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 Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]

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Julia

Maître forestier
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MessageSujet: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeMer 14 Nov 2012 - 13:39

Une main sur le visage, la paume ouverte
Refuser de regarder la lumière,
Toutes les choses passées, déjà faites…

Un oiseau chantait au dessus de sa tête, dans les feuillages, invisible. Le piaillement était étonnamment proche et puissant, tout comme la lumière environnante, presque aveuglante. Julia se redressa soudainement, l’absence d’Aidan près d’elle faisant naître la panique dans son cœur. Un mouvement sur sa droite attira son attention et son souffle s’arrêta net en voyant son enfant dans les bras d’un homme. Elle ne voyait pas d’où elle était de qui il pouvait s’agir. Il se tenait là à quelques mètres, la lumière dans le dos, les traits dissimulés.
Aidan dormait, presque paisible, il ne semblait pas avoir été incommodé par le déplacement…
Julia se rendit compte qu’elle était totalement désarmée et si l’individu tentait quelque chose, elle n’était pas certaine de pouvoir…

Inquiète, Julia sentit sa respiration se précipiter et avant qu’elle ne puisse interpeller l’individu, un changement fugace de luminosité lui permit d’entrevoir un peu plus de l’inconnu qui tenait sa chair et son sang entre ses mains.
Et le souffle lui manqua à nouveau.

Ce sourire… ces lèvres…
Mettant une main en visière pour tenter de mieux visionner l’individu qui semblait regarder Aidan, Julia sentit son cœur ralentir à mesure que sa conscience effleurait l’identité de la personne en face d’elle et que la lumière de la forêt ne se remette à s’intensifier jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus rien voir…


_Mael attends!

Ouvrant les yeux dans un sursaut, Julia s’éveilla soudain le visage inondé de larmes.
Les mains agrippées à ses draps, les épaules secouées par l’émotion elle s’était immobilisée en réalisant que ce n’était qu’un rêve. Ses yeux fixèrent le plafond afin de permettre à ses émotions de se stabiliser.


_Reviens…

Un mot en retard qui était resté coincé dans sa gorge, un murmure minable qui s’effrita, une foi prononcé. Et un sanglot alors suivit l’échappé du mot qui le précédait, se libérant de force afin d’éclater une foi à l’air libre.

Aidan gémit soudain, certainement surpris par le cri de sa mère et se mit à pleurer, les petits poings serrés.
Le cœur encore serré par son songe, Julia se redressa pour consoler l’enfant qui se reposait près d’elle. Elle tenta de reprendre ses esprits mais les mains tremblantes elle ne put que tenir son enfant contre elle.
Lui chuchotant des mots doux pour le rassurer, la jeune femme le berça longtemps avant qu’il ne se calme, tout comme elle.
Il faisait encore nuit dehors, mais le soleil pointait à l’horizon. Elle pouvait voir la ligne plus claire du jour gagner doucement du terrain au loin.

C’était un rêve…
Rien qu’un rêve.
Elle embrassa tendrement le nourrisson et sécha enfin ses larmes.
Tout allait bien, tout irait pour le mieux.


_Ne t’en fait pas Aidan murmura-t-elle tout bas à l’enfant Ce n’est rien. Maman a seulement les rêves agités. N’ai pas peur… - elle regarda affectueusement le résulta de son amour conjugué à celui de Maël, avant de répéter comme plus déterminée que jamais. N’ai jamais peur. Jette-la toujours loin de toi. Je veillerais à ce que jamais elle ne te touche. Tu ne mérites que l’amour.

Suis-je réellement digne de toi ? L’Essence de celui à qui j’ai offert mon cœur…
Le nourrisson qui s’était rendormi en s’alimentant, s’agrippait à elle comme à son habitude. Aussi, s’empara-t-elle du grand foulard vert bien utile que le rêveur lui avait offert et y enveloppa son fils tout contre elle.
Soupirant, elle sourit faiblement en contemplant encore son enfant avant de se mettre à ses tâches quotidiennes.

Elera n’était plus dans la maison visiblement, sa couchette était vide. Peut-être était-elle sortie prendre un grand bol d’air frais sur un quelconque point de vue, duquel elle pourrait admirer le levé du jour. Quelle chance…
La jeune femme soupira encore en s’appliquant dans ses tâches ménagères.
Les journées étaient toutes tellement longues, toutes tellement semblables…

Elle effleura du regard ses armes qu’elle n’utilisait plus depuis déjà bien longtemps déjà. Accrochées près de la splendide cheminée que Locktar et les autres avaient conçu pour elle... leur éclat était ternie. Il lui tardait de pouvoir enfin se remettre en mouvement. Ça leur manquait visiblement de ne plus mordre de la chair de Raïs, comme elle les avaient habituées lors de son expéditions avec Evaine et Rurïl Léôl’Em. Ou encore durant les deux attaques de l’Acad émie où elles avaient brillés de leur éclats mortel afin de participé au triomphe de la liberté.

Il lui tardait de pouvoir transmettre leur histoire à Aidan.
L’enfant soupira d’aise dans ses bras et elle sut qu’il était enfin véritablement apaisé à présent. Son petit nez… c’était tout à fait Maël quand il dormait. Elle l’aimait tellement…



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Gareth Wilth

Maître fauconnier
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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeDim 18 Nov 2012 - 16:39

Le vent soufflait sur les plaines, le printemps montrait ses premiers jours et fleurissait de toute part. Gareth n'avait pu dormir de la nuit encore à cause de l'Esprit du fauve. Toujours Lui. Il s'était donc laissé emporter par ses pas qui l'avaient conduit dans les plaines. Là, il s'était assis au beau milieu des herbes et avait fermé les yeux. L'Esprit ne l'avait pas pour autant laissé en paix. Il voulait chasser, courir, rugir. Et pour qu'Il se calme, il n'existait qu'une seule solution. Laisser son corps d'homme pour faire place à celui de l'animal.
Le fauconnier s'y refusait seulement ; il ne pouvait courir le risque qu'Elle réussisse à prendre le contrôle. Il ne pouvait courir le risque qu'Elle se déchaîne dans les plaines et ne trouve le chemin de l'Académie. Il se contenta donc de rester dans les plaines, immobile et serein. Presque. La douleur à ses tempes ne faiblissait pas, bien au contraire. Elle augmentait de minute en minute. Sa résistance était de taille, mais Elle était bien trop forte. Il devait le faire. Il devait se transformer.

Se levant alors, il observa quelques temps le ciel, priant la Dame pour qu'elle l'aide à terrasser l'Esprit pour cette nuit. Sa silhouette se brouilla alors. L'homme devint la bête.
Sa queue se mouvait dans les airs, ses pattes se délectaient du toucher de l'herbe, ses oreilles goutaient aux plaisirs des sons, sa truffe se plaisait à sentir les odeurs alentours. Il était puma. Il était Gareth. Aucun Esprit non désiré dans les parages. Plus de souffrance, Elle ne forçait plus le barrage.
L'Autre était imprévisible, le métamorphe ne savait jamais comment Elle allait réagir, comment Elle allait se comporter. Elle pouvait l'agresser durant toute la nuit comme Elle pouvait très bien le laisser en paix. Il ne savait jamais lorsqu'Elle comptait forcer le barrage de son esprit.

Cette nuit-là, il avait gagné. Son corps lui appartenait et il comptait bien en profiter. Il avait beau haïr cet Esprit, il aimait son autre corps. Il appréciait par dessus tout le toucher des éléments sous ses coussinets, les odeurs inodores qu'il pouvait déceler, les sons infimes qu'il pouvait entendre. Tout. Vraiment tout. Sauf cette malédiction. Cet Esprit. Pouvoir devenir l'animal était un plaisir sans pareil. Lorsqu'il pouvait contrôler son corps. Et cette nuit-là, il le pouvait et il comptait bien en profiter jusqu'à l'aube.
Il fallait dire qu'il ne pouvait pas réellement se balader en tant que puma la journée, alors il faisait ce qu'il pouvait pour en profiter la nuit. Même si Elle lui mettait souvent des bâtons dans les roues. Ce serait bien étrange de croiser un puma au beau milieu des couloirs durant les cours. Surtout à présent que Ril'Krysant était là.

Gareth ne l'avait jamais rencontré, il ne s'était même pas donné la peine d'aller lui souhaiter la bienvenue. L'Intendant non plus ne s'était pas particulièrement intéressé à lui. Et puis tant qu'il ne venait pas lui enlever ses protégés, il était content. Ce changement d'Intendant ne le touchait vraiment pas. Sauf peut-être pour cet uniforme orange qu'il devait porter. Bon, après il ne le portait pas souvent, car personne ne s'intéressait au pauvre fauconnier qui restait seul cloitré dans sa volière. Il fallait aussi dire qu'il était doué pour se faire oublier des habitants de l'Académie. La plupart des élèves ne connaissaient pas son visage et s'imaginaient un vieux bonhomme aigri qui parlait à ses oiseaux et qui mettait les élèves dehors à coups de pieds au derrière. Et c'était véridique, il avait entendu cela de la bouche d'un élève. Oui, il ne faisait que rester dans sa volière ou à l'extérieur de l'enceinte du bâtiment. Jamais dedans. Ses instincts de fauve lui faisaient avoir en horreur les espaces restreint comme celui-ci.
Donc, il n'était que rarement touché par les aventures qui pouvaient arriver à cette Académie. Il fallait vraiment que cela soit important pour qu'il se sente concerné. Comme une attaque de raïs ou de mercenaires. Mais pas un simple changement de personnel.

Le puma s'élança soudain dans les plaines, laissant ses pensées derrière lui. Courant à une vitesse hallucinante, on aurait presque dit que ses pattes frôlaient les herbes. Qu'il volait. Sa queue fouettant les airs, ses oreilles se pliant aux vents et son regard d'or virevoltant dans toutes les directions. On aurait dit que rien ni personne ne pouvait l'arrêter, qu'il était lancé dans une course sans fin. Une course qui pouvait le mener jusqu'au large du Grand Océan du Sud.

Liberté infinie quand tu nous tiens !

Plusieurs dizaines de minutes s'écroulèrent et les plaines n'en finissaient plus. Il était bien trop loin de l'Académie à présent et les premiers rayons du soleil se réverbéraient sur le pelage beige du félin. Se retournant vivement vers son point de départ, il repartit d'un coup sec, faisant voler quelques mottes de terre au passage. Le vent s'accentua et un rugissement sortit de la gueule du puma. Cela faisait depuis bien longtemps qu'il n'avait couru ainsi. Il se sentait si bien.

Le temps passa bien vite et il se retrouva devant la cabane de la forestière. Julia. Et son enfant, Aidan. Gareth lui rendait souvent visite, l'aidait pour quelques bricoles et ils parlaient de choses et d'autres. Il était en admiration devant ce petit être qu'était Aidan. Si frêle, si adorable, si ignorant. Un enfant. Il lui rappelait son frère cadet, Eohn. Cela faisait depuis bien trop longtemps qu'il ne les avait vu.
Le métamorphe décida alors de faire une halte et d'aller voir comment se portait la jeune mère. Sa silhouette féline se brouilla pour laisser place au fauconnier. Il s'approcha de la porte d'entrée et frappa. La cabane avait été restaurée quelques semaines plus tôt et les efforts en avaient valu la peine. La maison était resplendissante.


- Julia, tu es là ? C'est moi, Gareth.

Une voix lui répondit de l'intérieur et il entra. Julia était allongée sur son lit, Aidan contre elle. Le fauconnier s'approcha et s'assit sur le lit. L'enfant gémit en voyant l'homme. Peut-être l'avait-il reconnu, peut-être avait-il peur. Gareth savait comprendre les être humains et les animaux, c'était déjà suffisant. Le seul langage qui lui restait inconnu était celui des enfants.

- Tu as passé une bonne nuit ?... J'ai du temps, si tu as besoin de quelque chose.

Il ne savait pas trop pourquoi il s'était attaché à ces deux êtres, mais c'était comme cela. Sans doute à cause des circonstances de leur rencontre.




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Julia

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeMar 20 Nov 2012 - 15:54

Depuis son réveil le temps s’était écoulé en silence. Allongé sur le lit, Aidan fixait le plafond en agitant parfois les bras, produisant parfois de sa petite voix des sons aussi enthousiastes qu’improbables faisant sourire Julia.
Julia, elle, avait réactivé la cheminé, déplié tous ses vêtements, draps et torchons, tout replié, tout rangé, nettoyé, déplacé, remis à sa place dans des gestes presque mécaniques. L’activité lui faisait fuir ses rêves et ses souvenirs ou presque…



« Je ne t’attendais plus. Souffle t-il tu m’as manqué »
Il tremble presque. Comme si sa vie se jouait à se moment là.
« Je t’aime Julia. Et jamais je… Enfin pendant ton absente, je …Tu. »
Sa voix se casse et se plie sous l’émotion. Maudit instrument. Puis enfin.


« Tu ne pars plus. Dis moi que tu ne partiras jamais»
« tu ne me laisseras pas, n’Est-ce pas? »



_Moi, jamais… - s’entendit-elle répondre dans un murmure, aux mots de son aimé disparu. Les yeux humides, le regard perdu dans le vert de la forêt à travers la fenêtre, elle se souvenait de ce jour près d’Eoliane où il avait escaladé la colline pour venir la retrouver. Elle se souvenait de chacun de ses mots. De ses mains… J’avais promis…

Se balançant doucement dans le fauteuil à bascule qu’on lui avait offert, Julia caressa le petit duvet noir de son fils qui se nourrissait les yeux mi-clos. Elle soupira.

Elle avait fait tout ce qu’elle avait à faire.
La cabane refaite, était splendide maintenant, mais ne lui offrait plus de prétextes pour s’éloigner d’elle-même.
Il y avait moins de travaux. Plus une seule fuite à réparer, de porte qui s’ouvre ou se ferme mal, un grincement indésirable à éradiquer, même pas un bout de plancher qui couine...

De plus elle avait un souci avec Aidan.
Elle ne parvenait pas à le laisser loin d’elle trop longtemps.
Il devait être sans cesse dans son champ de vision et jamais trop longtemps ailleurs que contre sa poitrine.
C’était quelque chose de totalement nouveau pour elle. Avoir son fils dans ses bras, tout contre elle, était devenu comme un besoin...
La jeune femme pouvait voir le panier de l’enfant à quelques mètres, savoir qu’il s’y reposait mais si elle ne le voyait pas directement lui et sa petite frimousse, un stresse incroyable pouvait la prendre.
Il n’y avait que la présence d’Elera qui était venu s’établir avec eux, ou bien quand Gareth était dans la maison, que cela ne se produisait pas.

Après avoir passé un moment sur le petit jouet en bois qu’elle tentait de confectionner pour son fils, Julia se leva pour retourner s’allonger un peu. Enveloppé dans ses langes et une couverture moelleuse, Aidan ne broncha pas quand sa mère s’appliqua à blottir un tissu plus clair tout contre lui.
C’était une tunique de Mael.
Quelque temps plus tôt, elle ne savait vraiment pourquoi, on avait tenu à lui remettre certaines de ses affaires, dont cette tunique. Elle portait encore son parfum…
La jeune femme s’était sentie ridicule au début de le garder toujours près d’Aidan. Il avait besoin d’un père et elle lui offrait un parfum… Mais après tout, à défaut du père en entier, au moins en avait-il un petit bout. Une petite parcelle, une miette…
De plus, Aidan semblait aimer l’odeur du vêtement lui aussi, il se retrouvait toujours avec le tissus sur le visage si elle ne le surveillait pas.


_Oui je sais - murmura-t-elle à l’enfant Il sent bon ton papa…

Elle faillit s’assoupir à nouveau la crainte de voir encore le père de son enfant en songe, quand on frappa à la porte. C’était Gareth.
Aidan à côté d’elle, tentait de porter à sa bouche le pendentif de bois que portait sa mère. Combien de temps avait-elle somnolé ?
Julia invita le garde forestier à entrer, ce que fit le jeune homme pour enfin venir s’asseoir près d’eux sur le lit.

Elle aurait put s’offusquer de cette familiarité, mais Gareth avait vu bien pire d’elle lors de l’accouchement, pour qu’ils ne se formalisent maintenant de choses aussi dérisoires. Il était le deuxième homme après Mael en avoir autant vu, et en plus c’était devenu un très bon ami qui était venu les visiter régulièrement. Alors forcément ils étaient devenus proches. Elle le salua.

Aidan geint à côté d’elle, les yeux bien ouvert cette foi. Un petit poing vaguement dirigé vers le fauconnier et le corps tout tendu, il se mit à agiter les jambes avec plus d’enthousiasme. Un autre son comique sorti de sa bouche, faisant sourire son publique.

Julia prit son enfant soudain fort animé, pour le déposer dans les bras du fauconnier l’air émerveillé comme toujours.


_C’est sûr maintenant, il t’aime bien. Tu as vu ça ?!

Comme satisfait de lui, le nourrisson fourra son point dans sa bouche en dévisageant l’un des premiers visages qui lui avait été donné de voir dans sa vie. Ses grands yeux gris tout pétillants. L'un plus clair que l'autre... il allait avoir ses yeux à elle, ça se confirmait de jours en jours.
Julia sourit faiblement, sa pensée vagabondant là où elle n’était pas autorisée a traîné. Ça aurait dû être Maël assis là… un pincement dans sa poitrine la fit difficilement ravaler sa salive. Bien heureusement, la bonne humeur de Gareth vint dissiper le gris de son cœur.
Il semblait véritablement… comme… l’esprit dégagé. Heureux, totalement transfiguré comparé à la foi où il lui avait montré ses tatouages.


_J’ai fait… un rêve.répondit-elle enfin en posant rapidement sa tête sur l’épaule du fauconnier.Comme la dernière foi.

Ils se parlaient régulièrement maintenant et comme avec Elera, elle s’était obligée à formuler certaines choses, dont celle-ci.
De plus, Aidan semblait apprécier Gareth. Toujours détendu et calme avec lui et à son aise, il ne le quittait jamais du regard cependant. Une foi que le fauconnier était entré dans son champ de vision, il était verrouillé dessus. C’était la seule personne avec qui cela arrivait, comme si Gareth était particulier et méritait toute sa petite concentration. C’était mignon à croquer à observer. Le fauconnier lui-même semblait étrangement perplexe face à cette attention.


_ Regarde-le fit Julia le sourire aux lèvres, stupéfaite. - il n’ose même plus battre des cils. la jeune femme eut un petit rire en se levant Je me demande vraiment ce que ses yeux peuvent bien voir de toi elle caressa le front d’Aidan qui ne détourna pas le moins du monde son regard - Et toi Gareth? Comment vas-tu? Tu as … - elle retira de petites brindilles des cheveux du fauconnier, avant de le regarder l’air malicieux fait des folies hier soir ou bien… - souriant d’avance de la réponse, la jeune femme alla chercher un gobelet de bois pour son invité. Il était de nature, réservé un peu comme elle, si ce n’était plus, le bousculer ainsi en taquinerie était devenu une habitude.ça expliquerait ta bonne humeur matinale. Tu veux boire quelque chose ? Chaud, froid ? Tu as faim ? Je n'ai pas encore mangé moi, alors ça tombe bien!



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Gareth Wilth

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeSam 1 Déc 2012 - 12:47

Un poing se leva soudain vers Gareth. Si petit qu'il ne l'aurait pas remarqué s'il n'avait pas posé son regard sur le petit être qui le possédait. Il agita ses jambes et des bruits comiques sortirent de sa bouche. Oui, Aidan aimait bien le fauconnier. Ce dernier avouait que depuis qu'il venait les voir tous deux, le petit s'était habitué à lui et son visage était devenue familier à ses petits yeux. Gareth ne put retenir un sourire.
Oui, il avait vu ça, il avait vu qu'Aidan l'aimait bien et n'aurait jamais pensé que cela serait possible. Jamais il n'aurait penser s'occuper d'enfants, même faire un sourire à un enfant lui paraissait improbable. Il était tout simplement surpris par cette attention que semblait soudain lui accorder le petit. Ce dernier le dévisageait, son poing dans la bouche, avec un éclat qu'il commençait seulement à comprendre.
Il releva son regard et fixa son attention sur Julia. Un faible sourire s'étirait sur ses lèvres. Elle semblait ailleurs et ce dernier ne devait pas être des plus agréables. Son visage possédait des signes de cet ailleurs douloureux et ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Gareth ne lui avait jamais demandé à quoi elle pensait ; si elle voulait en parler elle le ferait d'elle-même. Elle l'avait fait un jour. Il l'avait écouté sans broncher avant d'essayer de lui parler à son tour. De lui dire que tout allait bien se passer même s'il savait qu'elle pensait tout le contraire.

Elle lui avoua soudain qu'elle avait encore fait le même rêve que les autres fois. Il comprenait ce qu'elle ressentait, il savait ce qu'elle ressentait. Ce manque insidieux qui se prolongeait à ses côtés. L'absence de son amant. Il avait vécu même situation. Presque. Le seul détail qui éloignait la ressemblance de leur drame était qu'il l'avait tué. De ses propres griffes, de ses propres crocs. Ce n'était pas lui qui avait alors contrôlé son corps, c'était Elle. Mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable, car ce fut ses crocs qui avaient déchiqueté la peau pâle de son amante. Ses griffes qui s'étaient enfoncées dans sa chair. Ses rugissements qui avaient fusé. L'Esprit l'avait contrôlé, il ne pouvait s'en vouloir, mais ce n'était pas le cas.
Il se haïssait. Il haïssait son manque de force qui l'avait empêché de reprendre le contrôle.
Il comprenait le vide qu'elle ressentait, il comprenait ces larmes qui pointaient à chaque pensées, à chaque signe. Il la comprenait que trop bien. Il continuait encore à en souffrir aujourd'hui. A chaque fois qu'Elle se manifestait.

Il aurait voulu lui parler, lui dire qu'il la comprenait, que cela allait passer, que tôt ou tard cela ne ferait plus aussi mal qu'à présent. Il n'y arrivait pas. Il ne voulait pas que l'on sache pour son amour passé. Pour les circonstances de sa mort. Et puis il y avait ce regard qui ne le quittait pas, ces deux petits yeux qui ne pouvaient s'empêcher de le dévorer du regard comme attiré par quelque chose.
Aidan.
Le fauconnier ne pouvait pas avouer à Julia ce qu'il était, il n'en avait pas la force. Il avait peur qu'elle l'empêche de revoir le petit, qu'elle l'empêche de la revoir elle. Qu'elle le haïsse, mais surtout qu'elle ait peur qu'il fasse du mal à Aidan. Cela il n'aurait pu le supporter. Il s'était attaché à ce petit bout et jamais il ne ferait du mal à qui que ce soit. C'était d'Elle qu'il fallait avoir peur. D'Elle qu'il fallait se méfier.

Julia changea de sujet, le sourire aux lèvres. Il préférait la voir ainsi. Au fil des jours, des semaines, il commençait petit à petit à s'attacher à elle et au petit. Il ne pouvait voir son regard vide et translucide.
Il abaissa son regard océan dans celui bientôt gris de l'enfant. Il le fixait encore et toujours. Il ne battait pas des cils. La remarque de Julia le fit sourire. Celle d'après aussi.
Ce qu'il pouvait voir de lui ? Peut-être son autre moitié, qui sait ? Mais il était certain qu'il avait un intérêt pour le fauconnier. Lequel ? Aucun des deux ne le savaient.
Julia se leva alors et enleva soudain des brindilles de la tignasse de Gareth. Ses paroles le prirent au dépourvu et le rouge ne put s'empêcher de lui monter aux joues. Heureusement pour lui, elle se leva avant d'apercevoir la couleur qui s'insinuait sur son visage. Il tenta de la réprimer, mais il était déjà trop tard. Elle se retourna et ne manqua pas de voir ce léger détail.


- Je... non, je... Ce n'est pas ce que tu crois, j'étais juste... enfin...

Gareth ne savait pas réellement quoi lui dire, il ne pouvait décemment pas lui avouer qu'il s'était métamorphosé en puma pour aller courir dans les plaines durant plusieurs heures, ça non. Alors quoi ? Même si le mensonge était devenu son quotidien, il n'était pas très doué pour le pratiquer. Ils étaient souvent préparés à l'avance et su par coeur. Alors lorsqu'on le prenait au dépourvu, il ne savait plus quoi dire.

- C'est pas ce que tu crois...

Une idée germa soudain dans son esprit, une excuse toute trouvée qui ne pouvait être contestée. Le rythme de son coeur se calma et un léger sourire apparut sur son visage. Il pouvait déjà sentir le rouge disparaître de ses joues.

- C'est... Sharo, un des deux vautours de la volière, il s'est jeté sur moi pour me faire une farce et du coup il m'a envoyé à terre. C'est qu'il est lourd le gros.

Comme en écho à ses paroles, son ventre gargouilla intensément. En plus d'avoir l'apparence d'un puma dans certaines circonstances, il avait son appétit. Il fallait aussi dire qu'il n'avait pas beaucoup mangé le matin et que sa petite course l'avait aidé à dépenser les seules calories qu'il lui restait.

- Mon ventre vient de parler !

Il lui envoya un sourire et se leva à son tour. Aidan allait rester seul en plein milieu du lit. Mauvaise idée. Il le prit alors dans ses bras afin de le déposer délicatement dans son berceau. Il le regardait toujours. Gareth lui fit un sourire et après l'avoir enveloppé dans sa couverture, se dirigea vers Julia et le plan de travail sur lequel elle commençait à préparer un repas. Il ne savait pas cuisiner et n'allait pas s'y mettre de peur de brûler la seule nourriture qu'il restait dans les parages. En revanche, il pouvait s'armer d'un couteau afin d'éplucher ou de couper des légumes. Cela, il en était encore capable.

- J'suis pas contre rassasier mon ventre vide, mais laisse-moi t'aider.

Il s'empara d'un couteau de cuisine non loin de là et commença à éplucher des racines de niam.

- Le nouvel Intendant a encore érigé des règles hier soir à la fin du diner. Je sais pas où il compte s'arrêter, mais il aura bientôt des élèves sur le dos. Moi ça me touche pas réellement, donc je ne risque pas d'aller lui en dire deux mots. Mais les élèves...

Une pensée lui traversa soudain l'esprit. Pensée qu'il préférerait rester invisible et non fondée.

- Il n'est pas venu te parler non ? J'sais pas s'il voit d'un bon oeil la présence d'un enfant ici. J'espère qu'il ne t'as rien dit ?

Ou peut-être qu'après tout ce serait une bonne chose qu'il te dise quelque chose et que tu sois obligée de partir. Au moins vous serez tous deux en sécurité. Loin de moi.
Je La sens qui se débat de plus en plus. Elle ne tient plus en place.





[ Désolé pour le léger retard. Edition si tu l'souhaite, comme d'hab' =3 ]


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Julia

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeMer 12 Déc 2012 - 12:19

A travers les carreaux du coin cuisine, quelques oiseaux piaillaient joyeusement tandis ce que sur l’arbre voisin un petit écureuil faisait une apparition furtive avant de disparaître dans les branches. Julia rinça l’assiette qu’elle avait sortie pour Gareth.

Une apparition furtive… son cœur se serra quelque peu en se souvenant de Blanche. La sauvage, l’insaisissable qui l’avait pourtant laissé venir à elle quand elle était petite. Où pouvait-elle bien être maintenant ? Sa première amie, sa meilleure amie…
Lupus au moins lui était resté, mais c’était différent. Il connaissait plus les hommes, bien que ce ne soit pas que de belles façons et ces derniers temps il se montrait plus distant. Trop de monde sûrement…ils étaient loin du temps où elle trainait des jours entiers en solitaire à travers les terres alentours de l’Académie. Ils étaient loin de ces nombreux moments où l’animal ne craignait pas de l’approcher.

Maintenant trop d’odeurs différentes habitaient la maison, trop de monde venaient la voir pour qu’il se sente à sa place ici. Elle était déjà étonnée qu’il soit resté dans la cabane le soir de l’accouchement. Mais après ça il n’était plus revenu à la maison.
La présence d’Elera le contrariait, elle le savait mais le pire c’était peut-être Gareth. Bien que tout à fait docile face au jeune homme, il se comportait avec lui exactement à la façon d’Aidan. En le fixant presque à en mourir, son regard doré l’air de dire « qu’est-ce qu’il a qui va pas chez lui celui là ». Et puis il y avait eu le chantier…

Parfois son pelage sombre aux reflets bleu nuit apparaissait à la fenêtre. Assis dans les fourrés, ils se regardaient à travers les carreaux. Il semblait guetter le moment où elle reviendrait courir avec lui, comme avant et cela lui faisait chaud au cœur car il n’avait jamais manqué le rendez-vous. Alors à chaque foi comme maintenant, elle se surprenait à getter sa présence à travers les fenêtres. Mais il n’était pas là aujourd’hui.

Julia déposa à égoutter sur un chiffon, les deux assiettes et les couverts avant des les essuyer.
Gareth vint l’aider et elle lui sourit pour le remercier, se souvenant du même coup de sa réaction à la taquinerie qu’elle lui avait lancé. Il avait rougi, tout à fait prit au dépourvu par sa question.


_Sharo hein ? fit-elle un sourire taquin aux lèvres, elle jeta son chiffon par dessus son épaule pour savourer encore un peu sa pique. Il te met dans tous tes états celui là on dirait. elle lui tapota l’épaule avant de passer à côté mettre la table et revenir pour se mettre également à couper quelques racinesTu n’as pas à mentir, mais tu ne me dois pas non plus d’explications, je voulais juste… te mettre mal à l’aise. C’est vraiment très drôle, je ne peux décidément pas m’en priver. elle lui sourit de toutes ses dents avant de poursuivre - Et puis je ne pourrais pas me permettre de commenter ton état de « propreté », j’avais bien pire aspect moi quand je revenais d’une journée à suivre Lupus. On courrait pendant des heures et c’était… - magique… Julia s’interrompit, chercha ses mots, gardant celui-ci pour elle, puis se dit que c’était inutile d’en chercher d’autres. Elle se contenta de sourire rêveusement, simplement. Qu’importe si elle ne trouvait pas les mots, c’était bien une des caractéristiques de sa relation avec le loup : rien ne passait par les mots. Elle sourit encore à Gareth qui semblait attendre une fin de phrase. Bien, c’était très bien. Pour le repas j’ai encore du bouillon de hier soir, une sorte de soupe aux trois légumes avec quelques morceaux de lapins et comme j’ai entendu le hurlement d’agonie de ton estomac en famine, je pense que je vais faire la belle pièce de viande que le cuisinier m’a généreusement offert l’autre jours. Tu vas voir, je pense que ça va te plaire. Il me reste aussi du pain et on pourrait faire une salade de niam quand ils seront convenablement préparés. Ça te va ?

La jeune femme s’essuya les mains sur le torchon dont elle avait coincé l’une des extrémités sur le côté, à sa ceinture. La petite voix fluette d’Aidan s’éleva avec énergie de la pièce d’à côté, Julia jeta un œil et vit que Gareth l’avait couché dans son berceau. Parfait, il avait décidément de bons réflexes avec les tous petits.
L’enfant ne pleurait pas, il semblait seulement interloqué par le mobile qu’elle avait accroché à son berceau et qui tournait lentement au dessus de sa tête. Des pierres pâles toutes de couleurs différentes, polies par l’eau de la rivière où elle les avait trouvé lors de l’une de ses expéditions. Tournant parfois sur elle-même, elles accrochaient la lumière et scintillaient un court instant. Cela semblait lui plaire…

Julia revint à Gareth pour lui passer d’autres belles racines. Elle sortit après cela un panier rangé sous le plan de travail en écoutant les nouvelles que son ami lui apportait. Cet Aziel l’énervait déjà.
Déposant la pièce de viande méticuleusement emballée par le cuisinier de l’Académie, la jeune femme entreprit de découper la viande en fine tranche. Ha le siffleur… y a que ça de vrai !


_Non, il n’est pas venu me parler.répondit-elle simplementTu peux mettre ce petit chaudron là-bas sur le feu quand tu auras terminé avec les racines? C’est la soupe. elle s’arrêta un instant dans la découpe pour se tourner vers lui, inquiète - Tu penses vraiment qu’il jugera mauvaise la présence d’Aidan ici ? elle lima distraitement sa lame en attendant la réponse de son ami Ce serait absurde, il est inoffensif et calme. Et même si il ne l’était pas, nous sommes loin des élèves et de sa tranquilité à lui. La Première Gardienne aussi attend un enfant à ce qu’on dit, il va pas virer tout le personnel aillant des enfants quand même… non ? Et puis ce serait une catastrophe, j’irais où avec… - Julia s’interrompit à nouveau et porta le dos de sa main à son front, soucieuse. Tout allait bien ne pas paniquer, rien n’était fait encore. Excuse-moi. Je suis un peu anxieuse ces temps-ci, un rien me fait paniquer. Je m’emporte vite. elle se força à sourireça m’inquiète juste un peu, je n’avais pas pensé à ça. elle se remit patiemment à la découpe en soupirant - Je le connais plutôt mal, je suis un peu dans ton cas. Ça ne me touche pas tellement ce qui se passe à l’intérieur. Je n’ai même pas perçu dans mon exercice, le changement entre Jehan et Aziel. à part que les élèves sont à crans et les professeurs n’en mènent pas large. Tu as entendu ce qui est arrivé à ce professeur là ? Tu sais celui dont on entend parler qu’en bien, je l’ai eu un moment comme professeur ici, et il m’a dirigé lors de la première prise de l’Académie. Lors de la bataille de la Grande Salle. C’est une belle personne. Son nom m’échappe soudain… ça fait déjà longtemps… Cil’Eternit, voilà. elle regarda Gareth comme pour le prendre à témoin. - Il n’est quand même pas aussi vieux pour que son cœur se mette à lui jouer des tours, non ? Je pense qu’ils ont plus de pressions depuis que Aziel est arrivé. elle se remit à la découpe en repensant aux souvenirs qu’elle avait en commun avec cet homme distingué , Duncan était son prénom si elle ne se trompait pas Un chic type pareil, ha si on l’avait perdu celui là… les tranches tu les veux plus grosses où ça ira ? J’ai coupé plutôt fin pour que ça cuise plus vite, mais si tu préfères plus épais, n’hésite pas à le dire.

Julia s’essuya à nouveau les mains pour aller voir Aidan qu’on n’entendait plus vraiment. Elle sourit en voyant l’enfant tenter de mettre un bout de la tunique de Maël dans sa bouche. Il avait l’air très concentré sur son exercice.
Eloignant le tissu de sa tête, Julia décida de le prendre et le mettre dans son panier douillet, - non sans l’avoir longuement câliner avant, cela dit - ainsi elle pouvait l’emmener dans la cuisine avec eux. Pas qu'elle soit inquiète, non, Gareth était là, mais elle voulait quand même l'avoir tout près, il semblait bien éveillé.
Les grands yeux gris dont la couleur verte commençait à peine à pointer, l’observèrent attentivement avant de se mettre à papillonner et enfin à se fermer un moment sous les baisers de sa mère.


_Où alors on pourrait manger Aidan. proposa-t-elle assez fort pour que Gareth l’entendeIl est tellement beau croquer. Qu’est-ce que tu en dis ?puis plus bas tout sourire et sur le ton du secret en le posant sur la commode de la cuisineHein, Aidan? Qu’est-ce que tu en penses toi ? On te mange ?

Impassible, le petit poing dans la bouche, l’enfant avait déjà trouvé Gareth dans son champ de vision. Toujours occupé avec les racines non loin. Ce dernier esquissa un geste dans sa direction et un sourire édenté étira les fines lèvres de l’enfant soudain enthousiaste.
Julia cru que son cœur allait s’arrêter devant une telle merveille. Bouche bée, totalement muette, émue et complètement retournée, elle porta une main à sa poitrine comme pour vérifier que son cœur ne s’était pas réellement arrêté.
Il venait de sourire ! Aidan… souriait !


_Ben ça alors… - s’entendit-elle murmurer. Regardez qui sait sourire adorablement maintenant...

C’était ça avoir un enfant ? Des surprises aussi magiques pouvant arriver comme ça à n’importe quel moment du jour ou de la nuit ? C’était cette émotion intense, cette joie, ce bonheur infaillible? La joie qui était monté en flèche dans tout son être, éclipsa même totalement la jalousie qu’elle aurait put ressentir à ce que ce premier sourire ne fut pas pour elle.
Une larme d’émotion lui échappa alors qu’elle serrait le petit point libre dans sa main en embrassant encore l’enfant. Tout son corps vibrait comme si il avait encore été en elle, comme si ils n'étaient pas encore détaché l'un de l'autre. Au fond d'elle-même elle sentit que ce lien ne se déferrait jamais entre eux, elle n'avait jamais rien ressentit d'aussi puissant...

C’était magnifique… il était magnifique.




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Gareth Wilth

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeVen 28 Déc 2012 - 17:47

Gareth fut soulagé par la réponse de Julia ; l'Intendant n'était pas venu lui parler. Il écouta la forestière tout en finissant de couper les racines de niam, puis en mettant le chaudron sur le feu. Les flammes commençaient à se tasser, il le raviva donc en quelques instants.
Julia s'arrêta soudain de parler, mais une question sortit bien vite de ses lèvres. Inquiétude. La présence d'Aidan mauvaise ? Peut-être pas à ce point-là, peut-être pas du tout, mais le fauconnier ne savait plus trop quoi penser du nouvel Intendant. Il était si strict, toujours sûr d'avoir raison, il avait tellement l'air de prôner une société parfaite et dénuée du moindre petit défaut. Il était perfectionniste et ne tolérait aucun écart. Pas même le plus petit.


- Je sais pas, ça semble si évident qu'il essaye de remettre de l'ordre dans l'Académie. Après, je sais pas vraiment.

Elle avait raison, ce n'était qu'un enfant, un petit être inoffensif. Mais l'Intendant paraissait tellement tenir à l'ordre qu'il en était presque imprévisible. Gareth avait peur qu'un jour il lui vienne une lubie de vouloir un personnel dévoué à leur travail et non à leur famille. Le fauconnier appréhendait un peu ce nouvel Intendant sans toutefois trop s'en occuper. Il essayait de se faire le plus discret possible à ses oreilles.
Julia avait raison ; pourquoi Krysant voudrait-il renvoyer les mères de famille ? Et puis où irait Julia ? Gareth se refusait de la voir perdue, il se refusait qu'elle pourrait un jour ne plus savoir où aller, qu'elle n'ait plus de maison. Elle et Aidan.
Personne ne connaissait réellement cet Intendant sortit du ciel – ou des enfers, ils ne le savaient pas encore – et il était bien trop mystérieux pour que le fauconnier puisse lire en lui comme il le faisait habituellement. Tout ce qui lui importait dans ce changement était que son travail reste le même, que personne d'autre que lui ne touche à ses oiseaux et que le peu de personnes qui comptaient pour lui ne soient en aucun cas dérangés par les nouvelles règles draconiennes de l'Intendant. Julia en faisait parti. Elle n'avait apparemment pas souffert du changement de main de l'Académie. Tant mieux. Ceux qui en souffraient le plus étaient sans doute les élèves, eux qui étaient habitués à faire ce que bon leur semblait.

Il hocha la tête lorsque la forestière parla de l'accident de Sir Eternit. Il en avait entendu parler par Lyu. La pression. Bien sûr qu'ils en avaient bien plus qu'avec Jehan. Ce dernier était si tolérant envers son personnel, il les laissait gérer eux-même leurs cours sans même penser à mettre son nez une seule fois dedans. Un cours en extérieur ? Que bien leur fasse, il les autorisait à le faire. Tout, vraiment tout. Aziel était différent.
Gareth se rendit soudain compte que son amie était en train de lui préparer de la viande. Oups.


- Euh... eh bien j'suis végétarien enfaite.

Un air désolé s'afficha alors sur son visage. Il aurait dû réagir avant qu'elle ne coupe les tranches, mais il était bien trop préoccupé par leur discussion. Tant pis, elle avait besoin de manger pour deux elle.

- J'aurai dû te le dire avant que tu ne coupe tes magnifiques tranches. Heureusement que tu dois manger pour deux !

Un sourire illumina son visage. Pour deux. Pour Aidan. L'enfant dans son berceau qui n'attendait que le doux câlin de sa mère, ses baisers rassurants et surtout, de grandir. Un jour il grandira, un jour il verra de ses propres yeux le monde.
Julia fit mine de ne pas réellement avoir entendu les paroles du fauconnier ; il fallait dire qu'un petit être occupait tout son esprit.
Manger Aidan ? Gareth retint un rire. Il fallait dire que même le coeur du métamorphe craquait devant cette petite larve. Elle le posa sur un coin du plan de travail, avec eux. Elle ne pouvait se passer de son enfant ; elle était une mère. Et Aidan ne semblait pas être concerné par sa proposition de le manger, bien au contraire. Lui, il dévorait son poing en observant une fois de plus le fauconnier. Ce dernier ne se sentait pas réellement à son aise observé comme il l'était et se remit donc bien vite à sa tache. Coupant les dernières racines qu'il lui restait, il les mit dans un saladier avant d'essuyer son couteau à l'aide d'un pan d'un linge qui devait sans doute servir pour la cuisine. Il se retourna et vit que l'enfant l'observait encore. Autant jouer à son jeu, hein ! Gareth lui fit donc un léger signe de la main et le résultat fut apparemment des plus merveilleux pour sa mère.
Un sourire.
C'était donc la première fois qu'il souriait ainsi. Et à lui. Pourquoi ? Il n'avait jamais été une attraction à enfants, ces derniers ne l'aimaient pas particulièrement. Pourquoi alors Aidan l'observait ainsi ? Sans doute les enfants voyaient-ils des choses invisibles aux yeux des adultes. Sans doute voyaient-ils tout ce qu'ils désiraient avant de former leur oeil à la réalité. Peut-être... Non, c'était une idée insensée. Il ne pouvait voir son double, il ne pouvait comprendre qui il était. Jamais.


- Il a le sourire de sa mère.

Il allait grandir si vite, il allait faire ses premiers pas, dire ses premiers mots, manger ses premiers aliments durs, courir bien vite, sautiller aussi, rire. Grandir. Le fardeau de tous les êtres vivants.
Aidan allait grandir et devenir un homme.


- Il va en faire tomber des coeurs quand il arpentera les murs de l'Académie. Imagine-le, son sourire de tombeur, apprendre entre les murs qui l'ont vu naître. Il sera aussi incroyable que sa mère, il n'y a pas à en douter. Et... un vrai bourreau des coeurs !

Il souriait à l'enfant et à sa mère, sûr de le voir devenir un homme bien.






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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeMar 22 Jan 2013 - 9:15

Très looooooooooooooong je sais >< vraiment désolée, mais comme tu le sais déjà je peux éditer Smile bisous bisous Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] 347136099


Après un baiser plein d’amour sur le front de son petit, la jeune mère se replongea dans ses travaux domestiques, non sans un pincement au cœur de devoir s’éloigner, même un peu.

Elle écouta Gareth.
C’est vrai que c’était son truc à Aziel « l’ordre », de ce qu’elle avait put voir de l’académie ces derniers temps en tout cas. Il fallait donc qu’elle réfléchisse sérieusement à l’éventualité d’un départ précipité. Sans paniquer. Ce qu’elle avait tendance à souvent faire depuis que Mael…
Elle devait se renseigner sur un nouvel endroit pour elle et Aidan. Tout irait bien, quoi qu’il advienne. Elle n’avait plus personne pour le lui dire, alors elle allait devoir s’en convaincre chaque jour. Pour Aidan.
Peut-être une auberge pas chère le temps de trouver un nouveau travail. Mais dans quelle branche ?
Julia soupira. Elle devrait dans la journée, ou bien le lendemain allé questionner madame Chamante, la pipelette du marché. Elle savait toujours tout sur ce qui se faisait en ville.


Se tournant à moitié vers son ami elle réagit à ses paroles en souriant faiblement :

_Tu trouves vraiment qu’il a mon sourire ? Et tu prétends quand même qu’il fera tomber les cœurs en masse quand il ira à l’Académie ?elle se rinça les mains dans le bac réservé à cet effet. Elle marmonna un peu réprobatrice, en reprenant sa tâche C’est bien courageux comme association. Si c’est vraiment le mien de sourire, rien ne tombera du tout crois-moi, je suis bien au courant pour pouvoir en parler… par contre si il a celui de son père, ha là certes je veux bien croire que des cœurs tomberont ! Il est bien tombé le mien après tout. M’enfin ! Tant qu’il n’en brise pas…

La jeune femme déposa soudain son couteau, une information particulière s’étant enfin frayé un chemin jusqu’à son cerveau en ébullition. Elle se tourna vers Gareth, un peu confuse:

_Comment ça tu es végétarien ? Tu veux dire par là, que tu ne manges jamais de viande ? Genre, « jamais, jamais » tu veux dire? Julia s’essuya les mains quelque peu contrariées. Elle réfléchit à une solution, pensant à haute voix sans vraiment en avoir conscience Je n’ai pas d’autres plats d’exceptions pour t’accueillir, moi ! Regarde-toi enfin ! petits marmonnements inintelligibles, la tête et la moitié du corps déjà disparus dans les placards du bas, à la recherche d’une solution Un grand gaillard comme ça, j’me demande bien ce qui peux le tenir. Dis-moi à quoi tu carbures alors, parce qu’il me faut une explication là. Par la Dame, que faire…

Aidan gazouilla soudain vivement de sa jolie petite voix claire de bébé rêveur et heureux. Un véritable enchantement pour l’oreille.
Le bruit sourd d’un coup contre le bois, et la jeune femme capitula finalement en se frottant vigoureusement le crâne qu’elle venait de cogner contre un rebords de placards. Grimaçant, elle s’assit finalement tout à fait sur le sol, la larme à l’œil tant le coup était douloureux. Elle réalisa enfin la situation, mais également un autre « détail ». Exaspérée elle leva les yeux au ciel, avant d’éclater de rire :


_Par la Dame, je marmonne comme une petite vieille ! ! avisant Gareth qui s’était retourné vers elleEt toi tu me laisses faire ! Je te défends de me laisser recommencer ça ! Je suis encore trop jeune…

Se relevant en riant, elle s’appuya un instant sur le rebords de son plan de travail pour reprendre ses esprits, sans prendre le temps de terminer sa phrase. Son sourire s’estompa cependant, les derniers mots qu’elle avait prononcés parcourant en elle plus de chemin qu’elle ne l’aurait dû ; qu’elle ne l’aurait voulus…

Elle se disait trop jeune pour se comporter comme une « petite vieille », mais après tout elle était également trop jeune pour être déjà veuve. N’était-ce pourtant pas le cas ? Enfin veuve… tout était allé bien trop vite pour que ce mot lui aille totalement…
Alors si elle n’était visiblement pas trop jeune aux yeux de la Dame qui l’avait fait « veuve » si tôt, pourquoi le serait-elle face à tout autre situation ?

Une part d’elle-même avait été vieillie par les épreuves. Elle s’en rendait compte maintenant. Il y avait déjà bien une vieille femme quelque part en elle, une vieille dame fatiguée et radoteuse qui menait la vie dure à la jeune femme qu’elle devait encore être pour plusieurs années. Qu’elle serait sensée être encore pour quelques années… Aussi désagréable que pouvait être cette réalité, cette partie vieillie et patinée par le temps existait bel et bien. Et elle devrait vivre avec, car c’est ce qui était né de l’absence d’êtres chers. C’est ce qui était né du vide…

L’immobilité de son invité attira alors son attention ; la fin de sa phrase ne venant pas l’ayant sûrement alerté de quelque chose. Ou alors était-ce le flottement qui avait suspendu ces gestes… Secouant la tête pour lui communiquer que tout allait bien, un sourire presque forcé au coin des lèvres, elle se retourna vers son plan de travail sur lequel la belle pièce de viande l’attendait toujours.
Le regard humide elle s’appliqua à réemballer la viande avec soin et la ranger. Elle en ferait la préparation le lendemain pour Elera et elle. Elle mangeait encore un peu pour deux certes, mais il ne fallait rien exagérer !
Peut-être avait-elle d’autres légumes dans son potager derrière la maison ?


_Des œufs… dit-t-elle simplement au bout d’un moment, encore un peu ailleursNous ferons des œufs, en manges-tu ? Une énorme omelette garnie, qu’en dis-tu ? Avec la soupe en accompagnement, le pain et quelques tranches de fromages… tu manges du fromages il me semble. Ha oui et bien sûr la salade de niam aussi ! Coupe donc quelques tranches de pain, il est rangé là-haut dans une serviette brune. Je m’occupe de l’omelette si ça te tente, et nous pourrons passer à table.

C’était toujours comme ça quand Mael resurgissait quelque part dans son esprit. De façon détournée ou dissimulée, comme des plus évidentes. Elle ressentait à nouveau le trou béant dans son cœur, se sentait saisie d’une douloureuse impuissance et la pointe affutée du désespoir semblait lui transpercer la gorge.
Il lui fallait toujours un moment après cela, pour chasser ces démons et pouvoir libérer son esprit pour autre chose. Un combat presque constant pour ne pas totalement se perdre. Un combat dans lequel la présence d’Aidan ne l’aider pas toujours, au contraire...


_Si tu me parlais plutôt un peu de cette « Sharo » qui s’est jetée sur toi pour te faire une « farce », dans les plaines. demanda-t-elle d’un ton qu’elle voulu enjouée afin de recentrer ses pensés J’ai peut-être des manies de petite vieille, mais je sais encore reconnaître un brun d’herbe venant des plaines. Je sais également qu’en générale il est difficile d’en revenir avec un échantillon sur la tête, entremêlé à sa chevelure... clin d’œil Et surtout ne t’inquiète en rien, Aidan et moi resterons aussi muet que des Siffleurs empaillés, promis ! elle regarda l’enfant du coin de l’œil - Hein Aidan ? On ne dira rien à personne.Et je t’en prie Gareth, répond moi ou invente une histoire qu’on rigole un peu au moins, parce que moi j’aurais du mal à m’y coller. elle réfléchi un instant - A part la foi où un marchand de la ville a voulu par tous les moyens, me vendre de la viande, qu’il disait être de la chair d’un tigre des prairies, il ne se passe pas grand chose dans ma vie ! Un tigre des prairie, non mais je te jure… y a de ces charlatans. Il n’en a jamais vu de sa vie lui, pour dire un truc pareil… d’ailleurs en parlant de tigre…

Julia s’arrêta pour faire face à son ami toujours occupé à l’aider contentieusement pour le repas. Elle avait peut-être de la chance quelque part finalement. Elera était là pour l’aider et Gareth venait souvent leur rendre visite. Et ils étaient tellement serviables et adorable tous les deux ! Sans oublier Locktar qui lui avait offert une maison…

_Je voulais justement te parler de quelque chose d’important, avant que tu ne nous fasses tes petites confidences. Depuis quelques temps déjà je suis sur les traces d’un animal, un prédateur. Un animal qui ne devrait pas être ici. Il se pourrait que cela soit un tigre des prairies justement ; peut-être un jeune solitaire intrépide remonté jusqu’ici. Soit prudent quand tu viens me rendre visite, je sais que parfois tu aimes te balader dans le parc, donc je pense que tu dois en être averti. elle entreprit de retrouver son panier à œufs - Je ne suis pas encore sûr que s’en soit un pour être honnête, mais c’est un grand félin à coup sûr. Ce qui me contrarie le plus… c’est que je ne semble pas connaître cette espèce si jamais il s’avérait bien sûr que mes doutes soient fondés... les traces ne correspondent pas totalement à celles d’un tigre des prairies adulte, c’est ce qui me fait dire qu’il est probablement jeune… mais je peux tout aussi bien me tromper totalement. Je ne vois pas de quel autre animal il pourrait s’agir autrement… - elle regarda à l’extérieur, méditative - Ses empreintes sont peux nombreuses, j’ai dû en trouver seulement une ou deux passablement exploitables aux abords de l’Académie, mais également à l’intérieur du parc. Il semble plutôt grand, mais surtout il est en excellente santé. La présence humaine ne semble pas l’effrayer… elle tint à rassurer son ami cependant, en lui souriantUn nouveau prédateur dans les parages, comme ça, soudainement ! Très étonnant je sais, mais je suis sur le coup. Sans vouloir me vanter, je suis plutôt excellente pour pister les animaux. Je pense que je l’aurais débusqué avant la fin du mois, si jamais Elera veux bien garder Aidan quelques jours plus longtemps…

La jeune femme soupira en débutant la préparation de l’omelette, par la découpe de deux autres variétés de pommes de terres, dont elle jeta les tranches fines, à frire sur la poêle.

_Je dois t’avouer que je crains un peu de sortir avec Aidan depuis que j’ai trouvé les premières traces. L’animal semble de stature impressionnante, bien que moins lourd qu’un tigre des prairies si on en croit ses empreintes. Une allure plutôt furtive aussi... cela fait partie des différences qu’il semble avoir avec un tigre des prairies, qui n’a cure de savoir si on le suit ou pas, puisqu’il n’a aucun prédateur quasiment et donc ne fait pas spécialement preuve d’ingéniosité pour dissimuler sa présence…- elle assaisonna les tranches de pommes de terre de quelques pincés de sel et quelques autres épices, avant de casser les œufs dans un bol rangé jusque là sur une étagère - mais cette bête là… elle semble particulièrement intelligente. Ça risque d’être intéressant. Je ne veux pas prendre le risque de tomber sur elle, alors qu’Aidan est contre ma poitrine ou sur mon dos. Il n’est pas encore assez silencieux pour venir pister avec moi, si tu vois ce que je veux dire. En tout cas cela expliquerait certains comportements de Lupus… je pense que c’est cette bête qui le perturbe tu sais. Au début je ne comprenais pas totalement pourquoi il se montrait à nouveau plus farouche, mais tout s’explique. Il doit être en conflit territorial avec ce nouveau prédateur. Bien que je n’ai encore déploré aucune hausse de la mortalité chez les proies de la région… encore un de ces éléments étranges. De quoi peut bien se nourrir une grosse bête pareil…elle soupira, en souriant encoremais je pense bien lever le voile sur tout ça ! Ne l’ébruite pas cela dit, je n’ai pas encore signalé sa présence dans mes rapports à l’Intendant. Je veux être sûr de ce que c’est avant. Et comme je pense l’intercepter avant qu’il ne représente un danger pour les élèves… - son cœur s’emballa soudain, enthousiaste - Il faut que je te montre mes nouvelles flèches tien ! Comme je ne compte pas la tuer, enfin si il s’avère qu’elle n’est pas dangereuse, j’expérimente un nouveau poison ces derniers temps. L’effet que je recherche et la paralysie partielle et l’endormissement. Il est presque au point, je dois seulement m’appliquer sur les dosages. Je les testes tous les jours donc ça avance plutôt bien. Tout va bien ??

Gareth était silencieux, mais il était vrai qu’elle parlait beaucoup sans le laisser interagir. Cela dit il s’était arrêté dans sa tâche, tout à fait attentif et elle le comprenait.
C’était la chose la plus palpitante qui lui arrivait ces derniers temps. Un mystère qui l’intriguait au plus haut point et sur lequel elle se concentrait avec application. Elle en avait discuté avec Elera également, souvent à l’extérieur, elle ne voulait pas que la marchombre prenne le moindre risque.


_Ne t’inquiète pas Gareth, je m’en occupe, il ne faut pas que cela t’inquiète outre mesure. C’est mon travail après tout non ? Evite simplement de ne pas trop t’attarder, rentre plus tôt par exemple. Je la soupçonne de ne sortir que la nuit.elle lui sourit encore en brouillant énergiquement les oeufs et les verser sur la préparation déjà sur le feuJ’ai grande hâte de la découvrir en tout cas ! Elle semble avoir le pelage clair, sûrement un beau spécimen, j’ai ramassé quelques poils la semaine dernière. Tu veux les voir ? Je les ai rangés dans une petite fiole de verre sur la cheminé, mais ne l’ouvre pas. Ils sont imprégnés d’un parfum véritablement unique et je souhaite le conserver le plus longtemps possible, afin de les comparer si j’en trouve d’autres.silence - Ce n’est pas un parfum uniquement sauvage nimbé de caractère comme la plupart des fauves... il y a autre chose… mais je n’arrive pas à mettre des mots dessus.elle réfléchit un instant avant d’ajouter- ça me semble véritablement... unique, oui à ma connaissance en tout cas. Je n’ai jamais sentie quelque chose comme ça chez un félin ou tout autre animal… c'est un peu comme... une sorte de discordance plutôt étrange et surtout insolite. Un peu comme toi qui sent le chat mouillé quand il pleus! - la jeune femme rigola de bon cœur à cette caractéristique particulière qu'avait développé le corps de son ami. Les yeux souriant, la jeune femme le bouscula amicalement du coude, pour qu'il comprenne bien que c'était une taquinerie.- Hein mon chaton, tu pourras peut-être m’aider à élucider ce mystère, tien!


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Gareth Wilth

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeDim 3 Fév 2013 - 19:01

Julia n'aimait pas son sourire. Pourtant, il était charmant. Et Gareth étant un homme, il savait reconnaître un joli sourire chez une femme. Un sourire n'était pas toujours beau avec ses traits fins, ses dents alignées à la perfection, ses lèvres rosées. Un sourire était beau lorsqu'il était donné, lorsqu'il était simplement là. Un sourire, c'est toujours beau lorsqu'il est pensé.
La femme se rendit soudain compte de l'information donnée par Gareth. Oui, végétarien. Ironique pour un félin ? Certes, mais pas pour l'homme. Il était un animal, il ne tuait pas des animaux par plaisir. Il haïssait voir leur regard empli de terreur lorsque ceux-ci voient leur fin, lorsqu'ils savent que plus aucune chance de survie ne persiste. Leurs yeux effrayés. Leurs battements de coeur qui s'arrête sous la torture de ses crocs, leurs derniers cris d'agonie résonnant encore. Il ne pouvait manger leur chair après cela, il se le refusait. Le fauconnier ne chassait qu'une fois par mois, mais ce n'était pas pour lui. Il fallait bien nourrir les rapaces qui pullulaient dans la volière et les cuisiniers avaient bien d'autre chose à faire que de lui donner de la viande. Parfois, lorsque des restes inutiles subsistaient, Gareth arrivait à se les procurer, mais il se voyait bien vite obliger de chasser lui-même.
Non, il ne mangeait pas la chair d'êtres vivants. L'Esprit de la Bête le faisait bien assez souvent lorsqu'Elle réussissait à prendre possession de son corps.

Julia ne savait plus que faire, elle était désemparée face à ce problème. Elle marmonnait dans sa barbe et cela faisait sourire le fauconnier. Il était vrai que c'était plutôt étonnant de savoir qu'il était végétarien lorsqu'on le voyait. Il n'était pas maigrichon et non dépourvu de muscles.
Ma fois, les épinards peuvent parfois faire des miracles !
Cela aurait été l'explication qu'il lui aurait donné si elle n'était pas tant absorbée par ses placards. Une explication aussi vraie que lorsque l'on dit que les chevaux volent. Ce n'était ni les épinards, ni aucun autre légume qui le rendait ainsi. Il l'avait d'ailleurs toujours été, aussi fort. Simplement ses gènes particuliers. Ses gènes animales.

La forestière se rendit compte qu'elle marmonnait et finit par reprocher au métamorphe de ne rien lui dire. Il trouvait cela si drôle qu'il n'en avait pas eu envie. Son sourire était toujours aussi étiré alors qu'elle, elle riait de sa découverte. Elle s'immobilisa cependant sans finir sa phrase. Gareth pencha la tête, fronçant les sourcils. Ils se connaissaient depuis plusieurs mois, mais leur vie était encore un jardin secret autant pour l'un que pour l'autre. Ils ne savaient pas grand chose, ils ne parlaient que au jour le jour. Leur passé n'avait pas sa place entre eux. C'était bien ce qui lui plaisait dans leur relation, mais elle l'inquiétait parfois lorsqu'elle se murait dans son silence et que ses yeux semblaient perdu dans un au-delà auquel il n'aurait jamais accès. Elle finissait toujours par lui dire que tout allait bien, un sourire forcé aux lèvres. Ce genre de sourire ne pouvaient le tromper, il les utilisait bien trop souvent. Et elle lui en offrit un cette matinée-ci également.


- Une omelette, c'est parfait. Ne te presse surtout pas, je n'ai pas grand chose à faire aujourd'hui.

Il se dirigea donc vers l'étagère qu'elle venait de lui désigner, prit la serviette brune et après avoir empoigné un couteau à pain, commença à en couper des tranches. Julia recommença à parler en lui demandant qui était Sharo. Il n'eut cependant pas le temps de lui répondre qu'elle enchaîna sur une histoire de tigre des prairies. Les mots sortaient de sa bouche comme l'eau coule dans la cascade. S'empêchant de rire à grands éclats, il s'efforçait de l'écouter attentivement. Une seconde de répit, puis elle reprit, infatigable.

Lorsque le mot prédateur sortit des lèvres de la femme, les doigts du fauconnier s'immobilisèrent. Elle était sur les traces d'un prédateur. Le seul problème, il était bien placé pour savoir qu'il n'existait pas trente-six prédateurs dans les parages. Il n'y en avait même presque pas. Un ou deux, pas plus. Et ils ne s'aventuraient jamais par ici. Son coeur commença à battre la chamade. Aurait-elle... Non, elle ne pouvait pas, c'était tout bonnement impossible.
Un grand félin, elle en était convaincue, mais elle ne connaissait pas cette espèce. Le coeur de Gareth manqua un battement. Si, elle avait trouvé ces traces. Ses propres traces à lui. Cela posait problème, un très gros même. Si elle se mettait à sa poursuite, ce qu'elle avait apparemment l'intention de faire, il ne pourrait plus se déplacer en sûreté dans les parages. Elle pensait qu'il pouvait être en danger dans les plaines, mais elle était très loin de se douter de quel danger elle voulait parler. Elle était ce danger. Sauf qu'elle ne pourrait jamais rien lui faire, il était bien trop rapide pour elle, bien plus fort aussi et il avait l'avantage de posséder des sens bien plus développés qu'elle. Très bonne pisteuse, il n'en douait pas. Mais ce prédateur était loin d'être comme les autres. Il avait une conscience humaine, il était donc doté de pensées et réfléchissait lorsque l'on s'en prenait à lui. Ce n'était pas qu'un vulgaire tigre des prairies.

Comment avait-il pu se faire voir ainsi, aussi facilement. Il avait été imprudent. Pourtant, il ne faisait que surveiller ses arrière, ne pas laisser de trace, toujours se métamorphoser dans les sous-bois, ne jamais se montrer au grand jour. Mais elle avait découvert ses traces. Traces uniques. Aucun autre animal ne les possédait, ce genre d'animaux ne peuplaient que les îles Alines. Et encore, ils n'étaient pas si nombreux que cela. Il s'était fait découvrir comme un débutant.
Se mordant la lèvre, il ne parlait pas. Bien trop concentré sur les tremblements de sa main droite pour dire quoi que ce soit. Comment avait-il pu se laisser avoir aussi facilement ?

Imbécile, tu devrais être bien plus prudent. Personne n'a jamais trouvé tes traces, personne n'avait pu en trouver jusque là, elles étaient bien trop dissimulées. Julia les a trouvé. Imbécile ! La prudence est pourtant ton maître mot !

Gareth releva la tête lorsqu'elle annonça qu'elle voulait lever le voile sur toute cette histoire. Il ne fallait pas qu'elle le fasse, il ne fallait pas qu'elle tente de trouver la trace du félin. Elle risquait bien plus que ce qu'elle ne voulait bien croire. Il suffisait qu'un jour seulement le métamorphe relâche sa garde, que l'Esprit prenne sa place, et s'en était fini pour elle. Si elle se retrouvait face à Elle, elle était perdue. Elle ne devait pas se lancer à sa poursuite et il devait l'en empêcher.
Il s'apprêtait à parler lorsqu'elle continua encore sur sa lancée, imparable.
Des flèches ? Du poison ? Ses yeux s'écarquillèrent, sa salive faisant un bruit lorsqu'elle passa dans sa gorge. Elle ne comptait pas la tuer. Expérimenter un nouveau poison. Et si elle se retrouvait face à Elle ? Si l'Esprit prenait son corps et s'en prenait à la femme ? Ne la tuerait-elle pas ? Julia tenterait de sauver sa vie et le tuerait. Gareth préférait parmi toutes les solutions que la forestière l'achève avant que son corps ne le fasse. Il devait tout de même tout faire pour qu'elle n'ait pas à le faire, qu'elle ne mette pas sa vie en danger. Elle ne devait pas. La convaincre par tous les moyens.

Le regard dans le vague, il entendit à peine la question de Julia. Elle ne lui laissa cependant pas le temps de lui répondre, une nouvelle fois. Trop pressée de lui parler de ses découvertes sur ce mystère. Mystère qui n'en était pas un pour lui. Des poils, elle avait découvert des poils ? Une odeur particulière. Julia avait bien trop d'indices, elle en savait bien trop. La main de Gareth finit par stopper ses tremblements.
Trop d'indices signifiant que l'animal n'était pas comme les autres, unique en son genre, spécimen rare. Pour le peu qu'il la connaissait, il la savait capable de trouver le fin mot de l'histoire. S'il la laissait faire, elle saurait un jour. Ca, il ne pouvait l'accepter. Il se retourna alors vers elle, jeta son regard océan dans le sien afin de lui montrer que c'était à lui de parler. Elle se tut instantanément. Plus rien ne semblait vouloir sortir de sa bouche.


- Julia. Je t'interdis de te lancer seule sur les traces de ce félin. J'aurais préférer t'interdire de le pister tout simplement, mais je sais que tu ne m'écouteras pas. Cependant, je n'en pense pas moins. C'est dangereux. Tu ne sais pas à quoi t'attendre. Cette bête, ce monstre de muscles et de crocs, tu ne le connais pas. Tu l'as dit toi-même, il n'est pas d'ici, ce n'est pas un tigre des prairies. A en croire ce que tu viens de me dire, il a l'air plutôt malin, débrouillard, dangereux surtout. Il sait ce qu'il fait, il sait où il va et si on ne l'embête pas, il ne nous embêtera pas. Tu l'as dit, il n'a tué personne. La mortalité des autres animaux n'a pas changé. Alors pourquoi vouloir s'en prendre à lui ? Il vit apparemment ainsi, il ne changera pas de mode de vie. Nous sommes bien placé pour le savoir tous deux, vivant avec les bêtes. Un animal ne change pas ses habitudes sous des pulsions. Il lui faut un motif. Et un traqueur peut en être un.

Gareth n'était pas doué pour les monologue, c'était simple, il n'en faisait jamais. Mais là, il en allait de la protection de Julia. De la protection de son secret aussi, en dernier plan.

- Alors je t'en conjure, ne fais rien de stupide.

Ne La réveille pas, ne réveille pas l'Esprit de la Bête. Elle se tient tranquille ces jours-ci et si tu La traque, si tu me traque... Je ne pourrai pas toujours La maintenir, je dois La laisser s'exprimer parfois. Je ne voudrais pas que tu sois dans les parages.

Gareth espérait réussir à la convaincre, mais il voyait bien que ce n'était pas gagné. A son regard. Cela faisait depuis longtemps qu'elle n'avait eu d'occupation comme celle-ci, elle ne la lâcherait pas aussi facilement. Il le savait. Comme le chasseur sur sa proie. Ou le traqueur. Elle avait ce regard qui ne démentait pas, ce regard qu'il avait croisé plus d'une fois lorsqu'il avait croisé la route d'hommes qui voulaient sa peau. Ce regard qui disait de ne pas se mettre en travers de sa route, ce regard empli de détermination. Elle n'allait pas lâcher sa proie. Elle n'allait pas le laisser en paix.
Mais si elle obtenait ce qu'elle voulait, qu'allait-elle faire ?


- Je ne sais pas ce que tu compte faire de cette bête si tu la capture, je ne sais pas si tu y arriveras. Mais je ne peux te laisser t'aventurer seule alors... que cette bête est là, si menaçante.

S'il le faut, je disparaîtrais. S'il le faut, je quitterais l'Académie pour un moment. Mais je ne veux pas te mettre en danger, je ne veux mettre personne en danger. Tant que l'on ne m'approche pas, tout va bien. Mais tu cherche à me traquer. Je ne te laisserais pas faire. Tu n'approcheras pas de mon autre moi. Jamais.

- Et si malgré mes demandes, malgré mes supplications, tu n'abandonne pas l'idée folle de te lancer à la poursuite de ce fauve destructeur, je n'aurais d'autre choix que de te surveiller en permanence. Et tu sais que j'en suis capable. Pense à ton fils.

Les yeux de Gareth s'étaient durcis. Ses paroles étaient sans appel. Il la surveillerait quoi qu'il se passe, quoi qu'elle en dise. Il savait qu'elle n'allait pas abandonner. Elle possédait ce regard. Détermination.




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Julia

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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeJeu 7 Fév 2013 - 11:23

Paralysée par la surprise. Mère et fils.
Aidan avait sursauté dans son panier et n’osait plus bouger à présent. Il geint un instant, son petit corps tout crispé, attentif comme jamais à ce que se passait soudain.
Julia ne réagit pourtant pas immédiatement, pour le rassurer. Un regard bleu océan, d’une intensité peu commune, s’était planté dans le sien, la touchant en plein cœur. Morte. Si un regard pouvait foudroyer, elle serait morte. Sur le coup, sa poitrine en avait été presque douloureuse ! Rien vu venir.
Le monologue soudain enflammé de son ami la tint définitivement comme « punaisée » au mur le plus proche. Totalement déstabilisée, son cœur manqua un battement avant qu’elle puisse de nouveau respirer convenablement. Avait-elle dit quelque chose qu’il ne fallait pas? Comment devait-elle réagir?


_Alors tu… tu ne veux pas voir mes nouvelles flèches ? s’entendit-elle lamentablement répondre d’une petite voix, comme rien d’autre ne lui venait encore à l’esprit. -

Pour une raison qu’elle ne put expliquer, Julia se sentit rougir. De honte ? De surprise ? D’intérêt pour cette nouvelle facette chez son ami? D’émotion ? De colère ?
Peut-être un peu de tout à la foi et un chouya de plus pour la toute dernière hypothèse. C’est ce qui lui fit finalement réagir avec soudain plus d’assurance, car toute la porté du discourt de son ami éclatait maintenant enfin en elle. Elle se reprit :


_Je ne peux pas attendre qu’il s’en prenne à un élève et qu’il y ait mort d’homme pour réagir Gareth ! La sécurité du parc et alentour, c’est mon métier. Je suis déjà sur la corde raide pour ne pas avoir encore signalé la présence d’un tel prédateur, venu s’installer aussi proche du quotidien des enfants qui vivent dans cette école ! Tu veux me faire renvoyer ou quoi? C’est ce que tu veux ?!

Elle avait elle aussi élevé la voix.
Dans le doute : l’attaque était la meilleur défense, du moins dans cette situation. Elle ne savait pas pourquoi son ami réagissait ainsi, le sens lui échappait encore… mais il semblait être déterminé à vouloir la dissuader de courir après cet animal. Il semblait décidé à interagir dans sa vie d’une façon qui ne l’aiderait en rien.
Mael lui-même ne lui parlait comme ça. Sauf en dernier recours car il fallait bien l’avouer elle était parfois une vraie tête de mule. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait « discuté » ainsi avec quelqu’un.

C’était pourtant une technique de communication avec laquelle elle et son fort tempérament étaient à l’aise, car elle était à son image. Et bien que cela fasse déjà longtemps qu’elle n’avait eu à se dresser contre quelqu’un, de part le naturel calme et doux de Mael et durant un moment à cause de son absence ; ce n’était pas un état qu’elle avait appris à craindre pour autant. Au contraire.

Elle n’aurait jamais imaginé par contre, partager ce trait de caractère avec Gareth le silencieux. Celui de ses amis qui s’exprimaient avec le plus de timidité, de réserve. Ce nouveau visage l’étonna d’abords, mais la surprise passée elle fut heureuse d’avoir fait sa connaissance. Cela le rendait plus… humain ? Elle en été presque émue, qu’il réagisse soudain avec autant de naturel et de spontanéité. C’était peut-être une marque de confiance quelque part… Et puis il semblait s’inquiéter vraiment pour elle… bien plus que Mael n’avait jamais osé lui montrer. Mais par la Dame ! Quelle mouche l’avait donc piqué celui là, pour qu’il lui parle soudain sur ce ton ? Son regard de braise bien que plein de charme ne lui donnait pas le droit de se comporter ainsi avec elle.
La surveiller, non mais… elle aurait tout entendu décidément !


_On se calme là ! Reprends toi bon sang! Non mais ho ! Comme si je pouvais délibérément ignorer un truc pareil ! J’ai une conscience moi mon gars ! Et ne m’oblige pas à m’énerver devant Aidan !

Fronçant les sourcils, Julia s’empara de son fils qui agitant ses petits bras dans l’air criait et pleurait à présent en devenant tout rouge.
Il n’était pas habitué à ce que l’on parle si fort, Julia ne l’avait pas accoutumé à ce type de ton. De plus, il semblait être un enfant sensible aux changements d’atmosphère et il ne connaissait pas encore celle-ci. La surprise avait dû saisir son petit cœur vulnérable et il pleurait à gorge déployé.
Le serrant affectueusement contre elle, la jeune mère le berça en déployant des trésors de techniques pour calmer le petit cœur paniqué. Des murmures d’apaisement, des baisers et la sécurité de ses bras qui se mirent à le bercer en rythme.
C’était un bien gros chagrin, si bien qu’elle l’emmenât dans l’autre pièce où inquiète elle resta un moment à s’employer à aider son petit à retrouver le calme.


_Chuuuut fit-elle tout basMaman est là, ce n’était rien Aidan. Calme toi, doucement… tout va bien…

Lui caressant longuement le front, le bébé eut encore quelques hoquets de chagrin mais cessant enfin de pleurer il s’agrippa à sa mère, ses petites joues encore humides et roses. Son petit cœur soupira et il finit par s’endormir. Julia le posa enfin délicatement dans son berceau. D’un doigt, la jeune femme fit tournoyer le mobile au dessus du petit endormi au cas où il rouvrirait les yeux et caressant lentement son minuscule front tout lisse un instant, elle retourna à la cuisine.

Une légère odeur de brulé la fit se diriger directement vers la poêle où son omelette était sur le point de prendre feu. Se frappant le front de la paume de la main, elle jeta la poêle dans le bac à vaisselle. Une volute d’eau évaporée remonta jusqu’au plafond avant de s’échapper par le volet ouvert le plus proche. Sauvant ce qu’elle put de l’omelette, elle le mit de côté dans une assiette. Cela ressemblait plus à une sorte de bouillit, peut-être même pas comestible !
La jeune femme s’appuya un instant sur son plan de travail, les mains crispées sur le rebord, le temps de reprendre son calme. Puis elle répondit à Gareth qui n’avait plus rien ajouté :


_Il faut que nous ayons une mise au point tous les deux.elle se tourna vers lui, en jetant son chiffon de cuisine sur la paillasseJe suis… honorée, de l’inquiétude que tu sembles avoir pour moi et pour Aidan. Vraiment, en toute sincérité ça me touche énormément. Mais j’aimerais savoir si tu sembles conscient de l’absurdité de tes paroles ?! se fut à elle de le fixer afin d’être certaine d’avoir toute son attention - Je connais cette forêt comme ma poche ! Et bien sûr que j’y risque ma vie ! Et ça, tous les jours ! Je n’ai pas eu à attendre qu’un félin remonte jusqu’ici pour en avoir conscience. Je sors la journée et ne sachant jamais jusqu’où mes pas vont me mener, j’ignore chaque jour ce qui va m’attendre. Un glissement de terrain ? Un nettoyage de lourds branchages qui menacent de tomber à tout moment qui tourne mal ? Me retrouver face à un sanglier qui protège son territoire comme c’est déjà arrivé ? Une partie de chasse qui se retourne contre moi ? Une chute douloureuse loin de la maison qui m’empêcherait de rentrer ? silence, Julia repris son souffle Ce sont les risques de mon poste Gareth ! En ai-je peur pour autant ? Non ! Je continus à me lever tous les matins avec la même curiosité, je marche tous les jour le long de crevasses instables, je charrie sans cesse des branchages et des rondins, je vais régulièrement prendre des nouvelles de la santé de ce sanglier, je n’ai pas arrêté de chasser et surtout je m’éloigne aussi loin que je le peux dès que cela me semble possible. C’est ma vie, mon travail d’aller à la rencontre de ce type de manifestations qui peuvent être risquées! On m’emploie pour ça. Pour prendre ces risques. Ce félin en fait parti !

Julia soupira en s’appuyant de nouveau contre le plan de travail, dos au bol de salade qui y reposait. Elle repris un ton plus bas :

_Si je devais penser comme toi tous les jours, à Aidan et au reste… je ne ferais plus ce métier. elle baissa un instant le regard, méditative - Mais je vous ai vous. Locktar quand il peut, Elera et toi. Je sais que si il m’arrivait quelque chose, je pourrais compter sur vous. Et ton discourt en même temps qu’il me surprend, me rassure encore d’avantage.elle croisa à nouveau son regardTu ferais ce qu’il faut avec Aidan, j’en suis certaine, je te fais confiance.

La jeune femme entreprit de nettoyer l’assiette qu’elle venait d’utiliser, après avoir jeté finalement l’espèce d’omelette brouillée à la poubelle. Elle ne pouvait quand même pas servir ça à Gareth tout de même ! Il fallait recommencer ou alors faire autre chose, se dit-elle en frottant énergiquement la poêle encore chaude.

_C’est la première foi qu’on s’inquiète autant pour moi, - dit-elle pensive - enfin, avec une démonstration pareil je veux dire. personne n’a jamais remis en cause mes compétences. Personne n’a jamais douté… ou du moins m’en a ouvertement fait part, car parait-il j’aurais un caractère de cochon. Tu as du cran elle lui offrit finalement un demi sourire en soupirant Quel plaisir de te découvrir Gareth Wilth! Mais où te cachais-tu durant tout ce temps ?! Enfin ! ses yeux se mirent à sourire également quand elle ajouta - J’aime les personnes qui ont du cran.

Débrouillarde par sa longue solitude. Seule par son besoin d’autonomie…
On avait jamais osé remettre en cause cette partie de sa vie durant laquelle elle avait acquis la plupart des affinités qui composaient son caractère et sa personne… sans doute de peur de remuer certaines choses douloureuses. Il était vrai cependant que Gareth ne savait rien de tout ça. Il ne savait rien de cette période… comme elle ignorait elle-même ce que le fauconnier avait put vivre avant d’arriver dans l’établissement. Ils n’en parlaient jamais et cela semblait les arranger tous les deux… mais pour la toute première foi… cette décision muette qu’ils avaient prit ensemble, cette carence entre eux… semblait finalement avoir ses limites…


_Donc si je comprends bien au final… tu me proposes ton aide pour la capturer ? regard interrogatif si c’est ça j’accepte. Tu n’avais pas à paniquer comme ça, j’avais besoin de quelqu’un pour la déplacer de toute façon, elle semble trop lourde pour que je puisse la porter seule et je n’ai pas de chariot.soupir - Tu sais très bien que je n’aime pas les tons autoritaires et qu’on me donne des ordres. retour à la poêle presque propre maintenant.Et c’est ce qui risque d’arriver si on découvre la présence de cette bête dans les parages. Pas tout le monde à notre sens de la nature tu sais ? C’est pour ça que je ne l’ai pas encore signalée. Si l’Intendant l’apprend, il m’ordonnera de l’abattre sans sommation, pour la sécurité des élèves. Et comme je ne suis pas certaine de pouvoir lui obéir, je perdrais sûrement ma place et je ne peux pas me le permettre. Alors que si je la capture avant tout ça, pour la déplacer ailleurs, rien de tout ça n’arrivera ! Ni vu, ni connu en somme. D’où le fait que je te demande de ne pas l’ébruiter. Et puis j’aimerais tellement la voir… j’ai une relation particulière avec certains animaux, je veux sentir ce qu’elle est, je veux voir son regard, observer son attitude. L’approcher. Elle me rend curieuse.

Peut-être que son ami aurait mieux comprit ses motivations, si il la connaissait d’avantage ? Peut-être aurait-elle mieux compris la réaction de son ami, si elle avait sut qui il était. Mais elle ne savait pas qui il était. Elle lui faisait confiance sans savoir… c’était la première foi qu’elle se montrait aussi imprudente avec quelqu’un. Certainement une grave erreur de sa part… elle espérait pourtant, ne jamais avoir à le regretter…



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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeLun 11 Fév 2013 - 20:36

Julia semblait déroutée, elle ne put que s'indigner qu'il ne veuille pas voir ses flèches. Elle reprit cependant bien vite du poil de la bête, ses pensées apparemment remises en place.
Ces arguments étaient imparables et Gareth savait qu'elle avait raison. D'un certain sens. Laisser une bête féroce dans les parages était une bêtise, mais Julia n'avait pas toutes les informations. Elle ne les obtiendrait jamais. Ses intentions étaient honorables, mais il ne pouvait la laisser faire. Il était la bête, il savait comment son corps risquait de réagir. Son instinct surtout. Il savait que la seule qui était réellement en danger, c'était bien elle. Les seuls au dessus desquels le danger planait étaient ses proches. De par ce fait, il ne pouvait délibérément la laisser commettre cette idiotie. Il ne pouvait la mettre en danger alors qu'il en savait bien plus qu'elle. La convaincre à tout prix même si cela était mal parti. Il sentait bien que leur discussion allait finir en dispute, tous deux défendaient leur opinion contre tout.
La forestière sortait de ses gongs et Aidan pleurait en agitant ses petits bras. La mère essaya de calmer son enfant, en vain. Il pleurait encore et encore, sans une seconde de répit.

Elle l'emmena dans l'autre pièce. Gareth ne put s'empêcher de tourner en rond, de ressasser ce qu'il venait de se produire. Que lui prenait-il ? Pourquoi parlait-il autant ? Pourquoi ne l'écoutait-elle pas ? La colère montait en lui, les battements de son coeur prenaient de la vitesse, les veines de ses tempes ressortaient presque.
Pourquoi le monde n'était pas plus simple, pourquoi les être humains avaient-ils aussi peur de la différence ? Sans cette peur irrationnelle, le métamorphe pourrait vivre en paix. Avec lui-même. Il pourrait vivre comme les autres, vivre sans constamment surveiller ses paroles. Vivre comme un chacun. Mais cette peur existait bel et bien, jamais sa vie ne serait paisible. Toujours être sur ses gardes, toujours.
Colère naissante.
Le fauconnier tentait de reprendre son calme pour ne pas réveiller l'Esprit de la bête. Ses émotions le trahissaient bien trop souvent, il devait sans cesse les canaliser. C'était sans doute pour cela qu'il ne montrait jamais ses sentiments aux autres. Insondable. Non humain.
Gareth se retourna à nouveau et posa ses mains à plat sur le comptoir. Se calmer, à tout prix. Sauf que Julia refit surface dans la cuisine et recommença à parler. Il ne pouvait lui répondre, bien trop concentré sur lui-même pour penser à de quelconques phrases. Une chaleur intense surgit vers son coeur.
Elle se réveillait. Le métamorphe aurait dû partir afin de canaliser son trop plein de colère, mais il restait. Bien trop déterminé à convaincre son amie d'abandonner son idée.

Elle le fixa, un nouveau monologue aux lèvres. Il n'arrivait pas à la stopper, mais son regard ne quittait pas le sien. Accrochés l'un à l'autre. Un duel sans failles entre un bleu océan et un mélange vert-bleu intense. Enervée, elle lui reprochait de remettre en question ses capacités dans son travail. Si seulement elle savait... Jamais il ne remettrait ses compétences en question, mais il savait pertinemment que cette bête, ce félin, n'était pas comme les autres. Et de loin.
Elle sembla soudain se calmer et lui offrit un demi-sourire. Elle le remercia en quelque sorte, heureuse de découvrir le vrai Gareth. Ce dernier aurait tout espéré sauf cela. Du cran ? Il en avait à revendre, il ne le montrait seulement jamais. Il se contentait d'arpenter les couloirs sans émettre un seul mot. Aucune attache. Cette méthode ne marchait apparemment pas, il s'était fait des amis malgré ses précautions.

La bête se retirait gentiment, sa colère étant passée. Il lâcha le rebord du comptoir et se redressa de toute sa stature. Un silence de quelques secondes s'était installé entre eux. Silence de courte durée, Julia le brisant bien vite.
Elle avait raison. L'Intendant risquait d'ordonner la mise à mort de l'animal. Sa mise à mort. Sauf que l'Intendant n'entendrait jamais parler de ce félin. Le métamorphe était bien trop prudent pour se faire avoir par plus d'une personne. Julia était forestière, pisteur sans failles. Il était normal qu'elle ait découvert sa présence.


- Je te propose mon aide seulement si tu continue à vouloir traquer cet animal.

Les mots venaient soudainement à lui, une pluie de lettres s'échappaient de son esprit, il n'arrivait plus à la contrôler. Jamais il n'avait autant parlé, pas même avec Tyama. Ou en de rares occasions. Si, il existait bel et bien quelqu'un qui arrivait à faire ressortir le meilleur de lui, quelqu'un qui lui déliait la langue.
Avait existé... Iola... Son amour, sa victime...

Plus jamais. Jamais
Elle ne pourrait recommencer, je ne lui en laisserait pas l'occasion. Et si Elle y arrivait, je n'aurais plus qu'une unique solution. Pour les sauver. Mourir.

- Je t'avoue que je préférerais largement que tu abandonnes ton idée. Cet animal ne fait de mal à personne et tu es apparemment la seule à avoir décelé sa présence. Il n'est pas un danger tant qu'il ne rentre pas dans l'enceinte de l'Académie. Ce qu'il fera sans doute jamais, il est bien trop malin pour faire cette bêtise. Sa vie compte bien plus qu'une simple randonnée dans des couloirs de pierres.

Il ne pouvait pas lui en dire suffisamment pour la convaincre sans se trahir, pourtant, il devait trouver des arguments imparables. Il avait cependant une unique solution, radicale. Ne plus se transformer. Sauf qu'il devait assouvir son besoin d'étendues sauvages, son besoin de liberté. Ses instincts animales le poussaient dans les plaines, les montagnes, les forêts. Il ne pouvait les ignorer. Laisser parfois la bête prendre le dessus pour la calmer. Il ne pouvait ignorer l'appel de la Nature.

Ne pas s'énerver, garder son calme. Tout faire pour qu'elle ne risque rien. Une seule solution s'offrait à lui. Il la prit à contre-coeur.


- Très bien, je vois que ton fort caractère contre le mien ne peut que nous amener à une impasse. Je ne pourrais te convaincre de renoncer à ta traque. Un seul petit conseil... Ne prends aucun risque inutile, je t'en supplie. Je connais ce genre de bête, bien plus que tu peux le croire, je sais ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas. Ne l'approche pas trop près, tu risque de l'énerver et elle ne t'épargnera pas. Ne te dis jamais qu'elle ne t'a pas vu, elle te verra toujours. Ses sens sont bien plus développés que les tiens. Elle saura de toute manière où tu te trouves. Je t'en prie, ne fais rien de stupide...

Il n'avait pas parlé autant depuis longtemps. Depuis la mort de Iola.
Il n'avait d'autre choix que de l'encourager pour mieux la semer. Moins de transformations, s'éloigner d'Al-Poll. Rentrer dans son jeu. Il aurait sans cesse une longueur d'avance sur elle. Il n'avait plus le choix. Il la dissuaderait d'une autre manière ; la dégouter de cette chasse qui s'avérerait intense. Difficile.


- Et... ces flèches ? Elles sont précises ? Quel poison tu utilises, enfin, quelle plante est à la base de ton poison ?

Court silence, soupir.

- Tu ne veux rien entendre, alors au moins que je t'aide.

Tu renonceras Julia, tu renonceras.





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Julia

Maître forestier
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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeVen 22 Fév 2013 - 16:31

Il n’écoutait pas.
Pas un mot…
Le changement soudain de tactique de son interlocuteur fut si abrupt, qu’elle crut un instant qu’il se moquait d’elle. Après s’être échangé de tels regards… il croyait toujours qu’elle n’avait pas perçu en lui une détermination au moins aussi inébranlable que la sienne propre. Une détermination louche. Qui pensait-il donc qu’elle était ? Une femme bien plus naïve qu’il ne semblait se représenter en tout cas.
Quand il acheva sa dernière phrase, le regardant droit dans les yeux afin de bien se faire comprendre entièrement sur qu’elle dirait mais surtout sur ce qu’elle ne dirait pas, elle lui répondit:


_Cela ne sera finalement pas nécessaire. Peut-être est-elle venu de loin pour me libérer après tout.

Et ce fut tout.

Peur de mourir ? Elle était encore jeune, mais cela faisait déjà bien longtemps pourtant qu’elle attendait ce jour avec impatience. Il était bien plus intéressant et libérateur de s’en aller sois–même visiter les rives de lumières, plutôt que de subir le départ des autres. Et des départs, elle en avait déjà trop vu. Si c’était son tour bientôt et que la Dame avait envoyé ce félin spécialement pour lui offrir un allé simple pour les rives étincelantes, alors cette bête était une bénédiction. Elle prendrait la barque sans hésiter. Pour revoir les siens… et Mael.

Aydan s’en sortirait très bien, elle en était sûre. Il ne serait pas seul, elle veillerait sur lui de là-bas, lui communiquant l’apaisement qu’elle avait attendu toute sa vie.

Elle avait toujours sut se débrouiller seule de toute façon. Pourquoi voulait-elle parfois que cela change à tout prix ? Elle n’avait pas besoin de Gareth, elle n’avait besoin de personne, comme personne n’avait jamais eu besoin d’elle. Le sillon de son existence se creusait en périphérie de celle des autres, ne s’y entrelaçant que très rarement.
La vie l’avait taillée ainsi après tout. Certainement pour une raison précise ? Se protéger des autres peut-être… elle savait le prix qui lui en coutait quand rebelle, elle tentait d’aller contre cette fatalité. Mael serait peut-être encore vie si elle ne s’était pas liée à lui…
De même, devait-elle laisser les paroles de Gareth glisser librement pour ne lui causer aucun préjudice. Répondre et se battre, même avec des mots, c’était donné de l’importance au sujet, mais surtout à son interlocuteur. Alors que si elle redevenait passive, peut-être tromperait-elle la malédiction qui pesait sur sa tête et ceux qu’elle chérissait.

Elle parlait beaucoup, elle parlait trop … pour expliquer, répéter, développer alors que s’attarder en long et en large sur un sujet n’était pas son genre. Mais il n’entendait rien.
Parler éclipsait temporairement les longs moments de solitudes silencieuses, qui composaient la majorité de sa vie, pourtant l’effort ne valait pas un grain de riz, si l’individu en face ne le réceptionnait pas à sa juste valeur.
C’était peut-être ça, sa plus grande solitude. La frustration suprême des mots… ils ne touchaient guère les gens ou quand cela arrivait c’était pour leur faire du mal.
Elle ne connaissait pas les bonnes mesures et elle ne voulait pas blesser Gareth. Elle préférait donc de loin que ses mots ne l’atteignent pas.

Et puis la communication… ça n’avait jamais été son fort, il n’y avait cas voir ce qui s’était passé avec Mael… il n’avait même pas osé lui dire qu’il était malade, qu’il allait mourir…

Il n’avait pas osé la laisser s’exprimer sur ce sujet, ne lui en avait même pas laissé l’opportunité. Le propre père de son fils, quelle honte pour elle…
Comment pouvait-elle espérer faire mieux avec des gens d’en dehors, si même dans son propre cercle intime, elle n’avait pas su échanger ?

Ses doigts se crispant avec force au petit robinet au dessus de la poêle qu’elle rinçait, la ramenèrent partiellement dans le réel. La tête baissée, le regard voilé elle réalisa qu’elle pleurait. Comme la spectatrice impuissante de son propre corps elle ne sut plus vraiment comment s’y prendre pour s’arrêter.
Peut-être devrait-elle cesser d’essayer de communiquer… ça n’aurait pas été faute d’essayer pourtant, la Dame en était témoin.

De toute façon c’était terminé.
L’instant était passé.
Elle n’avait plus envie de débattre ou de parler et puis elle n’avait aucun compte à rendre à Gareth, qui ne voulait de toute façon pas l’écouter. Il lui avait volé son enthousiasme et celui-ci ne reviendrait pas avant longtemps.
Les résultats n’étaient de toute façons pas très probants : pour un pas vers l’avenir, elle se voyait l’instant d’après, en reculer de cinq vers le passé.
A quoi bon.

Qui plus est, la suspicion était maintenant naît dans son cœur à l’encontre du fauconnier. Il semblait en savoir beaucoup sur la bête… plus qu’il n’osait lui en parler. Elle était sûr qu’il connaissait au moins l’espèce dont il s’agissait, mais qu’il ne voulait rien lui en dire.
Son cœur se referma, ainsi que la fenêtre vers elle qu’elle lui laissait jusque là toujours ouverte. Plus envie de questionner, plus envie de discuter, elle avait atteint son maximum et ça n’avait pas suffit. Lassée et fatiguée par l’intensité de l’échange, Julia rangea en silence sa poêle dans un de ses placards. Les non-dits, elle en avait par dessus la tête et cela lui brûlait toute son énergie.
Elle priait pour que son ami n’ajoutât rien, si ce n’était pour de véritables explications.

Tournant précautionneusement le dos au fauconnier pour lui cacher son émotion, elle se mit à hacher d’autres pommes de terres qu’elle mit à frire au fur et à mesure, d’une main tremblante. Il n’y aurait que la salade de niam, la friture et quelques bouts de fromages ainsi que les tranches de pain. Cela irait très bien.
Quand son invité se tourna pour se saisir d’un ustensile, elle en profita pour sécher ses joues humides, avant de continuer à s’acharner sur les pommes de terres innocentes.
Il faudrait donner le bain à Aidan quand il se réveillerait.

Il est fou de réaliser à quel point certains poignards, étaient enfoncés profondément dans nos cœurs … un jour l’on subit leur attaque dans une douleur à rendre fou, le lendemain on les oublis presque pourtant. Et puis soudain comme un vieux rhumatisme, sa lame se réveillait à nouveau comme pour se mettre à tourner sur elle-même.
Impuissant, il fallait juste attendre qu’elle termine de vous déchirer un peu plus la poitrine, avant de sombrer à nouveau dans un sommeil temporaire. Peut-être pour de nouveau mieux remuer plus tard, qui savait…

Une parole contre une parole.

C’était ainsi que cela fonctionnerait entre eux dorénavant, qu’il le veuille ou non. Les zones obscures de leurs vies qu’ils ne souhaitaient jamais partager, prenaient le pas sur leur amitié encore fragile, car leurs comportements découlaient directement de ces vies là. C’était une décision muette qu’ils avaient prit tous les deux. Peut-être une mauvaise décision.
Elle parlait trop et lui pas assez.
Elle ne le brusquait jamais et lui voulait maintenant empiéter sur ses actes.
Le déséquilibre devenait trop bancal pour espérer quelque chose de positif, il fallait tout rétablir et sa mauvaise habitude à ne jamais rien partager de son jardin secret, allait finalement lui être utile.

Il pensait être le seul à maîtriser le silence, à en connaître le goût amer et le poids de tout son sens. Peut-être que cette foi-ci, il était tombé sur plus fort que lui.

Une parole contre une parole…
Le mur était érigé.




_______________
Chacune de nos vies est importante, ne l'oublions jamais.
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Gareth Wilth

Maître fauconnier
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MessageSujet: Re: Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé]   Tenter de se relever, parce qu'il le faut bien. [Terminé] Icon_minitimeJeu 28 Fév 2013 - 19:32

Julia ne voulait plus de son aide. Elle se méfiait sans doute de lui à présent, il avait été imprudent. Elle ne pouvait que se douter de quelque chose. Tant pis. S'il fallait sacrifier leur amitié afin de la sauver elle, il le ferait. Il l'avait déjà tant fait. Il pouvait recommencer une fois de plus. Sacrifier son bonheur pour la vie des autres. Sa vie se résumait en ces quelques mots. Fuir les liens, les détruire, les consumer avant même de pouvoir les contempler. Il restait seul. Seul avec la Bête qui habitait son corps.
Julia ne parlait plus. Ne voulait plus continuer à discuter avec le fauconnier. Le silence prit place entre eux, dévorant quelques bribes de leur relation. Ils se murèrent tous deux dans leurs propres pensées. Maudissant l'autre.
Le métamorphe sentait qu'elle se méfiait de lui. Il en avait trop dit, pas assez pour elle peut-être. Sauf qu'elle aurait beau faire ce qu'elle voulait, jamais il n'avouerait ce qu'il savait à propos de l'animal qu'elle comptait traquer. C'était signer son arrêt de mort. Seule Lyu l'avait découvert. A ses dépends. Il ne voulait pas que cette expérience se répète. Amarylis aussi. Il aurait pu la tuer ce jour-là. D'un unique coup de mâchoire. Jamais une telle chose ne se reproduira.

Elle lui tournait le dos, s'occupant les mains alors que ses pensées divaguaient. Pourquoi était-il tombé contre sa porte ce jour-là ? Si sa maladresse ne l'avait pas rattrapé, ils n'en seraient pas là aujourd'hui.
Le fauconnier dérobait de plus en plus à ses règles. Cette Académie le perdrait un jour. Ses règles. La première, la plus importante.
Ne jamais révéler qui il était. Règle inviolable. Par principe. Pour la sécurité des autres. De son entourage. Pourtant, il l'avait enfreint, à deux reprises. Jamais il ne se le pardonnerait. Une honte pour lui seul. Violer la première règle. De celle-ci découlait la seconde règle qui faisait de sa vie ce qu'elle était.
Ne pas créer de liens. Deuxième règle. Seul lui connaissait la raison de celle-ci. Protection de ses proches. La bête agissait en fonction de lui, Elle agissait en vue de le faire souffrir. Pure vengeance. Pourquoi donc ? Parce qu'Elle était enfermée en lui depuis sa naissance. Jamais sa truffe ne reniflait l'air, depuis vingt-quatre années. La liberté, elle ne connaissait pas. Elle était bien trop dangereuse, bien trop avide de sang. Il ne pouvait la laisser errer dans les terres. C'était pour cela qu'Elle forçait le barrage, qu'Elle tentait sans cesse de prendre le contrôle de ce corps partagé. Elle voulait sortir et goûter au sang. Bête féroce, assoiffée. Malheureusement, l'Esprit obtenait parfois ce qu'Il voulait. Il avait tué une fois. Un proche. Celle qui comptait le plus pour lui autrefois. Iola...
Ne jamais La laisser sortir. Cette troisième était primordiale même si difficile à respecter. Elle aussi, il l'avait enfreint plus d'une fois. Parfois les forces lui manquaient pour La contrôler, La retenir. Iola en avait fait les frais... Il ne voulait sous aucun prétexte qu'un autre de ses proches subisse les conséquences de ses faiblesses. Jamais plus.

Gareth sortit de ses sombres pensées alors que son amie continuait à préparer le déjeuner. Il se saisit alors d'un ustensile qui trainait par là avant de commencer à débarrasser les épluchures du plan de travail.
Le silence régnait de plus en plus. Même Aidan semblait accepter l'accord passé entre les deux adultes. Il ne disait plus un mot dans son berceau. Aussi silencieux qu'une feuille d'été. Le fauconnier sentait qu'ils ne parleraient plus. L'incident qui s'était produit quelques minutes plus tôt avait érigé un mur entre eux. Tous deux aussi butés l'un que l'autre, ils ne voulaient pas donner raison à l'autre. Ils gardaient leur vie secrète pour l'autre et ne parlait jamais de ce qui constituait leur existence. Ils ne partageaient que le présent, jamais le passé. Cet accord passé depuis le début de leur relation avait fini par la grignoter de part et d'autre.
Leur discussion enflammée avait révélé le déséquilibre qui régnait entre eux depuis le départ. Ils venaient de le remarquer seulement maintenant.
Ils venaient de nouer un nouvel accord. Silence. Un mot pour un autre.

Bien, elle ne voulait pas renoncer à sa traque. Elle semblait le sous-estimer, il possédait bien plus de ressources que ce qu'elle pouvait croire. Il ne la laisserait pas faire. Elle ne voulait plus de son aide ? Très bien. Il ferait donc tout pour qu'elle abandonne. Coûte que coûte. Cacher bien plus ses traces, ne plus trainer aux abords de l'Académie, faire bien plus attention qu'à son habitude. Et s'il n'y arrivait pas, il n'aurait plus qu'une seule et unique solution.
Se laisser prendre. Certes, il savait qu'une cage risquait de mettre l'Esprit en colère, mais si nul autre choix ne s’offrait à lui, il n'aurait pas d'autre solution que celle-ci. Se faire prendre, endormir peut-être même. Tant pis. Il savait que même endormi, seul son esprit pouvait lui rendre son apparence normale. Seule sa volonté. S'il s'endormait, il resterait puma. Elle ne verrait que le félin. Non l'humain. Non son ami. Se faire prendre, endormir et déplacer ailleurs. Il pourrait toujours revenir ensuite. Et faire plus attention lors de ses sorties nocturnes.
Un seul risque se posait dans l'équation. Qu'allait-elle faire de lui lorsqu'il serait endormi ? Cela, il ne pouvait le savoir. Elle aurait tout pouvoir sur lui. Tout pouvoir sur une bête féroce, dangereuse. Une bête qui menaçait la tranquillité des environs. Elle pouvait avoir un moment de relâchement et le tuer sans état d'âme. Alors c'en serait fini de lui. Même s'il avait envisagé cette option plusieurs fois, il ne pouvait la mettre à exécution. Le félin mort, le corps reprenait son aspect d'origine. Gareth. Julia ne pourrait supporter une telle vue. Elle ne pourrait supporter de voir Gareth, mort, de sa propre main. Il ne pouvait se permettre de lui faire subir une telle chose. Jamais. Il devait donc être sûr de ce qu'elle comptait faire du puma si cette option était sa seule carte.

Il releva son regard océan vers Julia. Une bassine dans les mains, elle semblait la remplir avec de l'eau. L'absence de fumée et le fait qu'elle ne tremblait pas ne serait-ce qu'un peu signifiait de l'eau tiède. Elle posa la petite bassine sur un plan de travail libre, s'éclipsa et rapporta deux linges, une éponge douce et du savon. Tout cela dans un silence complet. Elle ne dérogerait pas à la règle qu'ils s'étaient fixés. Elle ne dépasserait pas le mur qui s'érigeait de plus en plus entre eux.
L'instinct de Gareth se réveilla soudain. Son instinct de grand frère. Julia allait faire prendre le bain à Aidan.
Le fauconnier aimait beaucoup la forestière et partir sur une note négative le chiffonnait un temps soit peu. Et puis il voyait bien qu'elle était éreintée, que la petite larve ne lui laissait plus le temps de souffler. Elle était son amie et il ferait tout pour l'aider. Même sans son accord. Il fit le tour de la cuisine pour rejoindre la mère. Sourire. Ce n'était pas un désaccord qui allait l'empêcher d'être agréable et serviable avec son amie.


- Laisse-moi faire, j'ai deux frères cadets. Je sais comment m'y prendre. Vas te reposer, je vois bien que tu es fatiguée. Tu n'as plus une seconde à toi entre ton travail et ce petit bout.

Elle ne se fit pas prier deux fois. Le remerciant, elle le suivit tout de même jusqu'au berceau d'Aidan. Elle était sa mère, il était normal qu'elle garde un oeil sur son petit. Même lorsqu'il était entre de bonnes mains.
Gareth n'eut pas le temps de tendre les bras pour le prendre que le petit être ouvrit grand ses yeux gris. Il fixa Gareth, une fois de plus, comme captivé par l'homme qui se tenait devant lui. Un bâillement plus tard et quelques gesticulations, le métamorphe le prit dans ses bras d'une douceur qu'il ne se connaissait pas. L'emmenant avec lui dans la cuisine, il pouvait sentir le regard de Julia dans son dos.
Puis, plus rien. Il posa Aidan sur les linges, enleva son petit habit de toile chaude et lui donna son bain.
Plus rien n'existait d'autre que ce regard gris profond. L'enfant ne le quittait pas des yeux, l'homme ne lâchait pas son attention. Consciencieusement, il lavait le corps du petit. Le tenant en douceur pour qu'aucun incident ne puisse venir troubler cet instant unique. Ses deux mains ne quittaient pas le corps fragile de l'enfant. Comme les yeux du dernier ne quittaient pas la silhouette imposante du fauconnier. Il n'aurait pas su dire où se trouvait Julia tant il était absorbé par ces yeux, par cet instant, par Aidan. Elle aurait pu être à quelques mètres comme tout près de lui.

Il sortit de sa transe lorsqu'il sentit une petite main se refermer sur son gros pouce. Sa toilette était terminée, il s'impatientait. Son petit ventre réclamait sans doute à manger. Mais il ne pleurait pas. Le sortant de l'eau tiède, Gareth sécha l'enfant avant d'enfiler les vêtements propres qui étaient posés à côtés des linges. La petite larve était toute propre. Le fauconnier prit alors l'enfant dans ses bras. Il lui rappelait Eohn, son petit frère.
Gareth se retourna et vit que Julia n'était pas loin, dans un canapé. Il s'approcha et posa Aidan avec douceur dans les bras de sa mère.


- Je vais vous laisser, je viens de me souvenir que j'ai une leçon à donner à mon élève.

Gareth ne parlait pas beaucoup, il n'aimait pas vraiment parler. Ou était-ce qu'il n'en avait pas l'habitude à force de fuir sans cesse les autres... Il ne dit plus un mot, mais adressa un sourire à Julia et Aidan. Un au-revoir pour elle, un petit signe de la main pour lui.
Il sortit de la cabane, la laissant avec son enfant. Il aurait tant voulu se métamorphoser, devenir l'animal et se déchaîner dans les montagnes. Il ne le fit cependant pas. Julia ne devait plus découvrir de traces. Jamais.
Ses pieds d'homme le conduisirent vers la volière. Son sanctuaire.






[ Bon, je savais pas trop pour le bain, donc peut y avoir des choses étranges xP ]


_______________
Ronronner sur les genoux de Kylian ♥
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