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 C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.

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Maître Marchombre
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MessageSujet: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Mar 25 Fév 2014 - 22:25


C'était une belle journée de printemps, avec un peu de soleil qui réchauffe doucement les os encore gelés des pluies et de l'air glacial. Arro s'étira une énième fois, il se prélassait tranquillement sur l'herbe. Il avait passé la matinée avec son apprentie, toujours à lui apprendre un nouveau truc, à lui montrer le chemin pour qu'elle puisse enfin s'envoler sur la voie. Après l'entraînement, il l'avait laissée partir pour l'après-midi. Lui, pouvait passer du temps comme avant, sans rien faire, juste lui, le ciel, la terre et le monde à porter. C'est pour cela qu'il passa le plus clair de son temps allongé sur l'herbe, un sac sous la tête, les yeux fermés, appréciant les rayons bienfaiteurs du soleil. Le marchombre avait même prévu un petit casse croûte pour le milieu d'après-midi, s'il avait faim. En bref, une petite sortie bien ficelé. L'homme se laissa divaguer entre les sons qui l'entouraient. Des brouhaha lointain de personne qui discute, les criquets qui stridulent, les oiseaux qui chantent, bref, le printemps quoi.

Les sensations sur ses bras étaient agréables, l'herbe fraîche faisait contraste avec la chaleur qui venait du soleil. Arro avait abandonné son long manteau fourré et sa veste, tous les deux roulés en boules à côtés. Il portait juste son haut blanc et son petit plastron dorsal en cuir qui comportait des petites poches contenant des crochets. Il avait aussi laissé sur ses poignets ses bracelets de cuirs. L'un était là pour la même raison que son plastron, porter ce qui lui permettait d'ouvrir des verrous. L'autre était un peu spécial, il contenait un fourreau où l'on pouvait ranger un petit couteau dont le manche ponterait vers la main. L'homme aurait pu aussi les enlever, mais tous ces instruments étaient comme une seconde peau pour lui. C'était un marchombre, par la Dame !

Parfois il s'amusait même à se rappeler toutes les cachettes qu'il avait. Hormis son plastron et ses bracelets, son manteau était truffé de poches interne et de fausses doublures, sa veste était pas mal fournie en rangement, mais tout ça restait assez visible et on ne pouvait pas vraiment les considérer comme des cachettes. Par contre, ses chausses avaient des semelles assez intéressantes dont un morceau se déboîtait pour laisser apparaître des crochets, encore. En bref, il était paré pour ouvrir n'importe quel porte.

Finissant son petit décompte, il sourit et se releva en baillant. Arro se frotta les cheveux et s'humecta les lèvres. Il étendit ses bras vers le haut et s'étira encore. Le marchombre pourrait continuer à se grandir toute la journée. Il aimait la sensation de sentir ses muscles qui se tendaient et se détendaient, ses os qui s'étendaient, craquaient. Parfois il faisait des mouvements supplémentaires juste pour voir si tout marchait bien, si son corps était bien huilé. C'était une habitude qu'il avait prise, pour être toujours sûr qu'il serait opérationnel dans n'importe quelle situation. En fait, cela l'avait prit depuis la prise. Il était devenu un peu paranoïaque depuis ce temps. Cherchant à toujours faire face à n'importe quel événement, il ne souhaitait pas voir encore le chaos détruire son monde.

Un bâillement sortit encore de sa bouche, il claqua sa langue un peu pâteuse et attrapa son sac. Il fouilla habilement entre la couverture, la poêle, le pain et le bocal de pâté. Le marchombre en sortit sa flûte. Une envie de jouer un air l'avait soudainement pris et puis cela lui permettait de garder un niveau plus qu'acceptable dans l'art de la musique. Ses lèvres se posèrent avec délicatesse sur les tuyaux de rougeoyeur. Le souffle s'engouffra dedans, créant une vibration, résonant dans l'air, devenant un son. Ses mains faisaient glisser avec dextérité la flûte de pan, les notes se liaient, devenant une musique douce, chaleureuse, comme ces rayons qui léchaient la peau du marchombre. Cela lui faisait du bien. Il s'évadait un peu avec sa musique, un peu plus loin de ses responsabilités, de l'Académie, théâtre d'horreurs qu'il aurait voulu oublier. Avec sa flûte, il était libre, avec sa flûte, il était marchombre, avec sa flûte, il était Arro.

L'homme s'arrêta doucement et dans un étirement, il se rallongea, la tête sur son sac. Maintenant il sifflotait doucement des petits bouts de musique avec son instrument. Les yeux fermés, il appréciait juste cette journée. Laissant le temps filer avec plaisir, il somnolait. Puis vint le moment du festin. Son ventre commençait à gargouiller, se tordant légèrement pour faire comprendre qu'il fallait le nourrir. Arro se releva et sortit de quoi grignoter. Il coupa une tranche dans le pain qui craqua sous les dents du couteau. C'est alors qu'il allait tartiner du pâté qu'il repéra une silhouette au loin. Il l'avait déjà vu auparavant. Heureux de voir quelqu'un en cette belle journée, il fit un signe de main, enfin de couteau -vu qu'il le tenait toujours- et lança.


-Salut Gareth ! On se fait une petite balade ?

Tout sourire, le marchombre planta l'instrument à tartiner dans le bocal. Il serra la main du maître fauconnier et continua :

-Ça te dit de partager un bout de pain ? Enfin si t'as le temps. Je n'veux surtout pas t'obliger à venir déguster avec moi ce succulent pâté de termite fait par Gertrude.

Dans un élan joyeux, il se réinstalla et étala de la charcuterie sur tout le long de sa tartine.



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Sam 8 Mar 2014 - 20:35

Debout au milieu d'une plaine. Le regard fixe. Sur ses mains ensanglantées. Tremblantes. Sa respiration était saccadée, son coeur ne savait plus comment battre le rythme de son corps. Une goutte rouge rubis perla de son pouce, tomba à terre dans un ploc clair. Il tremblait. Ses mains, ses bras, ses jambes, tout son corps semblait être pris d'un frénétique frisson. Pourquoi tremblait-il ainsi ? Cette sensation indescriptible... Cette sensation d'avoir perdu le contrôle et...
Le métamorphe releva instantanément son regard pour le planter à l'horizon. Rien. Les montagnes du Poll qui se dressaient sur des kilomètres, la forêt, la plaine, partout. Et le soleil qui dardait ses rayons printaniers sur les flancs de l'immense rocher qu'étaient les frontières du Nord. Le chant des oiseaux, hululement rassurant. Son corps cessait enfin de trembler. Il pouvait rentrer à l'Académie, il allait reprendre le cours de sa vie et ignorer à jamais ce qu'il s'était passé cette nuit. Il se retourna et commença à se diriger vers le grand bâtiment.

Son oeil fut attiré par une ombre au pied d'une souche morte. Ombre plate. Plate ? Non. Gareth se rapprocha, les sourcils froncés. Inquiet. Il ne fut pas réellement surpris de découvrir ce qu'était cette ombre. Un corps. Il avait encore tué cette nuit. Enfin, Elle avait tué. A côté de l'Académie... A côté.
La panique submergea le fauconnier. Il détailla quelques secondes la silhouette morte de dos, n'osant pas s'approcher. Un détail lui sauta soudain aux yeux. Ces cheveux... Non, impossible. Cela ne pouvait être elle. C'était tout bonnement impensable. Il devait en être certain, aller vérifier. Il avança jusqu'au corps sans vie. Le retourna doucement.
Le métamorphe sauta en arrière. Stupéfait, effrayé, en colère, perturbé. Anéanti. Les bras ballants, il sentait son corps trembler de nouveau, plus fort. Ces cheveux... C'était bien les siens. C'était elle.
Amarylis.
Gareth hurla. Fort. Comment ? Pourquoi ? Quand ?... Cette nuit. Pour le faire souffrir. L'Esprit Fauve. Une larme pointa à peine le bout de son éclat qu'il l'arracha à sa joue. Le corps de la rêveuse était lacéré de coups de griffes... Il ne l'avait pas épargnée. Aucune chance. Morte. Amarylis était morte. Sans vie. Plus un souffle ne sortirait de ses lèvres. Rien. Un corps sans âme. Vide. De la chair. Elle se fondait presque dans le décors. Une nature morte.

Les jambes du fauconnier ne tinrent plus. Elles cédèrent sous son poids, son corps entier fut prit par la gravité. Sur les genoux, il posa la tête sur le sol. A quelques centimètres du corps inanimé de son amie.
C'était encore arrivé... Il l'avait encore fait... Tout ceci était de sa faute, uniquement de sa faute. Il aurait dû la tenir loin de tout ça. Tenir tout le monde loin de tout ça. Il n'aurait jamais dû lui en parler. Leur en parler.

Ma faute... C'est ma faute...

Il ne devait pas en parler, à personne. Et il l'avait fait. En voilà le résultat, devant lui. Personne ne survit à son contact. Personne...
Il releva sa tête, rapide. Personne... D'un élan vif, il partit en courant vers l'Académie. Un mauvais pressentiment rugissait dans ses tripes. Elle avait pris le contrôle pendant bien trop longtemps... Elle avait largement eu le temps...

Par la Dame, faites que ce ne soit pas arrivé... Je vous en prie...

Les portes de l'Académie étaient grandes ouvertes, Gareth s'y engouffra à vive allure. Pour s'arrêter sur le pas de l'entrée. Ses jambes flanchèrent, il se tint à la porte. La scène qui se présentait à lui ne pouvait être réelle, ce n'était qu'un cauchemar. Un simple et foutu cauchemar... Ce n'était possible autrement.
Du sang, partout. Et des corps en uniformes. Partout. Il avança, solidement cramponné au mur. Dans les escaliers, le même massacre. Partout où son regard se posait, il pouvait voir des visages effrayés, terrorisés. Des cadavres.
Premier étage. Sur le sol, deux corps enlacés. La professeur de dessin... Avec son amant, le trésorier. Morts... Lacérés. La porte des Hil'Guidjek était ouverte, défoncée par une force surhumaine... Il n'osa y mettre un pied.
Deuxième étage. Un homme était allongé sur le ventre. Le métamorphe n'eut aucune peine à deviner de qui il s'agissait. Sir Eternit. Le sang était presque sec autour de lui...
Troisième étage. La volière... Elle était ouverte. Des plumes volant encore dans les escaliers. Le fauconnier se précipita comme il put à l'intérieur. Aucun piaillement. Rien. Que le silence lourd d'un massacre violent. Il n'avança plus et se retourna pour fuir. Dévalant les escaliers comme un fou, comme un animal égaré, perturbé, il trébucha. Roulant sur les marches, il ne se stoppa qu'une fois en bas. Sa tête entra en contact avec un liquide glacé... Il se releva sec.
Le visage d'un brune l'observait, les yeux exorbités. Il fronça les sourcils... Il la connaissait. C'était la fille à l'aigle, celle qui n'arrêtait pas de débouler dans la volière pour une raison ou une autre. Son corps était désarticulé. Elle s'était défendue. Tous. Il s'étaient tous défendus, mais n'avaient eu aucune chance. Ils n'étaient pas tombés sur le bon ennemi... Sur la gentille bête... Ils avaient eu à faire à un monstre aux dents et aux griffes acérées. A la rage folle, à la haine dévorante.
Aucune chance...
Le coeur de Gareth s'arrêta de battre...

Non...

Ses jambes se remirent à courir seules. Quelques secondes lui suffirent, il atteignit la cabane en une foulée. Il se stoppa net devant. Et si... Si... S... Il entra. La porte grinça, laissa la place à l'intérieur de la cabane. Vide. Personne. Il poussa un soupir de soulagement avant de pénétrer dans la pièce centrale. Sa voix résonna, forte, il appelait Julia. Un râle lui répondit après quelques minutes. Loin, grave, souffrant. Presque inaudible. Il se précipita dans la cuisine...
Elle était là... Etendue sur le sol... Sa poitrine se levait encore. Volant presque, il se retrouva à ses côtés en moins d'une seconde. Il tenta de l'aider à empêcher le sang de couler, en vain. On aurait dit que ses mains ne voulaient approcher la femme. Comme par une barrière invisible.
Soudain, Julia pointa son index vers son ami...


- Assassin...

Le coeur du fauconnier cessa de battre. Foudroyé... Un hurlement de rage sortit de sa gorge...

***

Gareth se leva d'un coup, hurla. Il ne se trouvait plus dans son lit, mais sur le sol. En sueur. Son corps entier tremblait, il n'arrivait à faire un seul geste contrôlé.
Foutus cauchemars... Cela faisait depuis plusieurs semaines qu'il faisait le même, encore et encore. Il découvrait Amarylis la gorge béante, massacrait les habitants de l'Académie et entendait ce mot sortir des lèvres de Julia. Chaque nuit. Il finissait par ne plus dormir, de peur d'être une fois de plus happé par ces horreurs qui le hantaient. Par sa plus grande peur...

Se relevant difficilement, il s'appuya contre le mur quelques instants. Ce n'était qu'un cauchemar, un simple cauchemar. Rien de plus. Il devait aller travailler à présent, oublier cette nuit mouvementée et travailler. S'occuper de sa volière où les piaillements lui vrillaient les oreilles, aller voir Aidan et Julia qui tentait en vain d'apprendre au petit à parler, de discuter longuement avec Amarylis. Occuper sa journée. Rester dans son train quotidien. Ne rien laisser paraître, être calme. Rester à l'écart.
Il commença sa journée...


***

Pourquoi cette buse disparaissait-elle toujours durant plus d'un mois ? Gareth n'arrêtait pas de se faire du mauvais sang à cause d'elle. Il devait néanmoins rentrer, car il avait d'autres chats à fouetter mouahahah. Ce fut donc alors qu'il marchait en direction de l'Académie dans l'intention de rallier sa volière qu'il repéra la silhouette d'un homme qu'il reconnut au premier coup d'oeil. Pas bien difficile de le reconnaître ce bonhomme-ci. Arro Skil'Liches. Il était sympathique, mais parlait beaucoup. Il risquait de le repérer, si ce n'était pas déjà fait, et de s'accaparer son emploi du temps pour tailler une bavette. Comment l'éviter... Trop tard. Il l'appelait. Le fauconnier s'approcha alors et arriva à la hauteur de l'homme.

- Un rapace qui s'est fait la malle, rien de bien amusant.

Il lui proposa alors de partager son pâté et son pain. Le ventre du fauconnier grogna sous la demande. Pourquoi pas après tout. Il ne pourrait pas se tenir longtemps éloigné du marchombre excentrique de toute manière. Et puis il n'était pas méchant. Le fauconnier accepta après plusieurs intenses minutes de réflexion.

- Pourquoi pas. Par contre, j'mange pas de viande, donc pas de pâté pour moi. Même si je suis persuadé que le pâté de Gertrude est délicieux.

L'homme cria à l'infamie.

- Oh, une conviction personnelle, rien de plus. C'est difficile à expliquer.

Gareth se souvint soudainement de la petite brune de son cauchemar. La fille à l'aigle. Il l'avait souvent vu passer du temps avec Arro. Une curiosité naissante le poussa à savoir quel lien les unissait. Comment une gamine qui semblait aussi écervelée et rebelle se retrouvait à suivre cet homme la plupart de ses journées.

- J'ai souvent une fille, avec de longues boucles brunes qui vient dans la volière pour récupérer son aigle. Je crois me souvenir qu'elle passe beaucoup de temps avec toi. C'est quoi son nom, déjà ? Que je sache pour la prochaine fois.

Ni une ni deux, l'homme s'étala sur la question de la fille à l'aigle.





[ Naif]


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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Lun 10 Mar 2014 - 14:57

QUOI ? Non mais QUOI ? De qui, de comment, de qu'est-ce ? Pourquoi fallait-il que Gareth, le maître fauconnier, celui qui entraîne les oiseaux à la fauconnerie, pourquoi fallait-il qu'il soit végétarien. Arro n'en bouillonnait pas de rage, non il n'avait pas assez de raisons pour lui en vouloir, cela aurait été puéril bien sûr, de le considérer comme un ennemi naturel. Non pour cela, il aurait plutôt dut s'en prendre à sa femme, la plonger dans un chaos dont elle ressortirait amnésique. Mais, là, l'homme était juste végétarien. Mais, c'était bien normal, le marchombre dut quand même s'insurger face à ce cruel manque de goût !

-Quoiiiii ? Non mais tu me fais blaguer là hein ? Même pas un petit bout de pâté ? C'est triste quand même, lui qui ne demande qu'à être mangé...

Enfin bref, il n'allait pas le tuer juste parce qu'il avait ses propres convictions, du coup, il tendit un morceau de pain et fouilla voir s'il n'avait pas quelque légume dans sa sacoche, histoire de ne pas laisser Gareth avec un bête quignon. Mais non, il n'avait pas pensé à prendre ne serait-ce qu'une pomme. Ah, l'habitude de la viande, vous savez, parfois on en oublie le goût des fruits. Pourtant, c'est sain d'en manger cinq à six par jour. Mais, un bon rôti de siffleur, c'était tellement bon... Arro nota cependant de prendre de quoi se faire un petit ragoût histoire d'accompagner sa cuisine.

La conversation, mal commencée, partit sur un sujet qui étonna le marchombre. Il commença à parler d'une fille aux boucles brunes et avec un aigle. Cela ne pouvait être qu'une seule personne que le maître connaissait.


-Tu parles d'Ichel. Oui en effet, elle peut devenir assez « embêtante », pour rester polie, quand il s'agit de son oiseau. En fait elle l'est pour plein de choses. C'est une élève parfois exigeante et qui demande beaucoup d'attention.

Arro fit un petit sourire, ah, son apprentie... Quel satané caractère. Cela lui rappelait de bons moments, quand lui était autant tête brûlé qu'elle.

-Enfin, j'comprends que t'ai eu des problèmes avec elle. Son aigle c'est sacré, parfois c'est à se demander si elle ne préfère pas devenir fauconnier comme toi. Toujours à être impudente, presque insolente.

Ouais, elle se rebellait même souvent, mais c'était un peu le principe d'être marchombre, la liberté, tout ça... C'était assez complexe de rester calme, posé quand vous avez envie de bouger et découvrir le monde.

-En tout cas, elle devrait sûrement te faire un peu plus confiance. J'ai presque un pressentiment que t'es vachement doué pour soigner les rapaces et bien t'en occupé.

L'homme ria un peu, c'était assez évident ma fois, Gareth n'était pas Maître Fauconnier pour rien.

-Enfin, si t'as un petit problème avec elle, je te conseille de lui tirer les oreilles, ça marche plutôt bien, je t'avouerais.

Ah, la petite punition enfantine qu'Arro s'amusait parfois à faire subir à son apprentie quand elle était vraiment trop effronteé. C'était presque devenu un rituel. Mais ça fonctionnait plutôt bien, on voyait une nette amélioration dans le comportement de la jeune demoiselle, enfin sûrement qu'avec son Maître.

Il croqua une nouvelle fois dans le pâté étalé sur la tartine. Mâchant avec bonheur, Dame, que c'était bon. C'était la meilleure charcuterie de Gwendalavir. Arro en était persuadé. Quelqu'un qui n'aimait pas ça ne pouvait pas exister. Bon, Gareth n'en avait certainement jamais mangé, donc il ne pouvait pas savoir qu'il appréciait ça dans tous les cas. Mais s'il rencontrait une personne, une seule personne qui n'adorait pas ce bonheur de nourriture, sa foi en ce magnifique plat se briserait... Pour une seconde et quelques centièmes, car ce n'était pas un cas rare de la nature qui allait l'empêcher de déguster ce délice.

Voyant que son goûté venait de disparaître entièrement dans sa bouche, il s'étonna de la rapidité avec laquelle il avait engloutis sa tartine. Qu'à cela ne tienne, il se coupa une nouvelle tranche de pain et l'enduisit de la délicieuse gâterie qu'était son péché mignon. Il passa la miche et le couteau à Gareth.


-Désolé, je n'ai rien d'autre à te proposer, sers-toi comme tu veux, le pain est déjà plutôt bon en lui-même.

Cette fois-ci, le marchombre commença avec douceur, comme si ce bout de paradis était précieux, qu'il fallait le manger petit à petit, histoire que chaque sensation imprègne votre bouche. Finissant sa bouchée, il continua la discussion :

-Mais, je parle, je parle et toi, qu'est-ce que tu racontes donc ?

A vrai dire, Arro était curieux. Il souhaitait connaître cette étrange fauconnier qui semblait si discret. Et lui aimait apprendre tout sur les résidents de l'Académie. Ainsi, il tissait sa petite toile, assimilant, digérant, cumulant toutes ces informations pour tout voir et tout savoir.



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Arro Skil'Liches / Silind Frandrich / XDieu / Tarus Tal'Oursian / Lyuuna Sil'Celim
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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Jeu 17 Avr 2014 - 13:44

Ichel. La description correspondait bien à ce qu'il avait pu en observer. Insolente, embêtante aussi, ah ça oui, elle l'était. Toujours à apparaître dans ses pattes lorsqu'il était occupé. Et son aigle... Quel casse-pied ! Il était magnifique, ça, il ne pouvait le nier. Mais son caractère était identique à celui de sa maîtresse. Deux têtes brûlées pour le prix d'une.
Une apprentie comme elle ? Jamais. Gareth se contentait de Lyu, tranquille et paisible. Aucun problème. Jamais une fille comme cette Ichel ne deviendrait son apprentie. Comment Arro faisait-il ? Avait-il un secret pour venir à bout de cette furie ? Le fauconnier se le demandait. Il ne le saurait sans doute jamais, vu que la discussion dévia sur un autre sujet.

La remarque du marchombre le fit sourire alors que celui-ci laissa échapper quelques rires. En effet, il n'était pas trop mauvais pour s'occuper des rapaces, sans vouloir se vanter. Après tout, cela faisait depuis un bout de temps qu'il s'était immiscé dans leur monde, il avait eu le temps d'apprendre à les connaître et à devenir partie intégrante de leur vie. Un long et intense travail, mine de rien. Travail qu'il effectuait encore aujourd'hui. Avec ces bêtes à plumes on n'avait jamais fini d'apprendre.
Arro parla soudain d'oreilles, il ne comprit pas immédiatement qu'il voulait parler de son apprentie. Le métamorphe haussa un sourcil. Lui tirer les oreilles ? Pourquoi ferait-il cela ? Ca fait mal... Quel étrange phénomène que ce maître et cette apprentie. Que devaient être leurs entraînements... Il préférait ignorer ce détail.

Arro Skil'Liches, un ventre sur patte. Il avait à peine enfourné sa tartine dans sa bouche qu'il s'en préparait une autre. D'ailleurs, ce pain semblait bien entamé. Combien en avait-il avalé depuis qu'il était ici, sur l'herbe ? Gareth n'était pas un grand mangeur. Déjà parce qu'il était végétarien, donc ceci réduisait fortement ce qu'il pouvait manger, et ensuite parce qu'il ne mangeait que pour faire taire son estomac. Uniquement pour cela. Parfois il pouvait ne pas manger durant plusieurs jours, à peine un morceau de pain. Ou ce qu'il trouvait dans la forêt et les montagnes. Son domaine en tant qu'animal. Il connaissait chaque feuille, chaque plante, comestible ou non, des alentours. A force de se transformer et de se retrouver à des kilomètres de l'Académie... Il fallait bien survivre. Les moments où il ne mangeait pas durant plusieurs jours étaient souvent liés à ses transformations hasardeuses. Elles l'emmenaient souvent loin du nord. Le plus loin avait été les Collines de Taj. Allez savoir ce qu'il lui avait pris ce jour-là.
Quoiqu'il en soit, Gareth était impressionné par la capacité de l'estomac du marchombre.


- T'inquiète pas, j'ai l'habitude.

Le fauconnier prit la miche de pain et se coupa un morceau à son tour, remerciant la générosité d'Arro d'un mouvement de tête. Déchirant un bout de pain qu'il apporta à sa bouche, il se concentra à nouveau sur la discussion. Il avait changé depuis son arrivée ici. Quelques temps plus tôt, jamais il ne se serait arrêté pour discuter avec quelqu'un. Il se serait contenté de contourner l'obstacle, d'être invisible. Aujourd'hui, quelque chose avait changé. Sans doute parce qu'il avait découvert des personnes qui l'appréciaient même en sachant ce qu'il était. Pour la seconde fois. Il s'attachait... Etait-ce une bonne idée ? Son esprit pensait que non, mais son coeur hurlait le contraire.

- Quelques histoires de fauconnier, plumes, piaillements, nuages et ciel. La routine, rien que la routine. Il n'y a pas grand chose qui vient troubler mes activités à vrai dire. A part quelques élèves insolents, mais sinon la vie est pas trop mal dans la volière.

Aucun trouble ? Si seulement il savait à quel point cette phrase sonnait faux dans la tête du métamorphe. Aussi faux qu'une tierce picarde un truc de musicien, genre on disait que c'était l'accord du diable, toussa.
Jamais son esprit n'avait été aussi troublé qu'aujourd'hui. Chaque nuit, ses cauchemars venaient le hanter, chaque nuit, Elle venait lui rappeler qu'il n'était pas seul dans ce corps. Rien de bien différent depuis sa naissance, mais le problème était que ces états augmentaient beaucoup trop.
Quelque chose se passait, il le savait. Avait-Elle trouvé un moyen de prendre ce corps une bonne fois pour toute ? Non. Impossible. Gareth avait toujours eu le dessus, il avait toujours récupéré son corps même après plusieurs jours de cavale. Mais quelque chose allait arriver, il le sentait dans ses tripes, dans sa tête. Quelque chose de mauvais.
Le pire n'était pas cette impression, mais ce sentiment de perdre ses forces, de sentir son emprise se relâcher, de sentir cette partie animale en lui prendre le dessus plus souvent qu'elle ne le devrait. Elle gagnait en force et lui en perdait. Tout coïncidait pour l'inquiéter. Peut-être était-il temps de partir. Mais il y avait Julia et Aidan...

Un cri aigu fit réagir le fauconnier. Sortant de ses sombres pensées, il leva les yeux au ciel.


- Tiens, quand on parle du loup. Enfin, dans son cas, du rapace.

Arro regardait dans la même direction que lui. Le métamorphe ne put retenir un sourire en voyant le vol plané de Noisette. Il le narguait, et pas qu'un peu. C'était comme ça entre eux, des démonstrations de force. Il était impossible de dresser un animal, n'importe lequel. Un animal restait un animal, libre. S'il voulait t'attaquer, il le ferait. C'était dans sa nature. Gareth était bien placé pour le savoir.
La buse de Harris vira soudain de bord pour aller se percher sur un des murs de l'Académie, bien en vue des deux comparses. Il voulait piquer au vif la colère du fauconnier. Il n'arrivait cependant qu'à lui faire hausser les sourcils, et encore.


- Il faudrait que je le récupère avant qu'il aggrave son cas. Il s'est pris la patte dans un piège.

Comment avait-il vu cela ? Un regard perçant et habitué à observer le moindre détail, sans doute. Dans tous les cas, Noisette boitait et la moitié du piège était encore accroché à sa patte. Des fils barbelés. Encore lui.
Un chasseur rôdait dans les bois depuis quelques jours, plusieurs de ses rapaces étaient revenus blessés. Un tour dans la forêt lui avait suffi à retrouver quelques traces de ses malheureuses victimes. Des siffleurs, des rongeurs, des oiseaux. Aucun respect pour ces êtres. Prenant ce qu'il désirait sur ces pauvres bêtes, il avait laissé ce dont il n'avait besoin. A chaque fois. Et il ne prenait que les peaux et quelques bouts de chair. Rien de plus. Le reste se faisait dévorer par les charognards ou se décomposait. La colère de Gareth s'était éveillée.


- C'est encore ce chasseur... Eh bien, en voilà un truc qui vient troubler ma routine. Ca fait depuis quelques jours que je retrouve des cadavres de bêtes un peu partout dans la forêt et les montagnes. Je lui ferais bien la peau à c'ui-là.







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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Mar 6 Mai 2014 - 13:19


Un mystère. Voilà ce qu'était Gareth. Digne d'être un véritable marchombre. Il avait un secret, c'était certain. Comment Arro le savait ? Et bien c'était simple, déjà tout le monde fait des cachotteries, certain secret sont plus lourds que d'autre. Ensuite, ça se sentait dans les paroles et les mots qu'il utilisait. Cela sonnait, par moment, faux. Et finalement, l'argument qui mettra fin à ce plaidoyer, cette phrase qui, si je l'avais formulé en premier, aurait tout de suite eu raison de vos revendications. « Arro est un maître marchombre ». Une de ces figures légendaires faites de brumes et d'énigme pour qui les jeux de paroles et d'ombre n'avait aucun secret. Ainsi éclairé par le haut-fait qu'Arro était, malgré tout, un être subtil maniant les mots bien mieux que son créateur... Mais, c'est possible ça ? Je t'en pose des questions moi ? Ben techniquement oui, vu que tu te parles à toi-même depuis le début.

Alors qu'Arro tentait de déceler le moindre indice sur ce secret qui titillait sa curiosité, un cri aigu retenti. Un rapace, celui dont avait parlé Gareth, celui qui s'était enfui. L'oiseau avait l'air de narguer le fauconnier et d'une certaine façon, le marchombre trouvait ça plutôt amusant. Mais, par contre, il respecta son compagnon pour sa vue, repérer la blessure n'était pas aisée. Le marchombre aurait eu besoin d'utiliser sa greffe pour avoir une idée précise de ce qui était arrivé à l'oiseau. Il était certain que Gareth avait l'expérience de son travail et devait avoir des yeux aiguisés ainsi que l'habitude pour reconnaître un rapace mal en point.

Cependant, le fait que le volatile se soit pris la patte dans un piège dérangea Arro. Pourquoi ? Parce qu'il n'aimait pas particulièrement l'idée. Certes, il avait, dans sa jeunesse, utilisé des collets pour capturer des lapins, mais cette technique lui avait une fois piqué son éthique quand une de ses prises était morte après une longue agonie après s'être entaillé la chair avec la corde. Pour le marchombre, qui appréciait fortement la viande, plus que de raison, l'animal doit mourir, mais pas en ayant autant souffert. Du coup, il chassait seulement à l'arc, pistant sa cible. Gareth semblait, lui, plus touché, souhaitant voir mourir le chasseur inconnu et on pouvait sentir que ce n'était pas des paroles en l'air. Cherchant à calmer le maître fauconnier, le marchombre posa sa main sur son épaule.


-Doucement, mon ami, même si posé un piège alors qu'il y a une volière non loin se révèle être de l'inconscience, ce n'est pas en faisant justice soit-même que tout ira mieux. En tout cas, laisse-moi t'aider à récupérer la buse.

Le marchombre finit sa tartine rapidement, puis se leva. Il souffla un coup en s'étirant et faisant craqué ses os. D'un coup, il partit vers le perchoir de l'oiseau, l'homme courrait en ligne droite, ses pas ne faisait pas de bruit, c'était comme s'il avait mis des chaussons de velours. Rapidement, il fut en bas du mur. La buse le surveillait du haut de son mur. Arro savait qu'il la ferait fuir s'il montait maintenant, donc avant d'aller la chercher, il sortit sa flûte. Un instrument pas vraiment utile pour la situation. Lorsque la mélopée sortit du bois, c'était une musique très lancinante, elle avait ce petit quelque chose d'envoutant. Mais elle n'englobait pas les environs du jeune homme comme d'habitude, non, elle... Serpentait. Dirigée vers un seul être, le rapace. C'était un genre de discussion, entre un homme et un oiseau, entre un marchombre et une buse, entre deux êtres libres.

Il se passa plusieurs minutes avant que la musique ne s'arrête, tout doucement. Avec calme, Arro se lança sur le mur, doucement, très doucement, calculant ses mouvements pour ne pas gâcher ses efforts et les effets apaisant de sa musique. Lentement, il s'approchait du haut de la paroi, là où était perché le rapace. Lorsqu'en fin, il se hissa pour s'asseoir à côté de l'animal, il ne bougea pas, comme si la présence de cet homme était normale. Avec délicatesse et un certain respect, le marchombre caressa les plumes de l'oiseau. Puis il se pencha vers la buse et lui susurra quelque chose. Boitillant, le rapace s'envola et se laissa planer, donnant parfois quelque coup d'aile pour se maintenir. Avec grand peine, il se posa non loin de Gareth qui avait suivi le marchombre.

Arro descendit rapidement du mur, puis rejoignit le fauconnier qui se demandait ce qui s'était passé.


-Et bien, ceci est bien la preuve que la musique adoucit les moeurs, même des êtres les plus têtus.

Un grand sourire affiché, il était content de son exploit, même s'il craignait en avoir trop fait. Enfin, l'oiseau était entre de bonnes mains et allait pouvoir être soigné. Arro proposa de le ramener à la volière pour qu'il puisse s'y reposer. Mais il faudrait faire quelque chose pour ce chasseur quand même. Cela pouvait devenir dangereux et malsain s'il persistait à poser ses pièges. Lorsqu'ils furent devant la volière le marchombre se lança.

-Tu sais ce qu'on devrait faire ? Prendre le chasseur en chasse, traquer le traqueur. On ne le trouvera jamais si on ne le prend pas la main dans le sac. On pourrait commencer maintenant, repérer les endroits où il pose ses pièges et y faire un tour à intervalle régulier, comme une patrouille. Cela nous permettrait déjà de désamorcer ses pièges. On peut partir après que tu es soigné notre cher ami à plume, bien sûr.

Arro fit un clin d'oeil à l'animal qui, visiblement, ne comprit pas du tout ce que ça signifiait.

-Alors, tenté ?

Il tendit sa main dans l'espoir d'un accord tacite.

[HRP : Voilà, j'espère que ça t'ira o/ Edition si y'a un problème]



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Lun 23 Juin 2014 - 16:21

Une main se posa soudain sur son épaule. Arro tenta de le calmer, mais le métamorphe en avait par dessus la tête de devoir sans cesse soigner les blessures affreuses que provoquaient ces foutus pièges. Il devrait lui faire peur... Ce serait une idée ! A moins qu'il reste plus longtemps encore pour pouvoir attraper le grand fauve qu'il aurait croisé entre deux arbres. Cela restait possible. Dans tous les cas, il devait s'en aller. Pour le bien des bêtes.
Peut-être devrait-il en parler à Julia... Non, elle était déjà bien trop occupée avec Aidan. Et elle s'inquiéterait pour lui, se demandant si il allait se transformer pour le faire fuir, le lui interdire même.

Certes, ça ne résoudrait pas grand chose qu'il fasse justice lui-même, mais ça éviterait déjà à plusieurs bêtes d'agoniser lentement au fond d'une crevasse. Et c'était déjà un début.
Arro engouffra sa tartine dans sa bouche et se leva. Après s'être étiré de tout son long, il partit d'un seul coup vers Noisette, toujours en hauteur. Gareth en resta bouche bée. Comment pouvait-il être aussi rapide ? Ses mouvements étaient si souples, fluides, presque invisibles. Soudain, il sortit une flûte d'on ne sait où et commença à en jouer. Envoutant. C'était le mot. La musique, calme et lancinante, éveillait la buse. Elle tournait la tête de tous côtés, sereine. Le temps se stoppa, seuls les deux silhouettes devant le fauconnier existaient. Il fronça les sourcils. Qui était-il, cet homme ?
Plusieurs minutes s'écoulèrent, lentement, au son clair de la flûte. La musique s'arrêta soudainement, douce. Arro se lança alors sur le mur comme s'il ne s'agissait que de simples escaliers à gravir. Son corps était lent, calme, il ne bougeait presque pas. Gareth avait parfois l'impression qu'il n'avançait même pas. Lorsqu'enfin il atteignit l'oiseau, ce dernier ne bougea pas d'une plume. Il caressa le rapace avant de lui murmurer quelque chose. Qui était-il ? Comment avait-il réussi cet exploit ? Noisette s'envola et laissa le vent le porter jusqu'au sol, près du fauconnier. Gareth se baissa et caressa la buse. Sa patte était bien empêtrée. Il lui faudrait un peu de temps pour démêler tout cela sans aggraver le cas du rapace.

Arro revint alors, le fauconnier releva la tête, un air interrogateur sur son visage. La musique adoucissait les moeurs ? Eh bien Gareth ne savait pas que c'était à ce point-là. Apparemment, il n'était pas le seul dans ce parc à être un vrai mystère pour le monde.
Gareth hocha la tête à la proposition de son ami et, prenant Noisette dans ses bras en faisant attention à sa patte, ils engrenèrent une marche sûre vers la volière. Ils virent enfin la porte de la volière, mais lorsque le fauconnier s'apprêta à l'ouvrir, Arro le stoppa.
Un sourcil haussé, Gareth sourit. Finalement, Arro était d'accord avec le métamorphe. Il fallait traquer le chasseur, le prendre sur le fait. Lui faire regretter ses gestes... Bon, ce dernier détail était surtout dans l'esprit du fauconnier, pas réellement dans celui du mangeur de pâté. Gareth prit la main d'Arro, ils venaient de passer un accord. A peine venaient-ils de parler pour la première fois qu'ils étaient déjà partis dans une quête. Bravo, Gareth...


- Ca marche. Mais d'abord, oui, il faut que je soigne Noisette.

Pas un mot de plus, il se retourna et entra dans la volière emplie de cris suraigus. Le fauconnier comprenait parfois pourquoi les élèves et professeurs ne venaient pas beaucoup dans ce lieu. Les cris étaient si intenses qu'ils pourraient tout aussi bien vous griller les tympans.
Pas une seconde à perdre. Gareth se faufila dans son petit atelier au fond de la volière et déposa délicatement le rapace sur le bureau en bois qu'il s'était improvisé avec une planche dégotée derrière la grande échelle qui menait à l'étage supérieur.
Il farfouilla quelques instants dans une boite sur le sol pour en ressortir une pince coupante. La manipulant avec soin, il rassura tout d'abord l'animal en murmurant quelques choses à son attention. Plusieurs minutes s'écoulèrent, amoncelant les morceaux de fils barbelé sur la table. La patte était presque libre, encore quelques coups de pinces et c'en était fini. Le dernier morceau tomba. Gareth posa son outil et se pencha pour observer les plaies qui parsemaient le membre du rapace. Ce n'était pas joli à voir. Cinq minutes plus tard, de la crème et des points de suture, un bandage sûr pour recouvrir le tout et surtout pour que l'oiseau ne démolisse pas le travaille du fauconnier, les soins étaient enfin terminés. Noisette se lova dans un coin et s'endormit. Elle pouvait se reposer. Un dernier regard envers un de ses protégés, Gareth se tourna vers l'homme qui l'avait observé durant tout ce temps. Le métamorphe avait complètement oublié sa présence.


- Bon. Allons-y !

Ils furent bien vite hors de la volière, hors de l'Académie. Sans demander l'avis de son nouvel ami, le fauconnier se dirigea dans une direction précise. La forêt était comme une maison pour lui, il la connaissait comme sa poche. A force d'y rôder, forcément... Un long moment se passa avant que l'homme ne se stoppe.

- Là. C'est là que j'ai trouvé le premier piège.

On pouvait encore voir distinctement les restes du piège que le fauconnier avait détruit. Quelques mètres plus loin, la terre avait été remuée.

- Un siffleur s'était coincé dedans... Il s'est vidé de son sang avant de mourir.

Une tempête s'éveilla dans le corps entier du métamorphe. Ce jour-là, il aurait tout fait pour faire vivre le même calvaire à cet abruti de chasseur.






[ J'espère que ça va Naif Edition possible, comme d'hab o/ ]


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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Jeu 17 Juil 2014 - 19:33


Non, Arro n'aimait vraiment pas la volière. Les bruits et les odeurs, habituellement, cela ne le gênait pas, mais là... C'était trop. C'était arrivé à un niveau... Impressionnant. À croire que Gareth ne lavait jamais... Remarque peut être que cela risquait de troubler les oiseaux. Peut être que ces piafs étaient habitués à vivre dans une sorte de taudis. Même s'il devait admettre que la volière était vraiment bien aménagée.

Mais, vous me direz, si notre ami marchombre détestait entrer dans ce bâtiment, pourquoi était-il dedans ? Eh bien, c'était pour découvrir un peu plus le mystérieux Gareth et ainsi peut-être continuer à percer le secret qui l'entourait. Respirant alors par la bouche, il se cala dans un coin et observa le fauconnier à l'oeuvre.

C'était plutôt étrange la façon dont il apaisait Noisette. Comparé à ce qu'Arro avait fait plus tôt c'était magique. Le marchombre ne réussissait pas à engager un dialogue véritable avec un animal. Non, lui il amadouait, persuadait, utilisait ses dons pour envouter. Mais jamais, jamais, il n'avait réussi ce que Gareth était en train de faire. C'était impressionnant combien cela faisait marchombre.

Cela lui rappela ce que son père lui avait dit, quand il était gosse. À cet époque, il aimait les jongleurs, équilibriste et autre artiste de rue. Il disait tout le temps : « Papa, regarde des marchombres ! ». Et son père lui répondait : « Tu sais, dans le monde, il y a beaucoup de marchombrerie. Mais là où tu reconnais un véritable marchombre, c'est qu'il prend toute cette marchombrerie et l'assemble. »

Il venait donc d'en avoir l'exemple avec le Maître Fauconnier. Cela donna à Arro l'envie de s'entraîner là-dessus. Il continua donc d'observer son acolyte tout en soutenant l'affreuse odeur et le bruit inconfortable. Les fils barbelés furent retiré de la patte de la buse, ils purent -enfin, oui, j'ose le souligner- sortir de la volière. La chasse au chasseur allait enfin débuter, le marchombre avait hâte, il adorait pister.

Lorsque les deux compères entrèrent dans la forêt, le chevaucheur de brume soupira d'aise. C'était son élément -avec l'eau-. Marchant derrière Gareth, il repéra le chemin pour s'y retrouver un peu. Après un petit temps, ils arrivèrent devant le piège. Arro ne s'intéressa pas à ce que disait le fauconnier, ni à sa réaction lorsqu'il évoqua ses souvenirs de siffleurs. Non, le marchombre était concentré sur les traces. Elle n'était pas récente, mais heureusement, il n'avait pas encore eut de pluie depuis. On pouvait voir plus ou moins distinctement des traces de bottes. Il compara avec celle que son ami venait de faire, histoire de pouvoir définir le chemin du braconnier. Silencieusement, il fit un signe au maître de la volière pour qu'il le suive. Les yeux braqué sur les traces, cherchant d'autres indices, le marchombre avançait dans la forêt.
Tel un maître limier, il suivait sa proie, trouvant par-ci, par-là, des traces, des branches cassées et d'autres indices. Cela les conduisit à un autre piège qui avait aussi été détruit. Les deux hommes étaient donc sur le chemin de ronde du chasseur, pour pouvoir récupérer ses pièges. S'ils continuaient, ils tomberaient bien à un moment sur la cachette de leurs proie.
Alors, Arro se mit au travail et continua de chercher. Ses yeux restaient fixée sur le sol. Il remarqua que de la terre avait été remué de façon violente, comme si quelqu'un avait donné un coup de pied dedans. Sûrement le braconnier qui s'était énervé voyant un autre de ses pièges détruit. Sans dire mot, le marchombre continua de fouiner dans les environs, cherchant à nouveau les traces de pas. Bientôt, il repartit dans les bois, toujours silencieusement, sans tenir compte de Gareth, c'était comme s'il l'avait totalement oublié, qu'il était devenu un animal traquant une proie faible et ignorante du sort qui l'attendait.

Les deux hommes tournèrent dans la forêt pendant plusieurs heures, trouvant des pièges parfois détruits parfois non. Dans le deuxième cas, ils s'empressaient de le briser, c'était les rares temps où Arro sortait de son état silencieux, il tentait de calmer Gareth qui semblait vouloir réellement broyer les os de ce braconnier.

Après cette longue traque, ils finirent par découvrir une trace qui semblait sortir de la ronde des pièges. Ils la suivirent et tombèrent sur une casemate de fortune. Elle avait été construite avec des arbres du coin, c'était juste un abris de chasseur, pour découper les proies avant de les cuire ou de les vendre. Faisant signe au fauconnier de s'arrêter, le marchombre marcha vers la porte, le plus silencieusement possible et l'ouvrit délicatement. Il rentra à l'intérieur avant de ressortir quelques secondes plus tard. Il fit un signe de la tête à Gareth : Personne.


-Je pense qu'il à du partir pour la journée, il reviendra sûrement demain. On peut l'attendre ici, si tu le souhaites, et le surprendre dès qu'il ouvrira cette porte.

Arro frotta ses mains et tenta de regarder à travers les cimes d'arbres pour voir un bout de ciel. Il n'arriva qu'a déceler quelques coins bleus. S'il voulait se repérer, il allait devoir grimper. Le marchombre baissa la tête pour parler à Gareth :

-Par contre, si on doit crécher là pour la nuit, j'vais devoir rentrer pour prendre de quoi préparer le camps. Au moins de quoi dormir et manger ! Parce que je n'vais pas passer la nuit sans manger hein !

Il partit dans un petit rire, histoire de détendre l'atmosphère. Il fit un petit mouvement de bras, histoire de s'échauffer.

-Bon, en attendant que tu réfléchisses à ce que tu souhaites faire, je vais voir un petit peu où nous sommes, si ça ne te dérange pas.

Sautant habilement sur un arbre, il agrippa une branche et se propulsa en avant pour commencer une escalade rapide vers les cimes. En quelques minutes il fut sur le toit de la forêt, les pieds en équilibre sur une branche. Il tourna sur lui-même et repéra l'Académie. Bien elle était vers... Le nord. Cela en était presque évident... Mais au moins, Arro savait dans quelle direction marcher pour rentrer. Il entama alors sa descente. Il finit par arriver sur le sol dans un bon, atterrissant devant Gareth. D'une voix guillerette, le marchombre posa une question :

-Alors, mon grand, on fait quoi du coup ?



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Lun 22 Sep 2014 - 23:41

Les deux hommes marchaient dans la forêt, calme pour un, colérique pour l'autre. Arro cherchait des traces, Gareth était bien trop sur les nerfs pour faire attention à la forêt. Et il n'était doué pour la chasse que sous sa forme animale. Vous vous en doutez bien évidemment, ce n'était pas le moment pour lui de se transformer. Pas devant Arro. Une personne de plus à connaître son secret serait de trop dans cette journée.
Il avait blessé un de ses oiseaux... Il ne s'en tirerait pas aussi facilement. Il le regretterait.
Arro cherchait toujours, ses yeux fixés au sol. Il semblait avoir oublié le fauconnier derrière lui, mais ce dernier ne remarquait à peine la présence de son allié. Il tentait de retenir sa colère malgré son envie de frapper dans un arbre pour la laisser s'exprimer. Il n'en fit rien. Contenir, encore. Arro essayant de le calmer lorsqu'il se rendait à nouveau compte de sa présence.

C'est alors qu'ils trouvèrent une trace sortant légèrement de la “ronde“ du chasseur, comme l'avait appelé Arro. Cette trace les menèrent directement sur une cabane de fortune. Faite à la va vite, il ne s'était pas donné grande peine même si elle devait bien tenir les intempéries. Une cabane de chasseur. Gareth huma l'air sans que son ami ne s'en rende compte, mais n'y trouva pas la trace de l'homme. Son odeur était bien là, mais partiellement. Il devait être occupé quelque part dans la forêt.
Comme pour donner raison à son odorat, plus développé que la norme, vous en conviendrez, grâce à ses “facultés spéciales“, Arro ne trouva personne à l'intérieur.
Seulement le surprendre ? Gareth aurait voulu faire plus que de le surprendre. Lui faire regretter de chasser sur son territoire. Malgré son humanité, le métamorphe était parfois sujet à ses instincts de fauves. Ce jour-ci, ils étaient plus forts que jamais. Sûrement l'Autre qui poussait ses émotions aux portes de son esprit...

Arro était un gars spécial. Pas dans le mauvais sens, bien évidemment. Mais les rares fois où le fauconnier l'avait entrevu, il souriait et riait. N'y avait-il jamais de pause à ses blagues ? Gareth aurait voulu sourire, mais cela faisait depuis longtemps qu'il avait oublié comment faire. Lyu le lui rappelait de temps en temps...

L'homme grimpa soudain à un arbre, laissant Gareth seul au sol, face à la cabane, dans ses pensées.
Habituellement, le fauconnier restait calme, il ne piquait une colère que rarement. Mais là, il ne savait ce qui lui prenait. Enfin, si. Il s'en doutait un peu. Lui... Ses instincts fauves décuplés, ce ne pouvait être que Son oeuvre. Il alimentait sa colère jusqu'à le rendre fou. Et il n'arrivait plus à aller contre, il n'arrivait plus à lutter.
Il était en colère et craignait que cette dernière ne débouche sur une rage animale. Il devait contenir ses émotions, mais n'y arrivait pas... Frustration.
Arro descendit enfin de son arbre et atterrit devant Gareth, sortant ce dernier de ses pensées. Il regarda alors son ami, perplexe, un sourcil haussé. Mon grand ? Ils devaient avoir le même âge... Mais le fauconnier ne se formalisa pas plus. Il tentait de contenir les tremblements de ses mains.


- Je n'veux pas qu'il traine dans les parages un jour de plus.

C'était clair et net. Ni une ni deux, Arro partit à l'Académie pour récupérer ce qu'il avait besoin, laissant Gareth seul. Une bonne idée ? Pas si le chasseur revenait entre temps. Mais Arro n'aurait pu convaincre le fauconnier de le suivre, ce dernier ne quitterait plus ce lieu avant d'avoir mis les points sur les i à ce chasseur.
Gareth résista à l'envie de se transformer et de se lancer à la poursuite de cet homme. Oh, comme c'était tentant ! Mais Arro saurait immédiatement où il était parti et le fauconnier ne pouvait se permettre de se faire découvrir une fois encore... Quelle tentation c'était, pourtant !

Prions la Dame et le Dragon pour que le chasseur ne rentre pas pendant l'absence de Arro... Le métamorphe ne pouvait promettre de se contrôler... Et le résultat n'avait qu'une sortie.
Un massacre.



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Mar 30 Sep 2014 - 23:28

-Parfait, alors, tout est réglé. Tu restes là, tu attends et surtout tu ne fais rien sans moi. Ha-Ah, j'voudrais surtout pas manquer la scène !

Ce furent les dernières paroles d'Arro avant qu'il ne disparaisse dans les arbres. S'il avait dit à Gareth de patienter c'était plus pour essayer de réfréner ses envies de meurtres plus qu'à prendre le chasseur en flagrant délit. Sautant de branche en branche, habile comme un primate, il allait beaucoup rapidement qu'en marchant. En moins d'une heure, il fut sortie de la forêt, courant dans les champs. Avant de rentrer à l'Académie, il fit un crochet par le coin de repos. Il s'était rendu compte qu'il avait complètement oublié de récupérer son manteau et son sac ! Enfin c'était surtout son propriétaire qui avait complètement zappé d'ajouter qu'il accompagnait Gareth avec les dites affaires.

Mais bref, une fois ce détour imprévu de finit, il passa rapidement par les cuisines, se servant allègrement en viande séché et légumes. Non, il n'avait pas oublié que son compère était végétarien -Sérieusement, quelle idée saugrenue !-. Avant que Gertrude ne l'éjecte joyeusement de sa cambuse, il lui lança quelques pièces, histoire de se faire pardonner et partit en courant par la porte. Il fonça immédiatement dans sa chambre, récupéra différentes affaires, comme son arc, ses flèches et une couverture supplémentaire.

Repartant comme il est venu, c'est à dire comme un boulet de canon, il s'enfuit direction la forêt. Remontant dans les arbres, il sauta de nouveau dans les cimes. Lorsqu'enfin, il retrouva le lieu du rendez-vous, il s'arrêta brusquement essoufflé de la course qu'il venait de faire.


-Pfiou ! Moins de trois heures ! Haaa... J'pense que j'ai battu un record ! T'en pense quoi Gareth ?

Il tapa dans le dos du fauconnier qui sourcilla.

-Toujours aussi bavard, hein ? Enfin bon. J'ai d'quoi tenir un siège et deux couvertures chaude pour la longue nuit qui nous attend. J'ai aussi pris deux outres d'eau et... Attend... Trois bouteilles de bière ! J'espère que tu en bois un peu quand même. Parce que sinon ça te fait un deuxième gros défaut !

Une nouvelle claque dans le dos, avec un rire bien franc. Arro commença à installer le campement. Il prépara un coin non loin de la cabane, couvert par des buissons. Assez épais pour ne pas être aperçu.

-Bien, même si tu dois le savoir, pas de feu. Donc viande séché pour moi et légume pour toi... Veinard. Ensuite, si on veut vraiment le prendre la main dans le sac, un de nous devra monter la garde devant le buisson. Comme ça, si l'autre veut, il peut se reposer.

Le marchombre allait finir d'installer les couvertures, mais se retint pour ajouter en soulignant sa phrase.

-Et, évidemment, si l'un de nous dort et que le braconnier se ramène, il réveille l'autre et ne part pas tout seul. C'est compris ?

Arro espérait que Gareth se tiendrait aux petites règles qui venaient d'être instaurées, surtout la dernière. Enfin, dans tous les cas, lui savait qu'il réveillerait le Maître Fauconnier et que dans le cas contraire, il ne dormirait que d'un oeil et certainement pas sur ses deux oreilles. Habitude oblige, vous comprenez ? Il posa les couvertures et son sac nonchalamment, puis sorti une tranche de siffleur séché qu'il garda entre ses dents pendants qu'il rangeait un peu mieux les victuailles dans son sac. Enfin, il se releva et mordit dans la viande avant de retourner vers Gareth.

-Bon et bien... voilà. On est totalement installé, prêt à tout... Maintenant viens le moment, excuse moi de l'expression, aussi emmerdant que d'regarder un siffleur brouté. L'attente !

Arro soupira. Peut être aurait-il dut prendre un paquet de carte...



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Mar 20 Jan 2015 - 20:44

Son ouïe ne percevait plus Arro dans son dos. Il était loin. Il avait quoi, une ou deux heures, tout au plus ? Ses formes se troublèrent, ses membres se tordirent sous la transformation. Ses pattes s'allongèrent, velues, son nez devint museau, ses oreilles se déplacèrent au-dessus de son crâne. L'homme devint puma en l'espace de quelques secondes.
Le fauconnier ne pourrait tenir aucune des demandes d'Arro. Rester là ? C'était encore faisable. Attendre ? Hors de question. Et ne rien faire... Il pouvait tenter de se contenir avant qu'il ne revienne. Mais il pouvait seulement tenter. Après tout, il n'avait rien promis.
A présent qu'il était animal, il n'avait que très peu de temps. Il se mit à fouiller les alentours de la cabane.

Il la sentait. Partout autour de lui, il la sentait très nettement. Cette odeur. L'odeur de sang, l'odeur du carnage. Et son odeur à lui. Sale, animale, monstrueuse. Partout. Sauf qu'il n'y avait aucune trace du chasseur, nul part. Il avait beau tourner en rond autour de la cabane de fortune, il n'arrivait à trouver la direction dans laquelle il s'était enfui pour sa nouvelle chasse.
Oh, il ne faut pas se leurrer. Gareth n'était pas contre la chasse, ce n'était pas un de ces idéalistes qui pensaient changer le monde avec des idées farfelues qui ne marcheraient pas même avec tous les efforts du monde. L'homme mangeait de la viande, l'homme tuait. Ce qu'il haïssait, en revanche, c'était ce genre de tuerie inutile. C'étaient les hommes qui prenaient plaisir à faire souffrir de pauvres créatures et à les voir agoniser devant leurs yeux. Chasser ? D'accord. Mais chasser bien. Chasser dans les règles de l'art. Pas comme cet... homme le faisait. Sans aucun état d'âme.

Le puma grimpa sur la cabane en quelques bonds. Sa truffe en l'air, il ne sentait que ça. Son odeur. Mais impossible de savoir dans quelle direction il était... Minute. Là. Infime, mais là. Une légère différence dans l'intensité de la senteur, légèrement plus... récente. Plus forte. Plus dense. Il était parti par...
Un second parfum entra dans sa narine. Totalement différent, pas celui du chasseur... Arro ! Il était presque là ! D'un bond, il sauta de la cabane, courant à toute vitesse jusqu'à l'endroit où l'homme l'avait laissé quelques heures plus tôt. Quelques heures plus tôt ? Le métamorphe était-il resté autant de temps là-haut le museau en l'air ?
Sa silhouette se troubla, l'homme fut de retour. Tout comme son nouvel ami qui lui envoya une tape amicale dans le dos.

Et toi, toujours aussi muet.

Un deuxième gros défaut ? Gareth haussa un sourcil tout en gardant la cabane du regard. Le marchombre quand à lui commença à remuer dans son dos. Il devait préparer leur camp de fortune pour la nuit, sans aucun doute. Il parla à nouveau, précisant quelques détails pour la nuit. Bien que le fauconnier n'écoute que d'une oreille, il capta ce qu'il voulait lui partager. Il s'arrêta quelques minutes. Une hésitation dans le flot de sa parole ? Il reprit bien vite.


- Bien évidemment.

Le réveiller ? Ah ça oui, les cris qu'il poussera le réveilleraient. Le chasseur et lui. Aucun doute là-dessus. Gareth se rapprocha du camp qu'Arro venait de dresser en quelques minutes et s'assit. La cabane en visuel. Il aurait le temps de l'entendre ou de le sentir, de toute manière.
Arro s'assit en face de lui, un morceau de viande séchée entre les dents. Il s'était arrêté de parler, laissant le silence prendre place. Etonnant. Gareth pensait que ce bon vivant ne pouvait pas s'arrêter de parler, qu'il lui fallait du bruit, de l'animation. Après tout, se trompait-il peut-être. Et puis, ils ne se connaissaient pas réellement, le fauconnier ne pouvait pas dire le connaître au point de savoir ce qu'il lui fallait ou non. L'homme lui proposa alors une bière qu'il accepta volontiers avant que son nouvel ami ne propose de trinquer à leur folle nuit de planque. Le liquide glissa le long de sa gorge, réchauffa son corps.


- Pourquoi un homme comme toi reste ici, à l'Académie ?

Le métamorphe, calme comme de coutume, venait enfin de quitter la cabane des yeux pour les plonger dans ceux de son compagnon du soir. Autant parler puisqu'ils allaient rester ici un bout de temps. Et mieux valait parler de Arro que de lui-même...






[ Pardooon pour le retard >< ]


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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Mer 10 Aoû 2016 - 22:12


Sachez cela, la viande séchée ne se mange pas, elle se machonne, voire même se chique. Il y avait quelque chose dans le processus de fabrication qui rendait la viande élastique. En somme, pour pouvoir la manger sans vous étouffer avec, vous devez la mordre, la machouiller encore et encore, pour la faire devenir une pate informe qui devient alors facile à avaler. Dit comme cela, ça à l'air peu ragoûtant, j'aime bien ce mot, ragoûtant, on a l'impression que ça veut dire que la nourriture est dégueu alors qu'en fait non, c'est tout le contraire. Donc, là comme ça, vous vous dites que ça n'a pas l'air très délicieux -On comprend tout de suite plus facilement non ?- alors que pas du tout, c'est extrêmement bon quand c'est bien fait. La viande séchée est souvent assaisonnée d'épices en tous genres et lorsque vous croquez dedans, tout le fumet explose dans votre bouche. C'est un festival de saveurs qui se ravive à chaque bouchée. Mais pour savoir cela, il ne fallait pas être végétarien.

En parlant de non-mangeurs de viande, Gareth venait de poser une question à Arro, assez intéressante pour qu'on s'y attarde tout de même un peu. En fait ce qui intriguait le marchombre c'était le "un homme comme toi". Qu'entendait-il  par cette périphrase ? Non, parce que l'homme savait pourquoi il restait à l'Académie, mais pourquoi un homme comme lui resterait... C'était une excellente question...
...
Je vous ai perdu ? Parce que je me suis perdu tout seul aussi... Enfin, toujours est-il que lorsqu'on vous pose une question, il est de bon ton d'y répondre, sinon vous passez pour un malappris qui n'a aucune manière.


-Et bien mon cher, il y a plusieurs réponses à ta question. Un homme comme moi resterait par principe, par honneur, par amour, par conviction. Il resterait parce qu'il a une dette à rembourser, parce qu'il aime bien cet endroit, parce qu'il a des gens auxquels il tient. Et là, je pense que je n'ai pas encore fait le tour. Oui, il semblerait que je sois le genre de personne très générique.

Un sourire moqueur s'afficha sur le visage d'Arro, s'amuser sur les mots était un de ses passe-temps favoris. Alors dès qu'il avait l'occasion d'être un peu flou, de faire une réponse qui ne fournissait pas d'explication, il la prenait. Le mystère autour de l'homme devait s'entretenir. Il aimait rester la personne que vous connaissez sans véritablement la connaître. Vous savez qui il est, ce qu'il fait de ses journées, ses habitudes. Enfin vous pensez savoir, pourquoi fait-il cela, que fait-il en dehors de ses apparitions accompagnées de farces et de cascades ? Quelles sont ses véritables intentions ? Ses véritables sentiments ? Il y avait très peu de personnes qui le savaient. Derrière ce décorum oppressant de blagues, de pitreries et de malice, que y'avait-il ? Il avait pris le goût de cacher sa véritable nature. Une sale habitude, parce que même ses amis proches n'avaient que peu de véritables informations sur ce personnage. Une attitude qui finirait par le contraindre à la solitude.

-Enfin, je pense que tu devrais plutôt demander "Pourquoi est ce que toi, restes ici ?" Parce que "Un homme comme toi", ça porte à confusion, quelqu'un de facétieux pourrait penser qu'il ne s'agit pas de lui, mais de quelqu'un comme lui, en somme.

Le sourire moqueur n'avait pas quitté le visage du marchombre. Il utilisait sa langue aussi bien que son arc. On pouvait clairement penser, à raison, qu'il appréciait beaucoup le son de sa propre voix. Tellement qu'il ne laissa même pas le temps à Gareth de rectifier sa question pour répondre.

-Donc, qu'est ce qui fait que je reste dans le coin... Je dirais que je suis tombé amoureux du bâtiments et de certains de ses résidents. *Surtout d'une* pensa-t-il. Je sais qu'un personnage haut en couleurs comme moi, on l'imagine facilement voyager sur les routes, voir le monde. Dame, combien de fois ai-je révé de ça ? Mais, il est difficile de mener une telle vie et d'avoir des attaches. J'ai choisi de suivre la voie de mon coeur et de rester avec ceux que j'appréciais... Faire un bout de chemin avec eux, peu importe la longueur, jusqu'à ce qu'un vent plus fort m'emporte. C'est comme ça, c'est la vie, on arrive, on reste, on repart. Choisir l'endroit pour t'arrêter et te reposer avant de repartir, c'est ça, pour moi, la vraie liberté.

Arro venait d'ouvrir un peu de son être, mais très peu, juste un petit bout de ce qu'il renferme et encore, ce n'était que ce qu'il y avait non loin de la surface, il y avait des choses, bien plus loin, bien plus profondément enfouies qui étaient enfermées, scellées dans la noirceur, au fond de son âme.

-J'espère que j'ai répondu à la question. Un peu long peut-être, mais bon, quand je peux faire un discours philosophique, je ne peux pas m'empêcher de le prononcer.

L'homme rit pendant quelque secondes, se moquant de lui même. Puis son regard se posa sur Gareth. Enfin plutôt sur sa silhouette. La nuit commençait à tomber. Et si vous vous êtes déjà aventurés le soir dans une forêt, une fois que vous avez la canopée sur la tête, vous n'y voyez plus rien. La lumière de la lune peine à traverser les feuilles innombrables des arbres. C'est assez dérangeant de n'apercevoir que vaguement les formes des objets qui vous entourent. Tout en devient plus dangereux, vous ne pouvez plus chercher votre sac sans risquer de riper sur une branche qui vous éraflera, et là encore vous n'êtes pas sortis de l'auberge ; dans votre sac, vous souhaitiez prendre un peu de viande, ou un légume quelconque ? Et BIM, c'est la lame de votre couteau qui vous entaille la chair. Les dangers sont innombrables de jour et se multiplient dans le noir.

S'il y avait un peu de lumière, le visage d'Arro refléterait une chose, "Ne pense pas que je t'ai oublié". Il fixait le fauconnier avec une intensité renouvelée, cherchant d'un à percer le voile d'ombre qui était tombé sur les deux hommes, de deux à analyser la posture de son interlocuteur.


-Et toi ? T'as l'air pas d'être une personne qui reste très longtemps au même endroit, alors pourquoi es-tu resté ici ?



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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Jeu 8 Sep 2016 - 12:48

Lorsqu'on passe son temps à éloigner tout contact avec la moindre discussion sociale, c'est difficile de devoir rester là et écouter une pipelette. Pas qu'il soit ennuyeux ou dénué d'intérêt, mais on parle de quelqu'un qui fait tout son possible pour ne pas entretenir de relations trop proches. Pas que ce soit une relation réellement proche, les deux hommes ne se connaissaient pas réellement. A vrai dire, pas du tout si l'on calculait le nombre de discussions qu'ils ont eu au cours de ces quelques années où ils ont su qui était qui. Voilà, c'est cela. Leurs connaissances de l'autre s'arrêtaient au simple minimum. Lui était garde, lui était fauconnier. C'était tout.

Et après tout, c'était de sa faute. Il avait posé la question, déclencheur de ce flot de paroles...

Et donc, Gareth avait beau n'avoir qu'une idée en tête, se transformer en bête pour retrouver la trace de l'homme qu'ils attendaient, perchés sur cet arbre, il faisait preuve de calme et écoutait le garde face à lui.
L'homme commença par se moquer. Plutôt de lui, de la formule de sa phrase. Son sourire moqueur, le fauconnier avouera ne pas réellement l'apprécier. Sûrement parce qu'il n'a pas l'habitude des bouts-en-train comme lui... Et qu'il ne rit que rarement... En de très rares occasions...
Donc oui, notre métamorphe n'est pas un grand amateur de comiques ! C'est comme ça. Il n'avait jamais réellement pris le temps de rire.

Arro redevint alors sérieux – ou presque – en répondant enfin à la question sans passer par la case plaisanteries. Ou pas. Son sourire s'élargissait de minutes en minutes, ne laissant quiconque prendre la parole. A vrai dire, ça fit le bonheur du fauconnier...
Et soudain, il fut surpris. Ce long discours ne ressemblait pas à celui qu'il attendait à l'instant de sa question. Ce long discours fut vite accompagné d'une étrange sensation, celle d'un homme ouvrant une porte d'un petit centimètre, permettant à un inconnu d'apercevoir un bout de lui-même. Une pointe de ce qu'il était au plus profond, de ce qu'il cachait derrière ses grands gestes et ses nombreuses plaisanteries. Et Gareth en fut surpris. Réellement. Presque étonné.
Le marchombre ne put s'empêcher de couper cet instant en redevenant ce plaisantin que tous connaissaient. Il rit un moment, l'aline ne le suivant pas. Ou peut-être d'un léger sourire. Malheureusement, la nuit empêcha Arro de l'apercevoir, étant tombée sans même qu'ils ne s'en rendent compte.

Et ce qui devait arriver arriva. Pourquoi avoir entamé une discussion ? L'avoir alimentée ? C'est une très bonne question. Le fauconnier aurait voulu remonter le temps et se bâillonner lui-même... Mais ce qui est fait est fait, comme on dit. Il était obligé de continuer sur la même voie...
Et parler.


- En effet.

Sauf qu'il n'avait aucune envie de parler. De s'exposer. Sa vie entière était un secret, faire entrevoir rien qu'une seule bribe de ce mystère ne le tentait pas le moins du monde. Pourquoi ruiner une fois de plus ce silence ? Après tout... il l'avait déjà fait... Julia, Amarylis, Lyu... C'était déjà trop. Il ne pouvait se permettre une personne de plus... Ca commençait par de simples banalités comme celles-ci et finissait par les plus gros mystères.
C'était cependant pour lui impossible de laisser le garde sans réponse. Ce serait le mensonge, donc. Ou plutôt, mentir par omission.


- J'ai une explication moins... philosophique que la tienne. Mes raisons sont plus pratiques, même si l'on peut y voir le même côté “suivre son coeur“.

Il rougit lorsqu'il comprit que le quiproquo pouvait s'insinuer dans l'esprit de Arro. Heureusement, ce dernier ne put voir le rouge aux joues du fauconnier. Gareth, en revanche, imaginait fort bien un large sourire sur le visage de son interlocuteur...
Il rectifia alors très vite en continuant sa réponse.


- Pas que ce soit pour une fille, hein. Enfin, j'ai rencontré une ou deux personnes qui me sont devenues chères, mais je ne pensais pas au début rencontrer des gens. Même si ça semble stupide de penser ne rencontrer personne dans un tel endroit...

Gareth reprit son souffle, continua, retrouvant son calme habituel. Quoiqu'un peu tendu par une partie de son esprit toujours fixée sur l'extérieur, en quête du moindre bruit de l'homme traqué.

- J'ai entendu parler de ce post de fauconnier, j'ai sauté sur l'occasion pour ma famille. Mes frères sont encore jeunes et travaillent avec mon oncle, ils ne vivent cependant pas dans un grand luxe. Ma soeur quand à elle... je ne m'en fais pas pour elle pour tout l'or du monde, elle sait se débrouiller. Donc, ma présence ici et le fait que j'y sois resté tant d'années n'a qu'une seule explication. Ma famille et la possibilité de leur envoyer de l'argent pour rendre leur vie meilleure.

Tout ça était juste. A son récit ne manquait qu'un détail... L'Autre. Et cette large distance mise entre eux dans le simple but de les protéger tous de lui. De ses absences mentales...

- C'est tout bête.

L'aline n'enchaîna pas sur une autre question. Ni même un semblant d'autre discussion. Son esprit trop occupé par les bruits de la nuit et l'envie d'humer l'air de toute la forêt pour retrouver sa trace...


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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'un pâté pas pathétique.   Ven 2 Juin 2017 - 0:43

Enfin ! Enfin un début de piste pour creuser et chercher des indices pour résoudre ce mystère qu'était Gareth. Par la Dame, cela à prit son temps, un peu d'investissement, mais il avait un début de quelque chose. Des parents, quelque part, il faudrait qu'il se renseigne la-dessus. Mais pas tout de suite, car, comme toutes personnes polies qui ont une conversation, il est normal de continuer à répondre.

-Rien n'est tout bête ou stupide. Toutes raisons à son importance, aussi minime semble-t-il. Si un choix te semble normal, voir même être le "bon", cela le rend grandiose. Chaque petit choix que l'on fait a de l'intérêt et de l'importance, ne laisse personne te dire le contraire...

Une pensée bien mignonne pourrait-on se dire, mais Arro était sincère et pensait chaque mot de sa tirade. Mais comme toujours, il devait rajouté une petite couche de plaisanterie, pour être dans le personnage.

-Et surtout pas moi ! Sinon, ça voudrait dire que je me contredirais et je déteste me contredire !

Un petit rire retenu, ils étaient là en planque tout de même, il fallait rester discret. Enfin, tant que la discussion était à voix basse, il n'y avait pas de problème.

-Je dois dire que pour ma part, je n'ai jamais eu de véritables problèmes d'argent. Il est vrai que naître avec une particule aide pas mal pour ces choses-là. Même si elle vient de mon père, c'est plutôt ma mère qui devrait la porter et nous être juste des Liches. Parce que s'il y a une vraie noble dans ma famille, c'est bien elle... Et ma soeur ! Mais ça c'est une autre histoire.

Une conversation, c'est comme une négociation, on avance des choses pour en obtenir en retour. Arro venait de faire une confession, espérant en obtenir une de la part de son interlocuteur.

-Mais du coup, tu es origin...

Il s'arrêta net dans sa phrase. Un bruit. Un son qui n'était pas normal. Des pas. Il arrivait. Le chasseur. PAR LA DAME ! Il ne pouvait pas choisir un pire moment. Le marchombre aurait eu un peu plus pour connaître Gareth, son histoire et compagnie. Mais voilà, fallait que monsieur le braconnier pointe son nez maintenant. Gnagnagna... Bougonnant dans sa tête, Arro fit signe à Gareth et se leva.
La tension était palpable, la colère du fauconnier ne faisait aucun doute. Le marchombre ferait tout son possible pour qu'elle soit dirigée dans le bon sens, histoire que tout ne se termine pas en carnage.

Dans sa tête, tout vrombissait. Il étudiait les possibilités, des plans se formaient dans son esprit. Le problème, c'est qu'il y avait toujours une inconnue dans ses équations : Gareth. Comment l'homme allait réagir ? Il avait l'air d'être quelqu'un de plutôt calme, potentiellement pacifique, sans oublier qu'il était végétarien. Mais d'un autre côté il avait vraiment l'air en colère. Enfin l'air... Façon de parler, vu qu'on ne pouvait pas vraiment voir quand il faisait noir. La nuit, la forêt, toussa... Si vous ne voyez pas de quoi je parle, remonter voir mon post précédent sapristi ! Satanés Lecteurs.
Par contre, ce qu'on pouvait clairement voir c'était la lumière qui accompagnait la silhouette d'un homme, un peu trapu. Le braconnier, n'étant pas nyctalope, avait allumé une lampe tempête. Il tenait dans l'autre main un lapin accroché par une corde. Il pestait contre les maudits académiciens qui avaient encore détruit plein de ses pièges. "Rongnongnon, pas d'respect pour l'travail des autres".

Une des premières questions qui tourmenta un instant l'esprit du marchombre fut "Pourquoi travailler de nuit ?" et en y réfléchissant suffisamment, le braconnier préférait surement le couvert de la noirceur du ciel pour perpétuer son oeuvre. Il se savait sur le terrain de l'Académie et ne voulait pas se faire trop facilement avoir.
Pas de chance, il avait maintenant un Fauconnier finement fâché et un Marchombre mesquinement malin sur le dos. Enfin ce n'était pas encore vraiment le cas, Arro faisait de son mieux pour faire comprendre qu'il fallait attendre le moment propice. En gros, il murmura à Gareth :


-Attends mon signal.

Mais la colère du fauconnier attendrait-elle ?



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