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 Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]

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MessageSujet: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Sam 30 Mar 2013 - 12:17


    Trois jours.Depuis son retour, la jeune femme se perdait très régulièrement. Pourtant, même en l’ignorant, une partie de son inconscience devait se souvenir de ce lieu, l’aider à la guider dans ce véritable labyrinthe de couloirs…Non, rien à faire. Le voile était d’une opacité efficace et pour elle, ce lieu lui était totalement inconnu.Elle tourna à gauche, espérant retrouver un repère, mais en vain. Toutes les portes se ressemblaient, tous les couloirs. Elle lâcha un petit soupir rageur, et virevolta pour revenir sur ses pas. Son estomac criait famine, et Arro était introuvable. Elle savait qu’elle ne devait pas toujours compter sur lui, mais il était la seule personne qu’elle connaissait ici, et les premiers temps, elle l’avait suivi partout comme un poussin suivant sa mère, avant qu’il lui fasse comprendre qu’il avaitdes obligations et qu’elle ne pouvait pas toujours être avec lui. C’est pour cela que maintenant, elle était perdue.On lui avait parlé de son travail de botaniste. Elle devrait prendre ses fonctions bientôt, une fois qu’elle se serait bien repérée. On lui avait donné une semaine. Elle avait nettement plus de facilité à se repérer dans les extérieurs de l’Académie qu’à l’intérieur. L’architecte qui a conçu ce morceau de pierre devait être très tordu dans sa tête ! pensa t’elle. Sa main glissait sur les murs, et elle trouva des escaliers, assez larges. Un escalier principal ? Quoi que, cela pouvait être un piège ! Elle commençait à penser que les pièces, escaliers et couloirs changeaient de place dès qu’elle avait le dos tourné. Elle s’arrêta en haut des degrés un moment, puis fit le choix de les descendre. Elle croyait se souvenir que la grande salle où manger était en bas. Elle descendit avec précaution, pour ne pas se prendre ses pieds dans sa longue robe beige. Avec sa main, elle tenait la rambarde, tandis que l’autre relevait son large chapeau de paille qui gênait sa vision. Toutes ces précautions furent inefficaces quand son pied rencontra une feuille de papier, qui glissa sur la marche. Elle fit le reste de l’escalier nettement plus rapidement, il faut le dire. Heureusement qu’elle avait descendu la plus grande partie. De ses lèvres s’échappa un cri de détresse, elle ferma les yeux par réflexe, et atterrit sur quelque chose de mou et de chaud. Son coude heurta néanmoins les dalles du hall d’entrée, et se mit à saigner un peu. Elle roula sur le côté, ses mains sur son visage, tremblante, et après quelques respirations saccadées, décida d’ouvrir les yeux en entendant un gémissement de douleur à côté d’elle.Ce n’était pas un matelas confortable qui l’avait réceptionné mais bien un jeune homme. Un élève ? Quelle gourde elle faisait ! Elle avait déjà attiré bien assez d’ennui à son hôte !Elle se releva à moitié, s’assit sur ses talons, les mains posées à plat devant elle, la tête basse. Son chapeau de paille était à moitié tordu et de longues mèches rousses y étaient emmêlées. Un épouvantail femelle, voilà ce qu’elle était devenue.Elle balbutia, n’ayant pas encore trop l’habitude de parler, surtout à des inconnus :- Dé…désolée….



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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Lun 1 Avr 2013 - 15:29

Encore raté. Elle prit son souffle alors que son corps entier plongeait dans la cascade, submergé par l'eau. La corde stoppa net sa course avant qu'elle ne tombe dans le vide. Enième essai, elle n'y arrivait toujours pas. Elle faisait pourtant tout ce qu'il fallait. Elle écoutait, ressentait, s'imprégnait, mais rien n'y faisait. Les torrents de la cascade finissaient toujours par l'emporter.
L'air commençait à manquer, elle devait remonter à la surface le plus rapidement possible. Empoignant la corde à laquelle elle était attachée, elle commença à tirer dessus. Ses pieds battaient pour essayer de remonter, sans grand succès. Une vague ramena soudain la jeune fille à la surface qui reprit l'air salvateur. Tirant de toute ses forces, elle réussit à se ramener jusqu'à la berge. Elle s'effondra sur le sol, les jambes à moitié submergées.
La kaelem soufflait comme un boeuf, elle n'en pouvait plus. Cela faisait depuis quelques heures déjà qu'elle était ici, à tenter de se couler dans l'eau. A trouver son temps, à l'utiliser jusqu'à ce qu'il devienne le sien. Son maître y arrivait, elle voulait le faire. Coûte que coûte. Il fallait avouer qu'elle progressait tout de même un peu depuis le matin. Son premier essai fut désastreux, elle fut emportée sur le coup. Alors que pendant ce dernier, elle réussit à résister contre les vagues durant quelques minutes. Mais pas assez. Il lui fallait tenir à l'aller et au retour.
Une lumière s'alluma soudain en elle. Résister... Elle ne devait pas résister, elle devait couler en lui, comme lorsqu'elle se glissait dans le temps du vent.
Sourire aux lèvres, elle se leva, une grimace s'étirant sur son visage. Le choc créé par la corde contre son ventre avait petit à petit provoqué un bleu qui risquait de recouvrir tout son abdomen. Dernier essai. Elle reviendrait le lendemain dans tous les cas.

La marchombre ferma les yeux, inspira, expira. Ecouter. Entendre le roulis des vagues, le son particulier des eaux. Elle devait se couler en elle, ne pas lui résister, mais danser avec elle. La cascade et elle ne devaient faire plus qu'un. Danser avec elle... Ne faire plus qu'un... Ecouter.
Ses jambes commencèrent à marcher d'elles-mêmes, se dirigeant vers l'eau. Les vagues vinrent à peine la caresser, elles coulaient autour de son corps sans vouloir la déloger. Ses membres dansaient au rythme des roulis de la cascade, ils ne lui appartenaient plus. Son esprit s'était croché à celui du monstre d'eau, ils ne faisaient plus qu'un. Et elle marchait. Elle marchait dans les eaux de la cascade. Sans faillir, sans tomber. Elle dansait avec l'élément liquide.
Les minutes passèrent et la jeune femme ne tombait toujours pas. Elle rouvrit les yeux et se rendit compte qu'elle se trouvait au beau milieu du torrent. Un sourire s'étira sur son visage et ses yeux se dirigèrent vers une tache au bord de l'eau. Elle lui fit un signe.


- J'ai réussi, j'ai réussi ! T'as vu Oeil-de-Tigre, je danse avec la cascade !

L'aigle pencha la tête de côté en poussant un petit cri perçant. Sa maîtresse ne tarda pas à rejoindre la rive, tremblante de froid. Heureusement qu'elle avait prit la peine de retirer tous ses vêtements pour cet exercice, elle se serait mal vue attendre plusieurs heures que ses vêtements sèchent. Elle attacha ses longs cheveux brun en chignon qu'elle recouvrit d'un chapeau et enfila ses vêtements.
Détachant la corde du rocher, elle l'enroula et la passa sur son épaule. Ne pas gaspiller une corde d'une telle efficacité. Et d'un pas allant, elle se dirigea vers l'Académie, Oeil-de-Tigre à ses côtés.

Une dizaines de minutes s'écoulèrent avant qu'elle n'atteigne la grande porte. Elle salua les deux gardes en post et s'engouffra dans le hall. Elle s'apprêtait à monter les escaliers lorsqu'elle perçut un cri. Elle n'eut pas le temps de se retirer qu'une femme lui tomba dessus comme une masse. Le genou sur son estomac, celui-ci accentua le bleu qui se voulait déjà bien douloureux. Son dos cogna durement le sol et sa tête, n'en parlons pas. Elle put percevoir le cri du rapace, inquiet. La femme roula vite sur le côté, ce qui rassura la jeune femme. Elle poussa tout de même un gémissement de douleur. Son bleu allait devenir bien noir.
Ichel sentit le bec d'Oeil-de-Tigre contre son oreille, elle le repoussa gentiment pour pouvoir se relever. Elle avait vécu pire, c'était certain. Mais ce n'était jamais une partie de plaisir que de se retrouver les quatre fers en l'air écrasé par quelqu'un. Surtout que ce n'était pas la première fois qu'elle tombait ainsi sur quelqu'un dans le hall d'entrée. Sans doute la troisième fois. Elle ne savait pas ce qu'ils avaient tous pour lui foncer dedans, mais elle devait avoir un écriteau marqué à l'encre noir, "matelas d'occasion".

La marchombre se releva difficilement et remit son grand chapeau en place. Elle releva les yeux vers la maladroite et tomba nez à nez avec un épouvantail qui tentait de prononcer quelques excuses. Après réflexion, l'épouvantail était une femme. Des cheveux roux s'échappaient de son chapeau de paille et ses yeux observaient Ichel avec gêne. La kaelem éclata de rire devant la mine déconfite de la femme lorsqu'elle ôta son grand chapeau et que ses longs cheveux brun tombèrent sur ses épaules. Cette dernière paraissait perdue, elle fixait Ichel comme si quelque chose clochait. Peut-être l'avait-elle prise pour un homme, après tout, elle avait quelques minutes plus tôt les cheveux attachés sous un grand chapeau. Et il fallait avouer que la marchombre n'était pas très féminine lorsqu'elle revenait d'un entraînement.


- Oh, tu sais, c'est pas bien grave, j'ai l'habitude qu'on m'utilise comme matelas.

Elle réajusta son chapeau sur sa tignasse alors que l'aigle vint se poser sur son épaule.

- Mais toi, ça va ? T'as quand même fait une belle chute dans les escaliers.





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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Lun 1 Avr 2013 - 18:06

    Finalement, il semblerait que son coude ne soit pas le seul à avoir souffert de la chute malgré la chance qu’elle a eu de tomber sur quelqu’un. Ses genoux aussi saignaient, et sa robe était bonne à être reprise sous une aiguille.
    Elle soupira, malheureuse car cette robe était neuve, et qu’elle l’avait choisie exprès pour plaire à Arro. Visiblement, il aimait beaucoup la voir en jeune fille, alors elle accentuait un peu ce côté ci.
    Elle attendit que la silhouette qu’elle avait généreusement écrasé se redresse pour s’excuser platement.


    - ..Pa..papier.


    Elle pencha la tête sur le côté, ayant encore du mal à communiquer, surtout avec des étrangers.
    Sans Arro, elle était bien obligée de se débrouiller mais elle gardait beaucoup de maladresse, et de crainte.
    Elle se rappela le premier jeune élève avec qui elle avait essayé de communiquer hier matin. Elle tentait bien que mal de lui demander où était la salle pour manger, mais devant son insistance maladroite, il avait fini par s’accoler au mur pour mieux fuir.
    Elle en avait été très malheureuse et n’avait pas mangé ce jour là…
    Du coup, elle avait revu sa technique d’approche mais son apparence ne trompait pas. Cela faisait un bon moment qu’elle avait dépassé ses 5 ans…

    Elle gardait la tête basse un moment, avant de la relever, craintive, pour observer son matelas-d’une-fois.
    Il semblerait que l’homme soit en réalité…une femme. En la fixant, elle piqua un fard, les yeux écarquillés, et ne trouva rien à redire si ce n’est, en reculant prestement :


    - Augobre, ngarehihno ??


    Devant l’air d’incompréhension de son interlocutrice, elle inspira un grand coup et désigna du bout du doigt l’énorme oiseau qui avait élu domicile sur l’épaule de la jeune fille.


    - C’est…est…qu…oi ?


    Elle n’avait jamais vu un oiseau d’une telle taille auparavant, ou en tout cas, ne s’en souvenait pas. Tout ce qu’il y avait dans les jardins et vergers qu’elle avait côtoyé ne dépassait pas la taille d’un pigeon.
    Elle pencha la tête sur le côté, ne sachant si elle devait avoir peur ou être fascinée. Avec son innocence enfantine, elle pencha pour la deuxième option et approcha la main de la bête qui émit un son qui la poussa à se retrancher vivement derrière le premier choix énoncés précédemment.

    Après que sa jeune matelas en herbe lui répondit, elle la fit répéter plusieurs fois en essayant elle même de prononcer correctement. Elle se trompa à deux reprises, mais la troisième est toujours la bonne.
    Après ces présentations quelques peu originales, vint le moment des présentations formelles. Elle pointa le doigt vers sa poitrine et énonça par cœur :


    - Kushumaï Skil’Liches, botaniste !


    Elle sourit, d’un grand sourire où même dans son regard, on pouvait deviner le bonheur. Elle avait répété avec Arro le soir pour qu’elle puisse au moins se présenter de manière intelligible. Ce jeu l’avait beaucoup fait rire, car elle voyait que l’homme était suspendu à ses lèvres.
    Elle répéta le prénom de la jeune fille et lui proposa de nouveau maladroitement à aller manger. Il était midi passé, et comme cela, aujourd’hui, elle était sûre de trouver la Grande Salle…




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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Mar 2 Avr 2013 - 0:18

La femme balbutiait, elle semblait ne plus réussir à parler correctement. Peut-être avait-elle un problème à la mâchoire ? Elle s'était peut-être déboité la bouche et n'arrivait plus à formuler les mots correctement ? Non, ce n'était pas ça, des mots précis sortaient tout de même par bribes. Elle avait juste sans doute du mal à s'exprimer avec une inconnue. Elle était mal à l'aise face à la marchombre, elle semblait avoir peur.
Ses phrases ne ressemblaient plus à rien, les mots avaient prit la forme de syllabes incompréhensibles. Elle montra soudain Oeil-de-Tigre du doigt en demandant ce que c'était. Elle n'en avait jamais vu ? Tout le monde reconnaissait un oiseau, non ? Cette femme était définitivement étrange. Elle s'approcha soudain de l'oiseau, la main tendue. Ichel ne savait si c'était une bonne idée. Non pas que son aigle était méchant, loin de là, il était adorable. Mais il ressentait la peur et l'appréhension. Il n'aimait pas cela et réagissait par rapport à elle. La femme n'avait peut-être pas choisi le bon parti en tentant de le toucher en étant dans cet état.
Ichel avait raison. Le rapace poussa un léger cri d'avertissement que la rousse écouta, pour la survie de sa main. Ichel sourit devant la naïveté de la femme – qui était sans doute plus âgée qu'elle – et voulu bien lui répondre.


- C'est un aigle, il s'appelle Oeil-de-Tigre.

Elle parut tenter de prononcer le mot, mais n'y arrivait pas. Elles durent se reprendre à plusieurs fois avant qu'elle ne réussisse à le prononcer juste. Elle réussit à prononcer le nom de l'oiseau après trois essais. La kaelem se demandait tout de même d'où elle pouvait bien sortir. Elle était bien étrange cette femme.
Elle pointa soudain son doigt contre sa poitrine et commença à parler. Ichel crut s'étouffer lorsqu'elle entendit ce qu'elle lui confia. Un simple nom, son nom.
Skil'Liches...
Dans tous les noms possibles et imaginables, elle avait prononcé celui-ci. Dans toutes les syllabes existantes, c'étaient celles-ci qui étaient ressorties. Pourquoi ? Comment ? Ichel n'en croyait pas ses oreilles, elle ne savait comment réagir. Les bras ballants, une expression d'égarement sur le visage, elle ne disait mot. La surprise l'avait prise au creux de l'estomac, elle ne réagissait pas. Ces syllabes, pourquoi les prononçait-elle ? Comment était-ce possible ? Qui pouvait-elle bien être ? Cela ne pouvait être une coïncidence. Mais comment...
Ichel ne savait plus, elle ne pensait plus. Ses pensées restaient fixées sur deux choses. Le visage de la femme et ce nom qu'elle venait de prononcer. Ce n'était pas possible. Elle devait rêver, il n'y avait pas d'autre explication.
Qui était-elle...
Le sourire immense de la femme la ramena à la réalité. Elle était une enfant, elle ne savait pas vraiment comment se comporter. Elle donnait l'impression de devoir sans cesse lui expliquer les choses, de devoir lui tenir la main.
Qui était-elle...
Ichel voulait savoir, elle voulait connaître la vérité. Elle arbora un sourire difficile, les syllabes de son nom résonnant encore dans son esprit.


- Moi c'est Ichel Calwin, mais appelle moi juste Ichel, laissons tomber le nom.

Ce nom... Skil'Liches. Kushumaï. Jamais elle n'avait entendu ce nom filtrer des lèvres de son maître. Qui était-elle ? Quels liens entretenait-elle avec lui ? Sa curiosité remportait sur la douche qu'elle s'était promise. Elle allait donc l'accompagner dans la grande salle.
Ce n'était pas tant sa curiosité qui l'encourageait à accompagner la femme, elle la trouvait bien trop perdue pour se permettre de la laisser seule à errer dans les couloirs. Surtout si elle avait le même nom que lui. Ichel et la femme ne s'étaient pas réellement adressées la parole, mais elle l'appréciait déjà.
Elle lui répondit donc à la positive et l'accompagna dans la grande salle. Elles passèrent les portes après que la marchombre ait ordonné à Oeil-de-Tigre de se cacher entre les poutres. Il ne fallait pas qu'un professeur ne le voit, maintenant que les animaux étaient interdits.
Elles se posèrent à un coin d'un grande table et Ichel lui montra comment il fallait faire. Les plats pleins, les boissons, les couverts, tout ce qu'il fallait savoir. Elle écoutait attentivement et répétait ce qu'elle lui disait. Une enfant qui demandait toujours pourquoi, une enfant qui ne demandait qu'à apprendre.
Qui était-elle...
Ichel ne pouvait empêcher les questions de revenir, elle peinait à garder sa langue dans sa poche. Mais elle ne pouvait être aussi directe qu'à son habitude. La femme n'était pas comme les autres, elle le sentait.
Elle lui sourit alors que la femme remplissait son assiette.


- C'est bon, hein ? On a des cuisiniers fins gourmets.

Qui était-elle, que cachait-elle. Ce nom qu'elle avait en commun avec son maître.

- T'as déjà mangé des choco-framboises ?

Elle lui tendit trois boules de chocolat avec un sourire engageant sur les lèvres. La femme gouta et une étincelle s'alluma dans son regard. Elle lui avoua avec quelques mots qu'elle aimait beaucoup, la kaelem lui en tendit alors deux autres. Les deux femmes mangèrent avec parfois quelques mots qui fuitaient, mais très rarement.

- T'as des cheveux magnifiques, on dirait le pelage d'un renard. Ton nom aussi est joli. Kushumaï. On dirait une fleur.





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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Jeu 4 Avr 2013 - 11:50


    Ichel. Elle était gentille ! La jeune femme rousse souriait, aux anges. Pour peu, elle aurait gazouillé tant elle était contente d’être tombée sur une âme charitable. Elle lui avait dit qu’Oeil de Tigre était un aigle. Elle ne voulut pas poser davantage de question mais se promit d’aller se renseigner davantage sur cette espèce étrange. Après les jardins, Kushu adorait les bibliothèques où elle retrouvait la sérénité et le calme qu’il régnait à la Confrérie d’Eoliane.

    Ichel ? Elle n’avait pas eu de difficulté à le prononcer. Cela provoqua un sourire sur le visage de son interlocutrice et en fut ravie. Elle n’avait pas remarqué la mine déconfite et surprise de l’élève. Elle était trop heureuse pour se rendre compte de l’effet qu’avait provoqué son nom de famille. Elle même ignorait pourquoi elle avait le même nom qu’Arro. Ils ne se ressemblaient pas, et quand elle avait parlé de famille, cela avait paru le gêner… Elle n’avait pas renouvelé l’expérience. Elle se contentait de ce qu’elle savait. Elle s’appelait Skil’Liches comme Arro, et il était gentil avec elle. C’était tout ce qui importait.

    Ichel avait accepté de l’accompagner à la Grande Salle. Elles se relevèrent et Kushu épousseta sa robe avant de remettre son chapeau à peu près normalement. Des mèches rousses restaient accrochées aux tiges de paille, mais elle l’ignorait. Elle offrit un nouveau sourire ravi à
    son amie, et elle la suivit docilement dans les couloirs de l’Académie. Elle tâcha de regarder autour d’elle pour se repérer, afin de ne pas agresser un autre élève. Elle finirait pas se faire une réputation affreuse qui risquait de se répercuter sur celle d’Arro.


    Elles entrèrent dans la grande salle et l’aigle s’en alla. Elle se retourna pour le voir s’envoler, admirative et ébahie. Elle ignorait que les animaux n’étaient pas admis dans l’enceinte de l’Académie, alors elle ne risquait pas de dénoncer sa jeune amie. Elles s’installèrent à de grande table où Kushu déposa son large chapeau de paille afin de marquer les places, et elle se releva à nouveau, avec maladresse, pour suivre Ichel. Elle ne la lâchait pas d’une semelle, de peur de la perdre. Elle était comme un chiot à la fois apeuré et curieux du monde extérieur.

    Elle remplit son assiette en copiant sur celle de sa voisine de table. L’odeur en était très alléchante, et son ventre se manifesta sans effort de discrétion. Elle sourit, le fard aux joues, gênée. Elle ne se rendait pas compte que son comportement était si bizarre pour une personne de son âge. Elle avait l’égocentricité d’une jeune fille, et la naïveté touchante. Elles retournèrent s’asseoir et elle dévora son assiette avec renfort d’interjections de plaisir. Elle redressa son dos, et sécha sa bouche avec un bout de serviette, comme on lui avait appris.

    Les différences dans son comportement avaient de quoi perturber pas mal de personnes. Il fallait comprendre que malgré son état psychique qui la faisait retourner en enfance, son corps était celui d’une femme, et son inconscience aussi, était celui d’une femme. Une femme meurtrie,
    détruite, profondément enfouie derrière son amnésie.


    Ichel lui tendit des petites boules marron dans sa main. Elles ressemblaient à des truffes, et laissaient des traces de chocolat dans la paume. Des…choco-framboise ? Oh ! Elle en prit une et la mit entre ses dents avant de la manger. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise. Le chocolat était tendre, mou, et le cœur était une sorte de coulis de framboise légèrement pétillant. Elle hocha la tête avec vigueur et mangea les autres en essayant de ralentir le rythme pour en apprécier le goût.


    - Y en a tout les jours ?


    Elle se sentait un peu plus à l’aise maintenant que le contact se faisait plus naturellement entres elles. Plus elles apprendraient à se connaître, plus il serait facile pour la jeune femme de communiquer. Elle manquait encore beaucoup de confiance en elle, et elle recommençait tout juste à parler. Elle s’était si longtemps murée dans le silence, qu’elle en avait oublié jusqu’au son que cela produisait, lorsqu’il sortait de sa propre bouche. Les seuls bruits qui sortaient, avant son amnésie, n’étaient que cris de douleurs, et sanglots. Sa gorge en fut blessée, et après qu’on ait réussi à endormir sa peine, elle n’avait plus parlé….
    C’est Arro, qui lui avait donné à nouveau l’envie de communiquer. Il lui avait montré de belles choses, et elle savait que quand elle parlait, cela lui faisait plaisir.



    -
    Un renard ? C’est quoi ? T' en connais des choses !



    Sa culture était peut être très étendue en matière de plantes, mais il lui restait beaucoup de lacunes que son amnésie avait causé. Elle pencha la tête sur le côté et se mit à rire doucement avant de répondre :


    - Merci ! Arro, lui, il dit souvent que je ressemble à une fleur ! Il est très gentil ! Tu veux que je te le montre, un jour ? Il est très occupé mais t’es gentille aussi, alors vous allez vous entendre !


    Montrer, à la place de présenter, ou faire sa connaissance. Le vocabulaire pourtant, elle l’avait, au fond d’elle. Cependant, son expression était encore maladroite et basique. Elle avait curieusement parlé longtemps. Ses phrases se rallongeait, et elle avait de plus en plus envie de parler aux gens, faire leurs connaissances. Pour elle, la méchanceté n’existait pas. Tout le monde était gentil, et elle avait envie que tout le monde l’apprécie.
    De plus, elle était sûre qu’Arro serait très fier d’elle si elle lui montrait qu’elle s’était faite une amie.


    Ichel avait elle du temps à passer avec elle ? Elle revenait d’un entraînement visiblement, alors elle devait avoir envie de se reposer, se laver, se détendre. Elle avait envie de lui proposer de l’attendre pour aller ensuite se promener, mais elle était encore trop timide pour cela, et ne voulait pas la déranger.


    - T’es quoi ici au fait ?


    Elle ponctua cette dernière question en enfournant sa dernière choco-framboise dans la bouche et lui sourit, avec du chocolat étalé tout autour de ses lèvres.




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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Dim 21 Avr 2013 - 12:35

Ichel n'en revenait toujours pas. L'esprit de la femme était si enfantin, elle était si naïve. Comment cela pouvait-il être possible ? Et surtout d'où pouvait-elle sortir. Jamais elle ne l'avait croisé entre les murs de l'Académie. Elle ne savait pas ce qu'était un renard, elle s'extasiait à chaque nouveau mot, à chaque chose que la kaelem lui présentait. Comment cela était-il possible ? Une naïveté pareille ne pouvait exister, c'était impossible. Et pourtant, elle en avait la preuve devant ses yeux. Une preuve qui possédait le même nom que son maître.
La marchombre voulait savoir qui elle était, mais elle sentait qu'il ne fallait pas la bousculer. Pourquoi ressentait-elle cela ? Elle n'en savait rien. Et puis selon le lien que la femme avait avec le joueur de flûte, elle préférait ne pas y aller trop fort avec les questions. Elle préférait y répondre.
Voyant que Kushumaï aimait tout particulièrement les choco-framboises, la kaelem lui donna le sachet entier qu'il lui restait. Un sourire amical aux lèvres.


- Non, y en a pas dans la grande salle, on peut les acheter en ville. Mais si tu en veux un jour, viens me voir.

Créer des liens pour savoir, créer des liens pour rester en contact. Ce mystère la taraudait bien trop. Malgré tout, elle aimait bien la rousse. Et bien qu'elle ne le sache pas encore, elle ne faisait pas que cela pour connaître la vérité. Devenir amie, peut-être.
Arro. Elle prononça son nom. Il lui disait souvent qu'elle ressemblait à une fleur ? Etrange. Jamais elle n'aurait cru entendre cela de son maître. C'était à peine si il lui faisait des compliments sur ses prouesses, alors utiliser ce mot pour parler à une femme... Qui était-elle donc ? Le mystère prenait plus d'ampleur à mesure qu'elle passait du temps avec Kushumaï.
Un sourire naquit sur les lèvres de Ichel, un peu différent des autres. Elle voulait que la kaelem rencontre son Arro. Ah, ça, pour s'entendre, elle pouvait en être sûr, ils allaient s'entendre. Bien plus que ce qu'elle ne pensait. Quelle belle scène cela ferait, le maître voyant son élèves aux côtés de cette femme. Kushumaï Skil'Liches. Que dirait-il ? Pour le coup, elle n'arrivait même pas à deviner la moindre parcelle du discours qu'il pourrait bien tenir. Son sourire prenait surtout naissance dans l'idée du comportement qu'il pourrait avoir. Comment expliquerait-il cela ? Elle devrait trouver le bon moment afin de le mettre devant le fait accompli. Mais pas tout de suite, là, elle tenait compagnie à la grande rousse.

Ichel ria lorsqu'elle vit la figure de sa rencontre. Du chocolat tout autour de sa bouche, elle avait le visage d'une enfant. Tout comme eux, elle ne paraissait pas consciente que sa tête était recouverte de chocolat. Toute heureuse, elle discutait, les dents chocolatées. La kaelem lui offrit un mouchoir afin qu'elle se nettoie le visage.
La question de Kushumaï laissa la marchombre muette. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle était l'apprentie de son ami ou quoi qu'il soit pour elle, elle ne pouvait non plus lui dire d'aller se faire voir. Lui répondre serait délicat. Mentir ? Elle n'aimait pas particulièrement ce mot, elle préférait largement dire qu'elle mentait par omission. La kaelem sentait bien que sa nouvelle rencontre s'impatientait, elle devait trouver une réponse dans la seconde. Quelque chose qui... Trouvé.
Elle releva son regard et le planta dans celui de Kushumaï, souriante.


- Je suis comme ces petites lucioles, tu sais, ces petits points lumineux dans la nuit. Je vais un peu partout, je fais ce que je veux.

Elle résonnait comme une enfant, Ichel ne savait rien d'elle hormis ce détail. Plus grande qu'elle, mais plus enfantine. La kaelem avait l'impression de devoir lui expliquer chaque mot qu'elle prononçait. Une étincelle brilla dans son esprit. Pourquoi pas ?
La marchombre se leva tout en s'étirant de tout son corps et sourit à Kushumaï. Cette dernière semblait avoir terminé son repas.


- Ca te dis que je te montre à quoi ressemble un renard ? Et une luciole ?

L'idée parut enchanter la rouquine. Se levant à son tour, elle suivit Ichel et les deux femmes traversèrent la grande salle en vitesse. Les têtes se tournaient, tous les regards fixés sur la grande rousse. Personne ne l'avait vu dans les parages et les nouvelles têtes ne laissaient personne indifférent.
Elles parlèrent tout du long de leur périple, ne voyant pas les marches défiler sous leurs pieds. Kushumaï posait plus de questions qu'elle ne donnait de réponses, mais cela faisait beaucoup rire la kaelem.
Les couloirs, les escaliers, tout cela les menèrent à la bibliothèque. Ichel afficha un sourire lorsqu'elle croisa le regard de la bibliothécaire. Elle n'avait toujours pas digéré le jour où elle avait joué du luth dans entre les rayonnages. Il fallait dire aussi que leur course poursuite avait de quoi mettre en rogne.
Ichel et Kushumaï passèrent donc devant la bibliothécaire et la marchombre se dirigea vers une étagère en particulier. La rouquine la suivait sans perdre une seule seconde sa trace. Fouillant dans les titres, la poussière et les reliures, la kaelem cherchait un ouvrage en particulier. Son regard s'illumina lorsqu'elle le débusqua entre une encyclopédie sur la noblesse alavirienne et un roman de guerre. Elle entraîna alors Kushumaï vers une table et elles s'assirent l'une à côté de l'autre. Ichel ouvrit le grand volume à la table des matières. Son doigt parcouru les centaines de noms avant de tomber sur celui qu'elle désirait. Page deux-cent-trente-sept. Les feuilles se froissèrent lorsqu'elle les tourna pour arriver à la-dite page. Se tournant vers Kushumaï, elle lui pointa une image du doigt.


- Regarde, c'est ça un renard ! Et là, à côté, c'est son cousin, le fennec.

Gracieux animaux. Les yeux de la rouquine brillaient, elle découvrait réellement ce à quoi ressemblait ces deux bêtes. Ichel se demandait parfois si elle ne se moquait pas d'elle.





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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Lun 20 Mai 2013 - 21:05

    Elle pencha la tête sur le côté, buvant les paroles de la jeune femme assise en face d’elle tout en finissant les dernières choco-framboises. Elle mit le paquet soigneusement dans sa pochette, lui offrit un énième sourire chocolaté tout en la remerciant vivement. Elle acquiesça avec virulence à l’idée d’aller faire un tour en ville. Elle n’y avait été qu’une fois avec Arro, et ils n’avaient pas eu le temps de faire grand chose, car la foule terrorisait Kushumaï et il avait du repartir travailler.

    Elle gardait néanmoins bon souvenirs des ruelles étroites avec ses pavés irréguliers, et les façades des maisons qui se penchaient légèrement en avant. Avec les fenêtres, on aurait dit des personnages curieux, qui contemplaient les passants. Elle s’était alors rapproché d’Arro jusqu’à le frôler. Elle en avait ressenti une vive émotion même si elle ignorait de quoi il s’agissait. Son regard curieux s’était promené un peu partout sans réussir à en capter les détails. C’était si bruyant, si envahi de gens qu’elle avait été quand même contente lorsque leur ballade s’était terminée. Elle aimait la ville mais avait encore du mal à côtoyer autant de gens à la fois. Etait elle associable ? Impossible ! Peut être un peu agoraphobe, ou tout simplement anxieuse.

    Ses pensées furent interrompues lorsque sa jeune amie se compara à une luciole.


    - J’adore les lucioles ! C’est très joli ! ça fait des petites touches de lumière toute douce dans mon jardin !



    Quand elle parlait de son jardin, elle sous entendait bien sûr l’énorme collection de plantes exotiques que possédait l’Académie. Avant, son jardin était plutôt un potager, dans la cour d’Eoliane. Désormais, son jardin était aussi vaste et merveilleux qu’elle n’aurait pu l’imaginer, même en rêve. Elle se promit d’y retourner dès que possible, pour toutes les répertorier et faire des recherches dans des livres….Livres ?

    C’est justement dans la bibliothèque qu’Ichel proposait maintenant de l’accompagner. Elle se releva pour l’imiter, avec un large sourire. Comme cela, elle n’aurait pas non plus à se perdre pour aller chercher cette pièce ! Elle tapa dans les mains, réjouie, sans se rendre compte que les autres élèves la dévisagèrent avec une curiosité un peu perplexe.

    Elle tâcha de mémoriser avec le plus de précision possible les chemins que la jeune fille prenait pour pouvoir y retourner seule ensuite. Elle n’avait pas envie qu’Arro s’inquiète en apprenant qu’elle se perdait sans arrêt dans l’Académie qu’elle connaissait pourtant par cœur dans son ancienne vie.

    Ce n’était pas très loin visiblement, car après une volée de marches et quelques virages, elles se retrouvèrent devant une porte d’envergure ouverte sur une bibliothèque à la mesure de l’établissement : gigantesque. Elle leva la tête, éblouie par tant de livres, et intimidée par ces étagères à la hauteur presque accusatrice. Elle perdit à moitié l’équilibre et trottina derrière Ichel pour la rattraper.

    Après les jardins, on pouvait dire que les livres étaient la deuxième grande passion de la jeune adulte qui semblait intimidée par tant de savoir réuni dans un seul et même endroit. A Eoliane, après avoir réappris à lire, elle avait dévoré les ouvrages de la confrérie un par un en un temps record.
    Elle aimait par dessus tout se poser au pied d’un arbre les après midi d’été, et lire à l’ombre de ses grandes branches protectrices. Sa tête reposant contre l’écorce, elle se laissait bercer par le son des cigales, et la douce brise venant de l’est. Elle secoua la tête pour chasser ces images qui finissait indéniablement à serrer sa poitrine de nostalgie.

    Elle se pencha pour mieux regarder ce qu’Ichel tenait à lui montrer et fut ébahie. Oublié déjà le fennec, elle n’avait d’yeux que pour le renard. Son pelage d’un roux clair, sa queue touffue et gracieuse, et ce regard, si sombre, si profond… comment une telle créature pouvait elle exister ?


    - Re... renard...


    Son regard était fixé sur la page. Elle caressa du bout du doigt le dessin, voulant sentir. Elle ferma les yeux et se concentra sur l’image qu’elle venait de voir, tâchant de reproduire chaque trait, ajoutant une teinte plus foncé ici, un peu de blanc par là…et un éclat dans le regard du renard. Elle tâcha d’imaginer les reflets ondoyant du vent dans le pelage délicat de l’animal…

    Lorsqu’elle sentit une pression insistante sur son épaule, elle rouvrit les yeux et lâcha un hoquet de surprise. Devant elles, de l’autre côté de la table, était apparut un renard. Le même renard qu’elle avait imaginé dans son esprit.

    Sans réfléchir, Kushumaï se pencha et tendit la main, mais avant qu’il ne réagisse, les hurlements de la bibliothécaire se firent entendre, et Ichel la tira furieusement vers la sortie.
    Elles s’y ruèrent sans prononcer le moindre mot, tandis que derrière elle, l’ébauche de renard s’effaça avec douceur.

    Elle…avait dessiné. Sans le savoir, sans connaître, sans même savoir ce que cela signifiait, et que cela venait d’elle. Ce nouvel évènement risquait de créer une brèche dans le voile des rêveurs... Allait elle pouvoir le surmonter ? Serait elle un jour à nouveau capable de dessiner ?





    HRP : édit' à volonté. Excuse moi pour le délai, j'ai eu beaucoup d'examens..




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MessageSujet: Re: Des escaliers, et du papier, Pirouette, Cacahuète ! [Inachevé]   Jeu 20 Juin 2013 - 19:41

La grande rousse fixait la page avec insistance. Ichel n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi obnubilée par une simple image. Le renard était certes magnifique, c'était un animal que la marchombre respectait énormément. De par sa ruse, qualité qu'elle cherchait sans cesse, mais aussi par son regard de feu. Kushumaï avait le regard fixé sur lui, comme si elle ne voulait pas le lâcher. Elle ferma les yeux un instant. Peut-être se l'imaginait-elle dans son esprit, se mouvant, gueule ouverte et pelage au vent. La kaelem observait sa nouvelle amie lorsqu'un mouvement attira son oeil. Elle se figea lorsque son regard se posa sur la tache rousse qui était apparue de nulle part. Un renard. Le même que celui du livre. Comment était-ce possible ? Elle se tourna vers la femme et la secoua gentiment. Elle aurait voulu parler, mais elle avait peur d'effrayer l'animal. Il fallait que Kushumaï voit cela. Ichel tourna son regard vers elle et vit des étincelles naître dans son regard. Emerveillée. D'instinct, elle tendit la main pour sans doute caresser ce doux pelage d'une couleur étonnante. Les hurlements de la bibliothécaire se firent soudain entendre. Ichel se leva alors, rangea le livre en vitesse et tira la rousse vers la sortie. Après l'incident provoqué par son maître dans la bibliothèque, elle ne désirait pas se retrouver à nouveau face à la bibliothécaire. Tout sauf cela. Elle n'était pas suicidaire, elle ne voulait pas se mettre au travers de la route de la femme. Elle savait pertinemment qu'elle était elle-même marchombre. Et surtout, elle n'était plus apprentie. Elle était bien plus expérimentée qu'elle. Donc pas de nouvel incident si elle voulait un jour pouvoir revenir entre les grandes étagères de livres.
Comment cela pouvait-il être possible. Les renards ne s'aventuraient pas dans l'enceinte de l'Académie et s'ils faisaient cela, celui-ci n'aurait jamais réussi à passer outre les gardes. Il y en avait à chaque entrée et chaque sortie. Personne ne pouvait passer sans que l'on remarque sa présence. La sécurité avait été triplée depuis la reprise de l'Académie. Cela faisait depuis plusieurs bons mois, certes, mais le nombre de gardes ne s'était pas diminué. La première gardienne s'en était sans doute voulu pour avoir laissé les mercenaires s'introduire dans l'Académie sans qu'elle ne le voit. Elle avait donc triplé les tours de garde. Mais comment un renard avait-il pu arriver jusqu'ici ? Elle n'avait entendu aucune rumeur sur un élève ou un professeur qui possédait un tel animal. Alors comment ? Elle n'arrivait pas à mettre une solution logique sur cet incident. Ichel s'était arrêtée de courir lorsqu'elles passèrent l'angle d'un quelconque couloir. Elle lâcha le bras de Kushumaï et attendit qu'elle marche au même rythme qu'elle.
- T'as vu ça ! C'était incroyable ! Comment est-il arrivé jusqu'ici, à ton avis ?
Elle n'attendait pas particulièrement une réponse, mais écouta tout de même Kushumaï qui tentait de parler. Toutes deux n'en revenaient pas. Un renard en plein milieu de la bibliothèque. Cet incident en ferait rire plus d'un, et pendant plusieurs jours. En général, les rumeurs allaient bon train. Et ce n'était pas commun que de voir un renard dans l'enceinte de l'Académie. Ichel se demandait bien comment il avait pu atterrir ici... M'enfin, la question échappa vite de son esprit alors que les deux jeunes femmes passèrent devant les jardins. La marchombre se retourna, adressa un sourire à Kushumaï et s'engouffra entre les arbres. Elle entendit les pas de la rousse, elle la suivait. La kaelem savait qu'elle l'aurait suivi de toute façon. Contournant quelques arbres, elle s'arrêta soudain pour s'appuyer contre un arbre en attendant Kushumaï. Lorsque cette dernière arriva enfin à sa hauteur, elle semblait hors d'haleine.
- Dis moi, tu aime la musique ?
La grande rousse hocha la tête, un air d'incompréhension sur le visage. Ichel s'élança dans l'arbre contre lequel elle était précédemment appuyée. Elle avait laissé un paquet précieux entre ses branches le matin même. Emballé dans un tissu rembourré. Délicatement, elle en sortit un luth. Son luth. Celui dont son maître lui avait fait cadeau au tout début de sa formation. Précieusement rangé dans sa fourre en peau de siffleur doublée de fourrure, elle le cala dans son dos avant de redescendre. Là, elle fit de nouveau face à Kushumaï et s'assit. Elle sortit son instrument, le posa entre ses jambes et commença à jouer. Un air entraînant, simple, rapide, fugace. Quelques minutes seulement, des minutes de jeu durant lesquelles Ichel s'abandonnait aux plaisirs des sons. Les harmonies du luth se frayant un passage entre tant d'autres bruits. Non, ce n'étaient pas du bruit. L'harmonie de la Nature. Soudain, plus rien. Seulement les crissements des oiseaux qui s'évaporaient dans les vents. Ichel rouvrit ses yeux qui s'étaient alors refermés. Elle sourit en voyant le visage de Kushumaï.
- Tu veux essayer ? J'peux t'apprendre si tu sais pas jouer du luth.



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