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 Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]

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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Sam 27 Juil 2013 - 1:59

Cinq heure et demi. Quittant à regret les bras de Varsgorn après un baiser, elle se rendit dans la salle d'eau. L'eau froide coula dans son dos, un frisson parcouru son échine. Se lever si tôt pour un appel, elle ne comprendrait jamais ce principe. De toute manière, elle vérifiait les présences à chaque cours. Et les autres professeurs devaient sans doute faire la même chose. Tant pis, au moins elle se levait à l'heure.
Ses pieds gelés laissaient des traces sur le sol alors qu'elle sortait enfin de sous l'eau. Enfilant sa robe d'enseignant, elle coiffa sa longue chevelure blonde. Son regard croisa alors celui de son reflet dans la glace. Un reflet qu'elle avait pris soin d'éviter durant plusieurs mois. Mais ceci était du passé à présent. Un passé qu'elle tachait d'oublier, d'enterrer. Son futur se trouvait dans la pièce d'à côté, dans la salle qui l'attendait patiemment. Ailleurs. Et non dans les tréfonds d'un quelconque souvenir douloureux.
Brisant le lien qui la reliait à son reflet, elle sortit enfin de la salle d'eau. La dessinatrice se stoppa dans l'encadrement de la porte et, s'appuyant contre ce dernier, elle observa l'homme qui dormait paisiblement dans son lit. Qui aurait cru qu'un homme aussi bourru que lui s'attacherai ainsi à elle... Pas elle, dans tous les cas. Elle n'aurait jamais cru qu'elle trouverait autre chose que son travail, sa passion, entre ces murs.
Elle aurait voulu que cet instant dur une éternité, mais seule la Dame pouvait en décider. Et ce n'était pas le cas. Laissant la porte, elle se dirigea vers sa coiffeuse pour récupérer sa bague familiale.

Un grognement la fit brusquement se retourner. Il se réveillait. Elle observa la cour, les élèves se précipitaient dans la grande salle, elle n'avait plus de temps à perdre. S'approchant du lit, elle déposa un baiser sur la joue de l'homme qui grogna à nouveau. Un sourire s'étira sur le visage de la dessinatrice, elle murmura.

- Bonne journée...

Myra sortit des appartements sans le moindre bruit, laissant les clés au trésorier. Les marches furent bien vite descendues et la grande salle se présenta devant elle. Immense, imposante, elle pouvait contenir tous les habitants de l'Académie. Une salle magnifique et incommensurable.
La dessinatrice entra alors, dépassant les tables, toutes occupées par des élèves. La plupart la saluaient lorsqu'elle passait à proximité et lorsqu'elle atteignit enfin la table des professeurs, ces derniers firent de même. Elle rendait les saluts et s'assit aux côtés de Duncan. Elle lui offrit un grand sourire matinal, mais elle n'eut malheureusement pas l'occasion d'engager la conversation, l'Intendant faisant l'appel. Des noms, des noms, et toujours des noms. L'appel était toujours pareil, quelques noms ne trouvaient pas leur voix, restaient sans propriétaire, mais cela se passait toujours de la même manière.
Une fois terminé, le déjeuner. Les discussions animées, les élèves agités, les cuisiniers fous. Tout se déroulait de la même manière, tout était réglé comme du papier à musique. Et cela ennuyait Myra à un point inimaginable. Le déjeuner terminé, les cours débutaient. Tous se rendaient dans leurs salles, tous allaient faire ce qu'ils devaient. Et la professeur de dessin disparaissait dans les couloirs, ou si parfois elle n'avait pas envie de gravir les marches, dans un souffle nommé si habillement pas sur le côté.

La salle de dessin, vide. Et elle le resterait pour le reste de la journée. Myra avait réussi à obtenir l'autorisation de donner son cours ailleurs qu'entre ces murs. Elle ne pouvait plus les voir en peinture, elle avait besoin de changer d'environnement pour une journée. Jamais elle n'aurait eu à faire ce qu'elle avait fait pour donner ses cours à l'extérieur dans le temps de Jehan Hil'Jildwin. Elle l'informait, cela lui suffisait.
Il en était autrement avec l'Intendant Ril'Krysant. Une semaine auparavant, elle avait dû remplir une demande en bonne et due forme, prenant tout sur elle, trouver les mots justes pour qu'il lui permette un cours hors de la salle de dessin. Mais une fois ceci accompli, c'en était pas fini. Elle avait prévenu la première gardienne. A vrai dire, ce ne fut pas la partie la plus compliquée. L'Intendant avait été celui à convaincre et avec de la volonté, elle y était parvenu.
La salle de dessin resterait vide pour la journée. Les élèves en seraient ravis, elle en était certaine.

La dessinatrice apparut donc dans la cour de la fontaine en un claquement de doigt. Certains élèves s'y trouvaient déjà, d'autres n'allaient pas tarder. Elle s'assit sur un banc pour attendre l'heure. Observant ses élèves, elle se demandait bien ce qu'ils voulaient faire de leur avenir. Quelles personnages allaient-ils devenir au sein de la société de Gwendalavir... Son regard tombait sur chacun d'eux sans qu'elle ne sache ce qu'ils désiraient réellement. A vrai dire, elle ne s'en souciait que très peu. Elle était là pour les former à devenir l'élite de l'Empire et c'était ce qu'elle s'employait à faire, elle n'avait pas besoin de savoir ce qu'ils deviendraient dans le futur. Elle le saurait bien assez tôt. Pour l'instant, elle profitait de leur présence en leur donnant tout ce qu'elle pouvait.
Le compte était bon, les élèves lui faisaient presque tous face. La professeur se leva et s'avança.

- Aujourd'hui, nous allons aborder un tout nouvel aspect du dessin. Sans doute en ai-je fait référence à une ou deux reprises, mais jamais en détails. Aujourd'hui, je vais vous apprendre à changer la nature d'un objet préexistant à l'aide de votre volonté.

Myra marcha jusqu'à la fontaine. Un petit exemple ne pouvait qu'appuyer ce qu'elle venait de leur annoncer. Une démonstration digne d'elle, bien sûr.
Les élèves s'écartèrent, elle se tourna vers la fontaine. Elle se faufila dans les Spires avec douceur, se délectant quelques secondes des lieux. Puis, elle s'élança. Glissant d'une route à une autre, elle dessinait. Trouver l'objet dans son esprit, capter sa trace, ne plus la lâcher. En prendre le contrôle, en transformer l'essence même. Tordre ses fondements, les faire devenir ce qu'elle désirait. Puis, lâcher prise. D'un seul coup. Sans prévenir. Laisser le dessin filer, le pousser délicatement vers la réalité.
Des exclamations, des étoiles dans leurs yeux. L'eau de la fontaine avait été l'objet de la transformation. Sa consistance s'était modifiée du tout au tout. Liquide, elle était devenue brume. Cette dernière n'était pas que cela. Une brume colorée, faite d'or, d'ambre et de pourpre, d'un éventail de couleurs hivernales. L'eau s'évaporait en papillons de brume hivernaux, s'envolant bien haut.

- Changer la matière de l'objet, pour un premier exercice. C'est une opération qui demande énormément de volonté, les deux autres aspects de votre don ne vous servirons que très peu. Sollicitez votre volonté plus que le reste, mais si vous ne le sentez pas, ne forcez pas. J'aimerais éviter tout accident malencontreux. Maintenant, la façon dont parvenir à un tel résultat. Tout d'abord, trouver la trace de l'objet en question dans les spires. Tout objet a une trace dans l'Imagination, il suffit de la dénicher. Les objets réels sont bien plus dissimulés à nos regards, mais sont présent si vous faites l'effort de chercher. Une fois déniché, accrochez votre esprit à cet trace, ne la lâchez pas. Dès cet instant, votre volonté entre en action. La matière de l'objet est réelle, elle est ancrée dans notre monde. Il n'est donc pas aisé d'en changer la nature. Concentrez-vous sur ce que vous désirez faire, soyez sans pitié, ne laissez pas l'objet gagner la partie. Vous pouvez le faire, avec un peu de volonté.

La professeur compta les élèves. Un nombre pair, parfait. Myra avait fait la chasse aux petits objets dans ses affaires personnelles la veille, des affaires pas trop dommages, connaissant ses élèves.

- Vous effectuerez l'exercice sur de petits objets pour commencer, cela ne sert à rien de vous faire changer la matière d'un trop gros objet. Cela servirait seulement à vous essouffler pour un rien et sans doute que vous ne réussiriez pas à atteindre l'objectif de l'exercice.

Ouvrant un sac, elle donna les dernières directives.

- Bien, cet exercice se fera par groupe de deux. Prenez un objet, placez-le entre vous deux à une distance respectable, et changer la matière de l'objet chacun votre tour. Faites cela durant deux minutes, puis recommencer avec un objet d'une envergure, d'une forme différente.

Les élèves trouvèrent leur partenaire, prirent l'objet de leur choix dans le grand sac de toile et se lancèrent dans l'exercice. Myra fut heureuse de voir tant d'enjouement dans leurs regards.


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Ne fuyez pas la MAGIE...


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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Sam 27 Juil 2013 - 4:25

Est-ce qu'il est possible de créer un être vivant par le Dessin ?

C'était une question purement théorique sur laquelle elle avait planché des heures avec Shana. Dans la salle commune Kaelem, ou bien à la bibliothèque, parfois même en mangeant. Et parfois, il lui arrivait d'en rêver. Que de personnes elle créerait si cela était en son pouvoir ! Beaucoup de dessinateurs lui avait objecté que ce n'était pas possible, à moins d'être un Ts'Liche. Et Enelyë était butée : si eux y étaient parvenus, il n'y avait pas de raison pour que elle n'y parvienne pas. Certains lui avaient objecté, eux, le tabou, mais la dessinatrice n'aimait pas les interdictions dues à des règles établies sur des choses considérés comme sacrées ou honteuses. Elle travaillait vraiment sur ce sujet. Plus que Shana, qu'elle finit presque par évincer du projet. Il lui fallait quelqu'un qui vivait le Dessin. Quelqu'un qu'elle pouvait trouver avec facilité. Et ce fut à ce moment-là que Lev entra dans la salle commune. Son Don était si différent du sien. Elle était sûre que lui, il pouvait. Mais elle n'irait jamais le lui demander. Elle avait rangé ses papiers, un air profondément frustré accroché au visage. Elle ne parviendrait jamais à créer un être vivant. De toute façon, ce n'était clairement pas sa priorité.

*

Cela le devint le lendemain matin, quand les demoiselles du dortoir se réveillèrent. Elle tenta d'étouffer les bruits en cachant sa tête sous l'oreiller, puis sous sa couverture, mais rien n'y fit. Mais ce n'était pas l'important. Elle ne désirait pas assister à l'appel. Elle n'y avait été que deux fois, depuis qu'Aziel était arrivé. Deux fois car elle avait été réveillée par ses cauchemars, beaucoup moins puissants avec le temps, beaucoup plus flous, mais suffisants pour la réveiller en sursaut. Deux fois, elle avait soutenu son regard, contrairement à bien des élèves qui baissaient le regard. Une phrase lui était revenue en mémoire, ces deux fois : « Baisser les yeux, c'est être lâche, soumis ou pris en faute. » et elle ne correspondait à aucune de ces catégories. Cela dit, elle commençait à se demander ce que l'Intendant pouvait bien réserver à ceux qui manquait disons, un certain nombre d'appels. Et dans ces cas-là, créer un Dessin qui lui ressemblerait serait vraiment utile. Cette idée s'était évanouie bien vite, une fois que Shana fut venue caresser ses cheveux. Elle faisait toujours ça quand elle savait que son amie ne dormait pas, mais qu'elle ne souhaitait pas se lever, parce que ça l'embêtait. Enelyë grogna et se tourna, mettant fin à cela.

- Oui, j'serai là pour le cours de Dessin. Cour de la Fontaine, je sais. A plus tard.

*

Fraîche comme une fleur, elle débarqua au cours de Dessin. Avant tout le monde, en fait. Elle s'installa au bord de la Fontaine, pensive. Elle regardait son reflet dans l'eau, troublé par les remous. Cet endroit n'était pas son préféré, loin de là. Il aurait pu, ne serait-ce que parce qu'il était l'un des plus calmes. Mais les souvenirs liés à ce lieu faisaient partie de ceux qu'elle voulait oublier, pour la plupart. Elle vit quelques élèves s'avancer dans la Cour et elle les rejoint, adressant ici et là sourires et salutations. Enelyë aimait beaucoup les autres dessinateurs, même si elle ne les connaissaient pas tous. A part quelques-uns, qu'elle ne pouvait pas supporter – notamment la petite pimbêche, qui devait être adoratrice de Ciléa pour oser se comporter comme elle – dans l'ensemble … Enfin, Myra Ril'Otrin arriva. Myra Ril'Otrin. La dessinatrice qui avait pris le cœur de son père adoptif. Elle le savait et cela n'était d'ailleurs un secret pour personne. Néanmoins, cela ne changeait en rien ce qu'était le cours de Dessin. Elles restaient, l'une comme l'autre, égales à elles-mêmes. Adultes et respectueuses.

Comme d'habitude, Myra leur offrit une donnée précise, qui serait le fil rouge du cours. Et ce qu'elle venait de dire intéressait beaucoup Enelyë ; Changer la matière d'un objet ? Son regard s'ouvrit, bien grand. Qu'entendait-elle exactement par matière ? L'évaporation de l'eau ne la surprit pas outre-mesure, ni l'effet coloré. Mais les petits papillons, même s'ils ne vivaient pas, semblaient tout de même très réalistes dans leur composition de brume.

Et il faudrait utiliser sa volonté. Enelyë n'avait jamais su si sa volonté était déterminante dans son Don ; à vrai dire, elle n'avait jamais été analysée. Chaque fois qu'elle croisait l'Analyste, elle y pensait, et son esprit se tournait ailleurs peu après. Tant et si bien que tout le monde avait dû être analysé sauf elle, dans ce cours. Mais si le pouvoir se calquait sur leur personnalité … Elle n'était pas la personne qui utilisait le plus la volonté dans le quotidien. Elle avait été courageuse, elle avait su se relever, mais aurait-elle pu sans ceux qui avait été là pour la soutenir ? Varsgorn, puis Elio, et Shana après lui … Si aucun n'avait eu la même influence sur elle, ils avaient été ses soutiens. Pour que sa volonté se déploie, elle avait besoin de quelqu'un pour la canaliser. Et puisque l'exercice se déroulait à deux, c'était parfait. Enelyë tournait la tête vers les différents élèves, choisissant soigneusement son partenaire. De la volonté. Pas trop éloigné de sa Volonté à elle, pour éviter les décalages. Elle ne savait pas si ça jouait, n'avait pas encore abordé ce chapitre dans son livre. Mais autant ne pas prendre de risques.

Les groupes étaient déjà presque tous faits, et elle ne s'en était pas rendue compte. Elle s'approcha de la personne qui était la plus proche d'elle. Il se tourna vers elle et elle eut un mouvement de recul. Se composa un sourire.

- Lev ? Silence. Il semblait attendre qu'elle parle. On fait équipe ? Enfin, sauf si tu avais déjà décidé de choisir quelqu'un d'autre.

Elle ne voulait pas faire équipe avec Lev. Elle voulait faire équipe avec Lev. Son pouvoir l'intriguait trop. Elle ne l'avait pas senti beaucoup de fois. Au cours de Ciléa, au moment des cibles qui devaient être visées par des balles, et quelques autres cours de Dessin. Mais surtout, son pouvoir, elle l'avait reçu de plein fouet le jour de l'annonce du Seigneur Hil'Muran. Elle avait senti ses propres Spires exploser, brûler, et à vrai dire, cela lui faisait peur. Mais cela ne lui ferait pas faire marche arrière. Comme disait son père, la voie du savoir est parsemée d'obstacles. Et si tout les Dons étaient différents, le sien était bien plus différent que les autres.

Elle vit que Lev tenait un objet dans sa main. Sans doute venait-il de le choisir dans ce que Myra proposait. Il ne restait que quelques babioles, et elle hésita à en prendre une pour elle-même. De toute façon, il était probable que cet exercice soit rapide. Même avec une volonté qui reposait sur quelque chose d'autre. En espérant que ce quelque chose d'autre ne soit pas trop bancal.



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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Sam 27 Juil 2013 - 23:46

Il paraissait que la matière était faite de tous petits grains qu'on ne pouvait pas distinguer à l'oeil nu mais qui, en groupes, parvenaient à former des choses sensibles et visibles. En soi, cette définition pouvait paraître contradictoire dans le sens où il semblait peu plausible que l'on puisse créer quelque chose à partir d'éléments qui n'existaient pas tangiblement. Ou plutôt, qui n'étaient pas seules.
Ces choses là, seules n'étaient pas visibles, mais en groupes étaient la vision. Autrement dit, avec une quantité gigantesque de riens, on faisait un quelque chose d'un taille raisonnable.

Mais, en plus de cela, il aurait fallu admettre que ces grains minuscules qui formaient une chose raisonnable, étaient différents selon la chose qu'ils formaient et à cause de ce qui les formait. Car on disait aussi que ces grains là étaient eux même formés par d'autres grains de taille, de couleur et de formes diverses. Ainsi, les grains qui formaient la chose de taille raisonnables étaient, selon la partie de la chose qu'ils formaient, eux même formés d'un enchaînement de grains encore plus petits dans un ordre qui leur était propre.
Autrement dit, on tombait là dans une sorte de spirale sans fin puisqu'à chaque sorte de grain microscopique -et encore, le terme était un peu faible- il fallait imaginer d'autres variétés de grains encore plus petits et moins visibles, des riens qui formaient des choses.

C'était, en quelque sorte le même soucis dans les sciences que dans la philosophie : une réponse entraînait des problèmes qui eux même nécessitaient pour être résolus, des réponses. Pas de fin, jamais de fin. À croire que la science et la philosophie étaient eux même deux problèmes irrémédiables.

Gwëll prit une inspiration. Il semblait à ses poumons que cela faisait un temps relativement conséquent qu'elle n'en avait pas pris le temps. Elle cligna des yeux et passa sa main dans ses cheveux.
Après réflexion, il semblait impossible de croire que l'on puisse modifier une matière sensible par la seule action de spires, par conséquent. D'ailleurs, elle n'avait jamais réussi -mais jamais essayé non, plus, certes.  Toutefois, elle ne pouvait pas se résigner à complètement réfuter l'idée de sa professeur. Parce qu'elle avait l'autorité, bien sûr, mais aussi, et surtout, parce qu'il lui paraissait évident, venant de cette femme qu'elle ne pouvait pas dire une absurdité complète.

***
La matinée avait été des plus classique, elle s'était réveillée en même temps que ses camarades de dortoir, s'était levée dans les temps, avait pris une douche chaude, revêtu son uniforme, pris un petit déjeuné banal et répondu à son nom pendant l'appel. Puis elle avait partagé son temps libre entre son cheval, la bibliothèque et Attalys avec laquelle elle avait un peu discuté dans l'herbe à coté de la cascade avant d'aller déjeuner.
Elle parlait beaucoup avec Attalys, quand elle n'était pas avec Eiluun, ces derniers temps, un peu de tout et de rien, mais surtout de tout, il fallait dire. Toutes deux s'étaient liées d'amitié et cette amitié était de plus en plus forte au fil des jours. Peut être même plus qu'avec Enelyë qu'elle ne voyait plus beaucoup, mais ce n'était pas la même chose alors elle ne se permettait pas la comparaison.

Le déjeuné avait été rapide, l'arrière saison était encore chaude et la journée un peu lourde alors elle n'avait pas réellement faim. Elle s'était contentée de quelques miettes de pain picorées entre deux morceaux de pomme. De toutes manières, elle était arrivée un peu en retard alors il ne restait plus grand chose sur les tables.
Elle était arrivée exactement en même temps que la foule des autres dessinateurs, avec Attalys, Joyce, Eiluun et les autres.

***

Certains auraient dit que théoriquement, sa thèse ne valait rien, mais Gwëll était certaine que le dessin ne tirait pas ses effets d'une quelconque science et que c'était globalement et uniquement une question de magie. Peut être pas exactement de la magie des fée comme elle racontait avec Juliet, mais certainement un dérivé plus adulte, plus académique. Une sorte d'alchimie, probablement, mais là non plus elle n'était pas certaine que ça soit possible.
À clairement parler, elle pensait que cette magie là était une sorte de processus particulièrement rapide un peu comme celui qui transformait la couleur des feuilles à l'automne ou la couleur du ciel la nuit. Oui, c'était cette sorte de magie là, mais qui agissait sur demande et de manière beaucoup plus accélérée. Parce que si il fallait attendre un printemps, un été et un automne pour voir un dessin apparaître, certainement que personne ne serait plus dessinateur.

De toutes manières, en réalité, il n'y avait pas une seule vérité, Attalys lui avait bien confirmé. Le dessin devait donc être différent pour tous selon comment ils le concevaient. Pour certains il devait être biologique et pour d'autres magique. Peut être même que certains le percevaient comme une illusion et que l'on pouvait croire qu'il ne s'agissait que d'une modification mineure dans la vision des gens : on modifierait uniquement le paraître et non l'être des choses.
Mais dans ce cas ci, cela voulait dire que la modification était profonde parce qu'elle devait toucher la totalité des personnes amenées à percevoir le dessin et qu'elle devait s'effectuer dans tous les sens possibles parce que modifier uniquement la vue n'aurait pas trompé le toucher et vice versa.

Il n'en demeurait pas moins que la question était complexe et que même Merwyn n'avait peut être jamais eu de réponse satisfaisante.
Il faudrait absolument qu'elle demande à Duncan.

***

Le temps qu'elle songe à tout cela, la professeur avait déroulé son dessin qui touchait l'intégralité de la fontaine. Sous ses yeux grands comme des soucoupes, le flot d'eau s'était transformé en un flot irisé de paillettes magnifique, un peu comme si les robinets crachaient une gerbe continue de gnome de feuilles d'automne minuscules.
Les paillettes de la fontaine brillaient encore dans ses yeux et dans son crâne tout entier quand Myra reprit la parole pour expliquer l'exercice du jour bien en profondeur. Gwëll était fascinée par ce type de dessins. À vrai dire, c'était le moyen le plus sûr de détourner son attention d'une chose particulièrement importante.
Mais elle se concentrait. Elle ne voulait pas manquer une miette de l'explication parce qu'elle tenait à réussir l'exercice au mieux. Maintenant qu'elle était bien officiellement flamme, elle voulait s'appliquer pour montrer l'exemple aux autres, au plus jeune. Et puis aussi un peu pour que Ciléa soit fière de ses progrès, mais ça, elle ne l'aurait avoué pour rien au monde, Ciléa n'était pas très appréciée.

Elle sortit de ses pensées en entendant que l'explication était terminée. Les duos s'étaient formés rapidement pour certains et pour d'autres avec encore un peu du mal. Elle avisa qu'Attalys parlait avec quelqu'un et puis elle se tourna vers d'autres horizons mais Eiluun était juste devant ses yeux alors elle peinait un peu à les distinguer bien, les autres.


Tu sais, je crois que tu devrais te mettre en équipe avec quelqu'un d'autre, Eiluun. Enfin, c'est pas que je veux pas être avec toi, mais il faudrait que tu apprennes avec les autres aussi, comme ça, si on se perd, tu pourras te débrouiller sans moi.

Mais il y avait dans ces yeux quelque chose de triste.

Mais non, je pense pas qu'on se perdra, hein, tu sais. Mais je préfère être prévoyante, tu vois ? Comme ça, on se retrouverait vite.

Le quelque chose semblait aller beaucoup mieux alors elle avisa d'un autre coté, la pauvre Loeva qui était toute seule à cause de ces histoires qu'elle ne parvenaient pas à comprendre parce que ce n'était pas de son domaine, apparemment.
Alors ce ne fut pas la pitié, qui la prit soudainement, parce que la pitié n'était pas quelque chose d'appréciable, envers une personne, mais c'était plutôt de la générosité parce qu'elle n'aimait pas laisser les gens seuls face à leur triste sort.
Elle fit quelques pas vers elle alors que l'autre faisait de même. Elles ne se connaissaient pas vraiment, mais depuis l'adoption des petits chatons, même si ce n'était pas une adoption complète puisqu'ils étaient encore cachés dans les sous-sols ou elle ne savait où, il leur arrivait de se sourire, quand elles se croisaient dans les couloirs ou dans les cours et c'était, paraissait il, un signe d'amitié, déjà.


Tu veux bien... Non, vas y, toi d'abord, tu avais commencé en premier.

Loeva avait souri un peu de coté en parlant en même temps et puis elle avait posé la question que Gwëll comptait lui poser.

Je voulais te demander la même chose. Tu as déjà un objet ?

Elle fit signe que non de la tête et ses boucles firent des bonds sur place, souplement.
Elles firent demi tour et se tournèrent vers le sac de la professeur. Il restait encore des groupes à former, mais plus beaucoup alors il n'y avait plus des masses d'objets à choisir. Elles demandèrent l'accès au sac à Madame Ril'Otrin et elle leur sourit en leur tendant ce qui était dans sa main. Elle leur expliqua que c'était un des objets qu'elle pensait amusant à modifier parce qu'il n'était pas d'un bloc et que donc elles pouvaient, si elles le voulaient essayer à deux en même temps sur les deux parties.
Gwëll la remercia et Loeva aussi.

L'objet était une boite d'une part en bois et d'autre part, en corne, quand on le dévissait, le couvercle -la partie en corne- se détachait totalement du socle en bois.
Elles songèrent, d'un commun accord à s’entraîner dans un premier temps sur les deux parties séparées, chacune de leur coté et puis, après, elles essayeraient sur la boite elle même. Elle posa la boite sur une dalle, les deux morceaux cote à cote et elle recula d'un pas. Et puis elle plongea dans les spires. Repérer le couvercle n'était pas chose aisée et elle chercha un long temps avant d'émerger, une question en tête.


Madame ? Vous avez dit que c'était plus dur de modifier un objet gros, mais si il est gros, ce n'est pas plus simple, de trouver sa trace dans les spires ?

Parce qu'il lui semblait évident qu'un gros objet prenait davantage de volume, même dans les spires  où rien n'était semblable au reste.
D'ailleurs, elle se demandait bien, après réflexion si les objets étaient physique ou magie.



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Etincelle
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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Mar 6 Aoû 2013 - 21:58

[Pour ma part, rp un peu hors du temps puisque suite au rp Hil Muran, Lev a perdu son don, et que normalement, lorsqu’il le retrouve, il va directement voir Dolohov. M’enfin, on fera comme si :face : ]
 
Il y avait eu une trouée, dans les spires, comme un ciel bouché qui s’ouvre en tranchée de lumière. Vive, la lumière, éblouissante, et tellement soudaine, qu’à cet instant, Lev avait papillonné des yeux, très fort, les tempes secouées de spasmes en décharges. Il en aurait hurlé de joie, le poing dressé en l’air, une danse de joie stupide gigotant aux pieds, s’il n’avait pas été au beau milieu de la grande salle, chipotant son maigre déjeuner.

 

Enfin, l’Imagination. Sa chère amie, son amante, sa divinité, sa vie. Il ferma lourdement les paupières, s’extasiant encore et encore des chemins sulfureux qui explosaient sous ses sens, nouant leurs ramifications sanguines aux flammes de son don qui dansait. Elle remplissait son être entier, comblait les recoins de lumières, traversait l’ombre en flèches flammèches, ça crépitait sous sa tête, cette farandole de possible, il était un dieu ! Son cœur battait vite, cognait. Une joie organique fit crépiter ses prunelles bioluminescentes [/commeleplanctonoui]. L’univers était à portée de main. A portée d’esprit.

 

Il se leva doucement, savourant cette sensation à nulle autre pareille. Il n’eut pas le réflexe de dessiner quoi que ce soit, simplement celui de gouter la puissance qui gonflait sa tête, appuyait les limites physiques de ce qui n’était pas et qui, au détour d’une simple pensée, aurait pu être. Un élève lui décerna une œillade étonnée lorsqu’il passa à ses côtés, les yeux tellement tournés vers l’intérieur qu’il marchait comme un fantôme. Un sourire un peu dément sur les lèvres.

 

Cette journée commençait plutôt bien. Comme un animal qu’on aime et chérit, il caressait son don, mentalement, les mains pleines d’un amour débordant, et lui parlait comme à un vieil ami qui nous aurait manqué. La perspective de le perdre à nouveau le rendait doux, très délicat, dans son évolution. L’Imagination s’ouvrait gracieusement, presque avec timidité, l’incarnant profondément, jusqu’à ce qu’il ressente les fils des spires noués à l’intérieur même de ses veines, tissant leurs travées dans ses os, électrisant ses nerfs. Il rigola spontanément, faisant sursauter un groupe de fille non loin.

 

Par habitude, il jeta un œil au panneau affichant les cours. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’un cours de dessin était prévu dans l’après-midi ! Son regard glissa sur le nom du professeur, et il sourit derechef. La journée promettait de se continuer aussi bien qu’elle avait commencé. D’un pas guilleret, il s’engouffra dans les escaliers en direction du dortoir pour aller se changer.

 

***

 

Cette fois-ci, il arriva dans les quelques derniers, bien après le début annoncé du cours. Myra ne leur en tint cependant pas rigueur, et daigna même reprendre les explications que les trois derniers avaient interrompues. Lev jeta un regard circulaire, notant la présence de Enelyë et Gwëll.

 

L’oreille attentive, néanmoins, il grimaça lorsque Myra expliqua le déroulé de l’exercice. Il hésita entre quitter le cours tout de suite ou la possibilité de faire semblant de dessiner. Son précieux don venait tout juste de revenir, et il ne voulait pas forcer au risque de s’en séparer à nouveau. Et la volonté n’était pas vraiment la pierre angulaire de sa force, il lui faudrait fournir beaucoup d’effort, pour pas grand-chose.

 

Quoi que, peut-être que ce pourrait être intéressant. A vrai dire, il y avait peu d’exercices proposés qui lui avaient permis de véritablement travailler en profondeur son don. Il savait son cercle de pouvoir gigantesque, mais apparemment parfois cela ne suffisait pas à compenser sa volonté médiocre, malgré une créativité débordante et pas toujours construite. Et s’il travaillait son don, il y avait fort à parier pour que celui-ci devienne plus solide. Cette simple perspective lui donna le courage nécessaire pour rester. Il fut surpris, néanmoins, qu’Enelyë se présente spontanément à lui pour lui proposer de faire équipe. Il avait une réputation ambivalente, mais il faisait régulièrement peur aux gens, c’était un fait. Enelyë semblait être ce genre de fille douce et tranquille, et le tableau qu’ils formaient tous les deux était loin d’être typique. Il se demanda un instant si elle tentait une approche quelconque, mais rejeta cette hypothèse, rien qu’en la regardant. Il hocha la tête, acceptant facilement. Après tout. Et puis elle était plutôt jolie.

 

Il piocha au hasard un objet, sans vraiment y prendre garde, et se retrouva avec une petite baleine en argile, peinte en bleu. Le réalisme poussait jusqu’à la petite vaguelette en bleu plus clair qui ondulait sous la figurine du cétacé.

 

Comme convenu par leur professeur, il posa sagement la figurine sur un petit poteau de bois. Elle avait presque fière allure, ainsi perchée. Enelyë et lui-même firent un pas en arrière. D’un regard, il eut l’impression que la jeune femme attendait qu’il commence. Sans parler d’avantage, il plongea dans les spires. Le monde se brouilla autour de lui, devint flou, rehaussé de couleurs vives et scintillantes.

 

Trouver la trace de l’objet dans les spires ne lui fut pas compliqué. Il se sentait tissé à elles, il faisait corps, cœur, et âme avec l’Imagination, et il eut l’impression furtive d’avoir à portée de main l’univers tout entier. Cette approche était nouvelle, pourtant, et il découvrit pendant quelques instants, une nouvelle manière d’aborder l’Imagination. En revanche, la suite de l’exercice fut plus ardue. Il fronça les sourcils, à mesure que lui apparaissait la difficulté. Sa volonté s’éparpillait devant les possibles, jouait d’elle-même entre les chemins, courrait, se cachait, sautait, virevoltait, indépendante de son pouvoir qui grésillait d’attente. Le fil de la matière s’effilochait à travers l’Imagination, disparaissait parfois pour ressurgir, une embardée plus loin. Il parvenait à le suivre au début, mais perdait rapidement la trace, déstabilisé par le squelette majestueux qui se dévoilait à ses sens.

 

Un sourire béat pointa allègrement, vite remplacé par une nouvelle grimace lorsqu’il constata qu’il avait à nouveau perdu la trace de la matière. Il se faisait penser à un chasseur peu doué, qui ferait fuir sa proie à chaque fois. Finalement, un mal de tête commença à le picoter. La douleur légère s’accentua assez pour que, étonnamment, il parvienne à se concentrer suffisamment. Il trouva la source, une lumière marécageuse d’un vert passé, qui scintillait comme une petite boule de vie, et palpitait. Il n’était pas plongé loin dans l’Imagination, mais plus profondément. La difficulté résidait essentiellement dans le fait qu’il avait plutôt l’habitude de tout écrabouiller pour parvenir à son but. Cette délicatesse ne lui était pas coutume, c’était un peu comme chercher à travers les brins d’herbe alors qu’une vaste prairie s’étend à l’horizon. Qu’importe, il était là pour apprendre.

 

Après un temps qu’il ne parvint pas à déterminer, donc, il parvint à trouver la trace. Changer la matière ne lui posa pas plus de soucis, et c’est avec un clin d’œil que le cétacé devint une bulle remplie d’eau, bouillonnant d’une dizaine de teintes bleues différentes, contenues dans une barrière impalpable.

 

Il fit un clin d’œil à sa compagne, heureux d’avoir réussi, tout de même.
 
-          A toi !


_______________
Spoiler:
 


J'aurais du sang sur les doigts
et l'éclat de tes yeux vides
comme antichambre au trépas
de mon âme impavide




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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Mer 21 Aoû 2013 - 19:44

Se lever tôt était vraiment dur quand on sortait d'une famille de noble. Avant, c'était quand on voulait, ensuite c'était les tuteurs, souvent un voir deux par journée. Mais après plein de temps libre. Alors qu'à l'Académie, c'était pas le même train-train. Déjà, fallait se lever tôt pour faire sa toilette, sinon c'était des bouchons interminables dans les salles d'eaux. Ensuite, c'était l'appel d'Aziel, avant le petit déjeuner, donc tôt. Après, c'était les cours, donc la course pour aller dans les différentes salles et compagnies. Bref, la cohue tout le temps et c'était seulement terminé le soir après le repas.

Donc du coup, c'était franchement pas facile pour Lyuuna de se lever. À chaque fois elle se réveillait avec un air à faire peur genre « Gné ? Keskispass ? Koituveumafoto ? ». En plus de ça, les coussins étaient tellement mal foutu que les cheveux de la Kaelem lui disait souvent merde en se levant. Et ce matin c'était pire. Elle avait veillée tard la nuit dernière parce qu'elle était trop excitée par le cours qu'elle avait le lendemain. Son premier cours de Dessin ! Genre le tout premier, avec un vrai professionnel, où elle pourrait affiner son don. Elle avait sautillé pendant des heures quand elle avait su. Du coup, l'adrénaline lui était monté à la tête et elle n'avait pas réussi à s'endormir tout de suite.

C'est pour cela que le matin, ben elle s'était retrouvée dans le cirage et regardait ses amies qui se changeaient. Émergeant doucement, elle ne comprit pas tout de suite qu'elle était grave à la bourre. Puis dans un « Oh, merde » retentissant elle s'élança sur sa malle, passa rapidement son pantalon, mit sa chemise de travers, revêtit le haubert sans fermer la ceinture, glissa dans ses bottes maladroitement. Sur le chemin pour l'appel, Lyuuna tenta un peu de s'arranger. Elle repassa sa chemise dans son pantalon, ferma sa ceinture et peigna avec ses doigts ses cheveux longs. Enfin arriver dans la Grande Salle, elle s'installa à la table Kaelem et attendit l'appel.

C'était assez barbant comme rituel, des noms, toujours des noms. Bon, parfois certain ne répondait pas et quand on ne répondait pas, cela pouvait devenir grave. Cela voulait dire que soit t'étais mort, soit t'allais le devenir. Mais la plupart du temps, les retardataires avaient pas mal d'amis qui, du coup, lançaient un « Présent » à leur place. En même temps, il y avait tellement d'élèves qu'on ne savait plus vraiment qui était présent ou pas. En tout cas, ce n'était pas ce qui importait la Dessinatrice. Elle, ce qu'elle voulait, c'était aller en cour de Dessin.

Du coup, après l'appel et un copieux petit déjeuner. Oui, elle l'avait fait bien copieux parce que le Dessin, ça consomme de l'énergie et pour avoir de l'énergie, ben fallait manger. Par contre, cela l'avait un peu ballonné. Enfin, c'était pas grave, cela allait passer dans tous les cas. Bref, toujours était-il qu'elle devait se rendre en cours et pour une fois ce n'était pas dans la salle de Dessin. Oui, apparemment, c'était dans clos de la fontaine, non, la cour d'exercice... Euh... Pendant que le joueur derrière Lyuuna remonte le post pour bien lire, nous vous laissons un petit documentaire sur la langouste :


-Contrairement à une idée largement répandue, la langouste se nourrit exclusivement de fruits de mer. Ce qui ne l'empêche pas de rester très humaine.

La Dessinatrice se dirigea donc vers la cour de la fontaine. C'était un endroit plutôt bruyant d'habitude. Hors des horaires de cours c'était l'endroit favoris de tous les élèves pour discuter de tas de choses dans un cadre magnifique. Mais là, c'était quasiment vide, y'avait quelques autres Dessinateurs, mais pas trop. Du coup, Lyuuna s'avança, tentant de repérer des têtes connues dans le flot. Y'avais des Kaelems, des Aequors, mais peu de Teylus. C'était vachement étrange. Elle se souvenait d'ailleurs que dans le cours de combat, y'avait plein de Teylus mais peu d'Aequor... C'était triste. Genre les Aequors c'était forcément des Dessinateurs et les Teylus des combattants ? C'était une convention ?

La Kaelem enquêterait sûr ce sujet plus tard. Une dame pleine de prestance venait d'apparaître dans la cour. On voyait qu'elle n'avait pas eu de problème pour se lever, les cheveux bien coiffer et le visage frais. Lyuuna ne put s'empêcher de se recoiffer encore une fois. C'était sûrement la Maître du Dessin : Myra Ril'Otrin. Elle ne l'avait même pas vu arriver... Elle avait dû faire un Pas sur le Côté. La Dessinatrice venait de trouver son idole. Attend, la Maître savait faire un Pas sur le Côté. Genre c'était trop énorme, trop gigantesquement supra méga trop giga cool.

Lyuuna fut tirée de son état de poulpe au grand yeux plein d'admiration par le début du cours. Aujourd'hui, c'était un nouvel aspect du Dessin, ce qui était plutôt pratique vue qu'elle avait participé à aucun autre cour de Myra. Aujourd'hui, elles allaient étudier comment changer la matière des objets. Trop génial ! C'était super pratique, genre pour la couture, si tu achetais une aiguille en os, celle qui était bien moins chère que celle en métal et que tu la transformais en fer ou acier, ben tu économisait plein de sous. Bon par contre, ça ne devait pas non plus tenir des lustres, mais c'était déjà ça ! En plus, elle avait lu plein de passage où les héros Dessinateur changeaient les armes des ennemis en bois, du coup moins efficace.

Elle s'imagina quelque seconde en train de faire face à une horde de raïs et de transformer tout leur attirail en vapeur. Ce serait tellement trop géniale... Et en plus ça faisait classe. Bon, maintenant, il fallait écouter les véritables instructions. Trouver l'objet, l'accrocher et ne pas la lâcher, ensuite, utiliser sa Volonté pour le faire plier à ses désirs. Elle répéta les étapes pour les retenir. Trouver, accrocher, pas lâcher, Volonté, désir. Facile à dire, mais pas facile à faire. Du coup, elle les repassa une dernière fois dans sa tête pour bien tout comprendre. Trouver, accrocher, pas lâcher, Volonté, désir.

Lorsqu'elle sortit de son état de répétition et d'assimilation, elle regarda autour d'elle... Il fallait se mettre en binôme. Genre, à deux, en paire. Pas en monôme, tout-seul... Comme elle l'était. Elle regarda autour d'elle... Et elle allait se mettre avec qui ? D'une petite voix un peu basse, elle demanda :


-Y'a quelqu'un qui veut aller avec moi ?

Toute timide, elle regarda les alentours, il y avait-il seulement des personnes charitables ici bas ?


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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Dim 1 Sep 2013 - 18:57

Lorsqu'elle ouvrit les yeux ce matin là, Eiluun savait que ce jour ne serait pas comme les autres. Oh, il leur ressemblerait beaucoup, délivrant son flot de petites habitudes et rituels. En fait, ce jour serait presque identique aux autres jours.
En se levant, elle prendrait une douche rapide, tiède, le plus tôt possible, avant que tout le monde ne se rue vers les salles d'eau. Pour ne pas les déranger. Et puis une fois sèche, elle revêtirait son uniforme de Kaelem, en faisant attention à ne pas le froisser. Elle préférait avoir son uniforme bien tiré pour ne pas recevoir de regard noir des gardes ou de l'intendant. Une fois, elle s'était tachée avec de l'encre au réveil et elle avait même écoper d'un commentaire d'un autre élève. Ce n'était pas parce qu'elle était à l'académie de Merwyn, au milieu de jeunes de son âge et dans une ambiance bien différente de celle de Fériane, qu'elle devait oublier qu'elle était inférieur à eux. A eux tous. Et que par conséquent, il était de son devoir de ne pas se faire remarquer par un comportement déplacé. Elle se devait de suivre les règles à la lettre et c'est pour ca qu'elle faisait à présent très attention à son uniforme avant d'aller à l'appel.
Parce qu'ensuite sa journée presque comme les autres, se poursuivrait par l'inévitable appel organisé par l'intendant. Et ce n'est que fois qu'elle aurait entendu «
 Kil'Eliam Eiluun » et répondu « Présente » qu'elle ne s'autoriserait à attaquer le petit déjeuner.
Et la suite serait également banale, un enchaînement de cours et de temps libre pour revoir ce qu'elle avait appris aujourd'hui, ou pour passer du temps avec son Maître.
Oui, cette journée serait presque comme les autres.
Sauf qu'une chose serait différente aujourd'hui. Eiluun Kil'Eliam avait son premier cours pratique de Dessin.


Eiluun n'arrivait pas à oublier ce qu'elle avait ressentit auprès de Gwëll à l'infirmerie. Elle ne pourrait jamais l'effacer de sa mémoire. Il lui suffisait de fermer les yeux quelques secondes pour sentir à nouveau cette sensation l'envahir. Pour sentir tout un univers à portée de main. Certes, malgré tout ses essais, elle n'avait pu franchir le portail seule. Sauf cette nuit là peut être, mais c'était un accident qui avait bien faillit se terminer en catastrophe et elle préférait ne plus y penser. Néanmoins, grâce à Gwëll, elle savait ce qu'il y avait de l'autre côté. Grâce à son Maître, elle avait vu ce monde, elle avait vu son infinité de possible. Et elle n'avait qu'une envie. Y retourner. Retrouver cette plénitude. Dessiner.

Et aujourd'hui était l'occasion qui lui manquait pour recommencer.
C'est pourquoi Eiluun eut beaucoup de mal à se retenir de courir quand l'heure tant attendue arriva enfin.


Le cours se passait en extérieur. Et un grand soleil éclairait la fontaine, ses rayons jouant sur la surface de l'eau, se reflétant sur le visage des nombreux élèves présents. Elle était arrivée en même temps que Gwëll, bien qu'elle n'ait pas suivi la jeune fille et elle interpréta ca comme un signe qui fit gonfler sa bonne humeur... et agrandir son sourire.
En réalité, elle était arrivée en même temps que beaucoup d'autres étudiants, principalement de Kaelem et d'Aequor. Elle reconnu quelques têtes dans sa maison, et d'autres parmi la foule bleue.
Elle avait l'impression que les reflets du soleil allumés des feux sur les uniformes carmins, et qu'ils dessinaient des vagues sur ceux azurs.
Chaque détail lui semblait étrangement merveilleux à cet instant et elle avait l'impression que le clapotis de la fontaine riait avec elle.

Soudain, sans qu'aucun signe ne l'annonce, Myra Ril'Otrin, primat de Kaelem et professeur de Dessin à l'académie de Merwyn fit son apparition aux milieux de ses élèves.
Elle s'assit à l'écart, attendant que tous soit présent. Les conversations qui s'étaient brièvement tues reprirent mais Eiluun ne pu détacher son égard de la jeune femme.
Bien sur comme tout le monde, elle avait entendu parler du pas sur le côté lors des cours théoriques.  Mais c'était autre chose d'en entendre parler que de voir quelqu'un apparaître ainsi devant ses yeux.
Eiluun savait que cet aspect bien particulier du Don n'était pas à la portée de tous. Et elle n'espérait même pas y arriver un jour. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Sur ce que l'on pouvait ressentir, enfoncer aussi loin dans les Spires. Elle se demandait si son Maître savait le faire. Si sa mère avait su, à cette époque où elle n'avait pas encore basculé dans sa douce folie.
Que pouvait-on bien éprouver lorsque notre corps quittait ainsi un endroit pour un autre ? Elle ignorait qu'elle connaissait déjà la réponse au fond d'elle même. Qu'elle avait été transportée, presque mourante, par le Don de Terra.

Myra Ril'Otrin se releva de son banc, arrachant Eiluun à sa contemplation et à ses pensées, et s'approcha de la fontaine. Le cours allait commencer.


Les mots de la grande Dessinatrice sonnaient aux oreilles de la Kaelem comme une tendre promesse tandis qu'elle exposait à ses élèves le programme du cours.
Et soudainement, les reflets du soleil devinrent des auréoles, ricochant à présent sur la brume qu'était devenu l'eau de la fontaine.
Eiluun ne pu s'empêcher d'ouvrir grand les yeux devant ce spectacle. Chaque goutte d'eau transparente était devenu de la vapeur irisé, renvoyant sur leurs visages sa lumière.
Elle eut envie de tendre la main, de se laisser caresser par cette brume colorée, mais elle n'osa pas. De peur de la briser. De rompre le charme.
Elle pensa soudain à sa grand mère, qu'elle n'avait jamais connu. Aöpal était une Marchombre.
Les Marchombres chevauchaient la brume.
Et à cet instant elle avait presque l'impression qu'un jour les Dessinateurs aussi en seraient capables.

La voix de leur professeur se tue, et la fontaine lui paru étrangement silencieuse sans le rire cristallin de son eau.
Elle détourna à contrecoeur son regard de la brume.
C'était à son tour maintenant.


Eiluun chercha son Maître du regard. Elle avait hâte de se plonger dans les Spires à ses côtés tout en ne pouvant empêcher les doutes de l'envahir. Et puis soudain Gwëll fut devant ses yeux, effaçant aussitôt ses craintes, et elle sentit son coeur battre plus fort dans sa poitrine.
Tout comme elle l'entendit se briser, éclater en milles morceaux comme un verre en cristal jeté du haut d'une falaise, lorsque les paroles de son Maître l'atteignirent.
Son maître. Ses grands yeux noisettes et son sourire. Ses longs cheveux blonds qui tombaient en cascade sur son uniforme aux couleurs du ciel et de la mer. Et sa voix si douce, si chaleureuse. Si acérée et tranchante à cet instant. Comme la lame d'un poignard que l'on aurait enfoncé dans sa cage thoracique. Elle eut soudain l'impression de suffoquer. Comme si l'air l'évitait à tout pris. Elle sentit le froid s'insinuer en elle, glaçant chacun de ses os, chaque centimètre de sa peau. Après tant de temps passé ensemble, tant de moments partagés, Gwëll l'avait emmené si haut. Et plus haut on était monté, plus dure était la chute.
Et à cet instant Eiluun avait l'impression que jamais, jamais elle ne parviendrait à se relever. Elle entendait chacun des mots de la jeune fille résonner dans son crane. Ils rebondissaient dans sa tête et ne semblait vouloir la quitter. Mots parasites. Et pourtant, elle n'arrivait pas entièrement à leur donner un sens. Peut être tout simplement, parce qu'elle ne voulait pas qu'ils en aient un.

Elle sentit ses lèvres s'étirer bien malgré elle, offrant un sourire doux à la jeune fille. Comme si elle comprenait. Comme si elle était entièrement d'accord.
Elle voulu tendre la main, rattraper la jeune fille qui s'éloignait à présent. Voulu ouvrir la bouche, dire quelque chose. Crier. Mais elle ne bougea pas, gardant sur son visage figé, son sourire amer.
Elle avait déçu Gwëll. Elle le savait. Elle avait lassé Gwëll. Elle l'avait usé, à la suivre partout, à vouloir toujours être prêt d'elle. A vouloir devenir son ombre.
Elle avait échoué, avait été une mauvaise fée.
Et Gwëll se détournait d'elle, s'approchant d'une fille blonde qu'Eiluun ne pu se retenir d'haïr aussitôt.

Elle soupira faiblement. Avant de relever la tête. Elle venait de perdre une bataille. Mais pas la guerre. Rien n'était joué. Elle était née, avait été élevée dans le seul et unique but de servir le Maître. Et elle ne renoncerait pas pour si peu. Non, elle se battrait jusqu'au bout. Reconquerrait Gwëll. Passerait chacune de ses secondes à le faire.
Gwëll n'était pas à elle. Gwëll ne le serait jamais. Mais elle appartenait à Gwëll. Corps et âme. Et elle ne se laisserait pas mettre de côté. Elle ne laisserait personne prendre sa place.

Lentement, elle lissa son uniforme écarlate, laissant dans ses yeux s'allumer la même lueur enflammée. Après un dernier regard pour celle à qui elle avait décidé d'offrir sa vie, elle reconcentra toute son attention sur le cours.
Certains élèves s'étaient déjà mit par deux et commençaient l'exercice dans un mélange d'impatience et d'appréhension. D'autres cherchaient encore leurs partenaires à coup d'oeillades timides. La Kaelem aperçut alors la silhouette de Mademoiselle Attalys, qui n'avait apparemment pas encore trouvé de binôme. Elle s'avança vers elle en lui souriant, et vit le visage de la jeune fille se fendre du même sourire.

De toutes les personnes présentes à ce cours, Attalys était, à l'exception de Gwëll, la seule personne en qui Eiluun avait confiance. La seule avec qui elle se sentait presque égale. Presque.
Parce qu'Attalys connaissait peut être même plus de chose sur elle que son Maître, après leur après -midi passé ensemble à la bibliothèque.
Car c'est au côté de la jeune Aequor qu'elle même avait commencé à comprendre qui elle était vraiment.
Eiluun savait qu'Attalys ne la jugerait pas sur ses faibles capacités en dessin. Elle savait que la jeune fille ne lui en voudrait pas de ne pas y arriver. Ou du moins elle l'espérait.
Parce qu'elle savait, et ce coup ci elle en était sure, elle allait échouer. Elle ne savait pas dessiner. Pas seule. Elle ne pourrait reussir sans Gwëll. Et Gwëll lui avait préféré les longues boucles d'une jeune fille de Teylus.

Mais même si elle ne pourrait être la binôme idéale, elle ferait tout son possible pour aider Attalys. Parce qu'Attalys lui avait offert la sienne. Lui avait prêté une oreille attentive. L'avait accompagné de son enthousiasme et de sa gentillesse naturelle. Sans rien demander en échange. Parce qu'il était né entre elles, un quelque chose qu'elle ne saurait définir. C'était différent d'avec Gwëll. Différent d'avec Kleyran. Différent encore d'avec Ambre. Oui, il y avait un quelque chose. Un quelque chose sans nom, mais un quelque chose.
Et à cet instant, elle était presque heureuse à l'idée de faire ce premier cours au côté de l'Aequor.

Elle était à présent suffisamment proche d'elle pour se faire entendre, et c'est avec une voix timide qui la surprit elle-même qu'elle lui demanda :

- Est-ce que tu veux bien faire l'exercice avec moi, s'il te plaît ?


C'est fou le pouvoir que pouvaient avoir les mots. Ils pouvaient nous faire saigner comme apaiser les blessures. Car autant ceux de Gwëll lui avaient fendu le coeur en deux lobes sanguinolents, autant ceux d'Attalys, qui acceptait sa proposition avec son doux sourire, venaient presque de les recoller. Presque. Certes, les mots d'Attalys n'avait pas à ses yeux, la puissance de ceux de Gwëll, mais sa poitrine lui faisait déjà un peu moins mal. Alors ca tiendrait le temps que ca tiendrait, mais c'était déjà beaucoup mieux que rien.


Eiluun posa son regard sur l'objet devant elle. C'était à présent que tout se compliquait. C'était à présent qu'il lui fallait avouer à sa partenaire la vérité.

- Attalys. Il faut que je te dise quelque chose. Je... Je... Je ne peux pas rentrer dans les spires.

Pas sans Gwëll.

- Je suis désolée, j'aurais du te le dire avant. Mais, je voulais pas que tu me laisses toute seule.

Pas après que Gwëll l'ai fait.

- Mais je pense que je peux quand même être utile tu sais. Je... Je peux voir des choses dans les Spires. Je ne peux pas y entrer, mais je vois de l'autre côté du mur. Je... J'ai déjà essayé.

Elle ne pouvait pas lui parler des sabliers. Pas avouer ce qu'il s'était passé cette nuit là. Cela devait rester un secret entre elle et la petite demoiselle Elizia.

- J'ai déjà vu des dessins de l'autre côté du mur. Je n'ai jamais essayé avec des objets réels mais je... je pense que je peux y arriver. Si Mademoiselle Ril'Otrin nous dit qu'on doit les trouver dans les spires, c'est qu'ils doivent y exister. Cette trace... Je pense que je peux la trouver. Je ferais tout pour. Et je n'aurais plus qu'à t'appeler quand je les aurais aperçu. Et tu n'auras plus qu'à suivre ma trace.

Elle plongea ses yeux rubis dans ceux émeraudes d'Attalys.

- Laisse moi essayer et je ne te décevrais pas, je te le promets.

Sans attendre la réponse de la jeune fille, elle ferma les yeux...
Et le portail se dressa encore elle et l'Imagination.
Il n'était plus aussi effrayant à force. Il paraissait moins grand, moins impressionnant peut être.
Mais elle ne lui accorda pas d'attention. Elle devait trouver les objets. Elle savait que ce ne serait pas aussi aisé qu'avec les sabliers, si volumineux, si orageux de l'autre côté du mur. Mais elle devait les trouver. Pour Attalys. Parce qu'elle le lui avait promis. Pour Myra, pour montrer qu'elle méritait sa place d'élève dessinatrice. Pour Gwëll. Pour lui prouver qu'elle valait bien plus qu'il n'y paraissait.
Elle ne devait pas échouer. Pas cette fois.

Lentement, elle s'approcha du mur qui cernait les Spires. Lui aussi lui semblait soudain plus fragile. Elle avait l'impression qu'il s'effritait presque sous ses doigts. Mais elle ne s'attarda pas sur ses détails. Ne chercha pas à comprendre le pourquoi. Parce qu'Eiluun était peut être la plus grande aveugle dans son propre univers. Oui Eiluun ne voyait pas que ce jour n'était pas comme les autres. Elle ne voyait pas que les choses changeaient petits à petits.
Non, tout ce qu'elle voyait, c'était ce minuscule éclat brillant. A travers un trou dans le mur. Un trou qui pourtant n'était pas là la dernière fois, mais ca elle l'ignora. Oui à travers lui, elle voyait les rayons d'un soleil absent rebondir contre un objet. Un minuscule objet. Trop lisse, trop net, trop compact pour appartenir à ce monde.
Un objet réel. Ou plutôt sa trace pareille à lui.
Un objet réel. Dans son Imagination.

A l'entrée des spires, Eiluun ne pu s'empêcher de sourire, et elle était presque sure que son corps, resté dans la cour de la fontaine esquissait le même.
Sans lâcher l'objet des yeux, elle pensa de toutes ses forces à Attalys. Elle se rappela le son de sa voix, et leurs rires dans la bibliothèque. Ses yeux pétillants face à leurs recherches.
Elle ouvrit les lèvres et murmura son prénom.
Elle ne savait pas si, dans la réalité, elle avait appelé la jeune fille, mais elle espérait que quoi qu'il arrive, elle l'entendrait.
Maintenant, il ne lui restait plus qu'à attendre.
Et à sourire.



_______________
A R., puisque quoiqu'il advienne, tu resteras extraordinaire.

"Eiluun, please forget to fall down,
Eiluun, don't you go down."

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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Lun 2 Sep 2013 - 9:31

- Eh, oh, ça avance, là-d'dans ? T'as bientôt fini ou tu comptes terminer ta nuit ici ?

La grosse Kaelem qui patientait devant Attalys tambourina encore un peu sur le linteau de bois avant de laisser retomber son bras le long du corps en jurant entre ses dents. Au même moment,  la porte s'ouvrit à la volée pour laisser passer une Teylus dégoulinante avec laquelle elle échangea un regard incendiaire, après quoi elle se dépêcha de s'engouffrer à l'intérieur. La jeune Aequor entendit le verrou claquer derrière la jeune fille et elle soupira, se frottant des yeux encore papillonnant de sommeil. Qu'est-ce qui lui avait pris de décider à la dernière minute d'aller faire un saut à la salle des eaux juste avant l'appel ? Certes, elle était loin de se douter que toutes les figures féminines de l'Académie s'y donneraient rendez-vous et, surtout, qu'elles mettraient autant de temps à se débarbouiller. De plus, chacune, en prise avec un soudain accès de pudeur incontrôlable, avait tenu à se toiletter en solitaire ; résultat : il était très exactement six heures moins douze et Attalys n'avait toujours pas pris son bain. S'adossant contre le mur, elle bâilla à s'en décrocher la mâchoire, laissant son regard errer dans le couloir désert. Sept minutes plus tard, la  porte se rouvrit et elle se précipita dans les vestiaires. Il lui restait donc cinq minutes pour se doucher, enfiler son uniforme et rejoindre la Grande Salle. Cinq minutes. Elle commença à faire couleur l'eau tout en se déshabillant puis s'y glissa avec délice. Malheureusement, elle n'eut guère le temps de profiter de la chaleur qui se répandait dans son corps et se savonna rapidement avant de sauter hors du bassin. Une serviette à la main, ses sous-vêtements dans l'autre, elle s'empressa de se vêtir de ses habits quotidiens qui lui collèrent à la peau puis sortit en coup de vent de la salle des eaux. Une minute. Elle se mit à courir dans les couloirs, tentant avec assez peu de succès de brosser ses cheveux humides tout en trottinant en direction de la Grande Salle. Six coups résonnèrent quelque part dans l'Académie et elle accéléra encore. Elle devait être la dernière. Encore un escalier, quelques virages et elle y était. Elle ralentit sur les derniers mètres, dissimula son peigne en corne dans sa manche et se glissa dans la  pièce avec toute la discrétion dont elle était capable. Tous les élèves étaient déjà installés par Maison, et elle repéra Gwëll qui, sans doute inquiète de ne pas la voir arriver, guettait avec anxiété les allées et venues des étudiants. Sans savoir si elle l'avait repérée, la jeune femme lui sourit et s'approcha du groupe des uniformes bleus en rasant les murs.

- Atanaël Tiën. Dyona Tijj.

Attalys rejoignit son amie et s'assit à la place qu'elle lui avait réservé, à côté d'elle, à sa gauche, puis la remercia à mi-voix.

- Attalys Til'Ewin.
- Présente.

Et l'appel continua dans le silence le plus complet tandis la Dessinatrice observait avec envie le petit-déjeuner pantagruélique qui encombrait les  tables.


*

Cour de la Fontaine, pas clos d'exercices. C'était ce que se répétait Attalys en marchant à grandes enjambées. Décidément, elle avait le chic, aujourd'hui. D'abord en retard à l'appel et, à présent, en retard au cours de Dessin. En même temps, qu'est-ce qui lui avait pris de croire qu'il avait lieu au clos d'exercices ? Ce n'était que sur place, en arrivant dans un endroit désert, que le mot 'Cour de la Fontaine' lui avait traversé l'esprit. Alors, elle avait fait demi-tour tout en se demandant ce qui ne tournait pas rond chez elle.

Heureusement, Myra n'était pas encore arrivée lorsqu'elle parvint au lieu-dit. Elle en profita pour reprendre son souffle avant de réaliser, au bout de plusieurs secondes, que la jeune femme était paisiblement assise sur un banc, raison pour laquelle elle ne l'avait tout d'abord pas aperçue. Le cours n'allait donc pas tarder à commencer. Et, en effet, leur professeur se leva quelques minutes et quelques élèves plus tard, prenant la parole de sa voix si douce et si chaude qui ressemblait à de la brioche dorée cuite à pointe, avec juste ce qu'il faut de fondant et de croustillant. Il y avait même l'odeur. Après les avoir salués, elle leur expliqua le principe de l'exercice de ce jour. Changer la matière à l'aide de sa volonté. La jeune fille écarquilla les yeux. Elle ignorait même que cela était possible. Ce qui était idiot puisque, avec le Dessin, rien ou presque n'était impossible - la seule limite de leur Don étant leur propre imagination. Et puis, la blonde enseignante se tourna vers la fontaine. Aussitôt, l'eau qui s'en échappait dans un délicat chuintement changea de consistance pour se métamorphoser en une brume colorée qui arracha des exclamations émerveillées à l'assemblée des apprentis Dessinateurs. Sa petite démonstration faite, Myra reprit la parole, précisant ses attentes. Et toujours le même mot qui revenait : volonté.

Pour finir, elle leur demanda de se mettre par deux et de choisir un objet dans le sac qu'elle tenait à ses pieds. Les élèves acquiescèrent puis, comprenant qu'elle avait terminé, se rassemblèrent afin de discuter des paires. Les groupes commençaient à se former tandis qu'Attalys hésitait. Gwëll irait avec Eiluun, bien sûr. Elle chercha Enelyë du regard avant d'entendre une petite voix timide quelque part sur sa droite. Une nouvelle étudiante, apparemment. Elle allait se diriger vers elle quand une seconde voix, tout aussi timide, retentit tout près de son oreille cette fois-ci. Une voix qu'elle reconnut aussitôt, même si sa propriétaire n'ouvrait pas souvent la bouche.


- Eiluun ?

Elle haussa un sourcil. Pourquoi ne se mettait-elle pas avec Gwëll ? Cependant, elle avait l'air si hésitante, si craintive, si malheureuse, même, qu'elle n'eut pas le cœur de lui poser la question.

- Oui, évidemment, ça me fera très plaisir !

Elle sourit tandis que la Kaelem, soulagée, se rapprochait d'elle. L'Aequor se rendit auprès de Myra afin de choisir un objet et se décida pour une petite figurine de glaise. Lorsqu'elle revint vers Eiluun, elle remarqua que la jeune fille paraissait angoissée mais mit cela sur le compte de l'exercice. Toutes deux s'éloignèrent un peu afin de chercher un endroit tranquille, à l'écart des autres étudiants, et Attalys posa délicatement l'objet sur le sol devant elle. Alors, sa compagne ouvrit la bouche. Sa voix tremblait un peu et, au fur et à mesure de ses révélations, la jeune femme en comprit mieux la raison. Une Dessinatrice incapable de rentrer dans les Spires ? Comment cela était-ce possible ? Emplie de compassion, elle ne put pourtant s'empêcher de tressaillir quand Eiluun lui proposa un marché : elle trouvait la trace de l'objet, la lui indiquait puis elle n'avait plus qu'à en transformer la matière. Et, sans lui laisser le temps de répondre, elle ferma les paupières, se faufilant dans l'Imagination.

Attalys résista à l'envie de la suivre afin de voir comment elle s'y prenait et, prenant son mal en patience, détailla les autres groupes munis de leurs différents objets. Enelyë était avec Lev alors que Gwëll se trouvait avec une Teylus blonde, une certaine Loeva. Un instant, elle se demanda si c'était elle qui avait tenu à ce que la jeune Kaelem change de partenaire, et pourquoi. Et puis, la physionomie d'Eiluun, à ses côtés, sembla se modifier. Un sourire. Alors, une voix retentit, à la lisière de son esprit, à la frontière entre les deux mondes. Sans réfléchir davantage, l'Aequor se laissa porter par l'appel et pénétra à son tour dans l'Imagination.

Elle repéra aussitôt la jeune fille, debout devant les Spires, l'attention fixée sur un point de l'autre côté du portail. Elle se retourna légèrement, toujours souriante, et fit signe à Attalys d'avancer. Celle-ci se rapprocha et, comme l'autre tendait une main éthérée en direction de l'objet invisible qu'elle dévisageait avec tant de concentration, elle aperçut une sorte de halo brillant et, juste en dessous, la trace de la petite figurine en terre cuite. La jeune femme hocha la tête afin de signifier qu'elle l'avait vue, elle aussi, puis pénétra dans la Spirale, les yeux accrochés à l'objet. Elle avait toujours conscience de la présence d'Eiluun, loin derrière elle, mais ne pouvait détacher son regard de la trace scintillant dans le méandre des Spires.

Et, enfin, elle y fut. Un seul mot occupait son esprit, à présent. Volonté. Les possibilités défilaient en elle, devant elle, partout, sans qu'elle ne réussisse à choisir. Glace, pierre, sable, tout tournait, et tout allait vite, trop vite. Volonté. Elle serra les dents, le tourbillon ralentit et elle fixa son choix sur du bois, un bois dur et brun, lisse au toucher. Volonté. Se concentrant sur la figurine, elle lutta, bois contre terre, terre contre bois. Elle y était presque, cependant, quelque chose manquait encore, qu'elle ne pouvait définir. Alors, tout à coup, elle sentit quelqu'un se précipiter à ses côtés, renforçant son don, affirmant sa volonté, la soutenant, à la fois mentalement et physiquement. Le quelque chose, enfin, se débloqua, et Attalys rebascula dans réalité, encore plus haletante et essoufflée qu'en arrivant à la porte de la Grande Salle le matin-même.

L'objet, devant elle, avait changé, et les rayons du soleil jouaient sur le bois dont il était constitué en le parant de reflets rougeâtres.

Et Eiluun, à côté d'elle, qui lui tenait la main. Elle souriait.



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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Lun 2 Déc 2013 - 19:52

L'exercice débuta dans un brouhaha monumental, comme à chaque début d'exercice. La moitié des objets partirent rapidement et les élèves étaient en groupe de deux. Parfait. L'exercice promettait d'être instructif, et, par chance, ils semblaient tous aptes à écouter le cours cette journée-ci. Enfin, elle l'espérait. Elle croyait qu'ils étaient attentifs, mais elle n'avait cependant jamais su lire sur les visages. Lui mentir était donc aisé, ce qui ne lui était pas toujours d'une grande aide pour son laborieux rôle de Primat. Elle faisait de son mieux, même si elle savait qu'elle se faisait plus d'une fois bernée par ses élèves. Elle faisait pareil à leur âge. Moins souvent, certes. Cela n'empêchait pas qu'elle avait aussi été un jour à leur place et qu'elle avait adopté les mêmes comportements.

Les premiers dessins apparurent dans les spires et basculèrent dans la réalité. Heureuse de découvrir que certains comprenaient l'exercice, elle commença à tourner entre les groupes, les mains dans le dos. Sa longue robe suivait les courbes de sa marche alors que rien ne venait troubler l'attention qu'elle portait au travail qui était en train d'être effectué. Pas même un sourire.
Un “madame“ fusa par la droite et elle tourna la tête. La petite Elya semblait perdue face à Lyuuna, sa partenaire. Timide, Elya n'arrivait pas toujours à prendre des initiatives, c'était sans doute pour cela qu'un sourire d'encouragement se fraya un chemin sur les lèvres de la professeur de dessin. Elya n'avait pas tardé à poser sa question, pour une fois.


- Oui Elya ?

- Je... je n'y arrive pas, je ne sais pas... comment faire. J'ai pas réussi à voir comment vous faisiez avec la fontaine...

Myra jeta un regard vers Lyuuna pour savoir si elle n'avait pas compris, elle aussi. La kaelem semblait avoir compris le principe de l'exercice. Ca en faisait une sur deux, c'était un bon début. Dirigeant à nouveau ses prunelles orangées vers Elya, elle répondit à sa demande.

- D'accord, ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas. Je vais te montrer à nouveau, mais cette fois-ci, suis-moi dans les spires. Lyuuna, tu peux aussi suivre mes traces dans les spires pour observer comment faire, ça ne peut que t'aider même si tu semble avoir compris le principal. Prêtes ?

Les deux jeunes filles secouèrent la tête et la professeur prit leur objet comme toile à son dessin. Elle leur fit un clin d'oeil et entra en douceur dans les spires. Ralentissant son allure pour que ses élèves puissent la suivre, elle effectuait son dessin à la perfection. D'abord trouver la trace de l'objet, puis accrocher son esprit à lui. Faisant appel à sa volonté, elle fit plier chaque courbe de l'objet selon son bon vouloir et lorsqu'enfin son idée fut achevée, elle se retourna pour lancer un sourire aux deux kaelems. Elle bascula son dessin dans la réalité.
La petite boite ambrée sembla alors fondre comme de la glace au soleil, un brin plus rapidement. L'ambre de la boite dansait presque dans la flaque qui terminait de se former sur le sol, on aurait même pu voir des formes distinctes se dévoiler dans ses vagues. Comme si un conte tentait de leur parvenir à travers l'eau ambrée.


- Alors, tu as compris cette fois, Elya ?

La petite dessinatrice secoua vivement la tête. Myra laissa alors les deux jeunes filles après avoir redonner sa forme originelle à la boite et l'autorisation aux filles de changer d'objet si elles le désiraient.
La Primat reprit son tour des groupes pour répondre à d'éventuelles questions. Tout semblait se dérouler à la perfection, même Elya et Lyuuna qui venaient de commencer l'exercice.
Une petite voix s'éleva encore en prononçant un second “madame“, mais ce n'était pas Elya. La professeur se dirigea alors vers Gwëll qui lui posa une question tout à fait pertinente.


- Tu as totalement raison, Gwëll. Il est beaucoup plus aisé de trouver la trace d'un objet imposant dans les spires qu'un de plus petite taille. Mais tu viens de le dire toi-même, plus un objet est gros, plus il existe de surface à transformer, plus il existe de surface à soumettre à sa volonté. L'effort demandé est donc plus grand pour modifier la nature d'un objet de grande taille. La recherche d'un petit objet dans les spires est certes plus longue, mais moins fatigant que de modifier la matière d'un objet imposant. Je n'aimerais pas que vous vous fatiguiez trop vite, j'ai d'autres exercices pour vous, tu comprend ?

Elle lui sourit. Plusieurs élèves s'étaient déjà levés pour prendre le second objet de l'exercice, un peu plus gros. A présent, il leur fallait recommencer l'exercice, mais en changeant plusieurs fois de suite la matière de l'objet en question.




[ Le second exercice c'est pas pour tout de suite, j'fais durer le suspense... mais je vous assure que ça va être rock'n'roll pour la suite Twisted Evil]


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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Lun 10 Fév 2014 - 22:02

Dame Myra était impressionnante en vrai. Mais imaginez, dans les Spires ! Nan mais c'était quelqu'un d'encore plus magnifique. Tellement de prestance, de classe. Enfin, c'était comme ça que Lyuuna la percevait. Un peu comme un modèle à suivre, enfin même si elle était professeur de dessin et pas Sentinelle, mais franchement c'était déjà bien. Lyuuna et Elya se sentait un peu petite face à une telle puissance. Oui, elle avait terminé avec Elya. Une fille plutôt timide, enfin, plus que la normal. Mais la Kaelem l'appréciait déjà beaucoup. En effet, elle était venue vers elle quand elle avait demandé si quelqu'un était disponible pour faire le cours avec elle.

Du coup, les deux filles s'étaient lancées dans l'exercice avec entrain. La Kaelem s'était élancé dans les Spires avec joie, heureux de retrouver ce monde où elle était telle qu'elle le voulait. Une farouche aventurière, le bâton de mage à la main. Le plus compliqué fut de retrouver le coffre dans l'Imagination. C'était un tout petit objet qui n'avait qu'une petite répercussion. Surtout au milieu de ce capharnaüm de personne qui y arrivait très bien. Enfin, quand la jeune demoiselle trouva l'objet, après de sérieuses minutes, elle banda sa volonté et la lança contre le coffret. Mais rien ne se produisit. Grommelant, elle sortit des Spires et dit gentiment à Elya que c'était à son tour.

Sa jeune partenaire avait une présence étrange dans l'Imagination, Lyuuna le sentait bien, c'était différent de cette petite enveloppe chétive qui lui servait de corps. Elle avait tant de possibilité, mais sa timidité lui faisait défaut. Elle n'osait pas assez s'aventurer, voyager. Si bien qu'elle eut du mal à trouver l'objet. La Kaelem sentait cette fille utiliser sa Volonté puis tout s'arrêta, comme si elle n'osait pas. Un peu frustré, la blonde la regarda d'un air effaré et allait lui demander ce qu'il s'était passé quand sa camarade appela Madame Ril'Otrin.

Ce qui se passa ensuite était magnifique. Suivre la professeur dans les Spires c'était magique. La voir travailler était merveilleux. C'était comme un ouragan d'inventivité et de force. Une tornade à double effet KissKool. Mais Lyuuna se concentra un peu plus sur la façon dont elle changeait la matière des objets. En fait, il ne fallait pas simplement envoyer sa Volonté sur l'objet, il fallait l'accrocher, l'empêcher de contrer, utiliser sa Volonté, non pas comme un arc, mais plus comme le burin d'un tailleur qui travaillait petit à petit sa pierre. Lorsqu'elles sortirent des Spires, la Kaelem blonde eut un goût de trop peu dans la gorge. Elle aurait tellement voulu en voir plus. Mais cela pouvait devenir dangereux de s'abîmer dans les Spires lui avait-on dit.

Alors, elle laissa Elya recommencer. Cette fois-ci, un peu plus sûr, grâce au chemin montré par Madame Myra, elle réussit. Elle s'était accrochée à ce coffre comme une étoile de mer à un rocher. Puis modifiant lentement, mais surement les traits. Lorsque la timide Kaelem sortit des Spires, la boîte était devenue transparente, faites de cristal qui réfractait la lumière. Lyuuna, heureuse pour son amie, la félicita avec entrain. Elya lui offrit un sourire assez mignon, reflétant sa fierté d'avoir achevé l'exercice.

Maintenant, c'était à Lyuuna. Elle commença, trouvant le chemin de la boite plus facilement. Elle se mit au travail. Utilisant sa Volonté elle frappa, transformant le coffret en pierre, petit à petit. Elle frappa sur chaque courbe, faisant muter l'ambre en roc gris. Et elle finit par tracer un petit L dans un coin, signant ainsi son travail.

Lorsqu'elle sortit, elle voulut se rentre compte de son oeuvre. Oui, elle avait réussi à faire de la boite un coffret en pierre, mais son L n'avait pas pris forme. Jurant dans sa moustache -qu'elle n'avait pas- elle se promit de retenter sa signature un autre jour. Car, maintenant, les deux Kaelems s'attaquaient à la deuxième partie, plus compliqué sur un objet plus gros. Elya avait choisit un mini-buste en pierre d'une taille avoisinant les quinze centimètres. En le regardant plus précisément, la blonde n'aimait pas le personnage qui avait été représenté. Il semblait ultra hautain, supra mesquin, avec une petite barbichette bien taillé et une bouche qui semblait vous snober.

Poliment elle laissa sa partenaire commencer. Un peu plus assurée par les précédents essaies, elle réussit à transformer l'objet, une fois, deux fois, trois fois. A chaque fois, c'était une matière différente. Lyuuna était impressionné, elle congratula Elya en l'applaudissant. Maintenant, c'était au tour de la Dessinatrice blonde et elle était impatiente. Elle s'élança, attrapant la trace de l'objet, un peu plus violemment qu'elle n'aurait voulu. La demoiselle entreprit le changement de matière, frappant avec son bâton de Volonté. Glace d'abord, puis bois et métal. Ensuite, elle se dit que si elle pouvait changer la matière, elle pouvait changer sa forme. Alors, de toute sa volonté, elle traça un sourire au buste hautain, lui ajoutant une moustache ridiculement ondulée. Ses cheveux devinrent hirsute et pour finir, elle fit loucher ce regard mesquin. Heureuse, elle s'arrêta pour contempler son travail. Elya était un peu interloqué par le buste étrange qu'elle tenait. Lyuuna lui lança :


-Moi, personnellement, je le trouve plus amical comme ça qu'avant.

Mais comme un pied de nez à son dessin, le buste repris rapidement son ancien visage. Elya souriante lui sortit alors :

-Oui, mais lui n'a pas l'air d'apprécier.

Tout d'abord, cela étonna la blonde qui n'avait jamais vu son interlocutrice essayer de faire des blagues. Cela devait être une preuve d'amitié, qu'elle voulait bien un peu dévoilé de sa personnalité. Les deux nouvelles amies rirent alors ensemble et reprirent les exercices, un sourire aux lèvres.


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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Ven 14 Fév 2014 - 18:57

Il leur fallait à présent changer d'objet. Attalys alla reposer la statuette en bois dans le grand sac de toile et enfouit sa main à l'intérieur. Ses doigts se refermèrent sur une surface plane et lisse, de circonférence apparemment assez étendue, et elle s'en empara sans réfléchir. Elle ne put en revanche s'empêcher de marquer un infime temps d'hésitation lorsqu'elle ressortit l'objet du sac : il s'agissait d'un tambour constitué d'un fût tendu de plusieurs peaux. L'instrument, beaucoup plus volumineux que la statuette, était toutefois étonnamment léger et la jeune femme se hâta de rejoindre Eiluun, qui l'attendait à leur place.

Comme lors de la fois précédente, la Kaelem pénétra la première dans les Spires. Cependant, contrairement à ce qu'elle avait accompli alors, Attalys ne se contenta pas de l'attendre à l'extérieur de l'Imagination et se faufila à sa suite, tendant son esprit à la frontière de la Spirale. Elle demeura néanmoins légèrement en retrait, laissant la jeune fille s'approcher de la barrière qui séparait les deux mondes. Elle-même ne percevait aucune trace pour le moment, mais sa compagne parut se concentrer sur un point invisible à sa vue. Puis cette dernière se tourna dans sa direction et l'Aequor la rejoignit. Ce ne fut que quand elle fut sur le point de franchir le portail qu'elle repéra le halo brillant à son tour, infiniment plus conséquent que celui dégagé par la statuette, et elle se glissa à ses côtés. Volonté.

Étrangement, malgré la taille du tambour, elle réussit l'exercice avec plus de facilité – même si cela lui demanda au total un peu plus de temps. En effet, elle avait cette fois plus de surface à transformer, mais également deux matières différentes à métamorphoser. Mais elle sentait Eiluun qui l'observait, dans son dos, et sa présence réconfortante à son côté dans la cour de la Fontaine. Cette certitude lui redonna de l'assurance et elle s'efforça d'accrocher en douceur son esprit à l'objet. Forte de sa première expérience, elle accomplit l'opération avec un mélange de délicatesse et de fermeté, sans se laisser déborder par le tourbillon de couleurs et de possibilités qui s'engouffrait de nouveau en elle. Elle fit rapidement son choix et, appliquant sa volonté sur le tambour, ne relâcha la pression qu'elle exerçait sur lui que lorsque son Dessin fut terminé. Reculant légèrement afin de contempler son œuvre, elle se rendit compte avec satisfaction que le changement avait opéré. Les peaux étaient à présent un mélange de corne et de tissus tandis que le bois du fût s'était fondu en une multitude de grains de sable qui, en s'assemblant, avaient formé une pierre grise et froide à la consistance proche du granit.

Mais la nouvelle consigne était de changer plusieurs fois de suite la matière de l'objet, aussi s'attela-t-elle de nouveau à la tâche. La pierre céda la place à de la glace, les peaux à un duvet de plumes – le tout réalisé assez simplement et sans réelle difficulté. Emportée par son élan, elle conçut de la même manière un tambour composé d'une association de métal mat et d'ivoire nacré. Heureuse de constater qu'elle s'améliorait, elle décida d'accomplir l'exercice une quatrième fois. Après avoir écarté plusieurs possibilités pour le fût, elle se décida finalement pour une cire molle et épaisse, aussi chaude qu'un bain de soleil, que, malgré tous ses efforts, elle ne parvint pas à raffermir. Partant du principe qu'elle se refroidirait toute seule, elle s'occupa ensuite de l'ivoire. La Dessinatrice désirait de l'originalité. Son esprit se fixa alors sur une odeur terreuse, un bruit sec et craquant, une teinte fauve et rouille... Elle s'y focalisa aussitôt. Ce ne fut que lorsqu'elle fut certaine que sa création avait basculé dans la réalité qu'elle quitta l'Imagination, laissant les Spires derrière elle à regret pour réinvestir son enveloppe charnelle.

Eillun était déjà de retour et détaillait avec des yeux arrondis par la stupeur l'objet qui se tenait face à elles. Attalys, suivant son regard, ne put s'empêcher de laisser échapper un hoquet étouffé. Il ne restait en effet pas la moindre trace du tambour. La cire liquide avait coulé en une petite flaque ambrée aux reflets mordorés, ainsi que du miel fondu. Quant au reste – ce qui était auparavant constitué de peaux animales... Elle ne vit à la place qu'un manteau de feuilles mortes qui s'égailla à un léger souffle de vent, montant dans le ciel comme autant de bulles de savon. Embarrassée, l'apprentie fit simplement remarquer, ponctuant son observation d'un petit rire gêné :


- On dirait bien que nous n'avons plus qu'à aller chercher un autre objet d'étude...


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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Ven 26 Sep 2014 - 3:12

Pfff... Elle n'aimait pas se lever tôt. Bon, c'était légèrement dû au fait qu'il était rare qu'elle se couche tôt, et qu'elle avait tout de même besoin d'un minimum de sommeil pour pouvoir être en forme, et réenchaîner le lendemain. Et même si dernièrement les soirées se faisait rare, à cause de cet idiot et inutile d'Aziel, elle n'aimait toujours pas se lever tôt. Et puis elle se débrouillait toujours pour faire le mur en douce, et aller à une soirée malgré tout. Pas aussi souvent que si ç'avait été Jehan, mais quand même, un peu. Du coup elle était pas très contente de devoir se lever tôt. Tous les jours en plus. Vous imaginez ? C'était impensable pour une fêtarde comme elle. Bon la seule soirée en vue pour l'instant n'était pas vraiment une soirée mais plutôt l'anniversaire d'Astra. Et alors ? C'était un évènement quand même. Et les évènements ça fatigue. Et la fatigue demande sommeil.

C'était pas humain de se lever avant l'aube tous les jours. Vraiment. Fallait se coucher avec l'aube. Ça c'était mieux. C'était vieux jeu de se coucher et se lever en même temps que le soleil. La vie était plus drôle la nuit, plus intéressante, plus... intime. Et puis elle recontrait du monde la nuit au moins. Des personnes intéressantes. Alors qu'à cinq heures du matin elle était loin d'avoir l'esprit suffisament clair pour faire connaissance avec qui que ce soit. Bon, le soir elle avait pas forcément l'esprit très clair non plus, mais l'alcool aidait à lier connaissance, esprit clair ou non. Bref. Elle devait se lever tôt, et ça l'agaçait particulièrement. Autant elle se fichait un peu de l'uniforme et toutes les autres règles stupides tant qu'elles se faisaient pas prendre. Autant elle ne comprenait pas l'intérêt de faire l'appel à cette heure, à part se mettre tous les élèves à dos, bien sur.

Malgré tout elle s'était levée. Parce qu'elle voulait rester un minimum discrète. Et qu'elle avait cours de dessin, le seul cours digne d'intérêt dans cette Académie. C'était pour le Dessin qu'elle était encore là. Point final. Sinon elle serait partie depuis bien longtemps. Donc elle avait fait l'effort de se réveiller, de prendre une douche bien chaude, de se coiffer, d'enfiler son uniforme. Et de descendre même un peu en avance pour l'appel. Dans le seul but d'aller au cours de Dessin ensuite. Cours qui, pour une fois, ne se passait pas dans la salle légèrement exigüe à son goût. Même dans la cour de la fontaine. L'air frais achèverait peut-être de la réveiller.

Elle était déjà là lorsque Myra apparut. Elle attendit encore un peu le temps que les derniers retardataires arrivent et le cours débuta enfin. Sa démonstration était incroyable. La jeune dessinatrice se promit d'arriver à son niveau, un jour. De la dépasser. De se dépasser. Même si elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle s'oublie dans le dessin, encore. Parce que c'était déjà arrivé, et qu'elle n'en connaissait que trop bien les connaissances. Malgré les regards jaloux qu'elle attirait, elle savait qu'elle était trop maigre. Encore plus qu'avant, même si elle reprenait des formes peu à peu. Le Dessin restait la seule chose qu'elle pouvait réellement dévorée avec avidité. Sa seule réelle drogue. Sa seule addiction. Même si, concrètement elle ne crachait pas sur les autres addictions et drogues possibles, finalement elle revenait toujours vers le Dessin. Il n'y avait qu'avec le Dessin qu'elle pouvait totalement s'oublier. Il fallait qu'elle fasse attention, qu'elle n'en fasse pas trop, qu'elle ne se pousse pas trop.

Elle se mordit les lèvres en y pensant, écoutant attentivement le discours de son professeur, elle avait la tête un peu ailleurs. Elle avait un peu peur. Même si elle s'était entrainée, beaucoup, elle n'avait jamais tenté de faire ça. Elle n'avait jamais pratiqué cet exercice. Si elle n'y arrivait pas rapidement elle se savait capable de s'exiler pour s'y entrainer des heures et des heures durant, oubliant de manger, oubliant de boire, oubliant jusqu'aux petites choses les plus essentielles de la vie. Il fallait qu'elle se contrôle. Esquisser un sourire. Afficher un sourire. Se concentrer, mais ne pas se perdre. Les autres y arrivaient, pourquoi pas elle ? Ne pas se perdre.

Et il fallait travailler par pair. Ça, ça n'allait pas être simple. Elle attendit que les premiers duos se forment, attendant peut-être que quelqu'un fasse le premier pas vers elle, ou de voir qui se retrouvait tout seul aussi. Quel choix il lui resterait. Du coin de l'oeil elle apperçut Gwëll, la jeune dessinatrice qui était là aussi, dans les caves, avec les châtons. Elle agissait comme une petite fille. En était peut-être une ? Toujours toute gentille et mignonne ? Toujours avec... Eiluun ? Non, pas cette fois. Pourquoi ? Elle la vit s'avancer un peu vers elle, fit de même. C'était bien l'une des seules personnes qui lui adressait des sourires et qui répondait aux siens, de manière non fausse et calculée, quand elles se croisaient dans les couloirs.


- Est-ce que..., commença à dire Loeva en souriant un peu, parce qu'elles avaient parlé en même temps. On se met ensemble ?

Elle avait un peu peur qu'elle refuse quand même. Même si c'était probablement la personne la plus gentille au monde. Avec Astra et Einar. Par la Dame que cette Académie regorgeait de bisounours. Bisounours qui n'avaient probablement aucune idée de à quoi pouvait bien ressembler l'Académie de nuit.

Gwëll continua de parler. Non, elle n'avait pas encore d'objet. Trop concentrée sur l'idée de ne pas trop se pousser elle avait un peu oublié d'aller en chercher un. Elle fit signe de la tête que non, ses boucles suivant souplement son mouvement. Elle remercia poliment Myra Ril'Otrin lorsqu'elle leur tendit l'objet. C'était un objet un peu étrange. Mais où diqble était-elle allait chercher ça ?

Loeva tenta de se concentrer sur le socle, tandis que Gwëll s'occupait de la corne. Elle essayait de se concentrer sur l'empreinte bien caractéristique du bois. Elle avait remarqué que le bois dégageait une empreinte particulière, et même si elle tentait de l'imiter autant que possible, un Dessin imitant du bois n'était pas du bois, ce n'était pas la même empreinte. Elle finit par le trouver, son envie de ne pas se perdre la retenant, quand une question de sa coéquipière la fit quitter les Spires. Elle laissa échapper, sans le vouloir, un petit soupir de désolement. Elle avait tellement l'habitude de s'entrainer seule qu'elle n'avait pas à se concentrer beaucoup pour dessiner. Là, elle devait faire abstraction de l'environnement, pour ne capter qu'une essence. Enfin... Elle retrouverait peut-être l'empreinte de l'objet plus rapidement après ça.

Elle écouta la question et la réponse d'une oreille un peu discrète, retournant à l'exercice. Oui, définitivement, la seconde fois c'était plus rapide, plus facile. Elle changea le bois en métal. Sursauta. Elle avait réussi mais, en même temps elle était déçue. Ça ne restait qu'un dessin, l'empreinte du bois était toujours sous-jacente. Elle fit une petite grimace de mécontentement, lâcha son emprise sur l'objet, ce qui eut pour effet de lui redonner son apparence de base. Mm... C'était un peu comme si elle l'avait recouverte de métal en fait. Le bois était toujours là, à qui savait le voir, mais vu de l'extérieur, c'était un socle en métal. Intéressant.

Elle releva la tête vers sa coéquipière :


-Tu veux qu'on essaie les deux parties ? Ensemble ?



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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Jeu 9 Oct 2014 - 19:12

Le plus dur, c'était que beaucoup d'objet se ressemblaient, dans les spires. Et puis même dans la réalité, d'ailleurs. Probablement de Madame Ril'Otrin avait fait un peu attention, quand elle avait choisi leurs sujets, mais peut être qu'elle avait pas non plus une panoplie infinie.
Enfin, pour le coup, elle avait toujours l'impression d'attraper son couvercle et à chaque fois, elle sentait quelqu'un fondre sur l'empreinte et quand elle s'approchait, c'était un bijou ou bien une boucle de ceinture ou encore une statuette. À croire que quelqu'un avait caché son sujet au plus profond des spires, dans les chemins poussiéreux ou personne passait jamais.
Elle suivit une nuance ivoire et décela un reflet nacré un peu plus loin. Mettant le nez dessus, elle reconnut son couvercle. L'idée était maintenant de le changer. Inspirée elle se laissa porter vers des ors épurés. Elle sentit résonner dans ses mains le déclic, comme un boite que l'on ouvre.

Elle souleva une paupière, puis l'autre, timidement. Sous ses yeux, la petite boite brillait doucement. Elle la prit entre ses mains et passa délicatement les doigts sur la dorure. Elle sentait sous sa peau battre le cœur du dessin, au même rythme que le sien. Conservant la trace en mémoire, elle modifia les courbes de son imagination et l'or devint marbre, lisse et froid, serpenté de cristaux noirs.


Tu veux dire on ferme la boite et on réessaye ?

Elle resserra les doigts sur le couvercle qu'elle sentait échapper à son emprise. Appuya sa paume sur le dessin comme pour le reproduire dans sa chair. Puis ses muscles se relâchèrent et elle sentit la tiédeur de la corne reprendre sa place.

Je peux essayer de changer le bois ? Tu prends la corne ?

Loeva hocha la tête et Gwëll lui tendit le couvercle. Perdant sa trace en même temps que son contact.
La Teylus reposa la boite à l'endroit même où se trouvaient les deux morceaux. Gwëll inspira une grande fois et puis elle ferma les yeux, les mains sur les tempes.
À vrai dire, elle avait l'intention de retrouver le couvercle qu'elle connaissait déjà pour s'approprier le socle. Et éventuellement de suivre Loeva si elle ne trouvait pas facilement. Mais à peine avait elle fermé les yeux que le couvercle était là, dans son champ de vision, qui l'appelait en pulsant. Elle glissa jusqu'à lui, l'entoura de son aura imaginaire, tâtant pour trouver cette base qui lui était vissée.
Et elle était là, innocente, encore inconnue, à coté de lui. Elle la frôla, en fit le tour doucement, pour en prendre bien mesure, la connaître parfaitement avant de la changer. Elle était de bois massif, un bois frais, des forêts du Poll, finement ciselé par des mains habiles. Elle saisit le bois et chaque petite fibre, même les petites échardes saillantes et se l'appropria. Et puis, d'un souffle, elle répandit l'ambre qu'elle avait préparé.

Elle ouvrit les yeux et constata, insatisfaite qu'une partie du couvercle elle aussi en bois n'avait pas suivi, que le dessin se stoppait à dans les tours de vis. Elle fronça le nez et replongea dans les spires. Le couvercle était là où elle l'avait laissé, mais elle sentait Loeva proche et concentrée à sa tâche. Elle hésita, recula, puis s'approcha à pas de loup pour ne pas troubler le dessin en cours.
Sur le sommet, le bois et l'ivoire s'entremêlaient finement dans un motif complexe. La difficulté était de saisir la frontière nette entre les matières. Elle sentit le dessin de Loeva basculer et elle concentra le sien sur tout ce qui en changeait pas. La tache était ardue et elle se sentit plisser les sourcils.
Et puis, assez brusquement, elle sentit son dessin rencontrer celui de la Teylus et les matières se mélanger comme une goutte d'encre tombée dans un verre d'eau.


Je suis désolée... Je crois que mon dessin a envahi le tien.

La boite, entre elles deux paraissait un mélange hasardeux de matières, dispersées en volutes entremêlées.
Dame Ril'Otrin s'approcha d'un pas léger et se pencha sur le cas. Elle avait l'air, en réalité assez amusée du résultat et ne paraissait pas se formaliser le moins du monde des erreurs commises.
Elle suggéra qu'elles reprennent le travail et que l'une après l'autre elles rectifient les coulures dans leurs parties respectives. Elle fit signe à Loeva de commencer et observa attentive le dessin faire son effet. Doucement, les traînées d'ambre se dissipées, comme aspirées par la matière crée par la jeune fille.
Puis Loeva émergea et lui sourit.
Elle s’immisça dans le dessin et se concentra sur la pureté de sa matière et toutes ces intrusions qui n'avaient pas sa marque. En réalité, passer seconde était plus simple, il lui suffisait d'isoler sa partie et de gommer ce qui n'était pas de son fait.

Sous son don, elle sentait progresser la résine, comme une touche de peinture étirée du bout de son pinceau et elle guidait comme un ballet cette magie délicate. Un peu comme une meringue sur une tarte au citron que le pâtissier façonne du bout de sa poche à douille. Et elle, elle savourait tout cela avec ses yeux gourmands.



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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Jeu 9 Oct 2014 - 23:45

Il était étonnant de voir comme le cours de dessin lui donnait envie de tester les théories qu'elle avait élaboré à propos du vivant. Mais elle savait pertinemment qu'il n'était pas possible de créer du vivant, et elle n'avait pas envie de rater son expérience en cours de dessin, alors que Myra était là, alors que les élèves étaient certes occupés, mais pas tous en même temps. Et elle n'avait pas envie d'essayer maintenant de toute façon. Même si changer la matière des choses n'était pas la même chose, elle trouvait que cela se rapprochait de son objectif. Et elle imaginait que, même si cet exercice reposait sur la volonté, elle l'accomplirait facilement. Sa volonté n'était pas gigantesque, mais après tout, ils n'étaient que des élèves. Ce ne devait pas être bien compliqué.

Lev hocha la tête, la sortant de ses pensées. Il acceptait donc de faire équipe avec elle, juste au moment où elle décidait qu'elle pouvait très bien faire équipe avec elle-même. Et bien tant pis. Il restait toujours le mystère de son Don.

Il avait pioché une petite représentation de la Dame, d'un réalisme assez éblouissant. Ils se dirigèrent donc dans un coin pour pouvoir poser la figurine, tout ça sans se dire un mot. Lev lui jeta un regard et elle l'invite, d'un même regard, à commencer. Et lorsqu'il fut parti dans les Spires, elle s'y glissa à son tour.

Ce qu'elle pouvait dire, c'était que le Don de Lev prenait énormément de place dans les Spires. Elle avait l'impression d'être écrasée, à côté, compressée dans un coin, presque jetée plus loin dans l'Imagination. Il semblait chercher, ne pas réussir à fixer son choix. Mais son manque de volonté semblait compensé par un pouvoir considérable. Il était exactement ce qu'il lui fallait. Si elle lui demandait ce qu'elle voulait, de manière précise, il n'aurait pas besoin de faire des choix, juste de suivre les directions indiquées. Mais elle fit une croix sur cette histoire ; finalement, elle voulait ne compter que sur elle-même. Elle se dégagea des Spires, regardant le résultat final. Une bulle d'eau, de dizaines de teintes différentes, ondulant dans un espace défini. Lev sortit de l'Imagination, et lui fit un clin d’œil auquel elle ne répondit pas, avant de se lancer à son tour dans les Spires.

Le Dessin de Lev ne fut pas difficile à retrouver, une fois qu'elle eut mis un pied dans l'Imagination. Elle le visualisa, en prit possession - un peu plus difficilement qu'elle ne l'aurait cru. Rien d'insurmontable, cela dit. Elle regarda un instant la bulle, la fit éclater pour retrouver la trace de la figurine d'origine.

Que pouvait-elle faire de ce petit objet fragile ?

Un objet impossible à briser.

Et quelle était la matière la plus dure à briser ? Le diamant. Ou du moins, Enelyë se souvenait avoir lu quelque chose à propos de la dureté des diamants. La question maintenant, c'était simplement de savoir si elle serait capable de le récréer. Mais elle avait bien remplie une carrière d'améthystes, durant son passage. Ceci n'était pas un travail de copie, mais ce ne devait pas demander énormément plus d'efforts. Enfin, si, car ici il n'était plus question d'observer patiemment le diamant pour le récréer aussitôt. Elle devait aller chercher la texture, l'éclat du diamant dans sa mémoire. Alors elle se plongea dans sa mémoire, accrochée encore aux Spires dont elle ne parvenait pas à se débarrasser.

La baleine scintillait, sur le petit poteau de bois. Ou plutôt, elle brillait de milles feux. Le soleil la faisait briller et des éclats se perdaient. Elle était très fière d'elle. Néanmoins, son Dessin ne tint pas bien longtemps. Elle se contenta d'hausser les épaules.

- Ça ne te dérange pas si je recommence ? demanda-t-elle à Lev, qui haussa les épaules pour lui donner son accord.

Elle passa cette fois à des cristaux plus simples dans leur composition, des aigues marines claires aux reflets bleus plus prononcés pour les vagues, des perles blanches pour l'écume, des lapis lazuli brillantes pour la baleine qui, finalement, devenait Dame par cet éclat et cette beauté. Les minuscules pierres laissaient à l'oeuvre ce semblant de réalisme qu'elle avait. Le pointillisme avant l'heure quoi. Elle observait son travail, plutôt contente du résultat, avant de le faire basculer dans la réalité.

Décidément, cet exercice lui plaisait beaucoup. Elle voulait recommencer plein de fois, avec plein de matières différentes : du bois coloré, du verre aux multiples nuances, peut-être même du papier ou des tissus difficiles à plier et qui garderaient donc la forme imposée. Des possibles infinis s'étendaient devant elle, et elle désirait vraiment tous les explorer. Néanmoins, cet exercice n'était qu'un exercice dans une durée de temps, aussi décida-t-elle de simplement tester tout cela avec un objet bien à elle quand le cours serait terminé.



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MessageSujet: Re: Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]   Lun 16 Mar 2015 - 16:31

Myra donna le signal d'arrêt. Tous les élèves cessèrent chaque dessin, les effaçant un à un. Tout redevint à la normale comme si rien ne s'était jamais passé. La beauté du dessin. On pouvait tout inventer, tout réinventer. D'un retournement d'esprit, l'on pouvait tout effacer. Comme si l'on n'avait jamais mis les pieds dans les Spires. Et ils retournèrent tous s'assoir. Elle se mit devant eux, les mains jointes, sourire aux lèvres. Le cours s'était pas trop mal passé, pas de grands accidents. Tant mieux.

- Bien. Je vois que vous êtes plus rapides qu'avant en ce qui concerne l'arrêt de l'exercice, je vous félicite.

Elle se retourna, marcha jusqu'à la fenêtre. Personne dehors. C'était bien triste. Normalement, à cette heure, on pouvait entendre les cris des combattants résonner en-dessous de leurs fenêtres. Locktar aimait beaucoup donner ses cours à l'extérieur, mais avec le règlement... impossible. Ou il fallait remplir des tonnes et des tonnes de paperasse pour en avoir l'autorisation. Le maître d'armes n'aimait pas la paperasse.
La dessinatrice regrettait les bruits de ses cours. Elle aimait tellement entendre le brouhaha de la vie qui résonnait dans l'enceinte de l'Académie. Elle se sentait presque triste de ne plus l'entendre.
Elle se retourna vers ses élèves. Ils ne s'interrogeaient plus sur ses absences, l'habitude, voyez-vous. Elle en avait souvent. La primat Kaelem était du genre à avoir la tête dans les étoiles, ou les nuages, comme vous préférez. Mais dans tous les cas, ça lui arrivait quelques fois de perdre le fil et de penser à autre chose. Ceux qui la connaissaient ne s'offusquaient plus. Et ses élèves avaient compris ce petit détail à propos de leur professeur.


- Le cours est terminé.

Le temps passait si vite. Elle n'avait pas vu les minutes s'écouler.

- Petit rappel. N'oubliez pas de vous présenter à l'appel. Ce matin, j'ai remarqué quelques visages absents. Faites passez le message ou je me verrais dans l'obligation de sanctionner ceux qui ne feraient pas ce simple effort.

Son regard se fit plus dur, plus insistant. Presque menaçant. Ril'Krysant avait reprit les primats pour les absences presque complète des élèves.
Son visage se radoucit cependant bien vite.


- En ce qui concerne le prochain cours, je vous attendrais à neuf heure tapante dans le clos d'exercice. Ne soyez pas en retard et n'oubliez pas de lire les chapitres vingt à vingt-sept du livre des Règles Académiques Appliquées Sur l'Art des Spires, et faite un résumé complet de ces douze pages.

Silence. Ils étaient déjà tous découragés par l'oeuvre de Sir Kohl Dil'Lam.

- Vous pouvez disposer. A demain !






[ Bon bon bon, je ferme ce rp, il date, toussa toussa. Je vais en ouvrir un nouveau après le retour de Jehan I love you ]

[ Rp Terminé ]


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Et les papillons s'envoleront un jour | Cours de Dessin [Terminé]
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