchombres, c'est ça ?

Un petit sourire. Maintenant, elle savait géré ces petites teignes soient disantes mystérieuses. Il suffisait juste de parler la bonne langue.

-L'important dans la toilette, c'est de se laver. Évident, non ? Mais là où se cache le secret d'un bon bain, c'est dans le savon. Il faut qu'il te nettoie de tout. Qu'il laisse juste l'odeur de ta peau et non celle de la poussière. Ceux qui te diront que ton savon doit aussi te parfumer sont des idiots. Le parfum vient après et doit s'accorder avec ta propre effluve. C'est crucial. Je te conseille donc les savons sans odeur, comme celui que tu tiens en main.

Elle invita Ichel à sentir le cube qu'elle avait dans les mains.

-Bien sûr, ce n'est que le tiers de la toilette, la deuxième partie concerne l'outil pour se nettoyer. Ici, je t'ai fournis un gant plutôt spécial. Il a un côté rêche et un côté doux. Chacun ayant son utilité, l'un décrassera chaque pore de ta peau, l'autre permettra par la suite d'apaiser et d'adoucir. On commence par le rêche puis on finit par le doux.

D'un signe de tête, elle intima à la demoiselle de commencer sa toilette. Apparemment, la jeune fille savait au moins se servir de ce qu'elle avait dans les mains. Et n'essayait pas par-dessus tout de renverser l'eau que contenait la baignoire. Elle roula un peu les yeux en se souvenant de ce que son fils lui avait fait vivre, puis montra à la marchombre des gestes pratiques pour frotter le corps.

-Le dernier tiers, pour former le tout, est les cheveux. Il ne faut jamais laver ses cheveux avec le même savon que pour la peau. Dans ce cas-là, on en utilise un plus doux, moins agressif pour le cuir chevelu. Souvent tu trouveras du GwenDop savon liquide, conservé dans ces petites poches en cuir.

Elle échangea une de ces outres contre le savon dur.

-Et là, rien n'est mieux que ses propres doigts pour appliquer le savon. Mais, n'y allons pas trop vite. Il faut prendre son temps et masser la tête. Cela te permet autant de bien faire pénétrer le savon que de te détendre.

Freccia commença par frotter les cheveux de la jeune femme. Tachant de lui montrer les massages simples. Puis elle la laissa continuer toute seule. Le rinçage fut l'étape la plus simple de toute, vu qu'il s'agissait seulement de se passer de l'eau sur tous les endroits couverts de savon. Une fois la toilette terminée, elle fit sortir Ichel du bain et lui montra deux serviettes, une douce et l'autre sèche.

-Bien se sécher est important aussi. Si l'on utilise une serviette trop rêche, comme celle-ci, l'effort que tu as pris à rendre ta peau douce serait ruiné. C'est pour cela qu'il faut toujours veiller à garder sa serviette douce. Retient bien ça. C'est toujours mieux pour plaire d'avoir une peau douce et belle que rougit et sèche.

Elle tendit donc la bonne serviette pour que la demoiselle s'y sèche. Ensuite, elle l'emmena devant une coiffeuse. Un miroir reflétait les visages des deux femmes. Freccia tendit une brosse dans les mains de l'apprentie de son fils.

-Passons à la coiffure. Elle se passe en deux étapes, la première avec cheveux mouillés et la deuxième avec cheveux sec. Je pense que la première tu la connais déjà... Sinon tes cheveux serait dans un état vraiment déplorable. Il s'agit juste de passer la brosse pour enlever les noeuds. Bien, je te laisse faire.

La regardant utiliser l'ustensile de façon efficace, elle souffla un peu. Heureusement, Ichel était une vraie fille qui savait un peu s'occuper d'elle. Heureusement, elle n'était pas comme son fils au début. Lorsque la chevelure fut enfin passé au peigne fin, enfin à la brosse fine, Freccia emmena la jeune demoiselle devant une étagère remplit de fiole en tout genre.

-En attendant que tu sois totalement sec, je veux que tu choisisses un parfum. Personne d'autre que toi ne pourra le faire. Il faut que ça corresponde à ta personnalité et la plupart du temps, cela s'accorde naturellement avec ton odeur corporelle. C'est étrange comme la nature peut être bien faite, n'est-ce pas ?

Pendant que la marchombre choisissait avec beaucoup d'attention, la maîtresse de maison préparait la suite, l'habillage.

[HRP : En espérant que ça te plaira hug Sinon ! J'ai enfin la couleur de Freccia : c'est maroon ! Si tu veux l'utiliser xD Aller gros bisous et bonne vacances hug ]



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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Mar 19 Aoû 2014 - 0:31

La manipulation ? Ce mot lui parlait bien plus que “conversation à caractère noble“. Freccia allait-elle rendre cette leçon plus intéressante qu'elle ne l'aurait cru ? Ichel demandait à voir. Pour l'instant, elle ne faisait que de jeter des coups d’œils discrets vers la porte de la salle. S'enfuir, voilà tout.
L'eau était tiède, mais son attention était centrée sur les paroles de la femme. Cette dernière avait éveillé sa curiosité bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. Malheureusement, elle perdit bien vite cette attention qu'elle venait d’acquérir. Être propre ou parfumé pour ranger les gens de son côté, elle pouvait l'avaler. Mais pourquoi se maquiller ou se coiffer à la perfection serait mieux encore pour entamer une discussion ? Ridicule.
Elle prit le gant de toilette et le savon que Freccia lui tendit avec grâce. Harmonie ? On ressentait les années passées avec deux marchombres, elle utilisait leurs expressions. Elle essayait de faire entrer sa leçon dans le crâne d'un de ces chevaucheurs de brume, dans le crâne de la kaelem. Mais cela la faisait doucement sourire. Arro tenait autant de sa mère que de son père, Ichel le voyait à présent.

L'apprentie se focalisa alors sur les paroles de Freccia, étonnement fascinée. Elle en oubliait petit à petit ses envies de fuite. Comment ? L'art de convaincre des Skil'Liches, sans aucuns doutes.
Savon sans odeur. Le savon qu'elle tenait en main ne sentait effectivement rien.
Comment pouvait-on réfléchir à des choses aussi banales, aussi inutiles ? Ridicules ? Qui pensait à choisir son savon pour ne laisser que l'odeur de sa peau ? Ichel ne comprenait décidément pas... Son maître devait lui faire une farce. Que pouvait-elle apprendre d'utile de cette leçon...
L'outil ? Un côté rêche et l'autre doux.
La marchombre perçut un mouvement de tête alors qu'elle observait le gant avec attention, perdue dans ses pensées. Elle commença sa toilette. Puisqu'il fallait passer par là. Si elle ne jouait pas au jeu de son maître, à celui de sa mère, elle le regretterait sûrement. Et elle n'abandonnait jamais. Appliquée, elle lava son corps à l'aide du savon et du gant. Lentement, presque sensuelle, elle passa le gant sur chacun des pores de sa peau. Calme. Autant faire cela bien si elle devait y passer toute la journée.
Ah, les cheveux...
Ichel savait qu'on y viendrait. Qu'elle ne lui dise rien sur ses boucles rebelles ou ça chauffera ! La remarque ne vint pas. Tant mieux...
Elle prit le savon liquide, mais ce fut Freccia qui commença à en appliquer sur la volumineuse masse de l'apprentie de son fils. C'était bien une des seules choses qu'Ichel appréciait dans la toilette. Laver ses cheveux. On n'aurait dit, mais pourtant, c'était la partie qu'elle chérissait le plus en elle. Ses boucles brunes. Elle y tenait et appréciait les quelques minutes qu'elle passait à les laver.

La toilette était enfin terminée, elle pouvait sortir du bain. Allait-elle pouvoir faire des choses plus intéressantes, à présent ? Comme s'entrainer avec son maître à des leçons plus sérieuses ? Eh bien non...
Quoi ? Avait-elle bien entendu ? Freccia avait même des conseils quand à la manière de se sécher ? Elle était aussi folle que son fils... Décidément, c'était de famille. Il fallait une serviette douce. Ichel s'y enroula et sécha son corps entier. Une fois cela fait, elle se vit conduire vers un grand miroir. Une brosse. Encore deux étapes ? Mais quand finiraient-elles ? Il y en avaient bien trop... Vous pourriez être certains qu'Ichel ne refera pas toutes ces étapes inutiles lorsqu'elle rentrera à l'Académie. Quelle perte de temps...
Heureusement qu'elle avait quelques réflexes de filles, sinon elles auraient dû y passer plus de temps que nécessaire. Plus de temps qu'elle n'aurait voulu.
Brossage terminé, elle se retrouva en moins de deux devant une étagère remplie de fioles en tous genre. Des grandes, des petites, des rondes, des carrées et j'en passe.
Choisir... un parfum ? Elle en parlait comme d'une arme... “Personne d'autre que toi ne pourra le faire“. S'accorder avec sa personnalité, s'accorder naturellement à son odeur.

Trouver un parfum. Son parfum. Ichel avait l'étrange impression d'avoir déjà vécu cette situation, ce sentiment la submergea d'un flot soudain. Elle reconnaissait ces sensations. Elle les ressentait lorsqu'elle choisissait une arme, elle avait senti ce gargouillis dans son estomac lorsqu'elle avait choisi le bois destiné à son futur arc. Freccia tentait-elle de lui faire comprendre que le parfum était pareil à une arme ? Bien différente de celles qu'elle avait l'habitude de brandir, c'en était certain.
Une arme... Ichel commençait à comprendre ce que la femme voulait lui enseigner. Lorsque l'on sentait bon, que l'on était soigné, les gens vous écoutait plus facilement. Ils pouvaient peut-être même tomber dans vos bras. Votre corps entier devenait une arme. Non mortelle, mais une arme. De séduction. Séduire les foules pour mieux imposer ses idées et obtenir ce que l'on désirait. Peut-être n'était-ce finalement pas une si grande perte de temps. Après tout, la manipulation pouvait être utile à tout instant.

La marchombre se tourna alors vers l'étagère désignée par Freccia. Grande, le meuble accueillait un nombre incalculable de fioles. Toutes différentes les unes des autres, les liquides ne bougeaient pas d'une vaguelette. Tranquilles, ils semblaient attendre un cou à parfumer.
Sans se retourner pour voir ce que faisait la mère d'Arro, l'apprentie se prit au jeu. Tenant sa serviette distraitement d'une main autour de son corps dénudé, elle tendit l'autre pour prendre un flacon. Elle le déboucha, ferma les yeux et mit le flacon sous son nez. D'une respiration tranquille, elle renifla le contenu. Doux, timide, le liquide sentait les fleurs. Une odeur de... de roses. Trop léger pour elle, trop princesse. Passant à un autre flacon, elle délaissa les roses et les fleurs pour l'odeur sucrée du miel. Quelque chose d'autre s'associait à lui, mais elle aurait été incapable de le nommer. Quelque chose de plus dur, de moins souple. Son nez se plissa et elle reposa ce second liquide à sa place. Plusieurs autres passèrent le contrôle stricte de son odorat sans grand succès. En trouverait-elle seulement un ?
Elle se tourna vers Freccia qui semblait bien trop occupée par les vêtements qu'elle maniait avec attention. Elle ne lui prêtait plus aucune attention. Trouverait-elle ce parfum ? Elle en avait senti une bonne dizaine sans trouver celui qui la ferait vibrer. Peut-être qu'aucun ne s'accordait avec elle, peut-être qu'aucun ne correspondait à sa personnalité. Le onzième flacon, le douzième. Toujours rien.

Les yeux de la marchombre se posèrent soudain sur un flacon rouge un peu plus haut. Le treizième. Long, élancé, sa forme suggérait une fine goutte de diamant. Un diamant rouge. Un éclat avait attiré son attention sur ce flacon, elle le prit sans aucune cérémonie. De près, la petite bouteille était encore plus grande. Haute d'une vingtaine de centimètres, son cou était aussi fin qu'une brindille, son corps aussi bombé que son poing fermé. Une longue goutte d'un rouge éclatant.
Lâchant sa serviette qui tint étonnement bon autour de sa poitrine, elle posa sa main sur le bouchon et le retira. Le parfum s'insinua immédiatement vers son nez.
Son coeur rata un battement.
Fougueux, sauvage, ardent, impétueux. Le parfum éveilla des images dans l'esprit de la jeune femme. Un visage, un sourire. Sa mère. C'était son odeur, elle s'en souvenait. Ses cheveux sentaient si bon, sa peau aussi. Tout son corps respirait ce parfum. Ichel n'arrivait à retirer le flacon de son nez. Ses yeux fermés, elle revoyait sa mère.
Son coeur repartit.
Sans même ouvrir les yeux, sans même jeter un regard sur le liquide, elle en appliqua légèrement sur son cou.


- Tu me manques...

Son murmure se perdit entre les flacons. Le parfum dans ses mains, elle se retourna pour observer Freccia. La mère de son maître. Comment aurait été sa propre mère si elle était toujours à ses côtés ? Lui aurait-elle appris elle-même tout ceci ? Tout ce que Freccia allait lui apprendre ? Son sourire brillerait-il toujours ? Ses longs cheveux bruns voleraient-ils autour d'elle ou seraient-ils liés en une longue tresse ?
Elle ne le saurait jamais. Observer Freccia s'affairer lui montrait ce qu'était une mère. Ce qu'elle avait perdu. Un pincement au coeur, elle s'avança. Changer ses idées...


- Je l'ai trouvé.

La femme sembla se rendre à nouveau compte de la présence de l'apprentie marchombre et se tourna vers elle. Son regard se posa alors sur le flacon entre les mains d'Ichel.

- Fort bien. Un très bon choix.

Elle s'approcha et sentit apparemment le parfum sur la peau de la kaelem. Elle sourit, mais Ichel la devança.

- Vous savez ce que contient ce parfum ?

S'il vous plait...






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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Dim 28 Sep 2014 - 19:24


Freccia comparait avec grande précaution différente robe qui appartenait à sa fille. Juste pour essayer, voir ce qui irait le mieux à l'apprentie de son fils. Ensuite, elles iraient acheter des vêtements plus adapté et avec une couleur qui plairait à la jeune femme. Actuellement elle n'avait que des longues robes bouffante avec de la dentelle et un corset. Connaissant les marchombres, elle n'accepterait jamais de porter quelque chose comme ça. Il fallait une robe plus subtil, un peu moins princesse... Enfin, Ichel n'échapperait pas au corset dans tous les cas.

Elle en trouva une avec peu de froufrou. Le haut mettait bien en valeur les formes d'une femme, et le bas laissait les mouvements assez libre, mais cela resterait gênant pour une marchombre. Peut importe. La mère d'Arro posa la robe et chercha un corset. Elle avait le souvenir d'un qui était trop large pour sa fille et qui irait sûrement très bien à Ichel. Finalement, elle le trouva et se tourna vers la marchombre.

Elle venait de choisir son parfum, la bouteille était élancée fine. Un sourire s'afficha sur le visage de la mère. C'était un qu'elle aimait porter dans sa jeunesse, quand elle venait juste de se marier avec Pfeil. Quand elle était encore pleine de fougue et de rage contre la société noble. Elle lui annonça que c'était un très bon choix et allait passer à la suite, mais Ichel lui posa une question. Ce qu'il y avait dedans ce flacon ? Freccia s'arrêta et se mit à réfléchir.


- Hm, je crois qu'il contient un peu d'essence d'enjôleuse d'Ulm... Mais le reste je ne saurais te dire, les parfumeurs gardent jalousement les compositions. Si tu veux, je te donnerais l'adresse de celui qui a créé celui là.

Elle recula un peu et pris les vêtements ainsi que des sous-vêtements.

-Bien, nous allons passer à la partie la plus dur pour un marchombre, l'habillage !

Freccia posa les affaires dans les bras d'Ichel.

-Je suppose que tu sais quand même passer un vêtement. Donc dans l'ordre, les bas, puis les vêtements blancs. Ensuite, le corset, oui un corset, non tu ne peux pas t'en passer puis la robe.

La mère ne laissait pas de choix à la jeune femme, elle porterait ces vêtements ou sortirait nue de la salle de bain. La marchombre les passa un à un, avec beaucoup de réticence pour le corset. Bien évidement, Freccia aida pour mettre quelques-uns des habits. Lorsqu'enfin, tout fut terminé, elle entraîna Ichel devant un miroir et la laissa se regarder un peu.

-Maintenant, la coiffure. Tu t'en doutes, on ne va pas laisser les cheveux libres. Ne t'inquiète pas, je ne compte pas faire trop compliqué. Peut être des tresses ou dans ce genre...

Elle observa les cheveux de la demoiselle. Se demandant ce qui irait mieux avec cette chevelure rebelle. Trouvant une idée, elle fit s'asseoir la jeune femme, puis commença par peigner les cheveux pour qu'il arrête d'être une touffe désorganisée. Ensuite elle s'efforça de faire un chignon, tout en montrant les différentes étapes à la jeune femme. Elle expliqua aussi pourquoi elle laissait quelque mèche devant. Cela donnait un petit côté mystérieux et sauvage, qui n'est pas dans la norme. Et les gens aiment bien quand les femmes montrent qu'elles ont un peu de caractère. Enfin, elles eurent finit et Freccia fit tourner un miroir autour de la tête d'Ichel, lui montrant ainsi l'ensemble final.

-Nous en avons presque fini. Maintenant que les cheveux ont dégagé le visage, nous allons pouvoir te maquiller sans qu'ils ne viennent nous déranger.

La mère d'Arro sortit une mallette contenant différent pinceau et crayon ainsi que plusieurs pots contenant différente poudre et crème.

-Je propose de mettre en valeur tes lèvres et de ne pas trop touché à ton teint naturel. Souligner tes yeux pour les rendre plus sensuelle pourrait être vraiment une bonne idée.

Tout en réfléchissant à haute voix, elle prit certains instruments.

-Bien commençons, tu veux bien ?



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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Mar 30 Sep 2014 - 23:17

De l'enjôleuse d'Hulm... Ils en avaient toujours un plant dans la maison, près de la fenêtre de la cuisine. Et sa mère sentait toujours ce doux parfum. Elle irait voir ce parfumeur pour savoir ce que contenait cette fiole.
Observant encore la fiole qui se trouvait dans ses mains, elle vit Freccia du coin de l'oeil prendre des vêtements. Lorsqu'elle prononça le mot “habillage“, la marchombre eut un hoquet de peur. Qu'allait-elle lui mettre... Elle s'attendait au pire. La femme posa tous ces pans de tissus dans les bras de la kaelem, un tas informe dont elle peinait à visualiser le rendu. Les couleurs variaient du blanc au bleu océan. Qu'allait-elle devoir mettre...

Bien sûr que je sais passer un vêtement ! J'suis pas débile...

Pourquoi lui faisait-il subir ça ? Qu'avait-elle encore fait qui méritait pire que le tirage d'oreille ? La toilette, passe. La coiffure encore, elle pourrait la supporter. Mais ça ! Cette... robe ! Le regard de la mère l'empêchait de crier, hurler et de s'enfuir, mais si elle l'avait pu... elle l'aurait fait sans hésiter. Mais Freccia ne la laisserait pas sortir d'ici avec d'autres vêtements. Oh, elle aurait pu s'enfuir par la fenêtre avec les seuls sous-vêtements qu'elle avait en main, n'en doutez pas. Elle n'était pas pudique. Le fait était qu'elle n'aimait pas s'avouer vaincue et surtout, jamais devant son maître. Elle allait enfiler tout ça... Même si elle devait affronter les moqueries de son maître en retour.

J'vais les mettre ces vêtements, pas besoin de me fusiller du regard...

C'était pourtant ce que la jeune femme faisait en retour. Elles se regardaient, sans ciller. Pourtant, il fallut bien qu'une des deux bouge. Ce fut Ichel. Il valait mieux que tout cela soit fini le plus vite possible. Après, elle pourrait être tranquille. Sauf si... Sauf s'ils comptaient recommencer ce foutoir tous les jours jusqu'à ce qu'elle comprenne. Connaissant son maître, elle ne pouvait s'empêcher de penser à cette possibilité...
La marchombre commença donc à s'habiller devant madame Skil'Liches, sans aucune gène. Les sous-vêtements étaient encore moins pratiques que la robe qu'elle allait porter, grands, amples, désagréables. Comment les femmes de la cour supportaient tout ça ? Comment pouvaient-elles aimer ces choses ?
Le corset fut l'étape la plus difficile. Etait-elle obligée de ne plus respirer pour ressembler à une noble ? Pour se comporter comme elles ? Apparemment, oui. Freccia l'aida à resserrer l'objet de torture, affinant la taille de la marchombre.

Argh...

La robe fut compliquée à mettre. Elle passa bien la chose, mais il y avait bien trop de tissu que l'utilité le voulait. Le problème était que ces robes ne se voulaient pas utiles ni pratiques, mais jolies. Il était vrai qu'elle n'était pas laide... mais pas sur elle. Tous ces froufrous... Et encore, elle en avait vu des bien pires, de robes. Avec de la dentelle partout, des fleurs, des froufrous. Aucune chance qu'elle en porte un jour une comme celles-ci. A vrai dire, elle ne savait pas si elle en reporterait une un jour. Mais qui sait... Dans tous les cas, elle espérait ne plus jamais devoir en porter.
Lorsque tous les pans de la robes furent enfin en place, Freccia mena la jeune femme devant un miroir pour qu'elle se regarde. La robe bouffante d'un joli bleu mettait sa poitrine... extrêmement en valeur. Ces manches... Quelle horreur... Enormes, bouffantes. La voilà pour ceux que ca intéresse... http://fc08.deviantart.net/fs71/i/2012/348/b/b/barbara_villiers_by_kayananas-d5o0szd.jpg

Super... Il va bien se moquer de moi, l'autre, là-bas...

Et hop, une étape terminée, une autre commençait. Elle ne se fatiguait jamais de torturer une pauvre fille qui n'avait rien demandé de tout ça ? Un peu de répit bon sang... Et madame Skil'Liches commença son office, coiffant la longue chevelure rebelle de la marchombre. Elle lui montra les différentes étapes pour la confection d'un chignon. Ichel s'en faisait souvent, mais ils étaient toujours complètement désorganisés. Celui-là, en revanche, était parfait. Chaque cheveux qui était désordonné ne l'était pas. Tout était calculé. Surtout ces petites mèches qui tombaient autour de son visage pour donner un côté mystérieux.
Les cheveux attachés, l'étape suivante était le maquillage.

S'il vous plait, qu'elle ne me peigne pas la tronche comme ces pimbêches de la cour... Par pitié...

Elle ne le fit pas. Ou dans tous les cas, elle n'en avait pas l'intention. Enfin... La mallette que sortit Freccia était énorme. Tout ça pour se maquiller ? Peut-être qu'elle ressemblerait à un clown finalement... La robe faisait déjà beaucoup pour ça.
Et elle commença, instruments en main. Freccia commença par unifier le teint de la jeune femme à l'aide d'une pointe de fond de teint – choisi d'après la couleur naturelle de sa peau – , juste assez pour masquer les quelques imperfections. Une poudre pour matifier le teint. Elle pouvait maintenant s'occuper des yeux et de la bouche. Elle choisit de faire un maquillage simple pour ne pas alourdir son visage comme ca http://i.ytimg.com/vi/MEjayWTdSQc/maxresdefault.jpg .... Plus la femme maquillait, plus Ichel prenait peur. Vinrent les lèvres. Lorsqu'elle sortit le rouge qu'elle souhaitait lui mettre sur les lèvres, la marchombre haussa les sourcils. Mais elle ne dit rien, elle laissa faire.
Lorsque ce fut enfin terminé, Freccia voulut bien lui montrer le résultat. Elle la conduisit devant le miroir. Ichel ne se reconnut pas. La femme qui se tenait devant elle, ça ne pouvait pas être elle. Cette longue robe bleue, cette coiffure, ce maquillage... Ce n'était pas elle.
On ne voyait que ses lèvres... Le rouge brillait dans ce bleu qu'elle portait et se mariait parfaitement à son teint et au brun nuit de ses cheveux. Elle était...

Freccia la coupa dans son observation, dans sa stupéfaction.


- Allons-y, mon fils doit être impatient de voir le résultat.

Ah... elle avait oublié ça... Elles traversèrent les mêmes couloirs, les mêmes salles. Ichel arrivait étrangement à marcher avec la robe, elle ne tombait pas tous les deux mètres. Mais qu'est-ce que Arro lui réservait pour la suite ? Ce n'était sûrement pas fini...
Elles passèrent enfin dans la salle où Arro les attendait. Avant qu'il ne puisse dire un mot, avant qu'il ne puisse ne serait-ce que poser ses yeux sur son apprentie, cette dernière parla.


- Aucune remarque... Je vous hais...





[6°]


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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Ven 19 Déc 2014 - 5:18

Pendant que sa mère s'occupait d'Ichel, Arro n'avait pas bêtement attendu, non. Hier, Freccia lui avait bien fait comprendre qu'il devrait aussi donner du sien s'il voulait que son apprentie reçoive l'éducation nécessaire. Il avait un peu grogné, mais au final s'était résigné. Du coup, pendant que les deux femmes étaient dans la salle d'eau du bas, le marchombre alla dans la salle d'eau du premier étage. Il prit un bain chaud, bien décontractant et comme sa génitrice lui avait appris, c'était décrassé. Souhaitant être de retour dans la salle principale avant son apprentie, il se dépêcha de sortir et s'essuya efficacement. Il se brossa aussi les cheveux, mettant de l'ordre dans sa tignasse totalement chaotique.

Arro soupira quand il dut passer ses vêtements. Sa mère n'avait pas lâché l'affaire sur les vêtements nobles que son fils se devait d'avoir. Heureusement qu'il avait réussi à lui faire croire que les collants n'étaient plus à la mode et qu'il valait mieux des bottes montantes sur le pantalon. Il avait réussi aussi à faire passer certaines petites modifications personnelles, parce que même s'il était noble, il restait marchombre, que diable et qu'il se sentirait nu sans ses poches cachées et divers emplacement à crochet.

L'homme enfila donc ses beaux habits. Ils étaient constitués d'une tonne de couches différentes, bon quatre en vérité, cinq si vous comptez les sous-vêtements que je passerais sous silence, car vous le savez depuis longtemps, Arro porte des caleçons. Donc, la première couche était un haut noir en soie, avec un léger col. Au-dessus, il attacha un foulard crème qui descendait sur son torse en faisant deux bosses, une petite suivit d'une plus grosse. Ensuite, la seconde partie était un pourpoint vert foncé et son pantalon, noir et qui lui serrait un peu les mollets. Il passa ses bottes par-dessus qui était bien moins confortables que celle qu'il portait en temps normal, il vérifia tout de même la semelle. Il y avait ajouté un petit compartiment secret, on pouvait retirer un bout du talon pour y trouver deux crochets. Avant de passer la quatrième couche de son costume, il se permit de fixer sur son avant-bras gauche son porte-poignard. Un brassard qui contenait un fourreau pour y mettre un couteau, le manche vers la main. Quand il eut fini de vérifier toutes les lanières, il passa la veste, avant-dernier vêtement. C'était une longue veste qui lui arrivait à mi-cuisse. Une partie qui recouvrait quasiment tout était dans la même teinte que son pantalon, seul une bande large au milieu du vêtement était dans un gris-vert, faisant le lien entre le noir et la couleur du pourpoint. Quatre boutons permettaient de fermer le tout, plus qu'à ajouter la ceinture épaisse et il pourrait passer à la dernière partie. Il vérifia quand même qu'il avait accès aux petites poches ajoutées au niveau du col de la veste. Elles contenaient divers outils, essentiellement des crochets, mais aussi des petites pointes. La touche finale fut la grande cape à l'extérieur noir, à l'intérieur vert de gris, la même couleur que la ceinture et la bande large. Elle se fixait avec des boutons cousus au niveau des épaules de la veste. Il était mitigé sur cette cape. Bon, d'accord, elle lui permettait d'avoir un peu plus chaud et l'air classe... Mais qu'est-ce qu'elle était encombrante, par la Dame !

Arro soupira un peu. Bon, au moins il avait une partie de son attirail marchombre sur lui. C'était déjà ça. Il finit de se coiffer, lissant ses cheveux rebelles, se parfuma avec une essence boisée et se regarda. Mon dieu... Le marchombre avait totalement disparu. Seul son visage marqué par le temps et la vie et Marlyn était resté de son ancien lui. Frissonnant devant cette transformation, il fit claquer sa cape en se retournant et sortit de la salle d'eau. Il descendit les escaliers et arriva dans la salle juste à temps. Il venait d'entendre une porte s'ouvrir et des pas. Une voix retentie avant qu'il n'ait pu dire ni voir quoi que ce soit.


-Aucune remarque... Je vous hais...

Le maître ne fit effectivement aucune remarque. Il admira le travail qu'avait fait sa mère. C'était la même transformation qu'il avait vu dans le miroir il y a à peine quelque minute... Mais en pire. Ichel était méconnaissable. Maquillée, coiffée, enrubannée. Totalement méconnaissable. Une magnifique robe mettait en valeur son corps, ses lèvres étaient rougeoyante et ses yeux parfaitement soulignée. Il vit la tête de son apprentie face à son accoutrement et décida de briser le silence :

-Je crois que j'ai exactement dit la même chose à Dame ma mère, la première fois.

Il avait souligné le surnom de Freccia. Il adorait la désigner ainsi quand il se moquait d'elle.

-Enfin, du coup, nous sommes deux à être déguisé aujourd'hui... Je crois que nous allons donc mettre ça à profit !

La mère d'Arro acquiesça d'un signe de tête et claqua dans ses mains, plus pour l'effet théâtrale qu'autre chose. Une musique s'éleva dans les airs, directement dessiné de l'esprit de Freccia.

-Nous commencerons par la valse. Bien, Ichel, fait bien attention à nos faits et gestes, pour commencer regarde les pas. Après viendra ton tour. Arro, tu veux bien ?

Les deux Skil'Liches se placèrent l'un en face de l'autre. Arro fit une petite révérence devant sa mère qui lui rendit, demanda poliment de bien vouloir accorder cette danse, puis tendis sa main. Freccia l'attrapa et la danse commença. Ils tournoyaient doucement, suivant le rythme de la musique. Un deux trois, un deux trois. Puis après plusieurs minutes, s'arrêtèrent se saluèrent puis s'applaudirent.

-Heureuse de voir que tu n'as rien perdu... Maintenant au tour de ton apprentie.

Le maître marchombre se plaça devant Ichel, la salua et tendit sa main.

[HRP : Si un quelconque détail te dérange n'hésite pas Wink Ah oui et le costume d'Arro ]



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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Lun 5 Jan 2015 - 18:47

Non. Danser ? Non. Voulaient-ils réellement la faire danser ? Apparemment. Ichel allait danser. Ichel Calwin allait danser. Enfin, elle allait plus marcher sur les pieds de son maître plutôt que de danser, n'ayant jamais réellement tenté l'expérience. Si, une seule fois. Avec Kylian lors du dernier bal qu'ils aient pu organiser à l'Académie. Mais ce n'était pas fameux...
Elle avait peur pour les bottes propres et luisantes de son maître. Et peut-être aussi pour ses doigts de pieds.
Danser... Peut-être n'était-ce pas si différent de marcher ? Non... Ne dis pas de bêtises, petite apprentie ! Danser c'est autre chose que de marcher.

Ichel se concentra sur chacun des mouvements de Freccia et de son fils. La valse. Parce qu'elle allait apprendre plusieurs danses ? Combien au juste ? Un léger souffle s'échappa de ses lèvres. Ses pieds la faisaient souffrir d'avance, surtout dans ces chaussures si inconfortables. Comment pouvait-on vivre dans ces choses ? Et ces talons... Heureusement pour elle, ils n'étaient pas aussi haut que ceux des dames de la cour. Mais jamais elle ne s'était élevée sur de telles échasses.

Ils dansaient bien. Vraiment. Ni amateurs ni hautains, ils dansaient vraiment bien. L'apprentie reconnaissait certaines habitudes de son maître chez Freccia. On voyait tout de suite qui est-ce qui lui avait remonté les bretelles lorsqu'il était enfant.
Et ils tournoyaient, ils virevoltaient, ils sautaient, ils dansaient. Parfois, elle se mettait à penser qu'ils auraient pu s'envoler. Et ils s'arrêtèrent. Se saluèrent, s'applaudirent. Et la jeune marchombre ne put feindre la surprise, elle vint naturellement. Son tour. C'était son tour. Arro se plaça devant elle, la salua, lui tendit la main. Ichel hésita.


- ...

Elle n'eut besoin de dire un mot, ils restèrent alors coincés dans sa gorge. Les deux regards qu'elle sentait peser sur elle lui ordonnaient de se taire et de prendre cette main tendue. Sauf qu'elle était tout sauf prête à danser. Bien sûr, ses yeux n'avaient quitté les pieds des deux danseurs, mais comment pouvait-elle apprendre une danse aussi vite ? Elle allait se vautrer comme une loutre. Et écraser les pieds du marchombre. A coup sûr.
Ses yeux n'avaient pas quitté cette main tendue. Ils n'arrivaient pas à se relever, sachant ce qu'ils allaient trouver. Les deux regards verdoyant de ses instructeurs. Et pourtant, elle hésitait toujours. Elle ne savait pas danser, elle n'apprendrait pas simplement en regardant une danse de quelques minutes. C'était impossible.

Courage. Elle releva la tête, ses yeux tombèrent dans le vert de ceux d'Arro. Et elle reçut une claque invisible de plein fouet. Toujours la main tendue, il attendait qu'elle lui tende la sienne. En silence. Un sourire aux lèvres. Patient.
Elle ne savait pas danser. Et pourquoi danserait-elle ? C'était stupide. Et inutile. Stupide. Et pourtant, son maître lui lançait un sourire rassurant. Comme pour lui assurer que ce serait du gâteau. Ce serait bien lui, ça. Parler de gâteau alors que ce n'était pas le sujet. Ou de pâté de siffleur.

Mais il ne la pressait pas. Il attendait, simplement. Et elle faisait sa tête de mule. Pourquoi danser ? C'était une perte de temps. Pourquoi danser ? Elle n'avait personne avec qui le faire. Pourquoi danser ? Son premier partenaire était parti. Pourquoi danser ? Elle ne savait pas.
Et Arro la regardait toujours. La main tendue. Pourquoi pas. Sa main se déposa délicatement dans la sienne. Timide.

La danse commença.
L'attirant doucement à lui, il dirigeait la danse. Les pas étaient légers, sa main délicatement posée dans son dos, la sienne sur son épaule. Elle n'avait jamais remarqué cette différence de taille entre eux deux. Finalement, elle était plutôt petite. Ou était-ce lui qui était grand ?
Les mouvements étaient fluides, elle n'avait rien besoin de faire. C'était l'homme qui conduisait. Etonnement, cela ne dérangeait pas Ichel de se faire mener. C'était plutôt agréable. Et instructif. Presque reposant. Elle avait le temps de décortiquer chacun des pas, d'observer la tenue élégante – ô combien étrange – de son maître, de croiser le regard juge de Dame Skil'Liches. Les femmes de la cour étaient donc les yeux et les oreilles de leurs hommes. Tandis que ceux-ci étaient occupés à mener la danse, elles, suivant les pas avec adresse, pouvaient observer. Peut-être trouverait-elle une utilité à la danse après tout. A défaut de ne pas encore s'apercevoir que cela peut être tout simplement divertissant et amusant.

Un, deux, trois. Un, deux, trois... Trois temps. Les sens de la marchombre se recentrèrent sur la danse. Trois temps. La musique. Ichel avait l'impression de danser sur les cordes de son luth. C'était presque... facile. Parfois ses pieds s'entremêlaient, mais elle ne se débrouillait pas trop mal. Plutôt bien, même. Sa robe ne la gênait pas plus que cela, tournoyant autour d'eux, formant de grands cercles ondoyants.
Un, deux, trois. Un, deux, trois... Cette étrange impression qui traversait son corps, comme si ces mouvements faisaient déjà parti d'elle. Comme si elle connaissait la danse, comme si elle n'avait jamais eu besoin de réellement l'apprendre. Comme si un regard jeté dessus avait suffi à l'apprendre. Comme si... Un regard lui avait suffi. Cette danse des deux Skil'Liches, ces quelques minutes. Elles lui avaient suffi à apprendre la valse.
Comment ? Un, deux, trois... Trois temps. La danse faisait parti de la musique, comme si l'on évoluait sur la portée évitant les blanches, les noires et les croches. La danse était musique comme la musique était danse.
Un, deux, trois... Trois temps. La gestuelle marchombre. Souple, élégante, fluide, presque céleste. Comme danser sur un nuage. La valse n'était pas bien différente de la gestuelle marchombre. Les chevaucheurs de brumes, des danseurs ? Ils n'évoluaient pas de la même manière que les autres, ils n'avançaient pas dans la même direction. Pas dans le même temps. On reconnaissait la démarche du marchombre. Légère, dansante, gracieuse.

Elle savait déjà danser. Un éclat de rire illumina le visage de l'apprentie, virevoltant toujours dans la salle, menée par son maître. Et elle riait. Elle prenait du plaisir.

Elle savait déjà danser.









[ J'espère que ça te plait et si quoique ce soit, mp et edit Naif ]


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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Jeu 7 Mai 2015 - 13:08


Mener la danse n'avait rien de compliqué, il fallait suivre les pas et faire en sorte que sa cavalière les suive aussi. Bon, c'était plus simple quand la demoiselle connaissait la danse, mais déjà, Ichel se laissait faire, ce qui simplifiait la tâche. La valse était une danse à trois temps, mais avec tellement de variante que cela en devenait perturbant. Valse à droite, Valse à Gauche, Valse rapide ou Jetienne, Valse lente, Valse Musette, Valse tango... Et il ne les avait pas tous en tête. Mais bon, commencer par une Valse Jetienne, qui se danse plutôt vers la droite, forçant les danseurs à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre. Mais par moment, plus court, ils tournaient dans le sens contraire, dansant vers la gauche, évitant ainsi d'avoir la tête qui tourne.

Après un petit temps d'adaptation, la Kaelem s'en sortie plutôt bien. Ce n'était pas parfait, mais elle n'était pas une cause perdue. Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle y arrivait, elle rit, simplement, prenant du plaisir à danser. Un sourire s'afficha sur les lèvres de son maître. Bien, si elle s'amusait, cela allait mieux se passer. Parce qu'elle ne savait pas ce qui l'attendait, qu'elle allait devoir enfiler des robes chaque jour, jusqu'à ce qu'elle en prenne l'habitude. Et Freccia n'allait pas les lâcher, aucun des deux.

La musique s'arrêta doucement. Arro lâcha doucement son apprentie, il s'inclina, puis applaudit gentiment. Dame Skil'liches claqua dans ses mains également.


-Bien, bien. C'est déjà bien, pour une jeune débutante. Il y a encore du chemin, mais moins que je pensais.

Elle s'approcha délicatement de la jeune fille, poussa doucement son fils d'une main et commença le cours de danse. Elle donna des conseils sur la posture, sur le maintien. Parla des valses, des différences entre tourner vers la gauche et vers la droite. En bref, ce fut une matinée entière passer à apprendre des pas, faire des essaie puis passer à une autre danse.

Lorsque midi sonna à l'horloge de Grand-père, Arro et Ichel étaient essoufflés, un peu en sueur et sûrement avec les pieds endoloris. Mais le maître marchombre savait ce que ce ding-dong annonçait. Le repas ! Et il aurait quitté la salle en courant si sa mère ne l'avait pas attrapé par l'épaule.

-Voyons, mon cher fils, il est certes l'heure d'aller déjeuner, mais avec moins d'ardeur.

Elle soupira, se tourna vers la jeune fille et continua :

-Je comprend pourquoi tu as du mal avec les convenances des nobles... Avec un maître pareil... Ma Dame. Bien, allons-nous restaurer.

Freccia prit Ichel par le bras et l'entraîna, laissant Arro, bouche-bée, légèrement bougonnant qui finalement suivit le pas. On retrouva dans la salle à manger Pfeil qui s'était installé à la table, impatient de commencer le repas. La table était servie depuis bien longtemps, les couverts s'étalaient le long des assiettes, les serviettes, bien pliés reposait à côté. Freccia s'assit :

-Bien, jeune fille, nous allons t'apprendre à bien te tenir lors d'un repas. Je ne doute pas que tu manges convenablement, mais, il y a quelque règles à retenir dans un repas lors d'une soirée mondaine.

Pfeil soupira au loin, un peu déçu de devoir passer un repas qu'il espérait tranquille à devoir être sérieux et respecter toutes les convenances. Un regard de sa femme le fit stopper et prendre une attitude plus noble. Reprenant son calme, la maîtresse de maison se racla la gorge et commença par expliquer comment s'installer à table, se tenir à table et ainsi de suite. Arro ria quand Ichel remarqua le nombre incalculable de couverts différents. Mais Freccia ne se démonta pas, elle les désigna tous et expliqua leurs fonctions. Le repas serait plus long que prévu, mais elle s'était jurée que la jeune marchombre saurait tout pour survivre dans un diner mondain.



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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Jeu 11 Juin 2015 - 15:31

Ils se saluèrent, Arro applaudit. La jeune femme était fière d'elle, mais décida de ne pas le montrer. Après tout, elle était sensée être de mauvaise grâce pour ces exercices. Elle n'avait aucune envie d'apprendre toutes ces manières et coutumes snobinardes, mais se pliait tout de même au jeu. Elle ne voudrait pas se retrouver une oreille en moins, ayant eu l'audace de refuser les leçons de Mère Skil'Liches. Après tout, elle avait engendré un maître tireur d'oreilles. Qu'était-elle capable de lui faire si toutefois elle refusait ses leçons ? Ichel n'osait y penser...

Freccia s'avança et poussa alors doucement son fils pour prendre place face à l'apprentie. Apparemment, son cours commençait réellement, la danse précédente n'étant qu'un simple test afin de déterminer le niveau de travail à effectuer. Lorsqu'elle déballa enfin sa leçon, Ichel ne put retenir un haussement de sourcils. Tant de règles pour une simple danse ? N'étaient-elles pas toutes les mêmes ? Pourquoi se tenir aussi droite, pourquoi pencher cette main comme ceci, pourquoi le menton devait-il se lever ainsi ? Tant de mots... Tant de danses... Comment pensaient-ils que la kaelem allait retenir tout cela ? Comment pensaient-ils qu'elle en avait ne serait-ce que l'envie ?
A quatre reprises, elle poussa un soupir. Freccia la fusilla du regard à chacun.
Quelle différence entre tourner dans un sens ou dans l'autre ? Apparemment, la femme trouvait une explication pour tout, jusqu'au placement du petit orteil.
Ce n'était qu'une simple danse !
La matinée entière, elle la passa à répéter encore et encore. Les danses, les conseils, les leçons. Tout y passait. A midi, sa tête était grosse comme une pastèque. Les pas sortaient littéralement de ses yeux, son esprit était en proie à une énorme migraine. C'était pire que de gravir le Kur'N'Rai une main dans le dos et les yeux bandés... Elle était seulement heureuse de voir son maître aussi essoufflé qu'elle ne l'était.
Mais cette sueur collante... Pourquoi, par les baloches du Dragon, s'infligeaient-elles cela, emmitouflées dans leurs longues robes une matinée d'été ? Une véritable torture digne des mercenaires...

Ichel ne put retenir un léger rire lorsque Arro se fit rabrouer par sa mère alors qu'il se précipitait pour manger. Manger... Son ventre hurlait, il lui reprochait de l'avoir abandonné trop longtemps. Quand à ses pieds, ils n'avaient jamais autant soupiré de bonheur que lorsqu'elle s'assit enfin à table. Pfeil, le père, était déjà attablé. Lorsqu'Ichel baissa enfin les yeux vers la vaisselle, elle ne put empêcher ses yeux de devenir aussi ronds que des balles de ping-pong. Existait-il autant de couverts que de noms de danses ?
Ce n'était qu'un diner !

Comment ? Elle ne pouvait pas manger tranquillement ? Il fallait aussi qu'elle respecte des règles ?! Son estomac fulminait d'impatience, Ichel serra les poings, sentant sa colère monter. Elle n'avait pas donné trois ans de sa vie à Arro pour apprendre à se comporter en bonne petite noble... Des règles, toujours des règles. Tous savaient pertinemment que la kaelem en était allergique. Seule une personne avait réussi à lui en imposer depuis que son frère s'était évaporé dans la nature. Et il était assis au bout de la table. Elle était à deux doigts de prendre la porte malgré sa présence.

Un sourire se fraya un passage sur le visage de la marchombre lorsque le père Skil'Liches soupira à la phrase de sa femme. Alors lui aussi avait faim ? Les deux hommes mourraient d'envie de se jeter sur les plats, mais la Dame des lieux refusait qu'ils ne le fassent. Etait-ce elle qui portait la culotte ? Apparemment, oui. Un unique regard de sa femme et il reprit contenance.
Et la leçon continua. Comment se tenir, droite comme un piquet, les deux jambes collées l'une à l'autre, légèrement inclinées, surtout ne pas les croiser, lorsque l'on n'utilise pas ses mains, les poser délicatement sur ses jambes. Trop de conventions pour un simple diner.
Un diner ! Ne pouvaient-ils pas manger tranquillement ? Les nobles devaient-ils toujours se compliquer la vie ?
Tout ce qu'Ichel retenait était le nombre incommensurable de couverts disposés autour de son assiette... Pour quelqu'un qui utilisait principalement un couteau pour manger, c'était déstabilisant. Très.
Et soudain, la kaelem cessa d'écouter, lassée de se plier aux règles. Le regard plongé au centre des couverts trop nombreux devant elle. Et sans même qu'elle ne s'en rende compte, elle parla, son visage vidé de tout sourire.


- Et en quoi tous ces détails de la noblesse pourraient m'être utile ?

Freccia se tut, personne ne dit mot. Le regard d'Ichel était toujours perdu dans les couverts, lui renvoyant son reflet. La patience de l'apprentie arrivait à bout et les questions qu'elle retenait depuis le début ne pouvaient plus résister à la barrière de ses lèvres. Elle releva enfin la tête.

- Après tout, en quels honneurs me retrouverais-je accoutrée ainsi ?

Je ne suis qu'orpheline, pauvre roturière qui s'est vue privée de sa famille bien trop vite. Jamais je ne mettrais les pieds dans un diner mondain, quel qu'il soit, et je refuse de porter ce genre de vêtements. Et pourquoi mangerai-je avec autant de vaisselle lorsqu'un couteau me suffit ? Je ne comprend pas l'utilité de cette leçon...

Personne n'avait encore relevé la remarque de la jeune femme qui visiblement ne supporterait pas une minute de plus d'apprendre toutes ces idioties. Elle avait supporté la toilette, elle s'était prêtée à la danse. Ichel fronçait les sourcils. Elle qui pensait pouvoir découvrir Al-Chen, nager dans le lac, grimper sur les toits, voir les dames. Non, elle restait coincé ici à emmagasiner des informations inutiles et grotesques. Comment pouvaient-ils croire qu'elle était faite pour ça ? Qu'elle allait un jour seulement s'habiller ainsi ? Se comporter ainsi ?

Je suis marchombre, pas bonne petite noble !


- Je ne comprend pas la nature de cette leçon, aussi intéressante soit-elle pour une autre jeune fille que moi-même, et refuse de perdre mon temps une minute de plus. Je n'ai pas signé pour apprendre à me comporter en bonne petite noble.

Sur ces mots, la marchombre se leva, fit une révérence par respect pour les parents de son maître, et disparut par l’entrebâillement de la porte.






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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Mer 22 Juil 2015 - 18:45


Tout aurait tellement pu être si facile, se passer sans aucun problème, être juste simple. Si seulement.

Si seulement sa mère avait décidé de temporiser ses leçons, plutôt que d'enfoncer encore plus la jeune marchombre. * Plus vite commencé, plus vite terminé * lui aurait-elle dit. Si seulement Ichel n'avait pas été une forte tête qui ne se laissait pas gentiment faire, comme une bonne apprentie. Mais, ce ne serait pas Ichel et ce ne serait certainement pas son apprentie. Mais il fallait que le repas soit aussi un cours, alors que pour Arro, c'était censé être un moment de détente, de discussions posées sans aucun soucis... Mais non, Freccia avait décidé autrement et cela avait fini par user la patience de la Kaelem.

C'était impressionnant le nombre de fois où le maître marchombre s'était surpris à comparer son apprentie avec une cocotte minute. Il fallait savoir doser la pression pour qu'elle n'explose pas. Sauf que là, c'était silencieux, ce n'était pas un énervement tout bête. Juste une incompréhension. Elle n'arrivait pas à voir l'utilité derrière l'enseignement de ces règles. Les marchombres n'ont pas de code, n'est-ce pas. Et bien, c'était faux. Chaque être à ses propres préceptes et ne pas l'admettre était une erreur.

Mais Arro comprenait parfaitement le fait que son apprentie n'arrive pas à percevoir les possibilités. Tout ce qu'on lui apprenait était contraire à sa nature. Alors qu'elle quittait la pièce, la voix du maître retenti, forte, mais neutre, sans ordre aucun, sans aucune intention de sévir, juste une explication.


-Tu peux partir, si tu le souhaites. Mais d'abord écoute-moi.

Elle s'était arrêtée dans l'entrebâillement de la porte, silencieuse, prête à entendre.

-C'est concevable que tu n'arrives pas à appréhender l'occasion que nous t'offrons. Je pense que tu sais qu'un marchombre doit toujours être près à tout. Surtout par les temps troublés qui nous attendent.

Il prit une légère pause, le temps de voir si elle restait encore un peu.

-Ce que nous souhaitions faire, c'était simplement t'offrir une corde de plus à ton luth. Pour pouvoir jouer d'autre musique et facilement te faufilé dans les hautes sphères qui sont bien plus dangereuses que tu sembles le croire.

Voilà, l'éclaircissement était maintenant terminé. Cependant, il fallait rajouter quelque chose, un petit truc pour la faire tourner. Une petite pique bien placé pour qu'elle se retourne, qu'elle retrouve le goût d'aller de l'avant dans ce cours particulièrement agaçant et qu'elle puisse revenir sans trop perdre la face. * Qui aime perdre la face ? *. Une des premières leçons de sa mère dans sa prime jeunesse... Et Dame, cela lui avait servit en de nombreuses reprises.

Le ton neutre se transforma en joviale, la voix d'Arro se fit drôlette, riante et légèrement horripilante. Toujours ce petit brin d'agacement qui se fraie un chemin dans votre esprit et vous pique directement là où il le faut.


-Et puis honnétement, cela me ferait perdre le pari contre mon père. Nous avons misé sur ta résistance face à Dame ma mère. Mais je pensais que tu tiendrais plus longtemps sous ses assauts.

Un énorme sourire barrait le visage du marchombre, un clin d'oeil vers ses parents, d'un pour rassurer Freccia qui se serait outré d'avoir été la cible d'un tel pari et l'autre vers son père, qu'il joue le jeu.

-Oui fils, il va falloir allonger la monnaie. Il faut croire que tu étais trop optimiste. Il faut dire que je connais bien mieux ta mère que toi. Trente-cinq ans de vie commune, tu ne peux rivaliser avec ça.

-Malheureusement, je pensais qu'Ichel relèverait ce défi haut la main. J'ai dû placer la barre trop haute.

ET BIM ! Directement là où ça fait mal. Freccia ne savait pas totalement gérer la cocotte minute qu'était la Kaelem... Mais Arro...   Lui savait rediriger la pression pour qu'elle explose de manière à avancer, foncer et ne surtout pas reculer...
Décidément, c'était vraiment impressionnant la facilité qu'il avait à comparer son apprentie à une cocotte minute.


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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Lun 24 Aoû 2015 - 18:28

La voix de son maître la stoppa net, au seuil de la porte. Dos à la famille Skil'Liches, elle écoutait les mots de l'homme qu'elle reconnaissait comme ce père qu'elle avait perdu. Etonnement, aucun ordre ne sortit de ses lèvres. Aucune menace, aucune intention de punir. Une simple explication, celle que l'apprentie demandait silencieusement depuis le début sans même s'en rendre compte elle-même.
Il l'autorisait même à partir. Les sourcils de la jeune femme bougèrent instantanément, se froncèrent. Depuis quand la laissait-elle s'en tirer comme ça ? Il lui parla d'occasion, de cadeau. De quoi parlait-il, bon sang ? Un marchombre doit être prêt à tout. Elle le savait depuis longtemps, mais elle ne voyait toujours pas où il voulait en venir.
Le silence retomba dans la pièce quelques minutes.
Une corde de plus à son luth... Se comporter comme une idiote était-il réellement indispensable ? Avait-elle réellement besoin de tous ces attirails pour devenir celle qu'elle avait toujours rêvé d'être ? Avait-elle besoin que tous ici se...
Les hautes sphères... Se faufiler facilement dans les hautes sphères. L'apprentie ne frémit que légèrement lorsque ses pensées se focalisèrent sur ce point et trouvèrent le point commun entre tous les événements de la journée.
Son poing se relâcha.
Ils lui offraient une nouvelle corde à son instrument. De nouvelles connaissances, celles qu'elle n'aurait jamais pu s'offrir seule. Celles qu'elle n'avait jamais eu, car personne pour les lui enseigner. Elle releva la tête. Sauf lui. A l'Académie, elle était arrivée, perdue. Elle lui avait promis trois ans, leur lien s'était révélé bien plus fort que celui d'un maître et de son élève. Elle craignait de le perdre. Comme les autres... Comme tous ceux qui s'étaient posés sur sa route à son arrivée à l'Académie.
Il lui avait tant offert, il lui offrait encore aujourd'hui. Et elle osait encore remettre en doute son enseignement...

Fiente de raï... Idiote...

Son poing se resserra alors, ses dents crissèrent. Après tout ce temps, comment pouvait-elle se comporter ainsi... Mais ne pouvait-elle pas parfois demander quelques explications ? Devait-elle toujours plonger dans l'inconnu et se taire sous prétexte qu'il était le maître et elle l'élève ?
Elle avait prêté serment... Trois ans de sa vie. C'était dans le contrat. Quel mot stupide, idiot et stupide mot. Ichel n'appelait pas cela un contrat. Ce n'était pas un contrat. Ca ne l'avait jamais été. Pourquoi n'aurait-elle pas le droit de dire ce qu'elle pense ? Stupide contrat de marchombre...
Elle savait qu'elle avait toujours eu le droit à la parole avec Arro. Et pourtant, elle avait en travers de la gorge ce coup qu'il lui avait donné en lui donnant cette leçon sans aucune explication.

Idiote... Tais-toi.

Soudain, elle les entendit. Ces mots. Ceux qu'il lui offrait souvent comme une porte de sortie, parce qu'il la connaissait si bien. Il savait qu'elle ne supporterait pas de se retourner, qu'elle ne le ferait pas. Ichel avait un amour-propre plutôt élevé. Elle ne supportait pas de perdre la face. Ou de perdre tout court. La Dame seule savait combien elle tremblait en cet instant même à l'idée de quitter la pièce, de... d'abandonner la leçon. Sauf qu'elle n'avait pas compris et ne supportait pas de rester dans l'ignorance. Jusqu'à maintenant.

La kaelem entendit le rire de son maître, elle sourit. Difficilement, mais elle sourit. Elle faillit se retourner lorsqu'il parla de pari, rire et le menacer de faire gagner son père. Elle ne le fit pas, se sentant bien trop idiote de s'être levée et d'avoir piqué une telle colère. Ils avaient misés sur sa résistance face à Dame Skil'Liches. Réellement ? Un sourcil se fit la malle vers le plafond. Arro pensait qu'elle tiendrait plus longtemps alors que Pfeil annonçait qu'elle renoncerait rapidement. Le père Skil'Liches était donc en train de gagner ?
Les pensées de la marchombre se focalisèrent soudain sur un léger détail... Ils avaient pariés à son insu, sur sa propre personne. Son léger rire refoulé se transforma en un rictus. Comment avaient-ils osé...
L'apprentie bougea enfin. Ses mains vinrent se saisir délicatement de la grande robe bleue, son dos se redressa légèrement, sa tête suivant le mouvement. D'un mouvement fluide au possible, elle se retourna enfin pour faire face aux trois regards qui martelaient son dos depuis qu'elle le leur avait tourné. Lentement, elle s'avança vers la grande table en silence. Lorsqu'enfin elle fut à leur hauteur, elle se tourna vers les deux hommes, leur fit la révérence comme Freccia le lui avait montré.


- Je parie qu'à partir de cet instant, je tiens jusqu'à la dernière seconde. Préparez vos bourses, messieurs.

La kaelem se releva, un léger sourire aux commissures de ses lèvres. Comme si rien ne s'était passé, la jeune femme se rassit à sa place, aussi gracieusement qu'elle le pouvait. Autant mener le pari jusqu'au bout. Elle toussa légèrement

- Alors, où en étions-nous ?

Le diner reprit dans l'apprentissage des règles de la noblesse. Ichel se mordait la langue, prenant son mal en patience.



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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Jeu 25 Aoû 2016 - 1:27

Ouh là, jeune dame, es-tu sûr de vouloir faire ce pari ? Arro avait certes laissé une ouverture pour te faire revenir, mais ne serait-ce pas aller trop loin que de tenter ainsi de tels joueurs ? Et bien, tant pis pour toi, si ton choix est fait... *Sourire Machiavélique de Narrateur*


Le maître marchombre eut un sourire amusé suite aux paroles de son apprentie. Savait-elle à quoi elle s'exposait ? Faire une telle proposition, c'était s'ouvrir à toutes les fourberies possibles. Surtout quand, dans le camp d'en face, il y avait deux marchombres doués dans les coups bas et subtils pièges. Si les deux hommes se liguaient contreelle, elle n'aurait plus aucune chance. Connaissant l'animal, Arro pronostiqua qu'elle arrivera à tenir... Deux mois, tout au plus deux mois et demi. Surtout que lui, il savait comment jouer avec ses nerfs pour qu'elle explose.

Mais il n'était pas là pour s'amuser, il était là pour apprendre à Ichel et en tant que bon pédagogue, il fallait qu'elle n'arrête pas. Alors, il se désengagea.


-Et bien, très cher Père, vous avez un adversaire dans ce pari avec lequel je ne peux rivaliser. Ainsi donc je me retire et me délecterai des scénes cocasses qui risquent de subvenir. Mère, je tiens à vous prévenir, vous risquez d'avoir un enfant de plus à gronder.

Toujours droit, tenant son verre parfaitement, la tête légèrement relevée, l'air hautain. Sa voix transcrivait son attitude, noble et pédante.

-Enfin, vous devez en avoir l'habitude... Vu que vous vivez avec depuis trente-cinq ans.

Ah, comme il était plaisant d'envoyer une pique à son propre père. Vous ne pouvez pas savoir le bien fou que ça fait tant que vous n'avez pas essayé. Soupirant d'aise, il retourna vers le repas, regardant les dizaines de milliers de couverts qui entouraient son assiette. La soirée allait être longue... Très longue.

***

Et ce ne fut pas que le délicat diner qui fut long. La leçon prit ce qui sembla être plusieurs éternités pour Arro. En vrai, cela ne prit que quelques mois. Mais que les journées semblaient longues quand il fallait jouer au noble du matin au soir. Essayez de faire rentrer un cube dans une sphère sera assez grande pour contenir le cube. Vous avez presque la même situation. Sauf que la sphère est en acier.

Le plus dur, c'était les vêtements. Trop serrés, pas pratiques, pas discrets... Mais que ne feriez-vous pas pour soutenir votre apprentie. Bon, il se consolait en se disant que c'était surement pire pour Ichel, lui était un homme, il n'avait pas à se pomponner tous les matins, enfiler ces robes, ces corsets et ces bottines. Une véritable torture rien que d'y penser.

Au bout d'un moment, le marchombre se mit à trouver presque agréable les cours de danse. Comme une bouffée d'air accompagnée d'une petite gorgée d'eau avalée de travers, alors que vous vous noyez au beau milieu d'une tempête déchainée. Il n'y avait pas meilleure comparaison possible. Ces cours apportaient de la musique, de la joie, presque du plaisir. Les pas et les mouvements étaient certes cadrés et innamovibles mais... Y'avait de la musique quoi.

Le reste du temps, c'était cours de maintien, de discussion, les séances d'emplettes, de rendez-vous chez le tailleur et d'autres trucs tout aussi chiants. Agrémentés toujours des tentatives de Pfeil de faire échouer Ichel, de la faire craquer. Mais elle tenait bon, parfois s'énervant un bon coup, puis recommençant immédiatement après s'être calmée. L'apprentie était têtue et c'était ce qui la sauverait des tactiques du père Skil'Liches.

Mais au final, plus le temps passait, plus elle absorbait les astuces et les informations des cours, moins elle avait besoin de Freccia pour l'aider durant les exercices. A la fin, on aurait presque dit qu'elle était noble de naissance. Impressionnante transformation que sa mère avait opéré là. Son maintien était parfait, elle maitrisait avec beaucoup de soin l'art de la discussion et arrivait à se tenir magnifiquement bien à table. Un miracle, si cela n'avait pas pris autant de temps.

Et ce fut la dernière séance. Lors du diner du soir, alors que tous étaient attablés, droits dans leurs sièges, mangeant petit bout par petit bout, Freccia annonça la nouvelle.


-Je n'ai plus rien à t'apprendre. Tu as tout assimilé, tu pourras maintenant parfaitement te fondre dans la masse de la haute société, si tu n'oublies pas ce que je t'ai appris.

Arro retint un soupire de soulagement, contrairement à son père qui relâcha son attitude, se coûlant dans un rôle plus à sa convenance. Le maître prit le relais de sa mère.

-Maintenant que tu sais comment agir, je te laisserais accomoder cela à notre voie. C'est un cours que je ne peux te transmettre, car le monde agit différement face à une femme que face à un homme. Mais je ne doute pas que tu sauras t'en sortir. Et d'ailleurs pour l'occasion... Il se tourna vers le majordome à la porte. Alfred, vous me feriez le plaisir d'apporter le paquet ?

Le vieil homme acquiesca d'un signe de la tête et disparut par la porte.

-Ce que va t'apporter Alfred clôturera notre très longue leçon. Un petit cadeau pour que tu ne sois pas dépourvue d'outils quand tu iras dans les hautes sphères.

D'une discrétion affolante, le majordome posa devant la demoiselle un colis. L'emballage était une pièce de soie verte, entourée d'une fine ficelle. Arro attendait avec impatience de la voir découvrir ce qu'il contenait. Une robe, faite sur mesure, accomodée au goût de l'apprentie, mais ce qu'elle avait d'important était ce qu'elle recelait. Le vêtement contenait nombreuse caches pour y entreposer des ustensiles discrets, crochets, pointes, doses de poisons, tout ce qui était petit et utile pour un marchombre.
Il y avait aussi dans le paquet deux bracelets de cuir, adaptés parfaitement aux avants-bras d'Ichel. Semblable à ceux du maître marchombre, l'un détenait un sets complet de crochets, fixés pour qu'ils ne tombent pas, sauf si le possesseur le souhaitait. L'autre était plus long, aussi long que la dague qui y était accrochée. Un systéme de cordelettes permettait de délier les attaches et de faire tomber le pommeau dans la main. L'arme en elle-même était simple, rien qui ne pouvait s'accrocher accidentellement ou gêner le mécanisme. Comme signe reconnaissable elle avait juste un sceau, qui était gravé délicatement sur le manche. Un oiseau qui piquait avec un luth en arrière plan.
La dernière touche à cette panoplie était un pic à cheveux, taillé dans du jade noir, il commençait par une tête de loup qui tenait le reste de la baguette entre ses crocs. Les yeux de l'animal étaient sertis de tourmaline. Le reste du jonc était simpliste en comparaison de la véritable sculpture minimaliste. Mais là où cela devenait intéressant, c'était que la pointe était affutée, ainsi, cela pouvait facilement devenir une arme redoutable, qu'elle soit lancée ou simplement plantée.
Tout cela formait la tunique parfaite pour une marchombre noyée parmis les nobles. Indétectable, invisible et pourtant si dangereuse.


-J'espère que tu en feras bon usage.

Un sourire s'afficha sur le visage de l'apprentie et du maître, tandis qu'Ichel ouvrait son paquet.


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MessageSujet: Re: Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.   Jeu 8 Sep 2016 - 12:50

Un défaut caractéristique de la marchombre. Elle haïssait perdre. Plus que d'être ignorante de certaines choses, elle ne supportait pas de perdre. Que ce soit n'importe quel défi ou que sais-je encore. Perdre n'était pas dans son vocabulaire. Ni de près, ni de loin.
Ichel Calwin ne supportait pas de perdre. Compétitive jusqu'à la moelle.
Et chaque défi lui donnait cette incroyable énergie de vaincre, cette adrénaline puissante déchaînant son esprit à la moindre occasion. Chaque défi, elle se surpassait. Toujours. Se donnant le plus grand mal pour en ressortir vainqueur, être certaine de remporter la victoire quoiqu'il en coûte.
Comment refuser un tel défi, dans ce cas ? La kaelem y avait mis tout son courage. Pour rester des mois dans des robes toutes différentes chaque jour, aussi inconfortables les unes que les autres. Tournoyer dans une salle de bal, ne plus parler mais ensorceler, se tenir droite et digne en toutes circonstances. Elle y mit toute son énergie. Pour leur faire regretter leur pari ridicule, cette provocation ouverte qu'ils lui avaient fait. Provocation pour qu'elle n'abandonne pas, provocation intentionnelle.

Ces mois, elle les passa à sourire. Au début, une torture véritable. Ce jour-là... La jeune femme refusera de vous avouer la vérité. Elle commençait presque à s'amuser de tous ces jeux et masques. Comme une pièce de théâtre où l'on enfile un déguisement, elle s'était amusée à en jouer. Pour, la plupart du temps, rire aux dépends de Dame Skil'Liches. Ou mieux encore, de son maître. Le provoquant lui aussi, le mettant parfois dans l'embarras devant sa mère. Si cela était cependant possible.
Oui, l'apprentie s'était, pour finir, donnée au jeu. Sans pour autant réellement leur montrer qu'elle commençait à y prendre du plaisir. Après tout, elle n'aime pas perdre la face non plus.

Le plus beau ? Arro qui s'y prêtait aussi. Toujours affublé de vêtements aussi étranges les uns que les autres, elle riait chaque matin en le découvrant. Tous deux semblaient seulement d'accord sur un point. Ces vêtements étaient fait pour n'importe qui sauf un marchombre. Pas pratique pour un sou, trop serrés et, ô Dame, pas discret du tout.
Malgré tout, elle savait en souffrir plus que lui. Devoir passer une bonne heure à se préparer... En règle général, elle n'y passe pas plus de dix minutes. Et encore.
Prendre ce bain tous les matins, mettre ce corset sans pouvoir se passer de l'aide d'une jeune demoiselle, là pour elle chaque matin, enfiler sa robe toujours avec son aide, se maquiller toujours. Et mettre ces bottines. Inutile de préciser qu'il lui était impossible de courir avec ces choses. Ou de faire quoique ce soit.
Et les diners... Ne parlons pas des diners... Non, vraiment. J'insiste.

La marchombre supportait tous ces rituels pour la simple idée de battre le père Skil'Liches et son fils à leur jeu. Et malgré tout, elle prit du plaisir à un unique détail.
La danse. Au fur et à mesure, elle y découvrit des similarités avec certaines choses. Et ça lui plaisait. Tournoyer dans tous les sens, presque s'envoler parfois. Et la musique... Elle rêvait à chaque seconde de s'emparer d'un luth et de savourer l'espace de quelques minutes sa propre mélodie.
La musique et la danse, un reperd pour ne pas perdre pied et abandonner. Ainsi que l'idée de gagner.
Sauf que le paternel Pfeil la provoquait sans cesse. Elle tentait de se contenir, et les rares fois où elle prenait la mouche, elle explosait un bon coup avant de recommencer l'exercice. Elle ne comptait pas lui donner la victoire si facilement...

Et au final, Ichel devint presque une noble. En apparences. A l'intérieur, toujours elle. C'était un rôle, un masque, une comédie. Elle jouait et s'en amusait. Le jeu devenait long, mais étrangement plaisant. Se jouer des apparences et devenir ce qu'elle n'est pas, faire croire au monde qu'elle est une autre et duper les regards. Un autre aspect de l'invisibilité. Un aspect qui, durant les dernières semaines, commença à lui plaire. Réellement.
Être invisible dans ce monde de dingue qu'est celui de la noblesse, se fondre parmi ses arpenteurs.

Le dernier jour arriva.

Le soir tomba vite, le diner fut donné, comme d'habitude, dans la grande salle. Et comme toujours, ils se tenaient droits, mangeant noblement leur diner. Tout se passait comme toujours lorsque Freccia prit alors la parole. Pour annoncer qu'elle n'avait plus rien à lui apprendre. Qu'elle avait tout assimilé.
Qu'elle avait gagné son pari.
Seulement, Ichel ne dansa pas sa fameuse danse de la joie. Toujours masquée noble, elle sourit légèrement et fit face comme Dame Skil'Liches le lui avait appris. Du coin de l'oeil, elle perçut tout de même Pfeil qui relâcha son attitude pour se convenir dans une position plus confortable et habituelle.

Arro prit la suite. Et sans même qu'elle n'ait le temps de s'en rendre compte, Alfred vint à elle, un énorme paquet entre les bras. Il le déposa devant elle, se retira.
Les yeux grands ouverts, Ichel laissa tomber une partie du masque. L'étonnement que l'on pouvait lire sur son visage contrastait avec toutes les émotions qu'elle avait affiché durant les dernières semaines.
Un cadeau.
Enroulé dans une douce soie verte, elle osait à peine y toucher. Que pouvait-il bien contenir ? Etait-ce fragile ? Devait-elle faire attention en l'ouvrant ?
Ce fut lorsqu'il parla pour la dernière fois, qu'elle comprit. Et elle sourit. Son regard planté dans le sien, elle savait ce que le paquet contenait. Et connaissant son maître depuis tant d'années, elle ne pouvait que s'en douter.
De deux doigts légers, elle prit délicatement la ficelle et tira dessus. Le colis se défit naturellement, les pans de soie glissant de chaque côté, dévoilant ainsi les secrets renfermés en son sein.


- Wow.

Première réaction. Simple mot, exclamation de surprise véritable. Tout ça. Pour elle. Sourcils haussés de surprise, les derniers vestiges de sa parure de noble s'effondrèrent, sa main saisit l'objet qui attira son oeil plus que les autres.
Un pic à cheveux.
Les autres, elle les détailla quelques minutes, s'émerveillant devant la beauté, mais surtout la signification de ce geste.
Et son regard se posa à nouveau sur ce pic. D'une finesse incroyable, ses doigts effleurèrent la tête de loup noire. Ses yeux brillaient à la lumière de la salle, seul éclat du pic de jade noir. Son index descendit le long de la tige, se piqua à sa pointe. Arme fatale pour qui sait l'utiliser.
Ce qui fait cependant battre son coeur, n'était pas cet ultime détail pratique. Non, bien sûr que non.
La tête de loup. Symbole de la famille Skil'Liches. Symbole de sa famille à lui. Du coin de son regard, elle le voyait l'observer. Comme toujours. La couver de ce regard.
Un pic à tête de loup.
Et elle sourit. Parce qu'elle savait pertinemment pourquoi son coeur dansait.
Arro est un père pour elle. Ce geste, ce pic précis, à tête de loup, tout.

Elle est une fille pour lui.

Et son coeur cède à une certitude nouvelle. Il sera toujours là pour elle. Comme ce pic qu'elle glisse entre ses boucles, geste ultime pour lui retourner ces sentiments. Pour lui dire qu'elle a compris. Et que c'est réciproque.






[ RP Terminé, du coup I love you ]


_______________
Loving can hurt, loving can hurt sometimes, but it's the only thing that I know, when it gets hard, you know it can get hard sometimes, it is the only thing that makes us feel alive ▵ ©endlesslove.
there's always another secret


ÂneArc-En-CielAdorable ♥
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Je vais faire de toi cochonnette, le plus pur des saphirs.
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