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 Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !

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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Mer 23 Avr 2014 - 0:53

Assise sur une chaise devant la grande baie vitrée de ses appartements, Myra observait l'extérieur pensivement. Parfois quelques mots sortaient de sa bouche, presque comme s'ils s'évadaient des pensées de la dessinatrice. Chuchotés, seule elle pouvait les entendre, enfermée dans sa bulle. Personne autour d'elle, pas même Varsgorn. Il travaillait. Elle réfléchissait, les mains sur son ventre, les yeux perdus dans la contemplation des montagnes du nord. Les frontières de glace. Ces mots, ce n'étaient pas n'importes lesquels. Des prénoms. Filles ou garçons, ils s'échappaient et s'évaporaient aussi vite. Un sourire vague sur son visage, elle pensait. Elle pensait à ce petit être qui poussait depuis plus d'un mois dans son ventre sans qu'elle ne le sache. Il s'était éveillé à eux à peine une semaine auparavant, dans les jardins. Elle avait presque vomi sur les chaussures de son amant... Et ce fut lui qui lui annonça cette merveilleuse nouvelle.

Comment ne s'en était-elle pas rendue compte ? Elle l'ignorait. La femme avait toujours eu tous les réflexes d'une mère envers quiconque. Elle était née pour ça. Pour être mère. Comment ne l'avait-elle pas senti ? Certes, il ne pouvait encore bouger, il était encore trop petit, trop frêle. Un mois seulement... Mais comment son instinct de mère n'avait-t-il pas décelé cette petite étincelle au creux de son ventre ?
Mais elle était là, juste là. Sous ses mains, dans son ventre. La petite étincelle grandissait lentement. Myra n'arrivait pas à se rendre à l'évidence. Elle était enceinte. Elle allait être mère.
Un immense sourire barra alors le visage de la primat. Elle murmura pour elle-même et son enfant à naître.


- Je suis ta maman...

Comme poussée par un besoin de faire quelque chose pour s'occuper, elle se leva, rangea la chaise et commença à faire du rangement dans ses affaires pourtant dans un ordre parfait. Elle vida tous ses tiroirs et étala toutes ses robes sur son grand lit blanc. Lueur grignotait quelque chose qui semblait être ses graines dans sa cage, paisible. Myra avait finalement fini par la retrouver, la petite souris. Elle était soulagée de ne pas la savoir dans l'estomac d'un de ces chats de l'Académie.

La dessinatrice tria ses robes par saisons, puis par couleurs et les rangea à nouveau dans ses tiroirs. Elle les referma tous, contente d'elle. La commode résonna. Le regard de la dessinatrice tomba sur la cachette dans le recoin du meuble. Sa main se posa instinctivement sur son ventre, comme si elle tentait de le protéger contre quelque chose. Contre son vice. Les membres de la dessinatrice frissonnèrent à l'idée de ce qu'ils pouvaient provoquer à l'étincelle en elle. Ces verres traitres...
Trouver une meilleure cachette, la fermer à clé, ne plus jamais l'ouvrir, jeter la clé. Ou jeter les bouteilles... Elle ne pouvait tout de même pas faire cela à de si belles bouteilles, elle ne pouvait pas les jeter. Mais elle ne pouvait pas les boire non plus. Reculant de quelques pas, comme pour fuir une menace invisible, ses talons claquèrent sur les planches en bois. Elle avait retiré tous les tapis afin de pouvoir les replacer dans un ordre différent et son talon résonna étrangement sur une des lattes. Elle marcha à nouveau dessus, curieuse. Le même bruit creux que précédemment.


- Qu'est-ce que...

Elle se baissa, se mit à genoux et examina la planche creuse. Un petit interstice laissait à peine la place pour passer à un doigt féminin. Myra mit son index à l'intérieur et put facilement le plier. Elle souleva alors la trappe, car oui, c'en était une. La fine plaque de bois dévoila alors un creux au centre de ses appartements, au centre de son sol. Petit, mais long. Elle se pencha sensiblement et cru entrevoir quelque chose à l'intérieur. Elle déposa la planche à côté d'elle et glissa sa main droite à l'intérieur de la cachette – parfaite pour ses bouteilles, soit dit en passant – . Des dossiers, rien que des dossiers. Elle en sortit une bonne dizaine avant de vider l'intérieur du renfoncement.
Elle s'assit alors en tailleur sur le sol, étalant les dossiers devant elle. Elle en prit un au hasard et lut le nom qui figurait sur le devant. Un juron sortit instinctivement de sa bouche sans qu'elle ne puisse l'en empêcher.


- Mais c'est... c'est mon nom !

En effet, sur le dossier figurait son nom en grosses lettres. Myra. Pourquoi diable son nom était-il sur ces dossiers ? Elle n'en soupçonnait même pas l'existence. Que faisaient-ils ici ? La dessinatrice ne savait quoi penser, elle perdait tout simplement ses moyens. Tous ses moyens. Ses lèvres ne faisaient que s'ouvrir et se fermer sans émettre le moindre son. Un réflexe la submergea soudain et elle regarda sur chacun des dossiers qui jonchaient le sol. Le même nom y était inscrit, sur chacun d'eux. En grosses lettres.
Sans hésiter une seconde, elle commença à les parcourir, faisant une pile derrière elle avec ceux qu'elle avait fini de lire. Gros, imposants, tout ce qui était écrit à l'intérieur était condensé pour pouvoir rentrer dans le petit enfoncement du plancher.
Tous les dossiers portaient sur le même sujet. Un mot revenait sans cesse, hantant chacune des pages qu'elle parcourait. Eclipse. Qu'était-ce au juste que cette Eclipse ? Tout était inscrit à l'intérieur. Ou peut-être pas. Elle y vit des visages, des noms, des lieux, des adresses, elle y vit des tonnes d'informations auxquelles elle ne comprenait strictement rien. Le seul nom qui résonnait en elle était le sien. Myra. Mais était-ce réellement le sien ?

Quelqu'un frappa. La primat sursauta. Tout sembla se stopper net, le temps attendant peut-être le second coup. Ce dernier ne tarda pas. Myra réagit du tac au tac. Elle empila tous les dossiers et les posa sur son lit, elle referma le sol avec la planche et remit un tapis dessus. Tant pis pour les autres. Elle se recoiffa rapidement, défroissa sa robe et respira un bon coup.
Calme, il lui fallait retrouver son calme. Elle ouvrit la porte et découvrit l'analyste sur son pas. Elle la fit entrer poliment et referma la porte.


- Je suis heureuse de vous croiser, j'ai quelques élèves qui devraient prochainement passer une analyse de leur don et j'aurais souhaité vous en parler.

Se stoppant dans sa réplique, elle se tourna vers Loïca, les mains jointes.

- Mais je suppose que vous n'êtes pas venu pour cela. Alors, en quoi puis-je vous être utile ?







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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Dim 4 Mai 2014 - 23:14

Les mains caressaient son ventre, montaient, redescendaient et venaient se loger vers ses parties intimes tandis que son corps nu effectuait des tours sur lui-même devant le grand miroir de la chambre. Ses propres mains remontèrent une dernière fois sur son ventre. Désespérément plat. Loïca soupira. Ferma les yeux, tenta de percevoir sous ses paumes un battement, une certitude. Rien. Elle rouvrit ses paupières et fixa son reflet. Sa poitrine n'avait même pas gonflé. Elle leva ses pupilles noisettes au ciel, implorant le Dragon ou la Dame de lui donner une réponse. Pourquoi ? Pourquoi n'arrivait-elle toujours pas à tomber enceinte ? Pour la plupart des gens du Village, il n'avait suffit que d'une fois pour parvenir à concevoir la vie. Voilà des mois qu'elle fréquentait assidûment Lev et rien ne semblait pousser en elle. Rien ni personne. Etait-elle maudite ? Etait-ce le prix à payer pour avoir déserté le Village ? L'Elue ne pouvait donc pas avoir d'enfant ? Pas comme ça ? Pas avec Lui ? Ils étaient pourtant si semblables. Leurs cercles identiques, leurs pouvoirs démesurés et incontrôlés...Et leurs sangs. Purs ou impurs, qu'importe les croyances, ils étaient faits pour ne faire qu'un. De lui ne venait pas le problème, elle en était intimement persuadée.
Lasse, elle laissa ses bras retomber le long de son corps aux courbes charnelles. A quoi bon avoir les hanches si elles ne lui profitaient pas à l'accouchement ? A quoi bon être belle si son corps restait inchangé à vie ? Aucun mérite. Et le temps passait. Elle finirait par être trop vieille pour l'avoir, cet enfant. Et seule. Il lui fallait à ses côtés un autre être que son amant. Une raison de vivre, de se dépasser, d'être plus que celle qui fuit. Une larme coula sur sa joue tandis qu'elle se détournait de son image pour attraper sa robe. Elle l'enfila sans joie, serrant peu son corset, juste au cas où. Par automatisme elle remis son masque en place, mais n'y plaça plus la ferveur d'avant. Elle ne le portait plus en présence de Lev, et avait trouvé dans le fait de se cacher aux autres une nouvelle excitation. L'Elue ne se dévoile qu'à l'être de sa vie, celui qui l'enfantera et la désignera Reine des reines. Mais aujourd'hui...à quoi bon ? Où était la Reine des reines dans tout cela ? Pas même capable de poursuivre sa lignée. Le kaelem allait finir par la quitter, sans descendant. A chaque fois qu'elle évoquait la chose avec lui, il changeait de sujet. Sûrement mal à l'aise. En colère, peut-être, même. Elle devait remédier à cela.


Sa chevelure blonde tomba par dessus les lanières du masque et elle resta là, plantée au milieu de la pièce, à ne pas savoir quoi faire. Elle s'ennuyait sans Lev. Et la culpabilité de ne pouvoir être mère prenait de plus en plus de place dans ses songes. Elle allait s'en rendre malade, à force. Elle pensa à aller à la confrérie d'Eoliane, pour se faire ausculter, mais rejeta très vite l'idée. Ce serait une nouvelle bavure envers les divinités. Si elle se persuadait que quitter le Village n'était pas vu à leurs yeux comme une trahison et qu'elle n'était pas faite pour tuer l'Empereur, elle gardait les autres principes très à cœur. Et si la Dame ou le Dragon avait décidé que la maladie devait la ronger, elle n'avait nul droit d'aller à l'encontre de cela en voyant un quelconque guérisseur. Se mordillant la lèvre inférieure, elle réfléchissait. L'idée de solution lui vint dans un grand sourire. Parler. Si elle ne pouvait être soignée, elle pouvait toujours en parler. Lutchia disait toujours que les mots étaient les plus grands remèdes et que les non-dits rongeaient bien plus le cœur qu'une maladie, soit-elle mortelle. Mais à qui ? A qui se confier et se libérer de ce fardeau invisible ? Elle n'avait tissé aucun lien d'amitié ici. Plutôt enfermée, plutôt réservée à Lev, elle sortait peu et voyait exclusivement des élèves. Elle croisait des consœurs souvent et parlait un peu, mais pas de quoi y voir une confiance suffisante. Il lui fallait une femme, mûre, qui comprenne ce besoin hormonal. Dame Ril'Morienval ne lui inspirait pas la confidence. Elle choisit donc Dame Ril'Otrin. Le contact était plutôt bien passé et si cela n'avait pas été plus loin, rien ne l'empêchait d'essayer dès à présent. Il lui fallait des amies, des personnes autres que Lev pour la soutenir.

Elle quitta donc ses appartements, la boule au ventre. Elle craignait un peu la réaction de la dessinatrice et ne savait particulièrement pas comment aborder le sujet. Elle repensa en chemin aux documents trouvés dans ses appartements sur les mythes de la région, dont l'un concernait une organisation de dessinateurs appelée Eclipse. A l'époque elle avait songé à lui en parler, justement, elle qui devait connaître mieux que quiconque les légendes concernant le dessin. Elle sourit, pensant qu'ainsi elle aurait un autre sujet que son absence de ventre, rendant la visite plus correcte et moins étrange. Elle parvint jusqu'aux appartements de la professeur assez rapidement, mais ne frappa pas de suite. Elle tenta de répéter son texte, comment aborder le sujet, avant ou après l'Eclipse ? Elle ne trouva pas d'ordres mieux que d'autres et se résolut à improviser. Au Village tout le monde était Famille. Il n'y avait pas à se faire d'amis ou pas, même si les affinités différaient. Ici, Lev était venue à elle. C'était la première fois qu'elle faisait ce premier pas là. Encore un sacré saut dans l'inconnu. Elle frappa, émotive. Personne ne répondit et elle osa toquer une deuxième fois, si jamais l'émotion avait rendu son premier coup trop faible. Elle entendit du bruit, de la précipitation et rougit de déranger ainsi la jeune femme. Pourtant cette dernière l'accueillit avec un grand sourire et la fit rentrer. Loïca se détendit. Un peu.

Myra parla d'élèves et la dessinatrice acquiesça, contente qu'elle soit la première à lancer un sujet commun pour débuter. Mais cela ne dura pas, à peine avait-elle fini, qu'elle attaqua directement la source en lui demandant indirectement la raison de sa venue. La jeune femme perdit quelque peu ses moyens, mais se ressaisit du mieux qu'elle put.

-Je vous écouterai avec plaisir concernant vos élèves, Dame Ril'Otrin. Ils sont toujours d'une grande surprise pour moi lors de leurs tests.

Elle déglutit et ses mains se joignirent pour gérer l'appréhension.

-Mais effectivement ce n'est pas pour cela que je viens vous trouver.

Elle ne se sentait pas à sa place. Comme étrangère. Loin de l'amie, de la confidente qu'elle aimerait être. En se mettant à la place de Myra, elle se rendit compte que son masque jouait pour beaucoup dans cette sensation et cette impression. Quoi de plus impersonnel que de ne pas voir le visage de son interlocuteur ? Et puisque celui-ci perdait tout sens dernièrement...Elle soupira, baissa son visage et monta ses doigts jusqu'à l'attache en tissu de son loup pour le décrocher. Il tomba avec une certaine grâce dans ses mains et elle put redresser son visage, comme libre. Elle perçut l'étonnement chez sa consoeur et sourit, presque amusée.

-Il ne cachait aucune maladie comme j'ai pu le faire croire à notre cher intendant. C'était...une croyance, pour résumé.

Elle ne savait pas trop comment lui expliquer sans paraitre pour folle.

-Cette croyance est toujours en moi, toujours aussi forte. Mais les règles imposées depuis ma naissance quant à celle-ci me paraisse de plus en plus désuètes. C'est pour cela que je suis partie de chez moi. Et pour cela qu'aujourd'hui je sens que ce masque n'a plus lieu d'être. Entre autres.

La dessinatrice passa un de ses épis blonds derrière son oreille.

-J'ai besoin de me trouver, ici. Là-bas on me trouvait, je n'avais aucun effort à faire pour cela. J'étais celle qu'ils disaient que je devais être. Ici...ici je dois me trouver. Pas seulement vivre au jour le jour, comme si le temps importait peu. Car il importe.

Il lui semblait trouver peu à peu comment aborder la chose, à présent.

-Je suis femme et je ressens. Et c'est pour cela que je viens à vous. J'ai besoin...d'une personne. D'une confidente. Peut-être même d'une amie, si cela devenait possible. J'ai besoin de m'ouvrir. Et à vous dès aujourd'hui car je souffre.

Une main sur le cœur elle resta en suspens. Elle préférait attendre la réaction de Myra avant de lui parler de Lev et du bébé qui ne venait pas. Si d'hors et déjà elle ne voulait pas de ce rapprochement, nul besoin de se confier pour rien. Autant économiser ses émotions, se protéger un peu, encore, même sans masque. Elle venait s'ouvrir pour se trouver, mais à trop se donner on peut se perdre. Parviendrait-elle à trouver ce juste milieu en la personne de Myra ?
Au loin, la Dame lui souffle un air chaud et paisible. Presque moqueur. Voyons, Loïca, en face de toi se dresse une femme belle et talentueuse, pourvue du Don et à la chevelure d'or. Ne me dis pas que tu as douté de son origine ?



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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Lun 5 Mai 2014 - 23:33

L'analyste ne semblait pas dans son assiette. Malgré son masque qui cachait son visage et par ce fait ses expressions, Myra pouvait le sentir. Peut-être était-ce les hormones qui faisaient cela, elle pouvait cependant sentir ce malaise qu'avait Loïca face à elle.
La jeune femme enleva son masque. N'avait-elle pas une maladie ? Pourquoi enlever son masque ? Myra ne comprenait plus. Ne venait-elle pas pour une question d'ordre académique ou pour des élèves ? Alors dans ce cas-là pourquoi enlever son masque ? Les deux femmes ne s'étaient jamais réellement adressées la parole, simplement les courtoisies d'usages. Ce n'était pas que Myra ne voulait pas lui parler, mais elle n'en avait simplement jamais eu l'occasion. Elle était toujours occupée avec ses cours, l'analyste avait ses propres occupations. Elles n'avaient pas eu l'occasion de se croiser dans des conditions favorables pour une amitié naissante. Peut-être était-il temps ?

Le masque venait de tomber. Le visage de Loïca aurait pu être dans n'importe quel état excepté celui-ci. Rien. Il n'y avait rien sur son visage. Aussi lisse qu'une peau de bébé, elle avait un visage parfait et magnifique. Pourquoi le cachait-elle alors ? Une croyance.
Commençait-elle à... Oui, ça devait bien être cela. Loïca se confiait à la primat. Elle lui parlait d'elle, de ses croyances, de son enfance. La jeune femme était venue simplement pour parler, pour trouver une personne à qui déballer ce qu'elle avait sur le coeur. Myra comprenait mieux que quiconque ce besoin de se confier, mais elle comprenait un peu moins bien pour quelles raisons elle venait le faire avec elle, une femme qu'elle ne connaissait pas. Oh, ce n'était pas Myra qui allait la mettre dehors en lui disant qu'elle n'en avait que faire de ses problèmes, bien au contraire, elle l'écouterait tout l'après-midi si elle le pouvait. La dessinatrice aimait aider les gens, elle aimait les écouter, elle était faite pour être avec des gens.

La primat ne disait mot, laissant Loïca finir ce qu'elle voulait dire dans un autre monde, elle aurait sûrement été psychologue et professeur à la fois. Ses croyances, son enfance, ce masque. Tout semblait lier, mais rien n'était clair dans ses explications. Elle se comprenait et cela la soulageait, c'était le plus important, même si la dessinatrice ne comprenait pas un traitre mot de ce que l'analyste lui racontait. Peut-être plus tard.
La jeune femme avait besoin de se trouver, d'être femme, d'être elle. Comme Myra la comprenait... Malgré l'argent de sa famille, malgré son rang, la primat avait toujours eu besoin de faire elle-même les choses, de se trouver seule sans l'aide de serviteurs quelconques. Elle pensait comprendre ce dont Loïca parlait.
Besoin d'une personne, d'une confidente, d'une amie. Ces quelques mots touchèrent la dessinatrice. Venant la voir elle, la jeune analyste cherchait du réconfort, elle voyait en la primat une amie. Une confidente.

Myra lui offrit un sourire réconfortant. De onze ans son ainée, elle avait bien plus d'expériences qu'elle sur ces terres nommées avec légèreté Gwendalavir. Elle savait ce qu'était le monde, l'avait découvert à sa manière et connaissait bien des choses. Par les livres et la vie.
La primat fit quelques pas vers l'analyste et lui prit les mains. Toujours un sourire aux lèvres, elle la conduisit vers ces grands canapés rouges qui trônaient à côté des baies vitrées donnant sur les montagnes. Elles s'assirent l'une en face de l'autre sur le même divan, les mains toujours reliées. Ses grands yeux orangés souriaient eux aussi.


- Ne sommes-nous pas déjà amies ?

Chasser les doutes, les craintes. Un sourire pour faire sourire. Un sourire pour soulager. Elle déposa délicatement les mains de Loïca sur ses genoux, laissant tomber les siennes sur les siens.

- Chaque jeune femme a besoin de se trouver, a besoin de faire ses marques ailleurs que dans le nid familial. Je suis moi-même passée par là, j'ai eu mes périodes de trouble dans lesquelles je voulais absolument trouver qui j'étais et pourquoi cette boule inquiétante dans mon estomac ne voulait partir...

Elle avait eu la chance de tomber sur des personnes qui l'avaient soutenue, des personnes qui l'avaient écoutée surtout. Ecouter, une chose primordiale dans une relation. Une chose indispensable pour pouvoir s'exprimer. Savoir écouter pour pouvoir s'exprimer. Peu de gens savaient réellement prêter une oreille attentive aux autres, mais lorsqu'on nous la tend, cette oreille, il faut savoir la saisir. Myra avait su la saisir.
Loïca était venue chercher cette oreille et, par chance, elle l'avait trouvée.


- Je regrette de n'avoir pu créer des liens plus tôt. Ce n'est aisé de s'occuper de l'apprentissage d'un aussi grand nombre d'élèves et d'également prendre le temps de créer des amitiés avec ses collègues.

Elle souriait toujours. Ses yeux aussi.
Loïca souffrait et avait besoin de parler.
Loïca souffrait et avait besoin d'une amie.


- Mais à présent, nous avons tout le temps... Du thé ? Je m'apprêtais à m'en préparer un.

Voir ainsi une jeune femme prometteuse fendait le coeur de la primat. Un regard aussi triste, lointain, seul. Presque vide.

Tu trouveras en moi l'amie que tu cherches, la confidente.
Parles, n'aies pas peur. Livres-moi tes peurs.






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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Mar 1 Juil 2014 - 22:39

Il suffit d'une phrase pour que le poids sur le cœur de Loïca s'envole et laisse place à un soulagement qui la ferait perdre toute résistance dans ses jambes. Elle dut d'ailleurs se faire violence pour ne pas s'écrouler de bonheur. « Ne sommes-nous déjà pas amies ? ». Elle en pleurait presque et son cœur battait mille merci à l'intention de Myra. Toutes les réticences et craintes de se voir rejeter ou mal venue par la dessinatrice étaient réduites à néant. L'envie de la serrer dans ses bras de gratitude était forte, mais elle se contint. Ne pas tout gâcher. L'amitié se construit, elle ne doit pas être acquise, quand bien même la personne ouvre grand les bras.
A présent assise en face de sa consoeur, elle buvait la bienveillance de ses iris, et se raccrochait à elle avec toute la force de sa solitude. Qu'il était bon d'avoir une ancre autre que l'amour. Si Loïca aimait Lev, elle se rendait compte que ce sentiment de fusion ne suffisait pas. Et qu'il était si puissant et si dangereux qu'il pourrait bien la détruire un beau jour. Et en ce dernier funeste, il lui faudrait une amie, des bras prêts à la rattraper, et des paroles pour la réconforter. On mesure la grandeur d'un ami lors des coups durs. Mais on réalise sa fidélité lors des bons moments. Être présent signifie tout le temps, pas seulement lorsque tout va mal. Quelque chose lui disait que Myra serait là, quoi qu'il arrive. En bien ou en mal. Restait plus qu'à espérer que le bien l'emporte.


Muette d'émotion, la dessinatrice se contenta d'acquiescer lors de l'appel du thé, sourire aux lèvres. Elle la suivit du regard lorsqu'elle quitta place pour faire bouillir l'eau et préparer un plateau contenant deux grandes tasses en étain, ainsi que du sucre en morceau dans une petite coupelle joliment décorée. Mains jointes sur ses cuisses, elle ressentait un certain stress à l'idée de se dévoiler. Elle déglutissait avec difficulté et se frottait les paumes moites, tentant de se concentrer sur la préparation du breuvage des femmes. Se sentir bienvenue ne faisait pas tout. Fallait-il encore parvenir à aligner les mots afin qu'ils aient un sens. Lorsque Myra revint à elle et lui prépara son infusion elle sentit ses mains trembler. Elle eut même peur de lâcher la tasse et d'en verser le liquide sur les tissus du divan. Serrant à deux mains son récipient, elle but une première gorgée avec lenteur afin de gagner du temps. Le liquide lui brula la gorge, mais elle n'y prit pas garde. Par quoi commencer ? Comment parvenir à trouver les mots, et à se faire comprendre alors même qu'elles ne se connaissaient pas ? Lui raconter son histoire avant d'en venir à la douleur présente ? Ou commencer par cette douleur et en venir, petit à petit, avec le temps, à son passé ? Pour se donner encore quelques secondes, elle se racla la gorge et posa avec douceur sa tasse sur la petite table.

-Je suis ignorante de la vie.

Les premiers mots passés avec difficulté libérèrent la boule de tension. Et bien qu'elle sentait les sanglots la remplacer dangereusement, elle les ignora et continua.

-Je ne sais pas ce qu'est l'amour. Du moins ne le savait pas. Je crois le deviner à présent. Avant mon arrivée j'ignorai l'existence de la neige. Papa et Maman n'ont aucun sens à mon cœur. Pas plus que le statut de frère ou de sœur. Chez moi, on s'unissait en public, pour concevoir un nouvel élu ou un membre. Pas par plaisir. Pas par amour de l'autre ou de soi. Par dévotion envers le Dragon et la Dame. Aucune femme n'était promise à aucun homme. Le mariage était qualifié de sottise. Et jusqu'à ce jour, où il est entré dans mes appartements, ici, avec son don si...Jusqu'à ce jour, je ne savais pas ce que voulait dire jouer. Encore moins avec les spires.

Elle frissonna en se remémorant les exercices de Sloann qu'elle craignait tant.

-Il m'a appris à séduire. A rire de l'insouciance et de l'insolence. C'est comme ça que je suis devenue femme. Son don démesuré se calque au mien, que j'ai longtemps bridé tant j'avais peur de celui-ci. Il a compris qui j'étais et a su me guider vers mon intégration à votre culture. Et je crois bien que je l'aime.

Elle rougit, et déjà son corps vibra des souvenirs de leurs nuits blanches. Elle se gratta la nuque, nerveusement. Lev était un élève. L'élève de Myra. Pouvait-elle lui dévoiler sans conséquence désastreuses le nom de celui qui l'avait éveillé à l'amour ? Elle préféra se taire, pour l'instant.

-Mes croyances, si elles prennent de nouvelles directions, n'en restent pas moins présentes. Et je veux honorer les divinités de leur pardon pour ma fuite, et de ce qu'elles m'offrent au jour le jour, ici, de découvertes en découvertes. Je veux m'unir à lui. Nous donner un enfant.

Ses mains vinrent se poser sur son cœur, le pressant de l'extérieur.

-Je ne suis plus si jeune. Le temps passe. Et je sens que mon rôle ne s'arrête pas à ma désertion du Village. Il y a forcément un but. Une raison à cet Eclipse ! Et je sens que l'enfant est la clé. Et l'envie. J'ai envie d'enfanter, Myra, oh tellement envie ! De connaître cette joie-là qu'on m'interdisait. De sentir mon ventre s'arrondir et un deuxième cœur battre avec le mien !

Une première larme réussit enfin à se frayer un chemin en travers de la résistance de Loïca. Elle ne remarqua pas la réaction de sa collègue au mot éclipse, trop prise dans ses émotions et ses paroles. Qui sortaient. Enfin.

-Mais rien ne vient. Les nuits passent, toutes aussi belles et intenses, et mon ventre ne prend pas le moindre centimètre. Je refuse de voir un rêveur. Peut-être vous paraitrai-je folle, mais si la Dame et le Dragon ont décidé que la maladie devait l'emporter sur mon âme, je dois respecter cette décision. Pour autant je ne peux croire qu'ils me veulent stérile. Pas alors qu'ils m'ont choisie.

Elle se figea un instant, tentant de décrocher une évidence, un indice.

-Il doit y avoir une raison. Un but. Un chemin que je dois prendre. Et mes entrailles me hurlent que ce chemin comprend mon enfant. Alors pourquoi ? Pourquoi n'y parviens-je pas ? Est-ce que je fais la chose mal ? Lev me dit que non. C'est bien la seule chose qu'il dit par rapport à cela d'ailleurs. J'ai peur qu'il me quitte. Trop vieille pour lui donner un descendant et que...

Le reste se tord dans l'expression que lui rend Myra. Le prénom de son amant est sorti tout seul. La dessinatrice se rend compte à quel point il lui a été au final aisé de se confier à une inconnue. Durant son discours elle n'avait pas eu de crainte une seule seconde sur un quelconque jugement, jusqu'à maintenant. Elle aimait Lev. Mais son don, son aura, lui incitait autant de désir que de danger. Et une petite voix commençait à lui chuchoter que sa nouvelle amie n'approuverait pas cette liaison. A tort, ou à raison ?

-Myra ?



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Lun 28 Juil 2014 - 15:25

L'analyste était bouleversée. La façon dont elle parlait d'elle-même n'était pas celle qu'elle aurait dû employer d'après Myra. Les larmes poussaient à la porte de ses yeux. Elle peinait à se confier quand soudain, les vannes s'ouvrirent. Elle ne stoppa alors plus ses paroles. Ces dernières coulèrent à grands flots, la dessinatrice les recevant avec grande attention.
Loïca semblait être une enfant, elle semblait ne rien connaître au monde alors qu'elle était loin d'avoir dix ans. Papa et maman, soeur et frère, ce n'était apparemment rien pour elle. Comment avait-elle été élevée dans ce cas-là ? Chez moi... Son clan, sa famille ou la Dame savait comment ils se nommaient, avaient des pratiques très spéciales... Myra n'osait dire un mot, elle n'osait faire un geste. Pas même un haussement de sourcils. Un clan de dévots, oui. Une famille dévouée corps et âmes à la Dame et au Dragon. La primat savait que ces familles existaient encore, mais elle ignorait qu'ils allaient jusqu'à de telles limites.
La femme écouta, calme. Elle l'avait invitée à se confier, elle l'écouterait sans poser de questions, jusqu'à ce que l'analyste ait terminé son récit. Elle la conseillerait, elle la consolerait, elle serait comme une confidente pour elle. Peut-être la mère qu'elle n'avait apparemment jamais eu. Le concept étant inconnu pour elle.

Loïca parla soudain d'un homme et un sourire naquit dans l'esprit de la dessinatrice. Elle aimait quelqu'un. C'était l'amour qui la perturbait, l'amour troublait son esprit et sa vie. Rien d'étonnant à cela, ce sentiment était trop intense, trop puissant. Tout le monde faiblissait face à lui. Elle l'aimait tant qu'elle désirait lui donner un enfant, plus que tout.
Plus si jeune ?... Myra l'aurait presque pris pour une attaque si elle n'avait pas été Myra. Elles avaient onze ans de différence... Si à 25 ans Loïca se trouvait “plus si jeune“, que serait-elle à 36...

Eclipse ? L'esprit de la primat s'éveilla à ce nom. Le nom sur ce dossier qu'elle avait découvert le matin même. Comment pouvait-elle être au courant ? Faisait-elle parti de cette guilde inconnue ? Il lui faudrait en savoir davantage...

Comme Myra comprenait sa nouvelle amie... Avoir un enfant, sentir un autre battement dans son ventre, en échos au sien, pouvoir donner la vie. La dessinatrice ne demandait que cela. Et donner un héritier à Varsgorn, quel bonheur ! Un enfant qu'ils pourraient chérir et offrir ce que la vie lui réservait ! Donner la vie... Comme elle la comprenait.
Elle vit soudain une larme se former au creux de la joue de Loïca. Un sourire de Myra, elle l'encourageait. Loïca repartit de plus belle.

Elle était perdue, elle ne savait plus où elle en était. Elle voulait un enfant de cet homme qu'elle chérissait tant, mais la Dame ne semblait pas le vouloir. Elle...
Attendez, quoi ? Que venait-elle de dire ? Quel nom venait-elle de prononcer ?
Myra ne put retenir son visage. Les sourcils froncés, les yeux plissés, la tête penchée légèrement vers l'avant. Quoi ? Quel nom ? Elle cru avoir mal compris, elle crut que l'analyste s'était trompée, que sa langue avait fourchée. Mais non. Elle l'avait bien dit. Loïca aimait Lev. Lev Mil'Sha. Un de ses élèves. Et Myra ne comprenait pas, elle n'approuvait pas. Pourquoi chercher une telle liaison ? Certes, elle ne connaissait rien d'eux. Mais elle en savait assez sur Lev pour savoir qu'il n'était pas fait pour une femme telle que Loïca. Elle méritait mieux. Bien mieux qu'un homme comme lui. Et c'était un élève de l'Académie, elle, elle y travaillait.

Son nom fut soudain prononcé, elle releva son regard jeté alors dans le vide pour tomber sur celui de la femme. Sans le masque de Loïca, la dessinatrice était quelque peu troublée. Elle ne l'avait jamais vu sans. Mais ce n'était pas ce détail qui la troublait le plus.
Loïca aimait Lev. Et elle ressemblait à une enfant perdue, une enfant qui ne savait plus où elle allait. Le kaelem pouvait profiter d'elle. Jusqu'à quel point ? La primat se le demandait. Elle n'approuvait pas cette liaison. Mais après tout, n'aimait-elle pas un ancien mercenaire ? Elle était mal placée pour juger... Même si elle ne pouvait s'en empêcher.

Son silence ne devait durer plus longtemps, Loïca ne trouverait jamais la solution qu'elle cherchait ainsi. Et elle espérait apparemment la trouver en Myra. Même si elle ne pouvait lui donner sa bénédiction, elle lui avait offert son amitié et ses oreilles.

Et elle venait de prononcer le nom de l'Eclipse...


- Voyons, on ne peut être ignorant de la vie. On connait certains de ses aspects et en découvre d'autres. Tu apprends, simplement.

La dessinatrice se pencha et prit les mains de Loïca dans les siennes, plongeant son regard orangé dans celui de la jeune femme.

- Et puis, c'est normal d'être un peu perdue lorsque l'on aime pour la première fois, je me souviendrais toujours de cette sensation. Elle brûle de l'intérieur, on veut satisfaire le moindre des désirs de l'autre, on veut son bonheur. Et cette sensation, elle m'habite encore aujourd'hui.

Peut-être que ce n'était pas ce que la jeune femme avait besoin d'entendre, peut-être qu'elle cherchait autre chose.

- Être perdue est normal, c'est notre quotidien, si nous ne l'étions pas de temps en temps comment retrouverions-nous notre chemin ? Il ne faut pas que cela t'affole. On appelle ceci la vie. Et dans ton cas, tu es encore plus perdue, car d'après ce que tu viens de me dire, tu ne possède pas la même culture que celle de la plupart des alaviriens. Mais tu apprends, et plutôt vite d'après ce que je vois.

Elle lui offrit un tendre sourire avant de continuer. Elle pouvait sentir le coeur de Loïca battre à travers ses poignets. Rapidement.

- Je suis certaine que tu auras un magnifique enfant, il faut simplement être patiente. ...Et puis si tu es trop vieille pour avoir un enfant, que devrais-je dire ?

Elle rit, ce qui eut l'effet escompté. Détendre l'analyste. Elle rougit, aussi. Peut-être désolée pour la dessinatrice, se rendant compte de la bourde qu'elle avait fait en se croyant trop vieille. Myra stoppa son rire et sourit à nouveau. Sa voix était douce et rassurante.

- Ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas mal pris.

Ses mains laissèrent celles de sa collègue... non, son amie, ces dernières tombant sur ses genoux. Elle semblait moins pâle. Presque rassurée d'avoir enfin pu parler à quelqu'un. Heureuse de s'être confiée enfin. Myra pencha légèrement la tête, un sourire radieux aux lèvres. Comme souvent.

- Sache que ma porte sera toujours ouverte pour toi, toujours.

Aider, consoler, conseiller, la dessinatrice aimait le faire. Guider des jeunes gens et leur montrer la voie, voilà ce pourquoi elle était devenue professeur. Et Loïca avait besoin d'aide. Elle avait besoin d'une oreille attentive, besoin qu'on l'écoute et que l'on ne juge pas.
La primat se leva alors pour se diriger vers un buffet non loin de là. Elle prit un pot qui reposait sur le dessus, l'observa quelques instants. Son regard se posèrent sur son lit où trônaient quelques minutes plus tôt les papiers qu'elle venait de dénicher. Son nom dessus. Ils ne lui appartenaient pas, mais son nom y était inscrit. Il s'agissait sans doute de papiers qui avaient appartenus à l'ancien résident de ces appartements. Mais c'était Maya et non une seconde Myra. Que faisait-elle avec ces papiers ? Très bonne question. A présent ils étaient entre les mains de la primat.
Elle se retourna alors vivement et, toujours avec un sourire, demanda :


- Tu m'as parlé d'une Eclipse ?





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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Ven 29 Aoû 2014 - 17:24

Tu apprends, simplement. Les mains de Myra avaient beau serrer avec sollicitude celles de Loïca, cette dernière se sentait flouée. Petite. Enfant aux yeux d'une mère et non femme aux yeux d'une amie. Preuve était bien là qu'elle était ignorante, ignorante de la vie de femme. Elle souffla de répit. Elle était prête à parier quand dans ce monde-ci, cette conversation était d'ordinaire évoquée avec des jeunes filles lors de leurs premiers amours. Elle, elle voulait être Dame. Ressembler à Myra, avoir sa prestance et son assurance. Être femme, quoi.
On appelle ceci la vie. Et le sourire tendre, compatissant. L'analyste se trouvait minable, insignifiante. Ses yeux noisettes se perdirent dans le vide, refusant le regard maternel de la professeur. Elle ne serait jamais rien de plus que la protégée de quelqu'un. Jamais Elle, jamais indépendante. Qu'avait-elle donc cru en partant de son village ? Naïve. D'une naïveté à s'en mettre en colère. Au final, ses sensations avec Lev étaient peut-être mêmes erronées. C'était lui qui jouait de l'instrument dans le couple, lui qui menait la danse, lui donnant juste le faux semblant d'être femme fatale. Après tout, elle avait fait ce qu'il attendait d'elle, en y pensant.
La belle blonde dut se rendre compte de l'abattement de l'étrangère car elle la fit rire. L'espace d'une seconde. Et la honte l'envahit. Elle n'avait pas réalisé qu'elle pouvait la vexer, ni qu'une si grande différence d'âge les séparait. Encore de quoi se sentir au rang de gamine. Baissant la tête, elle rougit. Elle fut très vite rassurée, cependant, et se redressa un peu. Se morfondre ne servirait à rien. A elle d'apprendre suffisamment pour se prendre en main et devenir son égal. Elle ne cherchait à être supérieur à personne. Juste l'égale. Pas l'Elue. L'égale. Etait-ce vraiment trop demander ?


Toujours dans ses réflexions existentielles, elle laissa la dessinatrice se lever vers un buffet, sans réellement remarquer qu'elle semblait également réfléchir. Aussi fut-elle un peu déboussolée lorsqu'elle se retourna pour prononcer le mot magique. Eclipse. Les pupilles de la jeune femme s'agrandirent et brillèrent d'un éclat nouveau. Elle avait clairement discerné dans la question un sujet bien plus sérieux et attendu que celui de l'amour et de la maternité. Un terrain sur lequel elles seraient deux, au même niveau, un véritable duo. Un léger sourire se dessina sur son visage. Etait-ce maintenant le moment ? Le déclic qui lui donnerait un but à poursuivre ? Ses entrailles lui criaient que oui, alors que son cerveau la traitait de parano. De penchée en avant, elle se posta bien droite, puis se mit à l'aise au fond du fauteuil, jambes croisées.

-Eclipse. Tu n'imagines pas à quel point ce mot chante à mon oreille. Chaque matin. Chaque nuit. Il représente beaucoup pour moi. C'est mon histoire.

Venait son tour de raconter une histoire, de lui apprendre quelque chose. Elle se souvenait du visage passionné d'Attalys lorsqu'elle lui avait narré l'origine de la Dame et du Dragon. Il était bon d'être conteur pour le coeur.

-Il était une fois un village, appelé Le Village. Vieux comme le monde, il réunissait une population très élitiste et croyante. Uniquement des dessinateurs, réunit dans le but de renverser l'imposture des hommes. En effet, dévoués à la Dame et au Dragon, ils considéraient comme traitrise le fait de les relayer au simple rang de mythe, et de ne pas chercher à les réunir. Pour eux, le don leur a été donné dans ce but et non dans le profit personnel ou l'enrichissement d'un empire corrompu.

Elle s'excluait pour l'instant volontairement de ce village, préférant le « ils » au « nous ». Depuis sa fuite elle se sentait de moins en moins en appartenance à cette secte, bien qu'elle en gardait certaines convictions.

-Ils commencèrent donc à s'accoupler entre eux, afin d'engendrer des dessinateurs de plus en plus puissants, et d'être capable, un jour, de réunir leurs divinités et de reprendre les mains de l'Empire. Il leur fallait un Elu. Une personne sur qui placer tous les espoirs du monde. Toute personne ne présentant pas le don était chassé. Certains parlent même d'exécution ou d'enfants abandonnés dans les rues si la consanguinité les avaient doté d'un physique disgracieux. Tous attendait le signe qui leur ferait comprendre que l'enfant né du rite serait celui à élever au rang de demi-dieux.

Ses mains tremblèrent légèrement. Se reconnaître comme tel n'était pas facile. Pas parce qu'elle n'y croyait pas. Mais parce que tout lui semblait trop. Elle passa une mèche derrière son oreille et se racla la gorge.

-Je suis née une nuit d'éclipse. Enfant de la Dame et du Dragon. Digne justicière, Elue qu'on m'appelait. J'ai été élevée dans un but bien précis, d'où mes lacunes. Si je crois à la raison de mon don, à la traitrise des hommes, je suis contre la justice par le sang et le renversement complet de l'Empire. Pas de cette façon. Mais au Village on ne peut pas penser autrement. Le jour de mes vingt-cinq ans une deuxième éclipse s'est présenté. Je savais qu'ils viendraient me chercher pour accomplir mon destin. J'ai pris peur. Et je me suis enfuie.

Elle caressa, songeuse, ses tatouages apparents, suivant les mouvements des flammes sur sa nuque. L'histoire ne s'arrête plus là, désormais.

-Je suis arrivée ici pleine de doutes, de honte et de remords. Mais persuadée que les divinités ne pouvaient m'en vouloir d'être partie. Pas si je trouve un moyen de les réunir sans verser le sang. La Dame et le Dragon ne continueraient pas de nous protéger tous et de nous offrir des dons s'ils voulaient une hécatombe. Et puis j'ai découvert une nouvelle éclipse...

Quel frisson, ce jour là, dans ses appartements. Elle en aurait presque défailli. Et sauté de joie, à la fois. Sa mission était encore valable. Elle pouvait être l'Elue sans brûler vive ou être noyée. Pas de sacrifice humain. Juste de l'implication.

-En cherchant un exemplaire du code Merwynien dans mes appartements, je suis tombé sur des écrits narrant une légende. Une légende, qui à mon avis n'en est pas une. Tout comme la Dame et le Dragon ne sont pas un mythe. Elle parlait d'une organisation appelée Eclipse. Et je ne crois pas aux coïncidences, tu vas vite comprendre.

Elle ferma les paupières et visualisa les parchemins sacrés, bien rangés dans sa chambre. Elle imprima dans son esprit chaque lettre, chaque tâche d'encre, chaque déchirure du papier. Une copie conforme de sa trouvaille apparut sur la table basse. D'un signe de main, elle fit signe à Myra de s'en emparer.

-Il est écrit que cette guilde aurait été formée par sept dessinateurs, appelés Seigneurs Eclipsistes afin de maintenir un équilibre entre politique et chaos. Mais l'un d'eux périt et les Ts'liches attaquèrent l'Empire, les empêchant de se revoir. Ils formèrent des apprentis, malgré tout. Ce qu'il advint de l'organisation est floue, mais tout laisse à croire que le profit personnel l'emporta sur le but réel.

N'y tenant plus, excitée comme une puce par le partage de cette découverte et l'espoir de faire renaitre ce groupe au nom si évocateur, elle se leva.

-Une guilde secrète, des dessinateurs uniquement, l'harmonie, l'Eclipse...Pour moi l'équilibre c'est la réunion des divinités et le pardon de ces derniers. Un Empire où le dessin reprend sa valeur, plus pur que l'or !

Une main sur le cœur, envoutée et engagée, elle supplie presque du regard son amie.

-Tu connaissais le mot Eclipse. En sais-tu plus ? Connais-tu le moyen de faire revivre cette organisation majestueuse ?

Son cœur battait la chamade. Le dessin est pouvoir. Et sa nouvelle alliée se trouvait être une puissante dessinatrice aussi. Elle pourrait l'aider à mieux contrôler son propre don trop grand pour elle. Et ensembles elles redoreraient le blason entaché de leur caste !



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Mar 30 Sep 2014 - 23:20

Elle vit le changement dans le regard de la jeune femme. Loïca sourit et se remit droite dans son fauteuil. Elle reprenait de l'assurance, elle retrouvait le sourire. Myra en fut heureuse pour elle. Voir quelqu'un aussi désemparée que la jeune femme ne l'avait été quelques secondes plus tôt, elle ne pouvait le supporter. Myra aimait aider, elle aimait apporter réconfort et ce jour-là, elle avait réussi.
Loïca prit la parole, heureuse. La tutoyant enfin.
Son histoire ? La dessinatrice se rapprocha pour s'assoir à nouveau, déposant le pot de biscuits sur la table basse. Son histoire. Toute ouïe, Myra ne perdit pas une miette du récit de son amie.
Et elle commença son histoire comme un conte raconté à un enfant. Elle venait d'un village réunissant une population très élitiste et croyante, des dessinateurs uniquement, ayant un but bien précis. Un Village bien étrange comme certains que l'on pouvait encore trouver en Gwendalavir. Des villages aux croyances bien trop radicales pour le reste du monde. Un village de dessinateurs s'accouplant entre eux uniquement, afin de créer de puissants arpenteurs des Spires.
Un élu. Elevé au rang de demi-dieu alors que les enfants sans don se voyaient chassés, tués peut-être.

Loïca était l'élue. Et elle en était mal à l'aise, elle ne l'acceptait pas réellement. Ce qu'elle avait dû vivre dans ce village n'avait pas dû être une partie de plaisir. Elle n'avait pu grandir comme une enfant normale, sans doute toujours encadrée par tout le monde. Surveillée sans arrêt. La pauvre fillette...
Et elle s'était enfuie.
Pour arriver ici, à Al-Poll, à l'Académie.
Organisation formée par sept dessinateurs, les Seigneurs Eclipsistes. Comme dans les documents cachés... Un équilibre entre politique et chaos. Ils forment des apprentis, mais le profit gagne les coeurs et l'organisation disparaît. Non... Elle existait encore bel et bien, Myra en avait la preuve sur son lit, dans la pièce voisine.
Loïca se leva soudainement, excitée comme une puce. La primat en eut un léger rire. L'analyste s'emportait, elle voulait savoir ce qu'était cette Eclipse, elle voulait la trouver et en faire partie. Cela se voyait, se sentait. Et Myra avait toutes les clés en main pour l'aider. Pour créer un Empire où le dessin reprendrait sa valeur perdue.

La primat se leva après avoir posé l'ouvrage qu'elle tenait encore en mains, souriant à la jeune femme. Elle passa dans sa chambre, prit le dossier qu'elle avait alors trouvé quelques heures plus tôt. Ce dossier avec ce nom unique sur la couverture. Myra. Son nom. Ce dossier qu'elle avait parcouru de long en large, ce dossier sur l'Eclipse. Elle revint enfin dans le salon, son amie toujours debout la main sur le coeur. Elle lui sourit.


- J'en sais bien plus que tu ne le crois.

Elle se rassit, ouvrant le dossier et étalant tout son contenu sur la table. Loïca ne se fit pas prier pour la rejoindre.

- Je peux même te dire que cette organisation n'a jamais disparue, elle s'est simplement enterrée, est restée discrète et silencieuse. Je viens de trouver ce dossier ce matin même. Quelle coïncidence ! Il est à mon nom comme tu le vois. C'est pour cela que je l'ai ouvert, mais il ne m'appartient pas. Il doit appartenir à une autre Myra, peut-être la femme qui occupait cette chambre avant moi. Mais elle s'appelait Maya, non Myra. Et même si ces noms se ressemblent, je n'aime jamais m'avancer sans avoir de preuves.

Elle farfouilla quelques secondes dans les papiers pour en ressortir une feuille.

- Regarde, il est fait mention de Seigneurs Eclipsistes ici, et là, là encore.

Tout en parlant, elle montrait différents papiers à la jeune femme. Puis, elle en sortit un en particulier.

- La personne à qui appartenaient ces papiers devait être importante dans l'organisation, elle possédait une liste complète de noms. Regarde.

Elle tendit la feuille à Loïca qui la prit, un sourire intéressé aux lèvres.

- Sans aucun doute les noms des membres faisant partie de... l'Eclipse.

Myra laissa quelques minutes à l'analyste pour parcourir les documents étalés sur la table basse avant de reprendre la parole.

- S'il existe un moyen de faire revivre cette organisation, nous le trouverons. Et je pense que ces papiers sont le premier pas pour trouver ce moyen.



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Jeu 2 Oct 2014 - 13:28


A sa grande surprise, Myra la quitta un instant, se dirigeant très certainement vers sa chambre. Loïca douta. Venait-elle de passer pour folle ? Elle se mordilla la lèvre, anxieuse. Sa brusque motivation avait du contraster énormément à sa venue désespérée, et la dessinatrice devait craindre pour sa santé mentale. Mais elle le sentait, au fond de ses entrailles. L'Eclipse était la clé. N'ayant pas bougé d'un poil, elle fut soulagée en la voyant revenir, dossier en main. Qu'était-ce donc ? Un large sourire éclaira son visage lorsqu'elle comprit que sa nouvelle amie en savait effectivement plus sur le sujet. Bien plus, même, d'après elle ! Elle sautilla presque sur place et se hâta de la rejoindre à table pour consulter ces trésors de mémoire.
Elle contint comme elle put son cri de joie : l'organisation était vivante. Vivante ! Pas morte, juste enterrée, légèrement délaissée, discrète. Mais présente, lui tendant grand les bras pour un avenir plus grand, plus juste. L'analyste se pencha sur les documents pour lire par dessus Myra avec attention. Pour elle, aucune coïncidences dans le fait que la jeune femme ait trouvé ses papiers à son nom. Quand bien même il ne s'agissait pas d'elle à la base, c'était un signe. Les Divinités l'intimaient à reprendre le flambeau, le jour même où elles se rencontraient dans ses appartements. Il n'y avait pas message plus clair.


Liste des noms en main, elle fronça des sourcils, cherchant désespérément un patronyme connu. Mais bien évidemment elle ne put reconnaître quiconque. Nouvelle en ville, elle n'avait aucun carnet d'adresse. Lèvres retroussées, basculant de gauche à droite dans un jeu de réflexion, elle chercha un moyen de trouver ces seigneurs. Relevant la tête, elle sourit à la primat qui lui révélait son envie de refonder l'Eclipse.

-Oh Myra, c'est tellement...magique ! La Dame et le Dragon sont avec nous. Nul hasard dans ton nom sur ce papier, je te le dis ! C'est notre tâche, notre rôle dans cette vie.

On ne pouvait plus lui décrocher son sourire qui s'étirait tellement qu'elle en aurait très certainement des courbatures le lendemain. Si ce n'était avant. Heureuse, elle fit les cents pas dans la pièce, liste en main, cherchant, main en l'air, une solution.

-On doit pouvoir retrouver ces hommes et femmes. Les questionner.

Silence. Réflexion. Pupilles noisettes perdues dans le vague qui cherchent, cherchent, cherchent, trouvent.

-Je sais ! Oh Myra, je sais comment les retrouver !

Cette fois-ci elle ne se priva pas de faire des petits bonds et applaudit de ses mains, comme une enfant.

-Toute ville a son registre de naissance, pas vrai ? Je...J'avais tenté de retrouver l'un des nôtres, expulsé du village, comme cela, une fois, dans la ville voisine. Bon, il n'y figurait pas, puisque né chez nous et que nous sommes coupés du monde, mais...Ce registre existe bien de partout ?

La professeur le lui confirma.

-Il suffit donc de faire une recherche sur ses noms là et nous saurons où ils sont nés. Ils n'y vivent peut-être plus, mais là-bas quelqu'un saura bien nous dire où les trouver. Ne serait-ce qu'un. Il ne nous en faut qu'un pour trouver tous les autres, j'en suis certaine.

La solution était là, mais la difficulté n'en demeurait pas moindre, Loïca en était consciente.

-Bon, de mon souvenir les registres sont classés par année de naissance et par titre. Noble et roturiers ne sont pas mélangés. Ce qui fait une sacré recherche puisqu'on ignore leurs âges...

Elle se tut un moment pour réfléchir.

-Envoyons un message dans les spires à chaque grande ville dans notre portée pour demander une copie des registres et cherchons ensembles, autour de thés et gâteaux, ici ou dans mes appartements. On ciblera les années les plus probables. Et si cela doit prendre plusieurs journées, et bien...prenons-les. En dehors de nos cours, je veux dire. Si tu es d'accord, bien entendu...

Elle guetta sa réponse avec l'impatience d'une aventurière prête à partir pour l'inconnu. Et elle exprima avec force sa joie face à la réponse positive.

-Géniallissime ! Commences par Al-Poll et Al-Jeit, ils te connaissent. Précise que tu désires une copie en dessin. On a pas besoin de les garder, ils n'ont pas à être éternels, juste à tenir, mettons...une semaine, pour être sûr d'avoir le temps entre nos postes. Et uniquement le registre noble. Pas un n'est roturier dans ces noms. Je vais contacter Al-Chen et Al-Vor.

Les archives étaient en libre consultation, sur demande, dans les bibliothèques ou établissements importants des villes. En tant qu'analyste et maitre dessinatrice, elles ne devraient avoir aucun mal à obtenir une version dessin de ceux-ci. Aussi, l'étrangère se rassit sur le canapé afin de se concentrer. Elle connaissait l'étendu de son don, mais ne l'avait jamais vraiment utilisé à cet effet. Paupières closes, elle inspira un grand coup et visualisa la cité d'Al-Chen qu'elle avait traversé avant d'arriver à l'Académie. Elle trouva assez aisément la bibliothèque principale de la ville et le réseau de spire dédié aux correspondances par ce biais.

« Dames et Seigneurs, les divinités vous saluent. Ici Loïca Jil'Wilën, analyste de l'Académie de Merwyn, à Al-Poll. Je souhaiterai consulter les registres de naissances nobles de votre ville. Pourriez-vous me faire parvenir une copie dessin pour une durée d'une semaine environ ? Je vous en serais très reconnaissante et me tiens à votre disposition pour une contrepartie de mon savoir si vos écoles en quémandaient l'intervention exceptionnelle. Je vous prie d'accepter tout mon respect et les bénédictions de la Dame et du Dragon qui vous protègent. »

Elle émergea de cet envoi avec difficulté et fierté. Epuisée, elle préféra attendre une réponse avant de contacter l'autre ville. Deux envoies simultanés de documents la mettrait à trop rude épreuve pour une première fois. Elle en avait la capacité, nul doute. Mais pas l'entrainement. Elle fixa donc sa collègue, espérant qu'elle s'en sortait tout aussi bien et que les registres ne tarderaient pas à venir.



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Dim 21 Déc 2014 - 16:39

Les registres. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ! C'était là une idée de génie. Retrouver les noms de la liste grâce aux registres des naissances. Loïca était pleine de ressources, et son sourire d'enfant faisait rire la primat. Elle était heureuse, frappait dans ses mains, ses lèvres ne semblant vouloir descendre à leur place originelle.
Et elle eut une seconde idée. Demander des copies des registres pour chercher ici les noms de toutes ces personnes. Cela allait leur prendre des heures... Des jours même...


- Pourquoi ne le serais-je pas ?

Son sourire s'étira alors également, reflet de celui de l'analyste. Et elle rit lorsque cette dernière explosa de joie. Elle prenait tous les devants, tant elle était impatiente de se mettre au travail. Myra quand à elle, était de plus en plus perdue face à ces explosions de joie dont Loïca faisait preuve. Oh, la primat était plus qu'emballée par l'idée de faire à nouveau des recherches comme elle n'en avait pas fait depuis longtemps, surtout avec quelqu'un d'aussi passionné qu'elle. Mais l'analyste était rigolote avec tous ses petits bonds face à ces nouvelles.

- Allons-y dans ce cas, ne perdons pas de temps.

Loïca s'assit sur le canapé, Myra ne prit pas cette peine. Debout, les mains sur son ventre toujours plat, elle plongea dans les spires avec délectation. Quelques secondes, elle évoluait à une vitesse phénoménale dans l'Imagination pour enfin trouver le réseau de correspondances de la bibliothèque d'Al-Jeit. Elle connaissait quelqu'un là-bas, une amie d'enfance. Dessinatrice, elle était devenue bibliothécaire dans l'école qui l'avait formée. Maï Kil'Pam. Elle envoya donc directement ce message à son amie.

« Chère Maï, ici ta tendre amie Myra. Donnes-moi de tes nouvelles, nous reverrons-nous bientôt ? Je t'envoie cette correspondance pour des questions de recherches. Tu sais combien je suis méticuleuse lorsqu'il s'agit de travail ! Je souhaiterai consulter les registres de naissances nobles de la ville d'Al-Jeit. Pourrais-tu me faire une copie dessin qui durerait une semaine ? Tu me serait d'un grand secours, ma Maï. Au plaisir de te revoir pour une partie de plus. Je t'aime, ta Myra. »

Le message envoyé, elle fit de même pour l'Académie d'Al-Poll, un message bien plus solennel que celui-ci, bien évidemment. Une fois les deux correspondances envoyées, elle ne sortit cependant pas des spires. Elle prit la peine de demander aux cuisines d'apporter des gâteaux dès que possible dans ses appartements. Et elle émergea. Un peu épuisée, certes. Son don faisait cependant parti d'elle, elle avait l'habitude de cette fatigue. Tous les jours, elle utilisait les spires. Depuis qu'elle les avait retrouvées, elle ne perdait pas une seconde. Lorsqu'elle le pouvait, elle s'y promenait. Et l'habitude de s'y trouver avait peu à peu rendu cette fatigue minime.

Les gâteaux arrivèrent quelques minutes avant les registres. Tous apparurent les uns après les autres. Deux d'abord, ceux d'Al-Jeit et d'Al-Chen. Les deux autres arrivèrent un bon moment après. Les deux dessinatrices s'étaient jetées sur les registres – après avoir fait de même sur les gâteaux – et s'étaient mises à travailler. Les minutes passèrent, puis ce furent des heures. Cet après-midi, elles n'eurent aucun cours. C'était jour de repos pour tout le monde. Les gâteaux trépassaient, le thé coulait, les pages tournaient. Des notes s'écrivaient de temps à autre, des copies des pages se gravaient sur le papier d'un crayon noir. Et lorsqu'elles trouvaient des noms, elles sursautaient et en informait immédiatement l'autre. Sauf qu'elles trouvaient rarement des noms. Parfois. Et elles continuèrent pendant des jours.


- * - * - * -

- Il n'est fait mention nulle part de cette Myra. Et celui-ci non plus. Ceux-ci non plus. Ces cinq-là, on ne les trouve nulle part. Pourquoi ?

Cela faisait quatre jours qu'elles se donnaient rendez-vous dans les appartements de l'une ou de l'autre, quatre jours qu'elles cherchaient dans les lourds registres de naissances. Al-Jeit recélant toutes les naissances de l'Empire entier.

- Des faux noms, peut-être ? Mais pourquoi ?

Et une idée traversa son esprit.

- On a déjà une longue liste. Les registres ne peuvent pas nous donner plus d'informations. Il va falloir aller directement à leur rencontre, ils sont les seuls à pouvoir nous donner les informations qui nous manque.

La primat vit l'impatience sur le visage de sa collègue.

- A mon avis, il vaudrait mieux être discrètes sur nos intentions et nos identités.

Elle sourit.

- Ce soir ?





[ Edition à volonté pour 10 bisous o/ ]


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Ne fuyez pas la MAGIE...


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Analyste de l'Académie
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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !   Ven 6 Fév 2015 - 14:49



-Êtes-vous complètement folles de venir me trouver ici ?! Je ne sais pas ce que vous voulez, mais partez !

Myra et Loïca restèrent un moment interdites devant la réaction plutôt violente de l'homme, mais l'analyste reprit vite contenance et saisit le poignet de leur interlocuteur avec force. Elle plissa ses petits yeux pour prendre une mine sérieuse et presque menaçante qu'elle ne se connaissait pas.

-Si nous avons pu vous retrouver, d'autres le peuvent. J'ignore la raison de cette volonté de rester caché et sous un faux nom, mais je suis certaine que ce mystère intéressera beaucoup de monde dans la haute société. Nous ne vous voulons aucun mal. Juste des explications.

Les lèvres de l'interrogé se pincèrent jusqu'à devenir inexistantes. Il détailla les deux femmes avec méfiance, puis soupira.

-De quelle Académie venez-vous déjà ?

La dessinatrice étrangère jeta un coup d'oeil hésitant à sa consœur. Elles avaient décidé d'être discrètes et avaient elles-mêmes donné de faux noms, ainsi qu'une fausse académie. Mais à présent que les choses tournaient plutôt mal, il valait peut-être mieux jouer la franchise si elles voulaient réellement des réponses.

-L'Académie de Merwyn. Nous sommes envoyées par Myra.

Demi vérité, demi mensonge, le compromis semblait bon. Et eut l'effet escompté car le visage de l'homme s'illumina. Il semblait toutefois très tendu et ne cessait de river ses pupilles de toutes parts avec, visiblement, la peur bleue d'être écouté.

-Partez. Je saurai vous recontacter pour une entrevue. Là seulement je vous donnerai les informations nécessaires.

Il perçut de suite le doute chez Myra.

-Je vous recontacte, c'est une promesse. J'enverrai une missive au nom de Myra à l'Académie de Merwyn, par les Spires. Ainsi elle pourra vous avertir du rendez-vous. Cela vous convient-il ?

Les deux femmes sourirent en choeur. Il ne savait pas à quel point cela pouvait leur convenir, puisqu'il ignorait qu'une dénommée Myra se tenait bien devant lui. Acquiesçant, elles se donnèrent la main pour effectuer le pas sur le côté retour. Elle venaient de frôler la catastrophe.


Après avoir travaillé durant quatre jours, les deux dessinatrices avaient récolté fort peu d'informations. Si les réunions, le thé et les gâteaux les avaient considérablement rapprochées, les noms ne correspondaient pas aux registres les trois quarts du temps. Une ou deux fois elles avaient failli baisser les bras. Et puis, certaines d'un nom et de sa double identité, elles avaient décidé d'enquêter sur le terrain. Il s'agissait de Gontran Mil'Uan, appelé également Guann. Le trouver avait été plutôt aisé, puisqu'il vivait toujours à Al Jeit depuis sa naissance et qu'il disposait d'une grande notoriété. Dans un premier temps elles l'avaient simplement questionné sur ses connaissances. En effet elles avaient cité quelques noms, mais il avait tout nié en bloc d'un ton agacé. Myra avait alors eut l'affront de prononcer son identité apparement secrète de « Guann », ce qui avait déclenché sa colère et sa crainte d'être découvert.


**


Les deux amies étaient rentrées d'Al Jeit depuis trois mois à présent et n'avaient toujours aucunes nouvelles. L'attente leur paraissait beaucoup trop longue, mais les examens annuels de l'Académie les avaient empêché d'agir par elles-mêmes. Et puis, depuis la réaction de Gontran Mil'Uan, elles n'osaient plus trop.
Attablée autour d'un jeu de société en bois, dans les appartements de Myra, Loïca regardait avec envie et tendresse le ventre de sa partenaire de dessin qui s'était considérablement arrondi.

-Tu connais déjà le sexe du bébé, dis ?

Elle ne lui en voulait pas le moins du monde, au contraire. La professeur était devenue pour elle l'amie la plus précieuse au monde et elle se réjouissait de chaque seconde passée avec elle. Toutefois ses pensées divaguèrent et très vite elle n'écouta plus son amie, les pupilles rivées dans ses craintes. La future maman posa avec sollicitude une main sur la sienne pour la ramener à la réalité.

-Excuse-moi. Je sais que tu n'aimes pas beaucoup Lev, mais... Où peut-il bien être passé ? Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ? Cela relève déjà de l'inconscience de quitter l'Académie de pareille manière, mais...et moi ?! Qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ?!

Ou ne pas lui faire, comme un enfant ? Il ne semblait pas pourtant en vouloir à ce point là. Myra lui suggéra un contact par les spires.

-J'ai déjà essayé. Mais je me retrouve face à un mur de béton à chaque fois. Je crois qu'il m'a...bloqué ou quelque chose comme ça. Je connais son don mieux que quiconque. Ce n'est pas un simple hiatus. Le mur est là volontairement.

Elle soupira et se massa les tempes, prise par un violent mal de crâne.

-Raah, et en plus en ce moment c'est migraine sur migraine et nausées. Je dois couver un vilain microbe. Entre ça et ce Gontran qui n'a toujours rien envoyé... Heureusement que tu es là !

Loïca lui offrit son plus beau sourire, sincèrement heureuse et soulagée d'avoir une telle présence à ses côtés. Tandis que Myra commandait aux cuisines un magnifique gâteau au chocolat pour réconforter l'analyste, cette dernière réfléchissait à l'Eclipse.

-C'est tout de même étrange ce silence. Tu crois qu'il s'est moqué de nous ? Pourquoi ces noms d'emprunts, pourquoi cette méfiance ? Que peuvent-ils bien cacher ? En tous cas il y avait bien une autre Myra à l'Académie fut un temps.

Elle n'eut pas le plaisir d'écouter les hypothèses de Myra jusqu'au bout car la première bouchée du délice chocolaté lui retourna l'estomac. Elle se précipita aux toilettes pour vomir tout ce que son ventre contenait. La bile qui suivit la fit gémir de douleur et elle sentit les mains de la dessinatrice venir relever ses épis blonds pour apposer un linge frais sur son front. Si la jeune blonde se retenait jusqu'ici de pleurer, par fierté, elle laissa cette fois-ci les larmes s'échapper de ses prunelles.

-J'en ai marre...Quoi ? Pourquoi souris-tu de la sorte ?

Sourcils froncés, elle ne parvenait pas à saisir l'évidence qui venait d'apparaitre sur le visage amical de la primat. Primat qui ne put répondre de suite puisqu'un dessin se fit sentir dans la pièce principale. Les deux paires d'iris se rencontrèrent dans une excitation enfantine.

-Guann ! S'exclamèrent-elles ensembles.

Loïca s'essuya à la hâte pour courir avec sa consoeur jusqu'à la missive. Enfin, des réponses !



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                            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?


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Est-ce un soleil, est-ce une pleine lune ? Non ! C'est une Eclipse !
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