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 Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]

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Marchombre
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MessageSujet: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Ven 9 Nov 2012 - 16:21

Il faisait nuit.

Kirfdéin avait revêtu sa tenue la plus sombre et la plus pratique. Il avait enfilé des gants de cuir et ceint une ceinture de couteaux à sa taille. Il était prêt.

Il faisait nuit depuis quelques heures maintenant.

Le jeune maître marchombre avait prévu un cours avec Méline. En dehors de l'académie pour éviter tout problèmes avec les patrouilles de gardes ordonnées par l'intendant nouvellement en poste. Le cours devait se dérouler au pied des montagnes qui entourait l'académie mais en vérité, le début de ce cours était au saut du lit. Kirfdéin n'allait pas aider Méline à sortir discrètement de l'académie. Il allait la laisser faire. Elle devrait éviter les patrouilles de gardes et se faire silencieuse pour arriver au point de rendez-vous.

Kirfdéin attrapa un sac qu'il avait préparé la veille et il le fixa sur son dos. Il rabattit une capuche sur sa tête pour dissimuler ses cheveux de neige, beaucoup trop voyant à la lumière de la lune. Il ouvrit la fenêtre de ses appartements et il sortit dans les ténèbres.

Il faisait nuit et les gardes patrouillaient dans toute l'académie.

Kirfdéin grimpa le long du mur, direction le toit. En bas, l'éclat du lampe était visible, signe de la présence d'au moins un garde. Le maître marchombre atteignit le toit sans trop de difficultés. Se faisant aussi léger qu'une plume, il évolua sur le toit pour atteindre l'autre côté. Pendant quelques secondes, il observa les rondes de points lumineux en contrebas. Quand il les eu bien en tête, il passa à l'action. Il descendit le long du mur le plus rapidement possible. Une fois au sol, il ne perdit pas de temps et il fonça vers un buisson pour se dissimuler. Juste à temps. Des gardes passaient en discutant à l'endroit qu'il venait de quitter. Il attendit qu'ils disparaissent et il se leva pour courir jusqu'au mur d'enceinte. Il se plaqua contre lui et il attendit. Sur le chemin de ronde, le pas des gardes se fit un temps entendre avant de s'éloigner. Kirfdéin grimpa alors et il se retrouva sur le chemin de ronde qui était désert, les gardes étant occupés à marcher de l'autre côté et ceux qui passaient dans les jardins ne levèrent pas la tête. Le jeune maître marchombre passa par dessus le mur.

Il faisait nuit et il était sortit de l'académie.

Il lui avait fallut de longues minutes pour arriver là mais désormais le risque était passé. D'un pas léger, il se dirigea vers le point de rendez-vous, attendant Méline. Il espérait qu'elel viendrait. Sinon, ça voudrait dire qu'elle avait échoué à passer les gardes et surtout qu'elle allait être punit. Mais Kirfdéin n'était pas trop inquiet. La jeune Kaelem en savait suffisamment pour échapper aux gardes, même si elle devait prendre plus de temps que lui pour le faire.

Il faisait nuit et il attendait.



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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Sam 10 Nov 2012 - 13:01

Intelligente idée. Très intelligente.

Elle avait un rendez vous avec Kirfdéin, en pleine nuit, merveilleuse perspective qui lui faisait perdre un nombre non-négligeable d'heures de sommeil, et lui promettait aussi le renvoi si on la surprenait.

Du temps de ce cher intendant Jehan, sortir de l'Académie ne lui aurait posé aucun problème, même les gardes auraient étés faciles à berner. L'homme-femme, malgré son air coléreux et névrosé, était tolérant.

Mais le personnage qui dirigeait maintenant l'établissement, le faisait d'une main de fer, et quiconque transgressait le règlement était passible de renvoi. Chose qu'il fallait que Méline évite à tout prix. Si elle ne voulait pas être la risée d'Al-Jeit, et la honte de ses parents.

Première partie: sortir du dortoir.

Méline se leva de sa couche une fois toutes les Kaelems endormies -ou presque, mais les marchombres ne comptent pas, on ne sait jamais si ils dorment-, elle enfila sans bruit un ample pantalon de toile couleur chocolat, glissa ses pieds dans des bottines de peau, passa un haut moulant. Pour parfaire sa tenue de super-marchombre et, en passant pour enfreindre une règle de plus du code Merwynnien, elle se coiffa d'un long capuchon-manteau qui coutait son pesant d'or (le meilleur cuir de siffleur de toute la capitale), mais qui lui tiendrait plus chaud que n'importe quoi dans une nuit comme celle-ci.
Une fois parée, son poignard suspendu à la ceinture et une paire de gants enfilée (on est jamais trop prudent avec un maître marchombre, qui sait ce qui peut leur passer par la tête), Méline se faufila en dehors du dortoir à la manière d'un félin, ou d'un éléphant, mais cela dépend du point de vue de l'observateur.

Deuxième partie: sortir dans le parc.

Un peu plus corsé que la première épreuve, mais rien de très dur. Les gardes et leurs armures faisaient autant de boucan qu'une horde de Raïs attaquant un village. Bon, un niveau d'intensité en dessous quand même, faut pas exagérer.
Tic Tac. Il fallait qu'elle se dépêche, sinon elle allait rater son cours et Kirf lui en voudrait. Non, enfaite elle n'allait pas le rater, mais le retarder, et c'était pire, car elle dormirait encore moins que dans ses prévisions (qui s'élevaient à 2 ou 3 heures de sommeil, si le maître était sympa cette fois-ci), voir pas du tout, et l'on apercevrait son absence aux cours et elle serait convoquée chez cet horrible intendant aussi détendu qu'un cheval apercevant un taon, et qui a des manières d'Empereur. Bref.
Méline tourna à un angle, se tapit dans un coin sombre pendant quelques instant, continua son chemin aussi silencieusement qu'un flocon de neige se posant sur de la moquette. Après quelques minutes de marche à travers les couloirs, elle parvint à une fenêtre, grande et ouverte, sa porte de sortie (notez ici la négligence des gardes). Elle enjamba le dormant et, se soutenant par la seule force des bras au rebord, chercha à l'aveugle quelques instant pour trouver une faille au niveau de ses pieds, faille qu'elle trouva et qu'elle s'empressa d'utiliser à bon escient, déchargeant un poids de ses épaules. Elle commença la descente assez lentement, prenant garde à ses appuis et vérifiant sa position le plus souvent possible, Kirf' n'était pas la pour l'aider au cas-où, elle risquait sa vie pour de bon.
C'était la première fois depuis le début de son apprentissage qu'elle détenait autant de liberté, et qu'elle était entièrement aux commandes de sa vie, c'était une sensation grisante et excitante. Extraordinaire.
Ses mouvements se fluidifièrent et Méline finit les derniers mètres qui la séparaient du sol en ne restant que peu de temps sur chacune de ses prises.
Elle était dans le jardin, tout se passait bien pour l’instant.

Troisième partie : sortir dehors, à l’extérieur de l’intérieur.

Repérer les gardes, se faire nuit, ne pas exister pour les autres.
Méline commença à appliquer tous les conseils donnés par Kirf pendant ses premiers mois d’apprentissage. Elle adopta une démarche animale et tous ses sens se tinrent en éveil.
Dans l’obscurité elle ne voyait rien, seules les lampes à huiles luisantes que les gardes tenaient d’une main gantée de fer. Au delà tout était noir. Son œil s’était peu à peu habitué et elle parvenait à voir jusqu’à quelques mètres, pas au-delà.
Avançant lentement, elle approcha du mur d’enceinte et crocheta une prise. Elle s’éleva rapidement à quelques mètres du sol et resta quelques secondes pour observer le comportement des hommes en contrebas. Une patrouille arrivait sur elle, dans moins de vingt secondes ils l’auraient repérés. Flute. Dix-neuf, elle escalada le plus vite possible les quelques mètres qui séparaient son point de départ d’une prise sure ou elle pourrait faire jouer ses doigts engourdis. Dix-huit, l’index de chaque main glissé dans une infraction de la roche, le gros orteil en bouillie et les muscles bandés, elle gagna quelques mètres en faisant un saut risqué et en se rattrapant du mieux qu’elle put grâce à une jonction mal finie entre deux pierres. Dix-sept, la patrouille se rapprochait, elle glissa, tomba, perdit un mètre mais verrouilla son majeur et son annulaire dans un creux. Crac, cassés. Seize, Méline retint un cri de douleur en se mordant l’intérieur des joues, elle glissa sa main gauche dans sa poche et continua l’escalade de la paroi tant bien que mal. Quinze, la jeune fille avait mal évalué son temps, les soldats en dessous d’elle étaient à moins de vingt mètres du mur d’enceinte. Quatorze, elle reprit un peu d’avance. Treize, de sa main valide elle agrippa le rebord du chemin de ronde. Douze, elle y grimpa, par chance, personne n’y progressait. Onze, elle s’avachit sur le sol, profitant d’un instant de repos de quelques secondes avant de passer à la suite de son évasion, la partie le plus facile.

Maintenant il ne lui restait plus qu’à aller au point de rendez-vous, le pied des montagnes. Elle commença à courir.

- Bonjour !

Elle l’avait retrouvé assez facilement, assis sur un rocher ocre et gris il avait les yeux fermés. La manière à Méline de le saluer n’avait pas paru le déranger.

-Je suis prête et j’ai réussi à contourner les gardes. Par contre je crois que je me suis cassé deux doigts. Et vous allez bien ?

Elle rougit en se rappelant le pourquoi de cet accident, puis tendit sa main gauche ou deux boudins roses avaient élus domiciles. Son regard croisa celui de Kirf et elle sourit, ne pouvant s'empêcher de trouver une drôle d'air aux mèches d'ébène perdues dans les cheveux blancs de son maître.

-Evidemment Edit possible Smile -



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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Lun 12 Nov 2012 - 19:13

En attendant Méline, Kirfdéin s'était assis sur un rocher. Il avait fermé les yeux et ses souvenirs l'envahirent.



****************

Il avait 12 ans.

Il était partit en forêt avec son père. C'était souvent le cas. Surtout quand sa mère partait en ville pour faire des achats, comme c'était le cas ce jour-là. En vérité, si Kirfdéin évitait d'accompagner son père quand sa mère était à la maison, c'était parce qu'il savait qu'il aurait une réflexion. Du genre: "Fais attention à toi et pas de folie". Faut dire qu'elle avait ses raisons. Elle savait que le père de Kirfdéin autorisait son fils à grimper dans les arbres, notamment pour vérifier les nids des oiseaux. Le jeune garçon n'avait jamais eu de problèmes mais c'était une mère, elle s'inquiétait forcément pour son fils.

Ce jour-là, elle aurait eu raison de s'inquiéter.

- Va donc voir le nid là-haut, j'y ai vu un oiseau qui semble blessé.

Kirfdéin avait levé les yeux et avait tout de suite repéré le nid. Il avait posé un pied sur le tronc quand son père le retint.

- Tu fais attention....

Kirfdéin le coupa:

- .... aussi bien à l'oiseau qu'à moi, je sais papa.

C'était un rituel. Une phrase que son père disait chaque fois que Kirfdéin grimpait.

Donc, le jeune garçon grimpa. Cela n'allait pas durer bien longtemps, l'arbre n'était pas très grand. Il ne restait que quelques branches pour arriver quand le malheur arriva. Il posa le pied sur une branche qui céda sous son poids et il bascula dans le vide. Ce ne fut pas une grande chute mais sa cheville encaissa tout le choc et se brisa.

Sa mère, après le séjour chez les rêveurs qui soignèrent Kirfdéin, entra dans la pire de ses colères. Kirfdéin fut contraint de la suivre à chaque fois qu'elle sortait en ville.



***********

Un souvenir douloureux. Un souvenir qui ne pouvait s'empêcher de garder ancré dans sa mémoire. Il fallait croire qu'il était maudit étant donné que c'était cette même cheville qui avait été blessée pendant la vadrouille dans le Labyrinthe. D'ailleurs, sa cheville le faisait parfois encore souffrir pendant certains exercices des cours qu'il faisait avec Méline. Il souffrait en silence, en essayant de ne pas montrer sa douleur à son élève, mais il espérait que ça allait se calmer rapidement. C'était étrange, quand il avait été blessé petit, il n'avait plus ressentit de douleur ensuite. La reveuse qui s'était occupé de lui à l'époque devait être plus douée.

Un craquement de branches le fit sortir de ses pensées. Il ouvrit calmement les yeux pour se trouver nez à nez avec son apprentie. Elle avait réussit. Oui, mais elle était pas arrivée entière. Ses doigts étaient dans un sale état. Et Kirfdéin ne voulait pas la faire suivre le cours dans cet état. Tant pis, les plans étaient changés. A la rigueur, si ses doigts étaient soignés rapidement, il improviserait un petit entrainement à Eoliane. Mais pour l'instant, direction les rêveurs.

- On va pas laisser tes doigts comme ça, on va rendre visite aux rêveurs, ils te soigneront rapidement.

Il se leva de son rocher.

- Allez, on y va.

Pendant leur marche vers Eoliane, il se tourna vers son élève:

- Tu m'as parlé de ta rencontre avec un marchombre, mais dis-moi, qu'est ce qu'il t'a dit ou fait qui t'a donné envie de venir ici et de passer trois ans de ta vie à apprendre à être comme lui?



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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Mar 13 Nov 2012 - 12:43

Penser est le propre de l'homme.
Mais certains le font de manière trop brute, pour détruire et soutenir le chaos, d'autres ne pensent simplement pas car c'est douloureux.
Tellement douloureux que de se comparer par rapport au monde, de reconnaître son insignifiance pour les autres, de savoir que les actions que l'on fait quotidiennement, comme manger, respirer, boire, vivre, ne sont rien pour ceux qui nous entourent.

Si je meurs, si je n'ai fait dans ma vie qu'une suite d'actes insignifiants et irréfléchis, tournés vers mon bien être égocentrique, une fois que toute mon existence s'achève dans un cerceuil, ou bien une fois que je suis réduite en poussière, toutes mes actions seront oubliées. Définitivement. Et ce qui pour moi est apparu comme une vie entière, sera pour le monde un petit grain de sable insignifiant, perdu parmi des milliers d'autres.
Et l'on m'oubliera, comme on aura oublié mon frère, ma mère, mon père et tous les autres dans quelques années.

Mais je ne veux pas vivre pour rien, souffrir pour rien, rire pour rien, aimer pour rien, il me faut un but, une tache à accomplir.

Tant qu'a vivre, autant le faire le mieux possible, sans regrets.

Et puis je l'ai rencontré, après m'être battue avec le passé et avoir touché le fond pour mieux remonter, il s'est présenté à moi comme une aide venant de la Dame et du Dragon.
Il m'a parlé, pas pendant des heures comme les médecins et les religieux venant soit-disant pour me soigner, mais une minute. Et sa question m'avait prouvé que, même si c'est la nuit qui triomphe face à la lumière, elle n'est pas toujours mauvaise. C'est dans la nuit que l'on guérit des pires blessures, c'est elle qui nous montre que le ciel est paré d'astres luisants, et c'est avec elle que l'on s'endort.


Méline avait émis le souhait de devenir marchombre grâce à cet homme qui avait lu en elle et qui l'avait aidée sans jugement, sans savoir qui elle était, sans ce soucier de son âge et sans chercher à la forcer. Ils avaient partagés un regard, une réponse et il l'avait laissée, assise à une table d'auberge, un coeur plus pur et un nouveau mot sur la langue. Ou deux. Merci.

A la suite de sa rencontre, le comportement de la jeune fille avait changé, elle avait recommencé à vivre. Et elle avait trouvé son but: progresser sur la voie.

Qu'est-ce qu'il avait dit ou fait? Qu'est-ce qui l'avait poussé à devenir comme lui et à offrir trois ans de sa vie à un maître marchombre?
Le question était en réalité plus complexe, et elle ne voulait pas être comme lui, justement. Elle voulait être elle, à cent pour cent, et que les gens se souviennent d'elle comme d'une personne vivante, dans le sens large du terme.

- Il m'a aidé.

Réponse laconique mais qui voulait tout dire, et puis Kirf la comprenait rie qu'en la regardant. Après tout il était son maître.

- Je veux vivre pour autre chose que ce pour quoi j'ai élevée. Je veux profiter de ma vie.

Elle avait chuchoté cette dernière phrase, pas par honte mais pour profiter du calme qui suivait chaque son, car c'est du bruit que naît le silence, comme c'est de l'obscurité que nait la lumière.

Ils marchaient, côte à côte, et la lune montrait aux étoiles sa face blanche et courbe, elle était presque pleine. Derrière eux, l'Académie s'élevait vers les sommets, tentants de rivaliser avec les montagnes en arrière plan, et devant eux, un chemin courait entre les rochers de plus en plus épars, conduisant à Eoliane et aux rêveurs, ces gens si étranges et discrets, mais qu'elle affectionnait et respectait pour leur travail.

Elle était un peu déçue d'avoir fait flancher le plan de cours réalisé par Kirf, mais l'occasion était propice aux discutions et à la philosophie. Et aux questions.

- Tu peux me raconter tes années d'apprentissages ?

Sujet tabou qu'ils n'avaient jamais longuement évoqués durant leurs cours. Mais elle voulait savoir. Qui avait été le maître de son maître, qui avait fait de ce jeune homme ce qu'il était devenu.

Ne pouvant plus supporter la douleur qui émanait par vague d'intensités de ses doigts à chaque foi qu'elle les remuaient malencontreusement, elle sortit de sa cape un foulard en soie bleu marine qu'elle attacha autour de son cou avec l'aide de Kirf, avant de passer son bras gauche dedans.


-Evidemment Edit possible-


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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Jeu 15 Nov 2012 - 17:43

Méline avait rencontré un marchombre qui lui avait donné envie d'en apprendre plus sur la Voie. Il avait discuté avec de nombreux marchombres et la plupart se rejoignaient sur le fait que le premier maitre marchombre que l'on rencontrait était rarement celui qui deviendra son maître. Il y en avait toujours un maître qui parlait à demi-mots de l'Harmonie avant de disparaître. C'était après que l'apprenti rencontrait son véritable maître.

Pour Kirfdéin, cela avait sensiblement différent. Il était arrivé à l'académie sans connaître les marchombres et c'était entre ces murs qu'il avait appris ce qu'était l'Harmonie. Ensuite, il avait rencontré Elera. Donc, c'était à la fois identique dans le sens où ce n'était pas Elera qui lui avait parlé la première de la Voie mais différent car ce n'était pas un maître marchombre qui l'avait fait mais des apprentis.

Et Méline aborda le thème de l'apprentissage de Kirfdéin. Un sujet qui était resté tabou entre eux.

Et pour cause, le jeune homme ne conservait pas un souvenir agréable de son apprentissage.

Kirfdéin tarda à répondre et il aida Méline à mettre son bras en écharpe pour qu'elle souffre moins.

La marche reprit vers Eoliane et Kirfdéin gardait toujours le silence. Il était en proie aux questions. Il ne souhaitait pas faire part de la catastrophe sur laquelle s'était terminée son apprentissage mais il ne pouvait se taire encore plus longtemps sur ce qu'il avait connu. Un maître et son élève se devaient confiance et sincérité. Se taire encore plus longtemps, ça serait tirer un trait sur cette règle.

- J'ai connu celle qui allait m'enseigner la Voie à l'académie. Elle se nommait Elera. Mais, on a pas vraiment eu le temps d'apprendre à se connaître.

Quelques semaines maximum. Pas plus de trois.

- Alors que nous revenions d'un cours sur les Plateaux d'Astaruil, nous avons remarqué que l'académie était attaquée.

Kirfdéin se rappelait très bien de ce jour-là. La peur qu'il avait ressenti en voyant les combattants. L'homme masqué qui s'est lancé sur lui.

- J'ai été capturé. Je suis resté enfermé plusieurs mois.

Ténèbres. Douleur. Qui avait finit par être embellie par la présence d'Halina.

- Quand j'ai été relaché, Elera avait prit une nouvelle apprentie et nous avons partagé son enseignement pendant quelques années.

Il en arrivait au pire moment de son apprentissage. Pire que les 6 mois en prison. L'abandon.

- Puis, un jour, elle est devenue introuvable. Nous nous sommes renseignés et nous avons apprit qu'elle avait fuit l'académie. Elle ne nous avait pas prévenu. Elle nous avait abandonné à notre sort.

Incompréhension. Détresse. Colère. Abandon.

- Je n'ai pas compris son choix et je ne le comprends toujours pas aujourd'hui. Clarysse, la maître d'équitation, nous a pris sous son aile jusqu'à l'Ahn-Ju. Et ensuite, j'ai pris la décision d'enseigner ce que je savais.

Il ne serait pas comme Elera. Il n'abandonnerait pas Méline ou n'importe qu'elle autre élève. Jamais.

- Un parcours original mais j'aurais préféré en suivre un de plus classique.

Classique? Ce mot pouvait-il vraiment qualifier un enseignement marchombre? Kirfdéin en était pas sûr. Chaque maître avait son style pour enseigner et tous étaient différent.

Ils arrivaient à Eoliane.

- Nous sommes arrivés. Tu vas pouvoir te faire soigner tes doigts.


[En espérant que ça te plaisr Wink ]



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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Sam 17 Nov 2012 - 14:30

La prise de l'Académie.

Ce furent les premiers mots qui s'imposèrent à Méline quand elle entendit le récit de son maître.
Elle lui lança un regard et fut surprise de le retrouver pensif, les yeux voilés par ses souvenirs et une lueur sombre au fond des pupilles.
Douleur.
La jeune fille avait eu la chance d'arriver après les périodes sombres de l'Académie, mais tous,élèves ou professeurs, n'avaient pas étés épargnés, et les séquelles de tant de souffrance se lisaient dans les actes de chacun, que ce soit des épaules voûtées, des têtes baissées, des poignards affûtées glissées dans les plis des manteaux et, de temps en temps, des larmes mal-séchées qui tachaient les draps, vestiges des cauchemars nocturnes.
La jeune Kaelem serra la mâchoire,très fort, sentant, au creux de son ventre que sa haine envers tout ce qui touchait au chaos avait pris un dimension étonnante depuis son arrivée à l'Académie. Elle fronça le nez. Si un jour elle croisait la route d'une de ces ordures, elle le tuerait, c'était une certitude. Et elle les tueraient tous, elle irait jusqu'à éradiquer cette race de la surface du globe, les uns après les autres, elle en serait capable d’ici quelques années. Elle se jura, fit la promesse solennelle que si jamais ils retouchaient un de ses amis, quelqu'un qu'elle aimait, elle les décimeraient. Cette faune immonde ne méritait pas le droit de vie.

La jeune fille se rabroua mentalement, surprise de se trouver penchée et touchée à ce point par un sujet auquel elle n'avait jamais été personnellement confrontée. Elle alors se força à respirer et à dénouer les tensions musculaires qui se formaient au niveau des épaules, pour se remémorer le parcours de son maître. Elle passa sur son enlèvement et sur les mois qu'il avait passé à la merci de l'ennemi, laissant de côté la haine sourde qui naissait en elle, et se concentra sur les débuts de Kirf sur la voie.
Abandon.
Décidément, l'homme aux cheveux blancs avait vécu des débuts difficiles, et il prononçait avec froideur le nom de celle qui l'avait délaissé, Elera.

Quelques minutes passèrent, pleines de silences, et ils aperçurent alors devant eux Eolianne. La Kaelem sourit, avant de grimacer de douleur: son doigt avait bougé. Bientôt fini, le calvaire.

Des rêveurs en robe de chambre, aux yeux gonflés de sommeil et à l'allure hésitante les firent entrer. On soigna les doigts de Méline en moins de temps qu'il le faut pour le lire, et, découvrant avec stupeur le savoir faire de ces hommes et femmes ci, elle fit bouger ses doigts et jouer ses articulation. Tout était nickel chrome !

La petite troupe s'en alla après que Méline eut copieusement remercié les rêveurs (d'ailleurs le terme était tout à fait juste, car actuellement ils dormaient sur place), et ils prirent le chemin à rebours. Après quelques minutes de marche, la jeune fille s'autorisa une question.

- Il n'est pas très tard, ou pas très tôt, vous voyez ce que je veux dire, pourrons nous encore faire cours?

Elle préférait ne pas relancer le sujet sur le passé, Kirf en reparlerait le temps venu. Mais elle souhaitait réellement passer encore du temps avec son maître, monter un sommet ou deux, ou deviser philosophie. Ils avaient de nombreuses années devant eux, autant en profiter.
La nuit était encore d'encre et les étoiles brillaient de tous leurs feux. Le petit sentier qui défilait sous leurs pieds ressemblait à une trace blanche serpentant à travers le paysage, à la manière d'une cicatrice.


-Is that ok ?-



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MessageSujet: Re: Couvre toi pendant ce couvre-feu [Inachevé]   Lun 19 Nov 2012 - 23:12

Les rêveurs étaient venus à leur rencontre. Encore ensommeillés. Encore en tenue de nuit. Mais présent pour les aider. Etre rêveur, c'était une véritable dévotion pour les autres. Un choix de vie qui n'aurait pas convenu à Kirfdéin, qui était quelqu'un d'assez solitaire. Il avait certes une petite amie et une élève (bah oui, dans le temps, Dylan est pas encore arrivée) mais à part ça, il n'avait que peu d'ami. Voir pas du tout. Non, en y réfléchissant bien, la seule personne qui pouvait s'approcher de ce qu'on pouvait appeler une amie, c'était Lya. Et les deux marchombres ne se voyaient plus beaucoup depuis l'Ahn-Ju. Pas vraiment de l'amitié quoi.

Les rêveurs s'étaient occupés de la blessure de Méline et les deux marchombres étaient sortis, laissant les soigneurs retourner dans leur sommeil.

- Il n'est pas très tard, ou pas très tôt, vous voyez ce que je veux dire, pourrons nous encore faire cours?

Elle continuait de le vouvoyer. Kirfdéin avait eu beau lui rappeler plusieurs fois qu'il était possible de ne pas le faire mais elle continuait. Au bout d'un moment, le maître avait cessé de faire le rappel. Si elle voulait faire ainsi, autant qu'elle continue. Peut-être passerait-elle d'elle même au tutoiement à un certain moment.

Méline avait raison. La nuit n'était pas encore très avancé mais il aurait imaginé qu'elle souhaiterait retourner dormir avant d'attaquer les cours du lendemain. Comme quoi, elle était plus déterminée qu'il ne le pensait. Au moins, les risques pris pour sortir de l'académie sans se faire repérer et les blessures ne seraient pas vaines, elle aurait le droit à son cours.

- Tes doigts vont bien? Tu es sûr que tu peux subir un cours?

L'élève lui confirma d'un signe de tête et d'un mouvement de ses doigts.

- Bien, alors suis moi.

Il la reconduisit en direction des montagnes. Ils grimpèrent tout deux sur un promontoire.

Devant eux, un gouffre s'étendait. Seul passage possible: un tronc d'arbre qui joignait les deux promontoires.

- Tu vas devoir traverser le tronc jusqu'à l'autre côté.

Il posa son sac et l'ouvrit.

- Mais, comme tu le vois, la chute n'est pas une bonne idée...

Il sortit une sangle.

- ... et le vent souffle fort par ici.

Il attacha les sangles à la taille de Méline.

- Pour éviter que je perde mon apprentie, on va t'attacher.

Il fixa ensuite les sangles au tronc.

- Et voilà. En cas de chute, tu es sécurisée. Si tu perds pied, ne te débats pas, je viendrais te sauver.

Il lui donna une petite impulsion dans le dos.

- Il est temps d'y aller.



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