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 Viens là que je te cire les pompes [Terminé]

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MessageSujet: Viens là que je te cire les pompes [Terminé]   Mar 1 Oct 2013 - 22:40

Personne n'avait eu de nouvelles de Jehan Hil'Jidwin pendant de nombreuses semaines. Personne ne savait ce qu'il faisait à Al-Jeit désormais. Personne ne savait s'il s'y plaisait. Certaines mauvaises langues disaient qu'il était mort. Mais enfin, les nouvelles de l'ancien intendant était arrivée jusqu'à l'académie... mais pas des nouvelles de bon augure pour Jehan. Il était accusé d'avoir tué un homme. Et pas n'importe quel homme de plus. L'empereur lui-même.


Un vent de panique, d'horreur et d'interrogation s'était emparé de l'académie. Varsgorn, lui, se moquait bien du sort de Jehan. Ce qui le gênait au plus haut point, c'était la mort de l'empereur. Il avait oeuvré pour être un proche de l'empereur. 

L'empire Ril'Enflazio ne s'était pas créé en un claquement de doigt. Tout était partit d'un jeune homme et de sa femme qui rapiéçait des tuniques pour gagner quelques piécettes. Deux générations plus tard, c'était sur les foires que les ancêtres de Varsgorn vendaient des vêtements de leur confection à de riches paysans. Une génération plus tard, leur commerce avait grandit grâce à un homme de basse noblesse qui, fasciné par leur travail, les avaient nommés comme ses tailleurs personnels. A partir de cette instant, chaque génération avait apportée sa pièce à l'édifice de l'empire. L'un avait ouvert la première boutique tandis que l'autre avait fait accéder la famille à la noblesse. Varsgorn, lui, avait été celui qui s'était approché le plus près de l'empereur.


Mais aujourd'hui, tout était à refaire avec la descendante de feu l'Empereur. Il devait agir rapidement. L'héritière était jeune. Avec suffisamment de cadeaux, il pourrait s'attirer ses faveurs.


Un matin, donc, il avait embrasser Myra et il était partit à Al-Poll rejoindre son employé dessinateur qui logeait dans une auberge. Varsgorn lui avait payé un voyage dans les moindres recoins de l'empire pour lui permettre de voyager rapidement en un rien de temps. Son temps était précieux, il ne pouvait se permettre de perdre autant de temps sur les routes. Le dessinateur l'avait donc conduit à Al-Jeit. Immédiatement, Varsgorn s'était dirigé vers le palais impérial.


Dès la grande porte d'entrée, le trésorier de l'académie de Merwyn se rendit compte que les choses avaient changées. Quand l'Empereur était encore vivant, il suffisait qu'il dise "je suis Varsgorn Ril'Enflazio, je souhaite rencontrer l'Empereur" pour qu'on le conduise à un intendant qui le conduirait alors jusqu'à l'Empereur. Bien sûr, l'Empereur n'était pas toujours à son service et il devait parfois attendre mais aujourd'hui, ce fut tout de même différent.


Les gardes à l'entrée le fouillèrent des pieds à la tête. Heureusement que Varsgorn se contentait de ses lames dans ses poignets quand il rencontrait les grands pontes de l'empire, sinon, il aurait été arrêté. A ce moment-là, Varsgorn cru encore que tout était normal. On venait après tout d'assassiner l'Empereur, il était logique que tout le monde soit fouillé. Mais, on le conduisit à un intermédiaire qui l'emmena à un autre intermédiaire qui le conduisit encore à un autre. Varsgorn commençait à être excédé de passer de personne en personne, mais enfin, après plusieurs longues minutes (heures?) de déambulation dans les couloirs du palais, le trésorier se retrouva devant la porte qui, comme on lui indiqua, était le bureau du général Nil'Tremaine. Machinalement, au nom évoqué, Varsgorn porta une main à son bandeau qui masquait son oeil borgne. Nil'Tremaine... Le mari de la pimbêche qui se pavanait aux côtés de Zil'Urain au repas du seigneur d'Al-Vor.


Varsgorn fut contraint d'attendre encore quelques minutes avant d'être introduit dans le bureau.


- Général Nil'Tremaine, je suis enfin ravi de vous rencontrer. C'est un véritable parcours du combattant que de venir à vous.

Mensonge bien sûr. Varsgorn aurait préféré être ailleurs que dans ce bureau. Mais il fallait en passer par là. Sa place dans la société était en jeu. La renommée de son empire aussi. Il était toujours bon pour les ventes que d'être le fournisseur officiel des tenues de l'Impératrice.


- Je suis venu du lointain Nord pour offrir mes condoléances à notre Impératrice. Jamais je n'aurais cru que ce fourbe d'Hil'Jidwin que j'ai longtemps côtoyé aurait fait cet acte abominable. 

Cette fois-ci, il était sincère. Jamais il n'aurait cru que Jehan pouvait faire une telle chose. D'aileurs, il était encore perplexe.


- Comment en-êtes vous arrivé à la conclusion que c'était lui?


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MessageSujet: Re: Viens là que je te cire les pompes [Terminé]   Sam 5 Oct 2013 - 21:15

Dienne l’avait accompagné sur le seuil, ce matin, comme tous les autres matins. Ombre de son ombre, elle avait accompagné ses pas, comme il l’aimait, c’est-à-dire, le pied si léger qu’il ne percevait pas l’impact de ses talons sur le carrelage.  Madame ne parvenait pas à calquer l’allure de ses pas sur le pas militaire qu’il affectionnait, et qu’aucun désordre ne devrait jamais troubler, assurément. Madame ne parvenait pas à un tas de chose – c’est le propre des dames, justement.

Le Général Nil’ Tremaine était quelqu’un qui avait pour lui-même un niveau d’exigence élevé. Ce n’était pas réellement l’amour de l’auto dépassement qui le menait, d’avantage celui du nom et de la fonction qu’à la manière du seigneur de Vor, il aurait aimé substituer à son prénom. Le général aimait les miroirs pour ce qu’ils renvoyaient de lui, c’est-à-dire une image impeccable, implacable, inaltérée.  Ces trois i, qui figuraient sur les épaules de son uniforme, griffes immaculées, signaient son appartenance au corps militaire, à sa pureté, à son intransigeance. Il aimait le bleu noble qui les cerclait, la simplicité de la coupe de son vêtement, peau qu’il préférait à toute autre.



Lorsqu’il l’époussetait, lorsqu’il cirait lui-même ses bottes, ses hommes croyaient deviner une forme d’humilité, ou à défaut, un problème à la délégation. Ils n’auraient pas pu être plus loin de la vérité. Le Général était extrêmement exigeant, et le nombre de fois où il pouvait se satisfaire du travail et des compétences d’autrui se comptait sur les doigts de la main. Jamais il n’aurait toléré que l’incompétence ou les manquements d’une tierce personne entache sa prestance publique. 

Ses sourcils se froncèrent naturellement en y re-songeant, et comme il en avait l’habitude, mieux valait avoir l’air sévère que futile.

Dienne l’avait accompagné ce matin, avec aux lèvres les mêmes routinières questions qu’il n’écoutait pas, plus, qu’elle ne disait plus, mais pensait si fort qu’elles l’agaçaient quand même, qui tournaient autour de sa fille, de toute un tas de préoccupation dont il se souciait comme d’une gigue.

A l’instar du seigneur de Vor, Hort Nil’ Tremaine aurait aimé voir son prénom se substituer à la fonction remplie, perdre les dernières parts d’humanité –et donc de faiblesse- que celui-ci impliquait. Sa rigueur en faisait un homme apte à commander, adéquat, et souvent juste. Tranchant, sans remord, proprement.  Contrairement au Seigneur, cependant, l’importance de son nom lui semblait dérisoire, en face du devoir à assurer, des responsabilités à prendre, de la nécessité d’agir.
Le vieil empereur, bien sûr, avait perdu cette force, il était devenu un frein, un réel fardeau pour l’Empire, moins qu’un homme. S’il en avait encore été un, il aurait lui-même mis fin à ses jours. 


Tous savaient que ce n’était pas le cas.



*

Lorsqu’il appliquait le sceau impérial rouge sur un décret, Hort n’éprouvait pas de satisfaction particulière, que celle de faire ce qui devait l’être, le mieux possible. Le sang ne lui avait jamais été particulièrement insupportable, à vrai dire, il aurait aimé en faire couler d’avantage, y compris la nuit de l’Assassinat.
Tous ces corrompus, tous ces indigents inutiles, terrés, vêtus comme des idiotes, que n’avait-il pu les égorger soi-même ? Mais comment, alors, se serait-il fait respecter de ses hommes ? Ce n’était pas une bataille qu’ils comprendraient, rien qui lui offrirait la gloire- le genre de croisade qui convenait aux fantoches comme Aziel, et rendait vains ceux qui en portaient la croix. Qui leur conférait une fonction.  Il avait l’art militaire dans le sang, et l’amour de la rentabilisation.

 
Il était songeur, lorsqu’on vint le déranger – et c’était pour lui presqu’une honte, d’être pris dans ses pensées, alors qu’il y avait encore tant à faire. Qu’on lui annonce un visiteur noble n’avait rien de surprenant, mais la présence de Varsgorn Ril’ Enflazio dans la capitale, elle, lui paraissait étrange. Aussi étrange qu’inattendue, en fait.

Présenter un bouc émissaire comme Hil’Jidwin avait été d’une simplicité stratégique formidable. Les nobles y avaient vu le moyen d’éliminer un anobli, et de blanchir leurs amis, leurs ennemis, leur propre famille, eux-mêmes.  Les moins nobles y avaient vu la pendaison d’un homme cruel, ambitieux, d’un de ces « particules » qu’ils enviaient tant.

Certes, il n’était pas encore mort – mais ça viendrait, et le plus tôt serait le mieux. Ce n’était qu’une question de temps, et le temps, ils se devaient de le mettre à profit pour préparer ce qui n’était ABSOLUMENT pas un coup d’état : simplement une reprise en main.
Certes, il aurait préféré asseoir son autorité nouvelle sur le cadavre d’Hil’Jidwin, avant que les Grands ne reprennent leurs esprits… mais plus sûrement, il redoutait que les problèmes viennent justement de personnes comme ce Ril’ Enflazio, qui, contre toute vraisemblance, préférait le nord à la Capitale, et l’Académie au confort de sa somptueuse maison.



-Bien. Qu’il entre, ordonna-t-il rapidement.

Si Hort était un noble de la très haute noblesse, comme l’indiquait son nom, il avait tendance à n’approcher que lorsqu’il y était contraint. Son mariage avait pour fonction de lui épargner de côtoyer son prochain, ses bassesses et surtout ses fanfreluches ridicules.  C’était la seule raison qu’il avait de ne pas répudier Dienne, après tout. Cela, et l’amitié que l’impératrice avait pour elle.

De prime abord, donc, il envisageait son entrevue avec Varsgorn sous l’auspice pénible d’une confrontation avec un courtisan boutiquier mielleux.

C’est pourquoi, après la première réplique de son interlocuteur, il marmonna un « Vous trouvez ..? »volontairement vitriolent, sans même lui accorder de véritable regard.
Point d’épreuve, avant de l’avoir rencontré lui.

Hortensius Nil’ Tremaine fermait lui-même sa porte, servait à son interlocuteur un verre de citronnade particulièrement acide qu’il buvait lui-même chaque matin, comme fortifiant. En versant ledit verre, il détailla Varsgorn, comme il l’aurait fait pour une potentielle recrue de la Légion.
Etrangement, et de manière inattendue, l’homme lui déplut moins que prévu.
Il s’assit, et l’écouta s’étonner, hochant la tête par réflexe. Bien sûr, oui, tout cela était tellement imprévisible et atroce…


-Mes chargés d’enquête ont établi un rapport parfaitement incriminant, qui ne laissait pas le moindre doute quant à la culpabilité de l’assassin de feu notre Empereur. Vous comprendrez sans doute que sa teneur est strictement confidentielle.

Il ne souriait pas, parce qu’il avait horreur de le faire, que ça ôtait de la noblesse à sa figure, et que de toutes façons, rien, dans les faits qu’il exposait ne pouvait préter à sourire.

-Et vous comprendrez sans doute également que l’Impératrice est tenue sous la plus haute surveillance, le traitre refusant de livrer les tenants et aboutissants de son plan, et qu’on ne peut pas troubler son deuil.

Voulait-il voir la femme, ou l’enfant ? Le regard acéré de Nil’ Tremaine lui tombait droit sur le visage, analysant les traces, les cicatrices. Vraiment, Ril’ Enflazio ressemblait davantage à un soldat qu’à un homme de cours.
Il se demanda s’il fallait déjà le menacer, chosit de le faire de manière détournée, pour couper court à cette entrevue au plus vite, et retourner à ces tâches les plus importantes.

-Je suis un homme fort occupé, et je ne doute pas qu’il en soit de même pour vous, monsieur, je vais donc nous faire gagner du temps à tous les deux. L’Empire est en émois,  et votre provenance vous rend suspect, malgré vos excellents sentiments. Personne ne prendrait le risque de vous introduire auprès de leurs altesses.

Deux têtes qui tomberaient pourraient valoir mieux qu’une… Mais Varsgorn pouvait représenter l’ambassade la plus logique de l’Académie de Merwyn. Qu’est-ce qu’il pouvait vouloir ? L’interroger sur Hil’Jidwin ? Mener l’enquête ? Il aurait pu rajouter une formule agréable, un peu moins frusque, comme « Puis-je prendre un message ? » ou « Que puis-je pour votre service ? ».  Il ne parvenait pas à s’y résoudre, et ses orages intérieurs  lui peignaient des rides supplémentaires sur le front.
Non, il ne s’y résoudrait pas. Il ne pouvait tolérer la moindre présence perturbante autour de l’Impératrice. Il ne tolérait que du bout des lèvres que sa mère reste au près d’elle en ce moment- parce que Dienne avait assuré qu’elle en serait suffisamment reconnaissante que pour lui laisser une paix royale. Après tout, ne tenait-il pas lui-même sa femme grâce à sa fille ?

Bien sûr, on ne chassait pas un noble concitoyen facilement, surtout s’il était décidé à ne pas l’être.
Mais Nil’ Tremaine livrerait sa bataille calmement, en stratège.



Heureusement pour lui, Varsgorn allait répondre, il n’aurait pas à rajouter quoique ce soit, surtout pas de mots d’excuses – il devait simplement sembler soucieux que son travail, la protection de la famille impériale, soit bien fait. Mettre en avant et accepter qu’il avait failli une fois officiellement, et sembler vouloir rattraper cette erreur par plus d’efficacité encore. Il s’adossa plus profondément dans son large fauteuil.


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MessageSujet: Re: Viens là que je te cire les pompes [Terminé]   Dim 6 Oct 2013 - 2:50

Une enquête secrète? Si les preuves ne montraient aucun doute, il pouvait sans souci en montrer une ou deux pour que la culpabilité de Jehan ne soit plus remise en question. Car oui, elle était remise en question.


- Vous pensez vraiment que je suis un traitre qui cherche à tuer l'impératrice? Je suis surpris d’entendre cela. Je pensais que j'avais prouvé ma bonne foi depuis tout ce temps. J'ai suffisamment côtoyé l'empereur, je pense, non?

Cet imbécile ne l'avait-il pas croisé suffisamment de fois lors des diners mondains auxquels Varsgorn avait été conviés? Il n'était pas n'importe qui. Il était Varsgorn Ril'Enflazio, celui qui dirigeait le plus grand empire commercial de l'empire. Du temps où l'Empereur vivait encore, il aurait très bien pu lui demander de faire virer le "puissant général" Nil'Tremaine.


- Je ne souhaite pas troubler son deuil, simplement lui présenter mes condoléances de vive voix et lui faire savoir qu'elle pourra compter sur de solides amis malgré le malheur qui la frappe.

Un homme occupé? Il osait sous-entendre que Varsgorn devait quitter son bureau? On ne chassait pas un Ril'Enflazio ainsi.


- Un homme occupé? Pas vraiment. J'ai suffisamment de pouvoir pour déléguer mes différents travaux. Et vous savez, je peux très bien travailler à l'académie sans soutenir Jehan Hil'Jidwin. C'est l'ancien intendant de l'académie d'Al-Jeit qui officie là-bas à présent. Me trouvez suspect serait remettre son intégrité en cause.

Il s'installa plus confortablement dans son fauteuil.


- J'aimerais tout de même que vous me présentiez des preuves, j'insiste là-dessus. Je n'aimerais pas devoir rapporter à l'académie d'Al-Poll que j'ai été très mal reçu par le représentant de sa majesté. Vous n'avez pas bonne réputation. Il serait dommage de la voir empirer.

Continue à m'interdire l'accès aux preuves et je fais tout pour que Jehan soit libéré et que tu prennes sa place. Il aurait aimé le lui dire, mais il garda le silence, faisant simplement passer son message par son sourire.


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MessageSujet: Re: Viens là que je te cire les pompes [Terminé]   Lun 14 Oct 2013 - 12:28

Bien sûr, ce serait plus compliqué de se débarrasser de son interlocuteur. Hortensius retint le soupir qu’il sentait menacer de poindre, et tâcha d’analyser correctement et rapidement la situation.
Ce n’était pas que son interlocuteur prenait la mouche, ou devenait hystérique, comme ces bonnes femmes qui avaient tenté d’accéder aux appartements de l’impératrice « par amitié » et qu’il avait pu de par le fait tenir à distance en se montrant aussi martial qu’inflexible.
C’est ce qu’il fallait aux bonnes femmes, et à ceux qui se comportaient comme elles.

Varsgorn ne tombait pas dans les travers de la majorité des nobles, il l’apprenait à ses dépens, et une intuition lui disait que lui qu’en terme de maniement des mots, son interlocuteur le dominerait sans difficultés, et avec un grand sourire.
Pour quelqu’un comme Hort, qui vivait dans le monde, et pourtant coupé de celui-ci, la notion des amitiés mondaine était quelque chose de très fluctuant, d’absolument pas fiable, et qui se devait, comme toute chose, d’être hiérarchisé. Dans sa conception misanthrope, elle n’existait pas. Seul la fédération autour d’épreuves créait un lien entre les hommes. La guerre, le deuil, voilà le terreau dans lequel les plus belles amitiés prenaient racines… alors, jamais ô grand jamais il n’oserait croire que Feu l’Empereur avait pu se prendre d’affection pour lui, ou n’importe quel être vivant de son peuple- qui n’avait connu, sous son règne, qu’une paix troublée par les attaques de quelques raïs.  Et ça, encore, c’était parce qu’Al-Poll ne parvenait pas à se discipliner suffisamment pour les chasser, en fédérant plus clairement ses campagnes, et en élevant plus d’impôts.


Bref. Ce courtisan pourrait donc être quelqu’un d’intelligent, et d'assez courageux... et  serait un ami de celle qui osait encore se targuer d’être l’impératrice. Tsss, Impératrice, c’était bon pour le vivant de l’empereur. Comme toutes les femmes, dépourvue de son mari, elle n’était plus rien, qu’une veuve à privilège… et encore, Hort s’ingéniait à ce qu’ils se réduisent au possible.

Cette saleté de femme avait-elle pu envoyer un courrier qui lui serait passé inaperçu ? Il faudrait qu’un de ses hommes compte les pigeons. Et si c’était du dessin… ? Mais non, même son don modérément puissant l’aurait senti, la femme faisait résonner l’Imagination, lorsqu’elle se décidait à l’employer.  Les analystes disaient que cela venait d’une trop forte propension à la créativité.  Une autre faiblesse qu’une tête couronnée n’aurait pas dû se permettre. En matière de Dessin, Hort méprisait le cercle de créativité et son utilité limitée, il aimait avoir « une seule idée » « une seule manière de l’obtenir », aller à l’essentiel et au plus simple…  Il avait envisager de glisser un gommeur dans ses appartements.



La plupart des nobles étaient dessinateurs. Pourquoi pas Varsgorn Ril’ Enflazio ? Il faudrait qu’il consulte les dossiers de l’analyste à ce sujet, pour écarter tous risques pour l’Empire, qu’il élevait lui-même bien plus haut que les empereurs.

Ses épaules se contractèrent, lorsqu’il soupesa le sous-entendu qui flottait entre eux. Fichus…  Il eut un soupire agacé, en fermant les yeux. L’homme était malin. Maintenant qu’il devinait plus précisément que Varsgorn souhaitait voir la veuve, il pouvait corriger son vocabulaire.
C’était important, le vocabulaire. Impératrice signifiait que la femme pouvait donner des ordres. Elle ne le pouvait pas en étant veuve impériale. Mais elle pouvait exiger d’être protégée, pour avoir porté la véritable impératrice.


-Pourquoi devrais-je vous faire confiance, monsieur, quand vous vous prétendez l’ami de la Veuve Impériale d’une part, et menacez d’autre part d’affaiblir la main qu’elle a à Al-Poll, ainsi que celle de l’armée qui la protège ?

La plupart des hommes étaient corruptibles, à son contraire. Combien de temps avant que l’un d’eux craque, et cède contre rémunération des informations réelles à son interlocuteur ? Mieux ne valait-il pas de lui en donner soi-même, en tâchant de les doser. Il se redressa dans son uniforme, sa voix de baryton semblait se fissurer non pas de colère mais de douleur au fur et à mesure des mots, et de fatigue.

-J’ai déjà failli une fois à protéger la vie de son époux… ma réputation ne pourrait être pire qu’en ce moment, à Al-Poll ou ailleurs. Je vous remercie de tenter de me faire croire que ce n’est pas le cas, mais je ne peux pas goûter aux flatteries de la Cours. Je suis celui qui doit être vigilant. Je suis celui qui doit faire preuve d’encore plus de vigilance. Je m’accroche à cela, à la vie de leurs altesses, à leur lignée, parce que c’est la seule chance que j’ai de pouvoir retrouver une parcelle d’honneur. J’ai dû éconduire le conseiller des Finances de Feu notre Empereur pas plus tard qu’hier, et faire enfermer toute une nuit le Sieur Vil’ Ryval parmi les roturiers. Je n’ai pas d’amis, que la famille que je protège.

C’était presque un mea culpa pour la phrase précédente, presque. Passer pour un incapable lui pesait bien plus que tout ce qu’ils avaient dû commettre. Mais Hort ne pourrait jamais se résoudre à s’excuser de quoique ce soit. Il garda le silence un moment, en joignant les mains au-dessus du bureau qu’il avait large et sans tâche.
Il se demanda si Varsgorn faisait partie de l’espèce des galants. Si oui, il aurait peut-être une ouverture. Il devait avoir l’air dépassé, puisqu’il ne pouvait concevoir de compassion.

-Sa Splendeur souffre d’agitation nerveuse. Comprenez que son époux est mort dans le lit conjugal, et qu’elle est la première à avoir dû souffrir le regard éteint de l’empereur. Etant l’ami que vous prétendez, vous ne remettrez pas en cause son témoignage, cependant, elle a reconnu le profil et le vêtement du traitre Hil’ Jidwin elle-même.  Elle a pu le voir avant qu’il ne s’échappe. Heureusement qu’il ne l’a pas remarqué… vous imaginez quelle tragédie cela aurait été ? Elle erre comme folle dans ses appartements, et se colle aux parois à chaque fois que quelqu’un est introduit auprès d’elle, tant elle craint pour sa vie. Dans ces conditions, elle ne peut même pas s’occuper de la régence elle-même. Elle est persuadée que ses propres services œuvrent contre elle, et pour le malheur de son enfant, notre Impératrice.

Il poussa un soupir, qui se voulait une conclusion.

 -Jehan Hil’ Jidwin, comme vous le savez sûrement, ne possédait pas l’art du dessin, à la manière de la plupart des anoblis. La vérité, c’est que nous craignons que cet assassinat ne recouvre un réseau plus vaste, financé, peut-être, par ceux qui sont les plus proches de la famille impériale. C’est aussi pour cela que son exécution publique et le procès sont différés, nous ne pouvons nous fier aux dires et aveux d’un homme aussi fou. A ce moment, il se mordit les lèvres comme pour retenir les mots qui lui avaient échappés, et se dépêcha d’ajouter, comme une accusation, et pour tenter de faire oublier le qualificatif à Varsgorn : Mais peut-être que ces commanditaires apparaîtront, de crainte d’être dénoncés, ou pour en finir avec les Sil’ Afian ?

Son regard se refit pesant. Pourquoi Ril’Krysant, dont on vantait tant la compétence, avait-il laissé ce Ril’Enflazio se déplacer jusqu’à eux, et l’interroger lui ?! N’était-il pas censé tenir le nord sous sa houlette, et plus particulièrement cette graine de voyous de l’Académie de Merwyn ?! Bien sûr qu’Hort Nil’Tremaine remettait en doute son intégrité. Il lui faisait courir des risques absurdes.

-Bien sûr, si vous disposez de temps et de patience, vous pourrez voir l’Impériale Veuve. Ca risque de prendre des semaines. Vous exposerez votre demeure à une perquisition préalable, ou postérieure à votre visite, vous serez fouillé le jour même pour vous présenter sans arme, devrez  admettre qu’un analyste teste votre don, si cela n’a jamais été fait, soumettre une demande écrite, d’abord à moi, ensuite à la Sentinelle d’Al-Poll, et enfin à sa Grâce elle-même. Beaucoup de nobles ne sont pas capables de faire ces sacrifices, même poussés par une vertu aussi forte que l’amitié. Je pourrais peut-être vous faciliter la tâche, si vous acceptez de me parler de Jehan Hil’ Jidwin vous-même, et d’œuvrer pour la paix en l’Empire, en vous faisant l’ambassadeur dévoué de la cours ?


Il se massa la tempe, commençant déjà à fatiguer de l’entrevue.  Il détestait parler, il ne savait jamais quoi dire, comment le dire. Il aimait donner des ordres. Il donnait les ordres, c’était ainsi qu’il était fait. Quand il ne pouvait pas, ni faire étalage de sa supériorité, il redoutait que cela se sente. Il n’était pas mauvais menteur pour autant. Simplement, le silence et l’écoute lui allaient mieux que ces… palabres.


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MessageSujet: Re: Viens là que je te cire les pompes [Terminé]   Mar 15 Oct 2013 - 15:52

- Oh, mais je ne vous demande pas de me faire confiance, je vous demandais simplement de me conduire à l'impératrice.

Varsgorn joignit ses mains. Il n'appréciait vraiment pas cet homme. Non, en vérité, il n'aimait pas qu'on se mette en travers de son chemin. Et c'était justement ce que cet abruti de soldat était en train de faire.


- Je serais ravi de vous aider et de vous parler de Jehan Hil'Jidwin... s'il était prouvé qu'il était coupable. Je dois m'avouer surpris du peu de preuve que vous possédez. L'impératrice se réveillant aurait aperçu l'accusé qui s'enfuyait? Dois-je vous rappeler qu'on voit mal quand il fait sombre, pire encore quand on vient de se réveiller? Et pour le vêtement, il est très facile de le reproduire ou de le voler. J'espérais vraiment que vous auriez plus que cela... Il faut croire que je vous pensais trop compétent...

Son ton était toujours calme. Il n'avait pas peur de faire de si grosses menaces et d'insultes envers le général. Il n'avait jamais peur de ses ennemis, peu importe leur puissance.

- C'est vrai qu'il y a sûrement des commanditaires derrière tout ça, mais vous pensez vraiment qu'ils auraient engagé un amateur qui serait suffisamment idiot pour se vêtir de ses propres vêtements? Au contraire, il ferait porter les accusations sur quelqu'un d'autre. Si vos maigres preuves accusent Jehan Hil'Jidwin, c'est que ce n'est pas lui.




C'est ce qu'il avait fait de nombreuses fois par le passé, quand il était encore sur le circuit des assassins. C'était une évidence que Jehan n'était pas le criminel. De plus, du temps où il l'avait cotoyé, il n'avait pas remarqué que Jehan était un assassin de talent. On n'engageait pas une personne de seconde zone pour tuer l'empereur.


- J'espère d'ailleurs que vous ne réglez pas des comptes avec Jehan Hil'Jidwin en ne cherchant pas à creuser plus loin. De mon point de vue, c'est le cas, en tout cas. Si je suis "l'ambassadeur de la cour", j'aimerais discuter avec l'impératrice et sa mère. Après tout, vous n'êtes qu'un régent, le temps  que la mère de notre impératrice, la véritable régente, se remette. Le genre de subalterne que je citais plus tôt en quelques sortes.




Voyant que le général allait répondre, Varsgorn leva sa main droite, paume tournée dans la direction de son interlocuteur.


- Avant que vous ne me chassiez, j'aimerais vous expliquer une petite chose. Un général ne doit sa position qu'au bon vouloir de son armée. Si son armée se rebelle, il peut changer de métier. Pour qu'une armée se rebelle, il faut de l'argent. Ceux qui ont l'argent, ce sont les nobles et pour que les nobles se décident à payer des soldats, c'est qu'on fera pression sur eux. Quel meilleur moyen de pression que de les menacer de ne plus les fournir en vêtements? Imaginez donc le pouvoir que peu détenir celui qui a le monopole de la vente de vêtements. Bien plus supérieur à celui d'un petit général qui n'est là que pour la durée où la véritable régente devra se remettre de la mort de son mari.

Il serait certainement plus difficile de corrompre la Légion Noire mais elle était moins nombreuses que le reste de l'armée.


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