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 « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]

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MessageSujet: « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]   Sam 15 Déc 2012 - 20:51


Enelyë lâcha finalement Miaelle, la libérant de son étreinte. La petite murmura un léger « pardon » tandis qu'elle attrapait la main que la Kaelem lui tendait. Elle sourit, mais déjà elle avait lâché ses doigts et époussetait son pantalon. Alors elle se tourna vers Elio, lui demandant ce qu'il proposait. Après tout, c'était lui qui avait eu l'idée ! Et elle savait qu'il avait de l'imagination à revendre, dès qu'il s'agissait de faire des bêtises. Et il réfléchissait. Alors Enelyë essaya elle aussi de trouver une idée. Mais ce n'était pas vraiment son genre, de faire ça. Quand elle était plus petite, peut-être, et encore, elle n'en était pas sûre. Elle avait eu trop peu d'amis avec qui en faire, des bêtises, et son père et ses amis ne jouaient pas avec elle. Elle avait l'impression que cette fois, elle ne serait d'aucune utilité. Elle verrait pour la mise en place. Et Elio annonça fièrement qu'il voulait qu'elles le suivent.
Elle haussa les épaules, un sourire au visage face à l'allure conquérante que prenait Elio et tourna la tête vers Miaelle.

- Viens, on le suit, sinon il va se rendre ridicule à marcher comme ça.

Elle tendit sa main, machinalement, à la petite, tandis que son autre main venait se poser sur l'épaule d'Elio. Allons-y, oublions, partons, jouons. Demain tout sera fini.

*

Le hall désert faisait presque froid dans le dos. Ce n'était certes pas la première fois qu'elle le voyait ainsi, puisque elle était souvent levée très tôt, ou couchée très tard, ça dépendait des jours. Et la plupart du temps, les élèves se dépêchaient de quitter le lieu, sujet aux courants d'air. En même temps, c'était le hall car c'était le lieu où l'on entrait par les portes, ça n'avait rien d'étonnant. Et comme ça n'avait rien de particulièrement intéressant non plus, les élèves et les professeurs, le personnel aussi, personne ne restait là. Mais c'était un lieu de passage, et ainsi il était souvent rempli. Vide et froid. Voilà l'impression qu'Enelyë en avait, à cet instant.

Aussi ne put-elle qu'être d'accord avec Elio lorsqu'il annonça que l'Académie était triste. Et hocha la tête, face à son sourire. C'était ce sourire gamin, qu'elle aimait voir sur le visage de son ami. Ce sourire enfantin, qui la faisait sourire elle aussi, à son tour. C'est contagieux, le sourire. Et les idées qu'évoquaient le Kaelem pour changer la pièce la faisait sourire d'autant plus. Une patinoire, hein … Cette idée la laissait songeuse.

- J'sais pas trop, mais je peux essayer.

Et il se tourna vers Miaelle, qui hocha frénétiquement la tête lorsqu'il lui demanda d'aller chercher les décorations. Elle ne se fit d'ailleurs pas prier, puisqu'elle s'élança dans les escaliers sans attendre une seconde de plus. Alors Enelyë se tourna vers Elio. Frappa, avec son poing fermé contre son épaule, doucement.

- On va s'attirer des ennuis. Mais d'un autre côté … je trouve ça trop drôle. Et si on fait une … patinoire, c'est ça ? On a qu'à mettre plein d'autres éléments de l'hiver ! T'imagine, si de la neige tombait du plafond ? Enfin, j'crois que j'ai pas assez de pouvoir pour faire ça, encore.

Pendant qu'elle parlait, elle s'était éloignée d'Elio, avait tourné sous le plafond en imaginant l'état de la salle après leur passage de décorateurs d'intérieur en herbe, avait réfléchi, un peu, et se mettait maintenant à rire. Si elle faisait de la neige dans la salle, ce serait le moment de jouer à se lancer des boules de neige, alors même que l'hiver était passé, n'était pas encore là, elle ne savait plus trop, à cet instant, et s'en contrefichait.

- J'crois qu'à force d'être avec toi j'vais vraiment finir par avoir des problèmes.

Avec qui, avec quoi ? Jehan, peut-être ? Ce ne serait pas lui qui la réprimanderait, ça, c'était plus que sûr. Et de toute façon, elle s'en fichait, des problèmes. Elle partirait, et ce ne deviendrait qu'un vague souvenir. Mais serait-elle vraiment capable de quitter l'Académie ? Elle ne réfléchit pas plus longtemps, car en haut de l'escalier du bruit se faisait entendre.

Elle leva la tête aussitôt, un peu étonnée. En général, à cette heure-là, les élèves se faisaient les plus discrets possibles. Mais c'était Miaelle, accompagnée des … aides du cuisinier ! Elle les aurait reconnus entre milles, parce qu'à chaque fois qu'elle voulait du chocolat, elle allait leur en demander. Elle se rappela soudain du vol de chocolat dans les cuisines avec Elera, et cela la fit sourire. Eux aussi connaissaient cet épisode, mais ils n'en parlaient jamais vraiment. Ce jour-là avait causé une terrible tempête dans les cuisines, avait-elle appris par la suite. La petite ne s'arrêta pas devant elle, et se rendit directement devant Elio. Et la Kaelem comprenait : après tout, c'était lui le grand chef des opérations. Et pendant qu'ils parlementaient, elle tira le bras d'un des aide-cuisinier, pour qu'il se pousse et la laisse regarder à l'intérieur du carton.
Des guirlandes, longues, longues, et si belles. Colorées, pailletées, éclatantes de splendeur. Elle se tourna vers les deux autres, remarqua le sourire sur le visage d'Elio et comprit que Miaelle avait réussi à le convaincre. D'un air conspirateur, et donc à voix basse, elle interpella les assistants.

- C'est dans la poche, vous pouvez commencer à décorer !
- Ahah, t'es sérieuse là ? C'est pour ça que la p'tite est venue ?
- Quoi d'autre, à ton avis ?

Elle leur offrit un grand sourire, et tendit une guirlande à Elio. Une jolie guirlande rouge, rouge comme le symbole de leur maison, rouge comme le rubis de leurs bagues. Elle attrapa une bleue, plus petite, pour la donner à Miaelle. Une bleue comme ses yeux, une bleue comme une pierre précieuse. Attrapa une autre, violette. Réunion des couleurs.

- Je m'occupe des escaliers. La patinoire viendra à la fin !

Et fièrement, elle se dirigea vers la rampe, sans plus vraiment s'occuper du reste.


Et que cet instant dure pour toujours …


[Si ça vous va ! J'hésitais à le mettre en libre, mais dans le doute, je l'ai pas fait. Vous me direz ce que vous en pensez. ]


_______________



    Papillon Princesse à votre service ! o/


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MessageSujet: Re: « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]   Dim 6 Jan 2013 - 18:38

"Ne plus penser à rien. Ne plus penser du tout.
Attendre que le matin, pointe son nez tout à coup."

Elio ne réagissait même plus de lui-même, laissant la valse du Cirque se mettre en place autour de lui. Enelyë faisait danser ses petits pieds sur le carrelage tout en examinant les lieux, sa tête de princesse dressée vers les étoiles, songeuse et rêveuse. Et voilà déjà que la gamine revenait de sa mission, accompagnée d’aides aux cuisines. En tant normal il se serait mis en colère qu’elle se soit montré si peu discrète. Mais là, il était tout simplement dépassé. Il les fixait, le regard vitreux, et son esprit de chef à mille lieux.

"Passer le jour à ne rien faire. S’offrir le droit de rêvasser.
Contempler les heures se défairent. Fermer les yeux et soupirer."

Il ne sut pas même dire quelles instructions ses lèvres avaient bien pu donner, que la kaelem poussait de son sourire les autres fautifs dans l’aventure, leur chargeant les bras de guirlandes colorées. Miaelle ne pleurait plus, et n’avait pas l’air prête à pleurer de nouveau. Tant mieux. Les pupilles du mercenaire passèrent un bref instant sur la couleur de l’ornement qu’on venait de lui passer, et le sourire naquit de cette simple vision. Pas besoin de cerveau pour comprendre l’allusion. Il suffisait juste de voir son sourire à elle, sa joie. On aurait dit une enfant virevoltant dans une fabrique géante de jouets. Avec sa petite sœur.

"Je savoure ces instants fragiles, ces quelques jours tout près de toi. Perdu tous les deux, sur cette île où ton rire vole et puis s‘en va."

Car Enelyë avait une famille à présent. Pas la meilleure, ni la vraie. Mais une famille, une qui l’aime et qui l’accompagne. Et dans tout le remue-ménage qu’ils offraient de leurs bêtises, Elio se demandait sincèrement ce qu’il devenait à ses yeux, à présent qu’elle en possédait plusieurs paires pour veiller sur elle. Son maigre rôle prenait fin. Il valait donc mieux tirer révérence et lui souhaiter bonne chance. Il était certainement de trop, autant en profiter, non ? La petite avait l’air pas trop mal comme compagnie. Mais il n’était pas nounou, non plus. Il ne pourrait pas leur trouver des occupations tous les soirs de mariage où leur « père » les laisserait seules. Ah, la solitude, quelle douce amie.

"Ne plus penser à elle. A cette saloperie.
Pouvoir espérer qu’elle, puisse t’oublier aussi."

Mais la solitude ne l’oubliait jamais, lui. A chaque parcelle de moment heureux, de moment à deux, ou trois, ou plus, elle refaisait surface. Parce que c’était à ce moment précis qu’Elio se sentait le plus seul. Lorsqu’il était entouré. Là, en repeignant les statues de pierre en milles couleurs avec la peinture qu’un des garçons de cuisine avait trouvée dans un placard d’une remise. Là, en dessinant un sourire débile sur le visage sérieux et pompeux de l’homme sensé représenter Merwyn. Là, il se sentait seul, abandonné. Parce qu’il savait que cette soirée ne serait que soirée, justement. Qu’il n’avait pas Enelÿe, comme il aurait pu l’espérer. Et qu’il n’aurait jamais quelqu’un. Parce qu’il l’avait choisi.

"Passer la nuit à en rêver. S’offrir le droit d’y croire encore.
Deviner la mer déchainée, et mettre en parenthèse la mort."

Il termina le sourire un peu plus haut qu’il ne l’aurait voulu, en se demandant si le véritable Merwyn était mort seul. Mais qu’importe. Le véritable Merwyn ne faisait pas parti des hommes comme lui. Mais c’était un grand homme, tout de même. Et le demi-faël espérait en devenir un aussi. Merwyn en avait-il payé le prix ? Il semblerait que oui, si l’on en croyait les légendes. Il n’avait jamais eu sa chère et tendre. Pas plus pour vivre que pour mourir. Il ne demandait pourtant pas l’amour. Mais juste un peu de compagnie. D’amis ? Quelle bêtise.


"Je dévore ces instants fragiles. Ces quelques jours tout près de toi. Perdu tous les deux, sur cette île où ton rire vole et puis s’en va."

Il sentit une petite main tirer sa manche, et détourna ses océans des pierres du créateur de leur Académie. Miaelle lui tendait une nouvelle couleur pour donner de l’éclat aux pupilles de son chef d’œuvre. Alors, plutôt que de lui prendre le pinceau, il la prit par la taille, et la hissa à hauteur des paupières ouvertes du dessinateur, afin qu’elle puisse d’elle-même, rendre la vue à ce pauvre homme.


-Tu crois qu’il nous en voudra, de là où il est vraiment ? La questionna-t-il.

Elio était du genre tout sauf croyant. Il se contrefoutait des divinités, et des mythes narrant que Merwyn était toujours vivants. Pour lui, la Dame et le Dragon n’étaient que des bêtes préhistoriques, et Merwyn un vieux fou mort et enterré que personne ne voulait mort car trop grand et trop important. Il ne posait pas la question pour sa propre conscience, mais juste par nécessité de faire un peu de conversation. Juste pour se sentir un peu « en famille », lui aussi. Rien que ce soir. N’était-ce pas Noël, d’après leurs travaux, après tout ?

"Ne plus penser à rien. Mais ne penser qu’à soi.
Larguer la peur au loin. Puis éclater de joie."

Il reposa en douceur la nouvelle petite sœur, et partit à la recherche d’une nouvelle œuvre, cherchant au passage du regard Enelyë. C’était la cohue, et pourtant ils n’étaient pas si nombreux. Quoi que. Elio se demanda sincèrement si d’autres ne les avaient pas rejoint sans qu’il ne s’en rende compte, car il lui semblait être soudainement sacrément entouré. On venait le voir, lui demander des conseils, de l’aide pour atteindre une poutre, ou la permission d’attaquer un nouveau recoin de l’Académie. Son état second n’en finissait pas. Et n’y croyait pas. Encore un peu et voilà qu’il croirait presque être aimé, et considéré. Une voix l’appela et il la vit, lui rendit son éclat de petites dents blanches, et attrapa ce qu’elle lui lançait. Un sac. Un sac rempli de tissus déchirés.


-C’est moche et vieux, j’peux rien faire de ça, à part des sous-vêtements pour ta grand-mère, ma cocotte !
Se moqua-t-il.

Il se figea, comme prit d’une soudaine idée.


-Miaelle, apporte la peinture, je sais quoi en faire !


Il les guida vers un grand mur vide, trop vide.

-Qui n’a jamais rêvé de voir les Académiciens à poil ?

L’expression de dégoût qu’il reçut de la part des minois lui confirma sa réponse.

-On peint tous les élèves, un à un. Genre photo de classe sur le mur. Et avec ces trucs on les habille de façon ridicule. Miaelle, vas-y, peint la personne que tu aimes le moins en premier et venge toi . Ene, pareil. Tout l’monde fait pareil !

"Passer du temps à rire. S’offrir du temps à espérer.
Et te voir quand tu chavires. Peut-être même sans chialer."

Peu à peu des visages prenaient forme. Et les ressentiments de toute la troupe ressortaient en les pires situations possibles. Un aide cuisinier qui venait de se faire larguer venait de peindre une Aequor écrasée par un raïs, et le tissu collé sur son corps donnait sérieusement l’impression qu’elle était l’esclave du guerrier cochon.


-Vous avez choisi qui les filles ?

Lui-même, langue tirée, était concentré sur son portrait. Il avait longuement hésité. Einar aurait été une caricature facile, mais justement trop. Elisha… Elisha était déjà pitoyable en vraie, pas besoin de la peindre pour la rendre ridicule. Kylian. Kylian et ses manières de beau garcon, ses nuits dans de multiples couches, sa connerie, son refus d’assumer, son amour bidon…Tout ça, passait très bien sur un mur. Et voilà que le rouquin était à quatre pattes, un poney le chevauchant. Le tissu rose qu’il choisit lui fit office de cordes que tenait le Poney. Un autre bout de tissu rose lui cachait également le bas-ventre, parce que, quand même, il y avait des enfants, ici ! Mais par Merwyn, que la vengeance était bonne !

"Et je pense à ces instants fragiles, ces quelques jours tout près de toi. Et je reviens seule, sur cette ile puisque la vie passe et puis s'en va."

Elio détourna son regard concentré pour admirer l’œuvre des filles. Le regard qu’elles lui rendirent lui piqua le cœur, et il jura haut et fort contre la peinture toxique qui lui attaquait les yeux et en découlait une larmichette.

"Et je pense à ces instants fragiles, ces quelques jours tout près de toi. Et je reviens seule, sur cette ile puisque la vie passe, sans toi."




[Edition à volonté Smile Les "paroles" sont de la chanson "Circus" de Mélanie Laurent.]



_______________

                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

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MessageSujet: Re: « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]   Jeu 31 Jan 2013 - 20:41

Ça Lui tirait dans les fossettes, en fait. Parce que les gens étaient gentils, d’une part, et aussi parce qu’Elio la faisait rire, sous ses grands airs de méchants garçons, à inventer des bêtises du même genre que celle des petits enfants qu’elle avait déjà croisé dans la rue. Il n’avait pas l’air d’avoir grandi comme tout le monde, celui-là, parce que la peinture lui tachait les joues, une larme rouge, et une coulure marron qui lui donnait l’allure d’un gourmand prit en flagrant délit de vol de chocolat.

Miaelle avait un peu peur de ce qu’elle faisait, il y avait beaucoup de grands autour d’elle. Et loin d’Enelyë, elle avait peur de se faire écraser sur la joyeuseté qui bruissait sous les voutes. Des pinceaux volaient en tous sens, la peinture giclait en grosses gouttes gluantes, et les couleurs qui s’empeignaient le long des sculptures. Elle voyait énormément de sourires sur les visages. Et d’un côté, elle s’étonnait de voir que le fait de faire des bêtises semblait si jouissif pour certains. Elle, elle se sentait un peu mal. Mais ne pouvait nier cette petite lumière qui papillonnait dans son estomac et lui faisait frapper du pied sur les pavés froids pour sauter et atteindre l’objet de ses « améliorations ». Pourtant, elle ne parvenait pas à prendre d’initiative. On lui disait « tiens, tu peux faire ça, mettre des guirlandes à cet endroit » ou « va me chercher un pinceau s’teuplait », voir même « à ton avis quelle couleur on pourrait mettre là ? » Et elle répondait, joyeuse, contente qu’on lui demande son avis, qu’on lui donne quelque chose à faire.

Mais elle n’arrivait pas à se défaire de l’idée que son Papa ne serait pas fier de ce qu’elle faisait. Et ça la bloquait complètement, plus ou moins consciemment, dans toute les initiatives qu’elle ne parvenait pas à prendre. Et à droite, là-bas, dans la boucle du couloir, il y avait un escalier. Ensuite, il y avait un angle de tour, avec une fenêtre, et plus bas, l’accès aux cachots. Et une statue, écorchée par la bataille. C’était à ses pieds qu’elle avait vu le cadavre de son Papa. Avec de la mousse rose aux lèvres. Il était mort à ce moment-là, elle en était sûre. Et puis elle l’avait enterrée, sous le saule, alors même s’il n’était pas mort à ce moment-là, maintenant c’était vraiment trop tard. Pourquoi alors continuait-il de la hanter ? De l’empêcher de faire tout ce qu’on aurait pu vouloir lui faire faire ? Elle aurait bien aimé faire plaisir à tout le monde. Etre libre d’obéir, en quelque sorte, ce serait vraiment plus facile que de se débattre avec la conscience de son Papa, à la lisière de la sienne.

Sans vraiment s’en rendre compte, ses pas la menèrent vers le couloir sombre. Plus elle avançait, plus les bruits du hall s’estompaient, et plus l’obscurité grandissait. Les torches qui brûlaient le long des murs semblaient générer les ténèbres plus que les dissiper, mais les fantômes ne lui faisaient pas peur. Seuls ses fantômes à elle l’effrayaient. Et puis l’air frais qui lui soufflait doucement sur le visage lui faisait du bien. Elle s’arrêta soudain au milieu du couloir. Elle n’entendait plus du tout les bruits du hall à présent. Elle ferma les yeux, et respira à fond, à s’en faire péter les poumons. Le bruit de l’air dans sa cage thoracique résonna énormément dans l’obscurité, et lui procura une bizarre impression de puissance. La poussière était moins présente que dans son souvenir. L’odeur du sang était toujours là, cependant, insidieuse. Tout avait été nettoyé, et depuis le nouvel intendant, les couloirs n’avaient jamais été aussi propres. Ça sentait la mort.

On marmonnait dans sa tête. Des récriminations pour la plupart, avec la voix de son Papa. C’était un peu bête d’ailleurs, parce que son Papa ne récriminait, de son vivant, contre elle que très rarement. Pourtant, dans ses rêves, dans ses peurs, c’était un père colérique, méprisant, hautain, mauvais, qui systématiquement communiquait avec elle. Elle ne comprenait pas ça. Et ça l’ennuyait de salir ainsi la gentillesse légendaire de son Papa.

Elle s’agenouilla devant la statue, la fixant de ses grands yeux bleus, par-dessous sa frange mal coupée.

Elle avait la moitié de la face arrachée. La pierre à nue était grumeleuse, et les yeux vides. Les dents, par contre, semblaient bien plus saillantes. Mais n’étaient plus tachées de sang. Du bout des doigts, elle toucha un coin du piédestal arraché. La plaie à la tête de son Papa avait étrangement la même forme que la pierre brisée. Peut-être était-il tombé dessus la tête la première. A moins qu’un mercenaire n’ait induit lui-même le choc.

Miaelle se mit à pleurer en silence. Sa voix était minuscule :


- Pourquoi tu es comme ça dans ma tête, Papa ? Tu m’en veux tellement ? Je ne comprends pas. Je t’aime et je sais que tu m’aimes. Alors pourquoi tu me fais plus peur encore que tous mes cauchemars réunis ?

Elle se pencha en avant et posa son front sur la pierre froide, comme pour communiquer avec elle. Pour chercher les mots qui lui manquaient, le réconfort qu’elle ne parvenait pas à trouver toute seule. Avec le naturel de l’habitude, le visage de Marlyn s’imposa devant ses rétines.


* Je te sauverai des ténèbres. Je ne te laisserai pas *
Elle sourit faiblement, les yeux fermés. En forçant un peu, elle parvint à imaginer, aux côtés de Marlyn, le visage de son Papa. Elle dû faire un effort de volonté intense, mais elle parvint à lui imprimer la douceur habituelle de ses traits, et ce doux sourire, tout de simplicité et de tendresse, qu’il lui réservait à elle seule. Elle s’imagina devant lui, et lui tendit la main. Elle lui proposa probablement la question la plus importante, d’emblée :

- Tu veux le meilleur pour moi, hein ?


Et c’était tellement évident la réponse… Tellement que d’un coup la totalité de ses peurs fut dissoute par le comportement qu’avait toujours eut Aëhl envers elle. Les peurs primitives ne pouvaient rien face à l’absolue vérité que reflétait ses yeux violets brillants de douceur et de sagesse. Miaelle serra son Papa virtuel dans ses petits bras. Ça suffirait pour ce soir, cet échange. Il faudrait qu’elle renouvelle l’expérience, le réanimer à travers sa mémoire, et lui poser les questions dont elle n’avait pas les réponses. C’était intellectuel. Mais ça lui faisait du bien

Elle se releva, et épousseta ses genoux. En trottinant, elle revint vers le hall, les bruits s’insinuant de plus en plus bruyamment jusqu’à ce qu’elle débouche devant un endroit transformé. Les couleurs lui sautaient au visage, lui faisaient plisser les yeux. Un grand sourire barra son visage. Son instinct primitif lui disait que c’était une bêtise, que c’était mal. Mais sa raison forçait le barrage, et elle se força à formuler dans sa tête : « la beauté ne devrait jamais être interdite : ce hall est bien plus beau comme ça ».

Elle trébucha sur un sac. En regardant à l’intérieur, elle y trouva des nippes informes complètements bariolées. Elle s’empara du sac, le trouva lourd, mais juste pas assez pour qu’elle puisse le trainer jusqu’à l’instigateur de la soirée. Elio était occupé à donner les couleurs qui manquaient à son visage à une statue représentant, avait-elle apprit, le créateur de l’Académie. Il avait fait un sourire un peu trop grand. Peut-être pour compenser le sien. Elle lui trouva un air triste qui la toucha. Il avait des réactions brutales, des mots violents, comme la plupart des adultes, peut-être plus encore. Mais en cet instant, il avait juste l’air très… Seul. Elle lâcha le sac, tourna la tête à droite et à gauche, et trouva un pinceau inutilisé, un peu trop gros pour ses petites mains. Elle le trempa dans un sceau rose pâle. Puis dans un vert, un bleu, et un jaune. Ça ferait une grosse bouillie marron, mais pas tout de suite.

Première initiative.

Elle s’approcha d’Elio et lui tendit la sucette colorée, goutant des larmes arc en ciel. Il lui fit un sourire, qu’elle lui rendit timidement, et il se pencha vers elle pour la prendre dans ses bras. Elle laissa un rire lui échapper, en s’envolant comme un petit oiseau. Il était fort, Elio.

Arrivée devant le visage de l’homme, elle murmura, en touchant sa peau de pierre :


- C’est parce que tu as construit cette Académie que mon Papa est mort.

Sans qu’aucune rancune ne transparaisse dans ses propos. C’était une constatation, pas un reproche. Mais une constatation qui la rendit un peu triste.

Elle donna deux coups de pinceaux légers, rapidement, pour que les couleurs ne se diluent pas. Elle n’avait pas de couleur préféré, Miaelle. La beauté d’une couleur ne résidait que dans l’harmonie de ses sœurs. Elle recula la tête au maximum, pour avoir une vue d’ensemble. Il avait des yeux de toutes les couleurs maintenant. Mais le sourire qu’Elio lui avait fait, et sa petite moustache carrée juste sous le nez n’étaient pas très flatteur. Avec sérieux, elle répondit :


- Je ne sais pas, je ne le connais pas. Et puis de toute manière moi je le trouve mieux comme ça.

Il acquiesça, mais elle sentait qu’il avait la tête ailleurs. Il l’a reposa, et elle s’en fut chercher son tas de chiffon afin de le lui présenter. Comme une offrande. Son idée la fit rire, mais il se présenta un nouveau dilemme. Elle trouvait son idée rigolote, mais après un instant de réflexion, ben elle se rendit compte qu’elle n’avait personne à détester.

Elle regarda le mur avec un air aussi sérieux que dubitatif.

Elle tenta de tricher en regardant les œuvres des deux grands, mais franchement le dessin d’Elio n’était pas de son âge. Elle reconnut le garde roux, la crevette qui lui avait offert sa bague bleue, à sa toison flamboyante. Le poney, en revanche, lui était inconnu. Elle se demanda pourquoi Elio le détestait. Elle, elle l’aimait bien.

Initiative.

Elle décida de ne pas prendre en compte les recommandations d’Elio. Mia était incapable de détester. De conscientiser la haine, en tout cas. Peut-être que ça viendrait plus tard, peut-être pas. Alors elle choisit ce qu’elle savait mieux faire : aimer.

Elle s’empara d’un pinceau marron. Parce qu’étonnamment, c’était Shawna qui lui venait spontanément à l’esprit. Probablement parce que c’était la plus facile à représenter. Elle commença par la tête, à son niveau, et quand elle se rendit compte qu’il n’y avait pas la place pour son corps, elle décida de la faire à l’envers. Elle trouva un escabeau sur lequel elle monta pour finir les pieds, très peu représentatifs. Même si anatomiquement irréprochables. Les proportions étaient justes cheloues. Le foulard verdâtre, elle le mit sur ses cheveux, duquel elle fit dépasser quelques perles de couleurs, et quelques morceaux de mouchoirs qu’elle colla directement sur le mur. Et sur ses pieds, elle dessina plein de fourmis. Par esprit de vengeance un peu étrange, finalement. Son œuvre lui plaisait, mais elle n’avait pas fini. A côté, c’était important, elle dessina le saule avec des feuilles immenses qui trainaient par terre. Et un petit lopin de terre retourné surmonter d’une fleur, corolle grande ouverte, buvant le ciel dans un jaune vif à faire pâlir le soleil lui-même.

Elle se recula avec un sourire, mais trébucha soudain sur un pot de peinture qui trainait. Tout alla très vite. Elle se rattrapa instinctivement à ce qui passait devant sa main, à savoir un bout de tissu étonnamment relié à un pied d’escabeau sur lequel était juché Elio, qui lui se rattrapa à Enelyë, qui tomba en arrière en emportant avec elle une demi-douzaine de pots de peintures. Dans un fracas assourdissant, ils dévalèrent le petit escalier, rependant un océan de couleur dans leur sillage. Un instant, ça paru beau, ce torrent arc en ciel. Mais bien vite, seul le marron sale domina les dalles de pierres.

Trop de mélange, ça tue les couleurs.

Un grand silence suivit la chute. Chacun était recouvert de peinture. La robe d’Enelyë était probablement foutue. Ils se regardèrent tous, une seconde, la bouche ouverte. Le premier rire, il sortit de la gorge de Mia, et soudain, ce furent une cohue d’hilarité flamboyante qui explosa sous les voutes de pierres, un ciel entier de rires irréprimrables, incohérents, magnifiques.

Miaelle se sentit heureuse.


- Qu’est-ce qui se passe ici !

Le « jgrouiik » qui s’ensuivit, c’était l’estomac de Miaelle qui lui remonta dans la gorge. Lentement, elle tourna la tête vers la nouvelle personne qui venait d’arriver.


[Évidemment, édition à volonté, j'vous laisse décider pour l'intervenant =) b'sous ! ]


_______________
C'est une kyrielle de volutes satyres que signe le vibrion de ses fossettes.



Anaïel
/ Miaelle Campbelle
/ Lev Mil'Sha






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MessageSujet: Re: « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]   Mer 20 Fév 2013 - 1:19

Elle ne suivait pas vraiment l'avancée des opérations, toute rêveuse qu'elle était, ses guirlandes dans les bras. Elle ne s'était pas préoccupé du regard d'Elio – elle savait qu'il comprendrait le pourquoi de la guirlande rouge. Elle n'avait pas non plus porté une grande attention à Miaelle. Son but, à elle, n'était pas ce soir de s'occuper des autres. Enelyë avait l'impression de nager dans une atmosphère cotonneuse, qui n'avait rien à voir, ou du moins pas grand-chose, avec le monde de d'habitude. C'était peut-être le fait qu'ils soient seuls à l'Académie – mais non, puisque du monde les avait rejoints. Ce devait être alors ce simple air de fête qui régnait dans sa tête, autour d'elle, qui explosait dans le hall de cet immense bâtiment qu'était son école. Son « chez-elle », même. Un jour elle devrait partir, mais en attendant, elle se sentait particulièrement bien en ce lieu.

Elle chantonnait, doucement, une mélodie qu'elle connaissait depuis toujours. Elle ne savait plus d'où elle la tenait, ne se souvenait que de quelques paroles. Du moins, c'est ce qu'elle pensait toujours ; mais une fois lancée dans sa chanson, elle déballait tout, par cœur, car elle la connaissait sur le bout des doigts. Ça faisait vibrer ses cordes vocales et ses glandes lacrymales. Elle ne savait pas pourquoi, mais cette mélodie si douce ravivait en elle quelques douloureuses sensations. Cependant, elle aimait cette musique, et ne voulait pas se pencher plus avant sur ses sentiments. Et tandis qu'elle continuait à fredonner cet air particulier, en accrochant des guirlandes sur les rampes d'escalier, quelqu'un vint la voir.

- Dis, Ene, où est-ce qu'on doit mettre ça ?

Elle regarda le jeune homme qui tenait dans ses bras des tonnes de décorations, dont elle n'aurait su citer le dixième. C'était coloré, flamboyant, et ses yeux devaient sûrement avoir capturé toute la brillance et la somptuosité de ces objets. Elle le regarda à nouveau, et lui sourit. Elle leva la main, pour lui demander d'attendre quelques secondes, et chercha Elio du regard. Elle ne voulait rien diriger – ce n'était pas son rôle. Elle était peut-être une Princesse, mais le privilège de commander revenait ce soir à celui qui l'avait couronné. Elle se tourna à nouveau vers celui qui tenait dans ses bras les décorations et dont les doigts commençaient à se crisper autour. Ce devait être lourd.

- Le chef des opérations est en bas, près de la statue de Merwyn. Si tu as des questions, tu t'adresses à lui. Fais passer le mot aux autres, d'accord ?

Elle doutait que le jeune Kaelem ait accepté cette tâche si elle lui avait demandé. Donc, elle ne lui laissait pas le choix. Quelqu'un cependant sembla préférer la douceur d'Enelyë à la peur que lui inspirait Elio. Elle se contenta de rire gentiment à cet aveu, attrapant le sac que l'autre lui tendait. Il était rempli de tissus déchirés, et elle n'aurait pas su quoi en faire. Elle se dépêcha d'aller chercher Elio par elle-même. Parce qu'il était un peu loin, et qu'elle ne le tolérait pas. Elle le chercha du regard. Comment se faisait-il que tant de monde se bouscule, à présent ? Avait-elle raté l'arrivée des académiciens pendant qu'elle décorait son petit coin d'Académie ? Finalement, les cheveux blonds, caractéristiques, du demi-Faël apparurent dans son champ de vision.

- Elio ! claironna-t-elle.

Elle lui balança le sac – à la figure, presque, par jeu. Ce jour n'était pas à elle, il lui filait entre les doigts. C'était dingue comme tout passait sans qu'elle ne comprenne rien, sans qu'elle ne puisse assimiler quoi que ce soit. Elio se moqua de ce qu'elle lui apportait, et il n'eut pour seule réponse que les yeux levés vers le ciel d'Enelyë. Elle n'avait pas trouvé de réponse, et avait préféré se contenter d'un simple geste que de s'empêtrer dans une fausse répartie. Et alors qu'elle allait retourner vers le centre du hall, d'où partait toutes les décorations, la voix de son ami l'en empêcha.

- Oh, tu as des idées toi ?

A son tour de le taquiner un peu. Ce qui suivit la fit rire. Les Académiciens à poil ? Certains se baladaient déjà presque nus, et ils – les Kaelems, en tout cas – avaient droit à des jeux étranges dans la salle commune. Autant dire qu'elle en avait déjà vus. Et si cela l'avait un peu perturbé au début, elle avait fini par s'y faire. Mais la plupart des autres semblaient un peu interdits, voire carrément dégoûtés. Peindre les personnes que l'on aimait le moins ? Il allait lui falloir un petit temps de réflexion.

Qui aimait-elle le moins, dans cette Académie ? Il y avait en réalité peu de personnes qu'elle n'aimait pas. Elle avait pensé à Kylian, mais en réalité, si elle l'avait détesté un bon moment, elle n'éprouvait désormais qu'une indifférence mêlée à une certaine incompréhension. Pas de colère ni de haine, donc. Elle pensa à Varsgorn, aussi, à cause de ses mensonges répétés. Néanmoins, elle ne pouvait pas le peindre sciemment ; déjà parce qu'elle ne le détestait pas – après tout, il l'avait recueillie, adoptée, et au fond, malgré ses mensonges, il s'était toujours excusé, rattrapé, et elle l'aimait beaucoup. Une nouvelle figure s'ancra dans sa tête : Ciléa. Et elle se demanda comment elle avait pu ne pas penser en tout premier lieu à la Ril'Morienval. Alors, elle attrapa un pinceau, et s'attacha à représenter l'air hautain que tout les apprentis Dessinateurs connaissaient au moins de vue.

- Ciléa, Elio. J'ai choisi Ciléa.

Une cascade de cheveux d'or entourant un visage fin aux yeux émeraudes. C'était elle, dans le dessin des sourcils, qui semblait mépriser. Enelyë tenta de représenter une flamme au creux de sa paume, qui montait doucement se perdre dans les cheveux de l'assistante. Puis elle laissa glisser la peinture, pour que les vêtements – simples bouts de tissus récupérés ça et là et collés comme elle le pouvait – brûlent à leur tour par contact de la peinture. Alors qu'elle allait tremper son pinceau dans la peinture grise, un événement auquel elle ne s'attendait pas survint. Elle n'avait compris que le tremblement de sa personne, sa chute en arrière due à la chute d'Elio qui s'était rattrapé à elle. Elle avait emporté avec elle la moitié des pots de peinture.

Les couleurs chutaient à sa suite, arc-en-ciel géant qu'elle répandait en temps réel. Où serait le fameux trésor ? Enelyë songea, tout bêtement, qu'il était juste là, tout auprès d'elle. Elio et Miaelle, d'abord. Puis tout les autres, qui les avaient aidés. Ça c'était un vrai trésor. Et l'arc-en-ciel passait sur chacun d'eux, ce qui accréditait sa théorie. Elle était l'un des bouts de l'arc-en-ciel, alors elle aussi devait sans doute être un trésor. Mais cela, elle n'y pensa pas. Tout le monde se regarda, dans le silence qui avait soudain pris toute la place. Et alors qu'elle voyait les couleurs dégouliner sur les autres, et sur sa robe qui avait coûté si cher, et sur toute cette mascarade, elle rit. Elle ne put s'empêcher de rire. C'était si bon. Elle riait à en pleurer. Parce qu'elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. Puis elle avait un peu mal au bras, qui avait rencontré le sol brutalement. Mais tout s'arrêta soudain, avec l'intervention d'une voix qu'elle connaissait particulièrement bien. C'était le Cuisinier.

- Ah, on est mal les gars …

C'était un des commis qui venait d'annoncer ça aux autres aides de la cuisine, qui se mirent instantanément à trembler. Il fallait dire que le Cuisinier était non seulement une personne imposante et pas franchement rigolote, mais il avait en plus une telle façon de se mouvoir qu'on aurait dit un Raï prêt à en découdre. Il n'était pas vraiment connu pour son goût pour les fêtes et les délires. Enelyë se dépêcha de se relever, remonta un peu ses cheveux pour cacher ses pointes arc-en-ciel – elle avait traîné dans les pots de peinture – et alla d'elle-même à sa rencontre, grimpant les escaliers comme une Princesse. Décidant qu'elle serait leur porte-parole à tous.

- Bonsoir, Maître Cuisinier. Nous sommes actuellement en train de rénover le Hall. Voyez vous-même, dit-elle, faisant un grand signe du bras pour désigner la chose. Nous vous demandons encore une petite heure, afin que nous puissions ranger. Vous direz que vous n'avez rien vu et que vous n'étiez au courant de rien, d'accord ? Nous vous rendrons rapidement vos aides cuisiniers, mais vous pouvez bien attendre une petite heure, non ?

Il avait fallu qu'elle sorte les yeux de biche, évidemment, mais elle ne reculerait plus maintenant. Elle voyait les grands yeux de Miaelle posés sur elle, et les mines pleines d'espoir des commis en bas de l'escalier. Elle-même mordillait sa lèvre. Elle n'avait jamais été très douée pour la comédie, mais aujourd'hui, elle devait assurer. Ses grands sourcils noirs fléchis en accent circonflexe – pour la forme – étaient destinés à la faire paraître désolée et triste. Elle espérait de tout cœur que cela fonctionnerait. Il semblait hésiter, et Enelyë sut que c'était gagné. C'était un truc d'adulte, ça, d'hésiter. Elle avait souvent observé les adultes lorsqu'elle était plus petite, et en avait tiré des conclusions qui se révélaient souvent justes.

- Bon, d'accord, mais une heure. Et après, AU BOULOT !

Elle avait dû se reculer pour ne pas finir sourde, et avait essuyé un postillon tombé sur sa joue. C'était dé-goû-tant. Mais au moins, elle les avait sauvé d'une mort sauvage. Ou pas, elle exagérait sans doute un peu.

Elle redescendit les escaliers, comme une Princesse encore une fois, les traces de peinture dégoulinant sur ses joues. Elle sourit à tout le monde.

- Une heure ou deux heures, qui verra la différence ?


[Si ça vous va I love you]


_______________



    Papillon Princesse à votre service ! o/


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MessageSujet: Re: « C'est la fête, c'est la fête ... » :cuicui: [Inachevé]   Mer 6 Mar 2013 - 11:18

L’ambiance était tant à la fête qu’Elio ne comprit pas bien ce qu’il se passa. Les escabeaux, élèves et pots de peintures tombèrent un à un, emportant les autres à la manière de dominos. Et dans un vacarme à réveiller les morts, ils finirent tous à terre, couverts de peintures et de bleus. Le kaelem se releva avec difficulté, se massant le bas du dos. Ses vêtements étaient tachés, mais il s’en foutait royalement. Un rapide coup d’œil le rassura : personne n’était blessé, au pire certains avaient une belle bosse, mais rien de plus. Il sourit en constatant qu’Ene disposait à présent de magnifiques pointes colorées sur sa chevelure noire. Miaellle fut la première à exploser de rire après le court silence de consternation, très vite suivie des autres. Il s’y joint sans se forcer, ayant l’impression de goûter pour la première fois à ce qu’on appelle la camaraderie. La joie se transforma vite en un grognement animal à l’annonce de l’adulte qui venait de les surprendre. Le cuisinier. Le jeune homme ne le connaissait pas personnellement, mais aux visages effrayés de ses commis, il n’avait pas l’air tendre. Et voilà, tout allait donc être fini. Sûrement tous convoqués chez l’intendant, et punis, et de corvée de nettoyage. La liesse aura peu duré. Il se releva, prêt à en découdre avec ce trouble-fête.

A sa grande surprise Enelyë fut plus rapide que lui, et le garçon se tapa le front, songeant qu’elle n’allait sûrement pas arranger les choses. Il grimaçait d’avance lorsqu’il ouvrit grand la bouche en la voyant grimper les escaliers à la manière…d’une princesse ! Il trouva l’approbation des regards éberlués sur les visages de ses compagnons de conneries. Qu’allait-elle donc faire à mimer la nunuche de service ? Il déglutit, pensant qu’ils étaient foutus, pour sûr.
Elle lui parla de manière si simple et déclarant avec tant d’évidence qu’il tairait ce qu’il venait de voir qu’Elio attendit l’éclat de rire du cuisinier suivi d’un « mais bien sûr » méprisant. Il ne sut vraiment ce qui se passait ensuite, car il ne vit pas les yeux de son amie, ne la voyant que de dos. Le cuisto semblait hésiter et l’apprenti mercenaire se prépara à lui sauter à la gorge s’il cherchait la manière la plus méchante de répondre à la jeune fille. Au lieu de quoi il grogna qu’il leur accordait une heure.
Alors qu’il disparaissait, tous fixèrent l’héroïne du jour avec de grands yeux de chouettes, personne ne croyant vraiment ce qu’il venait de se passer. Elle vint les rejoindre avec la même allure de princesse, ce qui le fit sourire jusqu’aux oreilles. C’était lui qui lui avait donné ce surnom stupide. Et c’est avec ce surnom là qu’elle les avait sauvés. Avec l’autorité d’une princesse.
Il leva les mains, et les fit se rejoindre dans un claquement respectueux, vite rejoint par les autres, entonnant un applaudissement général. Elio lui fit sa plus belle révérence et la taquina avec plaisir.

-Princesse. Vous avez mon allégeance éternelle.


Pour toute réponse, elle lui tira la langue et il se prit à lui faire sa plus mauvaise grimace. Puis, en chef de princesse qu’il était, reprit son sérieux et donna les ordres.


-Bien. Vous avez entendu ? Au boulot ! Sa Majesté aux cheveux colorés voudrait qu’on nettoie ce chantier. Et par nettoyer, j’entends supprimer toute cette grisaille. On continue notre mission. Vous deux, terminez la porte d’entrée, toi tu ramasses les bouts de tissu qui trainent, le temps compte. Tous les trois prenez la peinture et colorez les murs de vos plus beaux dessins. Miaelle, tu vois ce gros pot de paillette, là-bas ? Fais-toi plaisir. Dispersez vous, amusez vous, mais regardez l’horloge. On a une de la chance une fois, on ne l’aura pas deux. Ene ? Ene, on se la fait cette patinoire ?

Le mouvement reprit dans les exclamations de joie et les nombreuses félicitations à leur reine du jour.


-Attendez !


Tous se stoppèrent, fixant Elio avec curiosité. Pourquoi les retenir alors que lui-même leur enjoignait de ne pas trainer ?
Il bomba le torse, tout fier qu'il était d'être là, avec eux.

-Il nous faut une marque de guerre, comme légionnaire de Princesse Enelyë, Reine de la Connerie.

Il prit le pot de peinture le plus proche, y trempa sa main complète et la plaqua contre le visage le plus proche d’un commis.


-Il est pas beau comme ça ?

Évidemment, la peinture de guerre se transforma en guerre de peinture. Oui oui, m’sieur le cuisinier, on nettoie




[C'est mééééga cours, j'suis désolée :/ Mais je n'avais vraiment pas d'idées, petite panne de conneries ! J'vous laisse prendre le relais Wink]


_______________

                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

                           Gérant de l'Arma Gauche et du Talion


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