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 Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]

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Maître fauconnier
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MessageSujet: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Mer 1 Jan 2014 - 21:47

Le vent fuyait dans les montagnes, sifflait dans les plaines. La silhouette du fauconnier se dessinait à l'entrée de la forêt. Aidé d'un long bâton de bois, sa marche était lente et solide. Ses blessures n'étaient pas encore tout à fait guéries et son dos le faisait atrocement souffrir. Sans doute aurait-il des problèmes de dos pendant bien longtemps. Peut-être pour toujours...
Marcher ainsi, tranquillement, à son rythme, lui faisait du bien. Il en avait besoin.
Le cri sourd d'un rapace résonna au-dessus de lui, une ombre descendit alors en piqué dans sa direction. Relevant la tête, il reconnut le plumage doré d'Humus. La chouette effraie revenait de sa nuit de chasse. Ses grandes ailes déployées, elle tentait un atterrissage et se posa avec grâce sur le haut du bâton. Ses serres assurées, elle commença à lisser son plumage. Un sourire apparut sur le visage du fauconnier.


- Te voilà, toi. La chasse a été bonne au moins ?

Aucune réponse, seul le son silencieux du bec lissant les plumes résonnait. L'habitude faisait que Gareth ne s'en offusquait plus. Il savait pertinemment que les oiseaux l'écoutaient, mais ce n'était pas pour autant qu'ils avaient envie de hululer à chaque phrase. La voix du fauconnier leur était connue, c'était sans doute la seule qu'ils reconnaissaient et à laquelle ils obéissaient. L'habitude, cela seul fonctionnait avec des êtres libres comme eux. Et la confiance. Surtout.
Humus s'envola pour se poser sur l'épaule du fauconnier qui émit une légère grimace lorsqu'il sentit les serres s'enfoncer légèrement dans sa peau. Cela aussi, l'habitude avait fait oublier la douleur. Elle en devenait presque familière avec le temps.
Gareth recommença à marcher, lentement. Humus s'était endormi sur son épaule. Lui au moins pouvait dormir sans problème, il n'avait pas cette insomnie. Il en avait de la chance, lui...
L'homme marchait, s'aidant de son bâton. La perspective de sa journée n'était pas pour déplaire au fauconnier, car pour une fois, il n'avait pas grand chose de prévu. Ses protégés étaient nourris, la volière était propre – son apprentie s'en était merveilleusement bien occupé – et les oisillons étaient bien au chaud sous la couveuse dessinée par Dame Ril'Otrin. Cette aide lui était par ailleurs très précieuse, car sans elle, il ne savait pas comment il aurait pu reproduire ces couveuses qu'il avait vu dans les volières des grands Seigneurs. Volières dans lesquelles il s'était faufilé en toute discrétion, mais surtout clandestinement.

Sa journée était donc bien floue en ce début de matinée. Il marchait sans réel but, Humus comme seule compagnie. Une idée lui traversa alors l'esprit ; courir libre sous le couvert des arbres ? Sortir le fauve qui était en lui ? Non... La dernière fois qu'il l'avait fait, sa bonne action avait mal tourné. Il s'était retrouvé dans une très mauvaise posture et il s'en voudrait à jamais. Cette fleur qu'il avait offert à l'Esprit s'était révélée bien plus qu'une simple offrande de paix. Le félin s'était emparé de son corps et avait eu l'intention de ne plus le lâcher. L'emmenant jusque dans les collines de Taj. Une bien mauvaise aventure... Mais ceci est une tout autre histoire qui a déjà été contée.

Gareth clopinait donc dans la lumière du soleil et pénétra bientôt dans la forêt, Humus sur son épaule. Il ne savait où il allait, marcher était son seul but. Marcher et oublier qui il était le temps de quelques heures. Oublier sa nature, respirer la liberté.
Grande, parsemée d'arbres aussi imposants les uns que les autres, la forêt était dense et le seul endroit où le métamorphe se sentait réellement bien. Hormis la volière, mais le deviner n'était pas bien difficile. Il contournait les rougeoyeurs, posant parfois sa main dessus pour les écouter grandir. Cette forêt était comme sa deuxième maison, il connaissait chacun de ses recoins tant il l'avait parcourue sous ses deux formes. Il savait le son de chaque rocher, il connaissait la clé de ce beau royaume qu'était la nature. Il en faisait parti. Tout en lui hurlait son appartenance à ces lieux, non à l'univers des hommes. Et il le savait. Il n'avait jamais été fait pour les murs, sinon pourquoi passait-il le moins de temps possible entre les pierres de l'Académie ? Il était homme, mais puma aussi. Il ne pouvait fuir sa nature, seulement la nier.
Son regard portait sur toutes les choses alentours, il ne se lassait d'observer les merveilles que la nature créait. Jamais l'homme ne pourra l'égaler. Même avec ce pouvoir, le Dessin. Toutes ses créations n'étaient que de grossières copies de la réalité. Chaque chose avait été pensé, équilibré. Tout ici chantait en un même accord, tenu par la nature.
Son univers. Le monde extérieur... Animal...

Son corps le savait, son esprit l'ignorait.


- Je vis ici sans compromis...

Ici, la forêt. Connaître, mais ne pas assumer sa condition. Tel était son fardeau. Pour rester en vie, il vivait seul. Pour les autres, surtout. A cause d'Elle...

- Tu vois ce que je vis, Humus. Toi tu as de la chance, tu ne pense pas, tu te laisse porter par les vents. J'aimerai bien te ressembler, crois-moi...

Un bruit attira son attention. Une odeur aussi, plutôt familière. Le fauconnier se dirigea lentement en direction de cette odeur de vêtements trempés. Des pas résonnèrent alors, de plus en plus fort. Il repéra bien vite l'origine de ce son. Une jeune fille marchait dans la forêt, seule. Une jeune fille ? Ses vêtements ne trompaient pas l'homme, elle était de l'Académie. Une teylus, d'après son uniforme.
Gareth s'approcha lentement, s'appuyant sur son bâton. Humus sifflait sur son épaule. Apparaissant dans son dos, il parla.


- Que fais-tu ici ? Ne te souviens-tu déjà plus du code ?

Elle se retourna, surprise. Elle savait sûrement qu'elle n'avait aucun droit d'errer dans cette forêt seule, elle connaissait le code. Ses questions n'étaient purement que rhétoriques. Tous deux connaissaient le code Merwynien remis au goût du jour par l'Intendant Ril'Krysant, tous deux savaient qu'elle n'avait rien à faire ici, seule.

- Alors, que fais-tu ici ?





[ Pardonne-moi pardonne-moi pardonne-moi, j'en ai mis du temps >< Mais maintenant j'ai posté :3 ]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Ven 3 Jan 2014 - 16:25

- Il y a quelqu'un ?

Kloa se plaqua contre le mur en se mordant la lèvre. S'immobilisa. Silence. Seuls les battements de son cœur résonnaient dans son cerveau. Poum poum tchak. Poum poum tchak. Et puis, des pas. Lourds. Mesurés. La Teylus se coula dans l'ombre en priant de toutes ses forces pour que le garde passe son chemin. La discrétion n'avait jamais été son fort. Il fallait dire que, d'ordinaire, elle n'avait guère besoin de se cacher. D'ordinaire.


- Personne ?

Crispant la main sur la poignée de son épée, l'apprentie combattante bloqua sa respiration. Attendre. Espérer. Et attendre encore. Les pas se rapprochaient. Le souffle aussi. Dissimulée dans une alcôve étroite, derrière une vieille tapisserie aux couleurs passées, la jeune fille ne bougeait pas, les muscles tendus, prête à jaillir de son refuge à la moindre alerte. Le garde allait passer, tenta-t-elle de se rassurer. Qui aurait pu deviner à l'infime rebondissement de la teinture qu'une silhouette s'y tapissait ? Il allait continuer son chemin, bien évidemment. Il allait... Les pas s'arrêtèrent. À quelques mètres d'elle. Juste devant sa cachette. Le souffle s'accéléra. Les secondes qui suivirent fut à la fois les plus atroces et les plus interminables de toute l'existence de la jeune femme. Elle détestait se sentir ainsi – à la merci de n'importe quel adversaire malintentionné. Elle détestait se trouver en position de faiblesse – elle détestait se trouver dans le rôle de la proie. Le garde eut un léger toussotement. Elle le sentit hésiter. Surtout, rester muette. Se transformer en statue. Demeurer... L'homme fit lentement craquer ses articulations. Une à une. Toussa de nouveau – mais cela aurait aussi bien pu être un ricanement. Kloa, malgré elle, avala sa salive. Grimaça. Ce suspens commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Tant pis. Elle prendrait la punition qu'elle prendrait, elle n'en avait cure. Participer à ce petit jeu ne l'amusait absolument pas. Elle allait se décider à sortir lorsque le garde repartit enfin. Elle écouta l'écho de ses pas décroître dans le couloir tandis que sa propre respiration s'apaisait. Ce ne fut qu'au bout d'un moment qu'elle quitta l'alcôve. Le corridor était à nouveau désert. Alors qu'elle reprenait sa marche, un long soupir s'échappa de ses lèvres. Elle avait vraiment eu chaud, cette fois. Dorénavant, elle avait tout intérêt à se montrer beaucoup plus prudente. Kloa n'aimait pas cette manière de faire et avait horreur de la dissimulation, mais que pouvait-elle accomplir d'autre ? Le poids rassurant de l'arme à ses côtés lui arracha un sourire et elle inspira une profonde goulée d'air. Elle n'avait pas eu le choix, de toute manière. Et elle était loin de regretter d'avoir emprunté cette épée.


*

Quand la guerrière pénétra dans l'écurie,  une odeur familière assaillit ses narines tandis qu'un concert de hennissements et de piaffements parvenait à ses oreilles. Cependant, elle ne s'arrêta pas. Elle savait très exactement où elle comptait aller.

- Bartok ?

La jeune fille stoppa ses pas devant le box qu'elle connaissait si bien et esquissa un sourire.

- Tu boudes parce que ça fait presque une semaine que je ne suis pas venue te voir, pas vrai ? Mais je suis là, maintenant. Et j'ai prévu une grande balade dans les bois. Tu vas voir, on va bien s'amuser tous les deux. Alors arrête de faire la tête, ce serait vraiment dommage de ne pas profiter du beau t...

Elle s'interrompit. La stalle, devant elle, était vide. Il lui fallut plusieurs secondes pour se rappeler que Bartok ne lui appartenait pas et qu'il pouvait donc être monté par n'importe quel élève de l'Académie. Kloa grimaça. Évidemment, cela devait tomber ce jour-là. Elle hésita à prendre un autre cheval avant de tourner les talons, résolue. Tant pis, elle se déplacerait à pied. Cela aurait le mérite d'être plus pratique lorsqu'elle utiliserait son arme.

En ce début de matinée, le parc était pratiquement désert et les rares élèves qui s'y trouvaient n'accordèrent que peu d'attention à une Teylus esseulée dont les pas vifs témoignaient, sinon de sa volonté de ne pas être dérangée, du moins de son désir d'atteindre au plus vite le lieu où elle souhaitait se rendre. La forêt. À peu près l'unique endroit où elle était quasiment certaine d'être seule – totalement seule. Et, même si ce n'était pas le cas, semer un éventuel poursuivant était beaucoup plus simple dans des fourrés qu'en terrain découvert. Elle savait pertinemment que sortir ainsi des limites de l'Académie était parfaitement illégal – tout comme le port d'armes était formellement défendu dans son enceinte. Elle s'en moquait. Si elle faisait l'effort de se présenter à l'appel chaque matin et de porter son uniforme, Aziel ne pouvait tout de même pas contrôler l'intégralité de son existence.

Elle ne ralentit pas en atteignant le couvert des bois et continua à marcher d'une démarche décidée et dynamique. Elle ignorait encore l'endroit exact où elle s'arrêterait – sans doute une petite clairière dans laquelle elle pourrait danser avec son épée tout à son aise. S'entraîner lui aurait été évidemment tout aussi possible dans la salle d'armes mais, ces temps-ci, la compagnie des autres avait tendance à l'exaspérer au plus haut point. Les cris qui résonnaient dans la vaste pièce l'excédant de plus en plus, elle avait fini par opter pour cette solution. Et puis, elle pouvait ainsi profiter en même temps de la température douce, du ciel ensoleillé et de la météo clémente. De plus, marcher l'apaisait, et elle aimait la proximité des arbres, des animaux – de la nature. La forêt était un monde, un monde à part, qui lui plaisait et dans lequel elle avait envie de s'intégrer. Enfin, elle l'avait suffisamment fréquentée, aussi bien à pied qu'à cheval, pour la connaître plutôt bien et ne pas craindre de s'aventurer chaque jour un peu plus profondément entre ses arbres. N'ayant peur ni de se perdre ni de tomber nez à nez avec un animal sauvage, c'était donc confiante et assurée qu'elle avançait. Sans compter qu'elle avait une épée. Que pouvait-il bien lui arriver ?

C'était à cela qu'elle songeait quand une voix résonna derrière son dos. Une voix indéniablement masculine. Elle fit volte-face, portant instinctivement la main à son fourreau. L'homme qui lui faisait face la toisait sans aménité et, pour elle, il ne fit aucun doute qu'il appartenait à l'Académie. Si son visage lui était curieusement familier, elle ne put parvenir à y replacer un titre ou un nom. Pas un professeur, cela, elle en était presque certaine. Un garde, peut-être ? Ou bien un quelconque membre du personnel ? Un rapace mordoré se tenait sur son épaule – une chouette ou un hibou. N'étant que très modérément intéressée par la faune et la flore de Gwendalavir, elle n'avait jamais réussi à faire la différence entre les deux. Alors qu'elle était en train de le détailler des yeux, l'inconnu-pas-tout-à-fait-inconnu ouvrit la bouche pour la questionner de nouveau. À cette interrogation, Kloa recula d'un pas et croisa les bras sur sa poitrine en le défiant du regard, le menton fièrement dressé :


- Ce que je fais ici ? La même chose que vous, j'imagine. Je me promène. Son ton était vindicatif. Et vous, vous êtes qui, d'abord ? Et pourquoi êtes-vous avec ce... cet oiseau, là ? Il est à vous ?

Une formulation pas des plus délicates mais, après tout, la Teylus n'avait jamais été réputée pour son tact et la finesse de son langage. Un bref instant, elle espéra que cet homme étrange n'aurait pas repéré l'épée qui pendait à son côté – sans grande illusion cependant.



[T'inquiète, Ichoute, j'ai pris des résolutions cette année et j'ai décidé de ne plus manger personne. Même sous Kloa  hug ]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Dim 5 Jan 2014 - 1:26

La main au fourreau, son air de défi, son apparente facilité à défier les autres. Gareth reconnaissait bien là une vraie élève de l'Académie. Une guerrière, une rebelle. Elle le détaillait, elle tentait de lire en lui. En vain.
Elle le défia alors qu'elle semblait savoir qu'il n'était pas qu'un simple pèlerin. Alors qu'il était bien plus âgé qu'elle. A vrai dire, il ne ressentait rien face à la position qu'elle venait de prendre, face à cet air qu'elle voulait supérieur. Imperturbable, le fauconnier n'était pas quelqu'un que l'on pouvait impressionner. Si la jeune fille cherchait cela, elle n'était pas sortie de l'auberge.
Gareth mit son bâton face à lui, s'appuya dessus alors qu'Humus se réveilla en piaillant. Le métamorphe plongea son regard dans celui de la jeune fille. Elle voulait jouer, ils joueraient.


- Tu as bien de l'audace de me parler sur ce ton et je ne pense pas que j'ai quelques comptes à rendre avec toi. Mais tu as de la chance, je ne suis ni primat ni professeur, je ne suis donc pas tenu de rendre des comptes à l'Académie dont tu fais parti et de laquelle tu as violé plusieurs règlements que je pourrais te citer.

Humus remua, s'ébouriffa, pour mieux se remettre à dormir sur l'épaule du fauconnier. Voler toute la nuit durant fatigue et elle semblait n'avoir qu'une envie, dormir. Ce qu'elle faisait dans un silence total.
Le fauconnier toisait toujours la jeune fille qui ne disait mot face à lui, mais elle gardait encore son arrogance qui ma fois ne semblait pas être étrangère à son visage.


- Mais puisque tu es là, seule alors que tu ne le devrais pas, et de surcroit munie d'une épée qui ne devrait pas être à ton flanc, je vais te faire une faveur. Tout d'abord en répondant à tes questions, puis je ne dirais rien à l'Intendant. Mais seulement si tu m'aides à gravir ces montagnes, car comme tu le vois, j'ai un peu de peine à me déplacer ces temps-ci.

Gareth n'attendit pas une seconde de plus et avança vers l'élève, aidé de son bâton. Lorsqu'il fut à sa hauteur, il ne s'arrêta pas une seconde. Il continua sa route, tranquille, sans vérifier si elle le suivait. Dans tous les cas, il ne dirait rien à l'Intendant. On ne pouvait pas dire qu'il était très attaché à l'Académie. Simplement à la volière et à ses habitants. Donc le choix s'offrait à la jeune fille. S'enfuir et ne pas suivre le fauconnier qui boitait, ou alors l'aider à gravir ces pierres avec la curiosité de savoir pourquoi cette chouette effraie était posée sur son épaule. A vrai dire, le fauconnier n'en avait que faire qu'elle le suive ou non, il préférait la solitude à la compagnie.
Des bruissements d'herbe le fit sourire. Elle le suivait. Bientôt, elle apparut à ses côtés. Etait-ce de la curiosité ? Ou simplement la peur qu'il fasse un rapport à l'Intendant ?
Sans jeter un regard sur elle, il parla.


- Tout d'abord, je ne fais pas une vulgaire promenade. Et cet oiseau est une chouette effraie, elle appartient à la volière de l'Académie dont je suis le fauconnier. Eh oui, celui à qui on fait appel lorsque l'on veut envoyer des lettres quand les spires ne suffisent plus.

Le métamorphe ne savait même pas pourquoi il avait demandé à la jeune fille de le suivre. L'aider à escalader les flancs de la montagne ? Il se serait bien débrouillé tout seul, comme toujours. Et il ne savait pas pourquoi il lui racontait tout cela. Il n'avait aucun compte à régler avec elle. Pourtant, il avait étrangement besoin de compagnie et l'arrogance de cette jeune fille lui plaisait bien, son air de défi constant également.

Une pente rocailleuse barra soudain leur passage. Assurant sa prise sur son bâton, il était certain de vaincre la pente. Ce fut plus difficile que ce qu'il croyait. Le bas de son dos le faisait atrocement souffrir et plus l'effort était grand, plus cela le brûlait. Foutue femme... Foutu Esprit... Foutue blessure...
Lorsqu'il arriva enfin à la fin de cette rocaille, la jeune fille était déjà en haut. Elle ne dit rien, il ne dit rien. Soufflant quelques minutes, il reprit la route.


- Ah, j'oubliais une chose. Mon nom est Gareth. Et le tiens ? Si toutefois tu voulais bien me le donner. Oh, ne t'inquiète pas, je n'en ferai rien, c'est seulement pour savoir.

Kloa. Il lui semblait avoir déjà entendu ce nom, sans doute à l'appel. Même lui était tenu d'y être présent. Franchement, il avait d'autres choses bien plus importantes à faire que de se rendre dans la grande salle pour montrer qu'il était là. Durant l'appel, il ne restait que le temps de dire bonjour à l'Intendant afin qu'il voit sa présence, puis il disparaissait comme il était venu.
Ou peut-être avait-il entendu ce prénom autre part. Dans les couloirs ? Sans doute. Crié par quelqu'un, chuchoté ou encore simplement prononcé.
Ou... le cours de combat. Souvent, il surprenait les cours du maître d'armes et observait quelques minutes les armes s'agiter. La jeune fille devait être une combattante, sans aucun doute. L'arme à son côté ne faisait que prouver ses pensées.


- Tu es une guerrière, n'est-ce pas ? Tu sais te servir de cette épée ?

Plus il parlait, plus il en oubliait son mal.




[ C'est gentil Bisouuu]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Jeu 30 Jan 2014 - 20:18

La voix de l'homme tomba, sèche, dure, sans réplique. Même si elle ne l'aurait avoué pour rien au monde, Kloa fut soulagée que celui-ci confirme qu'il n'était ni Primat – cela, elle le savait – ni professeur – ce dont elle se doutait. Le reste de ses paroles, cependant, l'étonna. Puisque qu'elle se trouvait dans cette forêt, de surcroît en possession d'une arme, il ne dirait rien à l'Intendant ? Que venait donc faire ce « puisque » dans cette phrase ? Appréciait-il, voire encourageait-il, sa désobéissance ? Puis il compléta sa pensée et elle comprit où il avait voulu en venir. Il ne la dénoncerait pas, mais à une condition. Elle devait l'aider à se déplacer durant sa randonnée. Ces quelques mots plongèrent la Teylus dans une légère perplexité. Avait-il véritablement besoin d'elle pour prendre soin de lui et le soutenir en cas de chute ? Elle n'en avait pas l'impression. Tout d'abord parce que cet homme, quel qu’il soit, dégageait une certaine prestance, même aidé de son bâton, et paraissait plutôt solide et assez sûr de lui. En outre, il l'avait accostée en silence, ce que n'aurait sans doute pas été en mesure d'accomplir un blessé moins assuré ou expérimenté que ce dernier. De plus, elle doutait que celui-ci se serait engagé dans la forêt s'il n'avait pas été capable de se débrouiller avec un minimum de succès.

D'ailleurs, comme pour confirmer ses pensées, il s'avança dans sa direction... avant de la dépasser sans lui accorder le moindre regard. Le message était clair. Il lui laissait le choix. Elle pouvait faire ce qu'elle préférait – le suivre ou continuer son propre chemin – cela ne le concernait pas. Plus, en tout cas. Si toutefois cela l'avait jamais concerné. Kloa fixa ses yeux sur le dos de l'homme qui marchait toujours, d'un bon pas quoique légèrement claudiquant – hésitant à peine. Elle ne croyait pas qu'il raconterait leur brève rencontre à l'Intendant si elle décidait de tourner les talons. Pourtant, elle ne put se résoudre à le faire. Parce qu'elle ignorait toujours qui était cet homme, de même que l'oiseau qui se tenait sur son épaule. Et également dans le cas où ce dernier aurait eu véritablement besoin de son aide. Car, si la jeune fille n'était pas réputée pour son sens aigu de l'empathie, elle n'était pas totalement dépourvue de cœur non plus.

Voilà pourquoi elle emboîta le pas à l'homme qui ne se retourna pas – mais elle était certaine qu'il savait qu'elle le suivait. Et, en effet, quelques minutes seulement s'écoulèrent avant que celui-ci ne prenne la parole. Pour lui parler de son rapace, d'abord. Une chouette effraie. C'était toujours bon à savoir. La guerrière jeta un bref coup d'œil à l'animal toujours perché sur l'épaule de son propriétaire avant de se concentrer de nouveau sur son compagnon. Le fauconnier. Figure bien souvent invisible de l'Académie, mais pas constamment absente non plus. C'était donc pour cela qu'elle avait eu l'impression de le reconnaître, sans pouvoir toutefois remettre un nom sur son visage. La jeune femme demeura muette et un court silence s'installa entre eux – jusqu'à ce qu'une pente rocailleuse leur barre le passage. Kloa marqua un court temps d'arrêt afin de se tourner vers le fauconnier, hésitante. Devait-elle le soutenir, lui prendre le bras, lui porter assistance ? N'était-ce pas pour cette raison qu'il l'avait invitée à joindre sa route à la sienne ? Mais ce dernier venait d'assurer sa prise sur son bâton et, en le voyant entamer son ascension sans lui lancer le moindre regard, elle résolut de monter à son tour en le laissant se débrouiller tout seul. Au moins, elle serait fixée une bonne fois pour toutes sur ses véritables intentions et sur ses réelles capacités. Parvenue au sommet des rochers, elle s'arrêta puis se retourna afin de l'observer gravir la pente. Sa respiration s'était faite lourde et saccadée, mais il ne s'en sortait pas si mal que cela compte tenu de l'état dans lequel il se trouvait, malgré ses difficultés visibles. Lorsqu'il la rejoignit, en haut de la rocaille, aucun des deux ne parla. Elle le laissa récupérer son souffle pendant quelques instants jusqu'à ce que celui-ci reprenne sa marche, et elle le suivit en gardant le silence. Elle ne savait toujours pas ce que le fauconnier lui voulait exactement ni pourquoi il lui avait proposé de l'accompagner, mais elle décida qu'elle ne prendrait pas la parole la première. Finalement, l'homme sembla se rendre compte qu'il ne lui avait pas dit comment il s'appelait et lui déclina son prénom – Gareth, elle s'en souvenait à présent – avant de lui demander le sien.


- Kloa.

Elle ne dit rien de plus. Si elle n'avait marqué aucune hésitation avant d'ouvrir la bouche, elle ne voyait pas ce qu'il y avait à rajouter. Un moment s'écoula sans que ni l'un ni l'autre ne desserre les dents puis Gareth rompit de nouveau le silence pour, cette fois, l'interroger sur l'épée qu'elle portait à sa ceinture. Sa question lui parut tellement évidente qu'elle ne put s'empêcher de lever les sourcils tout en lui coulant un regard intrigué.

- Évidemment.


Quel était l'intérêt de s'encombrer d'une arme si l'on était incapable de l'utiliser ? Cependant, cette interrogation avait attisé sa curiosité et Kloa eut envie de le questionner à son tour.

- Et vous, vous savez vous servir d'une arme ? Et votre chouette, elle s'appelle comment ?

L'oiseau, comme s'il avait compris qu'on parlait de lui, s'ébroua doucement et la combattante ne put qu'admirer les couleurs de son plumage qu'un rayon de soleil venait de saupoudrer de paillettes d'or.


- Au fait, tout à l'heure, vous avez dit que vous n'vous promeniez pas... reprit la Teylus après s'être tue durant une brève seconde sans avoir encore obtenu de réponse. Dans ce cas, si c'est pas indiscret, on va où, exactement ?

Kloa ignorait si le fauconnier suivait réellement un itinéraire précis ou s'il se contentait de déambuler parmi les arbres mais, dans les deux cas, elle désirait savoir ce qu'il avait l'intention d'accomplir – surtout si elle était destinée à faire route avec lui.


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Jeu 20 Fév 2014 - 22:18

Il se sentait un peu mieux. Pouvoir marcher au grand air comme cela était une bénédiction. Marcher et oublier cette douleur lancinante qui brûlait dans son dos. Pas encore courir malheureusement, mais peut-être bientôt. Il l'espérait.
Gareth sentait la jeune femme évoluer à ses côtés, avec plus d'aisance que lui. Ressentait-il une haine envers elle qui avait encore tous ses moyens ? Non, pas réellement. Il ne savait pas haïr. Ou dans tous les cas, il ne pouvait haïr quelqu'un d'autre que Lui.
La teylus ne comprenait pas la question du fauconnier. Certes, il était évident qu'elle savait se battre. Elle n'avait pas une épée au côté pour rien, ce n'était pas une décoration. Gareth voulait simplement démarrer une discussion, le silence devenant bien trop pesant. Il aimait la solitude, pas forcément le silence. En règle générale, il avait toujours des piaillements, des cris, des bruissements pour combler les vides tels que ceux-ci. Aujourd'hui, étrangement, il sentait avoir besoin de plus que le murmure de la forêt et les vrilles des animaux. Une présence humaine. C'était bien une des premières fois qu'il ressentait cela. Ce n'était étonnement pas bizarre, plutôt agréable.

La curiosité de la jeune femme sembla être titillée, comme piquée au vif. Soudainement. Ce qui tira un demi-sourire au fauconnier. Il avait l'habitude qu'on le questionne sur son métier, sur les oiseaux qui l'accompagnaient toujours, mais jamais sur le sujet qu'elle aborda. S'il savait se servir d'une arme...
Son corps était une arme. Il n'avait pas réellement besoin d'une quelconque lame, que ce soit épée, dague, sabre, arc, poignard ou tout ce qui pourrait être compris dans la catégorie arme. Lui, il avait ses crocs affutés, ses griffes aiguisées, ses muscles puissants. Il était puma. Une machine à tuer. Il n'avait pas besoin d'arme, il la possédait dès ses premiers jours. Son corps. Simplement.
Gareth continuait son ascension aux côtés de la teylus – certes, c'était elle qui montait à ses côtés plus qu'autre chose – et répondit à sa question, sans même lui adresser un regard.


- Elle s'appelle Humus.

Sa main libre, machinalement, alla caresser le plumage de l'animal endormi sur son épaule. Un son rauque résonna du bec de l'oiseau. Il s'ébroua.

- Oui, je sais me servir d'une arme. On ne dirait pas en me voyant, mais tu serais bien surprise, crois-moi.

Il rit, elle ne le suivit pas et le silence retomba. Si elle savait... Bon, le métamorphe savait se servir correctement  d'une épée, celle-ci trainait dans une armoire quelque part dans la volière ou dans ses appartements. Il ne savait plus exactement où. Il n'en avait pas réellement besoin, il fallait l'avouer. Et il n'avait jamais réellement apprécié les lames de toute manière. Il ne l'avait gardée à la mort de son père uniquement par acquis de conscience, pour protéger ses frères et soeurs sans montrer qui il était. Tyama n'avait à cette époque – et sans aucun doute encore à présent – aucun mal à tuer pour sa famille, mais lui se refusait à faire pareille chose. Blesser, oui, gravement, peut-être, tuer, non. A part si l'on ne lui donnait pas le choix. Il ne s'était pas encore confronté à une telle situation ; il avait réussi à s'en sortir à chaque fois. Pas toujours indemne, certes, mais il était toujours en vie. Il fallait croire qu'une bonne étoile veillait sur lui.

La voix de Kloa éclata dans le silence retrouvé. Sa curiosité devenait presque maître de ses mots. Gareth ne put cette fois-ci retenir son sourire qu'il offrit à la jeune femme.


- Là où personne n'est jamais allé.

C'était bon. Son visage l'avait trahie, elle ne pouvait plus retenir son envie insatiable de connaître l'itinéraire du fauconnier. Et ce dernier se plaisait à la faire attendre ainsi. Sadique ? Non, juste curieux de voir jusqu'à quel point elle tiendrait le suspense avant de hurler. On voyait sur elle que c'était la chose qu'elle ferait. Ou alors elle partirait. Ca dépendrait du moment, de l'endroit, de leurs positions. Mais il sentait la patience de la jeune femme perdre en puissance.

- T'inquiète pas, on est bientôt arrivés. C'est juste derrière cette montée, et il ne reste qu'à la gravir.

Ils se trouvaient devant une pente abrupte, faite de pierres et de gravats. Jusqu'ici ce ne fut qu'un jeu d'enfant. C'était à cet instant que le fauconnier avait besoin de la teylus. Avec son dos, il ne pouvait grimper cette pente. Pas seul. Oui, il avait entrepris de le faire avant de croiser Kloa, mais il n'était pas connu pour demander de l'aide. Elle s'était simplement trouvé au bon endroit au bon moment – de son point de vue, peut-être pas du siens... – mais peu importait, ils y étaient et allaient escalader le monticule de pierres.
Gareth entreprit la montée, lentement. Les gravats glissaient sous ses pieds, il ne sentait aucune prise. Habituellement, il ne prenait que quelques minutes pour arriver au sommet, mais là, ce n'était plus la même chose. Son dos ne le lui permettait pas pour l'instant. Sa blessure était trop récente. Peut-être qu'il en parlerait à Amarylis lorsqu'il la verrait.

Il fut déséquilibré alors qu'une pierre roula sous son pied droit, mais il se rattrapa in-extremis à l'aide de son bâton. Soupir. Il sentit soudain un bras l'aider. Il tourna sa tête et vit Kloa lui sourire.


- Foutu dos... Merci. Tu vois, j't'avais dis que j'aurais besoin d'aide.

Un léger rire lui échappa avant qu'ils ne reprennent leur route. Plusieurs longues minutes s'écoulèrent dans le souffle rauque du fauconnier qui sentait son dos devenir brasier fou, le silence remplaçant leur discussion. Il regardait le sol, évitant les endroits abruptes pour ne pas glisser à nouveau et entrainer la pauvre teylus avec lui. Elle le soulageait d'un certain poids en l'aidant, mais il était bien trop lourd pour qu'elle réussisse à le rattraper s'il tombait.
Elle n'aurait plus à le rattraper, ils arrivaient enfin au sommet. Leur destination.

Lorsqu'enfin ils furent au sommet de cet amas de pierres, la main de la guerrière lâcha le bras du fauconnier. Elle ne disait plus rien, son regard au loin. Sur ce qu'elle tentait en vain de savoir. Et qu'elle voyait enfin.
Au-dessus d'eux, un grand ciel bleu. Presque plus de montagnes. Devant eux, un arbre gigantesque, on aurait presque pu penser que ses plus hautes branches touchaient les nuages. Immense. Sur ses branches, entre chaque feuillage, même au pied de son tronc, des oiseaux. Tous magnifiques. De couleurs chatoyantes, différents, aucun ne se ressemblaient. Des oiseaux par centaines. Tant, qu'on aurait pu croire à une invasion prochaine.
Milles couleurs dansaient devant leurs yeux miroitants de stupeur. Pour elle.
Aucune peur dans leurs battements d'ailes, ils se savaient bien plus nombreux.


- Je ne me promenais pas.


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Mar 11 Mar 2014 - 14:18

Humus ? Drôle de nom pour un oiseau. Kloa coula un regard intrigué en direction de la chouette effraie qui tourna brusquement la tête vers elle, ses yeux ronds, d'un noir brillant, fixés sur son visage. La jeune fille se détourna vivement, mal à l'aise, et faillit ne pas faire attention au fauconnier qui répondait à sa première question. Il ponctua sa phrase d'un petit rire de gorge – il fallait croire que ce qu'il venait de dire était censé être comique, ou bien que ses mots contenaient un double sens qui lui échappait – et, constatant que la Teylus demeurait muette, il finit par s'interrompre. Le silence retomba brutalement. Ce ne fut qu'au bout de plusieurs secondes qu'il se décida à répondre à son ultime interrogation. « Là où personne n'est jamais allé. » Kloa retint de justesse une exclamation de frustration et décocha à Gareth une œillade courroucée. Décidément, on pouvait dire qu'il aimait le suspens. Et puis, n'étaient-ce pas des paroles un peu orgueilleuses ? À moins qu'il ne s'agisse simplement d'une tentative pour s'auréoler d'un voile de secret et de mystère ? Dans tous les cas, la patience de la jeune femme était à bout et elle allait lui répliquer vertement lorsque l'homme eut le bon sens de rajouter qu'ils étaient bientôt arrivés à destination. Il ne leur restait qu'à gravir cette...

… pente. Abrupte, la pente. Et rocailleuse, avec ça, constituée d'un amas de pierres et de gravats qui s'effritaient et roulaient sous les pieds au moindre contact. Cela n'avait rien d'insurmontable pour la combattante, mais cette ascension ne serait guère aisée pour le fauconnier armé de son malheureux bâton. Ce dernier ne lui demanda aucune aide mais, par mesure de précaution, Kloa décida de rester à ses côtés. Après tout, c'était bien pour cela qu'elle était là, non ? Elle n'eut pas à attendre longtemps. En effet, quelques minutes à peine après avoir entamé la montée, son compagnon trébucha sur un rocher et, déséquilibré, évita la chute de peu. Tandis qu'il se redressait lentement, la jeune fille se rapprocha alors de lui afin de le soutenir du mieux possible. Celui tourna la tête et ils échangèrent un sourire.

Après l'avoir remerciée, tous deux reprirent leur route. La jeune femme aidait Gareth autant qu'elle en était capable et le fauconnier, visiblement reconnaissant, faisait tout son possible pour ne pas être trop encombrant. Cependant, en dépit de ses efforts, il n'en était pas moins lourd et la Teylus commençait à peiner un peu quand ils parvinrent au sommet de la côte. Tous deux s'immobilisèrent – sa main quittant doucement, comme à regret, le bras de Gareth. Enfin, ils y étaient.

D'abord, elle ne dit rien. Parce qu'il n'y avait rien à dire. Simplement à regarder. Le ciel, bleu, immense – qui s'étendait à l'infini au-dessus de leur tête. Plus de montagnes. Plus de forêt. Juste le ciel. Et l'arbre. Gigantesque. Ce fut le premier mot qui lui vint à l'esprit. Et coloré. Coloré ? Ce ne fut qu'alors qu'elle comprit. Ses yeux s'arrondirent tandis qu'elle contemplait le tableau idyllique qui s'offrait à elle. Des oiseaux. Partout. De toutes tailles, de toutes formes, de toutes teintes. Ce qu'elle avait pris dans un premier temps pour le murmure du vent ou le chuchotement d'un cours d'eau parvint de nouveau à ses oreilles – souffle et écho à la fois. Un chant. Leur chant. La gorge nouée, elle cligna des paupières, plusieurs fois, sans réussir à détacher son regard de ce spectacle. Ce fut la voix de Gareth qui la tira de sa béatitude. La main effleurant la poignée de son épée en un geste à présent instinctif, elle recula de quelques pas tout en s'ébrouant légèrement. Réussit enfin à ouvrir la bouche.


- C'est...

Elle hésita. Quel mot employer ? Des dizaines de termes lui traversaient l'esprit, mais lequel choisir ? C'était beau. Magnifique. Joli. Stupéfiant. Extraordinaire. Merveilleux.


- … incroyable.

Si Kloa était peu à peu revenue de sa stupeur, elle avait encore du mal à comprendre comment tous ces oiseaux pouvaient se rassembler ici. Pourquoi ? Dans quel but ? Quel élément pouvait donc les attirer à ce point ? Comment le fauconnier avait-il découvert ce lieu ? S'étant raclée la gorge, l'apprentie guerrière se décida à poser ses questions.


- Pourquoi cet arbre ? Je veux dire, qu'est-ce qui le rend si particulier – si différent des autres ? Ils auraient pu aller n'importe où. Ce ne sont pas les arbres qui manquent dans les forêts.

Elle s'interrompit avant d'interroger à nouveau d'une voix plus assurée :

- Vous avez découvert cet endroit par hasard ? Tout à l'heure, vous avez dit qu'on se rendait « là où personne n'est jamais allé ». Mais vous êtes sûr que vous êtes le seul à connaître ce lieu ? Enfin, seul avec moi, maintenant.


Et, surtout...


- Et qu'est-ce que vous comptez faire, maintenant qu'on est arrivés ? Vous vouliez simplement les voir ou bien accomplir... autre chose ?


Mais quoi, cela, elle n'en avait pas la moindre idée.


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Dim 30 Mar 2014 - 13:20

Un éclair rouge siffla au-dessus de leurs têtes. Arc-en-ciel de plumes dans le feuillage imposant de l'arbre, les oiseaux ne semblaient pas effrayés par les deux présences humaines qui venaient d'apparaître à l'horizon, à quelques dizaines de mètres de leur maison. Gareth était venu ici tant de fois, jamais ses yeux ne se lasseraient d'un tel spectacle. Ces vols, ces pirouettes, ces cris. Tout ici hurlait son amour pour les bestioles à plumes.
Son dos le faisait souffrir même à l'arrêt, mais qu'importe. Il était arrivé ici malgré les doutes qu'il avait eu. Heureusement qu'il avait croisé la jeune fille en chemin, il n'aurait sans doute pas été capable de grimper la pente sans elle. A vrai dire, il ne savait même pas s'il allait retrouver l'arbre. Y arriver aussi rapidement tenait d'un coup de chance monumental.

Je ne vous ai pas expliqué ? Il me semblait pourtant... Il est temps alors ! Gareth craignait à chaque fois de ne pas retrouver l'arbre à cause d'une raison bien étrange qu'il ne s'expliquait pas encore. L'arbre semblait changer de place à chacune de ses visites. Il avait beau revenir, jamais il ne se trouvait au même emplacement. Se déplaçait-il ou disparaissait-il ? Le métamorphe n'en avait aucune idée. Il avait trouvé des centaines d'explications toutes plus farfelues les unes que les autres, sans réellement être satisfait de l'une d'entre elles.
La première était une évidence. Al-Poll avait été le théâtre de nombreuses oeuvres de Merwyn Ril'Avalon. Pourquoi cet arbre n'en ferait-il pas parti ? Il disparaissait, bougeait peut-être pour planter ses racines quelques kilomètres plus loin. Un voile se déposait devant le géant feuillu devenant ainsi invisible aux regards curieux ?
Cette potentielle création de Merwyn, pourquoi l'avoir faite pour des oiseaux ? Peut-être qu'elle n'était pas qu'un simple perchoir après tout... Le fauconnier n'avait pas encore percé ses secrets, personne ne pouvait savoir ce qu'il se cachait derrière ce tronc imposant.
Un hiatus peut-être ? Il avait entendu parler de ces lieux imprégnés de la puissance de Merwyn dans une auberge lorsqu'il était jeune. Des choses étranges y survenaient et tout alavirien censé évitait de s'y aventurer. Il semblait au fauconnier plausible l'idée d'un hiatus, car après tout, il se trouvait au nord, lieu agité parfois par d'étranges phénomènes liés au Dessin. Liés à Merwyn. Les Marches du Nord étaient imprégnées de sa présence.
Toutes les explications qu'il avait trouvé relevaient du dessin, de Merwyn. Sinon pourquoi ces oiseaux se réuniraient-ils ici pour vivre ensemble ? L'arbre était un dessin, il en était presque certain.

Le fauconnier arrêta de fixer le tronc impressionnant lorsqu'il perçut la question de la combattante à ses côtés. Elle était chamboulée, perturbée. Milles et une questions devaient se bousculer dans sa tête, à l'instar de Gareth.


- Je ne suis pas certain d'être le seul à connaître ce lieu, personne ne peut l'être. J'ai trouvé cet arbre par pur hasard un jour alors que je cherchais un rapace qui s'était enfui. Je l'ai retrouvé ici, dans cet arbre. Alors n'importe qui aurait pu trouver ce géant.

N'importe qui, tout ceux qui s'aventuraient à une telle distance de l'Académie. C'est-à-dire quelques rares élèves et professeurs. Plus d'élèves sans doute, les professeurs quittaient rarement leurs classes ou leur bureau, ils avaient bien trop de travail, tout comme lui. Il avait cependant la chance d'être libre de toute contrainte “scolaire“. Lyu était allée rendre visite à sa famille, il n'avait donc pas à s'occuper de son élève ces temps-ci.
Ce silence fut interrompu par le piaillement d'un faucon lorsque le métamorphe reprit la parole.


- Il y a une chose que je ne m'explique pas... jamais je ne retrouve l'arbre au même endroit. Il semble disparaître pour se retrouver ailleurs, quelques arbres plus loin, parfois même quelques kilomètres... J'essaye de comprendre. J'ai quelques hypothèses concernant le dessin, Merwyn Ril'Avalon peut-être. Après tout, on est dans les Marches du Nord. Mais une chose est certaine, cet arbre n'est pas comme les autres. Une quelconque magie l'entoure. Dessin ou pas. Voilà une des raisons pour laquelle je viens régulièrement voir cet arbre.

Deux oiseaux au plumage d'une brillance incomparable frôlèrent les têtes de nos deux visiteurs, sifflant dans les airs. Humus restait de marbre, endormi sur l'épaule du fauconnier.

- Depuis un mois que je viens ici, j'ai remarqué quelques effets qu'il avait sur les bêtes qui l'habitaient. Elles semblent se porter mieux que la plupart des oiseaux de la volière. Regarde leur plumage, incroyable non ? Leurs plumes n'ont sans doute jamais été aussi magnifiques. Et ils sont tellement vifs, vivants. J'ai alors laissé deux de mes oiseaux ici pour vérifier si mes théories étaient fondées. Là, ils sont là-bas !

Gareth tendit le bras vers une branche moyenne où étaient perchés deux petits oiseaux, un rouge-gorge et une chevêche. Rumeur et Espoir.

- On dirait qu'Espoir va mieux...

Ses pensées prononcées à haute voix, il approcha ses doigts de ses lèvres et siffla. Léger, strident, ils purent voir la petite chevêche se figer quelques secondes avant de prendre son envol vers le fauconnier. Elle décrivit une courbe à moitié assurée et en quelques minutes, elle se posa sur le bras nu de l'homme. Ses serres se plantèrent dans la peau, mais il ne broncha pas. L'habitude.
Après avoir caressé la petite chouette, il commença à examiner son aile de cuir. C'était sa petite protégée, le petit rapace qu'il avait retrouvé, l'aile atrophiée par un chat ou un autre prédateur. Il l'avait soignée et avait bien vite réalisé cette petite aile de cuir pour redonner espoir à l'oiseau de pouvoir un jour voler à nouveau.
Un sourire illumina le visage de l'homme.


- Tu n'as jamais aussi bien volé avec cette aile. Je pense que la magie de cet arbre te fait énormément de bien.

Espoir hulula et tourna sa tête vers la teylus, tout comme Gareth.

- Voilà ce que j'étais venu accomplir, vérifier si mes théories étaient exactes et voir comment se portait Espoir et Rumeur.

Humus sembla enfin se réveiller. Elle avait toujours eu le sommeil lourd, ce n'était pas étonnant qu'elle n'ait pas immédiatement ouvert les yeux devant l'arbre. Et puis elle était un oiseau de nuit, dormir la journée était normal pour elle.

- Mais dis-moi, que faisais-tu, toi, ici ?

Oui, qu'est-ce qu'elle faisait ici, hein ?


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Dim 27 Avr 2014 - 15:40

Et Gareth répondit à ses questions. Les unes après les autres. Lentement – de la lenteur de celui qui connaît la valeur du temps et tient à en profiter le plus longtemps possible. Mais, pour une fois, attendre ne dérangeait pas Kloa. Pouvait-elle réellement attendre en un lieu tel que celui où l'avait conduite le fauconnier ? Ses oreilles étaient trop emplies du chant des centaines d'oiseaux qui se trouvaient là pour regretter le timbre grave et apaisant de son interlocuteur. Et ses yeux, tout occupés à suivre le sillage des plumages chamarrés et chatoyants des volatils, ne revenaient que rarement au visage de l'homme qui, debout à côté d'elle, lui semblait s'appuyer avec un peu moins de lourdeur au bâton qui complétait sa tenue.

Cependant, quand Gareth aborda la deuxième partie de sa réponse, la jeune femme ne put s'empêcher de tressaillir pour poser sur son compagnon un regard indécis où se mêlaient la perplexité et l'incrédulité. Comment un arbre aurait-il pu se déplacer ? Certes, l'existence dans un Empire tel que Gwendalavir où les mots « magie » et « impossible » n'étaient jamais mis à la rime facilitait grandement ses capacités d'intégration de ce genre de notion. Petite fille, elle avait été bercée – comme tous les enfants de son âge – par les récits des exploits de personnages mythiques tels que le célèbre dessinateur Merwyn Ril'Avalon ou Ellundril Chariakin, marchombre légendaire. Pourtant, Kloa possédait un esprit résolument pratique, carré et très terre-à-terre. Certes, elle pouvait admettre que certaines personnes aient des dons ou des capacités étrangères au commun des mortels. Mais, de même qu'elle ne croyait ni aux sirènes, ni aux licornes, la Teylus avait beaucoup de mal à accepter la réalité d'un arbre capable de se mouvoir d'un endroit à un autre. Comment ? Pourquoi ? Dans quel but ?

Voilà pourquoi elle observait à présent fixement le fauconnier qui, inconscient du trouble provoqué par ses paroles, continuait à converser d'une voix égale. D'après lui, cet arbre avait également un pouvoir bénéfique sur les oiseaux qui venaient chercher refuge dans ses branchages. De mieux en mieux. Mais il lui fallait bien admettre que c'était la première fois de sa vie qu'elle en contemplait autant et, surtout, d'aussi... vivants. Elle ne voyait pas d'autres mots pour les qualifier. Vivants.

À cet instant, Gareth porta les doigts à sa bouche. Ce fut un sifflement léger, strident mais en même temps très doux, presque aérien, qui en sortit. Kloa vit la petite chouette qu'il lui avait désignée un moment plus tôt s'immobiliser, hésiter puis prendre son envol dans sa direction à larges coups d'ailes mal assurés. Sceptique, la jeune fille haussa un sourcil devant sa courbe plus ou moins bien dessinée, sans toutefois formuler ses pensées à voix haute. C'était donc cela, la magie de l'arbre ? Et puis, lorsque la chevêche se posa sur le bras du fauconnier, plantant ses serres dans sa peau nue, elle put constater que l'une de ses ailes n'était pas constituée de plumes, mais de cuir. Ses sourcils se froncèrent et elle reporta son regard sur l'arbre. Peut-être que ce que supposait l'homme n'était pas si ridicule que cela, en fin de compte... Cependant, cette vision lui avait également permis de comprendre à quel point son compagnon devait aimer ses oiseaux. Fabriquer une aile de cuir. Cette idée lui paraissait à la fois complètement irréalisable et incroyablement ingénieuse. Comment Espoir, puisque tel était son nom, parvenait-il à voler de cette manière ? Dans tous les cas, il fallait que le fauconnier ait ressenti bien plus qu'une simple conscience professionnelle pour avoir décidé – et réussi – de façonner cette petite aile en cuir. Jetant un coup à Gareth à la dérobée, la jeune fille remarqua que son visage était à présent illuminé par un immense sourire. Et, étrangement, cela lui fit du bien.

Lorsque ce dernier finit par reprendre la parole, Humus, toujours perchée sur son épaule, venait à peine de se réveiller. Espoir hulula légèrement en tournant la tête de son côté, comme intriguée par se présence. Rumeur, quant à lui, le rouge-gorge qui lui avait tenu compagnie lors de son séjour dans l'arbre, se trouvait toujours sur l'une des branches du géant de la forêt.

Ce qu'elle faisait ici ?

Cette interrogation la déstabilisa. Kloa se tourna vers Gareth, instinctivement sur la défensive.


- Moi ? Ben... rien. Enfin, pas grand-chose en tout cas.

Pourquoi le fauconnier lui reposait-il cette question à cet instant ? Il l'avait déjà interrogée au moment où il l'avait surprise dans la forêt, et elle ne lui avait alors que partiellement répondu. Mais pourquoi revenait-il donc à la charge ? Tenait-il véritablement à savoir pourquoi une élève de l'Académie marchait ainsi seule dans les bois, une épée à taille ? Toutefois, l'apprentie combattante ne s'attarda guère sur ces réflexions. Si Gareth avait voulu la punir ou la dénoncer à l'Intendant, il l'aurait fait depuis longtemps. Sa curiosité, après tout, était bien naturelle. Voilà pourquoi Kloa décida de lui dire la vérité. S'il lui fait assez confiance pour lui révéler l'existence de cet arbre magique, elle ne voyait pas la raison ou l'intérêt d'agir d'une autre manière avec lui.

- En fait, quand vous m'avez trouvée, disons que j'avais encore rien fait. Je vous mentais pas quand je vous ai dit que j'me promenais. C'était même alors la stricte vérité. Pause. Mais mon objectif final était de trouver un lieu où m'entraîner.

La guerrière désigna son épée en esquissant un sourire.

- C'est la raison pour laquelle j'ai... emprunté cette arme. Je n'aime pas m'exercer dans le clos d'exercices ou dans la salle prévue à cette effet, je trouve qu'il y a trop de monde. Je préfère être seule.

Et quelque chose lui disait que l'homme qui se tenait face à elle devait parfaitement comprendre ce qu'elle tentait de lui expliquer. Ses yeux effleurèrent de nouveau son bâton de marche avant de revenir sur l'aile en cuir d'Espoir et, tout à coup, une pensée lui traversa l'esprit.

- Au fait, je m'demandais... Elle hésita. Pas longtemps. 'Fin, j'veux dire, puisque cet arbre semble bel et bien guérir plus ou moins les blessures, vous pensez pas qu'il pourrait vous faire quelque chose, à vous aussi ? Je veux dire, à votre dos ? Sa magie n'est peut-être pas réservée qu'aux oiseaux.

Son regard violet croisa celui, bleu océan, du fauconnier. Elle fut étonnée de ne rien réussir à y lire.


[J'profite des vacances pour me remettre à poster, désolée pour le retaaaard T_T]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Mar 20 Mai 2014 - 15:54

La défensive fut sa première réponse, ce qui fit gentiment sourire le fauconnier. Elle avait peur de lui dire ce qu'elle faisait réellement dans la forêt. Sûrement avait-elle peur qu'il la dénonce à l'Intendant. Elle n'avait aucun soucis à se faire pour cela, Gareth partait du principe que ce n'était pas son rôle que de s'occuper des élèves. Après tout, il était là pour les oiseaux, pour la volière uniquement. Les élèves pouvaient faire ce qu'ils voulaient tant qu'ils restaient en dehors de ses pattes. Kloa n'avait pas à se torturer, sa petite virée resterait entre elle et le métamorphe. Elle sembla le comprendre et sa langue se délia. Elle avoua ce qui l'amenait ici.

Elle désirait s'entrainer, simplement. Avec une lame empruntée dans la salle d'armes. Gareth sourit. Les élèves n'avaient plus le droit de revêtir leurs armes, ils les volaient donc dans les râteliers pour les rapporter par la suite, discrètement. Quel code inutile... Il ne faisait que réveiller l'instinct rebelle des élèves et des autres habitants, déjà bien vivant. Même le fauconnier ne supportait pas certaines règles. Comme ces uniformes ridicules. Il ne le portait que lorsqu'il était certain de croiser l'Intendant et de toute manière, il était bien trop discret pour qu'un garde se souvienne de son visage et lui reproche de ne pas appliquer le règlement. On ne se souvenait pas de son visage, sauf si on le connaissait personnellement. Mais nous nous égarons du sujet.

Kloa préférait être seule. La Dame savait combien le métamorphe la comprenait. Le monde, il le fuyait. Il n'était jamais allé à Al-Jeit, trop de monde. A vrai dire, il n'allait presque jamais dans les grandes villes. Beaucoup trop de monde. Être seul était plus agréable pour lui que la compagnie de toute une auberge. Encore moins d'une ville.
Sauf qu'il n'était jamais réellement seul.
L'Esprit du fauve était toujours là, à l'épier. Gareth n'était jamais seul, même avec toute la volonté du monde.
Il la comprenait.

Le regard du fauconnier s'égara dans les branchages de l'arbre lorsque la teylus reprit la parole. Elle marquait un point. Si l'arbre était bénéfique pour les oiseaux, pourquoi ne le serait-il pas pour lui ? Pour les humains ? Il n'était pas humain... Ou qu'à moitié.
Il tourna la tête et son regard de glace tomba sur les yeux violacés de la guerrière.
Cela ne servait à rien de se le cacher, Gareth avait secrètement espéré retrouver ce qu'il avait perdu grâce à cet étrange conifère. Ne le prenez cependant pas pour un fou ! Il ne l'était pas. Il savait pertinemment que quelques branches ne feraient pas repousser un membre. Mais il espérait tant retrouver la pleine puissance de ses capacités... Ou presque pleine.
Il n'avait cependant jamais osé vérifier si son dos le faisait moins souffrir. Bon, ce n'était pas continuellement le cas, il ne souffrait pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce n'était que passager, en général, ça lui arrivait de ne pas avoir mal. Il avait perdu un membre en tant que puma, quelque chose s'était brisé dans son dos humain. Il n'avait pas toujours mal et ce n'était pas toujours aussi intense. Cela dépendait des jours, de ses activités, du temps peut-être. Il n'était pas rêveur après tout, il n'en savait rien. Peut-être devrait-il en parler à Amarylis, elle saurait sûrement le soulager avec une décoction, une tisane, quelque chose. Le bâton l'aidait dans les mauvais jours.

Espoir s'envola soudain, piaillant comme un fou. Il était heureux. Humus le suivit bien vite pour se lover dans un coin de l'arbre. Il s'endormit. La chevêche s'en était retournée vers le rouge-gorge. Les oiseaux ne semblaient toujours pas troublés par la présence des deux humains. Par l'odeur de chat qui entourait l'homme par moment. Il ne s'était pas métamorphosé depuis deux jours, peut-être l'odeur s'était-elle atténuée depuis. Cette odeur, difficile de s'en défaire malgré les centaines de bains qu'il prenait dans la cascade. C'était bien quelque chose qu'il appréciait plus que tout. L'Autre n'aimait pas cela. Les bains. L'eau, surtout.

Le bâton de l'homme bougea soudain, vif. Droit vers Kloa. Rapide, fluide. Un bruit sourd se perdit entre les bruissements de plumes. La jeune guerrière venait de dégainer sa lame pour stopper la courbe du bâton. Gareth sourit.


- Je ne pense pas que cela fonctionnerait pour moi, c'est un peu plus compliqué que ça.

Si seulement elle savait à quel point c'était compliqué.

- Et rien n'a changé depuis que je viens. Mais je suis loin d'être infirme !

Il n'avait pas l'air comme ça, mais il savait se battre le fauconnier. Toujours occupé par ses amis à plumes aux yeux des autres, il ne connaissait que cela. Ils se mettaient tous le doigt dans l'oeil. Gareth avait bien dû protéger sa famille lorsqu'ils avaient quitté les îles alines. Ses petites frères étaient encore bien trop jeunes, ils ne savaient même pas ce que signifiait se battre. Seuls sa jumelle et lui pouvaient défendre ce qui restait de leur famille. Et ils l'avaient fait. Parfois de manière peut commune - féline, j'entend - mais cela fonctionnait tout de même.
Protéger... C'était sans aucun doute le premier instinct de Gareth. Protéger ceux qui lui étaient cher. Tous. Parfois cette protection était un peu trop excessive. Mais il protégeait. Comme un grand frère...

Oui, Gareth savait se battre. Même sous sa forme humaine. Il avouait sans problème qu'il se débrouillait bien mieux sous sa forme animale, le combat était plus brut, plus intense, plus rapide. Tous ses sens étaient en éveil. Et il aimait cela. Mais il savait manier le bâton assez efficacement, pour ne pas dire avec aisance. Il se débrouillait à l'épée également. Les autres armes en revanche... Cela lui suffisait amplement. Il n'aimait pas tuer. Il se défendait simplement. C'était bien ce pourquoi il ne se baladait pas avec une arme et qu'il préférait se servir d'un bâton. Il ne tuait pas. C'était Lui. L'Esprit. Seulement Lui était assassin dans ce corps. Seulement Lui.

Le bâton restait là, en l'air, contre la lame de la jeune guerrière. Aucun des deux ne semblait frissonner.







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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Ven 4 Juil 2014 - 19:58

Kloa frémit tout en laissant son regard dériver sur le grand arbre une nouvelle fois. Durant quelques minutes, elle s'oublia dans la contemplation de ses branchages chargés de couleurs et de pépiements, les yeux presque rêveurs tandis qu'elle prenait soudainement conscience de sa propre petitesse. Le fauconnier ne lui répondit pas immédiatement, lui aussi perdu dans l'observation du feuillage qui se confondait avec le plumage chatoyant de ces centaines de volatiles. Et, étrangement, ce flot bigarré comportait une certaine forme d'harmonie, de cohérence dans les formes et d'équilibre dans les couleurs. Comme si ce curieux conifère et les animaux qu'il abritait constituaient une sorte de symbiose – puissante, inexplicable, magique.

La jeune fille était donc plongée dans ses réflexions lorsque l'air, à ses côtés, parut tout à coup s'emplir d'un long frissonnement. Quelque chose se modifia autour ainsi qu'en d'elle tandis qu'un sifflement, à peine perceptible, résonnait à ses oreilles. Ses réflexes prirent alors le dessus. La Teylus leva aussitôt l'épée qu'elle avait eue l'occasion de dégainer un instant plus tôt, présentant instinctivement sa lame à la rencontre du bâton de Gareth. Tous deux se percutèrent dans un bruit sourd, qui retentit avec force parmi les bruissements et les gazouillements des oiseaux imperturbables. L'homme, face à elle, esquissa un sourire et, sans abaisser son arme improvisée, entreprit de répondre à ses interrogations précédentes.

Réponse pour le moins sans équivoque – bien que paradoxalement assez ambiguë. « Compliqué. » Qu'est-ce que cela était-il censé signifier ? Quel véritable sens ce simple participe passé dissimulait-il ? Cependant quelque chose, dans le ton catégorique du fauconnier ou encore dans la manière dont il formulait ses phrases, fit comprendre à Kloa qu'elle ne saurait rien de plus si elle décidait de le questionner plus avant. Elle allait devoir se contenter de cette réponse. « Compliqué. »

Et puis, Gareth acheva ses paroles sur un groupe de mots à la tournure exclamative clairement audible, et la jeune femme ébaucha un sourire en raffermissant sa prise sur la poignée de son épée. Ses yeux croisèrent le regard glacé de son interlocuteur et elle y perçut avec netteté une lueur qu'elle connaissait sans doute mieux que quiconque : du défi. En réponse, son propre visage s'illumina tandis qu'elle se calait plus solidement sur ses deux pieds, prête à parer un éventuel second coup. Pourtant, le fauconnier demeurait parfaitement immobile cependant que le silence s'épaississait. Ils restèrent ainsi durant de longues secondes ; et ce ne fut qu'au moment où l'écho de l'invitation de Gareth s'éteignait dans l'atmosphère que Kloa réagit enfin.

Vive et concentrée, la jeune guerrière dévia la trajectoire de son arme afin de viser le bras du fauconnier du plat de la lame, mais ce dernier esquiva l'attaque et elle dut faire appel à toute son adresse pour éviter le bâton qui ne fit qu'effleurer son épaule. Tous deux ferraillèrent ainsi pendant plusieurs minutes sans qu'aucun d'entre eux ne parvienne à sérieusement toucher son adversaire, se contentant de frôler parfois une main, un coude, un torse ou un avant-bras. Gareth, malgré son évidente habileté, se trouvait handicapé par sa blessure, et l'apprentie combattante avait pour elle une agilité non réciproque. Toutefois, elle ne pouvait nier l'expérience de l'homme en ce domaine, aussi fut-elle plus d'une fois contrainte de reculer sous les assauts répétés du bâton.

L'échange semblait ainsi devoir perdurer dans cette direction lorsque l'arme du fauconnier atteignit tout à coup les phalanges de la jeune fille. Le coup sec sur ses doigts lui arracha un cri – plus d'étonnement que de douleur – et, surprise, elle lâcha son épée qui tomba au sol dans un bruit mat. Néanmoins Gareth, désarçonné par l'exclamation de son adversaire, trébucha sur une pierre dressée devant ses pieds en essayant de lui faire face ; déséquilibré, il chuta en avant et, s'il se rattrapa de justesse à un arbrisseau, sa propre arme lui échappa des mains. Kloa n'eut qu'à tendre le bras pour se saisir de celle-ci au vol. Les deux assaillants se dévisagèrent durant une fraction de seconde avant que la jeune femme ne se décide à prendre la parole, tout en tendant le bâton à son propriétaire :


- Bon, je suppose que ça fait quelque chose comme zéro-zéro, non ?

Elle lui sourit, se baissa afin de s'emparer de son épée. Puis elle ajouta d'une voix faussement nonchalante qui dissimulait mal le réel intérêt qu'elle éprouvait à présent pour son interlocuteur :

- Où avez-vous appris à vous battre ?

Qui eût cru que le fauconnier discret et réservé, quotidiennement occupé à l'entretien de la volière et de ses occupants, était également un guerrier plutôt doué et talentueux ?


[Eeeeeeh... oui, je poste enfin. Si tu trouves que les réactions de Gareth ne correspondent pas ou quoi, je modifie sans problème, bien sûr hug]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Ven 25 Juil 2014 - 18:19

Vive, la jeune guerrière réagit enfin. Déviant la trajectoire du bâton de Gareth, elle tenta de viser son bras. Il esquiva facilement son attaque. Elle devait se retenir à cause de la blessure qu'il avait. Mauvaise idée. Le fauconnier avait appris depuis longtemps à passer outre les souffrances, il savait les ignorer et faire avec. Même si son équilibre n'était plus le même, il arrivait à compenser ce manque. Son bâton décrivit une courbe dans la direction de Kloa, cette dernière évita le coup de justesse. Des coups donnés, certains rendus, ils n'arrivaient à se toucher, ils se cherchaient. Les minutes s'égrenaient et aucun ne parvenait à toucher son adversaire efficacement.

Cela faisait si longtemps qu'il s'était battu ainsi... Il croyait retrouver les années passées avec ses frères. Mais surtout avec sa soeur. Jumeaux, ils avaient toujours su comment vibrer ensemble. Lors de leurs affrontements, ils ne faisaient qu'un et ne pouvaient que prévoir les attaques de l'autre. Ils ne se touchaient presque jamais. C'était l'époque où le métamorphe ne réfléchissait pas, où il se sentait bien. L'époque où ils se transformaient quand bon leur semblait. Lorsqu'ils se livraient un combat, lames étaient autorisées, comme les crocs et les griffes. Leurs combats étaient bestiaux. Sauvages. Intenses. Il aurait tant aimé la revoir, les revoir. Ils lui manquaient. Sa famille était tout pour lui, il avait besoin de les revoir. Ne serait-ce qu'une fois. Une heure. Ou même une seule minute. Surtout ces temps-ci. Il avait besoin de Tyama. Elle avait toujours su comment lui parler, comment le calmer, elle était la seule qui le connaissait. Après tout, ils partageaient tout. Ils avaient toujours tout partagé. Jusqu'à leur particularité. Jusqu'à cet esprit...
Il fallait qu'il la voit.
Kloa lui faisait penser à elle. Sauvage, sûre d'elle. Combattre avec elle lui redonnait le sourire.

Ils continuaient d'échanger des coups, l'un reculant parfois, l'autre faisant de même à son tour. Ils se frôlaient, se touchaient parfois, mais chacun possédait sa technique propre. On sentait la bestialité dans celle de Gareth. Cela faisait depuis longtemps qu'il n'avait tenu un duel et utilisait en règle général ses crocs. Il ne portait jamais d'arme, étant une arme lui-même. Il avait donc rarement l'occasion d'utiliser une lame ou un bâton, dans ce cas-ci.

Le fauconnier vit une ouverture et frappa les phalanges de la jeune fille. Elle laissa tomber son épée au sol après avoir poussé un cri. Lui avait-il fait mal ? Inquiet, il baissa sa garde. Sans doute une mauvaise idée, car il trébucha sur une pierre qu'il n'avait pas vu. Son inquiétude pour les autres le perdra un jour...
Il se rattrapa à quelque chose qu'il n'identifia pas sur le coup, son bâton partit au loin et ce fut Kloa qui s'en saisit. Leurs regards tombèrent l'un dans l'autre, Kloa prit alors la parole. Gareth se releva et prit son bâton, tendu par la guerrière.


- Oui, un joli match nul.

Kloa enchaina presque trop rapidement sa phrase et un sourire naquit au coin des lèvres de Gareth. Elle était curieuse, plus qu'il y avait quelques minutes. Elle devait être étonnée par la technique du fauconnier. Il était vrai qu'il ne l'avait confié à personne, qu'il ne s'était présenté que comme un maître fauconnier lorsqu'il était venu à l'Académie. Qui pouvait bien s'attendre à croiser un guerrier en ce fauconnier si discret ? Personne. Et Kloa était la première à le voir.

- Pas dans une école, en tout cas.

L'homme trouva une pierre et s'assit dessus pour souffler. Son bâton sur les genoux, ses coudes de même, il observait le vent balayer les herbes alors que sa mémoire remontait le passé.

- Et je ne pense pas qu'une école soit le meilleur endroit pour apprendre à se battre. A force de se mesurer aux mêmes personnes dans la même salle, on connait la technique de cette personne par coeur et plus aucun challenge n'existe. Certes, on évolue, mais on ne connait pas l'inconnu. Savoir faire face à l'inconnu, voilà ce que l'art du combat te réserve de plus dur. Et l'inconnu est à l'extérieur des murs d'enceinte de l'Académie.

Gareth n'était jamais allé à l'école. Comment aurait-il pu ? Les îles Alines ne possédaient pas des masses d'écoles, les alines passaient leur temps sur les mers, ces dernières étaient leur héritage. Pourquoi perdre du temps dans une école ? L'enseignement aline résidait sur l'expérience. On apprenait en vivant, on apprenait de ses expériences. Les marins montraient l'exemple, les jeunes le suivaient.

- J'ai appris sur le tas, à force de voyages. J'ai observé les gens et je les ai imité. Bien sûr, j'ai dû m'entrainer, tout bon guerrier doit s'entrainer. Ma soeur a été mon principal adversaire, on s'entrainait l'un l'autre. On était le maître de l'autre chacun à notre tour, on apprenait ensemble.

Nous n'étions que des enfants et nous avons dû nous débrouiller seuls. Apprendre à survivre.

La survie. Les Wilth s'étaient vite rangés de son côté. Survivre. Après la mort de leurs parents, ils ne purent compter que sur eux-même. Eohn était trop jeune, Tarn n'avait alors pas même dix ans. Tyama et Gareth tenaient les rênes de la famille. Ils apprirent vite pour survivre. Ils n'avaient eu d'autre choix. Se battre fut primordial pour eux, ils le comprirent rapidement. Les alines n'étaient pas tendres, les alaviriens ne le seraient pas pour autant. Les jumeaux devaient protéger leurs petits frères.


- Mais nous étions des nomades, nous avons voyagé avec nos frères, bien trop petits pour se débrouiller, il nous fallait les protéger... Mais je vais t'éviter le récit de ma vie, ce n'était pas le but de ta question.

Pourquoi commençait-il à lui raconter cela ? Pourquoi ne pouvait-il plus retenir sa langue ? Il se confiait bien trop souvent ces temps-ci. Il devait arrêter. Ce n'était pas lui, ce n'était pas dans ses habitudes. Il ne se confiait pas. Il ne racontait pas sa vie. Jamais. Il la gardait pour lui et se contentait d'être le discret fauconnier tapis au fond de sa volière. Et c'était mieux ainsi.

- Tout cela étant dit, les routes ont été mes salles d'armes, les bandits que nous croisions mes adversaires, mes expériences comme maître.

Il ne savait si cette réponse suffisait à la jeune fille ou si elle en attendait davantage. Dans le pire des cas, elle poserait encore des questions. Ses yeux trahissaient son intérêt soudain pour le fauconnier.

- Voilà... Qu'en penses-tu ?

Après tout, son opinion sur l'apprentissage était important, plus que celui de l'homme. Elle était encore en plein dedans.


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Mar 5 Aoû 2014 - 9:36

Kloa s'assit non loin du fauconnier tandis que ce dernier prenait lentement la parole afin de répondre à sa question. Posant son arme à ses pieds, elle observa un moment d'un œil distrait les rayons du soleil se refléter sur la lame de l'épée avant de relever la tête, croisant le regard de son interlocuteur. Ses premiers mots résonnèrent en elle. « Pas dans une école. » Une référence à l'Académie, sans nul doute. Intéressée, elle se pencha en avant pour se laisser emporter par la voix de Gareth – grave, chaude, apaisante. Avec son ton bas et doux, qui coulait dans son esprit tel un flot calme et ininterrompu, il faisait un bon conteur et, l'espace d'un instant, la jeune fille se demanda s'il s'agissait encore d'une des qualités dissimulées par cet homme si mystérieux.

Elle l'écouta dévider l'histoire de sa vie sans l'interrompre, puisque c'était bel et bien son enfance qui, de toute évidence, avait formé le guerrier confirmé qui se dressait à présent face à elle. Et plus il lui en révélait à demis-mots, déguisant ses phrases comme on enrobe de miel un médicament pour le faire avaler à un enfant, plus elle avait envie d'en savoir plus sur lui, sur son passé, sur cette existence qu'il lui présentait et lui masquait tout à la fois.

Cependant, cela ne l'empêchait de l'écouter, essayant de comprendre et d'assimiler le point de vue du fauconnier. Un point de vue qu'elle partageait, par certains côtés... mais qu'elle ne pouvait s'empêcher de réfuter par d'autres. Ou, du moins, qu'elle n'approuvait pas entièrement. Apprendre par soi-même, au hasard du chemin, forgé par les années et les expériences. Lutter, jour après jour, pour sa survie. Avoir pour adversaire le monde et comme seule alliée la vie.

Pourquoi pas ?

Lorsque le fauconnier se tut enfin, elle crut tout d'abord qu'il avait terminé son explication et elle se mit à réfléchir à un moyen de l'amener à se confier encore un peu davantage. Mais il rouvrit la bouche et, cette fois-ci, ce fut elle qui se trouva interrogée.

Ce qu'elle en pensait ?

Son premier réflexe fut de hausser les épaules. Gareth pouvait bien avoir appris à se battre de toutes les façons imaginables, cela ne la concernait pas. Après tout, seul le résultat comptait – et il était certainement à la hauteur de tout ce qu'il avait bien pu un jour espérer. Pourtant, elle savait que ce n'était pas là ce qu'il lui demandait véritablement, et que l'homme souhaitait connaître sa propre opinion sur le sujet. En avait-elle seulement une ? L'apprentie combattante y réfléchit quelques secondes et fut contrainte de reconnaître que c'était le cas.


- Eh bien...

Elle se racla la gorge tout en s'efforçant d'ordonner ses idées.

- Disons que je suis... partagée.

Elle distingua, du coin de l'œil, le fauconnier arquer un sourcil et décida d'arrêter de tourner autour du pot. Dire ce qu'elle avait sur le cœur. Une bonne fois pour toute.

- Je suis d'accord avec vous en ce qui concerne les « expériences ». Les guillemets étaient audibles. Je pense aussi qu'on ne peut pas être un bon guerrier, voire un guerrier tout court, si on ne s'est pas frotté un jour ou l'autre à l'extérieur, à l'inconnu. C'est vrai qu'une grande partie de l'apprentissage doit se faire en dehors d'une salle de classe, où on peut se confronter à de véritables adversaires qui ne se contenteront pas de t'aider à te relever quand ils t'auront mis à terre. Mais... Elle hésita, cherchant ses mots. Mais je crois également que l'école est importante pour débuter une formation de combattant. Avant d'être seul, livré à soi-même, il faut avoir appris certains mouvements, une méthode particulière... la technique de base, quoi. Sans compter que, pour ceux dont l'ambition est d'intégrer un corps d'armée d'élite, comme la Légion Noire par exemple, un certain nombre de notions, telle que la discipline, sont indispensables. Or, cet état d'esprit va de paire avec un enseignement encadré et rigoureux.

Son visage demeura impassible, son débit de paroles fluide, son ton neutre. Il aurait été impossible d'affirmer si elle approuvait ce mode de fonctionnement. Toutefois, derrière sa voix impartiale, elle n'en pensait pas moins. À son arrivée à l'Académie de Merwyn, il lui avait tout d'abord été compliqué de se plier à cette obéissance soumise et scrupuleuse mais, à force d'efforts et de volonté, elle avait fini par y parvenir. La plupart du temps. En effet, elle savait que continuer à erxercer sa passion nécessiterait des sacrifices, et elle avait trop donné pour entrer à l'Académie pour tout mettre en l'air à cause d'un simple caprice. À la réflexion, il était amusant de constater que le fauconnier estimait si peu l'éducation donnée dans les écoles tandis qu'elle-même avait été prête à tout quitter – sa vie d'alors, ses amis, sa famille, en somme, tout ce qu'elle aimait et connaissait – pour entrer dans ladite école. Néanmoins, tous deux s'accordaient sur un autre point...

- … l'évolution. Gareth fronça les sourcils, intrigué, et elle se rendit compte qu'elle avait pensé à haute voix. Je veux dire, comme vous, je crois que l'évolution doit faire partie intégrante d'un apprentissage, quel qu'il soit. Que ce soient les nouveautés que l'on rencontre sur les routes ou celles que l'on éprouve en changeant de... La jeune femme se mordilla les lèvres. … de formation.

C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait décidé de cesser de suivre l'enseignement que lui dispensaient les Thüls afin de devenir élève à l'Académie. L'évolution était nécessaire au progrès. C'était une des nombreuses choses qu'elle avait apprises en arrivant ici.

- Est-ce que vous estimez que ça répond à votre question ?

Leurs regards s'accrochèrent et Kloa esquissa un sourire.

- Au faut, vous permettez que je vous demande autre chose ?

Autre chose... ou pas, en fait. Tout était lié.

- Est-ce que vous accepteriez de continuer à me parler de vous ?

Pourquoi il l'avait entretenue de ses frères et sœurs et non de ses parents. Quel genre de nomade il représentait. Quels voyages il avait entrepris. Les dangers qu'il avait dû affronter. Qui ? Comment ? Où ? Quand ? Les points d'interrogation se bousculaient dans son esprit.


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Mar 30 Sep 2014 - 23:25

Partagée ? Être toujours d'accord avec tout le monde était plutôt lassant, Gareth sourit devant la mine partagée de la jeune fille. Stoppée dans son récit, elle semblait hésiter à continuer. Puis, elle parla enfin librement, ne délaissant aucun détail. Il lui donnait raison sur un point. La discipline que demandait la Légion Noire ne pouvait être acquise que par un entrainement vigoureux et encadré par des instructeurs. Mais Gareth était mitigé. Il possédait une discipline marquée malgré le fait qu'il n'ait jamais eu d'entrainement véritable avec un professeur. Tous les cas étaient différents, personne n'apprenait de la même manière. C'était une des raisons pour lesquelles il ne comprenait pas l'Académie. Elle formait des élèves de la même manière, ils sortiraient de ce moule et se ressembleront. Alors qu'ils n'ont pas la même manière de fonctionner.

Elle laissa échapper un mot. Evolution. Le fauconnier fut soudainement intrigué par les pensées de la jeune guerrière. Qu'avait-elle en tête ? Elle le partagea immédiatement. Ils étaient d'accord sur ce point-ci. L'évolution était primordiale pour n'importe quel apprentissage.
Elle lui demanda alors si elle répondait à sa question. Le fauconnier tourna la tête, croisa le regard de la jeune femme et aperçut son sourire. Il n'eut cependant pas le temps de lui répondre qu'elle lui posa deux nouvelles questions.

Est-ce qu'il accepterait de continuer à lui parler de lui...

Pourquoi avait-il commencé à parler ? Pourquoi n'avait-il pas pu s'empêcher de parler ? Mais surtout... Pourquoi était-elle aussi curieuse à propos de lui et de sa vie ? Que cherchait-elle à faire ou savoir...


- Il n'y a rien de bien intéressant dans ma vie.

Son ton s'était refroidi, malgré lui. Se reprenant, il sourit à la teylus. Il n'avait pas besoin de l'agresser et encore moins de l'envoyer balader. Sa question était de la pure curiosité, elle ne voulait pas mal faire.

- Disons que c'est une vie comme les autres. Mais tu veux savoir quoi ? Sinon je saurais pas quoi te dire.

Il ricana avant qu'elle ne réponde. Elle voulait qu'il lui raconte ses voyages, les dangers qu'il avait affronté, les gens qu'il avait rencontré. Les quatre questions de base. Qui, quoi, où et comment. Mais qu'aurait-il pu lui raconter ? Il ne pouvait pas lui raconter tous les détails, pas ceux qui comportaient des griffes et des crocs. Mais il pouvait les dissimuler.

- Eh bien. Je ne sais pas ce que je pourrais te raconter...

Il avait beau chercher, il ne trouvait pas. Le fauconnier n'avait jamais été très confident... Soudain, il trouva.

- Ah, si, j'ai trouvé une histoire qui devrait te plaire. Ma soeur et moi étions dans les montagnes de l'Est. Bon, j'vais commencer par le début. On était alors à Fériane, on devait rejoindre Al-Chen pour retrouver nos frères qui nous attendaient chez notre oncle. Malheureusement, on s'est perdus.

Perdus ? Ce n'était pas réellement le bon mot. A l'époque, il n'avait pas encore peur de se transformer. Cette peur de l'Autre n'existait pas encore. Les jumeaux s'étaient transformés, devenant pumas. Et leurs instincts avaient pris le dessus. Leurs corps puissants s'étaient pris au jeu de la course et s'étaient jetés dans les bras des montagnes de l'Est.

- Disons que l'orientation n'a jamais été notre fort.

Il rit, pensant à sa soeur qui l'avait convaincu de s'amuser un peu avant de rentrer. Leur oncle ne savait pas pour leur secret, ils ne pouvaient que rarement se laisser aller ainsi.

- On s'est donc retrouvés au beau milieu des montagnes de l'Est, complètement désorientés. Ce fut là qu'on les rencontra. Deux grands félins, immenses. Nous étions cachés dans les hauteurs, ils ne pouvaient ni nous voir ni nous sentir. Mais nous, nous avions une vue incroyable sur les deux bêtes. On avait l'impression d'être eux.

C'était nous. Dans les montagnes, ignorant le reste du monde. Comme j'aimerais revenir à cet instant, lui proposer de rester ainsi à jamais...

- Cette puissance qu'ils dégageaient, ce jeu dans leur regard, ils semblaient ne pas voir le monde autour d'eux. Ce jour-là, j'ai eu la même impression que j'ai lorsque je viens vers cet arbre pour observer les oiseaux. Une impression de liberté sans fin.

Gareth continua à raconter quelques anecdotes de ses voyages, transformant quelques peu les faits lorsqu'il le fallait. Il voyait cette étincelle dans le regard de la jeune fille, cette étincelle d'intérêt qu'il rencontrait dans le regard de Lyu lorsqu'il lui donnait cours. Kloa ne perdait pas une miette des histoires que le fauconnier lui offrait.
Il s'arrêta enfin, une trentaine de minutes venaient de s'écouler.


- Ces histoires ne sont pas très impressionnantes, malheureusement.




[10°]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Lun 12 Jan 2015 - 21:54

Si Gareth lui avait tout d'abord semblé un peu réticent à continuer à se confier, il finit par se dérider légèrement et à desserrer les lèvres. S'adossant au tronc d'un jeune arbre en croisant les bras, la jeune fille fixa son attention sur les paroles qui se pressaient au-dehors de la bouche de son interlocuteur, hésitantes tout d'abord puis de plus en plus assurées, comme si elles perdaient de leur impalpabilité au contact de l'air. Et, étrangement, la Teylus se laissait prendre par le ton du fauconnier – en plus d'avoir dissimulé ses talents de guerrier, lui avait-il également caché un don de conteur ? Elle qui avait toujours éprouvé de la peine à rester absolument immobile plus d'une dizaine de minutes, en particulier lorsqu'elle devait se concentrer sur une chose précise ou particulière, se sentit presque déçue quand la voix s'éteignit enfin. Les images que les mots du jeune homme avait tracées dans son esprit en lettres de feu s'évaporèrent à leur tour, comme à regret, et elle constata avec un étonnement mêlé d'admiration qu'une trentaine de minutes avaient dû s'écouler tandis qu'il parlait. Répondant par un léger sourire à son ultime phrase, elle sauta du rocher sur lequel elle avait pris place au bout d'une petite vingtaine de minutes avant de s'étirer longuement, telle un félin venant de sortir du sommeil ou un chien qui s'ébroue en quittant le lit d'une rivière.

- Pas très impressionnantes ? Personnellement, je les ai trouvées assez intéressantes... Et, en plus, vous racontez plutôt bien.


Elle lui adressa un nouveau sourire, plus franc mais également plus amusé. Son regard effleura le bâton de Gareth – d'instinct, ses doigts se posèrent sur le pommeau de son épée – puis l'arbre que, l'espace de quelques secondes, elle avait presque réussi à oublier. Ses yeux s'attardèrent sur les centaines d'oiseaux perchés sur ses branches, comme pour un dernier salut ou en garder un ultime souvenir, et elle se tourna en direction du fauconnier.

- Vous vouliez voir autre chose, sinon ? Parce que, si c'est pas le cas, on pourrait peut-être commencer à rentrer, non ? Notre combat peut être considéré comme un entraînement ou une leçon, après tout... et il en va de même pour vos histoires.


« On. » C'était la première fois, depuis qu'ils s'étaient rencontrés, qu'elle admettait cette relation et en prenait pleinement conscience – la première fois qu'elle acceptait de ne plus être uniquement « je » mais aussi « nous » en la compagnie de cet homme qui, le matin-même, lui était encore inconnu. Était-ce le secret qu'il lui avait fait partager, les bribes de sa vie qu'il lui avaient confiées, leur bref affrontement ? Elle l'ignorait. Toujours était-il qu'elle lui offrit son épaule de bien meilleure volonté qu'à l'allée à l'abord de la pente caillouteuse. La jeune femme garda le silence les premières minutes de marche puis, constatant que le fauconnier paraissait être retombé dans son mutisme originel, elle se décida à rouvrir la bouche, plus pour combler le vide qui les séparait de nouveau, malgré leur proximité, que par réel intérêt cette fois :

- Et vous vous promen- Elle s'interrompit, se souvenant de sa remarque lorsqu'ils étaient arrivés à l'arbre. Je veux dire, vous marchez souvent, comme ça, tout seul, dans la forêt ? Parce que, si c'est le cas, vous devez en faire, des découvertes – en plus de celle que vous m'avez déjà montré... Surtout compte tenu de votre discrétion.

Kloa s'interrompit pour enjamber un éboulis et sauta par-dessus une racine avant de reprendre :


- D'ailleurs, vous aimez les animaux, à part les oiseaux ? Il doit y en avoir un bon paquet dans ces bois, vous n'croyez pas ? Une fois, j'ai même vu un puma – ce n'était pas très loin d'ici, en plus, si je me souviens bien.

Elle se tut en se remémorant le fauve qu'elle avait aperçu lors de sa chevauchée avec Gwëll et qui, au lieu de les attaquer, avait fait volte-face pour se fondre dans les broussailles. Et haussa un sourcil en se rendant compte que tous deux étaient à présent presque arrivés à l'endroit où il s'étaient rencontré.



[Si ça te va, je te laisse conclure Naif ]


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MessageSujet: Re: Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]   Dim 22 Fév 2015 - 21:24

Ils commencèrent à redescendre. Après tout, il fallait retourner à la réalité un jour ou l'autre. Kloa lui offrit à nouveau son épaule, bien plus facilement que la première fois. Et le silence s'était réinstallé entre eux. Jusqu'au moment où la jeune fille posa de nouvelles questions.
Gareth retint un hoquet de surprise lorsqu'elle lui avoua avoir déjà croisé un puma dans les environs. Et il était bien placé pour savoir qu'il n'existait qu'un seul puma qui hantait les montagnes du Nord. Et c'était lui. Quand l'avait-elle aperçu ? Il ne s'en était pas rendu compte... Peut-être l'avait-elle vu de loin. Oui, sûrement. Il l'aurait senti si ça n'avait pas été le cas.
Ne pensez pas qu'il ait été surpris par cette nouvelle, bien sûr que non. Elle n'était pas la première à lui parler d'un puma qui rôdait dans les environs. Il devenait moins prudent... La Bête faisait de plus en plus intrusion dans sa tête, aussi.
Enjambant un petit tronc, il s'appuyait toujours sur son bâton. Son dos le faisait moins souffrir qu'en début de journée.


- Souvent, oui. Et tu n'imagines pas c'que j'peux découvrir.

Il lui fit un petit sourire avant d'entreprendre de contourner un gros tronc.

- Je passe beaucoup de temps à l'extérieur, sans doute pour cette raison qu'on me voit rarement et que les élèves ignorent à quoi je ressemble.

Peut-être pensaient-ils qu'il était un vieil homme aigri qui ne voulait pas se mêler à la bande de gamins qu'ils étaient, ou qu'il était trop timide pour s'approcher d'eux, qu'il ne vivait que pour ses oiseaux. Ils n'auraient pas vraiment faux sur ce dernier point. Il était venu ici uniquement pour sa passion... et pour échapper à ses démons. Premier point réussi avec succès, deuxième point échec total.
Ses démons étaient encore là. Et Kloa en avait aperçu un. Le plus gros.


- Je connais bien ce puma, j'me suis confronté à lui à plusieurs reprises. Il a... ses bons jours comme ses mauvais. Tu as eu de la chance qu'il ne se soit pas rué sur toi, il était dans un bon jour... Mais oui, je croise beaucoup d'animaux, comme je croise beaucoup d'élèves qui s'amusent à faire l'école buissonnière.

Nouveau sourire.

- Ta petite escapade restera entre nous, ne t'inquiète pas.

Ils arrivèrent enfin à leur point de rencontre. S'arrêtant tous deux, ils s'observèrent. Le Grand Océan seul savait ce à quoi elle pensait en ce moment. Gareth, lui, pensait encore à l'arbre. Et à ces étincelles dans les yeux de la jeune guerrière.
Le fauconnier se retourna, fit quelques pas avant de tourner son regard vers Kloa.


- En tout cas, si tu veux faire de nouvelles découvertes, tu sais où me trouver. Ou simplement parler. Ou ce que tu veux.

Il se détourna sans un mot de plus, disparaissant entre les arbres. Kloa derrière lui, seule. Ce ne fut qu'une fois qu'il fut certain d'être assez loin d'elle qu'il se transforma. Une partie manquait.

Par l'Océan... Comment réapprendre à marcher...







[ Voilà I love you Rp terminé ! ]


_______________
Ronronner sur les genoux de Kylian ♥

Ne chuchotez plus le mot MAGIE, grognez-le !
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Et le combat cessa faute de combattants [Terminé]
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