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 Le rire de la petite Loutre [Inachevé]

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MessageSujet: Le rire de la petite Loutre [Inachevé]   Jeu 20 Juin 2013 - 21:35

Depuis qu’ils avaient plus vraiment de professeur de combat, la vie était devenue plus compliquée pour les élèves combattants. Et donc, par conséquent, pour les trois quarts des Teylus, qui étaient pour la plupart des élèves combattants.
Le pire c’est qu’on savait pas très bien ce qu’il se passait. On avait cru très longtemps que M’sieur Guidjek avait été renvoyé pour la mort d’Hestia, vu qu’il faisait plus court et qu’il apparaissait plus pendant les repas, mais il s’avérait qu’il était toujours là.
Sauf qu’il faisait plus cours.

Einar, avec d’autres Teylus, s’étaient même rendus à son bureau pour lui demander quand est-ce qu’il reprendrait les cours et s’il avait des instructions à leur donner pour leur entrainement entre temps, mais il les avait congédiés sans même prendre la peine d’écouter leurs questions. Ca les avait vraiment beaucoup intrigués.
Le problème restait le même. Ils ne savaient pas trop comment faire pour s’entrainer. On avait fini par se trouver une petite organisation cahin-caha, avec les élèves Acier qui enseignaient ce qu’ils savaient aux autres élèves, et Einar qui était régulièrement dans un camp puis dans l’autre, vu qu’il aurait du être acier aussi, sauf qu’il avait raté son épreuve de passage. Du coup, tout le monde s’entrainait un peu à toutes les heures.

Einar était tout seul ce matin-là. En rassemblant son courage à deux mains, il s’était levé avant le petit déjeuner pour aller faire ses échauffements chantelames dans le parc, ce qu’il n’avait plus eu ni le temps ni la motivation de faire depuis quelques temps. Tifen semblait perpétuellement occupée et perpétuellement en train de faire quelque chose d’important et ne l’avait plus appelé depuis des lustres.
Il avait ceint Bomon, et avait fait un crochet par la salle d’armes pour récupérer un baton et d’autres armes en bois, dans la doute. La salle d’armes était un joyeux fouillis, plus personne prenait la peine de remettre vraiment les objets à leur place – fallait dire que comme y’avait toujours des gens qui s’entrainaient en vrac à toutes les heures, mieux valait tout avoir à portée de mains.
Il s’était installé dans le parc pas très loin des champs d’exercice, pas exactement dessus parce qu’il préférait travailler dans l’herbe que dans le sable, mais il restait à portée pour pouvoir poser les armes qu’il avait prises sur le râtelier extérieur.

Il était rouillé, et ça se voyait. Pas qu’il soit moins souple qu’à l’ordinaire, juste qu’il se souvenait plus exactement par cœur des enchaînements et des routines. Il faillit même oublier de s’échauffer, et avait dégainé son sabre. Puis rengainé son sabre.
Einar avait oté sa tunique, pas parce qu’il avait trop chaud – il ne faisait jamais vraiment chaud dans le nord- mais parce que ça lui donnait l’impression que s’il faisait ses enchainements torse nu, il y arriverait mieux, car c’était toujours comme ça que les héros faisaient dans les contes. Et comme il avait froid, ça le motivait à s’entrainer deux fois plus fort.
Après s’être enfin dépatouillé de tous ses étirements compliqués et des postures un peu chantelames bizarres, il s’exerça avec Bomon. Lustré la veille, sa lame brillait de mille feux dans le soleil levant. Il ne chantait toujours pas, parce qu’Einar n’arrivait pas à trouver la bonne technique pour le faire chanter, seulement crisser et miauler un peu.
Ce fut pas faute d’essayer ce matin là pourtant.
Il essaya avec des moulinets, sans moulinets, en chantant lui-même, sans chanter lui-même, avec de la concentration, sans concentration, les yeux ouverts, et puis finalement les yeux fermés. C’était pas une question de vitesse lui disait Tifen, c’était une question d’harmonie du mouvement.
Ca l’avançait bien.

Einar ferma donc les yeux et inspira à grandes goulées l’air glacial du matin. Faire abstraction de tout ce qu’il y avait autour. Sentir le poids du sabre tellement bien fait qu’il était parfait dans la paume de sa main. Se laisser envahir par l’harmonie. Enfin essayer. Dessiner des huits, lentement, puis un peu plus grands, tourner sur soi-même, sentir le vent qui filait le long de l’acier, sentir la garde vibrer un peu.
Il commençait à y avoir un bruit. C’était un sifflement, au départ, petit et trémolo, mais il gagna en intensité et en richesse, baissa dans les tons. C’était super beau. Einar était persuadé que s’il ouvrait les yeux, il pourrait voir son sabre chanter aussi.

*SCHPOK*

Quelque chose venait de ruiner le chant de son sabre et de l’arrêter à mi course. Einar rouvrit les yeux avec fureur, prêt à hurler sur le poteau que son sabre aurait percuté dans sa hâte de faire de jolis sons, mais ne trouva rien devant lui. Rien derrière lui, rien sur les côtés.
Le teylus baissa les yeux, et trouva le poteau fautif.
Enfin c’était un poteau vêtu, avec des cheveux au dessus et des bras autour, et qui semblait plutôt doué de vie et de parole.
Einar pâlit à la réalisation que c’était un être humain, et qu’il venait de le percuter avec son sabre.

- Niooooooon…
couina-t-il d’une petite voix désespérée. J’ai aucune idée de comment on se débarrasse d’un corps moi…  



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MessageSujet: Re: Le rire de la petite Loutre [Inachevé]   Jeu 11 Juil 2013 - 16:46

Ca y est il – non elle – était entrée à l'académie de Merwyn. C'était un peu étrange de dire ca comme ca alors qu'il avait l'impression d'y avoir passé son enfance. Pas physiquement bien sur. Il n'était jamais venu ici. Il avait pourtant vogué sur toutes les mers et tous les fleuves de Gwendalavir. Mais il n'était jamais monté si haut, son bateau s'arrêtant toujours plus bas sur le Pollimage. Il faut dire que cette partie là du fleuve, soumise aux caprices des vents et du froid n'était pas toujours praticable.
Néanmoins, il ne comptait plus le nombre de fois où Ambre lui avait fait visiter Fériane en lui décrivant l'Académie. Cette Académie où elle était persuadée de vivre, du fond de sa douce folie. Et même s'il ne pouvait pas voir à travers ses yeux, même s'il ne pouvait pas contempler ce qu'elle même regardait, ses mots et les images qui en avaient découlées s'étaient profondément ancrés en lui.

Aussi, il avait passé ses premières heures ici à comparer la réalité et la fiction. A confronter l'illusion d'Ambre, celle dans laquelle il avait vécu, à cet endroit unique. Trouver les ressemblances.. et les différences.
C'était à la fois agréable et très étrange de pouvoir enfin mettre une image sur les noms de toutes ces salles. De laisser son regard donner un sens à tout ces mots. Pour au final se sentir dans un semblant de chez soi.

Oui, Kleyran – où plutôt Kleyre, c'est ce qu'elle était à présent - avait passé sa première journée à apprivoiser ce lieu presque déjà familier.
Puis elle était rentré dans son dortoir. De toutes les différences, c'était sans doute la plus conséquente. Les dortoirs tels qu'Ambre les avait connus n'existaient plus. Lupus, Felixia, Corbac et surtout Lotra avaient disparus, remplacés par de nouveau noms, par de nouveaux symboles. Des maisons qui ne faisait plus échos dans ses oreilles.
Lorsqu'il était avec Ambre, c'était dans les chambres des Lotras qu'il passait le plus de temps. Entourés de ceux et celles qui avaient partagés la vie de sa mère. Elle lui avait conté tant de fois combien elle se sentait proche de la Loutre, l'animal emblème de sa maison. Libre au fil des flots mais là pour les siens. Elle lui avait aussi parler de Felixia où se trouvait une de ses meilleures amies, de Lupus où elle connaissait beaucoup d'élèves et enfin de Corbac.
Imaginer l'académie sans ce point de repère avait un côté déstabilisant. Très déstabilisant.
Mais le pire avait été d'apprendre que l'endroit où sa mère avait passé ses plus beaux moments avait tout simplement été détruit. Entièrement détruit. Et que c'est pour ca qu'étaient nés Aequor, Teylus et Kaelem.
Et à cet instant, Kleyran avait maudit celui ou celle qui avait engloutis ses rêves d'enfant dans les flammes.

C'est en pensant à tout cela, passé et avenir, qu'elle s'était endormit dans ses draps, dans le dortoir des Aequors. En pensant à cette première journée de découverte. Et en ce disant qu'elle aurait tout le lendemain pour affronter les problèmes qui viendraient la cueillir au réveil.

Et il y en avait des problèmes à affronter au réveil. Tout d'abord revêtir seule son accoutrement de jeune fille. Sans se faire prendre par ses camarades de chambrée. Elle ne pourrait pas traîner en tenue légère ici. Au contraire, elle devrait presque se vêtir à même le lit, derrière le léger voile, pour maintenir sa propre illusion.
Ensuite il lui faudrait tenir ce rôle à longueur de journée. Essayer de faire sa voix moins grave, moins rauque. D'avoir une démarche plus... élégante ?
Autant il était simple de faire semblant devant Terra, autant c'était autre chose de paraître une autre devant toute une académie.
Certes elle avait franchit la première étape de l'intendant, mais cette nouvelle étape le terrifiait tout autant.
De plus au delà de paraître fille, elle devrait aussi paraître élève. C'est à dire suivre les cours, s'intégrer. Et surtout... combattre. Suivre les cours de combat. S'entraîner avec les autres élèves.
Et ca c'était sans doute le plus effrayant. La plus difficile des illusions à maintenir.
Elle avait appris à tenir une épée, à donner quelques coups. Mais face à de vrais combattants, tout allait être beaucoup plus compliqué.
Enfin il lui resterait à faire ce pour quoi elle était venu ici. Retrouver Eiluun. Trouver celle qu'il avait laissé presque 3 ans plus tôt. Trouver la jeune fille aux cheveux roses.

Lorsqu'il s'éveilla, il commença donc par essayer de devenir elle. Il ajusta le bandeau qui lui permettait d'avoir un semblant de poitrine et l'agrafa fermement pour qu'il ne tombe pas. Puis il enfila un bas près du corps. Ainsi parée, il ne lui restait plus qu'à mettre l'uniforme d'Aequor. Cet uniforme bleu à la fois trop différent et trop semblable à celui qu'Ambre gardait précieusement dans son placard.
Enfin, elle regarda son reflet dans une des glaces du dortoir et entreprit de démêler longuement ses cheveux. Elle avait du mal à les garder détachés. Elle n'aimait pas lorsqu'ils la chatouillaient dans le cou, ou même la sensation de leur poids sur sa nuque. Ca ne lui paraissait juste pas naturel. Aussi, elle commença à faire une dizaine de tresses de 2cm d'épaisseur. Puis elle ramena le tout dans un chignon qu'elle maintint avec une pince représentant justement une petite loutre, taillée dans du bois clair. Elle aimait bien cette coiffure parce que les tresses aidaient à ce que sa coiffure ne se destructure pas trop vite, au contraire d'un simple chignon. C'était comme un filet qui parvenait à tenir en place ses mèches rebelles, du moins pour quelques heures. Et puis, elle ne pouvait s'empêcher de trouver joli la façon dont les tresses tournaient. Superflu mais joli. Elle glissa à son cou sa pierre d'ambre dont elle avait du mal à se séparer. Superflu mais sentimental. Maintenant, elle était prête à quitter sa chambre.

En tout premier lieu, il lui fallait en savoir plus sur les cours de combat, l'intendant ne lui ayant strictement rien dit lors de leur entrevue. Et elle avait été bien trop heureuse que tout se soit bien passé pour qu'elle ait pensé à demander.
Elle s'était alors tournée vers ses camarades de dortoir dans l'espoir d'obtenir des réponses. Peine perdue. Déjà, la plupart des élèves de sa maison étaient dessinateurs. Ensuite, une bonne partie d'entre eux étaient apparemment partis en voyage scolaire.
Cette dernière nouvelle l'avait étrangement rassurée. Elle n'avait toujours pas aperçu de tête rose, même pas lors de l'appel de l'intendant Aziel. Et elle commençait à douter de la véracité des dires de Terra. Mais peut être qu'au final la jeune fille était partie en voyage elle aussi.

De toute façon, ce n'était pas en restant dans le dortoir qu'elle en saurait plus, mais plutôt en se mêlant aux élèves.
C'est dans cette optique, et celle d'avoir des réponses sur les cours de combat qu'elle se dirigea vers l'endroit le plus adapté. Le clos d'exercice.
C'était avec la salle d'armes là où elle avait le plus de chance de trouver des élèves combattant.

Alors qu'elle s'approchait, elle aperçu, un peu à l'écart, dans le parc, un jeune homme qui s'entraînait. Il portait l'uniforme noir des Teylus, puisque c'était le nom de cette nouvelle maison.
Il faisait tournoyait son sabre autour de lui et Kleyre ne put s'empêcher de trouver cela magnifique.
Elle ne connaissait pas grand chose en combat et elle trouvait le mouvement du sabre majestueux. Harmonieux.
Certes, elle était plutôt curieuse et aimait s'émerveiller de tout ce qu'elle voyait. Mais ce n'était pas uniquement pour cela qu'elle était fasciné par ce spectacle. Le jeune homme n'était pas juste un combattant comme elle avait pu en voir de passage à Fériane. Il avait quelque chose en plus. Un petit quelque chose qu'elle ne saurait expliquer.

Quoiqu'il en soit, elle était sure que lui aurait la réponse à toutes ses questions.
C'est pourquoi elle s'était approchée de lui sans se méfier le moins du monde. C'est pourquoi elle avait ouvert la bouche et...
Et avait sentit quelque chose de dur heurter sa cage thoracique.
Une épine électrique traversa ses côtes et elle essaya d'inspirer une grande goulée d'air.
En vain.

Tombée à genou sous la force du choc, elle releva les yeux vers le jeune homme qui baragouinait quelque chose à propos de se débarrasser d'un corps.
Elle voulu lui dire qu'elle était vivante et qu'il ne fallait pas qu'il l'enterre... mais plutôt qu'il l'aide.
Mais la seule chose qui sortie fut « Ant... erre... aide... ».
Ce qui ne voulait rien dire et eut pour seule conséquence de la faire cracher et tousser.
Enfin en réalité, il s'agissait davantage d'un feulement ressemblant à un croisement entre le gazouilli d'un oiseau qu'on étrangle et le raclement d'un puma ayant un buisson entier coincé dans la gorge.
A chaque tentative d'inspiration, la douleur revenait dans sa poitrine. Et dès qu'elle essayait de gonfler ses poumons, elle sentait les agrafes de son bandeau lui rentrer dans la peau. Peut être qu'elle n'aurait pas dû le serrer autant ce matin. Peut être qu'elle aurait dû signaler sa présence avant de s'approcher.
Peut être que...
En attendant, le mouvement du sabre venait de lui couper le souffle.
Littéralement.



[Voici ton post Einar-choupi en esperant qu'il te convienne (et qu'on parvienne à faire rire cette petite loutre tout de même). Bisouxxx]


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MessageSujet: Re: Le rire de la petite Loutre [Inachevé]   Ven 26 Juil 2013 - 23:43

- Enterre ? Oui ça c’est une bonne idée, enterrer, ça pollue pas et puis si j’enterre suffisamment profond, aucun chien ira déterrer le corps pour m’incul—HEIN euh quoi ?!

Einar ôta ses mains de son visage et regarda autour de lui à 360° pour découvrir qui lui avait donné ce conseil macabre. Finalement, son regard tomba sur le cadavre.
Sauf que ce n’était pas un cadavre. La personne qu’il avait heurtée était bien vivante, et s’était mise à faire un vacarme du diable.
Einar pâlit.

Puis il laissa tomber son sabre et se précipita vers la personne en question. Elle semblait souffrir au-delà du martyr, pliée en deux.
C’était une fille.
Il s’en rendit compte à l’uniforme, parce que l’uniforme des filles était coupé différemment de celui des garçons. Et aussi parce qu’elle avait des cheveux de filles avec des accessoires de filles dedans. Et aussi ben… parce que c’était une fille et qu’une fille, ça se voyait quand c’était une fille.
Il avait blessé une fille sans faire exprès. La culpabilité remplaça intégralement la colère d’avoir interrompu alors que pour la première fois de sa vie, il parvenait à reproduire le chant du sabre de l’apprentissage chantelame.

- J’suis désolé… vraiment super super désolé ! Ca va aller ?

Imbécile, bien sûr que non ça allait pas aller, la fille elle arrivait pas à respirer, si ça se trouve elle était quand même blessée ou mourante, et ça, ça paniquait Einar.
Maladroitement, il s’accroupit près d’elle, en essayant de se souvenir de son entrainement chantelame quand ils étaient coincés dans la grotte Chantelame et que Valen leur apprenait à soigner d’urgence. Il avait tout oublié, depuis, c’est pourquoi il improvisait.
Elle saignait pas. Elle avait les mains crispées sur le ventre, mais y’avait pas de sang qui suintait d’entre ses doigts, comme on en voyait quand les gens essayaient de comprimer une blessure. Elle saignait pas de la bouche, elle saignait pas du nez ou des oreilles, enfin bref, elle saignait pas de l’extérieur.

Einar ne put s’empêcher de soupirer de soulagement. Dans sa tête, quand on ne saigne pas, alors tout va bien. On ne meurt que si on saigne trop. Tout ce qu’il avait vu lors des évènements chaotiques de l’Académie ne faisaient que confirmer cette thèse-là.
Pourtant, il avait pas pu taper si fort que ça. Il était pas assez fort pour casser quelqu’un en deux, c’était impossible.
Ou alors il s’était laissé emporter quand il faisait sa danse chantelame, ça c’était possible aussi.


- Tu m’entends ? Tu arrives à bouger ? à respirer ? Non ? J’peux faire quoi que ce soit ? Je suis pas dessinateur, j’peux pas t’emmener à la confrérie, elle est trop loin…

Compulsivement, il lui frottait le dos autant qu’il pouvait, comme quelqu’un en train de s’étouffer. Il osait pas tapoter ou taper, pourtant, il avait peur de lui faire mal.
Et puis, après quelques minutes de détresse où Einar tourna en rond complètement sans solution, la jeune fille parvint à respirer un peu moins mal.
Elle se tenait toujours le torse et elle oscillait encore entre des feulements et des sifflements, mais ses lèvres avaient cessé d’être bleues.

Elle était trop lourde pour qu’il la transporte directement à l’infirmerie avec la seule force de ses bras. Et il osait pas trop la bouger tant qu’elle lui aurait pas prouvé qu’elle n’était pas mourante. Courir appeler quelqu’un ?
Le petit Teylus, mortellement inquiet, voyant qu’elle pouvait respirer suffisamment, essaya de lui poser d’autres questions :

- Tu veux que j’aille chercher du secours ? Tu peux te lever ? Tu veux qu’on aille à l’infirmerie ? J’suis tellement tellement désolé… Si t'en réchappes j'ferai n'importe quoi pour me faire pardonner et j'suis prêt à faire pas mal de choses alors meurs pas!


Les yeux mouillés par la culpabilité, Einar observa attentivement les gestes de la fille d’Aequor. Il devrait peut-être interpréter un geste de la tête et agir à partir d’un hochement de sa part. Ou alors elle parlerait, et il devait tendre l’oreille pour parvenir à entendre ce qu’elle disait.
Pitié, pitié, sois pas en train de mourir, j’arriverai jamais à avoir la force de voir quelqu’un mourir dans mes bras..



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MessageSujet: Re: Le rire de la petite Loutre [Inachevé]   Dim 1 Sep 2013 - 20:49

Kleyre, non Kleyran - au Dragon Kleyre - avait l'impression qu'il allait mourir. Et il ne pouvait pas s'empêcher de trouver ca terriblement stupide. Il allait mourir ici. A 20 ans. Mourir sans avoir retrouvé Eiluun. Sans avoir retrouvé Agarte. Mourir sans avoir reconstruit sa famille. Il allait mourir ici, dans le parc de l'Académie qui avait vu grandir sa mère. Celle qui allait voir grandir sa soeur. Il allait mourir ici, élève encore anonyme. Il allait mourir dans les bras d'un garçon qui lui était totalement inconnu. Un garçon qu'on risquerait de rendre coupable de sa mort, alors que sa propre imprudence était l'unique responsable. Il allait mourir, sans être blanchit de ces meurtres qu'il n'avait pas commis. Il allait mourir dans ce corps de fille. Le corps de Kleyre.

Il eut soudain envie de rire devant toute cette absurdité. Mais ce fut un feulement qui sortie de sa bouche en lieu et place de rire nerveux.
Le Teylus s'approcha de lui, et il pu sentir la panique suinter de ses paroles. Il eut envie de lui dire de respirer. Que ce n'était pas grave. Qu'il valait mieux en rire. Que c'était toujours mieux que de finir sous les coups d'un bourreau.
Mais seul un sifflement franchit ses lèvres.

L'Autre lui parlait de l'emmener à la confrérie, sa voix transpirant l'impuissance. Et Kleyran se dit que ce serait vraiment bête de mourir sans savoir le prénom de celui qui s'inquiétait ainsi pour lui. De celui qui aurait tant de problèmes lorsque lui-même ne serait plus qu'un cadavre. Il se dit que son cerveau devait commencer à manquer d'air parce que ses pensées n'étaient plus très claires.

L'Autre entreprit de lui frotter le dos et il sentit quelque chose en lui se débattre. Un vieux réflexe. Avant de se rappeler que cela n'avait plus d'importance à présent qu'il allait crever ici. Tant pis si l'Autre découvrait qu'il n'était pas plus fille que lui. Quitte à mourir autant mourir vrai.
Il eut envie de lui parler d'Eiluun, de lui dire de prendre soin d'elle à sa place. Mais il n'était même pas sur qu'il la connaisse. Et puis de toute façon, il ne pouvait pas parler.

Et puis soudain, un des doigts de l'Autre accrocha une de ses agrafes. Une de celle qui lui rentrait dans la peau. Il grimaça, mais l'Autre continua. Il ne devait certainement pas l'avoir sentit à travers l'épaisseur de l'uniforme. Une agrafe. Puis une seconde. Maintenant Kleyran attendait avec impatiente chaque frottement. Avec une sorte d'espoir étrange. Une troisième. Et puis ce qui devait arriver arriva. Il sentit l'attache sauter. Il sentit les agrafes sortir de sa peau, lui tirant un gémissement étouffé. Il sentit son bandeau se desserrer et il ne pu s'empêcher de tousser.
L'air rentrait à nouveau dans ses poumons.
En lui faisant un mal de chien.
Il lui semblait que l'air était fait de clous rouillés tant il avait l'impression que chaque respiration lui éraflait les poumons.
Oui il respirait douloureusement. Mais il respirait. Il n'allait pas mourir. Pas ici, pas aujourd'hui, pas ainsi.
Il eut soudain envie de se jeter dans les bras de l'Autre qui venait sans le savoir de lui sauver la vie.
Parce qu'il allait vivre !
Retrouver Eiluun, retrouver Agarte. Redonner un sens au mot famille. Et puis il prouverait qu'il était innocent ! Et il deviendrait le plus grand Navigateur de tous les temps !
Il avait envie de courir à présent, de sauter partout, et d'hurler sa joie à qui voulait bien l'entendre.

La voix de l'Autre lui parvint, et il réalisa qu'il n'était pas forcement au courant de son nouvel état de grâce.
D'ailleurs son discours, était celui d'un homme abattu et plus celui d'un jeune garçon. Et Kleyran sentit son coeur se serrer.
Il leva la main, voulant faire un signe rassurant, mais celle-ci atterrit un peu trop durement sur la joue du Teylus. C'était raté pour une gentille caresse, mais cela avait le mérite de lui faire relever la tête. Et Kleyran reposa sa main sur sa poitrine dans une tentative de maintenir son bandeau en place. Et ses yeux se posèrent sur ceux humides de l'Autre.
Il ouvrit la bouche, mais aucun son en sortit. Seul une nouvelle grimace de douleur figea ses traits.
Et pourtant, il fallait qu'il parle. Qu'il lui dise que tout allait bien à présent. Qu'il le remercie. Et surtout, il devait lui dire que ne pas l'aller à l'infirmerie. Chez les Rêveurs oui, parce que pour avoir aussi mal, il avait bien du se faire péter une côté. Mais jamais à l'infirmerie. Il n'avait aucune confiance dans le personnel de cette académie, et craignait d'être dénoncé à l'intendant. Par contre les Rêveurs, soumis à leur secret, le soigneraient sans problème.
Il voulu se redresser. Mais regretta aussitôt son idée lorsqu'une décharge électrique traversa sa poitrine.
Les paroles de l'Autre tournait en boucle dans sa tête et sa bouille de bouvier bernois lui fendait le coeur.
Il ne voulait pas qu'il s'excuse. Pas qu'il se sente si coupable. Pas qu'il lui promette de lui offrir le monde. Il voulait qu'il se sente fière. Parce qu'il avait réussi à le sauver. Parce qu'il n'allait pas mourir grâce à lui.
Et tout ce qu'il parvenait à faire, c'était de lui foutre une baffe.
Bravo !

Il inspira une grande et douloureuse goulée sachant que la cracher serait tout aussi désagréable.
Mais il fallait qu'il parle.
Pour que la tristesse et la peine s'effacent du visage de l'Autre. Pour qu'il sourit.
Pour qu'ils puissent en rire tous les deux comme si cela n'avait été qu'une mésaventure sans importance.

- Mééééur... ssssssi.

Bon ce n'était pas grand chose, mais il n'était pas sur d'arriver à mieux sans avoir l'impression qu'on lui découpait la poitrine. Il ne pourrait pas prononcer un mot de plus. Juste bouger la tête, et encore sa nuque le tiraillait.
Alors il espérait juste que l'autre comprendrait.
Parce que ca faisait vraiment trop trop mal.



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MessageSujet: Re: Le rire de la petite Loutre [Inachevé]   Dim 22 Sep 2013 - 23:34

L’autre avait beau secouer la tête de bas en haut, Einar était pas rassuré pour autant. Elle avait essayé de se lever, et c’était avec un grognement de douleur qu’elle s’était rassise, comme si quelque chose en elle était cassé et l’empêchait de remettre tous ses os dans le bon ordre, et ça avait causé chez lui un véritable ascenceur émotionnel de soulagement, puis de peur et de culpabilité à nouveau.
Le regard d’Einar se posa sur la garde de son sabre, dont la lame était dissimulé dans les herbes folles de cigüe et de bergamotes qui bordaient le clos d’exercice, et pour lequel il éprouvait tant de fierté, d’ordinaire. Là, il n’y avait que la honte, la honte et l’impossibilité de comprendre comment on pouvait faire à ce point mal sans faire couler la moindre goutte de sang. Il ne méritait que d’être puni, châtié, radié de l’ordre des chantelames pour avoir brisé l’harmonie interne de quelqu’un sans faire exprès.

A ce moment-là, la main de la blessée s’abattit sur sa joue comme si elle lisait dans les pensées d’Einar, et il ne put même pas lui en vouloir. Comment pouvait-il, alors qu’elle faisait du mieux qu’elle pouvait pour aspirer l’air, et qu’il était complètement inutile, à côté, à frotter son dos maladroitement ? Si seulement il avait eu les Spires… Enfin, un vrai pouvoir de Spires, pas l’espèce de truc bizarre qui apparaissait dans sa tête de temps en temps et lui rendait la vie infernale. Il aurait pu appeler à l’aide, il aurait pu se dénoncer directement auprès du Sire Intendant, prévenir sa famille et Tifen de sa faute, dire au revoir aux gens sur le champ…

Alors à ce moment, il crut percevoir un mot, un mot qui prenait des efforts considérables à la jeune fille à prononcer : « Merci ». Du moins, c’est ce qu’Einar crut entendre, et c’est ce qui suffit à illuminer son visage tâché de son et de larmes. Elle allait bien ! A moins d’un improbable scénario où elle serait une jeune fille suicidaire dont le souhait était de mourir par suffocation et qu’il ait accompli son souhait sans faire exprès, ce merci était là pour lui signaler qu’elle commençait à aller mieux.

Et maintenant qu’il y faisait un peu attention, elle avait l’air d’aller un peu mieux. Ses lèvres étaient passées de bleu mort à violet betterave, ce qui était déjà une amélioration par rapport à maintenant, et elle semblait respirer avec un peu moins d’angoisse.
Elle se tenait toujours les côtes comme si elle allait accoucher, mais ça…

Einar aurait pu la prendre dans ses bras tellement il était soulagé, mais juste au moment de s’exécuter, il se retint, et c’est sans doute la meilleure idée qu’il eut de toute la journée. Avec une petite moue d’excuse, il s’éloigna un peu, récupéra son sabre dans la poussière, ôta toutes les impuretés sur le fil de la lame et le rengaina à l’abri de toute autre catastrophe.

- Dès que tu pourras te lever, on ira à l’infirmerie, d’accord ? C’est le plus près, et les rêveurs aiment pas qu’on les dérange quand c’est pas question de vie ou de m- comment ça non ?

La jeune fille aux boucles blondes presque aussi soyeuses que celle de M’sieur le Prince secouait frénétiquement la tête de droite à gauche puis de gauche à droite, et essaya même de lui dire « Non » « Non ! » de plus en plus fort. Elle s’étranglait sur ses mots et crachait et toussait, et cette réaction aussi violente qu’inattendue laissait Einar complètement perplexe.

Pourquoi ne voudrait-elle pas aller à l’infirmerie alors que c’était tout proche ? Pourquoi ? L’infirmière n’était pas un monstre… Du moins pas autant que Grand-Mère Siffleur dans les cuisines. On était bien accueilli, à l’infirmerie. Einar était témoin, il y était plus souvent qu’à son tour pour tout un tas de rhumes et d’allergies au printemps, et il se faisait mal en cours de combat plus souvent qu’à son tour. Peut-être que la blessée croyait aux rumeurs et aux racontars que les abrutis comme Laiki chuchotaient à l’oreille des nouveaux élèves pour les impressionner ? Peut-être qu’elle croyait qu’on y enchainait les élèves, qu’on utilisait tout un tas d’instruments de torture sur eux, comme dans les dessins de pinces, de seringues tordues et de clystères qu’on trouvait en schéma dans les vieux grimoires… Peut-être qu’elle croyait que les infirmières faisaient des expériences interdites sur les élèves depuis que M’sieur Krysant était arrivé à l’Académie ? Peut-être qu’on lui avait raconté que c’est comme ça que M’sieur Ril’ Enflazio avait perdu son œil, un jour qu’il était allé faire soigner une migraine ? Ou que c’était comme ça que le nez de M’sieur Golfroy était devenu un immonde tubercule patatoïde rougeaud et boursouflé ?
C’était pas la première fois qu’Einar entendait Laïki dire ce genre de bêtises pour impressionner les nouvelles, mais il pouvait rien faire, lui. Laïki faisait deux têtes de plus et deux têtes plus larges que lui, et il arrivait même pas à l’empêcher de l’embêter lui. Alors l’empêcher d’embêter les nouvelles..

- Ecoute.. T’sé les gens, ils disent plein de trucs pas vrais sur l’infirmerie, et sur les profs, et même sur moi, faut pas les écouter, M’dame l’Infirmière elle est super compétente, j’t’assure !

Mais Kleyre secouait toujours la tête frénétiquement, et tout ce que pouvait dire Einar ne parvenait pas à lui faire changer d’avis. Le jeune Teylus soupira et baissa la tête.
Il avait sûrement mérité ce qui allait suivre et qui lui servirait de châtiment pour avoir eu l’orgueil de vouloir faire chanter son sabre..

- Bon.. ben j’crois qu’on a pas trop l’choix. Tu peux marcher ?
–nouvelle négation entrecoupée d’étranglements.- Non. Ah. La seule solution qui reste, c’est les rêveurs, mais ils sont pas à coté, et si tu peux pas marcher..

Il cherchait une solution. Il n’y en avait pas. S’il avait pu monter à cheval, il aurait pu la transporter sans problème, mais sa douloureuse expérience avec Faolan lui avait démontré le contraire. Prendre un mulet des écuries ? Ses yeux tombèrent sur la forge de M’sieur Frandrich et sur les autres établis de l’Académie, d’où étaient sur le point de repartir les fournisseurs de ressources en tout genre. S’ils pouvaient monter à bord…

- J’ai un plan. Faut qu’on parvienne à atteindre les chariots, là-bas, et ils vont forcément redescendre vers al-Poll, donc nous rapprocher de la confrérie, et comme ça t’auras pas à marcher. Mais faut qu’on arrive aux chariots d’abord.

Il resserra le ceinturon de Bomon pour l’empêcher de glisser, et reprit :

- J’peux te porter jusque là, si tu veux. Si tu m’fais confiance.

Et il comprendrait qu’elle veuille pas. Il avait la carrure d’une courgette desséchée, même en gonflant le torse, et il paraissait pas très solide. Elle aurait sans doute peur qu’il la lâche, qu’il la blesse encore plus, qu’il la tue, même… Mais son petit cerveau ne voyait pas d’autre solution. S’ils appelaient à l’aide, on leur dirait d’aller à l’infirmerie, et que si c’était vraiment grave, l’infirmière trouverait un dessinateur pour la transporter à la confrérie.
Ils ne pouvaient pas être vus. Ni entendus. Il fallait qu’ils parviennent à se glisser dans un chariot.

Einar s’accroupit, et ouvrit les bras, prêt à transporter Kleyre le plus vite possible.



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Le rire de la petite Loutre [Inachevé]
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