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 Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]

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Maître fauconnier
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MessageSujet: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Dim 6 Oct 2013 - 16:31

Graou grui grouu miauu grrrr miuuuuh. Grrraa gruuu graou, graou graourou. Grrr. Mioooaougrrr. Miiih miou, grrrrraaa grrruuu grooouu. Mieeeeih mrrrraaa miouu. Grrriih. Frrrh. Schhhfffff. Grouuuiiii maaaouu maoooo. Frrrh miuuh grrrr ffffffh, miuuu miaaaa mewouuuu. Mawouuu mawouu. Grrrouuu graou graaah. Miuuuh gruuuaa. Grawouuuu ? Frrrrrh ! Graaaa. Graou grui grouu miauu grrrr miuuuuh. Grrraa gruuu graou, graou graourou. Grrr. Mioooaougrrr. Miiih miou, grrrrraaa grrruuu grooouu. Mieeeeih mrrrraaa miouu ? Grrriih ? Frrrh. Schhhfffff. Grouuuiiii maaaouu maoooo. Frrrh miuuh grrrr ffffffh, miuuu miaaaa mewouuuu. Mawouuu mawouu. Grrrouuu graou graaah. Miuuuh gruuuaa. Grawouuuu. Frrrrrh. Graaaa. Graou grui grouu miauu grrrr miuuuuh. Grrraa gruuu graou, graou graourou. Grrr. Mioooaougrrr. Miiih miou, grrrrraaa grrruuu grooouu. Mieeeeih mrrrraaa miouu. Grrriih. Frrrh. Schhhfffff. Grouuuiiii maaaouu maoooo. Frrrh miuuh grrrr ffffffh, miuuu miaaaa mewouuuu. Mawouuu mawouu. Grrrouuu graou graaah. Miuuuh gruuuaa. Grawouuuu ! Frrrrrh !! Graaaa... Graou grui grouu miauu grrrr miuuuuh. Grrraa gruuu graou, graou graourou. Grrr. Mioooaougrrr. Miiih miou, grrrrraaa grrruuu grooouu. Mieeeeih mrrrraaa miouu. Grrriih. Frrrh. Schhhfffff. Grouuuiiii maaaouu maoooo. Frrrh miuuh grrrr ffffffh, miuuu miaaaa mewouuuu. Mawouuu mawouu. Grrrouuu graou graaah. Miuuuh gruuuaa. Grawouuuu. Frrrrrh... Graaaa...

[ Oh ! Milles excuses chers lecteurs, mea culpa. Le traducteur était débranché. Je vais de ce pas y remédier. *bruits sourds de mouvements* Voilà voilà ! *clic suspect* ]


* Traducteur ON *

Cet instant lointain, unique, que l'on cherche à capter sans jamais y parvenir. Ces quelques secondes de silence qui fuit entre nos mains à chaque fois que l'on croit les capturer. Ce silence. Celui, lumineux et invisible que l'on espère croiser un matin d'été serein entre deux piaillements de moineaux bleus.
Le regard fixe, les oreilles dressées au vent, les narines frétillantes, un félin se dressait face aux frontières de glace. Un félin ? Non. Le félin. Elle. La bête. Si l'on savait lire sur le museau de ces animaux, on aurait pu reconnaître un sourire derrière ses crocs. Un sourire. Elle avait gagné une fois encore. Cela avait été d'ailleurs bien trop facile. Ces derniers temps, une constatation s'était imposée à elle. Et cela faisait naître ce sourire vicieux entre ses moustaches.
L'homme était faible. Il l'avait toujours été, mais ces temps-ci plus que de coutume. Il baissait sa garde, il ne prêtait plus la même attention à Elle qu'auparavant. Il lui montrait bien trop souvent sa joie face à certains visages. Visages qu'Elle avait gravé en elle afin de les reconnaître le moment venu. Quelque chose le distrayait, quelque chose l'attirait. Elle n'aurait su dire quoi en particulier.
Il était faible. Il n'avait jamais pu se faire à sa vraie nature, à Elle, qui le hantait, et l'ignorait jours et nuits. Sauf lorsqu'elle se manifestait. Tout ceci rendait l'Esprit fauve hors de lui. Fou furieux. Sortir, respirer la liberté. Voilà tout ce à quoi l'Esprit aspirait.
Non. Pas tout. Il se délectait d'une occupation particulière. Pourrir l'existence de l'homme. Il le gardait dans les tréfonds de son corps, dans ces ténèbres effrayants, sans aucun point de repère ; il devait souffrir lui aussi. Oeil pour oeil, dent pour dent. Se sentir enchaîner, à Elle. La Bête. Son pire ennemi, son plus grand ennemi. Leurs destins étaient liés à jamais. Là où l'un irait, l'autre sera. L'homme était libre, l'Esprit le hantait. Se déchaînait.


Sa plus grande oeuvre resterait à jamais cette petite brune. L'Esprit l'avait senti dès les premiers instants. L'homme ne pouvait rien face à cette belle jeune humaine. Un faible pour elle. Ce mot était si pathétique face aux sentiments qu'Elle avait débusqué dans le coeur de son colocataire envers ce joli minois. C'était réciproque et la Dame seule savait combien cette opportunité était attendue. Le fauve avait enfin eu sa chance. Il l'avait saisie. Et lorsqu'il se mettait en chasse, il ne ratait jamais sa cible. Jamais.
Son oeuvre accomplie, l'homme était devenu horreur, cri, monstre, rage pure, pleurs, désespoir. Tout s'était mélangé en lui. Rien ne tenait droit, tout était sans dessus dessous. Un amalgame d'émotions et d'incertitudes. L'Esprit l'avait senti. Une bombe. Tout explosait dans son corps, plus rien ne fonctionnait dans le bon sens.
Un meurtre. Non. Deux.
Et le fauve avait observé son oeuvre depuis les coulisses. Un rire malsain et silencieux.
L'homme n'avait-il pas retenu la leçon ?


Relâche une seconde fois ton attention et tu souffriras à nouveau. Je sais tout, nous avons les mêmes yeux, le même corps. Je te connais bien mieux que tu ne te connais. Fais attention, humain. Je connais tes points faibles.


***

Le fauve, tapis dans les buissons, tentait de trouver la source de ce cliquetis. Une proie ? Quelle joie cela serait que de trouver sa première victime. Le bruit se rapprochait dangereusement. Pour l'être qui le produisait. Quelques minutes et l'Esprit se déchainerait.
Sa narine frissonna soudain. Qu'est-ce que... cette odeur. Si agréable, si familière. Qu'était-ce donc ? Comment cet être pouvait le rendre ainsi sensible ? Ce... ce mouvement en lui, dans son corps, dans son estomac... Il n'avait plus faim, sa soif de sang s'était tue.
Une voix. Le félin ne put rester un instant de plus en place. Se mouvant dans un silence presque complet, sa narine l'attirait vers l'origine de cette senteur si délectable. Ses énormes pattes se posaient sur un sol humide, l'une après l'autre. Soudain, il se stoppa. Net. Devant lui, l'odeur. Une silhouette, de dos. Une chevelure de feu perdue au milieu des herbes d'un vert profond.


Le fauve ne bondit pas, ni ne grogna ni ne se cacha dans la végétation. Il resta là et s'assit, docile. Observer la jeune silhouette semblait être son seul centre d'intérêt. Plus rien ne pouvait atteindre son attention. Sauf elle, cette chevelure de feu. Son moignon tentait de battre l'air, en vain.
La silhouette arrêta tout mouvement. Elle savait qu'il était là. Derrière elle, à l'épier. Son corps tout entier était en alerte ; le temps semblait ne plus être. Les secondes reprirent lorsqu'elle se retourna, lentement. La prudence comme maître-mot. Deux grands yeux d'un vert profond se posèrent sur lui, lui coupant le souffle. Ce regard...
Qui était-elle ? Pourquoi provoquait-elle cela en lui ? Cette envie de s'approcher, de l'observer, de la comprendre.
Le fauve la reconnaissait, l'homme la connaissait. Il avait eu la faiblesse de sécher ses larmes. Faible humain.
L'Esprit aurait dû se jeter sur elle, la faire souffrir pour l'autre, mais quelque chose l'en empêchait. Qu'était-ce ? Ce vert... Il se sentait comme hypnotisé ; tous ses instincts se retrouvaient neutralisés. La peur contrôlait le corps de l'humaine, elle n'osait cependant bouger.
Le puma pencha son énorme tête, puis se coucha. Quelque chose en elle lui rendait une joie perdue depuis des siècles. Comment faisait-elle ? Il semblait avoir oublié cette question. L'humaine l'obsédait.
Couché, paisible, sa queue disparue tentant de battre les secondes, il était le calme incarné. Et cela l'inquiétait. Jamais il n'avait été comme cela, il ne savait pas ce qu'était le calme. Il était la rage pure.


La jeune silhouette lui faisait perdre ses instincts, sa nature, ce qui faisait de lui un puma. Etait-ce son regard qui calmait ses ardeurs ? Il avait cette étrange impression. Son regard d'un vert idyllique, unique. Son sourire qu'il devinait derrière sa peur. Peur. Le corps de la rousse, arqué, ne bougeait toujours pas. Le félin ne ressentait pas l'envie de lui sauter à la gorge, ses sentiments face à l'humaine étaient étranges. Bien différents que de coutume. Inconnus.
Il restait là, à l'observer, à se lisser le pelage, à l'observer de ses yeux d'or. Des yeux qui rassuraient, qui disaient à l'humaine : « Je ne te ferai rien, n’aies pas peur ». Elle sembla comprendre. Qu'allait-elle faire ?
Elle partit. Un regard en arrière, elle commença à galoper. Ces humains, tous pareils. La curiosité du danger, ils ne connaissaient pas. Ils fuyaient toujours face à lui. Non, pas tous. Cette femme à l'oeil galactique l'avait suivi. Et combattu férocement. Mais ce n'était pas le sujet. Il était question d'elle. De cette silhouette, de cette fille qui courait au loin en espérant échapper au félin qui ne tarderait pas à la talonner. Elle fuyait, terrorisée ? Il n'en savait rien.


Il se leva soudain et suivit les traces de l'humaine. Rien de bien difficile pour le félin qu'il était. Evoluant souplement entre les arbres, rien en lui ne montrait une once de menace. Il voulait simplement l'observer, la voir. Pourquoi ? Ce nouveau gargouillement dans son estomac le lui dictait, il n'arrivait à aller contre cet étrange phénomène qui se produisait en lui.
L'odeur de printemps qu'elle distillait sur son passage ressemblait à ces petites miettes de pain semés par ces deux enfants dans ce conte que la mère de l'humain lui racontait pour s'endormir. Un chemin tout tracé, une route qu'elle lui laissait libre de parcourir. Une route qu'il emprunta tranquillement. Quelques minutes lui suffirent pour se retrouver à nouveau face à la silhouette.


Assis devant un grand arbre penché, il l'attendait. Lorsqu'elle passa derrière ce gros rocher à quelques pas de lui et se confronta à nouveau à ce regard d'or, elle se stoppa net.


Je te suivrai comme ton ombre, mais n'aies pas peur. Je ne te veux aucun mal... Et je ne sais pour quelles raisons... Mais je le sens... Je vois tout ça dans tes yeux...


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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Dim 20 Oct 2013 - 23:44


Ce matin-là avait été parfait. Elle s’était levée, non pas aux aurores, mais juste un peu après. Elle avait bien dormi, pour une fois. Elle recommençait à avoir un rythme de sommeil à peu près correct. Ce matin-là avait été juste… normal, paisible, sans soucis. Et c’était ce qui le rendait parfait. Pour une fois Eliott n’avait pas dû venir la voir, tentant de la faire sourire, pour la faire manger un peu. Dinah avait dormi tout contre elle. C’était agréable de dormir contre un être vivant, contre une source de chaleur. Elle jalousait un peu ces couples, qui vivaient ensembles, ces maris et femmes, qui disposaient d’un chauffage ambulant. Jusqu’à ce que la mort les sépare ? Elle, récemment encore, elle dormait seule, dans un petit lit, conçu pour une personne. Parce qu’elle était Rêveuse. Ils n’allaient tout de même pas mettre des lits doubles dans les dortoirs d’une confrérie. Ce serait… déplacé.

Mais maintenant il y avait Dinah. Dinah qui lui changeait les idées, qui la forçait à aller se balader, parce qu’elle s’ennuyait vite à mourir entre les quatre murs de la bibliothèque, et qu’elle ne voulait pas voir le félin commencer à faire ses griffes sur ses ouvrages adorés. Alors elle recommençait un peu à sortir. S’aventurait dans les contrées proches. Se laissant guider par Dinah, plus que guidant Dinah. Elle ne voulait pas la laisser sortir seule, même si elle ne l’attachait pas là. Les contrées avoisinantes pouvaient parfois s’avérer dangereuses. Et Dinah n’était encore qu’un tout petit chaton. Une toute petite boule de poil.

A un moment, elle s’arrêta dans sa course folle, se retourna pour la regarder avec ses grands yeux de chaton émerveillé. Elisha s’accroupit, attendrie, pour la caresser un instant.

Ce matin-là s’était étonnamment bien passé. Elle avait déjeuné, entourée de rêveurs joyeux, participant même à la discussion de temps en temps. Elle avait été étonnée de voir certaines têtes, qu’elle ne connaissait même pas. Elle s’était sentie un peu honteuse aussi. A force de passer son temps enfermée, elle ne rencontrait même pas les nouveaux arrivants. Elle oubliait même ceux qu’elle n’avait pas la chance de croiser régulièrement, con Jun ou Eliott. Elle avait discuté avec un nouveau, qui avait changé de Confrérie, parce qu’il se sentait trop confiné dans l’ancienne. Il venait d’Ondiane, ou de Fériane peut-être, elle avait comme un doute. Il s’appelait Fabhan. Il avait l’air sympa, et apparemment ça faisait déjà quelques mois qu’il était là. Mais il passait plus de temps dans les jardins qu’à la bibliothèque, profitant de l’absence de pluie pour prendre l’air, découvrir les plantes qui poussaient à cette période de l’année.

Et après ce bon petit déjeuner, elle s’était baladée un peu dans les jardins, jouant avec Dinah. Eliott l’observait au loin, un sourire aux lèvres. Suivant son conseil elle était sortie de la Confrérie, pour se balader un peu plus loin, pour faire plaisir à Dinah, et se changer les idées un peu. Pour une fois que la journée commençait bien.

Ça commençait à faire un bon moment qu’elles étaient dehors maintenant. Dinah la dépassait de quelques mètres et allait bientôt finir par la semer. Décidant qu’il était peut-être temps de rentrer, que vu le temps, elle pourrait peut-être rester encore un peu dans les jardins de la Confrérie. Ayant un peu peur de se perdre aussi, à force de s’éloigner. Elle l’appela :


- Dinah !

Le chaton s’arrêta, la jeune rêveuse franchit les quelques mètres qui les séparaient pour la prendre dans ses bras. Si elle la laissait faire, elles ne rentreraient jamais.

Et soudain, elle se stoppa net. Elle sentait un regard dans son dos. Quelqu’un, quelque chose la fixait, était juste derrière elle. Son sang se glaça. Présence humaine ou animale, si elle n’entendait aucun bruit, ce n’était sans doute pas bon signe. Elle prit Dinah dans ses bras, le plus lentement possible, et doucement, très doucement, se retourna. Ne pas faire de bruit. Ne pas céder à la panique. Ne pas avoir… UN PUMA.

C’était un puma qui se tenait devant elle. Une bête immense, féroce, atrocement dangereuse. A quelques mètres seulement.
Il semblait la fixer.


Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ?
[…]
J’entends ton cœur qui bat et qui soupire.

Il la fixait de son regard d’or. Paralysée, elle ne pouvait bouger. Et étonnement, Dinah ne s’agitait pas non plus.
Et puis, il commença à bouger. La tête immense de la bête se pencha, il… se couchait ? C’était une bête, un félin, un puma, il… il aurait dû se jeter sur elle. Elle n’avait pas d’arme, juste un tout petit chaton tout blanc dans les bras. Elle n’était qu’à quelques mètres de lui. Seule. La proie idéale. Mais il s’était couché.
Il semblait… Presque calme. Pas paralysé, non. Calme. Comme s’il était apaisé. C’était étrange comme sensation, c’était étrange de voir une bête féroce, prête à vous dévorer, s’allonger devant vous. A quelques mètres seulement. A l’endroit où elle était quelques minutes plus tôt.

We can't stop what we have begun
And love just took me by surprise
Looking through your eyes

Il continuait de l’observer, de ses grands yeux dorés. C’était comme s’il lui disait qu’il n’allait rien lui faire. Mais non, c’était impossible. C’était une bête sauvage, dangereuse. Elle devait profiter de l’occasion, de la bête couchée, qui ne semblait pas prête à lui sauter à la gorge, elle devait en profiter pour s’enfuir. Prendre un peu d’avance, tenter de le semer. Pouvait-on réellement semer une bête sauvage ? Cette idée la glaça. Elle se retourna, se mit à courir, jetant un regard pour voir s’il la suivait ou non. Pour voir ses yeux d’ors, tenter de comprendre. Sa curiosité finirait par la tuer.

Elle courut, et cela sembla durer une éternité. Elle courut à l’aveuglette. Ne tentant même pas de reprendre le chemin de la Confrérie. Elle ne voulait pas qu’une bête sauvage aille dans ce coin. Les Rêveurs seraient bien incapables de se défendre si une bête sauvage se retrouvait devant leur porte. Et elle ne voulait pas être responsable d’un tel carnage. Eliott…
Elle courut, et il lui semblait qu’elle l’avait semé. Semer… une bête sauvage ? Non, elle ne courrait pas aussi vite. Pourquoi ne l’avait-il pas suivie alors ? Pourquoi ne lui avait-il pas sauté à la gorge lorsqu’il en avait eu l’occasion.
Elle ralentit, essoufflée. Elle se dit qu’elle pourrait peut-être s’adosser une seconde à ce rocher. Et elle se stoppa net.
Elle ne l’avait pas semé. Il était là, devant elle, à nouveau. A quelques mètres seulement. La fixant encore une fois.
Une bête immense, qui semblait bien plus calme qu’elle ne l’était. La certitude d’avoir un bon repas à midi peut-être ?

Elle s’immobilisa à nouveau donc. Mais ce ne fut pas le cas de la petite peluche qu’elle serrait tout contre elle. Trop oppressée peut-être, elle sauta de ses bras, atterrit à ses pieds. Et tranquillement, sans une once de peur, Dinah s’approcha de la bête. Le cœur d’Elisha se serra. Elle n’arrivait pas à bouger. Elle voulait bouger, attraper Dinah et se remettre à courir, mais elle était immobilisée. Paralysée autant par la peur que par ce regard qui semblait la sonder.
La petite boule de poil blanche se frotta à la jambe du puma. Qui ne fit pas un geste, rien d’agressif.
Alors vraiment, il ne voulait pas les manger ? Ni elle, ni Dinah ? Ou était-ce juste parce qu’ils étaient tous deux des félins ? Ou parce qu’il n’aimait pas le goût du chat ? Ou qu’il préférait la garder en dessert ?

Non. Elle ne pouvait pas abandonner Dinah ainsi. Transpercée d’une onde de courage et d’idiotie, elle recommença à se mouvoir. Elle s’approcha de la bête pour récupérer Dinah qui semblait apprécier la douceur du pelage du puma, elle se baissa pour l’attraper, et à ce moment-là le puma bougea. Il posa sa tête contre celle de la jeune femme. Elle s’immobilisa. Son sang ne fit qu’un tour. De nouveau paralysée, elle se dit que finalement, ce matin n’était peut-être pas aussi parfait qu’il avait semblé être.

Mais le puma ne semblait toujours pas agressif. Au contraire. La douceur de son pelage, la chaleur de son corps imposait. Il respirait le calme. Lentement, très lentement, Elisha s’assit. Dinah était toujours collée aux pattes de la bête. Elle laissa sa tête dodeliner contre le cou du puma. Là de toute façon, s’il décidait de la manger, elle n’aurait pas la moindre chance. Alors il valait mieux ne même pas tenter de courir, ne pas risquer de l’énerver. Elle profita juste, sans doute pour la première et dernière fois de l’étrange sentiment d’être contre une bête sauvage, d’être en vie.


And I see a girl
Who is learning to trust
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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Sam 26 Oct 2013 - 17:22

Le puma observait la silhouette rousse, toujours assis. Son calme semblait surnaturel, jamais il n'avait ressenti une telle paix.
Un mouvement entre les bras de la jeune femme attira alors l'attention du félin. Etrangement, il n'avait perçut sa présence avant. Une petite peluche sortit soudain de l'étreinte de la rousse, sauta et se dandina dans la direction du gros félin. Ce dernier quitta l'humaine du regard pour observer la toute petite boule de poil qui s'approchait de lui sans la moindre parcelle de peur. Elle se frotta à sa patte comme s'ils se connaissaient depuis des années. Le puma ne réagit pas, interpellé par ce comportement bien étrange. Sauf que cela le touchait.
Son instinct de prédateur avait laissé place à celui de l'instinct de protection. Cette toute petite boule de poil blanche, si fragile et sans aucune défense. En temps normal, il se serait contenté de l'effrayer et serait parti dans son coin. Mais là, ce n'était pas la même chose. Des ondes bien différentes vibraient dans l'air.

Le fauve se coucha soudain sur le côté, laissant la petite boule de poil tenter de lui grimper dessus. Elle tombait et sortait alors ses petites griffes pour s'accrocher à la fourrure beige du grand félin. Son petit miaulement ressemblait davantage à un rire qu'à une plainte. Elle fouettait l'air de sa queue blanche comme la neige, heureuse. Pourquoi s'était-elle dirigée vers la grosse bête ? L'Esprit fauve n'aurait su le dire. Il était félin, mais ne l'était pas. Il ne savait comment le formuler, mais c'était ainsi. Il n'était pas comme les autres chats. Gros comme petits. Et normalement, il ne se serait jamais permis un tel débordement d'émotions. Choses qu'il ne connaissait d'ailleurs pas. Les sentiments lui étaient inconnus à part ceux ressentis par cet humain pathétique. Les rares qu'il s'autorisait.
La haine.
C'était bien la seule émotion qu'il ressentait, qu'il connaissait. Avec elle, il se sentait chez lui. Sans elle, il était perdu. Sa haine était comme un repère dans cette nuit incessante qui l'englobait. Il la nourrissait et en oubliait sa captivité. La haine était son amie, la seule.
Mais pourquoi donc n'était-elle pas présente ici ? Pourquoi n'avait-il pas cette envie dévorante de sauter au cou de cette humaine ? Pourquoi laissait-il cette boule de poil jouer avec lui ? C'était la première fois qu'il jouait... Cette sensation était si étrange, anormale. Quelque chose clochait en lui. Quelque chose s'était déclenché...

***

Deux grands yeux d'émeraudes fixaient sans interruption ce regard d'or qui traversait la nuit. Une silhouette imposante protégeait une autre de sa stature, la protéger étant la seule chose au monde qui semblait compter. Leur grosse tête se frottant l'une contre l'autre et leur museau se frôlant parfois. Un bonheur les entourait, un amour inébranlable les unissait. Deux vies pour n'en former qu'une. Unique.
Passion ardente. Passion fauve.
Le protecteur et sa protégée. Deux esprits arpentant les spires depuis la nuit des temps, ensemble. Toujours.
Esprit protecteur d'un beige doré lumineux, esprit aimé d'un orange flamboyant.
Enlacés.

***

Une larme sembla naître au coin de l'oeil mordoré du puma. Personne n'eut cependant le temps de s'en rendre compte qu'elle disparut presque instantanément dans son pelage beige.
Il n'aurait su dire si ce souvenir lui appartenait. Comme un éclair qui fusa dans ses pensées, il n'arrivait pas à savoir s'il avait simplement tout imaginé dans un moment de faiblesse. Mais cet Esprit flamboyant... Ces yeux émeraudes... Il y avait comme un semblant de déjà vu.
Non. Tout ceci était parti de son imagination, rien de plus. C'était sans doute cette humaine qui lui donnait ces visions, cela ne pouvait en être autrement. Sa fourrure rousse, ses yeux verts. Oui, c'était à cause de cette humaine. C'était elle qui lui provoquait ces hallucinations.

Le petit chaton lui tira soudain l'oreille avec force, semblant vouloir jouer plus encore. Grognant un peu, le félin bougea son énorme patte pour ramener la petite boule de poil sur son ventre chaud. Il se retourna alors, la petite tombant sur le sol sans se faire mal. Elle continuait à se frotter au grand félin de nouveau assis.
Le puma repéra alors un mouvement du coin de l'oeil. L'humaine s'approchait d'eux. Pas à pas, elle semblait tout tenter pour récupérer la petite boule de poils. Son odeur si douce se faufila vers le museau du puma qui jouait encore avec le chaton. Lorsqu'enfin elle fut près de lui, les bras presque autour de la petite bête, il n'eut qu'une pensée.
Posant son énorme tête contre celle de l'humaine, il put sentir tout son corps s'immobiliser.

Comprendras-tu que je ne te veux aucun mal ?...

Les secondes ressemblaient à des minutes, les minutes à des heures. Ce contact créait quelque chose, ce contact ouvrait de nouvelles possibilités. Aucun des deux ne semblaient cependant s'en rendre compte. L'une terrifiée, l'autre serein.
Soudain, un mouvement. Lentement, l'humaine se baissa pour enfin s'assoir. Avait-elle compris qu'il ne lui ferait rien ? Peut-être. De tête contre tête, celle de la rouquine finit par se retrouver dans le cou duveteux de l'animal.
L'Odeur se fit soudain plus intense, plus insistante. Les cheveux de l'humaine chatouillaient le museau du félin. Etait-ce ça ? Cette senteur si familière provenait-elle de sa fourrure à elle ? De ces boucles rousses ? Peut-être.
Ce regard, cette odeur. Ses souvenirs brûlaient dans son crâne, tentant de se frayer un chemin à travers ses pensées. Sans succès. Rien ne vint, rien d'autre que ces deux silhouettes lumineuses au beau milieu de ces chemins tortueux d'un blanc nacre indescriptible. Rien. Comme si une barrière invisible empêchait ces filigranes du passé de remonter à la surface. Le néant comblait le vide dans son esprit. Un vide troublant, déstabilisant, irréfutable. Et tout ceci réveillait la rage qui le hantait depuis ses plus anciens souvenirs. Depuis toujours.

Le félin remua soudain sa grosse tête, celle de l'humaine ne bougea pas d'un poil. Son museau s'enfouit alors dans la longue chevelure de la jeune fille, reniflant encore et encore cette odeur que son corps semblait connaître. Il la sentait tressaillir sans pour autant s'enfuir. Et soudain, un rire cristallin sortit de la gorge de la fille.
Ignorant que ses moustaches la chatouillaient, le fauve ne pouvait s'arrêter. Ce ne fut que lorsqu'il entendit sa voix qu'il recula.
Le contact était rompu.
Le félin planta son regard d'or dans celui, émeraude, de l'humaine. Il se leva. S'étirant de tout son long, il jeta un dernier regard à l'humaine avant de s'en aller. La petite boule de poils roula alors à terre, n'ayant plus de patte à laquelle se frotter. Elle miaula avant de courir vers le grand félin. Elle semblait ne plus vouloir le lâcher d'une semelle. Le fauve quand à lui, ne faisait qu'à demi attention à la peluche qui sautillait entre ses pas. Marchant droit devant, il vérifiait de son ouïe si la rousse le suivait. Et c'était précisément ce qu'elle faisait.
La peur semblait s'être évaporée, ou du moins s'être éloignée pour un temps. La jeune femme tentait par tous les moyens de récupérer son chaton qui courait entre les grosses pattes du puma. Il échappait donc sans cesse aux mains de sa maîtresse qui tentait de l'attraper, l'obligeant ainsi à suivre le grand félin.

Plusieurs minutes s'écoulèrent. Le puma marchait toujours, la petite boule blanche courait toujours, l'humaine suivait toujours le grand félin et son chaton. L'Esprit fauve égara un regard dans sa direction et la vit contempler la cime des arbres. Venait-elle souvent ici ou était-ce une des premières fois ? Elle observait les grand conifères comme pour la première fois.
Regardant à nouveau droit devant lui, il se rendit compte que l'humaine allait droit dans un fossé. Trop tard. Le corps de la jeune femme sembla soudain se dérober sous son poids ; la terre venait de s'effriter sous ses pieds. Vif, d'un geste sans appel, irréfléchi, le puma se lança à sa suite. L'attrapant de justesse par son vêtement, il arrêta sa chute. Un craquement résonna, léger. Des miaulements répondirent aux grognements de la bête qui commença à remonter sa prise. Lentement, il réussit à la ramener sur le sol. Elle était si légère...
Une fois sur la terre ferme, il la tira encore afin d'être certain qu'elle ne retombe pas dans le ravin. La boule blanche sauta alors dans les bras de sa maîtresse.

Pourquoi avait-il sauvé cette humaine ? Pourquoi son sort comptait-il à ses yeux ? Pourquoi maintenant, pourquoi elle ? Tant de questions qui tournaient dans sa tête. L'Esprit ne savait plus où il en était. Ces compas qui indiquent le nord, ses instincts étaient exactement comme eux lorsqu'ils tournaient si vite qu'ils ne retrouvaient plus leur route. Perdus.

Tournant le dos à la rousse, il l'observait. Doucement, le puma grogna, attirant ainsi l'attention de la fille. Son dos bien en évidence, il ronronna afin de la mettre en confiance. Elle serait bien plus en sûreté sur son dos que sur le sol, vu sa maladresse des dernières minutes.

Je te montrerai mon univers.








[ Hésite pas à jouer un peu mon puma pendant leur marche, si toutefois Lisha décide de monter sur son dos Naif ]


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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Sam 15 Fév 2014 - 22:08


Aussi étrange que cela pouvait paraître elle se sentait presque bien. Non, elle se sentait bien. Elle avait peur, très peur. Mais elle n'était pas idiote. Elle savait que, si le puma décidait de la tuer, elle n'aurait aucune chance. Alors autant profiter de cette chance incroyable qu'elle avait de pouvoir toucher une bête de cette envergure. Autant profiter de cette chance de pouvoir se blotir dans son pelage beige. Autant cesser de trembler, autant cesser de se poser des questions sur l'improbabilité de la situation. C'était sans doute bien la dernière fois qu'une expérience comme celle-ci pouvait lui être offerte. Que pouvait-elle faire d'autre que d'en profiter ?

C'était un peu comme si, soudainement, elle était devenue quelqu'un d'autre. Elle ne se reconnaissait pas. Il y a des années de cela, elle aurait tenté de courir, de monter tout en haut d'un arbre, de s'échapper en sautant d'un arbre à un autre. Mais elle avait perdu de sa dextérité. Elle était plus habituée à être assise, la tête plongée dans un livre, qu'à courir. Cela semblait si lointain et si proche. L'époque où Ael était encore à ses côtés...

Quelques semaines plus tôt, cette situation n'aurait jamais pu arriver. Sauf si, soudainement, un puma avait décidé d'entrer dans l'enceinte de la Confrérie. Et pourquoi pas dans le bureau d'Ama tant qu'on y était ?

Et puis, tant de choses s'étaient passées.

Mais jamais elle n'aurait cru se retrouver un jour dans une telle situation. Si quelqu'un avait été visionnaire et aurait tenté de la prévenir, elle lui aurait ri au nez.


« And I have to say it's new to me, this feeling in my heart
Guess I've been kind of lonely and you've been kind of smart »

La grosse tête du puma la sortit de sa torpeur. Il... bougeait ? Pourquoi n'avait elle pas peur (MEME PAS PEUR!) ? Elle aurait du se mettre à trembler, se relever, faire quelque chose. Mais non, elle n'était pas stupide, elle était fataliste. Elle allait sans doute mourir, mais qu'importait finalement. Elle allait peut-être retrouver Ael. Oh, Ael...
Mais si elle allait mourir, ce n'était pas aujourd'hui, il enfonça sa tête au creu du cou de la jeune rêveuse (enfin, comme il pouvait quoi), et ses moustaches vinrent la chatouiller. Elle tressaillit, puis ne pu s'en empêcher, elle éclata d'un rire. Un rire cristallin, un rire fou, un rire qu'elle ne pouvait stopper. Un rire comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps. Un rire serein, confiant. Un rire, tout simplement.


- Arrêêête, dit-elle en riant.

Et il obéit. Aussi étrange que cela pouvait paraître. Il s'arrêta. Instantanément. Il recula. Le rire d'Elisha prit fin.
Et il la regarda. Soudainement. Profondément. Etonnament.
Et elle n'avait pas peur. Elle ne savait pas pourquoi. Elle ne comprenait pas pourquoi. Mais elle n'avait pas peur. Elle attendait juste.  Elle attendait de voir ce qui se passerait ensuite.
Il se leva, la regarda à nouveau, et s'en alla.
Et s'en alla ?
Sans même faire semblant d'avoir la moindre agressivité en lui.
Et Dinah le suivit.
Et Elisha aussi.
Parce qu'elle voulait récupérer Dinah. Et parce qu'elle était curieuse. Dangereusement curieuse.
Dinah courait trop vite pour elle, elle ne cessait de lui échapper. Et cela ne la dérangeait qu'à moitié, puisque ça lui donnait une excuse pour suivre l'étrange animal.
Non, elle n'était pas devenue folle.
Elle était juste en train de se perdre. Les arbres étaient plus haut, plus grand, la forêt était plus touffu. C'était étrange, un peu magique à bien y réflechir. Elle n'avait pas l'habitude de venir par ici. Ça lui était peut-être déjà arrivé une fois ou deux. Mais... sans doute sept ans plus tôt. Elle admirait les conifères, suivant le puma, aussi étrange que cela pouvait paraître, ne tentant même plus d'attraper Dinah. Si elle avait décider de ne pas se laisser attraper, elle n'y arriverait pas.
Il faudrait qu'elle se remette au sport quand elle rentrerait à la Confrerie. Quand elle rentrerait... Allait-elle rentrer ? Allait-elle pouvoir rentrer ?
Elle ne vit pas le puma se retourner pour la regarder de nouveau. Et elle ne vit pas le fossé non plus.

Elle s'affala de tout son long. Non, elle faillit. Quelque chose la retint, elle ne touchait plus le sol, la terre s'était effritée. Elle était retenue par... le puma ? Par le puma qui la ramena à la terre ferme. Par le puma qui la traina sur le sol, par le puma qui la tenait par sa robe. Par un puma.
Dinah sauta dans ses bras sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte. Le puma lui tournait le dos, semblant lui dire de monter sur son dos.
Un flot de questions s'imposa à elle. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait définitivement pas. Elle n'arrivait pas à réaliser.
Elle se releva tant bien que mal, et sans même réflechir, monta sur le dos du puma. Son petit chaton blottit dans ses bras. Elle eu tout juste le temps de s'aggriper qu'il commença à marcher.

Elle trouvait ça étrange comme sensation d'être blottie contre un puma ? Et bien, par rapport à être sur le dos d'un puma qui marchait, ce n'était rien. Strictement rien. Absolument rien. Définitivement rien. Ne répondant plus de rien, elle s'allongea sur le dos du puma, profitant de cette sensation, de ce sentiment, de cette expérience improbable.

Elle n'avait plus envie de se demander pourquoi, elle avait juste envie de profiter de l'instant présent. Profiter de l'instant présent... ça faisait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Qu'elle n'avait pas tenté de faire ça.
Elle se laissa faire, se laissa guider, se laissa transporter serait plus exact. La peur avait quitté son corps. Elle était surement devenue complètement folle. Mais elle s'en fichait totalement. Complètement.


« And I don't know for sure where this is going
Still I hope for more and more
'Cause who would know that you would treat me like a boy
And I treat you like a girl in this funny little world, this funny little world »



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Mar 25 Fév 2014 - 21:51

Une plume. La rousse était aussi légère qu'une plume, voir plus. C'est à peine si le fauve avait senti son poids lorsqu'elle s'était assise doucement sur son dos. Elle n'était pas à l'aise. Ses mains cherchaient où se poser, ses pieds pendaient sans réel but. Le petit chat, blottit entre les bras de sa maîtresse, était plus à l'aise que cette dernière. Il le sentait.
Le puma s'élança. Doucement. Une patte après l'autre, il marchait. Ses puissants muscles roulaient dans son dos, il pouvait sentir le corps de la jeune fille se cramponner tant bien que mal.
Elle s'allongea. Cela avait-il surpris le fauve ? Bien sûr que oui. Quelques secondes lui avaient suffit pour s'habituer. Etrange. Fauve dangereux aux crocs acérés, elle n'avait plus peur. Avait-elle seulement déjà éprouvé de la crainte envers lui ? Peut-être dans les premières minutes. Mais à présent, il ne pouvait ressentir que sa joie. Le bonheur de savoir qu'elle était une des rares à éprouver une telle sensation. Être sur un puma. Ce qu'elle pouvait ressentir n'avait rien de pareil aux chevaux. C'était hors du commun. Se déplacer sur le dos d'un fauve. Qui ne vous dévorera pas à la première occasion.

Dévorer...


***

Ouverture. Comme une fenêtre. Une forêt, elle bouge. Non. Ce n'est pas la forêt qui bouge, mais la fenêtre. Pas une fenêtre, mais des yeux. Ses yeux. Ceux de l'Esprit. Et les siens. A lui. Et des cris... Des cris ?
L'Esprit de Gareth s'agita. Il ne pouvait rien faire. Regarder, simplement. Cette impuissance... Cela lui rappelait bien trop quelque chose. Ce jour désespéré, ce jour maudit où le Fauve lui avait pris son souffle de vie...
Une ombre se leva à ses côtés, une voix résonna dans le noir du néant.

- Tu vois... Je fais ce que je veux... Tu ne peux m'empêcher de régner...

Ni une ni deux, l'Esprit de Gareth ne put se contenir. Il explosa. Se ruant sur celui de son ennemi, ils roulèrent dans ce noir qu'était cette prison. Aucun fond, ni plafond, ni sol, ni murs. Rien. Le néant. Ils roulaient encore lorsqu'enfin l'un d'eux pris le dessus. Lui. Le fauve.

- Je t'avais prévenu... Ne montre pas tes émotions... Je suis toujours là, à l'affut... L'as-tu oublié ?...

Gareth essayait en vain de se défaire de l'Esprit. Il était bien trop fort, il luttait en vain. Sûr de lui. Et lui, l'homme, avait peur. Peur de deviner qui était là, dehors, avec son corps et ce monstre, peur de savoir ce qu'il allait advenir de cette personne, peur d'être à nouveau incapable d'intervenir. Seul spectateur. Comme toujours.
Non ! L'Esprit de Gareth s'ébroua, éjectant par la même occasion celui du fauve à l'autre bout de la salle sans fin. Il se jeta à nouveau sur Lui. Pas question de le laisser faire. Il reprendrait le contrôle de son corps, coûte que coûte ! Hors de question que tout recommence... Qu'il vive une deuxième fois cette abomination... Cette scène qui hantait ses nuits avec acharnement.

- Je ne te laisserais pas faire !... Jamais plus !...

L'Esprit fauve gonfla soudain, encore et encore, jusqu'à atteindre le triple de la taille du métamorphe. Effrayant. Ses crocs, énormes, ne faisaient pas de taille face à la longueur de ses griffes. L'ombre de feu qu'il faisait dans le noir était impressionnante, imposante. Menaçante. Gareth ne faisait pas le poids. Pas comme cela. Concentration. L'Esprit de Gareth prit du volume à son tour.
Du dessin ? Non, sûrement pas. Gareth n'avait pas le don. L'Esprit non plus. Mais le fauconnier et le Fauve se disputaient un corps. Cela signifiait qu'il existait un endroit où l'un pourrissait lorsque l'autre se pavanait à l'air libre. Le plus souvent, il s'agissait de Gareth. Ce corps restait le sien. Cet endroit se dissimulait dans les profondeurs du corps qu'ils habitaient. Et dans cet autre monde connu d'eux seuls, tout était possible. Aucune limite n'était posée. Les seules étant celles qu'ils érigeaient l'un contre l'autre. Leur imagination et leur volonté était leur arme.
Oui, Gareth avait souvent pensé au dessin, mais ce n'était pas cela. C'était autre chose. Plus entre le Fauve et lui. La seule dimension dans laquelle ils pouvaient coexister...

Les deux titans se ruèrent l'un sur l'autre. Le choc fut violent, mais aucun ne défaillit. Auraient-ils pour la première fois de leur vie une volonté inébranlable chacun ? Ce combat était-il sans issu ? Leur duel perpétuel sans fin...

Leurs volontés s'affrontaient encore, leurs corps lumineux se dressant l'un contre l'autre. Aucune issue cette fois-ci. Chacun possédait sa propre motivation. Soudain, l'Esprit de Gareth relâcha toute pression et s'évapora. Déboussolé, le fauve s'effondra à terre. Il se releva bien vite, mais pas assez pour voir le spectre de l'homme se ruer sur lui. Trop tard. L'Esprit humain plaqua l'autre à terre. Violemment.

- Je ne te laisserais plus faire... Jamais... Comprend bien cela, rentre-le dans ta tête une bonne fois pour toute...

Il le frappa.

- Ne t'en prends plus aux gens qui m'entourent...

L'aura de Gareth prenait de l'ampleur alors que celle du félin diminuait. Le fauconnier reprenait le contrôle. Aucun sourire. Seul la menace planait sur le visage fantôme de l'homme. Une menace inébranlable.
Il disparut, se fondant dans le noir. L'Esprit fauve resta seul, désemparé. Comme toujours. Il poussa un rugissement sonore. Un rugissement de rage. De haine.
L'humain ne savait pas qu'il venait de signer son arrêt de mort...


***

Peu à peu, le puma recouvrit la vue. De grands yeux océans. Il était transformé. Comme toujours lors de leurs échanges de place. Le seul hic était la personne qui était en train de lui enlevé des épines du dos. Il grogna de douleur. La silhouette lui fit une remarque avec un rire aigu.
Elisha. La rousse qui se voulait être aussi solitaire que lui.
Pourquoi elle ? Pourquoi là ? Mais surtout... Pourquoi était-elle toujours en vie ? Pourquoi lui enlevait-elle des épines du dos ? Comment se faisait-il qu'ils soient aussi reculés dans les montagnes et qu'elle n'ait rien... Qu'elle ne ressente aucune peur face à lui...

Problème, problème, problème, avec un P majuscule...



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MessageSujet: Re: Est-ce un soleil qui luit au fond de toi ? [Terminé]   Ven 29 Aoû 2014 - 3:28


Elle se demandait ce qu'Eliott allait penser en la voyant revenir, sa robe presque en miette. Elle s'était absentée bien plus longtemps qu'elle ne l'avait prévue. Allait-il s'inquiéter en ne la voyant pas revenir ? Oui, fort probablement. Il allait s'imaginer le pire, probablement, se dire que finalement, ce matin ce n'était qu'un faux-semblant. Que peut-être elle était sortie pour... Non. Il la connaissait. Il ne pourrait jamais pensé qu'elle pourrait. Non, elle était rêveuse, elle prêchait la vie, évitait, reniait le combat.

Le combat mais pas le sport. Elle s'était ramoli. Après des années d'entrainement intensif, elle avait passée des années enfermées dans une salle. Elle n'était plus celle qu'elle était avant, elle avait pris des formes, mais perdu de sa tonicité, de sa souplesse et de son endurance. Elle se promit qu'une fois rentrée, elle s'y remettrait. Pas pour se battre, non, juste pour s'entretenir. Elle allait probablement avoir des courbatures suite à cette balade. Surement même.

Elle se rendit alors compte qu'elle ne se demandait plus si elle allait pouvoir rentrer ou non. Si elle allait mourir aujourd'hui. Ça ne lui paraissait plus complètement improbable de pouvoir rester en vie. Après tout cela. Non, elle sentait qu'il n'allait pas la dévorer. Elle ne savait pas l'expliquer mais, elle le sentait...

Elle était bien. C'était tout ce qui importait.

Et d'un coup, elle tomba. Elle ne savait pas comment ça avait pu arriver mais, d'une manière ou d'une autre, elle tomba du dos du puma. Un cri lui échappa, pas de peur, non, de surprise.

Le puma s'était arrêté. Brutalement. Sans prévenir. Comment aurait-il pu. Elle se releva, non sans difficulté. Elle devait vraiment se remettre au sport.


- Qu'est-ce que...

Elle se stoppa net. Quelque chose avait changé. Ce n'était plus le même puma. Ça ne pouvait pas être le même puma. Il n'avait plus ses yeux de fauve jaunes. Ils étaient devenus bleus. Bleus océans. Ils lui rappelaient les yeux de quelqu'un, elle avait l'impression de les avoir déjà vu, mais elle n'aurait su dire où.

Que c'était-il passé. Hormis ses yeux il ressemblait traits pour traits à son puma. Mais ça ne pouvait pas être son gros chat, les pumas ne pouvaient pas changer la couleur de leurs yeux. Mais ça ne pouvait pas être un autre puma. Il n'aurait pas pu changer de place aussi vite. Et le puma aurait remarqué la présence d'un autre aux alentours, non ? Il n'avait toujours pas l'air agressif, mais il n'avait plus l'air aussi passif qu'auparavant. Comme si ce n'était plus le même. Trouver deux pumas qui n'avaient pas faim le même jour, c'était complètement impossible, non ?

Dinah était toujours à ses pieds. Elle se serait éloignée si son odeur avait changé, si ce n'était plus le même, non ? Elle s'approcha de lui, lentement, doucement. Il se baissa de nouveau. Finalement, il n'avait peut-être jamais eu les yeux jaunes, c'était peut-être toujours le même. Elle grimpa sur son dos, se pencha, murmura à son oreille :


- Dis... Tu me ramènes ?
***

FIN



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