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 La vermine, moi je l'extermine [Terminé]

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Elio Tharön
Elio Tharön

Mercenaire du Chaos et Maître de la boutique du Talion
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MessageSujet: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 14 Oct 2012 - 15:37

-Ce n’est pas une question d’argent monsieur Tharön. Je ne le répèterais pas, c’est non. Je connais les hommes dans votre genre.

Elio leva un sourcil, amusé.


-Les hommes dans mon genre ? Explicitez, je vous en prie, je suis curieux de savoir qui je suis.


Le forgeron sembla soudainement mal à l’aise. L’homme qui se trouvait face à lui, bien qu’il soit inférieur en âge, ne lui inspirait pas confiance. Son regard. Son regard était trop bleu.

-Je…Et bien…Il ne faut pas vous vexer pour cela, voyons. Nous allons être confrères après tout, puisque votre boutique ne sera pas si loin de la mienne que cela. Restons en bons termes !

Le plus faux des sourires se grava sur le visage halé du mercenaire.

-Mais je ne souhaite que cela Sir Futo. Je ne souhaite que cela. Voilà pourquoi je veux faire affaire avec vous. C’est vous qui refusez.


L’homme grogna, tandis que la sonnette de son échoppe indiquait la venue d’un visiteur. L’ancien élève de l’Académie détourna son regard prudemment pour voir entrer une jeune fille. Il ne l’aurait pas même remarqué si le maitre des lieux n’avait pas installé une stupide cloche à sa porte. Il se désintéressa bien vite de cette étrangère pour fixer d’un air impatient le forgeron.
Celui-ci ne se démonta pas.


-Je ne fais affaire qu’avec moi-même. Je n’aime pas qu’on utilise le fruit de mon travail. Trouvez quelqu’un d’autre. La concurrence est assez de mise ici comme ça !

Elio se contenta de sourire.


-Et avec ce refus vous augmentez cette concurrence. Croyez-le bien. Avec ou sans votre aide j’ouvrirais de nouveau la boutique de feu mon père. Et si j’en crois votre âge vous avez connu l’âge d’or de mon père. Ne me sous-estimez pas, je suis meilleur que lui.


C’est une menace, tu ne le sais pas encore, mais c’est une menace. Ton échoppe risquerait bien de brûler une nuit prochaine.
Et toi avec. Je déteste les témoins.

Tronin Futo aurait été pratique, car à côté. Mais pas des meilleurs. Il n’y perdait pas vraiment. Tant pis pour le côté facile, il irait voir plus loin. Il gardait toujours en tête le forgeron de l’Académie, mais cela représentait un risque assez grand. Trop grand, pour l’instant.
Le problème n’était pas de trouver un fournisseur d’arme. Ça, il en avait déjà un potentiel ayant accepté le marché. Bien meilleur que Futo, d’ailleurs. Mais ce qu’il voulait c’était un forgeron capable de conceptualiser des armes spéciales, uniques, sur commandes. Des armes pour son réseau. Bien évidemment trouver cela sans dévoiler le réseau était compliqué, d’où le refus. Et les maitres forgerons tenaient à garder leurs arts secrets.  
Il sortit donc, faisant craquer ses poings avec force. Il marcha calmement jusqu’à l’auberge du Siffleur. Il y retrouva, attablé devant des cacahouètes et un verre de lait de siffleur, Huk. Le garçon l’attendait. Il s’installa à une autre table non loin, seul, commanda la même chose, et fit un imperceptible hochement de tête signifiant au garçon la réponse qu’il attendait. Huk finit son verre, laissa tomber sur la table quelques piécettes puis sortit. Il devait se reposer, et se préparer. Cette nuit, il avait une forge et un forgeron à faire brûler.

Les affaires n’allaient pas aussi bien que prévues. Il avait quitté l’Académie légèrement trop tôt. Mais il n’en avait pas vraiment eut le choix, vu les circonstances. Il passait à présent ses journées à retaper les boutiques, offrant comme nouvelle enseigne « La boutique du Talion ». Son réseau prenait forme.
Charlize s’était jointe à lui. Oui oui, la petite Charlize, suivante du défunt Békléos. Aidé de Maena et Eileen, il était allé la chercher. Elle avait échappé de peu à la corde, mais avait été violement exclue du palais. Ils l’avaient retrouvé comme fille de joie dans un bar mal famé. Elio l’avait pris sous son aile. Pour l’instant elle n’était que femme de ménage, elle serait aussi vendeuse. Là s’arrêterait son rôle jusqu’à ce qu’il sache ce dont elle était capable.
Et puis il y avait Marlyn. Depuis son départ de l’Académie il n’avait pas eu le temps de la voir. Difficile, aussi. D’habitude c’était elle qui venait à lui. Aussi se promit-il d’aller lui rendre visite dès le lendemain. D’autant plus qu’il avait besoin de son aide. Il manquait une pièce à son jeu. Et seul Marlyn pouvait l’aider à s’en emparer.
Restait plus que ce détail de forge et il pourrait ouvrir boutique, acquérant ainsi l’ultime couverture pour développer au mieux ce réseau.
Restait plus que ce détail de forge.



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                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

                           Gérant de l'Arma Gauche et du Talion


Fell Antaris
Fell Antaris

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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 14 Oct 2012 - 21:21

Je devais me hâter.
Alors que je dévalais la rue en courant, je faisais le décompte de l'heure dans ma tête. Tornin Futo était un forgeron qui trainait derrière lui une réputation bien remplie. Il n'y avait qu'une seule chose qui me répugnait chez lui : ce qu'il faisait de ses armes. Néanmoins, m'ayant gracieusement offert l'un de ses outils en attendant que je me le procure, il m'avait permit de finaliser une œuvre et du même coup mon accoutumance à mon nouvel atelier.
Arrivée devant la porte, je m'arrêtais pour respirer un bon coup. A force de cavaler, j'étais à bout de souffle mais j'avais surtout cinq minutes d'avance. Lorsque le sang arrêta de gronder dans mes oreilles, je remarquais les éclats de voix à l’intérieur. Enfin surtout celle du maître Futo. Je ne remarquais l'autre que parce que j'y faisais attention.
Soit Sir Futo incendiait quelqu'un, soit il avait complètement oublié comment gagner une joute verbale... Apparemment, la deuxième option était la plus plausible tant l'autre voix répondais à chaque coup. J'attendais que la dispute ne se calme un peu avant de pousser doucement la porte. Mes traits se tendirent lorsque la clochette carillonna à mon passage. Mon esprit me fis le sale tour de me rappeler la dernière fois que j'avais eu cette expression. Ce jour là, j'avais fais grincé une latte de plancher devant la chambre de mon père alors que j'allais battre la campagne.
Je me glissais souplement dans l'ouverture, presque souplement. Mes yeux croisèrent ceux de l'interlocuteur de maître Futo. De sacrée yeux d'ailleurs. Bleu.
Je ne trouvais pas d'autre mots pour les décrire. Ils n'étaient pas bleu marine ou bleu saphir, ils étaient juste bleu. On m'avait souvent dit que j'avais des yeux vraiment vert au sens qu'il n'était pas simplement gris légèrement teinté. Cependant, par rapport à ces yeux là, ils devaient rendre une impression similaire. Je ne soutenais pas ce regard, en fait, j'agissais comme si je ne l'avais pas vus. Le résultat fut probant, l'homme, le jeune homme, se reconcentra sur mon débiteur.
Leur échange ne dura pas bien longtemps encore. Deux répliques plus tard, le jeune homme sortais de l'échoppe. Étrangement pour un homme qui se voit refuser un accords, il souriait tranquillement.
Il était évidement que Futo allait avoir des problèmes...

Le forgeron resta immobile quelques secondes avant de soupirer et de se retourner vers moi. Un sourire las passa sur son visage.
Il se dirigea souplement vers moi, zigzaguant avec la souplesse de l'habitude entre les meubles encombrant sa boutique. Arrivé devant moi, il se campa sur ses deux jambes et posa ses poings sur ses hanches. J'eus alors l’intuition que ça allait me retomber dessus... Je n'aimais pas me mêler des affaires des autres et encore moins y être mêlée contre mon gré. Je n'étais pas douée en relations sociales...

- Alors gamine. Tu as ce que tu m'as pris ?

Je me figeais quelques secondes. Je ne lui avais pas pris c'est lui qui me l'avait proposé ! Surprise, pris de court et extrêmement gênée de me recevoir toute la frustration de l'homme. Je posais l'outil sur le comptoir sans rien dire, les yeux baissés. Sa main se referma sur l'objet immédiatement. Alors que la mienne peinait à faire le tour du manche, la sienne réduisait la pauvre chose à l'état de jouet. Il l'observa quelques secondes avant de me demander.

- Tu n'aurais pas le résultat sur toi par hasard ? Ça m’intéresse de voir ce qu'une brindille comme toi peut faire. Je t'avoue que je te l'ai donné uniquement pour ce motif...

- Je vois...

C'était un soupir de dépits. Mon faible gabarit, le fait que je sois une fille et mes mains en parfait état faisaient que j'avais énormément de mal à me faire prendre au sérieux. J'ouvrais le fourreau à ma ceinture et en sortais le poignard que j'avais fais. Les yeux de maître Futo s'agrandirent comme des soucoupes. Là encore, c'était une habitude.

- Tu te fiche de moi... Tu l'as fais toute seule ?!
- Oui.
- Mais... Tu avais dis que tu t'entrainais encore !
- C'est le cas !Dis-je en souriant. Je n'ai pas les outils que j'avais avant, j'ai besoin de temps pour me remettre à niveau. C'est chose faite grâce à vous.

Sur ces mots je rengainais le poignard dans son fourreau. Je me mis à déambuler dans l'échoppe, regardant à droite à gauche. Je prenais certaines armes, les examinais un instant puis les reposais. On pouvait dire ce que l'on voulait de Futo Tronin, c'était un excellent forgeron certes, mais ses productions n'avaient rien d'artistique. C'était des objets, à l'instar d'une chaise, d'un plat ou d'une pièce de carrelage. Le problème ne résidait pas dans le fait qu'elles ne soient pas fini mais dans celui qu'elle n'était pas... Unique.
Oui voilà, ses pièces n'avaient pas d'âme, pas d'appartenance. Une arme est crée pour quelqu'un ou n'est pas. C'était ça ou rien d'autre. Alors que je prenais une petit poignard qui brillait un peu plus à mes yeux, mon regard crocheta la petite pierre qui ornait son pommeau. C'était presque ça au niveau de la couleur, presque. Je n'aurais sus dire si il aurait fallut qu'elle soit plus lumineuse ou plus foncé mais sa couleur était assez proche pour raviver le souvenir du jeune homme. Je murmurais.

- Qui que tu sois... Tu es bien dangereux...

Ce n'était en effet pas bien dure à deviner. Son sourire, sa démarche assurée et le calme qu'il avait eut en parlant tout comme en sortant... Cet homme avait les moyens, si ce n'est de trouver mieux, d'au moins s'assurer une revanche. Une toux discrète derrière moi me rappela la présence de maître Futo. Je reposais directement le poignard, brisant le liens qui avait ramené mes souvenir à cet homme. Je me retournais d'un bloc et sans réfléchir, je demandais.

- Qui étais cet homme ?
*Oups...*


Aussi immédiatement que ma pensée, le visage de l'homme de forge s'assombrit. Il déclara d'un ton orageux.

- Écoute moi Brindille, ne t'approche pas de lui. Des rumeurs courent sur lui, pas nombreuse d'ailleurs, ce qui me conforte dans mon idée
- Des rumeurs ?

Il se rapprocha et se pencha vers moi, sa main devant sa bouche. Je ne pus m'empêcher de penser que son geste était absolument ridicule tant nous étions seuls dans son échoppe. Néanmoins, malgré ses précaution, sa voix demeura aussi impressionnante que son gabarit.

- Il serait Mercenaire du Chaos...
- Et alors ?

Le géant se redressa brusquement, commença une tirade orageuse que je n'écoutais pas et le coupais brusquement en tournant les talons.

- Vous m'avez bien prêté un outil...

Je passais la porte, laissant la clochette carillonner dans le silence de la forge. Je me mis à descendre la rue d'un pas vif. Je passais alors devant l'auberge du Siffleur. Mes pas se firent hésitant, j'avais fais un couteau à la gérante suite à un petit différent. Je lui avait renversé plusieurs pots de lait sans faire exprès et, ne pouvant payer, elle avait eu la grâce d'accepter un autre dédommagement. Me rappelant les évènements, je ne pus que rougir de honte face à ma propre maladresse. J'avais, en toute naïveté, proposé de la payer en nature. Ce n'est qu'en voyant son regard mortifié que j'avais compris mon affreux double sens et m'étais rependue en excuses et en explications. Elle avait bien rit et m'avait fait juré de passer la voir lorsque j'aurais les moyens de me payer un verre.
C'était chose faite, je poussais donc la porte. La Dame en question était au comptoir, essuyant des verres d'un habile coup de torchon. Je m'écartais imperceptiblement pour laisser passer un jeune garçon qui sortait d'un pas pressé. Vu le regard entre la curiosité et la méfiance qu'il me jeta, il ne s'était pas attendu à ne pas me toucher. La gérante me remarqua et, avec une élégante discrétion tapota le comptoir devant elle. Je ne pus m'empêcher de sourire candidement, réprimant un rougissement avant d'aller m'assoir. En traversant la salle, je la parcourais des yeux et je me retrouvais dans l'impossibilité de ne pas le remarquer à nouveau.
De ne pas les remarquer à nouveau.
Ces yeux bleus.

J'hésitais un quart de seconde dans ma démarche, il m'avait forcement vu. L’expérience m'avait apprise qu'on ne croisait jamais la même personne deux fois par hasard. Je notais mentalement les deux endroits et le temps écoulé entre les deux. Je ne croyais pas aux coïncidences. Je croyais aux co-incidences.
Et ça m'avait tout l'air d'en être une.
Lorsque je m'asseyais au comptoir, j'ignorais le jeune homme. Me mêler des affaires des autres n'était pas mon genre et le fixer était le meilleur moyen pour ce faire. Je me mis à parler un peu avec la gérante, attendant que les choses se déroulent.


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Elio Tharön
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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 21 Oct 2012 - 12:49

Elle entra dans la taverne avec tant de discrétion qu’il aurait pu prendre l’entrebâillement de la porte pour un courant d’air si Huk n’avait failli la percuter. Failli. De quelle grâce s’était-elle esquivée au dernier millième de seconde pour éviter la collision ! La méfiance prit possession de l’intrigue que vouait Elio à cette fille, cette même fille croisée à la forge. Pour être aussi proche de l’invisibilité et pourvue d’une grande souplesse et habilité il fallait qu’elle soit mercenaire. Ou marchombre. Et la deuxième possibilité ne lui plaisait pas le moins du monde. Et n’était pas des plus impossibles. Après tout Elera forgeait bien, elle aussi, fut un temps.
La mystérieuse s’installa au comptoir, commençant une discussion basique avec la patronne, toutefois son regard était fixé ailleurs. Sur lui. Pas de doutes, pas de parano. Elle le fixait de ses pupilles vertes. Un drôle de vert, d’ailleurs. Pas le vert qui accroche et séduit, non. Le vert qui fuit, qui voudrait se faire marron pour paraitre un peu plus banal et se fondre dans l’anonymat. Et de temps en temps ces inconnus cessaient de l’appeler afin d’offrir à la patronne du bar un semblant de considération, et ne pas paraitre impolis. Mais l’appel était clair. Viens à moi. Viens, parce que moi je ne viendrais pas. Je resterais là au comptoir, et partirais sans un mot si tu ne fais pas le premier pas. Mais viens à moi.

Et le dilemme se plaçait là. Y aller, ou ne pas y aller. Mercenaire ou Marchombre. Se montrer prudent, pour une fois, ou prendre tous les risques, comme souvent. Un pas en avant, ou un pas en arrière. Une possibilité d’avancée, ou l’ignorance d’une éventuelle offre. Succomber ou résister. Juger ou se tromper. Y aller, ou ne pas y aller.

Elio n’était pas un crétin. Il se savait doué, mais de là à tuer une marchombre en affrontement direct…Par derrière, par surprise, il pourrait y parvenir, et encore avec beaucoup de mal. Mais dans un tel affrontement, c’était peine perdue. Ou du moins beaucoup trop risqué. Il ne se prétendait pas envoleur. Il était Talion. Et à moins que la jeune fille ne soit l’objet d’une commande, il n’avait aucune raison de la tuer. Sauf si elle voulait le tuer, lui. Eternelle rivalité marchombre-mercenaire. Rivalité infondée et puérile. Au final ils désiraient la même chose : être ombre ou harmonie, quelle différence ? L’un et l’autre passait par la grâce et la discrétion de l’invisible. Et être libre de toute chose. De toute loi, de tout engagement, une fois le stade d’élève. Rectification : la comparaison entre marchombre et mercenaire libres, entre marchombres et Marlyn et lui-même. Parce qu’on ne pouvait pas franchement dire que tous les mercenaires du Chaos étaient libres. Au contraire. Beaucoup étaient corrompus jusqu’au coup.
Toujours était-il que le risque était de taille. S’il s’agissait d’une marchombre, il était dans la mouise la plus totale.

Mais Elio Tharön était Elio. Et Elio ne saurait se montrer raisonnable et rater une opportunité d’un regard. Il se montrerait le plus réservé possible. Après tout à Al Poll il était simplement connu comme Elio, le pauvre garçon qui a perdu sauvagement sa mère, puis son père, mais qui s’en est bien sorti puisqu’il a fini sa scolarité à la prestigieuse Académie de Merwyn et reprend à présent la boutique de son père. Certain se demandait pourquoi s’arrêter à une boutique avec l’apprentissage d’un guerrier. On le considérait alors modeste, ou fils attentionné et fidèle à son père qui préférait lui rendre hommage en reprenant les affaires familiales plutôt que de partir pour un avenir un peu plus glorieux. Quant aux rumeurs sur ses fréquentations, elles étaient rares, et les dernières disparaitraient avec le forgeron. Personne n’y croyait. On connaissait les ennuis qu’avaient pu avoir Cyprian Tharön avec les mercenaires, et on se doutait bien que là était la cause de son meurtre. Alors comment son fils pourrait-il rejoindre cet ordre en sachant cela ?!
Par le Dragon que les hommes pouvaient avoir un esprit bien limité !

Il saisit son verre vide, prenant au passage une énième cacahouète, et se leva en silence, quittant son assise aussi légèrement qu’une brise de petit matin. Il se rendit jusqu’au comptoir, posa son récipient sur celui-ci et offrit un sourire à la patronne.

-C’est un délice ! Distillé maison je suppose ? J’en prendrais un autre avec grand plaisir !

Et hop, la tavernière dans la poche ! Elle rougit, se flattant des produits maisons et d’un nouveau client satisfait, et partit de suite lui chercher ses spécialités qu’il devait absolument goûter ! A peine eut-elle disparut dans les tréfonds de ses caves, qu’il prit le devant sur cette opportunité. Son regard ne changea toutefois de directivité, toujours braqué sur l’endroit où venait de disparaitre la gérante de l’auberge. On aurait pu presque croire qu’il parlait tout seul, si ses lèvres ne bougeaient pas aussi peu. Marlyn lui avait en effet appris à parler avec le plus de discrétion possible puisqu’il ne possédait pas le don du dessin et ne pouvait donc pas utiliser les spires comme moyen de communication. Durant des mois il s’était donc entrainé à parler les lèvres presque closes.

-Rares sont les yeux capables d’appeler une personne. J’ai donc hâte de savoir en quoi un homme venant d’échouer en négociation peut bien vous intéresser.

-Le voilà ! De la viande séchée de coureur faite par la maison ! C’est mon mari qui a tué ce coureur, je l’ai dépouillé de mes propres mains et fait sécher enroulé de torchon parfumé aux herbes ! Vous m’en direz des nouvelles !


Il sourit à la femme qui venait de revenir avec des tranches fines et gouteuse rien qu’au regard. Il prit avec plaisir quelques morceaux, tandis qu’elle en proposait également à la mystérieuse inconnue. Il en profita pour créer le dernier lien de faux semblant, en déchirant de ses dents, qui malgré son apparence imposante ressemblaient toujours à des petites dents de lait, la viande de coureur.

-Mmmmhh ! Elle a raison c’est succulent, prenez-en, vous ne le regretterez pas !


Il avala, se raclant la gorge et tendit une main amicale.

-Excusez-moi, je manque à toute politesse ! Enchanté, je m’appelle Elio Tharön, je suis le gérant de la Boutique de Talion, tout au fond de la rue marchande. Oh elle n’a pas encore ouverte, mais ça ne devrait plus trop tarder à présent, le temps de finir quelques…travaux ! Et vous, vous êtes du coin ?

Tu sais très bien que je me fous de ses réponses là. Mais sauvons les apparences, qui que tu sois.



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Fell Antaris
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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 21 Oct 2012 - 21:47

Je regardais régulièrement du côté de l'inconnu. Par pure prudence en vérité, bien que la curiosité y jouait elle aussi un rôle. Parfois enchainant plusieurs minutes de discutions avec la tenancière, parfois plongeant dans l'admiration de mon verre. Cet homme me faisait une impression étrange en effet.
Pourquoi ce sourire ?
Maintenant qu'il était dans la même pièce, je n'arrivais pas à me retirer de la tête l'image de son visage lorsqu'il était sorti de la forge. Je m'étais déjà faite à l'idée que cet homme cachait quelque chose mais, petit à petit, j'avais compris que me trouver dans la même boutique que lui quelques minutes avant m'avait fait signé un contrat invisible. Moi qui voulait tellement ne pas savoir pourquoi, je sentais que j'allais tout de même me retrouver dans ses affaires. Et bien soit, encore une fois ma maudite curiosité me damnait. Je soupirais de dépits; j'étais véritablement mieux seule dans mon atelier...
Il se passa quelques minutes encore ou mon regard glissait parfois inconsciemment sur lui. Je ne le dévisageais pas pour autant, même si il avait le mérite d'être bel homme, ce n'était absolument pas ça qui attirait mes yeux. J'hésitais entre curiosité et fascination.
Je me doutais que ce que j'avais vus chez lui n'étais pas le genre de choses que l'on remarque chez n'importe qui. D'ailleurs, je ne l'aurais surement jamais remarqué si je n'avais pas entendu la fin de leur dispute.
Curiosité, fascination, remords aussi.
Remords de ne pas avoir attendu la fin de la dispute pour entrer, remords d'être entrée à l'auberge du Siffleur, remords d'avoir la malchance d'être maladroite. Ça fait beaucoup de remords en si peu de temps.

Lors d'un temps mort de la conversation, alors que mes yeux n'étais ni dans ceux de la dame de comptoir ni sur l'intrigue, je soupirais imperceptiblement. Fell... Que serais-tu si tu n'avais pas fait tout ça ce matin ?
Je portais ma main à ma hanche et effleurais le fourreau de ma dernière œuvre. Tu l'aurais remis dans l'après-midi, sans te douter de ce qui se passait. Sans savoir que, quelque part dans Al-Poll, quelqu'un avait eu un sourire étrangement doux en sortant d'une négociation ratée. Oui, jamais tu n'aurais sus qu'un jeune homme était assez certain du péril qu'il allait causer à un forgeron. Jamais tu n'aurais été mêlé à tout ça.

C'est alors que je compris que j'étais sa victime, une victime consentante de surcroit. Si j'avais voulus me sortir de cette affaire, je n'aurais eu qu'à repartir au bout de quelques minutes au lieu de rester causer... J'en serrais les dents de frustration

-C’est un délice ! Distillé maison je suppose ? J’en prendrais un autre avec grand plaisir !

Je sursautais presque en constatant son arrivée, me mordant la langue au passage. Je ne Pas une seule seconde je ne me leurrais sur les raisons de sa présence. Si il avait juste voulu un autre verre, il se serait adressé à l'un des serveurs. Peut-être étais-je paranoïaque mais j'avais passé suffisamment de temps auprès d'un Mentaï pour me douter des véritables raisons de ses actions. La confirmation ne tarda pas, à peine la patronne disparue, un peu sonnée par le compliment du jeune homme, que sa voix me parvint de nouveau.
Pour moi et moi seule.
S'en était presque effrayant, si je n'avais pas déjà vus ça se faire. J'en était néanmoins bien incapable. Cinq an avec un Mentaï certes, mais pas cinq ans en temps qu'élève. Je ne répondis pas immédiatement, sachant qu'il attendait mes mots pour plus tard. En fait, de cette façon, sa voix était différente. Elle ressemblait au chant d'une Enjôleuse. Mortellement douce.
Lorsqu'il reprit la parole au retour de la gérante, je manquais de me fendre d'un sourire. Il était certes très doué pour parler avec le silence, mais là, il en faisait trop. Je refusais poliment son offre avant de m'accouder et de, enfin, le regarder véritablement en face. Des traits fins, presque féminin, voilà ce qui me marqua lorsque j'arrivais à outrepasser ses formidables yeux bleus.
Il me fit alors l'honneur des banalités d'usages.

-Excusez-moi, je manque à toute politesse ! Enchanté, je m’appelle Elio Tharön, je suis le gérant de la Boutique de Talion, tout au fond de la rue marchande. Oh elle n’a pas encore ouverte, mais ça ne devrait plus trop tarder à présent, le temps de finir quelques…travaux ! Et vous, vous êtes du coin ?

Nous y voilà. Fini l'innocence Fell, te voilà entrée dans une affaire qui ne te concernait pas il y a un quart d'heure. La vie à sa façon bien à elle de se dérouler parfois... Je lui répondais d'un sourire feint avec excellence.

- Tout l'honneur est pour moi. Fell Antaris, artiste. En effet, je originaire d'Al-Jeit, comment avez vous deviné ? Ça ce voit tant que ça ?

Je remettais mes cheveux en place comme si j'étais gênée, souriant candidement. Je ne suis pas doué pour les relations, quel qu’elle soient. Ces phrases, elle avait été usé par le temps et depuis des lustres, il était impossible de commettre la moindre erreur en les prononçant. Je pérorais avec lui pendant plusieurs minutes sur des banalités écœurantes. Finalement, lorsqu'il ft question de sortir, une boule se forma dans mon ventre, la véritable discutions allait donc commencer. Je me levais, payais et sortais, poussant un profond soupir, comme un cri de délivrance lorsque l'air frais me fouetta le visage.
Il commençait à être évident que j'étais agoraphobe...
Je me retournais vers lui et je vis que déjà, la donne avait changé. Ses yeux était devenu plus vif que ceux d'un homme normal, plus froid aussi. Ses traits, bien qu'ils soient toujours aussi fins ne portaient plus l'expression joviale qui le caractérisaient peu au par avant. Il était devenu infiniment plus distant et froid. Il était redevenu l'homme qui avait sourit dans sa défaite et qui m'avait parlé, en silence. Je le suivis un peu à l'écart et lorsque nous furent parfaitement seules, je déclarais, veillant à ne pas pêcher par ma maladresse.

- Ce n'est que pure curiosité. Un homme venant d'échouer en négociation ne sourit pas comme vous l'avez fait. C'est ça qui m'intriguait, rien de plus.

"Rien de plus" pour moi oui, ses affaires ne me concernaient aucunement. Mais je savais que ça ne serait pas "rien de plus" pour lui. Je l'intriguais tout autant pour qu'il vienne ainsi me voir et je sentais qu'il n'allait pas s'arrêter là. Je n'avais aucune idée des raisons de son intérêt et quelque part, je n'en avais cure. J'attendais qu'il me retourne le motif de sa curiosité, soutenant son regard si... particulier. Passé la fuite des évènements, il était temps que je les affrontes même si je ne pouvais pas cacher la crainte que cela m'inspirait.
A présent, alors que je pouvais retirer le masque de la gentille fille discutant sagement avec la gérante, mes yeux avaient retrouvé tout leur éclat. Certes, je ne pouvais concourir avec le bleu des siens, mais je pouvais à présent en tirer de l'orgueil.


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Elio Tharön
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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeSam 27 Oct 2012 - 9:43

Elle jouait bien le jeu. Pas de doute, elle était vraiment douée. Et donc vraiment dangereuse. Il faudrait qu’il garde un œil sur elle, au cas où. Le plus prudent serait encore de fuir, mais il était bien trop tard. Et Elio ne fuyait pas. Ah ça non. Ils continuèrent donc en banalité jusqu’à se retrouver tous deux dehors, tournant par inadvertance au coin d’une rue. Quiconque les ayant croisés au bar croiraient à un flirt naissant ou une connerie du genre. Mais le coin de la rue ne signifiait rien de si futile. Il signifiait affaires et réponses. Mercenaire ou marchombre.

Dangereuse. Elle était vraiment dangereuse. Parce que déjà elle avait su voir, en aucun cas berné par son jeu face au forgeron. Un léger frisson vint lui titiller la peau, mais il n’en fit rien voir, restant stoïque devant la « simple curiosité » de Fell. Curiosité, tu parles ! Curiosité qui accuse déjà, qui a deviné ce dont beaucoup seraient morts d’avoir deviné une telle chose. Il détestait les témoins, la preuve avec la forge qui brûlerait haut et fort cette nuit, histoire de faire taire les derniers soupçons du forgeron. Faudrait-il qu’il la fasse taire à son tour ? Ce serait l’attitude la plus prudente à avoir pour Elio Tharön. Mais Elio n’était pas prudent, et il sentait que cette artiste avait bien plus à lui offrir qu’à lui faire perdre. Il fallait juste qu’il évince ce maudit doute qu’elle puisse être marchombre.

Elle leva alors les yeux face aux siens avec soudainement tant de lueur que la détermination qu’elle sache parfaitement le pourquoi du comment l’emporta. Elle était mercenaire. Il lui fallait juste le moyen de lui faire tomber son masque.

-La curiosité est un vilain défaut, ne vous l’a-t-on pas dit ? Et des défauts, j’en ai des tas.


Pas vous ?

-Suivre un homme qui sourit en venant d’échouer jusqu’au fin fond d’une ruelle est plutôt imprudent pour une jeune fille. Et si j’étais un grand méchant ?


Il sourit. Allez, dévoile-moi qui tu es. Et alors nous pourrions bien nous entendre ailleurs qu’autours de tranches de coureur.

-Mais un homme qui sourit en échouant peut tout aussi bien être juste bon perdant. Tout comme une fille qui suit cet homme peut juste être curieuse. N’est-ce pas ?


Tu as peut-être cerné mon éternel sourire qui précède mes meurtres, mais tu es encore loin de m‘attraper. Cependant je te laisserais volontiers me courir après si tu en vaux le coup. On pourrait s’utiliser l’un et l’autre. S’aider, si tu préfères. Parce que tu n’es pas marchombre. Tu es dangereuse et artiste. Et rien ne pourrait plus me plaire que cela. J’accorde rarement de l’importance aux gens des bars. Alors je sais que tu n’es pas juste une curieuse de nature. Tu ne le diras peut-être pas, mais tu cherches quelque chose. Tu me cherches. Et si tu n’as rien à me proposer, c’est que c’est à moi de te proposer. La question est quoi ? Jusqu’à quel point es-tu artiste ?


-Quel est ton art, Fell ?

Tu es ma semblable, je peux donc te tutoyer. Ainsi tu ne peux que savoir que je te sais.
Moi je suis artiste de la vengeance, de la loi du Talion. Je brûle et j’assassine ceux qui me gênent pour l’instant, mais j’ai de plus grands projets pour la suite. Je brûlerais et j’assassinerais ceux qui en gênent d’autres. Mais seulement des vengeances personnelles. Et pas de femme, pas d’enfant. Voilà mon art que je prépare. Et je crois bien que j’aurais besoin de toi, et de ton art. Ce n’est sûrement pas pour rien que je t’ai rencontré chez le forgeron. Aurais-tu de quoi me forger une puissance plus calculée encore ?


Une marchombre, même la plus sombre d'entre elle, haïssant en tout points les mercenaires, ne m'aurait pas suivi jusqu'ici pour m'avouer sa curiosité. Elle ne m'aurait pas même appelé à la taverne. Parce qu'elle aurait su. Elle aurait su qu'un combat égal n'aurait mené à rien de bon pour elle également. Si tu voulais me tuer, il t'aurait suffi d'attendre que je sorte de la taverne pour m'égorger. Ou alors tu aurais profité de la discussion pour me faire boire. Et surtout, surtout, tu n'aurais pas eu ce regard, ô combien différent de l'effacé que tu présentais jusqu'ici.

Je ne peux pas prétendre savoir qui tu es, mais je sais que tu me plais. Et que ce petit jeu de faux semblants de va pas durer longtemps.
Qui sait, peut-être as-tu, toi aussi, une vengeance à mener ? Je pourrais t'aider, me salir les mains pour toi. A moins que tu ne veuille pas de cela.

-Et quel est ton prix ?



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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeVen 2 Nov 2012 - 22:37

Il m'accablait.
Non pas par son attitude ou par sa présence, mais par ses mots. Énonçant mes actes comme autant de péchés, mais surtout, surtout, me fixant comme tel. Un vilain défaut disait sa voix, le pire des crimes, me susurraient ses yeux de glace. Oh non, ne tente pas de me faire la grâce de t'affilier à mes tords Elio, dis moi donc ce que tu veux, une bonne foi pour toute. Il sourit finement, en sous-entendant qu'il pouvait être une menace, soulignant ce que j'avais déjà compris pour le mettre en valeur. Mais je savais tout ça, je le savais. Puis vint la dernière phrase, celle qui scella le tout, me signifiant que jamais, jamais je ne pourrais partir d'ici sans lui laisser quelque chose. Que ce soit un accords ou une promesse de retour, sa dernière phrase me signifia qu'il venait de choisir un rôle dans la liste de ceux de mon destin et qu'il s'était même taillé une part de roi dedans.

-Mais un homme qui sourit en échouant peut tout aussi bien être juste bon perdant. Tout comme une fille qui suit cet homme peut juste être curieuse. N’est-ce pas ?

Un sourire fleura sur mes lèvres, oui cet homme était dangereux mais, étrangement, il semblait me craindre aussi un peu. Je ne savais pas vraiment pourquoi, si ce n'est que j'avais un début d'empathie qui me soufflait la peur du retrait comme unique information. Que vouliez vous que je fasse de ça ? Je fermais un instant les yeux, ne pouvant répondre à cette question purement rhétorique. Lorsque je soupirais, un fleur de brume se forma avant de se dissiper aussitôt. Nous étions au printemps après tout, la froidure du matin ne pouvait plus que se retirer doucement, sans faire de bruit. Sans qu'on la remarque. J'aurais aimé pouvoir faire de même bon sang...
Je n'aimais vraiment pas me mêler des affaires des autres.
Il ne se passa rien, durant quelques secondes, et, durant ces mêmes secondes faites d'éternité, je ne rouvrais pas les yeux. Je ne fuyais pas, bien que son regard de cristal me déstabilisait grandement. Je m'isolais, tentant de préparer mes réponses, de préparer ce que je voulais dire face à plusieurs possibilités. Tout ça se montait doucement, comme un château que l'on fait avec des cartes pour tromper l'ennuie. Cela faisait bien des lunes que je n'en faisais plus d'ailleurs, devenue trop habile pour ne pas les faire en moins de quelques secondes.

- Quel est ton art, Fell ?

J'eus alors un hoquet de surprise. Mon... Art. Ce qui me constituait toute entière, imprégnait mon corps et mon âme touts entiers. J'avais stupidement omis la possibilité qu'il attaque par ce côté. J'avais construit des murailles mais laissé la porte ouverte.
Un sourire passa alors sur mes lèvres, requiem de ma propre stupidité, car il s'agissait bien de cela. De l'étourderie, de la naïveté, comme toujours. Il me tendait un piège et, en victime consentante, j'y allais de moi même, lui tendant presque les bras pour qu'il m'achève. C'est là que je compris. Un semblable, la même face de la même pièce, le même côté du miroir.
Un mercenaire du chaos.
Et la balance s'inversa, d'un seul coup. Il fini alors de s’enterrer lui même en une dernière phrase.

- Quel est ton prix ?

Je retins un rire discret mais peu a peu, je perdu les pédales alors alors que mon esprit se fixait sur mon noyau, sur la source même de mon existance. Mon art vallait plus que tout. Je portais ma main à ma ceinture, sur le fourreau qui contenait mon dernier enfant. Qui contenait oui...
Mes ongles s'enfoncèren violement dans le cuir ouvragé alors que mes souvenirs refluaient. En sortant en compagnie d'Elio j'avais, pour garder mon masque, heurté un enfant. Et mon bébé ne pouvait être qu'entre ses mains indignes. Ce poignard... Je le l'avais nullement crée pour lui ! Il ne pouvait pas l'avoir !
Ma main retomba le long de mon corps et je baissais la tête. Alors que mes yeux étaient masqués par des mèches auburns, je lachais d'une voix tremblante.

- Mon art... Je ne le confierais plus jamais a un mercenaire... De plus... J'ispirais difficilement, comme si je me retenais de pleurer.J'ai quelqu'un... À tuer... Seule...

Je reculais de quelques pas. Oui je ne confierais jamais mon art à un mercenaire autre que Lui. Il m'avait écouté, permit de m'épanouir et de m'améliorer. Jamais je ne pourrais passer un autre pacte, parce qu'aucun accord sur le long terme ne pourrait aussi bien servir mon art.
Je me volatilisais.
Il fallait que je trouve ce gamin et que je lui reprenne mon bien. Non, que je lui reprenne le bien de mon client. J'étais une mère porteuse. Une femme a qui on confit la naissance. C'était mon miracle, encore vierge mais déjà tant de fois mère. Et mes enfants n'allaient qu'à leurs parents, a eux et a personne d'autre. Je le retrouvais rapidement, dans une ruelle avec un autre garçon. Et mon poignard était là, entre ses mains indignes. Je pris mon arbalète avec lenteur et visais. C'était un tir facile, je pouvais toucher tout ce qui entrait dans la champs de mon arme. Du siffleur à la pièce de bronze.
Un homme fit alors irruption dans la ruelle et le poignard sous la tunique de l'enfant aussi vite que je rangeais mon arbalète. L'homme tempêta alors contre l'enfant.

- Maître Sil' Koren ! Vous trainez encore dans les rues ! Vous ne devez pas avoir ce genre de frécantation ! Relevez vous et essuyez moi ces mains ! Monsieur votre père vous attend.

L'autre petit garçon, apparement bien moins noble que le premier, lui lança alors discrètement.

- Au revoir Phylis...

Et ce fut tout. Oui, tout était le mot. Mon enfant était aux main d'un gosse mais ce dernier n'appartenais pas a ceux que je pouvais tuer sans que ça gêne. C'était un noble, assez rebelle pour trainer avec les autres et apprendre à chaparder, mais noble tout de même. Je n'avais pas le choix. J'irais reprendre mon bien lorsque la nuit étendra son règne. Je m'asseyais sur les tuiles, abattue et réfléchissais quelques instant avant de murmurer.

- Tu es toujours là ? Elio ?

J'appellais dans le vent, sans certitude aucune, mais je savais qu'un mercenaire était un être surprenant. Après tout il parlait bien au silence et j'avais besoin de lui. Je poursuivais, à peine plus fort, fixant le ciel devant moi.

- Mon art n'est pas une catin, il n'a pas de prix, juste des limites. Tout ce que je veux c'est le respect de ces limites et le retour de ce couteau. Juste ça et mon art sera tien.

J'avais juré à mon cœur que je ne ferais plus de pacte, mais mon enfant pleurait entre des mains qui n'étaient pas les siennes. Pour réparer ce tord, je ne pouvais qu'espérer et confier mon art et donc mon être à la grace de ses yeux bleu. J'espérais juste que je n'avais pas parlé qu'aux chats et aux oiseaux qui régnaient sur les toits...


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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeVen 9 Nov 2012 - 16:12

Il faillit rire lorsqu’elle l’appela mercenaire. Alors tu ne me suivrais pas juste parce que tu as mis l’étiquette mercenaire sur mon front ? Stupide. Elle n’était donc ni mercenaire, ni marchombre. Elle errait entre les deux, et avait du avoir une déception, ou du moins un sale coup d’un membre de la guilde. C’est bien pour cela que je ris à ceux qui m’appellent mercenaire. Parce que je ne suis pas de ceux-là. C’est chacun pour soi, ici. Œil pour œil. Dent pour dent. Tu l’as déjà appris, trop même à ne plus vouloir faire confiance.

Je ne te demande pas même de me faire confiance. Mais juste de travailler pour moi, de m’aider un peu. Tu peux appeler cela alliance, je m’en contrefiche. Pas de confiance chez ceux qui n’attendent que le moindre faux pas pour activer du poignard. Alors fuis donc. Va donc tuer cette personne. Mais ne penses donc pas que je vais renoncer là. Bien au contraire, tu viens de me donner l’exacte raison de te poursuivre. Tu cherches vengeance pour un larcin à présent, vu le regard vide que tu lances sur ton fourreau vide. Et je me spécialise justement dans les vengeances. Tout cela n’est-il pas parfait ?

Il la laissa disparaitre, lui laissant par là même penser qu’il ne pourrait pas la retrouver. Mais il n’y avait pas meilleur traqueur qu’Elio. Marlyn avait passé des heures et des mois à jouer la proie jusqu’à ne plus entendre les pas de son élève derrière elle. Elle, il ne la tromperait jamais. Elle pouvait sentir sa présence à des kilomètres. Mais les autres…

Fell le mena au cœur des ruelles, bien exposées. Et pourtant personne ne pouvait apercevoir l’ombre du coin, prêt à bondir au moment opportun. Les yeux de la jeune fille se posèrent sur la cible et Elio tiqua. Un enfant. Et la règle était sans appel : ni femme, ni enfant. Il était hors de question que cet enfant soit tué. Surtout s’il demeurait doué en vol, ça pouvait toujours servir ces gosses là ! En silence il décrocha son arc de son dos, et y encocha une flèche. Cette dernière vint chatouiller son oreille. Il n’hésiterait pas à tuer Fell pour éviter cette abomination. Mais il savait avoir besoin d’elle, il lui faudrait donc juste la blesser ou dévier son tir. Rien de plus facile. Elle semblait certes très à l’aise avec son arbalète, mais le mercenaire tenait son don à l’arc de sa mère faëlle. Et il avait pris soin d’améliorer ce don, de le travailler à la perfection. Il n’eut heureusement pas à intervenir, rompant par là l’éventuel conflit avec la jeune femme. En effet un homme vint chercher l’enfant pour le ramener en sécurité. L’enfant et le précieux objet de sa compagne de taverne.

Elio ne se présenta pas à son appel, il partit de suite ne faire qu’un avec l’ombre de l’homme de maison ramenant le petit noble.
Je vais te rapporter ce que tu veux. Et t’apprendre une seule règle afin que pour notre bien à tous deux tu restes vivante.

Le dénommé Phylis trainait des pieds, non content de rentrer au bercail. Et ce bercail il ne devait pas l’atteindre avec l’arme. Sinon quoi tout deviendrait bien plus compliqué pour le jeune homme. Une fois entouré de noble, comme dire au maître que son fils est un voleur et qu’il mériterait d’avoir les mains coupées dès le lendemain sur la place publique ? Et si Elio savait se rendre très discret, pénétrer dans une maison sécurisée n’était pas le plus prudent des plans. Non, il avait la possibilité bien avant de reprendre le bien de Fell.
Il grimpa sur les toits pour dépasser le duo, puis se laissa glisser dans une rue adjacente, se fabriqua un masque de sentiment, et déboula sur eux.

-Oh, hips, pardon m’sieur dame ! Maivrent vrané, j’vous juireeeuh !


Il leva un doigt devant une vision faussement trouble tandis qu’il venait de percuter l’enfant et son garde. Celui-ci recula de dégout, une main protectrice sur le gamin.

-Hors de ma vue, ivrogne !

Il avait suffit d’une seconde pour que le couteau soit déjà dans la manche d’Elio. Il s’excusa ridiculement encore une fois, les laissant partir. Et tandis que l’adulte sermonnait le petit, lui indiquant que c’est ainsi que finissaient les enfants de la rue, Phylis, lui, se rendait compte de la disparition de sa trouvaille du jour. Il se retourna prêt à hurler, mais se ravisa. Plus aucun saoulard ne lui faisait face. Mais un homme noir, un doigt sur la bouche pour l’intimer au silence. Il lui faisait peur, si peur qu’il n’osa rien dire. Que dire de toute façon ? On lui demanderait pourquoi il possédait un tel couteau. Alors Elio lui décerna un léger clin d’œil et il s’accrocha à une corniche pour s’envoler sur les toits, sous l’œil non plus apeuré, mais admiratif du noble.

-Encore un qui finira mal. Rit-il.

Il atterrit au pied de Fell et entama une marche avec elle pour quitter les ruelles. D’un simple mouvement de bras il lui rendit son bien. Une fois arrivé loin des oreilles indiscrètes il s’immobilisa.

-La prochaine fois que tu vises un enfant, je n’attendrais sûrement pas la venue de sa nounou pour te tuer.

Il n’y avait aucune blague dans cette phrase-ci.

-Je ne suis pas le mercenaire de base. Je les aide, souvent, et je compte sur leur aide. Là s’arrête l’appartenance. Je peux me salir les mains à la place de quiconque, la vengeance est ma spécialité. Mais ni femme, ni enfant. Jamais. Si ce gamin t’a déjoué, c’est qu’il est bien plus malin que les autres, et lui retirer la vie serait gâcher son talent. Il y a d’autres moyens pour donner une leçon à une personne.


A présent nous sommes clairs, l’un envers l’autre.

-A présent, j’écoute les tiennes, de limite. Que me proposes-tu ?



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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeMer 14 Nov 2012 - 21:41

Elio réapparut bien plus tard, alors que je me demandais sérieusement si je n'avais pas parlé aux chats de gouttière comme une idiote. Il m'accompagna, en silence, le visage grave mais ne paraissant pas vraiment en colère. Du moins, c'est ce que j'espérais, peut-être même -surement en vérité- au point d'en fausser mon jugement. Je ne tenais pas à me froisser avec un homme de sa trempe, il y avait trop de lames prêtent à couper le fil de ma vie comme ça. Et soudain, en un simple mouvement de bras, alors qu'il marchait toujours, mon enfant fut dans ma main. Je prenais soin de ne pas réagir alors qu'on pouvait encore m'entendre, mais alors que mes doigts frôlaient l’acier froid, mon cœur loupa un battement. Mon œuvre, mon engeance, la chose qui, tant qu'elle n'aurait pas trouvé les mains qui étaient les siennes, constituait mon seul objectif.
Lorsqu'il s'immobilisa, j'écoutais à peine ce qu'il me dit, serrant l'objet contre ma poitrine comme un enfant étreint son compagnon en peluche. Oh par la Dame quelle joie... Si l'homme face à moi n'était pas ce qu'il était, j'aurais surement sauté à son cou dans l'instant. Néanmoins, le risque d'un retour de poignard dans le ventre était assez important pour m'en dissuader. Mon regard se tourna vers lui alors que je rangeais mon précieux dans son landau de cuir brun. Mes limites ? Ah quel sujet important, j'avais tout de même prêter attention à quelques fragment de son avertissement, histoire de ne pas faire un faux pas en sortant de la ruelle.
Elio Tharön n'était pas mercenaire, ce qui me fit reconsidérer mon refus bien rapidement. De plus, ma création étant de nouveau à sa place suite à son bon vouloir, j'avais au moins un an de dette envers lui. Au moins... Je lui répondis alors dans la foulée, la voix bien plus hésitante qu'avant. Je n'avais pas peur non, qu'il me tue si il le voulait, il perdrait surement plus que moi en allant chez un autre forgeron. En fait, ce qui me faisait tant hésiter, était la crainte de le décevoir. J'avais déjà déçu bon nombre de personne avec mes fantaisies. De l’extérieur, cela pouvait paraitre aussi contradictoire que risible, mais devant mon art passait, selon les circonstances, mes dettes d'honneurs.

- Je... Mes limites sont assez flou... C'est un art, je ne peux pas l'exprimer clairement tu vois ?

Je tiquais interieurement, un faux pas peut-être dans ce "tu"... Néanmoins je ne laissais rien paraitre, c'était le meilleur moyen pour que la représaille se fasse. Je poursuivais en prenant de l'assurance.

- Je suis une artiste, pas une simple forgeronne. Mes création prennent le temps qu'elles prennent. Ni plus, ni moins. Je ne refuse jamais une commande, sauf si il y en a trop et que la surchage m'empêche de donner mon maximum. Et enfin...

Me regard se durcit dans ces derniers mots, c'était là le point le plus important. Celui qui distinguait art et forge.

- Je fais les armes pour les gens et non pas selon eux. A toi de voir si ça te convient mais sache que je ne ferais aucune conssession dessus. C'est ma règle à moi.

Vus le portrait que j'avais réussi à dresser de lui, je me doutais que mentionner les autres règles était inutile. Je savais pertinement qu'il ne me demanderait pas une arme pour simplement l'exposer chez lui.

Je me remis en marche, pour ma part, les secrets de notre entretient s'arrêtaient là. Le reste pouvait passer pour un simple accord commercial comme on en signait des centaines chaque jour. Néanmoins, avant de retrer dans une zone plus "écoutable" je lui fis remarquer avec la plus grande simplicité.

- Au fait, je ne cherche pas à t'offenser mais, tu as dis être pret à me tuer si j'attentais à nouveau à la vie d'un gamin. Hors je suis une femme... Tu serais donc capable, afin de la suivre, de transgresser ta propre règle ? Tu m'excuseras, mais c'est particulièrement stupide...

Ayant retenu les raisons qui pouvaient me Faire passer de vie à trépas, ce détail m'avait troublé. Je me dis alors que le lui faire remarquer n'étais pas forcement brillant non plus. Je me mordis légèrement la lèvre infèrieur en me rendant compte de mon erreur. Je ne tenais pas vraiment à me faire un ennemi. Mourir n'était pas vraiment un problème. Une fois mort, on est mort, point, rideau, fin de la representation. Par contre se faire un ennemi était bien plus problématique. Entre autre parce qu'il avait la sâle manie de vous tuer un chouilla plus douloureusement qu'un assassin lambda, hors souffrir m'interessait déjà beaucoup moins.
Je restais donc sur mes gardes en attendant sa réaction maudissant ma maladresse. Je me haïssais bien souvent a cause d'elle. Une bonne douzaine d'exemples me venaient à l'esprit et dans la plupart des cas, ma vivacité et mon agilité avaient été les seules garantes de mon salut. Ce n'était d'ailleurs pas comme si je ne m'étais jamais pris de coup. Quelques cicatrices étendaient de fines marques blanches sur ma peau sur mes bras et mon torse. Rien de bien méchant néanmoins. Je m'étais rapidement rendu compte que fréquenter les gens était source de problèmes de ce type. En fait j'espérais réellement ne pas m'être attiré les foudres d'Elio. Je ne voulais pas être son amie ou quoique ce soit d'autre, mais entretenir de mauvais rapport avec un associé était particulièrement agaçant. De plus, perdre une occasion de ce genre, c'était une belle erreur commerciale. En fait, surement la plus grosse de toute ma carrière si elle avait lieu. Une boule d'agoisse se forma dans mon ventre, comme a chasue fois que je doutais de mes paroles. La crainte de vraiment avoir fait une grave erreur tactique se fit vicieusement un chemin. Ce que je voyais comme se faisant répondre une phrase type "Mais tu n'es pas vraiment une femme" où autre prit alors une dimenssion bien plus imposante. Et si j'avais vraiment vraiment blessé l'orgueil du "vengeur" a mes côtés ? Et si ses yeux bleus devenaient soudainement les même que ceux ayant promit la mort au forgeron ? Il n'était pas suseptible à ce point ? Si ?
Alors que mes doutes s'emballaient, je me retrouvais incapable de prévoir que ce soit et rougissais de honte en fixant le sol. Peut-être pas à en devenir écarlate tout de même, mais baisser la tête pour trouver un interêt soudain au sol était nécessaire...


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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 9 Déc 2012 - 12:51

Elio ne tiqua pas réellement face au tutoiement soudain de Fell. Pour lui il n’incluait nullement une marque d’irrespect, mais plutôt une familiarité pratique lorsqu’il s’agit de travail. En affaires, pas besoin de s’encombrer de formules. Le respect et la crainte, il pouvait aisément le voir dans les attitudes de ceux avec qui il traitait. L’arrogance se voyait de suite. Et s’éliminait presque aussitôt.

Les limites de l’artiste étaient plus que convenables. Elle faisait son travail, et le faisait bien. Tout comme lui. Là-dessus, il ne pourrait rien lui reprocher, pas même le temps qu’elle s’autoriserait à chaque création. Il fallait savoir être patient pour obtenir des objets précieux. Marlyn lui avait appris cela il n’y a pas si longtemps. Il continua donc sa route avec elle, satisfait de cet accord silencieux. Il pensait que là s’arrêtait les discussions, qu’il lui suffisait de faire une première commande, et qu’elle prendrait à gauche et lui à droite. Il ne s’attendait pas vraiment à se faire moucher de la sorte.

Son visage se durcit automatiquement, et ses pupilles virèrent au gris métallique, tandis que les jointures de ses poings craquèrent devant le culot de cette fille. Sa mâchoire grinça un instant, et il pensa un instant lui couper la langue ou une autre partie du corps qui lui ferait amèrement regretter ces paroles, tout en la gardant en vie. Elle lui était tout juste utile, après tout. Mais la découvrir le regard rivé au sol, comme si elle venait de prendre conscience de l’énormité de ces propos, le détendit un poil. Mais vraiment un poil, pas plus. Elle n’avait pas l’habitude d’être confrontée à plus grand, ou du moins à plus dangereux qu’elle-même. Elle ne cherchait aucune offense, ce n’était juste qu’une gamine ne sachant pas tenir sa langue. Et à qui il faudrait apprendre à la tenir, de toute évidence.

Son pied gauche claqua sur le pavé. Pas assez pour qu’on se retourne sur eux, mais de sorte qu’elle l’entende, elle. Elle qui marchait avec lui depuis un moment et qui n’avait pu que constater que ses pas ne claquaient pas, habituellement. Son corps s’immobilisa avec le pied, et il pivota, obligeant de ce fait Fell à faire de même, si elle ne voulait pas le percuter de plein fouet.


-Au fait, je ne cherche pas à t’offenser, mais à mes yeux tu n’es pas une femme.


S’il se retenait de lui appliquer une quelconque pression physique afin de ne pas l’effrayer dès leur première rencontre, sa voix rauque travaillée rattrapait considérablement l’effet de mise en garde pour ces prochaines remarques pertinentes ou non.

-Une femme armée n’est plus une femme. Mais un égal de l’homme. En choisissant de vous battre, de vous confronter au sexe opposé, vous perdez l’immunité de la femme.

Et malheureusement pour vous, vous êtes de plus en plus nombreuses à vouloir passer pour fortes et indépendantes. Celui qui a lancé le dicton « les femmes et les enfants d’abord » n’avait jamais pensé qu’un jour elles pourraient se montrer plus fortes et résistantes que certains hommes.


-Tu n’es pas une femme. Guerrière, artiste, appelle-toi comme tu veux. Mais par femme, j’entends celles qui n’ont rien demandé d’autre que d’élever leur famille et de cultiver leurs terres. Ne me crois pas assez stupide pour plier devant une guerrière. Je la tuerais sans hésitation. C’est elle qui l’a choisi, après tout.

Un léger haussement de sourcil émit le silencieux « compris ? », et il reprit la balade comme s’il ne s’était rien passé. Les choses étaient au plus clair à présent, et elle pouvait être sûre de ne bénéficier d’aucune protection ou pitié due à son sexe. Petit à petit ils atteignaient le haut de la rue marchande, et la fin des commerces. N’en restait qu’un : La boutique du Talion.


-Voici mon échoppe. Viens, j’ai quelque chose à te montrer, et qui te guidera sûrement sur ton premier travail.


Il sortit une clé en fer de sa bourse et ouvrit la porte qui menait à l’avant de la boutique. Cette dernière était encore un peu fantôme, trop vide d’armes. Mais elles viendraient, très prochainement. Il l’amena en silence dans l’arrière boutique qui donnait sur le modeste séjour de la masure. Elio sourit en voyant qu’elle arrêtait ses pas à l’endroit même où le corps de son père était tombé de sa propre main. Mais elle ne regardait pas le sol en bois qu’il avait mis un temps fou à ramener à sa couleur chocolatée. Il en restait quelques tâches plus foncées, là où le sang avait coagulé. Non, elle regardait le mur sur lequel il venait d’accrocher fièrement l’arc de sa mère faëlle. Son précieux, à lui.

-C’est un bel arc, n’est-ce pas ? D’autant plus qu’il ne rate jamais ses cibles.

Il caressa l’écorce du manche du bout des doigts, savourant le frisson que cela lui déclenchait à chaque fois.


-Il se trouve toutefois que l’arc n’est pas le plus pratique lorsqu’il s’agit d’attaque direct, et surtout de près. Tu dois toi-même le savoir, puisque tu sembles manier l’arbalète. Et j’ai récemment offert ma chère dague qui m’a tant servie jusqu’ici.

Il n’avait pas vraiment besoin d’en dire plus. Elle savait déjà ce qu’il voulait.

-Je suis cet arc. Mais j’ai besoin de ne faire qu’un avec une autre arme, où je mène tout droit à ma propre perte. Je crois avoir trouvé la meilleure pour cela, n’est-ce pas ?



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Fell Antaris
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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeMar 1 Jan 2013 - 10:59

Comme une enfant.
Je gardais la tête baissée pendant qu'il me rudoyait sur ma réplique maladroite, au moins j'étais fixée; avec lui, je n'aurais pas de traitement de faveur du à ma féminité. Mais quelque part, cette nouvelle me rassurait, on m'avait tant comparé à mes homologues masculins, tant rabaissé sur mes capacité soit disant inférieur... Qu'il ne me considère pas comme une femme m'arrangeait quelque part, je pourrais enfin travailler comme bon me semblait, sans à avoir à subir les éternelles comparaisons que je subissais à chaque contrat. je gardais néanmoins cela pour moi, me doutant qu'un "merci" ne lui aurait certainement pas convenu. D'ailleurs, il ne m'aurait certainement pas convenu à moi non plus, je n'aimais pas vraiment rester avec les gens ou leur devoir quelque chose. J'étais bien trop maladroite pour tisser des relations. Qu'il garde le silence tout comme moi, qu'il ne me considère jamais comme autre chose qu'une associée, voilà ce qui serait le mieux pour nous deux.
Je le suivais dans un parfait silence alors que dans ma tête tournais en boucle ce qui m'avait poussé ici. Presque rien en fait et c'était là tout le tragique de la situation. Comment aurais-je pus deviner il y a à peine deux heures que j'allais croiser le chemin d'un presque mercenaire du chaos aux yeux beaucoup, beaucoup trop bleus. Comment aurais-je pus deviner que le plus gros coup de toute ma carrière allait se jouer sur le plus grand hasard de toute ma vie ? La vie avait vraiment sa manière bien à elle de ce déroulé depuis que j'étais à Al-Poll...
Lorsque nous arrivâmes à sa boutique, j'eus un frisson en voyant l'enceigne. Aucun peur ni aucun plaisir n'était responsable de cette réaction physique, juste un pré-sentiment. Peut-être allais-je passer une bonne partie de ma vie ici, peut-être allais-je mourir ici, peut-être... Il pouvait se passer tant de chose dans cette boutique...
Passé la salle de présentation presque vide, j'entrais avec lui dans l'arrière boutique. Immédiatement, je sentis quelque chose de profondément différent. Quelque chose d’indéfinissable. Ce n'était pas une zone de passage, c'était une pièce secrète, le genre que chaque château se convient d'avoir. Là où se joue l'avenir de tant de choses, hors des réceptions mondaines, là où personne ne les soupçonnent, là où le moindre personne franchissant le palier possède vraiment la connaissance du monde.
Et, pile devant moi, comme si il avait été déposé à dessin, un arc. Un des plus beaux que j’avais jamais vus. Je ne connaissais pas cette facture mais déjà mon esprit florissait de détournements. Après quelques instants de réflexion, je reconnus des motifs que j’avais vus dans un livre il y a bien longtemps. Des motifs, des lignes et des âmes faëls. Une question poussa alors dans mon esprit.
D’où le jeune assassin tenait-il cet arc ?
J’écoutais patiemment ce qu’il avait à me dire mais ne trouvais nul-part de réponse à ma question. Lâchant un soupir imperceptible, je m’approchais de son trésor qu’il caressait du bout des doigts, comme perdu dans ses pensées. Ses derniers mots furent suffisants pour que je décide définitivement de travailler avec lui.
Ne faire qu’un avec une arme.
Il venait de résumer si simplement ce que je peinais toujours à expliquer. Je souriais brièvement en ironisant dans ma tête.

* Maudit soit tu, toi et ta langue agile… *

Je hochais doucement la tête et respirais profondément, avant d’effleurer à mon tour l’arme perchée sur le mur. Je ne la touchais pas, on ne touche pas l’âme de quelqu’un d’autre. Cet arc était une pièce d’art au sens littéral du terme. Aussi beau que mortel, comme l’est chaque prédateur de la nature. Tel était ma vocation d’artiste, parvenir à égaler Dame Nature dans mes œuvre. Rien ne devait être inutile, rien ne devait être vaine fioriture. Tout devait avoir un but, comme les rayures d’un tigre des prairies, comme la nervosité des jambes d’un coureur. N’est véritablement beau que ce qui est parfaitement adapté à son œuvre, cet arc en était le plus beau des exemples…
Ce que je sentis en approchant l’œuvre me dérangea un peu. Il éveillait en moi des sentiments n’ayant aucun rapport avec mon nouvel associé. Au début, j’avais penché pour une arme volée, avant de m’approcher et de comprendre qu’il lui était destiné, qu’il ne l’avait pas prit à une autre main. L’amertume que m’inspirait cet arme était purement personnelle, preuve que mes progrès n’attendait que moi. Je me retournais vers lui et remarquais pour la première fois qu’il me surplombait de quelques centimètres. Foutue taille de brindille…

- Cet arc… Est Faël n’est-ce pas ? Je ne t’apprends surement rien mais, garde-le précieusement. La grâce n’est pas suffisante pour le décrire.

Je me forçais à fixer ses yeux de ciel, je ne voulais en aucun cas finir pas les baisser. Cet accord allait me forcer à le côtoyer, autant m’habituer tout de suite. D’autant que ce que j’allais lui demander par la suite requérait un minimum d’aplomb.

- J’aurais quelques questions à te poser pour pouvoir te faire ton arme. Rien de vraiment personnel… Enfin si, mais pas forcement dans le sens le plus embarrassant pour une personne voulant se faire discrète. C’est la seule chose qu’il me faut vraiment pour créer celle que tu attends…

J’écoutais sa réponse les yeux fermé avant de les rouvrir et de recroiser ses yeux.

- Le chat ou l’oiseau ?


Respire, ne te laisse pas abattre par ce bleu enfer.

- L’ombre ou la nuit ?

Trouve ce qui est derrière.

- L’ivoire ou le marbre ?

Ce qui attend.

- Le vent ou la tempête ?

Ce qui désir.

- Où ?

Juste, le trait d’union avec une réalité en attente.
Je soupirais en entendant sa dernière réponse, je baissais également les yeux. C’était encore bien ardu pour moi que de supporter une telle présence. J’avais néanmoins ce que je voulais et savais déjà ce que je pouvais faire pour lui. Dans quatre jours, il aurait ce qu’il voulait entre les mains.



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Elio Tharön
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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeDim 13 Jan 2013 - 11:38

Il ne put que remarquer que ses doigts féminins et travaillés par ses ouvrages s’approchaient dangereusement de son arc. Il se crispa momentanément, se demandant réellement s’il supporterait qu’elle ne le touche. Après tout c’était une experte en arme, et l’œuvre faëlle ne pouvait que l’intriguer. Mais nul autre que sa propre mère et lui-même n’avait touché son bien. Et il tenait à ce lien. Mais en y réfléchissant, d’autres personnes avaient déjà sali de leurs mains son précieux souvenir familial : lors de sa pendaison, on lui avait confisqué ses armes, armes retrouvées et rétribuées par Marlyn, fort heureusement. Le dégoût de savoir le dernier reste de sa mère dans les sales pattes d’inconnus l’avait rendu malade. Mais là, il s’agissait de Fell. Peut-être que… ? Elle ne le toucha pas, le frôlant à peine, comme respectueuse de ce qui n’était pas à elle, de ce qui n’était pas elle. Soulagé, il eut un sourire doux, derrière son dos, qu’il supprima bien vite. Elle portait les bonnes valeurs. Les contrats de travail n’en seraient que plus plaisants.

Il acquiesça pour confirmer l’origine de l’arc, n’en disant pas plus, pas pour l’instant. L’envie était là pourtant, la fierté d’avoir un semblant de sang faël, malgré le passé et l’intégration difficile dans sa famille. Il n’eut de toute façon pas le temps d’expliquer ce que cette merveille faisait entre ses mains, qu’elle le prit au dépourvu. Des questions ? Il fronça les sourcils, légèrement méfiant de ce à quoi il aurait à répondre. Puis il se détendit, sachant que c’était pour une bonne cause, et que si jamais une question devenait trop impertinente ou déplacée, il suffirait de le lui dire. Il avait le pouvoir dans cet échange, bien qu’il respectait entièrement la façon de travailler et la bravoure de la jeune fille.

-Après-toi.

Il accepta les yeux verts qui se plantèrent dans les siens, comme en transe. Là venait le plus important des échanges, et le plus fort émotionnellement. Il savait à présent qu’il ne regretterait pas un instant d’avoir épargné sa vie lors du larcin du gamin.

-Le chat.


Je suis félin, je suis faël, je suis chasseur, et non la proie. Je suis le chat des nuits.

-L’ombre.

Je souris de cette réponse. Je suis l’ombre de tout homme. L’ombre de vengeances refoulées. L’ombre du monstre qui sommeille en chacun.

-L’ivoire.

Je suis le squelette des mammifères les plus puissants de Gwendalavir. Leur défense puissante et dangereuse. Et d’aspect blanc, d’aspect innocent.

-La tempête.

Je suis colérique, caractériel et émotif. Je m’emporte d’amour et de haine, et c’est ce qui me grandit et me détruit. C’est aussi ce qui vous détruit.

-Sur la corniche des toits.

Il y eut un moment de silence après sa dernière réponse. Réponse qu’il grogna plus qu’il ne parla. Comme un son rauque et final, un glas qui sonne pour annoncer la fin. Il frissonna lui-même de ce lieu qu’il ne connaissait trop bien. Il ne savait pas trop le pourquoi de cette réaction spontanée. En devinait le sens, mais ne parvenait pas à dire pourquoi. Pourquoi avoir traduit le où par « où en finiras-tu ? ». Car cet endroit n’avait pas d’autres fonctions que sa mort. Que leur mort, avec Enelyë. Et la signification était morbide et déprimante. Il ne souhaitait pas mourir, pas encore. Mais il savait pertinemment qu’il ne pourrait pas mourir autrement que tué dans une mission ou suicidé. Il ne vieillirait pas. L’ombre n’était pas faite pour pourrir petit à petit.
Il se racla la gorge, sortant ainsi Fell et lui-même de cet échange particulier qui venait de lui hérisser les poils blonds de ses bras. Il ignorait ce qu’il pouvait bien ajouter après cela, ni comment la remercier. Aussi lui fit-il une confidence, une vérité qui lui tenait à cœur. Qui ne pourrait en aucun cas lui porter préjudice, mais qui scellerait leurs amours des belles armes.

-Cet arc, il me vient de ma mère.


Il se permit, l’espace d’une seconde, de lui décerner ce sourire doux si rare qu’il se permettait lorsqu’il était question de sa mère. La culpabilité d’avoir tué son père alors que c’était l’exact inverse de ce qu’aurait souhaité Héliane avait disparue, remplacée par l’apaisement d’un passé enfin révolu. Il avait songé, une nuit, à rejoindre Illuin, à s’y réfugier, s’y abandonner. Mais comment avouer à sa grand-mère que l’histoire c’était bel et bien répétée, et qu’il avait pris le rôle de son père, et non de sa mère. Aloun, l’homme qui aurait pu aimer sa mère comme un véritable faël aime, aurait été le seul à le féliciter de cette vengeance, et à enfin l’accepter. D’ailleurs, ils devaient être au courant, tous. Tous soulagés de savoir l’homme qui devait mourir, mort. Mais tous dégoutés de savoir l’enfant qui devait se libérer, se construire sa propre cage. Elio ne regrettait plus rien. Il acceptait seulement le prix à payer : celui d’aimer sa mère seul, en secret, et de renoncer à une vie faël. Il n’était qu’un demi. Une moitié. C’est ce qui faisait sa force, mais également sa faiblesse. Jamais il ne pourrait aimer vraiment. Jamais il ne pourrait mourir d’amour, comme il aurait du mourir pour Elera. Et on le tuerait un jour, peut-être, pour cela. Et il donnerait raison à son assassin.

« Et jamais de ton arc tu n’ôteras le cœur de ton propre sang. Car le seul qui puisse être vaincu n’est que celui qui, en ton sein, te devient encombrant. »

Les mots gravés sur l’arc de sa mère ressurgissaient, parfois, dans ses cauchemars. Et lorsqu’il se réveillait, couvert de sueur et de douleur, il savait, encore une fois, qu’il mourait de cette histoire. Pas de suite, car Marlyn l’avait construit pour ne pas mourir. Car Finnegan le gavait de « Jamais abattu tant que pas mort ». Car il se rattrapait sur la chance qu’il pouvait alors offrir aux autres en exécutant leurs vengeances sans qu’ils ne se salissent les mains, leur enlevant ainsi un semblant de culpabilité.

-Je pense qu’elle t’aimerait bien.

Parce qu’elle verrait dans tes yeux qui s’effacent qu’il n’est pas encore trop tard pour toi. Et je le vois, moi aussi. Tu traines avec le Chaos, et tu as peut-être déjà tué. Mais tu n’as pas le poids d’avoir tué tout ce que tu pouvais aimer. Tu es plus libre, presque marchombre, presque Elera. Tu es artiste. Et ma mère était artiste. Ma mère aurait aimé Elera.

-On se revoit bientôt, je suppose ? Ici ? Viens aux ouvertures de la boutique, entre 8h et 19h. Et dis à Charlize, la vendeuse, que tu amènes mon âme, elle comprendra.




[On peut cloturer après ta réponse, et en attaquer un nouveau lorsque tu auras l'arme, ou faire une ellipse et continuer dans ce post. Comme tu veux =D]


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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeMer 20 Fév 2013 - 0:53

Aussi doux soit-il, son sourire me rendit infiniment triste. J'aurais du être heureuse qu'il me fasse ce cadeau, qu'il me confie ses racines et la nature de son sang. Un arc faël appartient à un faël ou n'est pas. Si cette arc était à sa mère, il était faël, au moins un peu. C'était un don de prix, du moins à mes yeux, qu'il me faisait là. Pourtant, l'évocation d'une mère fit saigner mon ame. La mienne m'avait tellement abandonné que cet amour qu'il avait pour la sienne me brisait le cœur, ce n'en était même plus de la jalousie...
Lorsqu'il ajouta la chimérique affection qu'elle pourrait me portait, je retins à grand peine mes mots, de peur de l'enrager. Elio Thäron aimait sa génitrice autant que je la haïssais, la boucle était bouclée, je n'avais pas le droit de lapider son lien pour la gloire du miens. Baissant les yeux, jesquissais un pâle sourire avant de repartir, sans lui.
Dehors, j'attendis quelques instants avant de m'isoler dans une ruelle et de m'adosser à un mur pour pleurer. Entre deux sanglots, je murmurais, ironique à en mourir.

- Maudis sois-tu, toi et ta langue agile !

Elio serait un excellent associé, excellent et dangereux, de par sa simple existance...

Quatre nuits plus tard

Les traits tirés, les yeux cerné et la peau rivalisant de pâleur avec la neige, je me présentais à la boutique de mon associé. Son âme était parfaite, une de mes plus belle création. Un de celle qui m'avait le plus couté également. Quatre jours et pas une seule seconde de répi. J'avais simplement consenti à prendre un bain avant de venir, rien de plus. La vendeuse me laissa acceder à l'arrière boutique sans bronché lorsqu'elle entendit la phrase dite par Elio. J'en fus heureuse; énoncer une phrase drappée de mystère pour se voir répondre un élégant "Hein ?" était la dernière chose dont j'avais besoin... Elio était bien là, comme promis, j'avais presque l'impression qu'il attendait en comptant les secondes. Je me plaçais de l'autre côté de l'établi et posais le coffret sur le bois malmené. Il observa sans rien dire alors que je le faisais pivoter face à lui avant de lui tendre en le faisant glisser, me penchant en avant. C'était à lui de l'ouvrir.
Alors qu'il l'examinait, je lui donnais les dernier détails.

[color=black]- Les griffes peuvent se retirer et se remettre, il suffit de les faire un peu tourner et elle se désenclancheront. Pour les remettre, c'est l'opération inverse, il suffit que tu entende "clic" et elles seront fixés...[/colo]

Je me laissais tomber sur un tabouret et posais ma tête entre mes bras sans pour autant fermer les yeux. Je ne voulais pas paraitre trop faible face à lui, désintéressée à l'extrême limite... Ma tentative fut sans succès; je baillais. Je mis mma main devant mabouche certe, mais je baillais tout de même... Pour me redonner constance, je poursuivis, timidement.

- Il te plait ?

Je ne m'inquiétais que rarement de l'avis de mes clients, mais avec Elio, c'était un peu différent. Je ne craignais pas vraiment cet homme mais je le sentais vivre bien plus fort que tout les autres... C'était dérengeant qu'une âme aussi vivace soit avec moi. J'avais peur d'être comme un papillon de nuit. J'avais peur de me consummer si je m'approchais trop près.
Il fallait mettre de la distance...


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MessageSujet: Re: La vermine, moi je l'extermine [Terminé]   La vermine, moi je l'extermine [Terminé] Icon_minitimeMar 5 Mar 2013 - 13:19

Elio et Fell s’étaient quittés sans trop de formalité, et il ne s’attendait pas à la revoir avant un certain temps. Il fallait du temps pour fabriquer une arme. Plus encore avec les exigences d’Elio. Aussi avait-il repris son train de vie sans trop d’inquiétude, apprenant à sa suivante, Charlize, les différentes particularités des armes afin qu’elle se montre le plus compétente possible lorsqu’elle tenait la boutique.

-Tiens, décris-moi cette épée.


La nuit venait de tomber, et la boutique fermait donc ses portes. Il profitait de ce répit avant d’aller courir les rues et récolter les demandes de vengeances personnelles à l’abri des regards.


-La lame est faite de fer de zyrcon, donc très solide, mais également très lourde. Sa taille peut être également handicapante si son porteur est trop petit. Elle convient plus aux grandes personnes, plus aptes à la soulever et l’élancer. Le pommeau est en peau de coureur, et résiste donc aux intempéries. Toutefois il faut l’entretenir de graisse durant l’hiver pour que la poigne ne gèle pas et ne provoque pas des brûlures au porteur.

-Ce n’est pas mal du tout, tu retiens bien.
Sourit Elio.

Charlize lui décrocha un sourire à en faire tomber un raïs et ils furent interrompus dans leur suite de leçon par un tintement de clochette. La suivante fronça ses petits sourcils blonds. Elle quitta la pièce pour se rendre à l’avant de la boutique et accueillir ce mystérieux visiteur.

-On est fermé. L’entendit-elle annoncée, visiblement vexée d’avoir été dérangée.

Elio jeta un coup d’œil rapide à travers l’ouverture de la porte et reconnut de suite la jeune fille qui venait d’arriver. Fell.

*Déjà !*

-Charlize, laisse-la entrer, c’est une amie qui confectionne des armes.

Dans une moue dubitative, la suivante accompagna l’artiste jusqu’à l’arrière boutique, et la dévisagea, des pieds à la tête. Gêné par ce comportement, Elio se racla la gorge.

-Vas préparer le repas, s’il te plait. Je ne serais pas long.

Il savait que la jeune fille adorait cuisiner, aussi ne se fit-elle pas prier. Elle ne cessait de le ménager, hurlant qu’il travaillait trop entre la boutique et ses missions de nuit, et n’appréciait donc pas, par principe, qu’on vienne en plus le déranger durant ses maigres heures de repos. Une fois seuls, le guerrier dévisagea son acolyte, attendant avec impatience de voir son œuvre.
Elle posa un coffret sur l’établi où se trouvait l’épée examinée plus tôt. Il poussa celle-ci pour donner de la place à Fell et dévora des yeux l’étui qui cachait son bijou. Elle le poussa à lui, lui signifiant qu’il pouvait l’ouvrir, et il ne se fit pas attendre. D’un geste presque fébrile, il fit grincer les charnières du coffre pour découvrir l’arme. Il s’agissait d’un gant. Noir, avec des armatures en fer. Un éclat le fit approcher l’accessoire près de son œil pour s’apercevoir qu’il ne s’agissait pas de fer. Mais d’argent. En enfilant le gant à sa main droite il activa celui-ci, pendant que sa vendeuse expliquait son fonctionnement. Les lames sortirent, tranchantes et étincelantes. L’argent était un produit assez rare, et cher, et difficile à forger. Il était étonnant qu’elle n’y ait passé que quatre jours. Un coup d’œil le fit comprendre qu’elle y avait passé non seulement quatre jours entiers, mais sûrement quatre nuits aussi. Elle ne cessait de bailler et les cernes étaient plus grands que ces yeux verts.
Il articula ses doigts, faisant craquer ses jointures tout en pliant et dépliant les lames, comme un jeu de gamin.

-C’est parfait, merci.

Cet équipement serait plus qu’utile pour les attaques frontales. Particulièrement pour celles par surprise. Il s’imaginait déjà surgir dans le noir avec ses griffes et faire taire son ennemi avant même que celui-ci n’ait ouvert la bouche. Un sourire carnassier se dessina sur sa peau, et il reposa avec douceur et attention le gant dans son écrin.


-Combien je te dois ?

Il sortit une bourse titillant de pièces, prêt à débourser autant qu’elle le souhaiterait pour une telle merveille. Une œuvre ne se négocie pas.

-C’est une œuvre remarquable, précieuse. Félicitation !

Il la vit sourire, certainement fière d’être récompensée et complimentée.

-Mais tu devrais penser à dormir où ton règne ne durera pas longtemps.
Rit-il dans un clin d’œil. J’peux te prêter Charlize si tu veux, elle est toujours derrière mon dos pour que je me repose.

Alors qu’il comptait les pièces, il leva un regard entendu vers elle.

-Pas de repos pour les artistes, pas vrai ?

Tu as le droit au nom d’artiste, pas de doute. Tu n’es certainement pas la même race d’artiste que moi, mais en somme, nous ne sommes pas si différents. Lorsque l’on promet une chose, ce n’est pas dans le vent. Ça tombe dans une oreille et cela devient une bonne raison de mort si l’on échoue. On danse avec le danger et l’on aime ça. Et c’est bien pour ça que je t’ai voulu toi, pour cette arme. Mon pressentiment dans l’auberge était juste. Tu n’es pas ordinaire, loin de là. On ne peint pas les mêmes tableaux, mais je sais que tu ne te priveras pas de revenir vers moi. On est bien trop semblables de différences pour rester éloignés indéfiniment.






[On peut clôturer le rp là si tu le souhaites Smile]


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