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 Invasion d'élèves inquiets [Terminé]

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Apprentie Légionnaire
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MessageSujet: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Sam 17 Nov 2012 - 21:56

Halina avait monté un coup de folie. Dès la sortie de Sieur Cil’Eternit inanimé à la suite de la rêveuse rousse, elle avait mûri ça dans sa tête. Et quand Aziel était sorti, elle avait proposé son idée. Les gens semblaient intéressés par son idée. Le message était passé dans l’Académie. Ceux qui en avaient envie viendraient. Aller visiter le professeur des Légendes qui se remettait des suites de sa crise cardiaque, à l’heure où habituellement ils avaient cours avec lui. Aller lui montrer leur affection et leur soutien pour son rétablissement. Lui tenir compagnie aussi. Parce que bon, rester seul ou presque à l’infirmerie, ça ne devait pas être très amusant. Alors Halina avait été acheté un bouquet de fleurs colorées au marché d’Al-Poll à une vieille dame gentille qui devait avoir les premières fleurs de la saison ou les plus belles vu son succès et un vase en terre cuite à un autre stand. Elle avait des souvenirs assez flous de la maladie de sa mère mais elle se souvenait qu’il lui fallait tous les jours fleurir les meubles de leur bicoque. Ainsi, sa mère respirait mieux et avait l’impression d’être dehors alors qu’elle ne sortait que peu. De retour, le plus discrètement possible à l’Académie, elle avait mis de l’eau dans le vase et les fleurs dans ce dernier. Avait bien remis en place son uniforme de Teylus, s’était recoiffée et était partie vers l’infirmerie.


Elle était contente d’avoir organisé ça. Contente que les gens lui ai dit qu’ils la suivraient. Tout le monde était inquiet pour Duncan. En effet, c’était l’un des professeurs préférés de l’Académie. Tout le monde le respectait. Que ce soit pour ses connaissances mais aussi pour sa manière d’enseigner. Il avait toujours cette capacité d’intéresser les gens. De les faire se sentir concernés et impliqués. Et puis, il était toujours très à l’écoute. Accessible. C’était de professeurs comme ça que les élèves avaient besoin. Alors, il était le chouchou des élèves. Myra, la prof de Dessin avait la côte aussi, même si les rumeurs de sa relation avec le Trésorier et les rumeurs qui circulaient sur ce dernier ternissaient un peu son image. Le Maître d’armes était trop froid et trop avare en compliment pour être aimé. Ses colères fréquentes et sa réaction face à Aziel ne plaidaient pas en sa faveur. La prof d’équitation, qu’Halina n’avait jamais rencontrée à cause de sa peur irraisonnée pour les chevaux, était bizarre selon ceux qui en parlaient. Sinon, les autres passaient un peu inaperçus dans le décor.


Alors, Halina inquiète avait organisé ça. Et elle se dirigeait maintenant vers l’infirmerie, où Duncan était assigné, le temps que les rêveurs soient satisfaits de son état.  C’était assez étonnant pour elle de faire ce genre de chose, elle ne savait même pas si on les laisserait tous rentrer. S’il y avait des horaires de visites. Si le professeur serait en état de les voir ce jour-là. Deux jours après une crise cardiaque, était-ce suffisant ? Serait-il réveillé ? Heureux de les voir ? Du coup, elle leur avait dit d’arriver par petits groupes, ce qui serait un peu plus discret qu’un troupeau d’élèves se promenant dans les couloirs. Elle frappa à la porte de l’infirmerie et entra. Elle salua de la tête la rêveuse qui se trouvait là, sans faire vraiment attention si elle la connaissait. Duncan, était assis sur un fauteuil à côté de la fenêtre, il regardait dehors, semble-t-il. Alors elle s’approcha et déclara :


-Bonjour Monsieur, vous allez mieux ?


Elle posa son bouquet sur la table de chevet à côté du lit, où il y avait déjà un joli bouquet et lui dit en souriant :


-Je me suis permis de vous amener un peu de couleurs, j’espère que ça ne vous dérange pas.


Et il y eut une sorte de silence, qu’Halina combla vite en déclarant :


-On s’est beaucoup inquiété pour vous M’sieur.


Et comme pour confirmer ses dires, la porte s’ouvrit pour laisser entrer un autre élève.


_______________

             
"Obsessed by a fairytale, we spend our lives searching
for a magic door and a lost kingdom of peace"

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Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Dim 18 Nov 2012 - 10:42

À la sortie du cours de légendes, Attalys, une fois sa faiblesse passée, s'était aussitôt rendue dans la salle commune pour engager un maximum possible d'Aequors à aller rendre visite à leur professeur chou-chéri-adoré. Elle n'avait pas su exactement leur dire la date, mais avait été en revanche très claire sur le lieu : l'infirmerie, évidemment. Il y avait bien eu quelques soupirs désintéressés mais la plupart des élèves avaient affirmé qu'il s'agissait d'une bonne idée. Bien entendu, il restait encore un pas à faire entre la théorie et la pratique. Mais Duncan avait toujours été apprécié par l'ensemble de sa Maison, et ces sentiments à son égard s'étaient encore renforcés depuis qu'il était devenu leur Primat. Autant dire qu'il s'agissait du prof préféré d'un bon nombre d'élèves, et qu'ils avaient tous été très inquiets en apprenant sa crise cardiaque. Attalys elle-même, pourtant rassurée sur son sort depuis qu'elle le savait en sécurité entre les mains des Rêveurs, avait eu du mal à cacher son angoisse.

C'était Halina qui avait eu l'idée. Une idée excellente, d'ailleurs. Elle ne l'avait pas recontactée après leur cours mais comme, le lendemain, on ne parlait que de ça dans les couloirs, elle avait fini par apprendre que le rendez-vous avait été fixé deux jours plus tard. Très bien. Ca laisserait à Duncan un peu de temps pour se reposer tout seul, bien tranquille à l'infirmerie, loin de l'agitation et du bruit des élèves.

Pour l'occasion, elle s'était soigneusement coiffée et avait renoncé à porter son pendentif qu'elle dissimulait habituellement sous sa tunique. Il venait de se remettre d'un infarctus, autant ne pas lui en donner un nouveau alors qu'il était en train de se rétablir. Et puis, tandis qu'elle marchait en direction de ladite infirmerie, elle avait résolu de passer faire un tour aux cuisines. Elle ignorait si leur professeur avait le droit de se sustenter normalement, mais cela valait toujours la peine d'essayer. S'il ne pouvait pas manger, il se trouverait toujours quelques étudiants venus à son chevet pour faire honneur à son cadeau-surprise. Après de longues minutes d'hésitation, elle finit par se décider pour une dizaine de madeleines au chocolat et une grosse brioche fourrée aux fruits. Rien que leur odeur lui mettait l'eau à la bouche.


Lorsqu'elle arriva devant la porte, elle frappa trois petits coups secs, tourna la poignée et pénétra dans la salle avec son plus beau sourire. Son regard balaya la pièce pour s'arrêter sur le visage de Duncan tourné vers elle. Confortablement installé dans un fauteuil près de la fenêtre, elle fut heureuse de constater qu'il semblait aller beaucoup mieux.

- Bonjour, professeur !

Elle salua de la tête la Rêveuse qui se trouvait là puis sourit à Halina, remarquant au passage deux gros bouquets colorés. À son tour, elle sortit du panier qu'elle avait emprunté ses victuailles pour les déposer aux côtés des fleurs. Ses yeux revinrent à Duncan.

- J'espère que vous allez mieux...

La jeune femme hésita avant de continuer d'une voix douce :


- En tout cas, ça me fait plaisir de voir que vous paraissez en meilleure forme. Vous nous avez fait très peur. Vraiment très peur.

Elle lui sourit faiblement avant de se retourner en entendant un "toc-toc" résonner de nouveau.


_______________



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Flamme
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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Dim 18 Nov 2012 - 20:49

Le dernier cours de légendes avait été une catastrophe, en fait.
À la base, Gwëll avait pas tenu à y aller, parce que le nouveau règlement venait à peine d'être mis en place et qu'elle se sentait pas bien, vis à vis de ce tout changement inattendu et peu appréciable. Mais elle était venue quand même, parce que ce n'était pas une raison valable pour sécher un cours.
Et puis, elle l'avait regretté. D'abord à cause de ce que les autres avaient dit, avaient pensé à haute voix. Que ce soit Shaokys, qui racontait n'importe quoi pour agacer le pauvre professeur, la petite Teylus qui provoquait sans raison, ou même Lya qui n'arrivait pas à se plier aux règles.

Et si c'avait été tout, ça aurait pu être supportable. Mais non. Il avait fallu qu'en plus, le professeur fasse un malaise. Et devant toute la classe, en plus. Et devant l'intendant. Et juste sous les yeux de Gwëll. Horreur.
Quand elle avait vu ça, son cœur avait failli s'arrêter aussi. Avec celui de Duncan. Heureusement, les deux étaient repartis, plus ou moins aidés et rien de grave n'était survenu.
Mais c'était un choc, quand même.

Bien sûr, immédiatement, dès que la nouvelle était parue, dès que Duncan avait vraiment été hors de danger, des élèves gentils avaient proposé de lui rendre visite à l'infirmerie, pour lui faire plaisir, prendre de ses nouvelles, lui parler un peu.
Gwëll avait bien sûr adhéré au projet dès qu'il avait été énoncé.
Bon, ensuite, elle avait un peu oublié, quand même. Parce que quand Attalys en parlait, elle était jamais là, ou du moins pas assez présente pour entendre et comprendre. Et puis, quand les autres s'étaient concertés pour savoir quand aller le voir, quoi lui apporter, elle était pas là non plus. À croire qu'on faisait exprès pour pas qu'elle participe. Et, c'était de l'anti-jeu, ça, et l'anti-jeu, c'était vraiment, mais vraiment nul.

Bref, ça lui était passé à deux mille au dessus de la tête, et pourtant, elle planait. Donc, ça volait pas trop bas, quoi.
Hum. Elle avait donc suivi ses cours le plus naturellement du monde. C'était en plein milieu de l'après midi, elle attendait depuis dix minutes au moins devant la porte de la salle de légendes, le prof arrivait toujours pas, la porte était fermée et, en plus, il y avait pas un seul élève de son groupe dans les couloirs. Bizarre bizarre.
Puis, elle avait vu passer Einar qui lui avait dit que ça servait à rien d'attendre là, parce que le cours aurait pas lieu, mais qu'il fallait qu'elle passe à l'infirmerie pour aller voir le prof.
Et pis tout était revenu, l'air de rien. Gwëll avait remercié le Teylus très poliment et insulté sa mémoire très grossièrement. Et pis elle avait couru très vite.

Dans les jardins, il y avait plein de belles fleurs, pleines de belles couleurs, avec de bonnes odeurs. Mais bon, on n'avait pas vraiment le droit de les cueillir. Donc c'était un peu nul. Par contre, rien n'interdisait de les ramasser.
Donc, Gwëll avait trouvé l'excuse. Si jamais on lui demandait où elle les avait trouvées, elle répondrait qu'elles avaient été cassées et qu'elle les avait ramassées.
Elle commença par les bleues, parce que le massif était le plus proche et puis qu'elles l'appelaient, avec leurs petits pétales tout mignons. Et puis, elle se dirigea vers les rouges, où il y avait plein de roses qui lui piquèrent les doigts. Et enfin vers les mauves, parce que leur couleur faisait penser aux beaux rêves qu'on fait la nuit et que ça allait bien avec le reste.

Au final, son bouquet était assez grand, bien fleuri et surtout super joli. C'était certain, Duncan, il ne pourrait que l'aimer. En plus, il sentait trop bon.
D'un pas guilleret, elle rentra direction l'infirmerie.
Elle toqua trois fois, comme au théâtre, et puis elle appuya sur la poignée. Le battant s'ouvrit doucement et elle remarqua Duncan, dans son fauteuil, l'air un peu dans le vague. Sur la table, devant lui, des fleurs, plein de fleurs -mais moins belles que les siennes, c'était certain- et des pâtisseries. Et puis, autour, Attalys dans son auréole blonde et Halina avec son sourire gentil.

Bonjour, monsieur ! J'espère que vous allez mieux. Je vous ai apporté des fleurs.

Et elle lui fourra le bouquet dans les mains. Bien sûr, elle avait fait bien attention à mettre les roses au milieu pour pas qu'il se pique les doigts. Sur le coup, il rougit un peu, de joie, peut être ? Ou peut être juste que c'était que les fleurs avaient vraiment de très belles couleurs... Les deux, peut être même.

Vous nous avez fait très peur, vous savez...

Et quelqu'un d'autre toqua, alors elle n'en dit pas plus.
On dira qu'on s'ra la confrérie des crevette, pour vous servir. Cool



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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Sam 1 Déc 2012 - 22:43

Depuis la visite de Myra la veille, le rêveur n’avait plus quitté son chevet pour lui administrer des soins. Toutes les heures, il posait les mains sur son torse pour en soulager l’étouffement et la douleur sourde, et il semblait à Duncan que se faisant, il lui transférait l’énergie suffisante pour affronter l’heure suivante. Le jeune rêveur était si consciencieux dans ses soins, si souriant dans ses conversations, si patient avec les grands silences et les sautes d’humeur du vieux professeur qu’en une nuit, il avait sans doute réussi à le soigner mieux que ne l’aurait fait une semaine de repos.
La grande victoire du début d’après-midi avait été de pouvoir se lever. Appuyé sur le bras de son aide soignant, il avait même fait quelques pas, jusqu’à un fauteuil baigné de lumière, à côté d’une grande baie vitrée qui donnait sur le parc.
Duncan s’y était installé, essoufflé mais heureux de constater qu’il ne resterait pas toute sa vie cloué, grabataire, au fond d’un lit. Néanmoins, le rêveur faisait attention de ne pas trop alimenter ses espoirs, et sans paraître pessimiste, il lui avait expliqué qu’une condition cardiaque comme la sienne, malgré tous les soins qu’il y apportait, était dangereuse et qu’il y avait des risques de séquelles durables. Notamment, avait-il rajouté, Duncan risquait de passer le restant de sa vie essoufflé par des efforts physiques moindres, et il lui préconisait d’éviter les escaliers dès que possible.

- Mais, pourrais-je tout de même assurer mes cours comme avant, dans quelques semaines ?
s’était inquiété Duncan.
Le rêveur n’avait pas expréssement répondu par la négative, mais il avait hésité un instant avant de conclure d’un « nous verrons » et de prendre congé pour aller rendre visite à Julia dans la vieille cabane, car son petit avait une otite et il valait mieux écarter tous les dangers.

Cette petite phrase, ce « nous verrons » avait replongé Duncan dans un état dépressif profond. Il regarda par la fenêtre d’un air pensif, contemplant une élève d’Aequor en train de ramasser des fleurs, la fin d’un cours de combat, deux jeunes gens en train de batifoler dans le lac… Que ferait-il, s’il ne pouvait plus assurer de cours ? Lui faudrait-il prendre sa retraite, alors qu’il n’avait même pas cinquante ans, et retourner couler des jours immobiles dans son ancienne maison d’Al-Jeit, seul, essoufflé en permanence ?
Aziel n’avait pas l’air inquiet sur sa capacité à trouver de remplaçant. Peut-être était une manière de lui signifier qu’il allait être remplacé de manière permanente et qu’une fois remis, il lui signifierait son congé et sa bénédiction pour sa vie future ?

Perdu dans ses pensées moroses, enfoncé dans sa robe de chambre et une couverture lui réchauffant les genoux, Duncan n’entendit pas la porte s’ouvrir. Ce furent les couleurs vives, proches, qui attirèrent son regard. Cachée derrière le bouquet de fleurs, la jeune Halina Nilsan, qui lui souriait, en visite.
La stupeur et la surprise de voir une de ses élèves à l’infirmerie pour lui rendre visite le prirent de court, et il resta à la fixer d’un air vide, encore à calculer ce qui était en train de se passer. Et avant-même qu’il ne puisse bredouiller de mots d’excuse, plus touché qu’il n’osait l’admettre, la porte s’ouvrit à nouveau, à deux reprises, pour laisser passer deux élèves de sa maison.
Il les reconnaissait, il s’agissait de la gentille Attalys et de la toute aussi gentille Gwëll, qui comptaient toutes les deux parmi ses élèves préférées, et qui s’empressèrent de se porter à sa rencontre, cadeaux et bouquets à la main. Gwëll lui remit même son propre bouquet en main propre, et Duncan ne pouvait qu’en admirer l’arrangement. Voilà à quoi elle s’affairait tout à l’heure dans les jardins… pour lui.

Il était plus que profondément touché.
Son vieux cœur en était tout serré de bonheur.
Ses élèves, ses chers, chers élèves. Des petits soleils ambulants, les plus beaux soleils du royaume, quand on prenait la peine de percer leurs sombres carapaces et de les intéresser, oh ses chers élèves…
La rêveuse qui avait géré sa crise cardiaque restait silencieusement dans un coin de la pièce, les lèvres pincées. Sans doute ne souhaitait-elle pas voir autant de mon auprès de son fragile patient après la visite de dame Ril’ Otrin hier qui lui avait suffisamment secoué les nerfs. Elle se dirigea vers eux instantanément mais avant même d’émettre des objections, Duncan tourna la tête vers elle :

- Vous permettrez bien à un vieil homme de recevoir la visite de ses élèves, je présume ? Ce serait bien cruel de ruiner d’aussi beaux efforts et de laisser un patient seul avec sa maladie ? Nous serons prudents, ne vous en faites pas.

Il se tourna de nouveau vers ses élèves, les yeux luisants, un sourire débordant d’affection sur ses lèvres encore un peu bleues :

- Maintenant venez là, toutes, que je vous embrasse,
dit-il en les invitant du bras. Il ne pouvait pas se lever pour les remercier lui-même, mais elles se penchèrent toutes les trois successivement vers lui afin qu’il puisse leur appliquer une bise de remerciement sur la joue. Duncan saisit une des madeleines, à l’aspect délicieux et se rendit compte à cet instant qu’il mourait de faim.
Il n’avait plus rien mangé depuis la veille, l’estomac trop retourné et le corps entier trop douloureux. Mais grâce aux soins du rêveur chargé de lui, il avait retrouvé un peu de couleur et d’appétit.

- Je ne suis pas censé manger ce genre de choses pour l’instant, mais ça sera notre secret. Il grignota un morceau de madeleine avec délice, et les jeunes filles suivirent son exemple en s’asseyant dans les fauteuils adjacents et en mangeant à leur tour.
Les voir ainsi venues lui rendre visite, inquiètes pour sa santé, lui mettaient autant de baume au cœur que les mains du rêveur. Cela le rappelait à ses devoirs envers ses élèves, au plaisir qu’il avait à enseigner, au plaisir plus grand encore qu’il avait de se rendre régulièrement dans la salle commune des Aequor pour discuter avec ses élèves, leur raconter des légendes spéciales, apprendre leur vie, ou juste rire autour d’une anecdote de l’un ou de l’autre.

- N’êtes vous pas censées être en cours, jeunes filles ? Notre Intendant n’a-t-il toujours pas trouvé de personne pour me remplacer, lui qui est si prompt d’ordinaire ?


Une question lui trottait dans la tête, qu’il n’osait poser. Ruiner l’ambiance tout de suite ? Non, mieux valait le voir autrement. Il s’inquiétait beaucoup de ce qu’il s’était passé dans sa salle de classe quand.. quand voilà, et il valait mieux en parler maintenant, et passer le reste de l’après-midi à discuter de sujets plus légers.

- Pourrais-je… vous demander ce qu’il s’est passé, à partir du moment où… vous savez bien ? J’ose espérer que sieur Ril’ Krysant n’a pas continué à vous faire cours lui-même, il a toujours été depuis que je le connais très mauvais en géographie alavirienne !,
finit-il pour détendre un peu l’atmosphère.



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"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham
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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Ven 7 Déc 2012 - 19:59

Et Duncan les attira toutes trois contre lui, avec la douceur et l'affection d'un père, pour les serrer contre son coeur défaillant. Attalys fut tout d'abord surprise mais se laissa entraîner, malgré son étonnement, vers le visage de son professeur qui les embrassa tour à tour, avec dans le regard une tendresse et une émotion infinies. La jeune fille, en reculant d'un pas pour se ranger aux côtés de Gwëll, les yeux toujours fixés sur ce sourire mince mais si lumineux, en était toute retournée.

Puis, celui-ci les ayant invité d'un geste à prendre place dans les fauteuils autour de lui, la jeune femme s'assit, un peu intimidée tout de même par cette soudaine intimité, avant de se saisir d'une madeleine, prenant exemple sur Halina qui était occupée à se découper une belle tranche de brioche. Ils restèrent un instant muets, se contentant de mâcher silencieusement leur pâtisserie, et elle fut heureuse de constater que son Primat semblait faire honneur à son gâteau. Elle avait certes été un peu inquiète en apprenant que ce genre de nourriture lui était normalement déconseillée, ne souhaitant pas le voir rechuter alors que sa santé était en train de s'améliorer, mais, après tout, un peu de chocolat n'avait jamais tué personne. N'est-ce pas ? En plus, ç'aurait été vraiment trop méchant de manger alors que lui-même n'y avait pas droit, et il leur en aurait voulu et il les aurait mis à la porte de l'infirmerie et elle n'aurait plus jamais osé le croiser dans les couloirs ou à ses cours, et elle se serait cachée sous le tapis de la salle commune ou au fond de la large cheminée quand il serait allé rendre visite aux Aequors, et...


Elle fut interrompue dans ses pensées par la voix posée de Duncan. Cette dernière n'avait rien perdu de son calme ni de sa chaleur, mais elle sentait poindre une légère amertume à travers ses paroles. Attalys termina sa madeleine puis, résistant à l'envie de se lécher les doigts, se baissa pour ramasser une miette qui était tombée au sol. Lorsqu'elle se releva, le professeur de légendes avait à nouveau ouvert la bouche, hésitant, afin de les questionner d'un ton mal assuré. Un silence s'installa dans la pièce que la Dessinatrice, légèrement troublée elle aussi, se refusa tout d'abord à rompre, espérant que l'une de ses camarades répondrait à sa place. Mais ni l'une ni l'autre ne paraissait vouloir prendre la parole et, après les avoir brièvement consultées d'un regard interrogateur, elle dut se résoudre à s'exécuter :


- Nous n'avons plus eu cours de légendes depuis votre...
Elle se mordit la lèvre. Quel mot utiliser ? Accident ? Mésaventure ? Problème ? Malaise ? ... départ.

Et à la réflexion, il était vrai que cela demeurait étrange. Mais, après tout, les professeurs en cette matière ne couraient peut-être pas les rues à Al-Poll, et il était évident que Duncan n'était pas si aisément remplaçable. Elle lui sourit, d'un de ces sourires heureux et candides qui ne signifient rien mais qui veulent tout dire.

Et à présent, le rassurer. Car l'idée - totalement saugrenue, il fallait bien l'avouer - qu'Aziel, ou même qui que ce soit d'autre, ait pu continuer son cours à sa place semblait lui procurer un certain déplaisir. Durant un moment, les images de la fin de cette heure désastreuse lui revinrent en mémoire, le départ d'Enelyë à l'aide d'un pas sur le côté sans en avoir reçu l'autorisation, le visage fermé de Lya qui avait retiré son bandeau, la silhouette de l'Intendant dans l'encadrement de la porte, les mots blancs vides de sens sur le noir du tableau, les gestes tremblants du jeune rêveur, le corps de Duncan, à terre, si froid, si dur, si blême, si mort...


Elle secoua la tête puis, tenant de raffermir sa voix, se redressa dans le fauteuil aux coussins moelleux à souhait. Jamais elle n'avait connu de siège si confortable.

- Sire Ril'Krysant n'a bien évidemment pas continué le cours à votre place, professeur. Après que l'on vous ait conduit à l'infirmerie avec la rêveuse qui s'est occupée de vous, il nous a donné l'autorisation de quitter la classe en affirmant que tous les cours de légendes seraient annulés jusqu'à votre rétablissement.

Et puis, les derniers mots d'Aziel jaillirent dans son esprit, et elle se sentit pâlir.


- Mais il a dit aussi que... si vous n'étiez pas très rapidement sur pied... il ferait venir un remplaçant pour...

Sa phrase mourut d'elle-même au fond de sa gorge. Elle imagina un homme sec et rébarbatif, aussi sec et rébarbatif que l'Intendant, installé au bureau de Duncan, à la place de Duncan, devant les élèves de Duncan, à ânonner des cours substitués à Duncan, mais qui ne serait jamais Duncan. Aussitôt, l'angoisse ressurgit et, dans un élan de spontanéité et d'anxiété pures, elle s'écria, ses yeux soudainement assombris fichés dans le regard vert fixé sur elle :

- Oh, je vous en prie, revenez-nous vite professeur !


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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Dim 9 Déc 2012 - 21:18

Quand elle avait été devant la porte, prête à entrer pour rendre visite au digne professeur, son cœur s'était un peu serré devait elle avouer.
Elle avait, un instant, eu peur. Peur qu'il ne soit pas en état de les recevoir, qu'il ne veuille pas les voir. Ou pire, que ce qu'elle voie soit terrible. Un Duncan effondré, avec des cernes jusqu'aux coins des lèvres, une peau diaphane. Ce qu'elle voulait surtout éviter.
Alors, oui, elle avait eu un peu peur. Et c'était légitime.

Mais, une fois que sa main s'était appesantie sur la poignée, qu'elle avait été rentrée dans le volume de l'infirmerie, qu'elle avait vu ce sourire, elle avait été rassurée. Instantanément.
Parce que personne ne pouvait avoir un sourire aussi gentil et brillant en étant malade, ni même en se sentant mal.

Un instant encore, le vieil homme resta les yeux béants, avec pleins d'étoiles qui apparaissaient dedans sans rien dire. Et puis, ça bouche s'ouvrit une fois, puis encore une autre et puis, il la referma, simplement.
Enfin, il se retourna vers la rêveuse de l'infirmerie, que Gwëll ne connaissait pas trop parce qu'elle était assez nouvelle à l'académie et puis parce que ça faisait longtemps qu'elle avait pas séjourné pour chute multiple et variée. Bref, il se retourna vers la jeune fille et il lui dit qu'elle ne pouvait pas le priver de leur visite à elles.
Et Gwëll était contente qu'il le dise lui, parce qu'elle, elle aurait jamais osé, et qu'elle voulait surtout pas partir, maintenant qu'elle avait pu voir Duncan, elle avait besoin de l'entendre parler.

Puis, il se retourna vers elles et son sourire sembla bondir vers les nuages et les étoiles. Gwëll se dit que, certainement, jamais elle n'avait vu quelqu'un d'aussi heureux. À part peut être Juliet. Mais là, c'était différent, Juliet, c'était son petit prince, et c'était surtout un enfant. Et les enfants, c'est connu, c'est terriblement plus heureux que les adultes.
Peut être parce que le sourire va beaucoup mieux à ces petites choses toutes roses. Mais peut être pas, aussi. Parce que ce sont aussi les gens les plus vieux, ceux qui ont la peau tellement ridée qu'on dirait un parchemin qu'on a oublié dehors, qui sourient le plus joliment. Avec leurs grands yeux tout pâles et leurs vieilles voix toute posées.
À croire qu'en vieillissant, on redevient jeune. Un paradoxe, mais réel. Après tout, les vieilles personnes ne réapprenaient elles pas à marcher ? Ne mangeaient elles pas de la bouillie ? N'avaient elles pas besoin de quelqu'un pour veiller sur elles ?
Une chose était sûre, des tous les gens qu'elle avait pu rencontrer, c'étaient, de loin, les plus vieux et les plus jeunes qui l'avaient attendrie le plus.

L'une après l'autre, il les attira à lui, pour poser ses vieilles lèvres contre leurs joues encore juvéniles. Elle se rendait compte, maintenant que lui, il faisait peut être partie, maintenant, des vieilles personnes et elle avait vraiment peur qu'un jour, il ne vienne plus en cours, qu'il décide que ce n'était plus de son âge. Parce qu'eux, simples élèves ne pourraient rien faire, contre ça.
Elle s'assit dans un des fauteuils de la grande salle, pensive.
Elle ferma les yeux, une seconde, pour ranger bien loin les larmes qui menaçaient de sortir, quand elle pensait à toutes les choses horribles qui auraient pu lui arriver. Elle prit une tranche de brioche qu'Halina lui tendait gentiment et elle lui sourit en retour.

Puis le professeur leur demanda si Aziel lui avait trouvé un remplaçant. Et si la question n'avait pas été posée avec tant d'émotion dans sa voix, elle aurait répondu très simplement que non, parce qu'il était irremplaçable, mais là, elle hésitait.
Elle voyait bien qu'il était encore fragile et elle était sensible à ces petits sentiments qu'il peinait à dissimuler sous sa barbe blanche de grand savant. Elle n'était pas aveugle, non plus, et elle se rendait compte que la question ne laissait pas les deux autres jeunes filles plus indifférentes qu'elle.
Attalys fut plus prompte, mais un peu maladroite. Elle butait sur les mots. Des mots qu'elle semblait prononcer le plus lentement possible, comme pour qu'il les prenne en compte les uns après les autres. Pour ne pas le brusquer.
Il tenta de faire fondre cet ambiance du plomb qui avait pris comme une gelée par une note d'humour, mais elle sonnait faux.

Et personne ne fut dupe. Dans tous ces yeux, qui se fuyaient, qui se cherchaient, il y avait ce voile, un peu brillant -un peu trop brillant.
Et dans la voix de sa camarade, une fragilité, comme une fêlure. Attalys était sensible, très sensible, et elle rendait la tension ambiante avec d'autant plus d'intensité que son ton était faux. Et quand elle se tût, que la dernière note du dernier des mots qu'elle prononça eut fini de résonner dans l'air ambiant, Gwëll posa sa main sur la sienne, avec un petit sourire triste.


Vous êtes irremplaçable, monsieur. Et, je crois que l'intendant le sait, il n'oserait pas... Ou alors, on ne se laisserait pas faire. On est avec vous.

Elle lui sourit, aussi, un sourire confiant, plein d'espoir, brillant comme l'aube, et ses yeux répondirent à cette tristesse qui apparaissait dans ceux de Duncan par un rempart infranchissable.
Jamais il ne vous submergera, Aziel, on vous en fait la promesse.


Oh, monsieur, revenez vite ! On n'a plus de légendes, maintenant... On n'a plus vos belles histoires, pour nous bercer, le soir. Et puis, les livres de la bibliothèque n'ont plus d'aussi belles images, si vous n'êtes pas là pour nous les expliquer...

Dans sa gorge, le morceau de brioche eut du mal à passer. Elle déglutit et ses yeux papillonnèrent.
Ne nous abandonnez pas, monsieur, on a besoin de vous. Parce que personne ne sait aussi bien expliquer les couleurs des oiseaux dans le ciel et les paillettes des poissons dans la rivière. Revenez, parce que personne ne pourra jamais raconter aussi bien comment Merwyn a aimé Vyvian, même si il savait bien qu'elle n'existait pas.
Revenez parce que sans vous, il nous manque cette touche de couleur, dans notre existence, il nous manque ce rayon de savoir pour éclairer notre morne connaissance.
Revenez, parce que vos yeux le demande et votre cœur l'implore.



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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Ven 21 Déc 2012 - 21:49

Il y eut Attalys, avec un panier chargé de victuailles et Gwëll, avec un bouquet de jolies fleurs. Halina devait avouer qu’elle pensait qu’il y aurait plus d’élèves que ça pour venir voir Duncan. Elle ne le laissa pas paraître mais elle était un peu déçue. Mais bon, tant pis, la qualité primait sur la quantité dirons-nous. Ça lui faisait plaisir que les deux jeunes filles aient répondu présentes et puis, peut-être que d’autres personnes viendraient un peu plus tard. Ça ferait plaisir au professeur.


Alors qu’il était resté silencieux et presque sans expression lorsqu’elles étaient entrées, il sembla s’animer enfin. Ses yeux se remplirent de son habituelle malice pétillante et demanda à la rêveuse de les autoriser à rester un moment. Ce qui finit de rassurer la guerrière qui se détendit enfin. Il avait donc envie de les voir. L’attention lui faisait plaisir.


Comme pour confirmer, il les invita à s’avancer pour qu’il les embrasse. Halina rougit jusqu’aux oreilles. Jamais elle n’avait fait la bise à un professeur. Surtout à une personne qu’elle respectait autant. C’était une toute nouvelle forme de reconnaissance qui grandissait en elle. Et c’était pour ça qu’elle adorait ce professeur. Pour sa spontanéité et son amour visible pour ses élèves. Et aussi pour la connaissance et l’enseignement. Ah, il aurait fallu qu’il y en ait plus des professeurs aussi pédagogues et intéressants que lui. Mais bon, sous le règne d’Aziel il risquait plus d’avoir de plus en plus de professeurs sévères et pointilleux sur les règles. Duncan prit une madeleine d’Attalys et la grignota. Ce fut comme un signal implicite et les trois filles s’installèrent sans les fauteuils à côté du lit en mangeant des madeleines. Qui était délicieuses. Il faudrait qu’elle demande à l’Aequor qui les avait faites !


Finalement Sieur Cil’Eternit entama la conversation en leur demandant pourquoi elles n’étaient pas en cours et si Le Fiel ne l’avait pas encore remplacé. Ce sujet semblait lui tenir à cœur et c’était tout à fait compréhensible d’avoir peur de se faire piquer son enseignement par un remplaçant fraichement arrivé ou bien par un Intendant nul en géographie. Quoique faire chier un nouveau ça pourrait être fun. Sauf s’il n’avait rien à voir avec cette histoire et qu’il se barrait quand Duncan serait rétabli. M’enfin, la question ne se posait pas, leur professeur allait bien mieux.


Attalys expliqua la situation à ce dernier. Et elle sembla réaliser que s’il ne guérissait pas vite, Aziel lui trouverait un remplaçant. Ce qui sembla l’angoisser soudainement. Et Gwëll trouva les mots rassurants. Les mots qui tombaient juste, pour apaiser la crainte de Duncan et d’Attalys. Elle était vraiment douée avec les mots la petite Aequor. Et puis bon, elle avait raison, les élèves ne seraient jamais les même avec un remplaçant qu’avec Duncan. Puis elle lui demanda de se rétablir vite parce qu’il leur manquait. Halina tenta quelques mots hésitants avec son sourire habituel.


-Oui, il a dit qu’il vous remplacerait. Mais bon, on sait être insupportables à l’Académie. Ça ne serait pas pareil les cours sans vous M’sieur.


Ça sonnait un peu creux après les beaux mots de Gwëll, mais bon, elle aurait peut-être contribué à rassurer le professeur.


-Vous nous manquez en tous cas.




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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Ven 8 Fév 2013 - 16:35

Alors les élèves étaient au courant pour le remplacement également, n’est-ce pas… Chacune des interventions des trois jeunes filles lui tira un sourire, sourire doux du grand-père pour ses petits-enfants, ou plutôt du professeur pour ses élèves préférées. Il ne voulait pas les inquiéter, il voulait lui aussi retourner à ses cours au plus vite. Jusqu’ici, il avait envisagé de prendre du repos jusqu’à être capable de dispenser à nouveau ses cours de manière normale, mais maintenant, il savait qu’il devrait revenir dès qu’il pourrait. Ce n’était pas une question de devoir, c’était au-delà, une question d’honneur, de sentiment personnel, il savait que peu d’élèves étaient parmi ceux qui appréciaient ses cours à leur juste valeur, mais pour ces élèves-là, il se devait de continuer.

- Vous me manquez aussi,
répondit-il sur le même ton. Faire cours lui manquait, mais c’était surtout voir les élèves qui lui manquaient, en particulier les élèves d’Aequor dont il était devenu très proche au fil du temps. Mais vous ne devez pas blâmer notre Intendant. Il fait ce qu’il peut dans des conditions difficiles. Vous ai-je dit que nous avons travaillé ensemble lui et moi, lorsque j’enseignais à l’Académie d’Al-Jeit ?

Manifestement, ses élèves ne le savaient pas, car elles ouvrirent des yeux ronds ; il aimait bien ce petit effet de surprise. Il changea de position dans son fauteuil et enfourna un gateau. Il était dans son élément, là, devant un auditoire d’élèves, à raconter ses histoires comme il en avait l’habitude… Peut-être pourrait-il recommencer comme ça, par petits groupes, dans les salles communes, à leur raconter ses légendes.

- C’était il y a longtemps, j’enseignais depuis trois.. quatre ans, je ne sais plus vraiment, j’étais un jeune professeur, lorsque sire Ril’ Krysant est arrivé comme nouvel Intendant de l’Académie d’Al-Jeit. Il semblait avoir fait ça depuis toujours, je peux vous le dire… Nous ne nous entendions pas du tout, au départ. L’auriez-vous cru ?


Il se mit à rire à ce souvenir. A l’époque, cela l’avait particulièrement atteint, mais désormais..

- Il trouvait les élèves de l’Académie d’Al-Jeit particulièrement turbulents. Des fils de noble, vous rendez-vous compte, qui se croient tout permis, doivent apprendre la retenue, en plus des bonnes manières ! Par la Dame, s’il avait su qu’il viendrait à l’Académie de Merwyn un jour à ce moment-là, il n’y aurait sûrement pas survécu…

Sire Ril’ Krysant s’était mis en tête, à l’époque, de donner des cours de bienséance aux élèves, ces élèves tous plus éduqués que moi et tous plus nobles que moi à bien des niveaux ; vous imaginez ?

Des cours de bienséance… on ne parlait pas ici des cours de politesse, non, les élèves de l’Académie respectaient la hiérarchie et connaissaient leur héraldique par cœur, mais ils manquaient clairement de prosaïsme, leur nouveau pouvoir leur faisait tourner la tête, et il fallait leur apprendre la mesure, la bonne conduite, et surtout, pas le respect de leur aînés, mais le respect de leurs inférieurs, ce qui leur manquait cruellement.

- L’ambiance à l’Académie d’Al-Jeit était particulièrement violente dans les premières années.. les aînés, dans les hautes classes, martyrisaient véritablement ceux qui développaient à peine leur Don. Heureusement, cela n’est pas le cas dans notre Académie. Fort heureusement…


Il fit une pause réflexive.

- Enfin, pourquoi vous raconté-je ça, déjà ? .. Ah oui. Je voulais vous dire au départ que Sire Ril’ Krysant n’était peut –être pas apprécié au départ, et nombreux furent ceux qui y virent un empiètement dans leur liberté ; moi le premier. Mais il a redressé les élèves de l’Académie d’Al-Jeit pour en faire l’école de dessin la plus glorieuse de toutes, et tous lui sont redevables désormais. Vous aussi, vous devriez l’être. Je sais que ce n’est pas facile, mais je pense que c’est pour notre bien à tous..

Sans doute, pour leur bien à tous, à commencer par le sien. Il n’y croyait pas encore à cent pour cent, mais il essayait d’intégrer que la réalité était comme ça, quand bien même cela ne leur convenait pas. Et en tant que Primat des Aequor, c’était de son devoir de montrer l’exemple. Comme il avait tenté de montrer l’exemple au cours de ses années d’enseignement à la capitale..

- Allons, vous ne pensez tout de même pas qu’Aziel est là pour autre chose que pour notre bien à tous… ? Qui voudrait s’attaquer à Jehan Hil’ Jildwin ?




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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Lun 18 Fév 2013 - 9:37

Attalys, bouche bée, écoutait les confidences de Duncan, muette de stupeur. Entre le fait que celui-ci ait enseigné à la capitale ou qu'il ait connu le nouvel Intendant avant que celui-ci n'arrive à Al-Poll, elle ne savait ce qui l'ébahissait le plus. Elle tiqua cependant sur ses dernières paroles, dont les consonances lui parurent presque suppliantes. Pour leur bien à tous. Y croyait-il seulement, lui ? Pensait-il vraiment ce qu'il leur racontait ou n'était-ce qu'un moyen de les convaincre qu'Aziel n'était pas aussi terrible que tous l'imaginaient tout en se rassurant lui-même ? Sans doute était-elle destinée à rester dans l'ignorance. Pourtant, elle ne put s'empêcher de questionner, d'une voix à la fois admirative et interrogative :

- Al-Jeit ? Vous étiez à Al-Jeit, professeur ? Pourquoi par la suite, dans ce cas, avez-vous choisi d'intégrer l'Académie de Merwyn pour y enseigner ? Enfin, je ne veux pas me montrer indiscrète...

Comme Duncan tardait à répondre, elle se leva brusquement, prise d'une brutale résolution. Sans apporter la moindre attention aux regards perplexes de ses trois vis-à-vis, la jeune fille commença par se diriger vers la fenêtre qui, sans compter la gigantesque baie vitrée, était la seule de la salle, qu'elle ouvrit en grand, laissant entrer les effluves printanières, la chaleur du soleil, les pépiements des oiseaux et les lointains bavardages d'élèves qui passaient en contre-bas. Comme un petit groupe levait la tête vers, elle les salua de la main avec entrain avant de se détourner. Puis elle observa un instant les trois bouquets posés au chevet du lit, sourcils froncés, avant de remarquer une cruche d'eau à moitié remplie reposant sur une sorte de commode ou de table basse et un récipient à mi-chemin entre le verre et le bol posé juste à côté. Certes, un vase aurait été mieux, mais cela ferait tout de même l'affaire. Elle répartit l'eau dans les deux contenants et entreposa le bouquet de Gwëll dans l'un, celui d'Halina dans l'autre en remettant en place quelques fleurs qui étaient tombées à terre sur le tapis. Après une brève réflexion, elle décida de laisser le premier au milieu de la commode mais plaça le second par terre, juste devant la baie vitrée et près du fauteuil de Duncan, et elle sourit lorsqu'un rayon lumineux effleura les pétales colorés avec la délicatesse d'un doigt de fée. Le troisième bouquet, quant à lui, demeura sur la table de chevet. De toute manière, il était moins beau et moins gros que les deux autres, et sentait aussi moins bon. Tout à son entreprise, elle ne pouvait pas dire si l'Aequor, la Teylus et leur professeur avaient continué à discuter, mais elle interceptait parfois les œillades amusées ou intriguées qu'ils jetaient dans sa direction. Pour terminer, elle fouilla un instant dans l'armoire et les placards de la chambre du convalescent dont elle finit par sortir, par elle ne savait trop quel miracle, un large plat en argent et un napperon en dentelle un peu élimé, mais qui conviendrait parfaitement. Elle sortit alors les madeleines au chocolat rescapées et ce qui restait de la brioche aux fruits du panier afin de les disposer à l'intérieur en demi-cercle, puis les ordonna ensuite sur un petit tabouret que la jeune femme avait auparavant pris soin de sertir du napperon et de mettre bien en face des quatre fauteuils, en particulier de celui de Duncan. Ceci fait, elle balaya la pièce d'un regard concentré et, satisfaite, se rassit enfin. Quand les yeux de son Primat se posèrent sur son visage, elle sourit, s'exclamant d'un ton enjoué :

- Vous comprenez, professeur, il fait si beau, dehors, que je ne pouvais pas laisser cette fenêtre fermée. Un jour, j'ai entendu dire que le rire d'un enfant était le meilleur des remèdes. A défaut de cela, j'espère que le chant des oiseaux et le souffle de la brise suffiront.


[Un p'tit peu court... Edition à volonté !]


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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Jeu 7 Mar 2013 - 17:36

Même la brioche avait les yeux mouillés et les madeleines remplissaient leur office.
D'ailleurs, il semblait à Gwëll qu'elle s'apparentait à une madeleine tellement ses yeux étaient trempés. Dans une autre vie, elle en avait certainement été une. Elle regarda celle qui était dans sa main, qui agonisait suite à un coup de dent judicieusement placé, et, saisie de pitié, elle l'acheva.
Madeleine au chocolat, ses préférées.

La réponse de Duncan lui soutira une larme qu'elle essuya rapidement. Si l'un d'eux se laissait aller à la faiblesse de verser une larme, la salle finirait par être inondée. Et l'infirmière serait pas contente, ce qui était assez mauvais vu son omnipotence.
Mais il enchaîna rapidement, conscient du risque, et ce qu'il raconta n'avait plus vocation à les émouvoir. Aziel. Il était sur tous les fronts, et il n'était personne qui ne frémisse à l'évocation de son nom. Mais c'était de son expérience personnelle que Duncan parlait. Il n'était pas réellement question de l'intendant, mais plutôt du passé du professeur.

Gwëll ignorait qu'il avait enseigné à Al-Jeit et, apparemment, il en était de même pour Attalys et Halina. Dans leurs fauteuils, elles se tournèrent vers l'enseignant et ouvrirent bien grand leurs yeux et leurs oreilles. Elles ne voulaient pas en manquer la moindre miette, l'homme ayant un don inné pour conter des histoires et capter l'attention générale.
Attalys se leva brusquement et s'en fut mettre un peu d'ordre dans la pièce, avec les fleurs, les pâtisseries. Gwëll la regarda un instant souriant et puis elle reporta son attention sur le conteur à l'instant même où il ouvrait la bouche.

Il avait rencontré Aziel, déjà, quand il était jeune. Gwëll ne savait pas ce qui la choquait le plus dans la déclaration. Si c'était de savoir qu'il connaissait Aziel ou de l'imaginer jeune. Pour elle, Duncan ne pouvait être que l'homme mur qui lui faisait face, en aucun cas ce ne pouvait être un jeune homme. Une image du même Duncan mais plus petit de moitié et avec un doudou dans la main lui vint à l'esprit et elle sourit. Puis il leur parla des cours de bienséances et l'image s'en fut, volant librement de ses propres ailes -le doudou était un dragon. La dessinatrice peinait à imaginer ce que pouvait être un cours de bienséances.
Et puis, la conclusion ne lui fait pas bien plaisir. Implicitement, il leur demandait d'apprendre à accepter cette influence que l'intendant avait sur elles, même si elles n'y trouvait aucun avantage à court terme parce que très certainement, elles le trouveraient à long terme.


A-t-on vraiment besoin d'un redressement ? Je veux dire, les élèves de notre académie ne sont pas ceux d'Al-Jeit...

Il y avait entre autres, nettement moins de nobles et, surtout, les nobles qui y étudiaient était beaucoup plus tolérants et c'était pour cela qu'ils avaient accepté de venir ici. Et, d'un point de vue du respect, Gwëll trouvait que l'académie de Merwyn était très ouverte, vous pouviez venir de n'importe où qu'on vous acceptait et que vous rentriez dans la famille. C'était ça, surtout, qu'elle aimait, dans cette académie et qu'elle avait peur de perdre avec l'arrivée d'Aziel.

Il y en a qui disent que Ril'Krysant nourrissait une haine viscérale envers Jehan depuis toujours... C'est vrai que si on les compare ils sont complètement opposés et peut être que ça l'agaçait de voir Jehan réussir sans sa rigueur à lui ? Je veux dire, il ne supporte pas les sortie du droit chemin, peut être qu'il ne supportait pas l'idée que ce qui régnait sous Jehan fonctionne aussi bien que ce qu'il essaye de faire régner ?

Il lui semblait qu'elle ne comprenait pas elle même ce qu'elle disait et Halina et Duncan plissaient les yeux en la regardant. Attalys ouvrit en grand la fenêtre et l'air frais lui fit du bien. Puis elle expliqua son geste et revint s'asseoir.

Enfin... peut être que Ril'Krisant est jaloux ? Si ça se trouve, il connaît Jehan depuis son enfance et il y a toujours eu concurrence entre eux donc si l'un réussit mieux l'autre cherche à l'évincer ? Oh, ça me semble un peu trouble, encore tout ça...

Elle reprit une madeleine dans le plat, pensivement. Cette idée de complot lui donnait envie de pleurer de rage. C'était pas possible d'en vouloir à Jehan, il n'avait jamais rien fait de mal.
Le gâteau eut un dernier sanglot et éclata en miette au creux de sa main.



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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Dim 24 Mar 2013 - 22:59

Le professeur commença par les rassurer, enseigner lui manquait donc aussi. Puis il continua en leur racontant d’où il connaissait l’Intendant. Halina ne savait déjà pas que Duncan avait enseigné à Al-Jeit alors savoir que le Fiel y était aussi ce n’était même pas envisageable. Elle ne fut pas très étonnée quand il raconta qu’ils ne s’entendaient pas beaucoup au début et que l’Intendant donnait des cours de bienséance aux élèves nobles de la capitale. Elle ne pu s’empêcher de sourire en s’imaginant à de tels cours et en imaginant ensuite à quoi les cours de Jehan au contraire auraient pu ressembler. Elle ne s’imaginait pas du tout que les rivalités au sein des élèves pouvaient être aussi dures à Al-Jeit au milieu de gens aussi riches et éduqués. Ici, on ne faisait pas de distinction de classe pour intégrer l’Académie et il y avait une certaine entraide. On ne martyrisait pas les plus jeunes et même s’il y avait parfois quelques perturbateurs, ça n’était jamais très violent.


Savoir qu’Aziel avait redressé l’Académie de Dessin d’Al-Jeit la rassura un peu sur le sort des jeunes là-bas, c’était son côté protectrice qui parlait là. Halina se doutait qu’avec sa droiture apparemment sans faille, l’Intendant devait être très à même de calmer et gérer une école. Et il faillait avouer qu’il avait fait du beau boulot à la Capitale, maintenant réputée comme la meilleure pour se former au Dessin. Et certainement la plus chère et la plus difficile d’entrée… La question de Duncan semblait ne pas s’adresser qu’à elle seules, comme si il tentait de se rassurer lui-même du bien fondée de cette pensée. La guerrière allait dire quelque chose mais se retint au dernier moment. Que lui passait-il par la tête ? Elle ne pouvait pas dire à un professeur qu’elle avait tenue dans ses mains un objet volé à Aziel même si ce qu’il contenait remettait en doute l’autorité de l’Intendant et le départ volontaire de Jehan. Heureusement, les filles parlèrent avant elle, l’empêchant de commettre une grosse gaffe.


Elle écouta attentivement les Aequors, se disant que comme elles étaient nobles, elles comprendraient peut-être mieux le fonctionnement de l’homme et qu’ainsi Halina pourrait enfin s’expliquer qu’on est enlevé Jehan. Attalys s’étonna du départ de Duncan d’une école aussi prestigieuse que celle d’Al-Jeit avant de se passer les nerfs en ouvrant les fenêtres sous l’œil désapprobateur de la rêveuse et d’organiser les fleurs et les madeleines. De son côté Gwëll sembla réfléchir un moment avant de déclarer avec difficultés qu’elle pensait qu’Aziel était peut-être jaloux de la réussite de Jehan à tenir l’Académie du célèbre Merwyn sans la droiture que le Fiel avait. C’était une idée intéressante et en même temps un peu tirée par les cheveux.


-Je n’avais jamais envisagée Al-Jeit de cette façon en m’y promenant. Sa splendeur cache en fait un bon nid de crabes…


Elle soupira, un peu désappointée avant de continuer :


-Ben, ça m’étonnerait quand même que Merwyn aurait voulu qu’on soit « redressés » comme vous dites. Vous nous disiez toujours qu’il cueillait des champignons pour en faire des salades avec les élèves. J’ai du mal à imaginer M’sieur Ril’Krysant faire ça un jour…


Elle sourit et ça eut pour effet de détendre un peu l’atmosphère. Visualiser le Fiel les bottes dans la boue en train d’expliquer aux élèves comment faire une salade c’était assez cocasse comme situation. Elle prit une madeleine, en croqua un bout et réfléchit un peu. Puis, la guerrière continua sur sa lancée en demandant une nouvelle chose :


-Et j’ai du mal à comprendre pourquoi il a accepté ce boulot Ril’Krysant, notre Académie est bien moins prestigieuse et avantageuse au niveau carrière que celle d’Al-Jeit. Vous avez une idée?


Il y eut soudainement un coup de vent dans l’infirmerie. Un vent comme on avait l’habitude d’en avoir ici, aussi haut et aussi proche de la chaîne du Poll. Un vent un peu frais qui souffle quelques secondes, parfois quelques minutes puis retombe, laissant une douce brise quand le Dragon était clément. Malheureusement, ce vent fit tousser le professeur de civilisation. Et les conséquences de ce simple vent suivirent. La rêveuse se leva d’un bond et précipita sur Duncan, elle ordonna que l’une d’elle ferme la fenêtre et ausculta l’homme avant de déclarer que les visites seraient bientôt terminées. Duncan protesta un peu, mais elle resta catégorique, déclarant que c’était bien suffisant et qu’elles pourraient revenir le lendemain mais que maintenant il devait se reposer. Puis elle alla se rassoir à l’entrée de l’infirmerie en leur disant qu’elle leur laissait juste le temps de se dire au revoir. Halina était dépitée, elle ne pensait pas que les visites duraient aussi peu longtemps mais respectait la décision de la soigneuse. Et, au fond, elle espérait que le professeur, leur répondrait avant de les laisser partir.



[Edition à volonté ! Comme on en a discuté cette aprèm' sur Gi', on peut bientôt clôturer ce super RP I love you ]


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MessageSujet: Re: Invasion d'élèves inquiets [Terminé]   Lun 15 Avr 2013 - 10:43

Duncan tenta d’atténuer le plus possible la toux qui lui secoua les poumons, mais c’était peine perdue. La rêveuse l’avait entendu et commençait déjà à vouloir l’ausculter devant les élèves ; il réussit à éviter qu’elle ne lui retire sa robe de chambre matelassée de justesse, il n’aurait sans doute pas survécu à l’idée d’être indécent devant de jeunes yeux innocents ! Quand bien même ils étaient sans doute bien moins innocents que les siens, mais là n’était pas la question.
Cela coupait court à toute conversation approfondie, ce qui le peinait, alors qu’on arrivait à peine à un sujet qui lui semblait important. Les inquiétudes des élèves envers le nouvel Intendant n’étaient pas choses à prendre à la légère… Non, au contraire, ils avaient suffisamment l’expérience de la vie pour pouvoir déterminer siffleur sous roche, et, dans le pire des cas, voudraient y remédier sans s’en référer aux autorités. Ce ne serait pas la première fois. Et l’Académie était tout juste sortie de la phase sombre de l’occupation du Chaos, des sentiments glorieux de résistance et de rébellion…
Non, la situation était différente, maintenant. Quand bien même ils mettraient sire Ril’ Krysant dehors comme ils l’avaient fait pour les mercenaires du Chaos, cette fois, ça ne passerait pas. L’Empire n’attendait qu’une occasion de décommissionner l’Académie de Merwyn, maintenant que le Libérateur avait disparu et que les autres Académies étaient bien en main. Sans doute, Aziel rallierait les seigneurs à sa cause, peut-être même un régiment de la garde impériale pour faire le ménage, et là, les élèves n’en sortiraient pas vainqueurs. Ce serait un carnage.
Non, s’il devait se passer quelque chose, ça devait absolument se faire dans la légalité. Et puis même, n’étaient-ils pas tous un peu paranoïaques ?
Il se pencha vers ses élèves rapidement, voyant l’infirmière taper du pied devant le temps qu’il mettait à leur dire au revoir.

- Je ne sais pas exactement pourquoi Aziel a accepté un poste pareil alors qu’il avait la stabilité et la renommée toute acquise… Mais je le connais. Il a toujours été un homme ambitieux, orgueilleux, et je pense qu’il a vu en l’Académie de Merwyn une opportunité. S’il parvient à ramener cette école dans la droite ligne de l’Empire, il acquiert une renommée nouvelle. Après tout, ce ne serait pas la première fois que quelqu’un se sert de l’Académie comme un tremplin…


Il pensait à Jehan, bien sûr. Jehan, qui avait tout quitté du jour au lendemain, sans remerciements, sans reconnaissance, Jehan qui était sûrement en train de se gausser dans son nouveau poste d’Al-Jeit, dans le luxe et la célébrité. Au moins, Aziel ne cachait-il pas son jeu à ce niveau-là.

- Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’Aziel a toujours eu… --

- Le temps est écoulé, messire Cil’ Eternit. Maintenant, tous dehors, vous avez largement eu le temps de vous dire au revoir, allez, ouste !

- Deux minutes encore, s’il vous plaît, Josyn, ça doit bien être possible.

- Non, je vous ai laissé bien plus de temps que nécessaire, je vous prie de ne pas abuser de ma gentillesse, ou bien j’interdis toutes les visites pour cette semaine.

Le visage de Duncan se flétrit à cette idée. Tant qu’il ne pourrait pas sortir d’ici, il était sujet à l’autorité de cette marâtre.

- Allez, filez, jeunes filles, je ne voudrais pas vous causer de problèmes. Nous aurons tout le temps plus tard pour en discuter !

Il les regarda partir fort frustrées de cette discussion coupée, mais le silence qui leur laissa place lui donna lieu de réfléchir, et de ressasser les évènements. Se put-il qu’il ait raté quelque chose dans les ambitions d’Aziel ? Il le connaissait bien, pourtant…
Non, c’était tout simplement la paranoïa de ses élèves qui le gagnait. Pauvres petits, ils avaient tellement souffert du mal qu’ils le voyaient désormais partout.



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