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 Boss, on a comme qui dirait un petit problème...

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MessageSujet: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 17 Juin 2014 - 17:12

Spoiler:
 

Pirseth ferma la main, et les flammes qu’il avaient dessinées au creux de sa paume pour éclairer son chemin disparurent sans un seul bruit. En faisant le moins de bruit possible, il ouvrit la porte des appartements de sire Ril’Enflazio et de sa compagne et se dirigea vers la chambre.

La nuit avait été trop calme, et c’est ce qui l’avait réveillé. Il ne prétendait pas posséder de sixième sens, mais quelque chose n’allait pas. La pluie torrentielle et l’orage qu’ils avaient eu en début de nuit avait cessés, ne laissant qu’une atmosphère moite et glaciale. En se rendant aux lieux d’aisance, quelque chose avait attiré son attention. Un instinct. Il avait été bien entrainé, et son instinct le titillait : quelque chose n’allait pas. Des traces d’eau dans les couloirs, tout d’abord, infimes et dérisoires, mais qui partaient de la fenêtre, et disparaissaient dans le couloir pour se terminer brusquement.
Alors il était allé vérifier les coffres, parce qu’il valait mieux passer pour un paranoïaque que pour un négligent, et que Varsgorn s’était inquiété à voix haute plusieurs fois du manque de protection du Trésor de l’Académie, sans que Sire Ril’ Krysant n’y change quoi que ce soit.

Maintenant, il se trouvait dans la noirceur chaleureuse des appartements de son patron, et il hésitait. Pirseth avait une confiance absolue en Varsgorn Ril’ Enflazio, là n’était pas la question, il avait été son bénéfacteur, son modèle – un père de substitution, au fond, même s’il cachait ces sentiments-là au fond pour rester professionnel. Mais ne serait-il pas plus simple de le laisser dormir, et de blâmer tout le lendemain sur Sire Ril’ Krysant ?
Non. S’il y avait une chose que Pirseth savait, c’est que cette décision revenait à Varsgorn, pas à lui.

Le plus silencieusement possible, Pirseth posa une main sur l’épaule de Varsgorn, enlacé avec Myra. L’homme avait déjà les yeux ouverts, le visage baigné de lumière de la lune et le transperçait du regard. Rapidement, Pirseth posa un doigt sur ses propres lèvres et fit signe de la main à Varsgorn de le suivre.

Docilement, il attendit en dehors des appartements de son patron que celui-ci le rejoigne – ou le congédie. Lorsqu’il le rejoint, Pirseth murmura rapidement :

- Nous avons un problème, Sire. Je pensais que vous souhaiteriez le voir de vos propres yeux.

A la lumière des flammes qu’il tenait au creux de la main, il le mena rapidement dans les étages inférieurs, puis plus bas encore, aux sous-sols et au-delà des caves des cuisines, jusqu’à une salle qui servait à première vue à entreposer les sacs de grain pour éviter qu’ils ne moississent.
En temps normal, les piles de sacs s’étalaient contre les murs sur des étagères bien spécifiques. En temps normal, il suffisait à Varsgorn de déverouiller le mécanisme d’une des étagères, qui libérait ses roues, et de pivoter cette étagère pour qu’elle laisse place au mur de pierres nues. Derrière ce mur… En temps normal, on y trouvait tous les fonds de l’Académie, en pièces, en joyaux, en parchemins légaux de la plus haute importance, on y trouvait ses trésors et ses reliques rares, on y trouvait les artefacts de Merwyn, on y trouvait des merveilles.

Un peu en retrait par rapport à son maître, Pirseth éclaira la salle afin que Varsgorn puisse contempler le tout. La porte secrète du mur était ouverte, béante. Et l’intérieur…

- Dois-je faire prévenir notre Intendant, Sire ?

Le caveau était vide. Vide et sombre. Au centre de la pièce désormais nue, sur le sol, un petit morceau de parchemin sur lequel était écrit un seul mot.
« Navré ! »



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 17 Juin 2014 - 17:50

Douce nuit. Qu'il était agréable de dormir quand la journée avait été longue et bien remplie.


Dans son passé, la nuit était sa vie. Fantôme ne se montrait que lorsque le soleil se cachait. C'est dans les ombres qu'il tirait sa force. Assassiner la nuit, la meilleure des solutions. On ne découvrait le corps que lorsque l'assassin était loin.


Mais Fantôme avait vécu et Fantôme était mort. Aujourd'hui, il était redevenu Varsgorn Ril'Enflazio, paisible magnat alavirien. Et les magnats, la nuit, ils dormaient. Myra enlacé dans ses bras, que rêver de mieux? De ne pas être interrompu en plein milieu par exemple?

Une main sur son épaule avait suffit à l'éveiller. Il ouvrit les yeux pour voir son fidèle Pirseth qui posait une main sur ses lèvres. Il enfila rapidement un pantalon et il le suivit, torse nu, à l'extérieur de la chambre. Avait-il autant vieillit depuis qu'il avait quitté les rangs du Chaos? Jamais Pirseth n'aurait pu poser un pied dans ses appartements sans qu'il ne l'entende... avant. Mais ce soir, il aurait pu les égorger, lui et Myra, et Varsgorn ne se serait éveiller que lorsqu'il aurait sentit le contact de la lame sur son cou. Pirseth était doué, certes, c'était lui qu'il l'avait entraîné, il en savait quelque chose mais celui qui engageait un amateur pour tuer un ancien mercenaire était un idiot. En sortant de sa chambre, Varsgorn nota mentalement d'engager des gardes pour se poster à sa porte et à ses fenêtres. 

D'un signe de tête, Varsgorn interrogea Pirseth. Un problème? Et qui nécessitait qu'on le réveille en pleine nuit? Le trésorier prit quelques instants pour finir de se préparer. Machinalement, il prit une tenue qui lui rappelait son passé. Sombre avec une capuche pour dissimuler son visage.


Il suivit Pirseth qui s'éclairait à l'aide d'un dessin. Varsgorn reconnut sans problème le chemin. Et son inquiétude grimpa. Une fois arrivé devant la salle qui accueillait en temps normal le trésor de l'académie, ses inquiétudes se confirmèrent. La salle était vide, hormis un message. "Navré". De colère, Varsgorn chiffonna le billet avant d'ouvrir le poing.


- Non, on apportera la tête de ces ordures à cet imbécile d'intendant. Préviens mes meilleurs gars, on aura besoin de main d'oeuvre cette nuit. Trois ou quatre devraient faire l'affaire.

Varsgorn rabattit sa capuche sur sa tête. Cette nuit, Fantôme allait honorer son nom. Un revenant partait à la traque de ceux qui avait osé le voler. Malheur à eux.

En remontant dans les étages, le trésorier maudissait Aziel. Combien de fois lui avait-il dit que la garde n'était pas élevée la nuit? Combien de fois lui avait-il dit de payer des personnes pour garder le trésor? A chaque fois, l'intendant lui avait répondu qu'il était inutile de faire de telles dépenses. "Le trésor est suffisamment bien caché" répondait-il à chaque fois. Quelle perspicacité! Voilà ce qu'il coûtait de faire des économies, le trésor entier était dans la nature.

Heureusement que lui, Varsgorn Ril'Enflazio pouvait compter sur les yeux et les oreilles qu'il employait. Sans Pirseth, le trésor se serait définitivement envolé.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 17 Juin 2014 - 18:32

Pirseth hocha discrètement de la tête en entendant les consignes de Varsgorn, et disparut dans un pas sur le côté silencieux. Les hommes de Varsgorn ne résidaient pas directement à l’Académie de Merwyn, Aziel ne l’aurait pas permis, mais ils n’en avaient pas besoin. Al-Poll était suffisamment proche, et Pirseth était un dessinateur suffisamment compétent pour amener des hommes avec lui si la situation était suffisamment urgente.
Il réapparut dans des baraques très quelconques d’Al-Poll, là où il savait trouver les… « meilleurs employés » de Sire Ril’ Enflazio. Deux d’entre eux étaient éveillés et jouaient à des jeux d’argent dans un coin de la pièce tandis que leur acolyte dormait sur une des paillasses. Leurs réflexes étaient excellents… Avant même de pouvoir ouvrir la bouche, Pirseth se retrouva menacé par des dagues dégainées d’il ne savait où.

- C’est moi
, dit-il d’une voix assurée. Ce n’était pas la première fois qu’il venait là et ça ne serait probablement pas la dernière fois. Ordres de Fantôme. Vous êtes opérationnels et aux portes de l’Académie dans dix minutes. Liam, avec moi.

Pirseth saisit directement Liam par l’épaule et prépara son pas sur le côté. C’était des professionnels. Toujours prêts sans avoir besoin d’attendre. Au moment de redisparaître, Pirseth eut tout juste le temps de voir le deuxième homme éveillé donner un coup de pied à son acolyte endormi pour le réveiller. Pas de soucis pour qu’ils atteignent l’Académie. Le dessinateur ne savait pas comment ils s’y prenaient, mais ils y parvenaient toujours, et c’est tout ce qui importait.

Ils réapparurent dans le hall d’entrée, où Pirseth murmura rapidement à Liam :

- Des voleurs ont braqué le Trésor de l’Académie. Va te présenter à Fantôme, et suis ses instructions. Je retourne inspecter les caveaux.

Et c’est ce qu’ils firent tous les deux, sans un mot de trop : ils étaient trop efficaces et entrainés pour tourner en rond. Retourné dans la salle souterraine où devait se trouver le trésor, Pirseth parcourut la salle de ses yeux perçants, se pencha parfois pour étudier la poussière, un pli suspect sur un sac de grain. Remonta les couloirs jusqu’à cette fenêtre qu’il avait vue et les traces d’eau suspectes, presqu’évaporées maintenant.
Lorsqu’il retourna dans le bureau de Varsgorn, les deux acolytes de Liam étaient arrivés aussi, et Varsgorn passait ses dernières armes.

- Mon rapport, sire. A première vue, aucun des mécanismes n’a été forcé dans le caveau et rien n’a été déplacé inutilement. Les voleurs savaient exactement quoi chercher, et comment le chercher.

Il hésita un instant, en pesant ses mots.

- Si je puis me permettre, Sire, je pense qu’au moins une des personnes impliquées dans l’affaire fait partie du personnel de l’Académie. Une des fenêtres du rez-de-chaussée était déverrouillée, et seul quelqu’un travaillant ici aurait pu avoir connaissance du mécanisme du coffre. Toutes les clefs du caveau sont-elles encore là ?

Il aurait suffi du vol d’une… Pirseth avait toute confiance en Varsgorn, mais il n’était pas le seul à posséder une clef. L’Intendant, d’une part… Qui sait qui d’autre en avait un double ? C’était une information qu’il ne possédait pas. Mais son maître, probablement. Il était toujours au courant de tout.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 17 Juin 2014 - 20:17

Varsgorn était retourné dans son bureau, heureusement éloigné de la chambre à coucher. Cette nuit, c'était une facette de lui qu'il ne voulait surtout pas montrer à Myra. Il était important qu'elle reste tranquillement au pays des rêves.


Pendant qu'il attendait ses "employés", il s'était armé, dissimulant des couteaux qu'il avait payé au fer-prix. Le premier qui poussa la porte fut Liam. Sans frapper. Il se savait attendu. Il se savait surtout attendu. Pas un mot. Un simple signe de tête. Il fut suivit par Arno (What a Face) et Beomil. Pirseth revint bon dernier... mais pas les mains vides. Il ramenait un rapport accablant. 

Un employé complice? Varsgorn n'arrivait pas à le croire, même si c'était logique. Tous, sans aucune exception, étaient passé dans son bureau pour recevoir leur paie. Ils les avaient tous eu devant les yeux, et pas un seul ne lui avait paru suspect. Pas un. Vieillissant. Qu'il était mauvais de vieillir. Tout ce qui lui semblait naturel à l'époque s'érodait avec l'âge... Ce soir, il allait prouver qu'il était toujours aussi dangereux qu'avant. Les voleurs allaient payer. Il les traquerait sans relâche jusqu'à leur capture.

Varsgorn se tourna vers le coffre où il gardait la clé des coffres. Il l'ouvrit. Sa clé était là. Elle n'avait pas bougée. Mais il était tellement facile d'en faire un double. Qui? Son bureau était régulièrement nettoyé. Mais il aurait fallu l'espionner pour savoir tous les secrets sur les coffres. Des professionnels sans aucun doute. La traque serait plus compliquée que prévue.


- Tout était donc prévu... Il y a un employé qui ne doit pas être serein cette nuit. Pirseth, tu m'as prouvé que tu savais te déplacer comme une ombre. Fais le tour des chambres des employés. Note le nom de tous les propriétaires des lits que tu trouveras vide. S'il y a des employés éveillés, tu me les amène... Je t'autorise à oublier le mot douceur.

Il jeta un regard vers Liam, qui avait souvent brillé par ses talents de chasseur.


- Liam, l'orage a peut-être oublié de masquer les empreintes de voleurs. Va à la fenêtre et trouve moi le maximum d'indices pour retrouver ces ordures.

Ils restèrent à trois dans le bureau. Arno était un maître dans l'art d'assassiner. Varsgorn le soupçonnait de chercher l'originalité à chacun de ses meurtres. Beomil, quand à lui, serait utile si Pirseth ramenait des employés qui avaient eu la mauvaise idée de rester éveiller. Il savait extirper les informations des plus réfractaires. Son "patron", comme il aimait appeler Varsgorn, ne l'avait jamais vu échouer.


Les quatre meilleurs étaient là. C'était une des choses que l'argent pouvait apporter: l'entourage. Et Varsgorn avait toujours été fortuné. Bien sûr, l'argent n'achetait pas la fidélité. Celle-ci, il se l'assurait autrement. Pour Pirseth, ils se connaissaient depuis tellement longtemps qu'il ne le voyait pas le trahir. Un vrai déchirement si Pirseth en venait à de telles fins. Pour les autres, non seulement, il était le plus offrant mais il les tenait sur des secrets qu'ils n'apprécieraient pas de voir dévoiler.


Il ne restait plus qu'à attendre Pirseth. Se lancer à l'aveugle dans la nuit était voué à l'échec, même si Varsgorn était persuadé que les voleurs avaient filé vers Al-Poll.


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Jeu 3 Juil 2014 - 22:37

Liam retourna à la fenêtre indiquée en peu de mots par Pirseth lorsqu’ils sortirent ensemble du bureau du patron. Peu-être que l’orage avait oublié de masquer les empreintes.. Facile à dire.
L’orage aurait sans doute lavé toutes les odeurs. Néanmoins, en professionnel habitué à ne pas questionner les ordres, il se mit à inspecter la fenêtre, les traces humides désormais presqu’effacées sur le tapis. Liam s’agenouilla et passa les droits sur les franges des tapis, humant l’air, tous ses instincts de chasseur en alerte. Il aurait aimé pouvoir traquer la proie jusqu’au bout et lui donner le dernier coup, mais il s’agissait juste de faire du repérage pour l’alpha de leur meute.

Passant par une autre fenêtre pour ne pas effacer malencontreusement les traces, il sortit dans la nuit brumeuse et humide. La pluie tombait par à-coups, rien de comparable au déluge du début de soirée, mais ça rendait toute discrétion impossible. Lentement, Liam remonta les traces, perdant parfois la piste. Il n’aurait su dire exactement combien de traces différentes il y avait, la boue était trop confuse. Mais à la profondeur des traces, on pouvait au moins déterminer qu’il s’agissait d’hommes. Après avoir repéré les traces qui menaient dans le parc, Liam fit rapidement le tour des bâtiments. Un trésor de cette taille, il n’avait pas pu être transporté simplement sur le dos…
Ses craintes se confirmèrent près d’une trappe qui menaient aux sous-sols, sur une façade orientée vers la lisière de la forêt. Presqu’effacées, les traces linéaires de roues. Un petit chariot léger, à n’en pas douter. Il suivit les traces, qui se regroupaient avec les traces de pas vues précédemment et passaient en partie par la forêt.
Dans la forêt, protégée par sa frondaison, il huma un grand coup. De nombreuses odeurs différentes, toutes humides, mais en filigrane… Celle d’hommes. Couplée à celle de sciure et de résine, de bois qu’on venait fraichement de couper.
Une odeur qu’on trouvait typiquement dans les quartiers est d’Al-Poll, à l’extérieur des murs d’enceinte. Ces entrepots d’artisans qui amenaient le bois fraichement coupé des forêts alentours et le débitaient en planches et en matériaux, où l’on extrayait la résine pour en faire des sirops, des colles ou des teintures.
Liam sourit. Et finit de remonter les traces jusqu’à un endroit où le mur d’enceinte se mêlait encore à quelques arbres. Les gardes y patrouillaient – Dame Hil’ Guidjek était loin d’être quelqu’un d’incompétent. Mais il était plus facile de se cacher derrière les troncs et dans les bosquets qu’en plaine. Il suffisait de connaître les horaires de relève ou de rester caché suffisamment longtemps pour saisir une ouverture, et…

Comme prévu, il retrouva le chariot planqué dans un des bosquets, et sur les murs des traces de griffes laissés par des grappins et des poulies.

Ils avaient sacrément bien calculé leur coup, les salauds.

*
En miroir de son collègue, Pirseth humait l’air silencieusement dans la pénombre des appartements des domestiques. Il se tenait coi, ses yeux perçant distinguant à travers les ténèbres les respirations, les habits, les affaires. N’importe quoi qui sortirait de l’ordinaire…
Enfin, il le perçut. Cet air légèrement plus frais, plus humide, cet air qui sentait la pluie, qui détonnait de l’air confiné et chaud des respirations nocturnes.
L’homme était allongé sur son lit, la respiration faussement profonde. Mais le thorax se haussait trop fort.
Pirseth se pencha, la main prête à saisir le coupable.

Soudain, il bondit en arrière en jurant entre ses dents, la main sur la joue. Le domestique s’était levé brusquement, tirant de sous son oreiller une dague qu’il avait dardée dans un arc. Il aurait su s’en douter. Quelques gouttes de sang tâchaient ses gants.

Ignorant ses bonnes manières et la discrétion avec laquelle il aurait voulu opérer, Pirseth bondit par desssus le lit en direction du domestique qui fuyait déjà dans le couloir. Imbécile…
Si ce crétin n’avait pas réussi à le toucher avec son cure-dents, il l’aurait chassé sans les Spires, pour le sport. Mais maintenant, il n’allait pas se faire prier. Le fugitif sauta par-dessus les premières cordes que Pirseth dessina dans le couloir pour le faire tomber. Mais il ne put s’échapper du filet qui apparutsoudainement au dessus de lui, et qui l’envoya valser en faisant tomber un vase dans un grand fracas.
Promptement, Pirseth l’assomma d’un coup dans les tempes et le traina par le col dans la pénombre, afin d’éviter d’être vu par les élèves et les personnes qui s’étaient levées pour voir d’où venait le raffut.
Quand le calme fut revenu, Pirseth charga passa les appartements du domestique au peigne fin, prit tout ce qui pouvait servir de preuve ou d’indice, en particulier les bourses rondes qu’il trouva dans le matelas et la cape humide près du feu. Puis il charga le coupable inconscient sur son épaule et retourna d’un pas sur le côté dans le bureau de Varsgorn.

Quand il déposa son chargement sur une chaise, il ne put retenir un pincement de lèvres froissé. Arno venait de rire à son égratignure et même Liam, les cheveux encore dégoulinants de pluie, avait un sourire torve. Pirseth les ignora et, d’un ton raide :

- Pas de doutes, ce jeune homme était debout cette nuit, sire.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Sam 26 Juil 2014 - 21:36

Pirseth était revenu... mais pas seul. Comme Varsgorn l'avait prévu, l'homme avait trouvé un domestique qui ne dormait pas. En voyant l'égratignure que Pirseth arborait, Arno se mit à rire:

- Et bien, Pirs, tu vieillis, voilà que les domestiques arrivent à te faire couler le sang.

- Il suffit Arno, tu n'es pas embauché pour te moquer de lui. Et si tu continue, je serais ravi de te prouver que vieillesse ne rime pas forcément avec faiblesse.

Pirseth installa sans ménagement le domestique sur la chaise face au bureau de Varsgorn. Comme le faisaient les invités venus voir le trésorier. Sauf que le trésorier n'était pas là ce soir, c'était une toute autre personne que le domestique avait face à lui. Même si le physique était le même.

Varsgorn reconnaissait vaguement le domestique. Il y en avait tellement dans cette académie que l'homme qui les payait était incapable de dire qui il était ni son rôle dans la place. Peut être qu'il nettoyait son bureau? Le domestique regardait successivement les personnes qui étaient présentes dans le bureau, en s'attardant plus longtemps sur Varsgorn que sur les autres.



- Je... Je... Qu'est... ce que.... vous... me voulez? bafouilla-t-il


- Tu ne le sais donc pas? railla Arno. Je t'aide: Vol, Argent, Coupable.

Varsgorn jeta un regard noir vers Arno. Décidément, cet acolyte avait le don pour tout prendre à la rigolade.


- Un vol a été commis cette nuit, dit calmement Varsgorn. Et je ne supporte pas qu'on s'empare de ce qui est sous ma protection.

- Et tu fais un coupable parfaite, surenchérit Arno.

- Moi?... mais non... je...

Varsgorn leva la main pour lui imposer le silence.



- Je n'ai que faire de tes mensonges, dit-il. Tu étais réveillé la nuit du vol, tu gardais un poignard avec toi alors que l'académie est si bien gardée. Je ne me demande pas si tu es coupable mais je te demande de me dire où se cache le butin. Si tu nous aide, je te laisserais partir vivant et entier. Si tu t'obstine à mentir, mes amis se chargeront de toi.


- Je n'ai rien fait, je vous jure, messire Ril'Enflazio.

La voix de l'homme avait cessée de trembler. 


- Tant pis pour toi... Beomil, s'il te plaît, peux-tu te charger de délier la langue de notre ami?

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Beomil. Le domestique tenta de se relever mais d'une poigne sûre, Arno le fit se rasseoir. Le bourreau sortit une panoplie de petites lames.


- Arno, arrange toi pour que notre ami ne crie pas, il serait regrettable que la dame de messire ne se réveille, dit Beomil.


Pendant de longs instants, Beomil tortura le domestique. Varsgorn ne le lâcha pas des yeux. Puis soudain, d'un geste, le domestique repoussa Beomil. Arno sortit sa lame et la plaqua sous le cou du domestique.


- J'espère que tu vas parler, sinon je te dessine un sourire sanglant, murmura l'assassin.



- Je ne sais rien, ils m'ont payé pour que je donne des informations sur le lieu du coffre et que je leur donne une clé mais c'est tout. Je vous jure que c'est tout.

Arno interrogea Varsgorn du regard. Fantôme jeta un coup d'oeil dans l'argent que Pirseth avait ramené. Pas assez pour le butain que promettait les coffres de l'académie.


- C'est tout? Tu te fais payer bien peu pour les risques que tu prends, dit Varsgorn. Je crois plutôt que vous avez un lieu de rendez-vous pour partager la somme, n'est ce pas?

- Non, je vous jure. C'est le seul paiement que j'ai eu.


- Beomil, pourrais-tu t'assurer que notre ami n'a rien d'autres à dire?


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Ven 12 Sep 2014 - 2:35

Pirseth observait la scène d’un coin de la pièce, sans dire le moindre mot à Varsgorn. Ce n’était pas sa place.
Quand Béomil sortit un attirail que Pirseth ne connaissait que trop bien et qu’il avait espéré ne jamais voir entre ces murs, il ne dit rien. Pas plus qu’en voyant cette lueur dans ses yeux, ou le plaisir malsain que prenait Arno à enfoncer un baillon entre les dents de leur témoin apeuré et tremblant. Pirseth ne dit rien quand Varsgorn n’ordonna pas l’arrêt de la torture de suite, ni quand Beomil se mit à arracher systématiquement les ongles du prisonnier un par un alors qu’Arno ricanait.

Il devrait. Mais jamais, jamais il ne remettrait l’autorité de son patron devant les autres, surtout quand les autres étaient en train de faire d’un être humain un tas de pleurs loqueteux devant ses yeux. Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’il voyait ça. C’était le métier. Ils étaient des professionnels.
Mais Arno et Béomil aimaient ça juste un peu trop. Et Ril’ Enflazio avait dans l’œil l’écho de la même lueur, celle qui rappelait à Pirseth les jeunes criminels qu’ils avaient tous les deux été, lorsqu’ils servaient le Chaos.

Et l’idiot parlait, tremblant, lorsqu’on lui retira le baillon. Dire qu’ils étaient dans la pièce à côté de quelqu’un qui ne se doutait pas de ce qui était en train de se tramer… Ils auraient du mettre un tissu sur le tapis. Il aurait du y penser. Pirseth, tu deviens négligent.

Lorsque le patron donna la permission à Béomil de continuer le carnage sur l’autre main, tirant un nouveau sourire carnassier à cet Arno que Pirseth sentait de moins en moins, le prisonnier se démena tant qu’il put sur sa chaise, combattant les liens.
Il ne rendit grâce qu’à deux nouveaux ongles arrachés, craquant en pleurs et avachi sur sa chaise, le visage complètement défait, et se mit à déblatérer tout et n’importe quoi d’un ton faible. Poussant sur le côté les deux bourreaux, Pirseth s’approcha, saisit la tête de l’idiot par les cheveux pour lui mettre le visage à la hauteur du sien, et lui murmura de manière à ce qu’il ait l’air de lui souffler une confidence :

- Tu as ma parole que personne ne te touchera plus si tu me dis ce que tu as sur le cœur maintenant.

Technique classique. Briser une âme, puis caresser les blessures en disant que tout ira bien, et la plupart des bêtes vous suivront. L’autre se mit à parler, bas et beaucoup, Pirseth écouta chacun de ses mots, tria mentalement ce qui relevait de la démence et de la douleur et ce qui pourrait leur servir. Au final, le jeune homme en pleurs avait posé la tête contre son épaule et Pirseth lui embrassait les épaules de ses bras, comme s’ils euent été frères, sous le regard perplexe de Béomil, goguenard d’Arno, impassible de Varsgorn.
Lui tenant la tête entre les mains, il lui dit finalement à voix basse, une fois sûr que l’autre lui avait dit tout ce qu’il savait :

- Que les Dieux apportent à ton esprit la protection qu’ils n’ont pas accordée à ton corps. Et d’un seul mouvement sec, professionnel et avant même que l’autre ne se rende compte de ce qu’il était en train de dire, Pirseth lui brisa nec la nuque.

Puis il se tourna vers Varsgorn, ignorant complètement les autres acolytes qu’il trouvait barbares et trop passionnés :

- Un deuxième paiement, les trois quarts de la somme, devaient être donnés demain matin lorsqu’il se rendrait à Al-Poll lors de sa ronde habituelle auprès des marchands. Il devait attendre à un endroit précis que vienne un représentant des Mancrin, qui lui remettrait la somme.

- Les entrepots de la scierie Mancrin. A l’est d’Al-Poll, en dehors des murs d’enceinte, par la rivière,
précisa Liam. Ces entrepots étaient le lieu de rassemblement secret du réseau des Rats, mais à ma connaissance, cela fait plusieurs mois qu’il est tombé, au cours d’une rixe de gang, et que La Troupe Ecarlate s’en sert comme base pour leurs activités de rapine au sud de la rivière, le long des villages du Poll.

- Ce n’était pas la première fois que ce jeune homme traitait avec eux, malheureusement. Il est leur taupe, se fait engager dans les lieux de prédilection où auraient lieu les rapines, et leur procure les renseignements internes, la carte des lieux, et ouvre les portes pendant les cambriolages. … Du moins, leur procurait. Le trésor de l’Académie doit être transporté cette nuit sur un navire le long du Pollimage et écoulé plus au sud, là où on ne le retrouvera pas.

Beomil était, pendant tout ce discours, en train d’emballer ses affaires de torture en essuyant méticuleusement le sang à chaque fois.

- Sire, si on veut agir, on doit faire vite. Le bateau pourrait déjà être en route vers un endroit de l’Empire où on ne le retrouvera pas. De plus, nous aurions l’élément de surprise en tombant sur leur gang maintenant. Que faut-il faire du corps ? La disparition d’un domestique sera sûrement remarquée.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 17 Fév 2015 - 17:11

Pirseth avait réussit à faire parler le faux domestique. L'homme l'impressionnait toujours autant. Ce n'était pas son fils et pourtant, Varsgorn avait parfois la sensation de se revoir quand il était plus jeune. Pirseth avait même plus de talent que lui. Un digne héritier pour le réseau criminel que Varsgorn entretenait. 


Ainsi les brigands avaient récupéré à leur compte l'ancien entrepôt de la scierie Mancrin. Varsgorn en avait entendu parlé. Il faut dire que l’événement avait beaucoup fait de bruit chez les nobles. Un réseau de brigands implanté si proche de leur domicile les avaient fait trembler d'effroi. Il avait été le sujet de conversation préféré de la clientèle de son magasin d'Al-Poll pendant au moins une semaine après le démantèlement du réseau. Heureusement pour Varsgorn, il n'était présent que très rarement dans son bureau du magasin. Il n'avait pas eu à subir les conversations. Mais Varsgorn ignorait qu'il y avait une troupe qui avait repris les lieux et les rapines. Le fait que Liam soit au courant le mettait en colère. Varsgorn était censé apprendre tout ce qui pouvait mettre en péril sa fortune personnelle. Une erreur que Liam n'aurait pas intérêt à répéter.

- Liam, tu te charges du corps et tu le cache le temps qu'on agisse contre cette Troupe Ecarlate. Demain, tu te chargeras de le faire disparaître pour de bon.

Une punition pour son manque d'information. Il était responsable du corps. S'il était repéré, il serait le seul à tomber. 


Pour la disparition du domestique, il s'en chargeait. Après tout, c'était lui qui payait les employés. Il trouverait aisément une raison pour le départ du domestique, tout comme il n'aurait aucun mal à le remplacer. 


- Tu nous retrouveras devant les portes de l'académie.

Pirseth avait raison, il fallait agir dès cette nuit. 


Varsgorn attrapa un parchemin usagé et il griffonna un mot d'excuse pour son absence si jamais Myra se réveillerait pendant qu'il serait partit. Liam fila avec le corps au moment où l'ancien mercenaire enfilait ses gants spéciaux. Depuis qu'il avait repris l'entreprise de son père, il avait fait fabriqué des gants qui permettait à ses lames de sortir sans avoir besoin de percer le cuir. 


Avec les trois autres, ils sortirent de l'académie. Les gardes de l'académie les laissèrent passer. Varsgorn, même accompagné, restait le trésorier de l'académie. Ils attendirent Liam qui ne tarda pas à arriver. Visiblement, il n'avait pas eu de problèmes. Les meilleurs se payaient chers et Fantôme avait des moyens que d'autres n'ont pas. 


Les entrepôts de la scierie se trouvaient, comme l'avait dit Liam, à l'est de la ville. Il n'était pas étonnant que personne n'avait eu vent qu'il était de nouveau occupé. Les fenêtres étaient condamnées. La porte pendait maladroitement sur ses gonds. Mais Fantôme en était certain, des brigands devaient attendre derrière que des intrus tentent l'aventure d'entrer. Parce qu'il y avait des signes de la présence des brigands que la lune dévoilait. L'herbe folle avait certes prit possession des abords de l'entrepôt mais devant la porte, elle semblait ne pas y parvenir. 


- Pirseth, toi et Liam, vous allez faire le tour. Il doit forcément y avoir une autre entrée pour permettre de charger le bateau. Liam, c'est Pirseth qui commande, tu lui obéis. Beomil et Arno, vous venez avec moi, on passe par l'entrée principale. 

Pirseth et Liam disparurent dans les ténèbres. Fantôme fit signe à ses deux compères de le suivre. 


- Arno, tu te mets à droite de la porte, moi je me mets à gauche. Beomil, toi, tu t'approche et tu fais semblant d'être saoul. Les brigands en faction devant la porte devrait sortir pour te faire taire, le bruit est mauvais quand on a un butin à cacher. 


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Dim 1 Mar 2015 - 22:27

[Hésite pas si y'a besoin de changements]

Pirseth acquiesça d’un signe de tête aux ordres de Varsgorn. Avec Liam, ils s’enfoncèrent dans l’ombre des ruelles adjacentes pour contourner l’entrepot. La lune était un peu trop haute à son gout, mais ils n’étaient pas à leur première mission et Liam se déplaçait avec une relative aisance dans les hauteurs. Il n’y aurait pas d’entrée secondaire à l’entrepot, du moins pas directement, mais s’il connaissait la manière dont les entrepots sur la rivière étaient agencés…

Sur un signe de Pirseth, malgré les protestations silencieuses de son collègue, les deux hommes virèrent vers la rivière. Et s’y engagèrent silencieusement, en brasses coulées qui les faisait s’approcher du quai d’embarquement de l’entrepot sans que les hommes de la Troupe Ecarlate ne les voient. Ils seraient prêts à saboter le départ du bateau et l’empêcher de partir, lorsque Varsgorn frapperait.


*


- Meunier, MEUNIER, tu es coCUUUUU-

Un fracas abominable leur indiqua que l’ivrogne se rapprochait. Il frappait, du poing, du pied, de la bouteille, contre les palissades moisies de l’entrepot. Comme s’ils n’avaient que ça à faire.. La dernière chose dont ils avaient besoin, c’était qu’un abruti attire l’attention sur l’entrepot et que la garde s’y approche de trop près cette nuit, même pour arrêter un pochtron.

- Je VAIS te DIRe ce que j’AI VUUU et ru et RU et rutontèèèèLEUH-

Il fallut un moment pour qu’il se passe quoi que ce soit. Les membres de la troupe écarlate étaient trop occupés à enfoncer le trésor de l’Académie de Merwyn dans des sacs neutres, cachés dans le grain, la farine, les tissus en rouleaux, parfois même dans les tonnelets de bière. C’était lent, et fastidieux, mais c’était la seule manière de transporter le trésor incognito Le bateau devrait impérativement partir avant l’aube et c’est pour quoi ils hésitèrent longtemps à envoyer quelqu’un gérer l’abruti dehors.

- EN PASSanT par TON mouLin ET RIN et rin eT RINTINTIN-

Au final, trois des hommes qui montaient la gardes en eurent assez. Aussi discrètement que possible, un d’entre eux monta à l’échelle qui menait sur les toits, et descendirent sur les côtés de l’entrepot, tandis que les deux autres ouvrirent la porte, vérifia qu’il n’y avait aucun garde dans la rue, et sortirent également, dague au clair pour régler son compte au crétin qui hurlait des insanités dans tout le quartier.


*

Ce qui se passa ensuite fut d’une précision huilée. Arno et Fantome saisirent chacun un des gardes qui sortit de l’entrepot par la porte, une main sur la bouche pour les empêcher de crier, et les tuèrent si promptement qu’ils étaient morts avant de toucher terre. Le troisième venait d’arriver par la rue secondaire et n’eut pas le temps de sonner l’alarme en voyant le corps des deux gardes qu’une lame de jet se ficha dans sa gorge. Béomil s’approcha du cadavre et récupéra sa petite lame en métal, qui avait fusée aussitôt qu’il avait cessé de jouer les ivrognes.
La prochaine fois que le boss lui demanderait de faire les bourrés, qu’il lui fournisse au moins l’alcool, songea-t-il amèrement vu qu’il avait du utiliser sa propre bouteille pour l’acte.

Tous trois se tinrent silencieux le temps de vérifier qu’aucun des gardes ne s’était rendu compte de la commotion, puis, sous les ordres gestuels de leur boss, Arno et Béomil enfilèrent les vêtements – et surtout la cagoule, des deux gardes dont l’habit était le moins tâché de sang. L’illusion ne tiendrait pas longtemps, mais suffisamment pour ce qu’ils avaient à faire.
Varsgorn était déjà parti sur les toits, pour passer par la trappe qu’avait utilisé un des gardes. Eux devaient entrer, se faire passer pour les gardes, et se placer stratégiquement pour neutraliser le plus de gars possible d’un seul coup et les empêcher de s’enfuir.

- Ce con a bien failli nous faire repérer
, gromela Béomil de sa meilleure voix de criminel en entrant dans l’entrepot.

- Puait comme pas deux, en plus. Foutu le corps dans la rivière, histoire de pas être emmerdés. Ca le récurera un peu avant de se présenter devant les Dieux.
Les quelques membres de la Troupe Ecarlate qui les écoutaient éclatèrent d’un rire gras à cette feinte et continuèrent leur business. Presque tout le trésor était transvasé dans des sacs et des caisses. Ils n’étaient décidément pas arrivés une minute trop tôt.

Arno s’accouda près de la porte. Prêt à occir quiconque tenterait de s’enfuir. Béomil, lui, se rapprocha des deux hommes qui semblaient être les chefs de l’opération. Ils se tenaient à une table, et écrivaient une liste du butin d’un air affairé.
Ils étaient prêts.

Lorsque le fantôme apparaitrait, ils sauraient quoi faire.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mer 18 Mar 2015 - 22:28

Tout c'était passé comme prévu. Les gardes étaient à peine sortis que Fantôme et Arno s'occupaient d'eux. Beomil, quand à lui, s'était chargé du dernier avec une arme de jet. Ce fut d'ailleurs le chemin que Fantôme opta pour entrer dans l'entrepot. Arno et Beomil, eux, prirent la place des gardes.


L'intérieur de l'entrepot était relativement sombre. Fantôme s'y était attendu, c'était le contraire qui l'aurait étonné. D'après ce qu'il voyait, la Troupe Ecarlate était composée d'une dizaine de membres mais l'ancien mercenaire se doutait qu'il devait y en avoir d'autres qui restaient sur le bateau afin de ranger le butin que les autres emportaient à bord. Le butin était dissimulé dans des sacs au milieu de grain. S'ils avaient peur des contrôles, c'est que le voyage allait être long.



Bien caché dans l'ombre, il observa. Il n'eut aucun mal à repérer celui qui semblait être le chef. Il ne faisait rien d'autres que d'aboyer des ordres sans faire grand chose d'autres. Celui-là, il fallait qu'il reste en vie. Fantôme n'allait pas se contenter de s'occuper de ceux qui étaient chargés de voler l'or. Ce bateau allait quelque part et Fantôme était décidé à savoir où et surtout qui l'attendait là-bas. 

Bon sang!! Voilà que le chef partait vers le bateau. Fantôme attendit quelques instants dans l'espoir de le voir revenir mais en vain. Soit il avait intégré sa cabine soit il supervisait le chargement. Bon, il fallait agir maintenant. Pourvu que Pirseth ait la présence d'esprit de le garder en vie. L'ancien mercenaire vérifia que ses lames sortaient aisément de ses poignets. Puis, il sauta.

Il atterrit souplement dans l'ombre. Aucun membre de la Troupe Ecarlate ne l'avait encore repéré. Il s'approcha d'un sac d'or et il l'ouvrit silencieusement. Il prit une poignée de pièces qu'il fit tinter entre ses doigts. L'effet fut immédiat. Les brigands se tournèrent vers lui.


- T'es qui toi?

Varsgorn ne lui répondit pas.

- Un beau butin que voilà.

Il continuait de "jouer" avec les pièces. Du coin de l'oeil, il vit les autres s'approcher de lui, arme à la main. Vif comme l'éclair, il s'empara d'un de ses couteaux et le lança dans la gorge de celui qui était le plus proche de lui.

- Dommage que vous ayez oser me voler.

Ce fut le signal. Les acolytes de Varsgorn entrèrent dans la danse mortelle. Malheureusement pour Varsgorn, il n'avait pas passé assez de temps à observer la Troupe. Il fut agripper par derrière par un brigand qu'il n'avait pas vu. Certainement partit soulager sa vessie à l'extérieur de l'entrepot. Fantôme avait les bras bloqués. Le brigand était un vrai colosse, sa force arrivait à couper la respiration de l'ancien mercenaire qui ne pouvait compter sur une aide de ses acolytes, trop occupés par les autres.


Fantôme ruait, sautait, s'aidait des piliers de bois pour que son agresseur soit déséquilibré. En vain. Le brigand serrait toujours plus fort. Fantôme essayait de se dégager un bras. S'il arrivait à attendre un bout de peau du brigand avec sa lame, la douleur le ferrait surement lâcher. Mais c'était toujours en vain.


L'ancien mercenaire sentait ses poumons réclamer de l'air. Puis soudain, au moment où Fantôme commençait à ne plus y crorie, l'air revint d'un coup dans ses poumons. Le brigand avait cessé de serrer. Haletant, l'ancien mercenaire se retourna. Son agresseur était étendu au sol, une trace sanglante au niveau de son coeur. Une aide providentielle de ses acolytes? Non. Aucun poignard n'émergeait de la blessure qui vomissait son liquide rouge. Instinctivement, Fantôme jeta un coup d'oeil à son épaule. Il était imbibé de sang et son habit était déchiré, comme si une lame l'avait traversée. Pourtant, l'ancien mercenaire ne souffrait pas, n'était même pas blessé.


Une futile idée lui vint à l'esprit sur les raisons de ce mystère, mais ce n'était pas le moment de s'attarder. Le combat n'était pas terminé, il fallait retourner dans la danse.


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mar 31 Mar 2015 - 1:07

[Hésite pas si ça pose le moindre problème]

Pirseth et Liam se hissèrent hors de l’eau comme des ombres, seulement trahis par les goutelettes qui tombaient de leurs habits sur le pont du bateau. L’embarcation était plongée dans le noir – les voleurs tenaient à ne pas attirer l’attention sur leur cargaison, et c’était chose aisée de se glisser entre les barils et les ballots déjà installés sur le pont. La barge avait un fond plat pour naviguer sur la rivière et ne possédait pas de cale, mais était suffisamment grande pour avoir plusieurs cabines et tout un espace d’habitation pour l’équipage. Les «marchandises » étaient maintenues par de nombreuses cordes et piquets, et des baches recouvraient celles qui étaient déjà crochetées au plancher de la barge. Impossible de les retirer discrètement.
Leur priorité serait donc à empêcher la barge de bouger, sans la faire couler. Ce serait risqué de répandre le trésor de l’école dans la rivière, où il ne servirait à personne, et Fantome les tuerait probablement.

D’un geste, Pirseth indiqua à Liam de se rendre près du mat, afin de trancher les cordages. Les barges utilisaient peu souvent leurs voilures quand elles se laissaient porter par le courant, mais il valait mieux être prudent. Lui se chargea, en faisant attention de toujours rester à l’ombre d’une caisse ou d’un ballot, de voler un ballot de cordes, et de redescendre dans l’eau, du côté opposé à l’entrepot. Heureusement, Béomil beuglait suffisamment fort à ce moment-là pour lui permettre d’opérer sans bruit, et rapidement, le navire se trouva amarré par plusieurs cordages secrets aux bites d’amarrage d’un entrepôt proche. Même s’ils tranchaient les amarres, ils ne verraient probablement pas celles-là avant un moment.
Une fois les rames et la perche de manoeuvre jetées dans le fleuve, Pirseth s’estima satisfait, et attendit le signal.

Lorsque Fantome apparut et abattit le premier homme, Pirseth et Liam entrèrent dans la danse en même temps que Béomil et Arno. L’assaut était bruyant – il fallait espérer que personne n’aurait le temps de s’échapper pour donner l’alerte. Pirseth ordonna à Liam d’un ordre aboyé de rester sur la barge avec lui, histoire d’empêcher les bandits de s’enfuir.
Il eut raison d’être prudent. Certains des bandits se jetèrent vers l’embarcation pour la faire démarrer le plus vite possible, lachant toutes les amarres et jetant pele-mêle tous les sacs de trésor qu’ils pouvaient sur le pont. Pirseth en tenait un maximum en respect, ne tuant que lorsque c’était nécessaire et lorsqu’ils n’avaient pas d’importante. Les chefs et lieutenants étaient incapacités, ou assommés. Quelqu’un tomba à l’eau, et se mit à nager pour aller trancher les cordes qui retenaient le navire sur la rive. Le courant était suffisamment fort pour les entrainer sur l’eau si jamais ça se produisait, mais avant que Pirseth ait eu le temps de se jeter à la suite, quelque chose retint son attention.

Fantome était aux prises avec… un colosse, le mot était faible. Les muscles roulaient sous sa tunique sombre et il était en train d’écraser Varsgorn contre sa cage thoracique. Sans même réfléchir, Pirseth se jeta vers son boss, toutes lames dehors, incapable de rester sans agir alors qu’il était en train de suffoquer.
Il était tellement fébrile qu’il ne vit pas arriver le marteau qui s’écrasa sur sa tempe – Pirseth s’effondra instantanément.

*

- LACHEZ VOS ARMES, OU IL Y PASSE !

La voix avait retenti dans tout l’entrepot, et eut pour effet d’arrêter tout le monde pendant quelques secondes et d’attirer l’attention vers la barge. La chef de la Troupe écarlate, une femme trapue et aux cheveux courts, aux épaules aussi larges que n’importe lequel de ses hommes, tenait un Pirseth inconscient et au visage ensanglanté par les cheveux, un couteau posé sur la nuque. Prête à l’égorger au premier mouvement. Ses trois lieutenants avaient réussi à se frayer un passage jusqu’à elle, et deux d’entre eux maintenaient Liam. Liam avait le visage salement amoché aussi et avait résisté âprement avant d’être capturé par les deux monstres qui le tenaient en respect en lui tordant les bras.

- Lachez vos armes IMMEDIATEMENT !
Le couteau appuyait sur la gorge de Pirseth. Un poing s’abattit sur la tempe de Liam, et un des lieutenants le maintint aussi avec un couteau sous la gorge tandis que les deux autres défaisaient les dernières amarres. Ils devaient filer le plus vite possible, avant que ce … cet assassin envoyé par la Dame savait qui ne les tue tous. Ca ne faisait pas parti du plan, ça. L’Académie les avait commandités ? Ou bien c’était une autre bande de voleurs venus leur voler le butin ? Le réseau de Deuil peut-être ?

Le chef des intrus n’avait toujours pas bougé, ni laché les armes qui lui sortaient littéralement du corps et avaient eu raison de Krem.

- A genoux, les mains derrière la tête. Je ne le répéterai pas. A GENOUX !

Pourquoi ce bateau ne démarrait pas ? Combien de temps ça pouvait leur prendre de larguer les amarres ? Pourquoi les voiles ne se dépliaient pas ?! Le prisonnier qu’elle tenait était en train de se réveiller et elle lui saisit les bras dans une clef tout en maintenant sa prise sur sa gorge. Pourquoi s’était-il mis à rire ?

Pirseth riait effectivement, le sang dégoulinait de ses dents.


- Tu oses donner des ordres ? Tu sais à qui tu parles ? Tu parles à Fantôme. Je donnerai ma vie ici-même pour lui, et il le sait. Je n’ai pas peur du noir, ni peur que le Fantôme me hante.

Avec l’énergie qui lui restait, Pirseth utilisa son Dessin pour créer un vent qui souffla toutes les chandelles et toutes les lanternes de l’entrepôt.
Le noir total s’abattit sur la scène, seulement surligné par les reflets de la lune sur l’eau du Pollimage.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Sam 11 Avr 2015 - 18:03

Le cri avait stoppé net les différents combats qui se livraient dans l'entrepôt. Comme tout le monde, Fantôme tourna la tête vers celle qui avait hurlé. Bon sang! Pirseth! Il était retenu solidement par la femme, un couteau sous la gorge.


Pendant quelques instants, Fantôme envisagea de s'occuper de la Chef. Il avait lâché ses armes, bien sûr, mais ce n'était pas pour autant qu'il n'en gardait pas à portée de main. D'un geste rapide, il pouvait s'emparer de deux de ses couteaux dissimulés dans sa tenue puis les envoyer pour mettre fin à la vie de ceux qui osaient menacer ses hommes. Deux couteaux. Deux brigands. La femme qui maintenait Pirseth et celui qui bloquait Liam. Après tout, il avait une vision parfaite sur les dos et aucun obstacle pour stopper les couteaux. Mais Fantôme se retint. La vieillesse avait émoussé ses compétences. Arriverait-il à tuer les deux brigands d'un seul coup? Rien n'était moins sûr. Et puis, ce n'était plus comme avant. Les deux hommes menacés étaient plus que les simples subalternes qu'il avait quand il faisait des missions pour le Chaos. A cette époque, il s'en moquait bien de les voir mourir. Mais aujourd'hui, c'était différent. Pirseth était un peu comme un fils pour Varsgorn et il ne pouvait mettre en danger sa vie. Et, ultime raison, si la gueularde était bien la chef de la troupe, elle aurait des informations cruciales sur l'avenir du chargement.


Docilement, Fantôme plia les genoux au moment où Pirseth éclata de rire. L'ancien mercenaire stoppa son geste à mi parcours pour fixer de nouveau ses yeux vers la chef de la troupe... et ne plus rien voir. Le dessinateur avait plongé l'entrepôt dans les ténèbres. Il n'en fallait pas plus pour Fantôme. Sa position lui permit de prendre de l'élan et de se ruer vers Pirseth. La subite apparition des ténèbres avait surpris les brigands qui gueulaient. C'était la chef qui hurlait le plus fort, ordonnant à Pirseth de rallumer les chandelles. Le dessinateur continuait de rire. Fantôme savait pourquoi. Ainsi, il pouvait le repérer aisément au milieu des cris et de la bousculade.


Fantôme attrapa la chef, un bras coincé dans on dos. L'ancien mercenaire avait également sortit une de ses lames pour qu'elle lui pique le coup.


- Il n'a pas peur, il t'a dit. Par contre, toi, lâche ce couteau.

Fantôme perçu le tintement métallique prouvant qu'elle lui avait obéit.


- Pirseth, ramène un peu de lumière dans ces ténèbres.

Le dessinateur s'exécuta avec un peu de difficultés. Il était encore plus amoché qu'avant que les chandelles ne soient soufflées. Visiblement, la chef avait utilisé ses poings pour tenter de le faire taire.



- Lâche mon ami, toi, ou je t'envoie rejoindre ton copain le colosse.

Le brigand ne fut pas prompte à obéir. Fantôme resserra sa prise.


- Dis-lui d'obéir ou tu y passe.

- FAIS LE, BORDEL!!

Liam fut lui-aussi libre.


- Bien, j'aime mieux ça. Maintenant, il va être temps de parler. Ce bateau va quelque part et j'aimerais savoir où et surtout combien de personnes vous y attendent.

Il ferait tomber toute cette petite troupe. En en laissant un ou deux de libre éventuellement. Pour faire peur et faire en sorte que les autres n'essaient pas de s'en prendre à ce qui approchaient de près ou de loin Fantôme, il fallait des témoins.


- Pirseth, je te laisse ce plaisir. Fais d'elle ce que tu veux, du moment que j'ai mes réponses.

Fantôme se pencha vers la chef et lui glissa dans l'oreille, comme un amant l'aurait fait à son aimée.


- Tu n'aurais pas du t'en prendre à lui.

Fantôme rétracta sa lame et laissa la chef aux "bons soins" de Pirseth.


- Liam, tu peux marcher?

Liam se releva pour prouver qu'il en était capable.


- Alors va me chercher des gars pour ramener le butin à l'académie. Des costauds, histoire de faire le moins de tour possibles. Oh... et fais en sorte qu'Olesir, Jacion, Vaard et Etelal viennent aussi, on aura besoin d'eux sur le bateau. 

Une fois la destination connue, le bateau partirait. Certainement sans lui. Lui, il ferait le trajet avec Pirseth, s'il en était apte physiquement. Le dessinateur avait parcouru l'empire entier, il n'aurait aucun souci à faire un pas sur le côté à proximité du lieu de rendez-vous. Ainsi les deux hommes pourraient repérer les lieux avant l'arrivée du bateau.


Liam avait déjà filé.


- Allez, vous autres, vous me réparez ce bateau et vous commencez à décharger les cales. Ceux qui lambineront auront le droit à un doux baiser d'acier. Idem pour ceux qui tentent de s'en foutre dans les poches. 


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Jeu 30 Avr 2015 - 4:04

Si Pirseth avait besoin d’une preuve pour donner sa loyauté à Varsgorn Ril’ Enflazio, il venait de l’avoir. Il n’en avait pas besoin, mais elle l’appuyait dans ses choix d’avoir juré fidélité à cet homme-là. Il n’était pas moins violent ou moins intéressé par l’argent que d’autres, mais il respectait ses hommes, il en prenait soin, et la première chose qu’il fit lorsqu’ils eurent la main haute fut de s’assurer que Liam et lui soient libérés sans concessions.
Tant que Varsgorn lui fit attention et jusqu’à ce que le reste des brigands soient ligotés et mis en sécurité dans l’entrepot sous le regard de Béomil et des autres, Pirseth tint son rôle de second, et supervisa le vidage du bateau. Dès qu’il fut hors de vue, par contre, il porta la main à son côté. Cette chienne l’avait roué de coups et son visage commençait à enfler. Un coup trop fort avait du lui fêler une côte. Mais tant qu’il pouvait marcher, il continuerait à travailler.
Néanmoins, il fit d’abord le tour des hommes d’abord, sauf Liam qui était parti dès qu’il en avait reçu l’ordre. Quand il fut sur qu’ils allaient tous bien, il se tourna vers la voleuse en chef, qui fulminait toujours sous les liens.

Il pourrait la torturer, lui faire les promesses aussi douces que la taupe de l’Académie, mais il suffisait de la voir pour deviner qu’elle était faite d’une autre trempe. Autant il n’avait aucun scrupule à tuer une taupe, un menteur, un petit opportuniste à la solde de plus forts que lui… autant il lui semblait dommage de tuer quelqu’un qui avait failli réussir à les avoir.
Les menaces ne marcheraient pas. Le marchandage, par contre… Elle pouvait finir ses jours en tôle ou au fond de la rivière, ou bien elle pouvait les rejoindre. Rejoindre Fantôme. L’or l’intéressait plus que tout, et le respect des plus forts qu’elle. Elle n’était pas stupide. Pas difficile de voir qu’elle avait trainé dans les réseaux du Chaos et qu’ils pouvaient avoir besoin de ses informations. Ils lui trouveraient bien un job sans risque et sous surveillance le temps qu’elle prouve sa loyauté. Pourquoi gacher ce qu’on pouvait récupérer pour son propre compte…

Lui extraire le reste des informations sur sa troupe Ecarlate prit du temps, vieilles loyautés aidant, mais lorsque Pirseth revient auprès de Varsgorn, il avait endormi tous leurs prisonniers avec du chloroforme, et en avait extrait toutes les informations possibles. Liam était déjà revenu avec leurs hommes et les sacs étaient acheminés sur une voiture à cheval, toujours dissimulés en sacs de grain et caisses de vin pour le voyage du retour.

- Larsen-sur-Pollimage, un village sans importance sur la route vers Chen, qui sert principalement de ravitaillement aux barges et aux navires de Navigateurs. Quatre heures en aval d’ici, plus long via routes à cause d’Astariul. Ils sont pas cons, beaucoup moins régulé que les ports d’Al-Chen, et c’est au carrefour entre les routes de Far, Poll, Chen et le Sud. Une équipe les attend là-bas pour décharger, et doivent se séparer ensuite en cinq chargements.

Pirseth s’arrêta, un lancement plus douloureux que d’autres dans les cotes, mais serra les dents et reprit, sous le regard interrogateur de son patron.

- Trop risqué de vendre le trésor d’un seul coup, ils ont probablement des receleurs et des revendeurs dans plusieurs villes, c’est plus rapide de l’écouler dans tous les coins de l’Empire, ça le rend plus difficile à traquer. C’est plus risqué aussi, mais la cellule de Cressia – la chef
, précisa-t-il en désignant le tas de prisonniers du menton, devait être payée sur réception de la marchandise au bled.

Il se frotta le front, qui perlait de sueur.

- Ils sont beaucoup plus organisés que prévu. Mais un coup pareil, il y aura tous les chefs de cellule sur place à Larsen pour superviser les différents convois, c’est trop gros pour laisser des sous-fifres. Si ses informations sont fiables,
rajouta-t-il d’un air sombre. Mais je lui fais une offre qu’elle n’a pas pu refuser. ( What a Face ) Je ne suis jamais allé à Larsen-sur-Pollimage, mais c’est suffisamment proche du carrefour, et j’y connais l’auberge. Une demi-heure à pied de Larsen, peut-être trois-quarts d’heure.

Il redressa l’échine et prit le ton le plus professionnel qu’il put avec le visage tuméfié.
[/i]
- Prêt à partir dès maintenant, Fantôme.

S’ils partaient dès que la barge était prête à appareiller, ça leur laissait une avance confortable pour se rendre par pas sur le côté au carrefour, se rendre à Larsen, repérer les lieux et préparer l’offensive. Il pouvait communiquer avec Liam par les Spires à distance même si ça lui coutait plus d’énergie de le faire d’aussi loin.
Du moment qu’il ne s’effondrait pas en chemin. Il ne pouvait pas décevoir Fantôme.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Lun 15 Juin 2015 - 19:10

Larsen-sur-Pollimage? Varsgorn n'en avait jamais entendu parler. Il faut dire qu'il n'allait que très rarement dans les petits bourgs. Il se félicitait d'avoir payer à Pirseth ce long voyage dans l'empire. Il pouvait désormais se déplacer dans les quatre coins en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Un avantage certain, aussi bien dans les affaires officielles que dans les affaires louches. Ce serait encore le cas cette nuit.

Liam revenait déjà accompagné des gardes que Fantôme avait réclamé. Il y avait également une charrette qui permettrait de ramener tout le butin à l'académie. C'était le bon moment pour partir. Les serviteurs de Fantôme restaient toujours en légère infériorité numérique mais l'ancien mercenaire ne sélectionnait que les meilleurs et il se doutait que même s'il y avait une mutinerie, ses gardes pourraient la gérer. 

- C'est bon Pirseth, il est temps de rejoindre le point de rendez-vous.

Il attrapa la main de son lieutenant et instantanément, ils se retrouvèrent aux abords d'une auberge. Personne aux alentours, pourtant l'auberge était éclairée, toujours ouverte à cette heure de la nuit. Pendant un instant, Fantôme pensa entrer à l'intérieur pour vérifier qu'il n'y avait pas des membres qui étaient attendus au lieu de rendez-vous mais il se ravisa. Il serait incapable de les reconnaître même s'il lui passait devant les yeux. De plus, aller s'asseoir dans une auberge n'était pas vraiment ce que l'on pouvait qualifier de discret. S'il avait été l'un des mystérieux commanditaires de l'attaque de l'académie, il n'aurait jamais pris le temps de s'arrêter dans une taverne ou une auberge. Pirseth rabattit sa capuche sur sa tête. Son visage tuméfié le rendait presque méconnaissable mais il était préférable de ne pas se montrer au grand jour. Varsgorn ne voulait surtout pas que les activités de Fantôme mette en péril sa vie de famille. Il tenait trop à Myra et à Enelyë pour ça. 

Comme prédit par Pirseth, ils mirent une bonne demie-heure pour rejoindre le lieu de rendez-vous depuis l'auberge. Fantôme repéra immédiatement un lieu où ils pourraient voir sans être vus. Même s'il était encore plongé dans le jour n'était pas arrivé et que la campagne environnante était plongée dans la pénombre, Fantôme avait une vision globale de ce qui se passait sur le débarcadère. Ceux qui attendaient avaient eu la bêtise d'allumer des torches. Trois exactement, mais c'était déjà trois de trop. Fantôme comptait une vingtaine de personnes en incluant les gardes du corps. Les chefs étaient vêtus comme des notables. Si tout cela ne se passait pas de nuit, l'échange de butin pourrait passer pour une simple transaction entre des marins et des nobles. Fantôme ne s'attendait pas à avoir autant de monde. Heureusement qu'ils allaient bénéficier de l'effet de surprise. Et puis, avec un peu de chance, les chefs ne participeraient pas à la bataille qui serait inévitable.


- La Cressia, elle t'a dit si les chefs se connaissaient?

Si ce n'était pas le cas, ils pouvaient rejoindre le groupe, Pirseth passant pour son garde du corps. Se glisser parmi les chefs serait un autre avantage que Fantôme aimerait pouvoir jouer.


- Et je suis curieux de connaître cette offre qu'elle n'a pas pu refuser.


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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Jeu 16 Juil 2015 - 21:17

La marche depuis l’auberge fut pénible pour Pirseth. Ses côtes le lançaient et le pas sur le côté l’avait fatigué. Son visage enflait et un de ses yeux était désormais inutilisable à cause du cocard qui s’était installé. Il pouvait encore combattre s’il fallait, mais à dire vrai, il préférait laisser ça aux gros bras de Fantôme. Ils étaient là pour ça après tout, et ils adoraient ça. Avec un peu de chance, ils résoudraient cette situation autrement.
Cet espoir fut réduit à néant en arrivant et en supervisant la scène du débarcadère. D’après la description de Fantôme, qui avait de meilleurs yeux que lui, ils étaient une vingtaine… quatre chefs, quatre cellules, deux paires de gardes pour chaque. Probablement une paire pour transporter les biens sur leurs transports respectifs, que ça soit une autre barque, une charrette ou bien un convoi, une autre paire pour veiller sur les chefs.
Du moins, c’est comme ça qu’il le ferait, lui. A espérer que cette Troupe Ecarlate était aussi intelligente qu’il le pensait... Il leur faudrait juste l’être plus qu’eux.


- Je l’ai recrutée,
commença Pirseth pour se donner une contenance le temps de réfléchir au plan. C’est une femme intelligente, mais ternie par l’appât du gain. Qui d’autre s’attaquerait au trésor de Merwyn ?

Il retint une quinte de toux qui alerterait le groupe de bandits. Les personnes qui possédaient le Don du rêve et ne faisaient pas partie de confréries étaient de plus en plus rares et c’est pour ça qu’ils n’en avaient pas dans leur réseau pour l’instant, mais il ne cracherait pas sur un rêveur, présentement.


- La réputation de Fantôme n’est plus à faire, sire… vous avez toujours utilisé principalement la vanité et l’odeur de l’or pour vous assurer de la loyauté de nouveaux agents, et c’est ce qui la motive. Elle sera gardée sous surveillance quelques temps. Ca a beau être un atout remarquable à mettre dans notre camp, elle a tourné casaque un peu trop vite à mon gout.. et l’or ne va que jusqu’à un point.


Il reporta ses yeux sur la scène en cours. La branlée qu’il avait prise auparavant était-elle à blâmer ? il ne parvenait pas à penser clairement à une solution à cette situation. Ils étaient trop nombreux pour eux deux, et il y avait trop de chefs et de moyens de transports différents. Dès que l’alerte serait donnée… ils leur fileraient entre les doigts.

- Sauf votre respect, sire, il faut bien que les chefs de cellule se connaissent, même de réputation, ou de voix. Ils ne connaissent pas forcément le visage de Cressia, mais ils savent que c’est une femme. Je ne mets pas en doute vos capacités de subterfuge, mais… ça me semble compliqué.

Fantôme le regardait avec cet air qui voulait dire « Et bien, trouve autre chose ». Pirseth tatônna ses cocards un instant pour voir où ils en étaient, et poussa un soupir.

- Je ne vois pas comment nous pouvons les capturer tous dans les mêmes filets. Je m’attendais à moins de monde, question de discrétion… s’ils ont des dessinateurs parmi eux, ils peuvent filer dans un battement de cœur sans qu’on puisse les rattraper. Peut-être saboter les transports, le temps que l’autre groupe arrive ? ça les ralentirait si les chariots ne pouvaient pas démarrer et que les chevaux avaient disparu.

Admettre une incompétence à Varsgorn après avoir été rossé comme un vulgaire péon… Pirseth détestait l’avouer, mais il ne méritait plus la confiance que son boss lui accordait. Il devenait faillible.


- Pour le reste… Vous sortir de situations supposées impossibles, c’est votre spécialité. Le Chaos avait pt’être beaucoup de défauts, mais ça, au moins… J’me remets à votre jugement.



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MessageSujet: Re: Boss, on a comme qui dirait un petit problème...    Mer 9 Déc 2015 - 2:28

Maudits dessinateurs! Fantôme ne les avait jamais aimé. Qu'ils soient de son côté ou de celui de son ennemi. Sans un gommeur à proximité, ils avaient moyen de fausser la réalité. Impossible de faire une stratégie correcte. Pirseth avait raison, s'il y avait des dessinateurs, ils ne pouvaient les coincer, surtout qu'ils n'avaient pas de gommeurs. Le seul moyen qui s'offrait à eux, c'était de les repérer et les attraper avant qu'ils ne fassent leur pas sur le côté... Totalement insensé.


D'expérience, Fantôme avait remarqué que les dessinateurs ne s'encombraient pas de lourdes armes et armures. A observer l'assemblée qui s'offrait à ses yeux, il supposa qu'il n'y avait aucun dessinateur parmi les gardes du corps. Si dessinateurs il y avait, il serait parmi les chefs. Désireux de se protéger, ils ne s’encombreraient pas de ceux qui étaient incapables de faire un pas sur le côté. Les gardes resteraient en arrière pour protéger la fuite. Ils se sacrifieraient pour cela, Fantôme le savait très bien. S'ils devaient se rendre, ça ne serait que lorsque les chefs seraient en sécurité. Et surtout, ils ne parleraient pas car ils n'étaient sûrement pas au courant de grands choses.


Un plan commençait à germer dans l'esprit de Fantôme.

- Les dessinateurs fuiront dès qu'ils se rendront compte que le plan a échoué. Sans gommeur, on ne peut les arrêter. Ils ne s'occuperont pas de ceux qui sont dépourvus du Don. C'est eux qu'on va retenir. Aucun ne cache son visage, j'espère que c'est parce que, comme tu dis, qu'ils se connaissent. On aura plus qu'à les interroger pour attraper les autres.

Et si les prisonniers étaient incapables de donner, au moins les fuyards pourront prévenir les brigands et voleurs que l'académie de Merwyn était inviolable.



- En attendant que le bateau arrive, on va saboter les chariots et faire fuir les chevaux.

Fantôme se tourna vers Pirseth.

- Quand le bateau arrive, tu ne te jette pas dans le combat. Tu t'arranges pour agripper l'un des chefs par le bras. Je ne pense pas qu'ils soient tous dessinateurs mais si c'est le cas, tu auras moyen de savoir où il va. Si tu as moyen de l'arrêter, fais-le sinon tu t'enfuis et tu viens me chercher. Il aura le temps de changer d'endroit pendant ce laps de temps mais l'endroit qu'il aura choisit pour son pas sur le côté nous en apprendra sûrement sur lui. Compris?

Pirseth acquiesça d'un signe de tête.


D'un geste de la main, Fantôme lança le début des opérations. Pirseth partit vers la gauche tandis que Fantôme, lui, allait vers la droite. Couper la longe des chevaux. Dans un premier temps, Fantôme ne chercha pas à les faire s'éloigner. L'affolement des chevaux aurait alerté le groupe qui attendait le bateau. Il sera toujours temps de faire peur aux chevaux une fois le bateau arrivé.


D'ailleurs, les voiles du navire apparaissaient au loin. Fantôme sentit un soulagement dans l'assemblée. Comme si l'arrivée du bateau signifiait que tout s'était bien passé. N'avaient-ils pas envisagés que quelqu'un voudrait remonter à la source pour faire payer cette attaque?


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Boss, on a comme qui dirait un petit problème...
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