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 Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.

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Apprenti Marchombre
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MessageSujet: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Dim 14 Oct 2012 - 12:09

« L’attente commence quand il n’y a plus rien à attendre, ni même la fin de l’attente. L’attente ignore et détruit ce qu’elle attend. L’attente n’attend rien. » [Maurice Blanchot]

J’ai mis du temps. Beaucoup de temps. Trop de temps à apprendre à vivre sans toi. A ne plus t’attendre au coin de chaque rue. A prendre conscience que tu viendras plus jamais à moi pour aller se battre dans la cour et se moquer des beaux habits de nos frères et sœurs. A ne plus pleurer ta mort et ma culpabilité de ne pas avoir à tes côtés. A leurs côtés. A haïr le hasard au point de planifier chaque chose, de vouloir tout contrôler, d’accepter une voie de destin qui me permet d’être le seul forgeron de ma vie.
Tu m’as manqué. A en pleurer jusqu’à n’avoir plus d’air dans mes poumons. A en vouloir mourir au fond d’un caniveau avec la noblesse de notre nom maudit.
Il m’a fallu du temps pour faire votre deuil. Mais je l’ai fait. Mais tu es vivante.
Et crois-moi, contre toute attente, il est bien plus facile de te savoir morte que vivante. Il y a quelques années j’aurais tout donné pour te voir apparaitre à moi, pour que tout ceci ne soit qu’un cauchemar. Mais aujourd’hui je donnerais tout pour que tu sois belle et bien morte.
Morte Ciléa ! Morte.

Mais tu respires. Tu te gorges de notre ancienne noblesse et te dresse de toute la beauté que maman a pu te donner. Tu reprends notre nom sous un nouvel étendard pour narguer la malédiction de notre famille. Et je n’aime pas ça. Et j’aime encore moins te savoir arpenter les mêmes murs que moi et mépriser mes choix.
Je te hais autant que je t’aime. Et combien il m’a été insoutenable de t’ignorer et de t’éviter tout ce temps. Mais je ne pouvais pas. Comprends-moi je ne pouvais pas.
Parce que tu es un fantôme. Et que tu me hante à chaque instant du bain de sang qui a noyé notre famille. Chaque fois que je te vois, le visage de notre sœur malade, yeux grands ouverts, couverte de son propre sang, morte, me revient. Et j’aimerais vraiment ne plus la voir, réussir à dormir la nuit pour ne pas manquer de force lors de mes entrainements avec Anaïel.

J’ai cet espoir qu’avec ce nouvel intendant qui enchaine au poteau ma voie, je puisse fuir avec ma douce et être aussi loin de toi que possible. Mais tu me hanteras toujours car vivante.
Je ne dormirai en paix qu’en te sachant à nouveau morte.
Alors il faut que je sois homme, et que je t’affronte. Que je te parle. Et tu n’imagine même pas combien c’est difficile pour moi. Car je ne sais pas quoi te dire. Que dit-on à un mort ?
J’ai mis trop de temps à apprendre à vivre sans toi. A présent il va falloir que j’apprenne à vivre avec toi.

Moi j’attendais juste qu’Anaïel sorte à son tour de la Grande Salle pour lui parler, car j’ai peur. J’ai peur que cet intendant ne vienne réduire à néant ce que je construis de mes mains grâce à ma Promesse. Et qu’il est hors de question que Noukas me quitte pour rester enfermer dans un dortoir. Tout comme je refuse que mon enseignement pâtisse de l’absence de liberté de cette Académie. Que ce n’est pas ça être marchombre. Mais je ne peux pas t’en parler, parce que je le sens au fond de toi. Tu méprises tout ce qui ne te ressemble pas. Et je ne suis pas toi.
Mais c’est toi qui es sortie de la Grande Salle. C’est toi qui t’est retrouvé face à moi, et qui a planté tes yeux de maman dans les miens. Et qu’à présent je me contente de te fixer, en espérant que quelque chose vienne m’empêcher de tenir ma résolution de ne plus te fuir.

-Tu m’as manqué.

Voilà, c’est dit.


-Ce sont ceux qui restent qui souffrent. Pas ceux qui meurent. Mais toi, laquelle es-tu dans l’histoire ?

Il se percha sur la niche d’une fenêtre, prenant Noukas entre ses mains pour le dorloter et éviter ainsi de croiser son regard.

-Tu m’as manqué.

Comment t’en es-tu sorti ? Je sais par ta première réaction que tu ne me savais pas vivant. Tu ne sais donc pas comment j’ai échappé au massacre. Peut-être est-il tant d’en parler ? Peut-être découvrirons-nous que d’autres sont vivants ? Il dégagea de sa tunique de cuir le pendentif à l’emblème des Ril’Morienval.

-Je…J’étais parti me promener sur les toits. J’t’avais rien dit parce que je voulais que tu restes pour Moryann…Je…j’étais parti me promener sur les toits sans rien dire à personne. Mais maman savait. Elle devait savoir parce qu’elle m’a dit de fuir…j’suis parti me promener sur les toits sans rien dire.

Le poids de la culpabilité d’être vivant revenait plus lourd que jamais, et il sortit d’une de ses poches le dessin d’enfant qu’il avait récupéré du massacre. Dessin déchiré en deux, ne représentant plus que les trois derniers enfants, Ciléa, Ewall et Moryann. Il tendit le dessin à Ciléa, le visage blafard.

-Tu…tu crois que d’autres auraient pu s’en sortir, comme toi ?

Espoir pas si vain que ça.
Espoir que tu as amené en étant vivante plutôt que morte.
Et je te hais pour cet espoir qui fait bien plus mal encore que la douleur de la perte jadis.



_______________

Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Mar 30 Oct 2012 - 18:03


Elle était surprise de ce revirement, comme la plupart des personnes présentes et assez mitigée face aux nouvelles mesures, circonspecte aussi, quand aux conditions d'acces à l'Intendance.

Elle appréciait la rigueur qu’Aziel tentait d’imposer tout en se sentant bien loin de ces lois, trop nettement dictée par un labeur auquel elle n’était pas coutumière. Le dessin ,art certes exigent, sentait la passion et non la régularité d’une logique bourgeoise, cartésienne.

Le personnage ne lui plaisait pas, au premier abord, trop fouineur, trop infantilisant et semblant trop peu corruptible -mais en cela, elle réservait son jugement, on accédait jamais au poste d’Intendant par hasard-. Comme l’élève le plus primitif, elle avait sentit sa liberté d’agir s’amenuiser au contact de cette main strict et de ce regard trop droit qui broyait lentement les perspective de double jeu . Il était dessinateur qui plus ai, un médiocre dessinateur chuchotait-on mais qui connaissait les Spires, ses dangers, ses présences, et ses enjeux. Prudence alors, prudence lorsque tu envoies tes Spires au loin, se défaire des anneaux de l’autre aura, ennemie et alliée.

Sans cette autre qu’elle croisait les nuits, dans de lointains combats,si peu envisageables pour le commun des mortel, elle aurait pourtant apprécié son intransigeance contre ces roturiers grossiers qui confondait bien souvent ce lieu d’étude avec l’endroit idéal de leurs jeux ou de leur débauches, et leurs professeurs avec leurs commis de cuisine.

C'est plongée dans ses pensées, qu'elle avait croisé le regard d’Ewall en sortant de la grande pièce et elle n’avait pu en décrocher.

Pourquoi lui arrivait il en pleine figure au moment ou elle y songeait le moins ? Il semblait l’attendre, comme avant, la prenant au dépourvue quand il reclamait une sortie , à n’importe qu’elle heure de la nuit.

Les souvenirs lui remontaient aux lèvres.

Avant même qu’il ne passe devant leur gouvernante qui ronflait dans l’antichambre, le bruit de ses pas feutrés réveillait Ciléa; elle attendait tout de même qu’Ewall arrive jusqu’à elle, et singeait de rêver encore, d'une façon que l'habitude avait rendue trop esthétique pour être naturelle. Quand enfin il tentait de l‘eveiller , par des petits mouvements secs, des caresses et des mots chuchotés, elle se renfrognait, se retournait dans son lit, puis, son jeu démis au grand jour , elle se redressait et d'abord tentait le résonner; ensuite, toujours, elle le suivait, insouciante, gonflée de ses paroles libératrice et par la soif d’autre chose.

Leurs iris les avaient embarquée tous deux loin des élèves et de leurs chuchotements qui s’amplifiaient à la sortie de la grande salle, loin des soucis présent, écrasés qu’ils étaient par une histoire trop ample et trop enracinée pour qu’Aziel ait à ce moment la moindre importance.

Et dont il fallait se défaire coute que coute.

Elle le suivit un peu en retrait du passage ou circulaient les élèves et cet appel tacite, lui sembla éclat d’un autre age. Premier éclat depuis si longtemps.

Ciléa eut un involontaire et léger mouvement de recul que lui dicta la retenu pour encaisser ce qu’il venait de lui dire, il ne sembla guère s’en soucier. Voilà c’était Ewall. Il rentrait dans le vif du sujet sans circonvolution ni détour, il assenait ce qu’elle aurait mis des années à lui avouer avec une spontanété, tant admirée et tant enviée. Ciléa se sentit enfant, elle en aurait souri.


« Je suis vivante tu vois … «
lui répondit-elle en echo, doucement et ses yeux fondirent un instant .

Mais je ne suis pas restée, nous avons fuis tous deux....quand à la souffrance, je ne saurais dire si elle existe encore.

Il avait évité sa réponse et avait préféré la niche de le fenêtre pour s’y réfugier. Ce geste de repli et ce gout des hauteur rendit un fond d‘aigreur, avec le souvenir d’Anaïel qui s’infiltrait entre eux deux sans qu’elle réussisse à le faire taire. Maudite marchombre, tes yeux de braises, auront eut sans doute, raison de nous.

La dessinatrice s’assit, comme des années auparavant, sur le banc de pierre, ou les visiteurs attendaient habituellement avant d’être introduit chez l’Intendant. Leur regard ne se croiserait pas ici et elle sentit que comme elle, il en serait soulagé. Il se turent un moment comme désorientés de savoir l’autre investit du pouvoir surprenant d’abaisser les cils, sans un mots, alors que tous deux marchaient la tête haute.

Puis sans scrupule, Ewall continua, frolant l’insoutenable devant ces silhouettes mouvantes qui quelquefois, les remarquaient toud deux et s’échangeaient des regards intrigués, ou entendus. Les mots d’Ewall l’entrainait hors de la foule, les regard pourtant la ramenait à l’interieur., sans qu’elle réussisse à en faire abstraction . Son bras se tendit mécaniquement pour saisir le parchemin.. Au premier coup d'oeil, elle blemit, elle l’aurait jeté plutot que de se salir les doigts sous le fusain, si elle n'avait tenté de conserver coute que coute, le fragile équilibre de leur entente .Pourquoi, cependant, toujours rappeler encore et encore qu’elle était là, . Ce dessin, il a circulé de main en mains, entre mes doigts, et celui de ton maitre. Elle l'observa pourtant, pour ne pas rompre le charme.Elle ne se reconnu pas. Seule la taille des personnages lui permit de distinguer sa silhouette de celle de Moryann. Les traits d’Ewall était certe encore enfantin, mais il ne s’agissait pas simplement de cela : Elle était pale, distante, retirée, comme marquée d’une humilité qu’elle ne pouvait se reconnaitre.


« Non » souffla-t-elle en lui rendant la feuille un peu plus brusquement qu’elle n’aurait voulu il n’ y a personne d’autres. »

Elle avait questionnait Varsgorn à ce sujet et il avait été formel, mais cela, elle ne pouvait le révéler à Ewall, du moins pas encore...
Puis à peine audible, perçant à peine la brume des bruit d’eleves, sa voix germa, glaciale et détachée.


« J’ai vu la tête de Yaevinn rouler, et les yeux vides de Moryann - je l’ai ai vu tous les deux… J’étais si pres. »

Et elle avait entendu tellement de choses, tellement d’autres choses, combien d’horreur enfouies devraient ils se décrire ?Paradoxalement transie et détachée elle se sentait incapable de lui faire de tels recit tout en repassant sans émotion les images qui l’avait hanté trop longtemps.


« Nous n’aurions rien pu faire Ewall. »


« Hé Ewall, fais pas c'te tête ! On va lui montrer à l’Aziel Acier , de quel bois on est fait à Teylus, t’inquietes, on le laissera pas Tyranniser sans un bon coup de …Je..Bonsoir..dddame, j'vous avez pas vu , fin je voulais dire..je ..je… A tout à l’heure Ewall . »

Elle se leva doucement, les professeurs commençaient à sortir eux aussi, bientôt les Primats, bientôt Aziel qu’elle n’avait aucune envie de croiser, s’exposer ainsi à quelques appendice du code Merwynnien ou au regard de ses collègues. Pire, celui d’Anaïel.


"Il me reste assez de temps avant le couvre feu pour une promenade dans les jardins..."


J'ai tant de chose à te dire, et tant de chose que ma réserve ne peut dévoiler à ces yeux de vautours...Viendras tu Ewall ?

[J'ai beaucoup, beaucoup aimé l'écrire ]




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Apprenti Marchombre
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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Jeu 8 Nov 2012 - 14:22

Quelle plus grande douleur que ce dessin rendu et que ce non, ce glas qui sonne bel et bien la mort définitive des Ril’Morienval. Espoir bafoué. Espoir que toi-même tu m’as amené ! Et ce ton sec qui contraste à la douceur de « je suis vivante » veut bien dire que je pourrais insister à souhait sur le fait qu’on pourrait ne pas connaitre la survie des autres, tout comme on ne connaissait pas les nôtres, la réponse ne changera pas. Tu sais. Je ne sais comment, mais tu sais. Tu as toujours su, tu as toujours été la fille qui savait tout. Celle qui comprenait mieux que moi les disputes et ce que voulaient dire les regards et les demi-mots de nos ainés et parents. Celle qui m’expliquait avec patience ce qui pouvait bien mettre tant en colère papa dans le comportement de son frère et dans l’existence d’Iléa. Conflits politiques, tout cela, que moi j’ignorais à entendre. Toi, tu savais. Peut-être parce que tu es plus grande. Sans doute. Ce n’est pas pour rien que tu es devenue professeur, tandis que moi je suis devenu élève.

Il n’aurait jamais voulu entendre la suite. Jamais. N’avoir posé aucune question. Tout comme il n’aurait jamais voulu la savoir vivante. Parce que la douleur n’était que géhenne grandissante alors qu’elle devrait s’atténuer avec le temps. Se faire toute petite dans un coin et ne manifester sa présence que de temps à autre, un peu plus violemment aux anniversaires avec comme gâteau de la crème de souvenirs.
Et là, elle lui envoyait en plein visage cette crème de souvenirs. Ce moment où désobéissant à l’ordre mental de sa mère, il avait courut jusqu’au manoir, hélas trop tard. Là il avait trouvé le dessin dans le petit meuble carbonisé d’une récente bataille dans les spires. Là il avait trouvé le corps de Moryann, à ses pieds, avec ce sang trop rouge qui colorait son visage d’ordinaire si pâle, que c’en était inconcevable. Malade devant ce spectacle, il n’avait reconnu que sa maladive de sœur, n’osant pas mettre un nom sur les autres tant l’envie de vomir le tenaillait.
Ciléa en avait vu bien plus que lui. Elle avait vu le pendant, et lui l’après. La Dépression en rit, le frappant de coups de poings de culpabilité. Lui, il en demeura livide, malgré la sentence de sa soeur.

Nous n’aurions rien pu faire.
Bien sûr que si.
Bien sûr que non.
Nous aurions pu mourir. Mais quelle connerie me diras-tu. N’empêche que j’y pense à chaque fois. C’était l’occasion où jamais, me susurre la Dépression. Tout serait tellement plus simple si nous étions morts. J’aurais pu être un peu plus fidèle à ma famille, aimant, pas aussi vagabond. Qui sait, peut-être auraient-ils eu pitié en voyant un si jeune enfant comme moi ? Peut-être auraient-ils renoncé ? Et si j’étais sorti plus tôt, je les aurais vus arriver, et j’aurais pu vous prévenir ! Vous sauver ! C’est illusoire, je sais. Mais il y a forcément quelque chose que j’aurais pu faire, non ? Parce que j’emmerde le hasard, et je refuse que ce soit le destin qui nous fasse vivre ça et qui nourrisse ma putain de Dépression.
Ah si tu m’entendais penser ! Tu deviendrais blafarde et tu verrais de ce pas nos parents se retourner dans leurs tombes.

Un camarade de Teylus passa dans cet instant de silence, le poing levé, déjà prêt à former une résistance contre le nouvel intendant. La proposition aurait bien fait sourire Ewall en temps normal. Mais là…Là il était avec sa sœur, et comptait bien profiter de cet instant là. De ce moment de bataille contre le passé et d’explications, enfin. Et d’un léger répit à la douleur du deuil. Mais ils ne pouvaient certainement pas rester ici, sous les yeux d’Aziel. Anaïel allait sortir néanmoins, et c’est elle qu’Ewall attendait de base. Il avait tant de questions sur la possibilité de son apprentissage à présent. Il hôcha toutefois la tête, bougeant en silence pour suivre discrètement sa sœur. Il irait trouver Anaïel plus tard, demain peut-être pour ne prendre aucun risque. On venait de lui offrir l’occasion de percer la bulle de négation entre Ciléa et lui, ce serait pure connerie que de refuser. Ce serait se livrer au hasard d’une nouvelle rencontre. Et Ewall haïssait le hasard.

Ils marchèrent un moment, en silence, jusqu’aux jardins. Puis il choisit de continuer dans les mots de mal.

-Je l’ai vue aussi. Moryann. Je n’ai pas osé regarder les autres, je suis parti. Mais c’était après. Après.

Après que tu sois morte, et puis finalement pas. Après le massacre.
Ah ça, j’étais doué pour l’après jusqu’à ce qu’Anaïel me trouve.
J’arrivais toujours en retard, après les autres.
Et toujours le dernier parti, après qu’on ait rangé le chapiteau.
Je passais après Dofenn en ce qui concerne les filles. Il avait bien plus de talent que moi.
Et je passais après toute la troupe quand il s’agissait d’être drôle, ou même joyeux.
Il n’y avait que pour Galoudryelle que j’étais toujours le premier. Mais c’est une enfant amoureuse, alors…ça n’compte pas vraiment. C’est d’la triche quoi.


-Pourquoi ?

C’était la toute première question que lui avait posé l’enfant albinos lorsqu’il avait simplement dit être orphelin, taisant son nom et les circonstances de la perte de sa famille. Ce à quoi il avait répondu qu’il aimerait bien connaitre la réponse, lui aussi. L’expression alors affichée, avait fait comprendre à toute la troupe qu’il ne s’agissait pas d’un accident, et que les questions s’arrêteraient là.

-Tu crois que c’est à cause de l’histoire avec Iléa ?

Il ne voyait que cette haine là dans leur famille. Et à la fois c’était trop.

-Ils n’en seraient quand même pas capable. Pas jusque là, si ? Au fond on a rien fait, nous. C’est juste papa qui ne s’entendait pas avec son frère, c’est tout. Alors qui ? Pourquoi ?

Tu as toujours su. Et vu ce que tu es devenue, je ne te croirais pas si tu me disais que tu n’as pas cherché à savoir.
Moi je n’ai pas fouillé. J’ai voulu oublier, me trouver une nouvelle famille, une nouvelle condition sociale. Sauf que le destin en a voulu autrement et m’a envoyé Anaïel pour m’amener jusqu’à toi. Cela veut dire que je n’ai plus le droit de fuir la vérité.
Quitte à se venger.



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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Jeu 17 Jan 2013 - 19:24

Les jardin avait le grand avantage de préserver les passants d’une lumière trop aigue; pas de torche pour cramer les pupilles en aveuglantes réalités, seulement la lumière terne des étoiles, cachant à chacun, le regard de l’autre. Et la petite et pale luciole de pierre, trop engluée dans la chaux pour éclater comme un soleil . Le temps était à la cendre et au fusain, quoique dilué parfaitement, les silhouette perméables en souffraient légèrement, déshabillées de couleur et de stabilité . A peine, pouvait on comprendre l’adresse d’Ewall et sa souplesse, tant ses gestes se diluaient dans l‘obscurité. , la brume nocturne les tordait, cassait et balayait sans concession la forme et la prestance. Restaient les souffles, mélodieux altos et les puissantes basses de leur pas pour se construire une identité.

Quelle histoire connais tu, Ewall, quelles sont les pieces du puzzle que ta curiosité est allée extirper. -mais en voyant ta mine colorée, elle parait courte d‘investigation- , j’ai presque tout, j’ai presque tout, la toile est boiteuse, certes mais elle s'unifie déjà, on ne peut simplement la faire tenir sur le sol, il reste quelques détails que mon imagination a pu combler, à elle seule.

Les jardin bruissait, presque silencieux derrière le rideau de velours noir de cette nuit mitigée. A la sortie du hall, les gardes discutaient entre eux, ils ne les virent pas même sortir, et ne se permirent aucunes recommandation qui aurait briser le cercle, cette sorte d‘intimité en ruine et renaissance. Ils marchèrent un peu, le silence ne pesait pas , sentant affleurés aux lèvres les mots choisis. Et chacun pensait, sans qu’il y est communication, comme avant, comme avant ou il n’y avait besoin à peine d’un regard pour déclencher un rire


« C’est une vieille histoire, Ewall, crois tu qu’il est nécessaire d’ouvrir ces plaies? »


Il y eut un silence qu’elle prit pour un oui.

« 
«  Je ne sais pas à quel point tu as cherché à savoir, Ewall, de mon coté, j’ai déployé toutes mes ressources pour comprendre. maintenant je sais le principal, mais  … à vrai dire cela ne change rien. »


La vérité devait être rédemption, je ne lui ai trouvé qu’un vide amère enfouis sous un nouveau désir de rancoeur. La recherche seule m’a tenu en survivance.

« Oui, c’est Iléa qui a ordonné le meurtre…l’assassinat de sa propre famille
-elle frissonna, l’idée lui demeurait toujours insoutenable-. pourquoi, je n’en sais rien, je ne l’ai jamais sut. Mais je suis certaine que l’antagonisme entre père et notre oncle ne suffit pas à expliquer l’acte. C‘était une querelle de famille, comme nous en avons connu d‘autres ,mais au grand jamais il ne se sont menacés de trahisons ou de ..De mort . Ils avaient trop d’honneurs, mon père et mon oncle pour être fratricides, je refuse cette idée. Elle par contre…je ne sais plus… je la croyait Ril’ Morienval, je la croyait loyale à son sang, aussi peu qu‘on m‘ai donné à la connaitre. »

Cousine aux grands airs, mais les yeux verts, aussi fières que les nôtres.

Elle baissa d’un ton, on ne pouvait pas entendre une telle histoire, le préjudice serait grand, si le moindre moustique en uniforme, caché dans un des buissons vendait la sanglante vérité à quelques scribes avides de chroniques -la plume restait plutôt sèche à Al-Poll, en cette période. O lignée brisée, chérie, je conserverais vos derniers osselets empreints de dignité . L‘honneur demeureraient encore intact, eternel et vif alors que les cranes se pénétraient de terre


« Sans doute cherchait elle à enterrer une vérité avec nous, un secret, un non dit..à son sujet…Je n‘en sais pas plus. Si les morts au moins pouvaient parler, ils auraient sans doute bien des choses à dire … Se venger…le destin s’en ai chargé, Iléa est morte il y a deux ans, par le poison. Assassinée dit-on »

Il fallait qu’il digère cela, qu’il s’en impregne. Elle se sentit étrangement légère, alors qu’il lui parru grave, la part du fardeau accablerait d’autres épaules que les siennes, cette nuit .

« Reveler ce qui s’est vraiment passé n’ amenerait que disgrâce sur notre famille..Et de toute façon que peut on faire maintenant qu’Iléa est morte ? Non, mieux vaut étouffer cette affaire, la lignée Ril’Morienval est beaucoup mieux à reposer sous terre , après avoir été assassiné par de sauvages brigands…"

C’était la version officielle, mais étrangement, ce soir là , la plupart des domestiques avaient pris leur jour de congé, étrangement ce soir là, la famille s’était trouvée non pas dans leurs appartement d’Al-Jeit, extrêmement bien gardé, mais dans la demeure ancestrale, à quelques km de la ville, étrangement ce soir là tous les Ril’Morienval étaient présents.

Sauf toi, qui courraient sur les toits, ta légèreté te sauve, une fois encore.

Et la lacheté sauvera les autres, les traitres, les informateurs maudits. Et moi.


« J’ai des raisons de croire, que les hommes qu’elle a employé étaient des mercenaires du chaos, ils ont tués trop efficacement…C’était au moins des hommes de métiers. »


Je hais les guerriers et leur coups, définitivement, le tranchant de leur lame ensanglantée fera claquer ma machoire, à tout jamais. L’imagination fertile à autre chose en tête, Vyvian avait raison elle ne sait pas détruire aussi radicalement.

Elle esquissa un geste vers lui, ses doigt heurtèrent un bijoux, le bijoux de feraille qu’il portait au poignet quand ce n‘était pas au cou. Ses pores reconnurent le pique sans même que la lune y soit pour quelque chose, il m’a tatoué, il a troué ma peau depuis trop longtemps pour m’étre étranger.


« Tu l’as gardé. »

Un silence

« Es tu un des miens , Ewall ? »

Il te faudra choisir, tu le sais .


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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Jeu 21 Fév 2013 - 21:10

Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? Vous avez quatre heures.

Sauf que je n’ai pas quatre heures, moi. J’ai encore toute une vie devant moi, et qui dépend entièrement de cette foutue question. J’ai une Dépression qui n’attend que d’être nourrie de ce dilemme. Et une formation qui risque d’être abimée par mon passé.
Alors, oui, Ciléa, oui je veux ouvrir ces plaies bien grandes, et y plonger milles poignards à l’intérieur s’il le faut. Comme ça, je saurais que le jour où je suture ces plaies, ce sera définitivement. Et il me tarde d’y être à ce jour. Mais si je ne les ai pas suffisamment malmenées, elles saigneront toujours et me bloqueront. Pour le restant de ma vie. Alors que je viens tout juste de la commencer.

A vrai dire, jusqu’ici, il n’avait pas réellement cherché à savoir. Au contraire il avait fuit toute possibilité en quittant Al Jeit. En un sens, il s’en félicitait, car ce fut bien à Al Jeit que tout l’avait rattrapé, avec Anaïel. Et il ne considérait pas les années passées au sein de la troupe comme du temps perdu, bien au contraire. A l’époque il n’était qu’un enfant soudain privé de tout repère, loin d’être assez mature pour affronter ce qu’il vivait à présent. Et si c’était à refaire…Si c’était à refaire, il ne serait jamais parti ce soir là vagabonder sur les toits. Car le bonheur de retrouver une sœur, si différente soit-elle, ne comble pas la culpabilité et le vide de toute une lignée.
Il pensa alors un instant aux Teylus, qu’il n’aurait alors jamais connu. Mais cela ne l’attrista pas plus que cela. Il se sentait tout juste intégré, mais pas encore aussi proche que de Dofenn ou Galoudryelle. Eux, lui manquaient. Réellement. Maladivement. Et il se demandait souvent si ses camarades de maison lui deviendraient aussi importants au fil de sa formation.

La fin de la tirade de sa sœur le fit reprendre toute concentration et il failli bien l’interrompre avec colère. Bien sûr que si, cela change. Chaque élément, chaque petite parcelle de ce massacre change, et change tout, depuis des années. Il change son quotidien, son humeur, sa petite flamme d’envie de vivre, ses conversations, ses pensées, son avenir.
Alors il se devait de savoir, et c’était bien l’unique raison pour laquelle il se taisait à cet instant. Parce que, comme il s’en doutait, elle savait. Et voilà des années qu’il priait le savoir pour espérer dormir tranquille la nuit, sans avoir besoin de fuir sa chambre dans la peur d’un nouveau massacre. Serait-il possible qu’il arrête de se flageller mentalement d’avoir quitté la demeure ce soir là, et puisse enfin apprécier le contact de draps sur son corps le temps d’un sommeil ?

Oui.
Oui c’est.
Iléa.
Oui c’est Iléa.
Les mots parvinrent avec difficulté au cœur d’Ewall, et ses oreilles ne firent qu’acouphène de la suite des explications de Ciléa. Son corps trembla et il dut s’accrocher à l’image d’Anaïel le serrant contre son corps d’enchanteresse pour ne pas tomber. Il ne voulait pas tomber. Pas devant sa sœur. Il venait tout juste de la retrouver, et sa suffisance apparente indiquait déjà qu’elle ne supporterait pas un frère faible. Alors il se contint, le visage blafard, et la bile lui chatouillant la gorge. Sa mâchoire grinça de colère et il pensa un instant frapper de tous côtés, à l’aveugle. Il aurait voulu être dessinateur à cet instant pour tout faire brûler autours de lui et n’y laisser que des cendres amères de toute cette injustice. Il sentit alors une boule se former sur sa poitrine, une boule chaude, et légèrement humide. Une boule qui ne tenait pas en place et glissait le long de son torse, avant de grimper à nouveau à l’emplacement de son cœur et de s’y tenir le mieux possible. Boule qui choisit la stabilité en plantant de toutes petites griffes dans la chair de son porteur. L’apprenti marchombre ne se formalisa pas de cette solution que trouvait Noukas pour lui réchauffer le cœur, bien au contraire. La taille de ses griffes ne suffisaient pas à lui faire mal, ni à le tenir en place, d’ailleurs. Alors il plaqua sa main contre son chuchoteur pour le garder tout contre lui. Le frisson qu’il sentit lui fit comprendre que la sensation humide venait de larmes. Ewall en ressenti un profond malaise. Il ne savait même pas qu’un chuchoteur pouvait pleurer.
Il souffla, tentant d’évacuer ce mal-être, cette honte à vomir qui l’envahissait. La honte de cette noblesse qui s’assassine. La honte d’être un Ril’Morienval.

Il ne sut pas si c’était du soulagement ou de la frustration de savoir Iléa morte, mais ses jambes fléchirent l’espace d’une seconde, et il dut simuler un bouton qui le grattait sur le mollet pour se pencher et reprendre le contrôle de ses muscles. Morte. Empoisonnée. Donc assassinée à son tour. Il pourrait s’en montrer content, vengé et enfin libre. Mais c’était bien trop simple. A peine croyable. Il en voulait plus, comme la satisfaction qu’elle ait souffert elle aussi, comme il avait tant souffert jusqu’ici et continuerai à souffrir pour le restant de sa vie de coupable et fuyard. Sa mort était trop douce. Si douce que l’idée même que le poison vienne de sa sœur le révolta. Il espérait de tout cœur qu’elle ne se soit pas contenter d’une mort si peu douloureuse, si cela venait bel et bien d’elle. Mais sa sœur était dessinatrice, et il doutait qu’un dessinateur tue. Pourtant Ciléa paraissait si froide, qu’il devinait en elle un caractère de calculatrice et de noble méprisante et puissante. Comme Iléa, en somme.
Il frissonna à nouveau. Non. Non Ciléa ne pouvait pas être comme Iléa. A elle de lui prouver le contraire. Par pitié.

Il tiqua sur la version officielle de leur histoire. Ayant pris fuite, il avait fermé ses oreilles à toutes rumeurs d’Al Jeit pour éviter d’entendre parler de sa défunte famille, aussi ne connaissait-il pas ce qu’en avait conclu l’Autorité. Des brigands. De simples brigands assassinant une des lus influentes familles. La nervosité de cette affabulation le fit rire aux éclats et son animal dut remonter se loger dans sa nuque pour éviter d’être projeté à terre.

-De sauvages brigands ? S’étrangla-t-il dans son rire qui prenait sérieusement le ton de la folie. Des brigands ? Atteindre notre famille ?!

Il ne parvenait pas à se calmer, ne sachant plus si les larmes qui parsemaient ses joues étaient du aux rires ou aux pleurs.

-C’est à se sentir insulté…Plus insulté même que d’avoir été éradiqué par sa propre famille !

Le rire cessa soudainement.

-Ou peut-être pas.Grogna-t-il d’une voix complètement brisée.

Il déglutit. Lui, l’enfant sauvage, le gamin défiant sans cesse l’autorité de la noblesse et toutes les fanfreluches de cette famille, voilà qu’il tenait à la réputation de celle-ci quant à sa mort ?
L’évocation des véritables coupables le menaça réellement de rejeter son dîner complet du soir dans les pelouses entretenues de l’Académie. Mercenaire du Chaos. Grands méchants peuplant les histoires d’enfants pour se faire peur. Méchants qui devenaient bien trop réels à son goût. La haine le submergea tout autant que l’implication de sa cousine dans cette mascarade. Il savait déjà les mercenaires ennemis des marchombres, mais n’y avait jamais pris garde, encore trop chérubin dans sa formation et dans ses sentiments. Mais à présent il se sentait comme désireux de se battre contre eux. Contre eux tous jusqu’à les éradiquer de Gwendalavir comme ils avaient pu éradiquer sa famille. Il en était fini des leçons d’équilibre et de poésie marchombre. Il voulait apprendre à se battre. Et il en informerait Anaïel dès le lendemain. Un mythe parlait d’envôleurs, tueurs de marchombre. Quel nom donne-t-on aux tueurs de mercenaires ?

Son poignet reçu une décharge électrique lorsqu’il sentit le contact physique que venait d’établir sa sœur. Autrefois, il aurait été des plus logiques qu’ils se touchent, s’enlacent, se prennent la main pour aller courir à la chasse aux bêtises. Mais elle était morte. Et on ne peut pas toucher un fantôme. Aussi n’avait-il pas encore osé faire le premier pas d’un tel contact. C’était la preuve, la plus belle preuve qu’elle soit encore en vie. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, ou même s’y blottir pour se le prouver un peu plus, mais cette avancée avait bloqué dès lors qu’elle avait reconnu le pendentif familial qu’il portait au poignet. Le pique, et le soleil. Le blason de toute une lignée.
Il ne répondit pas à l’affirmation de Ciléa. Alors même qu’il espérait un moment de complicité et d’intimité, voilà que venait le sujet sensible. « Es tu un des miens ? ». Il baissa les yeux, fixant avec un nouvel intérêt ses pieds. Il savait bien qu’il devrait choisir, un jour ou l’autre. Mais le devait-il vraiment maintenant ? Il avait besoin de temps. De temps pour digérer ce trop plein de fantômes et découvrir toutes les options. Apprendre à ne plus avoir honte de ce nom pour le porter à ses côtés.

-Je suis l’un des vivants. Ce n’est déjà pas si mal, pour l’instant, non ?

Il ne pouvait pas lui offrir plus pour l’instant, et pourtant l’envie n’en manquait pas.
Ils avaient fait un pas l’un vers l’autre aujourd’hui. Certes accidentellement, mais ils l’avaient fait. Il faudrait bien plus d’autres pas pour que je me sente chez moi dans tes empreintes.

-Mais je pourrais apprendre, si tu disposes encore d’assez de patience pour cela.

Il avait perdu toute identité en la perdant elle, et leur famille. Il s’était perdu lui avec la Dépression. Apprendre à savoir qui on est, à se retrouver, n’était pas facile. Si peu facile qu’il avait préféré devenir autre.




[Edition à volonté, notamment si tu veux plus de matières Smile]


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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Dim 9 Juin 2013 - 10:05

Quelque chose la troubla, quelque chose monta dans en elle lorsqu’elle vit son frère serrer un poing et s’indigner, encore. L’espace d’une seconde un sentiment qu’elle ne connaissait plus naquit à l’interieur et lui inonda la poitrine. Elle esquissa un sourire de fierté. Elle était la sœur de cet être de feu, capable de brandir l’étandard de sa famille, capable de se révolter pour l’honneur.

Cela ne dura pas., il comprit brusquement et il tut, coinçant un rire malaisé au fond de sa gorge . Elle sentit la vérité lui éclater au visage sans qu’elle n’eut rien à faire- , -le sang bleu inonde tes rêves que tu le choisisse ou non-. Un soubresaut de mémoire et te voilà redevenu ce que tu es, noble, Ril’Morienval jusqu’au plus profond de ta chaire, quoique tu veuilles l‘étouffer. Elle reconnaissait l’expression de l’enfant boudeur qui le saisissait après une dispute mellé à une mélancolie étrange qu’elle ne lui avait jamais vu . Il demeura songeur, renfrogné, plongé dans ses chimères ou elle ne pouvait, ne voulait le suivre.


« Nous ne pouvons nous désunir…la volonté des morts auraient été de préserver l’unité de la famille, quitte à cacher la vérité de leur assassinat. »


Vivant ? Toi !Petit bonhomme qui pleure, torturé comme tu ne l’avais jamais été, peureux, lâche presque, comme je les vois tout tes défauts qui ne me sautaient pas aux yeux gamin enjoué auparavant. Je t’admirais un peu, tu sais ? Aujourd’hui, il y a le costume, il y a les manières, les sauts, il y a les calambours qui me font mal aux yeux de grossièreté, mais surtout ce soucis qui t’accable, et cette faiblesse de lâche. Est-cette vie que tu as choisie ? Pourquoi forcer le bonheur ? Ton naturel te reconduit sur notre route, pavée d'or.

« Je ne puis en exiger plus pour le moment » concilia t-elle en hochant la tête à sa déclaration

Pourtant pourrais-je je encore te saluer sous les colonnade si tu me renies ? Pourquoi te mentir, à toi à qui je n’ai jamais pu rien cacher. Fais l’autre choix, tu ne seras plus des miens, et je vivrais mon deuil deux fois, avec des tiraillement s pour ce que tu as été, en dehors du noble, en dehors du frère en dehors du noble -mais qu‘es tu sans notre vécu ?-Ne me laisse, ne te laisse pas trop longtemps dans le gouffre de l’espoir et de l’indécision.

Elle avait tendu une ultime fois sa main pour accrocher son poignet, elle avait senti une résistance puis doucement avait refermer sa deuxième main au dessus de ses doigt, comme l’écrin dédié à l’enfant qu’on protège.


"Je suis heureuse de te retrouver"articula t-elle

S’en était peu, s’en était beaucoup déjà. Leur étreinte fut brève comme le serait cette nuit. Demain, tu apparaitras en arlequin noir, le pas clinquant à la tête de tes lutins sauvages, tu pirouettera en moquant dans ton cœur la raideur de ma nuque. Je froncerais les sourcils devant tant de de désinvolture, et arrangerait mes cheveux. Se verra-t-il ce premier geste du soir ?


---
Un autre jour, les rose étaient déjà en boutons et plusieurs fois ils s’étaient croisé dans ce même jardin, sur ce même banc, avaient échangés quelques timides mots sur des sujets un peu plats. Il y avait tant à reconstruire.

Elle avait sorti une lettre décacheté, à regret, un peu.


« Je voudrais te tenir au courant d‘un projet qui me tiens à cœur ..J’ai l’intention d’aller à Al-Jeit…comme tu le sais peut être les douze ne sont plus qu‘onze et je vais tenter ma chance ...Tu compteras peut être bientôt une soeur parmi les sentinelles
. Avant qu’il n’ai rien dit, elle avait cru voir l’ombre d’un reproche effleurer ses sourcils. Non, tais toi, ne me dis rienà propos d'Iléa je ne veux pas l‘entendre . C’est un choix, comprends-tu ? Le dessin est ma vie plus sans doute qu’il n’a été la sienne ..alors ne gache pas ce moment. S'il te plait."
Elle aurait rougit de cette défense trop rodée pour être spontanée si elle n’avait pas eut autre chose en tête.

« Ma tante et mon oncle me presse de les rejoindre et quoique je redoute cette rencontre, il serait malvenue de partir à Al-Jeit sans leur faire honneur d’une visite »
Elle abaissa la lettre, interrogea comme à regret a masse brune et les sourcils.
"Alors…elle détacha ses mots. Que dois-je leur dire à ton sujet ?"
La phrase lui coutait. Elle était Ciléa Ril’Morienval et était maitresse de ses actions, on ne lui dictait pas sa conduite, ni le monde qu’elle construisait ,autour d’elle mais elle avait fait le choix d’une reconciliation et il faudrait désormais compter avec ce frère imprévisible.

"Tu es le dernier héritier male de notre famille..Je sais que ça ne te plait pas, et tu m‘as dit ne pas être prêt à l'assumer mais je ne peux pas cacher cette vérité à ma tante qui déjà a entendu une rumeur.."

Il y eut un silence, un peu lourd.


"Je ne peux pas t’empecher de renoncer à ce que tu as été si tu le désires.. »

Perdre notre nom, être déshérité te donnerait la possibilité de prendre ton autre vie. Les terres et le trésor me reviendra de droit, reviendront à mon époux et la demeure Ril’Morienval passerait à une autre famille. Tu en as le droit, je t’en voudrais toute ma vie sans doute et ne pourrais plus te reconnaitre comme mon frère, mais à quoi bon ajouter ces mots durs ? Je ne pourrais pas t’y contraindre, c’est ce que tu m’as fait comprendre
.

« Je peux t’aider à prendre ce role, trouver un intendant compétant et loyal, tu n’aurais pas à te plaindre de la gestion de tes terres … Mais cela ne te déchargera pas de tout tes devoirs…"

Elle l'imagina a un de ces diners de familles , au bras d'une riche héritière à conclure une alliance politique avec les Hil' Meredrine ou à tenter de resolver les soulevements des jaques, cela la fit sourire interieurement. Rire jaune.


Il y a aussi le voyage..Elle, ton maitre -elle accentua le mot, sans dissimuler toute l’antipathie qu’elle avait pour Anaïel- t’en a peut être parler. Je voudrais retourner à Al-Jeit avec toi..quand tu seras prèt, rien ne presse.
Enterrer les ossements, une bonne fois pour toute. En famille.
« Beaucoup de questions auxquelles tu me dois une réponse » acheva-t-elle.
Ou je n’en ferais qu’à ma guise ce qui ne manquera pas de te déplaire.

[Embarassed Je ne t'ai pas oublié, même si ça fait longtemps I love you. S'il y a un problème, n'hésite pas à mp]



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MessageSujet: Re: Je me souviens il me semble, des jeux qu'on inventait ensembles.    Ven 21 Juin 2013 - 16:27

Depuis qu’il avait décidé d’assumer, de briser la glace, il avait put revoir sa sœur. Quelques rares fois. Toujours en des moments trop courts, mais suffisants pour les peu de mots à s’échanger. Ils devaient apprendre à se reconnaitre. Ce qui était franchement absurde pour des frères et sœurs. Mais parait-il que la vie même est absurde, alors. Alors il la rejoignait de nouveau dans ce jardin, la trouvant déjà assise sur le banc familial. Il avait cette boule au ventre de la tension, du stress, de l’attente. Pas qu’il était nerveux de la voir. Non, ça, il s’y était fait, petit à petit. Mais il savait qu’aujourd’hui il ne s’agirait pas de demi-mot et de mains qui se lient l’espace d’une minute. Il avait pris sa décision. Du moins plus une impulsion qu’une décision. Une intention.
Son dernier cour avec Anaïel avait mal tourné. Très mal tourné. Il n’avait jamais pensé pouvoir être en froid avec elle. C’était pourtant le cas. Qu’elle n’est pas apprécié sa tentative de suicide, ça, il pouvait le comprendre. Et l’en remerciait de son silence. Il se sentait suffisamment mal comme cela. Mais qu’elle puisse oser lui dire qu’il n’était qu’un lâche, incapable de faire un choix. Ça, il ne le supportait pas. Pas venant d’elle. Elle qui savait pertinemment qui il était et qui était sa sœur, et qui l’avait amené à l’Académie sans rien lui dire. Elle qui appelait choix le fait de partir ou rester alors qu’elle lui démontrait combien elle vomissait à l’idée de ne pas partir. Elle qui voulait lui faire croire qu’il était autre que Ril’Morienval. Que voulait-elle à la fin ?
Outre que les insultes et la colère, il n’avait pas répondu à ce nouvel ultimatum. Quitter la voie marchombre lui semblait être la plus mauvaise idée de sa misérable vie. Alors pourquoi fallait-il qu’elle soit incompatible avec son identité ?


Il se refusait à parler à Ciléa de sa dépression. Il n’avait pas à l’accabler de ce poids là. C’était son unique problème qu’il devait régler seul. Et s’il devait en crever, il en crèverait. Il lui semblait presque qu’il ne devait rien à personne, mais le fait d’être encore en vie lui prouvait le contraire. En revanche, il devait lui dire qu’il allait devoir partir. Et cela, il ne le voulait pas non plus. C’était cette condition débile imposée par Anaïel pour revenir dans son enseignement, et y penser lui donnait envie de taper dans les murs. Le bon côté de la dépression l’avait fait se rapprocher des Teylus et de sa sœur. Tant qu’aucun d’entre eux ne s’était rendu compte de sa descente aux enfers. On pourrait alors croire qu’il lui suffisait de choisir l’Académie et sa sœur pour aller mieux, et envoyer balader la voie marchombre. Mais il savait aussi que sans cette voie, sans Anaïel il n’irait pas mieux. La joie de retrouver une forme de famille le comblerait quelques petits temps. Mais il se sentirait toujours bâtard. Il ne se ferait jamais à une vie de noblesse sans réel but. N’avoir rien à quoi se raccrocher équivaudrait à sa mise en terre. Pas depuis qu’il y avait eut promesse. Pas depuis qu’il avait goûté à autre chose que de simples acrobaties de cirque.

Il soupira, et vint s’assoir en silence aux côtés de sa sœur. Il se contenta d’un sourire en guise de bonjour, et la discussion commença. Ciléa finit par sortir une lettre et lui expliqua bien vite de ce qu’il en était. Au mot sentinelle, il ne dit rien, mais son estomac grogna. Les larmes excessives propres à la dépression manquèrent de faire surface. Pourquoi ? Pourquoi vouloir être comme celle qui les avait tous tué ? Celle qui avait détruit entièrement leurs vies, et l’avait mené à devenir ce fantôme. Car il prenait à présent conscience de l’horreur de ces répercussions. Ce n’était Ciléa le fantôme des Ril’Morienval. Mais lui.
Alors pourquoi s’apparenter à cette femme qu’il aurait voulu tuer de ses propres mains ? Pourquoi ?! Elle ne lui laissa pas le temps de formuler son incompréhension à voix haute, et il accepta de se taire. Deux mondes les opposaient, et s’ils faisaient tout pour les réunir, il restera toujours un trou impossible à combler. Pas s’ils voulaient tous deux être heureux.
Heureux. Ce mot le fit presque rire, mais ce n’était pas le moment, aussi se retint-il. Il se permit un léger signe de tête pour approuver sa sœur. Car c’était cela, avoir une famille. S’il ne comprenait pas son choix, lui qui cherchait à devenir l’exact inverse d’un Ril’Morienval, il pouvait tenter de percevoir les raisons qui poussaient sa sœur à perpétuer le blason de la lignée. Et il la savait capable de redorer le blason et d’effacer les souillures d’Iléa. Lui-même aurait voulu le faire s’il n’était pas dépourvu de don et…lâche ?


Que dois-je leur dire à ton sujet ?
La question l’ébranla. Il n’avait pas pensé une seule seconde au reste de la famille. Aux oncles et tantes, et cousins. Pour lui les Ril’Morienval étaient morts. Il n’avait pas cherché plus loin. Et si au début renouer avec sa sœur était plus que suffisant, à présent il était temps de penser aux autres. De se dévoiler. Encore une fois, c’était lui le fantôme, contrairement à ce qu’il pensait. Lui qui avait fuit. Et qui fuit toujours. Il baissa ses pupilles vertes, laissant Ciléa continuer à parler. Il n’avait pas hâte de répondre.
Il allait avoir des responsabilités. Mais il ne serait plus seul pour les assumer. Il était l’homme de la famille. Ne serait-il pas temps de l’assumer ? Et il ne voulait pas renoncer, pas encore une fois. Par alors qu’il était sur le point de perdre Anaïel. Il avait besoin de bouées de sauvetage. Ou de partir s’isoler avec la troupe Fillibulle à nouveau, et se faire oublier. Mais encore une fois, il n’effacerait jamais ce à quoi il avait goûté et qui lui resterait collé à la langue en guise de regrets.
Elle évoqua, enfin, ce fameux voyage, et à nouveau la colère le prit. Combien de choses encore, Anaïel et Ciléa allaient-elles décider derrière son dos ? Sa mâchoire grinça et il se leva. Il avait haï le hasard et s’était juré de contrôler chaque parcelle de sa vie. En devenant marchombre, il voulait être maître de lui-même, mais se voyait encore contrôlé. Il en était assez. Ce n’était plus un gamin. Un jeune homme plus qu’un homme, certes. Et encore. Peut-on dire d’une personne qui se sent vielle et désire mourir qu’elle est jeune ?


Il était là, debout, tel un benêt. Avec des milliers d’intentions et aucune décision. Il ferma les yeux, serra les poings et articula.

-Je suis Ewall Ril’Morienval.

Il n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour deviner le sourire de sa sœur. Et il serra dans sa paume le pendentif de leur blason. Lorsqu’il retrouva la vue, ses iris étaient plus verts et brillants que jamais.

-Et je refuse de par mon nom d’être manipulé et tiré d’un côté ou de l’autre par ma sœur ou par mon maître.

Tu n’as pas tout gagné. Je ne vais pas tout te donner. Je suis aussi bien Ril’Morienval qu’Ewall. Et j’ai choisi d’être mon propre maître. Vous allez devoir le comprendre toutes deux.

-Dis leur que je suis vivant. Et que je vais bien.

La deuxième phrase était presque autant un mensonge que la première.

-Et que je vais reprendre mon rôle.

Là enfin était la vérité. Il avait besoin de cela. Besoin d’une place gratifiante pour avancer et ne pas laisser la dépression le jeter à nouveau du haut d’une falaise. Pas que cela ne lui déplaise, au contraire. Mais il n’avait pas le droit de leur faire cela. A Einar, Astra, Halina et les autres Teylus. A Galou, Dofenn et la troupe auxquels il a promis de revenir. A Anaïel, qui l’a sauvé pour le former. Et enfin à Ciléa, qui vient de retrouver son frère.

-Je peux venir à Al Jeit avec toi voir notre famille ? J’en ai envie.

Si je me cache encore plus, je vais m’enterrer vivant.

-J’ai deux semaines de libre devant moi. Ça ne suffira pas, mais je vais faire en sorte d’avoir un peu plus, pour faire ce voyage. Et quand je reviendrais, je serais tout autant ton frère que son élève.

L’une comme l’autre, vous allez cesser de vous foutre de ma gueule, et me laisser être un homme. Je ne m’excuserai pas de ne pas te plaire ou de l’avoir déçue. Allez donc blâmer Iléa si vous voulez un fautif. Je me bats chaque jour contre la dépression, contre moi-même, et c’est bien le seul combat dont j’ai la force de mener. Je ne me battrais plus contre vous.

-Je t’aime, Ciléa. Et je veux apprendre à porter notre nom. Mais comprends ma voie, comme je tâcherai de comprendre la tienne. Car je l’aime aussi.


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