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AccueilGinette/!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]
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 /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]

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Etincelle
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MessageSujet: /! +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mar 6 Nov 2012 - 8:19

- Attalys.

Chuchotement.

Attalys se hissa lentement sur ses pieds. Autour d'elle, tout était noir.

- Attalys...

Le murmure avait repris, plus fort, plus distinct. Plus entêtant, aussi. La jeune fille tourna la tête. Sa respiration s'accéléra. La voix était belle, grave et mélodieuse, avec des inflexions modulées d'une tendresse infinie. Sa gorge se noua.

- Attalys.

Alors, soudain, tout s'illumina, les ténèbres se dissipèrent.

Hurlement.



*
Quelqu'un toussa dans le dortoir des filles et Attalys ouvrit les yeux, fixant son regard sur le plafond tandis que les battements de son coeur s'apaisaient peu à peu. Un cauchemar. C'était un cauchemar. Rien de ce qu'elle avait vu, rien de ce qu'elle avait entendu n'était réel. Un cauchemar...

Mais elle ne parviendrait pas à se rendormir, elle le savait. Elle savait également que le calme souffle de ses camarades pouvait se changer à tout moment en un grondement terrifiant qui emplirait, emplirait, emplissant sa tête, puis la salle commune, et enfin l'Académie entière comme une bête furieuse sur le point de déchiqueter rageusement un cadavre. Mais elle serait forte, cette fois, elle ne pleurerait pas, les larmes ne couleraient plus. Elle l'avait promis à Gwëll.

Elle détacha tout à coup son regard du plafond et referma les yeux. Un instant, la pénombre qu'elle y aperçut la rassura, puis elle revit le sang, si rouge, si chaud, il y en avait tant, à qui était-il, et ce hurlement, aussi, qui n'était pas d'elle, elle le savait, mais alors qui pouvait crier puisqu'il n'y avait personne, qui ? Haletante, elle rouvrit les paupières. Elle ne pouvait pas.

Silencieuse, elle s'assit sur son lit, tâtonnant à travers la chemise de nuit qui avait remplacé son pyjama d'hiver pour palper son pendentif. Elle tira sur le lien de cuir, le porta à sa bouche, s'en effleura les lèvres. Il était là. Tout allait bien. Puis son attention se reporta sur les couchettes qui l'entouraient, sur les formes pelotonnées sagement endormies, et sa résolution fut prise. Elle commença par enfiler la veste de son uniforme, puis fouilla sous son lit pour en tirer des ballerines grises qui faisaient office de chaussons à leurs heures perdues. Alors, sa main entra en contact avec une lame de métal et ses doigts se refermèrent sur le manche. Elle posa sa trouvaille sur son drap. C'était un poignard. Son poignard.

Un instant, elle se sentit chavirer sous le poids des souvenirs. Eileen, épanouie et dégoulinante, son propre sourire émerveillé, un éclat de rire bref et magnifique, une silhouette insaisissable s'éloignant entre les arbres. La jeune femme lui manquait. Terriblement. Après leur rencontre, elle s'était rendue à la cascade pendant une semaine, jour après jour, espérant la rencontrer là-bas. Elle avait tenté de la croiser par hasard dans les couloirs, devant la porte de ses appartements ou dans les jardins. Peine perdue. Elle avait simplement réussi à l'entrapercevoir alors qu'elle donnait un cours de combat, mais celle-ci ne l'avait sans doute même pas remarquée. Pourtant, elle n'oubliait pas. La fleur, fanée à présent mais qu'elle avait si souvent serrée contre son coeur, en témoignait. Elle avait sûrement besoin de temps. Mais elle avait compris que, quoiqu'il arrive, c'était Eileen qui irait la trouver, et non l'inverse. Parce qu'on n'abandonne jamais sa petite soeur.


Après un moment d'hésitation, elle choisit de le prendre aussi avec elle et, constatant qu'il ne tenait pas dans sa poche, noua une ceinture autour de sa taille qui lui servit de fourreau. Elle avait conscience d'avoir une étrange allure et d'être totalement en marge du Code Merwynien, mais elle se sentait plus à l'aise, ainsi. Son oeil-de-tigre et son couteau. Les deux objets auxquels elle tenait le plus et qui lui avaient été donnés par les deux personnes qu'elle aimait le plus au monde.

Sa traversée du dortoir puis de la salle commune ne fut pas aussi bruyante qu'elle ne l'avait craint. Lorsqu'elle parvint à la porte qu'elle tira doucement, elle fut soulagée de constater qu'aucun garde ne se tenait en faction dans le couloir. Elle prit soin de bien la fermer derrière elle puis, sans un bruit, reprit sa marche. Elle ne savait pas où elle voulait aller, ni même où elle allait tout court. Dans l'obscurité, tous les corridors se ressemblaient, et elle n'aurait su dire combien d'escaliers exactement elle avait emprunté, ni même si elle les avait montés ou descendus. Mais elle marchait, et se sentait bien. Son mauvais rêve s'éloignait, elle le sentait, alors elle continuait de marcher, s'arrêtant parfois pour choisir un virage ou s'assurer que personne ne se dressait sur son chemin. Elle se trouva tout à coup à l'extérieur, dans la Cour de la Fontaine. Le vent qui lui balaya le visage, chassant ses derniers doutes, la rasséréna, et elle reprit sa route.

Et puis, elle se trouva devant une porte. Elle hésita. Pénétrer dans des lieux inconnus peut être très dangereux, surtout au beau milieu de la nuit. Mais elle avait envie de voir ce qu'il y avait derrière cette porte. De savoir ce qu'elle cachait. Alors elle en tourna la poignée, poussa ladite porte et, ne rencontrant aucune résistance, entra dans la pièce.

Il s'agissait d'une grande salle, d'une très grande salle, baignée dans le clair de lune. Elle était remplie d'étagères et, en s'approchant, elle remarqua que les étagères étaient elles-mêmes remplies de livres. Elle se trouvait donc dans le scriptorium. Elle commença par en faire le tour, effleurant du doigt les tables, les murs et les tranches des ouvrages qu'elle devinait pour la plupart épais et sans doute somptueusement enluminés, avant de s'arrêter devant une fenêtre, de poser son front contre la vitre dont le contact la fit tressaillir et de se perdre dans la contemplation des étoiles. Le ciel était exceptionnellement dégagé et elle sourit rêveusement devant la splendeur de la nuit.


Soudain, elle entendit un craquement, suivi d'un long grincement de mauvais augure. Elle se retourna aussitôt et se rendit compte qu'elle était en pleine lumière, les cheveux dénoués sur ses épaules. Visible, beaucoup trop visible. Mais elle n'avait pas le temps d'aller se cacher. La porte venait de s'entrouvrir et elle distingua une silhouette qui en franchit le seuil puis la referma soigneusement. Mais la forme était dissimulée dans l'ombre et elle ne percevait d'elle que son corps, qui pouvait être aussi bien celui d'un homme que celui d'une femme, celui d'un élève insomniaque que celui de l'Intendant tiré de son sommeil par des bruits intempestifs.

Comme l'autre demeurait immobile sans proférer le moindre son, elle demanda d'une voix qu'elle affermit péniblement :

- Qui... Qui est là ?

Ses doigts se refermèrent sur le manche du poignard.



[Le titre n'a rien à voir, mais je l'aimais bien...]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mar 6 Nov 2012 - 19:17

Qui était l'idiot qui avait entassé autant d'archives sans les ranger à chaque fois? Parce que c'était pas dur quand les archives se composaient de trois pauvres dossiers de les ranger. Et ensuite de venir et de déposer le dossier qu'on apportait dans les archives à la bonne place. Ca aurait été plus simple et les archives n'auraient pas été dans cet état déplorable. Parce que là, Shaokys en voyait pas le bout. Et pourtant, il était là depuis deux jours à déplacer les dossiers. En vérité, il ne déplaçait pas seulement des dossiers. La poussière était un cadeau de plus. A chaque fois qu'il prenait un dossier, un nuage de poussière s'élevait. Ca piquait les yeux, ça piquait la gorge. Et les rats, ça mordait. Et oui, il n'y avait pas que de la poussière et des dossiers dans les archives.

Il avait eu la surprise de voir une boule de poil grise se barrer quand il souleva un dossier. En même temps, il aurait du s'y attendre. Il avait trouvé des feuilles grignotées à certains endroits. Il allait pas être content, le Chaperon Rouge, de voir les dossiers bouffés à moitié par les rats. Mais bon, c'était de sa faute à lui d'abord. Il pouvait pas l'accuser d'avoir bouffer du papier quand même. Mais bon, dans le doute, fallait mieux se taire. Du coup, il avait fait comme si il avait rien vu et il avait rangé le dossier comme s'il était intact. En plus, connaissant Aziel, il lui aurait surêment demandé de tout réécrire, alors ça allait bien.

Alors qu'il en était à plusieurs heures de travail, il se releva et passa sa manche sur son front pour essuyé la sueur qui perlait. Bon allez, petite pause. Il s'appuya contre l'un des murs et ferma les yeux.

Il les rouvrit trop tard, bien de trop tard. Alors que quand il s'était endormit, il entendait des bruits derrière la porte des archives, là, c'était le silence. Bien sûr dans une bibliothèque, il fallait du silence, mais il y avait toujours des légers bruits. Des raclements de chaises. Des toux d'élèves. Des conversations à demi-mots. Mais là, rien. Shaokys se leva, massa son coup endolori et ouvrit la porte des archives. Par les fenêtres de la bibliothèque, il vit que la nuit était tombée. Et merde, il avait raté le rendez-vous avec Aziel pour son rapport de la journée. Il allait prendre sévère le lendemain.

Il sortit de ce qui était devenu sa pièce. Le couvre-feu avait été décrêté. Il n'y avait plus d'élèves dans les couloirs. Mauvaise idée de retourner dans son dortoir. C'était trop loin. Il avait trop de chance de se retrouver nez à nez avec un garde et se faire mener devant Aziel, qui en conclurait qu'il avait été faire un tour à Al-Poll. De quoi bien pourrir la journée alors qu'il avait en grande partie bosser. Donc autant rallier son domaine: la salle des loisirs. Elle était juste à l'étage au dessus.

Il grimpa donc à l'étage supérieur et vit une ombre s'approcher lentement. Un garde? Bordel, c'était vraiment pas de chance! Mais non, c'était ridicule, les garde se baladeraient pas dans le noir complet. En plus, la silhouette était trop petite. C'était un élève. Avec un sourire carnassier, Shao se dit qu'il allait terminer la journée par une petite peur sur un élève. Il vit la silhouette entrer dans le scriptorium, il la suivit et ferma la porte.

Une voix féminine se fit entendre. Féminine? En fait, ça n'allait pas être de la peur mais du bonheur alors. Changement de tactique.

- Je m'appelle Shaokys, t'as rien à craindre, je suis un élève. Sors de l'ombre.

Que je puisse voir à quoi tu ressembles.

- Qu'est ce que tu fous ici? Avec le couvre-feu, tu risquais de te faire choper par les gardes.



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mer 7 Nov 2012 - 7:36

La voix masculine résonna dans la pièce et, peu à peu, Attalys se détendit imperceptiblement. Après avoir frôlé une dernière fois le manche orné du petit couteau, son bras retomba le long de son corps, inerte, tandis qu'un sourire naissait lentement sur ses lèvres :

- S'il-te-plaît, corrigea-t-elle doucement. Sors de l'ombre, s'il-te-plaît.

Néanmoins, elle s'exécuta et avança de quelques pas, fouillant l'obscurité de ses yeux émeraude tandis que son regard s'habituait lentement à la pénombre. Ce fut d'abord un corps qui sortit des ténèbres, puis un visage. Elle en détailla les traits et l'expression, arrêtant sa marche alors qu'elle se trouvait encore à plusieurs mètres de la porte. À peu de chose près, ils devaient avoir le même âge.

À la seconde interrogation, elle ne répondit pas tout de suite, se contentant de sourire à nouveau, d'un sourire indéchiffrable et lumineux. Le silence planait, comme la lueur diaphane de la lune ou les clins d'oeil discrets et éclatants des étoiles. Enfin, elle se décida :

- Je voulais voir si l'Académie était la même le jour et la nuit. Pour les gardes, il faut croire que j'ai eu de la chance...

Elle le dévisagea encore un instant. Il souriait.


- Et toi ?

Puis, sans attendre de réponse, elle le saisit par la main pour l'entraîner un peu plus loin, en direction des tables et de la fenêtre. Elle n'aimait pas rester dans le noir et, surtout, si dangereusement proche du couloir.

- Je m'appelle Attalys.

Et, désignant sa veste d'uniforme :

- Dessinatrice et Aequor.


Elle demeura un moment pensive avant de fixer son attention sur la nuit qui scintillait au dehors. Les arbres, délicatement recouverts par la brume comme par une toile d'araignée, se balançaient dans le vent, et elle devinait les contours rocheux de la chaîne du Poll. Sans un mot, elle posa à nouveau ses doigts sur ceux de Shaokys pour appliquer la paume du jeune homme sur la vitre glacée.

- Tu sens ? murmura-t-elle, comme on chuchote un secret. Ce froid et cette beauté ? C'est pour ça que je suis ici. Parce que, la nuit, tout est froid et beau.

Elle se tourna vers lui et lâcha sa main.

- Là, on a l'impression d'évoluer dans un rêve, un rêve très doux et infiniment mystérieux. Un rêve où tout serait possible.

Et elle lui sourit.


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mer 7 Nov 2012 - 19:46

"S'il te plait", on aurait dit sa mère tient, a prôné la politesse. "Dis Merci", "Mange pas avec tes mains", "Dis bonjour", etc.... Heureusement qu'il avait finit par prendre le large avec son père parce qu'il aurait eu du mal à le supporter pendant de nombreuses années. Avec son père, ça avait été totalement différent. Les règles n'étaient pas les mêmes, si on pouvait dire qu'il y ait des règles avec son père. Car, à bien y réfléchir, la vie avait été loin de toute règle en compagnie de son paternel. C'était sûrement pour cela que Shaokys n'aimais pas du tout ceux qui donnaient des règles.

Il n'eut pas à donner de formule de politesse, la fille sortit de l'ombre. La lumière de la lune lui permit de distinguer ses traits. Fins. Une chevelure épaisse et sombre. La lune n'était assez douée pour lui permettre de discerner la couleur exacte des cheveux. En tout cas, elle n'était pas blonde. Comme toujours lorsqu'il observait une fille, son regard baissait sur la poitrine. Mais voyant qu'elle le fixait toujours, les yeux de Shaokys remontèrent rapidement en direction du visage de celle qui venait de se présenter. Attalys. Aequor.

Le froid? Il n'y avait aucun souci à cela. Il pouvait très bien la réchauffer cette pauvre petite Aequor perdue dans ce scriptorium. La beauté? Il n'en voyait qu'une ce soir-là et elle était devant ses yeux. Dire qu'il devait remercier Aziel pour la scène qu'il avait devant les yeux. Jamais il ne serait retrouvé ici s'il ne s'était pas endormit dans la salle des archives. Incroyable mais vrai, il remercia mentalement le nouvel intendant.

Un rêve? Ils étaient quand même pas dans un rêve là quand même? Pour s'assurer, il se pinça discrètement. AIE!! Non, il ne rêvait, donc c'était une bonne chose. Surtout si Attalys pensait vivre un rêve où tout était possible. Ca signifiait donc que tout serait possible, et si tout était possible, c'était un bon plan pour Shaokys.

Elle lui prit la main pour l'emmener dans un endroit plus eloigné de la porte. Le contact avec sa peau lui plut. Il aurait aimé pouvoir lui toucher autre chose que la peau de sa main.

- Et si je te dis que l'on ait justement dans un rêve?

Attalys semblait naïve, rêveuse. C'était une nouvelle bonne chose pour Shaokys. S'il n'arrivait pas à ses fins cette nuit-là, c'était vraiment qu'il était un boulet.

- Dans un rêve où tout est possible.

Il attrapa les pans de la veste d'Attalys et il la fit tomber au sol.

- Tu avais froid tout à l'heure. Je peux te réchauffer si tu veux.


[Si tu trouves que c'est trop rapide, envoie moi un MP, j'éditerais Wink ]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Jeu 8 Nov 2012 - 7:51

- Et si je te dis que l'on est justement dans un rêve ?

Attalys l'observait en silence, se faisant la réflexion qu'il ne semblait guère sensible à la poésie qui les entourait. Mais il souriait, aussi, il n'avait jamais cessé de sourire. Et cela lui plut.

Dans un rêve où tout est possible.

Tout ? Absolument tout ? Le vent qui souffle en riant, les larmes qui s'accrochent aux étoiles, le soleil et la lune flottant main dans la main sur un nuage opalescent, un jour d'été sous la neige, du sang qui ne ferait pas peur, une morte revenant à la vie ?

Tout ? En es-tu bien sûr, Shaokys ? Si tu savais ce que j'aimerais, alors, si tu savais comme j'aimerais pouvoir vivre dans rêve. Un rêve de paix, un rêve d'espoir, un rêve de bonheur, un rêve de liberté, un rêve d'harmonie, une rêve de musique. Un rêve d'amour.

Tu avais froid. Froid, froid, froid... Il y avait de la buée sur la vitre. Elle se détourna. Je n'ai pas dit que j'avais froid. Et je n'ai pas dit non plus que je n'aimais pas avoir froid.

Je peux te réchauffer. Si tu veux. Il avait lui avait enlevé sa veste, dévoilant ses épaules et son pendentif. Étrange manière de réchauffer. Elle s'écarta légèrement sans le quitter des yeux. Son regard, soudain, était devenu grave.

- On peut réchauffer par les mots, on peut réchauffer par un sourire. On peut réchauffer par le rire ou par les larmes.

Par le chant de la vie, par la danse de la mort. Tout réchauffe ceux qui le souhaitent vraiment.

Murmure.

- Quelle sera ta façon de me réchauffer ?

Attalys esquissa un sourire :


- Et si je n'avais pas voulu, l'aurais-tu fait quand même ?

Elle resta un instant silencieuse avant de chuchoter, craintive, timide, soudain, mais terriblement gamine :

- Réchauffe-moi.

Immobile, elle regarda Shaokys s'approcher à grands pas conquérants puis se baisser vers elle. Alors, tout se brouilla.


Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Le regard brun plongé dans le sien avait dévié, soudain, et c'était deux yeux azur qu'elle voyait à présent devant elle. La jeune fille ouvrit la bouche, stupidement, avant de la refermer. Tout tournait autour d'elle, et elle dut s'adosser au mur pour ne pas tomber. Une voix venait de se former dans son esprit. Les phrases tournoyaient dans un tourbillon de couleurs.

Bonjour belle demoiselle.

Je peux te réchauffer si tu veux.

Cours, Attalys !

Dans un rêve où tout est possible.

Regarde, tout ce que le gris n'est pas.

Sors de l'ombre.

Ne crains rien, je vais te protéger.

Et si je te dis que l'on est justement dans un rêve ?

Tu viens avec moi ?

Et elle, elle n'était plus rien, rien qu'une volonté qui se perd, rien qu'une âme qui se distend. Sans comprendre, elle dévisageait le jeune homme, mais quel jeune homme ? Et ces lèvres, qui s'avançaient vers les siennes, à qui appartenaient-elles ? Étaient-ce celles de Lev ou de Shaokys ?

Haletante, elle secoua la tête.

- Je... je suis désolée...

Elle tremblait. Sa voix ne fut bientôt plus qu'un simple filet, un souffle à peine audible.

- Je ne peux pas.

Elle pleurait.


[Édition possible...]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Ven 9 Nov 2012 - 6:53

Attalys s'était écarté.

- On peut réchauffer par les mots, on peut réchauffer par un sourire. On peut réchauffer par le rire ou par les larmes.

Shaokys la regarda. Ce n'était pas ce genre de manières de réchauffer dont il parlait. Toutes ces manières, c'était bien beau mais ce n'était pas des manières marrantes et ce n'était pas ce que Shaokys voulait au final. Toutes les manières décrites pas Attalys, il s'en servait pour arriver à ses fins. Enfin, sauf les larmes. Faire pleurer une fille, c'était pas le meilleur moyen pour la conduire dans son lit. Mais les mots, des sourires et des rires, ça c'était ce qu'il fallait. C'était bien pour cela que Shaokys était devenu un spécialiste des fêtes. Faire rire les filles et leur faire plaisir, c'était son domaine.

- Quelle sera ta façon de me réchauffer ?

Il voulut lui répondre. Lui expliquer ce qu'il entendait par là. Non pas par les mots mais par des gestes. Mais elle ne lui en laissa pas le temps. Ell enchaîna immédiatement. Si elle n'avait pas voulu? Et bien, il aurait tenté tout de même pour arriver à ses fins et si jamais elle l'avait repoussé, il serait sortit du scriptorium pour aller se coucher dans.... hey mais attends.... SI elle n'avait pas voulu? Ca veut dire que..... Qu'elle veut bien? Et encore une victoire de Shaokys. Cette académie était décidément top. Bon, elle était mieux avant que Mister Chaperon Rouge n'arrive mais même toutes les crasses qu'il pouvait lui faire, jamais Shaokys ne regretterait sa venue ici. Il avait connu de supers belles filles. Seul inconvénient? Son père croupissait en taule pendant que lui faisait la fiesta. Pourvu qu'il soit bien traité.

- Réchauffe-moi.

C'était le signal que Shaokys attendait. Le signal de confirmation de sa victoire. Le signal que tout allait devenir possible. Le signal que tout allait commencer. Il s'approcha d'elle, conquérant. Il se baissa doucement et il approcha ses lèvres de celles de l'Aequor.... avant d'être repousser. Des larmes étaient apparues sur le visage d'Attalys, elle tremblait, elle ne sentait pas bien. Qu'est ce qui se passait? Quelques instants plus tôt, elle était rêveuse, pleine de poésie. Le rêve semblait être devenu un cauchemar pour la jeune fille. Mais pourquoi? Il s'était simplement approché, ne l'avait même pas touché.

Shaokys comprit alors que pour arriver à ce qu'il voulait, il allait devoir jouer un autre rôle que le simple amant. Il allait devoir devenir une épaule pour la réconforter. Un arnaqueur était un véritable acteur. Quand il trichait, il ne devait pas montrer ses émotions. Quand il trompait son monde, il devait faire semblant que tout était vrai. Shaokys était un arnaqueur. Shaokys était un acteur. Il serait capable de faire semblant de s'intéresser aux malheurs d'Attalys. Il en était capable.

Il la prit dans ses bras.

- Qu'est ce qui t'arrive?

Du doigt, il essuya ses larmes.

- Tu semblais si heureuse il y a quelques instants et voilà que tu pleures.

Il lui caressa les cheveux.

- Dis moi ce qui ne va pas.


[Comme d'hab, édition possible]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Ven 9 Nov 2012 - 14:27

Une perle de nacre s'échoua à la commissure de ses lèvres et elle la recueillit du bout de la langue, laissant le goût salé des larmes remplir sa bouche. Devant elle, Shaokys semblait interdit, et elle allait se détourner lorsqu'il la prit dans ses bras. Craintive, tout d'abord, elle se raidit en sentant le corps du jeune homme, si chaud contre le sien. Et puis, peu à peu, elle se détendit tandis que sa main effleurait ses joues pour sécher ses pleurs avant de se perdre dans la masse de cheveux châtain. Alors, elle ferma les yeux, s'abandonnant contre son torse, laissant des frissons de plaisir la parcourir.

Elle aurait voulu que ces bras ne cessent de la serrer, ces mains de la toucher, cette voix de murmurer. Elle aurait voulu que la caresse contre sa chevelure se poursuive, indéfiniment, elle aurait voulu que les mots prononcés de ce ton chuchotant se perdent dans la multitude de son coeur pour s'y enfouir à jamais, elle aurait voulu que son âme ait des ailes pour mieux aller toucher la lune, elle aurait voulu se faire happer et disparaître dans cette lumière qui venait de la posséder. Elle aurait voulu que sa vie entière ressemble à cet instant de bonheur si fugace, à cette fugitive musique trop éphémère. Elle aurait voulu que la tendresse de Shaokys soit à elle, à jamais, et qu'elle se confonde avec celle de Lev. Elle aurait voulu pouvoir croire qu'il connaissait la valeur des sourires qu'il lui offrait, lui qui lui avait paru au premier abord si superficiel. Elle aurait voulu qu'un rire se mêle à ses larmes, elle aurait voulu ne rien ressentir alors que ses sens se dilataient soudain à l'extrême pour mieux percevoir le moindre des frémissements qui la traversaient, elle aurait voulu se détacher et partir en courant. Elle aurait voulu que les mots s'accordent toujours avec les pensées. Elle aurait voulu graver ces phrases en elle pour mieux les vomir. Elle aurait voulu que le jour se substitue à la nuit.


Elle aurait voulu mourir, aussi, lorsqu'il l'écarta délicatement de lui afin de plonger son regard brun dans ses yeux verts. Elle ne pleurait plus.

- J'ai été stupide. Pardonne-moi.

Et, comme il la fixait toujours, elle se blottit contre son corps bouillant, le nez enfoui dans son cou. Oh, elle aurait tant aimé lui apprendre, à son tour, ce que signifie la tendresse et tout ce que peut receler un coeur trop candide ! Mais elle ne bougeait pas, et lui non plus. Et elle entendait les battements de son pouls résonner dans son oreille, la respiration qui s'échappait de ses lèvres, les paroles qui ne sortaient pas et celles qui filaient trop vite pour pouvoir être saisies. Après un silence, elle le regarda à nouveau, franchement, sans sourire :

- Merci.

Ce n'était pas ce qu'elle aurait souhaité dire. Jamais elle n'avait remercié Lev. Mais Lev était si loin...

Et il y avait son visage, qui resplendissait à la lueur de la lune. Elle avança la main pour frôler délicatement cette peau si douce, tracer le contour du nez, suivre le pourtour de la bouche, s'attarder sur le front, sur le menton, sur les pommettes, sur les paupières, enfin, qui tressaillirent sous son doigt léger.

La jeune femme, le souffle court, laissa ensuite retomber son bras. Des étoiles explosaient autour d'elle dans un crépitement de couleurs chatoyantes. Une chape de nuages poussés par le vent flotta un moment devant la fenêtre et, l'espace d'une fraction de seconde, le scriptorium fut plongé dans l'ombre. Sans bouger, elle observait les émotions se succéder dans son regard tantôt sombre ou lumineux au grès des caprices de la nuit, ainsi qu'un miroir de ses propres sentiments. Mais il y avait trop de sensations, trop de silences, aussi. Alors, elle ferma les yeux et, avec beaucoup de douceur, posa sa bouche contre la sienne. Un feu d'artifice éclata au creux de son ventre. Même les étoiles ne dansaient pas avec autant d'ardeur ni ne chantaient avec plus d'intensité. Et puis, elle sentit que Shaokys souhaitait l'entraîner encore plus loin, encore plus haut dans le ciel flamboyant. Mais elle recula très légèrement afin de souffler, à la frontière de leurs lèvres, à la frontière de leur désir :


- Tout va bien, maintenant.

Et elle se laissa emporter.


[Si ça te plaît...]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mar 13 Nov 2012 - 16:59

Elle était vraiment bizarre cette fille.

Un temps, elle se la jouait prête à tout. Prête à laisser Shaokys l'embrasser. Prête à laisser le dragueur la déshabiller. Vraiment prête à n'importe quoi. Mais elle avait subitement changée. D'avis en repoussant Shaokys. D'humeur en noyant ses yeux de larmes. Le jeune dragueur avait alors fait en sorte de la réconforter. Le plus rapidement possible. Il n'avait pas toute la nuit non plus, il voulait pouvoir dormir un peu, vu qu'Aziel ne manquerait pas de venir le faire tirer du lit par un de ses gardes. En plus, il avait manqué la remise de son rapport de la journée donc, l'intendant allait l'attendre au tournant le lendemain. Il avait donc intérêt à être t'attaque dès le lever du soleil. Donc, il devait dormir et donc, il n'avait pas tout son temps.

Soit Shaokys avait été particulièrement doué pour réconforter Attalys, soit l'Aequor avait une nouvelle fois fait preuve d'un changement d'humeur rapide et exceptionnel. En tout cas, le dragueur retrouva l'Attalys du début. Prête à tout. Shaokys ne prit pas trop de temps à réfléchir. Il s'en moquait un peu des états d'âmes de la jeune fille. Ils avaient une chance minimale de lier conversation dans les jours qui allaient suivre. L'académie était grande, les élèves nombreux. Au pire, il la croiserait dans un couloir. Peut-être sans même la voir.

Le jeune dragueur ne mêlait que très rarement amitié et plan d'un soir. Les quelques amies qu'il avait n'avaient pour la plupart jamais connu les bonheurs de son lit. Bien sûr, il y avait quelques exceptions. Mais elles n'était pas nombreuses. Et puis, Shaokys s'en moquait de ce que la haine que certaines pouvaient avoir envers lui. Sa réputation ne l'importait que pendant le temps qu'il resterait à l'académie. Il espérait que ce temps ne serait pas long. Un jour, il irait voir ailleurs. S'il avait bien comprit, il pourrait partir dès qu'il passerait l'âge de 18 ans. Il verrait à ce moment, mais si Aziel était toujours présent, il n'hésiterait pas longtemps. Pour quelle destination? La capitale, afin de tenter de voir s'il y avait moyen de libérer son père de la gêole qu'il occupait.

Mais pour le moment, le dragueur ne pensait pas à l'avenir. Simplement au moment présent, à Attalys.

Shaokys n'espérait qu'une chose: qu'elle ne replonge pas dans les larmes quand il essayerait une nouvelle tentative d'embrassades.

Attalys se blottit dans ses bras. Bonheur. Victoire.

Il la garda ainsi dans ses bras pendant quelques instants. Pour profiter dans un premier temps. Mais aussi pour laisser encore un peu de temps à Attalys pour se remettre de ses émotions. Il ne voulait pas essuyer un nouveau refus. Si c'était le cas, il la laisserait là et il irait se coucher. Shaokys était persévérant mais il fallait que sa persévérance était mise à rude épreuve après une journée de travail dans les archives. Autant dire qu'en fait, il en avait quasiement plus.

Il écarta les bras et se pencha pour l'embrasser. Elle ne se repoussa pas cette fois-ci. Triomphe.

Il attrapa les bretelles de la chemise de nuit pour la faire glisser.



[C'est pas top, j'en ai conscience mais l'inspi ne venait pas. J'espère que tu auras des idées pour répondre. Si c'est pas le cas, j'éditerais Wink ]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Sam 17 Nov 2012 - 19:56

Les lèvres de Shaokys étaient à la fois fraîches et brûlantes contre les siennes. Peut-on boire à la bouche de quelqu'un ? C'était, à cet instant, ce qu'elle aurait aimé croire. Et peut-être ce qu'elle croyait déjà, tout au fond d'elle-même. Elle était prête.

Lorsque les mains du jeune homme se posèrent sur ses épaules, elle frissonna. La caresse sur sa peau était infiniment douce, douce et chaude, aussi. Elle aimait tant cette sensation de bonheur et d'abandon qui la submergeait quand ses bras se refermaient sur elle, en une étreinte qui se changea bientôt en quelque chose d'autre. Elle le sentit plus qu'elle ne le vit se reculer légèrement pour se saisir des bretelles de sa chemise de nuit. Comprenant en un éclair ce qu'il souhaitait faire, elle se dégagea délicatement, le souffle court.


- Attends...

Ce n'avait été qu'un chuchotement à peine audible, et elle ne sut pas s'il l'avait entendue. Elle baissa la tête tandis que ses doigts fébriles effleuraient la ceinture de fil autour de sa taille. Hésitation. Infime. L'instant d'après, celle-ci était dénouée et son poignard reposait sur un coin de table, bien visible dans la lumière de la lune. Une mèche de cheveux frôla sa joue et elle se redressa, le visage baigné dans l'ombre.

Il n'y eut pas besoin de second murmure. Lorsque la chemise de nuit vaporeuse glissa à terre dans un léger froufroutement et bruissement d'étoffe, Attalys frémit. Shaokys, debout devant elle, l'observait en silence. Ne sachant comment réagir, elle ne bougea pas, levant seulement la tête quand il s'avança d'un pas. Alors, elle se blottit tout contre lui, dans ses bras, tressaillant au contact de son corps bouillonnant contre le sien. À présent, elle n'était plus sûre de qu'elle souhaitait. La nuit emportait la raison et brouillait tout, ne laissant dans les esprits que d'indistincts souvenirs, comme des traînées d'étoiles filantes. Après tout, ils étaient peut-être véritablement dans un rêve.


Elle ne sut pas exactement comment, quelques secondes plus tard, elle se retrouva allongée sur une table, le visage de Shaokys penché sur le sien. Son regard brillait d'une lueur qui l'effraya et elle dut fermer les yeux tandis qu'elle sentait ses lèvres se poser à nouveau sur sa bouche, puis sur son front moite, son nez, ses pommettes, son menton, ses paupières. Sa respiration s'était soudainement accélérée, les battements de son coeur résonnaient presque douloureusement à ses tympans. Et lui qui était là, juste au-dessus d'elle, si près, si loin...

Ce furent ensuite ses mains qui prirent le relai, timides au début, puis de plus en plus entreprenantes. Elles commencèrent par caresser longuement ses cheveux, avant de descendre le long de son cou, s'attardant sur sa poitrine, effleurant son ventre, frôlant sa taille... Attalys voulut se redresser, mais une pression l'obligea à s'étendre de nouveau. Docile, elle se laissa faire. Ce fut à ce moment qu'elle aperçut sa veste d'uniforme flamboyante. Dans un semi-brouillard, elle se vit froncer les sourcils. N'était-ce pas injuste qu'il soit toujours habillé alors qu'elle-même était pratiquement nue ? Elle sentit malgré elle ses doigts s'activer, bataillant contre les boutons récalcitrants. Dans sa précipitation, elle se mordit la langue. Aussitôt, le goût du sang envahit son palais, mais elle continua en s'acharnant contre ceux qui résistaient trop. Shaokys demeura immobile puis, une fois son gilet enlevé, ôta sa tunique pour la lancer à travers la pièce. Quand leurs regards se croisèrent de nouveau, elle battit des cils, désarçonnée par la flamme nouvelle qu'elle percevait au fond des yeux fixés sur elle. Et puis, elle se rendit compte qu'il avait un beau torse, lisse et solide sous ses paumes. Un torse bronzé, aussi, d'après ce qu'elle pouvait en distinguer dans la demi-pénombre.

Alors, elle se recoucha totalement, de bon gré, cette fois, souriante et tremblante à la fois.



[Ce n'est pas très long, désolée, j'essaierai de me rattraper au prochain post... Édition possible, bien entendu !]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Sam 1 Déc 2012 - 19:02

Il l'avait de nouveau embrassée. Doux contact sur les lèvres de la jeune fille. Shaokys aimait embrasser ses conquêtes. Pour le contact sur de douces lèvres bien entendu mais aussi parce que c'était un signe de victoire. Une fille qui se laissait embrasser sur les lèvres, ce n'était pas rien. Ce n'était pas une simple amie. Une fois les deux lèvres en contact, c'était bien souvent gagné. Shaokys n'avait que très rarement pas réussi à conduire la fille là où il le désirait après un baiser. Deux fois au maximum. Quand on le comparait aux nombreuses conquêtes qu'il avait eu, ce chiffre était dérisoire.

Il avait de nouveau empoigné les bretelles de la chemise de nuit pour faire glisser ce léger tissu au sol. Il voulait l'admirer nue. Faire disparaître ce léger vêtement pour voir à quoi elle ressemblait sans se cacher. Mais une nouvelle fois, elle se repoussa. Qu'avait-il encore fait? Que se passait-il? Il n'eut pas le temps de lui poser la question de vive voix. Il eu la réponse. Elle dénoua une maigre ceinture. Un fil en vérité. Et un couteau se retrouva posé sur une table. Bien en évidence. Un couteau? Elle avait un couteau? Bon sang, heureusement qu'elle était pas comme ses guerriers sanguinaires qui tapaient et qui posaient les questions après. Sinon, il aurait été au sol en train de se vider de son sang. La gorge tranchée.

Quand la ceinture fut dénouée et le couteau posé, Attalys posa à nouveau son regard sur lui. Pour Shaokys, ce fut le signe d'une nouvelle invitation. Un genre de "c'est bon, je suis prête, tu peux continuer". Et ce genre de message, faut pas le dire deux fois à un dragueur comme Shaokys. Il s'approcha de nouveau. Attrapa les bretelles et les fit glisser le long des bras de l'Aequor. Attalys ne se repoussa pas cette fois-ci et la chemise de nuit tomba lentement au sol, formant un petit tas de tissu entourant encore l'Aequor.

Shaokys l'observa. De la tête aux pieds. La chemise de nuit disparu, un nouvel angle s'offrait à lui. Un angle qu'il préférait. L'angle de la nudité presque complète. Elle était belle. Comme la plupart des élèves filles de cette académie. Décidément, il était chanceux. Vraiment chanceux. Mais l'observation, ça allait bien 5 minutes. Le toucher, c'était mieux. Il s'approcha et elle se blottit dans ses bras. Une fille à moitié nue dans ses bras, c'était l'une des choses que Shaokys préférait au monde.

Le jeune dragueur fit s'allonger Attalys sur une table. Il l'embrassa sur son visage. A différents endroits. La bouche d'abord puis le reste. Des baisers tendres. Doux.

Pendant ce temps, ses mains s'activèrent. La caressant à différents endroits du corps. Plus intensément sur sa poitrine bien évidemment. Mais quand il frôla sa taille, Attalys voulu se relever. D'un léger geste, Shaokys l'en empêchait. Mais quelques instants plus tard, la jeune fille était en train de s'activer sur sa veste d'uniforme. Cherchant à enlever les boutons. Le jeune dragueur la laissa faire et il attendit d'être torse nu pour recommencer à agir.

Attalys s'était rallongé et elle attendait. Tremblant légéremment. Il se mit au niveau de ses jambes. Il attrapa le dernier bout de tissu qui dissimulait la nudité d'Attalys. Comprenant surement ce qu'il allait fait, la dessinatrice tenta une nouvelle fois de se relever mais Shaokys l'arrêta en l'embrassant doucement au niveau du nombril. Attalys s'allongea de nouveau et le dernier bout de tissu glissa le long des jambes de la jeune fille. Le jeune dragueur l'envoya ensuite rejoindre la chemise de nuit au sol et il caressa la zone qu'il venait de dévoiler. Doucement.

La jeune fille se mit à gémir sous ses caresses et Shaokys monta à ses côtés sur la table. Il l'embrassa de nouveau. Un goût de sang lui prit les papilles. Elle s'était mordu?


[Edition possible. J'espère que ça te conviendra et que tu auras matière à répondre Wink]



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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Lun 3 Déc 2012 - 10:36

Jamais elle n'aurait pensé que quelque chose puisse être à la fois si angoissant et si agréable. Lorsque sa culotte avait glissé à son tour, Attalys s'était cambrée sur la table, instinctivement, tentant de se dégager des mains de Shaokys. La langue de celui-ci avait alors effleuré son nombril et elle était retombée sur le bois dur, les sens exacerbés par la présence du jeune homme près d'elle, au-dessus d'elle, partout autour d'elle, bientôt en elle, peut-être, ombre souriante qui l'enveloppait lentement de son linceul de lumière. Quand il frôla du bout des doigts la zone qu'il venait de dévoiler, elle ne put retenir un gémissement, de plaisir, mais de peur, aussi. Shaokys monta alors à côté d'elle, pressant son corps contre le sien, confondant leurs lèvres, leur souffle, le désir sourd et flamboyant qui pulsait en eux. L'anxiété qui croissait en elle explosa soudain, telle la vague qui jaillit en tourbillonnant pour s'écraser contre les rochers, en une panique irraisonnée contre laquelle elle lutta, tout d'abord, avant de céder brusquement, comme elle avait cédé au Kaelem. La digue rompit brutalement et le fleuve, la mer, l'océan de ses sentiments jusqu'alors anesthésiés par la stupeur se déversa en elle, ainsi que par une marée d'équinoxe. La lune brillait dans ses yeux qu'elle les rouvrit, et, échappant à l'emprise des mains de Shaokys, elle se laissa rouler sur le côté pour se lever d'un bond au contact de la plante de ses pieds nus contre le sol, aussi glacé que l'émotion qui lui enserrait la gorge, martelant ses tympans de battements durs et lancinants.

La jeune fille demeura un instant immobile, les bras entourant son corps secoué de frissons, avant de rougir lorsque Shaokys se retourna lentement pour croiser son regard. Elle frémit, baissant la tête.

- Shaokys, je...

Que dire ? Qu'expliquer ? Prenant soudainement conscience de la vulnérabilité de sa nudité, elle se baissa vivement pour se saisir de la culotte qu'elle remit à gestes fébriles et maladroits. Le pendentif pesait contre la peau tendre de son cou, mais elle n'aurait voulu s'en séparer pour rien au monde. Et surtout en ce moment.

Alors, les pensées se bousculèrent dans son esprit. Qu'avait-elle fait, qu'avait-elle failli faire ? Une incrédulité mêlée d'inquiétude lui coupa la respiration et, sous le choc, elle vacilla, le voile embrumant son cerveau se posant sur son regard dilaté. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, le jeune homme l'avait rejointe. Elle ne put décrypter les sensations peintes sur son visages et recula d'un pas tandis qu'il avançait lentement vers elle. Un autre pas, qui la rapprocha de la porte. Par la Dame, que faire ? Elle ne pouvait tout de même sortir du scriptorium dans cette tenue ? Elle se rappela alors le couteau qu'elle avait laissé sur un meuble, abandonné à la nuit et à la folie qui l'avait brièvement envahie, et la culpabilité lui noua l'estomac. J'ai froid, Eileen, si tu savais. J'ai si froid.

Et puis, tout se passa si rapidement qu'elle n'en conserva par la suite qu'un souvenir trouble et confus, vague réminiscence balayée par les doutes. Elle se retrouva tout à coup à nouveau allongée, sur une autre table, dans une autre vie. Mais Shaokys était toujours proche, encore plus, peut-être, si cela était possible, et il se trouvait à présent aussi nu qu'elle. La jeune femme tenta de se débattre, mais la résistance qu'elle lui opposait était aussi faible et inutile que dérisoire. Elle ne ressentait plus rien, de toute manière, et son âme était aussi vide que le reste de son esprit. Seul son cœur battait à tout rompre, à l'image de celui d'un oiseau affolé, et si son corps ne répondait plus aux appels du Kaelem que de manière machinale, elle sentait ce dernier s'exciter davantage à chaque seconde.

Et, tout à coup, elle s'éveilla. Peut-être un pressentiment indistinct, ou le contact des mains de Shaokys sur ses cuisses qui glissaient vers sa culotte, furtifs, mais dont le léger tremblement témoignait d'une ardeur mal réprimée. Sans doute la crainte de l'échec n'avait-il fait que raviver son propre désir. Mais, aussi soudainement que l'éclair qui zèbre le ciel d'été, la colère et la volonté d'Attalys ressurgirent dans une intense vibration qui, tel un long spasme, l'agita violemment. Ses poings agrippèrent les épaules du jeune homme, le forçant à lâcher prise. Mais il était encore trop fort pour elle, et, d'un même élan, elle se coula dans l'Imagination, se fondant dans la Spirale pour ne faire qu'un avec sa détermination et le pouvoir qui l'habitait. Le goût de la puissance emplit sa bouche et, grisée par la délicieuse ivresse de son don, la Dessinatrice projeta Shaokys hors de la table. Sa tête heurta le sol alors qu'un "Non !" de victoire résonnait en elle, laissant sur sa langue le goût amer du triomphe. Cependant, il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour se souvenir du craquement, et des paupières closes du Kaelem. Aussitôt, elle le rejoignit pour s'agenouiller à ses côtés. La rage avait disparu, seuls la honte et les remords subsistaient. D'un doigt hésitant elle lui caressa la tempe.


- Shaokys ? Je... Je t'ai fait mal ? Réponds, Shaokys !

Je suis désolée, mais ouvre les yeux et regarde-moi, s'il-te-plaît. S'il-te-plaît.


[Evidemment, si quoi que ce soit ne va pas, j'édite sans souci ! ]


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MessageSujet: Re: /!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]   Mer 19 Déc 2012 - 22:50

Attalys s'était éclipsée. Encore une fois. Pour ne pas changer. Il avait cru que le fait qu'elle soit nue changerait quelque chose, mais non, elle s'était éclipsée. Elle lui avait filé entre les doigts. C'était inconcevable de fuir autant. Shaokys en était presque découragé.

En fait, c'était pire que ça. Elle n'avait pas fait que de s'éclipser, elle avait aussi remis sa culotte. Non, elle n'avait pas le droit. Pas après toutes les tentatives de Shaokys. Le jeune homme ne se laissa pas démonter. Il repassa à l'attaque. Il ramena Attalys sur la table. Il repris ses caresses pour la rassurer. Mais, quand il tenta de la remettre nue, il se passa une chose à laquelle il ne s'attendait pas.

Il fut projeter hors de la table. En arrière. Comme si une brute lui avait donné un gros coup de pied dans le bide. Il s'écrasa au sol. Pendant quelques secondes, tout tourna autour de lui.

Quand enfin sa vision redevint normale, il se leva, chancela un peu. C'était trop. Vraiment trop. Il en avait assez. Il voulait assez se coucher désormais. Il repris ses habits et le enfila sans un mot devant Attalys. Il était en colère. Une nuit de perdue.

Il passa devant une Attalys inquiète.

- Ca va, ça va. Maintenant va te coucher, tu m'énerves.

Il sortit de la pièce.

Foutu dessinatrice.


[désolé, j'ai pas pu faire mieux..... vraiment désolé]



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/!\ +18 | Les yeux fixés sur l'horizon, elle ne voyait pas les écueils [Terminé]
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