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 Makel - Dolohov

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La Borgne
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MessageSujet: Makel - Dolohov   Mar 23 Juil 2013 - 19:40

Mon vieil ami,

Il est vrai, je m’ennuie. Je n’ai pas éprouvé le besoin de t’écrire depuis bien avant que nous soyons tous les deux enchainés à nos tendres épouses, bien que tu sois parvenu à trouver des maillons bien délicats. Le mariage te ferait-il fuir, Dolohov ?
Loin de moi l’idée de douter du courage légendaire que tu mettais en œuvre lorsqu’il s’agissait d’honorer le devoir conjugal  auprès des femmes délaissées de nos semblables. Seulement, me voilà en train de penser que la vue  de cette riche héritière qui porte ton nom suffirait à te faire fuir dans les Contreforts des Marches. Fort inquiet des intérêts d’un ami de longue date, je me suis mis au devoir de sonder la-dite, d’y chercher quelle imperfection, quelle secrète laideur pût avoir eu raison de tes ardeurs. J’allai à sa rencontre et me présentai à elle pour l’aider à combler le vide que tu représentes pour elle.

Ce ne peut être son visage. Il est gracieux, plus gracieux que la plupart de ceux que j’ai moi-même croisés, et sûrement il est doux et agréable d’y promener le regard – d’abord. Ses yeux me rappellent ceux de cette ancienne rêveuse, comment s’appelait-elle, déjà ? Une beauté cloîtrée derrière le Don, qui n’attendait que nous pour fleurir, à celui qui irait la cueillir le premier. Tu me surpassas à cette épreuve, mais ce fut moi qui lui fis quitter pour toujours les vœux de confréries, et retourner à la belle, très belle vie. C’est la partie de l’histoire que tu sembles toujours vouloir oublier lorsque tu me la racontes.

Revenons à Ailil, c’est d’elle dont il devrait s'agir plus souvent. Son silence et la volubilité de ses mains ne peuvent être ce qui te fait fuir, je te connais bien trop ; moins une femme t’interrompt, mieux tu la considères. Et l’expérience me fait dire que des mains si gracieuses et si habiles ne peuvent qu’améliorer un mariage.
Je suis ton ami, tu le sais, c’est pourquoi j’ai poussé les recherches autant que j’ai pu, scruté chaque douceur, goûté chaque petit délice, je me suis mis à ta place pour ton bien. Pour te faire revenir à tes devoirs, bien entendu. Que n’ai-je semblable épouse à mes côtés ! Je jalouserais tous les regards que les autres hommes lui porteraient. Et toi, ingrat, tu ne prends même pas cette peine.
Fi, j’y vaquerai pour toi. Mon cœur est trop bon, peut-être, mais Ailil n’a pas son pareil pour éveiller chez nous de tels sentiments d’humanité.

Je ne peux m’expliquer ton évasion forcenée des liens de la Dame que comme cela ; tu vieillis.
Que n’avons-nous plus vingt ans ! Je te l’aurais ravie sitôt fleurie, plutôt que de me retrouver empêtrée de ma propre épouse dont je ne sais que faire. Tu délaisses même les plaisirs que la capitale nous offre, et je le regrette presque pour toi. La chasse est trop facile, depuis. Je n’ai même pas eu à te ravir cette nouvelle maîtresse, ce petit trésor d’exotisme que tu avais déterré sitôt bagué, et que tu as laissée derrière toi en allant te cacher sous un glacier.

Même cela fut ennuyeux.

Ton ami et le soutien de tes femmes éplorées,

Makel



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La Borgne
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MessageSujet: Re: Makel - Dolohov   Mar 23 Juil 2013 - 19:44

Cher vieux Dolohov,

Comment, j’apprends que tu as fait la grâce de tes blondeurs dans la capitale quelques jours sans m’en avoir prévenu ? Et voilà que sitôt averti, je pars à ta recherche comme une maîtresse éplorée et tu re-disparais, sans doute par quelque truchement du pouvoir que tu gardes caché sous tes boucles.
Je me languis de toi presque comme d’une femme. Ta peau a peut-être la douceur des leurs, mais leurs égards et leurs politesses surpassent bien les tiennes. Me ferais-tu le tour de me faire rejoindre le cercle grandissant des âmes en peine qui attendent perpétuellement tes retours fracassants ?
Tu es un ingrat, Dolohov.

Cette nouvelle maîtresse que je t’ai ravie avec une déconcertante facilité parvient pour l’instant à m’extraire à ma triste misère. Toi qui avais des velléités de cartographe, je suis étonné que tu n’aies pas cherché à la garder plus longtemps. Elle satisfait de nombreux appétits, et l’œil est le premier repu. Elle me rappelle parfois ces pirates des îles Alines que l’on voit dans les gravures et qui accostent  près d’Al-Vor, la peau souillée par d’odieux tatouages. Les siens n’ont pas de pareil, bien sûr, et ils sont plus nombreux – je succombe à d’autres plaisirs de l’œil avant d’avoir fini, quand j’entreprends de les compter.
Il lui manque cette retenue et cette innocence des jeunes filles ingénues pour qu’elle me satisfasse entièrement. Elle est ambitieuse et ne s’en cache pas, je ne serais pas étonnée qu’elle ait floué d’autres maris vieillissants comme toi par dizaines avant d’arriver à la capitale, et qu’elle ne se contentera bientôt plus des soins que je lui prodigue.
En attendant, je trace sur sa peau les arabesques éphémères de mon encre, volutes noires et blanches entremêlées. J’ai constaté que cette peau, elle l’avait presque aussi ambrée que ma mie, encore que je n’ai pas vu Dame Vil’ Ryval de près assez souvent pour pouvoir comparer les teintes.

Pourquoi, finalement, m’évertuer à t’en rendre jaloux ? Sareyn ne te plairait sans doute plus, tes ardeurs ont dû se consumer sous la neige, et cette petite-là ne s’étend  que dans les bras des conquérants. Elle est, de plus, âpre en affaires et versée dans mes domaines de prédilection, ceux que tu qualifies de « fumeux ». Ce genre-là ne t’a jamais attiré. Elle t’a oublié aussitôt que tu ne lui servais plus l’introduire dans la société, je m’en porte garant.
Les affaires qui l’entourent sont pour la plupart divertissantes, en attendant ton retour et ton éventuelle jalousie. Les étudiantes et les étudiants en dessin lui tournent autour comme des mouches, et cela ne peut que réjouir mes propres affaires.
Eussé-je eu dix ans de moins et elle un nom qui ne sente pas la plèbe, j’en eus fait ma première femme.

Trêve de mes maîtresses, il m’est arrivé une lettre il y a de cela moins d’une lune, au contenu très étrange, si étrange que j’ai failli m’en désintéresser aussitôt. Son auteur est vraisemblablement un de ces roturiers lettrés comme en pullulent dans les œuvres de charité et les écoles du nord. Il clame avoir fait ma connaissance dans un de ces lupanars à peine valables de la cité des glaces et semble très attaché à ma personne. Enamouré serait un mot que je n’hésite pas à employer.
Cette race de flatteries est si ordinaire et si méritée que je manquais d’en rester là, mais voilà qu’on cherche à entrer à mon service et à s’excuser pour mes pantalons !

Je dois m’avouer surpris, vieux lion, non pas que tu usurpes mon nom – il est après tout plus ancien et plus digne d’attention que le tien. Seulement, si tes séjours fréquents dans le Nord consistent à séduire des petits garçons et à les asseoir sur tes genoux, je te serai gré de le faire sous un autre nom que le mien.
Baste, rends-toi au moins au Mât Dressé, tu es sûr de ne pas y attraper la galle et ma fréquentation y serait moins scandaleuse qu’à cet infâme bouge qu’est le Serpent Blanc.

En tout état de cause, cela me fournit la vérité sur le choix de ton épouse – tous ces enfants qui l’entourent en permanence, c’est là la dot idéale pour tes pulsions nouvelles de quadragénaire. J’ai maintenant peur que cela me frappe aussi lorsque je franchirai le seuil honni – et je n’en suis plus éloigné que de quelques mois. N’aie crainte, tes petites excentricités sont bien gardées avec moi.
Bientôt, qui sait, tu viendras me supplier de te faire apprécier les herbes,  que tu as toujours refusées, mais qui te sembleront un échappatoire inespéré quand ta vie aura décrit le demi-siècle. J’attends ce moment avec impatience.
Allons, si tu nous reviens vigoureux grâce à tes mignons, je veux bien même partager avec toi maîtresse et fumées, Sareyn m’apparait de celles qui aiment que deux hommes soient tout à elle. Je suis décidément trop généreux avec toi. Je vais finir par te demander en mariage, de toute manière tu seras si souvent absent que je n’aurai pas le temps de me demander quoi faire de toi.

Toujours dévoué à ta cause et à ses conséquences,

Makel



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MessageSujet: Re: Makel - Dolohov   Mer 24 Juil 2013 - 11:22

Mon cher Ami,

Des tours, nous en avons joué toi et moi, tant et tant que les souvenirs m’en manquent. Mais je devine ton sourire partout où mes yeux passent, et comme ta joie fait plaisir à mes vieux os –comme il est doux d’encore partager les rires ensemble. Le temps nous manque tant.

Il te semblera étonnant, peut-être, que je sois rassuré à l’idée que tu aies l’œil sur mon épouse.
Je connais tes jalousies de vieux loup, l’égocentrisme de tes frasques, et je crois me souvenir de nombreuses histoires similaires à celle de cette petite rêveuse, où tu me ravis la vedette autant que la demoiselle, avant le verdict de fin.

C’était le temps où tu portais leurs dentelles en travers du visage, en me crachant tes fumées droit sur le visage. Je n’ai jamais su ce que tant de gens voyaient de sordide à cela. Admettons.

Je te sais possessif, et tu te défieras comme moi des louveteaux que nous avons été, que d’autres incarnent aujourd’hui.

Par ailleurs, je la sais bien trop fine pour tomber dans tes pièges, qui ne sont qu’une variante des miens. Quelle épouse chercherait un amant qui ressemblerait à son époux, n’est-ce pas ?

Je m’étonne de tes vantardises sur cette maîtresse, ce ne serait pourtant pas la première que nous nous aurions partagée… C’était sans doute pour moi l’affaire d’une nuit, guère plus, à ta description, je lui trouve une vulgarité, qui, je le crois, a dû me rebuter. Le fait qu’elle t’ait fait penser à ton épouse m’inquiète d’autant plus, finirais-tu par chercher ce que tu possèdes déjà dans ta couche ?

Le Dragon soit loué, serait-il possible qu’il ait enfin allumé en toi une flamme suffisante pour ta très douce épouse, que tu te mettes en devoir de baiser chaque être qui puisse te l’évoquer ?

Je pensais pourtant qu’à son sujet, nos avis concordaient ; et ma foi, ils ne lui font guère compliment. C’était mon plaisir que de pouvoir choisir et séduire l’épouse qui me convenait, je continue de déplorer que ça n’ait pas été ton cas. Je ne peux que comprendre ton intérêt et ta curiosité pour la mienne, mes goûts t’ont toujours intrigué, dans mes souvenirs.Sans doute, ton intrigante beauté pirate m’aurait attiré l’œil, j’ai toujours aimé mouiller l’encre.

Je reconnais bien là ton emportement chevaleresque, cependant. L’amour du prochain, le partage d’avec un frère. Elle inhalera tes fumées pour moi, mais ne serais-tu pas inquiet à l’idée que je t’embrasse au travers de son esprit ? Voudrais-tu que je cherche à y trouver ce qu’elle a pensé des distractions que vous avez partagé, toi et elle ?

Je m’étonne cependant que tu lui suffises, non pas que je doute de tes charmes ou de ta virilité, que jeune, tu avais fort en verve, mis l’âge et l’absence de Don me semble contraire à l’épanouissement d’une ambitieuse que le Dessin habite. Sans doute, je ne connais rien aux nuages, ni au charme de tes herbes… il est vrai, la fumée doit troubler les yeux autant que les sens, et rendre tout parfaitement disproportionné. Sans doute, cela doit être à ton avantage.
Quelle générosité tu as, malgré tout.

Loin de me détromper, sur ton intérêt vivace pour mes goûts, ta dernière lettre me fait penser que tu es arrivé à un stade de théories à mon propos pour le moins amusant.
Je guetterai, lors de nos prochaines entrevues mondaines, si tu as fait boucler les cheveux de ta femme: je le prendrais comme signe. Et si tu m’offres une bague qui m’aille au doigt, sois sans crainte, ce sera en toute légitimité que j’utiliserais ton nom pour aller au bordel et échapper au vieux souffle rance de tes fumées.

Ne crains aucun seuil, cher vieil ami. Il y aura toujours de l’autre côté une âme chère pour t’attendre, t’épauler et festoyer avec toi de ce que la vie ait à t’offrir.
Enfin, ton épouse, tout aussi contrainte que toi, mais je serai là, bien sûr, dans tes moments de joie, et dans ceux de tes peines. Il faut plus qu’un mariage ou le Nord pour ôter à notre amitié toute sa saveur.

Garde-toi du froid, et des trop grands excès, garde les jolies que tu trouves pour bien chauffer tes draps, je n’oublie pas cette toux inquiétante que tu as eu, l’autre fois. C’est en éteignant le feu trop brusque du Chevalier que la Dame crée les vapeurs que tu chéris tant : tempère-toi également.

Je ne peux que désirer notre prochaine rencontre, et suis dans la hâte de retrouver tes talents de guides, qui semble s’étendre d’Al-Poll à Al-Jeit sans interruption. Y a-t-il une maison de plaisir où tes pas n’aient pas raisonnés ? Oui, revoyons-nous dès que possible, je ne pourrais supporter ton visage baigné de larmes, ou ta soif de ma présence.

Prends ton mal en patience, je serai à tes côtés pour la fête du nom, et le crierai plus fort qu’aucune fille qui fut dans ton lit,

Ton plus vieil ami,

Dolohov.



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MessageSujet: Re: Makel - Dolohov   Mer 24 Juil 2013 - 13:35

Dolohov,

La capitale est sens dessus-dessous, et ce n’est même pas parce que tu te maries.
Sil’ Afian VIème a été assassiné, tu es très certainement déjà au courant, comme la moitié de l’Empire.
Les autorités du palace ont bien tenté de garder la nouvelle secrète, mais une catastrophe d’une telle ampleur ne peut rester dissimulée plus de quelques heures.
J’aimerais ne pas être celui à t’apprendre la nouvelle, mais on ne peut jamais être sûrs de rien avec les rumeurs. Peut-être que la nouvelle n’atteindra Al-Poll que dans quelques jours. Les réseaux de dessinateurs sont saturés, penses-tu, je crains d’avoir le plus grand mal à te faire parvenir cette lettre tant les nobles s’agitent.

Qui voudrait tuer ce Sil’ Afian-là ? La Légion Noire a été déployée dans toute la ville, à la recherche de preuves, à la recherche du fautif. Ils ont même osé entrer chez moi.
Chez moi ! Un Vil’ Ryval !
Je n’ai jamais rien eu à me reprocher, jamais. C’est un outrage, et je n’ai rien pu faire. Ils ont prétexté les ordres d’en haut, la loi d’urgence, celle qui n’a jamais été appliquée et qui donnait tout pouvoir au Général Nil’ Tremaine pour toute la durée de la traque. Comme si j’allais cacher un criminel dans mes vases alines. Comme attendu, ils n’ont rien trouvé que de très légal. Ou de relativement illégal, mais rien qui justifie mon arrestation. A mon sens, en tout cas.
Ils ont eu néanmoins l’outrecuidance suprême de m’arrêter. Ces toutous casqués, arrêter Makel Vil’ Ryval, par simple suspicion de complicité et de trafic illégal ! C’est purement scandaleux.
J’ai passé les pires heures de ma vie dans ce trou infâme où ils collent les gueux qu’ils ramassent dans les rues, car toutes leurs cellules d’honneur étaient occupées par d’autres pauvres âmes nobles aussi innocentes que moi. Cette cellule devait bien faire la taille du placard à balai qui sert de manoir Zil’ Urain à ta vieille lignée. Comme je compatis désormais à la misère qui entoura tes jeunes années.
Il a fallu que je parvienne à obtenir une entrevue avec le Général Nil’ Tremaine pour être libéré. Je parvins néanmoins à obtenir qu’à défaut de pouvoir recouvrer ce qui m’avait été pris, les incapables responsables de ma misère fussent fouettés séance tenante pour leur stupidité et que leurs officiers fussent dégradés.

J’ai beaucoup perdu ce jour-là, et parmi mes collections d’herbe inlassablement raffinées au fil des ans, et auprès de mes femmes.
Pauvres créatures, un rien les effarouche, je devrai tâcher d’être fort pour elles dans les jours à venir. La petite beauté du Sud était à mes côtés la nuit de la mort de notre Empereur. Sitôt les officiers de la Légion Noire annoncés à ma porte, elle disparaissait aussi vite que l’éclair, par ses petites Spires, comme si le Dragon lui-même avait frappé au carreau. Elle aurait pourtant du savoir qu’en ma compagnie, elle ne risquait rien.
Je n’ai su la recroiser depuis, mais il faudra sûrement des jours et des jours de cajoleries pour lui faire retrouver le sourire. A son âge, les êtres paraissent immortels, et l’assassinat d’un Empereur a de quoi faire flancher les âmes féminines si sensibles.
Je ne suis pas beaucoup plus serein, pourtant.

Un suspect a pourtant été incarcéré en fanfare. Je n’étais pas sur les lieux, mais la dernière née des Xil’ Bomon s’y trouvait et me l’a conté. Il s’agirait de l’ancien Intendant de l’Académie de Merwyn, celle qui te surplombe sans doute en ce moment-même.
Rarement arrestation publique fut plus brutale et plus dégradante, parait-il, mais encore une fois, les lèvres de femmes tendent à empirer toutes les épreuves que les Dieux nous envoient. Prions-les pour qu’ils aient arrêté la bonne personne, la Capitale ne se remettrait pas de la boucherie d’un innocent.

Cette affaire est grave, et me trouble tant que j’ai même tenté d’en discuter avec celle qui porte mon nom, en vain. On a beau dire que les périodes de trouble rapprochent les personnes liées par les serments de la Dame, ce ne fut pas mon cas. Son indolence, son indifférence et son ignorance quant à cette affaire me firent tomber des nues. Pourtant, la Dame sait que mes espoirs ne volaient pas très haut en la matière.
Rarement ai-je eu autant envie de répudier cette femme indigne de porter mon nom et ma semence. Peut-être le ferai-je. Mais attendons que les circonstances se soient apaisées. Ces dames sont déjà tant touchées par la disparition de notre souverain, elles tourneraient de l’œil si elles apprenaient que le nom Vil’ Ryval était de nouveau libre. Leurs maris aussi, probablement, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

Nous avions l’habitude de discuter de ces sujets-là, toi et moi. Déjà, que Sil’ Afian Vème nous avait quitté pour rejoindre les champs de la Dame, que de soirées nous avions passées en possibles conjectures sur le futur. Nous pensions alors que Sil’ Afian VIème serait un homme qui prendrait des décisions, un homme dont on se souviendrait pour ce qu’il a apporté à notre Empire naissant pour nous extraire de la barbarie.
Ce fut une déception, mais qu’importe, puisque nous étions nous-mêmes les hommes d’action, en cette époque. J’aime croire que par la manière dont nous, dont je vis ma vie, l’Empire n’en est que meilleur, plus complexe, plus beau. Plus noble, aussi.

Je n’ai jamais aimé voir tomber les têtes.

Je déteste leur mortalité, à ces souverains, cela signe la fin d’une époque, d’une ère, dans les livres d’histoire comme dans les esprits. Je croyais avidement à l’idée que ma vie ne serait qu’un seul trait flamboyant de mes vingt ans jusqu’à rejoindre la Dame, mais désormais, la réalité cruelle me rattrape.
La prochaine petite impératrice ne sera pas notre. Ma jeunesse, enterrée avec ce vieux souverain décrépit. D’autres guideront, d’autres joueront.
J’irai assister à la sentence de cet homme qui a cru me voler ma jeunesse en m’enlevant mon empereur. Peu importe l’argent et l’influence que je devrai y mettre, je verrai à ce qu’il soit exécuté. Je verrai à être aux premières loges ce jour-là, et le bourreau recevra son salaire de ma main.

Al-Jeit vit dans la crainte. On ne sort plus, on ne dîne plus, on ose à peine discuter des évènements. Maintes réceptions ont été annulées, certaines continuent bravement, mais les humeurs sont lourdes.

C’est sans parler des remous causés dans tous les fumoirs. La Légion Noire semble être partie en guerre contre la Fumée, comme si elle avait tué le vieux couronné.
Je ne sais pas quoi penser de la suite. La nouvelle impératrice sera beaucoup trop jeune, et pour être mariée, et pour faire quoi que ce soit. Le pouvoir échouera à ses ministres, ceux du moins qui ne sont pas impotents ou gateux.
Je garderai un œil sur le Général. Il a acquis trop de pouvoir d’un seul coup pour que ça soit innocent. Il est homme intègre, puisqu’il a bien su percevoir que je suis l’innocence même, mais il ne me plait pas. Trop incorruptible, trop droit dans ses bottes pour l’être ailleurs, si tu veux mon avis.
Peut-être pourrais-tu m’en dire plus à son sujet ? Sa tendre et vieillissante épouse t’est toujours d’une bonté indéfectible. Encore que je n’ose plus jurer de rien.

Je croyais te connaître, je croyais qu’à la seconde de la mort de l’Empereur, tu réapparaitrais subitement à la capitale, en héros, en protecteur, que tu te ferais pilier où toutes les femmes pourraient s’appuyer, et que tu noierais tous les Conciles provisoires de tes conseils avisés en matière de gouvernement.
Tu aurais même pu être le premier à lorgner la petite impératrice, du haut de ses dix ans. Et pas plus tôt que céans, un héritier te serait miraculeusement apparu, du bon âge pour, plus tard, prétendre à ses attentions !
Même ça n’est plus une certitude. Je ne sais pas quoi en penser.
Devrais-je répudier séance tenante mon épouse et m’offrir comme gardien, protecteur et père de cette jeune enfant ? Elle ne mériterait pas moins, et je pourrais lui offrir mille et un plaisirs interdits tant que sa jeunesse fleurit.

Ce serait toujours moins pénible que de planter un héritier entre les cuisses de mon épouse, je m’y répugne trop. Ma seule consolation est d’imaginer la frénésie qui a du prendre toute la ville, soit pour se procurer des héritiers, soit pour éduquer les existants à leur futur place d’époux de l’impératrice.
La concurrence sera rude. J’envisage avec le plus grand sérieux de m’investir dans la tâche, et de procurer des héritiers à nombre d’épouses, dans cet espoir un peu vain que mon sang, à défaut de mon nom, fasse un jour trembler le petit peuple.

Reviens, Dolohov. Tu es bien plus fin que moi sur ces choses-là, et je pourrai te procurer toutes mes connaissances sur les évènements des derniers jours, les connaissances que tu ne peux pas avoir en étant dans une région si barbare.
Reviens faire tes courbettes et tes ronds-de-jambe aux gens qui viennent d’acquérir une importance nouvelle, reviens faire tes baise-mains aux dames qui possèdent les meilleures informations.

Reviens, et si possible, reviens avec des fleurs d’Otolep. Les Légionnaires Noirs n’ont rien laissé, toute le commerce de la capitale est paralysée. Je commence à subir les premiers symptômes.
Je compte sur toi pour ne pas me laisser mourir ici, dans cette ville où mes funérailles passeraient inaperçues cette semaine. Si tu reviens trop tard, mets au moins les Fleurs sur ma dépouille, je préfère affronter la Dame par le prisme de mes disproportions.

Je t’en implore, même, si ça peut te faire revenir plus vite.

Makel



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MessageSujet: Re: Makel - Dolohov   Jeu 26 Sep 2013 - 22:30

Makel

C’ est avec regret que je déplore que tu fasses passer tes intérêts les plus égoïstes avant ceux –ci :
Enfin ! As-tu perdu l’esprit ?! L’empereur, mort, et toi, tu penses à cultiver ton maudit jardin ?
Satané foutu égoïste, que la Légion vous emporte, toi, et tous ceux qui ont provoqué ce cataclisme.
Très sérieusement, à la place des soldats, je t’aurais arraché yeux et langues. Comment n’as-tu pu
entendre parler de rien, comprendre rien, ou ne rien voir ?! Tu te targues de toujours tout savoir,
n’omettant jamais ni sombre relation, ni conversation enfummée. Et les filles à ton service, avec qui
tentent-elles de coucher, quelles faveurs cherchent-elles ? C’est sous les yeux de celles-ci qu’on
entreverra la vérité, tu verras. Mais non. Il n'’est question que de tes manques, et manquements.
Ne m’appelle plus ton ami, celui que j’aimais courrait avec moi les filles, oui, mais il avait autre chose.
De la morgue, mais rien de fat. Des errances, mais sans se perdre jamais, qu’importe les ténèbres,
un ami que les substances ont dû achever avant que le fasse l’âge. Tu as perdu pour moi valeur et
même l’affection que je porte à ton souvenir ne pourrait racheter la honte que j’ai pour ce que tu
osas faire de toi, en t’ôtant tout flair, et toutes vues. Crève donc honnêtement, libère tes épouses,
noms et amis, et qu’on t’enterre une fois pour toutes! Comme tout fidèle de l’empereur, l’horreur m’a
frappé, en la personne anonyme de visages masqués, armés de gommeurs. Tu n’entendras rien,
RIEN, à l’humiliation que ce fut. Et te voilà à te plaindre de manque débiles, alors que notre très cher
Empire se voit décapité. Tes semblables se rueront sur l’occasion, bien sûr ! Ils auraient fait appel Vil’
Ryval, si seulement tu n’avais pas été assez sourd. Oh, ils nous traqueront tous, ils amoindriront tout.
Et je te le dis, moi, que nous autres dessinateurs souffriront de tout. Vor élèvera la voix, Poll se murera.
Je te dis, moi, que les dieux punissent les impies, et je crains pour ma vie, mon sang, ma si tendre
Epouse, qui est souffrante, tu le sais, et que je n’ai pu veiller ces mois, trop occupé à tenter d’arrê-
ter le cours des évènements, que toujours j’ai pressentis mieux que toi.  Mais cela ?! Comment même
en l’envisageant aurais-je pu croire que cela pouvait avoir lieu ? Quel chemin cette idée aurait-elle pu
corrompre pour exister dans notre monde concret ? Oh, psychotropes de monde. Et tu parles, parles
Ô mon ami, de me mêler à tes commerces, tenterais-tu, toi aussi, de me compromettre ? Sors-tu ici,
Makel, de l’ombre, pour te faire mon ennemi jaloux, ou ne t’adresses-tu à mon travers qu’à tes sales
Pernicieuses chimères ? Enfin ! Ta femme refuserait de te confier ses vues réelles, de peur que tu les
ronfles, la nuit venue, à l’oreille d’une quelconque putain, toi qui n’a jamais d’idées propres. Dame !
Ecoute, j’aimerais parler avec toi de ces choses, quand par la force de l’armée ton esprit sera à
nouveau plus clair. Si tu te tiens loin de toute substance subversive, je te serai l’ami le plus dévoué, la
Dame pardonne à chacun, et j’ai comme toi l’amour de ce temps où nous courrions inconscients.
Songe que ton héros supposé a failli mourir avec l’Empereur. Tiens-toi loin des Zil’Urain un temps.
 

         -  La Dame veuille que bientôt les informations pleuvent autour de toi, et nourrissent 
     tes conversations les plus discrètes. Que tout ceci te réussisse au mieux, y compris la cure, 
     et que la vérité t’apparaisse comme tombant du ciel. Je m’en vais un moment en confrérie, 
     probablement à Fériane, avec  Ailil.

Que la lumière nous guide en ces temps. Mon dieu, l’empereur est mort.

Dolohov


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MessageSujet: Re: Makel - Dolohov   Jeu 24 Juil 2014 - 1:12

Mon ami,

Sans vouloir me vanter, je viens d’avoir la plus brillante idée qui puisse exister. Que dis-je, une révélation descendue des cieux à dos de baleine, et je te décrirais bien la beauté de la Dame venue me visiter de ses grâces, si je ne te connaissais pas. Tu serais probablement jaloux qu’elle m’ait dispensé ses bontés alors que c’est toi qui prie pour nous deux depuis des années. Oh, j’ai bien psalmodié son nom maintes fois, mais dans des circonstances qui feraient pâlir ses fanons.
Je ne te parlerai pas de la Dame, non, même, je t’accorde la partielle reconnaissance de cette illumination. Qui eut crû que tu eus un jour raison de mes excès et que je me mette à écouter quoi que ce soit que tu dises ? Repentant, c’est sobrement que je me suis rendu à Al-Chen, pour remettre de l’ordre dans mes affaires.

( En revanche et il te faudra des années pour me revaloir ça, tes paroles m’ont si profondément atteint que mon âme chevaleresque s’est risquée au devoir conjugal.
Plus jamais.
Dame Vil’Ryval n’était même pas intacte, m’ôtant la seule satisfaction personnelle que j’aurais pu y trouver. Je te tiens pour responsable de ma décision d’enfin la répudier à la prochaine lune et de la blessure faite à mon âme que mille autres poitrines charnues ne sauront soigner. )

C’est au cours de cette introspection personnelle loin de tous les vices de la Capitale que je me suis ressourcé, que j’ai retrouvé les repères d’une vie saine et fleurie et qu’il m’est apparu que ma conduite ainsi que mes occupations étaient d’une monotonie insoupçonnée. Inquiet de ressentir à nouveau l’ennui le plus foudroyant, j’ai cherché d’où venait le mal, et comment je pourrais y remédier.

Cette idée si ingénieuse m’est venue en songeant à cette maîtresse que j’ai laissée à Al-Jeit quelques temps, la belle Sareyn incapable de se passer des hommes qui s’accrochent à son bras. Pour autant que j’aime ce petit paradis de chair, la Nature veut qu’elle ne puisse partager son Imagination vibrante avec son mécène, protecteur et ami. C’est en réfléchissant aux possibilités d’accéder à ce fruit interdit que j’ai eu ma révélation.

Une révélation si renversante, si rentable pour mes propres affaires que l’achat d’une deuxième femme ne sera qu’une broutille et non plus une banqueroute.

Tiens-toi à ton épouse et ton fer à boucler, car je possède ce que tout Al-Jeit va bientôt s’arracher. La clef de tous ses désirs, la porte à tous ses fantasmes, le cordon à toutes ses bourses. Le rêve.
Oh, pas moi-même, et fort heureusement. Non, je le possède, je le subside, je le vends et je l’écoule, cette marchandise fabuleuse qu’est le pouvoir de contrôler les corps. Qui eut cru que des pauvres filles en peine recalées par les moines au cul de bois puissent trouver âme aussi généreuse que la mienne ? Toutes, je les ai prises sous mon aile et dans mes draps. J’ai pris un point d’honneur à tester ce que je compte vendre, à considérer toutes les options, à explorer tous les possibles, comme tu le dis si bien.

Sais-tu qu’une seule caresse peut faire rugir un homme comme s’il était un lion ? Qu’entre leurs mains, un client peut tenir des heures ? Sais-tu combien certains seraient prêts à payer pour durer des heures ? Sais-tu seulement combien je fais payer à l’heure ?
Je devrais en garder une pour mon usage personnelle, mais je ne suis pas homme égoïste. L’affliction de ton épouse fait de toi un homme malheureux, je le vois à la piètre qualité de ta mise en plis. Ne t’inquiète pas, vieux frère, grâce à moi et au cadeau que je souhaite te faire, tes cheveux ne seront pas la seule chose à redevenir raides.

Le reste de toutes mes offres tient toujours, tout comme cette demande en mariage que je t’ai adressée il y a de cela vingt ans et à laquelle tu ne m’as toujours pas répondu, femme ingrate que tu es. Hâte-toi, mon frère, tant que je suis libre ! Dans peu de temps, j’en aurai une autre. Malgré toute la puissance de ces jeunes filles aux doigts magiques, il n’y en a qu’une seule qui parvient à me faire vraiment rêver et il se peut que je la bague pour ne pas l’égarer.
Si toutefois être mon épouse n’est toujours pas dans tes projets, sache que je tiens à t’avoir comme dame de compagnie et comme demoiselle d’honneur lors de mes noces. Et qu’aucune excuse, surtout pas ton inutile morceau de femme, ne pourra te sauver de ça.

Ta morale m’aura montré le droit chemin, et c’est fier que je me dresse aujourd’hui devant toi, le Rêve dans une main, le Dessin dans l’autre, les possédant tous les deux sans qu’aucun ne m’envahisse. J’ai l’esprit clair, désormais, et les bourses pleines.

Comme toujours, viens à moi, et je les partagerais toutes.

Makel



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Makel - Dolohov
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