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 Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]

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Sentinelle
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MessageSujet: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Dim 3 Mar 2013 - 13:14

Ciléa n’avait pas revu Gwell depuis les passages et  Aziel lui mettait des bâtons dans les roues quand il s’agissait de faire un cour particulier. Depuis l’incident de la salle d’arme, l’Intendant était devenu irascible et intransigeant à tel point qu’il luifallu déployé des trésors de courtoisies et de  civilités pour demander une autorisation de sortir à Al-Poll avec des élèves . Un jour, lorsqu’ils seraient  prêt , elles les emmèneraient dans les confins du monde des Spires, observer les sanctuaire de l’Imagination :  l’Arche d'Al-Jeiy , l’œil d’Otolep au pouvoir troublant et indifini , le plateau d’Astariul, hotes des créatures les plus sauvages  et  les marais d ‘Ankai ou naissait les gommeurs. Elle-même n’avait jamais mis les pieds dans la plupart de ces endroits .  Elle avait peu l’âme d’une aventurière mais lorsqu’il s’agissait des Spires, elle pouvait sacrifier son confort, momentanément.

Pour le moment, Al-Poll, qui leur ouvrait ses bras de ruelles tortueuses et tant de choses qu’il leur restait à découvrir au sein de leur propre ville. Merwyn avait vécu ici, et il avait laissé des traces, dissiminés entre les demeures et les ruelles, comme un puzzle qui n’attendait plus qu’à être reconstituer

Assise sur un des bancs ou  attendait habituellement les visiteurs avant d’être admis dans l’enceinte, ses pensées allaient à son frère et aux  enjeux familiaux qui se profilaient,  avec la certitude que sa place était autre part, dans le Jeit, plus surement. Ici commençait à être tapissés de souvenirs, ici n’apportait ni reconnaissance ni gloire.

Un souffle de vent,  une branche d’acacia-rose vint lui lécher la manche. Elle porta sa main au buisson, et  examina un bourgeonT ransit et noir, il semblait avoir eut du mal à supporter le gel de l'hiver et les grands froids. Elle avait les notions de botanique de se souvenirs d‘enfance, dans la demeure familiale, lorsque sa grand-mère  paternelle passer en revue les allée  des jardins cassante avait ceux qui les entretenait, ou les  malmenait selon elle : Sans doute, le bourgeon pourrirait avant d’arriver à maturation  . Les fleurs et les feuilles n’eclorait pas ce printemps, seules les épines ornerait cette année l’arbrisseau malade.

Une silhouette se profilait aux portes d’entrees, tendant la missive de ciléa au garde pour qu’il la laisse passer. La stature de  Gwell ne trompait pas, quoique Ciléa lui trouva un air plus solide, de loin, était-ce cette épreuve de passage  qui l’avait fait grandir, malgré elle, et lui avait donné une maturité étrange, au visage ?

Elle la salua, puis après avoir échangé quelques banalités et l’avoir féliciter à propos de son épreuve de passage elle lui désigna les premières maisons, attenantes  à l’académie


«Vous êtes élève ici depuis longtemps mais pensez avoir découvert cette ville, Gwell ? »

 "On dit qu’ Al-Jeit est un bijou aux yeux des dessinateurs et qu’elle baigne dans l’Imagination. Pourtant , qu’il s’agisse d’Al-Poll, d’Al-Far ou d’Al-Cheen je suis persuader que chaque cité Alavirienne regorge de trésors méconnu lié au dessin. Recemment, j’ai découver  une des merveilles d’Al-Poll…Elle lui accorda un sourire un peu énigmatique,  et je voulais vous la montrer"


Le dessin était essentiellement académique, et peu  de dessinateurs ne cherchaient  à le découvrir  par d’autres portes. Pourtant il hantait chaque créature magique, chaque objet,  les lacs et les pierres. Ciléa était hostile à à ce tabou, ancré jusque dans les plus hautes institutions, qui empêchait une exploration approfondie de la diversité de l’Imagination . Comme une interdiction hiératique et tacite de décortiquer, d’analyser, de découvrir ces lieux .

Une deuxième silhouette passa la porte, un peu timidement.


« Bonjour souffla la dessinatrice avec un léger sourire… Nous vous attendions. Vous connaissez peut être Gwell..je crois que vous partagez la même maison ?»


Ciléa avait observé discrètement les personnes qui pourraient les accompagner pendant les cours communs  elle ne pouvait se permettre d’emmener des élèves qui lui aurait causé des torts,, encore moins le groupe entier . Aussi son choix c’était il porté sur deux jeunes filles, assez discrètes, qu’elle connaissait peu, mais d’un caractère qui a première vue, lui semblait proche de celui de Gwell.

[Enfin =) . Edition si problèmes ]


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Etincelle
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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Sam 9 Mar 2013 - 8:23

Attalys avait découvert la missive un beau matin, en début de semaine, sur sa table de nuit. En vérité, il était probable que celle-ci s'y trouvât depuis la veille au soir, mais elle n'avait pas prêté attention à grand chose lorsqu'elle s'était couchée ; en effet, elle avait veillé fort tard dans la bibliothèque afin de terminer un devoir à rendre pour le lendemain, et était rentrée dans les dortoirs des Aequors juste avant le couvre-feu. La jeune femme avait tout d'abord un peu hésité à sa vue. Oh, très légèrement, le temps d'une respiration, d'un soupir. Cependant, avec les récents évènements - Aziel, la réunion secrète, la coalition d'élèves - elle redoutait toujours, presque inconsciemment, ce genre de messages. Qu'allait-il annoncer, cette fois ? Un nouveau rassemblement, peut-être ? À moins que ce ne fût... autre chose ? Et ce fut pour cet autre chose qu'elle se décida finalement. Elle avait tendu la main, saisi le rouleau de parchemin pour le déplier lentement, honteuse de ses doigts qui tremblaient malgré elle. Puis elle avait commencé à lire, et son visage s'était illuminé au fur et à mesure que le sens prenait forme dans son esprit. Pas de demande de révolte, pas d'exigence de rébellion, mais un cours de Dessin. Un simple cours de Dessin. Certes, tout cela lui semblait bien mystérieux. Pourquoi à l'extérieur de l'Académie ? Et, surtout, pourquoi cette Ciléa Ril'Morienval ne le lui avait pas annoncé de vive voix ? Elle la connaissait peu, très peu, et ne gardait d'elle que l'image d'une grande femme blonde au regard froid, et qui aurait pu être belle, sans doute, sans le dédain qui se décryptait sur son visage. Elle savait qu'elle était l'assistante de leur professeur de Dessin, Myra Ril'Otrin, et avait longtemps comparé cette hauteur méprisante au sourire simple et chaleureux de la Primat de la Maison Kaelem. D'après les dires de certain élèves Dessinateurs, il s'agissait d'une enseignante sévère, souvent intransigeante, très stricte, que ne démentait guère son aspect physique. Mais là n'était pas l'essentiel, et l'Aequor était bien décidée à découvrir d'elle-même cette nouvelle enseignante.

Le reste de la semaine se déroula aussi normalement que possible. Attalys dormit, mangea, alla en cours, se promena dans le parc, contempla les fleurs en train de s'épanouir dans les parterres du jardin, admira un coucher de soleil sur le lac, emprunta des livres à la bibliothèque qu'elle déchiffrait ensuite bien au chaud sous sa couette, à la lueur vacillante de la flamme d'une bougie. Mais, parfois, les mots, les phrases dansaient devant ses yeux, et elle était obligée de serrer les paupières afin que les lettres se replacent dans le bon ordre, chassant au plus profond de son esprit les pensées qui l'agitaient. Pourtant, elles remontaient à chaque fois, invariablement, et elle faillit en parler à Duncan alors que, durant un après-midi de libre, elle était allée lui rendre visite à l'infirmerie accompagnée d'une bouteille de sirop de framboise qu'elle était allée chercher dans les cuisines. Faillit, seulement. Si son professeur de légendes la trouva troublée, en tout cas, il ne le montra guère. La jeune fille était à deux jours du rendez-vous.

Et puis, enfin, le dernier jours de la semaine arriva. Attalys se réveilla aux aurores et, durant les cours de la matinée, se montra légèrement distraite, ce qui ne manqua pas d'étonner certains de ses professeurs. À midi, elle toucha à peine à son déjeuner, malgré la délicieuse odeur qui s'en échappait, se précipitant dans la salle commune de sa Maison dès qu'elle le put. Ciléa, dans sa lettre, n'avait pas précisé de quel matériel elle allait avoir besoin. Mais, d'un autre côté, si le cours se passait hors de l'enceinte de l'Académie, elle n'aurait sûrement pas besoin de crayon, de feuille, de manuel, ou de quoi que ce soit d'autre - la Dessinatrice l'aurait précisé. À moins qu'il ne s'agisse justement d'un test ? Sans se l'avouer véritablement, elle lui faisait tout de même un peu peur, cette dame Ril'Morienval qu'elle connaissait di peu. Elle réfléchit encore un instant avant de se rendre compte, jetant un coup d'oeil à l'horloge, qu'il était près de 14h20. Elle avait dix minutes pour rejoindre le portail de l'Académie. Haussant les épaules, elle finit par fourrer en hâte la missive dans la poche de son uniforme avant de tourner les talons.



~
Au moment où Attalys tendait le message de Ciléa au garde, elle éprouva une bouffée de crainte à l'idée qu'il ne la laisserait peut-être pas passer. Et s'il n'avait pas été prévenu ? Et si tout cela n'était qu'un vaste canular ? Et si... L'homme lui rendit sa lettre, et l'ombre d'un sourire effleura son visage buriné.

- C'est bon, vous pouvez y aller.

L'apprentie Dessinatrice, cessant aussitôt de se ronger les ongles, se saisit vivement du parchemin en battant légèrement des cils, surprise que le contrôle soit allé aussi vite, et l'autre ne put s'empêcher de sourire à nouveau devant son visage si candide. Elle le remercia puis reprit sa marche d'un pas plus assuré tout en cherchant du regard la blonde enseignante. Elle ne tarda pas à la remarquer, assise sur un banc à côté d'un arbuste chétif aux branches noirâtres dénudées. Curieusement, elle lui parut plus sympathique que les rares fois qu'elle l'avait croisée au détour d'un couloir, presque avenante, et le sourire qu'elle esquissa en la saluant acheva de la rassurer. C'est alors qu'elle reconnut Gwëll, postée timidement auprès de la jeune femme. Si Gwëll était là, tout ne pouvait que bien se passer, c'était une certitude. Elle sourit largement à la jeune fille avant de répondre à la question qu'on lui avait posé.


- Il est vrai que Gwëll et moi appartenons toutes deux à la maison Aequor, et nous partageons le même dortoir.

Elle hésita légèrement avant de continuer, d'une voix d'où perçait l'interrogation :

- Excusez-moi, mais... ne sommes-nous que deux élèves ? Ou attendons-nous encore quelqu'un ?


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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Sam 9 Mar 2013 - 19:04

Il était relativement tôt quand Gwëll avait découvert la lettre.
En réalité, elle avait été réveillée par ledit message, quand il était apparu sur sa table de nuit. Et pourtant, il n'avait pas fait plus de bruit en se posant qu'une plume. Mais la dessinatrice avait le sommeil léger ces derniers temps.
Elle s'était redressée et avait baillé. Puis elle avait dessiné une lumière faible pour ne pas réveiller ses camarades de dortoir et avait déroulé le parchemin. Elle avait reconnu immédiatement l'écriture manuscrite soignée de Ciléa.
Il était vrai qu'elles ne s'étaient pas parlé depuis un certain temps et Gwëll avait quelque peu souffert de cet éloignement, au début. Et puis elle s'en était accommodée et elle avait attendu avec patience l'annonce d'un rendez vous prochain.

Et ce rendez vous prochain, il était là, dans cette missive.
Elle se lança dans la lecture et sourit aux félicitations que lui adressait l'assistante dessinatrice. Elle aussi était fière, d'autant plus qu'elle était douée d'une capacité à douter d'elle assez impressionnante.
Gwëll était donc conviée à un cours de dessin, ainsi que deux autres dessinatrices à Al-Poll à la fin de la semaine. Un instant, Gwëll se demanda comment Ciléa avait réussi à obtenir la permission de faire sortir des élèves vu que l'intendant était très méfiant sur ce point depuis l'incident qui avait coûté la vie à Hestia. Et puis elle s'en désintéressa. Elle avait obtenu l'autorisation et c'était amplement suffisant.

Gwëll reposa le papier à son chevet, souffla sur la lueur magique et se recoucha. Elle avait une longue journée de cours, le lendemain, hors de question de veiller toute la nuit.


La semaine était passée relativement rapidement. Les cours s'étaient enchaînés sans répit pour les élèves et même si Duncan n'avait pas encore repris l'enseignement de sa matière, elle s'était couchée éreintée la veille du rendez vous.


Ce matin là, elle s'était réveillée comme une fleur, la peau doucement caressée par les rayons matinaux du soleil. Elle s'était étirée et était partie prendre sa douche, puis elle s'était habillée, coiffée de petites tresses qu'elle avait laissées libres dans la masse de ses cheveux, elle était partie prendre son petit déjeuner avec les autres Aequor et avait participé à l'appel. Enfin, elle était allée en cours.
En l'occurrence, elle avait cours d'alchimie, de dessin et d'équitation, ce qui l'avait conduite à reprendre une douche avant d'aller prendre son déjeuner dans la salle commune.

À l'issue de son repas, elle était remontée dans son dortoir, chercher le papier qui lui permettrait d'atteindre le lieu de rendez vous fixé par l'assistante. Elle dut le chercher quelques minutes, ce qui la contraria un peu, puisqu'elle l'avait rangé bien soigneusement dans le tiroir de sa commode. Manque d'habitude oblige.
Puis elle était descendue aux écuries et avait salué Attalys au passage, qui rentrait dans la salle commune. Elle avait sellé Jingle et s'était rendu compte de sa fébrilité, elle tremblait. Elle avait donc respiré un grand coup, avait bridé l'étalon et était partie comme une flèche.
Hors de question d'être en retard. Elle avait déjà une heure d'avance.

Elle était parvenue à Al-Poll bien avant l'heure fixée et avait donc déambulé un peu dans la ville en attendant le bon moment. Mais sans toutefois trop s'éloigner du lieu de rendez vous pour ne pas risquer de se mettre en retard.
Une dizaine de minutes avant l'heure dite, elle se présenta au garde qui contrôlait les entrées dans l'enceinte et lui présenta la missive de sa professeure. Il hocha la tête, apparemment satisfait du laisser passer et lui signala d'un signe de tête un banc en bois où était assise une blonde personne.

Gwëll passa la porte et s'avança vers Ciléa qui la regardait venir, un sourire sur les lèvres. Ciléa n'était souriante qu'avec les nobles et, si Gwëll avait été choquée de cette habitude, la première fois qu'elle l'avait remarquée, elle passait désormais outre et considérait chacun de ses sourires qu'elle lui adressait comme un cadeau.
Elle salua l'assistante et celle ci la salua en retour. Puis elle la félicita à nouveau pour le passage et Gwëll se sentit rougir. Elle la remercia en retour pour tout ce qu'elle lui avait appris dans ses cours HRP du soir et s'émerveilla des progrès qu'elle avait fait grâce à elles. Puis la conversation dériva gentiment sur des sujets bateau.


Découvert Al-Poll ? Je ne crois pas... Elle est tellement grande que je n'ai même pas réussi à la visiter en entier. Certainement que je ne pourrai jamais, d'ailleurs.

Puis la noble prit un air de mystère et lui avoua avoir découvert un trésor dans cette ville. Instinctivement les yeux de Gwëll se mirent à briller. Elle avait toujours rêvé de découvrir un trésor. Se rendre maître d'une découverte, en soi, c'était faire avancer le monde dans un sens, celui qu'on décidait de donner à cette nouvelle chose qu'on avait trouvée.

Me montrer... cette découverte ? Oh, ce serait merveilleux, j'en serais enchantée.

Et il n'était pas faux. Mais elle n'avait pas immédiatement saisi la nuance, n'avait pas perçu cette pluralité dans le vous. Bien sûr que ce ne serait pas à elle, elle ne devait pas s'inventer d'histoires. Certes la relation qu'elle avait liée avec Ciléa dépassait une simple relation maitre-élève, mais certainement pas au point de déboucher sur un partage de quelque chose d'aussi précieux.
Elle déchanta un petit peu mais la notion de merveille continuait à faire briller ses pupilles.

Des pas résonnèrent dans la cours et Gwëll se leva du banc où elle s'était assise avec l'assistante en la voyant détourner le regard. Jamais elles n'avaient mentionné un quelconque secret autour de l'enseignement supplémentaire que lui destinait, en toute sympathie, Ciléa, mais c'était comme si tacitement elles s'étaient entendues de ne pas le mentionner devant une tierce personne.
Attalys apparut sous le porche et les salua. Gwëll lui sourit alors que Ciléa s'adressait à elle. Elle hocha la tête avec emphase à ce que répondait Attalys et remarqua la silhouette qui semblait hésiter à passer le porche.


Je pense que la dernière Aequor est là... Mais on dirait qu'elle n'ose pas venir.

Elle sourit en direction de l'entrée mais ne se permit pas de faire signe à la nouvelle venue. Ce n'était pas à elle d'agir en conséquence, elle n'était qu'un pion.



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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Jeu 21 Mar 2013 - 22:11

J'étais en train de me mettre au lit lorsque la missive était apparue. Je n'avais tout d'abord pas fait attention, ayant eu une longue journée mais juste avant d'éteindre, je l'avais remarqué. J'avais d'abord froncé les sourcils. D'après moi, un message qui apparaît de nulle part n'était jamais bon signe mais, curieuse de nature, je l'avais ouverte. Ce que je lus sur la missive démentie toute mes appréhensions. Le message était signé par Ciléa Ril' Morienval, qui je savais être l'assistante du Maître Dessinateur même si je n'avais jamais eu l'occasion d'assister à l'un de ses cours. Ce qui n'était plus qu'une question de jours puisque qu'elle me conviait à participer à l'un d'eux. Qui se déroulerait à Al-Poll.

***

La semaine s'écoula le plus normalement possible au vu des derniers évènement et lorsque qu'arriva le moment du rendez-vous, je l'avais presque oublié.

Je dus donc ranger en vitesse le devoir que j'étais en train de rédiger avant de partir à grande enjambé dans les couloirs. Je n'étais pas spécialement en retard mais pas non plus en avance, il fallait donc je me dépêche si je voulais arriver à l'heure, surtout si je me perdais dans Al-Poll que je ne connaissais pas vraiment.

La peur de la nouveauté commença à pointer son nez mais, maintenant, je la contrôlais mieux. Un peu.

Arrivée dans le hall d'entrée, je m'arrêtai pour réfléchir à ma destination et au chemin que j'allai emprunter. Il fallait que je sorte, que je traverse les jardins, que je me présente à la porte et que... Mince ! La missive ! Il était bien précisé qu'il fallait se présenter à la porte avec la missive ! Je me mis à courir en direction des dortoirs avant de me rendre compte qu'elle se trouvait dans ma poche.

Je poussai un soupir de soulagement. Sauvée ! Je pris alors la direction de la porte où j'arrivai quelques minutes plus tard. J'étais juste à l'heure.

Avec la peur au ventre, je m'avançai vers le garde à qui je montrai mon laisser-passer. Il n'eu qu'un simple mouvement de tête pour me signifier que je pouvais passer. Je franchis la porte en me faisant la plus petite possible avant de m'arrêter quelques pas plus loin.

J'étais la dernière. Les deux élèves attendait déjà près de la professeur. Je fus surprise de reconnaître deux filles ayant participées à la réunion secrète. Mais après tout, c'était des élèves comme les autres.

Ma peur était maintenant à son paroxysme mais je me forçais à avancer d'un pas égal. Je sentais mes mains et mes jambes trembler. Il ne faillait pas que je flanche. Je m'arrêtai près du petit groupe.

-Bonjour, dis-je de ma voix la plus tremblante. Excusez-moi pour mon retard.

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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Jeu 11 Avr 2013 - 10:07

Elle dévisagea un instant le visage confiant et serein d’Attalys puis, elle lui sourit, un morceau de glace dans les yeux.

« Nous attendons quelqu’un encore.
.fit elle ..Vous connaissez sans doute, Joyce Sil'Ellastra ?"

Joyce, plus enfant encore que Gwell, avait quelque chose d’éperdument tremblotant. Ses doigts nerveux tripotaient quelque bout de tissus pu de ficelle qui depassait de sa tunique et sa stature sembla exploser lorsque Ciléa la toisa de la tête au pieds.

« Je ne sais pas si je dois vous excuser Joyce Sil’Ellsa, arrivez à l’heure, la prochaine fois, quelque soient vos raison, il est plus d’élements qui sont en votre contrôle que de hasards... Bien, maintenant, suivez moi, notre voiture nous attends ."

Leur calèche, ou peut être que carosse aurait été plus approprié pour l’attelage ostentatoire qui trônait majestueusement, les attendaient un peu en contrebas. Apercevant les jeunes femmes, le cocher fit une petite révérence, salua Ciléa de quelques mots puis mis à leur disposition un marchepieds afin qu’elle puisse monter sans encombre dans la voiture.

« Et bien, après vous..nous n’allons pas rester là éternellement. »

Ciléa les laissa digérer leurs surprise alors que l’attelage se mettait en branle sur la route principale d’Al-Poll. Son regard se fondit un moment dans les pics enneigé avant de croiser la mine étonnée d’une des élèves qui touchaient le velours des rideau, comme surprise de la présence d’une telle texture. Ciléa ravisa son contentement dans un demi sourire.


« Cet attelage ne fait pas partie de l’académie, un particulier l’a mis à notre disposition..vous connaissez peut être le sir Oil’Ferian ?"


Elle ne s’attendait pas à une réponse positive, aucune des élèves n’était native d’Al-Poll mais entendre ce nom par la bouche d'un professeur au moins ne lui semblait pas superflu:l’ignorance de ses élèves concernant la noblesse des environs l’agaçait et reflétait précisément l’ambiance cloitré de roture que véhiculait l’Académie . Ciléa comptait bien mettre une nette distance entre les dessinateurs roturiers et les nobles, aussi, la selection de ses élèves n’était sans doute pas due aux hasard.

Il y avait dans les trois jeunes filles, comme quelque chose qui les réunissait. La ressemblance ne tenait pas à la couleur des yeux et de la chevelure, pourtant, mais d’avoir trois sœur en face d’elle. Trois ports fragiles , le teint pale et cette même retenue, cette timidité dans les propos et dans les mines esquissées. Il restait quelques détails qui perçaient la toile brumeuse de l’uniformité, Gwell plus lumineuse que les autres, plus dessinée prenait du relief aux yeux de Ciléa. Pour les deux autres, quelques détails saisi au passage, Le front plus tranquille d’Attalys, ses gestes mesurés, cette énorme sensibilité qui troublait et bouillonnait dans les mains de Joyce.

Ils arrivèrent rapidement à la ville et Ciléa, prétextant une avance demanda qu’on les dépose dans la rue marchande. La rue marchande, colonne vertébrale de la villle restait assez vide à cette heure de l’après midi. Absorbé par son travail un vieil homme était assis sur une chaise, sorti de son échoppe et entouré par de massives statues de bois. Les yeux clos, ses mains tâtonnaient une branche de peuplier, comme à la recherche d'une encoche imaginaire. Ciléa se teint à faible distance puis s’arreta subitement, intimant les élèves à faire de même.

Elle n’avait pas prévu cela, mais pourquoi pas après tout, il restait une bonne demi-heure avant leur rendez vous et il aurait été désobligeant d’arriver trop en avance.

« Votre premier exercice sera d’observer… »

Elle sentit les Spires s’agitait sans qu’elle puisse comprendre la signature. C’était faible, à peine perspectible, tant le pouvoir semblait être tenu, c’était comme lointain et inaccessible. Loin de l'Imagination qu'elle meme connaissait.
Après quelques minutes de silence l'écorce tressaillit et se détacha du corps de bois clair pour tomber à terre, à coté des autres copeaux de bois, puis sans que l’homme n’eut esquissée un moment, une longue fissure entailla la clarté du peuplier . Il ouvrit les yeux, les salua toutes les trois. 

« Votre commande n’est pas encore prete Dame Ril’Morienval mais j’aurais fini à l'heure convenu…Ah cette dessinatrice d’El-Jod me donne du fil à retordre, c'est un travail minutieux, et avec le bois qui devient vert…Mais tout sculpteur de branches à ce genre de défi. Vous m’apportez des clientes ... Avez vous d‘autres commandes à faire, mesdemoiselles?"

« Ces jeunes filles sont mes élèves et nous admirions simplement votre travail"


« Vous êtes venu percer mes petits secrets, alors ?fit il en riant , et bien, j’espère vous avoir confronter à de biens grands mysteres, là haut"..Et il fit un geste de la mains...
...

[i]Quelques instant plus tard, après avoir saluer l'artisan, les jeunes femme s’arrêtèrent devant la fontaine de la Nera, en plein milieu de la place.

"Et bien fit Ciléa. Qu'avez vous vu ? "

[Edition tout à fait possible, vous pouvez sans probleme intercaller des remarques et des paroles de vos personnages]


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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Jeu 18 Avr 2013 - 1:06

Il y avait tant de choses auxquelles elle s'attendaient et auxquelles elle ne s'attendait pas. D'abord, il y avait Attalys et son sourire qui brillait et Joyce et ses tremblements, qu'elle connaissait parce qu'elles étaient toutes les trois dans la même maison et le même dortoir, et que c'était tout le temps comme ça, avec elles. Rien de bien inhabituel, en soi. Et puis, il y avait Ciléa qui, d'un coté, était fidèle à elle même, grandiloquente, fière, avec une tête si haute qu'on aurait pu croire que son cou était géant et puis des gestes qui étaient lents et très amples.
Enelyë, elle disait que c'était parce qu'elle était noble et snob, mais Gwëll comprenait pas tout à fait ce qu'elle voulait dire par snob. Certainement rapport à sa manière de se tenir très étirée.

Bref, il y avait la Ciléa qu'elle connaissait et celle qu'elle n'arrivait pas à reconnaître. Celle là était froide et ses yeux étaient presque vitreux comme si elle se cachait derrière une fenêtre pour prendre du recul ou de la distance. Et sa voix n'était pas celle de d'habitude, elle n'avait plus cet aspect coulant du miel ni cette chaleur du beau temps.
Elle avait sèchement répondu à Joyce, parce qu'elle était un peu en retard et c'était pas très gentil, parce que c'était certainement pas sa faute, à Joyce, si elle avait mis plus de temps que prévu et, en plus, elle était nouvelle alors c'était un peu normal, elle connaissait pas tout de l'académie et d'Al-Poll.

Toutes quatre se dirigèrent ensuite vers un carrosse qui semblait n'attendre qu'elles et Gwëll se dit que les princesses ne devaient même pas en avoir de plus beau. Le cocher qui n'avait certainement jamais été un cheval, leur fit signe et il salua Ciléa et leur sortit un marchepied pour qu'elles montent en voiture.
Un instant, elles hésitèrent et se regardèrent et puis Ciléa leur fit signe et elles montèrent dans l'habitacle. Dedans, c'était comme les banquettes des palais des grands rois, avec du tissu qui brillait et des coussins super moelleux.

La calèche se mit à avancer et à part avec le bruit, elle aurait jamais pu savoir, parce que ça tremblait pas du tout et ça sautait pas sur les cailloux et les nids de poule de la route.
L'enseignante les regarda avec un sourire de satisfaction et elle leur demanda si elles connaissaient un monsieur que Gwëll connaissait pas. Donc elle hocha la tête pour dire que non et les deux autres faisaient pareil. La suite du voyage se déroula en silence tant les unes ne savaient pas quoi dire et l'autre était occupée à les observer.
À vrai dire, on aurait pu croire qu'elle tentait de décrypter le moindre de leurs gestes, de leurs mimiques comme pour savoir ce qu'elles pensaient au fond d'elles même, pour deviner la manière dont elles percevait tout cela. À la limite de l'imagination, Gwëll sentait sa présence discrète mais pas invisible. À bien y réfléchir, c'en était presque angoissant, d'être surveillée d'aussi près, elle préférait ne plus y penser.

Ciléa eut quelques mots pour le cocher que Gwëll ne perçut pas tant il y avait de bruit au dehors, entre les fers des chevaux sur la route, le crissement des gravillons et les diverses conversations échangées entre de tierces personnes. Et puis la voiture s'arrêta et Ciléa ouvrit la porte et elles descendirent.
Dehors, c'était la rue et il y avait les échoppes du centre ville d'Al-Poll. La blonde les guida à travers les commerces et puis elle les stoppa brutalement. Son regard était porté sur la devanture d'une petite boutique et Gwëll en fit de même.

Il y avait un vieux monsieur tout maigre et qui semblait long comme un jour sans pain. Il était assis sur un petit tabouret en bois et ses grandes jambes étaient repliées devant lui. Entre ses mains, il y avait un morceau de tronc et ses yeux étaient posés dessus comme une plume à la surface de l'eau. Tout d'un coup, sa main bougea et un morceau de bois tomba à ses pieds.
Ciléa leur fit signe de regarder bien attentivement et leur demanda d'observer.

Gwëll choisit de focaliser son attention sur les mains. Elles étaient sèches et fines, elles bougeaient lentement et c'était comme si elles caressaient le bois. Alors qu'un morceau supplémentaire d'écorce tomba sur le sol, Gwëll ressentit comme une sorte de magie. À vrai dire, ça ressemblait un peu au dessin, mais ce n'était pas la même chose, un peu comme la différence entre son don et celui des rêveurs. Et pour cet homme aussi, le don passait par les mains.
Puis le monsieur les salua et sa voix était un peu comme du miel ou comme de l'eau, elle sentait à la fois la sagesse et à la fois la jeunesse, le bois vert, comme il le disait. Ce monsieur, c'était en même temps un chêne centenaire et un bourgeon de sapin.

Ciléa lui expliqua qu'elles étaient là pour apprendre et ça le fit rire comme si c'était une bonne blague. Il devait trouver ça risible, de penser pouvoir apprendre un art comme le sien rien qu'en le regardant.
Mais c'était pas un rire pour se moquer alors Gwëll rit de bon cœur avec lui. Il faudrait qu'elle revienne, cette histoire l'intriguait au plus haut point et, même si elle ne pensait pas être capable d'en percer les mystères les plus profonds, elle voulait savoir un peu mieux comment il faisait. Qui sait, peut être voudrait il bien lui expliquer comment il faisait ? Une petite voix dans sa tête riait doucement.

Elles reprirent leur chemin après avoir dit au revoir au monsieur et elles allèrent jusqu'à une fontaine. Ciléa se stoppa à nouveau et elle se retourna vers elles. Puis elle leur demanda ce qu'elles en avaient vu.
Gwëll s'assit sur le rebord de la fontaine et réfléchit quelques secondes avant de parler. Elle ne voulait pas décevoir Ciléa parce que, depuis son passage, elle savait quels espoirs reposaient sur elle.


Le monsieur avait une sorte de don... Un peu comme celui des rêveurs et il l'utilisait avec ses mains. Je n'ai pas senti de trace nette au niveau de l'imagination, mais j'avais l'impression qu'il y était quand même, mais pas à un endroit précis, enfin, si, mais comme si les spires étaient découpée différemment pour lui...

Elle réfléchit quelques secondes et exposa la suite de ses idées. C'était un peu compliqué, mais elle n'était pas sûre de ce qu'elle avait ressenti tant c'était confus dans son esprit.

En fait, c'était comme si un endroit petit dans son imagination était grand chez nous... Comme pour des petits insectes, en fait, ce qui est grand pour eux est petit pour nous. C'est difficile à expliquer, j'ai un peu du mal et puis.. Je suis pas sûre, en fait, c'était pas habituel...

Elle tourna ses yeux vers la professeur et tenta de déchiffrer, dans son regard, un quelconque signe qui puisse lui dire si elle était dans la bonne voie.
Mais rien, absolument rien, c'était comme si Ciléa avait vidé son regard ainsi qu'elle aurait pu faire avec un verre d'eau.



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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Dim 21 Avr 2013 - 9:58

Lorsque Ciléa lui affirma qu'ils attendaient encore un dernier élève, Attalys ne put s'empêcher d'écarquiller légèrement les yeux, étonnée. Qui cela pouvait-il bien être ? Elle pensa d'abord à Ene, comparant mentalement à la jeune fille brune et chaleureuse la blonde jeune femme au regard glacial qui lui faisait face. Mais, alors, Gwëll prit la parole, et elle se retourna vivement pour apercevoir en effet une silhouette fluette qui semblait hésiter devant le portail. Comme elle finit par se décider à approcher, elle reconnut à l'uniforme bleu, aux gestes timides et à l'expression craintive une nouvelle élève, qui avait rejoint la Maison Aequor depuis peu. Sa voix tremblait quand elle s'adressa à l'enseignante et Attalys, emplie de compassion pour cette pauvre petite créature aux grands yeux gris-vert, lui sourit gentiment. D'après ses souvenirs, Joyce était une jeune fille extrêmement réservée qui passait le plus clair de son temps à lire au creux de son lit, dans les jardins ou à la bibliothèque. Elle la croisait parfois en cours de Dessin, notamment, mais n'avait jamais vraiment tenté de lier connaissance avec elle. Cependant, à cet instant, elle ressemblait si fort à un oisillon ébouriffé venant de tomber de son nid qu'elle ressentait un besoin impérieux de la prendre dans ses bras et de la serrer très fort contre elle, pour la protéger contre tous les dangers du monde extérieur – et, en particulier, contre le regard de Ciléa qui n'avait jamais été aussi glacé. Celle-ci, d'ailleurs, lui répondit sur un ton sec, avec un quelque chose de sévère dans la voix qui fit tressaillir Attalys. Elle crut que Joyce allait se mettre à pleurer, mais elle se contenta de baisser la tête.

Alors, Ciléa se mit en marche, et les trois apprenties dessinatrices la suivirent. La jeune femme avait parlé d'une voiture, ce qui avait excité la curiosité de l'Aequor. Dans quel genre d'endroit leur professeur allait-elle les emmener ? Un peu en contrebas lui parut être garée une calèche, et elle pressa le pas. Cependant, lorsqu'elles s'arrêtèrent à proximité, sa bouche forma un large « o » et elle déglutit. Ce n'était même pas une calèche, mais un carrosse, et sans doute le plus beau et le plus élégant des carrosses qui devaient exister. Même l'Empereur ne possédait sans doute pas d'attelage aussi majestueux que celui qui se tenait face à elles, se dit-elle en caressant du regard les quatre chevaux bais qui piaffaient nerveusement à l'avant, admirant leur crinière tressée, leur robe soyeuse et les muscles puissants qui jouaient sous leur peau. Mais Ciléa eut tôt fait de les tirer de leur contemplation et elles montèrent toutes trois à l'intérieur à la queue leu-leu, à l'aide d'un marchepied que le cocher avait disposé à cet effet. Attalys s'assit à côté de Gwëll et, quelques secondes plus tard, l'attelage se mit en branle. Les deux jeunes filles échangèrent un regard tandis que la somptuosité du lieu se révélait à leurs yeux éblouis. Il y avait des coussins partout, des banquettes moelleuses, du bois qui brillait et même des rideaux de velours qu'elle effleura du bout des doigts. À l'extérieur, le paysage défilait comme dans un rêve, rythmé par les sabots des chevaux qui claquaient sur le pavé et les cris du cocher. Bientôt, ils pénétrèrent dans Al-Poll, et Attalys se désintéressa du carrosse pour porter toute son attention sur la ville. Elle ne connaissait pas très bien la cité, n'ayant dû s'y rendre en tout et pour tout que deux ou trois depuis qu'elle était arrivée à l'Académie. En effet, elle sortait peu de celle-ci, surtout avec l'arrivée d'Aziel, et ne conservait de son premier passage à travers ces rues animées qu'elle avait emprunté afin d'aller s'inscrire dans l'établissement que des souvenirs vagues et flous, quelques couleurs trop crues, des bruits qui assaillaient les oreilles et un certain nombre d'odeurs épicées.

Lorsque la calèche ralentit enfin, elle crut comprendre qu'ils se trouvaient au beau milieu de la rue marchande. Puis ils s'arrêtèrent complètement, et les trois apprenties descendirent à la suite de Ciléa. Elle dit quelques mots au cocher, esquissa un sourire que vint aussitôt démentir l'éclat froid de ses prunelles et se mit en route. Les Aequors lui emboîtèrent le pas avant de stopper brutalement à la suite de leur enseignante qui venait de s'arrêter brusquement face à la devanture d'une petite boutique. Attalys s'avança légèrement afin de mieux voir et fronça les sourcils.

Assis sur une chaise, il y avait un vieil homme, sec comme la branche qu'il tenait entre ses longs doigts plus noueux que l'écorce. Les paupières closes, il promenait les mains sur le bois, à l'image d'un aveugle tâtonnant afin de trouver son chemin. Du coin de l'œil, Attalys constata qu'il était entouré de statues massives. Certaines tiraient sur le rouge, d'autres sur le gris, quelques-unes étaient pratiquement blanches ou entièrement noires, plusieurs possédaient un large dégradé de marron allant du brun au caramel en passant par le beige, l'ocre ou l'orangé. Mais toutes avaient un point commun : elles étaient en bois. Alors, Attalys comprit qui était cet homme ; il s'agissait d'un Sculpteur de Branches. Elle en avait déjà vu un, une fois, à Al-Chen, avec sa mère. Ce n'était pas un sculpteur mais une sculptrice, avec de longs cheveux châtain qui sentaient bon la résine, une voix très douce, des mouvements délicats et un sourire brillant comme une étoile. Mais elle aussi avait les yeux fermés quand elles l'avaient vue à l'œuvre, et elle faisait la même chose de ses mains qui semblaient caresser le bois. C'était du bouleau, elle s'en souvenait, parce qu'il avait des taches plus sombres sur une écorce très pâle. Mais, à cet instant, le silence fut rompu par un craquement sec : un copeau de bois venait de se détacher de la branche pour tomber avec un bruit mat aux pieds de l'artisan. Ce dernier, alors, parut s'éveiller, et posa son regard sur Ciléa. Il sembla la reconnaître car il la salua et prit la parole, mais elle l'interrompit afin de lui expliquer qu'elles étaient simplement ici pour observer son travail. Cette idée parut l'amuser et, tout à coup, il éclata de rire. Soudain, le très vieil homme devint très jeune, et Attalys ne put s'empêcher de sourire, elle aussi.

Enfin, il reprit son travail, et toute trace d'hilarité avait disparu de son visage concentré à l'extrême lorsqu'il le pencha vers la branche de bois clair. Ils demeurèrent ainsi encore quelques instants et la Dessinatrice, troublée, s'interrogeait. Tandis qu'elle l'observait faire, elle n'avait pas senti de trace très nette au niveau de l'Imagination, mais elle avait perçu comme une vibration lointaine et retenue quand le copeau était tombé à terre. Alors, tout doucement, avec une délicatesse et une attention infinies, elle se glissa dans les Spires, comme on écarte très légèrement un voile pour regarder ce qu'il y a derrière. Et plus elle cherchait, essayant de repérer une éventuelle signature, une emprunte, peut-être, un indice qui aurait pu la mener jusqu'au Sculpteur de Branches, plus elle était convaincue qu'il s'y trouvait bien, mais pas exactement là, quelque part, oui, presque ailleurs mais pas tout à fait pourtant...

Lorsque Ciléa, après avoir salué le vieil homme, donna l'ordre du départ, Attalys le remercia doucement et, pour toute réponse, il lui sourit. Elle aurait bien aimé pouvoir lui poser quelques questions mais, déjà, la professeure s'éloignait de sa démarche altière. Alors, elle la suivit, jusqu'à une vaste place au centre de laquelle se trouvait une jolie fontaine. Cet endroit lui fit un peu penser à la Cour de la Fontaine, mais en plus grand et en moins familier.

Comme elle s'installait sur son rebord, la jeune femme se retourna vers elles et leur demanda ce qu'elles avaient vu. Attalys réfléchit un moment, et Gwëll en profita pour prendre la parole. Elle l'écouta en silence, retrouvant à travers ses phrases parfois un peu maladroites les sensations qu'elle avait éprouvées durant cette brève rencontre. Elle connaissait très mal le don du Rêve, n'ayant jamais côtoyé véritablement de Rêveurs, mais comprenait ce qu'elle voulait dire. Si la comparaison avec les insectes la laissa légèrement perplexe, néanmoins, elle hocha la tête pour montrer qu'elle était d'accord avec elle.

- Et puis, c'était étrange, parce qu'on aurait dit qu'il avait choisi une toute petite partie de la Spirale et qu'elle était soudain devenue très grande juste pour lui. En plus, sur les trois cercles, il y avait beaucoup de créativité, peut-être de la volonté, aussi, mais je n'ai pas eu l'impression que son pouvoir était très développé... Enfin, peut-être qu'il n'en a pas besoin, dans son art ? Ou alors il en avait aussi, mais pas de la même manière que nous ?

Ciléa demeurait immobile et les deux autres muettes, alors elle rouvrit la bouche.

- Moi, ça m'a fait penser aux personnes qui conduisent les bateaux rien que par la pensée, avança-t-elle d'une voix mal assurée. Je ne me souviens plus de leur nom mais je sais qu'ils possèdent un don, eux aussi, une sorte de dérivé de celui du Dessin, un peu comme dans le cas du Sculpteur de Branches...

Il y en avait beaucoup sur le lac Chen quand elle était petite. Sa mère avait essayé de lui expliquer qui ils étaient exactement et leur manière de procéder, mais elle était sans doute alors trop jeune pour y comprendre quelque chose. Mais peut-être que Ciléa saurait, elle ?


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MessageSujet: Re: Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]   Lun 8 Juil 2013 - 22:31

Le regard de Dame Ril' Morienval était glacial, et sa remontrance, sèche. Je me recroquevillai sur moi même, tentant de contenir mes larmes. L'une des choses que je redoutais le plus qu'il m'arrive était de me faire réprimander par un professeur. Je supportais très mal les remarques surtout lorsque j'étais en faute.
Mes yeux se remplissaient de larmes et je baissai la tête pour les cacher. J'essayais de les retenir. Je n'étais plus une gamine qui pleurée pour un rien. Ce n'était qu'une remontrance après tout.
Je risquai un coût d'oeil vers Gwell et Attalys et je surpris un éclair de compassion dans leur regard et je repris confiance. Je relevai la tête et je suivis le petit groupe descendait la rue en direction d'une calèche.
Alors que nous n'étions plus qu'à quelques mètres du véhicule, je m'arrêtai, stupéfaite. Ce n'était pas une calèche mais bel et bien un carrosse. Il semblait être sorti tout droit d'un de ces contes de fée que me lisait ma mère lorsque j'étais petite.
Nous montâmes dans l'attelage. L'intérieur était aussi somptueux que l'extérieur. Je n'avais jamais vu un tel étalage de richesse.
Dame Ril' Morienval nous précisa le nom de l'homme à qui appartenait cette attelage. Se devait être un noble d'Al-Poll.
Après quelques minutes de voyage, nous débouchâmes dans une large artère. Notre transport s'arrêta et nous descendîmes. Dans la rue, tout était étrangement calme. Je m'attendais à plus d'animation.
Dame Ril' Morienval nous dirigea vers un vieil homme assis sur un tabouret, une branche d'arbre entre les mains. Je n'en avais jamais vus un à l'oeuvre mais je compris ce qu'il était : un Sculpteur de branche !

-Votre premier exercice sera d’observer… 

Je tendis machinalement mon esprit vers la création du vieil homme mais je n'arrivait pas discerner les traces que laisser tout dessinateur dans l'Imagination. Je ne sentais qu'une vague agitation des Spires. Ma conversation avec Soren me revint en mémoire. Voilà ce que voulait dire le jeune homme !
Un morceau d'écorce se détacha alors du tronc et le vieil homme ouvrit les yeux. Il nous salua toutes quatre et échangea quelques mots avec Dame Ril' Morienval. Alors, elle nous conduit vers une fontaine.

-Et bien, qu'avez vous vu ?

Je rassemblais mes idées tout en écoutant les réponses de mes camarades. J'étais assez d'accord avec elles.

-C'était comme s'il utilisait les Spires d'une autre façon que nous. J'avais l'impression...qu'il avait son propre chemin pour accéder à l'Imagination. Qu'il empruntait une autre porte pour y accéder.

Je me tus. Je n'avais rien d'autre à ajouter.


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Epier derrière le verrou, les estampes oubliées [Inachevé]
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