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 Once a poney time. [Terminé]

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Mercenaire du Chaos et Maître de la boutique du Talion
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MessageSujet: Once a poney time. [Terminé]   Mar 18 Déc 2012 - 17:04

-Eolwyn, rentre dans ton box !

L’hongre hennit bruyamment, tirant sur les rennes pour faire lâcher prise Elio. Elio qui trébucha et manqua de finir à terre. Il grogna, posant ses paumes sur le postérieur de son cheval pour tenter de le pousser en direction de son box.

-Rentre là-dedans, je te dis !


Eolwyn ne bougea pas d’un millimètre au grand damne de son propriétaire. Le demi-faël abandonna donc l’affaire, lâchant les cordes qui ne servaient plus à rien. L’animal était buté, et il faudrait une force surhumaine pour réussir à le faire bouger. Et surtout, comment ne pas le comprendre ? Elio ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait la monture intelligente, et il n’avait pas su cacher l’ambiance d’adieu de leur dernière balade ensembles. D’où le soudain refus d’obéir.
Le mercenaire se laissa donc glisser contre le mur des écuries, las. Lui-même n’avait pas non plus des masses d’envie d’abandonner son fidèle destrier. L’idée de le laisser à l’Académie, aux mains poisseuses d’élèves incapables d’apprécier la vraie valeur d’un cheval comme Eolwyn.

-J’ai pas l’choix, tu le sais ça ?


Evidemment son interlocuteur du moment ne risquait pas de lui répondre. Et il semblait trop occupé à renifler par terre il ne savait trop quoi. Cette absence de communication n’arrêta toutefois pas l’envie de confession d’Elio.

-Je t’aurais bien emmené, j’te jure ! Mais comprends-moi, j’sais  pas moi…regarde toi !

Il leva son bras pour le désigner.

-Bon je sais, c’est pas d’ta faute si t’as une robe aussi voyante. Ce sont tes parents tes fautifs, hein. Ce sont toujours les parents les fautifs, de toutes façons, j’suis bien placé pour le savoir !


Eolwyn fit vibrer ses narines en soufflant d’un air mécontent. Elio se releva, désespéré. Il n’avait pas le temps pour une séance de psychanalyse avec un cheval. D’autres affaires l’attendaient, et s’il commençait à passer autant de temps à dire au revoir à un canasson qu’à Enelyë, il n’était pas prêt de quitter l’Académie. Il reprit donc la corde dans une main, le licol dans l’autre et tira avec force et autorité en direction du box grand ouvert.

-Bon maintenant ça suffit, bouge !


L’hongre se débattit d’un violent coup de tête, auquel Elio répondit en affirmant sa prise et en donnant tout son poids contre le flan de sa monture. Rien n’y fit. Il tira un énième coup  sur le licol, bien plus fort qu’auparavant, commençant à sentir la colère monter. Eolwyn n’apprécia pas, mais alors pas du tout. Il se braqua dans un hennissement sauvage, levant les sabots d’un air menaçant. Fort heureusement pour l’ancien kaelem, le sabot lui frôle seulement la tête grâce à sa bonne réactivité. Effectivement il se jeta en arrière, évitant de se faire exploser le crâne. La chute n’en fut que quelque moins brutale : son dos craqua contre la pierre, et il tomba lourdement, à moitié assommé sur le sol. Lorsqu’il releva sa tête douloureuse, Eolwyn venait de disparaitre au galop dans l’entrée.

-Et merde !

Paume brûlante contre le mur, il se mit debout avec difficulté, la colonne vertébrale mise à mal, et une violente migraine lui diminuant la vision. C’est d’ailleurs ce pourquoi il crut à une vision en voyant l’animal revenir calmement, sous la direction de…

-L’amie des poneys ?

Le rouge lui monta aux joues. Il ne se souvenait absolument pas de son prénom, tout comme une bonne partie de cette fameuse soirée. Mais il se souvenait bien l’avoir vu à moitié nue et avoir longuement discuté de…poneys.
Il déglutit, légèrement mal à l’aise.

-Je…j’suis désolée, j’me…souviens pas de ton nom.


Tout en s’excusant il claquait des doigts, tentant de retrouver ce fameux nom. Lorsqu’il se passa la main sur le front pour tenter de retrouver tous ses esprits, il s’aperçut qu’une vilaine bosse venait d’y pousser, sûrement d’une couleur peu enviable. Il en était autant plus stupéfiant de voir l' hongre à présent aussi calme qu’un agneau.

-Comment t’as fait pour calmer cette brute ?




[ C'pas top top, mais j'me rattraperais au suivant, promis I love you ]


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Ven 4 Jan 2013 - 1:14

Clarysse passa la nuit dehors ce jour-là. Elle était partie en vadrouille dans la montagne. Avec pour seuls bagages une boussole et les étoiles. Pas question de se perdre dans l’immensité de la chaîne du Poll. Pas question de la parcourir en entier. C’était impossible. Il lui aurait fallu des semaines, voire des mois. Elle en arpentait une partie chaque semaine. Découvrant petit à petit les richesses sous ses pieds et ses yeux. Buvant l'eau des sources. Elle ne pouvait pas monter très haut, ça lui nécessiterait trop de temps. Elle grimpait, autant qu’elle pouvait. Se retrouver au sommet de la plus haute montagne du Poll était un défi qui prenait du temps. Et ce n’était pas en une nuit qu’elle le pourrait. Ces escapades ne la conduisaient qu’à la lisière de la chaîne. Sur les montagnes périphériques et les plus basses. Mais elle se le promettait : bientôt elle partirait en expédition là-haut. Là où l’air se raréfie tant qu’on ne sait plus si on va pourvoir arriver jusqu’en haut. Là où la neige ne fond jamais. Où laisser sortir un doigt de sa couche protectrice de fourrure s’est risquer de le perdre.


Oh, elle c’était renseignée. Peu de gens s’aventuraient au sommet. Quelques intrépides avaient tenté l’aventure. Combien étaient revenus entier ? Escalader une montagne c’était une chose et dans ses cordes. Gravir montagne qui touchait les étoiles c’était un défi à sa hauteur. Que pouvait-on dire sur son état d’esprit actuel ? N’avoir pas eu la Greffe la boostait. Ça la motivait à progresser et à avancer encore un peu plus chaque jour sur la Voie. Peut-être y avait-il aussi au fond d’elle-même ce sentiment égoïste de prouver que l’on pouvait être un marchombre extraordinaire sans avoir été gratifié par le Rentaï. De prouver que la Voie ne s’arrêtait pas au refus de la Greffe. Etre un exemple peut-être. Même si c’était un peu trop. De sa falaise, elle soupira. Déplaça son pied, le poids de son corps, une main, l’autre pied, puis la main. Elle utilisait toutes les aspérités de la roche. Vite mais bien. Attentive et calme.


Plus elle montait plus son esprit s’apaisait. Moins il hurlait contre ce qu’elle avait fait à Kylian. Moins il hurlait ses doutes et ses peurs. Moins il hurlait combien sa naïveté et sa foi en l’Humanité se brisait chaque jour. Moins il lui hurlait de partir loin, de fuir encore. Alors là-haut, elle oubliait un peu, se donnait au vent. Le laissait la vider toute entière. Une fois en haut du pic, elle hésita à descendre dans la vallée suivante, à s’enfoncer encore un peu plus loin. Resta. Leva les bras en inspirant. Les redescendit en expirant. Sur cette bande rocheuse large d’un ou de mètre et longue d’une centaine, battue par le vent, elle entama la gestuelle marchombre. Seule au milieu de nulle part. La jeune femme avait besoin de ce calme, de se ressourcer. Et ici se trouvait l’endroit parfait. Inspiration. Expiration.


Elle redescendit un peu avant le lever du soleil. Cette fois-ci, elle n’avait pas besoin de prendre son temps pour se calmer, alors, elle tenta de le faire le plus vite possible. C’était comme si elle volait. Ses doigts étaient en sang et ses pieds commençaient à rechigner de l’effort. Mais qu’importe, elle jouait avec la gravité. Il lui fallut passer par un col et par une autre falaise pour enfin atteindre le pied des montagnes. La vallée d’Al-Poll était en contrebas. Elle récupéra son sac dans un sapin, but quelques gorgées dans sa gourde, essuya le sang et soigna les doigts les plus atteints. Rien de grave. Que du superficiel qui cicatriserait avec le temps. Elle rentra au pas de course à l'Académie. Enfila sa tenue obligatoire et ridicule juste avant de commencer à croiser les patrouilles de gardes et d'arriver à l'entrée. Elle avait l'impression d'être un épouvantail parfois. Et les autres fois, elle s'en fichait.


Lorsqu’elle atteignit enfin ses écuries, elle faillit être renversée par un cheval qui en sortait, le souffle rauque et bien déterminé. Agacée, elle siffla. Il s’arrêta net et leva les oreilles, alerté par le bruit. Elle s’approcha mais il recula. Elle avait son attention, maintenant, il fallait l’apaiser. Il s’agissait d’Eolwyn, si elle se souvenait bien. Le propriétaire était élève à l’Académie mais partait parfois quelques semaines avec son cheval. C’était un voyageur semblait-il. Doucement, pas à pas, elle s’approcha. Sans le toucher, elle lui parla à l’oreille. Mots calmes. Mots d’amitié et de respect. Silence. Puis, le cheval réclama des caresses, qu’elle lui gratifia et elle put le ramener dans l’écurie. Clarysse faillit tomber nez à nez avec quelqu’un qui lui était familier. Elle plissa les yeux, tentant de mettre un nom ou une situation sur ce visage. Et des souvenirs flous lui revinrent. Elle rougit.


-Poney ?…


Il avait pas l’air en forme, avec ses cernes et une vilaine bosse sur le front. Etait-ce lui qui tentait de s’occuper d’Eolwyn ? Tiens mais quel était son nom ? Elle se souvenait de ses abdos et de fragments de ses chansons mais pas de son nom. C’était bien étrange comment le cerveau sélectionnait ce qu’il voulait quand il était bourré.


-Et, je n’ai aucune idée du tien. Moi c’est Clarysse.


Elle ne parvenait pas à s’ôter de la tête les hypothétiques reconstitutions de la soirée du Bal qu’elle avait pu échafauder avec le peu de souvenirs qu’elle en avait. Elle n’avait aucune idée de comment ça c’était terminé.


-Ben, je lui ai parlé. J’crois que la « brute » était juste un peu énervée.


Elle sourit sincèrement. Ce qui était de plus en plus rare chez elle. Ensuite, elle continua sur sa lancé :


-M’enfin, c’est ton cheval, non ? C’est toi qui devrais lui parler, pour éviter qu’un évènement comme ça se reproduise à l’avenir.


Elle lui rendit les rênes d’Eolwyn et tourna les talons pour aller poser son sac dans son bureau. Elle récupéra sa fourche et sa brouette et se mit au travail. Elle était juste à portée de voix et de vue du blond aux yeux océans.



[ J'suis vraiment désolée pour le retard I love you Edition possible comme d'habitude ^^ ]


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Mar 15 Jan 2013 - 14:14

Le kaelem fut quelque peu soulagé en constatant que la ponette non plus ne se souvenait pas de son nom. La cuite avait vraiment dû être violente, aussi bien pour lui que pour elle. A présent il n’en restait que des images floues et humiliantes de corps à moitié dénudés et de bouteilles roulant sur le sol de pierre de l’Académie. Ses joues le brûlèrent un instant face au souvenir des lèvres de Kylian dévorant son corps. Il ne saurait jamais réellement jusqu’où l’alcool avait bien pu les mener. Il revoyait Clarysse entamer une danse ridicule sous l’hymne des poneys. Du moins il croyait avoir vu ce spectacle. Peut-être n’était-ce qu’une hallucination de son cerveau mis à mal. Il pointa un doigt sur elle.

-Tu…tu as vraiment… ?


Il se coupa lui-même, imaginant bien qu’elle ne souhaitait pas forcément revoir en détail ses déboires.

-Moi c’est Elio. Finit-il dans un relâchement de main signifiant qu’il abandonnait son idée première.

Il prit la bride d’Eolwyn qu’elle lui tendait, et immédiatement l’hongre redevint nerveux, fixant Elio d’un air qu’on pourrait bel et bien croire désespéré. Son propriétaire afficha le même air, fermant les yeux de fatigue.

-Il m’en veut.


Il ne voulait surtout pas qu’elle le croit mauvais maître, pire maître violent. Doublé à l’image d’ivrogne, bonjour la réputation. Pas qu’il se soucie réellement de sa réputation, quoi qu’à présent il devait y faire attention avec son réseau : fini l’insouciance du gamin jemenfoutiste. Mais s’il se foutait d’être vu comme un petit con, prétentieux et belliqueux, il ne désirait pas être perçu comme le mec qui maltraite sa monture alors qu’il appréciait sincèrement Eolwyn et le respectait. Il était un homme respectueux, point.

-Il refuse de rentrer dans son box, parce que…parce que je pars. Et sans lui.


Sitôt dit, sitôt fait, le cheval hennit, secouant sa crinière blanche. Un de ses sabots tapa le parterre et ses narines soufflèrent avec colère. Le mercenaire pencha la tête sur le côté, haussant de ses sourcils blonds.

-Voilà, il me déteste.

Il tentait de prendre la chose avec humour, mais une boule énorme venait enserrer sa gorge et il se faisait violence pour ne pas craquer. Il avait l’habitude d’être détesté. Mais haï de base, et non haï car trahi, car aimé. Et il ne connaissait que trop bien ce sentiment, c’est ce qui lui avait bouffé le cœur jusqu’à n’être qu’une pourriture de plus.

-Mon enseignement est terminé. Expliqua-t-il d’une voix qui menaçait de trahir son émotion. Et je…ne peux pas l’emmener.

Comment expliquer à une inconnue d’un soir qu’il lui fallait bel et bien un cheval, mais un cheval qui se fond dans le noir sans lui déclencher des soupçons quant à son métier. Un simple commerçant n’avait pas la nécessité d’une monture si particulière. Il pouvait justifier le besoin d’un équidé pour la livraison, mais dans ce cas, Eolwyn conviendrait. Il pourrait tout aussi bien ne rien dire, mais cela inclurait de perdre l’occasion de négocier l’achat d’un cheval à moindre prix ici, plutôt qu’à prix coûtant en ville. Alors mentir et risquer de griller sa couverture ? Comment manier les ficelles si finement qu’elle n’y voit que du feu ?

-Tu peux m’aider ?


Il désigna d’un coup d’œil confus son ami qui semblait ne plus vraiment l’être. Décidément, partout où il mettait le pied, il blessait quelqu’un. Il avait appris à s’endurcir de cela, mais la situation était bien plus compliquée avec Eowlyn. Il avait fait sa rencontre dès ses premiers mois à l’Académie, il y a plus de six ans…Il se souvenait encore du souffle chaud de l’hongre l’aidant à reprendre sa respiration. Il lui avait soufflé sa première amitié, sa première reconnaissance. Et des amis il n’en avait pas eut des masses ici. En six ans, en six longues années de recherche sur la mort de sa mère, il était tombé amoureux d’Elera. Puis il avait rencontré Marlyn, qu’il n’affilait pas trop au mot « amie », mais plutôt à ce lui de « maître ». Ensuite Kylian, mais là, à nouveau, l’amitié était mise à mal. Et enfin Enelyë. Là s’arrêtait ses relations. Ça ne pesait pas lourd dans son cœur d’assassin, et tant mieux. Mais Eolwyn avait été le premier. Et le quitter devenait tout aussi dur que de quitter Enelyë. Ça n’était qu’une bête, pourtant. Mais une bête amie.

Il laissa Clarysse apaiser sa monture et le conduire dans le box à force de mots chuchotés et de caresses. Elio voudrait pouvoir le caresser, encore. Une dernière fois, peut-être ? Il attendit donc que la Maitresse des écuries sorte avant de se glisser à son tour dans l’habitat du cheval. Habitat auquel il n’était plus vraiment habitué, à force de missions et de courses endiablées pour fuir la monotonie de l’Académie. Il tendit sa paume avec prudence, craignant qu’il ne lui fasse encore mal, bien que la véritable douleur ne soit pas physique. Il le sentit souffler de mécontentement, et lui-même souffla, frissonnant de toute cette haine. Il effectua un pas en arrière, prêt à sortir et à laisser tranquille ce qu’il devait appeler à présent ancien destrier.
Ce fut alors l’alter real qui s’avança. Et la boule dans la gorge du guerrier explosa. Dos à Clarysse il laissa les larmes affluer, conscient qu’elle ne serait pas dupe au bruit étrange qu’avait provoqué l’explosion dans sa bouche. Ses paumes se posèrent, tremblantes, sur l’encolure de son compagnon, et la seconde d’après l’homme et le cheval s’enlaçaient dans un dernier remerciement de ses années passées. Années qui donnèrent la solution au garçon pour obtenir ce qu’il voulait. Il resta un instant, ainsi, contre la robe alezane pie d’Eolwyn. Puis il se dégagea, sentant qu’enfin les larmes cessaient de couler. Il s’essuya le plus discrètement possible le visage, et se contenta d’un dernier mot avant de sortir du box.

-Pardon.

Il retrouva Clarysse qui ne pipa mot du moment de faiblesse de son camarade de cuite.

-Il faut le sortir souvent. Je le sortais souvent, pour de très grandes balades. On partait parfois plusieurs jours. Alors…Il lui faut un élève qui aime partir avec lui.


La boule d’émotions brisée, il pouvait se redresser et reprendre son air concentré et neutre.

-Il se fait vieux à présent. Seize ans, ce n’est pas rien chez un cheval, bien qu’il soit endurant. Il a besoin d’une petite retraite dorée.

Il hésita un instant, puis se jeta à l’eau, chuchotant afin qu’Eolwyn n’entende pas, aussi stupide que cela puisse paraitre.

-Et moi j’ai besoin d’une nouvelle monture.

Clarysse eut l’air de comprendre qu’il ne voulait pas plus peiner son cheval en parlant de remplacement car elle ouvrit la marche pour s’éloigner du box.

-Je suis guerrier. Et si dans un premier temps je reprends simplement la boutique de mon père, j’espère bien recevoir de quoi bouger, de quoi me battre pour l’empire. Et Eolwyn ne suivra pas le rythme.


Il n’avait pas besoin de rajouter à quel point cela l’affectait de laisser l’hongre derrière lui, elle l’avait très bien vu.

-J’ai de l’argent. Accepterais-tu de me vendre un cheval vacant qui pourrait convenir à ce que je cherche ?




[Edition à volonté, j'ai pris pas mal de libertés sur ton perso :/]


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Sam 16 Fév 2013 - 22:44

Ses mains lui faisaient mal, les bandages la grattaient et la gênaient un peu pour manier la fourche, mais tant pis, elle ferait avec. Elle avait choisi d’escalader une montagne seulement avec ses mains et ses pieds donc bon, les ampoules et les crevasses étaient compréhensibles. Clarysse devait en plus avouer que ça lui avait fait un bien fou cette sortie nocturne. Elle n’avait pas beaucoup dormi, comme à son habitude. Le sommeil était un luxe qu’elle n’avait pas besoin. Elle n’avait pas besoin de beaucoup dormir, pas besoin de perdre son temps comme la majorité des gens. De là où elle était, elle sourit, elle se doutait de la réponse du jeune homme. Un cheval aussi calme qu’Eowlyn ne s’énerverait pas comme ça sans une bonne raison. Enfin, quelque chose qui lui tenait à cœur. Ainsi, le jeune homme partait sans son cheval. Sans son fidèle compagnon de toujours ? Comment pouvait-on partir et laisser un animal aussi fidèle et incroyable ? Elle ne comprenait pas franchement mais ne pipa mot. Ça ne la regardait pas. Elle releva les yeux de son travail pour observer les réactions du cheval, ces mouvements en disaient long sur son état d’esprit actuel, sur ce qui le contrariait et comment l’apaiser. S’appuyant sur sa fourche, elle écouta les explications d’un Elio à la voix bizarrement cassée. Oh, la terreur de l’Académie, s’attachait donc. Et pas seulement à Kylian. Court sourire. Ils étaient humains en fait ces hommes qui se faisaient passé pour des durs qui fallait haïr. Il y avait encore de l’espoir donc. Mais bon, s’il partait sans cet être aimé, il perdait certainement un peu de cette humanité.


Soupire. D’un côté, elle n’avait aucune envie de l’aider à se défaire d’un cheval qui semblait l’aimer et d’un autre, elle était payée pour ça. En plus, elle aimait ça habituellement apporter son secours, son soutien aux gens. La marchombre était du genre volontaire, du genre à l’écoute des autres. Elle voyait des choses dans la gestuelle que les autres ne voyaient pas. Mais elle en avait de plus en plus marre de se prendre des beignes. Ses cicatrices de son combat avec Kylian la tiraillèrent soudainement, comme pour lui rappeler ce qu’elle avait fait, ce qu’elle n’avait pas fait et ce qu’elle aurait voulu faire. Elle fit finalement rentrer Eowlyn dans son box. Il était si réticent qu’elle dut lui murmurer longtemps à l’oreille et le caresser encore plus longtemps avant qu’il ne se décide de faire un pas en avant. Pas qui fut ensuite suivi d’autres. Le rassurer, l’apaiser, ne pas lui mentir mais en même temps faire en sorte qu’il comprenne la situation, la douleur qu’ils se causaient tous les deux. Ah, l’intelligence qui brille dans les yeux des chevaux n’est pas un leurre. Ils entendent tous mais le comprennent à leur façon.


Puis elle sortit et retourna à sa tâche. Ne put s’empêcher d’entendre le reniflement d’Elio et leurs souffles qui se mêlaient. Ils prirent leur temps tous les deux, ils en avaient besoin. Elle comprenait le déchirement qui les envahissait. N’avait aucune envie de subir ça un jour avec Poussière d’Etoile, avait grandi avec ce cheval. Mais l’âge serait bientôt un frein. Froncement de sourcils furieux. Elle entendit aussi son simple mot d’excuse qui ne suffirait pas à l’équidé mais lui apporterait du réconfort. Elio finit par sortir et la retrouver. Il donna ses instructions à Clarysse pour s’assurer qu’elle s’occuperait de lui au mieux. Il était vrai qu’elle n’avait jamais eu besoin de sortir son cheval à sa place, le jeune homme s’en occupait bien. Contrairement à certains élèves qui ne sortaient jamais leurs chevaux. Avec lui, elle avait seulement eu pour devoir de nettoyer son box. Elle aimait les gens comme lui qui prenaient leurs responsabilités à cœur, qui ne considéraient pas uniquement leur monture comme un objet.


Ainsi, il voulait lui offrir une bonne retraite ? Oh, l’âge était en effet un gêne souvent. La marchombre hocha la tête et prit sa brouette pour aller la vider dehors, leur offrant ainsi une raison de s’éloigner du box d’Eowlyn. Il avait donc besoin d’un cheval plus jeune qui le suivrait dans ses péripéties. C’était compréhensible en effet, mais en même temps si triste. Devoir laisser un animal qu’on aime au profit d’un autre que l’on aimera peut-être pas mais qui sera plus efficace en définitive. Lui vendre un cheval donc. Clarysse était habilitée à vendre et à acheter ce qu’elle trouvait utile. Dans la mesure du raisonnable évidemment. Elle devait rendre des comptes à l’Intendant et au Trésorier si jamais ils trouvaient des choses suspectes. Mais bon, personne n’avait pour l’instant remis en cause ses capacités de décisions. Et elle espérait bien que ça continuerait comme ça. Elle était fille d’éleveur réputé, elle connaissait toutes les ficelles du métier. Traiter avec des élèves qui partaient en voulant acheter leur cheval fétiche, elle avait l’habitude.


-Je comprends tout à fait ton problème même si ça me chagrine pour vous deux. Est-ce que tu veux que je te rachète Eowlyn en même temps ? Ou payer une pension ? Parce que laisser ton cheval à l’écurie est gratuit en tant qu’élève mais ne l’ai plus quand tu pars.


C’était une subtilité que peu de personne connaissait. Elle-même payait la pension pour sa jument tous les mois. Seuls les grands pontes de l’Académie et les élèves ne payaient pas pour leurs montures. En même temps c’était logique de payer les palefreniers et les infrastructures, sinon, comment les entretenir ses écuries ?


-Bon, j’ai quelques chevaux qui appartiennent à l’Académie qui sont disponibles pour le moment et qui conviendrait à ton cas.


Elle posa sa brouette, s’avança vers la liste qui était accrochée à côté de la sellerie. La consulta puis se dirigea vers un premier box, où se tenait cheval de robe baie claire, qu’elle prit le soin de caresser patiemment .


-Jumper, 8 ans, c’est un Quarter calme, dynamique et attentif. Plutôt pour moyen-bon cavalier.


Elle laissa quelques minutes à Elio, puis se dirigea vers un box suivant où se tenait un cheval à la robe ébène. Elle lui tendit la main tranquillement et celui-ci avec curiosité vint la sentir, en regardant du coin de l’œil l’intrus, puis il réclama des caresses, ce qu’elle fit en parlant :


-Requiem, 10 ans. Lui c’est un Mustang, il est capricieux et sauvage mais endurant et résistant. Je le conseille uniquement pour les bons cavaliers. Il peut devenir très doux avec quelqu’un en qui il va avoir confiance.


Un peu plus loin, elle s’arrêta devant une jument Alezan foncée, qu’elle flatta en souriant :


-Astréa, c’est une Arabe de 9 ans, intelligente, affectueuse et endurante. Peut-être un peu nerveuse parfois. Pour de bons cavaliers.


Elle revint vers l’entrée, consulta sa liste avant de se retourner vers Elio :


-C’est tout ce que j’ai de libre pour le moment dans les critères que tu cherches. Tu veux que je les sorte de leurs box pour que tu les regardes plus attentivement ou que tu fasse connaissance ?



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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Mar 5 Mar 2013 - 11:50

Elio n’avait pas vraiment pensé au fait qu’il lui faudrait payer une pension pour laisser Eolwyn derrière lui. L’hongre appartenait à l’Académie avant qu’il ne l’adopte, aussi croyait-il pouvoir simplement le rendre. Mais en un sens, la déclaration de Clarysse était logique. Il s’était approprié le cheval, engendrant des frais. Frais toujours d’actualité. Il réfléchit un instant aux deux propositions. Celle de payer une pension était alléchante dans l’idée où il pourrait ainsi récupérer son compagnon dès qu’il le voudrait, si jamais il venait à regretter sa décision où d’avoir besoin d’une deuxième monture. Mais financièrement, il n’était qu’à la naissance de sa boutique, et ne pouvait pas se permettre de verser une allocation régulière en plus d’acheter une nouvelle bête. Et ce malgré l’héritage de son père. Cyprian avait fait petite fortune grâce à sa cupidité et aux magouilles avec le Chaos, mais le guerrier préférait garder cet argent sale pour corrompre en cas de besoin que pour la futilité de sentiments. Il devait se montrer pragmatique, et non amoureux, à présent.

-Je veux bien que tu me le rachète, oui, s’il te plait. C’est un bon investissement, promis !
Sourit-il.

Il la suivit, curieux de voir ce qu’elle pouvait bien lui proposer. Il tenta de lire derrière son dos les inscriptions sur le registre des écuries, mais n’y parvint pas, et prit son mal en patience. Ils se dirigèrent vers un premier box où les attendait un destrier à la robe marron, plutôt clair, un peu caramel. Jumper. Il était jeune, vraiment jeune et cela plaisait au garçon. Ses grands yeux noirs brillaient de dynamisme et il se laissa caresser avec docilité par la maitre des lieux. C’était un bel animal, vraiment. Mais pas pour lui. Sa robe était bien trop voyante, plus éclatante encore que celle d’Eolwyn.

-Non, je…j’suis pas convaincu par celui-là, désolé.

Le prochain enclos contenait un mustang. Magnifique, musclé, et aux couloirs d’ébène. Jusqu’à la crinière. Totalement noir. Seuls ces yeux contrastaient. Un regard aussi bleu que celui du mercenaire le fixait, curieux et méfiant. Peut-être n’était-ce que paranoïa, mais Elio était quasiment persuadé que l’étalon le regardait de manière presque mauvaise. Il écouta attentivement Clarysse et comprit vite à quelle monture il avait affaire. Capricieux et sauvage. Aussi con que lui, quoi. Ça n’allait pas être partie facile, surtout si habitué aux très bons cavaliers. Il était devenu très agile avec Eolwyn, et pensait pouvoir se faire à un tel cheval. Le problème résiderait dans le caractère de celui-ci. A eux deux, la cohabitation risquait d’être mouvementée. L’ hongre qu’il venait de laisser derrière lui était d’un calme olympien, et doux. Le contraire de celui-ci, quoi. Il grimaça, à la fois émerveillé par sa noirceur et dubitatif sur la faculté de le dompter. Il serait parfait pour se fondre dans l’obscurité, mais pour cela, faudrait-il qu’il obéisse.

-Il est sublime. Mais je suis tout de même curieux de voir ce que tu as d’autre.

Elle n’en possédait plus qu’une, et une jument. Intelligente et affectueuse, Elio préférait mille fois cela au tempérament précédent. Il n’avait jamais eu de jument, toujours habitué aux mâles, mais cela ne le gênait pas, bien au contraire. Une femelle lui permettrait de retrouver une relation faite de compréhensions. Il avait besoin d’un cheval qui sache assimiler les volontés de son maitre pour anticiper les coups durs et être réactif. La robe était brune, foncée, donc moins tape à l’œil. C’était moins bien que celle de Requiem, mais la bête semblait plus sûre.

Il acquiesça devant la proposition de sa vendeuse, et lui désigna Astréa comme premier choix.


-J’hésite entre elle et Requiem. Astréa me parait plus abordable dans un premier temps, j’aimerais voir le contact avec elle. Ensuite je verrais avec le mustang.

Il laissa la ponette faire sortir sa jument du box et l’emmener dans le clos d’exercice, la suivant. Il examina le rythme des sabots, plutôt lent et presque hésitant. Puis, il s’avança devant l’arabe et lui tendit une main. La femelle ne s’approcha pas d’elle-même et Elio dut amener sa paume jusqu’à son museau qu’elle reculait de plus en plus. Peureuse. Elle était plutôt du genre peureuse, et là, ça bloquait. Il ne conclue pas de suite, toutefois, et tenta une nouvelle approche pour la monter. Mais à nouveau elle se dégagea de la proximité dans un petit hennissement. L’ancien kaelem soupira.

-C’est complètement normal qu’elle ait peur au début, je le sais. Mais je vais commencer à travailler de suite, et j’aurais besoin d’une monture. Je ne peux pas me permettre de dire à l’empereur que je ne peux pas effectuer sa mission parce que mon cheval n’a pas encore voulu me laisser monter sur son dos et qu’un rien risque de l’effrayer, tu comprends ?

Pour ne pas dire qu’il ne pouvait pas avoir un cheval effrayé par les cadavres, le sang, les combats, les fuites, et les planques de mercenaire. Il n’allait pas faire de belles choses avec son canasson, et Astréa était faite pour les belles choses.
Ils ramenèrent donc tranquillement la jument dans son box, et Elio eut le réflex de s’éloigner le plus possible de Clarysse pour qu’elle sorte Requiem. Les yeux bleus du mustang ne lui disaient rien de bon. Si en fixant la palefrenière ils semblaient doux, en le dévisageant lui, ils perdaient toute leur amicalité. Une fois de nouveau dans le clos d’exercice, il se fit le plus prudent possible et l’aborda. Dans un premier temps l’étalon ne broncha pas, se contentant de l’examiner. Le guerrier fronça ses sourcils, attendant une réaction de la part du destrier. Son sabot avait tapé l’herbe plus que marché dessus. Devant l’absence de réflexe, il posa une main sur l’encolure, la fit glisser jusqu’à la crinière pour se hisser, et…


-Aïeeeuh !


Il retira sa main avec hâte, contemplant son poignet rouge et douloureux. Il se tourna vers Clarysse qui contrôlait visiblement assez mal son fou rire.

-Il m’a mordu !

Requiem hennit, et Elio ne pu prendre ça que comme un rire moqueur. Il le fixa avec colère et consternation. Il eut en retour un regard qui virait presque au gris, ce qui lui décrocha un frisson dans le dos. Ces pupilles bleus qui virent au gris en guise d’avertissement, il ne l’avait jamais vu. Pour cause, c’était son regard, celui qu’il décernait à ses ennemis.

-Je le prends.


Le mustang souffla, comme mécontent et l’amie des poneys lui offrit pour toute réponse un visage étonné.

-Apprends-moi à le dompter, au moins pour réussir à le monter et partir avec, et je le prends. Je le veux. Il est aussi con que moi, mais je le veux.

C’est justement parce que tu es aussi con que moi, que je t’exige. Tu peux broncher, me mordre, me piétiner, j’m’en tape. Parce que je sais que devant un ennemi, tu ne partiras pas. Tu attaqueras.


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Dim 24 Mar 2013 - 21:36

Elio lui demanda de voir Astréa en première de manière à établir un premier contact. La marchombre ouvrit le box, lui passa la longe et la guida à l’extérieur jusqu’à l’extérieur des écuries, dans le paddock attenant. Là elle retira la longe de la jument et s’éloigna. Elle s’adossa à la barrière sans la fermer, elle savait pertinemment que l’arabe n’était pas le genre s’enfuir d’un endroit qu’elle connaissait bien. Elle observa la scène. Ah, il n’était pas patient le garçon. Il n’attendait pas d’attiser sa curiosité ou qu’elle s’habitue à la présence de cette présence masculine inconnue et envahissante. C’était le problème des propriétaires, ils étaient persuadés que tous les chevaux devaient être disponibles et réactifs comme les leurs. C’était un peu navrant sa réaction, mais bon, elle ne savait pas trop en quoi constituaient les missions et pour quand il avait besoin du cheval qu’il considèrerait comme « opérationnel ».


-Je comprends même si tu dois avoir conscience que tu ne trouveras pas de cheval correspondant à ta demande qui te répondra quand tu claqueras des doigts. Tu dois gagner leur confiance de la même manière qu’Eolwyn en avait pour toi.


Elle reprit Astréa et la ramena dans son box en prenant le temps de la caresser un peu. Clarysse sortit ensuite Requiem avec un petit sourire, elle avait très bien vu la réaction d’Elio et surtout celle du mustang, sa gestuelle semblait montrer qu’il était curieux de cette nouvelle tête et qu’il avait remarqué sa peur. Elle se dit qu’elle allait bien s’amuser. Elle le lâcha, le flatta un peu et s’assit sur la barrière cette fois-ci fermée. Requiem la respectait et l’aimait bien mais elle ne pouvait pas prédire ses réactions et être sûre de l’arrêter avant qu’il ne se fasse à lui ou à quelqu’un d’autre. Elio s’avança vers le mustang, resta immobile à peine une minute puis tendit la main pour toucher l’encolure de Requiem. Ce dernier ce comporta exactement comme elle s’y attendait en mordant le garçon. Elle ne put que se retenir d’éclater de rire devant la tête d’Elio et l’impression de satisfaction du mustang.


-Je t’avais prévenu de son petit caractère.


Le jeune homme lui déclara avec autorité qu’il le prenait. Il n’y avait pas une pointe d’hésitation dans sa voix, pas de peur. Juste une simple assurance. Eh ben, ce garçon avait un caractère bien étrange et trempé. Elle n’avait aucun souvenir de cette facette de lui qui datait de la soirée du Bal. En même temps, qu’espérait-elle ? Elle était tellement bourrée cette nuit-là qu’elle ne se souvenait même pas de ce qu’ils avaient bien pu faire tous les trois. Et même si elle ne le montrait pas, ça l’inquiétait. Ne pas savoir était le plus dur. Son premier souvenir d’après la soirée était de s’être réveillé toute habillée dans son lit dans une forte odeur d’alcool et de vomi. Le cauchemar quoi. Il lui avait fallu laver trois fois ses vêtements avant de s’estimer satisfaite de l’odeur. Lui apprendre à dompter Requiem ? Elle ne put se retenir de sourire. Il voulait vraiment beaucoup de choses cet Elio. Mais Clarysse ne faisait pas de miracles et il n’y avait pas de recette magique pour se faire obéir d’un cheval aussi capricieux.


-Oh, la grande majorité des choses à son sujet tu vas les découvrir petit à petit. Mais je peux te donner quelques astuces.


Elle descendit de la barrière et lui fit signe de prendre sa place. Elle s’avança vers Requiem qui leva les oreilles, attentif. Elle sourit et commença ses explications en restant à sa place, à une distance respectable du mustang :


-Premièrement il va falloir que tu gagnes un minimum sa confiance. Ça commence par ne pas faire ce que tu viens de faire… Ce que je veux dire c’est qu’au lieu de l’approcher vite pour le caresser, il faut le laisser venir à toi.


Joignant le geste à la parole, elle s’accroupit à sa place, comme elle l’avait fait la première fois qu’elle avait dû gérer le cheval. Mais ce dernier n’était pas du tout dans le même état que maintenant. Il ne lui faisait pas un poil confiance, il ne faisait plus confiance à grand monde. La première fois, il avait couru tout autour d’elle longtemps, s’était cabré, emballé en la menaçant et elle n’avait pu que lui parler et attendre.


-La première étape c’est juste de rester avec lui, de lui parler calmement et de ne pas bouger. Quand tu as son attention, il va faire mine de s’avancer et à ce moment-là il faut lui tourner le dos. De cette manière tu prouves que tu respectes son autorité. Il va s’avancer et te renifler. Tu peux tendre la main mais c’est à lui de venir y poser la tête, signe que lui aussi respecte ton autorité.


Cette fois-ci, il fallut peu de temps à Requiem pour venir vers elle et réclamer des caresses. Mais la première fois il avait fallu des jours avant qu’il esquisse d’avancer seulement autre chose que ses oreilles aplaties en arrière vers elle. Mais le temps et ses paroles rassurantes avaient finis par avoir leur effet et il s’était apaisé et était devenu curieux et joueur.


-Le maître mot c’est la patience. Il va falloir rester quelques heures à côté de son box à lire ou faire autre chose, lui apporter à manger en personne et surtout faire ce genre d’exercices plusieurs fois. Mais une fois que tu auras fait ça, vous pourrez commencer à vous connaître. Et avec vos caractères je suis sûre que vous allez vous entendre à merveille !


Elle eut un petit sourire, le jeune homme allait mettre un nouveau pied dans le monde des adultes et des responsabilités. Avoir un cheval comme Eolwyn c’était facile. Posséder un animal avec autant de caractère et de volonté c’était une autre paire de manche. Il fallait le mériter et l’entretenir. Comme l’amitié et l’amour. C’était la vie qu’il allait en partie apprendre avec ce mustang ébène.


-Une dernière chose. Ne le bas jamais. S’il est aussi teigneux c’est en partie dû à un ancien crétin de maître. J’ai réussi à apaiser une partie de sa colère. Si un jour tu tombes dans cette spirale avec lui, il te le fera payer et tu perdras le compagnon qu’il va devenir pour toujours.


La petite marchombre flatta l’encolure du cheval en concluant son récit :


-Bon, si tu veux t’y essayer une première fois n’hésite pas ! Et si tu veux partir avec lui, tu peux, il est assez dressé pour te laisser le monter, après il s’agira pour toi de rester en selle…


Sourire énigmatique.


[J'espère que ça te plaira ! I love you Edition à volonté, surtout si le caractère que j'ai décrit ne correspond pas à l'idée que tu voulais ! Smile ]


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Jeu 11 Avr 2013 - 20:00

Elio ne broncha pas lorsque Clarysse lui fit signe de changer de place avec elle. Il se hissa sur le bord de la clôture avec curiosité. Prétentieux de base, il attendait avec ironie de voir comme l’amie des poneys pouvait bien s’en sortir mieux que lui-même face au monstre. Il la jugea inconsciente de s’accroupir ainsi. Sa nuque était à la merci d’un mustang sauvage et agressif. Il garda une main libre, prête à le propulser à son secours en cas d’attaque. Un cheval pouvait tuer bien plus facilement qu’un homme. Elle resta en vie. Tant mieux pour tout le monde. Il n’était pas encore parti de l’Académie. Sur le départ, mais encore là. On pourrait trop facilement l’accuser de meurtre. Juste au moment où il prenait enfin sa liberté, faut le dire, ce serait con ! Quoi ? Vous n’avez tout de même pas cru l’espace d’un instant qu’ Elio appréciait Clarysse et ne désirait pas sa mort ? C’est Elio.
Elle continua son numéro d’amoureuse des bêtes en tournant le dos à l’étalon. L’ancien kaelem leva un sourcil. Tourner le dos à un cheval était la dernière chose qu’il aurait conseillée à toutes personnes. Ou alors, rien qu’aux ennemis. Ou à Einar, pour s’amuser. Mais bon, cela voudrait dire le voir mort par sa faute, et donc des nouveaux ennuis. Il y avait des règles lorsque l’on était l’ami de personne. Et une des premières était de ne pas tourner le dos à un inconnu. C’est la porte ouverte au coup de poignard dans le dos.
Il vit Requiem accueillir avec plaisir la soumission de la jeune femme, et grogna intérieurement. S’il fallait se montrer proie plutôt que maître avec le canasson…la collaboration était mal barrée ! Et à cet instant, Eolwyn lui manquait plus que jamais. Il hésita même un instant à retourner le chercher, mais se ravisa. Il voulait être un homme, à lui de l’assumer et de se battre comme un homme. Même si cela implique se battre contre un cheval. Même s’il doutait sincèrement d’un jour s’entre à merveille avec sa monture comme le disait si bien la maitre des écuries.

Il descendit avec souplesse de son perchoir et rassura sa vendeuse d’un signe de tête encourageant. Il n’était pas là pour battre Requiem. Mais pour se battre avec Requiem. Pour que lui-même puisse prendre sa revanche avec le Talion. Si les chevaux pouvaient parler, celui-ci serait le premier à lui réclamer sa part de vengeance contre son ancien maître. Elio y pensa même sérieusement. Là, ce serait une preuve de respect. Pas se conduire comme un soumis, mais lui montrer qui est le roi des ombres, et qu’en ombre tout devient possible.
Il ne s’approcha toutefois pas trop, ayant comme impression idiote que son achat le narguait. Il fallait pourtant qu’il l’amène jusqu’à la boutique, et contrairement aux dires de la ponette, il ne croyait pas une seule seconde pouvoir le monter. Il dévisagea le demi-sourire de la jeune femme, puis les narines de Requiem qui frémissait déjà de la prochaine confrontation.

-J’monte pas seul avec lui. Il serait capable de faire passer ma mort pour un accident.

Fusse sa grande imagination, mais le mercenaire jura voir le canasson cligner des yeux et pencher légèrement sa tête sur le côté. Il resta néanmoins fier comme un paon, tête levé, et tendit la main pour que Clarysse lui remette les rennes.


-tu veux bien chevaucher à mes côtés, avec ta propre monture? Ainsi…Si Requiem tente de me faire tomber et de me piétiner, tu pourras le calmer.

Il détestait demander de l’aide. Mais mieux valait être aidé et vivant, qu’indépendant et mort. Par un cheval. Pas la plus gratifiante des morts, quoi.

-Et puis comme ça, on pourra parler de notre dernière soirée ensembles ! La taquina-t-il.

Merveilleuse, n’est-il pas ? Un régal pour les amoureux des désastres. Un carnage pour l’estomac et le cerveau. Mais bon, hein, au point où en était son cerveau…
Il suivit Clarysse jusqu’aux box, refusant de rester seul avec entre les mains un cheval aussi sournois. Il avait cette foutue impression qu’à tout instant l’étalon pouvait l’envoyer valser. Le demi-faël refusa la selle qu’on lui proposa, expliquant qu’il préférait monter à cru, pour commencer. Attacher Requiem ne lui semblait pas une excellente idée pour une première chevauchée. Personne n’aimait être lié de force. Elle était donc déjà prête à partir, ayant monté sans difficulté son poney, que lui hésitait encore de la manière de s’y prendre. Une main à plat sur l’échine dorsale de son nouveau compagnon, une autre prête à s’agripper aux racines de la crinière, il ferma les yeux, pressentant déjà la chute. Son pied tapa le sol, et le voilà en selle. Et toujours pas à terre.
Ebahi devant cette réussite bien trop facile, il leva un petit poing en l’air. Et entendit aussitôt le grognement rieur de l’équidé. Il ne pipa mot, persuadé d’être fou et d’imaginer toutes ses réactions qui lui ressemblaient bien trop.
Ils partirent donc en chœur, au pas. Requiem était un délice de voyage. Même à cru, son corps épousait parfaitement celui de son maître et il n’éprouva pas la moindre douleur. Certes il était habitué aux longs voyages avec Eolwyn, mais savait bien qu’une nouvelle monture impliquait de recommencer presque de zéro.


-N’empêche. On a eu de la chance ce soir là. Parce que je ne sais pas qui nous a ramené mutuellement dans nos lits, mais en tous cas il n’a rien dit. T’imagine faire ça maintenant avec l’autre de Ril’Krystan, là ?

Rien ne sera plus pareil à l’Académie à présent. Et c’était assez dommage. Cette soirée d’oubli avait beau dater, il avait beau être un gamin à l’époque, parfois il voudrait recommencer. Passer une soirée à boire et rire de rien et de poney. Et ne plus penser à l’amour impossible ou aux divers problèmes existentiels. Et puis cette nuit là, il avait deux amis. Deux en même temps. Et ça, c’était vraiment la plus belle chose au monde.
Un mouvement brusque le fit tiquer, persuadé qu’il était venu le temps où le mustang le jetait à terre, mais il n’en fit rien et le garçon reprit contenance.


-Un de ces quatre, j’organiserais une petite fête privée chez moi. Tu devrais venir avec Kylian !


Il lui sourit, amusé. On n’est peut-être plus ami, maintenant que l’alcool s’est dilué dans notre sang. N’empêche, avoue, même sans souvenirs précis, tu sais quand même que sur le moment, t’as ris comme jamais. Poney un jour, poney toujours.
Et le poney que je monte bouge vraiment trop, là.



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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Sam 4 Mai 2013 - 0:23

Clarysse ne put s’empêcher de sourire à la remarque de jeune homme. En effet, le mustang avait son caractère et qui savait ce dont il était capable de faire. Mais bon, elle doutait qu’il tuerait qui que ce soit si on ne lui donnait pas une excellente raison. Ce qui serait vraiment dommage. La marchombre eut une pensée qui lui traversa l’esprit. Elle ne savait pas pourquoi mais elle se dit que tout le travail de confiance et d’apaisement qu’elle avait fait avec Requiem allait certainement être balayé par le tempérament étrange de ce Elio. Mais bon, elle ne pouvait pas aller contrôler tous les chevaux qu’elle avait vendu et être sûre que les propriétaires s’en occupaient comme il le fallait. Mais bon, parfois elle en était vraiment tentée. Elle nota ça dans un coin de sa tête, on ne savait jamais, peut-être que la vie la guiderait un de ces quatre dans cette direction. La jeune femme lui tendit les rennes, pour signifier l’échange. M’enfin, ils n’avaient même pas encore parlé du prix donc c’était que le jeune homme le voulait vraiment ce cheval ébène pour n’avoir même pas posé la question. Il lui proposa de l’accompagner à la fois pour le rassurer et de tester Requiem. Ça l’étonnait que quelqu’un qui semblait aussi fier demande de l’aide mais bon. Elle avait l’habitude et c’était son boulot. Elle lui répondit, en se dirigeant vers les écuries :


-Pas de problèmes, sauf pour la partie où on parle de ce soir-là…


Elio la suivit alors qu’elle mettait un filet à Poussière d’Etoile. Celui-ci qui se frotta la tête contre son épaule, heureux de la perspective de sortie en sa compagnie. Elle lui sourit et sortit. Pour une fois, elle tenait son hongre, redoutant un peu sa réaction en voyant Requiem. Parce que ce n’était pas un dominant et qu’on ne savait jamais comment des chevaux qui ne se sont jamais vus allaient s’entendre. Il y eut reniflages et air curieux qui rassurèrent la jeune femme. Ils ne se considéraient pas comme des menaces. Ou peut-être était-ce le fait qu’elle soit là. Qui sait ? Elle passa par la sellerie ou elle proposa au blond :


-Je peux te prêter cette selle c’est une des seules assez grande.


Il la refusa et décida de monter à cru. Aucun souci pour la petit marchombre, c’était même bien plus intéressant. Comme elle privilégiait elle aussi cette monte, elle comprenait bien la tactique du jeune homme, il tentait de ne pas entraver le mustang et c’était une plutôt bonne technique. Ça mettait des points de son côté. La jeune femme monta d’un seul geste souple sur l’hongre et observa en attendant Elio. Malgré la hauteur du cheval, il n’eut pas besoin de marchepied et fut en selle rapidement après une courte hésitation. Requiem se laissa faire ce qui lui fit presque crier victoire. Clarysse aimait bien le spectacle et imaginait bien leur future complicité vu comme ils semblaient ne pas s’entendre pour le moment. Ils se dirigèrent au pas vers la sortie de l’Académie alors qu’Elio abordait le sujet tabou. Le sujet dont la jeune femme ne voulait plus jamais entendre parler même si elle savait qu’il la suivrait toute sa vie. M’enfin, elle l’avait voulu se bourrer la gueule, rire et oublier. Elle avait peut-être un peu mûri depuis mais elle en gardait un souvenir mi amusé mi contrit de sa faiblesse et de ses peu de souvenirs de cette soirée.


-Oh, de toutes façons, avant qu’il organise un Bal ou tout autre évènement festif…


Tout était tellement droit et terne avec lui. A part les uniformes, tout manquait de couleurs et de vie. Tout ce qui faisait l’Académie comme elle l’aimait le plus était en train de se faner. Les élèves semblaient bien moins enthousiastes, les professeurs moins motivés et les règles dominaient sur les rires habituels. Elle était arrivée avec cet Intendant souriant et sympathique et c’était exactement ce dont elle avait besoin à cette période. Mais là, elle commençait à se demander ce qu’elle fichait là. Elle connaissait de nom cet homme, puisque sa mère lui avait fait étudier les grandes familles nobles et les personnes qu’elle admirait dans l’Empire. Et étonnement, elle savait donc, que par sa droiture, il était à l’origine de la renommée croissante de l’Académie d’Al-Jeit et de ses élèves. M’enfin, elle se fichait un peu du personnage adorateur de la Dame et du Dragon, ce qu’elle voulait c’était faire son boulot qu’elle aimait aux écuries et dépenser son temps libre comme elle l’entendait. Mais bon Aziel était plus exigeant et intransigeant sur les papiers à rendre dans les délais que Jehan avant lui. Ce qui énervait la jeune femme. Mais bon, elle n’y pouvait rien et n’était pas sûre de vouloir s’en mêler.


Le Poney parla soudainement alors qu’ils traversaient les portes de l’enceinte et descendaient en direction d’Al-Poll. Ah, faire la fête comme cette soirée-là. C’était un beau rêve qui lui paraissait de plus en plus lointain. Tout d’abord, parce qu’elle ne se laisserait plus aller autant à l’alcool et donc, elle n’atteindrait plus jamais cet état d’euphorie et d’inhibition qui était le leur à ce moment-là. Ensuite, parce que ce serait étonnant si elle se rendait un jour chez lui juste dans le but de faire la fête, vu comme elle détestait quand il y avait trop de monde. Et enfin, parce qu’elle ne pourrait jamais rester dans la même pièce que Kylian sans que ça ne dérape de son côté. Elle avait du mal à imaginer qu’il s’était remis de sa défaite et qu’il ne lui en voulait pas à mort. Connaissant son tempérament, il devait la haïr et envisager tous les moyens possibles et imaginables pour la tuer. Mais bon, elle restait sur ses gardes et gardait toujours des lames cachées. Elle lui répondit enfin :


-On verra. De toutes, ça m’étonnerait que Kylian veuille encore me voir après le combat de la dernière fois…


Elle ajouta avec un sourire sans joie :


-Il était pas très beau l’étalon.


Elle n’avait pas envie d’en parler en fait. Pourquoi avait-elle abordé ce sujet ? Ressentait-elle vraiment de la fierté de l’avoir battu ? De lui avoir brisé des os pour se débarrasser de lui ? De ne pas l’avoir tué malgré la colère froide qu’elle avait contre lui ? De l’avoir évité ces derniers temps pour ne pas sentir son regard meurtrier et sa soif de vengeance ? Elle avait vraiment du mal à se cerner. Elle se demandait si elle avait pris la bonne décision ce jour-là. Elle l’avait défié pour ce combat sans en comprendre les enjeux. Elle avait été naïve. Bien trop. La petite marchombre se doutait qu’elle allait devoir en subir les conséquences. Elle en avait déjà subi une partie. Sa cicatrice la brûlait régulièrement et ses bleus qui se résorbaient la lançaient parfois. Elle arrêta de s’apitoyer sur elle-même et déclara :


-Ceci dit, je dois avouer que c’était une bonne soirée. Hors du temps.


C’était le terme. Tous les trois c’éteint complètement oublié dans l’alcool ce soir là. Tous les soucis oubliés, les peurs les doutes et les déceptions. Dans un sens, ça leur avait fait du bien. Ils chevauchèrent en silence un moment sur la route pavée qui descendait vers Al-Poll en serpentant. Elle sentait qu'Elio était tendu et craignait le moindre faux mouvement de son cheval. Puis la jeune femme déclara :


-Niveau formalités reloues. Requiem est à vendre pour 5 pièces d’or. Et je peux t’acheter Eolwyn pour, disons 3 pièces d’or… Ce qui te fait devoir avancer 2 pièces d’or. T’auras juste à signer quelques papiers, Ril’Krysant les adore.




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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Lun 13 Mai 2013 - 20:54

Elio chevauchait presque aisément. Presque. Le dos droit, il ne se risquait pas une seule seconde à laisser aller son corps, trop méfiant de Requiem. Et pourtant la bête avançait, semblant presque écouter la conversation des deux gens, paisiblement. Le guerrier aurait pu se dire que finalement, il n’était pas si indomptable et têtu que cela. Mais en vrai petit con soupçonneux il se doutait pertinemment que le meilleur était à venir et que la monture n’avait pas fini de lui montrer son caractère.
Toutefois son esprit dérailla de cette attitude nerveuse lorsque Clarysse lui évoqua Kylian. Il avait encore énormément de mal à digérer le refus de celui-ci de l’accompagner à Al Poll, mais il tentait de faire face, de réagir en adulte. Pour une fois. De quel combat parlait-elle ? Le beau rouquin ne lui en avait jamais parlé ! Aussi fallait-il avouer que la communication n’était pas au point, entre eux. A part si l’on défini communication par cassage de gueule et embrassades. Il n’était pas rare de voir le garde amoché, que ce soit au visage ou ailleurs. Mais cela faisait parti de son métier, et plus particulièrement de son tempérament. Elio lui étant similaire sur ce point là, il ne prêtait pas plus garde à ces marques de blessure qu’à autre chose. Peut-être aurait-il du ? Pourquoi les deux poneys se battaient-ils ? Quels étaient donc leurs différents ? Dataient-ils d’avant la fameuse soirée ? Ils semblaient pourtant bien s’entendre, ce soir là.
Faisant fonctionner ses méninges à mille à l’heure, il n’osait pas poser de question. Tout comme il grimaçait silencieusement de savoir que cette petite effrontée avait pu battre son apollon. C’était absurde. Lui-même aurait un mal fou à le mettre à terre. Et pas pour cause de sentiments. Kylian était entrainé par des mercenaires. Quoi qu’en y repensant, voilà un moment qu’il était cloitré à l’Académie, et des petites bagarres ne suffisent pas à la remise en forme. Se serait-il affaibli ? Ou la maitre des écuries cachait-elle son jeu ?
Il ne pouvait pas rester sans savoir. Pas à présent qu’il avait crié haut et fort son amour pour Kylian. Bon, il l’avait crié à Kylian seulement. Mais c’était un bon début. Ils étaient ensembles. Et le blondinet l’assumait. Enfin, à sa manière. Pas que le fait que l’homosexualité soit mal vue le gêne, ça il s’en contre foutait. Il avait mis lui-même un temps fou à s’accepter comme tel, il pouvait bien comprendre que le monde en fasse autant. Mais dévoiler sa vie sentimentale à quiconque pourrait créer de gros problèmes, de grosses failles. Comme Elera pouvait l’être.
Le doute restait de savoir à qui poser la question ? Clarysse ou directement le rouquin ? Le hic résidait dans le fait qu’il était sur le départ, et donc incertain de quand il pourrait revoir son amant. Tandis que la ponette était à sa portée, juste là, et avait évoqué le sujet. Mais comment demander ? Lui répondrait-elle, d’ailleurs ?

Le chef du Talion était toujours dans ses pensées et questions ô combien existentielles lorsque sa compagne de randonnée l’informa d’un tout autre sujet. Le coût du canasson. Ah ? Bien. Que voulait-elle qu’il en ait à foutre ? L’argent n’était pas bien un problème entre les missions et l’héritage du papa mort de façon si déplorable. Aussi acquiesça-t-il, et mit la main à sa ceinture pour en décrocher sa bourse en cuir. Il en sorti deux pièces d’or qu’il tendit tout naturellement à la vendeuse.

-Tiens. Et merci. Rappelle-moi l’histoire de la paperasse une fois rentré, sinon je serais capable d’oublier. Et Aziel me pourchasserait jusqu’à chez moi, j’en suis persuadé.


Petit sourire. Face à l’ennemi, on est tous amis.
Il était occupé à rattacher sa bourse, bien entendu usant de ses deux mains, lorsque vint le moment auquel il se préparait depuis sa montée sur le cheval. Comme prévu, l’étalon avait choisi l’instant exact où Elio ne serait plus concentré. Et plus sécurisé.
Mais le demi-faël n’était pas un homme ordinaire. Il n’était pas de ceux que l’on dupe. Et cela Requiem l’avait oublié. Le cavalier sentit le dérapage venir à l’instant où il entendit le sabot de sa monture frapper le sol d’une manière bien plus abrupte que précédemment. Aussi quand son achat se cabra, il était déjà raccroché à son coup, enfonçant ses talons entre les coudes de l’animal pour ne pas perdre l’équilibre. Requiem resta un moment sur ses deux pattes arrière, prenant le risque lui-même de s’écrouler, afin de désarçonner son ennemi, mais il n’en fut rien.
Il fut bien obliger de retomber lourdement, mais debout. Et plus furieux que jamais. Ses naseaux frémissaient, si ce n’est fumaient, et ses muscles tremblaient de colère et de frustration. Il allait attaquer de nouveau. Et cela, Elio le savait. Tout bonnement parce qu’il ferait de même. Depuis le début, il aurait fait exactement la même chose à son adversaire.
Il choisit les sauts de cabri, sûrement persuadé que sans selle, il devrait bien perdre pied. Mais ses talons ne bougeaient pas, et venaient même à gêner le mustang. Et ses doigts agrippaient fermement la crinière, sans jamais la tirer plus que nécessaire. L’étalon tenta de se défaire de l’emprise des talons en pliant un à un ses canons avant, arrivant presque à lui donner des coups de sabots aux pieds. Il était souple, c’était un très bon point, qui valorisait plus encore l’achat du garçon. Sauvage, mais souple.
Il se passa ainsi de longues minutes avant que l’équidé semble abdiquer. Elio était hors d’haleine, lui aussi, mais tira tout de même un sourire satisfait à Clarysse. Elle aussi était sur ses gardes, sûrement prête à intervenir. Pourtant l’un comme l’autre savait parfaitement qu’elle ne pourrait rien faire. Face à ses sabots, nous sommes tous des hommes morts.
Ses pieds reprirent liberté, et il garda précieusement ses mains en position, desserrant toutefois son étreinte. Requiem aurait fait basse figure, et aurait accepté la défaite si le jeune homme ne s’était pas permis un simple geste. Il lui flatta l’encolure. Le grognement fut suivi dans la demi-seconde par un cabrage en avant. Pattes avant planté au sol, pattes arrière en l’air. Et Elio bouffant le sol.

Le cheval explosa de joie, manifestant celle-ci par une danse de petits sauts. L’écuyère mit pied à terre pour aider Elio, mais celui-ci refusa la main tendu. Il se leva, tête haute, sans manifester aucune honte. Il fit craquer son cou, endolori par la lourde chute, et s’avança avec précipitation vers le fauteur de trouble. Sa main vint sceller le menton de son rival, avec fermeté. Une seule main, avec une pression suffisamment forte pour que, malgré les coups de tête, l’étalon ne puisse s’en dégager. L’ancien kaelem entendit derrière lui la jeune fille s’esclaffer et s’avancer. Elle pensait qu’il allait le battre, lui faire du mal. Aussi, deuxième main tendue en avant pour lui ordonner de ne pas bouger, il hurla.

-Ne bouge pas. J’ai dis ne bouge pas. Tu restes où tu es.

Sa voix grondait d’une manière si rauque, que le silence tomba et la monture cessa de se débattre. Elio faisait peur. Peur à voir. Peur à entendre. Peur à tenter quoi que ce soit.
Toujours main prise, il planta ses iris bleus dans celles, si semblables, de Requiem. Et il ne bougea pas. Y voyant un signe de faiblesse, l’animal tenta à nouveau de se défaire la mâchoire de cette paume dure. Et le garçon lui tira à nouveau le menton vers lui, pour le remettre droit, et face à lui. Yeux dans les yeux.
Regarde-moi.
Respecte-moi.
Ne crois surtout pas m’avoir vaincu.
Je suis le maitre, tu es la bête.

La bête hennit, réitéra ses tentatives. En vain.

Tu m’entends ?
J’ai dis regarde-moi, merde !
Je. Suis. Le. Talion.
Tes yeux ne sont pas plus effrayants que les miens.

Les naseaux soufflèrent, mais la tête ne bougea plus. Et ils se fixèrent.
Enfin, Elio le lâcha, le laissant par la même occasion faire un léger pas en arrière. Il savait bien que la monture n’était toujours pas conquise. Mais au moins, elle savait à présent à quel genre de bête elle avait affaire. Car oui une bête, tout comme elle.

Je suis encore moins humain que toi, ne l’oublie pas.

Le mercenaire put remonter facilement sur Requiem, qui ne broncha pas, douché. Il vit Clarysse faire de même. Et tenta de radoucir l’atmosphère.

-Je ne l’aurais pas touché autrement. Je ne suis pas un monstre sans cœur.


Mais un monstre avec cœur. Ça change pas mal de chose.


-Il devait juste comprendre qui je suis.


Ils repartirent donc, sans autre dérapage. Et les questions brûlèrent la langue du garçon, jamais bien loin.

-Pourquoi vous vous êtes battus avec Kylian ?


Et comment as-tu pu gagner ?



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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Lun 10 Juin 2013 - 17:08

Clarysse sourit à la remarque du jeune homme et empocha l’argent. Le prix lui allait et surtout il ne voulait pas avoir affaire à la colère d’Aziel, ce qui était plutôt sain d’esprit. Contrarier l’Intendant était une erreur et certainement assez dangereux. Mais bon, il y en avait qui prenait le risque. Préférant être hors la loi que contraint. La marchombre ne faisait pas partie de ces gens-là. Elle n’était pas toujours d’accord avec les idées de l’homme en rouge mais elle ne l’était pas non plus avec celles de Jehan. Les deux hommes avaient leurs caractères et la Maître des écuries se disait que travailler pour l’Empereur était une grande opportunité que Jehan avait eu raison de saisir. Peu de gens partageaient cet avis et surtout pas les rumeurs qui circulaient dans l’Académie. Enfin, la jeune femme n’en tenait pas trop compte, les ragots n’étaient pas sa tasse de thé et les racontars l’énervaient.


Le mustang profita de la déconcentration d’Elio pour tenter de le désarçonner. Il commença par se cabrer mais le jeune homme avait anticipé l’action, se cramponnait à la crinière et avait planté ses talons au bon endroit. Un bon point pour lui. Il avait définitivement le niveau pour chevaucher cet animal et lui résister. Mais bon, un entier aura toujours un problème de dominance envers son propriétaire quoiqu’il se passe. Il confirma ses premières impressions en continuant de résister aux ruades et aux coups de sabots un peu désespérés de Requiem. Ou peut-être pas tant que ça. C’était un animal réfléchi qui ne se couvrirait pas de sueur sans une idée derrière la tête. Clarysse se tenait prête à la moindre possibilité un coup de sabot par un animal de cette taille pouvait être vraiment dangereux. Mais bon, elle ne pouvait pas faire grand-chose, c’était à Elio de prouver sa dominance comme elle l’avait fait à sa place un jour. Il finit par prendre le dessus.


Enfin, c’était ce qu’il crut. Puisque Requiem rua une bonne fois pour toute, faisant chuter le jeune homme sur les fesses. Clarysse ne put s’empêcher de sourire à l’étalage de joie du mustang devant sa victoire. Elle descendit de cheval pour l’aider à se relever. Il l’ignora royalement avec un regard passé du bleu lagune au bleu abysse. La marchombre se rembrunit petit à petit en le voyant agir. Elle serra les poings et crispa ses mâchoires. Prête à bondir s’il dépassait les bornes. Elle n’aimait pas ça. Elle n’aimait pas cette méthode. Et c’était complètement inutile avec un entier comme Requiem. Il se sentirait dominer pendant ce laps de temps mais à la plus infime seconde d’inattention, le jeune homme risquait de payer son arrogance de sa vie. Mais bon, les deux étaient aussi butés. Et si l’un et l’autre ne pouvaient pas se faire confiance, ça finirait en bain de sang. La jeune femme regretta pendant un instant d’avoir laissé son protégé qu’elle avait mis tellement de temps à calmer et qui lui faisait confiance, dans les mains d’un possible monstre. Elle n’en revenait pas, s’il croyait que ça marcherait ça technique de mâââââle dominant il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et la jeune femme ne manquerait pas de le surveiller. Elle n’était pas marchombre pour rien, une petite visite de temps en temps pour simplement vérifier qu’il ne faisait pas de mal à Requiem suffirait. Et s’il le fallait, elle lui ferait payer, d’une façon ou d’une autre.


Elle eut un petit rictus qui pouvait passer pour un sourire forcé quand il lui assura qu’il ne l’aurait pas touché autrement lorsqu’il remonta sur le mustang. Mais, elle ne manqua pas de voir le regard de Requiem. Il n’avait pas perdu cette étincelle. Il avait bien comprit qui était ce nouveau maître et ne se laisserait pas dominer aussi facilement. Au fond d’elle, elle souhaita bon courage au gamin pour qu’il arrive à faire ce qu’il croyait être la bonne méthode. Il n’avait pas pris en compte sa méthode à elle, tant pis pour lui. Elle l’aimait de moins en moins ce garçon, il avait eu le même regard que Kylian devant le cheval. Ce regard de chien fou et déterminé. Ce regard violent et froid. Cette part d’ombre qu’il ne pouvait pas toujours cacher. Clarysse nota mentalement cette information, ce n’était pas une preuve, ce n’était peut-être rien mais, comme pour Kylian, elle se méfiait. Elle n’aimait pas cette facette des deux garçons et ne s’empêcherait pas de les surveiller un peu. Et si ses doutes se confirmaient un jour, il lui faudrait agir. Les monstres n’étaient pas les bienvenues dans une école.


La question d’Elio la déstabilisa pendant quelques secondes. Pourquoi la posait-il maintenant ? Si ça le tracassait, pourquoi n’avait-il pas demandé quand elle en avait parlé ? C’était bizarre et elle n’avait pas envie de lui répondre. La blessure que Kylian lui avait infligé la brûla sous l’uniforme rien que de penser à la catastrophe qu’avait été cette journée. Le regard du garde la hantait encore et elle faisait de son mieux pour l’éviter. Elle ne savait même pas si le rêveur qu’elle lui avait envoyé avait été le chercher. L’avait-il soigné ? Comment allait sa cheville cassée ? Est-ce que ça allait l’influencer ? Pourquoi lui en voulait-il autant ? Et surtout elle ne cessait de se demander si elle était aussi lâche qu’il semblait le penser. Clarysse n’avait toujours pas trouvé de meilleures solutions que la décision qu’elle avait pris ce jour-là. Evidemment elle avait pensé à plein de remarques qu’elle aurait dû faire ou de question à lui poser mais jamais une autre voie. Elle n’aurait rien pu faire d’autre et tentait de s’en persuader. Elle soupira et répondit laconiquement :


-Pourquoi ? Bonne question. Faudrait que j’lui demande quand on pourra avoir une discussion sans qu’il essaie de me tuer.


Elio la regarda avec un air étonné sur le visage. Il ne s’attendait certainement pas à ce genre de réponse venant d’elle. A vrai dire, elle ne savait pas quoi dire, puisqu’elle ne savait même pas pourquoi il l’avait espionnée puis attaquée. Elle ne le comprenait pas. Elle l’avait battu à plates coutures et il aurait préféré mourir qu’être battu comme elle l’avait fait. Elle ne trouvait pas de sens. Pour, n’importe qui d’autre que lui, elle aurait dit que c’était parce qu’une femme l’avait vaincu. Mais avec Kylian elle savait que la réponse n’était pas là. Il aurait dû reconnaître sa supériorité. Au lieu de ça il s’était échiner à vouloir la tuer. Et elle ne se souvenait pas lui avoir fait quoique ce soit de mal auparavant. Elle s’était donc dit que ça ne venait peut-être pas d’elle en particulier mais de ce qu’elle était et devait représenter pour lui. Elle continua :


-Je pense qu’il a un sérieux problème avec les marchombres et c’est tombé sur moi...


Elle eut un court soupir avant de continuer, pensive :


-M’enfin, j’espérais que l’amocher suffisamment le calmerait mais il semblerait que ça n’a pas marché...




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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Lun 1 Juil 2013 - 17:57

Les yeux d’Elio étaient plissés, tentant de comprendre le pourquoi du comment. A vrai dire cela pourrait paraitre logique que Kylian veuille la tuer. Lui-même voulait bien tuer pas mal de monde. Mais à découvert, en pleine Académie ! A quoi jouait-il ? Et puis, pourquoi elle ? C’était-il passé quelque chose pouvant le compromettre cette fameuse nuit ? Quelque chose dont il n’aurait pas pris conscience. A vrai dire, personne ne devait avoir réellement pleine conscience de cette nuit, alors…
Il ne cacha pas son étonnement, pensant qu’avec un peu de chance Clarysse le remarquerait et lui fournirait de plus amples explications à cette haine si découverte. Et comme attendu, elle lui donna la clé de cette confrontation. Marchombre. Elle était marchombre. Et le Dragon savait que les marchombres et mercenaires n’étaient pas faits pour vivre ensembles. Lui-même aurait pu avoir l’égo de se débarrasser des marchombres, s’il n’en avait pas aimé une. De fait, il ne s’intéressait pas à cette caste, s’en méfiait juste lorsqu’il avait affaire à un potentiel membre. Et la Dame Poney rentrait donc dans la liste des personnes à surveiller. Surtout si elle avait pu amocher sérieusement son rouquin. Car Kylian était loin d’être amateur en combat, il en avait fait les frais.

 
Ce qui était certain, c’était que le garde n’était pas très futé. Crier sur tous les toits qu’il n’aimait pas les marchombres était bon pour griller sa couverture. Les défenseurs de l’harmonie n’en avait pas que dans les bras et pourrait bien trop vite comprendre pour qui travaillait réellement le dragueur en série. Il haussa donc les épaules, tout en affichant une mine de réflexion.
 
-J’crois pas que ce soit contre ta voie, parce qu’il a eu passé de bons moments avec des marchombres.
 
Genre avec Elera, quoi. Elio était persuadé que son amant ne connaissait pas la vocation de la rouquine qu’il avait charmée, mais s’il pouvait l’aider en prétendant le contraire, aucun doute qu’il le ferait.
 
-Il est juste très têtu, un peu con, et doté d’un bon ego. Il a voulu me battre aussi, tu sais. Alors que j’suis juste un bête guerrier.
 
Il sentit le regard un peu suspicieux de la cavalière. S’il n’était qu’un simple combattant, il n’aurait jamais pu battre Kylian. Il leva donc les yeux au ciel, faisant mine d’avouer.
 
-Bon…d’accord, il n’a pas que voulu, il m’a surtout battu. Bon, j’suis encore vivant, hein. Mais ça, j’pense que c’est plus une question de chance et de bons rêveurs qu’autre chose.
 
Il espérait la convaincre, ou du moins la faire douter un minimum. Tant qu’il l’éloignait de la piste de la haine envers les marchombres, c’était déjà ça !
Ils arrivèrent à un cul-de-sac et Elio changea de sujet en proposant de rentrer, à présent que Requiem se montrait plus calme.

 
-Par contre, je t’emprunterais volontiers une corde. Ou je te l’achète, si tu y tiens. Si je pouvais monter et amener Eolwyn jusqu’ici à cru, je doute pouvoir ramener Requiem jusqu’à ma boutique sans tentative de fuite. J’ai des licols, selles et autres matériaux à la boutique qui m’attendent, pour la suite de notre…collaboration.
 
Il sourit, lui montrant ainsi qu’elle n’avait rien à craindre de lui. Et poussa le vice de l’innocence jusqu’à caresser l’animal.
 
-Pas vrai mon beau ? Tu vas bien finir par m’aimer. Ou m’accepter. Au choix !
 
Il eut pour réponse un souffle rauque de la monture qui secoua la tête pour se dégager du geste d’affection. L’ancien kaelem se força à rire pour mettre totalement en confiance sa vendeuse.
Ils continuèrent leur retour sans grande discussion, n’abordant en sujet que l’antipathie commune pour Aziel. Il était facile à présent d’avoir une conversation polie avec quiconque de l’Académie, tant personne n’aimait ce nouvel intendant. Une fois arrivé à l’écurie, mettant pied à terre avec un certain soulagement de n’avoir pas fini piétiné par l’étalon, il s’avança vers Clarysse qui sortait des papiers de son petit bureau.

 
-Ah oui ! La paperasse de Monsieur !
 
Il se pencha sur les feuilles, mais tiqua. Il ne savait pas lire. Il avait quelques plans pour apprendre la base, savoir déchiffrer des noms et autres choses simples afin de tenir ses projets à bien. De même il savait tout juste signer son nom. Pas plus.
 
-J’doute pas que ce soit un langage de la haute, bien écrit, en bonne forme et tout. Mais…J’peux pas le lire. Tu veux bien m’en faire un bref résumé ?
 
Il ne connaissait pas Aziel, mais ne quittait pas l’Académie pour rien, et se méfiait des conditions vicieuses qu’il pouvait inscrire au contrat d’achat d’une monture.
Elle ne se moqua pas de son ignorance et lui indiqua les principales clauses. Puis il signa, et lui prit la corde demandée lors de la balade. Requiem fut donc attaché pour le fameux départ, et juste avant de partir sur les routes, le futur Talion se retourna, saluant la Ponette de la main.

 
-A la prochaine, Dame Ponette ! Et prends garde à garder tes vêtements sur toi à l’avenir, je doute qu’Aziel soit en faveur de l’exhibitionnisme !
 
Il la quitta ainsi, hilare.



[Je pensais clôturer ainsi. Mais si tu ne veux pas, j'édite ! bref édition à volonté, quoi Very Happy]


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MessageSujet: Re: Once a poney time. [Terminé]   Dim 14 Juil 2013 - 20:21

Clarysse écouta l’explication d’Elio tout en chevauchant tranquillement. Elle ne savait pas vraiment pas quoi penser de ce qu’il lui racontait. Ça lui aurait bien été si Kylian détestait les marchombres, comme ça elle aurait plus cette impression que toute cette violence et cette colère étaient personnelles. Mais le jeune homme chamboulait un peu ses plans, comme s’il ne se rendait pas vraiment compte que cette haine serait du coup dirigée contre elle. Mais peut-être que c’était le cas, que le garde la détestait elle en particulier et qu’il voulait juste la voir mourir parce qu’elle avait fait un truc en particulier. Mais bon, cette théorie lui paraissait bizarre et peu crédible au vu de toutes les choses qu’il avait dit durant leur rencontre ou leur combat. Du coup, elle avait toujours eu l’impression que le rouquin détestait irrationnellement les marchombres et que c’était tombé sur elle au hasard. Mais elle n’avait aucune idée du pourquoi de cette haine. Alors, elle continuait de se sentir mal à ce sujet. Et il fallait avouer, elle avait peur du jeune homme. Parce que ses réactions étaient imprévisibles.

 


Ils firent ensuite demi-tour pour retourner vers les écuries et l’Académie. Elio lui demanda une corde pour ramener Requiem jusqu’à chez lui, doutant qu’il puisse le monter à cru et seul jusque-là. Ça n’étonna pas trop la petite marchombre, elle avait l’habitude de traiter ce genre de problèmes. Elle sentit les efforts que faisaient le jeune homme aux cheveux blancs pour lui prouver qu’il méritait sa confiance. Mais elle avait des réserves à son sujet. Elle n’avait pas aimé ce qu’elle avait vu un peu plus tôt et puis bon, c’était un amis très proche d’une personne qui voulait la voir morte alors, elle avait selon elle de quoi avoir peur et se méfier. Mais bon, elle ne voulait pas tomber dans la paranoïa et voir le mal partout non plus. Alors, elle décidait de rester sur ses gardes,mais de donner une chance au blond. Elle lui sourit paisiblement, comme à son habitude et caressa sa jument en réponse à son petit mouvement de tête soudain. Peut-être était-elle jalouse de l’attention qu’elle portait au mustang ? Ou tout simplement voulait-elle courir un peu ? M’enfin, elle aimait trop Poussière d’Etoile et ne voulait pas qu’Elio fasse galoper Requiem de suite. C’était un peu trop prématuré, surtout aux vues de leur mésentente cordiale. Sur le chemin du retour, la discussion fut bien plus plate que les précédentes. Ils abordèrent seulement le sujet Aziel. Il était étonnement le centre de pas mal des discussions, chez les élèves et même chez les résidants. Ce qui était très intéressant.
 


Une fois revenus aux écuries, Clarysse aida Elio à attacher Requiem et rentra sa jument au box. Puis, elle sortit les papiers nécessaires à la transaction. Tout serait bien officiel et sans retour quand il aurait signé. Le mustang lui appartiendrait et l’Académie récupèrerait Eolwyn. Le deal serait réglé. Elio lui expliqua qu’il ne savait pas lire et donc qu’il ne savait pas ce que contenaient les papiers. Eh ben, c’était une révélation ça. La jeune femme était persuadée que toute personne de l’Académie apprenait à lire et à écrire durant sa formation. Mais il lui prouvait le contraire. Elle trouvait ça dommage, rester aussi longtemps, assister à des cours parfois ennuyeux et ne même pas savoir déchiffrer une lettre à la fin. Mais bon, c’était pas elle qui décidait des programmes. Du coup, elle lui expliqua tranquillement :
 


-En gros, ça explique l’échange qu’on a conclu : Requiem contre Eolwyn et deux pièces d’or. C’est un changement dans les actes de propriété des chevaux. Du coup, en cas de litiges, chacun peut prouver ce qui lui appartient. Il y a trois exemplaires à signer, un pour toi, un pour moi et un pour l’Intendant. Ainsi, tout sera en règle.
 


Il n’y avait pas de conditions à ce genre de contrat, parce que Clarysse avait tendance à faire confiance à tout le monde et qu’Aziel n’avait pas encore trop mis son nez dans les papiers de la Maîtres des Ecuries. Du coup, pas de petites lignes ou de trucs implicites. Juste un échange, ce qui convenait très bien à la marchombre et qui facilitait bien des choses. Ils signèrent tous les deux les feuillets. Elle ajouta :
 


-Et puis comme ça, Aziel sera content d’avoir des papiers en plus à s’occuper.
 


Elle sourit légèrement au salut animé et au sous-entendu d’Elio. C’était fou comme il tentait de détendre l’atmosphère. En tous cas, ça lui faisait plaisir. Elle le salua en retour pendant qu’il partait avec la corde prêtée et sa nouvelle acquisition. Quel duo explosif !


 
-Ça marche ! Et fais attention à ne pas trop te faire marcher sur les pieds par Requiem !



[Merci pour le rp I love you ]


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